Le devoir, 3 janvier 1989, Page(s) complémentaire(s)
la météo: Ensoleillé en matinée.Ennuagement graduel par la suite.Max.: -12.Demain: ensoleillé et froid.(détail page 10) Vol.LXXX — No 1 ?Montréal, mardi 3 janvier 1989 Côte-Nord.Gaspesie Nouveau Brunswick 60 cents Toronto 80 cents 50 CENTS Les locaux ravagés d’Alliance-Québec Un incendie criminel lié au débat linguistique L’enquête de police démontre que le feu a pris dans un tapis imbibé de pétrole PtBre O’Neill L'INCENDIE des locaux d'Alliance-Québec, en fin de semaine dernière, était de nature criminelle et relié au débat linquistique.Les premiers indices recueillis au cours de l’enquête préliminaire du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal démontrent, sans l’onbre d’un doute, qu’une main criminelle est à l’origine du feu qui a éclaté vendredi dernier au cin- quième étage du siège social d'Al-liance-Québec, rue Crescent à Montréal.Directeur de service à la police de la CUM, M.Reynald Boucher a expliqué hier au DKVOIR que les enquêteurs dépêchés sur les lieux ont constaté que l’incendie, qui a pris naissance dans un tapis et un amoncellement de papier-journal, a été allumé à l’aide d’un liquide « accélérant », probablement du pétrole.Non seulement le porte-parole de la police ne doute pas du caractère criminel de l'incendie, mais il est tout aussi convaincu que le débat linguistique y est pour quelque chose.« Je pense qu'on ne peut pas se tromper trop trop.Qu’il y ait un incendie criminel à cette place, c’est assez facile de déduire qu’il y a une incidence politique et que c'est relié au débat linguistique».Cela dit, M.Boucher réfute les accusations du président d’Alliance-Québec, Royal Orr, voulant que la police de la CUM se soit « traîné les pieds » et ne soit pas intervenue assez rapidement dans le dossier.Accourus sur les lieux en même temps que les sapeurs du Service des incendies, les policiers du poste 25 ont aussitôt effectué les premières constatations d’usage.Interrompue pour le week-end, l’enquête a repris hier matin, cette fois sous la direction de l’escouade des incendies criminels.Aux allégations de Royal Orr, l'officier Reynald Boucher réplique : « C’est complètement faux de prétendre que la police s'est traîne les pieds.Lorsqu'un incendie criminel survient pendant le week-end.l'enquête ne débute jamais avant le lundi matin, à moins qu'il y ait décès où que l'on doive interroger un suspect.On a pas fait exception pour Alliance-Québec.Nous avons tout simplement suivi la procédure normale ».Pendant que brûlaient les locaux d'Alliance-Québec, une nouvelle bannière était accrochée ù la croix du mont Royal.Le message bilingue qui y était inscrit en lettres rouges laisse * croire cependant que ce ne sont pas des francophones, mais des anglo phones qui ont commis le méfait « Bonne année.Happy New Year.Is this too much English, Mr Ron rassa?».Ce qui inspire au porte-parole de la police une mise en garde : .On peut toujours déduire que ce sont des anglophones qui ont fait le coup.Mais on ne sait minais; il y a des activistes de pan et d’autre ».Interrogé sur le leu qui a ravagé les locaux d’Alliance-Québec, le chef du Parti indépendantiste, Gilles Rhéaume, n'a pas caché sa satisfaction et refuse d’en condamner les auteurs.Sans connaître leur identité, il lui parait évident que ce sont des na-lional'stes francophones qui se sont Voir page 14 : Incendie 57 personnes périssent au large du Guatemala GUATEMALA (AFP) — Au moins 57 personnes ont trouvé la mort, dimanche soir, dans le naufrage d’un bateau transportant 120 personnes au large de la côte du Guatemala et le bilan de l’accident risque de s’alourdir encore, a-t-on appris, hier, auprès d’un responsable de la Marine nationale.Jusqu’à hier midi, 46 personnes ont pu être sauvées, tandis que des plongeurs de la marine ont retrouvé 57 cadavres, a annoncé le capitaine Ani-bal Giron, estimant qu’il y avait peu de chances de trouver d’autres survivants.Le bateau, le Juslo Rufino Barrios II, assurait la liaison entre les ports guatémaltèques de Livingston et Barrios.L'accident s'est produit dans la baie d’Amatique, au large de Santa Maria del Mar (200 km au nord-est de Guatemala), à mi-par-cours du trajet de 15 milles marins, qui sépare les deux ports.Avant l’accident, le capitaine du bateau avait pris contact avec le port de Barrios pour indiquer qu'il y avait apparemment une avarie des machines et qu'il avait besoin de carburant, a précisé le capitaine Giron, chef de ce port.Voir page 14: Guatemala PHOTO JACQUES GRENIER mm .ÙWM'ÏL Iff * • I ’ mm mwk Iœ j.A-.MJLi ' K' I i La valse des patineurs La tempête qui a enneigé le Québec, hier, n’a pas fait que des malheureux.Ces patineurs du parc Lafontaine s’en donnent à coeur joie.Informations page 3.Les réfugiés de la première heure risquent l’éviction Paul Cauchon LES STRIK TURES administratives prévues par la toute nouvelle loi sur les réfugiés se mettent en branle : la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) entendra demain el peut-être même aujourd’hui les premiers demandeurs arrivés dimanche, date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi.Hier après-midi, les officiers d’immigration à Mirabel comptaient 28 « réfugiés potentiels » à s’être présentés à nos portes dans la journée de dimanche et lundi.Au poste-fron lière de Lacolle, la situation étail calme : quatre demandeurs le Jour de l'An et un hier matin.Mais les différents posle-fronliè-res avaient connu dans les derniers jours de l’année un dernier blitz, les demandeurs voulant probablement profiter des dispositions de l’ancienne loi encore en vigueur jusqu’à minuit samedi.Ainsi ou comptait 75 demandeurs vendredi et samedi derniers à Lacolle, 128 à Mirabel pour ces deux mêmes journées.Ces chiffres s’ajoutent au nombre déjà considérable de cas accumulés depuis le début de l’année — pour le Québec seulement on compte 12,004 demandeurs de janvier à novembre 1088 Pour l’ensemble du Canada on compte 85,000 personnes dont les demandes étaient demeurées en suspens depuis deux ans et demi.Après des mois de tergiversations la ministre de l’immigration Barbara McDougall annonçait mercredi dernier que chacun de ces 85,000 cas allai! être examiné par une nouvelle structure parallèle qui doit être mise sur pied.Pour le moment, la confusion semble complète en ce qui concerne les modalités d’application (sur quels critères se basera cette structure, qui seront les arbitres à en faire partie, etc.) Quant aux « nouveaux » réfugiés, qui ont frappé à nos portes depuis le 1er janvier, ils doivent d’abord être vus en audience initiale par un arbitre accompagné d’un commissaire de la nouvelle CISR qui évaluent si le revendicateur a droR/mne enquête complète ou sera «tourné dans son pays.Il suffit qu’un des deux évaluateurs soit d’accord pour que le revendicateur passe à la deuxième étape, l’audition complète devant deux commissaires.La plupart de ces nouveaux demandeurs sont actuellement sur le Voir page 14 : Réfugiés Grâce à une série de nominations importantes en 1989 Mulroney enfin maître de ses bureaucrates jjftt^iel Vastel - de notre bureau d'Ottawa D’ICI quelques semaines, la majorité des juges de la Cour suprême du Canada — cinq sur neuf — auront été nommés par Brian Mulroney lui-même.Quand il est arrivé au pouvoir en septembre 1984, huit sur neuf avaient été choisis par Pierre Trudeau.L’exemple de la Cour suprême montre à quel point il faut du temps à un chef de gouvernement pour prendre le contrôle de sa propre bureaucratie.En fait, même John Diefenbaker, en un peu moins de six ans, n’avait pas réussi à changer le visage de sa haute fonction publique et on peut dire que Brian Mulroney avait hérité d’une bureaucratie essentiellement libérale.D’autant plus que Pierre Trudeau avait comblé tous les postes libres, avec 200 nominations politiques dans les dernières semaines de son mandat ! Dans les premiers mois de 1989, le premier ministre va procéder à une série de nominations majeures el on pourra dire alors que le gouvernement est « à sa main » : ¦ dans la dernière semaine de janvier, le premier ministre devrait annoncer une réorganisation de plusieurs ministères et un remaniement en profondeur d’une équipe ministérielle réduite; contrairement à 1984, il dispose cette fois d’une liste de députés expérimentés, plusieurs ayant bénéfice d'une « formation sur le tas » comme ministres d’État ou se- crétaires parlementaires; ¦ aussitôt après, on s’attend à un remaniement de la haute fonction publique, notamment à la nomination d’un nouveau greffier du Conseil privé, le fonctionnaire le plus puissant à Ottawa.De même que le premier ministre en a surpris plusieurs en ramenant Stanley Ilartt auprès de lui comme chef de cabinet, il se pourrait que, pour la première fois, le poste soit confié à une femme.L’actuelle présidente de l'ACDI, Margaret Catley-Carlson, ou la pré- sidente de la Commission de la fonction publique, Huguette Labelle, pourrait être l'heureuse élue.Mais ce n'est pas tout : le hasard veut que parmi les 377 postes à plein temps que le premier ministre doit combler dans l’une ou l’aulre des institutions fédérales, plusieurs sont de la plus haute importance el, là encore, le premier ministre dispose d'une longue liste de personnes qui ont bien servi le Parti conservateur et se sont en même temps gagné le Voir page 14 : Mulroney PHOTO CHANTAL KEYSER À l’Unité des soins palliatifs de l'hôpital Notre-Dame, les familles ont accès 24 heures sur 24 à leurs parents cancéreux en phase terminale.L’Unité des soins palliatifs de l’hôpital Notre-Dame On vient ici pour mourir PaUl Cauchon UN LONG corridor parsemé de plantes, des reproductions d’oeuvres d’art sur les murs, un salon accueillant où trônent un vieux piano et un système de son neuf, une cuisinette.Nous sommes pourtant dans le corridor d’un grand hôpital montréalais, au 5e étage.Dans les chambres à l’éclairage tamisé, alors que toute la ville autour fête une nouvelle année, on vient pour un dernier voyage.Le tout dernier.Car l’Unité des soins palliatifs (USP) de l’hôpital Notre-Dame abrite en permanence douze cancé- reux en phase terminale.Dans notre société aseptisée il arrive que certains mots fassent peur Ici, les infirmières et les bénévoles n'ont pas peur des mots qui traduisent une réalité quotidienne : on vient ici pour mourir.Mourir dignement.Cette unité a ouvert ses portes en février 1979, quelque temps après l'ouverture d’une unité semblable au Royal Victoria.Projet-pilote qui a suscité des résistances, l’USP a fait des petits puisque d’autres institutions ont maintenant ouvert des chambres offrant les mêmes services.Mais après dix ans l’USP de Notre-Dame demeure une référence.Le corridor est bordé de sept chambres privées et deux semi-pri vées, logeant des patients pour une période de trois semaines à trois mois.Ces patients proviennent de tous les milieux, et leur moyenne d'âge tourne actuellement autour de 50 ans, ce qui est jeune.L’USP offre une assistance personnelle aux mourants.Une équipe multidisciplinaire leur propose une approche globale où l’on porte attention à tous leurs besoins : psychologiques, physiques, sociaux, religieux, émotionnels.Sont acceptés ici les cancéreux en phase terminale, informés en toute lucidité de leur diagnostic.D’un commun accord avec le patient, la famille et le médecin, la décision est Voir page 14 : Mourir AUJOURD’HUI Controverse sur le naufrage de Rio Les autorités brésiliennes contredisent les policiers et assurent que le bateau-mouche était sécuritaire.Page 5 Une firme de Bonn acoquinée avec Kadhafi ?Bonn fait enquête pour savoir si une de ses sociétés fabrique des armes chimiques pour le colonel Kadhafi Page 4 Bye Bye 88.une heure après tout le monde L'équipe du Bye Bye 88 a voulu nous en mettre plein la vue mais, arrivant après les autres drôles, son show sentait le réchauffé Page 7 La Bourse de Montréal recule Comme l'ensemble des places boursières d'Amérique du Nord, la Bourse de Montréal est revenue en 1988 à son niveau d'activités de 1986.Page 8 JEAN PROVENCHER WUl.SUSOV ILS tu ¦U,ni Luiit- '" LES QUATRE SAISONS dans la vallée du Saint-Laurent ÇAQiAUlDÉAL L extraordinaire fresque de Jean Provenctier sur la vie traditionnelle au rythme des saisons.Édition entièrement retondue, non abrégée.Un magnifique volume, abondamment illustré en noir et blanc et en couleurs.Vol.de 640 pages, relié sous jaquette, 49,95$ BORÉAL / k i 14 ¦ Le Devoir, mardi 3 janvier 1989 Libre-échange : le Canada met en place son réseau de chiens de garde Michel C.Auger L’EX-JUGE en chef de la Cour supérieure du Québec Jules Deschênes et l’ancien juge de la Cour suprême du Canada Willard Estey sont parmi les 30 personnes qui représenteront le Canada au sein des organismes chargés de régler les différends qui pourraient survenir à la suite de l’entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec les États-Unis.En vertu du chapitre 19 de l’accord — qui est entré en vigueur le 1er janvier — les deux parties devaient nommer les personnes qui formeront les panels chargés d’évaluer les décisions de chacune des parties d’imposer des droits compensatoires sur les produits de l’autre pays considérés comme injustement subventionnés ou comme faisant l'objet de dumping.Les panels seront composés de deux membres canadiens, de deux membres américains et d’un cinquième qui sera nommé d’un commun accord par les quatre premiers.Les questions soumises à ces panels ne pourront être soumises aux tribunaux canadiens ou américains et les décisions de ces panels seront exécutoires.Vingt-cinq avocats et consultants spécialisés dans les questions commerciales ont ainsi été nommés par les ministres du Commerce extérieur John Crosbie et des Finances Michael Wilson.Les ministres ont également nommé cinq anciens juges pami lesquels on choisira les membres de panels chargés d'examiner, à la demande de l’un des deux gouvernements, les contestations extraordinaires qui pourraient résulter de l’interprétation ou de l’application des clauses de l’accord de libre-échange.En plus des juges Deschênes et Estey, les trois autres anciens juges qui participeront à ces panels seront MM.Arthur Gordon Cooper, de Nouvelle-Écosse, Gregory Thomas .«Àt - IS'’*** Jules Deschênes Evans, d’Ontario, et Nathaniel Theodore Nemetz, de Colombie-Britannique.Le juge Deschênes est aujourd’hui directeur de l’école du Barreau du Québec et avait présidé la Commission d’enquête sur les criminels de guerre au Canada.Le juge Estey, qui avait quitté la Cour suprême au début de 1988, avait présidé la Commission d’enquête sur la faillite de deux banques de l’Ouest du pays et s’était officiellement prononcé pour l’accord de libre-échange pendant la dernière campagne électorale.Il avait également soulevé une certaine controverse quelques jours après sa démission en condamnant l’accord du Lac Meech.Les 25 membres des groupes spéciaux appelés à trancher les différends sont : Albert Bissonnette, Penny Bonner, Donald Brown, Jean-Gabriel Castel, Peter Clark, James Chalker, John Coyne, Glen Cranker, Ivan Feltman, Michael Flavell, Martin Freedman, Mike Goldie, Rodney Grey, Gerald Lacoste, A.de Lotbi-nière-Panet, David McFadden, James Mcllroy, Robert Pitt, Simon Potter, Margaret Prentiss, John Richard, Pierre Sauvé, David Taven-der, Christopher Thomas et Gilbert Winham.PHOTO AP f, r Des parents consolent Wanda da Costa dont le père pilotait le bateau qui a coulé lors d’un autre naufrage, dans la baie de Rio de Janeiro, la veille du Jour de l’An, causant la mort de 51 personnes.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Mulroney respect de la population.C’est le cas par exemple des Robert Stanfield ou Joe Clark dont les noms circulent à Ottawa lorsqu'on évoque la succession de Jeanne Sauvé au poste de gouverneur général, d'ici l’été.Incidemment, le lieutenant-gouverneur du Québec, Gilles Lamontagne, devrait lui aussi être remplacé, mais c'est une sinécure beaucoup moins convoitée.Sans avoir dû recourir à un limogeage coûteux, Brian Mulroney pourra enfin nommer son homme à la tête de CBC7 Radio-Canada.Si la nouvelle loi sur la radiodiffusion est représentée, ce sont en fait deux postes que le premier ministre aura à combler.L’animateur Patrick Watson est lui-même candidat mais le parti, qui a son mot à dire, préférerait un homme sûr et dévoue comme l’ancien ministre David Crombie, ou l’ancien vice-président du réseau anglais.Peter Herrendorf.Dans le domaine culturel toujours, la présidence de l’Office national du film est à prendre.L’ancienne déléguée de l’Ontario à Paris, Adriane Clarkson, jouissait de la faveur du gouvernement jusqu’à ce qu’elle menace, pendant la campagne électorale, de déménager à Montréal si le libre-échange avec les États-Unis POUR RECEVOIR LE DEVOIR À DOMICILE Vous pouvez recevoir LE DEVOIR à domicile, tôt le matin.Plus de 5,000 camelots sont à votre service à cet effet Vous pouvez également souscrire à un abonnement livré par le service des postes, mais l’éditeur ne peut se porter garant du service Le Devoir est édité si* |Ours par semaine, le dimanche et les tours fériés exclus Vous pouvez souscrire a un abonnement de 6 |ours/semaine, de 5 jours/semaine ou d’une lournée/semame (le samedi) PAR CAMELOT Abonnement payé au* semaines au camelot Abonnement 6 |Ours/semaine $3 25 Abonnement 5 lours/semame $2 50 Le samedi seulement $1 00 MONTREAL: (514)332-3891 QUÉBEC: (418)845-2080 PAR CAMELOT Abonnement payé d'avance a l’editeur Un an, 6|ours/semaine $160 Un an.5 |ours/ semaine $121 Un an.samedi seulement $ 44 26 semaines, 6 |Ours/sem $87 26 semaines, 6 |ours/sem $64 26 semaines, samedi seul $ 24 13 semaines.6 |ours/sem $45 13 semaines, 5 jours/sem $32 13 semaines, samedi seul $ 13 MENSUELS PRÉ-AUTORISES PAIEMENTS Fini les factures! Fini les visites du cameloL le soir pour se taire payer* Votre abonnement est débité automatiquement dans votre compte de banque ou votre carte de crédit! Téléphonez au nuéro ci-dessous et vous recevrez un formulaire à remplir autorisant Le Devoir à débiter votre compte de bnque ou votre carte de crédit, une fois par mois, d’une somme équivalant au prix de l'abonnement que vous aurez choisi PRIX: 6 jours/semame $14 00/mois 5 jours/semame $1075/mois Le samedi seul $ 4.50/mois POUR RECEVOIR LE FORMULAIRE (514) 844-5738 OU ÉCRIVEZ A L’ADRESSE CI-BAS INFORMATION: (514)844-5738 ou écrivez â Service du tirage LE DEVOIR 211, rue du Saint-Sacrement Montréal (Québec) H2Y 1X1 Suspension pour vacances, plaintes, changements d'adresses, etc (514) 844-5738 Nos lecteurs sont priés de prendre note que les augmentations successives du coût du papier et celui de la mam-d'oeuvre ont conduit a une légère augmentation des prix des abonnements, effective à compter du premier |anvier Les abonnés qui recevront leur avis de renouvellement avec les anciens tarifs ne seront pas tenus de payer leur abonnement selon la nouvelle grille de prix devenait réalité.Il y en a qui disent que ce serait effectivement une belle façon de la « punir », le siège social de l’Office se trouvant effectivement dans la métropole ! La présidence d’une série de sociétés de la Couronne importantes ou d’organismes prestigieux est aussi à combler : c’est notamment le cas du Canadien National où certains veu lent envoyer l’ancien ministre de la Justice, Ray llnatyshyn, défait dans Saskatoon le 21 novembre.Une autre ministre, défaite dans son comté de Kingston, Flora Macdonald, serait pressentie pour la présidence de l'Agence canadienne de développement international.Quant à l’ancienne ministre du Commerce, Pat Carney, on lui réserverait l’ambassade du Canada à Tokyo, un autre poste diplomatique qui, après Paris, Washington, New York, Lisbonne et nombre de consulats, deviendrait ainsi un havre pour politiciens déchus.Parmi les autres nominations de prestige, Brian Mulroney devra combler, d’ici quelques mois encore, la présidence de l'Énergie atomique du Canada, du Musée des sciences et de la technologie, du Conseil canadien des relations de travail, de Marine Atlantique, du nouveau Centre international des droits de la personne et du développement démocratique.Le premier ministre a le privilège de proposer la nomination de 2,613 personnes, en plus de choisir ministres et sous-ministres.Comme les mandats sont de trois ou cinq ans, sept au maximum, il aura pu, d'ici la fin de son deuxième mandat, choisir chacun des mandarins du pouvoir fédéral.Une nomination importante cependant ne pourra se faire avant le retour des députés à Ottawa le 6 mars prochain, c’est celle d'un nouveau Directeur général des élections, qui doit être approuvée par le Parlement Jean-Marc Hamel a déjà annoncé sa retraite et son successeur devra notamment présider à un assainissement des moeurs politiques, notamment le financement démocratique des partis, tel que promis par Brian Mulroney avant les élections, et la réglementation de la publicité payée par les groupes de pression pendant les campagnes électorales.Il y a donc fort à parier que, pendant son séjour en Floride, le premier ministre joue avec toutes sortes de listes.Pour le conseiller, il a d’abord l'avis des ministres régionaux (comme Lucien Bouchard au Québec), et surtout de son secrétaire principal, Peter White, et de son chef de cabinet, Stanley llartt L’accord du lac Meech lui impose de consulter les provinces pour la no-mination de nouveaux juges à la Cour suprême.Mais au Canada anglais, on fronce déjà le sourcil à la pensée que Robert Bourassa puisse avoir un mot à dire sur la succession de Jean Beetz, l’un des juges dont le premier ministre du Québec a refusé le verdict sur la loi 101 ! (DEMAIN : La lune de miel avec les provinces est terminée) 4 Incendie attaqués au symbole d'Alliance-Que-bec, « l’incarnation du fanatisme anglophone contre la lot 101.Ils ont couru après Je ne suis pas surpris.Et je m'attends même à d'autres actes de violence.Robert Bourassa est le grand responsable.Il a voulu con-lenter tout le monde.Il a déplu à tout le monde.Il doit retirer la loi 178 » Cette opinion sur la responsabilité du premier ministre Bourassa est également partagée par le président d’Alliance-Québec.Ce qui n’empêche pas de nombreux anglophones à trouver que le discours d'Alliance-Québec manque de fermeté.LE DEVOIR a par ailleurs appris hier que des éléments plus radicaux de la communauté anglophone se sont réunis au cours du week-end pour étudier l’opportunité de se regrouper sous un nouveau groupe de pression et peut-être même de former un nou veau parti politique.Quoi qu'il en soit, deux spécialistes des incendies criminels, à la recherche d’indices incriminants, ont passé toute la journée d’hier dans les locaux ravagés d’Alliance-Québec.Ils y retourneront ce matin pour interroger les gens qui se trouvaient encore dans le même édifice au moment de l’incendie, des témoins po tentiels.Pour l’instant, la police ne possède aucun indice pouvant lui permettre d’entretenir des soupçons.Selon l’officier Reynald Boucher, il n’est pas question dans l’immédiat de procéder à des interrogatoires de suspects.« Personne n’est visé ».4 Guatemala La Marine a envoyé une vedette pour remorquer le bateau et l’accident, le plus grave de ce genre au Guatemala, s’est produit au cours de cette opération, toujours selon le chef du port de Barrios.Un des survivants a déclaré à l’Agence France-Presse qu’après le début du remorquage, les passagers se sont levés et regroupés d’un côté du bateau qui a alors chaviré.Le J.R.Barrios lié tait équipé de gilets de sauvetage, mais aucun des passagers n’a eu le temps d’en mettre un, a expliqué le capitaine Giron.Presque toutes les victimes, parmi elles plusieurs enfants, étaient de nationalité guatémaltèque.De source informée, on a toutefois indiqué qu’une famille espagnole et une autre mexicaine voyageaient à bord du bateau.Des unités et plongeurs de la Marine guatémaltèque poursuivaient, hier, les recherches.4 Mourir prise de cesser les traitements trop lourds, comme la chimiothérapie, et de laisser le temps faire son oeuvre.L’accent sera maintenant mis sur la qualité de la vie plutôt que la quantité.L’équipe est formée de trois infirmières et d’une auxiliaire le jour, de deux infirmières le soir et d’une infirmière la nuit.En plus de l’infirmière-chef, du psychiatre consultant, de deux médecins à demi-temps, d'un aumônier, d’une diététiste et d’un travailleur social à demi-temps, et d’une équipe de bénévoles qui se relaient sans cesse, disponibles sur appel la nuit La famille du patient a accès à la chambre 24 heures sur 24.Au coeur même d’un grand hôpital moderne où l’appareillage technologique veut défier la maladie, le petit corridor du 5e permet de comprendre que la médecine moderne ne possède pas toutes les réponses, et qu’au delà de la maladie il y a d’abord un patient.« Nous formons une équipe soudée.Ici le taux d’absentéisme est parmi les plus bas chez les infirmières ».Françoise Blais, infirmière-chef, a été nommée en 1981.Elle demande essentiellement à ses infirmières de pouvoir développer une relation d’aide, de faire preuve d’équilibre, d’avoir un bon jugement et d’être capable d’émotion.« Il nous faut aimer les patients, ne pas en avoir peur, dit-elle.Ici on ne brusque rien, ("est le patient qui détermine le rythme de notre travail », ajoute-t-elle.Depuis huit ans, Françoise Blais a été témoin de toutes les attitudes.La révolte comme la soumission, la colère comme la sérénité.Son objectif respecter dans la mesure du possible les désirs du patient.Tantôt ce sera une patiente qui demande à son mari de lui acheter des fraises en pleine nuit.Un autre fois la famille d'un patient d’origine hindoue demandait d’attendre au moins six heures avant d’envelopper le corps après le décès, le temps que •< les fluides sortent du corps pour s’envoler par la fenêtre ».Mme Blais ne juge en rien des différences cultu relies ou religieuses.Parmi ses patients on retrouve des bigots comme des athées.« Nous cheminons avec eux ensemble ».Nicole Bricault, elle, est infirmière depuis six ans.« Tu ne peux pas vraiment trouver de paroles adaptées à un mourant, chaque patient est dif férent, dit-elle.Les gens meurent comme ils ont vécu, calmes ou en colère L’important c’est la franchise absolue.Si un patient veut retourner à la maison, il ne faut pas nier ce dé sir, U faut plutôt répondre sur la capacité qu'il a de le faire.()n respecte le malade, ses révoltes, ses peurs, ses angoisses.On veut tout simplement l’aider à mourir dignement et calmement ».« De toute façon je n’ai pas toutes les réponses à leurs questions, ajoute-t-elle.Pourquoi quelqu'un est malade et l’autre est en santé ?Je ne le sais pas.Mais je sais qu’on peut aider un malade à ne pas mourir seul ».Nicole, une infirmière jeune, a vu aussi des patients de son âge.Des Les résolutions du 1er de l’An DIEU sait — et mon gérant de banque aussi — si j’aime nos lecteurs, d’autant qu’ils ne sont pas très nombreux; mais grâce à eux, nous, journalistes, appartenons à la classe des écrivains privilégiés.Pouvoir écrire en gagnant son beurre et ses épinards n’est pas donné à tout le monde.Il y a pire, comme écrire un télé-roman, ou un roman tout court, dresser un procès-verbal, fignoler un règlement sur l'affichage, ou pondre un éditorial, surtout lorsqu’on est seul parfaitement certain d’avoir raison.J’avais pris quelques résolutions, profitant du congé des Fêtes, mais je doute pouvoir y être fidèle.Je préfère la liberté de la désinvolture aux cadres d’une prétendue rigueur qui souvent n’est que le sous-produit d’une pensée unidimensionnelle.Ce qu’une correspondante appelle une pensée « aplatie », comme elle notait qu’il existe des gens qui écrivent ou parlent « en français aplati ».Je trouve la formule merveilleusement réussie, pour décrire un soufflé de culture qui, justement, est parfaitement raté.Ainsi, cet intellectuel, que j’admirais beaucoup, quasiment un maître-à-penser, véritable chien de chasse idéologique, le genre beugle, qui, dans les méandres de la casuistique, ne sut jamais perdre la trace de l'essentiel propos.Le propos, disait-il, sur le ton du professeur de musique qui vous signale que le la n’est pas un si, que les nuances viennent ensuite seulement, qu’en toutes choses il ne faut jamais perdre de vue ce que votre interlocuteur, justement, s’emploiera à dissimuler, non par jeu, ce qui serait flatteur, mais par tromperie, se dissimulant ainsi à lui-même sa propre médiocrité.L’intelligence n’est jamais médiocre.La médiocrité n’est jamais intelligente.Mais elle est souvent futée.Or il s’adonne que cet homme si rigoureux me répondit un jour, quand j’avais voulu savoir de lui s’il aimait Glen Gould, qui pour moi fut le plus grand pianiste du siècle ( mais qu’est-ce que j’en sais, au fond, moi qui n’en ai vécu encore que la moitié ?), il me répondit, de glace : « Vous savez, moi, la musique me laisse froid ».Je ne sais pourquoi, ce sont souvent des gens comme ceux-là qui accèdent aux plus hauts sommets de leur carrière, comme si la poursuite du pouvoir exigeait qu’ils renient de leur être tout ce qui n’est pas fonctionnellement essentiel à leurs ambitions.Voilà pourquoi je préfère la désinvolture et la frivolité, qui sont les soeurs jumelles d’un imprévisible plaisir, alors que mon maître-à-penser, qui ne l’est plus, vous en doutez bien, a suivi le chemin de la hautaine solitude : à défaut d’écouter Gould ou Oscar Levant, ou Aron Copland, ou ce petit chef-d’oeuvre de la chanson québécoise qui s’intitule La Complainte d'un phoque en Alaska, il s’écoute lui-même.Alors que les phoques, qui sait, se mouraient peut-être de son affection.Je ne sais plus très bien où j’en suis rendu dans ma chronique du lendemain des Fêtes.Ah, oui, les résolutions.La seule que je m’en vais tenir, parce que je n’ai pas le choix, c’est la résolution de l’espoir, sans lequel on perd le sens de l’absurde.D’ailleurs l'un tient lieu parfois de l’autre.L’absurde fait rêver d'un retour au bon sens, et l’espoir au fond n'est rien d’autre que cela.Mais, direz-vous, l’absurde, c’est aussi l’ultime refuge du désespéré, celui qui ne peut concevoir que Dieu ait pu être à ce point incompétent qu’il nous ail pourvu d’une conscience assez riche pour comprendre l’Univers, mais d’une espérance de vie d’à peine 75 ans pour y parvenir.Oscar Wilde, Stephen Leacock, Boris Vian et Marc Favreau sont des désespérés de ce genre-là.On les appelle aussi parfois des humoristes.L’autre résolution à laquelle je m’étais engagé, c’était de ne plus écrire un seul mot sur la dégénérescence des boîtes crâniennes aplaties qui sont en train de transformer en un véritable courant culturel canadien-français ce qui n’a jamais valu plus d’une oeillade dans un music hall de La Poune, ceci avec la complicité imbécile, au sens le plus clinique du terme, de nos entrepreneurs de freak shows que sont devenus, dans l’ordre, les réseaux Quatre-Saisons, Télé-Métropole, Radio-Canada, et Téléfilm-Canada.Ce sont là aussi, de Rock et Belles Oreilles aux infantiles Bye-Bye, les mêmes artistes qu’on a vu grimper il y a quelques semaines à peine sur les barricades indignées de la culture québécoise, pour défendre pâmés la pureté de la langue française, au nom de l’affichage unilingue.Il y a pire que les affiches en deux langues.Il y a le double langage de ceux qui, sous prétexte de vouloir passer à l’Histoire, se sentent forcément obligés d’y entrer par l’anus.Je ne connais pas de culture au monde qui confonde aussi innocemment la critique sociale et la régression mentale.Mais pardonnons-leur, car, comme ils le disent dans leur français aplati, le Québec, çé jus'pour rire.Ma foi, à ce rylhme-là, ils ont peut-être raison.Jean-tf DUFRESNE A Montréal l'ésotérisme, il avait l’ambition d'aider ces hommes et ces femmes à passer de « l’autre côté », à se préparer à un au-delà qui l’intriguait.< Aujourd’hui, dit-il, je doute de ce qu’il peut y avoir après, je me préoccupe beaucoup plus de ce qu’il y a maintenant.La seule certitude que j’ai maintenant, c’est qu’il faut travailler à rendre sa propre vie intéressante.» 4 Réfugiés territoire canadien, et ils appartiennent à différentes nationalités — Iraniens.Irakiens, Sri-Lankais, Indiens, Haïtiens, etc.Hier, trois d’entre eux étaient cependant détenus à l’hôtel Maritime en attente de leur première audience demain.Trois étages de cet hôtel du cen- tre-ville de Montréal ont en effet été I ransformés en centre de détention pour réfugiés, et on peut y accueillir une centaine de demandeurs, dont les papiers d’identité ne sont pas jugés valables.Le débat sur la recevabilité de la demande tournera esssentiellement autour de la notion de pays sûr, une notion qui prête à de nombreuses controverses.La nouvelle loi prévoit en effet qu’on pourra retourner un réfugié vers un tiers pays jugé sûr où il a vécu ou transité un certain temps.Cette liste de pays sûrs, qui doit être établi par le cabinet de la ministre, n’est pas encore disponible.Les responsables de la nouvelle commission estiment pouvoir fonctionner sans elle, selon des critères qu’on suppose empiriques puisque la liste devait être au coeur du processus décisionnel.CANADIENS JOUENT AU HOCKEY DANS DES «LIGUES DE GARAGE» * ' pamiciparTianWm f ¦4 > * 1
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.