Le devoir, 6 novembre 1993, Cahier C
I.K I) K V (I I It , I.K S S A M K I) I I! I T I) I M A N l II K X 0 V K M li It K I !» !» Il ?LE DEVOIR » Cinéma Page C3 Musique classique Page C6 Disques Page C7 Danse Page C9 Télévision Page C9 Agenda culturel CIO Arts visuels C12 T II É A T Une bête de scène s’attaque à Lorca Marie Tifo campe le rôle-titre de Yerma au Rideau Vert GILBERT DAVID Tout le monde conviendra que la comédienne Marie Lifo est d’une race à part, avec cette intériorité incandescente, cette vibrante simplicité et cette beauté sauvage qui sont l’apanage des bétes de scène.Mais il se trouve que le cinéma et la télévision la disputent aux planches.Il faut donc se résigner a la voir moins souvent au théâtre.Malgré tout, peut-on vraiment en vouloir à Marie Tifo de se garder en réserve pour, le moment venu, s’engager dans la course de fond qu’est la création d'un personnage tragique au théâtre ?C’est ce que laisse espérer la production deYerma qui prend l’affiche mardi prochain au 'ITiéâtre du Rideau Vert.Car le metteur en scène Guillermo de Andrea n’aurait pas pu trouver meilleure interprète pour défendre le rôle-titre de cette tragédie — aux forts accents lyriques — d’une femme prise au piège d’un mariage stérile, qu’écrivit le dramaturge et poète Federico Garcia Lorca en 1934, pour dénoncer une Espagne qui étouffait soqs le poids du conservatisme.A la scène, mais aussi à la ville comme je m’en suis rendu compte instantanément, on ne peut qu’être touché par l’authenticité de cette femme nature qu’est Marie Tifo.Le petit restaurant de quartier où nous avons rendez-vous à l’heure du lunch est bondé.et très bruyant.«Faut-il rester là ?*», s’inquiète-t-elle dès son arrivée.La salle de répétition du Rideau Vert n’est qu’à deux pas et, suggère-t-elle, on pourrait aller s’y réfugier.Mais nous devons attendre le photographe, et en quelques minutes à peine nous sommes de toute façon complètement absorbés dans notre conversation, en rien importunés par ce qui se passe autour.La comédienne a joué d’innombrables personnages au théâtre, pour le petit et le grand écran Elle n’a jamais chômé depuis ses débuts à Québec il y aura bientôt vingt-cinq ans.Durant les dix premières années de sa carrière, le théâtre l’a accaparée, et elle s’est ainsi jetée, tête baissée, dans une cinquantaine de productions, pour la plupart au Trident.En 1978, l’interprétation de la mère dans Les Bons Débarras, le scénario de Réjean Ducharme réalisé de main de maître par le regretté Francis Mankiewicz, lui vaut tous les éloges et plusieurs prix.Entre 1980 et 1992, elle tourne dans pas moins de seize productions cinématographiques, dont Pouvoir intime, d’Yves Simoneau en 1985, Kalamazoo de Marc-André Forcier l’année suivante, et Tes belle Jeanne de Robert Mé-nard en 1987, film pour lequel elle mérite le Prix Gémeaux de la meilleure comédienne en 1989.Depuis une douzaine d’années qu’on la voit régulièrement à la télévision — présentement, et pour une deuxième année consécutive, elle est l’entreprenante Mme Blondeau du téléroman Montréal PQ de Vic-tor-Lévy Beaulieu — Marie Tifo ne joue plus au théâtre qu’une ou deux VOIR PAGE.C 2: YERMA Duke sam Ellington Quelle drôle d’histoire! Il y a peu de temps, l’étiquette Pablo décidait de sortir un chef-d’œuvre cpie le cœur de la formation de Duke Ellington, amené par l’immense saxophoniste Johnny Hodges, a enregistré à Berlin parce que le patron de la plus formidable machine à swing de l’histoire les avait plaqués à Paris.Johnny I lodges partageait avec Duke Ellington une certaine passion pour le Beaujolais • .• •> »}*.V.v • SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR ÜPÎ 1961, Edward Kennedy Ellington, fils d’un maître d’hôtel de la Maison-Blanche, séjournait dans la capitale des fins menus pour les besoins du film Paris Blues, à titre de compositeur de la bande sonore, ainsi que pour la pièce Turcaret représentée au Palais de Chaillot.Il était à Paris.Ses musiciens aussi.Il était ravi.Il était heureux.Ses musiciens, eux, n’étaient pas contents.Pas du tout contents.Même qu’ils étaient de très mauvais poil.La troupe râlait.Sam Woo-dyard, le batteur, grognait.Lawrence Brown, le tromboniste, maugréait.Ray Nance, le trompettiste et violoniste, était déprimé.Un vent de fronde soufflait très fort.Très très très fort.Tout, c'est-à-dire le vent de la fronde, avait commencé à New York.Plus précisément au bar The Turf, situé sur Broadway.Ils s’étaient réunis là parce qu’ils estimaient que Duke Ellington venait de leur faire une arnaque coûteuse.Si onéreuse qu’ils ne parvenaient pas à la digérer.Selon le calendrier fixé par le grand chef, ils devaient jouer à Paris avant de reprendre illico la direction de Boston où un engagement de quinze jours les attendait.Mais voilà, Ellington avait omis de leur mentionner qu’il avait signé un contrat avec les producteurs de Paris Blues et de Turcaret.Les patrons du club Storyville de Boston ayant été mis au parfum, ils décidèrent de renvoyer aux calendes grecques l'engagement en question.Et qui dit VOIR PAGE C 2: DUKE Dernier week-end ! Riopelle Hâtez-vous ! Riopelle MidiclIélnllJliilnicmaiioiial 878-ARTS Riopelle T Souscrivez maintenant au catalogue Riopelle: Œuvres vives offert à prix réduit pendant l’exposition L'Hommage à Rosa Luxembourg présentée jusqu'au 7 novembre 1993 chez Michel Tétreault Art International Prix régulier: 70S Offre de lancement: 55$ Pou' , oi'imo in taire catalogue Riopelle: CEmres t ues Editions Riopelle-MTAI 55, rus Prince Montréal (Québec) H3C 2M7 Chèque (ci-inclus) J ÀI ordre de MTAI 689^^2944033291625 T i|S|l§ M EM MÎT •361-450G Supplémentaires du 16 au 20 novembre supp'èroe I-Zt (514)700- 1245 ] OEESSHTEimaii MONUMENT-NATIONAL 1 182.PO U L.SAINT-LAURENT Métro Place o'Armes ou Saint-Laurent iMmm ,\i wHiitinm ^iu/> r «MD TlT SP€CTRUJTI 318, STB CATHERINE O © l’I «Jet Art» (•n( 861 5851) billots ou Spoctium.chei Adrtmiion cl au 790 1745 {?(um) YERMA «Le théâtre doit s’imposer au public, et non le public au théâtre.» IVANOV Une grande mise en scène de la première pièce — jamais encore jouée à Montréal — du dramaturge russe Anton Tchékhov.Cette production, signée parle metteur en scène Yves Desgagnés, fait figure d’événement dans la saison théâtrale.Dans une magnifique scénographie de Stéphane Roy.Desgagnés a parfaitement saisi l’esprit de Tchékhov qu 'il sert avec un génie certain.Dans la distribution, Gilles Renaud, Patricia Nolin, Michel Dumont.Dniise Turcot, Guy Provost, ont été touchés par ce génie et jouent Tchékhov comme on l’a rarement joué.À voir toutes affaires cessantes.À la Compagnie Jean-Duceppe.NAIURES MÛRIES La première pièce d'un auteur dont il faut retenir le nom: Serge Boucher.Dans une ville de province, un garçon de 15 ans va fuir un milieu étouffant pour y revenir quelques années plus tard.Avec Pierre Rivard, Elise Guilbault et Roger If ger.1m mise en scène est du dramaturge Michel Tremblay.Au Théâtre de Qua fSo us.ANNABELLE El 2INA Un duel entre deux femmes au sujet du mari, mort, de l’une d’elles.Christian Rallier, jeune auteur français, ne casse rien avec cette pièce bon chic bon genre qui n'apporte rien de bien neuf dans l’évolution du théâtre.Le texte, à la limite de l'ennui, est servi dans une mise en scène mortifère de Jacques Lessard.Ça ne dure qu'une heure et quart, mais l’affaire est une «longueur» en soi.Au Café de la Place.LE BOSSU DE NOIRE-DAME Une production qui vient d'Ottawa, qui jouit d’un beau travail aux masques et costumes, mais qui relève du niveau amateur quant au jeu de la distribution.C’est une coproduction du Jhéâtre de la Grosse Valise et du Centre national des arts, mise en scène par un ancien du Théâtre du ‘¦Soleil, Guy Freixe.L’adaptation du roman de Hugo est bien scolaire, : sans le souffle théâtral qu ’il fallait pour une telle matière.A la cinquième salle de la Place des arts.Un personnage gigantesque SUITE DE LA PAGE C 1 fois par saison.Son emploi du temps actuel, maintenant quelle habite la campagne près du mont Saint-Hilaire, lui permet de pratiquer son métier, tout en se réservant des périodes d’accalmie, loin de l’agitation urbaine, quelle voue à sa vie de famille, à la lecture et.à la culture en serres de plantes annuelles — une petite entreprise qu’elle vient d’acquérir afin de se donner la liberté de n’accepter que les rôles qu’elle aime.On n’est jamais trop prévoyant dans le monde très changeant du spectacle.Disponibilité totale Au cours des deux derniers mois, l’horaire de la comédienne s’est obligatoirement fait plus chargé, alors qu’elle se préparait à incarner Yerma qui, avoue-t-elle, l’a poussée à se remettre en question comme interprète.«'Il s’agit d'un personnage gigantesque, note-t-elle, et qui réclame de se laisser envahir entièrement.D'habitude, j’aborde un rôle en gardant une certaine distance, mais Yerma, à travers sa quête absolue, exige de moi une disponibilité totale, et je dois aller puiser très profondément en moi, là où se trouvent mes forces vitales.Avec Guillermo à la mise en scène, nous avons travaillé sur l’animalité du personnage, sur ce qu'il y a de primitif dans les relations entre un mâle et une femelle.Face à son mari, Yerma est une femme qui se meurt de soif, comme un champ qu’on aurait laissé se dessécher et qui est pourtant fertile.» Garcia Lorca a écrit Yerma après Noces de sang (1933) et avant La Maison de Bernarda Alba (1936), sa dernière pièce qu’il ne verra jamais jouer, puisque, dans la nuit du 19 août de cette même année, il est lâchement assassiné par les sbires de Franco, aux premiers jours de la guerre civile qui allait conduire à une longue dictature.Il n’avait pas 40 ans.Poète tout autant que dramaturge, Lorca voyait en Yerma «l’image de la fécondité condamnée à la stérilité».A travers une action très économe, proche de la tragédie antique, l’auteur se concentre sur la figure de la femme opprimée, victime de la fidélité conjugale à tout prix.-•Yerma est un personnage révolutionnaire qui se révolte contre un monde qui nie la vie, affirme Tifo.Par son parcours initiatique, elle incarne un désir de liberté en magnifiant la maternité comme processus de création, elle est l’Espagne qui est empêchée de jouir et de créer.Son mari, c’est Franco.» Par ailleurs, la corné; dienne annonce un spectacle très épuré, dénué de tout folklorisme et dans lequel le flamenco accentuera la célébration païenne de la pièce de Lorca.Pour cet oratorio de la frustration charnelle, Guillermo de Andrea a réuni autour de Marie Tifo des comédiens de métier parmi lesquels on note les noms de Guy Thauvette, Françoise Faucher, Hélène Loiselle, Monique Spaziani, Denis Roy et Sylvie Le-gault.Le décor a été confié à Richard Lacroix, les costumes à l'incontournable François Barbeau e,t les éclairages à Michel Beaulieu.À sa création, Yerma avait remporté un immense succès, tant auprès du public populaire que des intellectuels.ce qui faisait dire à l’auteur que «le théâtre doit s’imposer au public, et non le public au théâtre».En programmant Yerma.Marie Tifo en tète, le Théâtre du Rideau Vert se montre tout à fait disposé à lui donner raison.PHOTO JACQUES NADEAU «Yerma, à travers sa quête absolue, exige de moi une disponibilité totale, et je dois aller puiser très profondément en moi, là où se trouvent pies forces vitales»,’ explique la comédienne Marie Tifo.DUKE L’apothéose à Berlin JE VOUS ÉCRIS DU CAIRE La nouvelle pièce d’un auteur important, Normand Chaurette, mais dans une mise en scène qui ne va pas â la cheville des enjeux du texte et qui fait sombrer dans le vaudeville ésotérique une matière autrement plus fine et plus grave.Alexandre Hausvater a bousillé la pièce de Chaurette.À éviter.LA IRAGÉDIE COMIQUE Ce soir, au Théâtre Palace de Granby, le comédien belge Yves Hunstad donne une représentation de sa Tragédie comique, un solo théâtral qui relève du sublime.Un personnage et son acteur dans un duel prodigieux.Mardi le 9 novembre, Hunstad sera a la salle Maurice-O’Bready de Sherbrooke.Robert Lévesque SUITE DE LA PAGE C 1 annulation dit chômage sans les prestations.Alors forcément, les camarades travailleurs du swing fait orchestre étaient enclins à fomenter la révolte.Ils se rencontrent donc au Turf.Ça gueule fort.Ça se défoule.C’est dur.La tournée improvisée Heureusement pour Duke et les musiciens, Johnny Hodges, l’artiste de la note lobée, LE saxophoniste de la fluidité, est là.Surnommé Ihe Rabbit parce qu’il adore, c’est très sérieux, les sandwichs bourrés de salade, Hodges calme le jeu.Il aplanit les angles.On l’écoute avec d’autant plus de respect qu'a l’interne, comme disent aujourd’hui les technocrates, il est considéré comme 1 'alter ego de Duke Ellington.Il fait son laïus.Puis, il fait une promesse.En substance, Hodges dit à ses copains: «On va à Paris.Comme convenu on va jouer au Châtelet avec Duke.Puis pendant qu’il fera son cinéma, nous allons faire une tournée.Je vais trouver des engagements.» Dans son entreprise, Hodges fera preuve d’une motivation, d’un acharnement si évident que lui et Duke entretiennent une relation d’amour-haine depuis une trentaine d’années.Contrairement a tous les autres chefs d’orchestre, Ellington faisait tout pour s'attacher la fidélité de ses musiciens.Il n’y a rien qu’il détestait plus que de voir un de ses instrumentistes le quitter pour rejoindre la formation dans la foulée les morceaux qui, plus que d’autres, ont fait la réputation de Duke Ellington.Soit Mood Indigo, Solitude, Satin Doll, I Got It Bad and That Ain't Good et Rockin’in Rythm.Ils enfilent donc, les unes après les autres, les pièces d’anthologie que Duke prenait bien soin, quand il était avec eux, d'espacer entre elles.Ces compositions, ils les jouent, ils les campent en multipliant les dialogues à deux.Pendant que la formation rythmique fait son boulot, Hodges avec Brown ou Nance ou Carney multiplient les clins d’œil.Ils étaient de mauvais poil?Les voilà qui jouent aux potaches.Ils font une pause?Certain.Laquelle?Le patron est à Pari .; on va jouer les Feuilles d'automne parisiennes chères à Prévert et Kosma avant d’allonger Stompy Jones sur 11 min.47 là ou Duke le faisait en 3-4 minutes.Puis, ils recommencent avec les gros morceaux.Les chefs-d’œuvre.Les C-Jam Blues, The Jeep Is Jumpin '.Things Ain't What They Used To Be.All of Me.Blue Moon.Perdido et autres.Et on écoute.Et on ré-écoute sans fin la sonorité limpide de Hodges.On admire son sens inné du dosage.On apprécie la grâce mélodique de son jeu.On applaudit celui qui fut le principal artisan du classicisme que l’on prête a Ellington.Et on regrette.On regrette profondément que Duke Ellington n’ait pas fait plus souvent le coup du-canard a l’orange, le coup de la goutte qui a fait déborder la gamme.d'un Fletcher Henderson ou d'un Jimmy Lun-ceford.Ce qu’il aimait bien, c’était le genre d’accord tacite qu'il avait conclu avec Count Basie.Le genre: «Tu vas pas dans mes plates-bandes.Je ne vais pas dans les tiennes.» Duke Ellington avait adopté cette politique de fidélisation parce qu’il appréciait sincèrement ses musiciens.C’est eux qui l’influençaient.Il composait toujours en fonction de leur personnalité respective.De leur singularité.Lorsqu’un Ben Webster, par exemple, remettait sa démission, ça le déprimait passablement.Alors pour éviter ces écueils, il usait parfois du mensonge.On les retrouve donc à Paris.La mauvaise humeur est palpable.Hodges travaille dans l'ombre, en silence, au respect de sa promesse.Avec le concours de Norman Granz, il finit par trouver non pas un engagement, mais deux, puis trois, puis quatre.Il finit pas organiser une grande tournée.C'est Paris.C’est Londres, Copenhague, Oslo, Stockholm, Rotterdam, Bruxelles, Edimbourg.Puis c’est Berlin.C’est plus précisément le Sportpalast de Berlin.Auprès de Hodges, il y a Lawrence Brown au trombone, Ray Nance à la trompette et au violon, Harry Carney, l’immense Carney, au saxophone baryton, Aaron Bell est à la contrebasse et Sam Woodyard à la batterie.Pour le piano, Hodges fait appel a un vétéran des grandes formations, soit Al Williams.Ils sont sur scène.Duke évidemment est absent.Alors, ils jouent du I )uke sans Ellington.Mieux ou pire, c’est selon, ils commencent par Take The A Train.Ils emballent ce morceau emblématique en 2 min.43 seulement.Ils s’en servent comme une introduction banale.Ils s’en servent comme un morceau juste bon a aiguiser les nerfs et a réchauffer les doigts.Puis, ils poursuivent avec une composition de Johnny Hodges.Le titre?In The Kitchen.Ça, c’est la traduction musicale du canard de la Tour d'Argent que le Duke, selon ses mémoires, setait tapé un peu avant a Paris.C’est gai.C’est joyeux.D’autant plus que Hodges signe un solo très malicieux avant d’attaquer Ai L K i> K V (III!.I.K S S A M K I) I (I K T I) I M A \ A (I V K M li li E I !l !l 3ARTS ADIEU MA CONCUBINE De Chen Kaige, avec Iwslie Cheung, Zhang Fentyi, Gong Li, Lu Qi, Ying Da, Ge You, Li Chun, Lei Han, Tang Di, Ma Mingwei, Yin Zhi, Fei Yang, Zhao Hailong.Scénario: Lilian Ise et Lu IVai, d'après le roman de Lilian Lee.Conseiller artistique: Chen Huaikai.Image: Gu Changwai.Son: Taojing.Montage: Fei Xiaonan.Musique: Zhao Jiping.Chine, i993.Version originale, sous-titres anglais: 2h37, au Loews.Version française: 2h55, au Parisien.FRANCINE LAURENDEAU Pékin, 1924.Parce qu’elle ne peut plus le garder au bordel, une prostituée abandonne son enfant, le sensible et gracieux Douzi, le donnant aux maîtres d’une école d'opéra.Il faut voir comment cette femme déterminée leur arrache leur consentement.Si durs soient-ils, ils en sont pétrifiés et nous avec.L'entraînement de ces malheureux garçons est vraiment épouvantable.Leur corps est soumis aux plus rudes exercices et ils sont battus comme plâtre a la moindre incartade.Heureusement que, dès le début, Douzi sera protégé par Shitou, plus vieux et plus costaud.Ils deviendront les meilleurs amis du monde.Pour être digne d’entrer dans le prestigieux Opéra de Pékin, il faut être à la fois mime, acteur, chanteur, danseur, acrobate.Il faut maîtriser les arts martiaux et la musique traditionnelle.Il faut avoir assimilé toutes les subtilités et les symboles de la gestuelle, du maquillage, des costumes.Ht la gestuelle est sexuée.Par exemple, pour indiquer qu’il C I N É M A Le poids de l’Histoire l'HOTO Ml RAM \\ ouvre une porte, l’acteur qui incarne un homme fait le geste d’ouvrir un cadenas et de pousser les battants.Tandis que s’il incarne un personnage du sexe faible, il fera en plus le geste de s’appuyer au chambranle.Car depuis deux siècles, pour des raisons de moralité, l’Opéra de Pékin n’engage plus que des hommes.Di féminité doit donc être jouée selon des codes très précis.Ht c’est ce qui arrivera à Douzi.A cause de la délicatesse de ses traits, il sera choisi pour incarner la concubine Yu auprès de Shitou qui jouera le roi Chu dans Adieu ma concubine.C’est l’histoire d’un roi qui, à la veille d’être défait et vraisemblablement massacré, veut rendre sa liberté à sa fidèle compagne.Au lieu de cela, la jeune femme danse pour lui une dernière fois et s’enlève la vie.On retrouve quelques années plus tard les deux inséparables maintenant connus sous leur nom de scène.Douzi s’appelle désormais Dieyi et Shitou, Xiaolou.Ils interprètent Leslie Cheung reçoit un magnifique collier pour compléter un costume dans Adieu ma concubine toujours l’opéra qui les a rendus célèbres.La grâce «féminine» de Dieyi lui vaut les regards et les propositions de certains hommes troublés par son ambiguïté sexuelle.Mais Dieyi n’aime qu’un seul être au monde, et cela depuis l’enfance: Xiaolou.Xiaolou qui, tout en lui vouant une affectueuse amitié de grand frère, fréquente les bordels et finira par épou- ser une prostituée, Juxian.Je ne vous dirai pas les méandres et les péripéties de ces amitiés et de ces haines amoureuses.Mais sur ces trois personnages, et sur l’Opéra de Pékin tout entier, déferleront les vagues d’occupations militaires et de bouleversements politiques extrêmement mouvementés.En 1937, les Japonais marchent sur Pékin et la Chi- ne declare la guerre au Japon.Le Parti Nationaliste de Chiang Kai-shek s'allie avec les communistes.En 1945, les Japonais sont défaits.Mais c’est la guerre civile.En 1949.les communistes prennent le pouvoir.Et les possédants, les esthètes, la classe bourgeoise sont catalogués contre-révolutionnaires, donc publiquement humiliés, emprisonnés pour être «rééduqués», souvent même exécutés.C’est malgré tout une époque généreuse où l’on tente de mettre l’art a la portée du peuple.Et au service du pouvoir.Cela nous a valu une pléthore de ballets et de films célébrant naïvement les épisodes glorieux de la révolution communiste.Ce cinéma de propagande avait au moins le mérite d'exister.En 1966, la Révolution Culturelle frappera les intellectuels, les artistes, les cinéastes.Et les tenants des arts traditionnels.Ce sera l'ére sinistre et honteuse du fanatisme, de la délation, de l’autocritique forcée, et encore une fois de l’humiliation publique et de la «rééducation».Chen Kaige a personnellement vécu cette période sombre.En 1966, il a interrompu ses études pour tenter de joindre les gardes rouges.Mais ceux-ci ne voulaient pas de lui à cause de son père, un réalisateur qui avait eu du succès dans les années 50.Alors il a attaqué, dénoncé son père comme contre-révolutionnaire ennemi du peuple.Publiquement.Son père lui a pardonné.On retrouve du reste son nom, Chen Huaikai, au générique comme conseiller artistique.Mais il n’empêche que le réalisateur d’Adieu ma concubine sait de quoi il parle quand, dans une sequence d'une profonde amertume, il fait se trahir (4 s’attaquer mutuellement les trois personnages principaux du film.Il est des blessures, se dit le spectateur, dont on ne doit jamais pouvoir guérir.C’est ce survol de l’histoire de cinquante années de l’histoire chinoise à travers le destin de deux hommes, d’une femme et d'une institution séculaire, l’Opéra de Pékin, qui m'a vivement intéressée.D’autant plus que ce survol est composé d’images luxuriantes, de somptueuses séquences théâtrales, d'un rituel épuré et fascinant du geste et de la musique, du maquillage et des costumes.Rappelons que ce film se méritait la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes, ex aequo avec The Piano, de Jane Campion.Mais il y a un os.Présenté à Cannes dans sa longueur intégrale avec sous-titres français, Adieu ma concubine est amputé ici de 18 minutes dans sa version originale sous-titres anglais.Alors que si vous voulez voir la version intégrale, il faudra vous farcir une version doublée en français.Insoluble.i I» K R T O I K E LE PLAISIR De Max Ophuls (France), 1952, 95 minutes, à la Cinémathèque québécoise, le mercredi 10 novembre à 18h35.Ce film, inspiré de trois contes de Guy de Maupassant, marque le retour réussi d’Ophuls en France après une carrière cahotique aux Etats-Unis.On y retrouve au générique Claude Dauphin, Madeleine Renaud, Gaby Morlay, Jean Gabin, Claude Brasseur et bien d’autres.Influencé par les peintres impressionnistes, Ophuls y fait la démonstration de son raffinement et de son goût pour la fantaisie dans une mise en scène d'une élégance rarement égalée.HEARTS Of DARKNESS: A FILMMAKER'S.APOCALYPSE I)e Fax Bahr et George Hickenlooper (États-Unis), 1991, 97 minutes au Cinéma de Paris, le lundi 8 novembre à 9h30.A pocalypse Now est un film extraordinaire: le film sur /lie film l’est tout autant.Il nous révèle les conditions démentielles dans lesquelles s’est effectué le tournage d’une oeuvre terriblement ambitieuse qui a failli à de nombreuses reprises capoter.Mais Coppola, près de la crise de nerfs et Martin Sheen, près de la mort, tiennent le coup.Un récit tout à fait captivant, composé notamment d’images tournées dans les coulisses du plateau aux Philippines par la propre femme du réalisateur.UP 10 IHE S0U1H DeJayce Salloum et Walid Ka'ad (États-Unis) 1993, 60 minutes au Cinéma Parallèle, du jeudi 11 au dimanche 14 novembre à 19hl5.Présentation en primeur a Montréal de ce document vidéo engagé qui dénonce l’occupation du Sud-Liban par Israël depuis 1978.Territoire oublié du Proche-Orient, son histoire est pourtant une des plus turbulentes et des plus complexes de la région.Les auteurs se penchent sur les conséquences humaines, sociales et économiques de l’occupation et les conditions dans lesquelles la résistance s’est organisée.U* 13 novembre, présentation de la version anglaise en présence de Jayce Salloum.Bernard Bonlad SE Igrifoer, OZ1 adj.et iv Qll> - corps jc lion, a tête ul NM • 1 Animal fabuleux créature“3 des valeurs, l e griffon était dans'a m>tholot ^ Extra-Blonde euses de la ^bières Griffon font de —-t âJ GERARD DEPARDIEU CLAUDE BERRI • EMILE ZOLA J» IU M Pii J IUUICK» ANS ?EROTISME ^0UIS ENFANT ROI %* LUt.du ROGER PLANCHON SERGE CARMEN ISABELLE réalisé par MARK MAGIDSON un film deRON FRICKE mmm.12 00-3 00-6 00-9 00 1 15-4 50-8 15 iti TiJ Tous les soirs 0 00 ven-lun-mar-mer-jeu 8 00 sam-dim-mar-mer 2 00 sam-ûim 6 15-615 COUCHE-TARD sam 11 05 ven-lun-mar-mer-jeu 2 15 sam-dim 12 10-3 10 TÏÏT CARREFOUR DE 565-MS6 LESTRIE SHt RBROOKt ?Tous les sous 6 00-9 00 sam-dim 2 30 POUR RÉSERVATIONS SCOLAIRES CONTACTEZ NATHALIE CHEZ CEP: 342-2340 UUriRt IVLAUKA GELUNAS MAXIME MANSION - l’AOI.O GKAZIOS1 - JOCELYN QUIVRIN PARISIEN «MW 480 Sle>Catherine O.?MEILLEUR FILM! (HORS CONCOURS) PRIX DU JURY • FESTIVAL DES FILMS DU MONDE "MAGNIFIQUE! D’une beauté visionnaire et captivante.Un film aussi spectaculaire ‘ que ses images.Un col lage éblouissant de scènes de la vie sur cette planète." -Kevin Thomas, LOS ANGELES TIMES .UN MONDE AU-UELÀ DES MOTS PHOTOGRAPHIÉ EN — ™¦" TODO-AO 70MM DANS 24 PAYS AK A -Août 1648- Paris se soulève.La France sombre dans la guerre civile, le Roi de France, lui, est un enfant.FTO'lHiin 12 50-3 35 6 20-9 10 H* adieu ma Concubine un film de CHEN KAIGE T0MSON (Hk» FILMS C0.1TD noun, s « - x HFS K.AH,F .M'!{ l ML.VI BIM*4.I IM IL CH R V.• ZHW.FFNGTI GONG II • GF UH.coAAuTo.naciUTiiv.CHEN HIAIkAI •¦»u^iCL CHAV.WFI .Avix YANG HlHEr USG ZHANJIA y* T A0 |INC von-ici PEIXIA0NAN *ahm ZHAO JIPING ii.nusn LILIAN LEE kiMic LILIAN LEE nil WEI rtoovmviiDKrtnJADEHSL MSI PIN nom nu usait DON Al 0 RAN V AID mweunn t 'iu;x.'\t.SLNDAY SUN non it m HSU FENG lUitlriiCHEN KAIGE « « » .tom idiiu • v** m i .mj.v ?Dlà**» «rii le devoir «ac fp 1 05-3 10-7 15 • » 70MMnn[ DOLBY STEREO ] Asïbai / Ml MS 1ST R Al 1 30-5 00-8 30 PARISIEN EN VERSION FRANÇAISE Palme D’OR CANNES 1993 LOEWS “'f 954 Stc-C*tti«rinc O JW lîCKMOO-e 10-9 05 COUCHE TARD vwvsurn 1200 LOEWS: V.O.CHINOISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS FAMOUS PLAYERS EN NOMINATION Prix du meilleurscénario POUR 8 GENIES * HUGO D'ARGENT Festival de Chicago' a'jc HH[oolbystebübô] Info-film: DANS CERTAINS DE NOS CINÉMAS 866-0111' *R22hOC une production PIERRE GENDRON et JEAN-ROCH MARCOTTE PARISIEN 480 St*-Calh#rine O ?12 15-2 25-4 35 6 50-9 20 «UNE BRILLANTE RÉUSSITE!» - Paul Toutant, Montréal ce soir arss mooK tHt*.« MIOUMIOU RENAUD JEANCARMET JUDITH HENRY JEAN-ROGER M1LO (Ï5 «FILM SOMPTUEUX! HISTOIRE PASSIONNANTE!» - Micheline Ricard, CIEL MF «UNE OEUVRE IMPRESSIONNANTE, ENRICHISSANTE,.» - PREMIÈRE Gg «UN VÉRITABLE DESSERT POUR LE COEUR ^ ET POUR L'ESPRIT! » - LE NOUVEL OBSERVATEUR «UN FILM QUI SIDÈRE PAR SON AMPLEUR SPECTACULAIRE, SA CONSTANTE BEAUTÉ ET LA RICHESSE DE SES RÉSONANCES.» - LE POINT «SUPERBE, GRANDIOSE, TROUBLANT, PASSIONNANT.UN FILM-SPECTACLE A NE PAS RATER.» - TR.-\NCE-SOIR i.!•: i) !•: v h i ii .i !•: s s \ m k d i u k i d i m ,\ \ ( n |.; \ (I \ K M 15 I! !¦: I it ii im Une présence, même absent Le Condé de Serge Dupire est un être excessif C I N fî M A ODILE TH K MH LA V LE DEVOIR Il y a une figure qui ressort clans le film de Roger Planehon bmis Enfant Roi.C’est celle du Prince de Condé, personnage avec panache et un brin d’humour dans le regard qui le rend touchant.Or, en ce courageux guerrier de la cour de Louis XIV, grand comploteur et cavalier botté monté sur son destrier, on reconnaît notre frise compatriote Serge Dupire.Que fait-il dans cette fresque historique, exilé à Chambord?D’abord, Serge Dupire vit en Prance.Il a épousé une f rançaise et cherche à faire carrière là-bas.Il possède la double nationalité maintenant.Certains l'ont accusé d'etre un transfuge.Lui a envie de miser internationaliste, revient souvent tourner au Québec par ailleurs.Mais ma vie est là-bas», précise-t-il.Le beau Montréalais a même un petit accent français.A Paris, la directrice de distribution de Planehon l'a choisi après avoir reçu son cv, tout bêtement.Alors il a tout lu sur le Prince de Condé.biographies et chroniques du temps, se renseignant aussi sur Mazarin, Gaston d’Orléans, histoire de se familiariser avec le héros qu'il incarne.Mais des hauts faits d’armes du Grand Condé, il sera peu question dans Louis Enfant Roi. .••• I m : l no enfant Knynpo, do la foret tropicale.SOI IU I As I RAI I II.MS Quelle planète BAkAKA Réalisation: Ron Friche.Concept et scénario: Ron Friche.Marl; Magid-sun, Rob Crecn.Image: Ron Friche Musique: Michael Stearns.États-Unis.Présente an Cinema Imperial.BERNARD KO l'LA I) Ou s'en va l’humanité?(."est en quelque sorte I.A grande ques-tion que pose Baraka.Mais aussi d’où vient rimmanité et comment a t-elle fait pour arriver là ou elle est aujourd'hui Le documentaire experimental de Ron Fricke, caméraman et coauteur du célèbre film dans la même veine de Godfrey Reggio, Koyaanisqatsi, est ainsi une œuvre métaphysique qui ne cherche pas tant a expliquer la nature humaine qu’à situer la place que l’homme occupe dans l’évolution de l’Univers.Le titre Baraka (vieux terme de sagesse orientale islamique) est d’ailleurs pris ici dans le sens de bénédiction ou du souille de la vie dont découlé le processus dévolution.Véritable invitation au voyage, dans l’espace comme dans le temps mais davantage encore dans l’esprit, le film de Ron Fricke trace donc l’histoire du monde en faisant le tour (le la planète, explorant 24 pays sur les six continents, avec des images époustouflantes qui évoquent la vie primitive sur Terre, la toute-puissance de la nature et la quête spirituelle de l'homme.Mais tout en livrant, dans un premier temps, un chant a la gloire de l’espèce humaine, Baraka s’interroge également sur les menaces qui pèsent sur son avenir.Tournee en 70mm, cette fable écologiste, accoinpav née d’une musique nouvelle âge tr -s inspirante (mais moins belle que celle de Philip Glass dans Koyaanisqatsi).entame son périple dans les eaux glacées d’Alaska d’où émerge un babouin au regard très inquiet qui a l’air de se demander ce qu’il peut bien faire là.comme s'il débarquait d’une autre planète.C’est aussi l’impression que ressent le spectateur tout au long du film.Ron Fricke nous fait voir en effet notre planète de telle façon qu’elle nous apparaisse, a nous Terriens, to- talement étrangère.Comme si on avait toujours pris pour acquis notre appartenance au monde et a cette j histoire universelle a laquelle on ou- : blie trop souvent de se référer.Baraka cherche ainsi a nous faire prendre conscience de notre part ! d’humanité et du sens, toujours a élucider, de notre presence phy sique et spirituelle sur cette terre.Il nous soumet alors a une eton- I liante expérience visuelle et sensu ! rielle cpii nous fait découvrir les rites initiatiques et les cérémonies religieuses pratiquées a travers le monde, visant a rétablir l’harmonie corps ame que dans l’étourdissante activité imposée par l’organisation industrielle et urbaine, on semble avoir totale ment perdu.Des images fascinantes ! — tournées en accélère — de Tokyo, de New York et de leur nains de foules hystériques dans k gares et dans les rues bondées, ténud- j gnenl de maniéré saisissante de la course folle que l’Homme s’est lui même programmée comme pour mieux se perdre.La folie humaine ; qui se manifeste dans sa capacité d'autodestruction avec son aliénation au travail, sa volonté guerrière de domination, la misère, la surpopulation ut la surexploitation de ses res- I sources, prend dans Baraka tout son seii'- et sonne comme un avertisse ment.Ia* film de Ron Trick offre un spectacle aussi éblouissant que troublant N’empêche que ce montage d’images sensationnelles qui nous font découvrir des sites naturels fabuleux et des communautés aux coutumes ancestrales impression mantes, reste un exercice limité rpu frise parfois la carte postale.Si on est saisi pendant la projection, cet effet de fascination ne dure pas.c 'est que, malgré toute la force d’évocation des images, le message existen tie! que porte le film n’est pas très nouveau.Mais il n’en demeure pas moins efficace et Baraka, grâce à certaines séquences rpii sont a cou per le souffle, dégage une réelle émotion.Aussi faut-il le voir comme une expérience nouvelle a vivre, une odyssée fantastique qui nourrit notre perpétuel questionnement sur l'origine et l'avenir de l’humanité.C I N K M A Une grande fresque floue LOUIS ENFANT ROI Réal et scenario: Roger Planchon.Avec Carmen Maura.Maxime Mansion.Paolo Graziozi, Serge Dupire, Isabelle Gelinas.Image: Gérard Simon.Musique: Jean-Pierre Fouquey.France 1993.I4Ü min.0 1)11.K TREMBLAY LK m: VOIR On pénètre danshmis Enfant Roi par la porte d’un regard enfantin.Celui du petit duc d’Anjou (joue par Jocelyn Quivrin) qui trouve la vie bien injuste: il a eu la mauvaise chance de naître cadet et vi Irait bien, a l’instar du grand vizir L.nogoud, devenir roi a la place du roi son frère.L'homme de théâtre français Roger Planchon, grand amateur d’Ilis-toire, féru de XVlIc, a travers Louis Enfant Roi, au-delà d’un film de batailles, de cape, d'épées et d’intrigues, a voulu raconter la genèse d’un règne.Il mettra en scene un enfant rpii aurait été comme les autres; n'eut été du coquin de sort qui l'appelle a devenir le plus grand monarque de France.I.’idee est excellente, quand on y pense.On a beaucoup lu sur Louis XIV, son Versailles, ses maîtresses: la Maiutenon, la Valûm es et compagnie.On a raconté le faste de sa Cour, ses stratégies guerrières.Saint-Simon est passé par là.Mais l'enfance du Roi Soleil méritait d'être explorée et commentée.Planchon prétend donc éclairer son "dcniaisagC" par une courtisane borgne, montrer comment il s’est affranchi de la tutelle de sa mere Anne d’Autriche, de l’influence du Grand Coude, des sarcasme de son frère et comment la Fronde qui menaça les débuts de son règne, l’a trempé comme une epee pour en faire un monarque digne de ce nom.Ia* film est une fresque foisonnante.longue, nourrie de scènes de batailles, de récits d'intrigues de palais, de jeux d’amour dans une Cour qui se nourrit de ragots, de complots et de liens amoureux noués m dénoués sur un air de libertinage.Car la France de Dmis XIV a un langage vert et des moeurs déréglées.Tout cela est bel et bon.Mais les belles idées et les bonnes intentions sont une chose, le succès une autre.Hélas Planchon, peut-être parce qu’il connaît trop son sujet, ou qu’il s’est trop braque sur la seule perception enfantine du personnage central, nous prive des repères indispensables a la compréhension de Faction.1rs ligures sont a peine esquissées, on les confond entre elles.Ma-zarin est un ectoplasme aux contours mal définis, le grand Coudé, quoique joué avec beaucoup de vigueur et de sensibilité par Serge 1 hipire, nous est livre sans clés.Idem pour Anne d’Autriche (jouée par Carmen Maura).On comprend mal quelle fut sa vie avent la régence.Tout baigne dans le flou.Sur des belles images travaillées, le film est une trame confuse, une forêt embroussaillée où bien malin celui qui pâment a démêler qui est qui et de quel côté il se range.11 faut beaucoup d’imagination ou connaître sur le bout des doigts son Histoire de France pour se dépêtrer dans Ijouis Enfant Roi.Si Planchon avait donné dans la symbolique fellinienne, en mettant des monstres et du grotesque dans l’affaire, on se serait passé de répères historiques.1a1 contexte historique eût été pur prétexte à une plongée dans l’inconscient.Ici une couple de scènes donnant la vedette à un Louis XI11 tiré de son tombeau, versent dans l’onirisme.Mais elles jurent avec le ton plus conventionnel du reste de la production.Louis Enfant roi navigue entre deux eaux sans avoir trouvé son ton, sans nous imposer de vision cohérente.Voilà pourquoi il paraît interminable.Jocelyn Quivrin qui interprète le duc d’Anjou est infiniment plus vivant , que dis-je plus charismatique que Maxime Mansion, l’interprète du petit Roi Soleil, vraiment faible.Il joue faux et mal, et on a du mal a croire qu’il sortira de lui un jour le Roi Soleil.La distribution est pas trop inégalé.A cote d’un Serge Dupire qui parvient a transcender de sa presence la minceur de son texte, on rencontre des senti personnages: Gaston d’Orléans, mal cerne par Hervé Brieux, et une foule de figures secondaires dont on comprend mal l’eipploi.A côté du scenario confus, c’est la mise en scène échevelée qui derange.Reste le loisir de se laisser caresser par les éclairages soi gnees.le velours des images.Le film donne surtout avoir envie de se plonger dans l’Histoire de France, de potasser la Fronde, cette révolte des Princes contre la monarchie que ce film nous montre sans nous expliquer.I.ouis, entant roi.de Planchon.• ’ *-f Festival interculturel du/n tl g deL 0 N T E Montréal Vendredi 5 novembre P h 30 22 h Samedi 6 novembre 13 h 30 14 h 13 h Dimanche 7 novembre 13 h 30 14 h 13 h Mardi 9 novembre 20 h Mercredi 10 novembre 12 h 10 20 h Dimanche 14 novembre H h 30 lancement officiel.Michel Cailloux, président d is ' tir Pointe-à-Gillière LA MIT DES CONTES avec Sylvi Belleau, Jocelyn Bénibé.Anne Clausen.Paul Émile Dominique.Michel Faulien, Marc laiterie.Claudette L'Heureux, Virginie hagarde.Manfeï Obin Théâtre de l'Esquisse Joujou Turenne.Antilles (grand public) Pointe-à-Gilliére Michel Faubert.Québec (famille) Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce Anne Clausen.Europe (jeune public) Pointe-a-Calliére Denise Fortin Quélfec (jeune public) Pointe-à-Gdlière Jocelyn Bérubé.Québec (famille) Maison de la Culture Mercier .Alexis Nouss.Europe de l'Est (grand public) Poinle-à-Calliére Manfeï Obin.Côte d'ivoire (grand public) Centre interculturel Strathearn Jocelyn Bérubé.¦Contes de ma grande ville-, avec musicien Pointe-à-( Marc Laberge, •Rendez-vous avec le destin- (grand public) Maison de ia Culture Rosemont / Petite Patrie Ndiouga Sarr, Afrique de l’Ouest et du Nord ‘grand public) Pointe-à-Callière Terre promise / Terra promessa pour toute la famille LAC-MEGANTIC (Polyvalente Montignac), vendredi 19 novembre à 2 pour informations et réservations: (613) 583-3303 SHERBROOKE (Salle Maurice O'Bready), mardi 7décembre à 20h pour informations ot réservations: (819) 820-1000 Coproduction des DEUX MONDES (Montréal) et du TEATRO DELL’ANGOLO (Turin) Avec Marie Dumont, Michel Laprise, Jacques Piperni et Monique Rioux Musique originale et environnement sonore: Michel Robidoux L’histoire sans paroles d'une roche et de l’humanité Tournée 1993-1994: 16 villes au Québec, Hong-Kong, Pékin, Shangaï, Séoul et Singapour Avec l'aide financière du ministère de la Culture du Québec dans le cadre du Plan de relance du spectacle 13 h Jani Pascal.Québec (jeune public) Pointe-à-Gillière Pointe-à-Callière, 350 Place Rovale, Montreal H2Y 3Y5 - (514) 8^2-9150.Les spectacles auront lieu dans la salle des expositions temporaires.SVP se munir d'un passeport donnant droit aux spectacles et aux activités interculturelles reliées à I exposition.Adulte 3.005 Étudiant 2,005 Famille 6,005 Aîné (té ans cl plus).2,305 ' 1 adulte 3 entants -18 ans Personne handicapée 2.505 ' 2 adultes 2 entants -18 ans Accompagnateur gratuit Enfant (0-12 ans) gratuit Carte Accès Montréal 1,005 MAISON DE LA CUIVRE Notre-Dame-dc-Grâce 3735, me Botrel (314)872-2137 MAISON DE LA CULTURE Mercier 8103, llochelaga (314)872-8733 MAISON DE LA CULTURE Rosemont/Petite Patrie 6707, av.de Lorimier (514)872-1130 CENTREINTLRCULTUREL Strathearn 3680.me Jeanne-Mance (314) 872-9808 PoixiT \ Cm i li.Ki LE DEVOIR Théâtre de l'Esquisse, 1630, me Marie-Anne est, Mil • (314) 527-519'’ Prix d'entrée: 10$ IVs laissez-passer gratuits de " à D jours à l'autve à la Maison mm m -î.V : WM'Ë; Tt*r, rffRINli(,il I X M C A YM h CONSEIL DESERTS UNI II UNI I TOILE AU VIOLON isviit: Muît'AvIni (jAiiliim LhLIk SoNAlf A (ln \ l ioloss Di bcssy Sonak i s sol F.Rai m I is Osibius Bocrittnisi QlInihu 0|) 'il Ain: B» ni a Rosivihl, pix\o, 1 iis (iiiNIiai/, violo\, NaiaÜi Rai isi, aIio i i Lio Gnislui/, violov i III Gouvernement du Québec Ministère de la Culture L'Intégrale, pour une fois, porte bien son nom.Tout y est.l était tout a fait Les deux albums au complet, l’éponyme, témoin du passage à L’Evêché, et l’album-concept Rémi AM-FM, enregistré en studio je (Oil AB< )RA I I (1RS AR I IS I I(Jill S ( ’ARMEN Al II JEAN YVES CAI.>11 I IX jlAN MARIE (.! IA Y DENIS I,AV( >11 MAR< ’ PARI N' I JEAN l’I III IPPI TKEPANII R ( 11< >RI ( iRAI‘1 II S JEANNE RENAl II > JAMES Kl 11>11 KA GINETEI lAURIN DANIÈLE DESN< >YI RS 'AUI ANDRI EORTIER LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX AVENIR en tete STUDIO DE MUSIQUE ANCIENNE DE MONTREAL Première audition depuis le 17e siècle! BIBKR: MISS A CHKISTI RESURGENTES également au programme: Eitaniu de S.Josepho et Requiem en la majeur avec le chœur Je /V voix du Studio et un ensemble instrumental de 21 musiciens incluant comettos, saqueboutes et trompettes • sous la direction de Christopher Jackson le dimanche 7 novembre 1993 a 20h en l'église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement 500.rue Mont-Royal est i Métro Mont-Royal) Billets: N s trée IK S iét./h5+i mute' taxes incluse' Information'.réservations 843-4007 Les Idées Heureuses présente II.DIMM) CLAUDIO .ikert c-mmenté par (ienesiéve Sois Musique sacrée et profane de MONTEVERDI avec Suzie l.cBlanc.soprano.Benjamin Butterfield et Michel Ducharme ainsi que huit instrumentistes.Le vendredi 12 novembre a 20 h Eglise Erskine et Américaine, rue Sherbrooke, angle Crescent Billets rég 20 5 réd 12 S • Renseignements 843-5881 RnjnVN Orchestre Symphonique de Afont Roijal ^ ivü jal qyes I- aubert ’ ndatrur et dim teur artistique h pti.’nant
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