Le devoir, 13 octobre 1992, Cahier A
2 CAHIERS Nuageux et froid Max.: 7 Détail page B-8.Montréal, mardi 13 octobre 1992 L'ENTREVUE JEAN-JACQUES SIMARD Entre l’idéalisme nostalgique et le réalisme technocratique, le sociologue Jean-Jacques Simard tente de réinscrire l’histoire des autochtones dans le cadre d’une modernité qui les a fait naître tout autant qu’elle les menace.Son obsession : penser l’unité du monde à travers les franges de son éclatement.Notre collaborateur Jean Pichette l’a rencontré.Page B-l Un tremblement de terre fait des centaines de victimes au Caire LE CAIRE (AFP) — Les sauveteurs poursuivaient la nuit dernière leurs recherches pour tenter de dégager des survivants ensevelis sous les décombres à la suite du tremblement de terre qui a frappé l’Égypte hier, faisant au minimum 351 morts et près de 4000 blessés.Ce bilan devrait encore s’alourdir dans les heures à venir à la suite de l’effondrement confirmé de deux tours d’appartements, respectivement de 16 et 20 étages, dans des quartiers résidentiels du Caire.Dans la capitale, les sauveteurs ont recensé au moins 174 bâtiments écroulés ou sérieusement fissurés.Situés pour la plupart dans les quartiers historiques et très délabrés de la vieille ville, il s’agit pour l’essen- tiel de petits immeubles n’excédant pas deux ou trois étages.En milieu de soirée, près d’un millier de blessés étaient toujours hospitalisés, a indiqué l’agence de presse égyptienne MENA.Les radios et les chaînes de télévision poursuivaient dans la soirée leurs appels à la population, demandant aux habitants de ne pas quitter leurs foyers pour éviter des embouteillages car, depuis le séisme, des ambulances ont été fréquemment bloquées dans le flot de la circulation.Les écoles ont été fermées pour trois jours afin de s’assurer de l’état des bâtiments.Une cellule de crise a été consti- Volr page 4 : Tremblement P.M.Johnson sort de sa réserve Éloigné de la scène politique depuis quelques années, l’ancien premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson s’était tenu jusqu’à maintenant en réserve du débat référendaire.Mais les allégations de certains tenants du OUI le forcent aujourd’hui à réagir publiquement.Dans un texte que nous publions intégralement en page B-9, il réplique à ceux qui ont laissé entendre que l’accord du 28 août contenait l’essentiel des dispositions du Projet d'accord constitutionnel présenté en 1985 par le gouvernement Lévesque après le virage du « beau risque ».En fait, écrit M.Johnson, qui était à l’époque ministre responsable des affaires constitutionnelles, « ni l’essentiel, ni même, à l’exception d’un seul aspect du droit de veto, une partie substantielle de ce que recherchait le gouvernement de 1985 » ne se retrouve dans l’entente de Charlottetown.Il tient donc à rétablir les faits.LE COMBAT DES CHEFS Bourassa: l’entente, c’est la sécurité Parizeau: c’est la perte de l’espoir Voir page 4 : Le combat Michel Venne Pierre Cayouette Jean Dion LE PREMIER ministre Robert Bourassa a donné le coup d’envoi à son face à face historique avec Jacques Parizeau, peu après 21 h hier soir, en appelant les Québécois à voter OUI pour « bâtir le Québec sans détruire le Canada».« Il y a des gains majeurs (.’), il n’y a aucun risque (.), il y a plus que Meech », a dit le premier ministre au cours de son exposé préliminaire de quatre minutes.Les Québécois garderont toute leur liberté d’action après le référendum, a insisté M.Bourassa.« Un OUI donnera au gouvernement les outils nécessaires pour protéger et promouvoir le seul État francophone en Amérique», a-t-il dit.11 a conclu son exposé d’ouverture en soutenant que son OUI serait « responsable, raisonnable et confiant dans l’avenir».Après avoir rappelé le « rapport de force extraordinaire » dont bénéficiait pourtant le premier ministre après la mort de Meech, le chef des forces du NON, Jacques Parizeau, a répliqué que l’entente constituait un « recul inacceptable » pour le Québec.« On n’a pas eu Meech comme MM.Wells et Sihota l’ont bien mis en lumière », a-t-il dit.M.Parizeau a fait ressortir les reculs au chapitre de la société distincte et du partage des pouvoirs.« Cette entente est un brouillon, un chèque en blanc (.) et marque la fin de l'espoir de clarifier le système fédéral», a poursuivi M.Parizeau.M.Parizeau a dit partager son NON aussi bien avec les souverainistes que les fédéralistes déçus.Le débat s’est déroulé devant au moins un million de téléspectateurs des trois réseaux de langue française au Québec.Newsworld a retransmis le débat en direct à travers le pays.Les ondes radiophoniques AM ont été de même monopolisées, Télémédia, Radiomutuel et Radio-Canada ayant convenu d’interrompre Les poids lourds de l’économie votent OUI pour en finir avec la crise constitutionnelle Serge Truffaut LES POIDS LOURDS de l’économie québécoise s’alignent pour le OUI parce que, disent-ils, il faut en finir avec la crise constitutionnelle qui, à leur goût, dure depuis trop longtemps.Après examen, hier, des textes juridiques afférents aux accords constitutionnels de Charlottetown, le Regroupement Économie et Constitution a la certitude qu’une victoire du OUI mettrait un terme à la crise constitutionnelle qui perdure depuis des années alors qu’une majorité de NON signifierait « le vide, le néant ».Tel est le constat qu’a communiqué hier dans l’après-midi M.Claude Beauchamp, président du Regroupement, apres qu’une quarantaine de dirigeants d’entreprises importantes eurent délibéré à huis clos afin de confronter, notamment, ces fameux textes juridiques à l’entente de Charlottetown pour déterminer la marche à suivre d’ici le 26 octobre.Entouré d’une pléiade de présidents parmi lesquels on reconnaissait M.Guy Saint-Pierre de SNC, M.Pierre Ducros de DMR, M.Claude Garcia de Standard Life, M.Phil O’Brien de Devencore, M.Serge Gouin de Vidéotron, M.Hervé Po-merleau de l’entreprise qui porte son nom et plusieurs autres, M.Beau-champ, résumant le débat qu’il avait animé plus tôt dans la journée, a avancé que l’acquis le plus important de l’accord constitutionnel soumis à la population était « le maintien et le renforcement de l’union économique canadienne ».De fait, il a écarté du revers de la main les analyses portant l’em- Ereinte des célèbres firmes new-yor-aises Moody’s et Goldman & Sachs qui avaient conclu, il y a une quinzaine de jours, qu’une victoire du NON n’aurait pas d’impact tangible sur le tissu économique québécois.Secondé par M.Garcia sur cet épisode qui bien évidemment avait ravi les ténors économiques du camp du NON, M.Beauchamp, afin d’invalider les observations formulées par Moody’s, a souligné que cette firme n’investit pas au Québec.Or, justement, des investissements, si l’on en croit les différentes interventions en cours de conférence de presse, ces gens d’affaires en ont abondamment Voir page 4 : Poids lourds H, * PHOTO JACQUES GRENIER Hervé Pomerleau et Claude Beauchamp, porte-parole du Regroupement Économie et Constitution.+ Gardons Montréal entête! 1 PHOTO JACQUES GRENIER Une fête intime et un peu nostalgique a mis fin hier aux célébrations du 350e anniversaire de la fondation de Montréal.Le 350e se termine sur une note nostalgique Paule des Rivières GÉRALD Larose serrait des mains, Raymond Lévesque restait bien sagement assis auprès de son petit-fils, Mgr Turcotte souriait à tout le monde et le patron des fêtes du 350e, Michel PetiÇ pensait sûrement à ce qu’il allait dire lorsque Lise Payette l’inviterait à prendre la parole.L’atmosphère était celle d’un gros village sauf qu’il y manquait.les résidants.Les célébrations du 350e anniversaire de Montréal, qui ont, au cours de l’été, attiré les plus grandes foules aux plus grands événements en plein air, se sont plutôt terminées entre amis, notables et initiés, et sous le couvert d’un grand chapiteau, au Champ-de-Mars, hier après-midi.C’est pour ainsi dire dans l’intimité que les responsables des fêtes ont tourné la page sur 150 jours de festivités, auxquelles ont massivement participé les Montréalais.Ils avaient réuni hier après-midi quelques centaines de personnes ayant participé à l’organisation des fêtes ou occupant des fonctions politiques ou sociales.Les invités ont notamment eu droit à un monologue inédit d’Yvon Deschamps sur les bénévoles, à une Pas un sou de déficit Serge Truffaut APRÈS 150 jours d’événements agencés afin de marquer les 350 ans d’histoire de Montréal, l’organisme mis sur pied à cette fin, soit la Corporation des célébrations du 350c anniversaire de Montréal vient de terminer son mandat sans afficher un sou de déficit.Vice-président exécutif et directeur général de la Corporation, M.Michel Petit, même s’il ne disposait Voir page 4 : Pas un sou courte prestation du pianiste Oliver Jones et aux tambours japonais du groupe Arashi Daiko.Tout ce beau monde affichait des sourires radieux, qui disaient « mission accomplie ».En même temps, la fête n’était même pas officiellement finie qu’il y avait déjà comme un petit air de nostalgie dans l’air.Après tout, ce n’était pas une mince aventure qui se refermait mais cinq mois d’activités diverses, présentées aux 2uatre coins de la ville.Plus de 283 vénements et expositions, avec des moments particulièrement forts comme le défilé de nuit et ses 1500 figurants, les spectacles du Parc des îles, le Te Deum de Berlioz avec l’Orchestre symphonique de Montréal, le Grand jeu de nuit.Les fêtes de quartier connurent un bonheur plus inégal mais aussi quelques gros succès comme le Festival des musiques du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui reviendra l’an prochain.Les organisateurs se sont fait un Voir page 4 : Le 350e I latinmr Kirhanl UtiniKT Kirhanl t)n bâtisseur in bâtisseur LES EDmONS DE L’HOMME Jacques uut\K) in bâtisseur Laurence Richard 250 pages 16,95$ Au-delà du choix qu'il a fait d'une carrière de professeur et d'économiste marquée par une réussite incontestée, Jacques Parizeau a choisi d'être un bâtisseur.Bâtisseur de l'économie du Québec d'abord, du Parti québécois ensuite.Bâtisseur d'un pays, le Québec?C'est son objectif le plus cher depuis un quart de siècle.Après avoir rappelé les grandes étapes de sa vie et de sa carrière, l'auteur donne la parole à Jacques Parizeau qui présente avec simplicité sa vision du Québec. A-2 M Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 La propriété intellectuelle canadienne dérange aux États-Unis Marie Tison de la Presse canadienne WASHINGTON — L’exemption culturelle obtenue par le Canada a provoqué la colère de plusieurs comités consultatifs américains chargés de conseiller l’administration américaine au sujet de l’Accord de libre-échange nord-américain.Déjà, l’Association américaine d’exportation de films et plusieurs congressistes américains ont dénoncé cette disposition de l’entente.Ce sont surtout les comités consultatifs sur la propriété intellectuelle et les services qui, dans des rapports rendus publics récemment, condamnent le Canada pour avoir exclu de l’accord ses industries culturelles.Ainsi, le Comité consultatif sur le commerce et les droits de propriété intellectuelle se dit profondément déçu de voir que le Canada est déterminé à poursuivre sa discrimination à l’endroit des industries culturelles, initiée dans le cadre de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.« C’est une discrimination odieuse qui refuse aux industries culturelles américaines la protection conférée par le chapitre de l’accord sur la propriété intellectuelle », écrit le comité, composé de cadres importants d’entreprises et d’associations aussi diverses que Walt Disney, Proctor and Gamble et l’Association américaine des manufacturiers de vêtements.Le comité soutient que les industries touchées comptent parmi les plus productives et les plus compétitives des États-Unis.« Le comité s’oppose fermement à ce qu’on utilise la « culture » comme excuse pour refuser un niveau adéquat et efficace de protection, écrit-iL Le comité considère que cette disposition est, fondamentalement, de nature économique et protectionniste, et qu’elle est absolument contraire à la notion de libéralisation des échanges.» Comme plusieurs autres groupes consultatifs, le comité sur la propriété intellectuelle recommande au gouvernement américain de renégocier cet aspect le plus rapidement possible.Il demande également au Congrès américain de statuer que la mise en oeuvre de cette exemption serait inacceptable et qu’elle serait sujette à sanctions.Il souhaite que ces mesures de représailles soient véritablement efficaces et qu’elles dissuadent le Canada de passer à l’action.Le comité, comme plusieurs au- tres, craint que cette exemption ne soit vue comme un précédent dans le cadre d’autres négociations commerciales bilatérales et multilatérales.« Nos autres partenaires commerciaux ne devraient pas voir cette exemption comme un précédent, parce qu’elle découle d’une soi-disant proximité géographique et linguistiques entre les États-Unis et le Canada », affirme le comité.Le Comité consultatif sur la politique commerciale et les négociations renchérit en faisant valoir que cette exemption reflète les relations historiques entre les deux pays.Le Comité consultatif sur le commerce dans les services ne voit aucune justification à l’exemption canadienne.« D’ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi le Canada considère son identité culturelle si fragile qu’elle doive être protégée », écrit-iL Un membre d’un groupe apparenté, le Comité consultatif sur la politique commerciale en matière de services, a des propos encore plus acerbes.M.Jason Berman, président de l’Association américaine de l’industrie de l’enregistrement, affirme que cette exemption soulève de sérieuses questions quant à la réelle volonté du Canada de libéraliser le commerce.« Il est ironique de constater que les Canadiens, qui se sont plaints en vociférant au sujet des impacts qu’aurait sur les artistes canadiens un changement à la législation américaine en matière d’immigration, veulent maintenant établir leur propre rideau de fer», commente-t-il dans le rapport.Il soutient que le Canada a délibé- rément confondu le commerce et là culture.« Pour les Canadiens, la culture est utilisée pour masquer un véritable intérêt commercial », soutient-iL Il affirme qu’en raison de cette exemption, son association ne peut endosser l’entente avec enthousiasme.Les comités consultatifs sur les investissements, sur le commerce en électronique et instrumentation et sur la main-d’œuvre, ainsi que le comité consultatif intergouvememental, dénoncent également l’exemption culturelle canadienne.Toutefois, à part le comité sur la main-d’oeuvre, tous ces groupes considèrent que l’accord de libre-échange nord-américain constitue malgré tout un pas dans la bonne direction, et ils lui donnent leur appui.La querelle sur la pêche entre Ottawa et Paris s’envenime Lueur de progrès entre Américains et Européens aux négociations du GATT! Michel Dolbec de la Presse canadienne PARIS — La querelle franco-canadienne sur la pêche s’envenime.Après avoir rejeté la semaine dernière les offres « inacceptables » et les « conditions exorbitantes » du Canada sur les quotas de pêche français au large de Terre-Neuve, Paris décide maintenant de compliquer un •peu la vie des pêcheurs canadiens.Depuis minuit, ceux-ci doivent posséder pour exercer leurs activités dans les eaux françaises autour de Saint-Pierre-et-Miquelon une licence de pêche délivrée par le secrétariat d’Etat français à la Mer « sur la base de considérations liées à l’état de la ressource».Les contrevenants, prévient Paris, pourront « après saisie être déroutés sur un port de l’archipel ».Les engins de pêcne et le produit de la pêche pourront également être saisis tandis que les capitaines des bâtiments s’exposent à des amendes allant jusqu’à 100 000$.Au secrétariat d’État à la Mer, on soutient que la « situation actuelle impose l'application immédiate » de cette mesure, qui « n’est pas une déclaration de guerre », a ajouté un porte-parole.Jusqu’ici, les Canadiens pouvaient pêcher dans les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon en vertu des accords de 1972, qui garantissent à chaque pays l’accès aux eaux territoriales de l’autre « sous réserve de droits de pêches négociés entre les deux parties ».Les quotas provisoires fixés en mars 1989 sont toutefois venus à expiration le 30 septembre, sans que la France et le Canada ne se soient entendus sur de nouveaux droits.La semaine dernière, les autorités canadiennes ont déposé une « offre finale » que Paris a immédiatement rejetée.Devant ce refus, Ottawa a décidé d’imposer unilatéralement des quotas aux Français, après leur avoir offert un délai de quelques jours pour les accepter.Les deux pays négociaient depuis qu’en juin dernier un tribunal d’arbitrage a reconnu la souveraineté du Canada sur la presque totalité des eaux atlantiques au large de ses côtes.Rejetant les prétentions territoriales de la France, ce tribunal ne lui a accordé qu’une zone économique de 24 milles nautiques (45 km) autour de Terre-Neuve et un mince corridor sur 200 milles au sud de l’archipel.BRUXELLES (Reuter) — Négociateurs américains et européens se sont séparés hier soir sans accord sur le dossier du GATT, mais des « progrès » ont été réalisés lors des pourparlers, ont déclaré des porte-parole des deux délégations.« Il y a eu des progrès satisfaisants », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.Les négociateurs « ont réduit les divergences de vues», a-t-il ajouté.Mais Ray MacSharry, commissaire européen à l’Agriculture qui, avec Frans Andriessen, son collègue des Relations extérieures, négociait avec Caria Hills, responsable américaine au Commerce, et Edward Madigan, secrétaire à l’Agriculture, ne sont toutefois pas parvenus à un accord.Le président George Bush avait dépêché ses émissaires à Bruxelles dans l’espoir de réaliser une percée sur le dossier agricole du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) avant les élections américaines du 3 novembre.L’objectif était de faire entériner ensuite ce compromis par les autres ays du GATT, qui compte 108 mem-res, et de donner ainsi un ballon d’oxygène à l’économie mondiale en libéralisant le commerce dans 15 secteurs d’activité.Mais la France, qui juge inacceptables les thèses américaines en matière de réduction des exportations agricoles européennes, a laissé entendre qu’elle pourrait utiliser son droit de veto au sein de la CEE si ses partenaires européens ignoraient ses « intérêts vitaux ».Les négociateurs des deux géants du commerce mondial se retrouveront bientôt — dès le prochain weekend pour Caria Hills et Frans Andriessen — mais une percée semble exclue avant les élections présidentielles américaines.Le sommet européen de Birmingham, vendredi prochain, ne devrait dès lors pas donner matière à affrontement entre la France et les autres États membres de la CEE, estime-t-on à Bruxelles.La Commission européenne, qui représente les Douze, avait paru ignorer les multiples avertissements lancés par Paris à l’encontre d’une « conclusion hâtive » des pourparlers et tente de trouver un compromis avec les émissaires américains.« Le ton est excellent.Il y a une ambiance.qui est positive », a déclaré plus tôt dans la journée un porte-parole de l’exécutif européen.L’un des deux porte-parole américains était également optimiste.« Les choses semblent continuer à aller bien », a-t-il dit en soulignant que sa délégation était prête à rester à Bruxelles « aussi longtemps qu’il le faut ».La prolongation des négociations, qui ont débuté dimanche matin et pourraient se poursuivre aujour7 d’hui, est interprétée par les dip!o: mates comme un signal de rapprochement des positions.« Nous n’épargnons aucun effqft pour parvenir à un accord », a souligné Ray MacSharry, commissaire européen à l’Agriculture qui, ayec Frans Andriessen, son collègue aux Relations extérieures, négocie avec Caria Hills, responsable américaine au Commerce, et Edward Madigan, secrétaire à l’Agriculture.Mais il devait ensuite préciser que les États membres de la CEE devraient de toute manière approuver un tel compromis, qui sera ensuite soumis aux autres pays du G ATT.L’Uruguay round du GATT, dont la conclusion permettrait la libéralisation du commerce dans 15 secteurs économiques, est la plus grande négociation commerciale de tous les temps.Elle bute depuis des années sur la querelle entre Américains et Européens à propos des subventions à l’agriculture.Washington exige notamment une réduction de 24 % des exportâtes subventionnées de céréales de la CEE et une réduction de moitié de la roduction européenne d’oléagineux, quelque sept millions de tonnes, pour reconquérir des marchés.Farouchement opposée à un accord qui léserait les intérêts de ses agriculteurs, la France n’ira toutefois pas jusqu’à pratiquer la politique de la chaise vide lors du sommet européen de Birmingham, vendredi prochain, si la Commission faisait des concessions jugées trop importantes aux États-Unis.Jean-Pierre Soisson, ministre de l’Agriculture, a qualifié hier de « pure invention de la presse anglo-saxonne » un article du quotidien britannique Financial Times, qui prêtait cette intention à François Mitterrand.La présence du chef de l’État français dans la ville industrielle anglaise ne constitue toutefois pas une assurance contre l’éclatement d’une crise entre les Douze.Les partenaires européens de la France estiment en effet qu’il est temps de conclure l’Uruguay round pour donner un coup de fouet à la croissance économique et sont prêts à faire sur le dossier agricole des concessions qu’ils récupéreraient largement dans les autres secteurs, comme les services.Le ministre français de l’Industrie a déclaré hier que les voisins de la France avaient compris que la cohésion européenne était en cause ÿn cas d’isolement de Paris dans les négociations agricoles du GATT.’ « Les Anglais ont bien compris que c’était la cohésion européenne qui était en cause (.) Le message leur a été clairement délivré.Pour nous, c’est un sujet majeur », a dit Dominique Strauss-Kahn à la chaîne de télévision France-2.« La réponse de leur part à ce message c’est : ‘Nous avons bien compris que c’était un sujet majeur’.» Le gouvernement français, qui se trouve lui aussi en période préélectorale, est tout aussi net dans son refus des thèses américaines en matière agricole et a clairement fait savoir qu’il pourrait invoquer le « compromis de Luxembourg » pour s’opposer à un accord qui léserait ses « intérêLs vitaux ».« Je dis tout net qu’il n’est pas question que la France subisse un accord de cet ordre », a expliqué Roland Dumas, ministre français des Affaires étrangères.« Nous n’avons pas à nous soumettre aux aléas d’un calendrier électoral, fut-ce un calendrier électoral américain.» ENCORE UNE FOIS, C’EST LE TEMPS DES Obligations d’épargne du Canada C’est le temps de la récolte.C’est aussi le temps de prévoir et de rassembler vos économies pour acheter des Obligations d’épargne du Canada.Depuis 46 ans, elles représentent l’investissement favori de millions de Canadiens.Cette année, elles seront en vente du lundi 19 octobre au lundi 2 novembre.Vous pouvez acheter vos Obligations d’épargne du Canada à votre institution financière; mais n’oubliez pas quelles sont offertes pour un temps limité seulement.Alors, assurez-vous d’acheter les vôtres avant qu’il soit trop tard.VOICI SIX CARACTÉRISTIQUES TRÈS INTÉRESSANTES : 1.SÛRES.Les Obligations d’épargne du Canada sont entièrement garanties par le gouvernement du Canada.Elles constituent un placement sûr qui ne perd jamais de valeur.2.ENCAISSABLES EN TOUT TEMPS.Les Obligations d’épargne du Canada peuvent être encaissées en tout temps; vous avez donc toujours accès à votre argent.3.TAUX CONCURRENTIEL.Les obligations offrent un taux de rendement concurrentiel, surtout si l’on considère qu’elles sont encaissables en tout temps.Cette année, le taux d’intérêt sera annoncé à la mi-octobre.« mm mm rf %' Û/rVf&r 4.DEUX TYPES D’OBLIGATIONS.Quand vous optez pour les obligations à intérêt composé, l’intérêt est réinvesti automatiquement.Si vous choisissez les obligations à intérêt régulier, l’intérêt vous sera payé le 1er novembre de chaque année.5.À PARTIR DE 100 $.Les obligations à intérêt composé sont offertes à partir de coupures de 100 $, tandis que les obligations à intérêt régulier le sont en coupures minimales de 300 $.6.LES ACHETER., RIEN DE PLUS FACILE ! 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Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 ¦ A-3 -*0* Rencontrez les experts.ÉCHANGEZ DES STRATÉGIES D’EXPORTATION AVEC DES DÉLÉGUÉS COMMERCIAUX DE PARTOUT DANS LE MONDE.£ cS S £3 x 5 LJ s I CD Le 14 octobre, Montréal reçoit les experts du monde entier dans le domaine de l’exportation.C’est là une occasion hors pair de tirer parti des connaissances et du savoir-faire des délégués commerciaux canadiens.Ceux-ci représentent le Canada au Moyen-Orient, en Afrique, dans la région de l’Asie et du Pacifique, en Europe de l’Est et de l'Ouest, en Amérique du Sud, aux États-Unis au Mexique, en Amérique latine et dans les Antilles.Une occasion à ne pas manquer.COLLOQUE SUR L’ALENA COLLOQUES PAR SECTEURS GÉOGRAPHIQUES DÉVELOPPEMENT DE STRATÉGIES D’EXPORTATION SPÉCIALISTES DU SECTEUR INDUSTRIEL Conférencier invité : M.Michael Wilson, Ministre d’industrie, Sciences et Technologie et Ministre de Commerce extérieur M.David Winfield, ambassadeur du Canada au Mexique sera aussi présent.Si vous exportez déjà vos produits ou si vous envisagez de le faire, VisionExport s'adresse à vous.Pour obtenir des renseignements et des billets, communiquez avec : Le Centre du commerce international Télécopieur: (514) 283-8794 ou : La Chambre de commerce du Montréal Métropolitain Télécopieur : (514) 843-7320 ou : L’Association des Exportateurs canadiens Télécopieur : (514) 499-2191 Ensemble.on peut réussir! 3 CD I QJ Les Mohawks de Kanesatake possèdent déjà les avantages des Indiens résidant en réserve Une réserve pourrait toutefois être créée si les autochtones la réclament -SOCIETE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES GLOBAUX: L'EXEMPLE DES GRANDS DESERTS TROPICAUX DEPUIS 140 000 ANS Hydro-Quôbec Université du Québec è Montréal Robert Dutrisac TOUT en répétant qu’« il n’a jamais été question d’établir une réserve à Kanesatake », la députée fédérale d’Argenteuil-Papineau, Mme Lise Bourgault, a admis, hier, qu’une réserve pourrait être créée à Oka si les Mohawks en décidaient ainsi.« Ça fait des années qu’on parle de ça, d’une réserve.Mais on est loin de la coupe aux lèvres.C’est un embryon », a-t-elle livré au DEVOIR en marge d’une assemblée tenue à Pointe aux-Anglais, aux abords d’Oka.Dans le cadre d’une tournée de son comté, Mme Bourgault tentait d’expliquer à une quarantaine de ses commettants l’entente de Charlottetown.Avec peine.Tous les participants qui ont montré leurs couleurs ont dit qu’ils allaient voter NON et la plupart de leurs questions portaient sur la coexistence difficile avec les autochtones.Et il a été amplement question du décret qu’a adopté le gouvernement fédéral en juin dernier consacrant les exemptions fis- cales dont jouissent les Mohawks de Kanesatake au même titre que les autochtones qui habitent sur des réserves.« Québec considérait déjà Oka comme une réserve.Le décret officialise ce qui existait du côté fédéral.Avant ce décret, c’était toléré », a-t-elle expliqué.En fait, le décret, paru dans la Gazette du Canada le 3 juin 1992, accorde des remises de l’impôt sur le revenu et de la taxe sur les produits et services (TPS), rétroactivement jusqu’en 1985, à tous les autochtones qui habitent le village d’Oka et la partie ouest de la paroisse d’Oka.Ce territoire, beaucoup plus vaste que celui qu’ont revendiqué les Mohawks en 1990, est désigné sous l’appellation d’« établissement ».Le decret ne porte pas uniquement sur Kanesatake mais également sur 11 autres « établissements » : sept en Ontario, trois en Alberta et un autre à Oujé-Bougoumou, au nord de Chibou-gamau au Québec.Émis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, ce décret, dans sa note explicative, est on ne peut plus clair : « Le décret a pour objet d’étendre les avantages des mesures d’allégement de l’impôt sur le revenu et de la taxe sur les produits et services (TPS) aux Indiens comme si les établissements indiens désignés étaient des réser- VOS.» Qui plus est, le gouvernement fédéral reconnaît qu’il s’agit d’une mesure transitoire vers la création de réserves : « Le décret s’applique aux établissements à l’égard desquels le gouvernement s’est engagé publique ment à accorder (.) le statut de réserve (.).» Mme Bougault a appris jeudi dernier l’existence de ce décret, a-t-elle reconnu.Tout en soulignant que c’est une décision prise « dans les officines des fonctionnaires », elle a dit trouver « épouvantables », « exagérés » certains aspects du décret devant la vive opposition qu’il suscitait dans l’auditoire.« Si ce décret n'est pas bon, il va falloir le changer », a affirmé Mme Bourgaut, se voulant rassurante.Présent dans la salle, la maire de la municipalité de la Paroisse d’Oka, M.Y van Patry, a expliqué, pour sa part, que plusieurs commerçants, qui avaient accordé des remises de TPS à des autochtones, avaient eu des problèmes avec le fisc fédéral qui, parfois, a contesté ces remises.« Le décret régularise la situation », a-t-U fait valoir.De son côté, M.Jean Jolicoeur, président de l’Association des propriétaires à l’intérieur de Kanesatake (AP1K), a souligné que le décret agrandissait dans les faits le territoire dévolu aux Mohawks, multipliant les problèmes des « enclavés », ces Blancs qui habitent une propriété au sein du territoire autochtone.« Le gouvernement, graduellement, cherche de façon détournée à installer une réserve à Oka », estime-t-il.Dans sa défense de l’entente de Charlottetown, Mme Bourgault a fait grand cas des clauses touchant les autochtones.« On passe notre temps à dire que les autochtones nous coûtent cher.Si on leur donne l’autonomie gouvernementale, ils vont se prendre en charge.Ce n’est pas demain la veille, mais ça va arriver », a prédit la députée'.NICOLE PETIT-MAIRE Vice-présidente Union internationale des sciences géologiques (IUGS), France Les gaz à effet de serre ont eu une influence importante sur les courants atmosphériques et océaniques.Le professeur Claude Hillaire-Marcel, titulaire de la Chaire de recherche en environnement Hydro-Quêbec • CRSNG • UQAM, présentera la conférencière et animera la période de questions.Le 13 octobre 1992 à 17 h 30 Studio-théâtre Alfred-Laliberté (J-M400) Pavillon Judith-Jasmin Université du Québec à Montréal 405, rue Sainte-Catherine Est Métro Berri-UQAM Renseignements : 987-4630 ou 987-3482 Séville clôture avec 42 millions d’entrées SÉVILLE (AP) — Seize millions de visiteurs en six mois : la dernière et la plus importante des expositions universelles du siècle aura bouleversé Séville et rendu à la ville son rayonnement passé jusqu’au dernier jour, hier, date anniversaire de la découverte de l’Amérique.Avec ses 42 millions d’entrées, l’Euro92 aura été selon les organisateurs un succès total Après un démarrage plutôt lent depuis l’ouverture le 20 avril dernier, l’exposition universelle de Séville a connu un surprenant afflux de visiteurs dès l’automne.Les 12 milliards $ investis dans l’exposition elle-même ou dans des infrastructures parallèles devaient permettre de dynamiser la ville et sa région, dont la splendeur remontait à l’époque des voyages de Christophe Colomb.Euro92 aura permis la création, dans une zone peu développée de l’Espagne, d’un nouvel aéroport, d’une ligne de train à grande vitesse jusqu’à Madrid et d’autoroutes.Cependant, au moment où les représentants des 110 pays plient bagages, Sé .ille se réveille avec des doutes sur son avenir : on s’interroge sur la viabilité du projet Cartuja’93 qui prévoit de transformer les 215 hectares de l’exposition en un centre de recherche et un campus universitaire.Les 17 000 personnes qui travaillaient sur l’exposition vont quant à elles s’inscrire au chômage dans un bureau spécial, dans l’Ile même de Cartuja.Le directeur général de TExpo92 compare la situation à un « lendemain de noces».Jacinto Pellon estime que l’exposition ne permettra pas d’éponger la dette de l’Espagne et posera même « quelques problèmes » au gouvernement, confronté actuellement à une sérieuse récession économique.Pour le premier ministre Felipe Gonzalez, l’exposition universelle, comme les Jeux olympiques d’été de Barcelone, aura rétabli la confiance des Espagnols et projeté « l’image d’un pays sérieux » et désormais « mieux respecté ».« Séville a sauvé les expositions universelles » et permis de montrer que ce type de manifestation a encore sa raison d’être « comme moyen de communication internationale », a estimé pour sa part le commissaire de l’exposition, Emilio Ca-sinello.PHOTO AP Des milliers de personnes ont envahi le site de l’exposition universelle de Séville qui fermait ses portes hier.Dès aujourd’hui, les représentants des 110 pays qui y ont participé commenceront à emballer leurs merveilles pour rentrer à la maison.Le Dr Edmond Fischer Le Dr Edwin Krebs Le Nobel de médecine à deux biochimistes américains STOCKHOLM (Reuter) — Le prix Nobel de médecine 1992 a été attribué conjointement hier aux deux biochimistes américains Edmond Fischer et Edwin Krebs, annonce l’Institut suédois Karolinska dans un communiqué.Les deux hommes, chercheurs à l’Université de Washington à Seattle, voient ainsi couronner leurs travaux sur « la phosphorylation réversible dés protéines en tant que mécanisme de régulation biologique».La bonne connaissance du phénomène, étudié dès les années 50 par les deux lauréats, a notamment trouvé une application pratique dans les cas de greffes d’organes, avec la maîtrise des réactions de rejet grâce à l’utilisation de la cyclosporine.En outre, la phosphorylation joue un rôle important dans l’apparition de certaines formes de cancer, telles que la leucémie myéloide chronique.Les découvertes des deux hommes, qui se partagent avec le prix Nobel 6,5 millions de couronnes (1,2 million $), « peuvent avoir des implications importantes dans le domaine du cancer », a déclaré au cours d’une conférence de presse Gosta Gahrton, professeur de médecine à l’Institut Karolinska.« Il ne sera pas facile de concevoir quelque médicament que ce soit au-jpurd’hui, mais ces découvertes ont été à l’origine d’une nouvelle voie de rê'therche pour un tel médicament », a ajouté Gosta Gahrton, alors qu’on Itii demandait si la découverte d’un remède contre le cancer était envisageable.'“Le terme de phosphorylation réversible des protéines, phénomène biochimique extrêmement complexe, désigne les réactions par lesquelles des enzymes fixent et libè- rent des groupements dans les milliers de protéines contenues par la cellule.Or, Edmond Fischer et Edwin Krebs ont « purifié les premières enzymes de ce type et déterminé leurs caractéristiques».Cette « découverte novatrice a été à l’origine du développement d’un champ de recherches qui est aujourd’hui parmi les plus dynamiques », déclare l’Institut suédois.Au milieu des années 50, Krebs et Fischer ont découvert la première de nombreuses enzymes responsables du processus de phosphorylation.Il s’est avéré que cette enzyme, « une protéinekinase », jouait un rôle de catalyseur dans le processus par lequel les muscles obtiennent l’apport d’énergie qui leur est indispensable, sous forme de glucose.« Depuis ces découvertes de Fischer el Krebs, ajoute l’Institut Karolinska dans son communiqué, de nouvelles protéinekinases sont sans cesse mises en évidence.On estime que 1 %, peut-être, des gènes qui constituent le patrimoine génétique codent des protéinekinases », lesquelles contrôlent d’innombrables mécanismes cellulaires.Edmond Fischer, né en 1920 à Shanghai, a obtenu un doctorat de chimie à l’Université de Genève.Il est actuellement chercheur au département de biochimie de l’Université de Washington, à Seattle.Edwin Krebs est né en 1918 à Lansing, dans l’Iowa.Il a fait ses études de médecine à l’Université Washington de St-Louis (Missouri).Il est chercheur au département de pharmacologie et de biochimie à la faculté de médecine de l’Université de Washington.Le zoo de Granby rencontre de sérieux problèmes financiers GRANBY (PC) — Le Jardin zoolo-gjque de Granby a de sérieux problèmes de liquididés.Pour colmater la brèche, la Société zoologique a décidé de faire flèche de tout bois et se lance dans l’organisation de.bingos.« La demande a été faite, nous n’attendons plus que l’autorisation de Québec », a précisé Pierre Cartier, directeur général du Jardin zoologique.La première devrait avoir lieu le dimanche 1er novembre, dans l’après-midi, vraisemblablement au sous-sol de l’Église Saint-Luc.« On répétera l’expérience aux deux semaines, peut-être même toutes les semaines, jusqu’aux Fêtes.Si là formule s’avère intéressante, on la prolongera », a-t-il affirmé.Mais c’est loin d’être la poule aux oeufs d’or, chaque édition devrait amener une rentrée de 1000$.Jardin zoologique et bingos, le mariage est boiteux.Pour un attrait touristique de notoriété, c’est presque une mésalliance.Mais Pierre Cartier ne le voit pas de cet oeil-là.« Au contraire, on devrait nous féliciter d’avoir eu cette idée-là.Au moins, personne ne pourra dire que nous n’avons pas fait notre job, que nous n’avons pas tout tenté pour assurer le financement du Jardin.» Les admissions, la restauration, la vente de souvenirs.la Société ne peut, insiste Pierre Cartier, compter que sur elle-même.« Les contributions que nous recevons, totalisent à peine 2% de nos revenus totaux : programme Défi, subvention du mi- nistère de l’Enseignement supérieur et de la Science, aide de la Ville.dans ce dernier cas, on parle d’un montant de 250000$, mais ce n’est pas de l’argent, plutôt des services.» C’est bien loin, soutient Pierre Cartier, de la croyance populaire qui veut que le zoo soit subventionné, rubis sur l’ongle, par la Ville de Granby.« Pour attirer, développer de nouveaux produits touristiques à Granby, on se sert de l’achalandage du zoo.Passez tous les dossiers en revue, il n’y en a pas un qui ne le fait pas, le Musée de l’industrie laitière, le Musée de l’auto, le Parc Astérix, etc.Tout le monde profite du zoo, la Ville, le Canton, la MRC, les commerces .pourtant si on est rendu à organiser des bingos, c’est parce que tout ce beau monde ne s’en est pas assez occupé.C’est pour les autres que la situation est genante, pas pour nous.» L’organisation de bingos ne dit rien qui vaille au maire Mario Gérard.« Ce n’est pas la meilleure façon de renflouer les coffres de la Société zoologique, ça ne cadre pas avec la notoriété du zoo.Une vente de garage, c’était de bon aloi, ça attire du monde, mais en être réduit à faire des bingos ., avant d’en arriver là, il y avait un appel à tous à faire.» En fournissant au zoo une aide technique de 250 000$, le maire Girard n’a pas du tout l’impression de léser l’institution, ni de pratiquer une politique de deux poids deux mesures.li. A-4 ¦ Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 SUITES DE LA PREMIERE PAGE ?Tremblement tuée dès la fin de l’après-midi sous la présidence du premier ministre Atef Sedki, en l’absence du chef de l’État, le président Hosni Moubarak.M.Moubarak a interrompu la tournée à l’étranger qu’il avait entamée dimanche.Il a quitté Pékin et était attendu au Caire aujourd’hui.Le gouvernement a annoncé qu’un millier d’appartements dans des quartiers neufs à la périphérie de la capitale allaient être mis à la disposition des personnes qui avaient perdu leur logement.Il a décidé d’octroyer une aide d’urgence de 500 livres égyptiennes (environ 150 dollars, soit plus de deux fois le salaire moyen mensuel) aux familles ayant perdu un des leurs et une aide de 200 livres égyptiennes pour les blessés.Les victimes et dégâts ont été principalement enregistrés dans un rayon de 100 à 150 km autour du Caire, a précisé la télévision égyptienne, citant des responsables de l’Institut de sismologie.En revanche, les villes de la côte méditerranéenne, Alexandrie (220 km au nord-ouest du Caire) ou Port-Saïd (180 km au nord-est du Caire), n’ont que légèrement ressenti la secousse, dont la magnitude a atteint 5,5 sur l’échelle ouverte de Richter.4 Pas un sou pas, au moment d’un long entretien, d’un rapport financier définitif des opérations qu’il a dirigées depuis plus d’un an, a confié qu’il serait possible de dégager un surplus.Lorsque l’équipe rassemblée par M.Petit a hérite de ce dossier en cours de mandat, soit il y a moins de deux ans, il était entendu que la somme allouée à l’ensemble des festivités ne devrait pas dépasser le budget fixé qu’incidemment « nous avions ramené de 54 millions $ à 45 millions $ ».D’après les informations fournies, la ventilation de ces 45 millions $ était la suivante : les gouvernements de Québec et d’Ottawa ont accordé chacun 10 millions $, la Ville de Montréal a consenti une subvention de 14 millions $ alors que les quatre principaux commanditaires ( Ksso, Ford, Coca-Cola et Molson-O’Keefe) investissaient, respectivement, 3,5 millions $.La différence provenait des franchises que la Corporation prélevait sur les ventes des produits dérivés.La volonté clairement affichée par M.Petit et ses collaborateurs, dès leur entrée en fonction, de mener à bien, sur le front financier, l’opération en question, découlait d’une hypothèse de travail fort simple : « Nous ne voulions pas que cette aventure se termine sur une note amère.S’il y avait eu déficit, on aurait manqué le bateau.» D’autant plus, qu’un échec financier, surtout s’il avait été retentissant, aurait hypothéqué à des degrés divers la stratégie arrêtée en matière de tourisme par les gouvernements provincial et municipal.En effet, l’un des buts poursuivis par la Corporation en fut un de fidélisation des touristes.On voulait qu’ils viennent tout en les persuadant « de revenir » afin que leur nombre augmente d’au moins 15 % d’ici trois ans.Évidemment, à la faveur de la grille d’événements artistiques ou historiques inhérents à ce 350e anniversaire, l’inventaire de touristes présents entre juin et septembre a progressé.De combien ?De 10 % sur l’an dernier.Plus précisément, selon les données communiquées par M.Petit, la hausse de 6 % de fréquentation des hôtels au cours de l’été est en grande partie attribuable à la tenue des festivités.D’après un sondage réalisé auprès de ces touristes, 94 % d’entre eux ont confié « avoir apprécié leur séjour à Montréal ».Un nombre équivalent de visiteurs ont affirmé qu’ils reviendraient.Enfin, 97 % ont assuré qu’ils recommanderaient Montréal à leurs parents et amis.Parallèlement, les villes de Toronto et Vancouver ont vu leur position concurrentielle perdre de son pouvoir d’attraction au profit de Montréal, a indiqué M.Petit en s’appuyant sur le fait qu’à Toronto une baisse de 4 % de fréquentation avait été constatée alors qu’à Vancouver, malgré les investissements consentis à des fins touristiques, une hausse de 1 % seulement était enregistrée.Outre cette traduction chiffrée de l’impact, direct ou indirect, qu’a eu sur Montréal la planification des fêtes, le vice-président de la Corporation a estimé que les différents acteurs du tourisme au Québec devraient tirer parti, voire capitaliser, sur « l’émergence de la solidarité que partagent désormais beaucoup d’in-tervants qu’Us soient du milieu culturel, des affaires ou sportif sans oublier le plus important, soit la solidarité entre les Montréalais ».Désormais, de rappeler M.Petit, tous ces acteurs pourront bénéficier d’équipements permanents susceptibles d’attirer les touristes que ce soit le Musée de Pointe-à-Callière, le Marché Bonsecours, un Vieux-Port en partie rénové, le Parc des îles et autres.Autant d’équipements qui, s’ils n’étaient pas administrés par la Corporation, ont été intégrés dans sa stratégie de marketing.Paradoxalement, cette addition d’équipements divers n’avait pas été incorporée dans les plans de l’administration qui avait précédé celle qui a été installée à l’été 1990.Lorsque « nous sommes arrivés en place il a été décidé de s’appuyer sur ces équipements, comme il a été décidé de procéder par concours pour tout ce qui avait trait à la production de spectacles, tout comme nous avions décidé de réduire le nombre de jours de festivités de 350 à 150».Enfin, le vice-président de la Corporation des célébrations du 350e anniversaire a assuré qu’un rapport social et financier détaillé serait communiqué dans quelques semaines.+ Le 350e devoir et un plaisir de rappeler que les empêcheurs de tourner en rond qui s’étaient permis, lors de l’annonce des fêtes, de douter de la pertinence des réjouissances à une période de vaches maigres avaient été confondus.« Nous étions convaincus, envers et contre tous, contre tous les prophètes de malheur, que les fêtes seraient un succès », déclarait d’entrée de jeu hier Patrick Kenniff, président de la Corporation des Fêtes.Les personnes réunies pour mettre un point final aux fêtes, ou plutôt une virgule selon le maire Jean Doré, devaient exprimer un engagement futur envers leur ville.Le capitaine du Canadien, Guy Carbonneau s’est engagé, pour souligner le 100e anniversaire de la coupe Stanley, « à tenter de ramener la coupe à Montréal ».Mgr Turcotte, pour sa part, a promis, plus sérieusement, de travailler au service des plus pauvres, pendant que Marco Mi-cone a souhaité que Montréal qui avait su échapper à l’anglicisation sache maintenant éviter les tensions raciales et interethniques.« Montréal est une ville rêvée et convoitée par les victimes de la haine et de la pauvreté», a-t-il rappelé.Pour le vice-président du Festival internationald de Jazz de Montréal, Alain Simard, « nous avons sûrement été le plus près de ce qui s’est passé en 1967 (année de l’Exposition universelle) sans avoir cherché à recréer cet événement ».Le plus expansif fut le maire.Il a entretenu ses hôtes du « succès éclatant de cette aventure extraordinaire » et confié que « mes rêves les plus fous ont été exaucés».À son avis, le plus important dans toutes ces fêtes et spectacles, c’est l’amour que les Montréalais ont redécouvert vis-à-vis de leur ville.« Nous ferons un bilan des chiffres et tout mais ce qui compte avant tout c’est une nouvelle disposition d’esprit, une confiance, cette idée que les jobs nous pouvons nous les créer.» C’est vrai, admet le maire, que « nous avons des difficultés importantes, la récession nous fait mal, nous avons des problèmes de structure de notre économie.Il faut mobiliser la population.» M.Doré n’est pas peu fier des sites qui furent complétés au cours des deux dernières années et qui, le lendemain de la fête, seront la.Il a notamment mentionné les nombreux musées, tout neufs ou rénovés, que possède désormais Montréal, la réouverture du Marché Bonsecours et l’accès au Vieux-Port.Trois jeunes ont également pris la parole hier et ils ont tous parle d’une ville qui respectait l’environnement.Pourtant ils ne s’étaient pas consultés au préalable.4 Poids lourds discuté lors de la réunion de la matinée.Plusieurs des personnes présentes ont insisté en effet sur le fait qu’un nombre important d’investissements étaient retardés, voire gelés, en attendant l’issue du référendum.De cette situation, de cette absence d’investissements nécessaires au développement économique découle, en partie évidemment, la lenteur qui distingue présentement la reprise économique.S’il est vrai que les investisseurs sur le front monétaire ont d’ores et déjà intégré un rejet des accords de Charlottetown dans leurs positions financières, « on ne peut pas en dire autant, d’indiquer M.Beauchamp, des investisseurs industriels ».Les entreprises présentes au Québec « sont inquiètes car, selon elles, une victoire du NON signifierait qu’il faudrait tout recommencer à zéro ».Dans une telle perspective, ce n’est pas avant trois ou quatre ans qu'il serait possible d’amorcer de nouvelles négociations constitutionnelles, et ce, à la condition que le Québec demeure dans le giron de la fédération canadienne.« L’an prochain, de souligner M.Beauchamp, il y aura des élections fédérales.Après, il y a aura des élections au Québec.Alors avant de reprendre les discussions et satisfaire tout le monde, on peut imaginer facilement qu’on va perdre au moins trois ans.» Car si le NON l’emporte, il ne faut pas croire que Mulroney, Bourassa, Rae et les autres signataires de l’accord vont reprendre le bâton référendaire « d’ici la fin de la présente année.En fait, si le NON l'emporte on s’en va vers un éclatement du pays.C’est dire tous les risques économiques qui sont liés à sa victoire possible.Alors qu’il n’y a aucun risque économique à dire OUI.» À l’appui de cette assertion, M.Beauchamp et ses collègues, notamment M.Pomerleau, ont signalé que l’entente constitutionnelle avait permis de réduire les chevauchements législatifs dans onze secteurs jugés évidemment essentiels à l’épanouissement économique du Québec comme des autres provinces.Le rapatriement de pouvoirs en matière de formation de la main-d’œuvre a particulièrement retenu l’attention de ces dirigeants tout comme ils se sont félicités de l’obligation faite à tous les premiers ministres de se rencontrer une fois par année afin de mieux planifier la gestion du pays.Une obligation « rarement mentionnée », mais « qui plaît au milieu des affaires».En ce qui a trait aux ententes administratives qu’il faudrait établir entre les différents paliers gouvernementaux, le Regroupement Économie et Constitution assure que leurs renouvellements tous les cinq ans ne signifient en rien une renégociation de la répartition des pouvoirs entre fédéral et provinces dans tel ou tel secteur d’activités.Enfin, M.Beauchamp a conclu en confiant que si d’aventure il fallait recommencer à zéro « cela se ferait dans un climat de confrontation ».4 Le combat leurs programmations pour faire place aux chefs.Pour entourer l’événement d’un maximum de neutralité, on avait choisi de tenir le débat dans un petit studio du Téléport de Montréal au décor résolument dépouillé, la seule trame de fond étant un mur blanc-beige sans motifs.Contrairement à ce qui s’était produit dimanche lors de l’affrontement entre les candidats à la présidence américaine, les deux belligérants étaient assis à leur bureau respectif, sur lequel se trouvait un chronomètre indiquant pour chaque tranche du débat le temps de parole restant à chacun et à son adversaire.MM.Parizeau et Bourassa étaient directement face à face, à environ quatre mètres de distance.Le bureau du modérateur Guy Bourgeault était situé à angle entre les deux, avec le chef péquiste à sa gauche (donc à droite de l’écran) et le leader libéral à sa droite.Avant la tenue du débat, vers 20 h 15, les deux chefs et le modérateur se sont prêtés à une séance de photographie où la tension, bien mal dissimulée derrière des rires nerveux, était palpable.Les deux hommes se sont rapidement serré la main, puis, chacun assis à son bureau, ont refusé de se rapprocher de nouveau pour la prise d’une photo commune.Interrogé à savoir s’il était nerveux, M.Bourassa s’est contenté de répondre « pas encore » avant d’ajouter que ce n’était « pas la première fois » qu’il prenait part à un duel de ce genre.À la même question, M.Parizeau a lancé aux journalistes un « moins que vous », puis il a indiqué qu’il abordait le débat « dans un esprit pédagogique».Le premier ministre avait choisi de revêtir un complet bleu-noir et une cravate bourgogne à motifs, tandis que son vis-à-vis avait opté pour un complet gris et une cravate rouge, également à motifs.La cinquantaine de journalistes étaient logés dans une salle contiguë au studio où se déroulait le débat.Contrairement à ce qui est courant lors de ce genre de manifestation, aucun conseiller ou attaché des chefs n’a été aperçu dans les parages.Il appert que les deux parties, après un long week-end de délibérations, avaient convenu de faire du débat une stricte confrontation d’homme à homme.On a cependant pu apprendre que les ministres Gil Rémillard et Christos Sirros ont accompagné M.Bourassa dans sa « loge » pour les quelques minutes ayant précédé l’affrontement.Par ailleurs, le seul incident notable extérieur au débat fut le dressage d’une ligne de piquetage, devant la porte de côté de l’édifice, par une poignée de manifestants se réclamant du Regroupement progressiste pour l’annulation.Ceux-ci entendaient faire valoir que « les camps du OUI et du NON n’ont rien à offrir qui puisse améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs et des sans-emploi », mais ils n’ont pu faire connaître leurs doléances qu’aux membres des médias, MM.Parizeau et Bourassa ayant pénétré dans l’édifice par le garage du sous-sol.Un tirage au sort avait déterminé, samedi, que Robert Bourassa ouvri- kXoïjuébec Tirage du 92-10-10 8 12 22 39 40 44 Numéro complémentaire: 17 Resultats I o t a - q u é I) o c GAGNANTS LOTS 6/6 0 3 139 895,10 $ 5/6 + 11 85 633,50 $ 5/6 328 2 297,50$ 4/6 18 721 77,10$ 3/6 353 572 10$ VENTES TOTALES: 21 812 245,00 $ PROCHAIN GROS LOT (approx ): 6 800 000,00 S PROCHAIN TIRAGE: 92-10-14 SELECT Tirage du 92-10-10 7 12 20 33 35 38 Numéro complémentaire: 22 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1000 000,00$ 5/6 + 1 31 908,80 $ 5/6 42 506,50 $ 4/6 1643 60,40$ 3/6 26 827 5,00$ mise-tôt 7 21 24 38 GAGNANTS LOT 97 515,40t Ventes totales: 1 122 246,00 $ Gros lot à chaque tirage: 1 OOO 000,00$ Tirage du 92-10-10 NUMÉROS 280528 80 52 8 0 52 8 52 8 28 8 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d’encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.rait les hostilités; M.Parizeau ayant en revanche le dernier mot en fin de soirée.Après leurs déclarations respectives de quatre minutes en ouverture, les chefs se sont engagés dans le véritable face à face, partagé en quatre blocs de 14 minutes chacun portant sur : ¦ le partage des compétences et le pouvoir fédéral de dépenser; ¦ l’autonomie gouvernementale autochtone; ¦ la société distincte, la clause Canada, l’union économique et la charte sociale; ¦ les institutions et la formule d'amendement.Chacun des segments donnait quatre minutes aux protagonistes pour répondre à une question du modérateur, le président du Conseil de presse Guy Bourgeault, ou donner la réplique à son adversaire.Un échange libre de six minutes a suivi chacune de ces périodes de questions et réponses.Le véritable face à face, sans contraintes, a duré 24 minutes dans un programme d’une heure et demie.Lorsqu’il s’est assis derrière la table, face à M.Parizeau, à 21 h, dans ce studio de PMT Vidéo, une firme privée de production télévisuelle de Montréal, M.Bourassa savait qu’il jouait l’une de ses dernières cartes.Le premier ministre voyait dans ce débat ce qui pourrait devenir le point tournant d’une campagne parsemée d’embûches qui le dessert jusqu’à présent.Le camp du OUI compte sur ce face à face pour faire tourner le vent référendaire en sa faveur.Ce débat est « d’une importance capitale », déclarait le premier ministre canadien Brian Mulroney lors d’une entrevue samedi.« Nous avons une côte à remonter au Québec».Le plus récent sondage CROP, publié dimanche, donne le NON en avance à 50 % des intentions de vote, contre 34 % pour le OUI et 16 % d’indécis.M.Mulroney estime que « la force de M.Bourassa réside dans le fait qu’il est un anti-politicien, un homme serein, heureux avec lui-même ».Selon le premier ministre, un vétéran des débats télévisés, durant les campagnes fédérales de 1984 et 1988, l’image l’emporte le plus souvent sur la substance dans ce genre de duel : « Ce n’est pas la réalité, parfois, ce n’est pas la substance, mais c’est l’impression.L’image.» Le débat est un test de leadership.C’est à savoir lequel inspire confiance, est le plus crédible.C’est « la rencontre des titans », titrait hier le Globe and Mail de Toronto, à la une.Or, constate le professeur de marketing social de l’ENAP, M.Robert Bemier, les coups durs dont le premier ministre a été la victime durant les premières semaines de campagne ont pu agir en sa faveur.Affligé, il a pu bénéficier, hier, auprès du million et plus de téléspectateurs d’un « capital de sympathie » dont jouit souvent Yunderdog en pareilles circonstances.De plus, dit M.Bernier.M.Bourassa dégage une image de simplicité qui séduit les Québécois.Contrairement au chef péquiste dont l’arrogance déplaît.Les deux chefs avaient réduit leurs activités publiques au strict minimum, ce week-end, pour se consacrer entièrement à la préparation de ce duel, une première à la télévision nationale depuis 30 ans.« Il s’agit de rassembler ses esprits et de se reposer », a résumé dimanche, dans une interview télévisée, le chef du NON Jacques Parizeau.Le premier ministre s’est réfugié à sa maison d’Outremont durant la journée d’hier, assis non loin d’un téléphone pour joindre entre deux lectures l’un ou l’autre conseiller.« Moi je n’ai que deux conseils à lui donner », confiait samedi son plus proche collaborateur Jean-Claude Ri-vest, sans dévoiler de quoi il s’agissait.« C’est sur l’attitude, dit-il.Pas sur le contenu.» Aucune séance de simulation n’était au programme.M.Bourassa s’est adonné à ses deux séances quotidiennes de natation, la dernière en début de soirée, pour se détendre.Il prévoyait ensuite prendre un repas consistant et garder non loin de lui, dans les minutes précédant son entrée en ondes, quelques morceaux de chocolat noir, pour se donner un brin d’énergie supplémentaire.Samedi soir, le chef du OUI a rencontré ses conseillers pour passer en revue les textes juridiques de l’entente, encore chauds, fraîchement sortis des presses.Il a reçu des notes, des fiches, des montagnes de consignes et de conseils aussi bien sur sa tenue que sur le fond.Des suggestions de bouts de phrases-chocs, qui frapperont l’imagination et dont se rappelleront les auditeurs le lendemain.Mais M.Bourassa fait de la politique depuis 25 ans et, tout comme son vis-à-vis, il ne se laisse pas diriger facilement.« Il connaît la musique», résume M.Rivest.Et il connaît bien Jacques Parizeau, qu’il a affronté en mai 1978 dans un débat aux HEC, puis en janvier 1980 à L’Assomption.Il croise le fer avec lui presque quotidiennement depuis trois ans et demi à l’Assemblée nationale.Ce face à face était le premier à la télévision entre deux chefs de partis provinciaux depuis 1962.On attendait une centaine de journalistes.Une quarantaine de personnes ont été mobilisées pour la production, dont les coûts seront partagés par les trois réseaux : Radio-Canada, Radio-Québec et TVA.À l’automne de 1960, le débat télévisé Nixon-Kennedy avait propulsé le jeune candidat démocrate vers la Maison-Blanche.Deux ans plus tard, au Québec, les conseillers du premier ministre Jean Lesage s’inspiraient des méthodes mises au point par les stratèges américains, pour débalancer M.Daniel Johnson et le faire paraître à son plus maL L’affrontement n’ayant eu lieu que trois jours avant l’élection du 14 novembre, le chef unioniste, sa défaite consommée en ce dimanche fatidique, n’a pas eu le temps de réparer les pots cassés.Ce 11 novembre 1962, deux millions de francophones de Moncton à Sudbury, rapporte-t-on, s’étaient braqués sur leur petit écran en noir et blanc.Un match de hockey, prévu en soirée à Québec, a été déplacé Taprès-midL Un spectacle de Gilles Vigneault, le même soir à Rimouski, annulé.Un jab de Lesage sur l’achat d’actions de la part de Johnson dans la Corporation du gaz naturel — l’enjeu principal de la campagne était la nationalisation de l’électricité —, déstabilisa son adversaire.M.Johnson avait été rappelé à l’ordre deux fois par le modérateur, feu l’animateur Raymond Charette.Selon le politologue Denis Monière, auteur d’un livre sur le sujet, « s’il est certain que les débats modifient le déroulement des campagnes et les stratégies des partis, leur effet sur le résultat du vote est moins évident car d’autres facteurs peuvent intervenir qui annulent ou amoindrissent leur impact».En 1984, le débat Turner-Mulroney durant la campagne fédérale avait fait chuter de 13 points la proportion d’indécis.Le chef conservateur avait stigmatisé M.Turner avec cette phrase pourtant toute simple : « Oui Monsieur, vous avez le choix », à propos de nominations partisanes que le démissionnaire Trudeau venait de faire et que son successeur à la barre libérale avait entérinées sans mot dire.En 1988, avec une bonne performance au débat, Turner avait permis que son parti demeure l’opposition officielle plutôt que de glisser en troisième place derrière le NPD.Les deux chefs se sont tour à tour laissé tirer l’oreille durant cette campagne et l’on a cru longtemps que ce face à face n’aurait pas lieu.M.Parizeau avait le premier accepté de participer a l’exercice pourvu qu’il se déroule dans un studio de télévision; M.Bourassa tenait à ce qu’il soit à l’Assemblée nationale, ce que le chef péquiste a refusé, alléguant que son vis-à-vis y aurait la partie trop belle : « À mes questions, il peut me réciter l’annuaire téléphonique sans que personne ne le ramène à l’ordre.» 13 octobre par ta PC et VAP I99I : Marjo est la grande gagnante du gala de l'ADISQ, avec quatre Félix.1988 : l’Église catholique annonce que des tests scientifiques ont démontré que le suaire de Turin n’a pas appartenu au Christ.1987 : le leader costa-ricain Oscar Arias gagne le prix Nobel de la paix pour ses efforts en vue de mettre fin aux conflits en Amérique centrale.1986 : deux Américains, Rita Lévi-Montalcini et Stanley Cohen, se partagent le prix Nobel de médecine.1985 : en Belgique, la coalition dirigée par Willy Martens obtient 115 des 212 sièges à pourvoir.1984 : la navette spatiale américaine Challenger regagne Cap Canaveral au terme d'un voyage de huit jours.1981 : les Égyptiens élisent llosni Moubarak à la présidence de la République.1978 : les cardinaux se réunissent en conclave pour désigner un successeur à Jean-Paul 1er, décédé 34 jours après son avènement.1976 : démission du ministre fédéral de la Défense, James Richardson.1975 : le premier ministre Pierre Trudeau annonce la mise sur pied d'un bureau de contrôle des prix et des salaires.1972 : Maurice Richard abandonne son poste d’instructeur des Nordiques de Québec.1971 : décès à Toronto de Stafford Smythe, président du Maple Leaf Gardens.1970 : la Chine populaire et le Canada établissent des relations di-plomatiques : aussitôt, Taîpeh rompt avec Ottawa; victoire des libéraux sur les conservateurs lors des élections en Nouvelle-Écosse.1969 : les Soviétiques procèdent au lancement d’une troisième cabine : spatiale en trois jours, Soyouz 8, avec deux hommes à bord.1966 : une explosion suivie d’un in- .cendie fait onze victime à l’usine 1 de produits chimiques Mosanto Canada, à LaSalle.1965 : le président congolais Joseph Kasavubu démet le gouver- .nement de Moïse Tshombé, au pouvoir depuis 15 mois, et nomme Kvariste Kimba premier ministre.1961 : Jean Béliveau succède à Doug Harvey comme capitaine du Canadien de Montréal.I960 : les Pirates de Pittsburgh remportent la Série mondiale contre les Yankees de New York.1710 : l'Angleterre prend le contrôle de la Nouvelle-Écosse avec.« la prise de Port-Royal.Ils sont nés un 13octobre : Yves.Montand, acteur et chanteur français (1925-1992); Margaret Thatcher, ex-première ministre britannique (1925 ); Art Garfunkel, acteur et chanteur américain (1941-).L équipe du DEVOIR LA Rédaction Journalistes à l’information générale Pierre Cayouetle.Jean Chartier, Yves d'Avignon.Jean Dion, Jean-Denis Lamoureux, Louis-G L'Heureux, Bernard Morrier, Laurent Soumis, Guy Tailleler, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes), à l’Information culturelle Michel Bélair (directeur), Paule DesRiviéres, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Le Plaisir des livres), é l'Information économique Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutnsac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte, A l'Information politique Josée Boileau, Pierre O'Neill (partis politiques), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste A Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier (politique internationale), François Brousseau (éditorialiste politique internationale el responsable de la page Idées et événements), aux affaira* sociale» : Paul Cauchon (questions sociales), Caroline Montpetit (enseignement primaire el secondaire), Isabelle Paré (enseignement supérieur), Louis-G Francoeur (environnement), Sylvain Blanchard (relations de travail).Clément trudel (affaires juridiques), Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara.Thérèse Champagne, Monique Isabelle.Christiane Vaillant (clavistes).Marie-Hélène Alarie (secrétaire à ia rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplarite (Québec), Rachel Rocheforl (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millette (directrice),Jacqueline Avril, Francine Glnqras Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, Lise Major (publicitaires); Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes) Johanne Brunet (secrétaire).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables); Florlne Cormier Céline Furoy Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thérlauït (secrétaire à l'administration).Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Olivier Zulda, Rachel Jean-Marc Ste-Marle (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.Nathalie Thabet LES ANNON-j et les AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur', Manon Blanchette.Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Leclerc-Ven ne, CES CLASSÉES Côté Françoise Coulombe Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Jean Laurin, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Olivier Spéciel LE OÉVOIR est oublié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social esl situé au numéro 2t t.rue du Saint-! Sacrement, LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire ».—-.- - - - - - - - , _ .• , _ Montréal H7Y 1X1 u mi composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743 rue Bourdeau, une division de Imprimenos Quobecor Inc .612 ouest rue Saint-Jacques Montréal L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer el à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messanenos Dvnamiauos division du Groupe Québécor Inc„ située au 775, boul Lebeau, St-Laurenl Envoi de publication Enregistrement no 0858 Dépôt U^ri?b“Æ.national* du Québec Téléphone général (514 ) 8X4-3381 , Abonnements (514)844-5738 LE DEVOIR (USPS 003708] is published dally by l imprimerie Populaire limitée 211 rue SI Sacrement, Montréal.Québec H2Y 1X1 Subscription rate per year Is S 439 00 USD Second Class Postage paid al Champlain N Y US POSTMASTER send address changes to Insa, P O Box 1518, Champlain, N Y 12919-1518 t f POLITIQUE Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 ¦ A-5 Le référendum La mi-temps La MI-TEMPS de la campagne référendaire vient d’être sifflée, et bien malin celui qui aurait pu prédire en levée de rideau que le combat allait être aussi inégal.Fort d’une avance en apparence insurmontable, Jacques Parizeau, en bon coach, s’évertue quand même à inculquer à ses troupes les vertus de la méfiance.Mais lui qui allait seul au front, hier soir, ne pouvait honnêtement s’empêcher de penser que s’il ne trébuchait pas, la campagne fort bien huilée qui est celle du NON depuis deux semaines et demie pouvait se contenter de poursuivre sur sa lancée, temporisant en attendant la fin du match qui la consacrera victorieuse.On a pu qualifier de trêve dans l’action le dernier week-end de préparation, qui a culminé avec le débat des chefs.En fait, il serait plutôt de mise, du strict point de vue du comité du NON, de considérer cet aparté comme la première véritable vague à pouvoir troubler les eaux du long fleuve tranquille dans lesquelles baigne sa campagne.Bien sûr, il y a eu Diane J ules.Mais si on a pu reprocher aux leaders du NON le ton un peu sentencieux emprunté pour rabrouer la comédienne, la stratégie a en revanche été terriblement efficace.Maladroite bévue, solennelles excuses, et on n’en parle plus.C5 FIST dire à quel point la campagne du NON semble avoir tous les atouts dans son jeu.Le OUI n’a que brièvement tiré parti de la bourde, non seulement parce qu’il savait sa portée limitée, mais surtout parce qu’il devait lui-même s’occuper de colmater les brèches ouvertes par les Guy Lafleur, Pierre Trudeau, Diane Wilhelmy et André Tremblay, Moe Sihota et Clyde Wells réunis.Les « vieux » auraient de toute manière pesé bien léger dans la balance des arguments.Littéralement portée par les sondages et le vent de contestation qui souffle du Pacifique jusqu’à décoiffer maintenant le OUI ontarien, la tournée du NON s’est donc contentée de laisser tomber les tuiles de l’autre côté de la clôture, les récupérant par la bande, ne déviant qu’aux derniers jours de sa stratégie de matraquage systématique d’une entente qui soulève de plus en plus la grogne.Mais les appuis inespérés d’outre-Outaouais sont venus ajouter des munitions au camp québécois du NON en faisant tomber l’argument du mouton noir, du Québec-destructeur-du-Canada.Contribuant à stigmatiser Robert Bourassa, ils ont aussi permis d’enlever un boulet aux opposants de l’entente, qui doivent se défendre de ce qu’un NON équivaille à une déclaration d’indépendance.Car on ne pourra guère alléguer que la Colombie-Britannique ou l’Alberta, qui sont aussi contre, veuillent quitter la fédération.5 ÉTAIT la première tranche de la campagne du NON : éviter de discuter du spectre de la « séparation » en ramenant constamment le débat sur l’entente « inacceptable » du 28 août dont les propres concepteurs ne pouvaient même pas rendre publics les textes juridiques.Premier assaut : c'est le NON qui distribue deux millions de copies du texte préliminaire, ne se gênant pas pour y dénoncer en surimpression les multiples travers.Puis survient la révélation de la conversation Wilhelmy-Tremblay.Second assaut : le NON, déjà heureux de railler le « camouflage » de l’affaire, détient maintenant la preuve que Robert Bourassa s’est « écroulé » à Charlottetown.Les effets du « scandale » s’estompent ?Qu'à cela ne tienne, Moe Sihota et Clyde Wells permettent aussitôt, bien malgré eux, d’en beurrer encore plus épais.Convaincu de ce que la critique de l’entente porte, le NON est ensuite prêt à passer au troisième assaut : en des termes très durs, on s’en prend personnellement au premier ministre, celui qui s’est empêtré dans les fleurs du tapis mais qui est aussi le seul leader du OUI un tant soit peu populaire.Il a trahi, accuse-t-on, U doit porter à lui seul l’odieux du recul du Québec.En réalité, il constitue le dernier pilier à abattre pour que le triomphe soit total, sans ambiguïté.DANS cette optique, la victoire référendaire maintenant acquise, on s’occuperait de préparer les prochaines élections que l’on ne s’y prendrait pas autrement.Jacques Parizeau répète d’ailleurs à satiété, dès qu’on s’inquiète des conséquences d’un NON pour l’avenir du pays, que cette campagne n’est qu’un détour : le véritable débat entre ceux qui sont aujourd’hui des alliés objectifs (il faut bien tirer profit de la présence des Allaire et Dumont) se fera lors du prochain scrutin général.À ce titre, M.Parizeau doit démontrer, lui qui a toujours eu du mal à faire « grand public », qu’il est plus apte à assumer les fonctions de chef de l’État que Robert Bourassa « l’écrasé », même s’il doit porter le lourd fardeau de la preuve de la rentabilité de la souveraineté.Sa participation au débat d’hier s’inscrit en droite ligne de ce raisonnement.Avec deux semaines à faire, le NON doit toutefois garder à l’esprit que les avances considérables s’accompagnent d’un danger, qui ne réside pas seulement dans le possible relâchement des troupes.Plus particulièrement, Jacques Parizeau le chef de l’Opposition doit travailler à creuser encore l’écart, car toute victoire par une marge moindre que celle que donnent aujourd’hui les sondages pourrait être perçue comme un retour en force de Robert Bourassa.En prévision d’un combat ultérieur qui sera d’homme à homme, de chef à chef, les lendemains du référendum doivent être tout à fait clairs.Ce week-end, M.Bourassa s’est dit d’avis que, les textes juridiques étant disponibles, la « vraie » campagne pouvait débuter.Il n’avait pas le choix : il va à sa perte si le débat conserve le même rythme.Mais comptons sur le NON pour lui rappeler que le match est commencé depuis belle lurette et que c’est lui qui est maintenant contraint de faire de la politique de rattrapage.Dion \ Saguenay-Lac-Saint-Jean Seule la désaffection de l’électorat peut empêcher une nette victoire du NON d'après la Presse canadienne À MOINS de deux semaines de l’échéance fatidique devant fixer le sort de l’entente de Charlottetown, la principale préoccupation des stratèges du Parti québécois du Sague-:nay-Lac-Saint-Jean est de convaincre l’électorat qui se montre favorable à son option d’aller voter le 26 Octobre.Les forces du NON se gardent bien cependant d’afficher trop ouvertement leur certitude quant a l’issue du référendum, histoire de ne pas tenter inutilement le diable.Une désaffection massive de leur électorat, pour cause de confiance aveugle dans la victoire du NON, sans aller jusqu’à faire pencher la balance du côté des forces adverses, pourrait, en effet, jeter un peu d’ombre sur le résultat final escompté par les forces du NON.Celles-ci nourrissent le secret es-;poir de porter à 70% la tranche de Télectorat qui pourrait dire NON à Ottawa.Lors du référendum de 1980, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, fidèle à :ses racines nationalistes et à l’esprit : frondeur qui, politiquement, le caractérise, avait appuyé la proposition du Parti québécois dans une proportion de 62 %.Tandis que les péquistes, sûrs de leur avance, peaufinent déjà leur stratégie de l’après-référendum, les défenseurs du OUI, fermement décidés à ne pas jeter la serviette malgré une conjoncture qui leur est régulièrement défavorable, se transforment en pédagogues.Dans Chicoutimi, André Harvey, qui est également président du caucus québécois des conservateurs, a entrepris, il a une semaine, de faire du porte-porte afin d’expliquer la « substance » de l’entente de Charlottetown à son électorat.En même temps que le député arpentait les rues de sa ville, sa collègue péquiste de l’Assemblée nationale, Jeanne Blackburn, et son prédécesseur, Marc-André Bédard, participaient à un gala organisé par la Chambre de commerce locale.L’anecdote illustre parfaitement l’état de la situation des forces en présence, non seulement dans la capitale régionale, Chicoutimi, mais aussi dans l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Sur le papier, les péquistes et les fédéralistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean — ces derniers s’en remettant aux libéraux provinciaux pour la tactique — possèdent des organisations fonctionnant au quart de tour.Les textes juridiques éliminent des ambiguïtés PHOTOPC Mon NON est canadien ! Membre des « Fédéralistes pour le NON », Tony Kondakas collait des affiches, hier, au centre-ville de Montréal.M.Kondakas estime qu’un OUI à l'entente de Charlottetown pourrait détruire le Canada.Michel Venne de notre bureau de Québec LA PUBLICATION des textes juridiques de l’entente du 28 août, samedi, élimine certaines ambiguïtés qu’exploitait le camp du NON depuis le début de la campagne.Ces textes « confirment les reculs », a réagi toutefois le camp du NON en fin de semaine.« L’écrasement de M.Bourassa est simplement mis en forme juridique », a déclaré le péquiste Jacques Brassard.Ce dernier convient toutefois, comme l’a fièrement annoncé le ministre Gil Rémillard samedi, que le texte juridique est globalement conforme à l’entente politique.Le texte donne toutefois beaucoup de précisions sur le Sénat égal et la complexité de l’exercice de ses pouvoirs ainsi que sur les dispositions sur l’autonomie gouvernementale des autochtones.Le premier ministre Robert Bourassa a soutenu pour sa part que la vraie campagne peut désormais commencer, le camp du NON étant maintenant dépourvu d’un argument.Us ne peuvent plus parler d’un brouillon de contrat, ni même d’un chèque en blanc, dit-il, puisque les textes sont là.Ces textes « rétablissent des faussetés » véhiculées par le camp du NON, s’est par ailleurs réjoui le ministre Rémillard semedi.Engagés sur « de fausses perceptions », les débats en seront meilleurs, dit-il.« L’information ne peut pas être plus complète.Le référendum porte sur ces textes.» Le document de 51 pages ajoute à l’entente de Charlottetown en ce sens qu’il confirme des prétentions du gouvernement du Québec non inscrites dans le rapport du consensus sur la Constitution du 28 août.Notamment : ¦ les ententes sur le partage des pouvoirs en immigration pourront etre protégées par la Constitution.Le texte juridique prévoit en effet que ces ententes, dont une existe déjà entre Québec et Ottawa, obtiennent « force de loi » dès qu’elles sont approuvées par la Chambre des communes et l’Assemblée législative provinciale.¦ les trois juges civilistes à la Cour suprême viendront du Québec, ils seront nommés par le gouvernement fédéral, mais à partir d’une liste de cinq noms fournie par le Québec.Le rapport du 28 août disait simplement que trois des neuf juges du plus haut tribunal au pays devaient avoir été reçus au barreau du Québec.Le rôle de la Cour suprême comme Cour générale d’appel est protégé.¦ les six sénateurs provenant du Québec au nouveau Sénat égal pourront être nommés par l’Assemblée nationale.Les textes juridiques pré- cisent en effet qu’à l’égard du mode d’élection des sénateurs, les lois provinciales auront prépondérance sur les lois fédérales.Les provinces seront libres également d’adopter des mesures concernant l’égalité de représentation des femmes au sein de leur délégation.Le texte ne précise pas toutefois quel sera le nombre de sénateurs autochtones ni n’établit la liste complète des nominations subordonnées à l’agrément du Sénat.¦ le texte précise également que les objectifs nationaux assortis aux programmes de main-d'oeuvre seront établis conjointement par Ottawa mais « avec » les provinces et compte tenu des différences qui existent entre elles.Selon le ministre Rémillard, ces objectifs seront fixés par les conférences annuelles des premiers ministres.Les textes juridiques confirment la constitutionnalisation de ce mécanisme de concertation.¦ le texte confirme que les lois des gouvernements autochtones ne pourront être incompatibles non seulement avec les lois fédérales, non plus avec les lois provinciales essentielles au maintien de la paix, de l’ordre et du bon gouvernement.Le texte est truffé d’une foule d’autres précisions au sujet notamment de l’exercice des pouvoirs du Sénat et des gouvernements autochtones.Au chapitre des Premières Nations : ¦ les gouvernements autonomes autochtones seront soumis à la Charte canadienne des droits et l’égalité des sexes est protégée au sein de ces gouvernements, qui pourront recourir à la clause nonobstant, par un article séparé.¦ rien toutefois dans le texte ne force les gouvernements autochtones à accorder à tous les résidants de leur territoire, les Blancs par exemple, un droit de vote et d’éligibilité aux élections.L’Association des femmes autochtones du Québec craignait que cette absence de contrainte puisse écarter les femmes du pouvoir.¦ les autochtones obtiennent un veto sur tout changement à la Constitution qui les concerne.La mécanique d’application de ce veto n’est pas précisée, sinon pour dire qu’il faudra avoir recueilli un « consentement substantiel » des peuples concernés.Au chapitre du Sénat : ¦ le texte juridique crée un mécanisme de conciliation entre le Sénat et la Chambre des communes en cas de mésentente sur un projet de loi.Ainsi, si le Sénat rejette un projet de loi ordinaire de la Chambre, un comité de conciliation, formé d’un nombre égal de sénateurs et de députés, peut être constitué pour chercher un terrain d’entente.Le comité a 30 jours pour clore ses travaux.¦ si la conciliation échoue, le Sénat et la Chambre des communes sont réunis conjointement en Congrès, qui reprend l’étude du projet de loi.Un vote à la majorité des membres (députés plus sénateurs) décide de l’adoption ou du rejet de ce projet de loi.¦ comme prévu à l’entente du 28 août, les pouvoirs du Sénat varient selon la nature du projet de loi déposé.La Chambre haute détient ainsi un veto absolu sur tout projet de loi qui entraînerait des changements fondamentaux de politique fiscale touchant directement les ressources naturelles.Le texte juridique étend ce veto aux projets de loi fédéraux touchant l’énergie électrique.¦ Le texte juridique confirme que les sénateurs d’expression française peuvent bien entendu provenir de n’importe quelle province.C’est le sénateur lui-même qui doit se déclarer comme tel (francophone) auprès du président.Le président du Sénat peut rejeter les prétentions d’un anglophone qui voudrait se déclarer francophone.Sa décision est définitive et ne peut être contestée en cour.Cet élément est important dans la mesure où l’entente confère aux sénateurs de langue française un droit de veto sur les projets de loi (fédéraux bien entendu) « ayant une importance particulière pour la langue et la culture française au Canada ».Mulroney retourne à Charlottetown Dans les Maritimes, le premier ministre s’attardera sur les conséquences du vote d’après la Presse canadienne OTTAWA — À deux semaines du référendum, le premier ministre Brian Mulroney retourne, aujourd’hui, dans la ville même où l’accord constitutionnel a été conclu, le 28 août dernier.De Charlottetown, il se dirigera par la suite vers Fredericton et Ed-munston, au Nouveau-Brunswick, avant d’entreprendre, jeudi, une campagne de trois jours à Montréal.Fin visitant des régions économiquement faibles des Maritimes, le premier ministre voudra sans doute s’en tenir à son thème préféré, qui lie la future prospérité économique à un vote approbateur de l’entente de Charlottetown.L’appui au OUI est considéré comme important dans l’île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick, comparé à des provinces comme le Québec, la Colombie-Britannique et l’Alberta.Selon un stratège du Comité Canada (un comité du OUI dirigé par des personnalités conservatrices, libérales et néo-démocrates), il est probable qu’on mettra l’accent, au cours de ces deux dernières semaines de la campagne référendaire, sur les conséquences d’un vote positif ou négatif.« Au lieu d’insister sur le contenu, a-t-il signalé, nous allons faire ressortir les conséquences du vote.Nous allons dire, par exemple, que le NON n’est pas une solution.» Cette présentation doit d’ailleurs concorder avec le message de M.Mulroney, qui fait valoir que le NON ne signifie pas nécessairement le statu quo.Au début de la campagne, M.Mulroney s’est attiré des critiques en suggérant que le NON pouvait conduire à l’éclatement du Canada.Il a depuis baissé le ton, se contentant de faire valoir les conséquences économiques du vote.Il a prédit qu’un rejet de l’entente pouvait conduire à l’instabilité économique et politique, tandis que son acceptation pouvait inspirer la confiance des investisseurs et apporter la prospérité.Au cours de la campagne, M.Mulroney n’a pas manqué d’inclure au moins un arrêt au Québec à chaque semaine.Avis important Conformément à la Loi sur la consultation populaire, nous vous ferons parvenir prochainement une brochure qui expose les deux options soumises à la consultation populaire du 26 octobre 1992.Le texte de cette brochure est déterminé par les comités nationaux respectifs.Comme la loi prévoit que cette brochure doit être transmise aux électeurs et électrices, nous en ferons parvenir, à compter d’aujourd’hui et cela jusqu'au 16 octobre, à votre domicile autant d'exemplaires qu'il y a de personnes de votre foyer inscrites sur la liste électorale.Ainsi, chaque électeur ou électrice disposera d’un exemplaire personnel de cette brochure.Des questions?Appelez-nous! Pour de plus amples renseignements, n'hésitez pas à communiquer avec nous, de 9 h à 22 h.sept jours par semaine, en composant: 1800 461-0422 (sans frais) lXj $ QUEBEC mr L jL y LE DIRECTEUR GENERAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côte, C R parce qu'un vote ça compte f ¦HIM mmmlmÊÊmÊÊmIÊÊÊÊÊmmmmÊÊm j A-6 B Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 SPORTS Thérapie de groupe chez le Canadien Ligue nationale Séries éliminatoires, 4 de 7 Mardi, 6 octobre Atlanta 5, Pittsburgh 1 Mercredi, 7 octobre Atlanta 13, Pittsburgh 5 Vendredi, 9 octobre Atlanta 2, Pittsburgh 3 Samedi, 10 octobre Atlanta 6, Pittsburgh 4 Dimanche, 11 octobre Atlanta 1, Pittsburgh 7 HOCKEY Ligue nationale Vendredi Rangers 4, Washington 2 New Jersey 4, Philadel.6 Samedi Québec 9, Ottawa 2 Calgary 3, Toronto 2 Vancouver 5, Edmonton 2 (Atlanta mène 3-2) Aujourd'hui Pittsburgh (Wakefield 1-0) à Atlanta (Glavine 0-1) 20h35 CBS, CTV, RDS Demain (si nécessaire) Pittsburgh à Atlanta 20h05 CBS, CTV, RDS Ligue américaine Séries éliminatoires, 4 de 7 Mercredi, 7 octobre Oakland 4, Toronto 3 Pittsburgh 3, Montréal 3 Los Angeles 6, Winnipeg 3 Chicago 3, Saint-Louis 0 Minnesota 2, Tampa Bay 1 Detroit 6, San José 3 New Jersey 4, Rangers 2 Philadel.4, Washington 2 Buffalo 5, Hartford 2 NY Islanders 3, Boston 3 Jeudi, 8 octobre Toronto 3, Oakland 1 Samedi, 10 octobre Toronto 7, Oakland 5 Dimanche, 11 octobre Toronto 7, Oakland 6 (11m) Hier Toronto 2, Oakland 6 (Toronto mène 3-2) Demain Oakland à Toronto 15h05 CBS, CTV, RDS —-h Dlmanche Buffalo 8, Montréal 2 Toronto 3.Edmonton 3 Tampa Bay 4, Chicago 4 Hier Ottawa à Boston Hartford à NY Rangers Washington au New Jersey Winnipeg à Vancouver Aujourd'hui Buffalo à Pittsburgh, 19h35 Philadel.à Québec, 19h35 Tampa à St-Louis, 20h35 Calgary vs Minnesota (à Saskatoon), 20h30 S.José à L.Angel., 22h3$ Les meneurs b a ptt Lemieux, Pit .4 5 9 Saklc, Qué .4 3 7 Sweeney, Buf .3 4 7 Lafontaine, Buf 2 5 ÿ Makarov, Cal .16 7 Kontos, TB.6 0 6 Maclnnis, Cal .336 Roberts, Cal.3 3 6 Andr'chuk, Buf 2 4 6 Stevens, Pit.2 4 6 Tocchet, Pit.2 4 6 Gilmour, Tor .2 4 6 Huffman, Qué 15 6 Klima, Edm.4 1 5 Holik.NJ.4 1 £ Savard, Mil 2 3 5 Lebeau, Mtl .056 Bellows, Mtl 3 1 Î4 Nolan, Qué.3 f 4 Muller, Mtl .13 4 Young, Qué.1 3 4 Brunet, Mtl .3 0 3 Duchesne, Qué 1 2 3 Sundin, Qué .2 0 2 Kam'sky, Qué .112 LIGUE NATIONALE Conférence Prince-de-Galles Section Charles Adams Pl P n bp bc pts QUÉBEC 2 2 0 0 14 6 4 BUFFALO 3 2 1 0 17 9 4 BOSTON 2 1 0 1 6 5 3 MONTRÉAL 4 1 2 1 13 17 3 OTTAWA 2 1 1 0 7 12 2 HARTFORD 3 0 3 0 5 13 0 Section Lester Patrick PHILADELPHIE 3 2 0 1 13 9 5 NEW JERSEY 3 2 1 0 12 11 4 PITTSBURGH 3 1 0 2 13 9 4 NY RANGERS 2 1 1 0 6 6 2 WASHINGTON 3 1 2 0 10 13 2 NY ISLANDERS 3 0 2 1 9 14 1 Conférence Clarence Campbell Section James Morris DETROIT 3 2 1 0 12 10 4 MINNESOTA.3 2 1 0 11 9 4 TAMPA BAY.3 1 1 1 12 9 3 CHICAGO 3 1 1 1 10 11 3 SAINT-LOUIS.3 1 2 0 10 13 2 TORONTO 3 0 2 1 10 12 1 Section Connie Smythe VANCOUVER.3 2 1 0 10 6 4 CALGARY 3 2 1 0 14 9 4 LOS ANGELES 3 2 1 0 14 12 4 SAN JOSE 2 1 1 0 7 9 2 WINNIPEG 3 1 2 0 10 11 2 EDMONTON .4 0 3 1 11 20 1 Lindros Le gibier Gilles Marcotte à Québec HIER, dans le ciel gris de Québec, à peine aspergé d’un grain de bruine, tout avait l’air bien calme.Il s’y ourdissait pourtant quelque chose.On ne sait trop quoi.On le saura ce soir entre les quatre murs du Colisée.Car en fin d’après-midi, hier, un adolescent ontarien, multimillionnaire, attaché à sa mère et à sa patrie, et joueur de hockey de son métier, débarquait à l’aéroport de L’Ancienne Lorette en compagnie de ses camarades de Philadelphie.Eric a filé tout de suite en difection de l’Auberge des Gouverneurs au centre ville.La vieille capitale marine depuis plus d’un an dans le vinaigre Lindros.Les Flyers de Philadelphie ont payé un prix de fou pour mettre le grapin sur le jeune collosse en qui ils mettent tous leurs espoir pour se rebâtir une grande équipe.Comme Pittsburgh l’a fait avec Mario Lemieux, comme Edmonton l’a fait avec Wayne Gretsky.Les Nordiques, eux qui ont tenu leur bout — et qui en ont payé le prix la saison dernière en rampant dans les bas fonds du classement — ont déjà commencé à récolter la mane cette année.Ils ont gagné leurs deux premiers matchs une .main dans le dos, plus fort que tout ce que leur patience leur a valu.Me Aubut et ses acolytes ont arraché la bagatelle de 15 millions de dollars US, six joueurs, dont quatre font présentement partie de l’alignement régulier, y compris un gardien aguerri et heureux à Québec, Ron Hextall, y compris un jeune attaquant qui a déjà fait ses preuves, Mike Ricci, 20 ans, 20 buts, 36 passes l’an dernier.Plus un défenseur francophone, solide, capable de se porter à l’attaque, Steeve Duchesne, 18 buts, 36 passes la saison dernière, une jolie fiche pour un défenseur.Plus deux premiers choix au repêchage, éléments de la transaction intangibles pour l’instant, pourtant fort importants, qui pourraient confirmer encore davantage jusqu’à quel point les Nordiques sont loin de sortir perdant de cette joute de coulisses et de ruses qui en a hérissé plus d’un à Québec et fait coulé des flots d’encre et de salive un peu partout en Amérique pendant toute la saison dernière.Le match de ce soir au Colisée, le tout premier de Lindros à Québec dans l’uniforme des Flyers, est déjà l’un des événements de l’année.La galerie de la presse aura peine à contenir les dignes représentants des médias.Des reporters de Los Angeles, du New York Times, du Washington Post entre autres, qui autrement seraient restés bien sagement chez eux, ont réservé leur place pour être témoins de cette première confrontation Lindros-Nordiques — inutile de dire que le match sera joué à guichet fermé.Les Nordiques ont des partisans fidèles, heureusement, et on se demande de quelle façon ils recevront leur visite.Que faire en effet ?Le huer systématiquement, copieusement, jusqu’à l’extinction de voix ?Le railler, le narguer ?Lui lancer des tomates, des oeufs, du sirop d’érable, des caoutchoucs, du latex ?Le faire capoter, sous des salves de huées, d’injures et de projectiles ?Ou encore l’ignorer ?Faire comme s’il était un parmi tant d’autres, tout simplement, et garder ses énergies pour encourager les siens ?Après tout est-ce un crime punisable des pires affres que de vouloir choisir où on veut gagner sa vie ?Qu’un Ontarien envoie promener Québec, c’est peut-être dur à avaler pour ses fiers habitants, mais qu’est-ce que cela pourait être d’autre, au fond, qu’une faute de goût ?Donc.La première chose que les Nordiques doivent faire, appuyés par leurs braves partisans, c’est de gagner le match de ce soir — une victoire écrasante autant que possible.En prime, ils peuvent toujours empêcher Lindros de s’inscrire au pointage.Ce qu’ils ont à faire, aussi, c’est de gagner tous leurs matchs contre les Flyers.Les quatres.Pour une raison bien simple : plus les Flyers termineront loin au classement général, meilleur sera le choix des Nordiques au prochain repêchage.Maintenant, s’il y a des partisans des Nordiques assoiffés, qui en voudraient davantage, qui voudraient traquer, qui voudraient mordre, bonne nouvelle pour eux : on annonce à l’auberge Louis Hébert — hé oui bonnes gens ! — rien de moins que « le festival du gibier ».LlLkü Demers veut oublier l’atroce début de saison et mise sur le jeu de puissance François Lemenu de la Presse canadienne L’ENTRAÎNEMENT du Canadien était prévu à 13 heures, hier, mais c’est seulement à 14 h 45, après un long meeting, que les joueurs ont finalement sauté sur la patinoire.La veille à Buffalo, l’entraîneur Jacques Demers avait déclaré que la journée serait longue.Il a tenu promesse.Durant ce meeting, les joueurs ont eu droit à un long métrage plutôt qu’au documentaire qu’on leur propose généralement au lendemain d’un match.En fait, ils ont visionné un film d’horreur ayant pour titre « La débâcle à Buffalo », une production en trois épisodes qui s’est terminée par une victoire de 8-2 des Sabres, dimanche soir.Après le film et le popcorn, les joueurs se sont exprimés longuement sur les raisons de leur mauvais départ (une victoire, deux défaites, une nulle).« Ce fut un bon meeting.Très positif, a dit l’entraîneur.Les joueurs ont bien réagi.Ça m’a rappelé le camp d’entraînement à Londres.» Demers a également pris la parole Les Blue Jays trébuchent OAKLAND, Californie (PC) — Les Blue Jays de Toronto ont trébuché sur les Athletics d’Oakland (6-2), hier après-midi, alors qu’ils sont à seulement un match du championnat de la Ligue américaine de baseball.La suite photo ap demain.pour souligner à ses hommes les erreurs qu’ils ne devront plus commettre.Il leur a aussi dit d’oublier le match à Buffalo.« Il est important de construire la confiance des joueurs et non pas de la détruire, a-t-il expliqué.Il faut simplement apporter certaines corrections et quelques ajustements.L’équipe est jeune et ce sont souvent de petites choses qui nous coûtent la victoire.» Demers a refusé d’expliquer les problèmes de l’équipe par l’absence de Guy Carbonneau et de Brian Skrudland.« C’est sûr que ces deux joueurs nous manquent.Mais c’est une excuse facile.C’est plutôt aux joueurs à prendre la relève.C’est à eux à prendre leurs responsabilités.Même si deux autres joueurs se blessaient demain matin, il faudrait quand même trouver un moyen de gagner.» Le vrai problème du Canadien, c’est son jeu de puissance, qui se situe actuellement à 0,032 pour cent, soit un rendement inférieur au taux d’alcool permis au volant.Un but en 31 tentatives, voilà en effet rien de bien enivrant.Comme l’an dernier, le jeu de puissance du Canadien fait sourire et Jacques Demers a reconnu, hier, qu’il s’agissait-là d’une priorité.La situation est d’autant plus urgente que les arbitres ne cessent d’imposer des pénalités.« Nous avons nos chances mais les.défenseurs manquent de précision dans leurs tirs.C’est peut-être un manque de concentration », avance Demers.Hier, Charles Thiffault, qui est responsable de l’attaque à cinq, s’est longuement entretenu avec le trio Damphousse-Muller-Bellows, ainsi qu’avec les défenseurs Desjardins et Daigneault.Ces cinq joueurs ont également pratiqué sans opposition mais aussi sans grand succès, faut-il préciser.Denis Savard fait valoir que pour réussir, le Canadien devra travailler davantage au lieu de se fier à son seul talent.« Il faudra jouer avec plus d’intensité et pas seulement lors des avantages numériques.Il faudra aussi travailler davantage en équipe.» Mais en vieux sage, Savard d’ajouter : « Il reste que la saison est encore jeune.Il y a huit nouveaux joueurs dans l’équipe et ça va prendre un peu de temps avant qu’on retrouve notre cohésion.» Une fois sur la glace, les joueurs ont sué à grosses gouttes.Du patin, et encore du patin.À la fin de l’en-traînement, qui a duré 90 minutes, ils avaient tous la langue pendante.Jacques Demers a quitté la glace avec le sentiment que son message Avait passé.EN BREF.Un « double-jeu » hors de l’ordinaire ATLANTA (AFP) — L’Américain Deion Sanders, la grande vedette du baseball, a réalisé un exploit peu banal le week-end dernier.Samedi soir, il disputait avec les Brayes d’Atlanta le match des séries contre les Pirates de Pittsburgh (gagné 6-4) et s’envolait peu après minuit vers Miami où il était battu (21-17) avec les Falcons d’Atlanta par l’équipe locale de football.Quatre heures plus tard et après avoir reçu une injection intraveineuse de glucose au stade Joe Robbie de Miami, Sanders était de retour à Pittsburgh pour participer à la cinquième rencontre entre les Pirates et les Braves.Sa performance, dimanche, a beaucoup impressionné entraîneur et coéquipiers après un périple de 1000 km en avion, hélicoptère et limousine.• « Steve Bauer quitte Motorola i boulot PARIS (AFP) — Le Canadien Steve Bauer et le Norvégien Dag-Otto Lauritzen, ainsi que quatre autres coureurs, ne porteront plus la saison prochaine le maillot de l’équipe cycliste américaine Motorola dont l’effectif sera largement rajeuni.Outre Bauer (33 ans) et Lauritzen (36 ans), le Canadien Brian Walton, l’Américain Ron Kiefel (tous deux appelés à courir pour une autre équipe américaine), le Néerlandais Michel Zanoli et le Belge ; Greg Moens doivent quitter le groupe entraîné par Hennie Kuiper.L’Américain Lance Armstrong, prometteur dès ses débuts professionnels après les JO de Barcelone, le Danois Thomas Bay et le Norvégien Bjom Stenersen ont déjà été recrutés.La signature de deux autres renforts de bon : niveau est attendue avant la fin du mois d’octobre.L’ossature du groupe restera formée par l’Australien Phil Anderson, l’Américain Andy Hampsten et l’Italien Maximilian Sciandri, dont la présence l’an prochain sous les couleurs de Motorola a été confirmée par les responsables de l’équipe.I 4 Magic Johnson se livre LOS ANGELES (AFP) — « Magic » Johnson affirme que d’annoncer sa séropositivité à son épouse Cookie fut la chose la plus difficile de sa vie.« Au début, je ne pouvais lui parler lorsque nous étions assis sous le porche de la maison », raconte Johnson dans son livre « Ma vie » dont les extraits apparaissent dans le prochain numéro de People Magazine.« Je cherchais le meilleur moyen de le dire mais il n’y en avait pas d’autres que celui d’être direct.’J’ai un problème,’ lui ai-je dit.Je suis porteur du virus du SIDA.» La star de la NBA donne également des détails sur sa vie sexuelle agitée jusqu’à! son union avec Cookie et regrette d’avoir attendu aussi longtemps pour l’épouser.« Elle est devenue comme un coach, s’assurant que je mange bien, prend mes cachets.Mais le meilleur médicament reste encore son sourire.» BASEBALL f ECONOMIE Lé Devoir, mardi 13 octobre 1992 date heure lieu 13-10 15 h 00 Rouyn 13-10 10 h 00 Toronto 14-10 09 h 30 Calgary 14-10 09 h 00 Toronto 15-10 11 h 00 Toronto 15-10 14 h 00 Vaudreuil 15-10 11 h 00 Toronto 16-10 16 h 00 Calgary Cette semaine à ia Bourse ASSEMBLÉES GÉNÉRALES Nom de la Compagnie Ecudor Kerr Addison Mines ' Computalog Delrina CHC Helicopter Cabano Intl Baslen Enterprises Paragon Petroleum OFFRE D’ACHAT ¦ Rolland Symbole : RL.B Valeurs : actions votantes de catégorie B.Modalités : la société Cascades a présenté une offre en espèces visant à se porter acqu-reure de la totalité des actions de catégorie B en circulation de la société Rolland.Cette offre se réalisera à condition qu'au moins 90 % des actions visées soient soumises.Option : espèces; 21 $ pour chaque action de catégorie B de Rolland soumise.Date d'échéance : 20 octobre 1992.CHANGEMENT DE RAISON SOCIALE Tuckahoe Financial Symbole : TUK.A Valeurs-, actions sans droit de vote catégorie A.Modalités : Une (1) action sans droit de vote de catégorie A de J,; Merchant Private (MPL.A) pour chaque action sans droit de vote de catégorie A de Tuckahoe Financial détenue.Date de l'échange : 13 octobre 1992.REMBOURSEMENT PARTIEL Transcanada Pipelines Valeurs : 8,875 % série A 1er mai 1993.Date du remboursement : 1er novembre 1992.Wardalr Finance Valeurs : 11,20 % série A 31 octobre 1999.Date de remboursement : 31 octobre 1992.B.F.Goodrich Canada Valeurs : 10,25 % série B 1er novembre 1998.Date de remboursement : 1er novembre 1992.Wardalr Finance Valeurs : 10,95 % série B 29 avril 1992.Date du remboursement : 31 octobre 1992.Transalta Utilities Valeurs : 10,50 % série E 1er février 2000.j Date de remboursement : 1er novembre 1992.’ ' Transalta Utilities Valeurs : 10,75 % série F 1er mai 2001.Date de remboursement : 1er novembre 1992.Transalta Utilities Valeurs : 13 % série J 16 décembre 1997.Date de remboursement : 1 er novembre 1992.Dofasco Valeurs : 13,50 % 1er novembre 1992.Date de remboursement : 1 er novembre 1992.Union Gas Valeurs : 14,25 % série 19821er novembre 2002.Date de remboursement : 1er novembre 1992.Hongkong Bank oi Canada Mortgage Valeurs : 11,75 % 15 novembre 1999.Date de remboursement : 15 novembre 1992.Home Oil Valeurs : 9,875 % 31 octobre 1992.Date de remboursement 31 octobre 1992.fit DROIT DE SOUSCRIPTION Sceptre Resources Symbole : SRL Valeurs : actions ordinaires.Modalités : 2,3 droits pour chaque action ordinaire détenue; un (1) droit plus 30 cents permettent d'acquérir une (1) action ordinaire de Sceptre Resources.Le produit de l'émission sera utilisé pour payer les actionnaires privilégiées et les détenteurs de débentures, , conformément à un plan d’entente entre Sceptre Resources, Sceptre Acquisition, Oakwood Petroleums et New York Oils.A la date de règlement, soit le troisième jour ouvrable apr s la date d’échéance des droits de souscription, touts les actions ordinaires seront regroupées à raison de une (1) nouvelle action pour dix (10) anciennes actions.Par ailleurs, les actionnaires privilégiées v pourront choisir de recevoir jusqu’à 200 $ et un minimum de 66,7 nouvelles actions ordinaires ou 80 nouvelles actions ordinaires pour chaque tranche de 1000$ de valeur attribué d’actions privilégiées détenues (apr s regroupement des actions ordinaires); et les détenteurs de d-bentures, jusqu’à 350 $ et un minimum de 116,7 nouvelles actions ordinaires ou 155 nouvelles actions ordinaires pour chaque tranche de 1000$ de débentures - détenues (après le regroupement des actions ordinaires).Note : Seules les actions ordinaires de Sceptre soumises en multiples de 10 seront acceptées.Ces droits ne pourront faire l’objet de transferts aux États-Unis, dans leurs territoires ou leurs possessions.Tous les adhérents recevront leurs droits.Les privilèges de majoration et de sursouscription sont accordés.Date de clôture des registres : 9 octobre 1992.Date d'échéance : 2 novembre 1992.FUSION ET NOUVELLE INSCRIPTION New Pascalls Mines (PSC) et Tlomln Resources (TIO) Un total de 13 200 262 actions ordinaires de Tlomln Resources, ' dont 10 740 762 sont émises et en circulation, ont été inscrites à la cote de la Bourse de Montréal.La société résulte de la fusion entre Tlomin Resources et Netc Pascoiu Mines.En vertu de la ' fusion, trois (3) actions ordinaires de New Pascalls sont échangées pour une (1) nouvelle action ordinaire de la société et chaque action ordinaire de Tlomln est échangée pour une (1) nouvelle action ordinaire de la société.Le principal objectif de la société est d’explorer et de développer un dépôt de sable riche en minéraux lourds situé sur la Côte Nord du fleuve St-Laurent, à l’est .de Natashquan.La société vise également à acquérir des participations dans d’autres propriétés comportant des indices riches en minéraux lourds.La société entend réaliser une étude de faisabilité au coût de 3,5 à 5 millions de dollars au cours des deux prochaines années.Cette étude visera principalement à délimiter les zones les plus riches en minéraux lourds (fer, zircon, grenat et titane).PROJET DE FUSION Conlagas Mines Symbole : CO _ .La société projette de fusionner avec Quebec Sturgeon River Mines, Garrison Creek Consolidated Mines et Anglo Dominion Gold Exploration.Les actifs principaux de la société fusionnée seront composés de propriétés d’exploration minière au Canada.La fusion est prévue pour le 30 décembre 1992.Les ratios d’échange pour les actions seront basés sur les valeurs nettes ajustées relatives des actifs de chacune des sociétés.La transaction sera sujette à l’approbation des actionnaires.VERSEMENT Canadian Occidental Petroleum Symbole : CXY.R Valeurs : reçus de versement.Modalités : dans un cadre de réorganisation, la société projette un dernier versement pour le titre susmentionné.Le taux serait de un (1) reçu de versement plus 14$ permettent d’acquérir une (1) action ordinaire de Canadian Occidental Petroleum.Date d'échéance : 31 décembre 1992.Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de loi mais nous ne pouvons garantir leur exactitude.Ce document, étant un bulletin d'intormatlon, pourrait être incomplet.Ces renseignements sont fournis par TdSSé Ta,,é *> Associés, Limitée «La stabilité est remplacée par l’éphémère, le chaos» — Léon Courville, premier vice-président exécutif de la Banque Nationale Claude Turcotte ON ENTEND souvent dire que les valeurs traditionnelles de la civilisation occidentale s’écroulenL mais à ce jour plutôt rares sont les banquiers qui ont osé tenir un tel langage, ce qui se comprend, car les institutions en général et les financières en particulier ont besoin de stabilité pour assurer leur pérennité.Les grandes sociétés industrielles subissent néanmoins de profondes secousses.Par exemple, la très puissante industrie américaine de l’acier a presque fondue comme une glace au soleil, General Motors a entrepris une énorme cure d’amaigrissement et la liste s’allonge désormais jusqu’ici.On explique souvent ces hécatombes par la récession, mais ce n’est là qu’une cause parmi d’autres facteurs plus profonds, comme le soutient M.Léon Courville, premier vice-président exécutif aux Affaires générales de la Banque Nationale.« La stabilité est remplacée par l’instabilité, l’éphémère, le chaos», avance cet expert en gestion des entreprises, qui avant ses fonctions dans une banque, fut aux HEC l’enseignant d’une doctrine de l’organisation, considérée comme la bible du développement économique depuis longtemps.Ce chaos dont il parle serait provoqué par les clients et consommateurs dont les goûts changent très rapidement.La demande pour un produit est intense mais brève, si bien que rien ne peut être pris pour acquis, que les systèmes s’inter-pé-nètrent, les frontières s’estompent, les technologies se compliquent et les modes triomphent.Et voilà! On peut donc parler de la « conversion » de M.Courville, qui va même jusqu’à renier des pans importants de son enseignement passé.« J’ai eu le malheur d’avoir à enseigner ces choses-là », avoue-t-il.« Ces choses-là », explique l’ex-prof en termes savants, sont un paradigme, c’est-à-dire un ensemble des convictions partagées par une communauté de scientifiques ou d’administrateurs dans le cas des entreprises.Ce mot emprunté à la linguistique, puis à l’épistémologue Thomas Kuhn, a été repris par Torn Peters pour l’appliquer à la philosophie de l’adminLstra-tion.En bref, nous sortons d’un paradigme ancien et nous sommes en pleine transition vers un nouveau paradigme, dont nous ignorons l’allure définitive et le temps qu’il faudra pour y arriver.M.Courville soutient que nous vivons en quelque sorte une période charnière, comme la Renaissance le fut une entre le Moyen-Âge et l’ère moderne.Nous serions alors dans l’un de « ces périodes troubles où la vision du monde, les valeurs, les structures politiques et sociales, la technologie et l’art, entre autres, connaissent un changement abrupt et durable ».L’environnement dit ancien a été marqué par trois facteurs (les spécialistes parlent de Prométhée en empruntant à la mythologie grecque pour signifier une étincelle ou le début de quelque chose), qui sont la découverte du pétrole, l’arrivée de l’informatique et la réorganisation politique après la seconde guerre.On a vu surgir alors de grands blocs, de vastes marchés, une paix relative et la stabilité sans précédent.Un tel contexte a ouvert la voie à la possibilité de faire beaucoup plus en travaillant moins, ce qui a permis la croissance plus facilement et rapidement, ainsi qu’une place primordiale à l’économie.Un défi nouveau se posait alors pour les entreprises; il ne s’agissait pas seulement de grandir, mais de grandir plus vite que les sociétés rivales.Une course folle devait s’engager pour conquérir le marché local, puis les marchés étrangers, ce qui a amené à faire des acquisitions, des fusions, puis à se lancer dans l’intégration verticale d’abord et horizontale ensuite.Cette évolution a eu évidemment un effet marqué sur la gestion des entreprises.Parmi les préceptes de gestion qui sont apparus, souligne M.Courville, il y a eu d’abord « le mythe » de l’économie d’échelle, selon lequel plus une compagnie est grosse plus elle est rentable, ce qui n’exclue pas au départ une période de purgatoire ou de non rentabilité par laquelle il faut souvent passer avant d’atteindre le ciel.Un second mythe important, celui de l’efficience, stipulait qu’il fallait bien faire les choses, ce qui a conduit aux contrôles, à la planification stratégique et à une organisation à toute épreuve.La planification a suscité la séparation des fonctions, la spécialisation vers le haut et une simplication des tâches.Bien sûr, de telles machines or-ganisationnnelles ne pouvaient fonctionner efficacement que dans un environnement prévisible, en ce qui concernait les marchés, les produits et par voie de conséquence la croissance et les bénéfices.L’émergence de très grandes organisations devenait inévitable; chacune d’entre elles dotée d’une hiérarchie devait avoir en haut lieu des gens chargés de penser et de commander; il s’ensuivait des directives et des mécanismes de contrôle.Dans les années 70 sont apparues les matrices implosives, ce qui donnait des organisations séparées par fonction.« L’insatisfaction est partie de ça.Le commandement, au heu d’un leadership, a commencé à devenir incohérent et à dégénérer en tour de Babel, raconte M.Courville.Aux H EC, on valorisait la réflexion et la pensée surtout.Il fallait des têtes bien faites, mais on prenait pour acquis l’exécution.C’était en somme la pryramide inversée; 100 gestionnaires très bons pour penser, analyser et écrire des papiers, 10 bien préparés pour prendre les décisions et une personne seulement pour exécuter et implanter.L’exécution allait de soi et l’on prenait les ressources humaines pour acquises.Cela a donné des organisations bâties sur le pouvoir ».Ce modèle traditionnel est en train d’exploser.M.Courville et d’autres observateurs, en voient les indices dans la désorganistion politique un peu partout dans le monde, dans les dettes publiques et aussi la reprise trop timide.Conclusion: « La vision du passé disparaît, les anciennes méthodes ne marchent plus, l’ancien paradigme craque, le nouveau paradigme est encore flou et Prométhée se fait attendre.En attendant, les compagnies rationalisent et consolident ».En d’autres mots, nous sommes en plein chaos.On cherche beaucoup, mais on trouve peu.Des mots-idées ou des « buzzwords » selon le jargon, surgissent.On parle de « rightsizing » pour dire qu’une entreprise doit maigrir juste assez.On invite à la créa-Volr page A-8: Courville o: LES DÉJEUNERS-CAUSERIES 1992-1993 de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain Monsieur Serge Godin Président et chef de ta direction Le Groupe CGI inc.Le mardi 20 octobre à midi Le Méridien Montréal * Allocution : "Montréal et les technologies de l’avenir le défi de l’intelligence” Prochain déjeuner-causerie : 10 novembre 1992 Monsieur Pierre S.Pettigrew Vice-président Samson Bélair / Deloitte & Touche International Bonaventure Hilton International ^ Chambre n commerce du Montréil métropoWam Board ot Trade of Metropolitan Montreal Réservations : Ghislaine Larose Téléphone : 288-9090 Télécopieur : 843-7320 772, rue Sherbrooke Ouest Montréal.(Québec) H3A 1G1 4 ilt rfeiti:#-'-.' - .' " '| ::î 'I f !¦ i \ X PHOTO JACQUES GRENIER Léon Courville explique les énormes changements qui se produisent dans les structures économiques.RELAIS D’AFFAIRES reiATs & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAlSTRES HÔTELIERS ESTRIE / NORTH HATLEY JLIIRFRPF UATI FV* plein air el gastronomie dans un décor d'autrefois.Un relais HUDCnut I1HILCI.p0ur |es gourmets-gourmands, classé 4 fourchettes.Le charme d'une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer Fortait conlérence incluant 3 repas.2 pauses-caté, frais de service 140.00$ p p occ simple/par jour ou 110$ p p occ dble/ par jour Pour renseignements: Tél (819) 842-2451 Fax: (819) 842-2907 LAURENTIDES / STE-ADÈLE HÔTEL L’EAU A LA BOUCHE: : vacances.Conlort.calme, détente et tout le service auquel vous vous attendez.26 chambres luxueuses.Salons aménagés pour réunions.Le restaurant vous servira une fine cuisine du marché.Classé 4 fourchettes et 5 (leurs de lys.Demandez nos forfaits.Tél.sans frais de Mtl: 514-227-1416 ou 229-2991.Fax: 229-7573 MONTÉRÉGIE / SAINT-MARC-SUR-RICHELIEU HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS: tarie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu où le personnel n’a qu'un seul désir: satisfaire.Lauréat natio-I nal «Mérite de la Restauration».5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits à vous proposer.584-2231.— Mm Remplacez votre équipement dépassé avant de vous laisser dépasser.Depuis que l'entreprise privée existe-en fait, depuis que l'homme des cavernes s'est mis à perfectionner son gourdin-la victoire revient à ceux qui ont les meilleurs outils.C'était vrai hier et|le demeure aujourd'hui.Si votre équipement trahit son âge, prenez garde: attendre encore pourrait affecter votre productivité et votre rentabilité à long terme.Un marché perdu est souvent difficile à regagner.FINANCEMENT D'ENTREPRISES RovNaf Anjou (514) 493-4555, Drummondville (819) 477-3801, Laval (514)668-3131, Longueuil (514) 670-9210.Pointe-Claire (514) 426-4200, Québec (418)683-2177. A-8 Le Devoir, mardi 13 octobre 1992 ECONOMIE + Courville tivité, ce qui implique d’abord la destruction de ce qui est, l’économie de marché fait place à l'économie de portée, laquelle consiste à faire autant que possible des produits différents avec les mêmes équipements; enfin on parle de créneaux et de spécialisations.Au sein de l’organisation, insiste M.Courville, cela a une portée considérable: «l’action occupe une place prépondérante et elle est préalable a la connaissance.La hiérarchie s’étiole.On coupe des niveaux pour s’adapter et être flexible.Le changement qui était jusque là une menace devient la nature essentielle de l’organisation.La planification disparaît parce que le client est imprévisible; c’est la tactique, le tâtonnement et la guérilla concurentielle qui prennent la relève ».M.Courville en déduit qu’il faut créer des zones de tension dans l’entreprise pour stimuler le chaos et la creactivité, ce qui est possible avec des unités réduites de travail.On renverse la pyramide, c’est-à-dire qu’il y a en un pour penser et 100 pour exécuter.Il y a aura aussi de « grandes tensions entre bien faire les choses et faire la bonne chose ».En définitive, les grandes organisations doivent apprendre à fonctionner comme de petites entreprises, où il y place pour l’intuition et une certaine improvisation.Avec les ressources humaines, la motivation et l’inspiration doivent remplacer le commandement.Et où loge la qualité totale dans ce nouveau monde ?La réponse de M.Courville est percutante: « La qualité totale est le repli ultime de l'ancien paradigme ».Ce discours certainement troublant pour ceux croient aux notions traditionnelles n’est pas que théori- il VOUS NE SUPPORTEZ LA MISÈRE SUPPORTEZ-NOUS Merci de donner à Centraide 288-1261 PLUS Centraide LE DON DE CHANGER LES CHOSES que, puisque M.Courville avoue l’avoir pratiqué à la Banque Nationale même, avec l’appui complet de son président, M.André Bérard.Il a d’abord aboli le service de planification.Puis, il y a eu une réorganisation majeure, une décentralisation qui a amené à un « rééquilibrage » au siège social où 350 postes (15% du total) ont été éliminés.On a en revanche créé 21 nouveaux postes de vice-présidents régionaux, qui ont des responsabilités accrues.Il faut le plus possible laisser de la latitude à ceux qui sont près des marchés, tout en maintenant certains contrôles pour ne pas tomber dans l’anarchie totale.« Ça marche», constate M.Courville, qui donne l’exemple récent du nouveau prêt hypothécaire de la Banque Nationale, « une idée qui a surgi d’on ne sait où et qui a retenu l’attention d’un peu tout le monde, mais qui résulte d’une tension remarquée dans la clientèle entre les taux qu’ils avaient à payer et ceux qui étaient disponibles sur le marché ».Le critère ultime de l’efficacité d’une telle révolution dans une entreprise ne peut être que le résultat ou la rentabilité.M.Courville y voit tout de même des implications pour les gouvernements qui sont trop centralisés et trop portés sur les contrôles.Il se demande par exemple pourquoi les écoles ne seraient en concurrence les unes les autres pour attirer les étudiants.Il pourrait y avoir une émulation très stimulante, mais cela est impossible maintenant parce que toutes les normes viennent d’en haut.TOURISME D'AFFAIRES Sans la poussée du 350e anniversaire, les perspectives sont sombres pour 93 Normand Cazelais LES SOUBRESAUTS de l’économie, on le sait, se répercutent directement sur les voyages.Et il serait illusoire de croire que le tourisme d’affaires puisse échapper à cette règle et même représenter une assurance absolue de sauver la mise.Le cas du Grand-Montréal en est un bon exemple.Dans leur bulletin du dernier trimestre (automne ’92), le Conference Board du Canada et l’Institut canadien de recherche sur le tourisme soulignent à cet effet que l’activité touristique est l’un des premiers secteurs où s’opèrent des coupures lorsque les temps sont difficiles.Dans le même numéro et dans celui de juillet/août ’92, ils signalaient que le nombre de billets d’avion émis pour les voyages d’agrément au Canada a baissé de 19 % en juillet par rapport au même mois en 1991 et de 27 % en 1990.À l’inverse toutefois, les billets émis pour des voyages d’agrément vers l’Europe ont augmenté de 29 % £ et‘i NISSAN La Sentra est maintenant équipée d'un coussin gonflable.Plus besoin de payer cher pour rouler en paix.Équipée d'un coussin gonflable côté conducteur, la Sentra 1993 de Nissan vous procure la même sécurité qu'on retrouve habituellement dans des voitures plus dispendieuses.Et rouler dans une Nissan, c'est déjà sécurisant.Avec l'Engagement Satisfaction ^ NissanMC, le programme de services aux propriétaires le plus complet au Canada sur une gamme entière de véhicules, vous êtes protégé contre les bris, la rouille, les pannes, les crevaisons et de nombreux autres contretemps que les automobilistes connaissent bien.Passez voir la très abordable et très sécuritaire Sentra 1993.Vous verrez 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Votre^rnpathique concessionnaire NISSAN depuis le début de l’année et de 14 % pour les voyages d’affaires — ce qui n’aidera en rien le déficit touristique canadien.D’autres données citées par le Conference Board nous apprennent également que les États américains de New York du Massachusetts, du Connecticut et du Rhode Island, qui constituent notre principal bassin d’affaires outre-frontières, connaîtront, comme l’ensemble de la Nou-velle-Angletere, un ralentissement de leur économie au cours des mois à venir.Ce qui, entre autres, n’est guère susceptible d’alimenter une croissance des voyages d’affaires.Si l’année 1992 s’est avérée tout de même assez bonne avec une augmentation de 3 % du taux d’occupation des chambres du Grand-Montréal, 1993 sera, quant à elle, plus difficile.« Nous devrons, dit Charles La-pointe, président et directeur général de l’Office des congrès et du tourisme du Grand-Montréal, nous tourner davantage vers le tourisme d’agrément que vers le tourisme d’affaires ».« L’Office, précise-t-il, n’a à proprement parler aucun contrôle sur le tourisme d’affaires dont le dynamisme et la vigueur sont en fait le reflet du volume d’affaires en général.Et, depuis le glissement financier et économique vers Toronto et l’Ouest, Montréal n’est plus le grand centre d’affaires du Canada.Il nous reste quelques segments, tels l’industrie pharmaceutique, l’aéronautique, la biotechnologie, l’ingénierie et un peu encore les vêtements et le textile, mais ce n’est plus ce que c’était.À plus forte raison en période de ré-, grands espoirs à nourrir du côté des cession ».« Il n’y a pas, par exemple, de congrès.Ce sera, poursuit-il, une année assez faible et il ne faut pas pen-, ser que nous irons en dénicher d’im-,, portants sur la scène internationale pour 93.aù « Parce que d’une part tout est déjà réservé, booké comme on dit, et d’autre part parce que nous avons fait ce qu’on peut appeler du forcing en 92 en attirant à Montréal beaucoup de congrès — ou même en en faisant devancer les dates — dans le contexte des célébrations du 350e anr .niversaire de Montréal».r>.-
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