Le devoir, 18 octobre 1986, Cahier C
LE DEVOIR CULTUREL Montréal, samedi 18 octobre 1986 vas hOtes guv et dodo Dîners d’affaires Cuisine Bourgeoise Table d'hôte midi et soir Service personnalisé 4024 STE-CATHERINE OUEST f avec les par Carmen Langlois Entrepris»» Radio-Canada aaiimnrai dmonsjntematjonales Alain Stanke .2127.rue Guy.Montreal H3H 2L9 (514) 935-7452 ALICE PARIZEAU ?Le plus fort patrimoine, c’est la littérature JEAN ROYER LICE PARIZEAU a conquis un large public avec trois de ses derniers romans, qui constituent une véritable saga de son pays d’origine, la Pologne.Après Les Lilas fleurissent à Varsovie (1981), La Charge des sangliers (1982) et Ils se sont connus à Lwow, la littérature québécoise s’est enrichie d’une oeuvre où la dépossession prend le visage de l’espoir.Avec son dernier roman, L'Amour de Jeanne, qui vient de paraître aux éditions Pierre Tisseyre, Alice Parizeau prend un ton plus intimiste, où l’histoire est vécue au « je » par une adolescente qui découvre la clandestinité et le mensonge du temps de guerre.Dans L’Amour de Jeanne, l’héroïne, Zosia (ou Sophie), découvre sa propre vie à travers l’amour, qu’elle croit illicite, de sa mère, à travers les mensonges nécessaires de la résistance, puis à travers l’oubli de son enfance, quand elle doit choisir de rester en France après la guerre.Ce roman n’est pas sans rappeler Ils se sont connus à Lwow mais il permet sans doute à la romancière de compléter un cycle important de son oeuvre.Car c’est avec ses romans de l’histoire polonaise qu’Alice Parizeau s’est particulièrement fait connaître comme écrivain populaire.Pourtant, depuis 1962, elle a publie une vingtaine d’oeuvres de fiction et d’essai chez Pierre Tisseyre et d’autres éditeurs.On se souviendra particulièrement de ses grands reportages pour La Presse en Pologne et en Europe rouge, puis en Islande et en Espagne.On n’aura pas oublié, non plus, son premier roman, « le plus autobiographique », Survivre, qui sera bientôt réédité dans la collection de poche de Leméac.En tant que criminologue, elle a aussi publié plusieurs essais sur la jeunesse.Née Alice Poznanska, Alice Parizeau fut, dès l’âge de sept ans, agent de liaison et soldat de l’insurrection de Varsovie (Croix de guerre pour courage face à l’ennemi), puis prisonnière de guerre en Allemagne.Elle devint plus tard étudiante en France (droit et sciences politiques) avant de faire divers métiers au Québec, son pays d’adoption où elle est devenue écrivain.Aujourd’hui, Alice Parizeau a vu son best-seller, Les Lilas fleurissent à Varsovie, devenir aussi un grand succès en France puis aux États-Unis, où il a été publié en livre de poche par The New American Library.L’oeuvre d’Alice Parizeau est remarquable par la force vitale qui la parcourt à travers des personnages d’une humanité inoubliable.« Chez Mme Parizeau, les histoires tristes deviennent de Photo Kèro Alice Parizeau : « Il faudrait prendre l’exemple de l'Islande .C’est un peuple qui se tient.» beaux romans », a écrit le critique Réginald Martel, de La Presse.« Elle arrive, continue le professeur Donald Smith, grâce à la magie de l’ecri-ture, à faire de la dépossession le signe de l’espoir.Le Québec et la Pologne se serrent la main, ta comprendre la se regardent et cherchent à comprendre la spl deur et la bêtise de la condition humaine.» D’ailleurs, un de ses premiers romans, Les Militants (1974), s’inspirait de la crise d’identité qui secouait le Québec de cette époque.Aujourd’hui, à l’occasion de la publication de son roman intimiste L’Amour de Jeanne, Alice Parizeau nous confie,pour les lecteurs du DEVOIR, sa réflexion sur récriture et sa conviction que la littérature québécoise doit être portée par son public et ses propres médias.« Nous n’avons pas a avoir honte de notre littérature, même si elle est parfois difficile, dit Alice Parizeau.« Je revais d’écrire dès l’âge de huit ou 10 ans, me dit-elle.Mais, plus jeune, j’ai vu un modèle parfait d’intellectuel raté qui m’a longtemps empêchée de me décider à faire une vie en littérature.C’était un homme qui écrivait une pièce de théâtre située à l’époque de Néron alors qu’il avait la charge de sa femme et de sa belle-mère et que tout s’écroulait autour de lui.Sa femme tapait ses textes la nuit et allait gagner la vie de la famille le jour à la place de cet homme.La pièce a fini par avoir 2,000 pages et n'a jamais été publiée.C’était un parasite qui imposait sa création malgré des circonstances dramatiques.L’ayant vu, je n’ai jamais osé me dire que je passerais ma vie à écrire ! « Mais je suis restée attachée à l’écriture.Je me suis décidée à en faire ma vie quand j’ai eu un début de début de succès.C’est merveilleux de créer des personnages, de se demander comment ils réagiront et d’avoir l’illusion qu’ils se mettent à vivre.On a vraiment l’impression de créer quelque chose, pendant qu’on écrit.C’est une immense satisfaction, c’est une existence en soi.« J’ai écrit des romans qui collent à l’Histoire.Oserais-je dire que le romancier est témoin de son temps ?Quand j’écris un roman, je pars des personnages et non pas d’une idée ou d’une thèse.Si le roman défend un point de vue politique, cela vient tout seul, non d’une intention première.Il reste que je suis profondément attachée à la civilisation occidentale, la seule qui ait poussé jusqu’au bout la notion de liberté individuelle.S’il y a une chose à laquelle je suis viscéralement attachée, c’est la liberté.Mais peut-être qu’en Occident on a oublié en chemin l’idée que la liberté coûte quelque chose.Ce n’est pas gratuit, la liberté.Cela coûte une discipline personnelle, cela coûte cher.Je suis profondément persuadée que notre liberté occidentale est très menacée et que nous sommes en train de jouer sur la corde raide notre avenir en tant qu’Occident.« La Pologne a compris, depuis la Deuxième Guerre mondiale, qu’elle ne pouvait plus compter sur l’Occident, elle qui était si attachée a la grande tradition chrétienne et occidentale qui avait fait naître les droits de l’Homme.La Pologne, c’est un pays fantastique parce que tout est possible.Soviétisée depuis 40 ans avec la bénédiction de l’Occident (voir les accords de Yalta), la Pologne a été victime de la même situation qu’en Afghanistan, en Ethiopie et que dans les autres pays d’Europe centrale.On a permis que soit tuée la civilisation occidentale dans ces pays.Ils se défendent de façon à la fois admirable, folle, touchante et débridée.Je les comprends mieux en Pologne.Ils sont terriblement attachants comme groupes et comme individus.Déclencher un mouvement comme Solidarité dans un contexte de soviétisation où les préoccupations quotidiennes sont tellement absorbantes, on se demande comment les gens peuvent avoir encore le souffle de penser à autre chose ! Suite à la page C-4 GEORGES DUMÉZIL Rioto Arnaud Baumann Dans ce portrait de Georges Dumézil, extrait d’un recueil à paraître, le photographe Arnaud Baumann s’est effprcé de saisir à la fois l’aspect bienveillant et l'aspect malicieux de l’historien.?La clé des civilisations Dans la soirée de samedi dernier, 11 octobre, mourait à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, à 88 ans, un homme de culture au sens profond du terme : Georges Dumézil.Historien des civilisations indo-européennes, archéologue, linguiste, spécialiste des mythologies et des littératures anciennes, l’auteur du Festin d’immortalité était professeur honoraire au Collège de France et membre de l'Académie française depuis 1978.LE DEVOIR reprend ici l’article que lui consacrait le linguiste Claude Hagège dans la livraison du Monde du 14 octobre.— R.L.NATHALIE PETROWSKI .TÇ)US SAVEZ pourquoi je suis ici ?» Ben-/« \ jamin Baltimore, cheveux en brosse, V ?oeil pointu, front tailladé de rides, me prend à témoin dans les locaux fraîchements repeints du Festival du nouveau cinéma et de la vidéo.Il est passé huit heures du soir, au troisième étage, rue Saint-Laurent.L’affichiste parisien est arrivé depuis quelques semaines déjà, le temps d’imaginer et de dessiner l’affiche de la quinzième édition du festival, de prendre en polaroïd tous ses employés, et même de repeindre un pan de mur.Ce sont Marguerite Duras et Jacques Rivette qui, les premiers, lui ont signalé l’existence à Montréal de ce que les journalistes parisiens appellent maintenant le « petit Rotterdam ».Baltimore est venu voir par lui-même.Il revient fidèlement depuis cinq ans.« Vous savez pourquoi je suis ici », répète-t-il, doucement mais fermement, les mains posées sur la table de bois qui fait office de bureau.« Je CLAUDE I o CHAMBERLAN ?Profession: dépisteur suis ici pour lui.» Il indique du regard Claude Chamberlan, qui l’écoute en silence, pieds posés sur la table.« Pas Chamberlan le directeur de festival : ça, tout le monde s'en fout.Non, je suis ici pour le repéreur, le dépisteur, le Chamberlan qui fouine, qui flaire et renifle, le Chamberlan qui, un jour, m’a présenté un étudiant américain avec son film à moitié fini sous le bras.Il avait l’air de rien, le mec, son film non plus.Il s’appelait Jim Jarmusch.J’ai fait l’affiche de son deuxième film.Il avait l’air de rien; n’empêche que l’année suivante, il a gagné la Caméra d’or à Cannes.» Il poursuit, entêté, convaincu.« Vous savez aussi pourquoi je suis ici ?Je suis ici parce que ce petit festival est très considéré en Europe, beaucoup plus qu’à Montréal, en fait.C’est impor-tant d’y etre.C’est important de figurer dans la Suite à la page C-8 Claude Chamberlan : « Si je milite aujourd'hui, c'est pour l'ouverture et le pluralisme Photo JaoquM DufrMn* N ACCEPTE moins facilement la fatalité de la mort lorsqu’elle arrache à ceux qui l’admiraient et l’aimaient un homme dont la puissance créatrice défiait sincèrement le grand âge.Georges Dumézil n’est plus.Ceux qui ont eu le rare privilège de l’approcher ces derniers mois ont pu éprouver cette stupeur mêlée de vénération qui nous étreint lorsque nous constatons qu’un immense savant, au soir de sa vie, ne paraît pas avoir payé son tribut à l’altitude; car au miracle de la longévité, qui ne suffit pas à lui seul, il associe la parfaite conservation de cette vivacité, de cet humour et de cette vigueur intellectuelle qui, nourrissant nos illusions, nous encouragent, interlocuteurs émerveillés à exalter notre impatience des limites en désir d’éternité.Georges Dumézil, né en 1898, enseigna l’histoire des religions à l’université d'Istanbul, puis l’étude comparée des religions des peuples indo-européens à l’École pratique des hautes études.Mais la passion des langues l’habitait autant que celle des peuples et de leurs grands mythes fondateurs, Tune ne se séparant pas de l’autre pour un esprit de cette envergure.Il fut chargé de cours d’arménien à l’École des langues orientales, et si son élection au Collège de France en 1949, à une chaire de civilisation indo-européenne, ses multiples activités et son engagement dans une oeuvre scientifique gigantesque ne l’avaient tout entier occupé, il eût pu faire profiter de son savoir linguistique autant que de sa connaissance des grands courants des sciences du langage d’innombrables auditeurs pour les langues les plus diverses.Car il en pratiquait plusieurs dizaines, depuis les langues indo-européennes anciennes et modernes, qu’il connaissait à fond, jusqu’aux langues turques, qu’il s’agisse de Tosmanli, de l’ouzbek, du kazakh ou d’autres idiomes d’Asie centrale, en passant par les extraordinaires langues du Caucase du nord-ouest, l’oubykh en particulier, mais aussi le kémir-T°y et d’autres dialectes tcherkesses.Les langues du Caucase lui Jtaient, semble-t-il, particulièrement chères : il aimait à dire que son ouvrage La Langue des Oubykhs, (Paris, librairie Champion) qu’il publia lorsqu’il était un jeune lecteur à l’Université d’Upsal en 1931, était « de tous ses péchés » celui qu’il était le plut prêt à assumer.Bien qu’il fût moins indulgent pour ses Documents anatoliens sur les langues et les traditions du Caucase (Paris, librairie Adrien Maisonneuve, 1967), cet ouvrage a consolidé en France le courant d’études cau-casiques que le précédent avait contribué à y faire renaître au début du siècle, de sorte que les spécialistes français des langues et des civilisations du Caucase ont tous une dette considérable à son endroit, quand ils n’ont pas été, purement et simplement, les disciples ou les émules de Dumézil.Tous lui sont reconnaissants d’avoir recueilli, sur les lèvres des derniers vieillards qui les connaissaient encore, les témoignages d’idiomes caucasiens en voie d’extinction.Car une langue qui meurt sans habiter un beau livre entraîne avec elle, dans un néant sans retour, une précieuse parcelle d’humanité.Engagé très jeune dans ce qu’il devait appeler plus tard « la voie royale de la linguistique comparative qui, de Bréal à Meillet, de Meillet à Benveniste, s’allongeait sous [ses] yeux », il écrivait encore en 1947 alors que, depuis longtemps, il s’était écarté de cette voie, un livre de philologie comparative indo européenne intitulé Tarpeia.Même si ce fut, avec les ouvrages cités précédemment, sa seule contribution pro-nrpmpni îinoiiiotinna »» — qUe son oeuvre immense de - - - à ce jour une des dernières fresques où se mêlent étroitement, comme ils sont mêlés dans la réalité, les langues, l’histoire des sociétés, les parcours sinueux des mythologies.Seul cet étonnant érudit qui avait, de surcroît, la grâce d’une pensée Suit» 4 la page C-4 INSqLENCES EMPAREZ-VOUS DU LIVRE ET NE RATEZ PAS LA NOUVELLE ÉMISSION! C-2 ¦ Le Devoir, samedi 18 octobre 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Un débat sur les relations de la presse et de la poésie se tenait sa-; medi dernier, à Trois-Rivières, dans le cadre du second Festival national de poésie.Dans l’ensemble, les poètes se sont dits satisfaits de la situa-; tion tandis que les représentants de quatre médias seulement (Nuit blanche, Lettres québécoises, CBF-FM et LE DEVOIR) ont expliqué leur approche du genre, qui n’est certes pas considéré comme il le devrait par l’ensemble des médias justement absents de ce débat.L’animateur de la rencontre, Gaston Bellemarre, des Écrits des Forges, a démontré par des statistiques que, selon le nombre de titres en : comparaison du roman et de l’essai, ; la poésie devrait attirer 20 % de l’attention des journalistes et des critiques.Tandis qu’on peut remarquer qu’en général, la poésie reçoit à peine 10 % de l’espace accordé à la littérature dans les médias.Pour comprendre ces chiffres, il faut se rappeler que 30 des 175 titres publiés au Québec cet automne sont des recueils de poésie — soit 17.25 % de la production.En fait, on peut dire qu’il se publie, en moyenne, 100 titres de poésie par année au Québec — soit 25 % de l’ensemble de la production littéraire anuelle.Le débat de samedi n’a pas été concluant, faute d’un intérêt réel des poètes pour la mise en marché de leurs oeuvres.Les poètes font affaires avec des maisons largement subventionnées et trouvent facilement un éditeur au Québec, malgré les ‘plaintes continuelles.D’ailleurs, il faut bien dire que l’effort de marketing des éditeurs de poésie reste le plus souvent minime, sauf aux Écrits des Forges où l’on veut que la poésie rejoigne vraiment son public.Quand on se rend compte de l’énorme production de poésie qu’il y a ici, ne faut-il pas penser que les poètes sont des « enfants gâtes » au Québec, quand ils réclament qu’on parle de tous leurs livres comme s’ils publiaient à Le Festival du nouveau cinéma et de la vidéo présente, à la Cinémathèque, trois films sur Jack Kerouac.chaque fois un chef-d’oeuvre ?Le poète et critique de cinéma André Roy, qui vient de mériter le prix du Gouverneur général, y est allé d’un triomphalisme facile, samedi à Trois-Rivières, quand il a affirmé que « la critique de poésie est sans passion, complaisante et incompétente ».Fort de l’appui d’un jury prestigieux, blessé par la critique d’un magazine spécialisé qui remet en question sa place en poésie, André Roy a choisi l’attaque vague et « définitive » contre ceux qui parlent de sa poésie et de celle des autres.Certes, la critique n’est pas toujours parfaite.Les textes des poètes, non plus ! On dirait que trop de poètes, du fond de leurs blessures, n’acceptent pas la moindre critique ni la moindre réticence — que dis-je ?la moindre remarque — au sujet de leurs livres.Or c’est le rôle de la critique de tout mettre en perspective et d’analyser les textes.Elle y trouvera fatalement son compte.Pour ma part, je me sens tout à fait du côte des poètes, ce qui ne m’empêche pas de jeter un regard critique sur les livres qui paraissent.Le critique n’est pas celui qui aime sans raison.Le critique n’est pas celui qui raisonne sans aimer.Le critique ne lit pas pour faire plaisir aux poètes mais pour informer leurs lecteurs éventuels.Parfois, après une critique du DEVOIR, la rumeur nous fait savoir que le poète a été « blessé » ou « bouleversé » par la critique.Comme si la critique était une sorte de refus, alors qu’elle marque, en fait, un intérêt certain pour le travail d’un poète.Dans LE DEVOIR, nous continuerons de critiquer avec passion et, nous l’espérons, avec compétence.Mais jamais, personnellement, je ne serai complaisant envers les poètes que j’aime — parce que je les aime, justement.Qu’il s’agisse des livres de Jacques Brault, Paul Chamberland, Nicole Brossard, Madeleine Gagnon, François Charron, France Théoret, André Roy, Normand de Bellefeuille, Claude Beausoleil ou Lucien Fran-coeur, Roger Des Roches ou Renaud Longchamps, Pierre Desruisseaux ou Paul Chanel Malenfant, Gilles Hé-nault, Alphonse Piché ou Michel van Schendet Anne-Marie Alonzo, Louise Warren ou Hélène Dorion, pour ne nommer que quelques-uns des poètes actuels les plus percutants, je ne veux pas laisser s’entamer l’intelligence de la critique par une molle amitié envers les textes — ce qui ne nous mènerait nulle part.Si les poètes veulent vraiment d’autres lecteurs qu’eux-mêmes, ils doivent accepter que la critique les lise sérieusement.De son côté, la critique, dans son activité et sa passion mêmes, assume le risque de se tromper.La critique, en accomplissant son rôle provisoire, donne à la poésie l’élan de sa propre durée.Car, s’il n’y a pas de poème sans poète et s’il n’y a pas de poète sans poème, il n’y a pas, non plus, de poésie sans lecteur.?Rencontre — Le collectif Les Femmes et les mots présente une rencontre bilingue où deux écrivains, Jeanne-d’Arc Jutras, de Montréal, et Joan Haggerty, de la Colombie-Bri-tanique, liront de leurs textes.?Littérature et cinéma — Au Festival du nouveau cinéma, à la Cinémathèque, trois films sur et avec Kerouac.Ce soir à 22 h, c’est le film de Richard Lerner et Lewis Mac-Adams.Le 21 octobre à 20 h, entrevue de Fernand Séguin avec Kerouac, suivie d’un document de Radio-Canada avec la participation de Gaston Miron et André Major.Le 22 octobre à 20 h, on présentera Les Terribles Vivantes, un film de Dorothy Todd-Hénaut sur les écrivains québécois Louky Bersianik, Jovette Marchessault et Nicole Brossard.?Colloque — C’est en fin de semaine prochaine, du 24 au 26 octobre, qu’aura lieu le colloque de l’Académie canadienne-française.Il portera sur la nature des liens qui relient la culture québécoise aux autres cultures francophones dans le monde.* ?Place aux poètes — À la Chaconne, mercredi soir, Janou Saint-Denis reçoit Yvonne Truque, de la Colombie, et Yolanda Segura, du Mexique, qui disent des extraits de Proyeccion de los süencios.* ?Les ondes littéraires — Au réseau Vidéotron (position 9), à son émission Le Plaisir de lire, Ghila Sroka reçoit demain Émile Ollivier (à 13 h) et, la semaine prochaine, Jacques Godbout (lundi à midi, vendredi à 22 h 30).A TVFQ 99 (position 30), Bernard Pivot reçoit, à Apostrophes (demain à 21 h 30), Roland Jacquard et Pierre Péan, entre autres, sous le thème « J’informe, tu désinformes, il désinforme ».Au réseau Quatre Saisons à 22 h 30, à l’émission Claude, Albert et les autres, Claude Jasmin reçoit des journalistes qui n’ont pas nécessairement commis de livres : Jacques Beauchamp, Francine Grimaldi, Girerd, Jean-Claude Dussault et Nathalie Petrowski.L’émission est reprise le dimanche suivant à 14 h.Pourquoi Quatre Saisons présente-t-elle cette reprise en meme temps que celle de Pivot à TVFQ ?Mystère ! LA LANGUE AU CHAT Le roquère LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND ESSAI Albert Jacquard, L'Héritage de la liberté, de l'animalité à l’humanltude.Seuil, coll.« Science ouverte », 210 pages.La sociobiologie pose, d’une part, le problème du rapport entre les caractères manifestés (le « phénotype ») et le patrimoine reçu (le « génotype ») et, d'autre part, elle tente d’expliquer comment ce patrimoine a évolué de génération en génération.En montrant les limites de cette « science », Albert Jacquard veut mettre à jour la spécificité de l'homme et interroger le progrès insensé des sciences dites « dures ».Hubert Reeves, L’Heure de s'enivrer.L’Univers a-t-il un sens ?Seuil, coll.« Science ouverte », 280 pages.L'auteur de Poussières d'étoiles et de Patience dans l'azur s'interroge, dans son dernier livre, sur le sens de l'Univers.S'il reconnaît l’Univers animé d'une pulsion de vie (un principe de complexion organiserait la matière, des nucléons aux organismes vivants en passant par les atomes, molécules et cellules), il est obligé de constater que notre espèce est animée d'une pulsion de mort.D'où la conclusion qui s'impose : « La réalité aurait un sens : nous replonger dans le néant.» À nous d’éviter le désastre.LITTÉRATURE Jean Vautrin, La Vie ripolin, Mazarine, 242 pages.Encore dans la course pour les prix Fémina et Goncourt, ce roman autobiographique, aux accents céli-niens, raconte l'histoire d'une famille qui tente, par l'amour, de percer les barrières d'un enfant autistique.L'auteur de Billy-ze-kick et de Baby boom nous touche, encore une fois, par son style d'écriture, son humour à toute épreuve et sa grande sensibilité.Crever l’écran.Le Cinéma à travers 10 nouvelles, collectif sous la direction de Marcel Jean, Quinze, 208 pages.Du cinéma à l'écriture, et de l’écriture au cinéma, il n’y a qu'un pas, qu'ont franchi allègrement, et dans les deux sens, les dix auteurs de ce recueil de nouvelles.L'image, la fiction, la réalité, le pouvoir, les rapports de force et de désir sont au coeur de ces textes sur le cinéma.BD Franquin, Idées noires; Quino, Ma-falda 1, J’ai lu, coll.« BD », nos 1 et 2.Excellente ! l’idée de publier en format de poche les classiques de la BD.Sans rien perdre de la qualité des dessins, on y gagne dans la maniabilité des albums; on peut maintenant lire ses BD dans le métro sans gêner personne.Dans ces deux premiers numéros, on retrouve l'humour noir, très noir et cynique de Franquin, et la naïveté dérangeante de Mafalda et ses petits amis.CINÉMA Robert Benayoun, Alain Resnais, arpenteur de l’Imaginaire, de Hiroshima à Mélo; René Bonnell, Le Cinéma exploité; Noël Howard, Hollywood sur le Nil; Alain Sanzio et Paul-Louis Thirard, Luchino Visconti cinéaste, Ramsay, coil.« Poche/cinéma », nos 28, 29, 30 et 31/32.Cette collection, à la portée de tous, continue de publier des livres de très bonne qualité.Le premier ouvrage tente de remonter aux sources d'inspiration du réalisateur de L'Année dernière à Marienbad, Muriel, Providence, etc.Le second traite des problèmes financiers du cinéma français depuis la Deuxième Guerre mondiale.Le troisième nous amène sur les lieux de tournage du film gigantesque, La Terre des pharaons, auquel participa, comme scénariste, William Faulkner.Enfin, le dernier livre relate les grands moments de la carrière de l'aristocrate du cinéma italien.De nombreux entretiens, de nombreuses photographies et des entrevues inédites avec ses principaux interprètes cernent i’univers viscontien.Ce livre a obtenu le Prix de la critique en 1984.If CM£*A A ' Godbout Une histoire tnéticuine ' Roman 192 pages, 14,95$ MARC MORIN IL N’EST pas très tendre pour le premier ministre de Sa Majesté, ce chanteur que je ne nommerai pas, lorsque, de sa voix éraillée d’hormono-déficient, il accuse « Miss Maggie » de tous les maux de la terre, y compris, bien sûr, le Mal-ouine.Sa drôle et bien hexagonale façon de prononcer le nom de sa cible évoque davantage la bouchère de Londres que la maîtresse des Communes.Mais les déboires outre-Manche de la Dame de fer étant bien la dernière de mes hantises, l’étrange prononciation du « roquère froncé » m’est plutôt prétexte à aborder un aspect du débat langagier qui refaisait récemment surface en France : la réforme de l’orthographe.De ce côté-ci de la francophonie, nos cégépiens ont déjà réglé son « conte a l’ortografe ».Nous en avons eu la preuve, abondante et douloureuse, lorsque LE DEVOIR s’est associé, l’an dernier, à un concours de journalisme chez les étudiants universitaires et collégiaux.Ne les accablons pas : après tout, à quoi serviraient les réviseurs si tous ceux qui font oeuvre (ou corvée) d’écriture se mettaient, à l’unisson, à fréquenter assidûment la grammaire et le dictionnaire ?On se bousculerait au parvis du temple de la Pureté, on se marcherait sur les virgules, il faudrait ouvrir un comptoir des accords perdus et retrouvés.et madame Tas-de-Chair.On envie aux Américains le loisir qu’ils prennent à écrire l’anglais n’importe comment.On jalouse davantage les hispanophones, dont l’Academie a, il y a plusieurs lustres, « normalisé » l’orthographe tant et si bien que le grand Cervantès lui-même a dû, pour se faire entendre, être retraduit en espagnol contemporain.Quant aux Hongrois, descendants d’Attila et de son fils Magyar, leur langue ne s’écrit que depuis un siècle; toute rébarbative qu’elle puisse paraître à nos latines oreilles, du moins n’a-t-elle pas accumulé, comme la nôtre, des siècles d’anomalies orthographiques.De la chance des Huns, passons à l’infortune des autres, nous en l’occurrence, et sachons appeler un « chat » un « chah », voire un « chas » : notre langue écrite, l’une des plus littéraires qui soient, a accumulé des « chariots » et des « charrettes » d’accents circonflexes tenant lieu de « s » (« hôtel », « Lévesque »), de conjugaisons irrégulières, d’« étiquettes.étiquetées », de « bonshommes » remplis de « bonhomie ».La « langue » fait « U », le « langage » fait « A », et le cégé-pien, pas plus « seau » que le lycéen, ne sait plus à quel « sein » se vouer.Au risque d’être privé du masochiste plaisir de pêcher les perles et de chasser les poux dans la copie de tout un chacun, je veux bien qu’on réforme l’orthographe, qu’on mette indifféremment les « poin » (points, poings ?) sur les « i » ou sur les « o ».Mais il y a un hic qui menace de ba-bélisation la francophonie universelle : s’il faut aligner l’orthographe sur la prononciation, écrira-t-on « une 'upe ’aune » ou « une jupe jaune » selon qu’on soit de la Beauce française ou québécoise ?La Marquise sortira-t-elle à « cinq heures » ou à «Saint-Coeur»?« Po-wo pwince » sera-t-il à jamais condamné a « vivwe en wépublique » ?San-An-tonio cherchera-t-il un « Froncé » dans la salle tandis que Victor-Lévis Beaulieu est sur la piste du « França » ?En France, « il n’y aura pas de ré- forme », affirme, catégorique, un éminent linguiste chargé par l’ex-mi-nistre de l’Éducation nationale, Jean-Pierre Chevènement, d’étudier cet épineux dossier qui refait surface régulièrement depuis que Molière a assis ses « précieuses ridicules » sur « les commodités de la conversation ».Je cède le mot de la fin au même ci-devant ministre Chevènement : « La civilisation commence par le respect de quelques petites règles, peu importe lesquelles.C’est Janké-lévitch qui a dit : “Il faut être conformiste dans les petites choses et insurgé dans les grandes."» Mintenan, répété don la mèm choz en foné-tic.Une faune étique, le français ?Allez-y voir ! gS&SSÜ 212 pages 40»»s”Sj$5 flssssv «EsFDtVlVM-1 a„e ^ 4%0 pages U***® ibv MJ 50vUüS«ggo 230 pages «UWBggS EDITIONS du FÉLIN DIFFUSION RAFFIN PRESSE, L DEV ’ACTUALITE, L UNAN SOLEIL, L OURNALD ONT .V* 'i LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 18 octobre 1983 M C-3 Méfiez-vous des écrivains mineurs ! LETTRES QUEBECOISES STÉPHANE LÉPINE ?Daniel Gagnon, Mon mari le docteur, Leméac, collection « Roman québécois » n° 103, 1986, 83 pages.NDLR : Daniel Gagnon a remporté, cette semaine, le prix Molson de l'Académie canadienne-française pour son roman La Fille à marier.DEPUIS son premier roman, Surtout à cause des viandes, paru en 1972, Daniel Gagnon semble avoir été assigné à résidence comme « écrivain macabre et violemment sensuel » ou « écrivain mineur ».Ce qui ne l’empêche pas de réduction SUR TOUS NOS LIVRES FORMAT DE POCHE CHAMPS prix rég.notre prix s.4,95$ 3,96$ D.7.25 5,80 S.T.8,95 7,16 D.Q.10,95 8,76 j Q.11,95 9,56 Q 10/18 Q.prix rég.notre prix S.2,95$ 2,35$ D.4,95 3,95 S.T.6,95 5,55 D.Q.7,50 6,00 T.0 8,50 6,80 Q.S 9,25 7,40 Q.Gradus 9,25 7,40 S.GARNIER S.Mit PCM/LA DÉCOUVERTE prix rég.6,25$ 7,50 8,75 9,95 10,95 notre prix 5,00$ 6,00 7,00 7,95 8,75 POINTS prix rég.5,50$ 6.50 7.95 8.50 8.95 9,75 9.95 notre prix 4,40$ 5,20 6,35 6,80 7,15 7.80 7,95 6.80 FLAMMARION s.D T.Q.Q.S.prix rég.3,75$ 4.75 5.50 6.75 7.50 8.50 IDÉES prix rég, 4,75$ notre prix 3,00$ 3.80 4.40 5.40 6,00 6.80 PETITE BIBLIOTHÈQUE PAYOT S.P.s.D.T.Q.Q.prix rég.2,95$ 4.50 5.95 6.95 9.50 10.95 notre prix 2,35$ 3.60 4.75 5.55 7.60 8.75 n°*râ Snt PRESSES POCKET D 6,50 5,20 S.prix rég.notre prix T.7,50 6,00 2.95$ 2,35$ Q.8,75 7,00 D.4,50 3,60 Q.9,50 7,60 T.5,25 4,20 S.10,50 8,40 Q.5,95 4,75 s.11,50 9,20 Q.6,50 5,20 O.12,50 10,00 S.6,95 5,55 N.13,25 10,60 S.8.95 7,15 D.13,75 11,00 O.9,95 7,95 POÉSIE LIVRE DE POCHE s.D.T.Q.Q S.S.O.N.D S D T.Q.Q.S.prix rég.4,75$ 6,50 7.75 8.75 9.75 10.75 11.75 12.75 13,50 13,95 J’AI LU prix rég 2,95$ 4.50 5.50 6.75 7.50 8.75 notre prix 3,80$ 5.20 6.20 7,00 7,80 8,60 9,40 10,20 10,80 11,15 notre prix 2,36$ 3,60 4.40 5.40 6,00 7,00 MÉDIATIONS prix rég.notre prix S.5,95$ 4,75$ D 7,25 5,80 T.8,50 6,80 Q 9.25 7,40 Q 9,75 7,80 s 9,95 7,95 S.10,95 8.75 0.11,95 9,55 N 12,50 10,00 D 12.95 10,35 prix rég.notre prix S.2,95$ 2,35$ D 4,95 3,95 T 5,95 4,75 Q 6,95 5,55 Q.7.50 6,00 S 7,95 6,35 S.8,95 7,15 O.9,95 7,95 LDP PLURIEL prix rég.notre prix A.7.50$ 6,00$ B.8,95 7,15 C.8,95 7.15 D.9,95 7,95 E.10.95 8,75 F.10,95 8,75 G.11,95 9,55 H.11,95 9.55 I.12,95 10,35 J.12,95 10,35 K.13,95 11,15 L.13,95 11,15 M.14,95 11,95 N.14,95 11,95 LDP BIBLIO QUE SAIS-JE prix rég.notre prix - 4,70! 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Car Mon mari le docteur, sans rien perdre de la légèreté insolente qui avait marqué ses débuts, est un livre d’une ambition plus haute et d’une réussite évidente, l’oeuvre mûrie, forcie, étoffée, non plus d’un délinquant sour-doué qui jette sa gourme mais d’un écrivain qui impose sa voix.Souffrante, obsessive, compulsive, sa narratrice est une femme misérable, dénuée de raison, privée de tous ses biens.Meurtrie, violente, cette femme dit n’avoir ni amis ni parents.Enfermée dans un hôpital psychiatrique, elle croupit, comme les 427 personnes détenues dans cet établissement, dans une cellule qui n’a aucune ventilation et qui mesure trois mètres sur deux.Prisonnière de son cirque mental, occupée entièrement a l’échafaudage de ses plaisirs interdits, elle a été désespérément amoureuse de son psychiatre.Ce dernier est mort.L’a-t-elle tué ?Cette patiente « à la fois vierge et nymphomane » a-t-elle vraiment Daniel Gagnon Mon mari le Docteur causé la mort de ce médecin dont elle se dit la femme ?Mon mari le docteur est le texte de sa défense.Un texte brûlant et fiévreux, violent, un texte fait de désirs inassouvis, de fantasmes, né d’une imagination forcenée et torturée, transmis à des jurés qui, à l’issue de ce monologue autobiographique, devront trancher la question de sa culpabilité.Va-t-on donc entendre la complainte de la pauvre femme mal aimée et injustement accusée ?Heureusement non, car Daniel Gagnon a bien pris soin de mettre l’accent sur la femme déséquilibrée plutôt que sur la présumée meurtrière.De plus, la meilleure veine de Gagnon est dans l’outrance et la fureur poétique, et son livre file à toute allure dans un éclat de démesure.Phrases interminables qui ne nous permettent pas de reprendre notre souffle, ponctua- tion hachée, recours fréquent (trop fréquent ?) à la répétition, à un ton volontairement irrévérencieux ou mélodramatique : tous ces défauts, transformés en qualités grâce au talent de l’auteur, ne manquent pas de stupéfier le lecteur, de le jeter tout entier dans un monde à vif.Une sexualité maladive, des rêves de sang et de mort, des désirs depuis longtemps refoulés qui explosent soudainement en un fracas de mots, des êtres qui se tordent de douleur et d’angoisse, qui sont traversés par la souffrance et sont incapables de se délivrer des images qui hantent leur espace mental.Comme c’était le cas pour Le Péril amoureux, Mon mari le docteur met en scène des passions solitaires, cruelles parce que toujours à cru.Certains passages nous font craindre une perte de contrôle, mais toujours Daniel Gagnon se rattrape.Quel écrivain aujourd’hui a l’outrance aussi sûre, l’exagération aussi mesurée, une telle capacité de mener le lecteur à fond de train ves les abîmes de la misère et de la solitude ?Des écrivains mineurs comme Gagnon, bien des écrivains majeurs ne les égalent pas tous les jours.Ceux qui classent les livres en « majeurs » ou « mineurs » inclinent souvent, d’ailleurs, à cataloguer comme « mineur » un écrivain qui, tel Gagnon, ne s’intéresse pourtant qu’à des sujets majeurs : l’amour, l’angoisse, la frustration, mais négligent poliment de souligner qu’il en parle comme personne.Sa maîtrise, Daniel Gagnon la cache avec soin, ou ne l’affiche que s’il s’agit de cacher une émotion vraie.Avec ce dernier roman cru et à vif, il nous aura transmis les confessions d’une femme sur un ton hystérique derrière lequel il ne faut pas une oreille bien fine pour percevoir le sanglot.Les 15 ans du Noroît Quand la poésie va.JEAN ROYER LES ÉDITIONS du Noroît fêtent leurs 15 ans d’existence par une importante exposition de leurs livres à la Bibliothèque nationale.Compte tenu du fait que l’édition de poésie est très jeune au Québec, Le Noroît compte maintenant parmi les plus « anciennes » maisons de la poésie à Montréal.Depuis 1971, Le Noroît a publié plus de 130 titres d’une soixantaine d’auteurs.Parmi les principaux auteurs maison» il faut nommer Alexis Lefrançois, Jean Charlebois, Michel Beaulieu, Jacques Brault, Marie Uguay, Denise Desautels, Claude Beausoleil, Benoît Lacroix et Jean Daigle.Les animateurs du Noroît, Célyne Fortin et René Bonenfant, ont fondé leur maison d’édition pour se faire plaisir.Aujourd’hui, cet esprit artisanal subsiste, malgré le poids du catalogue.La famille s’est agrandie pour devenir un lieu de littérature.Alors, les critères d’édition ont-ils changé ?« Dans l’ensemble, répondent les deux éditeurs, la maison continue d’être Le Noroît du début.Nous publions, par choix personnel, les textes que nous aimons.En cela, nous sommes éminemment critiquables mais, en même temps, nous pouvons très bien défendre cette position.Forcément, au fil des années, le cercle des amis s’est agrandi.Mais on est toujours resté assez près de nos auteurs.Pas plus qu’au début nous n’avons gravé sur la pierre les critères d’acceptation de manuscrits au Noroît.Ce sont des textes qu’on aime, auxquels on croit, qu’on décide de publier.Donc, si après 15 ans certains ont le goût de nous coller une étiquette, ils ont bien beau mais nous pensons que nous n’en avons pas ! » Le Noroît, bien sûr, reste une maison d’édition plus artisanale que commerciale.Célyne Fortin et René Bonenfant ne vivent pas de l'édition de poésie.Loin de là.Ils investissent beaucoup d’énergie dans un catalogue qui ne contient pas beaucoup de best-sellers ! « Mais nous ne desespérons pas de la situation », disent-ils.En quinze ans, la situation de la oésie est devenue plus précaire au uébec.On n’enseigne plus la littérature comme telle au niveau collégial et l'intérêt envers les poètes dépend uniquement de l’intérêt que leur portent les professeurs.Aujour- f Photo Réjean Meloche Les animateurs du Noroît, René Bonenfant et Célyne Fortin.d’hui, la vente du livre de poésie a tout simplement diminué de moitié au Québec.Certains titres se vendent bien, comme ceux de Jacques Brault, Marie Uguay et du dramaturge Jean Daigle.Mais ces écrivains intéressent aussi des publics scolaires.Le Noroît a créé la collection « L’instant d’après », reconnaissable à ses livres au prix très accessible ($ 5).Mais la collection n’a pas décollé ! D’autre part, les livres pour bibliophiles que produit régulièrement Le Noroît manquent aussi de clientèle.« L’édition d’art est dans le creux de la vague au Québec, actuellement », dit René Bonenfant.Quant à la collection « Le coeur dans l’aile », dont chaque titre propose une série de dessins d’un artiste présentée par un écrivain, elle fluctue selon la carrière des artistes.Les albums Philippe Surrey, Léon Bellefleur et Roland Giguère sont les titres les plus vendus de cette collection.La poésie est très diversifiée au Noroît et réunit les poètes formalistes à côté des lyriques.Cet éventail n’a pas la même fortune, bien sûr.Mais, à côté des poètes plus connus ou à la mode, parfois réussissent à se glisser de nouveaux noms.« Nous voulons toujours ajouter de nouvelles voix, de nouveaux auteurs parmi les 12 à 15 titres produits chaque année », disent les éditeurs.Ce qui est difficile, puisqu’il leur faut d’abord poursuivre l’oeuvre des poètes qu’ils LES BEAUX LIVRES POUR LMLOWEEN A/aquillez-vous ! 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Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS En collaboration f "\n avec r J V.tu < ' t (J( ’.SY 7lus universellement communica-ile ».Le déchiffrage de son contenu ne constitue pas le seul défi de taille que doit relever l’interprète de cette oeuvre de Schumann.Elle exige également des moyens pianistiques exceptionnels.Les sauts « démoniaques et suicidaires » en mouvement contraire des deux mains (à la fin du deuxième mouvement) ont tôt fait de laisser les amateurs à des besognes plus modestes.Même les pianistes chevronnés en ont peur.Je ne serais pas étonné d’apprendre que, chez les pianistes qui peuvent relever le défi, nombreux sont ceux qui préfèrent graver leur exploit sur disque plutôt que de prendre le risque de se casser la figure en public.Tous comptes faits, cependant, la Fantaisie a suscité un bon nombre d’enregistrements.Le dictionnaire des disques Diapason cote favorablement les versions de Maurizio Pollini (DG 1530379), Yves Nat (EMI VSM C 153-10.960/64), Geza Anda (DG 253 5384), Arthur Rubinstein (RCA ARC1-4275), Youri Boukoff (Philips 641.102), Catherine Collard (Pianis-sime 2009), Karl Engel (Valois MB 918) et Martha Argerich (CBS 76,713).Curieux de savoir si l’interprétation de Louis-Philippe Pelletier pouvait résister au petit jeu de la comparaison, j’ai fait appel à 10 de ses collègues.Outre les trois qui figurent au générique parce qu’elles sont plutôt récentes, j’ai écouté les versions Pollini (DG 2530 379), Richter (Angel S 35679), Horowitz (CBS M2S-728), Alicia de Larrocha (London CS6989), Richard Goode (Nunesuch D-79014), Misha Dichter ( Philips 9500 318) et Anton Kuerti (CBC SM.157).En laissant de côté les Kuerti, qui se complaît dans une diluante lenteur, Goode, qui ne semble pas très à Taise, Levinas, qui reste à la surface de l’oeuvre, Dichter, qui fouille l’écri- ture avec une minutie maladive, de Larrocha, plus habile qu’émouvante, il reste les autres.Pour ne garder que des enregistrements réalisés en studio, il faut mettre de côté la version Horowitz qui provient d’un concert au Carnegie Hall en 1965.Plusieurs effets pianis-tiques (qui semblent exagérés) s’expliquent par le fait que le pianiste jouait devant un auditoire.Dans une partition aussi redoutable et aussi difficile à faire passer (puisque son dernier mouvement se déroule dans le calme), le pianiste ne peut pas rester neutre.11 lui faut trouver les moyens de capter l’attention d’une salle jusqu’à la fin.C’est précisément ce que réussit magistralement Horowitz.Restent donc Richter, Pollini, Brendel et Perahia.Or ces quatre pianistes sont parmi ceux qu’on res- pecte le plus et qui, dans la carrière commerciale internationale où ils évoluent, occupent les plus hauts rangs.Jusqu’à présent, le pianiste québécois Louis-Philippe Pelletier n’a pas travaillé dans la même direction.Son métier ne s’est pas enrichi des mêmes expériences.Cela peut se remarquer au niveau de l’aisance pianistique qu’exige une oeuvre comme la Fantaisie, op.17.Pelletier n’a toutefois pas à rougir de son Schumann.Il sait nous faire partager cette palpitante recherche de la vérité intérieure de l’oeuvre.D'un lyrisme senti et d’une poésie émouvante, son jeu nous fait pénétrer dans un monde vibrant de passion.Son désir de nous toucher est si grand que l’oeuvre en souffre parfois d’un peu de lourdeur.Cela affecte malheureusement son envol général.m m i Mardi Mmrrdi 21, 22 oclohiv, 211 h llltKI.CS l»t TOIT, ill, | IIII.OCL \KI> Kl II KI \s soprano N/A’U/WM Ce ('.liant du rossignol H \C\KK Wcsendnnck l.iodor Hi:i iil()\i:\ \h! porfido SIV \\ l\Sk) IVtrouohka ( l!l I I ) t Arinas Malsto, piano) Billots: 20 S IBS Kl S III S Comm.iiKlitaiivs le 21.Irli'Mlobe Canada le '22.\,ihiseu Uni mis I,Ici- Si dispunibles.100 billcls sennit t endus à OS.une heure muni ie mneert.ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL cft> CHARLES nUTDIT Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Ruservotions téléphoniques 514 842 2112 Frais du survit Rutluvancu du 1 $ sur tout billet de plus du 7$ En accord avec ARTHUR SHAFMAN INTERNATIONAL LTD.Les ENTREPRISES GESSER * > , présentent *•«.fait pas : « Je n’ai pas envie de 1ère.Cl f me bâtir une carrière traditionnelle.Et si j’ai un jour du succès, ce ne sera pas un succès traditionnel.» En tout cas, Chantal Beaupré ne veut guère se faire caser dans une niche, ni se faire accoler une étiquette : refusée dans une école de théâtre, elle se débrouille vite et fort bien, voyageant entre la Grosse Valise et le Théâtre expérimental des femmes, la LNI (meilleure recrue 1980), le Quat’Sous, le TNM et la Compagnie Jean-Duceppe, et cela, sans parler de ses activités de chanteuse et de musicienne.Ce sont ces multiples facettes d’elle-même qu’elle déploie dans son spectacle de chansons Mères et filles, présenté à Go jusqu’au 25 octobre.Ce spectacle permet à Chantal Beaupré de s’exprimer comme interprète et auteur-compositeur.Car si ce qu’elle chante, dans la seconde partie, vient d’elle-même, elle interprète d’abord des chansons écrites par Michel Tremblay.Ces chansons, créées par Pauline J ulien et Renée Claude, ou écrites pour certaines de ses pièces — ainsi, La Complainte de Lola Lee — elle les a chantées au printemps à Paris et à Berlin.Depuis son premier spectacle solo, qu’elle avait présenté aux Foufounes électriques en juin 1983, Chantal Beaupré a consacré beaucoup de ses énergies à la chanson : « C’est un art que j’aime, dit-elle, parce que c’est dense.Tout dire en trois minutes : un pan d’existence, une journée, une vie entière.J’ai l’esprit de synthèse, même trop : je n’arriverai jamais à être romancière.J’aime aussi la chanson parce que c’est un art populaire, par lequel on rejoint beaucoup de gens.« Évidemment, dit-elle, on associe la diffusion de la chanson au disque et je n’ai pas gravé de disque.Il y a des journalistes qui sont allés jusqu’à me le reprocher.Tout cela relève d’une perception industrielle de l’art, avec laquelle l’essence du métier prend vite le bord.S’il me fallait suivre les lois de l’industrie, je n’écrirais pas, je ne composerais pas, je ne chanterais pas, je ne donnerais pas de spectacles.» Les chansons de Tremblay : « C’est passionnant, affirme-t-elle, de prendre en charge le discours d’un autre.Surtout que certaines chansons de Tremblay portent sur une réalité encore vivante un regard marqué du moment, déjà passé, où U les a écrites.Reprendre des discours qu’on a délaisses, c’est important, car on a tendance à nier TH istoire et ça, c’est épouvantable.Alors, je choi- Une oeuvre chorégraphique de ' : •• JEAN-PIERRE PERREAULT ^ du 16 OC TOBRE au 2 NOVEMBRE 1986 à 20h30 (relâche les lundis) -à la Salle Marie Gérin-Lajoie de l'Université du Québec à Montréal ^ 1455 rue Saint-Denis (métro BERRI).^ Billets:$12./ $10.(étudiants)/ $8.(groupe de 10 personnes et plus) Réservations: 282-3456.27 et 28 octobre 1986, 20h30 Billets: 26$, 23$, 20$, 17$ O Salle Wilfrid-Pelletier U \J Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112 Frais de service Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 7$.MUSIQUE CLASSIQUE • DISQUES «LIVRES • VIDÉO • PARTITIONS Lettre-Son MUSIQUE 50M AVE DO PARC 49S-9M7 Le Magazine Un portrait vivant Animateur: Jean Bureau - _ „ Producteur délégué : Jan van der Hcyden du Quebec Ce soir 19h ^ » 8S& 1 C-8 ¦ Le Devoir, samedi 18 octobre 1986 LE DEVOIR CULTUREL CHAMBERLAN Suite de la page C-1 liste de tous ceux qui y sont passés.On vient y prendre le pouls du cinéma de 1987, on vient aussi y prendre de l’avance.» Chamberlan ne dit toujours rien.Les traits du visage brouillés par la fatigue, il a cet air vaporeux, cet air abstrait qui, la plupart du temps, confond ceux qui ne le connaissent pas.A première vue, Claude Chamberlan, 37 ans, né à Châteauguay sous le signe des Gémeaux, fils d’un militaire, drop-out du secondaire, drop-in du café Prague, transfuge du rock'n’roll, amant du cinéma, ne fait pas très sérieux.Confus, pas structuré, mal organisé, perdu, mêlé, rêveur, romanesque : autant de qualificatifs qui pourraient caractériser son style existentiel.On en vient même à se demander comment il a pu tenir aussi longtemps la barque précaire de son festival.Festival menacé de fermeture à tout bout de champ, étouffé par les coupures de subventions, dénigré par le monde straight du cinéma commercial, mal aimé des fonctionnaires et qui, pourtant, célèbre son quinzième anniversaire avec un budget de $ 300,000 et la conviction qu’il attirera cette année pas moins de 40,000 cinéphiles.On comprend subitement, avec le recul du temps, avec l’accumulation des années, avec le retour inéluctable du festival, avec l’édification tranquille d’un catalogue impression- HOLLY HADÈS: LES KING RIVIÈRES Peintures & Photographies Exposition 8 octobre - 9 novembre 1986 John A.Schweitzer ’"'"K 'iwiuio Jcs l'm>, Montreal (SI4) 28V-9262 Mkli .m ilim.mtlk- i Thursday to Sunday 12-I8h MICHÈLE q DROUIN l oeuv res récentes 1616 Sherbrooke ( ).Montréal (514) «Ml- V>46 Membre tie I'\ssociation Professionnelles des (.aleries d’\rt du ( anada Inc.CATHERINE LORAIN SCULPTURES RÉCENTES 16 OCTOBRE - 7 NOVEMBRE 1986 M' K.tance 680, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H3A 2S6 Tél.(514) 284-3768 Lundi au vendredi de 11 à 17 heures.nant où se retrouvent les maîtres du cinéma de demain — les Fassbinder Wenders, Raoul Ruiz, Chantal Ackerman, Jim Jarmusch — qu’un ajustement de foyer s’impose.Claude Chamberlan ne peut être aussi écervelé, illuminé, fou, paumé qu’il en donne l’impression.Sous les comportements erratiques, sous les fanfaronnades, sous les coups de tête et les coups de théâtre, voilà quelqu’un qui aime passionnément le cinéma, qui le connaît.Quelqu’un qui a du flair et, surtout, qui respecte profondément l’artiste et l’auteur qu’il sait reconnaître chez les autres.« Je suis amoureux d’un cinéma de qualité, de recherche, d’un cinéma qui pétille, dit-il, pétillant lui-même.Je ne veux surtout pas d’un cinéma fermé et dogmatique.Avant, je ne jurais que par le cinéma expérimental, je rejetais toute autre forme de cinéma.À mes yeux, le plus grand acte politique de l’époque, c’était de faire un film expérimental.Je voulais, en quelque sorte, détruire le cinéma traditionnel et le cinéma linéaire.Tout cela, c’est fini.Je ne milite plus, ou alors j’ai changé de cause; si je milite, c’est pour l’ouverture et le pluralisme.Après tout, on est en 1986.» Jean Cocteau et Elvis Prelsey ont été ses premiers maîtres à penser.L’un lui a donné le goût du texte, l’autre, le goût du rythme.À 17 ans, Chamberlan cherche vainement à être une rock’n’roll star.Il chante dans plusieurs groupes et groupuscules de l’underground montréalais, se fait arrêter à la Planque à Loulou pour nudisme, puis termine sa carrière de chanteur au café Prague CLAUDE FORTAICH FRAGMENTS jusqu’au 3 novembre GALtRIE g g cumrt ART CONTEMPORAIN 340 nx toy Mt Montréal H3W IMf Téléphone (514) 143-3594 wc.au sam.da 12b à 17b EXPOSITION Paul TEX Lecor Vernissage mardi 21 octobre à 19h00 jusqu’au 31 octobre GAU II BlxuicJi DABI uic/kunp Slonais 1541, rue Sherbrooke ouest 932-5214 Mar.au ven.de lOh à I8h Sam, de I lh à I9h, - Dim, de I2h à I7h t Serge MURPHY Les figurations du 18 octobre au 15 novembre ’86 GALERIE CHANTAL BOULANGER 372, Sta-Catherlno ou «et local 602 Montréal H381A2 (S14) 397-0044 Mar.au sam.de 12b à 18b LE CENTRE CULTUREL DE VERDUN y EXPOSITION MARCEL RAVARY Le mercredi 22 octobre 19B6 à 20h00 jusqu’au 9 novembre 1986 5955, av.Bannantyne Renseignement!: 765-7170 _ -LU!! •?J!L9h00 4 17h0° * 1#h0° * Mhoo n‘ à 17hOO - Dim.13h00 à 17h00 samedi - fermé VI lle oe viroun J W.STEWART oeuvres récentes jusqu'au 30 octobre WAI)l)IN(; i ()N St (;OR(’K ||\|( .1504 rue Slit-rltrookc < >ucst *>.14-04 IA — 933-3651 Ici inc le ilim.mche cl lundi Galerie Nina bénard VIENT D’OUVRIR SES PORTES EN PERMANENCE OEUVRES DE JEAN-PAUL JÉRÔME, R.C.A.«SQUARE BERNARD» 1209, AV.BERNARD, SUITE 200 OUTREMONT Tél.: 276-763 MAR.MF.R.: 11H - I8H.JI-.U VhN : 11H - 2IH.SAM.I0H - I7H.avant de changer de poste et de se brancher sur le cinéma underground.Il rencontre Dimitri Eipides, le codirecteur du festival, adepte de l’avant-garde new-yorkaise, et son associé Dimitri Spentzos.Les deux gèrent le Centre du cinéma underground de Montréal.Chamberlan se propose comme projectionniste.Le départ de Spentzos sera l’occasion pour Chamberlan de jouer un rôle plus actif au sein de l’organisation, rôle qui l’amènera à fonder en 1971, avec Eipides, le Festival international du cinéma en 16 mm.Depuis 15 ans, les deux co-direc-teurs font donc route ensemble et se partagent les tâches.Dimitri Eipides est l’intellectuel et l’ermite des deux.Il vit en Grèce la plupart du temps, fait du repérage en Europe et ailleurs (au Japon, cette année) et vient à Montréal pour la durée du festival.Au fil des années, Claude Chamberlan a donc été obligé de combler son absence en s’improvisant directeur général, porte-parole, puis emblème officiel du festival, tandis que Dimitri disparaissait dans l’obscurité des salles de cinéma.Est-ce dire que Dimitri choisit tous les films tandis que son associé ne fait que leur trouver une case dans la programmation ?Claude Chamber-ian bondit : « Pas du tout ! Je vois absolument tous les films qui sont présentés au festival.D’abord, parce que j’aime le cinéma.En fait, c’est faux, j’aime le cinéma qui me surprend, qui me provoque, le cinéma différent.Cela ne veut pas dire que je méprise le cinéma commercial, mais il y a suffisamment de monde qui s’en occupe pour que je le leur jusqu’au 26 octobre galerie l’art français 1434 Sherbrooke, ouest 849-3637 Membre de l’association professionnel des galeries d’Art du Canada EXPOSITION CHRISTIAN DEBERDT r laisse.Je crois, en plus, que j’ai du flair et, surtout, que j’arrive synchrone avec les goûts d’un certain public.Car, il ne faut pas se leurrer, les dépisteurs ne sont rien s’il n’y a pas un public qui les suit.Ce n’est jamais à sens unique.Le public montréalais est exceptionnel à cet égard, il est vraiment en avant des autres publics.» Chose certaine, le Festival du nouveau cinéma, le plus vieux festival de films au Canada, est, depuis 15 ans, un carrefour, un lieu de rencontre entre l’Europe et l’Amérique.Des cinéastes comme Fassbinder, Wenders et Chantal Ackerman sont d’abord passés à Montréal avant d’être reconnus à New York.De la même manière, Jim Jarmusch est passé d’abord par Montréal avant d’être consacré à Cannes.« Notre marketing est différent des festivals traditionnels, où les films sont noyés dans la mêlée.Nous, on essaie, dans la mesure du possible, d’offrir à tous les cinéastes une plus grande exposition.Ils repartent avec des coupures de presse, des critiques qui leur serviront à faire d’autres films.Nous les convions à une fête, pas à une foire, à une fête où ils seront traités avec respect.» L’idée du respect revient souvent dans la conversation.Chamberlan ne peut supporter qu’on ne le respecte pas.« Le premier qui voudra m’écraser, m’éliminer, est aussi bien de se lever de bonne heure, dit-il, subitement combatif.Je suis un guerrier, je ne lâche pas prise, je peux me battre et m’entêter pendant des années, j’ai la tête très dure.» Lorsque je lui demande pourquoi, et au nom de qui, de quoi il se bat, sa /-galerie.frédéric palardy EXPOSITION GÉRARD TREMBLAY 2 derniers jours 1170 rue Victoria, St-Lambert, 465-3337 Du ma.au ven de llh à 17b Sun.Dim.de 13h à I7h >y GH£RK: S4MUÉLIALOUZ vous invite à l’exposition de BARBEL ROTH H AAR jusqu’au 12 novembre 1620 Sherbrooke ouest Montréal H3H 1C9 Mardi — samedi, 10h-l 8h (514) 935-5455 exposition MARIE LABERGE vernissage le 20 octobre à 19H30 jusqu’au 31 octobre GALERIE ouvert le dimanche ^de 13h A 17h 1108 ouest, rue Laurier, y Outremont, Montréal, Qc H2V 4N9 tél.: (514) 270-2962 exposition HELMUT GRANSOWm.Tableaux récents du 24 octobre au 8 novembre V.Galerie BERNARD DESRGEHES 1444 Sherbrooke o., Montréal (514) 842-8648 Ouvert de 9h à 17H30 du lundi au samedi.Dimanche de 13h à 17h j De son vivant ses œuvres majeures appartenaient aux plus prestigieux musées nord-américains iïo\t0Y
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