Le devoir, 29 janvier 1993, Cahier B
fWBfMHMHlWPPIP—¦——————————p————^yTff^jgggBBH Le Monde Page B3 Les Sports PageB7 Agenda culturel Page B8 Culture Page B9 La tristesse du farceur i ! Des peintres dans les années 1657 et 1658 demandent à Molière de poser pour eux.Pierre Mignard, qui va être son ami; Sébastien Bourdon., d’autres.Les portraits se multiplient.Il est «pictogénique», Molière.Les tableaux vont se perdre dans le débarras des siècles, sauf quelques-uns dont celui de Mignard, l’une des images célèbres du comédien, cheveux crêpelés, sourire jouisseur et désabusé, yeux ronds.; celui de Sébastien Bourdon, encore que l’on ne soit pas sûr si «l’homme aux rubans noirs», au musée Fabre de Montpellier et aujourd’hui au Musée des beaux-arts dans l’exposition «Grand Siècle», est bel et bien Jean-Baptiste Poquelin.Dans ces années-là, Molière est sur les routes du Languedoc.Il a 35 ans.Il est beau.Il file le bel amour avec Madeleine B,éjart.Il a écrit des canevas de farce et deux pièces, L’Etourdi et Le dépit amoureux, Paris c’est pour plus tard et la troupe de l’illustre Théâtre sillonne la province, on est à Pézenas, Nîmes, on monte à Lyon, on redescend en Avignon, la voici à Montpellier à l’été 1657 où arrive aussi Sébastien Bourdon qui revient de Suède avec ses boîtes de couleurs.Alfred Simon, dans Molière, une vie, prétend qu’ils se sont rencontrés.Un temps, la troupe de Molière avait eu une certaine veine.Le prince de Conti accepte que les comédiens se récla ment de son patronage.Il ne les paie à peu près pas, mais il y a des avantages., un certain bien-être, on répète au château, on coud les costumes en attrapant un pied de jambon.Mais le prince de Conti, qui ne sait pas qu’il sera un des modèles de Tartuffe dans 12 ans, cède aux manoeuvres de l’évêque d’Aleth et se convertit au jansénisme intégral.La troupe de Molière est jetée à la rue.La Fontaine dira que l’illustre Théâtre «doit déguster du vin à teindre les nappes, et de très méchants mets».Le Molière dans la trentaine, que Mignard et Bourdon peignent, est un artiste en pleine métamorphose.Il va faire son entrée sur la scène de la comédie humaine.Le peuple l’applaudit dans les jeux de paume, le pouvoir lui met des bâtons dans les roues: sans Conti, les démêlés abondent, pour une représentation de nuit donnée sans autorisation, un affichage illicite, le refus de payer le droit des pauvres (et pour cause, ils le sont!), une affaire de billets de faveur.Devant le portrait de Sébastien Bourdon qui est au Musée des beaux-arts — le numéro 100 et il y a un banc en face —, on prend son temps et on regarde ces yeux intelligents et moroses, cette angoisse amadouée, ce possible Molière et j’aime croire dans le grand doute que c’est lui, le contemplateur des folies du monde, qui les transformera en théâtre pour qu’on en rit, mais dont la tristesse profonde est là.Tristesse du farceur.Un certain désarroi contrôlé, intime, une intelligence qui habite ceux qui par délicatesse gardent le calme, mais vont vous faire sourire et puis rire parce qu’il ne faut pas pleurer.Jamais.Puisque la vie est une triste farce.J’ai aperçu cette mélancolie dans les yeux et le film de Claude Fortin.Claude Fortin?Nous étions 15 au cinéma Parallèle à regarder, étonnés, amusés, Le voleur de caméra, un film fait avec des riens et toute l’honnêteté du monde par un garçon qui, comme le Molière de Sébastien Bourdon, a la trentaine et fait en hésitant, auteur et acteur, pauvre, une entrée sur la scène de la comédie humaine.Dans ce film sans clin d’oeil, un garçon indolent fait un film sur l’indolence.Il a volé une caméra, c’est l’été, il filme ses pieds, des oiseaux, n’importe quoi; il cherche des idées, il veut changer le monde et il sait que ce n’est pas possible.Il est né en 1957.Sa génération qui s’est dessillé les yeux devant un écran de télévision est la mieux placée, dit-il, pour l’investir.Mais ça servirait à quoi?Dans sa maladresse même, ce film est l’oeuvre d’un farceur triste, qui contemple les images cathodiques de l’échec d’un monde, comme il contemple ses haricots rouges qui sont ses «méchants mets».C’est le manifeste des sans avis.On ne veut plus participer au débat de société.On observe le gâchis sans en organiser la perspective.Ijes règles du jeu échappent aux contemplateurs.Le film de Claude Fortin prouve que le cinéma n’est pas mort Malice des paradoxes, ce film désespérant est un signe d’espoir.Le voleur de caméra.Le 6 février aux Rendez-vous du cinéma québécois.«L’Homme aux rubans noirs», de Sébastien Bourdon, à l’exposition Grand Siècle, au Musée des beaux-arts.PLAISIRS L E 1) E V'O 1 R .V E N 1) R E D I 2 !» .1 A N V I E I! I 9 !» 3 mm-.?J; j PHOTO JACQUES GRENIER Perdue dans Montréal JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR (Notre journaliste Josée Boileau revient d'un séjour de quatre mois à Londres.Elle nous décrit ici le plaisir équivoque de rentrer à Montréal après une longue absence.) Montréal n’est pas une très grande ville.Enfin, pas pour moi qui les aime immenses, mangeuses d’énergie et qui en rendent tout autant.New York plutôt qu’une fin de semaine de ski, Chicago plutôt qu’un séjour à la plage.Florence, Venise, c’est bien joli mais Rome, ah! Rome.Quant à Paris, j’y ai passé deux ans, en gueulant comme les Français, mais sans regrets.J’arrive de quatre mois à Londres, elle est de la même eau.On n’en finit plus d’en faire le tour, et la foule qui s'y presse est étourdissante.Oxford Street le matin, rue des grands magasins, c’est le 24 décembre tous les jours.J’adore.Pourtant, quand hier j’ai appris qu’une bombe avait sauté chez Harrod’s, ce grand magasin chic de Londres, je n’en ai que davantage savouré mon retour.Certes, une bombe ou deux par jour amène son lot de petits frissons et fait toujours un extraordinaire sujet de conversation.Mais le magasinage au calme, ça repose.Quel plaisir de remettre ses talons hauts pour flâner chez Eaton sans craindre l’évacuation, de ne pas voir de policiers arpenter les portes de La Baie, d’admirer les vitrines d’Holt Renfrew sans arrière-pensée.Et j’ai pensé qu’à nouveau, je retombais sous le chqrme de Montréal.A chaque retour de l’étranger, j’ai ce choc.Les gratte-ciel ne sont pas si nombreux, la rue Sainte-Catherine est bien étroite, aucune odeur de baguette fraîche ne flotte dans l’air.Pas de grand musée non plus, ni de squares coquets.Qu’est-ce que je fais ici?Cette fois, le choc est encore plus grand parce qu’en quatre mois à |>eine, on a chamboulé mes habitudes.Fermé ce petit restaurant de la rue Saint-Denis à l’ar-rière-cour si sympathique, et nombre de boutiques affichent des soldes de fermeture.Rue Saint-Laurent, le Prego a disparu, Citrus a déménagé, et les locaux vides abondent.Avenue du Parc, même mon marché Métro a fait faillite- Je m’inquiète, m’interroge.Que s’est-il donc passé?Montréal est un désert.Et puis, au milieu du désespoir, je redécouvre ma ville.Comme d;uis les pires clichés, je constate que le métro est beau, propre.Que les magazines américains côtoient l’Europe.Que le cinéma ici, grand bonheur, ne se limite pas aux films américains présentés avec six mois de retard.Que Montréal n’a sans doute pas de British Museum ni de Tate Gallery, mais que l’exposition sur le Pop Art au Musée des beaux-arts vaut le détour.J’en suis sortie ravie.Et puis ici, au moins, j’ai encore les moyens de me payer le resto — enfin, ceux qui sont toujours ouverts.A Londres, il faut avoir 60$ en poche pour arriver à manger un tantinet convenablement.les Londoniens disent que c’est là le prix à mettre.la Montréalaise notera plutôt que pour moitié moins cher, elle aurait mangé doublement mieux chez soi.On appelle tout cela de la qualité de vie, et c’est encore plus important qu’on pense.Montréal n’est pas à l’abri des maux sociaux et économiques et nos gouvernements la néglige de façon éhontée! Mais on n’y trouve ni bombe, ni campements complets de sans-abri comme on en voit à Londres sous le Waterloo Bridge ou au Lincoln’s Inn Fields, dont on en vient à oublier que c’était autrefois un ravissant petit parc de quartier cossu.Ville Lumière Quand un Montréalais verse 1000$ par mois pour un trois et demi, c’est que son chic condo donne plei-ije vue sur le fleuve au loin ou la montagne tout près.A Londres, c’était là le loyer de mon très modeste appartement du quartier ouvrier où j’habitais avec chum et enfants.J’avais été chanceuse: normalement à moins de 2000$ par mois, on ne trouve pas.Et c’est vrai qu’ici on peut encore marcher seule dans les rues un soir de belle neige, oser prendre le dernier métro.La ville est moins fébrile mais on la traverse sans trop d’inquiétudes.Une liberté qu’on oublie mais qui est bien agréable.Chaque retour fut difficile, chaque fois j’ai succombé.Montréal vous gagne par le temps, disait un ami Français qui a passé six ans ici.Cette fois-ci, l'hiver a accélé le processus.Décembre en Europe c’est la pluie.Froide et quotidienne.Montréal en hiver, c’est la lumière.N’avez-vous pas remarqué la pureté du ciel hier?Hiver montréalais ou londonien? K K l> I 2 !> .1 A N V IKK I !l !> K K 9 CULTURE Une des forces vives du Québec Avec ses 100 numéros en 25 ans, la revue Forces est un instrument d’analyse exceptionnel PAULE DES RIVIERES LE DEVOIR Marcel Couture est fier, très fier.Et on le comprend: le président et éditeur de la revue Forces a célébré, hier soir, le 25e anniversaire de la publication de prestige qui, depuis 1967 est le témoin de l’évolution économique, sociale et culturelle du Québec.Au cours d’une réception à laquelle ont participé de nombreuses personnalités québécoises des milieux politique et culturel, ainsi qu’un nombre imressionnant de consuls (la revue, bilingue, contient également des résumés des articles en six langues et est lue par des décideurs dans une foule de pays), M.Couture, président et éditeur, a dévoilé le magnifique numéro spécial marquant un quart de siècle de publication, quatre fois par année, beau temps, mauvais temps.«Je veux, a-t-il dit-il devant une foule de 500 personnes rassemblées dans un hôtel de la métropole, qui venaient d’entendre l’ouverture de Fidelio de Beethoven joué par l’Orchestre métropolitain de Montréal, citer les propos d’une des collaboratrices de ce numéro, Mme Gretta Chambers, chancelière à l’Université McGill, qui se dit passionnée par la perspective d’assister au déroulement du prochain quart de siècle».Plus tôt, M.Couture s’était dit étonné de constater que les demandes de reproduction d’articles de la revue continuaient, après 25 ans, de parvenir d’un peu partout, de Pologne comme du Brésil.Et l’on ne doute pas un instant qu’il en sera de même pour le numéro dévoilé hier, qui sera en kisoque dès demain.Il fait le point sur 25 années d’évolution du Québec, en demandant à des spécialistes de divers domaines où nous en sommes.Des collaborateurs prestigieux Il faut lire entre autres l’entrevue de Danielle Ouellet avec le sociologue Guy Rocher, le professeur-chercheur avait déjà donné une inte-view à la revue en 1976 dans laquelle il terminait ses réflexions par une série de questions.Forces lui a reposé les mêmes questions.Il ne faut pas rater non plus la réflexion d,u directeur de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, M.AGAGUK Au royaume de la concession SUITE DE LA PAGE B-10 Il ne savait pas dans quoi il s’embarquait Quand les Inuit des territoires du Nord-Ouest ont lu le premier scénario d'Agaguk ils ont failli dégeler sur place à la lecture de scènes ultra-violentes, de cannibalisme, d’orgies dans le ventre de la baleine, qui leur ont paru fort préjudiciable au peuple inuit.Au point que des associations autochtones ont demandé aux figurants inuit de boycotter le film.Le premier scénario fit également bondir l’ethnologue Bernard Saladin d’Anglure, spécialiste de la culture inuit, qui pointait du doigt le scénariste (et ses ajouts comme l’orgie), mais également Thériaut lui-même qu’il accuse d’avoir méconnu l’histoire inuit.«Je me bats depuis 25 ans contre les préjugés véhiculés par Agaguk, proteste-t-il.Le romancier n’avait jamais vécu dans le Québec Arctique.Il s’est inspiré des écrits d’un missionnaire, le père Bulliard qui parlait des Inuit de la région de Coppermine, dans les Territoires du Nord-Ouest.Son livre est rempli de faussetés».L’ethnologue accepta de collaborer avec l'équipe d'Agaguk à condition qu'on remanie l’histoire, des caractères et des noms pour les faire correspondre à la réalité historique.Il prêta des costumes, raconta des rituels, évoqua des décors.Le scénario fut modifié pour satisfaire Inuit et ethnologue, à défaut des fans de Thériaut.D’autres concessions devaient suivre.Pour plaire aux partenaires américains entre autres.A l’heure du montage, ceux-ci reprochèrent au film d’être anti-commercial, de glorifier une «violence naturelle» (sic), et de mettre trop l’accent sur les rites shamaniques.Il fut même question qu’il y ait deux films, un pour les Américains et un pour le reste du monde.Jacques Dorfmann modifia le montage, et à sa grande surprise eut l’aval des États-Unis.«Pas complètement toutefois, soupire le cinéaste aujourd’hui.Puisque la version américaine sera amputée par la censure, de la scène d'amour et de quelques passages jugés trop violents dans la patrie de Rambo.De plus le titre anglais devient The Shadow of the Wolf plus «vendeur» paraît-il qu’Agaguk.» Comme quoi, au merveilleux monde de la co-pro-duction, la concession est toujours reine.I PHOTO ROBERT SKINNER Voilà trois hommes qui, hier soir, avaient toutes les raisons d’être heureux car leur contribution à la vitalité de la revue Forces fut capitale.De gauche à droite, MM.Marcel Couture, président et éditeur de la publication, Richard Drouin, président du Conseil d’Hydro-Québec, et Jean-Paul Lallier, maire de Québec.Mme Agnès Grossman et l’Orchestre métropolitain de Montréal ont agrémenté la soirée de réjouissances.Jean Guertin, qui explique d’un manière limpide le fardeau de l’endettement et la route remplie d’insouciance qui y a conduit.Tous les intervenants de ce numéro posent leur diagnostic personnel sur l’état du Québec.Plusieurs soulignent le défi de l’accueil des immigrants et plusieurs rappellent la rapidité avec laquelle nous avons bougé depuis 25 ans.Mais ne cherchez surtout pas une revue austère en kiosque.Car la marque de commerce de Forces depuis ses tous débuts est belle, attrayante et imprimée sur un papier de grande qualité.Si la publication a vu le jour, c’est un peu pour succéder à une publication faisant la promotion de Montréal, financée par les gens d’affaires, qu’avait créé Jean Drapeau et qui s’est éteinte avec l’ouverture d’Expo 67.Hydro-Québec prend le relais et deux de ses dirigeants, MM.Jean-Paul Gignac et Marcel Couture, mettent Forces sur pied.Ils rendront compte de la vitalité du Québec, dans tous les secteurs.Très rapidement, les penseurs se reconnaissent dans la revue.Des noms comme Henri Guillemin, Fernand Dumont, Jacques Genest, Félix-Antoine Sa-vard, Hans Seyle, Guy Viau et de nombreux autres s’y associent.L’on opte bien vite pour les numéros-thèmes qui permettent de mieux fouiller une question.En 1972, Forces réunit, en un numéro exceptionnel, Marshall McLu-han, John Kenneth Galbraith et Herbert Marcuse.En 1975, la revue se détache d’Hydro-Québec et devient une société sans but lucratif qui survit un moment grâce aux gouvernement québécois, plus précisément du ministre Jean-Paul Lallier.Puis, nouveau changement, les goussets gouvernementaux se vident et la revue doit voler de ses propres ailes.Elle atterrit sur les kiosques et s’ouvre à la publicité.Il y eut de bonnes années et de moins bonnes mais Forces ne manqua pas un rendez-vous.L’ardeur que mit son président M.Couture, sa directrice de rédaction, Mme Jacqueline Darveau-Couture, et ses éditeurs successifs dont M.Michel Pelletier, en poste actuellement, à «achaler» les entreprises afin quelles fassent leur part n’y est pas étrangère.Aussi, hier, soir, il fut facile de constater que les dirigeants, à Montréal, Québec et Ottawa, sont ravis du rayonnement de la revue à l’étranger.Le défi des 25 prochaines années?«Faire connaître Forces au Québec, quartier par quartier», répond M.Couture.THÉÂTRE Un plaisir monstre Une des grandes réussites de ces dernières années PETII MONSTRE Une pièce de Jasmine Dubé.Mise en scène de Claude Poissant.Scénographie de Linda Prunelle et Marc Sené-cal.clairages de Ghyslain-Guy La-vigne.Musique de Sylvain Scott.Avec Luc Gouin et Pierre-Yves Lemieux.Une production du Théâtre Bouches Décousues, présentée à la Maison Théâtre jusqu au 31 janvier.GILBERT DAVID Jasmine Dubé, l’auteure de Petit Monstre, est allée à bonne école.Celle de la vie, d’où elle a extrait, avec un sens aigu de l’observation, la matière d’une rencontre haute en couleur entre un père et son tout jeune fils, un de ces samedis matins où le premier souhaite dormir et le second faire de son paternel le complice privilégié de ses jeux.Par fines touches d’humour et de tendresse, le spectacle qui en résulte est une pure merveille de justesse, de sensibilité et d’invention.Partie d’une situation on ne peut plus réaliste, Jasmine Dubé a le coup de génie d’y injecter ce je-ne-sais-quoi d’onirique qui laisse librement affleurer l’inconscient de ses deux personnages masculins.En apparence, il s’agit en effet pour le petit garçon d’arracher son père endormi a son lit et de l’associer à son monde ludique.La résistance du père — il est trop tôt : «Retourne te coucher» — n’impressionne pas du Gaston Miron, Commandeur Le poète Gaston Miron a reçu cette semaine, des mains du consul général de France à Montréal, M.Jean-Pierre Beauchataud, les insignes de Commandeur des arts et des lettres de la République française.L’auteur de L’Homme rapaillé, né en 1928 dans un village des Lauren-tides au nord de Montréal, a vu ses oeuvres, peu nombreuses le placer au premier rang des poètes québécois et souvent récompensées par des prix littéraires, dont le prix France-Canada, le prix Belgique-Canada, le prix Apollinaire décerné à Paris en 1981, et le prix David en 1983.Le poète mène aussi une carrière au cabaret poétique.Son spectacle, La marche à l’amour, sera repris à La Licorne, du 2 au 7 février.IFAMOUS PLAYERS T«*L@ LOEWS »«'•»«' 954 Sle-Calherine O.Tw CENTRE EATON mm',30 705 Ste-Cathenne O wT Cx CINÉMA DU PARC !u 9e lendemain déjà la visite partirait.Mais on espère là-bas que le film apportera des touristes, un tas de touristes.«Pour nous connaître vraiment, venez nous voir», disaient-ils.et au royaume de la concession On entend parler du tournage d’Agaguk depuis longtemps.C’est qu’il a été long et laborieux.Trois années peuplées d’embûches.Les caméras qui gèlent au froid du Grand Nord, un plateau déplacé à Carignan près de Montréal dans un hiver doux au point de faire fondre les igloos, un ours du cirque de Moscou plus habitué à pédaler sur un unicycle qu’à simuler une attaque contre l’homme, un loup effrayé.Et une baleine construite au coût de trois millions$; le budget d’un film d’auteur.Mais Agaguk n’est justement pas un film d’auteur.Une énorme co-production France-États-Unis-Canada-Japon ayant englouti 32millions$, un record canadien.Au commencement était le roman d’Yves Thériaut, une histoire racontant la lutte de l’homme pour survivre dans le Québec arctique des années 40, best seller traduit en une vingtaine de langues.Thériaut, décédé en 83, avait cédé les droits d’Agaguk au producteur Claude linger de Transfilm qui fit plus tard appel au réalisateur français Jacques Dorfmann (ex-producteur à qui on doit Le Palanquin des larmes) pour tourner la chose avec renfort de grosses vedettes internationales.VOIR PAGE B-9: AGAGUK Le scénario fut modifié pour satisfaire Inuit et ethnologue, à défaut des fans de Thériault Une scène du film représentant la traditionnelle chasse aux phoques.MGR DESMOND TUTU Sçully s’entretient avec le chef de l’Eglise anglicane d’Afrique australe.(Radio-Canada, 18 h 30) BRUEL, SUITE Décidément, c’est le week-end Bruel.Cette fois, il s’agit d’une entrevue réalisée avec le chanteur lors de son passage ici l’année dernière.(Musique Plus, 20 h) LA GRENOUILLE ET LA BALEINE Un jeune couple aide une fillette à lutter contre des spéculateurs.Ce «conte pour tous» de Roch Demers n’échappe pas à la formule qui fait le succès des films de la série mais n’empêche.C’est bon et c’est touchant.(Radio-Canada, 20 h) LE CERCLE DE MINUIT Mal connue ici, cette émission culturelle qui nous vient de l’autre côté de l’Atlantique présente souvent de très bons invités.Ce soir, Gina Lollobrigi-da, Martine Leyris et Sapho seront là.(TV5, 22 h 30) I) I M A N C 11 lî SUPER SUNDAY Pour les amateurs de football, c’est le grand soir, la grande finale.Les valeureux Bills de Buffalo réussiront-ils à battre les Cowboys de Dallas?Les paris sont ouverts.(NBC, 18 h) SHABBAT SHALOM! Ce téléfilm de Michel Brault est une sorte d’initiation aux communautés juives de Montréal.Il rappelle les querelles récentes et pas éteintes entre juifs et Québécois de souche.(Radio-canada, 20 h) QUAND HARRY RENCONTRE SALLY L’ineffable Billy Ciystal nous fait bien marrer dans cette comédie de moeurs traitant des relations entre les femmes et les hommes, pas simples, mais alors là pas simples du tout.(TVA, 20 h) PAYETTE REÇOIT LAMBERT WILSON Son père, Georges Wilson, comédien de théâtre et metteur en scène, l’a très tôt initié aux planches.Lambert Wilson a déjà, dans sa courte carrière, donné la réplique à jeanne Moreau et.Edwidge Feuillère.Il vient de terminer un film polonais avec Anna Shygula.(TVA, 22 h) LIFE ON THE STREET Début d’une nouvelle série policière, qui s’annonce prometteuse et qui est produite par Barry Levinson, qui nous a donné déjà Bugsy et Rain Man.Ça se passe à Baltimore.(NBC, 22 h) DAVOS Grand débat sur les défis économiques que posent les nouvelles relations Est-Ouest, avec, pour cadre, le 23e Sommet économique de Davos, en Suisse.(TV5,22 h 10) MANUEL DE FALIA Documentaire sur la vie et l’oeuvré du plus grand compositeur espagnol du 20e siècle, (Radio-Canada, 22 h) Paule des Rivières
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