Le devoir, 3 mai 1986, Page(s) complémentaire(s)
Photo AP WKA'.*.mm I)1 Al l \.VMM K LOWEN ire R.Tremblay, s.j ymimumimnm* L'INFORMATIQUE PAR LA PRATIQUE Cours intensifs sur: Lotus, D Bose, Symphony 679-0671 Métro Longwouil Wordperfect, Multimate, etc.Shialzu SHIATZU Yukiko IR WIN LE PLAISIR- Alexander LOWAN Des migraines tenaces ont été effacées par ce système, des névralgies réputées incurables, des insomnies, des maladies d’origine souvent psychologique telles que l’eczéma, l’acné, les spasmes stomacaux, l’asthme, les rhumatismes, la tension artérielle, les souffles au coeur et les variations thermiques, merveilleusement et définitivement apaisées par l’acupuncture sans aiguilles.Et, chose rare, sans souffrance, sans medicament, sans danger.i FRANCE-AMÉRIQUE Ce livre tente de démontrer que le corps est le lieu secret de notre plaisir.Mais le plaisir est refoule dans notre vie quotidienne.Il est oublié au profit de notre volonté.Ne sommes-nous pas tous tendus vers l’ambition, le goût du succès, la réussite matérielle, qui nous font perdre la conscience de notre corps?Comment retrouver le plaisir?Le plaisir d’aimer, de jouir, de respirer, de se mouvoir, de sentir, d’être bien dans sa peau.C’est ce que nous réapprend Alexander Lowen.I FRANCE-AMÉRIQU OTTAWA (PC, AFP, Reuter) — Le gouvernement du Canada a conseillé aux familles du personnel de l’ambassade canadienne à Varsovie de quitter le pays, en raison des hauts niveaux de radioactivité.Le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social Jake Epp et le secrétaire d’Etat aux Affaires extérieures Joe Clark ont également conseillé aux Canadiens de ne pas voyager dans un rayon de 800 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl.Ce secteur inclut notamment la Pologne, l’Ukraine, la Crimée, la Lettonie, la majeure partie de la Roumanie, et l’est de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie.Moscou se trouve a la périphérie du secteur affecté.Le gouvernement canadien a conseillé aux Canadiens se trouvant dans cette région de prendre de l’iode, pour aider à neutraliser les effets des radiations, de ne pas consommer de lait et de laver soigneusement les fruits et les légumes.Un porte-parole du ministère des Affaires extérieures a indiqué qu’une vingtaine de membres des familles du personnel de l’ambassade canadienne à Varsovie ont quitté hier matin la ville en direction de Lahr, en Allemagne de l’Ouest.Il s’agit de personnes « à hauts risques », soit des femmes enceintes et des enfants de moins de 16 ans.Les employés et les diplomates de l’ambassade sont restés en poste, a tenu à spécifier le porte-parole, M.Denis Tessier.Les familles du personnel des ambassades de Moscou et de Bucarest ont aussi reçu l’autorisation d’évacuer le secteur.Ils sont présentement à évaluer la situation, les taux de radioactivité semblant vouloir diminuer, a poursuivi M.Tessier.À Kiev même, à une centaine de kilomètres de Tchernobyl, l’agent consulaire dépêché par les autorités du Canada a rencontré hier tous les Canadiens qui s’y trouvaient, dont 16 étudiants et un groupe de 20 parents.Il leur a transmis l’invitation du gouvernement canadien de quitter la ville et doit les rencontrer aujourd’hui pour faciliter le départ de ceux qui auront décidé de s’en aller.Les étudiants lui auraient déclaré qu’ils n’avaient détecté aucun changement dans la ville depuis l’accident du 26 avril dernier, a affirmé M.Tpccjpr Voir pago A-10: Varsovlo Les familles des diplomates canadiens en poste à Varsovie ont commencé à quitter cette ville hier.Vol.LXXVII — No 102 Ciel variable et vents modérés.Max.: 5.(détail page A-5) Montréal, samedi 3 mai 1986 CAHIERS —$1.00 Bombardier fabriquera des autos ¦ OTTAWA ET QUÉBEC S’ASSOCIENT AU PROJET ¦ INVESTISSEMENT DE $500 MILLIONS BERNARD DESCÔTEAUX OTTAWA — Bombardier Inc., en association avec la firme japonaise Daihatsu, fera bientôt son entrée dans le club des constructeurs automobiles.Elle se prépare à annoncer un projet de construction d’une usine d’assemblage dans les Cantons de l’Est qui aurait deux fois l’ampleur du projet Hyundai de Bromont.C’est ce que LE DEVOIR a appris de sources gouvernementales au plus haut niveau dans la capitale fédérale où l’on indique que l’on annoncera d’ici une dizaine de jours la participation financière du gou- vernement canadien à ce projet.Le gouvernement québécois doit aussi s’associer financièrement au projet.Selon les informations obtenues par LE DEVOIR, le projet Bombardier-Daihatsu pourrait permettre la production de 200,000 véhicules par année en 1991 ou peu après.C’est deux fois plus la production prévue à l’usine Hyundai.L’entreprise sud-coréenne commencera cet été, rappelons-le, la construction à Bromont d’une usine d’assemblage au coût de $300 millions où l’on devrait monter 100,000 véhicules par année à compter de 1990.Hyundai évalue à 1,200 le nombre d’emplois directs que créera cet investissement et à 1,600 le nombre d’emplois in- directs au Canada.L’investissement de Bombardier-Daihatsu sera supérieur aux $300 millions du projet Hyundai.On évoque un montant de $500 millions.Le nombre d’emplois directs créés devrait être aussi significativement plus élevé que dans le projet Hyundai compte tenu d’une production plus grande.Le nombre d’emplois indirects serait aussi supérieur, surtout du fait que Bombardier et Daihatsu entendent donner un fort contenu canadien aux deux modèles différents d’automobiles qui seront assemblés à Val-court.Ce projet de Bombardier est en préparation depuis plusieurs mois.Le gouverne- ment fédéral et le gouvernement québécois ont versé une subvention de $1 million chacun l’an dernier pour les études préliminaires.Ces études qui ont coûté quelque $5 millions sont terminées, confirme-t-on chez Bombardier.On refuse cependant d’en dire plus.On rappelle toutefois qu’il avait déjà été dit qu’une décision devait être prise avant la fin du premier trimestre de 1986 (qui s’est terminé le 30 avril).Il y a longtemps que Bombardier caresse le rêve de produire un véhicule automobile au Québec.L’entreprise de Valcourt, spécialisée au début dans les véhicules récréatifs, a maintenant pour principale activité la Voir page A-10: Bombardier La constitution n ’impose pas le bilinguisme aux cours Une analyse de JEAN-CLAUDE LECLERC SOUS l’apparence d’une cause mineure — un citoyen anglophone ou francophone peut-il exiger d’être poursuivi dans sa langue en cas d’infraction a la circulation ?— la Cour suprême du Canada vient de juger que le droit de parler anglais ou français vaut aussi pour les officiers de justice et qu’un citoyen ne peut imposer sa langue aux tribunaux.Dans l’affaire de MM.D.C.MacDonald au Québec et R.J.A.Bilodeau au Manitoba, il s’agissait de savoir si l’article 133 de la loi constitutionnelle créant la Confédération en 1867, et son pendant au Manitoba, donnaient à un accusé le droit d’être poursuivi dans sa propre langue — et donc imposait à la cour l’obligation de traiter avec lui dans sa langue.Les six juges majoritaires de la Cour suprême ont tranché en faveur du libre choix de la langue française ou anglaise par les membres de la cour, rejetant tout régime bilingue obligatoire.(Dissidente, le juge Bertha Wilson aurait imposé à l’État l’obligation de communiquer dans la langue, anglaise ou française, du citoyen poursuivi.) En droit sinon en pratique, on peut donc communiquer en cour suivant des systèmes unilingues parallèles, sans que l’État ait à émettre de procédures bilingues.Le gouvernement peut émettre des procédures bilingues, il pourrait être « souhaitable » qu’il le fasse, estiment les juges, mais il n’y est pas tenu en vertu de l’article 133.En conséquence, si le citoyen a droit de se défendre dans sa langue, il n’a pas le droit de l’imposer au greffier de la cour, au procureur ni au juge.Et nul officier de justice n’aurait l’obligation constitutionnelle d’être bilingue.Chaque officier au contraire a le droit de répondre en français ou en anglais.Dans le grand compromis historique de 1867, les Pères de la Confédération ont rejeté le droit d’être poursuivi dans sa langue ou de l’être dans un système bilingue.Voir page A-10: Bilinguisme Une inauguration princière Photo PC Le couple princier accompagné du premier ministre Brian Mulroney et de son épouse ont coupé le ruban du pavillon du Canada à l’Expo de Vancouver hier.Voir nos informations en page A-7 .^ Les Jésuites cèdent la gestion et l’animation de Brébeuf à des laïcs MARIE LAURIER Les Jésuites se retirent complètement du Collège Jean-de-Bré-beuf pour en confier la gestion à des laïcs.Ils entendent cependant conserver à cette institution réputée pour l’excellence de la formation humaniste qu’il dispense depuis plus d’un demi-siècle sa vocation chrétienne et sa qualité éducative.Cette décision a été prise dans un climat de réalisme, compte tenu du peu d’effectifs des membres de la Compagnie de Jésus, ceux qui restent à Brébeuf présentement étant nettement minoritaires: ils ne sont plus qu’une dizaine sur les 150 professeurs des niveaux secondaire et collégial dont un seul cadre, le père Rodolphe Tremblay, directeur général.Ce dernier recevait en janvier 1983 la mission de son supérieur provincial de procéder à la passation des pouvoirs à des laïcs, la Compagnie de Jésus ne pouvant assurer la relève des Jésuites af- fectés présentement à l’oeuvre de Brébeuf.Il s’agissait cependant de trouver la formule la plus appropriée pour ne pas heurter les parties en cause, les parents, les étudiants et les professeurs qui ont un attachement viscéral à cette institution et une confiance absolue en ses dirigeants.Aussi a-t-on mis le temps nécessaire et la réflexion voulue depuis trois ans pour atteindre cet objectif, si bien que les Jésuites laissent un héritage en tout point conforme à Voir page A-10: Brébouf EN RAISON DES RETOMBÉES DE TCHERNOBYL Le Canada évacue son personnel de Varsovie AU SOMMAIRE RIVIÈRE-DES-PRAIRIES La ministre Thérèse Lavoie-Roux a annoncé hier qu’elle n’avait pas l’intention d’imposer une tutelle à l’hôpital psychiatrique de Rivière-des-Prairies.Page A-3 CULTURE LA FAMILLE DE COSTA-GAVRAS C’est le portrait d’une « France molle et corrumpue » que fait Costa-Gavras dans son plus récent film, Conseil de famille.Le réalisateur de Z et d’État de siège s’en explique à Nathalie Petrowski.Francine Laurendeau, pour sa part, a trouvé « délectable » le dernier Costa-Gavras.Pages C-1 et D-8 LE PRINTEMPS DE PIERRE HENRY Trois des cinq concerts du « printemps électroacoustique » de l’Acreq, la semaine prochaine, seront consacrés à deux oeuvres majeures du compositeur français Pierre Henry : L’Apocalypse de Jean et Dieu.Carol Bergeron s’est entretenu avec ce pionnier de la musique électroacoustique.Page C-1 PASSEPORT EXPO 86 Quelque 15 millions de visiteurs sont attendus à l’Expo 86 dont l’ouverture a eu lieu, hier, à Vancouver.LE DEVOIR .PASSEPORT souligne l’événement touristique de l’année au Canada en faisant un survol de cette exposition consacrée aux transports et communications.Plus près de nous, PASSEPORT est allé sur la côte est américaine : le lac Champlain, un petit coin de paradis à nos portes; Tanglewood, le rendez-vous des mélomanes dans le Massachusetts, et Savannah, une ville du sud aux allures européennes.Page D»1 slWncleuX ES MOTS les plus simples ne rendent pas nécessairement notre ' pensée plus claire.m Pour être heureux, il ne faut pas se donner du mal pour l'être.¦ La flamme dépollue le feu de sa fumée.m Tout a été dit, mais, de ce tout, une bonne quantité n'a pas été comprise ou l’a été de travers.— ALBERT BRIE Le Devoir, samedi 3 mai 1986 ¦ A-7 Expo 86 accueille ses premiers visiteurs VANCOUVER (PC) - L’atmosphère était autant à l’exubérance qu’à la curiosité, vendredi, alors que des milliers de visiteurs se sont rendus assister à l’inauguration officielle d’Expo 86, à Vancouver, sous un ciel couvert.Les porte-parole de l’événement ne savaient pas encore nier soir combien de personnes avaient foulé le sol de l’Exposition, pour cette journée inaugurale, mais on avait prévu y recevoir quelque 100,000 visiteurs.Malgré une température peu favorable, la foule s’est massée tout au long du parcours du prince Charles et de la princesse Diana, qui ont traversé une partie du site avant de se rendre au stade couvert de B.C.Place, où avaient lieu les cérémonies officielles d’ouverture devant près de 60,000 invités.Sous le dome, un gigantesque choeur de plus de 5,000 enfants et adultes, tous vêtus de blanc, ont entonné des chants de circonstance, pendant que le défilé des fanfares et les danses de plus de 200 danseurs ethniques revêtus de leurs costumes nationaux colorés animaient la scène.« En ces jours de discorde internationale, a déclaré le premier ministre de la province, M.Bill Bennett, les nations du monde se sont réunies dans la paix.» Cinquante-quatre nations sont représentées sur les lieux de la gigantesque foire.C’est le prince Charles qui a déclaré l’Exposition officiellement ouverte.Le prince et la princesse de Galles doivent passer sept jours en Colombie-Britannique.L’exposition, qui coincide avec le centenaire de la ville de Vancouver, a pour thème les moyens de transport et de communication.On pourra y assister aux performances les plus diverses, du théâtre au cirque en passant par des shows des plus grands noms du monde du spectacle.Les pavillons des deux grandes puissances, les Etats-Unis et l’Union soviétique, montrent chacun une sorte de « scrap book » (l’Office de la langue française suggère « cahier spicilège ») de leur technologie.Le bâtiment américain est installé sur une avancée de pilotis, non loin de la General Motors vers l’ouest du site d’Expo 86.Le soviétique est vers le centre, sur la terre ferme à l’ombre du pont de la rue Cambie.Sous des éclairages étudiés, l’installation US aligne surtout des mots, maquettes et photos illustrant le thème « l’Exploration spatiale, pourquoi?».Le long du parcours, de jeunes préposés en combinaison Dieu-poudre-Nasa donnent les explications.Le dessert est un film sur grand écran montrant un départ de fusée et autres manoeuvres déjà vues à la télévision.Pour ceux qui aiment lire la notice des exhibits, le bilinguisme est la règle chez les Américains; au moins une hôtesse parle un excellent français.La tradition d’invention US est plus concrète au grand air, notamment au lieu-dit Place des Aéronefs où trône le trimoteur Boeing 80-A, un biplan recouvert de toile, premier avion avec le —™ — .service d’hôtesse (1930).Trois Etats de la côte ouest se sont offert un fia Villon ; la Californie qui expose une pierre de une de 93.5 g et la capsule Apollo XIV qui a servi à la ramener sur Terre, en février 1971.Des photos illustrent comment a été tournée cette réclame de compagnie d’assurances où lité ces jours-ci.L’objet le plus curieux demeure cette hélice double (4.2 m de diamètre), à 16 pales, conçue pour l’économie d’énergie.Mais l’avion qui la portera n’a pas encore été mis au point.Toutes les notices des exhibits et la documentation sont en russe et en anglais.King Kong abime un gratte-ciel de San Francisco.Mais il n’y a rien d’écrit en français dans ce pavillon californien.Du côté soviétique, la quincaillerie spatiale est plus impressionnante; le laboratoire Soyouz-Salyout, à l’extérieur du pavillon, s’offre aux regards comme le long bidule métallique et hirsute qu’il est.À l’intérieur, sous forme d’un buste argenté gardant l’entrée, Lénine a toujours la grosse tête.Tout un mur est recouvert de photos illustrant les beautés et la joie de vivre à Kiev, métropole de l’Ukraine chargée d’histoire séculaire.Deux tableaux lumineux illustrent même son réseau de transports en commun.Regardant au nord et en dehors de la carte, on peut imaginer la route du car desservant Tchernobyl et sa centrale nucléaire, tragiquement dans l’actua- Photos PC M.et Mme Kevin Flynn de St-Jean, Terre-Neuve, (à gauche) ont été les premiers visiteurs d’Expo 86.Le couple princier (à droite) a fait la connaissance d’Ernie, la mascotte de l’exposition universelle de Vancouver.TOUCHE PAS À MES CHUMS Désir reprend sa campagne au Canada NATHALIE PETROWSKI Touche pas à mes chums, telle est la nouvelle devise de l’organisme SOS-Racisme Canada lancé hier à Montréal à l’UQAM.Devise importée de la France de Harlem Désir.Devise adaptée à la couleur locale puisque le mot pote qui ne veut rien dire ici, a été remplacé par chum au pluriel afin d’éviter les confusions sémantiques renvoyant à une hypothétique Ligue des blondes possessives.Devise finalement orpheline d’un macaron qui faute de moyens, n’apparaitra sur le marché qu’en septembre prochain.SOS-Racisme Canada est parrainé par Harlem Désir, jeune antillais de 26 ans, leader du mouvement anti-raciste en France.Ce dernier était de passage pour la deuxième fois en un an, venant cette fois inaugurer la création du pendant canadien.SOS-Racisme Canada s’ajoute à une dizaine d'autres orgnaismes affiliés en Belgique, en Allemagne, en Suède, en Norvège ainsi que dans quelques villes américaines.L’organisme souscrit à une charte internationale et s’engage à défendre les principes de droit à l’existence, à la libre circulation, au logement, au vote et au travail.Pour ce faire, l’organisme préconise une intervention douce, principalement dans les media.Aux campagnes de sensibilisation s'ajouteront les colloques, les forums et les fêtes populaires.A l’automne prochain, une permanence sera assurée pour les victimes du racisme.Mené par une poigné de mili- mmmsam* tants conciliants non partisans prêts à collaborer avec les organismes déjà existants dont la Comission des droits de la personne et la Ligue des droits et libertés, SOS-Racisme Canada est présidé par deux latino-américains, Adriana Nunez et Pascual Delgado.C’est le hasard qui l’a voulu ainsi et non une montée de racisme à l’endroit des latinos, encore que les deux représentants estiment que le racisme anti-la-tino existe et qu’il se traduit par le refus des autorités canadiennes d’accorder un statut aux réfugiés de l’Amérique latine.Pour l’instant, SOS-Racisme Canada dispose d’un local de bonne fortune prêté par le Centre d’information, de documentation et de recherches d’Haiti et des Caraïbes.C’est dire qu’ils commencent à zero, sans fonds, sans subventions, sans téléphone et sans macaron mais en ouvrant leurs portes à tous les Québécois et néo-Québécois intéressés par la question.John Turner invite Stevens à s’expliquer aux Communes Pierre APRIL OTTAWA (PC) - Le leader de l’oppositon libérale, M.John Turner, a fait parvenir hier une lettre personnelle au ministre de l’Expansion industrielle et régionale, M.Sinclair Stevens, pour lui demander expressément de se présenter aux Communes et d’expliquer personnellement les circonstances entourant un prêt sans intérêt de $2.6 millions obtenus par son épouse Noreen d’une entreprise bénéficiaire d’une subvention $64.2 millions de son ministère.Le chef libéral a invoqué l’impossibilité d’obtenir des informations précises de la part du premier ministre Brian Mulroney, de son bras droit, le vice-premier ministre Erik Nielsen, du principal intéressé et un précédent créé par le ministre des Communications Marcel Masse, qui avait offert volontairement sa démission l’année dernière, jusqu’à ce qu’il soit blanchi, après avoir appris que la GRC faisait enquête sur ses dépenses électorales, pour justifier cette lettre personnelle.« Je vous écris, a indiqué M.Turner, en votre qualité de ministre et de député, pour vous demander ou bien de fournir une explication complète concernant le prêt de $2.6 millions obtenu par votre compagnie, ou bien de résigner vos fonctions de ministre d’ici a ce qu’une enquête détaillée puisse être effectuée à ce sujet.» « L’affaire dans laquelle votre collègue Marcel Masse a été impliqué récemment fournit un exemple très utile de ce qu’un ministre devait faire en pareille circonstance.» M.Turner a aussi pris la peine d’indiquer que ses collègues du caucus libéral avaient cherché à faire la lumière sur cette transaction depuis qu’elle a été mise au jour.« Mais, a-t-il ajouté, aucune réponse satisfaisante ne nous a encore été fournie ni par vous, ni par le vice-premier ministre, ni par le premier ministre, à qui il incombe de s’assurer que ses collègues du Cabinet ne donnent à aucun moment l’impression d’être dans une situation de conflit d’intérêts.» Pour le chef libéral, cette affaire mettant directement en cause la ré-utation du ministre Stevens, il est tonnant qu’il persiste à refuser de fournir des explications.M.Turner estime qu’il appartient à tous les députés de faire en sorte que la Chambre des communes soit au-dessus de tout soupçon.« Or, en l’occurence, a-t-il indiqué, les faits sont patents: le prêt a été fait, vous en avez profité, et la compagnie avec laquelle le prêteur est étroitement associé a obtenu des avantages de vous en tant que ministre.» Hier aux Communes, durant la période de questions, l’Opposition libérale ou néo-démocrate s’est butée aux réponses banales et vides de précisions du vice-premier ministre Erik Nielsen, qui n’a pas cessé de répéter que son collègue était sûrement innocent des accusations portées contre lui puisque, dès le premier jour, le régistraire-adjoint des Communes, chargé de faire respecter la bonne conduite des élus, a affirmé, d’après les informations en sa possession, que M.Stevens s’était conformé aux directives sur les conflits d’intérêts et que les conjoints et enfants des ministres n’étaient pas assujettis aux règles.À la sortie de la Chambre, hier, les mêmes députés de l’Opposition se demandaient tous pourquoi le ministre Stevens n’avait pas fourni d’explications personnelles, pourquoi le gouvernement se contentait d’une simple opinion d’un commis de l’Etat, et pourquoi le ministre de l’Expansion industrielle et régionale n’avait pas encore démissionné.« Si la démission de M.Stevens n’est pas assurée avec une telle avalanche de faits troublants, a souligné le libéral Robert Kaplan, aussi bien dire que les directives sur les conflits d’intérêts n’existent tout simplement plus.» De son côté, le libéral Don Boudria estime être dans son droit en exigeant la démission du ministre.« Il est évident, a-t-il dit, que le ministre Stevens s’est mis dans une position qui devrait le forcer à quitter le Cabinet.» Le libéral Jacques Guilbault, pour sa part, aimerait bien savoir ce que le vice-premier ministre et M.Stevens ont bien pu dire au régistraire-adjoint pour obtenir son absolution dès la première journée.« Je suis loin d’etre sûr, a-t-il précisé, que le régistraire ait pu dire à ses interlocuteurs que les gestes posés par le ministre ou son épouse ne contrevenaient pas aux règles d’éthique.» M.Guilbault a indiqué que tous les efforts devraient tenter d’éclaircir ce point-là.« J’ai l’impresion, a-t-il dit, que si on réussit, l’argument principal de M.Nielsen va s’écrouler et à ce moment-là, je ne donne pas cher de la peau de M.Stevens.» Quant au néo-démocrate Michael Cassidy, il est évident que si on passe par-dessus le cas Stevens, ça veut dire que tout le monde dans le Cabinet peut faire impunément.« Et puisqu’il est impossible, a dit M.Cassidy, de prouver qu’une décision d’un gouvernement a été influencée par un conflit d’intérêts et il est tout a fait indispensable que la seule apparence d’un conflit d’intérêts devrait être suffisante pour exiger une démission.» Shirley Carr promet un mouvement syndical plus uni que jamais TORONTO (PC) - Le premier ministre Brian Mulroney devra désormais compter avec un mouvement syndical plus uni que jamais.C’est le message qu’a transmis vendredi la nouvelle présidente du CTC, Mme Shirley Carr, à l’issue du congrès qui marquait le 30e anniversaire de la plus importante centrale syndicale au pays avec ses 2.1 millions de membres.Mme Carr a été élue par acclamation, jeudi, à la tête de la centrale.Elle succède à M.Dennis McDermott, qui deviendra la semaine prochaine ambassadeur du Canada en Irlande.Aux journalistes qu’elle rencontrait hier, Mme Carr a déclaré que le gouvernement conservateur ne peut plus continuer à ignorer les préoccupations des travailleurs canadiens et croire qu’il s’en tirera à bon compte.Le mouvement ouvrier est plus uni que par le passé, a dit la présidente du CTC, et il consolide encore ses assises en travaillant avec une vaste coalition d’autres groupes sociaux et religieux, contre les politiques gouvernementales sur le chômage, le libre-échange par exemple.« Le premier ministre du Canada doit comprendre qu’il ne pourra plus nous bousculer, » a lancé Mme Carr.Elle a réitéré son intention de travailler plus étroitement avec les syndicats affiliés à la centrale.À l’entendre, on retrouvait l’humeur combative qui a caractérisé les cinq jours de cette rencontre marquée au coin d’une unité qui contrastait avec les querelles et les divisions qui ont agité les précédents congrès d’orientation.Pendant toute la durée des travaux de cette semaine, les 3,000 délégués n’ont manqué aucune occasion de condamner les politiques anti-ouvrières du gouvernement Mulroney.À la clôture des assises, les délégués avaient décidé d’entreprendre une campagne en faveur de la réforme fiscale, une meilleure sécurité d’emploi et une extension de la propriété publique dans certains secteurs comme les finances et les ressources naturelles.Le congrès a adopté un document d’orientation appelant à « une restructuration complète » de l’économie canadienne, et a durement attaqué le projet de négociations sur le libre-échange avec les États-Unis, la déréglementation de certaines industries comme le transport, et la privatisation de sociétés de la couronne.La seule controverse d’importance au cours du congrès a surgi à propos d’une résolution prônant l’usage contrôlé de l’amiante, mais non son interdiction.Au terme de plusieurs heures d’un débat houleux, opposant ceux qui favorisaient la protection de la santé des travailleurs, et les délégués du Québec qui travaillent dans cette industrie et mettaient l’accent sur la protection des emplois, la résolution a finalement été retirée.Le Québec ferait une erreur historique en transformant ses forêts en « jardins d’arbres », disent les ingénieurs forestiers LOUIS-GILLES FRANCOEUR Le Québec ferait une erreur historique s’il transformait ses forêts en « jardins d’arbres » par le biais du programme de reboisement qui doit permettre au Québec de planter dès cette année quelque 300 millions de jeunes plants pour combler son « déficit » forestier.C’est plutôt vers un « aménagement intégré, qui respecte les mécanismes naturels des écosystèmes » que doit tendre la province si elle veut, à long terme, s’assurer un approvisionnement lui permettant de rencontrer les besoins des industriels, a déclaré récemment le président de l’Ordre des ingénieurs forestiers (OIF) du Québec, M.Jacques Poirier.L’Ordre a aussi réclamé du gouvernement une revision rapide des « méthodes d’exploi- tation » actuelles, le seul moyen susceptible, à son avis, de mettre fin au gaspillage de matière ligneuse en forêt et qui permette à la fois de garantir des stocks utilisables dans 10 ou 20 ans.A l’heure actuelle, les imposantes machines sur lesquels repose la coupe de bois coupent, arrachent ou écrasent à peu près indistinctement les arbres arrivés à maturité et les plus jeunes.« C’est précisément ceux-là qu’il faudrait sauver par une coupe plus intelligente si on veut une récolte mature dans 10 ou 20 ans », explique M.Poirier.L’Ordre n’avait pas convoqué cette conférence de presse pour mettre la hache dans le programme gouvernemental de reboisement.Mais sa direction tenait à dire avec fermeté au gouvernement qu’il doit réorienter ce programme rapidement si le Québec ne veut pas vivre les problèmes expérimentés dans les jardins d’arbres des Américains avec 20 ou 30 ans de retard.« Le programme de reboisement correspond à un besoin, reconnaît M.Poirier.C’est un investissement à long terme, pour une récolte dans 30 ou 40 ans.Aujourd’hui, la forêt du Québec ne peut plus supporter une récolte de plus de 25 millions de mètres cubes alors que l’industrie en veut plus de 30 millions.Le reste, si on continue de le prendre, est prélevé sur le capital qu’il faudrait préserver.» l’Ordre ne veut pas n’importe quel programme de reboisement.Il n’est pas suffisant de planter 300 millions de jeunes plants: le problème, c’est la qualité de la forêt qu’on va ainsi créer.» Selon M.Poirier, les monocultures tentées aux Etats-Unis ont créé dans ce pays des fo- rêts vulnérables aux prédateurs, qui s’étiolent sur des sols dans lesquels les mêmes arbres prennent les mêmes minéraux, ce qui enclenche inévitablement la ronde des engrais, des insecticides et des phytocides.« Il vaut mieux, comme en Nouvelle-Zélande, explique le président de l’Ordre, miser sur des forets mélangées, plus résistantes parce que plus respectueuses des mécanismes naturels.Si on ajustait dans ce sens le programme de reboisement, cela ne nous interdirait pas pour autant de travailler ces forêts par la suite, de les élaguer, de les éclaircir, pour augmenter leurs rendements.Et par des moyens naturels de préférence.Ce type d’aménagement intégré peut aussi être respec-teux des autres vocations de la forêt, comme la récolte de la faune et des activités de récréation.Ce qu’il nous faut au Québec, c’est un coup de barre politique dans la direction de lutions intégrées.» so- Quand on fait remarquer au président de l’Ordre que le discours de cette corporation a évolué sensiblement vers celui exprimé par plusieurs écologistes lors des audiences publiques sur les arrosages contre la tordeuse de bourgeons d’épinette, M.Poirier répond sans ambage que « Si cet exercice n’avait eu que ça comme résultat positif, ce serait déjà formidable.» Il cite en exemple du « mûrissement » vécu sous ce rapport par le milieu forestier le cas du Dr Vladimir Smirnoff, l’inventeur des formulations modernes de l’insecticide biologique connu sous le nom de « BT » (Bacillus Thuringiensis), qui fait « aujourd’hui figure de pionnier après avoir été pris pour un rêveur pendant des années ».
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.