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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-11-30, Collections de BAnQ.

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-?FONDE EN I 9 I O ?230 LE DE V o I.L X X XVI N " «xr AI O N T R E A L .I.E S S A M K D I A O N O V E M B I! E I) I M A X C II K I 111 I) K ( K M 15 li E I !» !» acien ASSOCIATED PRESS Madame, Monsieur, Speq - Le Devoir inc.Le journal Le Devoir sollicite votre adhesnm a la Speq une de Après une phase de redressement financier, le développement.émission d’actions ordinaires estencours.Cette émission se Uoetrois,eme enuss^^onse )e 15 décembre est en cours.Cette em de vous faire p: A cet effet, nous •*»»» to5 ,e journal.que de votre collaboration.prospectus comme en Nous vous remercions de l’intérêt porté au Devoir ainsi Pour recevoir la documentation, prière d’en faire la demande à: Roger Boisvert Fondation du Devoir 2050 de Bleury, 9e étage Montréal (Québec) H3A3M9 Tél.: (514) 985-3431 Téléc.: (514) 985-3310 Veuilles accepter nos salutations distinguées.Roger Boisvert Président Speq • te Devoir inc.F, DEVOIR Saisie de drogue à Wiesbaden, en Allemagne.politique comme une mesure «plus efficace» que la répression confie les petits consommateurs de drogues douces, en estimant que cela empêchera surtout les; jeunes de plonger dans l’enfer des drogues dures.Selon M.Toubon, l’action commune est «un engagement à faire un certain nombre de choses ensemble.Ensuite, il faut que tout cela se traduise en actions concrètes».«Il s’agit, a-t-il notamment affirmé, défaire bouger la législation néerlandaise», tout en reconnaissant qu’il y a déjà eu des progrès puisque, depuis avril dernier, le nombre de coffee shops a été réduit aux Pays-Bas et la quantité de cannabis autorisée à la vente libre est passée de 30 g à 5 g par personne.La présidente irlandaise, Mme Owen, s’est dite de son côté «personnellement opposée à ce genre de pratique» tout en ajoutant que «chaque État a sa manière d’affronter le problème».Plus concrètement, l’action commune, dont Mme Owen espère qu’elle obtiendra rapidement le feu vert des gouvernements nationaux, invite les Quinze à une plus large coopération de leurs polices, douanes et appareils judiciaires dans la lutte confie la drogue et le narco-tourisme.Les Quinze s’assurent par ailleurs que les sanctions applicables aux infractions graves en la matière se «situent dans l’échelle des peines les plus sévères pour des infractions de gravité comparable».Seule la délégation autrichienne a maintenu une réserve sur ce point.Il est également question d’établir un répertoire des connaissances et des expertises en matière de drogue, y compris pour les drogues de synthèse, et de punir l’incitation à la consommation de stupéfiants, y compris sur Internet.t.Un cadeau B qui sera apprécié r EXPOSITION DE TIMBRES Millions de timbres, enveloppes, cartes postales et souvenirs offerts par près de 60 détaillants.29, 30 NOVEMBRE ET 1™ DÉCEMBRE PLACE BONAVENTURE DE MONTRÉAL Heures: vend, llh à 20h; sam.de lOh à 18h; dim.de lOh à 17h ADMISSION GRATUITE PRIX DE PARTICIPATION POUR LES JEUNES Tirages GRATUITS aux heures! A ?Le chapeau Tllley ?Un cadeau qui dure toute une vie Le chapeau Tilley est à l’épreuve j de l’eau (son bord devient rigide au contact de l'eau) et de la moisissure (lavable à la machine).Il protège contre les rayons UV-A et UV-B, s’attache, flotte, ne rétrécit pas et est offert dans toutes les tailles.Il est accompagné d’un manuel d’instructions de quatre pages et d’une assurance contre la perte (2 ans, déductible de 507c).Il sera remplacé sans frais si jamais il s’use.Tilley Endurables 1050 ave.Laurier Ouest 272-7791 OBTENEZ UN CATALOGUE.GRATUIT EN COMPOSANT LE N.1-800-465-4249 / ///a marie allaire PRÊT-À-PORTER « SOLDE 30% À 50% de rabais sur toute notre collection automne/hiver Exceptionnellement l;i boutique sera ouverte les dimanches t-«-i.-;-22 décembre de il lirsù irlirs.1588, rue Fleury Est, Montréal (514) 584-4808 L K l> E V (I I II .I.K S S A M !• I) I 11 II X 0 V K M II II K K T I) I M A X (' Il K I 1 1 I) V.( V.M II II K I !) !) (I A I I > LE DEVOIR ?POLITIQUE Elections partielles dans Pointe-aux-Trembles La candidate péquiste détient une confortable avance Réforme de la francophonie Québec rejette la position de la France Le PLQ mise sur Vinsatisfaction de l’électorat PIERRE O’NEILL LE DEVOIR \ A dix jours de l’élection partielle du 9 décembre dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, la candidate péquiste Nicole Léger détient une confortable avance sur le libéral Bernard Lauzon.La direction du Parti québécois fait confiance à son sondeur, Michel Lepage, mais la détérioration du climat social a fait naître au sein de l’organisation quelques appréhensions.Maintes fois dans le passé, il est arrivé que les résultats des partielles fassent mentir les sondages.Alors que les libéraux affichent l’optimisme, les péquistes témoignent d’une certaine prudence.On ne veut pas prendre de risques.C’est ainsi qu’en fin de semaine, une quinzaine de ministres et députés débarqueront dans la circonscription pour y effectuer du porte-à-porte et expliquer les politiques gouvernementales.Ils seront tout aussi nombreux du Bloc québécois.Pourtant, la plupart des données socio-politiques de cette campagne électorale prêchent en faveur d’une victoire péquiste.Le souvenir laissé par l’ancien ministre Marcel Léger est encore vivant et sa fille Nicole ne peut qu’en profiter.Massivement francophone, l’électorat de cette circonscription a voté OUI à 60,8 % au référendum de l’an dernier.Et le député sortant, Michel Bourdon, s’y était fait réélire en 1994 avec une majorité de 6000 voix.Plus significatif encore, il avait recueilli 54 % du vote, alors que le candidat libéral n’en obtenait que 36 % et celui de l’ADQ, 12%.Or, le sondage de Michel Lepage révèle une remontée de l’ADQ, représentée cette fois-ci par son directeur général Jacques Hébert.Si cette tendance se confirme, elle ne pourra 4 'Si ROBERT SKINNER, LE DEVOIR Nicole Léger que nuire au candidat libéral.Conclure à une victoire facile de la candidate péquiste serait, paraît-il, faire fausse route.Même le directeur de l’organisation locale du parti, Martin Dubé, ne tient rien pour acquis.Il se rappelle que sous René Lévesque et au pouvoir, le PQ a perdu plus d’une vingtaine de partielles et qu’il n’y a pas si longtemps le PLQ lui a ravi la circonscription de Shefford.Faire sortir le vote C’est exactement ce que font valoir les stratèges libéraux, à savoir que dans une partielle nul n’est prophète.Jean-Claude Gobé est député de la circonscription voisine de Lafontaine et en quelque sorte le parlementaire responsable de la bonne marche de celte campagne.Jean-Marc Jacques est le coordonnateur de l’organisation libérale pour l’est de l’île de Montréal.Tous deux allèguent que les compressions budgétaires, le virage ambulatoire, l’assurance-médica- ments et la réforme de l’aide sociale sont en voie de rallier au PLQ les électeurs de cette circonscription largement représentée chez les personnes âgés, les chômeurs, les assistés sociaux et les syndiqués de la fonction publique.Bref, la direction du PLQ mise sur le degré d’insatisfaction de l’électorat.Péquistes et libéraux s'entendent au moins sur un point, sur ce vieux cliché de notre jargon électoral: «Il faudra réussir à faire sortir le vote.» Ils conviennent d’ailleurs que le succès de l’un ou de l’autre tient à cette condition incontournable.Et si le scrutin du 9 décembre devait se tenir en pleine tempête de neige?Personne ne peut prédire laquelle des deux organisations saurait s’imposer dans ces circonstances.Président et directeur général de la maison de sondage CREATEC, Grégoire Gollin est un expert dans l’analyse du comportement de l’électorat et a acquis une grande réputation au fil des campagnes électorales.Il serait étonné que le PLQ l’emporte dans Pointe-aux-Trembles.Il est néanmoins d’avis que cette partielle pourrait servir d’indicateur de la profondeur du mécontentement.«Si la grogne n’est que ponctuelle ou situationnelle, il n’y aura pas de revirement.Mais s’il s’agit d’une déception fondamentale, chronique, alors, on pourrait avoir une surprise.» Les deux candidats favoris présentent une feuille de route respectable.Titulaire d’un baccalauréat en éducation, Nicole Léger a enseigné pendant une quinzaine d’années avant de devenir une femme d’affaires accomplie.Titulaire d’une maîtrise en analyse urbaine de l’ENAP, Bernard Lauzon a été agent de communications sociales, conseiller en analyse opérationnelle et conseiller en gestion budgétaire pour la Ville de Montréal.SONY 15 VOTRE PREMIER RÉFLEXE EN ACHETANT UN HANDYCAM?FILMER TOUT L’ÉQUIPEMENT GRATUIT QUI VIENT AVEC.À moins que vous ayez des enfants, des proches, un chien., ou un coucher de soleil à filmer! Parlons sérieusement : il ne vous viendrait pas à l'esprit d’immortaliser vos accessoires* même s'ils valent 99 $.Même si, jusqu’à épuisement des stocks, vous obtenez une pile rechargeable, une cassette de 60 minutes et un sac gratuits en achetant, avant le 31 décembre 1996, un des modèles Handycam suivants : CCDTRV11, CCDTRV21, CCDTR44, CCDTR64, CCDTR74 et CCDTR94.Vous savez maintenant où et quand acheter votre caméscope.Il ne vous reste plus qu'à choisir de bons sujets.gratuit.ffumou/itt RudioIronic Maison Sony LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE La position de la France sur la réforme des institutions de la francophonie déplaît au Québec, qui craint de perdre dans cette réforme sa seule voix en tant que gouvernement francophone participant.1 je ministre des Relations internationales du Québec et ministre responsable de la Francophonie, Sylvain Simard, a poliment invité la France à revenir sur sa position, hier, lors d’un discours qu’il prononçait devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).«Nous sommes obligés de dire à nos amis français: “revenez dans le consensus, revenez vers des institutions qui satisfont l’ensemble de la francophonie”», a lancé le ministre, qui a ensuite rencontré la presse pour expliquer plus en détails son message.Le ministre Simard explique que jusqu’à présent, un consensus avait été établi au sein des pays membres de la francophonie, afin de préserver «des institutions légères, souples, économiques, surtout efficaces, où les gouvernements de la francophonie sont toujours présents».La France a ensuite changé de cap, pour une raison qu’il ne peut expliquer.La nouvelle proposition de charte qui circule en France «risque de mettre en péril le rôle des États et des gouvernements membres», selon le ministre Simard.«Vous comprendrez que pour nous, les conséquences sont majeures, étant donné qu’il s’agit du seul forum mul- tilatéral où le Québec intervient directement à titre de gouvernement participant.» Invité à dire s’il trouvait carrément que le changement de cap de la France nuirait à l'influence du Québec au sein de la francophonie, le ministre a diplomatiquement évité la question.«Si nous ne tenons pas compte du consensus, la francophonie ne pourra pas se donner cet instrument dont nous avons tant besoin.» M.Simard garde quand même espoir de voir les pays de la francophonie s’entendre lors de la conférence de Marrakech, au Maroc, ou dans les mois qui suivront.«Actuellement, le consensus tient.Il n’a pas été disloqué ARCHIVES, LE DEVOIR Sylvain Simard par la position française, mais tout cela sera discuté jusqu’à la dernière minute.» Cette conférence ministérielle de la francophonie se tiendra du 16 au 18 décembre prochain.Elle est la plus haute instance entre les sommets et réunit les ministres des Affaires étrangères et de la Francophonie des pays et gouvernements francophones.Amiante Un autre thème chaud des relations franco-québécoises sera également abordé lors de la conférence de Marrakech: l’amiante.«Il en sera question certainement, de façon bilatérale», notait le ministre, qui se rend d’ailleurs en mission au Maroc, avant la Conférence ministérielle de la francophonie.Le Maroc, tout comme d’autres pays francophones, «est un pays que nous visons dans notre plan d’action visant à endiguer ces séries de mesures contre l’amiante», expliquait le ministre des Relations internationales.«Je ferai de nombreuses rencontres bilatérales à Marrakech, dans le but de faire connaître notre position, de nous assurer que personne ne prenne de décision sans avoir pris connaissance des vraies analyses scientifiques, des solides analyses scientifiques dont nous disposons et qui permettent de dire que l'amiante, bien utilisé, présente moins de danger que les produits de substitution auxquels on le compare parfois.» La France veut bannir les produits de l'amiante sur son territoire à compter du 1er janvier prochain.mGÆ Pur luxe Pur charme Pur coton : inc.Montréal (514) 844-9595 • Toronto (416) 504-9595 • Vancouver (604) 322-1891 • Halifax (506) 387-7041 A 12 i.K it !•: v o i it .i.!¦: s s a m k d i :t o \ o v k m it it v.t: r i> i m a ,\ c n t: i • » i> i: c li M it n v.i !» !» n * p r ) : 1 T 1 0 Il P ?1 \j ' IJ 1 l l l y U Ij Bloc québécois Peuples autochtones La dissension éclate au grand jour Le député Réal Ménard demande à son chef Michel Gauthier; de «réfléchir» à son avenir JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le torchon brûle au sein du Bloc québécois.Le mouvement de contestation contre le chef Michel Gauthier a maintenant gagné la place publique, ce qui a suscité une volée d’injures entre les membres du parti.Après avoir couvé pendant plusieurs semaines, la dissension a finalement éclaté, hier, lorsque le député bloquiste Réal Ménard a demandé à M.Gauthier de réfléchir à son avenir comme chef de la formation.«On est arrivés à l’heure de vérité», a affirmé M.Ménard à sa sortie des Communes.«Ce que je demande à M.Gauthier, a-t-il poursuivi, c’est de considérer, dans la décision qu’il aura à prendre dans les prochains jours, l’intérêt du parti.» M.Ménard estime que pour déterminer son avenir, le chef Gauthier dispose de quelques jours — jusqu’au prochain caucus du parti, mercredi.Il soutient que celui-ci n’a pas pu mener à bien une série de réformes internes exigées par les députés et qui auraient pu, notamment, clarifier les positions que défend le parti.M.Ménard a précisé qu’il agissait seul mais que ses idées étaient sans doute partagées par bon nombre de députés «perspicaces».Le bureau de M.Gauthier a indiqué que le chef n’était pas disponible pour faire des commentaires, hier.La sortie de M.Ménard lui a valu d’être traité de «chiqueux de guénille» par le député Yvan Loubier, un fidèle de M.Gauthier.«Comme chiqueux de guénille, on a rarement vu pire», a-t-il dit lors d’une entrevue depuis sa circonscription de Saint-Hyacinthe.«Si j’étais lui, je réfléchirais énormément à sa place [au sein du parti]», a-t-il ajouté.Sondages C’est un reportage diffusé jeudi soir à la télévision de Radio-Canada qui a mis le feu aux poudres.Présenté à l’émission Le Point, le reportage faisait la synthèse des problèmes qui affligent actuellement le leadership de Michel Gauthier, notamment ses mauvaises performances dans les sondages.En outre, on a présenté un extrait d’une entrevue avec Daniel Turp, le candidat-vedette du Bloc dans la circonscription Beauharnois-Salaberry, qui a déclenché une autre controverse.«Si un jour la question est posée aux militants, a dit M.Turp à Radio-Canada, si les militants sont invités à choisir un nouveau chef, j’y réfléchirai, je me poserai bien des questions.Je me demanderai si je suis quelqu’un qui peut relever le défi.» Là encore, le député Yvan Loubier n’a pas mâché ses mots en réagissant.«Je pense qu’il a fait passer son “ego trip” avant les intérêts du parti [.] Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi déloyal que lui», a-t-il souligné.«C’est par ignorance et, surtout, par manque d’intelligence qu’on fait des déclarations comme celles-ci.» M.Loubier lui a d’ailleurs fait parvenir une lettre dans laquelle il lui demande de démissionner de la candidature bloquiste dans Beauharnois-Salaberry.ARCHIVES LE DEVOIR Réal Ménard Selon M.Loubier, le Bloc québécois fait face actuellement à un mouvement de contestation interne mené par un groupe de trois ou quatre personnes.Il affirme que ceux-ci — et il exclut le député Ménard du groupe — ne cessent de «grenouiller» et de «magouiller» en vue d’avoir la tête de M.Gauthier.Il n’a pas voulu les nommer.Toutefois, une source bien informée au sein du Bloc québécois a expliqué à la Presse canadienne que le groupe serait formé des députés suivants: Gilles Duceppe (factuel leader parlementaire), Pierre Brien et Michel Bellehumeur.«Ils jouent derrière les rideaux.Ils se promènent, ils vont à Montréal et à Québec, ils parlent à un, ils parlent à l’autre.Ils sont protégés parce que personne ne les a encore pincés», a indiqué la source.Joint dans sa circonscription de Montréal, Gilles Duceppe a repoussé ces accusations avec véhémence.«C’est de la “bidlshit”!», s’est-il exclamé.«Ceux qui pensent que je grenouille, qu’ils se lèvent, qu'ils aient le courage de leurs opinions [.] On en a dam tous les partis des orduriers, tant pis pour eux-autres.» M.Duceppe affirme qu’il a toujours été, au contraire, un fidèle soldat.«Je remplace M.Gauthier à la moindre demande, j’ai donné un coup de main au financement du parti.Je ne peux pas couvrir plus que cela», a-t-il dit.Il a été impossible de joindre les deux autres députés.Pour sa part, la députée Suzanne Tremblay, une des figures de proue du Bloc, estime qu’il n’existe ni contestation ni complot à l’intérieur du parti.Elle soutient que tout n’est qu’élucubrations de journalistes.«Ça fait un mois que les journalistes essaient d’interroger tout un chacun pour voir qu’est-ce qu’il y a qui va, qui ne va pas [.] Moi, je vis à l’intérieur du caucus, et s’il y a quelqu’un qui veut faire un putsch, il n’y est pas», a-t-elle soutenu.De toute façon, le Bloc ne peut pas, selon elle, se payer le luxe de changer de chef.«On est à l’aise avec Michel Gauthier [.] Et je pense qu’on n’a même pas les moyens, ni psychologiques, ni financiers, ni politiques, de se payer une course au leadership.Il faut se resserrer les coudes, il faut être derrière le chef qu’on a.» Le jeudi 5 décembre 1996 de 8 h à 10 h au local D-R200 du pavillon Athanase-David de l’UQAM 1430, rue Saint-Denis Petit déjeuner-causerie Le Projet 90 : une façon radicalement différente de concevoir et d’évaluer le baccalauréat en administration André Charette Coordonnateur du Projet 90 Michel Bédard Directeur du module d’administration R.S.V.P.: 987-3031 Université du Québec à Montréal Un juriste conteste les conclusions du rapport Dussault-Erasmus L’interprétation beaucoup trop large de la Charte des droits et libertés peut mener à un capharnaüm, estime Benoît Pelletier Dans son rapport rendu public la semaine dernière, la Commission royale sur les peuples autochtones invite les gouvernements du Canada à reconnaître l’existence de facto d’un troisième ordre de gouvernement, aborigène celui-là, que garantirait la Charte canadienne des droits et libertés de 1982.Mais, réplique un expert des questions constitutionnelles, cette prémisse est fausse, et lui donner crédit pourrait avoir des conséquences dangereuses pour la fédération.JEAN DION LE DEVOIR \ A l’appui de son argumentation, la Commission invoque notamment l'article 35 de la Charte, qui stipule que «les droits existants — ancestraux ou issus de traités — des peuples autochtones sont reconnus et confirmés».Elle en infère que la Constitution «reconnaît et protège le droit des peuples autochtones à l’autonomie gouvernementale au sein du Canada», un droit «inhérent» en vertu duquel ce troisième ordre de gouvernement serait «autonome dam [sa] sphère de compétence» et «[partagerait] la souveraineté du Canada dans son ensemble».Pour la Commission, aucun amendement constitutionnel ne serait requis pour ouvrir la porte aux gouvernements autochtones, une thèse que rejette totalement Benoît Pelletier, professeur de droit à l’Université d’Ottawa.Selon le juriste, la Commission se livre à «une interprétation beaucoup trop libérale, je dirais même beaucoup trop complaisante» de l’article 35.Ce- lui-ci n’a jamais — et l’opposition virulente de Pierre Trudeau à l'idée de gouvernements autochtones lors du débat sur l’Accord de Charlottetown en témoigne, de même que les dispositions mêmes de l’entente — été destiné à permettre l’émergence d’un pouvoir autochtone comparable à celui des provinces sans modification constitutionnelle formelle ou référendum, plaide M.Pelletier.Il reproche donc à la Commission de prôner que soient faites «en douce», «par des moyens détournés», des réformes institutionnelles fondamentales, un processus qu’il a qualifié en entrevue de «très dangereux», rappelant que la Commission va beaucoup plus loin que le ministre des Affaires indiennes, Ron Irwin, qui parle d’une autorité autochtone se situant quelque part entre les provinces et les municipalités.«On cherche à le faire par une interprétation d’une disposition qui ne dit vraiment pas cela, note le professeur, dont on fait découler indirectement et tacitement toutes sortes de consé- quences qui sont finalement majeures.Un troisième ordre de gouvernement modifie évidemment l’équilibre des rapports fédératifs, en plus de constituer un problème pratique, concret, non négligeable: l’établissement de territoires autochtones, de petites enclaves à l’intérieur desquelles les lois provinciales ne s'appliqueraient pas, de même qu’un certain nombre de lois fédérales.» «Il en résulterait un capharnaüm menaçant pour le lien fédératif.» M.Pelletier nourrit également certaines inquiétudes quant au principe de la double citoyenneté, défendu par la Commission, et du caractère inévitablement «ethnique» de gouvernements autochtones.La citoyenneté marque l’allégeance à un Etat, note-t-il, et elle devrait être unique, sans quoi les citoyeps touchés ne sont plus rattachés à l’État de la même façon que les autres.On crée ainsi «deux classes de citoyens».«On parle de structures institutionnelles uniques pour les autochtones, d’un troisième ordre de gouvernement, d’un tas de choses finalement qui me laissent croire qu’on veut vraiment en faire une catégorie à part», déplore-t-il, ajoutant que de tels recours ne peuvent être justifiés, fût-ce au nom de la réparation des injustices du passé.Par ailleurs, le juriste souligne que des souverainistes québécois ont pu percevoir le rapport comme un appui à leur cause: l’application de ses recommandations pourrait en effet rendre le fédéralisme canadien trop difficilç à gérer et favoriser son éclatement.A cet égard, il rappelle toutefois que le Québec s’est engagé, en cas de sécession, à offrir à ses autochtones le même statut que celui dont ils disposent au sein du Canada; or l’existence préalable à la souveraineté de gouvernements autochtones pourrait leur permettre de carrément se soustraire aux lois québécoises.Enfin, M.Pelletier fait remarquer que le rapport aura eu un autre elfet pervers, soit celui de susciter chez les autochtones des espoirs démesurés par rapport à la réalité juridique et politique du Canada.«Imaginez les attentes qu’ils vont avoir.Imaginez dans quel esprit ils vont se retrouver aux tables de négociations, dorénavant, lorsqu'il y aura des discussions sur les revendications territoriales ou concernant l’autonomie gouvernementale.On leur dit que ce droit-là existe dans la Constitution et que tout ce qu’il faut, c’est discuter des modalités de sa mise en œuvre.Ça va très loin», explique-t-il.C’est peut-être exactement cela que voulait dire le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, lorsqu’il parlait du «rapport de la dernière chance».Il a alors prévenu que les autochtones ne se contenteraient plus de demi-mesures et laissé entendre que tout déni de leurs droits fondamentaux pourrait conduire sinon à la violence, du moins à une détérioration marquée de leurs relations avec la société majoritaire.Les projets asiatiques de Bouchard baignent déjà dans la controverse PC Le premier ministre Jean Chrétien a reçu hier un doctorat honorique des mains du président de l’Université Mei Ji, de Tokyo, Mitsunori Tozawa.LE DEVOIR Le premier ministre Lucien Bouchard a annoncé officiellement qu’il participera à la mission économique à’Équipe Canada en Asie, hier, et déjà, sa décision a suscité la controverse.C’est que le premier ministre n’a pas l’intention de jouer les seconds violons lors de ce périple en Orient Le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry, a laissé entendre jeudi que Lucien Bouchard profitera de la tournée d’É-quipe Canada pour promouvoir la souveraineté du Québec auprès de ses interlocuteurs des autres pays.Interrogé hier par des journalistes de la presse anglophone, M.Bouchard a indiqué qu’il sera «très content, très content de dire aux gens quel projet nous avoris, avec [ses] aspects positifs».À Éredericton, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, a répliqué en affirmant que Lucien Bouchard ferait «une grave erreur» s’il tentait de faire mousser la souveraineté du Québec lors de ce périple.«Ça créerait un tort immense aux Québécois», a dit M.McKenna, ajoutant que l’évocation de la souveraineté ne pourrait qu’effrayer les investisseurs étrangers, au détriment des Québécois.«Ça serait une erreur grave d’utiliser les pages mondiales pour publier le manque de stabilité dam la province du Québec.C’est mauvais pour les chômeurs, c’est mauvais pour l'économie», a expliqué M.McKenna, qui souhaite que son homologue québécois discute strictement affaires lors de la tournée.A Tokyo, dernière étape de son actuel séjour asiatique, le premier ministre Jean Chrétien a rappelé Lucien Bouchard à l’ordre.«Notre façon de fonctionner est bien connue.Elle a été établie au cours des deux missions précédentes qui ont d’ailleurs été couronnées de succès», a-t-il commenté.«Les premiers ministres provinciaux qui ont voyagé avec moi lors des précédentes tournées en Asie étaient de différentes allégeances politiques.Certains étaient conservateurs, d’autres libéraux ou socialistes», a poursuivi M.Chrétien, taisant remarquer que ces premiers ministres avaient toujours pris soin de ne pas étaler leurs querelles internes lors de ces tournées.«Tous ont été d’agréables compagnons de voyage, fiers de représenter leur pays», a-t-il ajouté." M.Chrétien n’a pas été surpris outre mesure de la décision prise par Lucien Bouchard, qui avait déjà laissé entendre, en juin dernier, qu’il pourrait prendre part à la tournée commerciale.L’entourage de M.Chrétien escomptait la participation de M.Bouchard, qui rompt ainsi avec la tradition établie par son prédécesseur Jacques Parizeau, ab- sent lors de tournées précédentes en Chine en 1994 ainsi qu’en Inde en janvier dernier.In prochaine tournée asiatique mènera Equipe Canada en Corée, aux Philippines ainsi qu’en Thaïlande.M.Bouchard quittera Québec le 8 janvier et reviendra le 18 du même mois, deux jours plus tôt que le reste d’Équipe Canada.Il avait au départ été question que le premier ministre Bouchard se rende au Japon, au cours de la semaine du 6 janvier.Selon notre collaborateur de Tokyo, l’entourage de M.Bouchard préparait en effet une visite de trois ou quatre jours, en dépit d’avis contraires de membres du milieu politique japonais.C’est que le premier ministre risquait de ne rencontrer aucun interlocuteur important, la semaine du 6 janvier étant la plus tranquille de l’année politique et économique nippone.Des sources près de Nagatacho, là colline parlementaire nippone, se demandaient même si le premier ministre du Québec était au courant de la situation et de l’importance du Nouvel An dans les traditions du pays.Le début de l’année japonaise est non seulement l’occasion des réunions familiales mais également le temps de réunions d’employés au sein des firmes japonaises et des rituelles visites de chefs d’entreprises aux puissants fonctionnaires des différents ministères de Kasumigaseki.Une soixantaine de dirigeants d’entreprises québécois ont déjà confirmé leur par|icipation à la mission commerciale d’Équipe Canada.Une quinzaine d’autres devraient s’y joindre sous peu, compte tenu de la présence de Lucien Bouchard.Un porte-parole du cabinet de M.Bouchard a par ailleurs confirmé hier que des «rencontres bilatérales» auraient lieu dans chaque pays pour discuter de la souveraineté.Si tel est le cas, l’attitude du premier ministre Bouchard risque de créer un fort malaise, à en croire l’avis d’importants hommes d’affaires japonais interrogés sur le sujet.Koichiro Ejiri, ancien président du conseil de Mitsui, un géant de l’électronique, a déclaré que certaines entreprises sont «un peu hésitantes» à investir au Québec en raison de l’incertitude politique.Sozabura Ihara, vice-président exécutif de Mitsubishi, a été plus direct.Il a relaté une visite à Montréal au cours de laquelle un ministre du gouvernement québécois a fait référence à l’indépendance.«Je me suis personnellement senti un peu triste», a dit M.Ihara.«Ce serait peut-être une bonne idée d’éviter de rendre tristes les hommes d’affaires japonais», a-t-il ajouté, lorsqu’on lui a demandé comment il faudrait s’y prendre pour favoriser les investissements étrangers.Avec PC I o I < » INI) VENTE sur nos habits importés d’Italie Prix régulier jusqu’à 1200 $ Spécial ., , 495 $ et plus 5107, av.du Parc 277-7558 383, St-Jacques O.Centre de Commerce Mondial 281-7999 d o I c ü Mlltô SOLDE SOLDE SOLDE • Gigue • CP COMPANY • Tombolini Donna • Rouge à lèvres • Armand basi • Tombolini 277, av.Laurier O.• 270-6154 413, St-Jacqucs O.• 844-9125 Centre de Commerce Mondial CTIOIU PARTIELLE POINTE WE LA FAILLITE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE (AU QUÉBEC) Collection Essais critiques 80 pages.8,95 $ Marc-Aimé Guérin Ce petit livre de 80 pages est une critique acerbe du Rapport Lacoursière-Langlois (Marius) : Se souvenir et devenir.L'auteur cherche à montrer -dans la foulée de Kierkegaard -que la bêtise humaine s'appelle parfois «liberté»; que la notion de temps est éminemment complexe; que l'histoire est omniprésente dans les actions humaines; que l’école de l’avenir est une formule creuse et que l'idée de progrès fatal est une sottise.«Que le lecteur du Rapport Lacoursière ne s'imagine pas que ce Rapport est un résumé des idées exprimées par les personnes ou les organismes qui ont présenté un mémoire au Groupe de travail.» (page 3) GUKRIN, éditeur Itée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Ulr.Internet: www.vigie.qc.ca/LIDEC Le PQ envoie des messages embrouillés.La performance de Lucien Bouchard au Congrès général n’a pas impressionné la presse anglophone Le uote par anticipation je l'ai en tête! Vous pouvez voter par anticipation le dimanche 1er décembre ou le lundi 2 décembre, entre 14 h et 21 h, si vous appartenez à l'une ou l'autre des catégories suivantes: • vous êtes une personne handicapée; • vous êtes membre du personnel électoral; • vous avez des raisons de croire qu'il vous sera difficile de voter dans votre section de vote le jour du scrutin.Il suffit de vous présenter au bureau de vote par anticipation auquel est rattachée votre section de vote (elle est inscrite sur la liste électorale) et de prêter serment pour pouvoir voter par anticipation.Bureaux de vote par anticipation et sections de vote: H Pointe-aux-Trembles Section H Centre Roussin 1 à 11,76 à 81 B M 12125, rue Notre-Dame Est 82 à 93,121 à 125 S ^ Montréal 94 à 109, 110 à 120, 126 à 129 0 Domaine Bonneville 130 à 144, 145 à 159 K ffiSÈm 300, Terrasse Jacques-Léonard BT'm Montréal École La Vérendrye 3055, rue Mousseau Montréal 12 à 27, 30 à 45 28 et 29, 46 à 59 60 à 75 Rappel Vous n'êtes pas inscrit sur la liste électorale?Vous avez jusqu'au 4 décembre, 21 h pour le faire.Présentez-vous au bureau de votre directeur du scrutin.Pour de plus amples renseignements, composer: 1 800 461-0422 sept jours par semaine.ATS Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer £59 sans frais: 1 800 537-0644 Les bureaux de vote par anticipation sont accessibles aux personnes handicapées.LE DIRECTEUR GENERAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côte', cr Parce qu’un vote, ça compte ce que ça améliore les chances du séparatisme.» Bouchard fait bon marché de la dure réalité et se complaît dans la fantaisie d’un éventuel partenariat, ajoute Speirs, comme si le Québec pouvait être à la fois indépendant et avoir un droit de veto sur la politique économique canadienne.Quel emberlificoteur que ce Lucien Bouchard, se lamente The Toronto Sun.«Ca n’allait pas bien pour lui au début du congrès, mais il a manœuvré si habilement qu’il a fini par gagner.» «Bouchard et ses cohortes ont gagné avec un message selon lequel le bannissement total de l’anglais dans l’affichage [.] n’était pas nécessairement mauvais mais constituait une mauvaise tactique pour en arriver à la souveraineté au tournant du siècle.«En fait, un tiers des délégués s’opposent à ce que le PQ soit “généreux” avec sa politique linguistique.En garde, Canada.Le PQ envoie le message qu’il veut encore la division et le chaos, pour le pays et pour les Anglais», conclut le Sun torontois.Allan Fotheringham (du Ma-cLean’s Magazine au Financial Post en passant par The Ottawa Sun) rappelle qu’il y a toujours eu du tigre «socialiste» dans le parti de REVUE DE LA PRESSE ANGLOPHONE GILLES LESAGE DE NOTRE,BUREAU DE Q U E B E C Avec Lucien Bouchard, le Parti québécois se prostitue et envoie des messages embrouillés au reste du Canada.C’est ainsi que la grande presse du ROC commente le congrès général que le parti gouvernemental a tenu en fin de semaine dernière, à Québec.De l’Atlantique au Pacifique (à l’instar de The Gazette et The Globe and Mail, recensés jeudi), les éditoriaux ne sont guère tendres pour le PQ, surtout pour le premier ministre, dont personne ne devrait se laisser duper par ses propos lénifiants.«Tout en sortant encore chef du congrès pëquiste, écrit The Chronicle Herald, M.Bouchard a peut-être ouvert plus de plaies qu’il n’en a guéries et réussi une trêve de courte durée plutôt que d’assurer l’unité du parti [.] Ce congrès a démontré que l’emprise de M.Bouchard sur le parti est fort ténue et à quel point la coalition pé-quiste est branlante et fragile.Les séparatistes sont peut-être unis par le ciment de la recherche d’un Québec indépendant, mais ils sont profondément divisés quant aux meilleurs moyens d’y arriver.«M.Bouchard semble avoir fait l’unité du parti, mais pour combien de temps et à quel prix?», se demande le quotidien de Halifax.Ix> columnist national de Southam News y va plus carrément, aussi bien dans The Gazette que dans les autres quotidiens de la chaîne qui publient sa prose, transmise de Québec même.«Le PQ maussade se prostitue humblement», tel est d’ailleurs le titre qui coiffe le texte d’Andrew Coyne dans le quotidien anglophone montréalais, tandis que The Telegraph journal, de Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), est plus gentil: Le PQ se fait le champion de l’opportunisme.«Ceux qui scrutent la politique québécoise doivent prendre en compte une distinction importante: les nationalistes sont ceux qui ont l’habitude de faire chanter le reste du pays [le ROC]; les séparatistes préfèrent se faire chanter eux-mêmes.» M.Bouchard ne doit pas être mécontent du résultat final du congrès: il a l’air d’un vrai modéré qui a terrassé les purs et durs.«C’est une farce, évidemment, écrit le subtil Coyne.Si le point de vue de Bouchard — et de ses partisans, dont Camille Laurin — représente désormais la ligne modérée, où sont les marginaux lunatiques?» Il ne faut pas sur-estimer le conflit pé-quiste.Le seul langage dont le PQ fait la promotion, c’est celui de l’opportunisme, en vue d’attirer les indécis dans le camp séparatiste.«C’est un parti morose et démoralisé qu’il [Bouchard] dirige, ajoute Coyne, dépouillé de ses idéaux mais non de ses illusions.Il fut un temps où le PQ avait des principes, loufoques, bien sûr, et fort répugnants, mais des principes quand même [.] L’impression qui reste du congrès est celle d'un parti qui s'est prostitué, et qui le savait; qui a succombé à l'appât électoral de Bouchard: qui a assimilé sa souplesse illimitée.Le moment venu, ils lui feront la peau vivant.» Message embrouillé que celui du PQ, opine The Toronto Star en éditorial.D’un côté, les vues modérées de Bouchard sont les bienvenues; de l’autre, elles ne sont que tactiques.Car son but est le même que celui des purs et durs: sortir le Québec du Canada.La seule différence porte sur les meilleurs moyens d’y, arriver.A la fin du congrès, Bouchard s’est d’ailleurs réjoui du pas de géant vers la souveraineté, ensemble.«Pour le reste du pays, ce ne sont pas des paroles rassurantes.» Dans le même quotidien torontois, la columnist Rosemary Speirs exprime, de Québec, un point de vue semblable.«Les délégués ne se perdent pas en subtilités.Ils veulent gagner le prochain référendum, peu importe comment.Ils demandent même au gouvernement d’abaisser l’âge du droit de voter à 16 ans, par- René Lévesque, et que Bouchard en a subi un traitement de choc.11 doit faire de vrais choix et ne peut se contenter de menacer de démissionner ou de faire des élections.«Vous ne pouvez crier au loup trop souvent.Il se rend compte, comme Lévesque, que diriger le PQ est comme dompter un tigre.Vous ne savez pas ce qui est le pire: le monter ou le démonter.» Mêmes sons de cloche dans l’Ouest.Le danger menace toujours, écrit The Calgary Herald, à quoi fait écho The Edmonton Sun: Plus dangereux que jamais, le PQ sous Bouchard.Il ne faut pas sous-estimer l’habileté du chef séparatiste, opine-t-on à Calgary.La division séparatiste n’est qu’apparente et la cohésion reste solide.«Les fédéralistes ne doivent pas oublier que ce qui unit tous les membres du PQ, c'est leur détermination à détruire le Canada.» «Voici un homme dangereux pour le Canada, renchérit-on à Edmonton.Bouchard est plus déterminé que Lévesque et plus crédible que Parizeau.Et pour bien des Québécois ordinaires, sa crédibilité est sortie renforcée de la bataille du congrès.Et si l’économie québécoise se relève, la séparation sera à la portée de sa main.» JACQUES NADEAU.LE DEVOIR Gilles Duceppe et Lucien Bouchard, au Congrès du Parti québécois. A 14 I, !•: I) K V OIK.I.K S SA M K I) I II O \ O V K M li II K K ï I) I M A X C II K I I) K C K M II II K I II II (i E D I T 0 R I A L Le produit maudit Jean-Robert Sans façon Entre les droits des fumeurs et ceux des non-fumeurs, entre la liberté d’expression commerciale des fabricants et la responsabilité de l'État à protéger la santé publique, le consensus reste impossible.Et l’arbitrage politique, plus nécessaire que jamais.Le tabac tue, ce qui devrait suffire à l’interdire complètement.Ah! si tout était si simple! a lutte au tabagisme est lune des plus difficiles qu’on puisse mener.La vaste majorité des vieux fumeurs connaissent les dangers de leur habitude et rêvent de trouver un moyen magique d’y mettre fin avant qu’il ne soit trop tard.Quant aux jeunes fumeurs, immortels à 15 ans et convaincus de n’avoir qu’à le décider pour cesser de fumer, les voilà piégés après seulement quelques années de consommation.Parce que le tabac est une drogue qui procure une sensation de détente certaine, voire de jouissance indicible, l’abandonner est aussi déchirant que de tuer son vieux chien malade pour le soulager.On s’attache à ce rouleau d’herbe séchée joliment empaqueté, compagnon de la pause-café et de la fin d’un bon repas.Voilà pour la psychologie.Passons.Le tabac tue.«Il tue chaque année trois fois plus de gens que ne le font les accidents d’automobile, les suicides, la toxicomanie, les meurtres et le sida réunis», rappelle Santé Canada.Un jour, ce sera son tour.Comme à la roulette russe.Les maladies du tabac coûtent des milliards en soins de santé, réduisent l’espérance de vie et surtout la qualité de vie plusieurs années avant la mort.Faute d’interdire la vente d'un produit aussi nocif, ce qu’aucun gouvernement n’hésiterait à faire s’il s’agissait d’un nouveau produit, les autorités en santé publique tentent de prévenir et d’influer sur les habitudes de consommation des uns et sur les stratégies de vente des autres.Deux projets de réglementation, l’un à Ottawa et l’autre à Québec, proposent de trancher dans le vif.Après la décision de la Cour suprême de rendre inopérante l’ancienne loi fédérale qui interdisait toute publicité, Ottawa revient à la charge avec une batterie de mesures sévères, certes, mais mieux ciblées.Interdiction de promotion sur les panneaux publicitaires, les kiosques à journaux, à la radio et à la télévision; interdiction d’utiliser le nom ou le logo d’un produit du tabac pour la vente de produits qui s’adressent aux jeunes ou qui associent la cigarette à un style de vie (comme les vêtements de sport).Par contre, les fabricants pourront continuer d’annoncer leurs produits dans les magazines destinés aux adultes, une réponse à la Cour suprême qui jugeait excessif d’empêcher les fabricants «d’informer» le public.De plus, Ottawa se donne le pouvoir de juger du contenu de l’information diffusée par les fabricants et même de fixer des normes de production, ce qui est nouveau.Ira-t-on jusqu’à obliger les compagnies à fabriquer du tabac sans effets de dépendance?La loi le permettra, avant la technologie.Le tabac n’est pas encore classé dans la liste des médicaments et drogues, mais pas très loin.Parmi les autres mesures envisagées, il y a, bien sûr, la légère hausse des taxes qui fera grimper le prix d’un paquet de cigarettes à 3,55 $, un niveau qui le rend moins accessible aux jeunes sans risquer de relancer la contrebande.Tant mieux si cela rapporte quelques millions, car voilà une des rares taxes vraiment utiles.Curieusement, la section du projet qui suscite le Les fabricants gardent la possibilité et la responsabilité de soutenir les arts et les sports plus de remous touche à la commandite d’événements sportifs et culturels.Hier encore boudés méthodiquement par les fabricants de tabac, les organismes culturels sont aujourd’hui devenus les plus ardents défenseurs de la publicité du tabac.Comme l’argent change les idées! Avait-on assisté à une telle montée d’adrénaline lors de l’interdiction de la publicité du tabac à la télévision et dans les magazines?Ou quand on a interdit la publicité destinée aux enfants aux heures de grande écoute?Pourtant, s’il est une industrie qui rit de la publicité, c’est bien celle des médias.Ce n’est pas par conviction, mais pour profiter d’une faille dans les lois que les fabricants de cigarettes se sont lancés dans le mécénat au profit de certains événements artistiques.Pas tous, soit dit en passant, que les plus rentables pour la promotion du tabac.Dans certains cas, ils ont même su devenir indispensables, transformant leurs nouveaux amis en alliés inconditionnels.Les organisateurs de ces événements en ont profité, on ne peut pas les en blâmer, mais on peut leur signaler au passage que d’avoir ainsi placé le sort de leurs organisations dans les mains d’entreprises reconnues pour être aussi peu scrupuleuses socialement, cela tenait du pacte avec le diable.Cela dit, on ne réécrit pas l’histoire.À cause du haut niveau de dépendance dans lequel certaines grandes manifestations sont plongées, le passage progressif à la diversification dans les sources de financement devra se faire avec la collaboration des gouvernements, et surtout celle des fabricants de cigarettes.Ces derniers en ont la responsabilité, et ils le savent.D’autant qu’ils doivent aussi reconnaître que la nouvelle loi leur laisse encore beaucoup de place pour se faire voir lors de grands événements culturels ou sportifs.Plus là que n’importe où ailleurs désormais.Si les fabricants choisissent de se retirer complètement de la commandite malgré la marge de manœuvre raisonnable qui leur est laissée, ce n’est pas le gouvernement qu’il faudra accuser, mais les fabricants pour avoir fait du chantage aux dépens de leurs protégés d’un jour.Du côté provincial, on ne connaît pas encore les détails de la politique du ministre Jean Rochon dont Le Devoir livre ce matin quelques grandes orientations en exclusivité.On en sait tout de même suffisamment pour prévoir que les réactions seront vives parce que cette politique s’attaque non pas aux compagnies, mais directement aux habitudes des fumeurs et ce, jusque dans leurs retranchements les plus intimes que sont les bars et les restaurants.Attendons avant de commenter le projet du Dr Rochon, tout en souhaitant que sa politique laisse chaque fois une porte ouverte pour les fumeurs.Que ce soit sous la forme de salons ou de sections fermées et réservées, au travail, dans les bars et dans les restaurants.Car la lutte au tabagisme, comme toutes les autres batailles qui n’ont que de l’avenir, ne doit pas tourner à la chasse aux sorcières.Les non-fumeurs ont le droit le plus strict de travailler, de manger et de s’amuser dans des lieux exempts de fumée de cigarette, cela est devenu incontournable.Par contre, les fumeurs ont aussi le droit au plaisir, quand cela se passe strictement entre adultes consentants.Éducation et projet de société La décision de la ministre de l’Education, Pauline Marois, d’inscrire une pénalité aux étudiants qui s’éternisent sur les bancs de cégep en échouant aux examens est tout à fait justifiée.Il est temps de responsabiliser les jeunes à la réalité de la participation collective aux frais des études.Cependant, on ne peut prendre une telle décision sans s’assurer de la qualité de l’enseignement qui leur est offert Les professeurs sont reliés directement dans un partenariat au succès ou à l’échec de leurs étudiants.Le contrôle de la qualité est un peu une quadrature du cercle actuellement Il faudrait éviter à tout prix de confier ce dossier çiux «ronds de cuir» du ministère de l’Éducation qui en feraient assurément un long dossier à remplir qui n’apporterait ni soutien, ni solution.La qualité de l’éducation: le véritable enjeu non seulement de l’éducation, mais de tout un projet de société.Pierrette Lavoie-Sainte-Marie Brassard, 23 novembre 1996 Les infirmières et infirmiers Dans la rubrique «A propos.», Le Devoir du 9 octobre 1996 rapporte que le nombre d’infirmières diplômées est de près de 36 700 au Québec.Or, il ne s’agit pas du nombre d’infirmières diplômées mais plutôt d’une statistique agrégée portant sur le nombre d’ETP (équivalent a temps plein).Il est vrai que cette information est formulée de manière ambiguë dans le document dont elle est extraite textuellement: Fiscalité et finance- LETTRES -4- ment des services publics, gouvernements du Québec, 1996.Une statistique du ministère de la Santé et des services sociaux fixe le nombre d’emplois à 56 234 pour l’année financière 1994-1995.Ce sont ces 56 234 emplois occupés par autant d’infirmières diplômées qui, convertis en ETP (équivalent à temps plein), représentent 36 700 ETP.Autrement dit, il y a présentement beaucoup plus d’infirmières que de postes à temps plein, soit 1,5 infirmière par ETE L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, qui maintient le registre pour l’exercice de la profession au Québec, dénombrait 66 715 infirmières en 1995.De ce nombre, 56 076 infirmières (p.14 du document Statistiques relatives aux infirmières et infirmiers inscrits au tableau au 31 mars 1995) avaient un emploi dans le secteur public de la santé et des services sociaux, ce qui est assez près des statistiques du ministère.Les autres infirmières travaillaient dans diverses institutions publiques ou privées comme les maisons d’enseignement, les bureaux de santé en industrie ou les cliniques médicales Guylaine Chabot Ordre des infirmières et infirmiers du Québec Montréal, 12 novembre 1996 La consommation excessive Noël approche à grands pas, des millions de consommateurs vont se ruer dans les magasins pour acheter des cadeaux à ceux qui leur sont chers.de quoi relancer notre économie stagnante! Un sommet socioéconomique tente de trouver des solutions pour créer des emplois.Iü banque centrale baisse les taux d’intérêt et le discours dominant de la guerre déclarée contre le déficit fait son chemin.Tout semble donc être sur la bonne voie selon le plan économique dicté par l’économie mondiale, mais à quel prix?Le Devoir du 18 novembre affirmait qu’environ 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation.De nombreux scientifiques estiment que plus de cinq espèces animales et végétales disparaissent à l’heure.Des activistes se battent pour sauver les 15 derniers kilomètres carrés de forêt vierge existant encore au Nouveau-Brunswick.Pendant ce temps, le gouvernement du Québec parle de déréglementation environnementale à droite alors qu’il prêche pour le développement durable à gauche.Et nous, nous achetons des cadeaux et de nouvelles autos, toujours pour relancer l’économie et créer des emplois.Le prix des biens de consommation que nous nous procurons chaque jour ne reflétant pas leur coût réel (car ils ne tiennent pas compte de l’impact sur l’environnement), nous finançons la réduction de notre dette économique par une dette environnementale bien plus grande.Hier était la journée internationale de la lutte contre la surconsommation.Au cours de cette journée, de nombreux regroupements de citoyens, soucieux de l’avenir de la planète, demandent un moratoire de 24 heures sur tout achat de biens de consommation.Une occasion pour nous tous de réfléchir à l’impact de nos décisions quotidiennes de consommation.Après tout, lorsqu’il n’y aura plus de déficit et que notre économie sera assez concurrentielle, restera-t-il encore des «ressources à consommer»?Nicolas Drouin Hull, 25 novembre 1996 fi W MÂi/y/TiÊNT.Ni A/i Î>1> flÆ.AKfTît Du démembrement aux itinérants If Àl.e gouvernement a annoncé la semaine dernière la mise en place de mesures alternatives (sic) relatives à la présence du Québec à l’étranger.C’est la plate confirmation, noir sur blanc, qu’au Québec, désormais, «nous devons avoir les ambitions de nos moyens», selon les termes mêmes du ministre responsable (?), Sylvain Simard, fin mars dernier.Pitoyables «reconfiguration» et «redéploiement» d’une humble politique internationale qui a, lentement et péniblement, pris son essor depuis 35 ans, sombrant, brusquement, dans les voies misérabilistes de l’itinérance.Si haut de gamme soit-elle, c’est ce dont il s’agit, en effet, quand on gratte le vernis des euphémismes, du cosmétique et de la langue de bois qui n’a de diplomatique que le nom.Que ce soit un gouvernement souverainiste — dirigé par un ancien ambassadeur du Canada en France — qui se rende coupable de ce tragique démembrement ne le rend que plus déplorable, navrant et funeste à tous égards.En dépit des quolibets d’adversaires à courte vue, Jean Lesage n’en avait pas moins mis en œuvre ce que d’aucuns décriaient comme une «folie des grandeurs».Les uns après les autres, ses successeurs ont étendu ce réseau essentiel, ouvert des fenêtres, tissé des liens avec l’étranger, sur les cinq continents, en passant par le triangle inévitable de Paris, Londres et Washington.Certes, les moyens n’ont jamais été à la hauteur, la grisaille des petits pas a été plus lourde que les quelques gestes d’éclat, et la politique internationale du Québec reste bien fragile et aléatoire.(Comme le fait bien ressortir Luc Bernier dans un livre récent: De Paris à Washington, aux PUQ).Mais il y en avait une, au moins, maintenue avec ténacité.Voilà que, à cause des difficultés budgétaires, la toile patiemment tissée se rapetisse comme * Gilles Lesage une peau de chagrin.Et après avoir actionné la tronçonneuse, le printemps dernier, on fait du rapiéçage.Avec l’aide de «bénévoles» et de «partenaires», soudainement investis de missions particulières.Et 1’affligeânte itinérance devient une vertu noble.Comme si la bonne volonté et la médecine palliative pouvaient suppléer à l’implantation patiente d’un réseau et à l’expérience diversifiée des spécialistes.Longue vie aux expédients, aux parades et aux chrysanthèmes! Quelles sont donc ces «alternatives» si mal nommées, que même le brillant docteur Sylvain Simard n’a pas osé traquer dans leurs derniers retranchements?En mars dernier, le gouvernement sabrait brutalement dans 12 de ses 22 délégations à l’étranger (n’épargnant que six délégations, soit Paris, Bruxelles, Londres, New York, Mexico et Tokyo, et quatre bureaux au Canada), dans le but d’épargner sept millions cette année, et six autres millions l’an prochain.Ce démembrement, triste saut dans le vide, d’abord pour les représentants et les employés mis à pied sans délai, n’était compensé ou atténué par aucune solution de rechange.Mais on nous promettait des initiatives inédites.Même les plus ardents promoteurs du péquisme ont grommelé, inquiets des effets dévastateurs de ces amputations.Les fichues «alternatives» sont venues durant l’été, puis la semaine dernière, enrubannées de sophismes et d’euphémismes.On nous a d’abord annoncé, sans rire, que dans quatre grandes villes américaines, les représentants du Québec seront logés, non plus aux frais de la reine, mais aux dépens de la Banque Nationale du Canada et de ses aimables directeurs locaux.Point de problèmes à l’horizon, point de conflits d’intérêts, les banquiers vaquant à leurs affaires et laissant les fonctionnaires québécois à leur politique.Seuls les puristes s’étonnent de cet étrange mariage de raison, bien peu convenant, qui se pratique de plus en plus, assurent le vice- premier ministre Landry et ses thuriféraires.Mais on n’était pas au bout de nos surprises.Comme pour mieux dorer la pilule à quelques délégués inquiets —juste avant le congrès de la semaine dernière —, les ministres Simard et Rita Dionne-Marsolais ont annoncé, avec ravissement, qu’ils avaient réussi la quadrature du cercle.Les délégations et bureaux fermés en avril restent démembrés.Mais, depuis Qué1 bec, telle l’hydre fabuleuse, des mis1 sionnaires itinérants propageront dé! sonnais la bonne nouvelle québécoise, aux quatre coins du globe.Ai1 mables retraités en bonne forme, ou fonctionnaires rompus aux arguties diplomatiques, ils se dépenseront, bénévolement, pour la bonne cause qui est la nôtre, et pour nos entreprises, et pour le tourisme, alouette! Qu’on nous présente comme une brillante initiative ce qui est un expédient; qu’on fasse miroiter ce pis-aller comme une panacée bénéfique, il y a de quoi rester pantois.La crise budgétaire est-elle si terrible qu’il faille démanteler des pièces de la maison pour se chauffer?Gouverner en charcutant?Si tel est le cas, je ne vois pas pourquoi le gouvernement s’arrête en si bon chemin.Et avant de continuer à démolir notre maigre patrimoine, il devrait le mettre aux enchères.Par exemple, au lieu de se contenter d’être hébergés par la BN aux USA, nos représentants ne pourraient-ils pas aussi faire affaire avec la Banque Royale ou, mieux encore, avec la Banque de Montréal?Et Desjardins, alors?Quant aux itinérants bénévoles, on risque vite de les acculer à la faillite si on ne vient pas sans délai à leur se-i cours.Pour alléger leur fardeau, né pourrait-on pas les commanditer: Air Canada pour le transport, Holiday Inn pour le gîte et McDonald’s pour le couvert?On est international, oui ou non?Encore mieux.Ulcérés, les fabricants de tabac vont bientôt laisser tomber les festivals.Que les boucaniers se portent vite au secours, écran de fumée pour écran de fumée, de nos chers itinérants bénévoles.La patrie leur en serait éternellement reconnaissante.A PROPOS -*- .du financement des villes-centres On ne peut pas prétendre que les problèmes de compétitivité et de fardeau fiscal local élevé dans les villes-centres soient uniquement attribuables aux non-résidants qui profitent des services offerts par les villes-centres sans payer leur juste part du coût de ces services ou bien au développement des banlieues.D’autres facteurs tels la rémunération élevée des employés municipaux et le fait que les immeubles du secteur public ne soient pas pleinement assujettis à la taxation foncière expliquent également une partie «de leurs problèmes.À la suite des représentations qui lui ont été faites, la Commission est néanmoins d’avis que les villes-centres font face à des difficultés particulières qui réclament des interventions spécifiques de la part du gouvernement.Dans le cas de la métropole et de la capitale, la Commission croit d’ailleurs que la situation nécessite des actions à court terme.En conséquence, afin de rééquilibrer le partage du financement des services et équipements municipaux offerts par Montréal et Québec, qui sont utilisés par les citoyens de l’ensemble de la région mais financés uniquement par leurs contribuables, la Commission recommande d’introduire une taxe régionale spéciale.Rapport de la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics, Québec, 1996.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSON NETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTE AUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9' étage, Montréal (Québec) USA 3M9.Tel.: (514) 985-333.) FAIS CE QUE DOIS I.K I) !•: \' I) I H .I.K S S A M K I) I II II X (I V I- M II II K Ë T I) I M A X ( Il V.I I).K C K M II II K I il il li A 15 I) E E S Le projet des Journées nationales de la culture La culture est un bien collectif La démocratisation culturelle est d’une brûlante actualité même si la crise de l’emploi fait rage et que le système d’éducation subit les coups de butoir des compressions SIMON H R Ali LT Directeur administratif de l'École nationale de théâtre.Il était responsable des activités culturelles au comité d’orientation du Chantier de l’économie sociale dirigé par Nancy Neamtan uelques mois avant la tenue du récent Sommet sur l’économie et l’emploi (alors baptisé m o i n s pro saïq u e m e n t «Sommet sur le devenir économique et social du Québec»), une trentaine de représentants des conseils disciplinaires et des organismes qui encadrent la culture professionnelle au Québec se sont réunis sous les auspices du Chantier de l’économie sociale.L’omniprésence des organismes sans but lucratif dans l’ensemble du secteur culturel, du théâtre à la danse en passant par les arts visuels ou les organisations de défense du patrimoine, et le rôle déterminant que ces organismes jouent dans le continuum qui relie la formation, la recherche, la création, la production et la diffusion justifiait de prime abord cette rencontre inusitée des milieux culturels au sein du nouveau château fort de l’économie sociale.Par ailleurs, le discours critique de Nancy Neamtan à l’endroit du credo néolibéral permettait la défense du préjugé favorable à la culture qui marque la société québécoise et l’action gouvernementale depuis une trentaine d’années.Tout en affirmant d’emblée que l’enjeu culturel ne saurait être confiné au champ de l’économie sociale, les représentants du secteur culturel ont convenu de présenter un projet commun qui a été unanimement accepté par le comité d’orientation du Chantier de l’économie sociale.Le projet des Journées nationales de la culture (JNC) a donc été présenté au Sommet.Au point de presse, j’avais à mes côtés la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, et je président du l’Union des artistes, Serge Turgeon, qui ont soutenu le projet en invo- quant, dans un cas, la mission culturelle de l’Etat, et dans l’autre cas, l’importance des organismes sans but lucratif dans l’écosystème de la culture au Québec.La légitimité sociale de la culture Le projet des JNC est une réponse à une crise larvée que d’aucuns décrivent comme une perte de légitimité sociale de la culture, perte provoquée par la remise en question de l’aide gouvernementale (pourtant essentielle dans notre contexte), par la tiédeur et la sélectivité intéressée de l’aide privée et par la désaffection (encore mal diagnostiquée) des publics.La perception de la culture comme bien public pourrait être fragilisée davantage par la montée des exclusions sociales qui se traduisent, notamment, par l’exclusion de la participation à la culture professionnelle.On sait que 20 % des Québécois ne fréquentent ni lieux de spectacles professionnels, ni établissements culturels.On constate par ailleurs qu’à peine 20 % de la population participe régulièrement à la culture professionnelle (en excluant la télévision et le cinéma).Les facteurs qui expliquent les habitudes culturelles sont multiples et les corrélations ne sont pas simples à établir.On constate cependant que le degré de scolarisation, l’âge et le fait d’être ou non actif dans le système économique sont les facteurs déterminants.Même si elle n’est pas une panacée, la question de la démocratisation culturelle est d’une brûlante actualité alors que la crise de l’emploi fait rage et que le système d’éducation subit les coups de butoir des compressions budgétaires.Démocratisation culturelle Les Journées nationales de la culture pourraient devenir le fer de lance d’un mouvement durable de démocratisation culturelle.Les JNC doivent être à la fois une vaste opération d’éducation culturelle, d’appropriation de la culture par les citoyens et de «désenclavage» du milieu culturel professionnel.Cette initiative doit être soutenue par l’Etat ainsi que par le secteur privé qui a objectivement intérêt à maximiser les retombées de ses dons ou de ses commandites.Il faudra bien sûr éviter les dérapages.THE NEW YORK TIMES ï'Æm Ainsi, il ne faudrait pas que les JNC prennent la trajectoire d'une simple opération de marketing destinée à augmenter la vente de billets à court terme, bien qu’un tel résultat ayant un impact positif sur l'emploi dans le secteur culturel soit évidemment souhaitable.Manifestation thématique Nous inspirant des «Journées européennes du patrimoine» organisées chaque année simultanément dans 34 pays et qui mobilisent des dizaines de millions de citoyens, nous définissons les contours des JNC de la façon suivante: ¦ participation volontaire des associations et des entreprises culturelles sur tout le territoire du Québec: ¦ utilisation d’une signature (logo) des JNC permettant d’identifier toutes les activités et de repérer visuellement les centaines de lieux où elles prennent place, ce qui ne peut qu’illustrer-de façon éclatante l’importance de la culture dans le paysage québécois; ¦ choix d’un thème commun.Le thème de la première édition pourrait être: «La culture, un bien collectif»; ¦ programmation d’activités dites «hors les murs» et de «portes ouvertes».Par les activités «hors les murs», on cherchera à investir des lieux qui ne sont pas traditionnellement ou obligatoirement des lieux culturels.Il s’agit du volet de la programmation qui nécessite le plus d’imagination et d’organisation, mais c’est là que le sens des JNC, que leur originalité et leur utilité devraient s’exprimer avec le plus de force.Il faudra compter sur un véritable accueil des écoles, des garderies, des organismes so-ciocommunautaires, des syndicats, des entreprises privées à qui des activités taillées sur mesure seront proposées afin de permettre aux citoyens un contact original et, espérons-le, conséquent avec les arts et la culture dans leur environnement quotidien.Les «portes ouvertes» à la grandeur du territoire du Québec prendront une couleur différente du simple fait de la quantité et de la variété des lieux culturels et patrimoniaux susceptibles d’ouvrir leurs portes en même temps.Si la tendance se maintient, les premières Journées nationales de la culture se dérouleront à l’automne 1997.Peut-on modifier les facultés de sciences de l’éducation ?Depuis 1962, les procès successifs de ces écoles n’ont jamais entraîné les changements qui y sont requis À la suite de l’affaire Jean-Louis Roux La chasse aux sorcières de l’organisation B’nai Brith L’acharnement contre Lionel Groulx vise à travers lui tout le mouvement nationaliste canadien-français BERNARD JASMIN Ex-professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval u début de la réforme de l’éducation, on a aboli les écoles normales et on a fait en sorte que les collèges classiques disparaissent peu à peu.Ces décisions ont entraîné de fâcheuses conséquences qui devraient nous empêcher de recourir à des mesures radicales.A Dans un essai traitant de l’éducation publié chez Guérin en 1994, j’ai donné mon opinion sur ces facultés et rien ne justifie d’en changer.Dans le même écrit, je rappelle qu’en 1962, un groupe de professeurs de l’ex-école normale Jacques-Cartier avait rédigé un rapport concernant la réforme des écoles normales pour l’enseignement au primaire.Le 15 mai de la même année, nous fûmes invités à le présenter lors d’une séance de la Commission royale d’enseignement.Nous étions conscients que les circonstances avaient conduit ces institutions à dépasser leur mandat initial et nous concevions que la formation des enseignants du secondaire devait être confiée aux universités qui, seules, pouvaient répondre adéquatement au besoin de connaissances propres à ce niveau.Nous avons appris en lisant le rapport Parent ce qu’il advenait de la formation des maîtres.Ix> rapport de la Commission des Etats généraux sur l’éducation passe sous silence la formation des maîtres, ce qui laisse entendre qu’aucune réforme n'est nécessaire ou encore qu’il n’était pas dans leur mandat de porter des jugements sur une des composantes des universités.Dans un article publié dans Le Devoir, Jean Larose, en attaquant vivement les facultés de sciences de l’éducation, a osé proclamer une pensée partagée par plusieurs; c’est l’occasion de rappeler que ce n’est pas la première fois qu’on fait le procès de ces facultés sans que cela entraîne de changements.Pédagogisme et cognitivisine Après plus de 25 ans, on doit se demander si l’une ou l’autre de ces facultés pourrait envisager des modifications.Quand, en 1962, des professeurs proposèrent une réforme, ils réagissaient contre le pédagogisme qui avait envahi les écoles normales et ils pouvaient mesurer les La notion de société cognitive est une utopie, un deus ex machina pour justifier les recherches en éducation changements nécessaires.Les nouvelles institutions ont intensifié les déviations antérieures en y ajoutant d'autres «ismes», le tout coiffé de la dénomination pompeuse de «sciences de l’éducation».Il est possible d’imaginer que certains professeurs rêvent d’apporter d’importants changements, mais rien ne le suggère dans l’article publié dans Le Devoir du 6 novembre dernier par deux professeurs du département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal.Cet article se veut une réponse aux propos de Jean La-rose qui proposait d’abolir ces facultés, celles-ci étant, selon lui, la source de tous les déboires de l’école.L’auteur se moque de la psychologie cognitive, des processus cognitifs et tutti quanti, doit-on lui donner tort?Moi qui ai été de nombreuses années professeur en sciences de l’éducation, je suis plus que sceptique devant ces affirmations relatives à la psychologie cognitive; ce que je sais, c’est qu’on ne forme pas les maîtres au moyen de quelques leçons de psychologie cognitive, et il est plus que probable que le temps consacré à ingurgiter des notions approximatives de cette discipline soit du temps volé à ce qui est essentiel à la formation d’un enseignant.Il n’y a pas si longtemps, on donnait des leçons sur les travaux de Piaget et je ne sache pas que ces cours aient amélioré la pratique de l’enseignement.Dans le même article, je lis ce qui suit: «Les tendances qui se dessinent vers une société cognitive.» Je sursaute avant de hausser les épaules et je m’étonne de tant de crédulité.De l’illustre mouvement du développement de la science et de la philosophie des Lumières a surgi l’idée du progrès de l'humanité; personne ne défend aujourd’hui ce qui était devenu au XIX' siècle le dogme du positivisme.Cette conception était plus vraisemblable que cette notion infondée de société cognitive, et pourtant les faits l’ont invalidée.Ce serait de l’aveuglement que d’accorder le moindre crédit à cette utopie.J’enrage à l’idée que l’on puisse raconter de telles sornettes aux étudiants.J’incline à penser que cette notion est un deus ex machina pour justifier les recherches en éducation! L’article des deux professeurs ne répond en rien aux propos du professeur Jean Larose sur l’incompétence de ces institutions à former adéquatement les futurs enseignants; ce glissement confirme le malaise de ces facultés.JEAN-MARC LÉGER Directeur général du Centre de recherche de la Fondation Lionel-Groulx ecourant allègrement au R terrorisme intellectuel et à l’amalgame, pratiques habituelles des régimes et des idéologies totalitaires l‘ ¦¦¦ ¦ —qu’ils dénoncent par ailleurs, les excités du B’nai Brith s’acharnent contre Lionel Groulx mais en vérité, à travers lui, contre le nationalisme canadien-français et contre le Québec français.Cet organisme prétentieux (qui correspond à l’extrême droite israélienne, dont on connaît la pratique en matière de droits de l’homme), donneur de leçons et grand inquisiteur par excellence, exploite la grotesque et pénible affaire Jean-Louis Roux — qui bat sa coulpe sur la poitrine de ses compatriotes — pour relancer sa campagne haineuse à l’encontre à l’abbé Groulx.Dans la foulée de l’épisode ubuesque de l’éphémère vice-roi, les chasseurs de fausses sorcières du B’nai Brith vont jusqu’à demander à la Ville de Montréal de «débaptiser», si l’on peut dire, la station de métro Lionel-Groulx.L’organisme recommande de donner à cette station le nom de «Cardinal-Léger», ce qui ne manque pas de saveur, car le cardinal fut, jeune prêtre, un disciple de Groulx, en est resté l’ami et en a fait un vibrant éloge à plusieurs reprises.On ne peut dire d’un écrivain, d’un historien, d’un intellectuel en général qu’il est socialiste ou fasciste — ou tout autre «iste» — que s’il s’agit là d’une dominante de son œuvre et de son action, un thème important et récurrent.Or, dans les ouvrages de Groulx (plus d’une vingtaine de titres, en plus du maître-ouvrage L’Histoire du Canada français), c’est-à-dire l’essentiel de son œuvre, on ne trouve pas une phrase que l’on puisse associer à l’antisémitisme.C’est dans son activité d’homme engagé, de polémiste, que l’on peut relever, il est vrai malheureusement, quelques passages qui peuvent prêter flanc à des accusations d’antisémitisme.Mais cela est infinitésimal dans son œuvre immense d’historien, d’éducateur, d’éveilleur.Ajoutons qu’à moins de consentir à l’anachronisme, on ne peut interpréter sérieusement les propos et les textes d’une époque donnée que dans le contexte global de cette époque.Homme de progrès Si l’on faisait le compte des intellectuels qui, de l’Antiquité à nos jours, ont eu des propos «antisémites» ou assimilables (et bien plus virulents, souvent, que ce qu’on impute à Groulx), on n’en finirait plus de débaptiser places, avenues, édifices, de clouer au pilori, d’expurger, de dénoncer.D’un autre côté, il importe de rappeler, entre beaucoup d’autres choses, que Groulx a qualifié l’antisémitisme d’attitude «anti-chrétienne».Il a cité à de multiples reprises les juifs en exemple à ses compatriotes: exemple de persévérance, de solidarité, d’acharnement au travail, etc.Il a même invité les siens «à posséder comme les juifs leur âpre volonté de survivance, leur invincible esprit de solidarité, leur impérissable armature morale».Plutôt flatteur comme portrait.Il a rappelé un jour que «nous, chrétiens, sommes en un sens spirituellement des sémites».Homme de progrès autant qu’homme de fidélité.Groulx a.par exemple, été l’un des premiers à sou- haiter l’action de l’Etat pour la libération économique du peuple canadien-français, le premier à faire mener en 1922 une grande enquête sur «notre situation économique».Il a été l’un des créateurs de notre Ecole des hautes études commerciales, comme d’ailleurs l’un des fondateurs, avec Victor Barbeau, de l’Académie des lettres du Québec.Bref, Groulx a été l’un des prophètes de notre Révolution tranquille et l’un des artisans du réveil du Québec.Il nous a «donné une carte d'identité et rendu une patrie», comme a dit Victor Barbeau, cependant que René Lévesque écrivait de lui, en 1977: «Ce Québécois, dont la victoire principale fut de redonner assez de fierté à assez de Québécois pour qu ’on doive le tenir pour l’un des principaux semeurs de la moisson d’avenir qui lève aujourd’hui au Québec.» Comment mieux conclure que par ce propos du cardinal Iœger, en mai 1967 (lors des obsèques): «La voix du chanoine Groulx aura réveillé une génération endormie et frappé de plein fouet les hésitants, les indécis et les incrédules [.] L’affection et l’admiration nous ont convoqués, ce matin, autour de la dépouille du défunt et notre prière l’enveloppe tendrement.» Voilà qui fait justice de la campagne de diffamation engagée depuis de nombreuses années contre la mémoire de Groulx, relayée et relancée par le B’nai Brith (heureusement non représentatif de l’ensemble de la communauté juive) et dont l’acharnement ne fait que souligner la place capitale de Groulx dans l’évolution du Canada français et dans le devenir du Québec français.Groulx a qualifié l'antisémitisme d’attitude «antichrétienne» L’ÉQUIPE I)U DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine: Ijonis t.apierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Jean Chartier.Jean Dion.louis-Gilles Franorur.Kathleen Ijevesque.Caroline Mnntpetit.Brian Myles.Isabelle Paré.Clément Trudel.Serge Truffaut; Diane IWcourt (pages éditoriales responsable dis pagis thématiques): Martin Dudos et Christine Duntazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes): à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon.IVrre Cayouette.Pauli- des Rivieres.Louise Leduc, Jean-Pierre Le-Kault Ik-noit Minuter ( Mile Tremblay à l'information économique: Gérard Bérubé {adjoint au directeur de l'information).Robert Dutrisac.Claude Lévesque.Jean Fichette, Claude Turcotte: à l’information internationale: Syhiane Tramier (adjointe au directeur de l'information).Francois Brousseau (éditorialiste), locelÿn Couloir A l'information politique Pierre O'Neill.Manon Cornellier {correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec>.Michel Venne {correspondant parlementaire et éditorialiste à Quebec) : à l'information sportive Yves d'Avignon: Marie-Hé-lene Alarie {secrétaire à la rédaction)- Isabelle Hachey.Marie-Claude Petit {commis), la documentation: Gilles l’arc (directeur): Brigitte Arsenault, Manon Demme.Serge lnplante {Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA Pl'BIJCITE FT IE MARKETING Martine Dube (directrice).Daniel Barbeau (directeuradjoint) Jacqueline Avril Jean tk- Bilk- Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane Ijegault.Jacques A Nadeau.Guylaine Ouelk-I.Micheline RueDand (publicitaires): Sylvie laporte.Nathalie Lemieux.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Francine Ouelk-t (secretaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (dirrrteur des approvisionnements distribution et production), Marie-Frame Turgeon (responsable de la production).Claudine Bedanl.Johanne Brunet.Danielle Cantata.Richard Des Cormiers.Mariejosée Hudon.Syh-ain Lesage.Christian Men.Olivier Zuida.SERVICE À LA CIJKNTFJE Johanne Brien (responsable) Evelyne Labonté {responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchetto-Turcotte.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.RacheDe Icck-rc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contnïlrur).Dany Depatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel Iresponsable des services comptables), Jeanncd'Arc Boude {secrétaire à la direction): Céline Fumy.Ghislaine Lalk-ur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).L\ FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture {président).Roger Boisvert (rice-pré-sidrnt exécutif et dirrrteur générât). A Hi I.K I) !¦: V I) I II .I, K S S A M K I) I :s U N 0 V K M |î || K V.| I) I M A N ( Il K I I) V.(' K M II II K I II il II K Il ?LE " ?-1 Aomumîs .V ** Voir Port-au-Prince t PATRICE DOUCE REUTERS C’ETAIT hier le dernier jour de la période de trois semaines que s’était fixée l’administration haïtienne pour mettre au point l’éclairage des rues dans Port-au-Prince.On voit ici le caporal Simon Blanchet, du Québec, qui fait partie de la mission onusienne de maintien de la paix en Haïti, en train d’effectuer une réparation dans le cadre de cette opération.À LIRE LUNDI Le médium du message Dans le milieu de la publicité, la concentration de la propriété des stations de télévision prjvées francophones fait peur.A un point tel que les pros de la pub brandissent maintenant le flambeau de l’an-ticoncentration.Pierre Dela-grave (ci-contre), le gourou des médias chez Cossette, l’expert en communication-marketing et le fondateur d’Impaçt Recherche, attache le grelot A lire lundi dans «L’Entrevue».Jouez avec Le Devoir Pour certains exemplaires de la présente édition, une erreur s’est produite lors de l’encartage.Vous devrez remplacer la feuille des pages D 11 et D12, qui se retrouve dans le cahier B, par la double page B11 et B12, qui a glissé dans le cahier D.Nous nous excusons de cette inversion.Précision Un article du 21 novembre portant sur les difficultés du quotidien Le Fleuve faisait état à titre de comparaison, de la situation au quotidien La Voix de l’Est, dont un ancien administrateur soulignait la rentabilité en disant que «c’est une machine à faire de l'argent».Celui-ci, François Thouin, tient à préciser le sens de ses propos.«Ce quotidien est une entreprise de presse bien administrée qui a toujours su s’ajuster à l’évolution de son marché.En comparaison avec Le Fleuve, le quotidien de Granby est bien rentable», dit-il.Ce même article faisait par ailleurs état du tirage du quotidien Le Droit publié à Ottawa Ce journal vend en semaine quelque 34 000 exemplaires et non pas 28 000 comme nous l’avons écrit S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9.HH Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org Agenda culturel (514)985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 27845060 1-800-563-5665 Ijt Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue de Bleury.étage.Montréal, (Québec).H.1A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser le* informations publiées dans Ije Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Laval Envoi de publication — Enregistrement no 0858 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec TABAC Oppositions SUITE DE LA PAGE 1 Tous les autres lieux publics liés à l’alimentation, que ce soient les marchés, les grandes ou les petites surfaces, les commerces généraux ou spécialisés, tomberont aussi sous le coup d’une interdiction totale.Pas de blonde au bureau Plus encore, dans son état actuel, le projet de règlement rend illicite le tabac sur tous les lieux de travail, peu importe le nombre des employés.Le ministre Rochon avait déjà fait savoir cet été qu’il songeait sérieusement à réglementer la cigarette en milieu de travail compte tenu des nombreuses plaintes reçues à ce sujet.On ignore toutefois si le règlement obligera ou permettra aux employeurs de doter leurs édifices de fumoirs, comme c’est déjà le cas dans plusieurs lieux de travail.La cigarette est déjà interdite dans plu- sieurs édifices gouvernementaux mais le respect des règlements est variable selon qu’on se trouve dans un ministère, un organisme parapublic, un hôpital ou une école.Au terme de consultadons tenues l’année dernière, l’interdiction totale du tabac dans les écoles était ressortie comme un des principaux moyens d’action pour refréner le tabagisme chez les jeunes.La sous-ministre adjointe de la Direction générale de la Santé publique, Christine Colin, n’avait pas caché à l’époque que l’élimination de la cigarette dans les cours et les corridors des écoles et des polyvalentes «était fortement considérée».Dans cette même veine, le règlement peaufiné dans les officines du ministère de la Santé prévoit la mise au ban des machines distributrices, considérées comme un moyen facile pour les mineurs de mettre la main sur un paquet de cigarettes.Joint hier, l’attaché de presse du ministre Rochon, Martin Caillé, n’a pas voulu confirmer ces informations, notamment le ban total imposé aux bars et restaurants.«Tout est sur la table, on va attendre la sortie du projet avant d'en parler.Ce sera un équilibrage entre différentes choses comme le prix, l’accès aux cigarettes, la commandite, etc.», a-t-il dit.Ce dernier a toutefois confirmé que la version finale du règlement «était partie» et qu’il ne restait plus qu’à franchir les étapes d’un comité législatif et du conseil des ministres.Interrogé à savoir si le ministre Rochon placerait la barre aussi haut que la loi anti-tabac déposée jeudi par le ministre fédéral de la Santé, David Dingwall, M.Caillé a indiqué: «Nous avons notre propre stratégie mais nous tirons dans la même direction.On a le contrôle sur tous les lieux publics, mais à quel degré, c’est ce qu’on verra», s’est-il borné à dire.Le ministère de la Santé souhaite à tout prix pouvoir presser l’adoption de son pro- jet avant la fin de la session, car sinon, il lui faudrait attendre la reprise des travaux en mars pour faire adopter ses mesures antitabac.On sait que les velléités du ministre Rochon, un partisan de la «ligne dure» pour éviter le tabagisme chez les jeunes, risquent de se heurter à de fortes oppositions au sein de son propre gouvernement Déjà, la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, s’est opposée à ce que soient bannies les commandites des compagnies de tabac aux événements culturels et sportifs sans compensation financière.Ottawa vient de limiter la liberté de commandite, sans toutefois l’interdire.Le gouvernement du Québec pourrait difficilement dépasser ces balises sans risquer de nouvelles contestations judiciaires de la part de l’industrie du tabac.Les écueils juridiques maintenant passés, ce sont aux remous politiques que devra faire face le projet caressé par le ministre Rochon.ASSURANCE «Nous vivons dans l’incertitude» SUITE DE LA PAGE I moins la chance d'avoir une carte de crédit, ce que très peu de personnes atteintes ont encore», soutient Richard, un séropositif, exreprésentant des ventes pour une grosse compagnie, qui vit maintenant grâce aux rentes versées par le régime d’assurance collective de son ancien employeur.Même portrait pour Glenn Flash, 46 ans, qui n’a eu aucun signe de vie de sa compagnie d’assurance privée.«Nous vivons dans l’incertitude totale quant au mode de remboursement, j’ai déjà commencé à mettre des sous de côté pour pouvoir payer ma médication du mois de janvier», affirme ce dernier.Selon les organismes communautaires de lutte contre le sida, le gouvernement ferme les yeux sur cette situation.Rencontré le 1er novembre dernier, le ministre Rochon a été informé des impacts de l’entrée en vigueur de son programme d’assurance-médicaments sur les individus séropositifs couverts par des plans collectifs.«Certains patients ne savent que depuis quelques semaines qu’ils doivent mettre de côté 1000 ou 2000 $ pour pouvoir payer leurs médicaments en janvier.Le ministère n’a donné aucune information à ce sujet et ne prend pas ses responsabilités.Aujourd’hui, nous lançotis un cri d’alarme: agissez de façon humaine!», défend Jean-Pierre Bé-lisle, chercheur à l’École des Hautes études commerciales (HEC) et militant connu de la défense des droits des personnes vivant avec le VIH.Heureusement, certaines personnes couvertes par une assurance privée jouiront d’un mode de paiement direct.Tout comme les gens assurés par le régime public, ils n’auront qu’à payer 25 % de coût de leurs médicaments.La note restera tout de même salée, jusqu’à 400 $ par mois, pour les patients recevant le cocktail chimique d’antirétroviraux.Même pour Juliette (nom fictif), couverte par le nouveau régime public d’assuran-ce-médicaments, le coupon de caisse atteindra le plafond trimestriel de 187 $ dès quelle mettra le pied dans la pharmacie.«je ne comprends pas qu’on ne puisse pas étaler ces paiements de façon mensuelle.J'ai un petit salaire, il y a déjà des médicaments que je ne prends même pas, parce qu’ils sont trop onéreux.Heureusement, mon mari peut m’aider, mais ce n’est pas le cas de beaucoup de femmes vivant avec le VIH.» Abandonner la médication ?Ce qu’on craint maintenant, c’est que plusieurs personnes séropositives confrontées à des paiements monstres délaissent leurs médicaments ou réduisent les doses pour retarder leurs visites à la pharmacie.Or, tout comme les antibiotiques, les toutes nouvelles molécules qui empêchent la reproduction du VIH, comme le Saqui- navir et l’Indinavir, doivent être prises sans interruption pour éviter une mutation du virus.«Arrêter le Saquinavir ou prendre une demi-dose, ce serait la pire des choses, car ça augmente la résistance du virus», affirme Glenn.Comme l’explique Jacques Grégoire, président du Comité des personnes atteintes du VIH (CPAVIH), les multiples barrières financières posées par le nouveau régime d’assurance-médicaments ris-queqt de peser très lourd dans les caisses de l’État.«La tri-thérapie c’est presque l’état de grâce, dit-il.Ça veut dire des coûts moindres pour le système de santé et des gens qui peuvent continuer à travailler et à payer des impôts à l’Etat.Il serait grave que cet équilibre précaire soit remis en question.» Hier, l’attaché de presse du ministre Rochon n’a pu donner l’assurance que ces modalités seront révisées.Pas question toutefois de toucher au plafond, aux primes et au pourcentage de la coassurance, déjà fixés par la loi créant le nouveau régime d’assurance-médicaments.«On ne sait pas si on peut forcer les compagnies d’assurance à se doter de moyens pour offrir le paiement direct à leurs clients.Mais on regarde cela de très près», a-t-il dit.La confidentialité mise en doute À quatre semaines de l’entrée en vigueur du nouveau régime, un autre écueil attend les personnes séropositives assurées par le secteur privé.Pour la première fois, des gens devront réclamer à leurs assureurs des médicaments prescrits uniquement aux personnes infectées par le VIH.Adieu, la confidentialité?Selon Jacques Grégoire, plusieurs personnes ont déjà l’intention de pas réclamer de remboursement à leur assureur de peur de perdre leur emploi ou leur droit à l’assurance.«En théorie, tout cela est confidentiel.Mais quand c’est le service du personnel qui se charge de transmettre les réclamations à l'assureur-collectif on peut comprendre les craintes des personnes atteintes par le VIH.Il n’y a qu’une seule maladie au monde pour laquelle on prescrit l’AZT», insiste-t-il.Faute de réclamation, certains séropositifs pourraient tout simplement abandonner leur traitement, craint-il.Le délicat problème de la confidentialité pourrait aussi faire.surface dans de petites villes de région où les pharmacies se chargeront dès janvier de commander des stocks d’antirétroviraux à la demande de quelques clients, bien reconnaissables.Autrefois, même en régions éloignées, la distribution de l’AZT et du 3TC se faisait entre les quatre murs d’un hôpital.«Le nouveau régime ne pose pas que des obstacles financiers, croit Jean-Pierre Bélis-le.Il dresse aussi des obstacles psychologiques et humains aux personnes qui vivent déjà une situation très précaire.» BOUTROS Un activisme qui commence à déplaire SUITE DE LA PAGE 1 Mais si le travail acharné de M.Boutros-Ghali redonne du lustre à une organisation qui fut longtemps l’otage des grandes puissances durant la rivalité Est-Ouest, son activisme diplomatique commence à déplaire.Les premiers grincements apparaissent dès 1993.M.Boutros-Ghali dénonce la tendance des médias et des politiciens occidentaux à ne s’occuper que de la guerre en Bosnie, alors que d’autres conflits, bien plus cruels et sanglants, dévastent des régions entières d’Afrique dans l’indifférence générale.En octobre de la même année, une vive confrontation éclate entre Boutros-Ghali et le président Clinton à la suite de la mort de 18 Marines américains en Somalie.Les deux hommes se rejettent la responsabilité de l’incident.En avril 1994, quelques jours après le déclenchement du génocide au Rwanda, le secrétaire général s’emporte contre les membres du Conseil de sécurité, qui viennent de réduire le nombre de Casques bleus au lieu de l’augmenter.Enfin, le 3 mai dernier, il endosse un rapport accablant sur le massacre de Cana, au Liban, où des tirs d’obus israéliens ont tué 102 civils libanais dans un camp de Casques bleus fidjiens.L’opposition américaine La tension monte alors entre Boutros- Ghali et l’administration américaine, qui dénonce X«arrogance» et X«autoritarisme» du secrétaire général qui se comporte, accuse-t-elle, comme «un despote».Manque de chance pour Boutros-Ghali, le président Clinton est aussi en pleine campagne électorale et ses ennemis républicains accusent le secrétaire général «de dicter la politique étrangère américaine».Le 20 juin, Washington frappe.La Maison-Blanche annonce, d’une façon très peu diplomatique, que le président Clinton veut «un nouveau leadership» pour l’ONU et estime que Boutros-Ghali est incapable de «relever le défi du XXIe siècle», qu’il n’a pas réussi à réformer avec assez d’énergie la bureaucratie onusienne.Le secrétaire général «ne restera pas une minute de plus lors de la fin de son mandat» le 31 décembre, proclame Washington.La position américaine provoque une réaction rapide de Boutros-Ghali qui annonce qu’il sollicite un nouveau mandat de cinq ans.Il reçoit le soutien immédiat et sans condition de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie, de la Chine, des pays afriçains et arabes ainsi que de la plupart des États occidentaux, dont le Canada.Les Américains sont complètement isolés et certains diplomates estiment qu’après les élections du 5 novembre, Washington reviendra sur sa décision et se montrera plus flexible envers le renouvellement du mandat du secrétaire général.Les Américains n’entendent pas céder.Le 19 novembre, au cours d’une séance à huis clos du Conseil de sécurité, les 15 membres votent à bulletin secret sur un projet de résolution recommandant un second mandat de cinq ans pour Boutros-Çhali.Quatorze pays votent pour mais les États-Unis bloquent l’adoption de la résolution en faisant usage de leur veto.Selon un diplomate français, le vote est significatif car il indique qu’aucun État n’a cédé au chantage américain.Avec ce résultat en poche, la France propose de porter l’affaire devant l’Assemblée générale où, dit-elle, le mandat pourrait être renouveler par un vote des deux tiers.De la solidarité à l’effritement M.Boutros-Ghali remercie alors tous ses partisans, en effet très nombreux.Depuis cet été, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et la Ligue arabe maintiennent leur appui au secrétaire général.La France et la Russie pilotent toutes les négociations pour sauver la peau du diplomate égyptien.Pourtant, le veto américain a un effet.Le lendemain du vote, le Ghana propose son candidat dans la personne du secrétaire général adjoint, le Ghanéen Kofi Annan.Puis, au début de la semaine, la Côte d’ivoire, l’Éthiopie et le secrétaire général de l’OUA, Selim Ahmed Selim — lui-même candidat potentiel —, indiquent que «si les Etats-Unis ne changent pas d’avis, il sera vital que l’Afrique ne perde pas ce poste», un vœu que Washington entend respecter d’ailleurs.Les États africains auront l’occasion de réfléchir à leur position sur cette question lors du sommet franco-africain qui se tiendra au Burkina Faso du 4 au 6 décembre.En Égypte, la solidarité envers Boutros-Ghali est officiellement proclamée, mais sans ostentation.Là aussi cependant, le front s’effrite.Jeudi, un journaliste proche du président Hosni Moubarak, Makram Mohammed Ahmed, a conseillé au secrétaire général de céder sa place à un autre candidat africain.Pour sa part, l’influent directeur de l’hebdomadaire Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed, écrivait la semaine dernière que l’Afrique devait maintenant s’occuper de trouver un successeur à Boutros-Ghali.«Prenons les Américains au mot puisqu’ils ont dit qu’ils entérineront notre choix», écrit-il dans son éditorial.Le journaliste ne voit pas dans l’affrontement entre Washington et le secrétaire général «un diktat assené au monde et une humiliation infligée à l’Afrique».11 rappelle que l’ex-URSS et la Chine ont aussi utilisé leur veto pour bloquer la réélection de Trygve Lie, en 1951, et de Kurt Waldheim, en 1981.«Dépassionnons donc le débat», écrit-il.On verra bientôt si la raison aura le dessus sur la passion.La sécession devant la Cour suprême Deux provinces et deux territoires veulent se faire entendre Le Québec maintient son refus de se présenter devant les juges HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Tel que prévu, le gouvernement du Québec n’interviendra pas devant la Cour suprême du Canada pour expliquer sa démarche d’accession à l’indépendance.Les provinces et les groupes qui voulaient demander la permission d’intervenir devant la Cour suprême avaient jusqu’à 17h hier soir pour le faire.Le Québec n’était pas au rendez-vous.Par contre, le gouvernement du Manitoba et de la Saskatchewan de même que les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon ont manifesté leur désir d’intervenir.Il en va de même des Cris du Québec, des Algonquins, d’un groupe de femmes et de l’avocat Guy Bertrand, de Québec.Le constitutionnaliste Stephen Scott, de Montréal, qui représente entre autres la minorité anglophone du Québec, désire aussi être de la partie.Selon Bill Namagoose, porte-parole des Cris, la position du Québec ne pouvait rester sans réponse.Les Cris n’ont guère apprécié que les questions posées à la Cour suprême par le ministre de la Justice, Allan Rock, ignorent l’existence des droits des peuples autochtones.Le ministre Rock a demandé au plus haut tribunal du pays de se prononcer sur la légalité de la declaration unilatérale d’in- dépendance du Québec.Pour sa part, le gouvernement du Québec maintient avec véhémence que les tribunaux canadiens n’ont pas la compétence pour trancher la question de la sécession du Québec.Seul le droit international peut intervenir, a soutenu à plusieurs reprises le ministre de la Justice, Paul Bégin.Le juge en chef de la Cour suprême.Antonio Lamer, devra maintenant décider s’il accorde le droit à tous les intervenants d’étre entendus.En signifiant que cette cause «sortait de l’ordinaire», il avait statué il y a quelques semaines que les provinces avaient automatiquement le droit de faire valoir leurs arguments devant le tribunal.Le juge Lamer avait sévèrement rabroué le gouvernement fédéral au sujet de la procédure accélérée qu’il voulait imposer à la cour en l’absence des autres intervenants.A la dernière minute, le gouvernement fédéral avait renoncé à ce que sa requête soit entendue le 23 juin, date de la mort de l’Accord du lac Meech.Avant d’étudier la requête d’Ottawa qui exigeait que les mémoires des intervenants soient dé|X)sés au plus tard le 24 avril prochain et qu’un ami de la cour soit nommé pour représenter la position du gouvernement du Québec, le juge lamer avait ordonné au fédéral d’informer les provinces de sa requête.A1C
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