Le devoir, 22 mars 1993, Cahier A
LE DEVOIR PERSPECTIVES La claque, Técrasement, l’humiliation! François Br ousseau La claque! L’écrasement! L’humiliation! Avec peut-être — on le saura précisément dans une semaine — aussi peu que 50 députés sur les 577 que compte l’Assemblée nationale française, jamais les formations se réclamant du socialisme n’étaient tombées si bas.Jr amais depuis le congrès d’Épinay de 1971, alors qu’un dénommé François Mitterrand présidait à l’unification des forces de la gauche non communiste, les soi-disant «forces de progrès» de l’Hexagone (dixit Laurent Fabius) t-elles obtenu aussi peu lors d’une élection législative française.Peut-être, après tout, est-ce parce que, dans la conjoncture idéologique d’aujourd’hui, les notions de «gauche», de «droite» et de «forces du progrès», n’ont jamais été aussi floues, et qu’il était devenu un peu obscène d'associer au «progrès» un régime politique comme celui qui a affligé la France au cours des trois dernières années.Annoncé, pronostiqué, décortiqué même depuis plusieurs semaines jusqu’au demi-point de pourcentage et à quelques députés près — parce que les maisons de sondages françaises, elles, prédisent aussi le nombre de sièges — le massacre électoral d’hier est quand même allé au-delà des prédictions, si cela était encore possible.On accordait quand même une petite centaine de députés au Parti socialiste.On prédisait une percée des écologistes, en voix sinon en sièges.Rien de cela ne semble en passe de se vérifier.L’écrasement socialiste — aucun élu au premier tour, une fourchette de 40 à 80 projetée au second tour — dépasse les projections les plus pessimistes pour la gauche.Les écolos — principal espoir d’un renouvelle ment idéologique dans un paysage politique pourri et répétitif, dominé par les mêmes vieilles barbes depuis presque deux décennies — n’obtiennent que des miettes, mois de 8%, la moitié de ce qu’on leur prédisait, et n’auront probablement aucun élu.Le «vote utile» pour les gros partis, allié à une forte abstention (quelque 30%) a prévenu cette émergence de forces nouvelles, sur une scène politique désespérément pareille à elle-même d’une décennie à l’autre.En effet, les Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Es-taing qui triomphent aujourd’hui sont précisément les mêmes que les élections de 1981 mettaient provisoirement hors-jeu.Contrairement à ce que d’aucuns avaient pronostiqué au cours des derniers mois, le Front national de Jean-Marie Le Pen ne fléchit pas.Il l’prraspmpnt se maintient avec 14% des voix et devient décidément une force avec laquelle la France devra compter, même si ce score ne se traduit que par une poignée de sièges.Les idées xénophobes de ce parti n’ont donné lieu, cette année, à aucun véritable débat.Il faut dire que l’hostilité de principe à l’immigration est une idée partagée — avec toutefois des nuances et des rhétoriques diverses — par l’ensemble du spectre politique français.Il faut dire aussi que le grand pays du verbe et de la discussion qu’est la France n’a pas fait, durant cette campagne électorale, une très grande place à la réflexion et à la controverse idéologique.L’oeil fixé sur les sondages et sur les dernières statistiques du chômage — 3 millions de sans-emploi alors qu’il y a 12 ans, les socialistes carburaient sur le thème «Bientôt-2-millions-de-chômeurs-quel-scandale!» — gauche et droite se sont livré une lutte où les clivages de clique ont subsisté, mais sans grand contenu social ou idéologique.Les véritables débats semblent avoir évacué le théâtre politique français comme ils le font un peu partout en Occident.Il est vrai que les socialistes quittent aujourd'hui la scène après avoir, une décennie durant, réhabilité le fric, le marché et les idées économiques libérales qu’ils avaient vilipendés au cours des dix années précédentes.Et la bonne vieille droite, qui revient aujourd’hui aux affaires avec exactement les mêmes têtes qu’avant, a mis de l’eau dans son vin ultralibéral et n’entçnd pas toucher, pour l’essentiel, à l’impressionnant Etat-providence français.Le «triomphe» de la coalition UDF-RPR — 80% des sièges projetés — repose en réalité sur 40% seulement des suffrages.Ce n’est pas rien, mais on doit y déplorer à nouveau les effets pervers du scrutin majoritaire uninominal, trop bien connus au Québec.«Quelles que soient les erreurs qui ont été commises, et il y en a eu, je ne pense pas vraiment que nous avions mérité cela», a dit hier un Michel Rocard contrit.A strictement parler, il n’avait pas tort, puisque le PS se retrouvera sans doute avec 10% des sièges pour 20%) du vote.«Nous avons gravement reculé, cela montre à quel point il nous faut nous transformer, a-t-il poursuivi.(.) Cela montre à quel point il nous faut devenir capables de retrouver les contacts avec d’autres, de parler sans arrogance, de rassembler.» L’arrogance: cette caractéristique fondamentale de la caste politico-médiatique française, les socialistes en ont fait montre autant que leurs prédécesseurs au cours de cette décennie écoulée.Rien ne laisse malheureusement penser, avec ce retour triomphant des «vieux», que l’humilité aura davantage droit de cité au cours des prochaines années sur la scène politique hexagonale.des socialistes dépasse les prévisions les plus pessimistes.1 N I) lx‘8 Actualités .A2 Agenda culturel B7 Avis publics.B2 Annonces dtnées.B4 Culture.B8 Économie.A5 Éditorial.Afi E X Horaires télé .B7 Idées.A7 L.Bissonnette .A6 Le Monde.B3 Mots croisés.B4 Religions.B2 Sports.B6 Météo Ensoleillé Max.: 0 Détail en B4 L'ÉCONOMIE CULTURE L’ENTREVUE Hydro a-1-elle copié (j # Michel Rivard et sa Norman Inkster, un perdant?Symphonie «naïve» ËL^J gendarme sans frontière PAGE A-5 PAGE B-8 ¦ # PAGE B-1 La France balaie la gauche Le Parti socialiste obtient 19% des voix, la droite 40,5% et les verts 7,6% SYLVIANE TRAMIER ENVOYÉE SPÉCIALE Paris — Au premier tour des élections législatives françaises hier, on a assisté à un raz de marée de l’opposition de droite et une défaite massive de la gauche.Le mouvement écologiste réalise un score étriqué, bien en deçà de ce qu’il avait espéré.Plus d’une centaine de députés ont été élus dès le premier tour, tous appartenant à la coalition UDF-RPR.Cette coalition de la droite qui formait l’opposition s’apprête à obtenir une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, 460 députés sur 577 selon les projections des instituts de sondage, ce qui la placerait en situation parlementaire quasi hégémonique.L’effondrement du Parti socialiste est net: des 270 députés qu’il avait à l’Assemblée nationale, il pourrait ne lui en rester qu’une soixantaine.Prenant la parole à peine quinze minutes après la fermeture des bureaux de scrutin, le secrétaire général du Parti socialiste Laurent Fabius a reconnu que la «sanction était rude».Il a appelé à «faire barrage à la droite» en votant au deuxième tour pour le candidat de gauche ou écologiste le mieux placé.Ce désistement sans demande de réciprocité de la part des écologistes ne pourra cependant pas inverser la tendance puisque les écologistes ont réalisé un score plutôt décevant au premier tour.Sur le même mode funèbre, l’ancien premier ministre Michel Rocard s’est exclamé: «Quelles que soient les erreurs qui ont été commises, je ne pense pas que l’on VOIR PAGE A-8: FRANCE ¦ ' i «Danger de guerre civile» en Russie Plus de 4000 moscovites, pro et anti-Eltsine, ont manifesté hier devant le Kremlin.PHOTO AP Le gouvernement fait bloc derrière Eltsine Moscou (Reuter) — Le président Boris Eltsine a marqué hier un point en recevant l’appui de la troïka des ministres de la sécurité intérieure face aux assauts des parlementaires conservateurs qui réclament sa destitution.Le Parlement a pour sa part adopté une résolution prévoyant l’examen et le jugement par la Cour constitutionnelle du décret présidentiel de la veille octroyant à Boris Eltsine des pouvoirs exceptionnels.Mais il a rejeté les appels lancés par l’Unité russe, un groupe parlementaire ultra-conservateur qui réclamait la suspension immédiate des prérogatives de Boris Eltsine.Le parlement n’a pas non plus demandé la convocation d’une nouvelle session de l’Assemblée, seul corps législatif habilité à destituer Boris Eltsi-ne.Mais le président du Parlement, Rouslan Khasboulatov, a d’emblée averti que la lutte pour le pouvoir était loin d’être terminée.Il a également fustigé les trois ministres de la sécurité de Russie pour leur position dans le conflit qui l’oppose au président Boris Eltsine.Dans une allusion directe aux discours prononcés par les ministres de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Défense, où ils se sont engagés à la neutralité, le président du Parlement a dit: «S’il vous plaît, plus de tels discours insipides, vagues, entre deux eaux.On ne sait pas qui vous soutenez.Les ultra-conservateurs n’ont pas caché leur déception, car si les mesures préconisées par le président russe sont entérinées lors du référendum du 25 avril, l’actuel parlement sera dissous et le Congrès des députés du peuple aboli.Le vice-président Rustskoï a estimé que le décret présidentiel était anti-constitutionnel et le président de la Cour constitutionnelle Valery Zorkin a accusé Boris Eltsine de vouloir faire un coup d’Etat.Par contre Edouard Chevardnad-zé a apporté son soutien total à Boris Eltsine tout en craignant une guerre civile en Russie.«La Russie est à présent confrontée au danger de guerre civile», a dit le numéro un géorgien, estimant que la décision du président russe de légiférer par décret était la seule manière de se sortir de la crise politique.L’ancien numéro un soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a déclaré au quotidien italien La Stampa qu’Eltsine avait fait une «folie», mais s’est dit prêt à reprendre du service.Eltsine a fait une «folie», déclare Gorbatchev qui se dit prêt à reprendre du service.VOIR RAGE A-8:ELTSINE Banque nationale-Trust général Claude Béland demande à Québec de s’expliquer CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Québec—Le président du Mouvement Desjardins, M.Claude Béland, demande des explications au gouvernement du Québec à propos du rôle et de la place occupée par la Régie québécoise de l’assurance-dépôt dans la «transaction très privée et secrète» qui fait passer le Trust général aux mains de la Banque nationale.Sortant du texte de son allocution hier matin devant les 3500 délégués réunis pour l’assemblée annuelle de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins, M.Béland a qualifié de «nébuleuse» cette transaction et il s’est étonné du rôle joué par la Régie, dont l’intervention lui semble avoir été déterminante.Le président de Desjardins sursaute pour plus d’une raison, mais d’abord et avant tout parce que le Mouvement qu’il dirige fournit 80% des sommes confiées à la Régie pour garantir les institutions financières relevant de la compétence provinciale.Les fonds de la Régie totaliseraient actuellement environ 110 mil-lions$.Or, leTrust général est vendu à la Banque nationale, principal concurrent de Desjardins au Québec.Par ailleurs, la Banque nationale, tout comme Trustco général, sont des institutions financières relevant de la compétence fédérale.M.Béland fait valoir VOIR PAGE A-8: BÉLAND lise Bacon au banc des accusés Congédiée pendant la campagne référendaire, Vex-présidente de la Régie du gaz naturel accuse la ministre «d'abus de pouvoir» CATHERINE LECONTE LE DEVOIR La ministre de l’Énergie Lise Bacon se retrouvera au banc des accusés les 14 et 15 juin prochains quand la Cour supérieur du Québec entendra la plainte déposée par l’ex-présidente de la Régie du gaz naturel, Pierrette Sinclair, qui s’estime victime d’«abus de pouvoir» et croit avoir servi de «bouc émissaire» à la ministre quand elle a été destituée de son poste en septembre dernier, en pleine campagne référendaire.Mme Sinclair, que le gouvernement avait nommée présidente de la Régie pour un mandat de 5 ans à compter du 14 janvier 1991, demande qu’on la réintègre dans ses fonctions pour la durée normale de ce mandat, ce qui suppose la révocation de son successeur, Jean Giroux, l’actuel président de la Régie.Cette requête en injonction interlocutoire est intentée contre Mme Bacon, contre la secrétaire générale associée à la Réforme administrative et aux Emplois supérieurs du ministère du Conseil exécutif (qui est en quelque sorte la directrice du personnel de la haute fonction publique) Gisèle Desrochers et contre le Procureur général du Québec en tant que représentant du gouvernement.Le bref de la requête décrit longuement les démêlés VOIR PAGE A-8: BACON Sgr.«On a fait une pirouette juridique qui respecte peut-être le texte, mais pas l’esprit de la loi, dit le président du Mouvement Desjardins.i A 2__________________________LE DEVOIR.LE LUNDI 22 M A RS 1 9 9 3 * LES 'S- Le Mouvement Desjardins veut jouer plus selon les règles du capitalisme Pour attirer plus de capitaux, on songerait même à faire modifier les règlements de la Caisse centrale CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Québec—Le Mouvement Desjardins recherche des moyens pour permettre aux grands investisseurs institutionnels et fonds de pension québécois et étrangers d’investir chez lui, mais il veut également obtenir l’équité en matière d’abris fiscaux et créer un fonds de dévelop- S'ment qui aurait une forte ressem-ance avec l’unique et fort populaire fonds créé par la Fédération des travailleurs du Québec.Après avoir effectué une importante réforme de ses structures ces dernières années, en séparant nettement ses activités coopératives de ses autres affaires dans le domaine de l’assurance, de l’industrie, etc, Desjardins en arrive maintenant à une nouvelle étape de son évolution.11 lui faut trouver le moyen d’attiter d’importants capitaux provenant par exemple de la Caisse de dépôts et placements du Québec, en jouant selon les règles du capitalisme, ce que son organisation coopérative ne lui permet pas de faire.En guise de comparaison, le président, M.Claude Béland, a mentionné que depuis 10 ans les trois principales banques qui ont leur siège social au Québec avaient profité d’un capital additionnel de 1,3 milliard$, soit 1 milliard!?de plus que Desjardins, limité par la loi des caisses d’épargne à des émissions de «parts permanentes» de 325 millions$.Par quels moyens et canaux Desjardins entend-il drainer davantage de capitaux chez lui?La réflexion se poursuit, a mentionné le président.On pourrait par exemple obtenir une modification aux règlements de la Caisse centrale, pour lui permettre d’émettre des actions; les capitaux ainsi recueillis pourraient être injectés dans le réseau des caisses populaires, qui, elles, ne peuvent pas se soumettre aux règles usuelles de capitalisation voulant qu’un actionnaire ait un nombre de droits de vote correspondant au nombre d’actions détenues.Dans une caisse populaire c’est la règle de «un membre, un vote» qui prévaut.La position du Mouvement Desjardins est cependant beaucoup plus simple en ce qui concerne la recherche des petits capitaux, c’est-à-dire les épargnes des simples citoyens.En fait, la formule existe déjà et elle est fort bien connue, puisqu’il s’agit de celle du Fonds de solidarité FTQ, à qui les gouvernements de Québec et d’Ottawa ont accordé des avantages fiscaux particuliers à l’occasion de la récession de 1982.Après avoir rappelé que Desjardins a mis son capital de développement à contribution pour aider plusieurs entreprises qui totalisent 1 milliards en chiffre d’affaires et 16 000 emplois, M.Béland s’est facilement fait applaudir en déclarant ceci: «Pendant ce temps, attirés par de généreux abris fiscaux, les membres de ces mêmes caisses sont incités à investir dans des titres de fonds de concurrents, qui ne cessent d’être améliorés par l’Etat.Au nom d’une saine et juste concurrence, il me semble qu’il est temps maintenant de donner l’occasion aux membres des caisses d’opter pour un véhicule Desjardins s’ils le désirent en leur permettant de souscrire dans un régime d’épargne-investissement, un fonds de capital de développement pour les entreprises québécoises que le Mouvement désire créer dès qu’il aura les mêmes avantages que les concurrents».Desjardins a communiqué récemment au ministre des Finances à Québec son désir d’obtenir les mêmes avantages.Si Québec donne suite à cette requête, Desjardins se précipitera à Ottawa pour y présen- ter sa demande.Selon les experts de Desjardins, il ne serait pas nécessaire d’amender la loi pour ouvrir les avantages du Fonds FTQ à d’autres institutions.Au fait, Desjardins propose une mesure de caractère général qui pourrait s’appliquer à tputes les institutions intéressées.A son avis, le prochain budget du ministre des Finances serait une excellente occasion pour annoncer de tels changements fiscaux.M.Béland a déjà prévu l’argument du manque de fonds que pourrait invoquer le gouvernement pour justifier le statu quo.«Si le gouvernement n’a pas les moyens de payer pour nous, il n’a pas les moyens pour les autres, non plus», dit-il.Il n’est pas question pour Desjardins de mettre en place un tel fonds avant d’avoir les avantages fiscaux.«On ne partira pas à la guerre avec un tire-pois quand l’autre a un canon», ajoute le président.Cette offensive nouvelle sur le terrain des régimes d’épargne retraite n’a toutefois pas empêché le Mouvement d’agir sur d’autres plans en 1992.Ainsi, la Caisse centrale est allé chercher 1,2 milliards sur les marchés financiers pour les caisses dont la collecte des épargnes n’a pas suffi à combler les demandes d’emprunt.La Caisse centrale se réjouit aussi du succès énorme de sa Banque en Floride, que les Québécois en vacances ont tout de suite adoptée.De 500 à 700 personnes s’y rendent tous les jours; près de 200 comptes nouveaux s’y ouvrent à chaque semaine.Cette banque touchera le seuil de la rentabilité en décembre prochain, soit à peine plus d’un an après son ouverture; on avait prévu trois ans pour y arriver.Au Québec, Valeurs mobilières Desjardins a obtenu de la Confédération la permission d’offrir ses services de courtage de plein exercice dans les caisses locales, où il n’y a présentement qu’environ 6000 comptes; mais ce nombre devrait augmenter rapidement, puisque les études montrent que 85% des membres souhaitent avoir des conseils pour les transactions de valeurs mobilières.Par ailleurs, le service de courtage à escompte est déployé actuellement dans 570 caisses où 742 employés ont reçu une formation spéciale en ce domaine.Visa Desjardins avec 1,2 million de cartes en circulation a désormais atteint un niveau de rentabilité confortable et un bénéfice de 12,5 millions$ en 1992.La carte de débit connaît une expansion qualifiée de «phénoménale» avec 20 000 points de vente qui l’acceptent.Sécur, qui depuis juillet dernier vit des incidents criminels à un rythme de 1 à tous les 40 jours, a déclaré un bénéfice de 3 milfions$ l’an passé.Investissement Desjardins qui avait déclaré une perte de 10 mil-lions$ en 1991 a réduit à 4 millions$ son déficit en 1992 et on prévoit un bénéfice d’au moins 2 millions!?cette année.Les perspectives d’investissements s’annoncent meilleures et le réseau des fonds régionaux s’installe progressivement, si bien qu’avant la fin de cette année, il y aura une douzaine de sociétés régionales d’investissement couvrant tout le Québec et dont la capitalisation pourrait atteindre 100 millions!?d’ici 5 ou 7 ans.Enfin, Culinar, dont on a beaucoup parlé dans les médias ces derniers jours, n’a pas provoqué de secousses pendant les assemblées générales, si ce n’est une seule intervention d’un Beauceron voulant attirer l’attention sur la préservation des emplois.Le dossier Culinar va donc suivre son cours tel que convenu et la mise en vente du groupe épicerie se poursuit, en n’oubliant pas les emplois en jeu.CE N’EST PAS UNE VOITURE, C’EST UNE THÉRAPIE.Une thérapie contre les maux de dos, avec des sièges offrant un soutien et un confort exceptionnels.Contre le froid, avec des sièges chauffants.Contre la culpabilisation, avec un climatiseur sans CFC nuisibles pour l’environnement.Contre l’ennui, avec un superbe moteur à 16 soupapes produisant 150 CV.Contre la paranoïa, avec des freins antiblocage et un sac gonflable côté conducteur.Contre l’inquiétude et l’angoisse, avec 575VMOIS’ (LOCATION À LONG TERME) l’Assistance routière Saab+ et la garantie de 6 ans/120 000 km" sur le groupe motopro-pulseur.Et surtout, une thérapie contre les crises économiques, avec un tarif mensuel de location qui ne viendra pas ajouter indûment à vos autres soucis.LA TOUTE NOUVELLE SAAB 9000 CS •Prix bas* sur un bail de 48 mois avec versement initial de $2575.00 (ou échange équivalent), transport et premier versement inclus Dépôt de garantie de 675$ remboursable requis Taxes de vente, immatriculation et assurance en sus Des frais de 5< du kilomètre s'appliquent après 96 000 km tl.'Assistance routière Saab est offerte sur les modèles Saab 1993 Durée 3 ans /60 000 km.selon la première éventualité Détails chez votre concessionnaire Saturn Saab Isuzu ,#Selon la première éventualité PHOTO fC Lucien Bouchard, le chef du Bloc québécois, imitant son ancien patroh, Brian Mulroney.La course à la chefferie des conservateurs n'est qu'un écran de fumée, L estime Lucien Bouchard DANNY VEAR LE DEVOIR Avec sa course à la chefferie, le Parti conservateur tente de mas- 3uer aux Québécois ses neuf années 'échecs et d’usure du pouvoir, croit le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.«Cette course à la chefferie, c’est un écran de fumée.Selon leur très ancienne manière, les conservateurs s’acharnent à remplacer les idées par les images», a-t-il affirmé hier.C’est pourquoi le Bloc québécois ne s’inquiète pas outre mesure de la popularité de Kim Campbell, candidate présumée à la succession de Brian Mulroney.«Pour le moment, la course à la chefferie c’est un épiphénomène.On attends encore de voir les résultats de cette nouvelle popularité sur le terrain», a dit le chef du Bloc québécois.En fin de semaine, Kim Campbell a affirmé que le Parti conservateur reprend en ce moment le terrain perdu aux mains du Bloc québécois.Des membres du Bloc reviendraient au Parti conservateur, a-t-elle soutenu.Selon le chef du Bloc québécois, Mme Campbell se trompe lorsqu’elle soutient que la popularité des conservateurs ne cesserait de croître au Québec à l’heure actuelle.«C’est tout le contraire qui se passe.Pour le moment, la réalité, c’est que les nouveaux membres ne cessent d’affluer vers le Bloc», a-t-il dit.Le Bloc Québécois compterait quelque 55 000 membres, selon M.Bouchard.«Et nous n’avons pas commencé notre campagne de recrutement», dit-il.Avec leur course à la chefferie, les conservateurs essaient de masquer les vraies questions, croit-il.«On sait comment il fonctionne, nous du Bloc.On les a connus de l’intérieur».Le chef du Bloc prenait la parole devant plus de trois cents partisans venus l’entendre dans le sous-sôl d’une église de Longueuil, hier, en un dimanche après-midi pluvieux, à l’occasion de l’investiture du Blôé dans le comté de Longueuil.En verve, M.Bouchard leur a rappelé «lés longues années» d’organisation polk tique du Bloc Québécois, cettè «longue traversée du désert» qui fâit qu’ils «ne sont plus seuls» aujourd’hui.11 Selon lui, le Parti conservateur n’à plus rien à offrir aux Québécois.«Un vote québécois pour un député fédé1-raliste aux prochaines élections1, c’est un vote contre les intérêts dü Québec», a-t-il dit Lyrique, M.Bouchard a affirmé que les Québécois vont «voter pour l’espoir» aux prochaines élections; pour un nouveau projet, celui que porte la souveraineté du Québec.1 *' Malgré toutes les réalisations des années soixante, le Québec d’aù-jourd’hui vit un essoufflement, urie période de fatigue.«Nous tournons en rond du point de vue économique et social», a-t-il dit.Il faut que nous revivions l’enthousiasme des années soixante, la joie de construire quelque chose ensemble, a-t-il poursuivi.C’est un des députés actuels du Bloc québécois, Nie Leblanc, qui a été élu, hier, candidat officiel du Bloc dans le comté de Longueuih L’exécutif du comté avait appuyé sa candidature à l’unanimité.Au-cui) opposant ne s’était manifesté.Elu sous la bannière conservatrice en 1984 et 1988, M.Leblanc est député du Bloc québécois depuis 1990.A la prochaine élection fédérale, «cet automne», il tentera dé se faire élire une troisième fois par les électeurs du comté de Lori-1 gueuil, cette fois «parce que je veux faire la promotion de la souveraineté du Québec».Jean Charest compare sa carrière à celle de Joe Clark Ottawa (PC) — Comparant sa carrière politique à celle du ministre des Affaires constitutionnelles Joe Clark, Jean Charest affirme que la conclusion de la campagne au leadership du Parti conservateur pourrait provoquer autant de surprises que i’élection inattendue de M.Clark en 1976.Jean Charest, le ministre fédéral de l’Environnement, a répondu ainsi à plusieurs reportages indiquant que la victoire de la ministre de la Défense Kim Campbell était assurée si elle entrait dans la course.«Si nous devions conclure que la course est déjà terminée en se fiant à ce que nous savons maintenant, cela signifierait que des gens comme Joe Clark, par exemple, n’aurait jamais participé à la course au leadership en 1976», a dit le ministre Charest lors d’une entrevue diffusée hier par le réseau CTV au cours de l’émission Question Period.En 1976, on disait que le député québécois Claude Wagner avait une longueur d’avance sur tous ses rivaux à la succession de Robert Stanfield.L’élection de Clark ou de Mulroney, tous deux âgés de 36 ans à l’époque et les deux plus jeunes candidats de la course, tenait presque du miracle.Au premier tour de scrutin, Joe Clark était troisième derrière Wagner et Mulroney.Mais il a causé toute une surprise en passant en deuxième place pour ensuite être désigné vainqueur après un quatrième tour de scrutin.; ' Jean Charest, 34 ans, a déclaré que l’histoire récente du Parti conservateur alimente son optimisme.«Lors des deux derniers congrès au leadership, le candidat qui se trouvait en première place après lé premier scrutin ne l’était plus après le dernier.C’est donc une course qui ne fait que commencer».Ce n’est qu’après quatre tours de scrutin que Brian Mulroney a été déclaré vainqueur au congrès à la direction du Parti conservateur dé 1983.Joe Clark le devançait pourtant après chacun des trois premiers tours.‘i M.Charest et les députés d’arrière-banc Patrick Boyer et Garth Turner sont les seuls candidats officiels en lice pour le prochain congrès à la direction du PC, qui se déroulera du 9 au 12 juin à Ottawa.Mme Campbell a fait l’objet de commentaires plutôt tièdes de la part de la ministre des Affaires extérieures Barbara McDougall, qrti était également interviewée dans le cadre de l’émission Question Period.«Bien que tout le monde fasse état de l’incroyable support dont elle bénéficie, il y a encore une grande part de curiosité dans cet engouement», a dit Mme McDougall.?I 902524 LE DEVOIR.L E I.f X DI 2 2 M A R S 1 !) 9 3 * LES ACTUALITÉS - Les autochtones doivent assurer leur propre sécurité, soutient Max Yalden Nous devons mettre fin à un régime colonialiste, ajoute le président de la Commission des droits de la personne Kim Campbell, députée de Vancouver centre PHOTO PC pim Campbell ne serait même pas assurée de la victoire dans son comté PRESSE CANADIENNE Vancouver — Conserver son siège de député de Vancouver centre pourrait bien être l’un des défis les plus exigeants auxquels devra faire face la présumée candidate à la direction du Parti conservateur, la ministre de la Défense Kim Campbell.(Même si plusieurs de ses collègues du cabinet appuient sa candidature à la succession de Brian Mul-rqney, il faut rappeler qu’elle n’a battu le candidat du NPD, en 1988, que p^r une majorité de 269 votes.¦Et le NPD est toujours sur les rangs: Mme Betty Baxter a été choisie pour représenter le parti, en juin dernier, et a commencé à faire du Rqrte à porte en décembre.:Médecin de famille pratiquant dans la circonscription depuis 22 ans qt ancienne présidente de l'Association médicale de Colombie-britan-nique, Mme Hedy Fry sera pour sa part la candidate libérale.Traditionnellement, le siège de Vancouver centre est d’ailleurs considéré comme un château fort libéral, n «J’espère que Kim Campbell ne sera pas parachutée dans une autre circonscription», a déclaré Mme Fry, le soir de son.investiture.Les noms de cinq autres circonscriptions ont circulé parmi les opposants, comme autant d’endroits où Mme Campbell pourrait être intéressée à se présenter, mais le directeur de sa campagne électorale, David Camp, a déclaré qu’elle n’en choisirait aucune.,«11 n’y a aucune raison de croire qu’elle songe à se faire élire dans une autre circonscription, a-t-il dit.La Campbellmanie est toujours bien vivante dans Vancouver centre depuis 1988».On s’attend à ce que Mme Campbell annonce cette semaine qu’elle sera candidate à la direction du PC.Seul le ministre de l’Environnement Jean Charest et deux députés ontariens, Patrick Boyer et Garth Turner, sont officiellement dans la course.Vancouver centre est une circonscription urbaine, où bon nombre des 140000 personnes qui l’habitent sont en transit.On y trouve probablement la plus importante communauté homosexuelle au Canada ainsi qu’un nombre élevé de célibataires.Capitaine de l’équipe olympique canadienne de volleyball, en 1976, et propriétaire d’une petite entreprise, Mme Baxter, 40 ans, la candidate nèo-démocrate, affiche ouvertement son lesbianisme et affirme que la défense des droits des gais et lesbiennes fera partie des cinq principaux thèmes de la prochaine campagne électorale.«Les gais et lesbiennes se sont sentis trahis par Kim Campbell, alors qu’elle était ministre de la Justice, a-t-elle dit.Ils ont été exclus des législations et n’ont pas acquis la protection nécessaire dans plusieurs domaines.Pour les gais, la tentation est grande d’élire un des leurs».Mme Baxter promet également de passer à l’attaque sur d’autres fronts: «Les gens sont préoccupés de l’emploi, de l’économie, et en veulent aux politiciens».Née à Trinidad, Mme Fry, 51 ans, va tenter elle aussi de nuire à Mme Campbell, en misant sur l’impopularité de M.Mulroney.' «Elle arrive avec tout le bagage du premier ministre, a-t-elle déclaré.On ne choisit pas un dauphin qui ne pense pas comme vous».Elle passera au peigne fin les réalisations de Mme Campbell en matière de défense et de justice, mettant l’accent sur les questions d’envergure nationale comme les garderies et l’achat d’hélicoptères' au coût de 5,8 milliards$.Mme Fry a rappelé que 68 pour cent des mères étaient sur le marché du travail.«Elles ont besoin de services de garde, bien plus que d’hélicoptères anti-sous-marins».Deux politologues de l’Université de Colombie-britannique, où Mme Campbell a travaillé au début des années 80, Ken Carty et Don Blake, croient que sa réélection dans Vancouver centre n’est pas menacée, surtout si elle s’y présente comme aspirante au poste de premier ministre du pays.M.Blake dit considérer que la faible popularité du premier ministre Mulroney ne devrait pas entrer en ligne de compte dans l’évaluation des chances de Mme Campbell de l’emporter.«Elle a réussi à se faire élire en 1988 par ses propres moyens, donc elle ne doit rien à M.Mulroney».M.Carty fait remarquer quant à lui que Mme Campbell a fait mentir les prédictions, en 1988, quand les néo-démocrates ont pris 19 sièges de la Colombie-Britannique contre 12 qui sont allés aux conservateurs.«La tendance ne sera pas si favorable au NPD, lors des prochaines élections.De plus, le fait d’être premier ministre, si c’est le cas, accorde d’emblée un certain nombre de votes».MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les autochtones doivent assurer eux-mêmes la sécurité publique sur leurs territoires, affirme le président de la Commission des droits de la personne, Max Yalden.«Qu’on laisse aux autochtones les moyens de trouver, dans leurs traditions, comment faire face aux atteintes à la justice», soutient M.Yalden.La commission qu’il préside dressait la semaine dernière un portrait peu reluisant du respect des droits des peuples autochtones au Canada.Décrochage scolaire, violence familiale, alcoolisme, infractions mineures, suicides sont le lot des autochtones, surtout les jeunes.Ce sont là les symptômes d’une perte générale du sens de la dignité et de la finalité sociale, estiment les commissaires.«La Loi sur les Indiens est répugnante et dépassée», décréte-t-on dans le rapport annuel de la commission.«Nous devons mettre fin à un régime colonialiste, ajoute M.Yalden.On ne doit pas démanteler le minis- DANNY VEAR LE DEVOIR Quelques centaines de personnes ont participé hier à une manifes-tauon qui célébrait l’harmonie interculturelle à Montréal.Devant la Place Ville-Marie, avant que la colonne des manifestants ne s’ébranle, quelques-uns d’entre eux ont dû toutefois converser quelques instants avec des invités plutôt inattendus qui n’étaient pas les bienvenus.Michel Larocque, présumé chef du Ku Klux Klan de Montréal, était sur place.Provocateur, il était accompagné de huit membres d’un des chapitres du KKK montréalais qui compterait au total quelque 25 membres.tère des Affaires indiennes et du Nord mais trouver et permettre l’établissement de modèles d’autonomie gouvernementale conrets, modèles 3ui puissent s’adapter à la variété es coutumes et des situations autochtones à l’échelle du pays».L’un des éléments-clés de l’autonomie gouvernementale est l’instauration de systèmes autochtones autonomes de sécurité publique.Pour arriver à la «coexistence féconde» de tous les Canadiens, M.Yalden favorise des «arrangements par lesquels les autorités autochtones de concert avec les autorités provinciales permettent aux communautés et aux réserves autochtones d’organiser leur propre police».L’établissement de tels systèmes judiciaires ne veut pas dire la création d’un code criminel typiquement autochtone.«Il faut un Code criminel commun à tout le pays», dit-il.La Commission canadienne des droits de la personne juge aussi nécessaire «de maintenir des normes communes de justice ciminelle à l’intérieure d’une même communauté nationale».«Cela, ajoute-t-on, ne devrait pas pour autant exclure la possibilité de Selon M.Larocque, ils étaient là pour dénoncer la condamnation de Martin Belhumeur, un jeune sympathisant de groupes d’extrême droite, qui a été reconnu coupable vendredi d’avoir transporté des cocktails mo-lotov dans le cadre d’une expédition à caractère raciste dans l’est de Montréal.«Martin Belhumeur est un martyr.Nous souffrons de discrimination», a affirmé Michel Larocque.«Il y a du racisme à notre égard», a-t-il dit.Agé de 35 ans, M.Larocque accompagnait le jeune Belhumeur lors de l’expédition dans l’est de Montréal qui devait servir à venger un jeune Blanc qu’auraient tabassé deux jeunes Noirs.Aucune accusation n’a cependant été porté contre lui.Hier, M.Larocque était accompa- mettre à l’essai des solutions de rechange crédibles et responsables; les deux systèmes doivent être compatibles, mais il n'est pas question d’insister pour qu’ils soient identiques».C’est ce qu’a fait le Québec.Depuis 1991, les Montagnais de Betsiamites, sur la Côte-Nord, ont leur propre service policier.Ce service est autonome et dirigé par des policiers autochtones.Les policiers montagnais sont issus de l’Institut de police de Nicolet.Les Algonquins du Lac Simon, près de Val d'Or, auront bientôt leur propre service de police.Tout comme les cris de la Baie James.La Sûreté du Québec a récemment conclu une entente de gestion de la sécurité publique avec huit conseils de bande cris de cette région.Les Wendat-hurons de Wendake, en banlieue de Québec, ont paraphé une pareille entente, lundi dernier.La ratification de cette entente par les gouvernements fédéral et provincial devrait être faite au cours des prochaines semaines, dit-on à la SQ.Tous ces services policiers autochtones devraient être opérationnels l’été prochain.gné de cinq ou six adolescents masqués.«Ils ont peur qu’on les reconnaisse», a-t-il dit.Une dizaine de voitures de policiers ont tempéré les ardeurs des membres du KKK Cet incident a amené quelques commentaires des manifestants pacifistes.«C’est un geste désespéré d’un groupe en déclin», a expliqué Alain Dufour, président de la Ligue Anti-fascite Mondiale, l’un des quelque vingt groupes qui participaient à la manifestation.Le président du LAM a surtout déploré le comportement «inutilement provoquant» de M.Larocque.«Nous travaillons contre la montée des idées d’extrême droite et pour une nécessaire harmonie inter- La SQ laisse cependant aux gouvernements le soin de régler les dossiers plus politisés des Mohawks de Kanawakhe, de Kanesatake et d’Ak-wesasne, qui veulent aussi instaurer leurs services policiers.En 1987, les autochtones formaient 9,6 pour cent de la population carcérale au Canada.Cette proportion a grimpé à 11,1 pour cent en 1991.Les autochtones représentent pourtant moins de deux pour cent de la population canadienne.commission juge cette situation aberrante.«Ca ne donne rien de mettre les jeunes autochtones en prison», affirme Max Yalden.Dans un rapport publié en 1967 et intitulé Les Indiens et la loi, l’Association correctionnelle du Canada recommandait une forme quelconque de système de justice autochtone.La commission ajoute cette année: «Il nous paraît inconcevable que l’on puisse songer que les Canadiens autochtones exercent les droits pratiques qui sont essentiels pour leur dignité et leur épanouissement personnels sans envisager des formes de discipline sociale qui ne correspondent pas tout à fait aux opinions majoritaire».culturelle», a dit Nathalie Côté, porte-parole du Comité Québec pour tout le monde.Avec trente minutes de retard, les manifestants ont quitté la rue Université, devant la Place Ville-Marie, et ont passé sans incident devant les adolescents du Klan.Malgré le froid, la neige fondante et des bottes imbibées d’eau, les manifestants ont déambulé dans les rues de Montréal.Ils ont emprunté la rue Sainte-Catherine, la rue Saint-Laurent, et terminé leur périple au square Berri près de l’Université du Québec à Montréal.Contents d’être là, ils ont scandé des slogans antiracistes: «Non au racisme!», «Le racisme ne passera pas!», etc.Tous, ils les répétaient en choeur.PHOTO JACQUES NADEAU Une centaine de personnes pour l'harmonie interculturelle et huit contre ont manifesté, hier, devant la Place VilleMarie Manifestation pour célébrer l'harmonie interculturelle 4 4 » C-A I i1 + t ¦ ms* Belges et Québécois mettent leurs ressemblances dans la balance JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Pareils, pas pareils, les Belges et les Québécois?Ils ont comme nous leurs dissensions linguistiques, de savoureux débats constitutionnels qui durent depuis des années, et des électeurs bien plus préoccupés de pain et de beurre que du reste.! Mais ces ressemblances sont la surface des choses.Dix jeunes militants politiques belges qui viennent dp passer une dizaine de jours au Québec plaident plutôt pour le «Pas pttreils».11 Car la situation politique en Belgique est encore bien plus complexe que ce qui se vit au Québec.! Comme le lançait Bertrand Lespa-gpard, militant libéral de 21 ans, lors d'une rencontre avec LE DEVOIR: («Ce qui est marrant chez vous, c’est votre système binaire pour tout: Anglais-Français, Canada-Québec, fédéraliste-souverainiste, libéral-péquiste, qitholique-pas catholique., «Chez-nous, les oppositions existent aussi, mais multipliées par cinq pu six!» Le petit groupe lui-même en était la preuve vivante.Ils étaient dix jeunes, âgés de 21 à 34 ans, représentant cinq partis différents: socialiste, écologiste, libéral, social-chrétien et le Front démocratique francophone (FDF).Tous capables de se côtoyer parce que la vie politique de leur pays est fondée, représentation proportionnelle oblige, sur des gouvernements de coalition.Mais l’entente était aussi facilitée parce qu’ils se retrouvaient entre francophones.Des Flamands auraient été du voyage, il n’y aurait pas eu de belle harmonie, ont-ils constaté.Car les Flamands et les francophones de Belgique ne s’aiment guère et le disent haut et fort, bien plus ouvertement que tout ce que anglophones et francophones ont jamais pu exprimer au Canada.«C'est que nous sommes allés très loin dans la confrontation entre les deux communautés, explique Vincent Matthieu, jeune élu FDF de Bruxelles.Les différences sociologiques sont très profondes.Il y a eux .de leur côté, et il y a nous.» Et ce «nous», c’est là la surprise, n'existe pas non plus.Car les franco- phones de Belgique se divisent entre Wallons bt Bruxellois.Bruxelles et la province comme Paris et le reste de la France.La division est réelle, les reproches sont nombreux et le sujet est litigieux.Dès que nous l’avons abordé, une joyeuse pagaille a éclaté chez nos invités.Isolée en territoire flamand, harcelée par des ministres extrémistes qui veulent par exemple y interdire la télévision française — à cet égard les Bruxellois n’aiment guère notre loi 101 qui leur rappelle les limites que les Flamands leur imposent —, la ré gion bruxelloise a besoin de l’appui des francophones pour assurer sa survie.Sauf que la Wallonie a longtemps eu le sentiment que la riche * Bruxelles la snobait et elle accueille aujourd’hui d’un sourire moqueur ces appels à l’aide.Difficile dans un tel contexte de faire front, ce qui profite aux Flamands qui eux réussissent à mousser en bloc leurs dossiers, notait encore Vincent Matthieu.En fait, nous a-t-on expliqué, la Belgique une et unie n’existe plus depuis vingt ans.L’accord constitutionnel de la Saint-Michel, qui a mis en place le mois dernier un véritable système fédéral, n’a fait que consacrer dans des textes une division acceptée par tous.Ces accords, qui ne laissent que la part congrue des responsabilités au gouvernement central et consacrent l’autonomie des régions, conduiront-ils ou non au séparatisme?Un Flamand sur trois le souhaite, parce qu’ils sont riches et majoritaires dans le pays.Parce qu’ils sont moins nombreux et concentrés au Sud, là où sévissent les pires difficultés économiques, les francophones tiennent au contraire à ce qui reste de la Belgique.Mais le débat n’emballe pas les foules.L’accord de la Saint-Michel est très technique et ce sont les politiciens qui en ont débattu entre eux.La population, elle, souhaiterait plutôt qu’on lui cause récession.Pour brasser la cage, elle a d’ailleurs voulu voter différemment aux élections l’an dernier, faisant élire des écologistes.mais aussi l’ex-trême-droite, un vote terrible pour tous les jeunes que nous avons vus.Mais même en perdant des voix, les grands partis ont pu rester au pouvoir.La désillusion a été grande, notait la socialiste Marianne Putte-nians.C’est pourquoi d’ailleurs, et tout en lui reconnaissant des limites, les mutations que permet notre système parlementaire britannique leur a plu.Tout comme l’aspect plus dynamique et participatif de notre démocratie.«En Belgique, par exemple, le ré férendum ce n’est pas la démocratie.Les gens se disent plutôt “Vous nous avez élus, faites-nous confiance”», d’expliquer Jean-François Fueg, également du Parti socialiste.Invités par l’Agence Québec/Wallonie-Bruxelles, les visiteurs belges ont subi un véritable bain de culture politique québécoise: des conférences de professeurs d’histoire et de science politique, des rencontres avec les Jeunes libéraux et les Jeunes péquistes, des rendez-vous avec le président de l’Assemblée nationale, le Protecteur du citoyen, le président de la Commission d’accès a l'information.Ils ont assisté à Québec à la réouverture de la session parlementaire, fait un petit tour à Ottawa, passé par les hôtels de ville de Québec et de Montréal.Mais ce qui les a le plus impressionnés, c’est leur rencontre avec le directeur général des élections, Pierre F.Côté.Qu'on puisse contrôler le financement des partis politiques leur est apparu un indéniable progrès de la vie politique.Et tous, peu importe le parti, avaient la ferme intention d’en rediscuter chez eux.C’est René Lévesque, père de cette grande réforme, qui aurait été content.AÏÏTO DIVORCE (en collaboration avec une firme de notaires) Divorce, séparation de corps, convention de rupture et garde d'enfants À L’AMIABLE FAITES-LE VOUS-MÊME À BON PRIX ET SANS DÉLAI Tél.: 671-0804 1-800-667-0505 I, K I) K V 0 I It , I, K LUNDI 2 2 M A R S I !) !) 3 A 4 ?LES , 'S - La tourmente souffle sur les syndicats ontariens Le mécontentement et l'opposition aux politiques du NPD ne cessent de croître ANDRÉ SALWYN COLLABORATION SPÉCIALE Toronto — En anglais, cela s’appelle «damage control».En français on dirait: «limiter les dégâts», et c’est ce que le Syndicat des travailleurs et travailleuses de l’automobile du Canada est en train de faire pour essayer d’empêcher que la rébellion de sa section 222 ne fasse tache d’huile.Cette dernière a décidé le 4 mars dernier, par un vote de 553 contre 337, de cesser d’appuyer le Nouveau Parti démocratique au pouvoir en Ontario, mettant ainsi fin à plus de 30 ans de solidarité politique.Pour Bob Rae, cette décision a deux conséquences importantes.La première: une perte sèche de quelque 40 000$ en revenus pour le NPD (c’est la somme que la section 222, dans son ensemble, contribuait chaque année à la caisse du parti); la deuxième, beaucoup plus grave, traduit un mécontentement prononcé et une opposition croissante aux politiques du parti au pouvoir que l’on accuse maintenant d’en faire trop pour les femmes et les minorités ethniques.Alan Clarke, un des fomentateurs de la rébellion d’Oshawa, ne mâche pas ses mots et ses propos reflètent une opinion qui gagne rapidement du terrain en cette période de crise économique : «Je ne veux pas, dit-il, que mes fds soient obligés de faire la queue pour trouver du travail tout simplement parce que ce sont des hommes et que ce sont des Blancs!» Aussi respecté qu’il soit, Buzz Hargrove, le président du Syndicat des travailleurs de l’automobile du Canada, semble avoir bien du mal à limiter les dégâts causés par le mécontentement.Il s’est vite rendu compte que rappeler l’histoire et faire appel à la solidarité n’ont pas beaucoup d’emprise sur le terrain.En fait, il sait que le référendum permettant de se désolidariser officiellement du NPD, qui aura lieu lors de l’assemblée générale de la section 222 prévue en mai, est déjà considéré comme acquis.Ce qu’il tente de faire maintenant, c’est d’empêcher que ce genre de rébellion ne s’étende aux-autres sections, mais le mécon- tentement des syndiqués est tel qu’on lui donne bien peu de chances d’y arriver.surtout lorsqu’on apprend que la rébellion anti-NPD s’est déjà propagée à d’autres syndicats comme le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des métallos (chemins de fer) qui, eux aussi, menacent maintenait de se désolidariser du NPD.Ce mécontentement syndical ne se limite pas au parti au pouvoir en Ontario.Il existe aussi à l’égard des centrales.Le Syndicat canadien des travailleurs du papier vient de perdre 1250 membres en Ontario et on s’attend à ce qu’il en perde 300 autres à la fin du mois.La raison de ces défections est clairement exprimée par Gary Buccella, l’administrateur général du nouveau Syndicat indépendant des travailleurs du papier: «On en a eu ras le bol des tactiques dogmatiques et doctrinaires du président du Syndicat canadien des travailleurs du papier (Don Holder), qui refuse d’accepter que nous sommes tous sur le même bateau et que le patronat et les syndicats ont besoin de coopérer pour sur- vivre!.Nos emplois étaient en jeu et le syndicat semblait s’en ficher royalement!» Le nouveau syndicat a d’ailleurs signé une convention collective à long terme avec Domtar, et les détails de cette convention seront rendus publics lundi prochain.La tourmente, enfin, s’abat aussi sur les leaders eux-mêmes.Mécontents du gel des subventions provinciales et des coupures dans les programmes, les enseignants anglophones catholiques ont carrément mis dehors, avant-hier, la présidente de leur syndicat, Helen Biales.Le président de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario a failli lui aussi subir le même sort, n’étant réélu qu’avec une majorité de quelques voix.Claire Ross, la directrice d’une école de Guelph, émet cette opinion: «Les enseignants sont tellement frustrés par toutes ces coupures qu’ils ne savent pas où se tourner et s’en prennent à tout le monde.» Il semble bien qu’en Ontario, cette attitude est bien plus généralisée qu’on le pense.BONJOUR MONTRÉAL De 5h 15 .^ I CKAC73 Quebec a maintenant sa bienheureuse PRESSE CANADIENNE Rome — Soeur Dina Bélanger est devenue, en fin de semaine, la première fille de Québec à être honorée par l’Eglise catholique, en étant béatifiée et en faisant son entrée dans le calendrier des bienheureux.Dans la formule de consécration qu’il a prononcée samedi, le pape Jean Paul II a aussi officiellement autorisé les fidèles à célébrer sa fête «le jour de sa naissance au ciel», le quatre septembre.Hier, la Congrégation des religieuses de Jésus-Marie, à laquelle appartenait Dina Bélanger, a été encore une fois honorée dans la Basilique Saint-Pierre de Rome avec la canonisation de leur fondatrice, Mère Claudine Thévenet, une Lyonnaise qui a vécu de 1774 à 1837, au moment de la révolution française.En béatifiant soeur Dina Bélanger, qui est née dans le quartier Saint-Roch à Québec et a vécu de 1897 à 1929, le Saint Siège a montré encore une fois l'intérêt qu’il porte à l’Eglise cju Québec, a souligné le cardinal Edouard Gagnon, le parrain des deux causes de la Congrégation de Jésus-Marie durant une des fêtes réunissant plus de 7000 fidèles enthousiastes à l’auditorium Paul VI.,Le geste a aussi démontré que l’Eglise québécoise a réussi à faire débloquer, depuis 1980, plus de onze causes dont le dénouement aurait pu attendre encore pendant des décennies, si ce n’est des siècles.La seule canonisation honorant un Québécois avant l’accession du pape Jean Paul II au Saint Siège a été celle de André Grasset en 1926.Elle a été suivie de celle des Saints Martyrs-canadiens en 1982.Selon l’évêque André Cimichella du diocèse de Montréal et qui est chargé plus particulièrement des causes canadiennes, c’est grâce à une intervention musclée du cardinal Paul-Emile Léger qu’il n’a pas voulu préciser que le Vatican a finalement consenti à sortir des étagères les dossiers québécois.«Le cardinal Léger a comme mis un bâton de dynamite pour débloquer l’embâcle», s’est-il contenté de dire.En 1982, Marguerite Bourgeois a accédé à la sainteté.Elle a été suivie de Marguerite D’Youville en 1990.Chez les onze bienheureux, on compte Mgr de Laval (1980), Marie de l’Incarnation (1980), Cateri Te-kakwita (1980), le frère André de l’Oratoire Saint-Joseph (1982), Marie-Rose Durocher (1982), Léonie Paradis (1984), Zéphirin Moreau (1987), Frédéric Jabsoone (1987), Catherine de Saint-Augustin (1989) et, depuis samedi, Dina Bélanger.Parmi les béatifiés, la prochaine cause qui risque d’être poussée au cours des prochaines années est celle de la canonisation du frère André.Il y aussi les causes des vénérables Vital Grondin, Marie Esther Blondin et d’Alfred Pampalon (Lévis), qui continueront d’être passablement actives au cours des prochaines années en vue de les faire béatifier.«Les causes rendues à Rome pourraient prendre encore de dix à 15 ans pour aboutir», a expliqué Mgr Cimichella.«Dans le cas des vénérables, il faut prouver le miracle», a-t-il précisé.La cause la plus avancée actuellement est celle d’Emilie Grondin, de la Congrégation des soeurs de la Providence.Celle qui est probablement la plus lointaine est celle de l’ex-gouvemeur général du Canada, le général Georges Vanier, puisque l’étude du dossier est encore à l’étape préliminaire.Comme l’a souligné le ministre de la Justice, Gil Rémillard, qui a représenté le Québec aux cérémonies romaines, «le Québec a toutes les raisons de se réjouir de l’intérêt que l’Eglise porte aux Québécois».Le développement de la Baie James intéresse peu au Massachusetts PRESSE CANADIENNE Medford, Massachusetts (PC) — Le développement hydroélectrique de la Baie James a suscité peu d’intérêt, hier, dans le cadre d’une grande conférence sur l’environnement au Massachusetts.Pas plus d’une trentaine de personnes ont participé à un atelier sur la Baie James, Hydro-Québec et la Nouvelle-Angleterre, organisé dans le cadre de l’importante Conférence environnementale de la Nouvelle-Angleterre.L’Université Tufts, située à Medford en banlieue de Boston, organise cette rencontre annuelle depuis 15 ans.Ix>s participants, en provenance de toute la Nouvelle-Angleterre et de l’Etat de New York, auront notamment la chance aujourd’hui d’entendre le nouveau secrétaire américain de l’Intérieur Bruce Babbitt.Ils avaient le choix entre près de 70 ateliers, hier, et près de 30, aujourd’hui, sur des thèmes aussi divers que les espèces menacées et les impacts environnementaux de l’agriculture conventionnelle.L’atelier sur la Baie James, tenu dans un des pavillons les plus éloignés de l’Université Tufts, n’a pas attiré les foules: il y avait une quinzaine d’étudiants, quelques journalistes, un représentant de la législature du Massachusetts, quelques personnes intéressées à la question, et trois ou quatre représentants d’Hydrç-Qué-bec venus veiller au grain, prêts à rectifier toute erreur de fait.Il n’y a pas eu non plus de débat enragé entre l’auditoire et le panel, composé de Claude Otter du Grand conseil des Cris, Jacob Scherr, un avocat au Natural Resources Defense Council, Paul Messerschmidt, un consultant privé spécialisé dans les questions énergétiques, et Chris Bell, un étudiant de l’Université Tufts qui joue un rôle important dans la campagne menée contre Hydro-Québec sur le campus.Les représentants d’Hydro-Qué-bec n’ont pas jugé bon d'intervenir.«C’est plutôt la dimension émotionnelle qui est ressortie, a commenté Robert Denis, un des responsables du suivi environnemental au sein de la vice-présidence à l’environnement à Hydro-Québec.Les données factuelles ne sont pas sorties, c’est pour cela que je n’ai pas réagi».M.Otter a effectivement fait appel à l’émotion tout au long de son plai- j doyer.Il s’en est notamment pris à I certains journaux québécois francophones qui auraient récemment traité les Cris, les anglophones et les | Américains de menteurs dans ce ! dossier.«Si quelqu’un n’est pas d’accord [ avec Hydro-Québec, ce n’est pas un j vrai Québécois, a déclaré M.Otter, qui peut s’exprimer en cri, en anglais ou en français.C’est un extrémiste».Il a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une question de race; Cris contre Québécois, ou Québec contre le reste du monde.«Nous ne demandons pas à être un pays indépendant du reste du Québec, a-t-il fait valoir.Nous voulons simplement prendre nos propres décisions».Il a déclaré que, comme le Québec voulait protéger sa langue et sa culture, les Cris voulaient aussi protéger leur propre langue et leur culture.EN BREF ?FALARDEAU REMPORTE LE PRIX SUD-NORD DE DESTINATION MONDE Montréal — Philippe Falardeau, concurrent de l’émission La Course Destination Monde, diffusée à Radio-Canada, a remporté le prix sud-nord d’une valeur de 3000$ décerné par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) pour son film Kilonzorama, tourné en Tanzanie.Le film relate l’action humanitaire du professeur Kilonzo, d’une université de Tanzanie, qui a mis au point de moyens simples pour lutter contre la peste avec l’aide de villageois habitant une région éloignée du pays.«Voilà un portrait qui met en évidence les conditions de travail souvent difficiles d’un chercheur tanzanien», a souligné M.Piere Beemans, directeur général au CRDI.Le CRDI a créé le prix sud-nord en 1991 et désirait cette année l’accorder au candidat qui saurait le mieux dépeindre les conditions de travail d’un scientifique dans un pays en développement.-?- L’IRA REVENDIQUE LES ATTENTATS À LA BOMBE DE WARRINGTON Dublin (AP) — L’Armée Républicaine Irlandaise a revendiqué dimanche les deux attentats à la bombe perpétrés samedi à Warrington, au nord-ouest de l’Angleterre, tuant un enfant de quatre ans et blessant 56 personnes.Selon le Dr Arfan Saleh, responsable du service d’urgence de l’hôpital de Warrington, cinq blessés étaient toujours dans un état jugé critique dimanche.L’un d’eux, une femme de 33 ans, mère de famille, a dû être amputée de la jambe gauche.Dans un communiqué remis aux médias de Dublin, l’IRA a fait savoir qu’elle avait averti que deux bombes exploseraient dans le centre de Warrington.La police a contredit cette version des faits, affirmant qu’un homme avec un accent irlandais avait bien appelé un numéro durgen-ce environ 30 minutes avant l’explosion, mais avait précisé que les bombes étaient dissimulées à Liverpool.Au cours d’une conférence de presse, le chef de la cellule anti-terroriste de Scotland Yard a expliqué que les deux engins explosifs, découverts dans des poubelles, contenaient chacun environ 225 grammes de plastic, probablement du Semtex.-?- NAPPE DE PÉTROLE AU LARGE DES CÔTES NÉERLANDAISES Amsterdam (Reuter) — Une nappe de pétrole a été aperçue samedi au large des côtes néerlandaises, a déclaré un porte-parole du ministère néerlandais des Transports et de la Gestion des Eaux.D’une surface de 33 km sur huit km, la nappe ne menace pas le littoral néerlandais car les vents l’en éloignent, et en outre elle commence à se fragmenter, a ajouté le porte-parole.La source de cette nouvelle marée noire n’est pas déterminée, mais son repérage intervient au lendemain d’une alerte à la pollution causée par un pétrolier japonais en feu.-?- LE NORD-OUEST DE LA CHINE AUX PRISES AVEC LA NEIGE Pékin (AP) — Quinze personnes sont mortes et plus de 2000 autres ont été blessés au cours des deux derniers mois dans une région isolée du nord-ouest de la Chine en raison de tempêtes de neige, a rapporté dimanche l’agence officielle Chine nouvelle.Di province de Qinghai a été frappée par neuf violentes tempêtes.Quelque 47 6000 têtes de bétail ont également été tuées.Dans la plupart des régions touchées, les températures avoisinent moins 30 degrés Celsius.Quelque 12 8000 habitants et sept millions de têtes de bétail sont menacés par le froid.Des équipes de secours ont tenté de ravitailler la province mais leurs efforts ont été ralentis par la neige, le manque de moyens de transports et la dispersion de la population.-?- DEUX FEMMES QUITTENT LE RANCH DES DAVIDIENS Waco,Texas (Reuter) — Deux femmes âgées ont quitté dimanche en début de journée le ranch où sont retranchés depuis 22 jours des membres de la secte des I favidiens, a-t-on annoncé de source judiciaire sans donner d’autres précisions.Depuis la fusillade du 28 février, qui s’était soldée par la mort de quatre policiers, huit adultes ont quitté les iieux.Il reste encore à l’intérieur du ranch 101 personnes, dont 17 enfants.Samedi, le FBI a déclaré que les négociations avec David Koresh étaient sur la bonne voie et qu’il y avait bon espoir de voir le siège prendre lin prochainement.903524 L E O E V 0 I R • LE LT X |) l ¦> ¦> \| \ u s | i( a r> LE ~ ECONOMIE r ompagme eure teu 22/03/93 10h00 Vancouver 22/03/93 10h00 Toronto 22/03/93 11 hOO Toronto 24/03/93 11 hOO Toronto 24/03/93 14h00 Montréal 24/03/93 16h00 Montréal 25/03/03 10h00 Weston 25/03/93 11 hOO Toronto 25/03/93 14h00 Toronto 25/03/93 16h00 Toronto 26/03/93 08h30 Calgary 26/03/93 09h30 Calgary 26/03/93 10h00 Calgary 26/03/93 10h00 Toronto 26/03/93 14h00 Calgary 26/03/93 15h00 Red Deer Methanex Newfoundland Expl Teledyne Canada Hayes-Dana Visiontronic Group Logibec Groupe Informatique Gesco Industries CT Financial.Citadel Gold Mines MDS Health Group.Manson Creek Resources Waddy Lake Resources Golden Rule Resources Mining & Allied Supplies XL Foods Canadian «88» Energy OFFRE EN ACTIONS Encor (ECR) Valeurs : actions ordinaires.Modalités :Dans le cadre d’un projet de réorganisation, la compagnie Talisman Energy a présenté une offre en actions visant à se porter acquéreur de la totalité des actions ordinaires en circulation d’Encor Inc.Le taux sera de une (1) action ordinaire de Talisman Energy pour chaque groupe de soixante (60) actions ordinaires d’Encor Inc.PROLONGATION D’OFFRE T.G.Bright & Co Valeurs : actions de catégorie .A/(BRT.A) ou actions de catégorie ,B/(BRT.B).Modalités :Wine Acquisition a prolongé son offre en espèces et en actions visant la totalité des actions de catégorie .N et .B/ en circulation de T.G.Bright & Co.OPTION A : Espèces et actions (pour les actions de catégorie .A/), 17$ plus une action privilégiée de catégorie .N et un bon de souscription à des parts du produit de la liquidation de biens immobiliers de Wine Acquisition Inc.pour chaque action de catégorie .N de T.G.Bright & Co.soumise.Date d’échéance : le 26 mars 1993.OPTION B : Espèces et actions (pour les actions de catégorie .B/), 17$ plus une action privilégiée et catégorie .N et un bon de souscription à des parts du produit de la liquidation de biens immobiliers de Wine Acquisition Inc.pour chaque action de catégorie .B/ de T.G.Bright & Co.soumise.Date d’échéance : le 26 mars 1993.Note: Cette offre ne se réalisera que si 90 % des actions de catégorie .N et .B/ de T.G.Bright & Co.sont soumises à l’offre.PLAN D’ENTENTE G.W.Utilities (GWT) Valeurs : actions ordinaires.Modalités .Les actionnaires de G.W.Utilities Limited ont approuvé le plan d’entente entre G.W.Utilities Investments Limited et Olympia & York Developments Limited selon lequel G.W.Utilities Limited deviendra.une société fer-i mée.La période d’option pour obtenir des actions ordinaires de Home Oil Company Limited à titre de dividende présumé a été prolongée jusqu’au 22 mars 1993.ACQUISITION ET CHANGEMENT DE CATÉGORIE D’ACTIONS Norcen Energy Resources Valeurs : actions ordinaires avec droit de vote multiple(NCN) ou actions ordinaires avec droit de vote subordonné(NCN.A).North Canadian Oils (NCO) .Valeurs : actions ordinaires.Modalités : dans le cadre d'un projet de réorganisation, les actionnaires de Norcen Energy Resources seront appelés à voter une résolution autorisant cette dernière compagnie à se porter acquéreur des actions ordinaires de North Canadian Oils Limited que détiennent Noranda et DAAL Energy Holdings.Date de l’assemblée : le 1er avril 1993.NOTE : Norcen Energy Resources Limited a présenté une autre proposition à North Canadian Oils Limited qui ferait en sorte que celle-ci devienne une filiale en propriété exclusive de Norcen Energy Resources Limited.Toutefois, aucune entente n’a été conclue jusqu’à présent en ce qui a trait à cette transaction.Enfin, dans le cadre du projet de restructuration, une demande pour la reclassification des actions ordinaires avec droit de vote multiple et des actions ordinaires avec droit de vote subordonné de Norcen Energy Resources Limited sera présentée pour fin d’approbation à une assemblée devant avoir lieu le 20 avril 1993.RESTRUCTURATION B C Gas (BCG) Valeurs : actions ordinaires.Modalités : dans le cadre d’un projet de réorganisation, la Compagnie ci-des-sus mentionnée divisera ses activités en deux groupes : les activités réglementées par la British Columbia Utilities Commission (.BCUC/) et celles qui ne sont pas réglementées par cet organisme.PRIVILÈGE DE RACHAT AU GRÉ DU DÉTENTEUR Empire Company Limited Valeurs : actions privilégiées, série l(EMP.PR.A) Modalités :ll y a un privilège de rachat au gré du détenteur visant le titre ci-dessus mentionné selon les modalités suivantes : 25$ plus les dividendes accumulés et non versés pour chaque action ci-dessus mentionnée d’Empire Company Limted rachetée au gré du détenteur.Date d’échéance : le 15 avril 1993.Date de paiement : le 30 avril 1993.DIVIDENDE First Marathon Valeurs : actions sans droit de vote, catégorie ,A/(FMS.A) ou actions, catégorie ,C/(FMS.C).Modalités :La société First Marathon Inc.versera un dividende sur les actions ci-dessus mentionnées le 15 avril prochain aux détenteurs inscrits à la date de clôture des registres, le 31 mars 1993.Ce dividende consiste en un dividende régulier de 8 cents par action et un dividende supplémentaire de 17 cents par action.DIVIDENDE SUPPLÉMENTAIRE United Corporation.(UNB) Valeurs : actions ordinaires.Modalités :La Société ci-dessus mentionnée a déclaré un dividende supplémentaire de 1,30$ et un dividende en actions sur un gain en capital, payables sur ses actions ordinaires.L’équivalent en espèces est de 1,11 $.Date de clôture des registres : le 22 mars 1993.Date de versement : le 31 mars 1993.FRACTIONNEMENT D’UNITÉ Quorum Growth Valeurs : unités.Modalités .Les unités ci-dessus mentionnées seront fractionnées le 22 mars 1993.Une unité se composera d’une (1) action ordinaire et 0,5 bon de sous- • cription.Les composantes de l’unité seront distribuées aux actionnaires inscrits en date du 22 mars 1993.Banque Laurentienne du Canada Valeurs : actions ordinaires (LB) Unités : (LB.UN) Bons de souscription : (23 février 1996)(LB.WT) Modalités :Les unités de la Banque Laurentienne du Canada seront fractionnées le 23 mars 1993.Une unité se composera d'une (1) action ordinaire plus 0,67 bon de souscription expirant le 23 février 1996.Un bon de souscription entier plus 21$ permettront de souscrire à une (1) action ordinaire.Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de toi mais nous ne pouvons pas en garantir l’exactitude.Ce document, étant un bulletin d'intormation, pourrait s’avérer incomplet.Tassé et Associés TASSE Hydro a-t-elle copié un perdant?CATHERINE LECONTE LE DEVOIR Hydro-Québec choisit-elle bien ses modèles en matière de méthodes de gestion?Les articles que des magazines américains prestigieux tels que Fortune, Forbes et Business Week ont consacrés à l’expérience assez traumatisante vécue par la Florida Power and Light (FPL), la compagnie d’électricité de Floride dont Hydro-Québec s’est inspirée pour «changer en profondeur ses façons de faire», incitent à se poser la question.Selon ces magazines, le PDG qui a tenté d'appliquer à FPL une méthode japonaise de «contrôle de la qualité totale» qu’il avait lui-même copiée d'une compagnie d’électricité d’Osaka a perdu son emploi quelques mois après que l’entreprise eut gagné, fin 1989, un prestigieux prix de ges- pla tion japonais pour la façon exemplaire dont il avait suivi cette fameuse méthode.En 1990, son successeur renversait la vapeur et démantelait l’essentiel du système de gestion à la japonaise.Cette année-là, FPL déclarait des pertes exceptionnelles de 752 millions$US, qui se traduisaient, dans son bilan 1990, par une perte nette de 391 millions$.Alors que Wall Street avait été «un fan du groupe FPL (la maison-mère de la compagnie d’électricité du même nom) pendant la majeure partie des cinq dernières années», écrivait Business Week en novembre 1990, «FPL est maintenant en court-circuit».Selon l’heb-domaire, les agences de cotation de crédit Standard and Poor’s et Moody’s et la maison de courtage Donaldson Lufkin & Jenrette, persuadées que ces difficultés étaient durables, venaient d’abaisser la cote des obligations de la compagnie.Chez Hydro-Québec, la démarche d’inspiration nip-po-floridienne que l’entreprise a lancée fin 1990 s’appelle le «Défi performance» et se traduira cette semaine par la présentation, devant la commission parlementaire qui examine son plan de développement 1993-95, d ’une nouvelle annexe à ce plan, intitulée «l’engagement de performance».Ce document décrit le Défi performance comme «une démarche fondée sur la gestion intégrale de la qualité», qui «contribue à développer dans l’entreprise une culture de la qualité».En gros, la société d’Etat a identifié 27 «indicateurs de performance» prioritaires pour lesquels elle se fixe des objectifs chiffrés d’amélioration de sa gestion et de son service pour les trois prochaines années.Ces indicateurs sont censés mesurer la performance dans six domaines: qualité du service à la clientèle: fourniture d’électricité; responsabilité environnementale et sociale; ressources Le risque inhérent de sa méthode de qualité totale: oublier ce qui la motive.humaines; technologie; prix de l’électricité.Dans un document interne, Hydro-Québec explique comment, en «respectant intégralement la méthodologie» de FPL, elle a élaboré les «tables des besoins des clients d'Hydro-Québec» qui ont abouti à prioriser ces «indicateurs de performance».Sur la centaine de pages de ce document, moins de trois sont consacrées aux risques inhérents à cette «innovation appelée à jouer un rôle significatif dans la planification et la gestion de l'entreprise».On y mentionne rapidement qu’à cause de «la grande concentration d’énergies» sur quelques objectifs et des «importants effets d’entraînement» qui en résultent, «les erreurs d’évaluation et de mesure peuvent se répercuter sur un grand nombre de décisions et devenir très coûteuses sur le plan financier' aussi bien que sur celui de la mobilisation des ressources hu- maines».On indique aussi que la méthode de quantification de critères qualitatifs comporte «le risque inhérent d'en sanctionner l'arithmétique en oubliant ce qui la motive».C’est précisément l’ornière dans laquelle s’est embourbée FPL, à en croire le numéro du 1er juillet 1991 du magazine Fortune.Le nouveau PDG qui a «démantelé une grande partie de la bureaucratie de la qualité» que son prédécesseur avait mis en place pour appliquer cette méthode écrit en 1990, dans un mémo interne à la compagnie, qu’il a constaté avec effroi, à son arrivée aux commandes, que «prendre de bonnes décisions d'affaires était devenu moins important que respecter le processus d’amélioration de la qualité».«J'ai été particulièrement troublé, écrit-il après avoir rencontré les employés, par l’opinion fréquemment exprimée que le souci du processus avait conduit à nous faire perdre de vue l’un des principes de base de l’amélioration de la qualité, à savoir le res|>ect des employés.» Fortune ajoute que la Commission des services publics de Floride, la régie indépendante qui supervise les activités de FPL, «ne semble pas ravie de la qualité de FPL.Bien que ce que les autorités appellent “les plaintes justifées” déposées contre FPL par les consommateurs aient nettement diminué au cours de la dernière décennie, le taux de plaintes par millier d’usager reste plus élevé que ceux des trois principales autres compagnies d’électricité privées de l'Etat.» Hydro-Québec affirme cependant, en un paragraphe, que «si on prend les dispositions appropriées, les risques (de la méthode) cèdent le pas aux avantages, et de beaucoup».TOURISME D’AFFAIRES L’industrie des congrès rêve d’un gouvernement actif et discret NORMAND CAZELAIS COLLABORATION SPÉCIALE La compétition est forte, très forte, sur les marchés des congrès et des voyages de motivation.Elle met aux prises des entreprises d’accueil et des destinations qui doivent concevoir des produits et des approches aptes à convaincre des clientèles de plus en plus sollicitées et exigeantes.• Faire face à la concurrence qui s’internationalise sans cesse exige de leur part de développer des actions d’ensemble; cela demande également aux divers gouvernements de mettre l’épaule à la roue.Aujourd’hui et demain, se tient au Centre des congrès d’Ottawa l’assemblée annuelle de l’Association canadienne des congrès et des voyages de motivation, mieux connue sous son sigle anglophone (Convention & Incentive Travel Association of Canada).Son thème: la compétition dans un marché global.Y participent des délégués des secteurs public et privé travaillant dans les transports, l’hébergement et autres secteurs concernés, qui discutent des meilleurs moyens à déployer pour «élaborer une stratégie canadienne permettant de conquérir les marchés américains et internationaux des congrès».Selon les organisateurs de l’événement, le défi est de mobiliser tous ces différents acteurs et de les faire travailler ensemble autour d’objectifs communs, ce qui est plus facile à dire qu’à faire.Les sujets abordés réflètent la complexité de l’univers des congrès et des voyages de motivation (aussi connus sous le vocable de voyages-récompenses) et la variété des problèmes à gérer.Relevons-en quelques uns: • l’évolution démographique et les nouvelles tendances observées chez les consommateurs et les voyageurs d’affaires • les effets de la globalisation du transport aérien sur le tourisme en général et les congrès en particulier • le positionnement du Canada et de ses régions comme destinations pour les réunions d’affaires et les voyages-récompenses • les tendances et perspectives des réunions d’affaires et des voyages de motivation sur le marché des Etats-Unis • le partenariat à instaurer entre le secteur privé et le gouvernement fédéral pour faciliter l’accueil des touristes et des délégués aux congrès • les changements et les objectifs des succursales américaines du ministère des Affaires extérieures du Canada et de leurs pratiques de marketing.Au nombre des conférenciers invi- tés, on remarque des personnes dont la présence peut surprendre devant un tel auditoire.Pensons, par exemple, à Paul Desbiens, directeur au ministère des Affaires extérieures, Bill White, directeur à Emploi et Immigration Canada et Marvin Goodman, directeur à Revenu Canada, Douanes et Accises.Soutenir la concurrence n’implique pas seulement d’offrir des services et prestations de qualité mais aussi profiter d’un environnement administratif, juridique et politique qui sache gommer le mieux possible les irritants.Rien n’incommode plus les voyageurs d’affaires et les participants à des congrès ou colloques que d’avoir à subir de longues et souvent inutiles tracasseries de la part de l’impôt, de l’immigration ou encore de la douane.L’image de marque d’une destination et, conséquemment, les performances de ses représentants sont liées à cette capacité des gouvernements d’imaginer et de déployer des moyens propres à maintenir leurs exigences tout en les rendant aussi discrètes que possible.AVIS D’ASSEMBLEE GÉNÉRALE SPÉCIALE Avis de convocation à une assemblée générale spéciale des membres de la corporation Les Services Sociaux Juifs à la Famille de Montréal, le jeudi 8 avril 1993, à 12h30, au 5250 Bout Décarie, suite 130, Montréal, aux fins d'abroger et de remplacer les objets décrits dans les lettres patentes du 23 septembre 1943.Tout membre de la corporation peut se procurer la liste des nouveaux objets en contactant la corporation au siège social de celle-ci, 5250 Bout Décarie, suite 130, Montréal, H3X 2H9.ROB1C AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ-INTELLECTUELLE 55, St-Jacques, Montréal, QC H2V 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R«0-B*l*C J-\i maitîiic dm iniaiuiivlei AVIS PUBLIC Conseil scolaire de l’île de Montréal Avis est donné, en conformité avec les dispositions contenues aux articles 394, 415 et 430 de la Loi sur l’instruction publique (L.R.Q., C.1-13.3), à l’effet que le Conseil scolaire de l'ïle de Montréal a adopté, lors de sa séance ordinaire du 15 mars 1993, le règlement suivant : RÈGLEMENT NO 42 (1993)4: RÈGLEMENT MODIFIANT LE REGLEMENT ANNUEL SUR LES MESURES DE RATTRAPAGE EN MILIEUX DÉFAVORISES - ANNÉE 1992-1993.Ce règlement entre en vigueur à la date de publication du présent avis.Donné à Montréal, ce 22 mars 1993.La secrétaire générale, Madeleine Laurin Perreault A SURVEILLER LUNDI ¦ Congrès del’ACPP Débuté dimanche, le congrès de l'Association canadienne des pâtes et papiers s’étend jusqu’à mercredi.Au programme: le bilan de la recherche, la position de l’industrie sur les marchés internationaux, les changements dans la politique forestière.¦ La CIBC devant le Cercle Le président du conseil et chef de la direction de la CIBC, A.L.Flood, est le conférencier iunvité au déjeuner-causerie organisé par le Cercle canadien de Montréal.Son allocution traitera de l'importance d'établir des synergies entre tous les secteurs de l'économie dans les années 1990.MERCREDI ¦ Les États-Unis et l’ALENA La Société de droit international économique reçoit Marshall L.Casse, minister counsellor for économie affairs de l'Ambassade des États-Unis.La conférence porte sur la position de la nouvelle administration américaine face à l'accord sur le libre-échange nord-américain.¦ Création de son propre emploi Le Groupe Entreprendre ouvre les portes à une soirée-rencontre sous le thème de la création de son propre emploi, un thème qui déborde sur les idées d’entreprises, sur le partenariat et les tendances de consommation.¦ Techniques de gestion des marchés émergeants L'Association des analystes financiers de Montréal lance l’invitation à une conférence portant sur les nouvelles techniques quantitatives appliquées dans la gestion des marchés émergeants et des taux de change.¦ Entreprise et récupération Midi-causerie proposé par la Chambre de commerce de Laval autour de Normand Maurice, président du Centre de formation en entreprise et récupération.¦ L’Europe de l’Est Le Centre de commerce mondial invite deux délégués commerciaux canadiens à regarder l’Europe de l’Est et à se pencher sur la façon d’y entreprendre des affaires.JEUDI ¦ Spécial Ukraine Petit-déjeuner causerie sur le commerce international organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Les événements diffusés dans cette chronique ont été recensés en collaboration avec L'Informateur des gens d’affaires, le média des événements d’affaires.Tél: (514)355-0474 Les événements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons en garantir l’exactitude.Relais d’affaires RF.IAIS & CHATFAUX LA FISE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY Plein air et gastronomie dans un dccor d’autrefois.Un relais pour les gourmets-gourmands, classé 4 fourchettes.Le charme d’une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer.Forfait conférence incluant 3 repas, 2 pauses-café, frais de service 140$ p p.occ simple/par jour ou 110$ p.p.occ.dblc/par jour.Pour renseignements: Tel.: (819) 842-2451 Fax: (819) 842-2907 LAURENTIDES / SAINTE-ADÈLE HÔTEL L’EAU A LA BOUCHE Ste-Adéle, un bouquet pour fleurir vos vacances.Confort, calme, détente et tout le service auquel vous vous attendez.26 chambres luxueuses.Salons aménagés pour réunions.Le restaurant vous servira une fine cuisine du marché.Classé 4 fourchettes et 5 fleurs de lys.Demandez nos forfaits.Tel.sans frais de Mil: 514-227-1416 ou 229-2991.Fax: 229-7573 MONTÉRÉG1E / SA1NT-MARC-SUR-LE-RICHELIEU HÔTELLLERIE LES TROIS TILLEULS À St-Marc-sur-le-Richelieu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d’un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu, où le personnel n'a qu’un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».5 salles de réunions disponibles.Nous avons differents forfaits à vous proposer.584-2231 A1C L E I) E V 0 1 R , I, E LUNDI 2 2 M A II S I 9 9 3 "A 6 EDITORIAL L’heure de vérité en Russie François Brousseau Tel un funambule sur le mince fil qui sépare l’impuissance politique de la tentation dictatoriale, le président Boris Eltsine a fait ce week-end un pas décisif vers un règlement de la crise politique russe, sans franchir les limites au-delà desquelles il s’attirerait les foudres de l’Occident.Mais le peuple suivra-t-il?¦rjv lus fort qu’on le croyait, disposant toujours de ressources politiques étonnantes, le président russe Boris Eltsine a frappé fort et juste ce week-end, affirmant ses prérogatives face à un parlement rétif et destructeur, mais sans pour autant franchir les limites au-delà desquelles son acte aurait pu s’attirer les foudres des démocrates du ¦ Boris Eltsine a fait avancer le débat fondamental sur la question non résolue qui ronge le processus des réformes en Russie: qui dirige ce pays à la fin?Le président élu au suffrage universel ou une collection de soi-disant législateurs issus d’un régime aujourd’hui défunt, et qui n’ont su au cours des dernières semaines que pratiquer une obstruction de plus en plus systématique?Le geste du président russe, assorti d’une date-butoir rapprochée — référendum-plébiscite le 25 avril — permet peut-être d’entrevoir une issue à l’épuisant débat actuel, et d’ouvrir la voie à d’autres étapes plus constructives, dans le difficile passage de l’après-communisme où s’est engagée l’ex-Union soviétique il y a bientôt deux ans.Sur le mince fil qui sépare l’impuissance politique de la tentation dictatoriale, c’est en tout cas la meilleure solution qui ¦s’offrait au maître du Kremlin.r- ' L’Occident dans son ensemble ne s’y çst pas trompé, en appuyant d’une façon .qnanime et quasi inconditionnelle le président russe dans son entreprise.Le «coup dè force en douce» de Boris Eltsine, qui 'Ait en substance «merde» aux parlementaires, mais sans pour autant envoyer les tanks, dissoudre le Congrès ou suspendre les libertés fondamentales, est un habile coup de poker qui remet finalement la décision au peuple.Le choix n’est peut-être pas enthousiasmant pour one population épuisée par les difficultés de la vie quotidienne et qui considère de plus en plus les joutes politiciennes comme des arguties extra-terrestres.Mais il y a fort à parier qu’au-delà du manque de foi envers les politiciens de toutes tendances, les Russes préféreront quand même Boris Eltsine à cette collection d’ex-appa-ratchiks occupés à préserver ce qui leur reste de pouvoir et tentés de réinstaurer un ordre ancien peut-être moins révolu qu’on le pensait.Des dépositaires auto-fifoclamés de la démocratie qui ont rompu, à la première occasion, l’armistice conclu en décembre dernier avec le chef de l’exécutif.Une erreur serait de regarder la joute actuelle en termes strictement juridiques.Vu d’un pays — le Canada — qui s’est fait une spécialité de l’enculage de mouches constitutionnel, on pourrait avoir tendance à juger strictement l’acte de Boris Eltsine à l’aune de la légalité, des textes et autres pactes existants en Russie.Certes, la création d’un Etat de droit là où il n’y a encore que magouilles, contrats provisoires et duels de volontés personnelles est une priorité dans la conjoncture russe.Mais ce qui se joue surtout, c’est une lutte de légitimités politiques entre lesquelles quelqu’un doit bien trancher.L’appel au peuple de Boris Eltsine comporte un réel danger populiste et autoritaire.Un président peut avoir été élu, pour ensuite fouler aux pieds la démocratie: les précédents historiques abondent.Mais un «pouvoir fort» comme celui auquel pense Eltsine n’est pas forcément dictatorial.Il correspond en outre, très vraisemblablement, à ce que désirent intérieurement un grand nombre de Russes.L’histoire de ce pays, ainsi que la conjoncture confuse du moment, militent aujourd’hui en ce sens.Entre la «poigne» de l’un (Eltsine) et les protestations démocratiques des autres fie Parlement de Rous-lan Khasboulatov), le plus démocrate n’est pas celui qu’on pense.Car aujourd’hui, l’alternative concrète à la «poigne» eltsinienne, ce n’est pas la démocratie parlementaire achevée à l’anglaise.C’est un retour de la Russie à ses démons, aux affres de la dictature et du chaos, à l’image des premières années de la révolution bolchévique.Avec des conséquences incalculables pour le monde entier.Du côté des institutions, il y a, outre le Parlement, un autre joueur dont les décisions peuvent peser sur le résultat de la partie en cours.En effet, que feront les héritiers de l’Armée rouge?Dépourvue de traditions putschistes, l’armée ex-soviétique oscille aujourd’hui entre la tentation de l’insoumission et celle de l’appui à un pouvoic présidentiel renforcé.Les raisons ne manquent pas, pour les officiers russes, de se montrer impatients, exigeants et tentés par «l’ordre-à-tout-prix»: humiliations à répétition sur la scène internationale depuis quatre ans, perte de prestige sur la scène intérieure, recyclage chaotique dans le civil pour de nombreux exsoldats.Pourtant, le ministre de la Défense ainsi que ses proches sont généralement étiquetés «ultra-eltsi-niens», et les tentations «bonapartistes» semblent toujours contenues.Au-delà du jeu entre les institutions — présidence, parlement, armée — qui tiennent encore debout, c’est l’attitude, passive ou active, de la population qui pourrait bien faire la différence en bout de ligne.Comme dans bien d’autres pays à la démocratie balbutiante ou même achevée, l’écoeurement de la population face aux babils politiciens est sans doute le plus redoutable adversaire de Boris Eltsine.Dans l’étape décisive qui s’annonce après ce week-end, le président a besoin de l’appui populaire pour assener à ce parlement semi-démocratique le coup de grâce qu’il mérite.Mais l’obtiendra-t-il?Cette consultation en forme de plébiscite mobilisera-t-elle un nombre suffisant d’électeurs?Les innombrables pouvoirs locaux de la Fédération de Russie feront-ils physiquement obstacle à la tenue du scrutin?La capacité pour l’Etat russe d’organiser un scrutin digne de ce nom et porteur de légitimité sera un test primordial pour l’ordre nouveau, à la fois ferme et démocratique, qu’entend instaurer Boris Eltsine.À défaut de quoi, privé de légitimité comme de capacité d’imposer l’ordre, cet Etat se décomposera et les pires prédictions — qui ont recommencé à fleurir dans la presse internationale — se vérifieront.Boris Elstine frappe fort et juste L’empire des influences Émigrant français depuis un peu plus de six mois, je commence seulement à ressentir l’état d’esprit du Québécois qui, il me semble, se veut plus Français que moi-même, un peu perdu dans sa véritable identité mais à la recherche d’une personnalité et par ailleurs influencé, malgré lui, par des Canadiens anglophones plus Anglais que les Britanniques de la Grande-Bretagne: par les Américains et leurs films et chanteurs, musiciens, groupes rock qui monopolisent toutes les radios et télévisions commerciales importantes au Québec: enfin par la France avec son passé chargé d’histoire, sa langue, ses parfums, ses vins, et ses artistes omniprésents dans les médias francophones de la province.L’influence est selon moi le problème où peut être l’eudémonisme du Québec, entouré par tellement d’ethnies aussi différentes les unes des autres qu’il n’y a finalement et sûrement pas d’autres alternatives que de s’ouvrir sur des mondes extérieurs donnant une apparence qui peut sembler étrange aux Français de France, mais tellement riche d’enseignements que l’attitude du Québécois de Montréal est plus chaleureuse que nulle part ailleurs au monde et que d’un autre côté cette ouverture, face à un hiver rigoureux de six mois, désoriente quelque peu le francophone d’Amérique du Nord qui pendant cette morte période réfléchit à son existentialisme, son devenir, et lui procure inévitablement une influence sur un monde extérieur en plein mouvement.Kst-il plus aisé, ou tout simplement plus confondant pour un journaliste venant de l’étranger, de s’apercevoir que la vie francophone LETTRES -?- au Québec est basée en grande partie sur des influences étrangères et que ce «défaut» se transforme en qualité afin de confirmer et reconnaître le Québec, comme la véritable ouverture sur le monde extérieur?Denis Boutillot Chomedey, 28 janvier 1993 Parizeau dit vrai Une déclaration-choc, celle de M.Parizeau, et voilà c’est parti.Nos «bien-pensants» s’offusquent, se scandalisent.Pourtant, la vérité est toute simple: nos amis des communautés culturelles sont encore pour la majorité de tendance fédéraliste.C’est leur choix et je le respecte.Je ne suis pas membre du Parti québécois, ni un admirateur de M.Parizeau.Je suis comme la majorité de la population, peu importe l’origine, désabusée des politiciens et des éditorialistes qui manipulent la population.Pendant que le peuple se bat pour gagner sa vie, nos chroniqueurs et politiciens, encore une fois, sont tentés de détourner l’attention.M.Parizeau a tout simplement dit ce que tout le monde connaît.Est-ce si effrayant?Si oui, pour qui?Pour ma part, je souhaite de tout coeur que tous les groupes du Québec réfléchissent et s’informent sur la seule vraie question: un Québec souverain est-il acceptable et vi-vable?Jean Bourassa Saint-Félix-de-Valois, 27janvier 1993 Ces gens-là Brave M.Parizeau, en cette époque de la Political correctness, il suffirait qu’un minoritaire soit poète pour que celui qui énoncerait que «M.Jourdain faisait de la prose» soit vilipendé.Pourtant, les commentaires des anglophones, à commencer par Mme G.Chambers, ont été très mesurés, lui donnant raison sur le fond.Ceux qui sont montés dans les rideaux sont les allophones comme Mme Houda-Pépin: la suffisance de l’enracinement historique quoi! Et que dire de certains éditorialistes et de ses amis du PQ?Avec des amis comme cela.Lors de la crise d’Oka, M.Parizeau avait émis des commentaires pas très corrects, à des milles de distance de l’opinion prévalant dans les salles de rédaction.Qui oserait contester aujourd’hui que c’était M.Parizeau qui reflétait le mieux l’opinion de la majorité?Faut-il que cet homme-là, qui a socialement tout à perdre dans ce combat aime son pays, son peuple, pour accepter de payer le prix de son courage décolonisateur?Au fait, si on était Politically incorrect, et si on demandait aux autres, qui sont tops issus de peuples au sein d’États nationaux, s’ils nous reconnaissent comme peuple distinct et si nous avons droit à notre État national?Si les Estoniens, Lettons, Lituaniens, Croates, vivant avec des minorités ont le droit au leur, les Canadiens français devraient avoir le droit d’appeler le Québec leur État national.Entre parenthèses, vous croyez que ces gens-là vont se «reminori-ser» par le biais de l’immigration?Soyons encore plus incorrects et suggérons que l’on devrait s’inspirer des Guyanes et des Guinées, et nommer notre pays le Canada français.Non mais, «francophones de souche», pourquoi pas «habitant de la racine»?Robert Bastien Montréal, 28 janvier 1993 QUÊ FCRJEZ-VOUS ffcCE À UM FW*LEMEt4T TRÈS HOSTILE?P «s* 114- Pour un concert des hémisphères ur fond noir comme l’ignorance se détache une sphère scindée.La moitié gauche est d’un bleu sans équivalent natu-l!==J rel, c’est le bleu intellectuel des disquettes Sony.La moitié droite vibre des couleurs de l’arc-en-ciel.Par analogie (dont l’usage n’est pas innocent ici), vous aurez compris qu’il s’agit du cerveau et des deux modes qu’il propose pour l’appréhension du monde, le rationnel et l’intuitif.Quand on m’a mis entre les mains ce dernier-né des Presses de l’Université du Québec, ainsi habillé et baptisé L’enseignement et l'hémisphère cérébral droit, j’ai failli déclarer forfait sur le champ.J’éprouve de l’agacement devant tout ce qui prétend rendre l’école lieu de plaisir et de libération.Cuisant souvenir que celui d’avoir autrefois «marché», un peu mais encore trop, dans l’univers de l’enfant-centre, dont la créativité innée devait reconstruire les grands savoirs de l'humanité.Cela nous a donné la génération du «vécu», «tsé-veux-dire, j’pense que j’ai autant raison qu’Aristote», et même la génération du «Hitler connais pas», l’histoire étant entrave à l’innocence nécessaire au développement du moi.Bref, si ce n’avait été du nom de l’auteure, j’aurais reculé.Mais le peu que je sais de Rachel Desrosiers-Sqbbath, professeure de sciences de l’Éducation à l’UQAM, c’est aussi qu’elle est une figure de proue en recherche, et pas du genre à nous égarer dans les approximations d’un Nouvel Age qu’on sait lové dans l’hémisphère droit.Grand bien m’a pris de refaire mon éducation, ne serait-ce que pour mieux comprendre la crise actuelle de l’école secondaire et du cégep.A travers l’ouvrage qui n’en est pas un d’histoire mais de réflexion didactique, j’ai compris quel tour nous joue sans cesse la tendance québécoise à vivre intensément les modes intellectuelles, courtes dans un pays court.Elle n’était pas sans fondement, la ' vague de libération scolaire qui a LISE BISSONNETTE ?T *** pris naissance avec les balbutiements de la Révolution tranquille.Elle réagissait à une école autoritaire et souvent bornée, dont je ne serai jamais nostalgique.On aérait, il était temps.Mais les nouvelles théories de l’éducation ont fait leur chemin avec un tel amateurisme que le remède a souvent été pire que le mal.J’avais subi avec succès tous mes examens en théorie rogérienne de l’empathie et de la «relation d’aide» quand je me suis retrouvée à enseigner l’anglais rue Mont-Royal, à des adolescentes qui n'avaient rien à fai-'re de mes bons sentiments sauf les exploiter.J’ai raté leur hémisphère droit, et n’ai jamais pu rencontrer le gauche.De désillusion en dérapage, dont celui d’un culte de l’expression de soi qui s’est terminé en fabrication d’incultes, l’école du «développement intégral de la personne» a vécu.En 1987, rappelle la professeure, des états généraux sur l’éducation déclaraient l’école désormais «centrée sur l’apprentissage».Priorité à l’acquisition des connaissances, à l’outillage pratique, nous sommes en phase utilitaire.L’école prépare d’abord à une vie de travail et de relations en société.L’hémisphère gauche reprend ses droits: analyse, logique, méthode, dissection, cumul des informations.C’est tout le sens de la «réforme», simple adaptation, que les cégeps vont connaître.Voilà une autre mode, qui nous amènera des naufragés du cognitif, après nos naufragés de l’affectif.Ils sortent déjà de nos écoles secon- À PROPOS daires, ces adolescents qui décrochent en masse dès le moment d’un savoir plus pointu, préparatoire au cégep ou au marché du travail.L’école, rappelle madame Desro-siers-Sabbath, devrait chercher plutôt une «confluence» des deux modes d’apprentissage.Le titre de son livre nous induisait un peu en erreur il s’agit moins de stimuler un hémisphère que de faire travailler les deux et cela, dit-elle, n’est pas affaire d’amateurs.Le bon vieux concept d’éducation globale, mis au point dans l’Antiquité, doit refaire surface avec des modèles adaptés à la réalité de l’école contemporaine.On découvre avec ravissement, dans cet ouvrage, des façons d’enseigner les fractions avec efficacité et imagination, et des façons de stimuler la créativité autrement que par le libré langage du nombril.Notamment par un enseignement de l’analogie dont j’ai voulu, en introduction, montrer un début de maîtrise.Éduquer l’imagination, je l’ai enfin compris, ne peut se faire dans l'improvisation.' L’école peut-elle y arriver?Difficile question, que nous laisse la didacti-cienne.Autant on s’émerveille devantj les expériences qu’elle relate, autant; on s’inquiète de ieur généralisation.Quand, dans des situations d’apprentissage, on demande à de jeunes enfants de fantasmer la colère, la cécité* la délinquance, on peut déclencher chez les plus fragiles de fortes ten-i sions.Les concepteurs de ces expériences les contrôlent bien.Mais l’enseignant ordinaire n'a pas leur bagage, et peut perdre pied facilement.Il peut aussi, cela s’est vu, tomber dans la psychologie de pacotille.Comme les fabricants auto-patentés de «croissance personnelle» qui bousillent aujourd’hui tant d’angoissés.Un psychoéducateur a besoin dç trois ans de formation, aujourd’hui; pour prendre en charge des thérapies en milieu scolaire, et un psychologue doit quasiment détenir un doctorat pour avoir le droit de traiter un patient.De l’enseignant, on attend une performance presque égale à la leur.Encore une fois l’école idéale semble exiger, du maître, des miracles.de communication électorale systématiques sont été consacrées à ces questions.Cette lacune est fort regrettable, et ce pour plusieurs raisons.Tout d’abord, comme nous l’avons souligné, ce sont les choix individuels des électeurs et électrices au niveau des circonscriptions qui déterminent les résultats nationaux.En outre, les députés semblent jouer un rôle politique plus grand du fait des dernières réformes parlementaires, bien que l’on sache peu de chose sur la manière dont ils sont choisis comme candidats ou sur l’influence du discours politique local.Or, toute réforme destinée à rendre le système électoral plus démocratique doit tenir compte des divers facteurs en jeu dans chaque circonscription.Tiré de «La communication avec l’électeur», David VJ.Bell et Frederick J.Fletcher, Commission royale d’enquête sur la réforme électorale.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué % l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'Information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales GUY I) E SIIAIE S FAIS CE QUE DOIS De plus en plus, journalistes et universitaires considèrent les élections fédérales dans une perspective nationale et les décrient comme des «courses de chevaux» entre chefs de partis.Sans être fausse, cette image est toutefois biaisée et incomplète.En effet, dans un régime électoral uninominal majoritaire où chaque circonscription n’est représentée que par un seul député, le résultat national dépend du résultat de chaque circonscription.Fait étonnant, fort peu d’études ont été consacrées aux circonscriptions elles-mêmes.Di plupart portent sur le pays en entier, soit sur de grands ensembles comme les provinces, soit sur les choix individuels des électeurs et électrices.Bien des auteurs conviennent de l’importance d’étudier davantage l’incidence de facteurs locaux: candidats, enjeux locaux, stratégies électorales, couverture dans la presse locale.Néanmoins, là aussi peu d’études LE D E V 0 I R , LE LU N’ I) I 2 2 MARS 1 9 9 3 A 7 IDEES Il faut décentraliser la gestion de l’économie Un député du Bloc québécois soupèse les possibilités de coopération avec le reste du Canada Extraits d'une conférence de M.Benoît Tremblay, député de Rosemont et critique financier du Bloc québécois, devant les invités de la Canadian Business Econo- mics.es données disponibles sur l’évolution de l’économie canadienne démontrent que chaque région développe ses échanges dans des espaces économiques de plus en plus différenciés et dans des secteurs d’activité qui correspondent à une spécialisation régionale déjà fortement accentuée.Cette tendance suggère une forte décentralisation, à l’échelle de la région, de la gestion de ces politiques de façon à favoriser leur Les revendications flexibilité et leur pertinence pour répondre aux impératifs de la nouvelle concurrence.Dans le contexte canadien, l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques de valorisation des ressources humaines, d’innovation, de concertation horizontale et de développement urbain dépendent largement des gouvernements provinciaux et locaux ou font l’objet de compétences partagées avec le gouvernement fédéral.Une forte décentralisation apparaît donc compatible avec notre cadre constitutionnel et avec la recherche d’une plus grande efficacité de ces politiques à l’échelle régionale.Mais elle apparaît peu probable parce que dans l’Atlantique et les Prairies, la région économique englobe plusieurs provinces qui n’ont pas établi de structures de concertation et d’action à l’échelle régionale, ensuite parce que les inégalités de développement rendent certaines provinces fortement dépendantes des transferts fédéraux.La cristallisation du concept d’égalité des provinces lors du récent débat constitutionnel augmente les probabilités de blocage.La force d’attraction du concept est de proposer une image inversée de l’inégalité ressentie dans les petites provinces à l’égard du fédéralisme actuel.Faute de se donner les outils pour contrôler leur propre avenir, elles rêvent de contrôler un gouvernement central encore plus fort.Elles ont bien sûr droit à leurs rêves comme nous avons droit aux nôtres, mais le retour à la réalité risque d’être brutal, si on tient compte de l’évolution prévisible des finances publiques.En effet, l’extension du fédéralisme fiscal apparaît peu probable dans le contexte d’une détérioration durable des finances publiques de l’Ontario, dont l’économie est engagée dans une période de restructuration importante.Alors que les tensions venues ni de l’Ouest suite à la politique na- tionale de l’énergie sont encore suffisamment présentes pour générer un projet de Sénat élu, égal et qui aurait spécifiquement le pouvoir de bloquer une telle politique, les prochaines tensions pourraient bien venir de l'Ontario qui découvre de façon douloureuse que les modifications unilatérales des règles du jeu des programmes établis l’obligent non seulement à assumer miques à développer un niveau de concertation relativement exemplaire en Amérique du Nord et orienté les energies vers la recherche de politiques économiques compatibles avec les exigences d’une croissance à long terme.Cette dynamique explique sans doute le maintien d’une très grande ouverture à la continentalisation et à l'internationalisation des échanges malgré la conjoncture difficile.L’évolution de l’espace économique du Québec vers les Etats-Unis et le reste du monde, qui entraîne une diminution de l’importance relative des échanges avec le reste du Canada, et le renforcement des règles qui favorisent l’accès aux marchés continentaux (libre-échange) et internationaux (GATT) prennent aussi une signification économique et politique particulière dans notre société.La première est d’élargir considérablement le consensus sur la nécessité que le Québec assume la responsabilité exclusive de plusieurs politiques d’adap- .le tation et d’innovation, la deuxième est d’élargir consensus sur l’urgence de cette nécessité.Que ceux qui rêvent d’oublier le débat constitutionnel pour consacrer leurs énergies aux politiques économiques s’empressent de remettre leur montre au temps réel; nous sommes nombreux à penser que l’évolution de l’économie exige une réorganisation de nos structures de décisions.politiques! Québec.Le récent contrat des hélicoptères de la Défense nationale est un bel exemple de confusion organisée.Suite aux premières réactions suscitées par ce contrat, le ministre de la Défense a clairement démontré devant le comité de la Chambre des communes que même en incluant les coûts de ce contrat, le Québec ne recevait encore que 17 % des dépenses de la Défense.Pourtant, l’opposition continue de s’agiter et l’annulation du contrat est devenue une politique officielle du Parti libéral du Canada.préoccupé par sa cote de popularité en Ontario et dans les provinces atlantiques.Mais nous croyons nous aussi qu’il faut revoir les dépenses militaires pour s’adapter rapidement aux réalités de l’après-Guerre froide et pour dégager les ressources dont nous avons un urgent besoin dans d’autres secteurs.Notre tâche sera d’imposer une révision de l’ensemble de ces dépenses et un arbitrage qui tiendra compte des intérêts du Québec.Un autre champ d’action privilégié concerne la dé- centralisation des politiques d’adaptation et d'innova-, À cet égard, il n’est des petites provinces Benoît Tremblay : «La campagne électorale qui s’annonce ne sera pas le forum idéal pour mettre en lumière nos intérêts communs.» K servent surtout ! à conforter .t,les ambitions de la machine bureaucratique et politique fédérale.elle-même la plus grande partie des coûts de l’expansion des programmes pendant la période difficile qu’elle traverse, mais aussi à continuer d’assumer une large part des coûts des politiques fédérales à l’égard des régions moins nanties.Sa générosité symbolique est grande pour distribuer les sièges de sénateur, mais sa générosité fiscale approche le seuil limite.Or, face à ces tensions, le gouvernement fédéral a peu à offrir sinon de diminuer les transferts aux provinces moins nanties.Au Québec, l’ampleur de la restructuration industrielle en cours depuis deux décennies limite les excès d’optimisme et.de pessimisme.L’inquiétude et le réalisme un peu désabusé auxquels conduit l’analyse toujours renouvelée des forces et des faiblesses de notre économie pour affronter la nouvelle concurrence, ont remplacé l’euphorie de l’Exposition universelle de 1967 et celle déjà moins grande des Jeux olympiques de 1976.La marge de manoeuvre restreinte que laissent l’état des finances publiques et le niveau élevé de chômage structurel depuis plusieurs années a incité les agents écono- Les relations Québec-ROC La nécessité et l’urgence ressenties au Québec de revoir le cadre institutionnel des futures relations Québec-ROC (Rest of Canada) ne peuvent être occultées bien longtemps malgré la complicité du silence observée par les partis politiques fédéraux traditionnels depuis le NON référendaire.La tâche prioritaire du Bloc québécois est de préparer cette révision, tout en assumant la responsabilité de défendre les intérêts du Québec au cours de la période précédant ces transformations.Dans un premier temps, notre participation aux institutions fédérales repose sur les règles actuelles du système, mais l'arrivée massive de députés du Bloc québécois permettra d’imposer des arbitrages qui tiennent davantage compte des intérêts du Québec.Par ailleurs, ceux qui prévoient une opposition systématique à toute initiative fédérale pourraient être sur-"3ris.En effet, malgré la différenciation croissante de ’espace économique québécois vers les Etats-Unis et le reste du monde, nous sommes conscients que l’Ontario, le Québec et les autres provinces vivent dans un espace économique encore fortement interrelié et qu’il est dans notre intérêt réciproque d’en améliorer la performance au-delà des transformations politiques.Nous avons des intérêts divergents, mais nous avons aussi des intérêts communs.Par exemple, le rojet de train à grande vitesse dans le corridor Qué-ec-Windsor répond à des intérêts communs et sa réalisation est tout à fait compatible avec les intérêts du Québec.La diminution des taux d’intérêt réels et la stabilité du dollar canadien à un niveau compatible avec les capacités concurrentielles de notre économie nous préoccupent tout autant qu’elles préoccupent les autres provinces.Par ailleurs, nous savons que l’arbitrage fédéral des dépenses favorisant la croissance économique présente un bilan systématiquement défavorable au Québec, lorsqu’on compare ces dépenses aux contributions fiscales du Québec.Les données sont indiscutables et largement disponibles malgré la perception répandue dans le ROC que les décisions fédérales favorisent le K tion.pas impossible que les réactions des autres pro- „-A.vinces soient différentes Ceux qui prévoient de celles de la machine une opposition bureaucratique du gouver- nemi5nt.$d!ï-ral c?mme systématique du Bloc semblent 1 indiquer les positions qu’elles ont présen- québécois à toute tées à la récente conférence ministérielle de Toron- initiative fédérale to sur la gestion des politiques de main-d’oeuvre et pourraient etre de formation professionnelle.Le poids politique surpris, du Bloc québécois à la Chambre des communes peut être déterminant pour accélérer la décentralisation de ce secteur et d'autres secteurs névralgiques pour l’adaptation et le développement des régions.Ces orientations de l’action politique à court terme, quoique fort importantes, n’expriment cependant pas la raison d’être fondamentale du Bloc québécois qüi est de promouvoir la souveraineté politique du Québec sur la scène fédérale et de participer à la gestion de la période de transition vers l’établissement d’üh nouveau cadre institutionnel pour les relations Qué-bec-ROC.Ki Nous sommes conscients que la campagne électorale qui s’annonce ne sera pas le forum idéal pour mettrç en lumière nos intérêts communs et pour concilier nos intérêts divergents.L’absence de propositions constructives des partis fédéraux traditionnels laisse présager une tentative de marginaliser ces enjeux réels et de présenter les aspirations légitimes du Québec comme une volonté catastrophique de détruire le Canada.Nottè connaissons l’importance vitale pour l’Ontario et les autres provinces de conserver des relations économiques ouvertes avec le Québec, nous savons aussi qyç la société québécoise possède les ressources pour assy,-rer son avenir et développer son potentiel.Notre plate-forme électorale tiendra compte des intérêts mutuels que nous partageons avec le ROC.Nous souhaitons que tous ceux qui attachent plus d’importance à l’avenir économique de leur région qu’au maintiéh de la machine bureaucratique et politique fédérale ac- tuelle profitent de l’occasion pour participer au débat et vala' ‘ devenir des interlocuteurs valables au cours de la période de transition qui s’annonce.„ =B= Des disquettes, S.V.P.! .Vu l'abondance du courrier, LE DEVOIR ' se réserve le droit d'adapter et de réduire les textes soumis pour publication dans cette page.Les textes ne devraient pas dépasser quatre ' feuillets (un feuillet: 25 lignes).Si [ possible, joindre une copie sur disquette de 3,5" et préciser le logiciel utilisé.; Prière d’ajouter vos nom, occupation, adresse et téléphone.Francophones, allophones et indépendance 2- Une nouvelle alliance est indispensable L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L’Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Roland-Yves Carignan, Paule Des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Livres); à l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique : Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O'Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste d Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée liudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), ' Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, LiseMajor (publicitaires); Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Gloria Taillon (secrétaire).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florinc Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Iégaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LÉ r SERVICE À MARKETING ET ! MAI IÈI LA CUEN- Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Pierre Cotton, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée, Szucsany, Marc Vigneault.PIERRE GRAVELINE MARCO MICONE Écrivains gnorant apparemment le poids numérique des uns et des autres ou tout simplement impuissant à imaginer un discours crédible pour les rejoindre, on cultive au Parti québécois de fumeuses Pierre Graveline théories, illusoirement réconfortantes, sur des différences mythiques qui existeraient entre les nouvelles vagues d’immigrants qui seraient plus favorables à l’indépendance et les vieilles communautés qui y seraient opposées alors que rien de sérieux ne justifie une pareille différenciation.Par paresse intellectuelle ou par incapacité à se rendre à l’évidence que les allophones ne peuvent adhérer au projet d’idé-pendance pour des raisons historiques ou sentimentales, on s’abstient de faire la démonstration convaincante que l’indépendance est dans l’intérêt de tous les citoyens québécois, quelle que soit leur origine ethnique.Insensible aux craintes légitimes des allophones, on demeure fort vague sur la place réservée aux communautés dans un Québec indépendant alors même qu’on multiplie les engagements quant au respect des droits de la minorité anglaise.On ne se donne surtout pas la peine de faire la preuve que le projet de société des indépendantistes est susceptible de transcender les difficultés inévitables à l’accession à l’indépendance.Pratiquant un néo-paternalisme qui ne trompe personne, on attend des allophones membres du parti qu’ils se cantonnent dans une approbation béate de la ligne de conduite déterminée par les hautes sphères de vieille souche.A leur décharge, il ne faut toutefois y voir aucune discrimination.Qu’ils soient francophones ou allophones, les esprits indépendants et critiques n’y sont simplement pas les bienvenus.Encarcané dans une stratégie électoraliste à courte vue, on y pratique, en matière de représentation, la politique insensée du donnant-donnant.On veut bien faire place à des candidatures issues des communautés allophones, mais à la condition que ce soit dans des comtés à forte composition ethnique, donc imprenables actuellement On voudrait s’assurer qu’il n’y aura ni députés ni ministres allophones dans un éventuel gouvernement indépendantiste et rejeter ces communautés dans les bras des fédéralistes, qu’on n’agirait pas autrement.Pourtant, n’est-il pas évident que, au moment où le processus d’indépendance serait enclenché, il serait précieux d’avoir dans un gouvernement péquiste des répondants crédibles auras des communautés, ne serait-ce que pour contrebalancer 'influence des fédéralistes qui pourraient tenter de les entraîner dans une dissidence déstabilisatrice?communautés allophones au sein d’un gouvernement indépendantiste contribuerait à faciliter la reconnaissance internationale du nouvel Etat?N’est-il pas évident, de toute façon, que nous avons tout intérêt comme société à avoir un gouvernement représentatif de l’ensemble des composantes de la collectivité québécoise?Nous avons la profonde conviction qu’il est devenu urgent que le Parti québécois affiche clairement une ferme volonté de bâtir un Québec indépen- Marco Micone dant où le droit du sol prédominera sur le droit du sang; où la Constitution garantira le respect des droits et libertés à tous les citoyens et citoyennes, quelle que soit leur origine; où l’affirmation du caractère français du Québec s’accompagnera de la reconnaissance de sa réalité interculturelle; où il sera fait place aux allophones dans les institutions publiques.Nous avons également la conviction qu’il est devenu primordial que le Parti québécois accroisse sa crédibilité en posant des gestes concrets d’ouverture, particulièrement en assurant la présence dans sa prochaine députation et dans un éventuel conseil des ministres de personnes issues et représentatives des principales communautés allophones du Québec.proportionnée la légitimité de la loi 101 ?Certainement pas ceux des communautés allophones qui n’ont rien à gagner à s’enfermer dans des positions extrémistes et marginalisantes.Tant et aussi longtemps que les communautés allophones vont accepter d’accréditer des porte-parole qui nient les droits démocratiques du peuple québécois et qui suscitent la méfiance et la haine, elles se nuisent à elles-mêmes et mettent en danger leurs propres intérêts.Il est temps que les communautés s’interrogent sérieusement sur l’émergence d’un nouveau quarteron de barons et de baronnes qui, tirant leur seule légitimité des subventions gouvernementales qu’ils reçoivent et s’improvisant de leur propre chef porte-parole des allophones, n’ont d’autre intérêt que celui de protéger les fiefs que sont devenus pour eux de soi-disant organismes représentatifs en alimentant la discorde entre la majorité francophone et les communautés.Il est temps qu’elles se méfient de certains leaders arrivistes et opportunistes qui, s’appuyant sur l’idéologie multiculturaliste et sur la mode du Politically Correct, se complaisent à cultiver l’arrogance envers les francophones sans se soucier des retombées sur leurs communau- »n .rrl • Ut 1*11 tés.n N’est-il pas évident qu’une présence de représentants des Les communautés allophones victimes de manipulation Si le Parti québécois a une véritable révolution de l’esprit à accomplir pour développer une nouvelle alliance avec les allophones indépendantistes et peu à peu, par leur entremise, avec les communautés elles-mêmes, que dire du changement des mentalités et des comportements politiques que doivent impérativement entreprendre les communautés allophones face à la perspective sérieuse de l’indépendance du Québec?Quels intérêts servent vraiment certains leaders de ces communautés dont la principale activité semble être de chercher la moindre occasion et au besoin de l’inventer pour tenir un langage méprisant et mensonger sur la réalité québécoise, accusant à tout propos les francophones d’être xénophobes, racistes et nazis alors même qu’ils vivent dans une des sociétés les plus accueillantes de la planète?Quels intérêts servent-ils vraiment en refusant avec une troublante persistance de reconnaître la réalité spécifique du Québec, notamment quant à sa vulnérabilité culturelle en Amérique du Nord et quant à sa situation minoritaire dans la fédération canadienne, et en contestant avec une hargne dis- II est temps qu’elles se libèrent de certains de leurs leaders qui, ayant bâti leur carrière ou leurs affaires en se subordonnant au fédéralisme, doivent aujourd’hui renvoyer l’ascenseur et se sentent obligés de combattre l’indépendance du Québec, à tout prix, jusqu’au dernier des allophones.Quel avantage peuvent-elles bien avoir à mettre tous leurs oeufs dans le même panier?S’il y a une chose que l’histoire nous apprend, c’est que la politique de la chaise vide n’a jamais rien donné.Nous avons la conviction qu’il est de l’intérêt bien compris des communautés de refuser de s’isoler dans une opposition stérile à l’indépendance du Québec.Elles doivent au contraire s’assurer d’être présentes, dans un gouvernement qui présiderait éventuellement à l’accession du Québec à son indépendance.Cette nouvelle alliance entre francophones et allophones, nous la croyons indispensable.Nous ne sous-estimons pas toutefois les difficultés de sa mise en oeuvre.Elle suppose, d’un côté comme de l’autre, la levée de nombre de préjugés, la remise en question de plusieurs vieilles conceptions, la transformation des leaderships traditionnels et l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques.Mais le jeu en vaut largement la chandelle.Car la mise en oeuvre de cette nouvelle alliance représente une condition essentielle à la naissance d’une nation québécoise, certes indépendante et française, mais où pourront également s’épanouir la précieuse richesse culturelle et la magnifique diversité humaine de nos communautés respectives désormais rassemblées dans de féconds rapports de solidarité. A 8 !¦ K *> E v I H .I.E I, [’ N |) | 2 2 M A H S I 9 9 3 ANALYSE Une campagne sobre et tristounette SYLVIANE TRAMIER ENVOYÉE SPÉCIALE DU DEVOIR Paris — Lorsque l’objectif primordial d’une élection se résume à «sortir les sortants», on peut s’attendre à une campagne anémique et terne, d’où sont absents les grands desseins, les vastes programmes et les slogans romantiques du genre «Changer la vie» ou «La Force tranquille».v ristounette par son propos en somme négatif, 'cette élection a été aussi étonnamment sobre dans sa forme.On n’a vu à peu près pas d’affiches, et surtout pas de ces grandes affiches poético-politiques qui sont, il est vrai, le plus souvent réservées aux élections présidentielles (Mitterrand nez au vent, symboliquement tourné vers l’avenir sur fond d’azur, Giscard d’Estaing en famille, l’air bon papa mais moderne et sympa, etc.).Rien de tel cette fois.Les candidats à la députation se sont cantonnés dans le style photo d’identité, pas de fantaisie, le strict nécessaire seulement La nouvelle loi limitant les dépenses électorales et l’affichage électoral explique en partie seulement qu’il faille chercher les panneaux électoraux pour voir la frimousse des aspirants-députés, fort nombreux du reste (plus de 5000).Fini le temps où fleurissaient sur d’immenses panneaux colorés les slogans presque rituels: «Un homme efficace avec du coeur», «Il fera plus pour vous» ou le solennel «Je vous donne ma parole».«Aujourd’hui la campagne est triste», dit Bernard Rideau, conseiller en communications.sobriété est également de rigueur pour les réunions électorales: pas de meeting monstre, pas de lâchers de ballons, pas de fanfare.On ne saurait être plus austère et moins «à l’américaine» que cela.Aux plateaux de télévision, aux grands-messes politiques, les candidats ont préféré une approche intimiste, le dernier cri étant la «réunion d’appartement», sorte de «soirée Tup-perware» avec petits fours et café, où le candidat se fait connaître et apprécier en petit comité.Absents également de cette campagne, les grands débats sur l’immigration, sur les privatisations ou sur l’Europe qui avaient animé la vie politique des dernières années.Devant la récession et le chômage, les politiciens de toutes tendances se sont bornés à un fatalisme qui ne les engage à rien.Pas de promesses de lendemains qui chantent par la droite en cas de victoire, et pas non plus d’annonces par la gauche de catastrophe advenant sa défaite.Le débat sur la ratification du traité de Maastricht avait donné lieu à bien plus d’hyperbole et de polémique.Une certaine atmosphère de fin de règne a prévalu durant ces deux semaines de campagne.La révélation de quelques nouveaux scandales (journalistes mis sur écoute téléphonique par le pouvoir), quelques ultimes déballages politico-judiciaires, n’ont pas réussi à enflammer le débat Ce qui ne veut pas dire que les Français se détournent de la politique, mais qu’ils en attendent moins.Il flotte sur ces élections un certain malaise.La gauche a failli à accomplir ce que l’on attendait d’elle: la moralisation de la vie politique.Les scandales politico-financiers ont éclaboussé la droite et la gauche et empoisonné la politique ces dernières années.Face à cela, l’électeur moyen fait preuve de résignation, mais l’électeur socialiste se sent trompé.Quant aux grands problèmes économiques et de société, il ne semble plus être du ressort des gouvernements de les résoudre.C’est à Bruxelles que les pêcheurs français vont protester, et c’est de Bonn que l’on attend une détente sur les taux d’intérêts, et de Washington une reprise qui réduira le chômage.Pourtant, ces élections sont à même de bouleverser le paysage politique français pour les années à venir.Une fois mesurée l’ampleur de la défaite des socialistes, il restera à vérifier la montée des écologistes, et à soupeser l’extrême-droite dans l’échiquier politique national.Entre les deux tours de scrutin, tout va se passer au ras du sol.Il sera intéressant d’observer le jeu politique et de voir comment vont se dérouler les désistements, en particulier des écologistes qui auront fait un bon score.Pour la plupart, c’est au cas par cas que se prendront les décisions.Qu’un candidat écologiste décide de se désister ou non en faveur du candidat de la droite ou de la gauche, et c’est l’élection d’une figure de proue qui est enjeu.L’élection des socialistes Michel Rocard, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Roland Dumas, et du communiste Georges Marchais, tient à ces subtiles combinaisons.LE DEVOIR —?RENSEIGNEMENTS (514) 985-3333 ADMINISTRATION (514)985-3333 AVIS PUBLICS (514)985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985-3344 PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3399 1 800 363 0305 SERVICE A LA CLIENTÈLE LE DEVOIR 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE MONTRÉAL (QUÉBEC) H3A 3M9 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE9H00 A 16H30 Le DEVOIR ACTUALITES FRANCE «Je ne pense pas que Von ait mérité ça» SUITE DE LA PAGE 1 avait mérité ça.» Selon les premiers résultats et les estimations, le Parti socialiste aurait obtenu 19% des voix, soit son plus mauvais score jamais obtenu depuis 20 ans.Aux dernières législatives en 1988, le PS avait obtenu 35% des voix.La coalition RPR-UDF obtient plus de 40,5% des voix, alors que les écologistes se situent à environ 7,6%, un résultat qui n’est pas «à la hauteur de nos espérances» a admis Antoine Waechter, dirigeant des Verts.Ce score ne devrait pas se traduire en sièges à l’Assemblée nationale.M.Waechter lui-même n’obtient pas assez de voix pour se maintenir en lice au deuxième tour.Les écologistes ont appelé leurs candidats qui ont obtenu assez de voix, à se maintenir au deuxième tour et ne donnent pas de consigne de vote pour les circonscriptions où leur candidat est éliminé.Ils refusent donc d’aider, si peu que ce soit, les candidats socia-listes.Le Front national, parti d’extrême-droite, se maintient à un niveau élevé avec 12,5% des voix, surpassant les écologistes et le Parti communiste qui ne réalise que 8,5%.Avec ce bon résultat, le Front national pourrait n’obtenir qu’un ou deux sièges de députés, mais il s’installe dans l’échiquier politique français.Sur le plan de la représentation parlementaire, le Parti communiste devrait voir son nombre de députés fondre de moitié.Avec une douzaine de députés seulement, le PCF ne pourrait plus former un groupe parle- mentaire reconnu à l’Assemblée.Même le chef du parti, George Marchais, est en ballottage défavorable.Au vu des premiers résultats, les principaux dirigeants socialistes et les membres du gouvernement sont soit battus, soit en ballottage difficile.C’est le cas de Jack Lang, ministre de la Culture et de l’Education nationale, de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, de Jean-Pierre Chevènement et de Lionel Jospin.Michel Rocard est lui aussi en ballottage défavorable dans sa circonscription des Yvelines.Le premier ministre Pierre Bérégovoy est aussi en situation difficile.La coalition RPR-UDF avait présenté un candidat unique dans un peu plus de 80% des circonscriptions.Dans les cas où il y avait deux candidats de la droite, c’est le RPR qui a eu l’avantage.C’est donc le parti de Jacques Chirac qui devrait être la première formation à l’Assemblée nationale.C’est donc logiquement dans ses rangs que devrait être choisi le prochain premier ministre.Il pourrait s’agir de M.Chjrac lui-même, ou de celui qu’on donne comme favori, Edouard Balladur.La plupart des dirigeants de droite ont été facilement réélus hier soir: Raymond Barre, Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Barrot, Pierre Méhaignerie, Alain Madelin, Edouard Balladur et Philippe Séguin.Francois Léotard, Jacques Chaban-Del-mas et Alain Juppé étaient en ballotage favorable.L’ampleur de la victoire de la coalition RPR-UDF au premier tour interdit à la gauche tout espoir qu’un «sursaut» de leurs partisans viennent corriger au deuxième tour la débâcle d’hier.RPfl REELU HECHTER VERTS 17,1% BATTU LEUR PREMIER TOUR BALL BELAND Une transaction «nébuleuse» SUITE DE LA PAGE 1 qu’à ce titre, c’est la Régie fédérale qui devrait être en cause.Il est vrai cependant que le Trust général est pour sa part inscrit à la Régie québécoise, ce qui porte M.Bé-land à penser qu’on a fait «une pirouette juridique qui respecte peut-être le texte mais pas l’esprit de la loi».Il avance que le Trust général sera éventuellement intégré complètement à la Banque nationale et relèvera alors complètement de la loi canadienne.D’après les informations données la semaine dernière, la Régie s’engagerait à rembourser à la Banque nationale les pertes cumulées qui pourraient au cours des quatre prochaines années dépasser 230 millions$ dans les actifs acquis de Trustco général.Qui plus est, la Régie deviendrait partenaire d’un holding avec la Banque nationale et Trustco général pour contrôler Trust général.M.Béland qui a lui-même déjà siégé à la Régie de l’as-surance-dépôt du Québec considère que cette institution n’a pas le pouvoir d’investir dans des sociétés.M.Jean-Marie Bouchard, surintendant de la Régie, qui comptait parmi les invités d’honneur hier matin à l’assemblée générale de la Confédération Desjardins, aurait mentionné à M.Béland que la transaction était légale, mais qu’il comprenait le désir de celui-ci de vouloir en savoir davantage.A cet égard, le président répond qu’il ne faut pas confondre légalité et légitimité.M.Béland veut dans un premier temps comprendre ce qui s’est passé et savoir exactement le rôle de la Régie dans cette affaire Si la Régie a bel et bien joué un rôle décisif dans cette transaction, alors elle aura fait une intervention stratégique et elle ne sera plus ce qu’elle était auparavant, de telle sorte que «ceux qui paient devraient avoir voix au chapitre».BACON Une poursuite de 408 200$ SUITE DE LA PAGE 1 de Mme Sinclair avec le vice-président de la Régie du gaz naturel, Guy Leclerc, et avec les nombreux membres de l’entourage de Mme Bacon (chef de cabinet, attachée politique, sous-ministres) auxquels elle s’est plainte des problèmes causés par ce dernier, sans réussir à obtenir gain de cause.M.Leclerc était, en 1986, membre du comité organisateur de la campagne de financement du Parti libéral du Québec.Mme Sinclair a également intenté une action en nullité et dommages, par laquelle elle réclame que Mmes Bacon et Desrochers et le Procureur général soient conjointement condamnés à lui verser 408 200 $ de dommages.Cette cause sera entendue séparément, à une date encore indéterminée.Le décret de nomination de Mme Sinclair à la présidence de la Régie (l'organisme quasi-judiciaire qui réglemente les fournisseurs de gaz naturel, tel Gaz Métropolitain) prévoyait que le gouvernement pouvait la révoquer «en tout temps, sans préavis ni indemnité, pour raisons de malversation, maladministration, faute lourde ou motif de même gravité, la preuve étant à la charge du gouvernement».Mais selon les documents déposés à la Cour par son avocat, Me Jean Keable (qui présida la commission d’enquête sur les activités illégales de la GRC à la suite de la crise d’octobre), cette preuve n’a jamais été faite et Mme Sinclair a en fait été révoquée «par suite d’illégalités frappantes, d’un processus décisionnel vicié, de considérations politiques étonnantes et non pertinentes».Ces «abus de pouvoir d’un gouvernement soutenu par certains hauts fonctionnaires serviles qui font front commun pour instaurer l’arbitraire et le caprice partisan» auraient été perpétrés «sur la recommandation de Mme Bacon, avec la complicité active de Mme Desrochers et celle du ministre de la Justice et Procureur général».Tous trois auraient commis dans cette affaire «des fautes graves, parfois lourdes».Selon ces documents, fin 1990, c’est le ministère de l’Energie qui incite Mme Sinclair, alors avocate au service juridique d’Hydro-Québec, à solliciter le poste de présidente de la Régie.Dès sa nomination à ce poste, son prédécesseur l'informe qu’il a eu un différend grave avec le vice-président Guy Leclerc, qu’il considère comme incompétent mais dont il n’est «pas possible de se défaire».Il a toutefois réussi à faire en sorte que M.Leclerc, tout en restant rémunéré par la Régie, soit détaché en octobre 1990 au Centre international de conférences à Montréal.Des membres du personnel de la Régie informent aussi Mme Sinclair qu’ils ne veulent par voir revenir M.Leclerc.Au printemps 1991, Mme Sinclair rencontre à deux reprises Mme Bacon, qui l’assure qu’elle ne veut pas la forcer à reprendre M.Leclerc comme vice-président en poste à la Régie, mais lui demande de rencontrer ce dernier et de lui faire miroiter la possibilité de lui trouver un poste permanent ailleurs.Ce qu’elle fait en septembre 199É Entretemps, les vérificateurs du ministère de l’Energie avisent Mme Sinclair que M.Leclerc ne pouvait pas légalement être détaché au Centre de conférences et que le bon fonctionnement de la Régie requiert la présence active de son vice-président.En décembre 1991, la sous-ministre de l’Énergie Nicole Malo demande à Mme Sinclair de réintégrer Guy Leclerc à la vice-présidence.Quand Mme Sinclair mentionne les assurances contraires qu’elle avait reçues de Mme Bacon, la sous-ministre lui répond: «Vous ne savez pas décoder les messages de Mme Bacon.» S’ensuit une longue guerilla entre Mme Sinclair et M.Leclerc, qui revient à la Régie en février 1992 mais observe, selon elle, des horaires de travail fantaisistes et crée des incidents avec certains collègues et membres du personnel de la.Régie.Elle en informe régulièrement le ministère de l’Énergie.Le 6 août 1992, Mme Sinclair prend des sanctions à l’encontre de M.Leclerc après un «esclandre» fait par ce dernier.Le 11 août, elle est convoquée par Gisèle Desrochers, qui lui demande de démissionner de la présidence de la Régie parce «en cette période pré-électorale et préréférendaire, la ministre Bacon est très inquiète de la publicité qui pourrait être faite sur la Régie.Cette inquiétude s’explique par le fait que Mme Bacon craint que la campagne référendaire ne porte sur des questions comme celle-ci et qu’elle ne veut pas avoir à faire face à des déclarations publiques.» Quand Mme Sinclair s’offusque qu’on veuille «lui imputer la responsabilité du comportement déviant de Guy Leclerc qui est à l’origine des inquiétudes de Mme Bacon», Mme Desrochers l’invite à «accepter d’être un bouc émissaire, en bon serviteur de l’État» et lui laisse entendre qu’on saura l’en récompenser.Mais Mme Sinclair consulte un avocat et décide de rester en poste.Dans le courant du mois d’août, Mme Desrochers multiplie les pressions et la menace de «lui monter un dossier* afin de la révoquer pour «maladministration».Tout en reconnaissant la compétence technique de Mme Sinclair, elle lui dit notamment «Vous n’avez pas réussi à naviguer dans un environnement politique.Il y a urgence.Les médias vont s’emparer du dossier.» Le 9 septembre, un décret gouvernemental destitue effectivement Mme Sinclair.Le bref de la requête en injonction précise que le sous-ministre de la Justice a refusé de transmettre à Mme Sinclair les motifs justifiant ce décret et lui a aussi refusé toute assistance pour ses frais d’avocats.ELTSINE Tout espoir s’envole pour la gauche SUITE DE LA PAGE 1 avait mérité ça» Selon les premiers résultats et les estimations, le Parti socialiste aurait obtenu 19% des voix, soit son plus mauvais score jamais obtenu depuis 20 ans.Aux dernières législatives en 1988, le PS avait obtenu 35% des voix.La coalition RPR-UDF obtient plus de 40,5% des voix, alors que les écologistes se situent à environ 7,6%, un résultat qui n’est pas «à la hauteur de nos espérances» a admis Antoine Waechter, dirigeant des Verts.Ce score ne devrait pas se traduire en sièges à l’Assemblée nationale.M.Waechter lui-même n’obtient pas assez de voix pour se maintenir en lice au deuxième tour.Les écologistes ont appelé leurs candidats qui ont obtenu assez de voix, à se maintenir au deuxième tour et ne donnent pas de consigne de vote pour les circonscriptions où leur candidat est éliminé.Ils refusent donc d’aider, si peu que ce soit, les candidats socialistes.Le Front national, parti d’extrême-droite, se maintient à un niveau élevé avec 12,5% des voue, surpassant les écolo- gistes et le Parti communiste qui ne réalise que 8,5%.Avec ce bon résultat, le Front national pourrait n’obtenir qu’un ou deux sièges de députés, mais il s’installe dans l’échiquier politique français.Sur le plan de la représentation parlementaire, le Parti communiste devrait voir son nombre de députés fondre de moitié.Avec une douzaine de députés seulement, le PCF ne pourrait plus former un groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée.Même le chef du parti, George Marchais, est en ballottage défavorable.Au vu des premiers résultats, les principaux dirigeants socialistes et les membres du gouvernement sont soit battus, soit en ballottage difficile.C’est le cas de Jack Lang, ministre de la Culture et de l’Education nationale, de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, de Jean-Pierre Chevènement et de Lionel Jospin.Michel Rocard est lui aussi en ballottage défavorable dans sa circonscription des Yvelines.Le premier ministre Pierre Bérégovoy est aussi en situation difficile.la coalition RPR-UDF avait présenté un candidat unique dans un peu plus de 80% des circonscriptions.Dans les cas où il y avait deux candidats de la droite, c’est le RPR qui a eu l’avantage.C’est donc le parti de Jacques Chirac qui devrait être la première formation à l’Assemblée nationale.C’est donc logiquement dans ses rangs que devrait être choisi le prochain premier ministre.Il pourrait s’agir de M, Chirac lui-même, ou de celui qu’on donne comme favori, Édouard Balladur.I Jà plupart des dirigeants de droite ont été facilement réélus hier soir Raymond Barre, Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Esfaing, Jacques Barrot, Pierre Méhaignerie, Alain Madelin, Édouard Balladur et Philippe Séguin.Francois Léotard, Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé étaient en ballotage favorable.L’ampleur de la victoire de la coalition RPR-UDF au premier tour interdit à la gauche tout espoir qu’un «sursaut» de leurs partisans viennent corriger au deuxième tour la débâcle d’hier.Elle impose de plus au président Mitterrand le choix d’un premier ministre RPR, et non pas, comme la possibilité avait été évoquée, d’une personnalité centriste.La cohabitation entre un président d’un parti largement désavoué dans ce scrutin et un premier ministre issu d’une majorité considérable, promet d'être houleuse.Au demeurant, M.Béland avoue que le Mouvement Desjardins aurait très probablement considéré l’hypothèse d’acquérir lui-même le Trust général s’il avait été informé ou approché.Quoi qu’il en soit, le président de Desjardins pense que «petit à petit les fonctionnaires ont [>ris le contrôle de la Régie», en faisant du même souffle 'ajout suivant: «Il est temps qu’on aille siéger à la Régie et que l’on sache ce qui s’y passe».Se pourrait-il qu’une fois bien informés les dirigeants de Desjardins demandent au gouvernement d’annulef cette transaction?A cela, M.Béland répond prudemment par un «j’imagine qu’ils ont pris toutes les précautions».Il a tout de même demandé des réunions avec la mi-: nistre des Institutions financières, Mme Louise Robic, ainsi qu’avec la vice-première ministre, Mme Lise Bacon, qui pourrait le recevoir aujourd’hui même.Installez une pomme de douche à débit réduit.ËCOKILO 333-KILO
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.