Le devoir, 30 mai 1996, Cahier A
0 ?FONDÉ EN 191 LE DEVOIR Vol.I.X X XVII No I 2 (> MON T II K A I, .I, K .1 E UDI » O M Al M) O li 8 8 T I’ S T v g T O r o ii I o I 8 PERSPECTIVES LE MONDE MONTRÉAL POLITIQUE Le Québec 0 • L'abbé Pierre se réfugie en Italie PAGE A 7 V « # Les résidants du Vieux + en ont marre des tournages PAGE A 3 \ X'r M y m Québec réduira son aide aux réfugiés PAGE A 6 I^e ministre des Affaires municipales Rémy Trudel rendra publiques aujourd’hui une politique et une carte des fusions très attendues qui risquent de bouleverser la tranquillité établie des villes et villages de la province.Après des mois de spéculation, le monde municipal retient son souffle.Chrétien et Johnson se querellent Le premier ministre aurait désavoué le leadership du chef du PLQ ¦ Chrétien «vit dans un avenir qu’il imagine», ironise Johnson Les élus municipaux respireront un peu mieux, à moins d’avoir carrément le souffle coupé, lorsqu’ils connaîtront le sort que réserve M.Trudel à leurs patelins.Ce dernier fera en effet part aujourd’hui des fusions «volontaires» qu’il envisage pour les villages-paroisses et les agglomérations de 10 000 habitants et moins au Québec.S’ensuivra une période de tourments pour les municipalités concernées, tiraillées entre deux options: fusionner ou non, et à quel prix.Pour le gouvernement du Québec, la «consolidation des communautés locales», expression préférée à «fusion», est une affaire de bon sens.Le Québec compte environ 1400 municipalités, dont 43 % regroupent moins de 1000 habitants et 67 % comptent moins de 2000 personnes.A titre de comparaison, la voisine ontarienne, avec une population de dix millions d’habitants, compte environ 800 municipalités.Québec estime que les fusions permettront d’«amélio-rer la capacité administrative et finapcière» des municipalités, une autre façon de dire que l’État réalisera des économes grâce aux regroupements.A titre d’exemple, le ministère 0 w "°if des Affaires municipales fait valoir que les municipalités de moins de 4*- 1500 habitants dépendent large- ment des subventions et des transferts gouvernementaux.proportion des transferts varie de 26 à 44 % du budget dans ces types de villes, villages et paroisses.L’État ne serait cependant pas le seul à tirer profit des fusions.Les villes et les contribuables, par extension, y trouveraient également leur compte.Le ministère des Affaires municipales a récemment réalisé un sondage qui démontre, règle générale, que dans 41 municipalités regroupées depuis 1990, la fusion a eu un impact positif sur le budget de la Ville et sur le compte de taxes du citoyen.Une deuxième étude récente faite par Jacques Desbiens, un chercheur de l’Université du Québec à Chicoutimi, souligne par ailleurs que les très petites municipalités — celles ciblées en premier lieu par le ministre Trudel — ont intérêt à fusionner pour former une nouvelle entité de 2000 habitants.Elles pourraient ainsi réaliser des économies d’échelle dans les ser- Brian Myles vices municipaux.Même au sein des deux unions municipales (UMQ et UMRCQ), l’idée des fusions municipales a fait son chemin.Les regroupements sont perçus comme un moyen d’offrir de meilleurs services à un moindre coût, ce qui est tout à l’avantage du contribuable.Le portrait en faveur de la fusion est si rose que le ministre Rémy Trudel pourrait être tenté d’impq-ser les fusions aux municipalités.À moins qu’il ne songe à pénaliser les municipalités récalcitrantes pour arriver indirectement à ses fins.C’est à ce moment que le fragile consensus auquel est arrivée la Table Québec-municipalités (UMQ, UMRCQ et ministère des Affaires municipales) pourrait se briser.Selon des rumeurs persistantes, le ministère des Affaires municipales proposerait le regroupement de 416 municipalités.Le hic, c’est que ces municipalités risquent d’être pénalisées si elles disent non à la fusion «volontaire».Des informations publiées mardi par Le Soleil font état de l’application de mesures coercitives par l’entremise des programmes du ministère des Affaires municipales à compter de 1997 et de tous les programmes gouvernementaux à compter de 1999 pour les municipalités qui choisiront de ne pas fusionner.Pour Jacinthe B.Simard, présidente de l’Union des municipalités régionales de comté du Québec (UMRCQ), l’imposition de telles pénalités contrevient au sacro-saint principe de l’autonomie municipale.«On s’inscrit en faux et absolument contre», tranche-t-elle.Le mariage forcé de municipalités pourrait engendrer des effets pervers, soutient Mme Simard.C’est ce qui est arrivé sur la Côte-Nord, en 1982, lorsque Québec a imposé la fusion de Baie-Comeau et de Hauteri-ve.Le regroupement avait eu l’effet d’une bombe, des citoyens en colère allant même jusqu’à envahir l’Assemblée nationale.Et encore aujourd’hui, une barrière psychologique persiste dans l’esprit de la population.À court terme, le ministre Trudel a choisi de ne pas imposer de pénalités aux municipalités peu enclines à tenter l’aventure de la fusion.Il fait plutôt miroiter des incitatifs financiers pour les municipalités qui choisiront de se regrouper avant le 1" janvier 1999.Rémy Trudel n’a cependant pas indiqué quelles étaient ses intentions à long terme.Sera-t-il tenté, au fur et à mesure que le monde municipal se rapprochera de la date butoir du 1" janvier 1999, d’encourager la «fusion sous pression»?Tout dépendra de l’accueil qui sera réservé aujourd’hui à sa carte des fusions.Un document qui, faut-il le rappeler, témoigne d’une réalité cruelle pour certaines municipalités: aux yeux du gouvernement, l’échiquier municipal du Québec compte trop de pions.Selon une étude réalisée dans 41 municipalités, la fusion a entraîné une réduction du compte de taxes INDEX Agenda.B6 Avis publics.B4 Classées.B6 Culture.B7 Economie.B2 Éditorial.-46 Le monde.-A7 Mots croisés.B4 Les sports .B5 Montréal Ciel variable.Venteux.Max: 19 Québec Ciel variable.Max: 19 Détails en B 4 KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Embarrassé par les rumeurs voulant que le premier ministre Jean Chrétien ait désavoué son leadership, le chef de l’opposition Daniel Johnson s’est attaqué avec virplence hier à la conduite du chef canadien.A moins de procéder rapidement aux changements constitutionnels exigés par les Québécois et de mettre au rancart son plan B, M.Chrétien risque de devenir le dernier premier ministre d’un Canada uni, a lancé M.Johnson, qui s’est évertué à détourner l’attention de son propre avenir comme chef du PLQ.Ce dernier est redevenu cette semaine l’objet de rumeurs fulgurantes, vivement niées par M.Johnson, voulant qu’il tire sa révérence dès la fin de juin.Mais les renseignements selon lesquels M.Chrétien aurait fait savoir à trois députés du PLQ qu’il avait «laissé tomber» M.Johnson sont venus alimenter ces rumeurs hier.Se bornant à affirmer que les principaux intéressés — Pierre Paradis, Georges Farrah et Roger Lefebvre — «n’ont jamais entendu parler de ça», le chef du comité du NON lors du dernier référendum a plutôt saisi cette occasion pour lancer des flèches à l’endroit de ses «al- liés» à Ottawa et dénoncer leur inaction sur le front constitutionnel.Accusant M.Chrétien de «vivre dans un avenir qu’il imagine», M.Johnson a dit déplorer «qu’ils n’aient pas l’air pressés à Ottawa de se pencher sur le résultat du référendum et de donner suite aux changements souhaités par les Québécois.Ils parlent beaucoup trop de Guy Bertrand et du plan B».Selon le chef du PLQ, si M.Chrétien a l’occasion de devenir «un grand premier ministre» canadien en réali- VOIR PAGE A 10: QUERELLE PHOTOS AP * , .DISPUTE politique de rue hier dans le centre de Jérusalem (photo du haut), alors que les électeurs israéliens se rendaient aux urnes pour élire un nouveau gouvernement.Au moment de mettre sous presse, les estimations de la télévision publique donnaient le chef de la droite Benjamin Netanyahu gagnant de justesse sur Shimon Peres.Va CUM a convoqué pour ce matin une réunion au sommet Pour éliminer Pherbe à poux, il y a la méthode «douce» LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Au moment où la Communauté urbaine de Montréal (CUM) songe à abolir les dispositions réglementaires imposant l’éradication de l’herbe à poux sur son territoire, la Direction de la santé publique de la métropole estime désormais possible de «contrôler» ce problème de pollution biologique en cinq ans et de diminuer d’ici là d’au moins 50 % les cas de rhinite allergique (fièvre des foins), un mal dont le coût social atteint les 50 millions par année.C’est d’ailleurs ce matin, à l'Institut Raymond Dewar, que l’Unité de santé au travail et environnement de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre présentera aux élus des 23 municipalités de la CUM ainsi qu’aux grands propriétaires terriens de File.comme le Canadien National, Hydro-Québec et le ministère des Transports, un plan d'attaque basé sur de toutes nouvelles méthodes, que l’on dit «douces» parce que non polluantes, et économiques parce que permanentes.Cet impressionnant plan de travail survient au moment où la panique s’est emparée des milieux municipaux et gouvernementaux, confrontés à un recours collectif pour défaut d’avoir appliqué la réglementation sur le contrôle de l’herbe à poux au cours des dernières années.Le montant de la réclamation grimpe de 400 millions par année en attendant le procès.Pour enrayer cette inflation juridique, la CUM n’a rien trouvé de mieux que d’abolir son règlement de contrôle! Il lui faudra cependant obtenir l'autorisation de Québec, ce qui n’est pas nécessairement acquis car «le contrôle de l’herbe à poux demeure un objectif majeur» de santé publique, déclarait hier au Devoirle Dr Pierre Gosselin, du Comité de santé environnementale du Québec.m 'çss-y .v VOIR PAGE A 10: POUX Élections en Israël La gauche et la droite sont à égalité D’APRÈS AFP ET REUTER e chef de la droite nationaliste Benjamin Netanyahu a .-/remporté les élections générales hier en Israël, in-c ique dans un renversement de tendance une estimation c iffusée par la première chaîne de télévision (publique).M.Netanyahu menait par 50,4 % des suffrages exprimés contre 49,6 % pour le premier ministre travailliste sortant Shimon Peres, selon cette estimation.Ui seconde chaîne (privée) avait auparavant diffusé une estimation donnant 50,8 % des suffrages exprimés à M.Netanyahu et 49,2 % à M.Peres.Ces estimations constituent un coup de théâtre par rapport aux estimations initiales, publiées à la clôture des bureaux de vote hier soir, qui donnaient M.Peres vainqueur d’une courte tête.Toutefois, les résultats définitifs ne seront connus que ce matin en Israël.Le candidat de la droite, Benjamin Netanyahu, 46 ans, a refusé de concéder la défaite, affirmant dans la nuit que l’écart était trop serré pour être certain et que sa victoire était encore possible.M.Peres a réservé sa réaction.En fait, seulement 30 % des votes étaient dépouillés à minuit en Israël.La première chaîne a d’abord donné le premier ministre travailliste gagnant par 50,6 % des suffrages exprimés contre 49,4 % à Netanyahu, alors que la deuxième chaîne donnait 50,7 % contre 49,3.La première chaîne a également donné 37 sièges pour les travaillistes (-7) et 31 pour la coalition de droite conduite par le Likoud (-9), alors que la seconde chaîne donnait 35 sièges pour les travaillistes et 32 pour la coalition du Likoud.L’élection d’un premier ministre au suffrage universel direct était une grande première en Israël.Les télévisions ont conseillé la prudence dans l’interprétation des résultats, car le vote des militaires, qui en principe penchent plutôt à droite, n’était pas inclus dans ces estimations.Le Parti travailliste de M.Peres a néanmoins revendiqué la victoire.«Nous avons gagné d’une courte tête», a VOIR PAGE A 10: ISRAËL Vaste coalition contre nos trous de mémoire La majorité des Québécois veulent voir Vkistoire devenir obligatoire au primaire PAUL CAUCHON LE DEVOIR SJ il n’en tenait qu’aux citoyens ordinaires, l’histoire serait beaucoup plus souvent enseignée à l’école: 91 % des Québécois voudraient voir l’histoire devenir obligatoire au secondaire, 72 % voudraient la voir devenir obligatoire au primaire et 63 % aimeraient qu’elle devienne obligatoire au collégial.Avec ce sondage exclusif en main, une trentaine d’organismes lançaient hier une «Coalition pour la promotion de l’histoire au Québec» afin de faire pression sur les pouvoirs politiques pour qu’ils respectent ce désir de la population.La naissance de cette coalition survient alors qu’un groupe de travail sur l’enseignement de l’histoire, mis en place par l’ancien ministre Jean Garon et présidé par l'historien Jacques Lacourcière, a remis il y a une dizaine de jours son rapport à la ministre de l'Education Pauline Marois, rapport dont tout le monde attend la diffusion avec impatience.La coalition regroupe la Société Saint-Jean-Baptiste VOIR PAGE A 10: MÉMOIRE Jean-Claude Germain » DERNIERS jours DONT TOUT LE MONDE PARLE «Aujourd’hui, 4Vs% d’intérêt pour un placement que je peux encaisser quand je veux, c’est un taux compétitif.Je le sais, j’ai magasiné.J’ai finalement opté pour les Obligations d’épargne du Québec.» V.Gratton, Montréal «Je surveille toujours les taux d’intérêt.Quand le marché va s’améliorer, je pourrai transférer mes OEQ dans d’autres produits à plus long terme et accroître mon rendement.» M.Laurin, Sherbrooke «J’ai consulté mon conseiller financier et je l’ai écouté.En me procurant les OEQ, je ne mets pas tous mes œufs dans le même panier.» C.Thibault, Sainte-Catherine «C’est important pour moi de pouvoir encaisser quand je veux l’argent que j’ai investi.Les Obligations d’épargne du Québec m’offrent cette possibilité.» L.Di Benedictis, Laval «Elles sont garanties par le gouvernement.On dira ce qu’on voudra mais y a pas plus sécuritaire que ça!» G.Plante, Québec «Avec Placements Québec, je ne me casse pas la tête: je fais toutes mes transactions au téléphone, ça m’arrange.» N.Desormeaux, Hull «J’achète des Obligations d’épargne du Québec d’abord pour moi.Mais tant qu’à investir, j’aime autant que ça reste chez nous.» L.Desfossés, Montréal Un placement solide, simple, pratique et profitable?Pas étonnant que beaucoup de Québécois en parlent.Les nouvelles Obligations d’épargne du Québec vous intéressent?Appelez Placements Québec au 1 800 463-5229.Mais hâtez-vous! L’émission qui fait tant de bruit se termine le 1er juin. LE DEVOIR MONTREAL ROGER ROY Hodopr buouurr , •MS, U l'auchftièn* Ouest C Montréal H3B 2M9 \ Siège social du CS M Zodiac La montra ipart par «xcalUnca EN BREF ?LES NÉGOCIATIONS REPRENNENT Indignation dans le Vieux-Montréal La scène d'explosion du film Jackals était d’abord prévue à deux pas de la basilique Notre-Dame.(I.e Devoir) — Après avoir reçu une gifle de la part du premier ministre Lucien Bouchard, la Ville de Montréal et le Syndicat des cols bleus reprendront les négociations à compter d’aujourd’hui.Les deux parties avaient interrompu les pourparlers il y a deux semaines, la Ville ayant conclu à un «constat d’échec».Le maire de Montréal, Pierre Bourque, avait alors exigé un geste concret de la part du premier ministre Bouchard pour aider Montréal à mater ses cols bleus.Mais le premier ministre a refusé mardi d'intervenir dans le conflit, soulignant pourtant dans une lettre adressée au maire qu’il était conscient des difficultés rencontrées dans ce litige.M.Bouchard croit cependant qu’une entente négociée est encore possible.-?- INFO-SMOG (Le Devoir) — Afin de sensibiliser la population de la région de Montréal à la qualité de l’air durant la période estivale, la Communauté urbaine de Montréal, la Direction de la santé publique de Montréal-Centre, le ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec et Environnement Canada ont décidé de relancer la campagne INFO-SMOG pour 1996, qui s’étendra du 1" juin au 30 septembre.Un sondage, effectué en 1994 pour le Regroupement montréalais pour la qualité de l’air, auprès de 1600 résidents de la grande région de Montréal, a démontré que la population, en majorité, pense que la pollution de l’air est à l’origine de problèmes de santé et que près d’un Montréalais sur deux estime que ce phénomène arrive au premier rang des préoccupations environnementales.Les plus fortes concentrations de polluants ont lieu en juin, juillet et août, lors d’après-midi très chauds et peu venteux.Par ailleurs, la chaleur n’est pas toujours synonyme de smog.Celle-ci doit être associée à une concentration suffisante de polluants précurseurs, comme les composés organiques volatils et les oxydes d’azote et combinée à la lumière du soleil.Une quinzaine de stations d’échantillonnage de la qualité de l’airforme le réseau du programme INFO-SMOG.Ces stations sont princip I 8 (I MAI I 8 II (I A I LES ACTUALITES Présumé meurtre de passagers clandestins à bord d’un cargo La Roumanie demande de retenir le Dubai PRESSE CANADIENNE Bucarest (PC-Reuter) — La Roumanie a demandé au Canada de retenir un porte-conteneurs taïwanais amarré dans le port de Halifax afin de lui permettre d’enquêter sur le présumé meurtre en haute mer de trois passagers clandestins.«En raison des mesures adoptées par les autorités roumaines et canadiennes, le navire est retenu et les personnes impliquées doivent demeurer à disposition», a affirmé hier à Bucarest le secrétaire d’Etat roumain aux Affaires étrangères, Lazar Comanescu.Des diplomates canadiens en poste à Bucarest ont confirmé la requête, mais ont ajouté que le tout se complique du fait que Taïwan a aussi réclamé juridiction dans cette affaire.Le Canada ne peut agir que s’il est invité à le faire par une des deux parties, parce que les incidents signalés se seraient produits dans les eaux internationales.Les huit marins philippins qui ont fui le cargo Dubai ont révélé aux autorités une série d’incidents horribles qui se seraient produits à bord lors de la découverte de passagers clandestins.Deux d’entre eux auraient été abandonnés au large de l’Espagne sur un radeau de fortune fait d’un baril de pétrole vide.Un troisième aurait tout simplement été jeté par-dessus bord.L’équipage dit avoir sauvé la vie d’un quatrième passager clandestin en le cachant et en le nourrissant en cachette des officiers.Ces incidents se seraient toutefois produits au cours de deux voyages différents.M.Comanescu a identifié le quatrième passager, qui a réclamé l’asile au Canada, comme étant Nicolae Pasca, 23 ans, originaire de la Transylvanie, dans le nord de la Roumanie.Il n’a pu identifier les trois présumées victimes.Il a fait savoir par ailleurs qu’une délégation formée de représentants de la justice et des services de police se rendront bientôt au Canada pour participer à l’enquête.Le Conseil canadien des réfugiés craint que les officiers du Dubai aient jeté les passagers clandestins pardessus bord pour éviter de payer l’amende de 5000 dollars imposée par le Canada pour chaque immigrant illégal débarqué d’un navire.Les Roumains sont fréquemment découverts à bord de cargos transatlantiques.Ils semblent être transportés par des réseaux bien organisés qui les camouflent dans des compartiments secrets ou des conteneurs.Peu d’entre eux, toutefois, sont acceptés comme réfugiés politiques, six ans après la chute du régime communiste, en Roumanie.Endeavour de retour Marc Garneau a t / • \ reve déjà de repartir AP ET PC La navette spatiale Endeavour avec ses six membres d’équipage, dont l’astronaute québécois Marc Garneau, a atterri hier matin après un périple de dix jours autour de la Terre.Elle s’est posée comme prévu à Cap Canaveral, en Floride, à 7h09.La mission de dix jours, sous la direction du commandant John Casper, a été marquée par la mise sur orbite de deux satellites, dont l’un était doté d’antennes gonflables.L’équipage a également fait des expériences sur des cristaux et des métaux.La prochaine mission spatiale sera accomplie par la navette Columbia qui décollera le 20 juin avec sept personnes à bord.A peine de retour sur terre, Marc Garneau voit déjà de nouvelles expéditions dans l’espace se dessiner à l’horizon.«Il n’y a rien d’officiel, a déclaré le directeur du programme des astronautes au sein de l’Agence spatiale canadienne, Steve MacLean, au cours d’un entretien téléphonique suivant de peu l’atterrissage de la navette spatiale Endeavour, hier matin.Il est dans le pipeline pour voler encore, c’est sûr.» Mais M.MacLean, lui-même un ancien astronaute, sjétait presque échappé quelques instants plus tôt '«Lorsque vous êtes quelqu’un comme Marc, vous al-léz voler encore, et cette mission constitue alors une étape.» Il a fait valoir que le Canada allait être étroitement impliqué dans l’assemblage de la station spatiale internationale, un processus qui nécessitera l’utilisation du bras robotique canadien.i «D’une certaine façon, lorsque Marc a capturé le satellite Spartan, il s’entraînait pour le type d’activité qu’il aura à effectuer à bord de la station spatiale», a-t-il déclaré.Au cours d’une conférence de presse hier après-midi au Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, en Floride, retransmise par NASA TV, l’astronaute québécois a simplement indiqué qu’il espérait avoir la chance de voler une troisième fois.«J’aimerais participer à l’assemblage de la station spatiale internationale, qui va commencer l’an prochain», a-t-il déclaré en français.Comme d’habitude, l’astronaute québécois s’est fait modeste, surtout lorsqu’une journaliste américaine lui a demandé ce qu’il pensait du fait qu’on le considérait comme un héros au Canada.«Je suis très flatté par cette description, a-t-il déclaré.Je ne me vois pas comme un héros mais plutôt comme quelqu’un qui a eu la chance de pouvoir aller dans l’espace et y travailler.» Chrétien persiste et signe Doug Young a bien agi selon lui en dénonçant le fait qu’un immigrant appuie la souveraineté du Québec JEAN DION MICHEL VENNE LE DEVOIR Jean Chrétien persiste et signe: son ministre des Ressources humaines, Doug Young, a eu raison de s’en prendre au député bloquiste Osvaldo Nuflez et de lui faire savoir qu’il désapprouvait totalement le fait qu’un immigrant appuie la souveraineté du Québec.Au cours d’un autre échange houleux à la Chambre des communes, le premier ministre a invoqué hier la liberté d’expression pour se porter à la défense de son collègue, qui avait enjoint lundi et mardi M.Nunez, un réfugié chilien arrivé au Canada en 1973, de «se trouver un autre pays» s’il n’appréciait pas vivre au Canada.«La liberté d’expression existe dans cette Chambre» et il était tout à fait correct pour M.Young de stigmatiser M.Nuflez en lui soulignant qu’il travaillait à la destruction du pays qui a eu la générosité de l’accueillir, a déclaré M.Chrétien.«Le député a le droit d’être un séparatiste, mais nous avons le droit de combattre les séparatistes.» Le premier ministre en a d’ailleurs profité pour retourner la balle au Bloc, qui criait aux propos inacceptables.Ce sont les souverainistes, a-t-il dit, qui malmènent «jour après jour» la réputation du Canada en l’associant à une «prison» ou à un régime autoritaire digne des anciens pays communistes.«Nous n’avons de leçon à recevoir de personne», a-t-il tonné.Si M.Chrétien s’est montré fort vigoureux dans sa défense de M.Young, il n’en reste pas moins que l’incident semble avoir créé un malaise au sein du gouvernement.Hier, M.Young était introuvable alors que la ministre de l’Immigration, Lucienne Robillard, a servi un «pas de commentaires» à toutes les questions qui lui ont été posées sur le sujet.Le malaise s’est aussi répandu chez plusieurs organismes, dont le Congrès juif du Canada et la Ligue antifasciste mondiale qui ont dénoncé le ministre.Par ailleurs, en matinée à Québec, c’est avec une sorte d’«inconfort» et de déception que Lucien Bouchard a accueilli les déclarations de M.Young.«Ça veut dire que si vous êtes un immigrant, une fois que vous avez obtenu le statut de citoyen canadien, il y a des limitations aux choix politiques que vous auriez le droit de faire.Ça voudrait dire que les Tremblay et les Bouchard du Saguenay et du Lac-Saint-Jean auraient le droit d’être élus à Ottawa et de promouvoir la souveraineté du Québec, mais un immigrant, ou quelqu’un devenu récemment citoyen, verrait ce droit lui être nié», a-t-il commenté.Le commentaire de M.Young «me semble qu’il témoigne d’une étrange conception de la citoyenneté canadienne.Il y aurait deux sortes de citoyens», a-t-il ajouté, pendant que le ministre d& légué aux Relations avec les citoyens1, André Boisclair, notait que «ce que M.Young suggère, c’est que pour prouver qu’il est un vrai, un bon Canadien, un citoyen devrait exhiber non seulement son certificat de citoyenneté mais aussi sa carte de membre du Parti libéral du Canada».Quant au chef du Bloc québécois, Michel Gauthier, il a affirmé que le nouveau refus de M.Chrétien de se dissocier des propos de son ministre équivalait à en faire la politique de tout le goü-vemement.«Il explique qu’on peut être en désaccord [avec les souverainistes], mais ce n’est pas ça qu’on veut savoir.On veüt savoir si oui ou non il appuie son flip nistre et, de toute évidence, maintenant, il l’appuie.C’est la nouvelle ligne dy gouvernement fédéral: si vous êtes un.néo-Canadien, vous ne pouvez pas être séparatiste.C’est malsain», a-t-il dit.l » " Pour un salaire minimum à sept dollars Le Québec a une marge de manœuvre suffisante, disent les centrales syndicales -\rr — PHOTO JACQUES NADEAU Gérald Larose, Lorraine Page et Clément Godbout ont demandé hier que le salaire minimum soit porté à sept dollars.:C i , - ¦ j Mt TROUVAILLES DE Les lilas sont en fleurs, la Promenade Fleury aussi.C’est que cette artère commerciale située dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, prépare sa vente trottoir printanière qui se déroulera du 5 au 8 juin pfôchain, sur la Promenade Ffeury, entre Saint-Hubert et Papineau.Sous le thème «La Fête champêtre», plusieurs des quelque 235 çbmmerçants et professionnels membres de la sjpAC Promenade Fleury en profiteront pour offrir leurs marchandises à des p(jx fort avantageux.La Boutique Marie Allaire, pour sa part, a décidé de fêter le printemps dès maintenant puisque c’est aujourd'hui qu’elle met en solde une grande partie de sa collection printemps-été.Vous y trouverez des rabais allant de 30 à 50 %, ce qui n’est pas peu dire quand on pense que l’on pourra y dénicher des vêtements signés Bofl de Jean-Claude Poitras, Valzere, Tanya de Luca, Marisa Minlcucci, Simon Chang et Mondi.En affaires depuis 33 ans, la Boutique Marie Allaire, qui offre des vêtements prêt-à-porter pour femmes, n’a jamais renié sa réputation qui s’est tissée, au fil des ans, grâce à son accueil, son service et, bien entendu, un choix de vêtements qui sait plaire à la femme d’affaires tout comme à celle qui recherche un vêtement de qualité.Et pour la belle saison qui s’annonce, la propriétaire de la boutique insiste pour souligner qu’elle a un petit coin spécialement aménagé où l’on peut trouver des nouveautés pour l’été, à des prix promotionnels.Vivement l’été! L’été - et la fébrilité printanière -, on peut aussi les sentir dans la boutique de cadeaux Le Mot de la fin.ici, on se spécialise dans les cartes de vœux sans texte, LA PROMENADE Boutique où voue trouverez ded cadeaux fantaididted, ded curioditéd, ded carted, ded papierd find, et tout pour [’embattage.Auddl un coin pour met (produite du Québec).le mot de la fîn 1206, rue Fleury Edt Téléphone : (514) 384-3607 «Tjç, iüt m aié RESTAURANT TUNISIEN Spécialités Je la maisons Couscous jBrockettes Crevettes et poissons Merguez Permis J’alcool »»»»»»»»»»> «««««««« de souveraineté culturelle ne serait qu’un autre déguisement pour un protectionnisme, inacceptable pour eux.Si l’audiovisuel y est particulièrement visé, il ne faut pas oublier que la télévision, aujourd’hui, est notre véritable «place publique»: c’est par elle qu’une majorité de gens ont accès aux atjs et à la culture.Un soutien de l’État se justifie d’autant que nous sommes périphériques et que la rentabilité de la culture ne se mesure pas de la même façon que celle d’autres domaines.Parmi les, thèses dévalorisant le soutien de l’État dans ce domaine des arts et de la culture, on a droit à l’ineffable théorie du big bang clamant que la solution viendrait d’une liberté débarrassée de toute idéologie (ce qui en est déjà une) et du triomphe du n’importe-quoi surgissant du chaos.Nous sommes, il est vrai, à l’époquë ' de la commercialisation des dinosaures en plastique comme jouets et comme spectacles, mais enfin! Un livre vient de paraître, intitulé Les Politiques culturelles à l’épreuve (1996) sous la direction de Élorian Sauvageau, qui nous offre des aha-lyses et exposés denses, mettant en scène la situation complexe des arts et de la culture, particulièrement en rçgard de la mondialisation.Entre l’État et la culture, innover et inventer des solutions semble possible, bien que difficile.C’est à lire et à consulter pour qui s’intéresse au domaine complexe de la culture.A PROPOS -?- .de la récolte forestière La consommation de bois par les industries forestières du Québec est en croissance constante depuis 1991.On le constate à l’analyse des données tirées du registre forestier du Ministère et transmises récemment aux membres de la Table de concertation sur la matière ligneuse.En 1991, au creux de la récession économique, la consommation d’essences résineuses provenant des forêts publiques a chuté à 19,4 millions de mètres cubes.Depuis, la consommation a progressé de façon constante: 20,4 millions de mètres cubes en 1992, 20,6 millions de mètres cubes en 1993 et 22,5 millions de mètres cubes en 1994.L’année 1994 représente donc une augmentation de 15 % par rapport à 1991.En ce qui concerne les résineux des forêts privées, leur consommation est demeurée plutôt stable au cours des dernières années, se situant autour de quatre mil- , lions de mètres cubes par année depuis 1991.Du côté des feuillus, la consommation a également' progressé de façon constante au cours des quatre dernières années.En ce qui concerne les feuillus des forêts' publiques, la consommation était de 2,2 millions de mètres cubes en 1991,2,9 millions de mètres cubes enl 1992, 2,9 millions en 1993 et 3,2 millions en 1994.Cette croissance est en bonne partie attribuable aux bois de) peuplier, très en demande par l’industrie des panneaux.- >' Forêt, ministère des Ressources naturelles, mai 1996, * ¦ — LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUT TAILLEFER.NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CAR1GXAN 2050.rue de Blenry.9'étage.Montréal (Québec) H3A 3M9.Tel.: (51 4) 985 3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) K V 0 I It .I.K .1 K r I) I 3 I) M Al I !» Il II D E I A I) La crise du crabe Le mythe du pauvre pêcheur Pour Ottawa, non seulement les pêcheurs sont-ils pauvres mais ils devraient le rester POL CHANTRAINE Auteur de La Dernière Queue de morue (L'Etincelle éditeur), de La Grande Mouvée et de plusieurs articles sur la chasse aux phoques.orsque, ce soir du 26 mai à 17h, les 160 crabiers semi-hauturiers du Nouveau-Brunswick, de la Gaspésie et des îles de la Madeleine partiront enfin en pêche, plusieurs, à bord, se demanderont ce qu’ils ont gagné de concret à a suite de leurs deux semaines de grève plutôt musclée, marquée par des actes de violence et de vandalisme.Certains, comme Marco Diolte, représentant des hommes de pont des 35 bateaux gaspésiens, s’estimeront satisfaits d’avoir gagné l’accès au Comité consultatif du crabe des neiges, où siégeront désormais les représentants des équipages; d’autres, en Acadie, se réjouiront d’avoir obtenu la garantie que la diminution du quota de capture n’entraînera pas de licenciements dans leurs rangs; d’autres encore se croiseront les doigts pour que le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, obtienne le quota additionnel de 2000 tonnes pour les crabiers semi-hauturiers qu’il s’est engagé à aller négocier avec le ministre canadien des Pêches, Fred Mifflin, le 2 juin, à Ottawa.Quant aux travailleurs d’usine, si ceux du Nouveau-Brunswick ont obtenu de M.McKenna la garantie que son gouvernement verrait à ce qu’ils accumulent le nombre d’heures de travail requises pour se qualifier à l’assurance-chômage au cas où sa tentative d’obtenir un quota supplémentaire échouerait, leurs homologues du Québec n’ont rien obtenu de tel: avoir enfin du travail et un revenu lorsque les bateaux reviendront chargés de crabes, I telle est leur seule perspective concrète Car le fond du litige n’a pas été réglé.Le quota de crabes de la zone 12 (16 100 tonnes cette année) traditionnellement réservé aux semi-hauturiers, continuera d’être amputé de 20 % en faveur, théoriquement, des pêcheurs côtiers affectés par le moratoire sur la morue.Ce partage de la ressource, imposé par Ottawa depuis 1994, affecte d’autant plus les crabiers traditionnels que le TPA (total des prises admissibles) de cette année, 16 100 tonnes, est inférieur de quelque 5 % à celui de l’an dernier, en raison d’une baisse cyclique et naturelle de la ressource, selon les biologistes.C’est cette baisse cumulative de près de 25 % de leur quota qui a déclenché l’inquiétude des hommes de pont et des travailleurs d’usine, qui craignaient qu’elle ne se reflète sur leur temps d’emploi.Quant à leur colère, dirigée contre le ministère fédéral des Pêches, elle s’explique non seulement par la persistance de cette allocation temporaire de 20 % du crabe des neiges aux «pêcheurs côtiers victimes du moratoire sur la morue» mais surtout parce que le mode d’attribution de ces permis, par les diverses associations de pêcheurs côtiers, fait en sorte qu’ils n’aboutissent pas nécessairement entre les mains des morutiers, mais souvent de pêcheurs de homards relativement prospères qui, ayant déjà pêché quelque 15 000 livres de homard, pour un revenu brut de 60 000 $ environ, se voient offrir, comme la cerise sur le gâteau, de pêcher en sus quelques milliers de livres de crabe à 3,50 $ ou 4 $ la livre.Les hommes d’équipage des crabiers, dont le revenu de travail annuel moyen se situe, selon eux, aux alentours de 18 000 $, estiment que ce partage avec plus riches qu’eux est tout à fait inique.S’ils sont prêts à contribuer à un fonds de secours pour les morutiers à même leur quota, ils voudraient que ce soit eux-mêmes qui le pêchent et remettent l’argent aux intéressés, comme cela se faisait lors de la première année du décret de ce quota temporaire par le ministère des Pêches d’Ottawa.11 n’en reste pas moins que l’initiative du fédéral d’aller puiser dans les quotas des crabiers semi-hauturiers pour (théoriquement) aider les petits morutiers, est sans précédent dans l’administration des pêches.Le prétexte invoqué et repris par le député de Bonaventure-Les îles, Patrick Gagnon, selon lequel les détenteurs de permis de pêche au crabe sont «les millionnaires des pêches» et doivent de ce fait partager, en ferait sursauter plusieurs si on l’appliquait dans d’autres secteurs.Demande-t-on aux grosses banques qui rapportent des profits de plusieurs milliards par année grâce à l’épargne des gens de partager?De plus, font valoir les crabiers, lorsque la pêche au crabe a connu des années difficiles, dans la seconde moitié des années 80, et que les morutiers prospéraient grâce aux quotas tout à fait irréalistes que leur allouait Ottawa, leur a-t-on demandé de partager?À la base de la philosophie du partage d’Ottawa gît le mythe du «pauvre pêcheur» qui veut que celui-ci non seulement soit pauvre, mais doive le rester.Alors que dans d’autres secteurs de l’économie, l’on félicite ceux qui réussissent, ici, on les accuse et on les pénalise.Ottawa n’a pourtant jamais traité de «multimillionnaires de la mer» les grosses compagnies qui se sont enri- L’initiative du fédéral de puiser dans les quotas des crabiers semi-hauturiers pour (théoriquement) aider les petits morutiers est sans précédent dans l’administration des pêches.chies pendant des années à dilapider le poisson; était-ce parce qu’il s’agissait de consortiums géants qui n’égratigneraient pas le mythe du «pauvre pêcheur?» Contrairement à d’autres pêches, développées par des marchands, le crabe a été développé par les pêcheurs eux-mêmes.Jusqu’en 1975, on le rejetait à pleines pelles à la mer, car les compagnies poissonnières ne l'achetaient pas.Ce sont des pêcheurs d’Acadie, bientôt imités par des Gaspésiens et les Madeli-nots, qui ont repéré les fonds de pêche, trouvé les marchés (au Japon) et établi les premières usines de transformation.Le ministère fédéral des Pêches n’en était alors qu’à se structurer.Son intervention dans le crabe, afin de multiplier les permis, vers le début des années 80, a rapidement résulté en un effondrement des stocks.Mais les pêcheurs ont étalé la disette et se sont disciplinés afin d’en prévenir d’autres, devenant les premiers à se doter de quotas de capture égaux par bateau, au lieu de se faire concurrence pour accaparer la plus grosse part du TPA.Cela leur valut les éloges du ministère fédéral des Pêches lui-même, qui les citait en exemple, comme un groupe capable de gérer sainement sa ressource.Aussi comprend-on mal, chez ces capitaines propriétaires, qu’Ottawa leur en enlève 20%.Les pêcheurs de crabes penseront à tout cela en voguant vers la haute mer pour mouiller leurs trappes cette nuit.Ils se souviendront que la crise, suscitée par des politiques d’Ottawa, a été dénouée par les autorités provinciales du Nouveau-Brunswick, M.McKenna en tête, à la réunion de Miramichi, jeudi dernier; le titulaire des Pêches au fédéral étant demeuré d’un silence de marbre.Mais cela ne changera rien au fait que la section 7 de la Loi des Pêches du Canada confère des pouvoirs discrétionnaires au ministre quant à l’émission des permis, maintenant appelés privilèges de pêche — curieux retour à la terminologie monarchique! Pareil pouvoir absolu sur des citoyens canadiens n’est dévolu qu’à une seule autre instance gouvernementale: la Commission des libérations conditionnelles en ce qui a trait à l’élargissement des prisonniers.% De la liberté chez nos modernes Lors de son passage en Amérique, Tocqueville a observé qu’une aristocratie de l’argent avait succédé à la vieille aristocratie terrienne; si le grand écrivain revenait nous visiter, il nous mettrait peut-être en garde contre une nouvelle élite, l’aristocratie de l’image , STÉPHANE KELLY Professeur de sociologie du Québec Université de Montréal Membre du comité de rédaction de la revue Possibles D ans Le Devoir du 4 mai dernier, l’anthropologue Michel Verdon signait un pamphlet qui, au départ, av,ait un objectif fort louable.Qui nierait que l’État prélève une part démesurée de notre revenu?,Qui prendrait à la légère cet- ________te tendance de l’Etat à aller fouiller dans notre J vie privée?Hélas, la démonstration du professeur, ani-I niée d’une belle intention, dérape en empruntant de ] vieux clichés d’une part sur la théorie politique et d’autre ¦ part sur l’histoire québécoise.Premier cliché: il y aurait deux types de gouverne-] ment: le démocratique et le totalitaire.Le premier est j d’inspiration .anglo-saxonne, affirmant la primauté de l’in-; dividu sur l’État.Le second est d’inspiration prussienne, ! prônant la primauté de l’État sur l’individu.Deuxième cli-] ché: le Québec a levé le nez sur le modèle britannique jjusqu’au début des années 60.Auparavant, il baignait Il pratiquement dans l’ignorance, sous un régime quasi théocratique.Le Québec a donc adhéré bien tardivement au modèle britannique, au moment de la Révolu-¦ tion tranquille.Mais la greffe serait encore fragile.Le I modèle prussien, selon M.Verdon, exerce toujours un ] attrait dans la république péquiste.Soulignons d’abord que la distinction sur les types de ] gouvernement n'est guère utile.Car le totalitarisme n’est I enl rien incompatible avec le principe démocratique.Une distinction de Tocqueville est mieux adaptée à notre expérience du XX' siècle: la démocratie sera républicaine I (libérale), ou elle sera totalitaire.Tocqueville pense I qU’elle sera républicaine si l’on garantit la liberté poli-! tique, non pas si on protège les droits sociaux.En som-j me, le critère ultime n’est pas que l’individu possède une I maison et un char; mais qu’il conserve sa vigilance à I l’égard de la liberté politique.Aucune société, à ma ! connaissance, ne considère îa possession d’une auto ou I d'ûne maison comme un droit inaliénable, même en cet-I te ère d Inflation des droits.La limitation des droits sociaux ne mène aucunement I sur une pente totalitaire.D'ailleurs, les régimes totali-I tares que l’on connaît bien, tel le régime hitlérien ou le I régime stalinien, ont sacrifié habilement la liberté poli- tique en échange d’un hypothétique bonheur social.N’est-ce pas Hitler qui promettait une Volkswagen à chaque famille allemande?En fait, le régime totalitaire naît d’une conjugaison de facteurs bien plus complexe que M.Verdon le suggère.Dans les Origines du totalitarisme, Hannah Arendt affirme que cinq conditions sont nécessaires à la naissance d’un régime totalitaire: ¦ l’omniprésence d’une idéologie utilisée, par le mouvement, avec une logique implacable; ¦ l’usage monopolistique de la propagande par l’État totalitaire; ¦ l’émergence d’un régime à parti unique; ¦ le recours, par ce dernier, à la terreur systématique; ¦ l’atomisation complète de la société.Par ailleurs, il serait temps que l’on s’interroge sur la persistance du mythe de la théocratie québécoise d’avant 1960, la priest-ridden society.Ce mythe, il faut dire, possède encore une très grande utilité pour le moderne québécois, comme l’a montré François Ricard dans La Génération lyrique.Le passé religieux québécois a pourtant fait très bon ménage avec la tradition politique britannique.Nos pères n’ont pas à rougir d’avoir voté pour les Pierre Bédard, Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa; ces hommes politiques citaient les grandes références constitutionnelles anglaises.Les Québécois y sont d’ailleurs peut-être plus fidèles que les Canadiens anglais, selon Gary Caldwell.Je pense que M.Verdon adule d’autant plus cette tradition qu’il la méconnaît La tradition politique anglaise du XIXe siècle, sous l’influence du grand Edmund Burke, refusait la doctrine des droits de l’homme, au nom d’une conception plus ancienne, pour ne pas dire plus féodale: les libertés anglaises.Les héritiers de Burke, notamment John A Macdonald, préféraient ces libertés, sorties des forêts de la Germanie- Dans sa diatribe, le professeur emprunte des arguments propres tantôt à.la conception de l’Etat-providence, tantôt à celle de l'État minimal.Il ne faut pas s’en étonner.Depuis le début des années 70, le syndicalisme universitaire a pigé dans le marxisme comme dans le libéralisme pour renforcer ses privilèges.Entre l'un et l'autre système idéologique, il n’y a pas un abîme.Il y a même une certaine complicité, fondée sur l’«absolutisa-tion* du social, pour reprendre l’expression du philo- Cliché: il y aurait deux types de gouvernement* le démocratique et le totalitaire.sophe Serge Cantin.Selon la nouvelle doxa, il ne s’agit pas de penser la collectivité comme un espace public, comme un monde à propos duquel il convient de délibérer; non, la collectivité apparaît plutôt comme un gros gâteau dont il faut s’arroger le plus gros morceau.Cette tendance est autrement plus dangereuse pour la res pu-blica que la lutte étatique, même zélée, à l’évasion fiscale.Ce n’est pas le citoyen qui renâcle dans le texte de M.Verdon; c’est le consommateur.D’ailleurs, rien ne nous interdit d’imaginer qu’un jour nous pourrions vivre sous l’empire d’une espèce d’Etat-père-Noël.Il nous garantirait, à notre entrée dans la vie adulte, la propriété d’un beau bungalow, d’une Jetta, d’un ordinateur-équipé-Intemet, d’une chaîne stéréo et, pourquoi pas, d’un congé-annuel-férié-payé en Floride.Cet État pourrait même être un père Noël complaisant, qui s’abstiendrait de nous demander si nous avons été sages, c’est-à-dire si nops avons payé notre part d’impôts.Mais cet État ne serait pas moins totalitaire.Il penserait sûrement à nous épargner le pénible «fardeau» de l’activité publique.Lors de son passage en Amérique, Tocqueville a observé qu’une aristocratie de l’argent avait succédé à la vieille aristocratie terrienne.Si le grand écrivain revenait nous visiter, il nous mettrait peut-être en garde contre une nouvelle élite, l’aristocratie de l’image.Cette élite manipule avec une certaine virtuosité les images et les symboles.Cette élite d’imagologues, selon le mot de Kundera, soulagée de la pesanteur de l’histoire, entretient une propension à la révolte narcissique.En cette fin de siècle, l’homme révolté provient bien moins de la masse que d’une élite déracinée, comme le suggère Christopher Lasch dans l’essai The Revolt of the Elites.Incapable de reconnaître qu’elle possède non pas des droits mais des privilèges, elle affiche son appartenance à la world class.Elle qualifie de totalitaire, de fasciste, de nazie, la moindre limitation de ses privilèges; elle «renâcle», «se rebiffe», menace de casser la cabane ou encore de s’exiler.Un jour, elle obtiendra peut-être, comme son double, la firme multinationale, l’aménagement d’un paradis fiscal.L’homme du commun vivra alors, à ce moment-là, à quelques lieux de ces nouveaux dieux, dans une théocratie qui ne sera phis imaginaire.Ixs Sept Branches de la rivière Ota Malaise sur une critique DENIS MAELEAU Metteur en scène yant pris connaissance de la critique des Sept Branches de la rivière Ota, j’ai éprouvé un malaise qui n'a fait que s’accentuer à la lecture de la réponse d'Hervé Guay à Peter Brook (Le Devoir, 25 mai 1996), et que je tiens ici à exprimer.N’allez surtout pas croire que je veuille profiter du spectacle d’un collègue pour reprocher à mots couverts la critique mitigée qu'il a faite de ma mise en scène de Lulu au TNM.Il a droit à ses opinions et moi-même, j’ai suffisamment d’expérience pour faire la part des choses entre les points de vue d’un critique et ceux des spectateurs qui viennent assister à nos créations.Mais il y a des limites, me semble-t-il, à recourir à cette notion de public lorsqu’on est mis en cause.En effet, ce type de raisonnement frôle le cynisme et la démagogie, quand, par exemple, lui-même prend à témoin ses propres lecteurs qui, selon lui, ne pourraient considérer ses «modestes avis pour des chèques en blanc».Sa modestie qui se fausse me fait plutôt peur quand elle s’appuie sur une telle rhétorique qui cherche à se justifier par le libre arbitre de son lectorat.A moi, il me semble que nous avons, gens de culture, des responsabilités et des tâches plus élevées et plus importantes.Ce qui m’a donc troublé dans son appréciation des Sept Branches.c’esl la disproportion entre l’effort créatif qu’a dû fournir pendant quatre ans et à travers le monde ce collectif théâtral pour arriver à réaliser une œuvre aussi poignante et ambitieuse, et l’effort critique de M.Guay manifestement dépourvu de passion et de curiosité pour une telle démarche artistique, si imparfaite soit-elle.En lisant son papier qui ne réussit en rien à éclairer son lectorat, dont je fais partie, sur les enjeux et les intentions véritables de cette importante et singulière création scénique, je me suis dit qu’il n’aimait pas vraiment le théâtre, même s’il dit le contraire, même s’il aime de temps à autre quelques beaux spectacles.Je m’excuse de le contredire, mais je suis persuadé qu’il a critiqué Les Sept Branches sans «tous les égards qu’il méritait».Le comble, c’est sa réponse à Peter Brook dans laquelle il se sent honoré de retenir son attention.Quel art de la posture! Ou plutôt quelle naïveté! Dans ce métier de critique théâtral au Devoir, M.Guay est encore un débutant.Un débutant peut-être qualifié, mais un débutant qui a encore à se bâtir une crédibilité auprès de ses lecteurs-amateurs de théâtre et des professionnels qui le liront encore longtemps, je l’espère pour lui.Maintenant, qu’il soit exigeant envers la création théâtrale mais exigeant aussi pour sa propre production.Car, à l’instar des artistes de la scène, il lui faudra s’habituer à n’être pas toujours considéré à la hauteur de la situation ou des attentes qu’il provoquera, en écrivant dans ce journal, sur le théâtre qui se fait ici et ailleurs.?C’est le résultat qu’on juge Je passe sur le cynisme, la naïveté, la fausse modestie, la démagogie, l’insécurité, le manque d’exigence, de passion et de curiosité dont m’accuse M.Marleau.Je ne le suivrai pas sur ce terrain.Venons-en au fond.Lorsqu’un spectacle en est à sa éniè-me version, si intéressante soit la démarche, c’est le résultat qu’il faut juger.Il a fait ses débuts, je fais les miens.Quand bien même la planète entière me le rappellerait, je ne m’en trouverais pas plus avancé.Hervé Guay L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard.Paul Cauclion, Jean Chartier, Ixniis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit.Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); A l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Béru-bé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l'information politique: Pierre O’Neill.Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec).Michel Vcnne (correspondant parlementaire à Québec) ', à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie Secrétaire à la rédaction) -, Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Yves Williams (responsable, avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna.Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet Micheline Ruclland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Michael Schneider et Marie-France Turgeon (responsables de la production).Claudine Bédard, Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.RacheDe Lederc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dany Dépolie (adjointe à l'administration et coordonnatrice aux ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-dArc Houdc (secrétaire à la direction); CéS-ne Furoy.Ghislaine Lafleur.Nathalie Perrier.DameDe Ponton.DanieOe Ross.LÉ CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaône (présidai).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât).-j- A 10 I.K I) K V O I » , I.K .1 K I! I) I :i O MAI I I) I) Il LE DEVOIR ACTUALITES ISRAËL Le vote déterminant des Arabes israéliens SUITE DE LA PAGE 1 assuré le ministre de l'Intérieur, M.Haïm Ramon.Les partisans de Shimon Peres dansaient de joie en agitant des rameaux d’olivier hier soir au siège du parti, à Tel Aviv, sans attendre la confirmation de la victoire du premier ministre sortant.«Ces résultats sont un refus de la provocation, un refus de la violence et un refus de l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin», a lancé le ministre de la Sécurité intérieure, Moshe Shahal, à la foule en liesse.Shimon Peres a renoncé à faire une apparition publique en raison de menaces de mort qu’il a reçues.Les dirigeants des deux partis s’accordent pour dire que le vote des Arabes israéliens a été déterminant pour faire pencher la balance en faveur de Shimon Peres.«Nous pouvons applaudir les membres et les électeurs arabes.Nous nous sommes engagés à la coexistence, au partenariat et à un véritable amour entre Arabes et Juifs», a ainsi remarqué le ministre du Tourisme, Uzi Ba-ram, à la foule réunie au siège du Parti travailliste.Les dirigeants palestiniens ont exprimé, eux, une prudente satisfaction à l’annonce de la victoire de leur «partenaire de paix».«Il y a un sentiment général de satisfaction mesurée, dans l’attente de la proclamation des résultats définitifs», a souligné le ministre du Plan et de la Coopération internationale Nabil Chaath.Les législatives, qui ont également eu lieu hier, ont débouché sur une perte sensible au Parlement pour les grands partis, travaillistes et likoud, et une montée des petits partis.La chambre qui se dessinait ne donnait aucune majorité, ni à la gauche ni à la droite, avec cependant un avantage sensible pour la première (54 contre 43 sur 120 sièges, selon la première chaîne).Les partis ultra-orthodoxes et les Russes détiendraient ainsi la clef d’une majorité gouvernementale.M.Peres ne devrait toutefois avoir aucune difficulté à former un gouvernement viable en passant des alliances avec des petits partis.Ces petits partis apparaissent comme les grands vainqueurs.Le parti «russe» Israël Be Alya, dirigé par M.Nathan Chtcharansky, a effectué pour sa première apparition une véritable percée, avec six à sept députés.Les partis religieux ont également enregistré de très bons résultats: le Shass, une formation ultra-orthodoxe de juifs sépharades originaires des pays arabes, passe de six à huit (ou neuf) députés et se retrouve en excellente position pour négocier son entrée au gouvernement «Je ne vois pas comment M.Peres pourrait former une coalition sans nous», a affirmé le chef du Shass, Arié Déri.La Troisième Voie, un nouveau parti formé par des dissidents du Parti travailliste hostiles à la moindre concession sur le plateau du Golan, conquis en 1967 sur la Syrie, est crédité de trois mandats.!.Selon les commentateurs de la télévision, les Russes, le Shass et la Troisième Voie pourraient entrer dans une coalition avec les travaillistes et le Meretz.«M.Peres n’a que l’embarras du choix», a souligné Nissim Michal, le commentateur politique de la télévision publique.A droite, en revanche, les résultats des législatives ne sont pas à la hauteur de la performance de Benjamin Netanyahu, partisan d’un «Grand Israël», qui a pratiquement fait jeu égal avec M.Peres dans l’élection directe du premier ministre.Le parti d’extrême droite Moledet reste stable à trois députés.En revanche, le Parti national religieux ÇPNR) connaît une forte progression en passant de six à neuf députés.Le parti ultra-orthodoxe Agoudat Israël, qui avait appelé à voter pour M.Netanyahu, reste stable avec quatre députés.Au total, l’ensemble des partis religieux obtiennent 22 mandats, contre 16 en 1992, et la Knesset est ainsi la plus «religieuse» qui ait jamais existé.Le ministre de la Sécurité intérieure, Moshé Shahal, a déploré que le nouveau système électoral, qui a permis aux Israéliens d’élire pour la première fois directement leur chef de gouvernement en même temps que leurs 120 députés, ait provoqué une «atomisation» de la scène politique.«Cette nouvelle méthode a profité aux petits partis», a souligné M.Shahal.La nouvelle loi électorale accorde un délai de 45 jours au premier ministre élu pour former un gouvernement et obtenir la confiance du Parlement Les experts estiment que les petits partis ont intérêt à entrer au gouvernement et à ne pas provoquer de nouvelles élections au risque de perdre des mandats.La police a dénombré une quarantaine d’incidents violents entre militants des deux camps et a arrêté cinq Israéliens pendant le vote, auquel étaient appelés 3,9 millions d’électeurs.QUERELLE «Le choix est à lui» SUITE DE LA PAGE 1 sant les engagements qu’il avait pris dans les derniers jours de la campagne référendaire, il risque également d’en devenir le dernier s’il choisit de ne pas s’y appliquer.«Le choix est à lui», a tranché M.Johnson.C’est d’ailleurs l’essence du message qu’il a «autorisé» MM.Paradis, Farrah et Lefebvre à livrer à M.Chrétien lors d’une rencontre privée de deux heures tenue le 6 janvier dernier à la résidence officielle du premier ministre, le 24 Sussex.Au cours de cette rencontre, dont on ignorait l’existence jusqu’à hier, M.Chrétien aurait désavoué le chef du PLQ et se serait montré «surpris» de voir que ce dernier jouissait toujours de l’appui de son caucus, selon les informations diffusées hier par le service de nouvelles radiophoniques NTR.La rencontre est survenue à peine quelques jours après la déclaration fracassante de l’ex-ministre fédéral André Ouel-let, qui disait préférer Jean Charest à Daniel Johnson comme chef du PLQ.Bien qu’ils se soient gardés de corroborer cette version des événements, les trois émissaires libéraux ne l’ont pas directement niée hier.Alors que M.Lefebvre a affirmé que «ce n’est pas l’impression qu’on a eue», M.Paradis était moins catégorique.«On n’était pas là pour échanger des commentaires comme tel.Mais il y a eu dans les discussions des commentaires sur la façon dont la campagne référendaire s’était déroulée», a-t-il reconnu, évoquant ainsi le différend qui s’était constitué entre les tenants fédéralistes à Québec et à Ottawa quant à la stratégie du camp du NON.Selon M.Johnson, une telle rencontre n’avait rien d’extraordinaire mais reflétait plutôt le désir des libéraux de Québec de maintenir «des relations les plus suivies possibles avec la classe politique canadienne» dans la foulée du référendum.C’est d’ailleurs ce désir qui l’a amené à rencon- trer la semaine dernière à Ottawa quelques ministres du gouvernement Chrétien pour faire avancer le dossier de la formation de la main-d’œuvre.M.Johnson a été accompagné lors de la rencontre, dont il était pour îa première fois mention hier, par le critique libéral en matière de formation , Yvon Charbonneau.Pour leur part, MM.Paradis, Farrah et Lefebvre ont dit avoir insisté auprès de M.Chrétien sur l’unanimité du caucus libéral à l’endroit de son chef.«Je pense qu’il a pu constater à l’occasion de cette rencontre qu’il n’y avait aucune faille dans le caucus du Parti libéral du Québec quant à l’appui au chef», a soutenu M.Paradis.Ayant été livré par le leader parlementaire des libéraux en Chambre (M.Paradis), son adjoint (M.Lefebvre) et le whip libéral, M.Chrétien n’aurait pas pu douter de l’exactitude de ce message, selon M.Paradis.Ce dernier est demeuré vague quant à l’origine de l’idée d’une telle rencontre qui, paraît-il, était très informelle.L’idée mijotait depuis l’automne dernier lorsque M.Chrétien avait visité la circonscription de Denis Paradis, frère du leader parlementaire du PLQ et député fédéral de Brome-Missis-quoi.Le premier ministre canadien aurait alors fait part de son intérêt à s’informer sur «le sentiment sur le terrain des électeurs».Mais personne n’a pu préciser hier si M.Chrétien avait lui-même sollicité la rencontre — pour vérifier le niveau d’appui dont jouissait le leadership de M.Johnson — ou si ce dernier aurait envoyé ses députés à Ottawa.M.Paradis a seulement dit que M.Johnson les avait «autorisés» à rencontrer le premier ministre canadien.Mais il a aussitôt insisté pour dire que l’objectif de la rencontre — survenue quelques semaines après que M.Chrétien eut fait adopter à la Chambre des communes les motions reconnaissant le caractère distinct du Québec et accordant un droit de veto informel à cinq régions, dont le Québec — fut de rappeler au premier ministre Chrétien que ses gestes étaient insuffisants et qu’il fallait procéder à leur constitutionnalisation.A cet effet, ils ont renchéri hier sur les propos de leur chef.«Nous sommes entrés comme des députés préoccupés de la situation et nous en sommes ressortis comme des députés préoccupés, a lancé M.Paradis.Nous n’avons pas encore pu constater la matérialisation des arguments que nous avons présentés.» Rappelant que l’ex-chef péquiste Jacques Parizeau avait lui-même traversé une période difficile, où son leadership fut remis en question, M.Paradis a refusé de commenter les données d’un sondage SOM sorti en fin de semaine et selon lesquelles plus de la moitié des fédéralistes du Québec souhaiterait le départ de M.Johnson avant le prochain référendum.Quant au principal intéressé, il a brusquement écarté cette question hier ainsi que la rumeur voulant qu’il parte dès la fin de la présente session parlementaire.«Je commente les rumeurs juste une fois», a-t-il martelé.Dans une entrevue accordée avant-hier au Journal de Montréal, M.Johnson a qualifié de «totalement fausse» cette rumeur.«C’est débranché de la réalité.Mes collègues députés savent exactement ce qu’il en est de mon intention de rester en poste et je la leur ai réitérée», a-t-il déclaré, affirmant que les rumeurs «viennent toujours des mêmes sources», laissant entendre qu’il s’agit du même trio de libéraux dissidents qui ont publiquement remis en question son leadership en début d’année.Même le premier ministre Lucien Bouchard ne semblait pas prendre très au sérieux ces rumeurs.Lors d’une passe d’armes particulièrement virulente entre lui et son vis-à-vis hier en Chambre, le premier ministre a constaté: «Tout indique qu’il va rester, si je comprends bien.» L’APCHQ lance un appel à la négociation LE DEVOIR Dans une lettre qu’elle leur a fait parvenir, en fin de journée, l’APCHQ invite ses interlocuteurs syndicaux à reprendre la négociation.«Nous sommes prêts à réviser le taux de salaire plancher proposé à ce jour, et ce, dans la mesure où vous seriez prêts à retirer votre politique d’uniformité des taux de salaire applicables dans tous les secteurs», écrit Me Maureen Flynn, négociatrice en chef pour l’AP-CHQ, dans la lettre qu’elle a fait parvenir à Yves Paré de la FTQ-Construction, ainsi qu’à Maurice Pouliot, du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction.L’APCHQ croit que cette ultime tentative pour reprendre la négociation peut permettre de faire cheminer le dossier, même si l’encadrement législatif de la loi 46 ne favorise pas, actuellement, la signature d’une convention.Pour les micro-entreprises du résidentiel, l’enjeu de cette première négociation consiste à se débarrasser des conditions de l’ancien décret de la construction, qui est un héritage des rapports de force exercés sur des chantiers comme le Stade olympique et la Baie-James.La plupart des entreprises du secteur de l’habitation sont incapables de respecter le décret de la construction.Elles ont conclu avec leurs travailleurs des ententes qui le contournent.Le Québec est la seule province au Canada où non seulement tous les secteurs de la construction sont syndiqués mais où les conditions de travail et les taux de salaire sont les mêmes dans les quatre secteurs.Ailleurs au Canada, le taux de salaire qui est versé quand un travailleur s’affaire dans le résidentiel est inférieur à celui qui lui est versé lorsqu’il travaille dans les autres secteurs.Dans certaines conventions, les écarts salariaux pour du travail effectué dans le résidentiel ou dans les autres secteurs peuvent atteindre 33 % pour une même entreprise syndiquée.Ainsi, un électricien syndiqué dans la région de Thunder Bay gagne 19,76 $ de l’heure quand il travaille dans le résidentiel.Dans les autres secteurs, il peut gagner jusqu’à 9,54 $ de plus.Dans la région d’Ottawa, les manœuvres syndiqués gagnent 20 % de moins lorsqu’ils travaillent sur une habitation que lorsqu’ils travaillent dans les autres secteurs.cfc/we qiu’OHMÈftëv ".JfyrAmmt su mmt u Ww& du swoon ckm Osl mu cQ- ^iCU&ÏL.w MÉMOIRE «La plupart des gens pensent que Mercier;; c’est un pont» SUITE DE LA PAGE 1 (SSJB), l’Union des écrivains québécois, différents conseils régionaux de la culture et différentes sociétés historiques, et les associations de professeurs: l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec, l’Association québécoise d’histoire politique, la Société des professeurs d’histoire, les départements d’histoire de l’UQAM et de l’Université de Montréal, etc.L’homme de théâtre Jean-Claude Germain, porte-parole de la coalition, a illustré hier avec son humour habituel le désastre de l’enseignement de l’histoire au Québec en rappelant que «nous avons une jeunesse qui a une connaissance extraordinaire des dinosaures mais qui ne connaît rien à ce qui est plus près d’elle» et en signalant qu’à Montréal, «on a donné des noms historiques à toutes les rues et lieux importants, mais la plupart des gens pensent que Mercier, c’est un pont».Bernard Dionne, présiderit de l’Association des professeurs d’histoire des collèges, ajoute que le Québec a connu un grand trou de mémoire, une amnésie collective depuis les années 70, alors que le caractère obligatoire de l’histôire au primaire a été aboli, et réduit au secondaire.La coalition propose donc, daps une déclaration d’intention, qüe Québec «procède et fasse procéder à une revalorisation significative de l’histoire dans le système scolaire et les institutions culturelles; que cette revalorisation de l’histoire soit orientée dans une perspective démocratique, ouverte et pluraliste; que soit faite une place privilégiée à l’histoire nationale du Québec; que soient assurées une connaissance adéquate de l’histoire universelle^ une solide compréhension de l’interaction entre l’histoire du Québec et celles du Canada, de l’Amérique du Nord et du monde».La coalition entend organiser cet automne une sorte de fête publique de l’histoire.En attendant, elle s’appuie sur un sondage réalisé au printemps par la maison Sondagem auprès de 1004 répondants, francophones et anglophones, pour le compte de la SSJB.Près de 90 % des répondants àu sondage affirment qu’il est «assez important ou très important» qu’un citoyen connaisse l’histoire de son pays.72 % des répondants s’intéressent «beaucoup ou assez» à l’histoire du Québec, alors que cet intérêt atteint 58 % pour l’histoire du Canada et 45,5 % pour l’histoire des autres pays.Par ailleurs, 63,3 % des répondants estiment que la place de l’histoire à l’école est «peu satisfaisante ou pas du tout satisfaisante».Les répondants réclament donc, à 72,7 %, que l’histoire du Québec soit obligatoire au primaire, à 91,3 % qu’elle soit obligatoire au secondaire et à 62,9 % qu’elle soit obligatoire au collégial.Les sondeurs ont comparé ces données à celles d’un sondage Sore-com effectué en 1988 et réalisé ç(ue l’intérêt pour l’histoire du Canadà a fléchi, passant de 61 % en 1988 à 53 % en 1996, alors que l’intérêt pour l’histoire du Québec se maintient.POUX Certaines fleurs, de Veau bouillante ou un petit insecte qui meurt après avoir tout rasé SUITE DE LA PAGE 1 L’herbe à poux, ambrosia trifida, est une petite herbe toute verte, sans fleur, qui prolifère dans le sillage des humains, à l’instar des rats et des goélands, d’où son appellation de contaminant biologique.Elle déclenche des allergies graves lorsqu’elle disperse son pollen, à compter de la mi-août.C’est le seul contaminant qui ne soit pas en régression sur le territoire de la CUM et c’est celui qui frappe le plus durement la population, soit une personne sur dix, ou plus de 175 000 personnes, pendant deux ou trois semaines.Soins de santé, automédication, etc., font grimper la facture sociale à plus de 50 millions par an pour ce seul contaminant allergène.Et il y en a d’autres qui frappent à ce moment-ci de l’année.Jusqu’ici, les autorités métropolitaines avaient combattu la petite plante aux feuilles vertes — inoffensive au toucher: ce n’est pas de l’«herbe à puces» — en imposant par règlement qu’on l’arrache avant le 10 août «C’est une erreur de faire porter le fardeau de cette politique aux victimes car le problème en est un d’échelle: 25 % des terrains de File libèrent 80 % du pollen.C’est là qu’il faut concentrer les efforts en aidant les municipalités et les propriétaires par un support technique et scientifique plutôt que de miser uniquement sur une approche juridique, néanmoins essentielle au bout du compte», explique Louis Drouin, directeur de l’Unité de santé au travail et environnement.C’est ce service qui a financé la recherche sur les méthodes de lutte utilisées ailleurs dans le monde et qui a préparé le plan de travail présenté aux élus ce matin.Cette revue des méthodes a permis d’en découvrir des révolutionnaires par leur simplicité et leur efficacité.Par exemple, les Lyonnais ont mis au point des stratégies de contrôle biologique de l’herbe à poux, efficaces et permanentes.Ils plantent tout simplement une végétation concurrente qui étouffera l’indésirable.Ils ont découvert que les plantes les plus efficaces sont souvent des fleurs.C’est un peu plus de travail au début mais, explique M.Drouin, c’est plus économique parce qu’on a dors non seulement une solution permanente mais un moyen unique d’embellir une ville tout en se débarrassant de son principal contaminant Sans le moindre pesticide.On peut utiliser cette méthode sur les bordures ga-zonnées des autoroutes, ce qui réduit radicalement leur entretien.Au Québec, c’est le ministère des Transports qui est le principal propriétaire d’herbe à poux parce que cette herbe monopolise le premier pied de végétation en bordure des routes.Mais les municipalités arrivent bonnes deuxièmes.Pour y contrôler l’herbe à poux, on coupait la plante juste avant sa pollénisation à la mi-août.Mais le problème avec cette technique, c’est que la plante repousse, plus basse mais plus dense! On parvient à la contrôler en bordure des routes avec des défoliants chimiques mais les services de santé réprouvent totalement cette mesure.Ils ont par contre découvert en Nouvelle-Zélande une méthode absolument révolutionnaire et non polluante: on ébouillante tout simplement l’herbe à poux avec un camion citerne équipé d’un gicleur breveté mais d’une grande efficacité.Comme l’œuf de Colomb: il fallait y penser! Mais que faire lorsque la plante se retrouve dans des endroits inaccessibles ou dangereux d’accès comme des emprises ferroviaires ou dans des champs où elle est dispersée parmi d’autres herbes?L’équipe du Dr Allan K.Watson, de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de McGill, est actuellement en train de tester.en Russie une méthode inventée à la ferme McDonald, sur l’ile de Montréal! On utilise un petit insecte local, qui dévore l’herbe à poux et meurt de famine après avoir tout rasé.D suffit donc d’en élever beaucoup et de les lâcher au bon endroit Louis Drouin précise que les services de santé ne vont pas en rester à l’élaboration du guide technique, dont les stratégies font sortir la lutte à l’herbe à poux de la préhistoire technologique.Une préhistoire dont il ne faut pas trop se moquer d’ailleurs puisque les Gaspé-siens ont réussi à faire disparaître cette indésirable de leur région en mobilisant toutes les écoles pendant des années pour l’éradiquer du moindre rang et de tous les champs.«D’abord, explique M.Drouin, nous devons vérifiér si le pollen que nous respirons provient à 90 % de l’fle, comme nous le pensons, ou si nous en importons plus de 10 % du sud-ouest, ce qui modifierait notre stratégie.Par une autre étude, nous voulons déterminer quels sont les taux de réponse, c’est-à-dire à partir de combien de grains de pollen dans l’air ambiant les personnes allergiques commencent-elles à afficher des symptômes importants.Cette étude nous permettra d’établir des objectifs de dépollution et des normes.» Louis Drouin craint maintenant, et par-dessus tout, que la saga juridique en cours ne dérie le débat de l’essentiel, soit la nécessité d’un plan d’action et la disponibilité de «moyens scientifiques et techniques efficaces» au profit des villes et des grands propriétaires.LES BUREAUX OU DEVOIR SONT OUVERTS PUBLICITÉ [ V nrvmp OU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 ÎÜmOHCEs'cLASSÉES 514 985 3344 * LL ULYUlll 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 * {JS RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 SERVICE DES ABONNEMENTS iKxaéiMfctMifeMiiifMis DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montrai (514) 985-3355 / MMtotfwr (514) 985-3390 mi K»tM! Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR ni publé par LE DEVOIR lac dont le Béff oodal est situé au numéro 2060 de Blnvy.9e rtff.Montréal (Québec).H3A 3M9.Il nt imprimé pu In Imprimerie Qurbrmr f iStBr 7*4* ***
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