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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-12-03, Collections de BAnQ.

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• le plaisir des ivres Kntre deux romans québécois, Alice Parizeau poursuit l'introspection de sa Pologne natale : Nata et le professeur.D-3 l Découvrir une féministe du XIXe siècle : Margaret Fuller.D-4 I Un premier roman français où l’Amérique est présente.sous influence de Réjean Ducharme.D-5 I Comment le jazz a débarqué un beau jour à Montréal : un livre de John Gilmore.D-6 I Un ancien ministre qui sait dire avec humour les pages de la petite histoire : Léon Balcer raconte.D-7 Une autre facette de Jacques Perron : un homme aux prises avec un certain désarroi.D-8 À trois semaines de Noël, des suggestions de cadeaux puisées à même l'univers des « beaux livres ».D-9 et D-10 Montréal, samedi 3 décembre 1988 CHRYSTINE BROUILLET - LA PATRICIA HIGHSMITH DU QUÉBEC Des romans gris qui sont aussi des romans d’amour FRANCE LAFUSTE PHOTO JACQUES GRENIER CHRYSTINE BROUILLET DANS Le poison dans l'eau, une jeune femme meurt noyée.L’inspectrice Maud Graham est chargée de l’enquête.Dans Préférez-vous les icebergs ?, de jeunes comédiennes de Québec sont assassinées.L'intrépide Graham est de nouveau sur le coup.Graham, c’est le commissaire Maigret de Chrystine Brouillet, jeune romancière québécoise exilée à Paris depuis trois ans.« Un personnage contemporain, vraisemblable, de dire la romancière, une femme qui a à concilier sa carrière, ses idées féministes, ses préoccupations sociales.» Bref un personnage pivot qui n’est pas sans lui ressembler et qu’elle veut faire revenir dans son prochain roman : « J’ai eu la chance extraordinaire de l’avoir imposée tout de suite ; les journalistes m’ont tellement posé de questions sur elle qu’ils m’ont mis la puce à l’oreille.Leurs questions sont finalement mes réponses.» Est-il indispensable de faire revenir toujours le même personnage ?« Non, bien sûr, mais ça facilite les choses.La personnalité est là, elle est celle d’un enquêteur qui a de la sympathie pour les marginaux, ce qui est plutôt rare.À partir de cet élément fixe, je peux fouiller tout le reste.» Chrystine Brouillet écrit des romans noirs depuis 1982.Déjà, dans Chère Voisine, pour lequel elle recevait le Prix Robert-Cliche, l’intrigue tournait autour de meurtres à répétition dans la ville de Québec.Graham n’était pas encore née mais l’intrigue policière servait déjà à aborder un sujet brûlant, le viol.Avec Graham, « cette pessimiste active qui ne se fait plus d’illusions sur le monde mais n’est surtout pas résignée », elle dit ses préoccupations sur l'homosexualité, la prostitution, les femmes battues, la délinquance juvénile.Autres traits distinctifs de ses deux derniers romans : les crimes y sont commis par amour.« Je serais incapable de faire enquêter Graham sur des questions d’héritage » et les relations entre les personnages, le plus souvent ambigus, y sont capitales.Quant à l’enquete, elle est « un fil conducteur technique qui me permet de fouiller la psychologie des personnages ».Des personnages ni blancs ni noirs, ni bourreaux, ni victimes.Alors, pour résumer, celle que l’on appelle la Patricia Highsmith du Québec fait-elle du roman policier, du roman noir, du roman à énigmes ?Chrystine Brouillet,comme Graham, n’aime pas les appellations contrôlées qu’elle juge trop restrictives : « Elles disparaîtront le jour où il n'y aura plus de collections » dit elle encore, après avoir publié ses deux derniers romans dans la collection Sueurs froides de l'éditeur De-noël.En résumé, elle écrit « des romans criminels, des romans sur le paradoxe de la dualité, des romans gris qui sont aussi des romans d’amour ».Si Chrystine Brouillet aime nager en eaux troubles, elle a appris où et comment s’ancrer.Rien de ce qu’elle entreprend ne se fait à l’aveuglette.Mieux, tout s’explique et se justifie, à commencer par le choix d'un genre littéraire : « Quand j’ai commencé à écrire, j’avais peur de céder à la tentation autobiographique.C’est pour ça que j’ai décidé de faire du roman noir.» Mais aussi : « Le roman noir, c’est une école; on y apprend à structurer une intrigue, à lui donner une bonne ossature sur laquelle vont se greffer des personnages, des observations, une atmosphère.» Écrire n’est pas une question de talent ou d’imagination : « C’est une technique, de ficelles, un métier.» Et c’est pour l’apprendre, ce métier, qu’elle est partie vivre à Paris en 1985.Mais Chrystine Brouillet ap prend vite puisqu’en 1987, Denoël publiait Le poison dans Peau et un an plus tard Préférez-vous les icebergs ?Ce métier, elle continue de le raboter, de le polir, en lisant et en partageant avec des spécialistes français du roman noir comme Alain Demouzon.« Ils me donnent des conseils que je ne pourrai avoir au Québec ou le genre n’est pas pratiqué.» Mais où il se consomme.Éclectique, Chrystine Brouillet re fuse d’être cataloguée auteur de romans noirs.« Je suis un auteur, point », dit-elle sans entrave.Depuis 1982, elle a en effet écrit quatre ro mans, un roman-jeunesse, des contes pour enfants et conçu des dialogues pour la radio.Aujourd’hui, tout en continuant d’écrire pour les enfants, elle colla bore comme critique à la revue québécoise Justice et prépare son prochain roman sur la sorcellerie : « On trouve sur le sujet des essais mais peu de romans sérieux.Je ne veux Les éditions Boréal célèbrent leurs 25 ans GUY FERLAND LES ÉDITIONS Boréal célèbrent cette année leur 25e année d’existence avec une production plus abondante que jamais, tant au niveau de la quantité que de la qualité.« On a publié en effet 49 titres cette année et reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix du Journal de Montréal pour Béatrice vue d’en bas de Michèle Mailhot et le grand prix de la ville de Montréal pour Le fou du père de Robert Lalonde », font remarquer en entrevue les joyeux directeurs de Boréal, Antoine Del Busso et Pascal Assathiany.Les deux associés poursuivent sur le même ton de la confiance : « On a également commencé une percée en France en faisant diffuser les livres Boréal par le Seuil, en plus de coé-diter quelques autres livres (L'état du monde, par exemple).On mise beaucoup aussi sur la collection de format intermédiaire Compact pour renouveler notre fonds littéraire.» Toutes ces nouveautés, qui ont marqué l’année écoulée, n’empêchent pas le Boréal de poursuivre dans la ligne directrice des pères fondateurs.C’est en 1963 qu’un groupe de pédagogues et d’historiens, formé de Denis Vaugeois, Gilles Boulet, Pierre Gravel, Lévis Martin et Albert Tes sier, fonde les éditions Boréal Express à Trois-Rivières, après avoir „ lancé sur le marché une revue d'histoire du Canada, connue sous le nom de Journal d'histoire du Canada.Ces historiens avaient une visée pédagogique en tête et voulaient raconter différemment l’histoire pour intéresser les jeunes.Ils ont réussi au-delà de leur espérance.En 1968, ils réalisent une synthèse de leurs travaux intitulée d’abord Histoire 1534-196S avant d’être publiée sous le titre de Canada-Québec par le Renouveau pédagogique.La même année, Denis Vaugeois décide de publier son mémoire de maîtrise en livre sous le titre Les juifs et la Nouvelle-France dans la collection 17/60, pour souligner la conquête.C'est à cette occasion que les éditions Boréal Express voient réellement le jour.à raison d’une dizaine de livres par an, et de façon artisanale, la PASCAL ASSATHIANY, À GAUCHE, AVEC ANTOINE DEL BUSSO.maison d’édition continue dans la même veine historique.Le premier gros succès de librairie est le livre de Claude Morin, Le combat québécois en 1973.Déjà à ce moment, le Boréal Express tente l’expérience de la coédition avec François Maspéro.« Mais c’est en confiant en 1976 la diffusion de ses livres à Dimédia que le Boréal Express s’assure une présence accrue en librairie et une ra- tionalisation des efforts de production », soutient Antoine Del Busso.Cette année-là marque également le retrait de Denis Vaugeois de la maison d’édition puisqu’il se lance en politique active.Antoine Del Busso lui succède et tente, avec l’aide d’Hélène Bousquet, dans un premier temps, de professionnaliser les divers processus de la production.« Heureusement, confie Antoine Del PHOTO JACQUES GRENIER Busso, l’état financier de l’entreprise était sain.Aucun emprunt important, auncune dette, presque pas de frais administratifs et un crédit établi au Conseil des arts.À l’époque, j’étais professeur de science politique au collégial et je cumulais les deux fonctions.Ce n’est que depuis 1982 que je m'occupe entièrement de la maison d’édition.» Mais, entre-temps, la maison s’est agrandie.La publication de l.'his loire du Québec contemporain en 1979 remporte un gros succès auprès du public.À partir de 1977, on élargit le domaine de l’édition aux sciences humaines et, en 1981, on publie un premier roman remarqué, Le Ca nard de bois de Louis Caron, coédité en France par le Seuil.Depuis, la lit lérature obtient quatre à six titres par année.« On découvre de nou veaux auteurs, tels les François Gravel et Jacques Savoie et on publie des valeurs sûres dans le domaine littéraire, souligne Pascal Assathiany.On gagne, en peu de temps, la reconnaissance de l’institution littéraire avec l’obtention de quelques prix littéraires, comme ceux de Jacques Brault pour Agonie, de Fernand Ouellette pour Lucie ou un midi en novembre, d'Yvon Rivard pour Les silences du corbeau et de Gilles Archambault pour L'obsédante obèse.Mais c’est l'accueil du public qui nous importe, et il a été positif au delà de nos espérances bien souvent Notre plus grand succès, à ce niveau, est l’autobiographie de Gabrielle Roy, La détresse et Penchante ment.» Le premier livre à avoir été dif fusé sous le nom Boréal en France est Le fou du père de Robert La londe.«Bizarrement, c’est ici au Québec que les ventes ont augmentées », remarque Pascal Assathiany.Depuis 1986, Pascal Assathiany, ancien libraire et actuel directeur de Dimédia, s’est joint à Antoine Del Busso pour diriger les éditions Bo réal Express qui prenaient une ampleur considérable.Jacques Godbout assure la présidence du comité d’ad ministration et le comité littéraire est composé, en plus des deux direc teurs et du président du conseil d’ad ministration, de Daniel Latouche, de Paul-André Linteau et de François Ricard.Quels critères président à la sélection d’un manuscrit pour la publica tion chez Boréal ?« On regard avant tout la qualité littéraire, la pertinence du sujet et l’adéquation entre nos priorités et le texte avant de publier un livre, explique Pascal Assathiany.Le comité de lecture émet habituellement un avis de publica-Volr page D-8 : Boréal Gilbert Choquette L’étrangère ou (In printemps condamné Roman < ; : j ïs* • » iA£ • l'Hexagone BERT niOQI KTTE ou » > pkintiliipk < om»am.m> xilbert Choquette nous propose un roman étonnant dont on n'oubliera pas de sitôt le doul l'histoire d'un destin pathétique, celui d'une jeune et géniale artiste peintre à qui tout souriait pourtant! romancier, salué par la critique et considéré comme un classique, fouille encore plus profondément IV »man.Ibert Choquette vient d’entrer dans la collection de poche Typo avec La mort au ver, , à propos duquel la critique récente a évoqué Crime et châtiment de Dostoïevski.pas que la mémoire de ces femmes-là soit oubliée.Je suis une touche-à-tout.Rien ne dit que je ne ferai pas de science-fiction un jour.Chaque genre m’apporte quelque chose.Ecrire pour les enfants m’oblige à resreindre ma pensée.Écrire des dialogues me sert dans mes romans.» Mais, rétrospectivement, c’est à un certain M.lloude, professeur de français au collège Notre-Dame de Bellevue de Québec que revient tout le mérite.Quelle ne fut pas en effet sa surprise de s'entendre dire un jour qu'il fut le premier grand amour d’une de ses élèves de 12 ans : « Je sortais la nuit (elle était pensionnaire) pour embrasser les murs qu’il avait effleurés.C’est par amour pour lui que je me suis mise à écrire.» Le métier a pris énormément de place dans la vie de Chrystine Brouillet Elle lui a sacrifié ses amis et sa famille.A tel point qu'aujour-d’hui, elle se dit incapable de faire un choix entre les deux cultures.Côté travail, elle se dit simplement chanceuse, tout au plus perspicace, capable de saisir les moments opportuns et les bonnes maisons d’édition.D’un côté de l’océan comme de l’autre, que ce soit à la Courte Échelle comme chez Denoël, elle est reçue les bras ouverts.Elle ne gagne pas des mille et des cents, bien sûr, mais dit avoir une « chance insolente » et « se payer un luxe extraordinaire, la liberté».Le talent, elle le laisse aux autres comme si c’était une grâce qui n’avait pu la toucher.Ce sont là des doutes qu’il convient vite de dissiper.Soir de danse à Varennes Homan (lu souvenir et de l'espoir tout / s/# s ! Hnllvt I ' a plainte douce el haletante 'envoie ses mains dans cheveux Distribution: DIFFUSION L0UGAR0U inc.(514) 326-1431 En vente chez votre libraire i GUY FERLAND OPTION QUÉBEC René Lévesque, Texte précédé d’un essai d’André Bernard Les éditions de l’Homme, 254 pages.C’est à l’occasion de leur trentième anniversaire que les éditions de l’Homme rééditent ce grand texte fondateur de René Lévesque, précédé d’un admirable essai de 98 pages du politicologue André Bernard qui retrace les grands moments de l’opl ion souveraineté-association.On se souviendra, par exemple, qu'Option Québec, le livre, est sorti des presses au début du mois de janvier 1968, quatre mois OPTION QUÉBEC RENÉ LÉVESQUE â® après la parution, dans LE DEVOIR des 19,20 et 21 septembre 1967, du manifeste de 6 000 mots qui en constitue le coeur.(.) Le compromis proposé par René Lévesque, c’était de faire du Québec un pays souverain au sein d’une association économique réunissant le Québec et le reste du Canada.» Dans le premier chapitre du manifeste de René Lévesque, intitulé Nous autres, il ne fait aucun doute que la langue définit le Québécois : « Être nous-mêmes, c’est essentiellement de maintenir et de développer une personnalité qui dure depuis trois siècles et demi.Au coeur de cette personnalité se trouve le fait que nous parlons français.Tout le reste est accroché à cet élément essentiel, en découle ou nous y ramène infailliblement.» LE THÉÂTRE AU QUÉBEC 1825-1980 Renée Legris, Jean-Marc Larrue, André-G.Bourassa et Gilbert David, VLB éditeur, 205 pages.Pour célébrer le dixième anniversaire de la Société d’histoire de théâtre du Québec (SHTQ), la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ)et la SHTQ organisent une exposition, composée des collections de théâtre de la BNQ, qui se déroulera à la BNQ du 5 décembre au 4 mars.« La période choisie, précise Renée Legris dans PfMH Ogfi son introduction à ce volume qui accompagne l’exposition, de 1825 à 1980, commence avec l’ouverture du Théâtre Royal de Montréal, événement majeur pour l’histoire de l’Institution théâtrale au Québec, car il s’agit de la construction du premier lieu théâtral uniquement voué au spectacle sur scène.Elle prend fin avec le début des années 80, qui semble marquer un changement significatif de la réalité théâtrale.» Plusieurs photographies illustrent ce beau document et une chronologie des fondations des compagnies théâtrales complètent le volume.LES TRACES DU RÊVE Jean-Daniel Lafond, L’Hexagone, coll.« essai », 276 pages.Ce livre retrace les traces du film de Jean-Daniel Lafond qui retraçait les traces du cinéaste-poète Pierre Perrault, L'original, lui-même à la poursuite d’un pays incertain.« Mais entendons-nous à propos de ce titre, remarque l’auteur : il ne s’agit pas de cette faculté de rêver qui est le propre de ceux qui sont trop timides ou.trop paresseux pour affron ter le réel, mais plutôt de l’insis tance impérieuse d’un idéal qu alimente l’oeuvre et la démarche de Pierre Perrault dès ses débuts à la radio, en poésie, puis au ci néma.Car personne n’est peut être en son for intérieur auss conscient que lui — avec autant de bienveillance et si peu d’amer tume — de l’écart qui existe en tre la réalité et le possible, que ce soit à propos d’un cinéma qu’il a rêvé en dehors des sentiers de la lourde machine fictionnelle et des imaginaires cosmétiques ou à propos d’un pays qu’il nomme parfois « Québécoisie », qui pourrait être le fait de ce peuple « qui ne se soupçonnait même pas.» » L’OEIL DU DÉLIRE Danielle Roger, VLB éditeur, 106 pages.L’insolite, le désir et le fantastique sont captés dans des moments privilégiés par ces courtes nouvelles écrites par petites touches successives.Danielle Roger peint le quotidien des couleurs pastels qui s’effacent peu à peu pour laisser place à un doute sur la réalité des événements narrés.L’écriture est belle, sobre et efficace pour créer une atmosphère d’irréalité dans le réel bête de la vie de tous les jours.l'étrangére ou UN PRINTEMPS CONDAMNÉ L’Hexagone, coll.« Fictions », 216 pages.C’est l’archétype des héroïnes des romans de Gilbert Choquette qui est mis en scène dans ce récit.Marie Duchesneau a en effet tout pour elle.Elle est belle, intelligente, douée pour tout, frondeuse, et issue de famille riche.Gilbert Choquette L’étrangère ou ün printemps condamné Roman •’4 1 li ; : y » / v • V',-V7> 'i kv."v 7 I < * l’Hexagone Cet être d’exception sera confronté aux vicissitude de la vie terrestre : les désirs, les ambitions, les jalousies, les échecs, l’incompréhension, etc.Marie Duchesneau, un être à part, sera-t-elle condamnée au seuil de sa vie d'artiste ?L’UNIVERSITÉ, QUESTIONS ET DÉFIS Laurent Laplante, IQRC, coll.« Diagnostic », 140 pages.L’Université se dit économiquement sous-alimentée, mais est-ce vrai ?La charge de travail des professeurs devrait-elle être augmentée ?Les universités peuvent-elles encore garantir qu’une véritable formation correspond au diplôme décerné ?Que la recherche est aussi valable qu’on le dit ?Aussi libre qu’on le souhaiterait ?L’évaluation des enseignements est-elle une réalité, une fiction, un cauchemar ou une utopie ?Les frais de scolarité sont-ils une entrave à la fréquentation de l’université ?Autant de questions, et bien d’autres encore, que traite Laurent Laplante de cet essai.BARBE-ROUGE AU BASSIN Aurélien Quintin, Triptyque, 255 pages.Les éditions triptyque, avec qui il faut désormais compter au Québec, publient un recueil de contes qui nous ramènent dans les campagnes des années 20, plus précisément dans la région de Cooks-hire en Estrie.Aurélien Quintin rend hommage, dans sa présentation, aux « raconteurs de mon Québec ».Ses récits s'inscrivent dans la même lignée que ces ancêtres et poursuivent la même tradition.« L’essentiel se veut une modeste étude de moeurs, nous dit-il.Inspiré par la vie d’un petit nombre d’individus, j’ai tenté d'illustrer des traits généraux de notre groupe.» ?ATAGIL informatique me (514) 347-8041 Le Devoir, samedi 3 décembre 1988 ¦ D-5 • le plaisir des ivres « Une main grande ouverte d’enfants» DÉSORDRES roman de Nadine Diamant PARIS, 1988, Flammarion, 227 pages.UN AUTRE ROMAN sous influence de la littérature américaine ?Peut-être .Mais très certainement, des personnages qui obéissent aux pulsions des ro- Lisette 7WORIN A Le feuilleton •*»»»* H manciers américains, celles qui les font écrire le plus souvent : le sexe et la violence.L’Amérique littéraire, cependant, n’est pas qu’états-unienne : elle comprend aussi le Canada .et le Québec.Nadine Diamant n’a que 30 ans, et il est peu probable qu’elle ait lu Réjean Dueharme dont le premier roman fut publié chez Gallimard en 1966.C’est pourtant à L’avalée des avalés que Désordres me fait irrésistiblement penser.Pour plusieurs raisons, dont l’importance des enfants, dans l’un comme dans l’autre romans, le choix des prénoms et la tendresse que l’on porte aux compagnons à poil de la vie domestique.Par une journée caniculaire, dans une ville imprécise, une mère de famille, recrue de fatigue, attend son cinquième enfant.« Bientôt, l’enfant viendrait (.) l’auriculaire de la main sur laquelle on compte, une main grande ouverte d’enfants».Cette mère ne fait pas qu’engendrer : dans la maison où règne le plus grand désordre, elle a la charge de Chester, un aïeul impotent mais grand raconteur d’histoire fabuleu- NADINE DIAMANT ses, Costa, le père chiffonnier et grand buveur de bière, les quatre autres enfants, Nelson, Fiora, les jumeaux Benett, et Barbak, un corniaud qu’elle a recueilli « étique, farouche », un animal qui « n’était qu'une plaie vivante, qu’une souffrance à faire peur ».Tout fait peur, tout est de nature à effrayer dans cette histoire d’une famille désordonnée, au sens le plus complet du mot.La maison est située près de la décharge municipale et l’auteur, dont le vocabulaire est étonnant de précision — on n’ose pas dire d’une grande richesse, tant le sujet s’y prête peu — raconte tout ce qui s’y passe, et comment, quand ils en sortent, s’occupent père, mère et enfants.Comment, décrivant toutes ces horreurs : viols, agressions, meurtres, à un rythme qui pourrait être insoutenable, l’auteur s’arrange-t-elle pour qu’on la suive sans effort, et même avec un intérêt croissant ?Cardamone, la mère « courage » de cette épopée de toutes les misères, est émouvante lors même qu’elle cède au lubrique taxidermiste; Nelson, le fils aîné, s’occupe avec la plus grande compassion de M.Beck, un voisin aveugle, et il réussit même — c’est le plus joli morceau d’un récit rien moins que joli — à lui « expliquer les couleurs », sortes de variations en prose sur les Voyelles, de Rimbaud, qui se terminent sur « le violet androgyne » ; et le bébé Brady, pour finir, qui est né avec treize doigts, sept à la main droite et six à la main gauche, et que ne gêneront pas « ses doigts surnuméraires » dans sa future vocation d’extra-lu-cide.Désordres n’est certes pas un conte à faire lire aux enfants (Nadine Diamant en rédige pourtant — c’est son premier métier — pour une maison d’édition), mais ce premier roman d’un écrivain dont il faudra suivre, avec attention, la démarche, est tout plein d’enfants, de jeunes gens qui résistent au malheur avec une étonnante robustesse.Un livre qui nous parle aussi de bêtes familières : « Le rôle des animaux sur la terre était de rendre les humains accessibles.Ils étaient, ajoute l’auteur, l’âme de l’enfance des hommes».Ayant exploré, presque en clinicienne, tous les malheurs et toutes les turpitudes, on peut croire, et même espérer, que Nadine Diamant, dont les dons littéraires sont indiscutables, sortira de cette banlieue sordide et même si son petit Brady, « qui Ut dans le futur comme dans un livre ouvert (.) ne prédit rien de bon pour les années à venir » nous offrira bientôt une oeuvre plus sereine sans être moins originale.Peut-être encore une fois puisée au royaume de l’enfance.On a même le goût de lui offrir, en guise d’invitation, cette confession de Réjean Dueharme : « S’il n’y avait pas d’enfants sur la terre, il n’y aurait rien de beau».La narration tonique et poétique de Claus UNE DOUCE DESTRUCTION Hugo Claus Paris, Éditions de Fallois et l'Âge d’Homme, 1988: 180 pages PAUL-ANDRÉ COMEAU HUGO CLAUS porte en lui l’image d'un pays flamand, bouillonnant, plein de force, frondeur et candide tout à la fois.Dans ce petit livre, il transpose cet univers dans le Paris d'apres-guerre.Le résultat est étonnant, surprenant, dérangeant.Un roman qu'on pourrait qualifier de picaresque .Directeur d’une maison de la culture en pays flamand, André voit ses rêves de retraite bousculés par le décès d’un poète vaguement national.Ce poète faisait partie d'un groupe de jeunes Flamands installés à Paris dans les années de l’immédiat après-guerre.Peintres, poètes, vagues artistes, ils vivent au jour le jour une vie de bohème où le désordre et la folie composent tout un univers.Dans cet univers, réuni sous le chapeau d’une école de peinture, André, le héros du roman, se taille une petite place.Il devient un peu maigre lui la conscience de ce petit monde.Cet André, c’est un jeune décro-cheur d’un petit village flamand, près de Gand, là où la mer du Nord se devine déjà dans l’inclinaison homogène des peupliers et même des saules pleureurs.Il est monté vers Paris pour y retrouver Sabine, jeune bourgeoise dont il s’est emmouraché.Amour impossible, flamme dérisoire, Sabine est tout cela, à la fois.André parviendra â la séduire, le temps d’une nuit.Des années plus tard, ce même André revit ces pages d’une jeunesse où l’insouciance était leurre de talent.C’est le roman de l’échec, c'est le roman des rêves qui n’ont jamais été démesurés parce qu'imposés par les événements.Derrière cette histoire, banale mais attachante, on devine la relation difficile, mais fondamentale, entre la capitale de la francophonie et ces intellectuels du plat pays.Dressés contre l’hégémonie des Wallons francophones, ces Flamands regardent tout aussi bien vers Paris que m II jjr^ IPP?HUGO CLAUS vers Amsterdam.L’une et l’autre capitale les attirent et les repoussent tout à la fois.Toute l’oeuvre de Hugo Claus se ressent de cette difficulté d’être Belge.C’est le thème magistral d’un autre roman de cet homme à tout faire des lettres flamandes : Le chagrin des Belges.On retrouvera avec plaisir l’écriture de cet auteur prolifique dont on ne connaît ici que peu d’oeuvres.On se laissera séduire par ces aller-retours entre la narration et révocation poétique.D’une poésie qui est parfois démesure.Il y a dans ce court roman une bonne traduction de l’imaginaire flamand, bien servi par une traduction brillante où l’on devine le rythme et le souffle du parler néerlandais.Hugo Claus vient de signer un petit livre significatif, où affleure la tendresse.Oeuvre de maturité, Une douce destruction ne renie rien des excès et des emportements du poète-dramaturge-metteur-en-scène et cinéaste qui a plusieurs fois scandalisé ses compatriotes, du moins l’élite bien pensante.Un ouvrage tonique.LES QUATRE SAlSOj ROBERT Laroasse £cîvc>u MIS le livre îles meilleurs livres \RF.M t GAGNON Reiic Km-.'»' PREMIER 'NTRO.XOAÏjoPf i \jnf i -I - 7 FeJc*- WW pVijU.« 4 y.ml- c.-i Le bûcher vanités Goneôurt LE‘ y* ( lianmisiiv mène le bal.lltmIM M) N punisse ilhwn !« 3 «ter Ira*»"- UEupcwuon cutamte OBTENEZ JUSQU'À 20% EN COUPONS-RABAIS (iicimmônv LIBRAIRIE CHAMPIGNY INC.4474, RUE SAINT-DENIS MONTRÉAL (QUF.) H2J 2L1 TÉL.: 844-2587 OUVERT DE 9H00 À 21H00 ^ TOUS LES JOURS, MÊME LE DIMANCHE Prix en vigueur du samedi 3 décembre au vendredi 9 décembre 1988 incl ou jusqu'à épuisement des stocks Nous nous reseivons le droit de limiter les quantités Clarence Gagnon RENÉ BOISSAY, BROQUET RÉG : 59.95 S 49,95$ Dernier calepin FÉLIX LECLERC REG: 14,95 S 11,95$ Encyclopédie de la cuisine au four à micro-ondes JEHANE BENOIT, HÉRITAGE RÉG: 59,95 S 49,95 $ Grand Larousse en 5 volumes RÉG : 535,00 S 345,95 $ L'exposition coloniale, goncourt88 ÉRIK ORSENNA, SEUIL RÉG : 29,95 S 24,95 $ La bibliothèque idéale BERNARD PIVOT, ALBIN MICHEL RÉG : 39,95 S 29,95 $ Le bûcher des Vanités TOM WOLFE RÉG: 24,95 $ 19,95$ Le Larousse gastronomique RÉG: 115,00$ 89,95$ Le Petit Larousse en couleurs 1989 RÉG: 79,95$ 69,95$ Le Petit Larousse illustré 1989 RÉG: 49,95 $ 37,45 $ Le zèbre, prix fémina ALEXANDRE JARDIN, GALLIMARD RÉG: 19,95 $ 14,95 $ Les oiseaux de l'Amérique du Nord GUIDE D IDENTIFICATION.BROQUET RÉG: 29.95 $ 22,95 $ Les quatres saisons dans la vallée du St-Laurent PROVENCHER, BORÉAL RÉG: 49,95 $ 39,95 $ Petit Robert 1 RÉG ; 62,95 $ 49,95$ Quid 1989, TOUT POUR TOUS RÉG: 49,95 $ 44,95 $ Telle mère, telle tille MARYLIN FRENCH, ACROPOLE RÉG: 29,95 $ 24,95 $ Trésors, MUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONS RÉG: 29,95 $ 23,95 $ Charlie remonte le temps, grund RÉG: 16,50$ 12,45$ Fables, Jean de La Fontaine RÉG : 29,95 $ 22,45 $ Frousse aux Trousses LE DERNIER SPIROU ET FANTASIO, DUPUIS RÉG: 9,95$ 7,95$ Le livre des Inventions 1989 RÉG: 24,95 $ 19,95$ Le livre Guinness des records 1989 RÉG: 24.95 S 19,95 $ Le livre Jeu Géant, grund RÉG: 29,95 $ 22,45 $ Le matin du monde LE DERNIER YOKO TSUNO, DUPUIS RÉG : 9,95$ 7,95$ Le Petit Robert des enfants RÉG: 31,95$ 24,95 $ Mon premier Atlas Géant, grund RÉG: 29,95 $ 22,45 $ Où est Charlie?, grund RÉG: 16,50$ 12,45$ Plaisirs de chats LIVRE-JEU, COURTE-ÉCHELLE RÉG: 14.95$ 11,95$ Pourrais-tu arrêter Joséphine S.POULIN, TOUNDRA RÉG: 12,95$ 9,95$ Venir au monde LIVRE-JEU, COURTE-ÉCHELLE RÉG: 19,95 $ 14,95 $ Ck COMMANDES TELEPHONIQUES I i D-6 ¦ Le Devoir, samedi 3 décembre 1988 le plaisir de.s ivres Sur la piste du jazz à Montréal SWINGING IN PARADISE John Gilmore Véhiculé Press SERGE TRUFFAUT LE SU.J ET de ce Sw inging in Puni dise aux éditions Véhiculé Press, est surprenant.Il est à la fois surprenant et fort sympathique.Son auteur, John Gilmore, s’est attelé pendant huit années à pister le jazz dans tous les bas-fonds et recoins, non pas de New York ou Chicago, mais bien de-Montréal.C’est cette ville qui a servi de cadre en effet à une recherche dont la traduction livresque fournit un éclairage jamais réalisé auparavant sur les clubs, les musiciens, le duo Pax Plante-Jean Drapeau et leur lutte contre le crime organisé versus le jazz.I,'entreprise de Gilmore a d’autant plus de mérite que le coefficient de difficulté était passablement élevé.Une variable qui, dans ce cas, doit être soulevée.On doit insister sur cet aspect des choses afin de tuer dans l’oeuf d’éventuelles critiques qui, sur le strict plan historiographique, iraient chercher des poux dans la tonsure de l’auteur.En effet, fouiner dans les avenues que le jazz a foulées est une entreprise d’autant plus délicate que les bibliothèques et autres lieux ou la mémoire est « codifiée » n’ont même pas pris l’initiative d’ouvrir un dossier sur lequel serait imprimé ce terme.Autrement dit, écrire l’histoire du jazz sans bénéficier des ressources dont on dispose pour tous les autres sujets revient à se compliquer sensiblement le travail.Pour mener à bien sa tâche, Gilmore a donc entrepris de refaire le circuit des clubs qui, dans les années 30 ou 50, étaient évidemment les principaux pourvoyeurs d’emploi des musiciens.Cette géographie musicale est d’autant plus passionnante, que pratiquement aucun de ces clubs n'est encore en activité.Et Dieu sait si leur nombre était alors élevé.Du Café St-Michel au El Morocco en passant par le Rockhead Paradise ou Chez Maurice, ce n’était pas les endroits qui manquaient pour aller écouter soit les musiciens locaux, soit les américains de passage ou les deux à la fois.Le hic, c’est que ces clubs tombèrent rapidement entre les mains de la mafia qui ne s'embarrassait pas d’éliminer les « gêneurs» au vu et au su de tout le monde.À cet égard, le court chapitre consacré au pianiste Roland Lavallée est un témoignagne haut en couleurs et significatif de la violence qui régnait à la fin des années 40 et au début des années 50.' F-ÜP Les vieux amateurs de jazz à Montréal se souviendront d'avoir entendu un jeune et inconnu Oscar Peterson au Alberta Lounge, rue Windsor, là où se trouve maintenant le Château Champlain.À cet inventaire des lieux, Gilmore a, comme on s’en doute, fait la tournée des musiciens qui aujourd’hui encore peuvent témoigner des hauts et des bas du jazz montréalais.Quand ce n’était pas auprès de ces instrumentistes, c’était auprès de certains observateurs, comme Len Dobbin, que l’auteur est allé puiser les informations nécessaires à sa démarche.Une démarche qui éclaire drôlement les légendes entourant le guitariste René Thomas, le pianiste Steep Wade, le violoniste Willy Girard, ou Myron Sutton and the Canadian Ambassadors.C’est ainsi qu’on apprend que c’est au trompettiste Louis Metcalf, un vétéran de l’orchestre de Duke Ellington, que l'on est redevable de l’introduction du bebop dans nos murs.C’est ainsi qu’on apprend également.Bref, grâce au travail de fourmi de John Gilmore, les amateurs d’histoire et de jazz ont enfin la possibilité de savoir comment ce genre musical a débarqué à Montréal, et comment, les musiciens locaux l’ont gardé en vie malgré mille et une embûches.Du bon boulot.Citations québécoises Les devoirs des parents même après le divorce au fil de T histoire QUAND LES PARENTS SE SÉPARENT Françoise Dolto avec la collaboration de Inès Angelino éditions du Seuil RENÉE ROWAN TOUT AU LONG de sa carrière, la psychanalyste Françoise Dolto, morte en août dernier à l’âge de 79 ans, a répété inlassablement qu’il valait mieux pour l’enfant, en toutes circonstances, Un dire la vérité.Aux enfants du divorce comme aux autres.« L’être humain qui a choisi une famille pour naître souffre lorsque la désunion ne lui est pas expliquée comme une situation effectivement d'échec, mais malheureusement inévitable.Pour la dignité de l’enfant et celle de ses parents, il est nécessaire que ceux-ci disent ce qu’ils font et fassent ce qu’ils disent », affirme la clinicienne.Dans ce dernier ouvrage qui se présente comme une longue entrevue, Françoise Dolto s’intéresse à ce que peut être la prévention des difficultés dues aux souffrances inconscientes des enfants, « souffrances, écrit-elle, toujours articulées au non-dit ou à un mensonge implicite, fussent-ils maintenus au nom du « bien » de l'enfant ».L’essentiel, précise Françoise Dolto, c’est que les enfants soient avertis de ce qui se prépare au début de la procédure et de ce qui se dé eide en fin de procédure, même s'il s’agit d’enfants qui ne marchent pas encore.Elle rappelle qu’au Québec, on procède a une petite cérémonie quand une famille est naturalisée Tous les membres de la famille doivent être présents, même le bébé qui ne parle pas encore parce qu’on es time qu’il est citoyen dès sa nais sance.De même, croit-elle, il serait très important que les enfants sachent que le divorce de leurs parents a été reconnu valable par la justice, que leurs parents ont désormais d’autres droits, mais que, libérés de la fidélité à l’autre et de l’obligation de vivre sous le même toit, ils ne sont pas libérables de leurs devoirs de « parentalité » dont le juge a stipulé les modalités.L’auteur aborde dans cet ouvrage très concret les diverses situations qui se présentent en cours de procédures et plus tard : les devoirs des parents; les différents modes de garde, leurs avantages et leurs inconvénients; la relation aux nouveaux partenaires des parents, etc.Elle répond aux nombreuses questions qui se posent lorsque la séparation s’annonce.Ses affirmations, parfois, font sursauter comme lorsqu'elle affirme « qu’il est dans l'orde des choses qu’un père ne s’occupe pas de son enfant bébé : ce n’est pas le rôle d’un homme (.) C’est lorsque l'enfant atteint l'âge de la marche — à dix-huit mois — que les hommes normalement virils commencent à s’occuper de lui.Ceux qui s’occupent des bébés sont généralement en grande partie marqués de féminité et, pour ainsi dire, jaloux que ce soient les mères les porteuses»! L’ouvrage, qui s’appuie sur une longue expérience des enfants, s'adresse aussi bien aux parents qui divorcent qu’à tous ceux et celles qui « administrent les procédures de la justice » à travers les différents « corps de métiers » de cet appareil instilutuionnel et en dehors de celui-ci.À signaler, dans la collection Points actuels, aux éditions du Seuil, la parution en format de poche de l’album à succès Enfances (1986), dans lequel Françoise Dolto raconte sa propre enfance et son adolescence.PETIT DICTIONNAIRE DES CITATIONS QUÉBÉCOISES Robert Prévost Libre Expression, 1988 MARIE-ANDRÉ LAMONTAGNE UN BON PROFESSEUR qui sent diminuer l’attention de sa classe a toujours une anecdote en réserve pour rallumer les regards.Et le professeur imprévoyant ou momentanément à court ferait bien de lire l’ouvrage de Robert Prévost, ce Petit dictionnaire des citations québécoises (jue publie Libre-Expression, car il y a là cent mille anecdotes qui nous font rebondir d’une époque à l’autre comme sur les cailloux d’un ruisseau.Il y a bien sûr les citations célèbres : le « Je vous répondrai par la bouche de mes canons » de Frontenac; les « quelques arpents de neige » de Voltaire; jusqu’au « Vive le Québec libre» du général de Gaulle.Mais à côté de celles-là, d’autres, piquantes, nobles, drolatiques : il y en a pour tous les goûts.« Singulier pays, a dit ainsi Sarah Bernhardt, accueillie à Montréal par un Louis Fréchette jetant à ses pieds ses derniers vers, les sauvages sont civilisés et les poètes sont gras ! » Et le curé Labelle, emporté sans doute par son ardeur de colonisateur : « Donnez-moi trois cents femmes et je vous peuplerai le Nord ! ».Certains se sont mépris.Le livre de Robert Prévost a le mérite d’échapper au piège de l’éclectisme dans lequel son propos pouvait l’entraîner.A l’intérieur d’un classement thématique (le mot de Frontenac se retrouve ainsi sous la rubrique « superbe », ce qui se conçoit aisément), la phrase est d'abord citée avec son auteur présumé, puis mise en contexte et expliquée enfin dans un langage clair, concis et rigoureux.L’auteur ne consacre pas plus d'une page et demie par citation, quelle qu’ait été son importance.On peut prendre l’ouvrage par tous les bouts, s’y promener comme Roberl Prévost PETIT DICTIONNAIRE DLS CITATIONS t QUEBECOISES dans un dictionnaire, ou le parcourir comme un livre d’histoire.On y parle des premiers temps de la Nouvelle-France, des Patriotes aussi bien que des Anglais et du général de Gaulle.Il y en a pour le nationaliste dont le poil se hérissera quand il lira cette phrase du Montreal Herald au sujet des Patriotes emprisonnés qu’il convenait selon le journal de juger le plus tôt possible : « Il serait ridicule d’engraisser des gens tout l’hiver pour l’échafaud ! » Le francophile trouvera son bien dans ce mot d'un vieillard que son grand âge empêcha en 1855 de voir La Capricieuse, le premier vaisseau français à venir au pays depuis la Conquête.En place, il réclama un de ses matelots pour « voir des yeux qui ont vu la France».Le francophobe aussi, quand la Pompadour à l’annonce de l’abandon de la Nouvelle-France à l’Angleterre s’écrie : « Enfin le roi dormira tranquille ! » Mais surtout, la lecture de l’ouvrage achève de nous convaincre, si besoin en était, que notre époque est celle d’une bien piètre éloquence.Où sont-ils les chefs indiens (et aussi les chefs tout court) qui comme Hiawatha en apercevant le père Marquette, s’écrieraient sans rire « Que le soleil est beau, Français, quand tu viens nous visiter ! » ?jh De beaux livres pour enfants cet automne GUY FERLAND CORRESPONDANCE FAMILIALE ET ÉCRITS INTIMES Victor Hugo, tome 1, 1802-1828 Robert Laffont coll.« Bouquins », 972 pages.« Ceci est une correspondance, pas un monologue, précise Jean Gaudon dans sa présentation.Celle de l’écrivain français le plus connu, et qui a échangé des lettres avec le monde entier, écrivains, artistes, politiciens, forçats, femmes de la bonne société et de la moins bonne, acteurs et actrices, journalistes, ouvriers, têtes couronnées.On a voulu faire entendre toutes ces voix.Le premier volume se termine à la mort du général Hugo, père du poète.On y verra comment un enfant appliqué, et adolescent tourmenté et volontiers tourmenteur, devient Victor Hugo.On y verra aussi comment l’esprit vient aux filles avec l’orthographe, comment les vieux soldats se dépêtrent — assez bien somme toute — de leurs serments successifs.Comment on voyage, comment on gagne sa vie.Les lettres sont complétées par les carnets et les journaux de Victor Hugo et par d’abondants extaits des comptes du ménage.» VICTOR HUGO CORRESPONDANCE FAMILIALE et Ecrits intimes HOt Qt IS" K> >818 ; LA VIE D'UN BÉBÉ François Weyergans Folio, no 1987 216 pages.Un extrait du cinquième chapitre de ce roman instructif, bien construit et applaudi par la critique à sa sortie en 1986, donne la mesure du projet : « Il était une fois un charmant petit foetus qui s’amusait beaucoup dans le ventre de sa mère.Il commençait à bouger.Ses sourcils étaient bien développés et ses cheveux poussaient déjà.Son menton n’était plus enfoncé dans son thorax.Il sucerait bientôt son pouce.Quand ils naissent, contraints à une survie immédiate, les bébés sont si occupés par le travail qu’ils ont à faire, qu’ils oublient tout.C’est bien dommage.C’est pour cela qu’il est intérressant, quand on en a l’occasion, de s'e renseigner auprès d’un foetus.Les foetus réservent le meilleur accueil à ceux qui les questionnent.Ils ne sont ni méfiants ni menteurs.» FEMMES DEVANT UN PAYSAGE FLUVIAL Heinrich Bôll Points, no R326 241 pages.Immédiaement, Heinrich Bôll nous met en garde dans un exer- «V > * n i;< déVantA» à \ unpqysagc fluvial gue : « Puisque tout dans ce roman est fiction, hormis le lieu où se déroule l’action, il n’est besoin d’aucune des précautions d’usage.Que le lieu ne se sente pas visé, il est innocent.» De là à dire que tout le monde doit se sentir coupable, comme l’affirmait Dostoïevski, il n’y a qu’un pas.Dans ce roman qu’il a achevé peu avant sa mort en 1985, Heinrich Bôll décrit Bonn et ses habitants avec une lucidité implacable qui fait tomber tous les masques qui tiennent encore aujourd’hui.L’UTILITARISME John Stuart Mill, Flammarion, coll.« Champs » no.201, 181 pages.Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863.Georges Ta-nesse précise, dans sa présentation, l’originalité de la thèse de Mill : « La morale de Bentham, dans L’introduction aux principes de morale et de législation, partait du principe que le plaisir est l’unique but de l’existence; Stuart Mill, son disciple, a su comprendre que même une morale utilitaire ne saurait se passer d'éléments intérieurs et il a voulu la doter d’une conscience, MILL UTILITARISME Champs Flammarion d’un sentiment du devoir et d’une obligation morale.Bentham avait lancé la formule : « Chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l’intérêt de l’individu à l’intérêt universel.» Mill, sans combattre ce point de vue, observe qu’on trouve d’autant mieux le bonheur personnel qu’on le cherche moins, et qu'on le trouve en travaillant au bonheur des autres, à l’amélioration du sort de l’humanité.» Simon et les flocons de neige Simon et les flocons de neige de Gilles Tibo Un conte charmant dans lequel le petit Simon essaie de compter les flocons de neige d’une tempête, les étoiles brillant dans le ciel et les lumières de la ville.Sa façon d'accepter les frustrations offre aux petits de quoi rêver en s’endormant.Encore une fois, les illustrations reflètent l'ambiance, les sentiments et la beauté.relié 9.95 de 3 à 6 ans Annabel Lee poème de Edgar Allan Poe, traduction de Stéphane Mallarmé et illustrations de Gilles Tibo Ce poème de Poe sur l'innocent amour de deux enfants est l'un des plus beaux du monde.Dans une série d'illustrations aussi belles que le poème lui-même, Gilles Tibo en a situé le décor dans la Gaspésie des années 1930.Titulaire de nombreux prix, Tibo fut finaliste dans le cadre du Prix littéraire du Gouverneur général, section illustrations pour enfants, et ses tableaux furent sélectionnés pour l'Exposition d’illustrations de Bologne, en Italie, relié 19.95 12 ans et plus VNNABEE LEE I dgjf Allan h* (îiltrs Tibo Demandez ces livres au libraire de votre quartier.I M (VAC ua Les livres Tbundra sont distribués au Québec 1 I V IC J I 1 1II| lfJl U Par Diffusion Lougarou.4657.bout, des Grandes- INTERFACE à SAVOUREZ EN TOUTES SAISONS LE FRUIT DU SAVOIR EN LISANT.Beau temps, mauvais temps, INTERFACE vous DANS NOTRE NUMÉRO DE Entrevue André-Marie Tremblay.Chercheur en physique théorique à l'Université de Sherbrooke Articles Les écosystèmes naturels du Nord-Est américain à l’heure du changement global Le - fédéralisme coopératif - et la politique nationale des sciences et de la technologie On peut te procurer INTERFACE (3.50$) dans toutes 2730, Côte Silnte-Catherine, Montréal (Québ informe sur la recherche et les chercheurs NOVEMBRE-DÉCEMBRE: Chroniques Le Sommet québécois de la technologie aura-t-il un lendemain?Un programme de deuxième cycle à la Télé-université La maîtrise des ressources au Québec en 1988 Le Centre de bioéthique de l’Institut de recherches cliniques de Montréal les bonnes librairies ou en s'adressant à l'Acfas.ec) H3T 1B7 • Tél.: (514) 342-1411 Le Devoir, samedi 3 décembre 1988 ¦ D-7 • le plaisir des L’humour et la tendresse L’«autre» pouvoir au service de notre petite histoire LÉON BALCER RACONTE Léon Balcer Québec, Les Éditions du Septentrion, 1988:150 pages.PAUL-ANDRÉ COMEAU RETIRÉ à Trois-Rivières, M.Léon * Balcer ne faisait guère parler de lui depuis quelques années.Heureusement, le nouveau patron des Éditions du Septentrion, M.Denis Vaugeois, a eu la bonne idée de solliciter la mémoire de celui qui a été l’un des lieutenants récalcitrants de .John Diefenbaker durant les mandats conservateurs de la fin des années 50.Il en est résulté un petit livre sans prétention, qui se lit avec plaisir et qui jette un éclairage souvent inédit sur des personnages et des événements de l’histoire récente du Québec.Pas des mémoires au sens classique du terme, ce livre se contente de reprendre des épisodes glanés ça et là à la faveur d'une carrière politique exceptionnelle.En évoquant BAIGEI! raconm les personnages de Maurice Duplessis, de John Diefenbaker, de l’actuel président autrichien, M.Balcer s’at- tache aux qualités, à l’aspect humain des êtres qu’il a cotoyés comme simple député ou comme membre du gouvernement conservateur.Parfois, seul un humour tendre évite à ses portraits de donner dans une caricature presque involontaire.À titre d’exemple, on lira avec éton nement les pages consacrées à son illustre concitoyen, Maurice Duplessis.Des anecdotes qui confirment les impressions dégagées de la série té lévisée consacrée à l’ancien premier ministre du Québec.Des rappels familiaux, des pages sobres sur la guerre vécue par l’auteur engagé dans la marine canadienne, des anecdotes savoureuses sur les à-côtés de la politique, évocation de voyages officiels en Europe, à Paris et au Vatican : autant de petits chapitres qui sont brossés comme des tableaux sans prétention, mais qui en disent long sur les hommes et leurs travers.À titre d’exemple, une simple remarque sur le ba billage des cardinaux entrant à Saint-Pierre de Rome aux funérailles de Pie XII est plus révélatrice que plusieurs traités sur la curie romaine.Au fil de ces pages, Léon Balcer laisse percer le fonds de nationalisme qui a toujours départagé les Québécois des autres conservateurs à Ottawa.Ses notes sur le débat au sujet de l’adoption du drapeau canadien — occasion immédiate de son retrait de la politique fédérale — .ses commentaires sur le bilinguisme à la Chambre des communes confirment bien des appréhensions.Devant ce talent de conteur, on en arrive à regretter que M.Balcer n’ait à peu près rien écrit sur la vie partisane et l’organisation des partis fédéraux au Québec de l’après-guerre.À part le petit ouvrage sur les tribulation des conservateurs au Québec par le regretté Marc La Terreur, il y a là lacune qui devrait être comblée, surtout au moment où la fortune semble de nouveau sourire aux conservateurs.Un ouvrage sans prétention qui plaira à ceux qui ont vécu celte période ou qui cherchent un autre éclairage à la vie politique officielle.Jules Deschênes, magistrature oblige CLÉMENT TRUDEL L’EX-JUGE EN CHEF Jules Deschênes a un penchant d’esthète.Il lui plairait bien de retourner au festival Wagner, à Bayreuth, par exemple, ou de revoir Léningrad pour y goûter une fois de plus l’ambiance de l’Ermitage.Parmi les hommes « de tempérament et de vision » qu’il admire se retrouvent le pape Jules II et son protégé Michel-Ange, dont la conjonction a donné des oeuvres que nous admirons encore.« Le désir n’a pas de limite», avoue-t-il, mais à quoi bon se morfondre à propos de bateaux et de Rolls Royce que nous n’aurons jamais ?Mieux vaut comparer avec les moins nantis que soi, et goûter son bonheur d’avoir eu la chance de vivre tel événement exceptionnel ou telle rencontre enrichissante.Son amour du théâtre a déjà inspiré au juge Deschênes une décision sur un canevas de « dramaturge », mais, magistrature oblige, dans son livre, il morigène vertement les auteurs des films tirés des affaires Coffin et Cordélia (Viau) pour les libertés prises avec les archives judiciaires.En relatant les réactions ou les vagues que ses jugements ont provoquées, il tente d'en offrir un « panorama honnête», équilibré.On peut croire ce juge bien adapté à son ambition de se mouvoir « dans l'ombre de Salomon ».Jules Deschê-nes a hérité de son père notaire l’art de l’inventaire - son dixième ouvrage est une autobiographie (Sur la ligne de feu, chez Stanké) qui fourmille de listes de noms importants, et pourrait constituer la base d’un Who's Who - et campe un « Salomon » au sourire généreux, qui ne perd en rien
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