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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-04-11, Collections de BAnQ.

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V PLMS S«r'- «üTShb»* M#* br-^Sl L éditeur Alain Stanké et Louise Loiselle, qui a dirigé les travaux sur l'Encyclopédie.Photo Jacques Grenier Nos collaborateurs ont lu .?La dernière livraison de la revue Moebius/ D-3 ?Une ardente patience, d’Antonio Skàrmeta/D-4 ?La Cage entrebâillée, de Lao She/D-4 ?Aventures dans le commerce des peaux en Alaska, de John Hawkes/D-4 ?Forever Valley, de Marie Redonnet/D-5 ?Une saison volée, de Henri Thomas/D-5 ?La Femme au temps des pharaons, de Christiane Desroches Noblecourt/D-5 ?Londres, de David Gentleman/D-5 ?La Fiscalité et les arts, d’Arthur Drache/D-6 ?Les Droits des animaux ?, d’Alan Herscovici/D-6 ?Réflexions sur l’art de se gouverner, de Louis Bernard/D-7 ?Taiwan.Le prix de la réussite de René Dumont/D-7 ?Conception artificielle et responsabilité médicale, de Bartha Maria Knoppers/D-7 ?Marionnettes, art et tradition, de Micheline Legendre/D-8 LE DEVOIR, samedi 11 avril 1987 LES ANNEES SAUVAGES JEAN CARRIÈRE ROMAN UN GRAND COUP DE CHAPEAU À L’AMOUR FOU! 381 PAGES / 25,95 $ ROBERT LAFFONT / JJ.PAUVERT EN VENTE CHEZ VOTRE FOURNISSEUR tr — LE PLAISIR lR vres Alain Stanké, cascadeur de l’édition À peine sortie des presses, F Encyclopédie du Canada se vend comme des petits pains chauçis VÉRONIQUE ROBERT DE GRÂCE, ne mourez pas avant le 14 avril ! » Depuis janvier dernier, le président-fondateur des Éditions internationales Alain Stanké adresse chaque matin cette prière aux personnages publics du Canada.Non, ce n’est pas la dernière blague de l’animateur des Insolences d'une caméra.Rien de plus sérieux que cette supplique ! C’est que, le 15 de ce mois, les éditions Stanké lancent leur ouvrage le plus ambitieux à ce jour L'Encyclopédie du Canada, version française revue, augmentée — et parfois corrigée — de The Canadian Encyclopaedia parue en 1985.Cette bible du Canada en trois volumes, qui a exigé trois mois d’impression, vient de sortir du four, et Alain Stanké attend avec impatience le moment Se la servir au public.Le cascadeur de l’édition québécoise, qui collectionne les grands coups, comme la mainmise sur les droits de la traduction française des Mémoires de Nixon, en 1978, ou le somptueux Maria Chapdelaine illustré par Jean Paul Lemieux, a connu quelques moments d’angoisse au sujet de ce projet de $ 1.5 million : « J’y ai mis mon pyjama et mes pantoufles.» Effets dont il n’a pas eu souvent l’occasion de faire usage depuis qu’il a accepté l’immense responsabilité de mener à bien la version française de l’Encyclopédie ! Mais, à la veille du lancement, Stanké, qui cultive l’art d’avoir toujours l’air de rentrer de vacances, n’est pas le moins du monde inquiet.« Je sais que l’ouvrage est excellent.» Sur les 25,000 exemplaires, il n’en reste que 1,900 à vendre, et on songe déjà à une réimpression — les 150,000 exemplaires de l’édition anglaise s’étaient vendus en deux mois.Bibliothèques, institutions de toutes sortes et librairies se sonl prévalues de l’offre de pré-publication à $ 199.À partir du 15, le prix de vente s’élèvera à $250.The Canadian Encyclopaedia, cadeau de l’Alberta aux Canadiens, à l’occasion du 75e anniversaire de Suite à la page D-2 mtmumm WURÊUUUUtÊÊtUU Ginette Anfousse — Il fallait une nouvelle héroïne et Rosalie est née DOMINIQUE DEMERS Ginette anfousse n’est pas très connue.Mais demandez à un petit Québécois de cinq ans s’il a déjà entendu parler de Jiji et son bébé tamanoir mangeur-de-four-mis-pour-vrai ! La série des Jiji fait fureur depuis la parution du premier album, il y a 10 ans, aux éditions de La Courte Échelle : 125,000 exemplaires vendus, plusieurs traductions et des tas de réimpressions.Jiji, c’est un peu le Passe-Partout de la littérature québécoise pour enfants.En 10 ans, Jiji n’a pas vieilli mais Ginette Anfousse et sa fille Marisol, ont, elles, beaucoup grandi, U fallait une nouvelle héroïne et Rosalie est née.Comme Jiji, Rosalie ressemble à celle qui l’a inventée.Ginette Anfousse est entière et spontanée, comme ses héroïnes.Elle se livre d’un bloc, sans calculer, sans faire semblant.Elle se défend bien d’être une grande enfant et revendique avec véhémence son appartenance au monde des adultes.Mais, en même temps, elle vit dans son propre univers, un peu cachée, dit-elle, loin de la presse, loin des éditeurs et des attachés de presse, dans son havre des Laurentides où elle écrit et dessine des livres pour enfants en lisant des livres pour adultes.« Je ne fais vraiment pas partie du cercle de la littérature jeunesse.Je vis dans mon petit monde à moi.J’ai toujours été comme ça.Un peu à part.Je me souviens, à l'école., chez les religieuses, j’étais convaincue que les adultes pensaient que je ne pensais pas.Comme si j’étais un animal ! C’est fou, parce que les enfants comprennent tant de choses.Aujourd’hui encore, dans beaucoup d’écoles, on fait comme si les enfants ne savaient pas penser.Communiquer avec les enfants, c’est peut-être ce qu’il y a de plus important pour moi.Il faut à tout prix que je trouve un terrain de communication avec les tout-petits comme avec les adolescents.Il y a tellement peu de gens qui se donnent la peine de rejoindre les enfants.» Ginette Anfousse n’est pourtant pas une maniaque de l’enfance et encore moins de la littérature pour enfants.Fille lit, jour et nuit, Flaubert comme les best-sellers.tout sauf des livres pour enfants.Ne lui demandez pas ce qu’elle pense de la littérature de jeunesse actuelle, ou même le nom de son auteur ou de son illustrateur préféré; elle vous contemplera de ses deuji petits yeux surpris puis avouera simplement : je ne sais pas.« Je ne vis pas entourée d’enfants et je n’avais jamais pensé écrire pour les enfants.J’ai une fille et puis j’ai enseigné le ballet aux enfants.C’est tout.Je n'ai même pas grandi avec des livres pour enfants.Issue d’un milieu ouvrier, je n’avais à peu près jamais touché à un livre avant mes neuf ans, lorsqu’on m’a offert un recueil de contes merveilleux dans lequel je suis plongée passion- nément.Mais je suis vite passée à la littérature pour adultes sans jamais revenir en arrière.Je lis rarement des livres pour enfants.Ça doit paraître, d’ailleurs », ajoute-t-elle.Avant Jiji, Ginette Anfousse rentrait sagement à Radio-Québec tous les matins où elle travaillait à la conception visuelle de différentes émissions.Pour s’amuser et faire plaisir à sa fille, elle se met bientôt à dessiner.De jeunes personnages féminins, toujours accompagnés d’un bébé tamanoir.Les amies de sa fille adoptent une petite rouquine à l’air particulièrement espiègle.C’est Jiji.L’illustratrice remarque bientôt que ses dessins semblent vouloir raconter une histoire.C’est ainsi que naît La Cachette, un des albums vedettes de la série des Jjji.« Au début, ce n’était que des images, et puis j’ai accroché des mots.L’histoire de ma vie, c'est que les mots ont toujours voulu dépasser les Suite à la page D-8 Les réflexions d’un grand commis Louis Bernard: contrôler L administration, un nouveau défi pour le Québec GILLES LESAGE Louis Bernard Photo Jacques Nadeau LOUIS BERNARD est l'incarnation même du grand commis de l’État : efficace, loyal, zélé, discret.Flxtrêmement.Depuis près de 25 ans « au service de mon pays » (ainsi qu'il parle du Québec dans l’introduction de ses Réflexions sur l'art de se gouverner), cela lui a permis de jouer un rôle de premier plan dans l’administration publique québécoise, tout en restant à peu près inconnu du grand public.L’essai d’un praticien, qu’il vient de publier, n’a certes pas le retentissement public de celui des souvenirs de son ancien grand patron, René Lévesque.Il ne s'en plaint nullement, étant même un peu surpris qu’on accorde à sa personne une partie de l’attention qu’il voudrait consacrée uniquement au « point de vue d’un artisan qui a fait de son mieux pour que, malgré tout, ça marche ».Il accepte, pourtant, de donner quelques entrevues, dont l’une au DEVOIR, et de laisser prendre quelques photos, « ce qui fera sûrement plaisir à ma mère », blague-t-il.M.Bernard, qui aura 50 ans en juillet, est diplômé en droit de l’Université de Montréal et docteur-en droit administratif de l’Université de Londres.C’est là que Claude Morin, alors sous-ministre des Affaires fédérales-provinciales, est allé le cueillir en 1964, pour en faire successivement son conseiller juridique, puis directeur général et sous-ministre adjoint.Le jeune sous-ministre a causé toute une commotion dans le petit monde technocratique québécois en devenant, en 1970, chef de cabinet du Dr Camille Laurin, chef parlementaire des sept péquistes élus en avril cette année-là.Depuis lors, il est resté associé au Parti québécois et à ses objectifs fondamentaux, étant successivement chef de cabinet de Jac-ques-Yvan Morin, chef de l’opposition, chef de cabinet du premier ministre, René Lévesque, secrétaire général associé à la réforme électorale et parlementaire, et finalement secrétaire général du gouvernement.M.Bernard a occupé ce poste névralgique, qui en faisait le bras droit administratif de M.Lévesque et le patron des sous-ministres, pendant près de huit ans, soit jusqu’en décembre 85.Alors détache, à sa demande, auprès de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), il y a rédigé quatre courts esais sur les institutions politiques québécoises.Ces réflexions ne portent pas sur les per- sonnes, mats sur les institutions, prévient-il; non sur les cas particuliers, mais sur les règles générales; non sur le contenu des décisions, mais sur les processus.Ce qui en décevra sûrement plusieurs.L’auteur explique qu’il en a voulu ainsi dès le point de départ, de façon que son ouvrage puisse être lu par tous de façon détendue, sans arrière-plan de parti ou de clan, sans controverse.Il reconnaît l’utilité des mémoires, anecdotes et souvenirs, mais ce n’est pas son objectif, ni son propos.Dans 10,15 ans, peut-être, au terme de sa vie active, qui sait ?Pour l’instant, M.Bernard a réintégré le Conseil exécutif, où on lui a confié quelques mandats particuliers, utiles à court terme.L’un est de nature parlementaire, l’autre économique; toujours discret, c’est tout ce qu’il accepte d’en dire.Il en a notamment discuté avec Robert Bou-rassa, les deux hommes entretenant d’excellentes relations.Pour lui, c’est, en quelque sorte, une « pause » qui se poursuit depuis 16 mois.Ayant toujours oeuvré dans le secteur public, on le sent disponible pour quelque chose de different, dans le secteur privé.À 50 ans, un nouveau départ, dans son secteur de prédilection : la gestion.Quand et quoi ?Toujours la discrétion sans faille.Peu disert sur lui-même, il se voit revenir dans l’action.Ses atouts : capacité de comprendre rapidement une situation, un problème; capacité aussi de prendre une décision sur-le-champ.Ce qui manque à Québec, dit-il, c’est le contrôle de l’administration publique.Pour corriger cette lacune, il faut un nouveau régime d’imputabilité, de sorte que les hauts fonctionnaires doivent rendre compte de leurs gestes et décisions, tant à l’interne que par le truchement de l’Assemblée nationale.M.Bernard sait fort bien que ses propositions soulèvent des réticences, voire de la résistance, parmi ses collègues.La plupart, en effet, s’opposent à devoir « parader » devant des députés, en plus de rendre compte à leurs supérieurs hiérarchiques.Ayant eu l’occasion d’y réfléchir, M.Bernard estime que la gestion à deux à la québécoise exige un nouvel encadrement de la technocratie.Depuis une vingtaine d’années, le Québec a réussi ce partage, en vertu duquel les grandes décisions relèvent des politiques.À Ottawa, au Suite à la page D-8 Ginette Anfousse Photo Lucien Lisabelle D-2 ¦ Le Devoir, samedi 11 avril 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Succès du stand du Québec LE STAND du Québec a remporté un succès tout neuf, à la Foire de Bruxelles et au Salon du livre de Paris, en mars dernier.Que s.’est-il passé ?L’image du stand a été changée et ce qu’il avait à offrir a été amélioré par rapport aux années précédentes, nous explique Johanne Guay-Simard, qui était responsable du stand pour l’Association des éditeurs.Avec elle, deux autres représentants, Jean-Yves Collette, éditeur de revue, et Denis Lebrun, libraire, ont assuré la permanence du stand.Cetje année, les éditeurs ont voulu se donner des « objectifs courts mais réalisables », c’est-à-dire faire connaître leur production et vendre des livres.On a remplacé les séances de signature d’écrivains par des photos d’écrivains plus connus, pour donner des visages à notre littérature.L’image d’un stand touristique est disparue au profit de la présentation de près de 900 titres et 4,500 livres.Les ventes ont augmenté, par rapport aux années précédentes : elles sont passées de $ 5,000 en 1986 a $ 21,000 en 1987.Quels sont les auteurs les plus demandés à Paris ?Félix Leclerc et Gabrielle Roy.Se sont aussi bien vendus (on en a manqué ! ) : L'Histoire du Québec contemporain, chez Boréal, les livres pour enfants de HMH et La Courte Échelle, la collection du « Nénuphar » de Fides, les livres d’art de Marcel Brçquet.À Bruxelles, le public a particulièrement réclamé des manuels scolaires et des livres scientifiques.Quant à Mme Guay-Simard, elle a aussi fait un travail important de relations publiques.D’autre part, le stand du Québec a joue son rôle promotionnel en accueillant, cette année, la cérémonie d’attribution du prix Québec-Paris, ce qui aurait eu un effet sur les ventes du livre primé de Jacques Boulerice paru chez Belfond.En somme, les quatre associations d’éditeurs qui se sont réunies pour l’animation du stand ont enfin réussi à rendre la présence québécoise efficace à Bruxelles et à Paris.Forts de ce succès, les éditeurs veulent doubler le nombre de livres exposés dans le stand en 1988.Et — qui sait ?— doubler le chiffre de ventes ! Grand Prix littéraire de Laval C’EST le mardi 14 avril que sera attribué le premier Grand Prix littéraire de Laval.Fin fait, six prix, de $ 1,000 à $ 500, seront attribués aux meilleurs textes.Les commanditaires sont le ministère des Affaires culturelles, la Ville de Laval, la Caisse d’économie Laval-Saint-Laurent, la Fédération des caisses Desjardins, le comité de coordination des 26 caisses populaires de Laval.Ces prix seront attribués à 20 h à la Maison des arts de Laval (1395, boulevard de la Concorde ouest).Prix littéraire de Trois-Rivières LE PRIX littéraire de Trois-Rivières pour 1987 a été attribué à Pierre Chatillon, poète et romancier.Ce prix consiste en une bourse de $ 2,000, dont la moitié est versée par la Ville de Trois-Rivières et le reste à parts égales par l’UQTR et le cégep de la même ville.Cette distinction couronne l’ensemble de l’oeuvre d’un écrivain de la Mauricie.Les lauréats depuis la fondation du prix en 1984 ont été Gatien Lapointe, Clément Marchand et Alphonse Piché.Parmi les oeuvres de Chatillon, mentionnons un recueil de poèmes, Les Violons verts, qui vient de paraître aux Écrits des Forges, ainsi que des romans, La Mort rousse et Philédor Beausoleil, et un recueil de contes et nouvelles, La Fille arc-en-ciel (Libre Expression).Place aux poètes FRANCINE DÉRY sera l'invitée de Janou Saint-Denis, mercredi prochain, à la Chaconne (342, rue Ontario est).Elle a publié, entre autres titres, Le Noyau, aux éditions du Noroît.Clémence Desrochers Photo Jacques Grenier succède à Claude Jasmin dans l’animation d’une émission littéraire au réseau Quatre Saisons.Adaptons-nous À L’OCCASION du 10e anniversaire de 1’Union des écrivains, la Cinémathèque québécoise propose aux cinéphiles, du 14 au 18 avril, une série d’adaptations d’oeuvres littéraires (romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre).Les projections sont présentées à 18 h 35 et 20 h 35.Au programme : des adaptations d’oeuvres de Gilles Archambault, Anne Hébert, Réjean Ducharme, Jacques Ferron, Michèle Lalonde, Yves Beauchemin, Marcel Dubé, Gordon Sheppard, Jacques Godbout et Claude-Henri Grignon.LES ONDES LITTÉRAIRES À la télévision de Radio-Canada, demain à 13 h, Pierre Vallières est l’invité de Marcel Brisebois à Rencontres.À CIBL-FM (104,5), Yves Boisvert lit des pages de Guillevic (Timbres, aux Écrits des Forges) à son émission Textes.Au réseau Quatre Saisons, demain à 20 h, c’est la première émission de la nouvelle série Les Dimanches de Clémence, sur les livres.L’animatrice Clémence Desrochers reçoit des auteurs de livres pour la jeunesse, dont Ginette An-fousse et Madeleine Gaudrault-Labrecque, ainsi qu^une lectrice bien connue : Mahée Paiement.À TVFQ (câble 30), demain à 21 h 30, Apostrophes s’intéresse aux générations.Des écrivains réfléchissent sur le passage du temps.Bernard Pivot reçoit Hamon et Rotman, Édouard Bled, Alain Besançon, Marcel Bouguereau et Laurent Joffrin.À Radio-Canada à 23 h, Francine Marchand et Daniel Pinard animent le magazine culturel La Grande Visite.Au réseau Vidéotron (câble 9), lundi à 21 h 30, Écriture d'ici, animé par Christine Champagne et Marcel Rivard, reçoit Sylvie Desrosiers, auteur de La Patte dans le sac (La Courte Échelle).L’émission est reprise le mardi à 13 h 30 et le dimanche à 10 h 30.LA VITRINE DU LIVRE POÉSIE Fernand Ouellette, Les Heures, Montréal, l’Hexagone, et Paris, Champ Vallon, 118 Pages AVANT de vous en parler plus longuement à l’occasion d’un prochain entretien littéraire avec l’auteur, lais-sez-moi vous informer tout de suite de la parution du plus récent recueil de poésie de Fernand Ouellette.Même si vous ne lisez jamais de poésie, ouvrez ce livre.Il vous transportera au-delà de tous les mots.Ce poème est bien ce qu’on appelle un chef-d'oeuvre.Il a tout pour rejoindre tous les lecteurs.Fernand Ouellette est, avec ce livre, un poète comblé, au sommet de son art.Devant la mort (de son père), le poète est amené à la réflexion la plus émue et profonde sur le sens de la vie et « la solennité du dépouillement extrême » de la mort.En lisant Les Heures, vous comprendrez ce qu’est la poésie.Vous aurez toute la vie pour lire ces pages « inspirées » de Fernand Ouellette.THÉÂTRE Marco Micone, Addolorata, éditions Guernica, collection de poche, 1987.APRÈS une première édition cou- rante de sa pièce, parue en 1984 chez le même éditeur, voici une édition de poche qui perpétue ce texte important de Marco Micone.On connaît l’histoire d’Addolorata, cette jeune Italienne qui, voulant s’affranchir de son père, tentera de trouver la liberté dans le mariage.On la voit dix ans plus tard, désillusionnée.Le machisme de son père se perpétue en Giovanni, son mari.REVUES Liberté, n 170, avril 1987 : « Écrire et penser ».CE NUMÉRO est essentiellement consacré aux rapports entre l'écriture et la pensée, ce qui concerne à la fois les écrivains et les philosophes.Jacques Brault a contribué à la conception et à la coordination de ce numéro qui comprend des textes d’écrivains et de philosophes, d’ici et d’ailleurs, comme G.-H.Allard, Jean Bonin, Jacques Brault, Michel Deguy, François Fédier, François Hébert, Georges Leroux, Robert Marteau et Fernand Ouellette.L’Àpropos, vol.5, n 1, 1987.(C.p.1870, suce.B, Hull, J8X 3YB.) LA REVUE de création littéraire de l’Outaouais fête sa 4e année avec cette livraison.Depuis neuf numéros, quelque 1,235 auteurs de la région ont publié dans L’Apropos.Au sommaire de celui-ci, des poèmes, des contes et nouvelles, des chansons, de la bande dessinée, des chroniques et commentaires ainsi qu’une section intitulée « Relève ».DOCUMENTS Mémoire d'une époque.Un fonds d’archives orales au Québec, sous la direction de Gabrielle La-chance, Institut québécois de recherche sur la culture, coll.« Documents de recherche », Québec, 1987.LE « RÉCIT de vie » constitue un document de base dans la recherche de la culture orale.Dans cet ouvrage pour les chercheurs, on l’étudie comme « acte culturel » et comme mode de constitution d’archives orales pour la mémoire collective.Des spécialistes de la culture populaire s’interrogent sur la théorie et la pratique de cette recherche de mémoire populaire.On lit, entre autres, Benoit Lacroix, Nicole Gagnon, Simon Ruel, Carole Saulnier et Marcel Rioux.— JEAN ROYER Stanké Suite de la page D-1 l’entrée de cette province dans la Confédération, fut publiée par le nationaliste canadien Mel Hurtig.Il s’agit d’une entreprise unique dans l’histoire de ce pays, et peut-être du monde : les encyclopédies Universalis en France et Encyclopaedia Britannica aux États-Unis sont des ouvrages d’intérêt universel, alors que L'Encyclopédie du Canada traite tous les sujets abordés d’un point de vue canadien.La version anglaise a coûté $ 10 millions, frais d’impression exclus.La société Nova a défrayé les coûts des illustrations, et l’équipe de production a eu accès aux ordinateurs de l’Université d’Edmonton.La variété et le haut niveau de la recherche dans la plupart des cas font de L'Encyclopédie un ouvrage qu’on n’arrive plus à refermer.Rien n’y manque, des chauves-souris aux légumes potagers, en passant par tous les sujets possibles touchant l’histoire, la culture, les communautés ethniques, la politique,, l’économie, le climat, l’agriculture .Les Amérindiens ne sont pas en reste, non plus que les personnalités et animaux de tous poils, les particularités régionales et toutes les localités imaginables.Sans oublier le raton laveur de Jacques Prévert, qui a droit à trois quarts de colonne, avec illustration attenante.« Nous avons adopté un point de vue historique, explique Louise Loi-selle, qui a dirigé toutes les opérations.Même dans un domaine comme la danse, nous sommes remontés à Jacques Cartier, que les Indiens accueillirent par des danses sur les berges du Saint-Laurent.» L’article sur l’Académie eana-dienne-française suit une longue dissertation sur l’« Abus de médicaments ».Juste après la « Stagflation », on enchaîne avec le « Stampede » de Calgary, puis avec Robert Stanfield.Par chance, le tout premier article est la devise A mari usque ad mare.L’avant-dernier, sur les Zouaves pontificaux, nous apprend que ces derniers étaient « recrutés par Mgr Ignace Bourget pour leurs ualites morales, l’objectif principal tant de créer une élite capable de contrer la propagation d’idées libérales formellement condamnées par le souverain pontife».Le principal obstacle que durent affronter les éditions Stanké ?« Le temps, parce que l’édition française devait talonner le plus possible l’édition anglaise parue en 1985.» Une fois l’édition anglaise bien en train, Mel Hurtig se mit en quête d’un éditeur francophone aux reins solides.Pourquoi Stanké ?« Parce que je suis le meilleur », répond l’intéressé, avec le sourire désarmant qu’on lui connaît.Ce choix n’a, en fait, rien de surprenant : Stanké a fait de l’efficacité sa marque de commerce.Comme dit son ami Pierre Lespérance, directeur de So-gides : « Alain rêve toujours de grands trucs, mais ce ne sont jamais des châteaux de cartes.» Les Alber-tains se sont peut-être souvenu aussi que Stanké a été un des pionniers de la coédition québécoise avec l’extérieur : témoin, son association passée avec Hachette et The New York Times, pendant les premières années des Éditions internationales.En fait de grand truc, Stanké a été servi.« Depuis un an et demi, ra conte Louise Loiselle, 30 traducteurs et 15 réviseurs-recherchistes y ont travaillé à temps plein et nous avons fait appel à un grand nombre de conseillers et de personnes-ressources.Personne n’a pris de vacances Tété dernier ! » Le personnel de Stanké s’est même amusé à aligner quelques statistiques sur l’Encyclopédie : 8,000 articles, 3,500 biographies, 2,500 collaborateurs, 1,600 photos couleur, 2,300 pages, 340,000 livres de papier (sans les couvertures, qui comptent pour 6,200 üvres), 14,000 mètres de papier déroulé.Les graphistes ont use 900 lames d’Exacto et les maquettes empilées atteignaient deux pieds de hauteur.Le chiffre le plus impressionnant : trois millions de mots qui, bout à bout, feraient une fois et demie le tour de la planète.L'Encyclopédie du Canada n’est pas une traduction intégrale de l’édition anglaise.« Non seulement une mise à jour s’imposait, explique Alain Stanké, mais, dans l’édition originale, les projecteurs étaient surtout dirigés du côté anglophone.» Comme on ne pouvait trop rallonger (l’édition française dépasse l’original de 64 pages, représentant 150 articles), il fallut éliminer certains textes et les remplacer par des articles plus susceptibles d’intéresser le pu-blic francophone.En somme, «émonder», comme dit Alain Stanké.Pour ce faire, ce dernier lut la version originale de A à Z.Pour ce qui est des suppressions et des rajouts, il avait carte blanche.C’est ainsi que le maire d’un obscur patelin de la Colombie-Britannique fit place à Jean-Pierre Fer-land, malencontreusement omis dans l’édition anglaise.Parmi les oublis — réparés — figurent aussi (est-ce possible ?) Willie Lamothe et le soldat Lebrun, Pierre-Marc Johnson, Olivier Guimond, Jacques Hébert.On a rajouté Le Matou d’Yves Beau-chemin, Michel Tremblay, Marc Garneau, les photos de Robert Char-lebois et de l’aéroport de Mirabel.L’article sur l’Acadie fut entièrement refait par l’Université de Moncton.Celui sur le journaüsme fut développé par Cyrille Felteau, de La Presse.Pour la mise à jour, on est retourné aux auteurs dé la version originale autant que possible — à noter que tous les articles sont signés.Les éditions anglaises subséquentes incluront, d’ailleurs, ces ajouts.L’impression de la version française par ordre alphabétique a permis d’« attraper » la vente de Téléglobe, le décès de Margaret Laurence et de Norman McLaren, ainsi que d’ajouter une photographie de la reprise de Starmania datant du 28 février dernier.D’autres détails distinguent les deux versions : tout d’abord, avec sa reliure vermillon, l’édition française est plus belle que l’anglaise, bleu terne.Pour les pages de garde, deux acryliques d’Antoine Dumas illustrant deux aspects de la forêt canadienne remplacent un collage de têtes d’affiche, ce qui éliminait d’office les dilemmes hamlétiens sur le choix des sujets.Contrairement à l’édition anglaise, L'Encyclopédie du Canada contient une bibliographie divisée en 63 rubriques.« Nous avons également pris soin de faire sauter une opinion libelleuse qui s’était glissée dans un article sur un homme politique québécois.L’avoir traduit tel quel, c’était l’explosion ! », raconte un Alain Stanké visiblement amusé.Quant aux erreurs bénignes, les lecteurs de l’édition anglaise s’en sont déjà chargés : « Vous voyez cette pile de papiers ?», demande Louise Loiselle, pointant sous un meuble.« Ce sont 10,000 lettres de lecteurs disant, par exemple : “Mon grand-père n’est pas arrivé au Canada en 1848, mais en 1849 !” « Nous avons mis au point un système de renvois, de réferences et de vérification méticuleux.C’est à la mitaine que certaines erreurs se remarquent le mieux.L’index fut la seule opération informatisée.» L’équipe de Stanké eut, d’ailleurs, l’occasion de relever plusieurs coquilles dans le Robert ! Le lancement de l’Encyclopédie aura heu au Quatre-Saisons.« Parce que c’est la seule chaîne d’hôtellerie canadienne », explique Alain Stanké, qui souligne fièrement que l’Encyclopédie est un produit exclusivement canadien.Quel sera l’impact de l’Encyclopédie sur les éditions Stanké — et le Canada ?« Nous serons en tête de peloton pour les oeuvres sérieuses et durables.On ne pourra plus dire que Stanké ne fait que du prêt-à-jeter et des bouquins de consommation rapide.Et l’Encyclopédie va combler une énorme lacune.Ici, d’abord : les Canadiens découvriront un pays fascinant.À l’extérieur ensuite : Paris-Match ne pourra plus dire que les chutes Niagara se trouvent à cinq minutes d’hélicoptère de Montréal ! Et puis, sait-on jamais, si je décidais de faire l’Encyclopédie du Québec, 80 % de la matière serait déjà prête.» Alain Stanké, encyclopédiste, cela ne fait-il pas un peu sérieux pour un joueur de tours professionnel ?« Les.gens qui ne savent pas rire ne sont pas sérieux.» ¦ — Véronique Robert Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS aujourd’hui 11 avril de 14h à lbh MICHELINE LEGENDRE auteure de MARIONNETTES ART ET TRADITION Éditions Leméac vendredi 17 avril de 17h à 19h MICHÈLE CAUSSE auteure de .( ) aux Éditions Trois samedi 18 avril de 14h à 16h JEAN ROYER auteur de DEPUIS L ’AMOUR Éditions L’Hexagone samedi 25 avril de 14h à 16h ANDRÉ MAJOR auteur de L HIVER AU COEUR XYZ Éditeur 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche a 14h30 année | 362jours_P«n; GEORGES CORM Geot^ c(m'm Géopoütt^ lu covifut iihau^s S ÜSïîÿftS sss&sss le nroehe-onent * f | j r éclaté â* -mrx » ÏTttvatdo» do m&tm IPI Géopolitique du conflit libanais Un livre essentiel pour qui voudrait comprendre et ne plus se taire sur les crimes odieux commis au Liban au nom de la justice laïque et des morales dites religieuses.264 p„ 30,95$ Le proche-orient éclaté Georges Corm s’interroge sur les grands courants culturels et sociaux qui ont ébranlé le Proche-Orient depuis la nationalisation du Canal de Suez, symbole du réveil du nationalisme économique du tiers monde, jusqu’aux accords de Camp David et l’invasion du Liban qui marquent l’échec du nationalisme arabe.4(H) p„ 31.95$ En vente chez votre libraire Editions la Découverle [^ycMiJis œmm MS iHliRleC LES HERBES ROUGES DIFFUSION: QUÉBEC LIVRES & n' **¦« i z t • C’est à travers l’érotisme et la mort que ces Mobiles parlent du couple et du monde.• Forme et rythme fondent ici un langage poétique unique.• Un renouvellement de la thématique du sensuel et de l’érotique dans la poésie québécoise.HUGUES CORRIVEAU/MOBILES Le Devoir, samedi 11 avril 1987 ¦ D-3 LE PLAISIR /]pc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR esj • livres Moebius ou les vertus paradoxales de l’athéisme LES REVUES CAROLE DAVID CERTAINS en auraient honte, Moebius s’en réjouit.Après 10 ans d’existence, cette revue littéraire n’a pas encore trouvé de look définitif, d’image pour rassurer ses éventuels lecteurs et provoquer ses futurs détracteurs.Dans la présentation du dernier numéro, la rédaction — Dominique Garand, Robert Giroux et Raymond Martin — présente, métaphore à l’appui, le paradoxe sur lequel joue cette publication : « Moebius est plus qu'une appellation, c’est un nom qui laisse entendre une affirmation décisive et pourtant in-finie.Il soutient que toute ligne, toute bande et toute étiquette ont pour destin principal de se muer en leur envers.» Pour une revue littéraire, cette référence idéale à l’infini opère un déplacement de sens : sous le couvert d’une démystification de l’écriture et de son institutionnalisation, cette analogie permet à ses adeptes de revendiquer un statut particulier dans le grand livre d’images des années 1980.¦ La bande à Moebius, comme se plaît à la nommer Robert Giroux en entrevue, n’est pas une clique.« On se considère un peu comme les collets bleus de la littérature, avoue-t-il en toute candeur.On ne fait pas partie du jet-set gratiné.» Après la grande défonce idéologique des années 70, du temps où seuls les textes avaient un statut souverain, il semble que ceux-ci ne suffisent plus à garantir le succès d’une publication.Ce à quoi mon interlocuteur répondra qu’à part le professionnalisme, il ne se passe plus rien dans le domaine des revues culturelles.« Depuis que l’AÉPCQ s’est munie d’un code déontologique, affirme Robert Giroux, il n’y a plus de véritable enjeu entre les différentes publications, sauf celui qui ne consiste qu’à bien paraître.De plus, la “transculture” a damé le pion a la modernité, on a créé un nouveau phénomène où les discours mènent plus que les contenus.LE DEVOIR, la revue Voix et Images, entre autres, se sont fait l’écho de ce nouveau courant.» Moebius demeure l’une des revues les moins subventionnées; il faut souligner les débuts plutôt cahotiques de cette publication, qui ont eu pour effet de la handicaper sérieusement.Les poètes n’ont pas toujours des âmes de gestionnaires.Fondée en 1977 par Pierre DesRuis-seaux, Guy Melançon et Raymond Martin, Moebius perd, dès le départ, la possibilité de recourir à des subventions parce qu’elle n’a pas su maintenir son rythme de production.Elle doit donc repartir à zéro après la publication de quelques numéros pour pouvoir bénéficier des subventions auxquelles elle a droit.Moebius subit encore les affres de cette entrée difficile dans le monde de l’édition.Aujourd’hui, les organismes subventionneurs reprochent, entre autres, à Moebius de pas avoir de marque distinctive, de ne pas exploiter un créneau original.Qu’on se le dise, le doute n’est plus permis.« Je suis prêt, soutient Robert Giroux, membre du comité de rédaction de la revue et directeur des éditions Triptyque, à déclencher un débat sur ce sujet : à valeur égale, subvention égale.Ce que les subventions ne nous donnent pas, je suis obligé de l’investir à même mon salaire de prof.» Tout en cultivant avec une certaine assurance l’image paradoxale de l’éclectisme, Robert Giroux me brosse un portrait plutôt navrant du merveilleux monde des revues et de l’édition où tout, selon lui, est affaire de cliques et d’alliance.L’ennemi n’est pas encore nommé, mais nous voilà replongés dans la petite géographie du monde littéraire.En fait, ce qui fait discourir cet éditeur incompris, c’est manifestement le goût de la provocation et de la dérision.Ce désir n’apparaît toutefois pas comblé et c’est là le grand drame de Moebius.« Nous essayons de lancer des débats qui tombent malheureusement à plat.Nous voulons développer une éthique par rapport aux discours qui misent sur la surenchère, mais personne ne semble même intéresse à répondre à nos attaques.Dans le contexte socio-culturel actuel, le polémique a perdu ses lettres de noblesse.Lorsque nous avons préparé le numéro sur le polémique, les collaborateurs manquaient, plusieurs se sont désistés à la dernière minute.» Il faut dire que Faut LESE®® pour le cion®1- RUMEURS: VRAIES OU FAUSSES?w 24,95$ Le livre qui démonte enfin le mécanisme des rumeurs: comment naissent-elles?Qui les propage?Comment les arrêter?Le livre qui dévoile le fonctionnement des rumeurs: en politique, à la bourse, dans l’entreprise, dans la vie des stars, dans les grands procès juridiques, etc.S E U I L cette publication souffre aussi du manque de rayonnement dû à cette fameuse image qu’elle n’est pas en mesure d'offrir ni aux organismes subventionneurs, ni à ses lecteurs et moins encore à d’éventuels collaborateurs.« Étant donné l’importance de la signature dans l'institution, certains écrivains et intellectuels refusent de collaborer, prétextant le manque de visibilité de notre revue.» Tout en m’entretenant des travers institutionnels dont seraient affectés bon nombre d’écrivains et intellectuels de notre époque, Robert Giroux m’assure, avec un sérieux à toute épreuve, que la bande à Moebius se refuse à l’institutionnalisation.Je lui fais remarquer, en bourdieusienne avertie, qu’il est professeur, éditeur et que son statut n’est pas neutre.« Je suis d’abord un professeur, ensuite un écrivain, enfin un éditeur.Ces trois positions me permettent d’être à l’aise et de savoir ce qui se trame un peu partout.J’essaie le plus possible d’éviter le phénomène de dénégation.» Faute d’être un prêt-à-penser, Moebius sera une tribune pour les • jeunes écrivains qu’on a tendance à négliger et donnera l’occasion à ceux qui n’ont pas de position de force dans l’institution d’exprimer, lors d’entrevues, des discours qui ne font pas toujours mode et ce, en dehors des frontières du jet-set littéraire.La revue prévoit publier prochainement des textes de Pierre Vallières et pré- senter à ses lecteurs des numéros à partir de thèmes précis.« Nous avons été une des premières revues littéraires à réaliser des entretiens avec des écrivains, poursuit Robert Giroux.Moebius a aussi innové dans le domaine de la critique en permettant deux commentaires contradictoires sur le même livre.Nous avons délaissé le genre poésie pour privilégier les textes narratifs et les nouvelles, à une époque où la plupart des revues étaient irrémédiablement tournées vers la poésie ou le "texte”.» Moebius a un besoin urgent et légitime d'être lue et reconnue par ses pairs tout en continuant de présenter des jeunes auteurs.« Nos critères sont toujours les mêmes, poursuit Robert Giroux.Ils visent une maîtrise de la langue et de l’imaginaire; nous n'avons jamais cessé d'avoir un parti pris pour la lisibilité.» Pendant que cette revue se passionne pour la pluralité, elle veut en même temps répondre aux fausses images que certains critiques lui renvoient.« Certains soutiennent à tort que Moebius est une revue “campagnarde”, régionaliste, alors que nous habitons tous Montréal.C’est peut-être parce que notre ton n’est pas celui de la métropole.» Et, pour qu’on se souvienne d’elle, Moebius a donc choisi, envers et contre tous, de mettre en panne les divinités littéraires pour nous entretenir des vertus paradoxales de l’athéisme.Robert Giroux : « La "transculture" a damé le pion à la modernité Photo Jacques Grenier GRAND CONCOURS GALLIMARD JEUNESSE Du 13 avril au 23 mai 1987 professeurs, ATTENTION! £ LA GRANDE AVENTURE EN COLOMBIE, PAYS DE L’EL DORADO Parents, professeurs, si vos enfants ou vos élèves ont entre 3 et 15 ans à la date du 23 mai 1987, ils peuvent participer à ce concours et gagner les prix suivants: 1er prix: 3 voyages en Colombie! Soit un voyage de 15 jours pour 1 enfant et ses parents (2 personnes), pour une valeur de 5695 dollars.Du 2e au 10e prix pour les trois classes d’âge: 54 lots de 30 livres pour 9 benjamins (3/7 ans), 9 cadets (8/11 ans) et 9 juniors (12/15 ans) ainsi que pour leurs classes, soit 1620 livres pour 27 enfants et 27 écoles.Du lie au 30e prix pour les trois classes d'âge: 120 lots de 20 livres pour 20 benjamins, 20 cadets et 20 juniors ainsi que pour leurs classes, soit 2400 livres pour 60 enfants et 60 écoles.Du 31e au 100e prix pour les trois classes d'âge: 420 lots de 5 livres pour 70 benjamins, 70 cadets et 70 juniors ainsi que pour leurs classes, soit 2100 livres pour 210 enfants et 210 écoles.Procurez-vous votre bulletin de participation chez votre libraire i D-4 ¦ Le Devoir, samedi 11 avril 1987 LE PLAISIR //A-LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Le facteur de Neruda gardien de la métaphore Un roman attachant dAntonio Skàrmeta où l’on voit, à travers la tragédie du Chili, les rapports d’un poète avec son peuple UNE ARDENTE PATIENCE Antonio Skàrmeta traduit de l’espagnol par François Maspero Seuil, 156 pages JEAN ROYER LA MÉTAPHORE est une question de vie.Quand elle disparaît sous la botte militaire et la langue de bois, c’est tout le langage qui meurt et, avec elle, le peuple qui parlait.Dans son court roman, le plus attachant cftie j'aie lu depuis longtemps, Antonio Skàrmeta nous fait traverser la tragédie du Chili au coeur du langage.Pablo Neruda, poète adulé de son peuple, devient la figure centrale d’une histoire où nous faisons la connaissance des gens simples d’un petit port.Qu’ils soient analphabètes, cela ne les empêche pas d’être des praticiens de la métaphore et de connaître par coeur les vers de leur poète.Dans sa retraite de l’île Noire, Neruda est le seul à recevoir du courrier.Son facteur de 19 ans, Mario .Jimenez, fils de pêcheur, veut devenir poète et fait l'apprentissage de la métaphore.Une tendre amitié unira le prix Nobel et son apprenti-poète.Les métaphores de Neruda aideront le jeune homme, qui n’a pas encore trouvé les siennes, à séduire enfin Beatriz et la sensualité de leur amour épousera celle du langage.Neruda sera le parrain de leur enfant.C’est au soir de l’élection d’Allende que cet amour éclate.C’est à la mort de Neruda que Mario Jimenez, devenu poète, disparaîtra, emporté par sa passion de la métaphore et par la police militaire.Entre ces deux événements, le petit peuple vit l'exaltation de l’amour de la métaphore jusqu'à la réception du prix Nobel qu’il voit à la télévision.Dans son discours de Stockholm, le poète rappelle la phrase de Rimbaud, qui donne son titre au livre : « À l’aurore, armés d’une an dente patience, nous entrerons aux splendides villes.» La fête au village sera, en effet, splendide, ce soir-là.Mais ce sera la dernière.La mère de Beatriz l’avait bien prévu : même si, au Chili, tout le monde est poète, le langage peut mourir.La chute d’Allende précipite le peuple dans un silence de mort.Neruda, qui avait été ambassadeur à Paris, est revenu agonisant dans sa maison de l’île Noire surveillée par la police militaire.Mario Jimenez! qui n’avait pas revu le poète depuis son retour, réussit à se glisser à son chevet pour lui raconter les télégrammes de sympathie qu’il a reçus de tous les coins du monde.« Ne mourez pas, poète », lance le jeune homme.Après les funérailles de Neruda, il sera arrêté : il avait soumis un poème au concours de la revue Quinta-Rueda, déclarée désormais subversive.Ce petit livre est un grand roman sur le besoin de langage et de poésie qu’ont tous les peuples.Il nous restitue beaucoup plus que l’histoire du Chili et sa tragédie politique contemporaine.La fiction nous conduit, en effet, à nous émouvoir de la vie qu’il y a à parler dans ses propres mots et à aimer aussi librement que la métaphore porte son langage.Si, au début du livre, la métaphore est un peu caricaturale, elle finit par s’intégrer au langage du peuple de l’île Noire en relation avec la poésie de Neruda.Puis c’est avec une joyeuse ironie que le romancier identifie son histoire avec le destin du Chili.Sans jamais pourtant céder à la thèse, car sa fiction dépasse la réalité avec une verve inoubliable qui tient le roman au coeur de son sujet, loin des idéologies et de la propagande politique.Antonio Skàrmeta avait déjà publié trois autres livres de fiction en France : Beaux Enfants, vous perdez la plus belle rose (Gallimard, 1979), T’es pas mort (Seuil, 1982) et Le Cycliste de San Cristobal (Seuil, 1984).Exilé du Chili en 1973, il enseigne à l’Institut du cinéma de Berlin-Ouest.Il a tiré de son livre Une ardente patience un film qui a mérité en 1983 le Grand Prix du festival de Biarritz." En attendant de voir le film, courez vite lire le roman de Skàrmeta, traduit magnifiquement et en toute connivence par l’éditeur-écrivain François Maspero.Une ardente par-tience est un grand roman du goût de vivre.Les personnages mythiques de Skàrmeta nous réapprennent que l’homme, même celui de la fin du 20e siècle, est fait pour parler, rire et aimer.Sous le poids des traditions chinoises LA CAGE ENTREBÂILLÉE Lao She roman traduit du chinois par Paul Bady et Li Tché-Houa Gallimard NAÏM KATTAN MORT TRAGIQUEMENT en 1966, dans les mauvais jours de la Révolution culturelle, Lao She est, sans nul doute, l’un des grands romanciers de la Chine contemporaine.On connaît déjà de lui, en traduction française, Gens de Pékin.Il y décrivait la vie de petites gens, apparte-nant particulièrement à’la minorité mandchoue qui-gouverna longtemps la Chine.et qui se trouvait, dans les années 20 et 30, dans la décrépitude et vivait dans l’humiliation.Dans La Cage entrebâillée, ce sont encore les gens de Pékin que Lao She évoque.Ici, il n’est plus question de minoritaires mais d’une révolution sociale.Dans les années 30, une loi nouvelle permet aux Chinois, y compris les femmes, de demander le divorce.Grand bouleversement social, si l’on tient compte que, traditionnellement, les mariages en Chine sont arrangés.Lao She décrit ce bouleversement en même temps que les subtilités de la vie chinoise, dominée par la famille et la bureaucratie.Deux personnages sont là, en contrepoint.Ils sont tous deux fonctionnaires.Lao Li a eu recours, pour se marier, à l’entremetteur, Zhang, surnommé le « grand frère Zhang ».Lao Li vivait seul à Pékin, laissant sa femme campagnarde et ses deux enfants au village.La nouvelle loi lui fait entrevoir une autre vie où il y aurait, dit-il, un peu de poésie.Zhang se sent responsable du mariage qu’il a arrangé.Il conseille à son collègue de faire venir femme et enfants à Pékin avant de s’en séparer définitivement.En ville, sa femme villageoise semble malhabile mais prend vite de l’assurance.Quand il tombe malade, efle le soigne avec un dévouement sans failles.Lao Li est attiré par une voisine abandonnée par son mari mais, quand il l’approche, il ne la trouve pas égale à son imagination.Lao She s’attarde à décrire les intrigues du bureau.Le fils de Zhang est arrêté, accusé de communisme.Tous ses collègues l’abandonnent, sauf Lao Li.Un autre bureaucrate, Xiao Zhao, demande de l’argent pour faire sortir, grâce à ses relations, le fils de son collègue de prison.En même temps, il cherche a séduire la fille de Zhang, collégienne innocente qui rêve d’amour et de liberté.Lao She nous fait pénétrer dans la vie chinoise comme s’il nous intro- L’ironie, ultime rempart contre la résignation.duisait à l’intérieur d’une maison.Les petites intrigues de bureau, les conflits de famille sont le véritable tissu d’une société en plein changement.Or famille et bureaucratie résistent.Les hommes et les femmes peuvent rêver de passion mais les mariages continueront à être arrangés.Dans Gens de Pékin, Lao She célébrait, dans la mélancolie et avec tristesse, un groupe qui disparaissait dans la décadence de la misère.Dans La Cage entrebâillée, c’est l’hu- mour qui prévaut.Le romancier est l’homme sage, serein qui regarde les hommes et les femmes dans leurs failles, leur velléité, leurs rêves et leurs misères.Il sait que les traditions ont une telle pesanteur qu’en dépit des révoltes et des refus, elles persisteront.Reste l’ironie, ultime rempart contre la résignation.D’ailleurs, dans sa facture, ce roman s’inscrit dans la grande tradition chinoise.Souvent Lao She fait allusion à des romanciers classiques.Les cent fleurs des écrivains chinois PÉKIN (AFP) — La lutte contre la « libéralisation bourgeoise » déclenchée en Chine depuis trois mois rendra les écrivains chinois « plus mûrs politiquement », a estimé cette semaine l’un d’entre eux, Zhang Xian-liang, cible, l’an dernier, de nombreuses critiques des éléments orthodoxes du régime.Cité par l’agence Chine nouvelle, l’écrivain, dont on était sans nouvelles depuis le lancement de la campagne dirigée contre les valeurs occidentales, a souligné que les garanties données par le nouveau chef du Parti communiste chinois (PCC) Zhao Ziyang sur la poursuite des « 100 fleurs » « a levé les inquiétudes de certains écrivains.La population chinoise dans son entier, y compris les écrivains, s’en est réjouie ».Un autre écrivain connu en Chine, Ma Feng, 65 ans, a déclaré de son côté, cité par l'agence, qu’avant la campagne politique en cours, « certains écrivains écrivaient ce qu’ils voulaient », tandis qu’à présent, « m pensent à l’effet social de leur travail HIÏROINI UJE.HflWlUTI» iru aciwwiwri» HW Héroïne: La désintoxication progressive et la désintoxication brutale dr Léon Wein igel Deux réc ils.deux témoignais de per sonnes — un homme et une femme — (4111 ont voulu un jour se défaire d une hat>itude terrible d une a< < outumam e toxique l’héroïne I a re< onquéte de la liberté ne sera ni fa « 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