Le devoir, 7 décembre 1996, Cahier D
LE DEVOIR Le roman québécois Page D 3 Essais québécois Page D 4 Le feuilleton Page D 5 Essais étrangers Page I) 8 Littérature jeunesse Page I) 8 Les petits bonheurs Page I) 9 Cédéroms Page D 10 Grille télé du week-end Page I) 12 Agenda culturel Page I) 13 Formes Page D 14 Essais québécois La littérature comme foyer d’adoption Deux essais sur l’identité par des écrivains devenues québécois par adoption ROBERT SALETTI Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté, pour la première fois, un regard d’étranger sur soi-même.C’est ce que dit explicitement l’écrivain Joël Des Rosiers, Haïtien de naissance et Québécois d’adoption, dans Théories Caraïbes, un essai sur la littérature et l’identité en cette ère dite postnationale.C’est aussi ce que dit implicitement l’écrivain Sergio Kokis, Brésilien d’origine et Montréalais d’adoption, dans une conférence sur Les Langages de la création dont le texte vient de paraître.Le véritable lieu de naissance de l’identité, pour le dire autrement, est celui où l’on porte un regard d’étranger sur les langages du quotidien.Le véritable lieu de naissance de l'identité, pour jouer sur les mots, est celui où l’on dit autrement l’origine.Ce dire autrement, ce naître autrement, c’est le travail de l’écrivain et de l’artiste.Un Québécois pure laine crépue Ouvrons avec 'Théorie Caraïbes.La conception graphique de la maquette est superbe, le titre intrigue, l’édition est de qualité supérieure.D’entrée de jeu, la définition du mot «théorie» accueille le lecteur, suivie d’une page consacrée à quatre exergues qui situent l’action critique, si l’on peut dire.L’un de ces exergues est tiré de Blues et Gospels de Marguerite Yourcenar, ce magnifique album de photos où l’écrivaine d’adoption américaine rend hommage à la culture noire en traduisant des chansons du répertoire blues et gospel.Un autre exergue, de Baudelaire, mérite d’être cité en entier, tentation à laquelle je ne résiste pas: «Théorie de la vraie civilisation / Elle n’est pas dans le gaz, ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes, elle est dans la diminution des traces du péché originel / Peuples nomades, pasteurs, chasseurs, agricoles, et même anthropophages, tous peuvent être supérieurs, par l’énergie, par la dignité personnelles, à nos races d’Occident.» L’enseigne est clairement celle de la modernité.Joël Des Rosiers situe d’emblée ses réflexions dans le cadre du postnationalisme, défini comme l’ensemble des processus grâce auxquels les immigrants construisent des champs sociaux déterritorialisés qui relient leur pays d’origine à leur pays d’accueil.Que le lecteur allergique au préfixe «post» et au vocabulaire deleuzien (déterritorialisation, flux migratoires, rhizome, etc.) soit ici officiellement prévenu qu’il risque une indisposition s’il entretient un contact prolongé avec Théories Caraïbes.Remarquez que ce n’est pas mon cas, bien que j’aie trouvé que M.Des Rosiers — que je ne connaissais pas, dois-je confesser, malgré trois recueils de poésie à son dossier de publications — jouait un peu facilement la carte de la postmodernité.Cette impression est en partie due au fait que Théories Caraïbes regroupe plusieurs textes déjà parus dans des revues aussi diversifiées que Vice Versa, Tribune juive.Dérives, Moebius ou Haïti Perspectives.Même remaniés, ces textes gardent la trace du principal cheval de bataille de leur auteur VOIR PAGE I) 2: ADOPTION I |.; |) (•; VOIR.|.K s S A M E I) I 7 K I I) I M A X < Il K S I) \: ( \: M I! I! I! I !» P S « -f ; mm mm ¦ : - • De Quignard à Bergounioux, VINGT ET UN ÉCRIVAINS FRANÇAIS CONTEMPORAINS À l’occasion de la parution de ce numéro, vous êtes conviés à un débat sur la littérature française actuelle à la librairie Gallimard, située au 3700, boni.Saint-Laurent, à Montréal.Dimanche, le 8 décembre, à 14 firs.Avec jean-François Chassai), Michel Pierssens et Pierre Ouellet.Animation : Marie-Andrée Lamontagne.LIBERTE 228 décembre 1996 260 pages 6$ En vente partout où on aime les livres CLICHÉ RÉPÉTÉ Â ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR I, H I) K V 0 I R .I.K S S A M li D I 7 li T I) I M A N ( Il li S I) li ( K M It It Iv I !» It K V (I I It , I, K S S A M K I) I 7 K T I) I M A \ (' Il K S I) K C K M I! It K I II II (i wr L I V R, E S LE ROMAN QUÉBÉCOIS 'm La génération perdue Julie Sergent L’AGE DUR Gabrielle Gourdeau Nouvelles Editions Trois-Pistoles, 1996,219 pages Oil est un portrait de l’Amérique du Nord, et * particulièrement de la société québécoise, plein d’une saine irrévérence, de satire et d’ironie, que tnice Gabrielle Gourdeau dans son recueil de nouvelles L'Âge dur.Faisant fi de la démarche d’usage qui veut qu’on prédise l’avenir d’une société — la débandade intellectuelle, financière, linguistique vers laquelle elle se dirige inéluctablement, et autres perspectives encourageantes du même genre — en observant comment vivent ses jeunes, l’auteur s’est tourné du côté de tous ceux qui viennent juste de mettre le pied dans ce qu’on appelle le «bel âge», et de ceux qui s’apprêtent à faire la grande glissade dans la noirceur, pour montrer comment ça va, et tout indique que ça ira encore drôlement mal.La démarche semble justifiée puisque l’avenir risque plus volontiers d’«appartenir» (la belle affaire.) aux vieux qu’aux jeunes, comme le montre en outre la dernière nouvelle du recueil de Mme Gourdeau, Le Big Bagne, dans laquelle on évalue que les vieux formeront 80 % de la population en l’an 2023.Que fera-t-on d’eux?Admirons l’humour noir de l’auteur: de par le monde, les vieux seront enfermés dans un grand bagne, nous assure-t-elle, où on les laissera pourrir jusqu’à l’âge de 80 ans, auquel moment ils auront à choisir entre la mort lente sur «la chaise électrique à bas voltage», ou le retour dans un monde qu’ils seront coupables d’avoir rendu invivable en accaparant tous les «emplois, postes administratifs et avantages sociaux entre 1965 et 1985», en donnant «naissance à des milliers d’enfants» dont ils n’avaient jamais le temps de s’occuper, en suçant l’économie du pays, bref en vampirisant le monde à tort et à travers et en le laissant désormais à sec.Bien que les personnages-vedettes du recueil soient les vieux, gens de l’«âge dur» qui vivent plus vraisemblablement dans la misère que dans l’or, tramant un corps souffrant que plus personne Un monstre ne touche sans répugnance et une conscience vagabonde que nul, pas même soi, n’a l’éner- tout à fait gie de sonder, leur état dit le mal de toute la société au grand complet, jeunes et vieux confon- divertissant dus, tous les âges pouvant sans doute se van- , , ter d’appartenir à une «génération perdue», d irreverence pour emprunter ces mots de Gertrude Stein dont le visage orne sans que l’on sache trop pourquoi la couverture (peut-être justement pour cela?Mme Stein aurait été la première à employer cette expression —«You are all a lost generation» — en parlant des écrivains américains, comme E Scott Fitzgerald, Dos Pas-sos et Hemingway, à qui elle s’adressait à ce moment-là, eux qui devaient atteindre l’âge adulte durant la Première Guerre mondiale).Gabrielle Gourdeau, lauréate du prix Robert-Cliche-de-la-Grosse-Chicane 1992, attribué à son roman Maria Chap-delaine ou le Paradis retrouvé (une espèce de «suite» à Maria Chapdelaine publiée dans un concert de bisbilles et qui n’a pas recueilli que des éloges.), n’y va pas avec le dos de la cuiller lorsqu’il s’agit de vilipender l’une ou l’autre institutions qui participent à la pauvreté ambiante de l’âme, du cœur, de l’esprit ou du portefeuille de tout un chacun.Des parodies dévastatrices Il faut voir ses parodies dévastatrices.L’une, Le Roi Lire, mettant en scène un Bernard Poivrot (sic) aux tendances suicidaires depuis que le comité d’organisation de sa dictée a cédé, en 1998, aux demandes des pays francophones qui se plaignaient de ce que le texte fût toujours terriblement français, inaugurant donc une «dictée québécoise» («C’est tiguidou en cibolaque», s’étrangle Poivrot dans cette nouvelle qui ne manquerait pas de nourrir le débat sur l’appauvrissement du français régulièrement relancé dans ce journal.).Il faut voir cette autre parodie, intitulée It don’t mean a thing if you ain’t got the swing., qui décrit un concours au poste de professeur de liltératu- GABRIELLE GOURDEAU L'Age dur NOUVELLES re (dans le pavillon DeKonard d’une quelconque université), ouvert de préférence aux jolies jeunes filles pas nécessairement diplômées mais qui savent danser la cla-quette, une connaissance en rythmique étant, d’une part, bien appréciée de la meute de quinquagénaires lubriques installés pour toujours dans leur chaire et.d’autre part, utile si on décidait d’enseigner la poésie! Les bien-nantis, surtout, écopent à répétition dans L’Âge dur.tantôt de monstrueuses caricatures de mépris, de mesquinerie et d’obséquiosité qu’égratigne l’auteur sous toutes les coutures (Les Pourritures terrestres, L’Etranger et la Peste), tantôt des victimes de leur bête aveuglement (Les Cervelles d'oiseaux se gavent pour mourir, Reera bien, Le Père Goriot).Mais on sera surtout ébranlé par les exemples de l’épouvantable solitude des vieux, abandonnés par leur famille (lettre morte, Jouez hautbois, résonnez musettes), et, en prime, par les gouvernements.Comme dans Le Crépuscule des vieux, qui montre un groupe d’octogénaires grimpés sur un char allégorique, la couche aux fesses mais la mort dans l’âme, bravant la décision du «Mairdo-ré» de ne pas inviter les vieux aux Fêtes du 3501' anniversaire de Montréal; ou dans les Déboires d’outrp-tombe, l’histoire d’une loterie organisée par l’État pour aider les démunis et qui consiste à les enfermer (vieux, chômeurs diplômés, sans-abri, n’importe quel paumé fera l’affaire) dans des cercueils dont seulement trois couvercles sur quatre s’effritent et libèrent leurs occupants quand ils les grattent.On appelle l’invention le «gratteux russe», une vision d’horreur à laquelle le billet de Michel Trudeau (auteur de Pour en finir avec les psys, Boréal) paru dans le Voir de la semaine dernière ne manque étrangement pas de faire écho en suggérant ironiquement que le gouvernement «injecte 25 000 $ datis chaque succession des individus de moins de 75 am qui accepteront Veuthanasie») Pour renouer avec le rire Les lecteurs qui sont fâchés avec l’humour, depuis qu’il vole partout et de plus en plus bas, pourront, peut-être, renouer un peu ici avec la pratique parallèle du rire et de la réflexion.L’Âge dur est un monstre tout à fait divertissant d’irrévérence (en témoignent aussi les titres des nouvelles, empruntés pour la plupart à des classiques de la littérature avec lesquels on pourrait toujours s’amuser, si on y tenait vraiment, à établir une corrélation; mais dont la présence semble surtout justifiée par le goût de l’auteur pour l’insolence, amorcé d’ailleurs dans son premier recueil de nouvelles paru en 1991 et intitulé La Ballade des tendus), mais dont on ne doute pas qu’il résulte d'un profond ahurissement devant l’étendue du réseau où semblent devoir couler sans fin le ridicule, l’incompétence et la stupidité.Un portrait de société féroce, sarcastique, qui ne propose aucune solution sérieuse mais qui fait sa part pour nous encourager à mettre en branle celles que nous sommes souvent coupables de ne pas instaurer dans notre entourage immédiat, sous prétexte qu’on attend l’aval de la société pour en régler les maux.LIVRES ET MEDIAS Télévision.L’équipe de Sous la couverture (Radio-Canada, 16h) reçoit demain Jacques Pelletier pour son ouvrage L'Écriture mythique, essai sur l’œuvre de Victor Lévy-Beaulieu; les livres suivants seront critiqués: François Truffaut, d’Antoine de Baecque PAUL AUSTER LE DIABLE PAR LA QUEUE t-tn vt> et Serge Toubiana; Leaving a Doll’House, de Claire Bloom, Le Diable par la queue, le dernier-né de Paul Auster.Jean Éugère a pour sa part arrêté son choix sur Les Enfants de Saturne, de Jean-Paul Enthoven.Et, en prime, Jean-Michel Leprince présente un reportage sur la Foire du livre de Guadalajara.À Plaisir de lire (Télé-Québec, dimanche, 20h), Danièle Bombardier reçoit Hélène Pelletier-Baillargeon, qui vient de publier le premier tome de la biographie d’Olivar Asselin, Oli-var Asselin et son temps.En deuxième partie, le cinéaste Charles Binamé parle des ses lectures.Radio.François Ricard sera l’invité de Robert Chartrand à l’émission Les Pt’its Bonheurs d’occasion, à la radio CIBL, à 12h30 aujourd’hui.M.Ricard y parlera, bien sûr, de sa biographie de la merveilleuse Gabrielle Roy, intitulée Gabrielle Roy - une vie.L’émission Le Temps perdu (dimanche, 15h, chaîne FM de Radio-Ca- nada) est consacré à Eugenio Montale, qui naissait il y a 100 ans et qui mourait il y a 15 ans.Pour parler du grand poète encore mal connu des lecteurs francophones, Stéphane Lé-pine reçoit les poètes Jacques Brault et Louise Dupré.RENAUD-BRAY La grande LIBRAIRIE de la rive sud 1 SUA ik Vaste stationnement Face au terminus S.T.R.S.M.6925.boul.Taschereau .Brassard Tél.: (514) 443-6455 J Heurts d'ovvt /4 Heurts d'ouverture : 9- 22h„ du lundi au samedi 10- 22h.dimanche 10% de remise aux personnes de l’âge d’or tous les mercredis.Sauf rerun « promotions Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 7 décembre de 1-1 h à 16 h Françoise Kayler Cuisine Amérindienne On (joule hj Banujue Ed.de l'Homme Le vendredi 13 décembre de 18 h à 20h Marcelle Ferron L’Kujttwe iY une Mémoire Ed.Les intouchables Le samedi N décembre de N b à 16h Thérèse Gouin Décarie Uni relie ne Ed.Liber de % à 22b 362 jourspar^nncej 1120, ave.laurier ouest outremonl.'montréal tcl.r27-1-.%69 • tclcc.: 27-4-3660 UVEAUTE TOUS LES FILMS DU MONDE OülOl VIOl p .¦'îe—M*" ¦ /*** -A- IW-W 4y jfB £} JOa»- ' 2/ V.• :•* r TOUS LES FILMS DU MONDE Guide vidéo 1997 Pour les amateurs de cinéma, un répertoire indispensable de tous les films disponibles au Québec en format vidéo.Il propose des cotes d'appréciation, des synopsis, ainsi que des filmographies d'acteurs et de réalisateurs.viaai AMÉRIQUE FRANÇAISE Sous la direction de Yves Bergeron TRÉSORS D'AMÉRIQUE FRANÇAISE Ce magnifique ouvrage présente l'histoire des collections du Séminaire de Québec et témoigne de l'enracinement de la culture française en Amérique.Coédition Musée de l'Amérique française/Fides 120 PAGES 17.95 s Hélène IVIfoller-ÏUjlIarpun m- OLIVAIÎ ASSELIN rl son femiks Hélène Pelletier-Baillargeon OLIVAR ASSELIN ET SON TEMPS Dans une biographie à la mesure du personnage, Hélène Pelletier-Baillargeon peint une magnifique fresque d'une époque passionnante de l'histoire québécoise.Fides 784 PAGES mh Man www» ; Errance au sommet dé la terre Jean-Marc Grenier ERRANCE AU SOMMET DE LA TERRE Prix La Plume d'argent 1996 Une femme et trois hommes vivent une aventure aux rebondissements inattendus dans la grande toundra canadienne.Fides 272 PAGES e> 17.95 S FIDES tlVIft MÀKtlN OZJAS LEDUC ci .«ou dentier grand arthne Lévis Martin OZIAS LEDUC et son dernier grand oeuvre Un hommage à la dernière oeuvre du peintre, la décoration de l’église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-sud.DDES 192 PAGES c3 29.95 S I LKNANII DE MOV- Une loi partagée Fernand Dumont UNE FOI PARTAGÉE «Chrétien, j'ai tâché, autant qu'il m'était possible, de ne dissimuler ni la conviction, ni les incertitudes que je mets en cette appartenance.» Bellarmin 312 pages, coll.L'Essentiel 17.95 S %: ,vt], ADOLESCENTS NOUS LES EMBARRASSONS Fernand Fournier ENFANTS NOUS LES EMBRASSONS ADOLESCENTS NOUS LES EMBARRASSONS Un ouvrage pour tous les adultes qui veulent vivre en harmonie avec les adolescents.En alliant l'humour à la réflexion, l'auteur dédramatise de nombreuses situations.Fides 168 pages 15.95 S En vente chez votre libraire l l I) I I.K I) K V 0 Nt .I.K S S A M K I) I 7 K T I) I M A N C II li 8 I) li ( li M li II li I » l> » V 0- h \ ^- L u ; M p V 1 V h h I» O É S I E CINEMA L’errance créatrice Prose ou poème, une écriture qui se nourrit d’errances Le résistant de l’animation Un livre sur un cinéaste québécois dont la filmographie justifie l’entreprise JOUSSE OU LA TRAVERSÉE DES AMÉRIQUES Michel van Schendel Éditions de l’Hexagone, Montréal 1996,126 pages ON NE NAÎT JAMAIS CHEZ SOI Joël Pourbaix Éditions du Noroît, Montréal 1996,92 pages DAVID CANTIN Installé au Québec depuis 1952, l’écrivain d’origine française Michel van Schendel s’est toujours démarqué grâce à l’audacieuse rigueur verbale de sa poésie et de ses essais.Mais voilà qu’il cherche une fois de plus à approfondir son expérience littéraire dans le cadre d’une fiction qui s’intitule Jousse ou la traversée des Amériques.Comment ne pas confondre le lyrisme de cette prose avec toute la densité que contient l’œuvre poétique de van Schendel?Sans aucun doute, ce conte possède l’écriture ainsi que la vision d’un poète.Dans un café montréalais au décor d’Europe centrale, trois femmes représentées en trompe-l’œil captent les paroles échangées par Jousse et son compagnon, qui se racontent leurs pérégrinations.Ces deux immigrants témoignent d’un passé où la guerre, la passion amoureuse et l’exil fondent l’aventure humaine.Si les anecdotes repoussent constamment la mémoire de chacun, c’est aussi un grand désir de liberté qui anime cette «sensation démente si longtemps de n’être pas ici et plies là, de n’avoir plus aucun lieu de naissance mais une attache errante».A travers le tumulte de l’engagement politique, on croise l’ombre du poète russe Sergueï Essenine, de la danseuse Isadora Duncan et bien d’autres personnages flamboyants.D’ailleurs, cette quête de vérités suit plusieurs registres tels la satire, le tragique ou l’invraisemblance pour mieux rendre l’atmosphère onirique au cours de la narration.Symbole d’une mémoire des Amériques, un oiseau traverse cette fable moderne jusqu’à son dénouement.Michel van Schendel Jousse ou la traversée des Amériques Récit • l’HEXAGONE Un des derniers chapitres où l’on divulgue son récit renferme, sûrement, les plus beaux passages du livre: «L’oiseau, bien sûr, cet oiseau-là, porte à six heures du soir le nom singulier du verre et du rire, du verre d’embauche et du cil démesuré.Cet oiseau là porte presque tous les noms singuliers.Par richesse déformé et polychromie des plumes.» A la fois ludique et musical, le style de van Schendel séduit tout en dénonçant l’intolérance des hommes depuis des siècles.Pas toujours facile, cette «traversée des Amériques» doit se faire lentement si l’on veut saisir toute la subtilité qui s’en dégage.Un pèlerinage spirituel On parle très peu des recueils de Joël Pourpaix, cependant j’ose croire que plusieurs ont tort de négliger cette foi fabuleuse.Depuis le début de la décennie 80, ce poète retrace ses périples à l’étranger avec une force d’évocation assez singulière.Il continue ce pèlerinage spirituel autour des terres d’Espagne clans son dernier livre au titre révélateur, On ne naît jamais chez soi.A partir d’une citation du dramaturge Valère Novarina, Pourbaix interroge sa présence au monde dans un perpétuel déracinement de l’autre en nous-même.Naître et exister se retrouvent alors sur un seul chemin qui conduit à l’errance créatrice.Se regroupant autour de neuf courtes sections, les poèmes deviennent ce lieu où la mémoire témoigne des énigmes qu’affronte celui qui s’adresse à sa propre solitude: «On ne naît jamais chez soi / aucune nostalgie n ‘est à la hauteur / tourne, jette et ramasse les pages de ta vie / avec et sans tes mots elle te dira sa chair / il y a ce que tu perds et ce qui te perd / penser à soi ou avec soi /d'où tu viens t’attend loin devant.» Comme l’indique le texte en prose liminaire, le regard du poète est transformée par celui du «peintre [qui], lui, nous demande d’ouvrir les yeux».S’inspirant des impressionnistes, cette écriture privilégie une nature fugitive ainsi que la mobilité des phénomènes pour mieux rendre un ton à la fois elliptique et suggestif.Ce choix permet alors aux vers courts de s’imprégner d’un élan narratif, aussi décousu que mystérieux; «Ce siècle et tous les autres / prison trop vaste pour s’en évader / nuages de vérités quelconques / de parfaits mensonges tuent nos tentations / qui perd la soif meurt de soif/ dans la pièce vide de l’âme /ne plus savoir d’où l’on vient / donne envie d'aller quelque part.» En complétant un triptyque qui s’amorce avec Voyages d’un ermite et autres révoltes (Le Noroît/Ubacs, 1992) suivi de La Survie des éblouissements (Le Noroît, 1994), On ne naît jamais chez soi demeure ce livre précieux où l’on retrouve Joël Pourbaix au sommet de son art.Jotil Pourbaix ON NE NAÎT JAMAIS CHEZ SOI Éditions du Noroît PIERRE HÉBERT, L’HOMME ANIMÉ , Marcel Jean Éd.les 400 coups Montréal, 220 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Consacrer un ouvrage à Pierre Hébert est une entreprise louable effectuée non pas en plein soleil mais en chambre obscure.Mis à part McLaren et jusqu’à un certain point Co Hoedeman, bien peu de cinéastes d’animation, surtout confinés dans le court métrage et l’expérimentation, ont atteint la notoriété et connu la reconnaissance du grand public.En creusant patiemment, en éclairant, en situant dans le temps et l’espace l’œuvre de Hébert, Marcel Jean sort de l’ombre une filmographie que bien peu connaissent dans son ensemble, parvenue jusqu’ici à plusieurs d’entre nous surtout par fragments décousus.Elle méritait bien cette intéressante mise en perspective.Pierre Hébert, cinéaste d’animation de l’ONF, considéré par plusieurs comme un émule de McLaren, s’est illustré notamment à travers un travail de gravure sur pellicule qu’il a intégré au processus narratif.Actif en animation depuis 33 ans, mal connu du grand public, il a à son actif une vingtaine de courts métrages comme Autour de la perception, Etienne et Sara, Souvenirs de guerre, La Lettre d’amour et plus dernièrement le long métrage, La Plante humaine, dans lequel il incorporait plusieurs techniques: la gravure sur pellicule, mais aussi de vrais acteurs, du dessin animé, etc., sorte de condensé de son œuvre précédente, tant dans sa forme éclatée qu’à travers ses thématiques fétiches, corps, rapports'aux images télévisuelles, traumatisme de la guerre, etc.Au cours des années 80, il a participé à des spectacles performances de gravure en direct, collaborant souvent avec des musiciens comme René Lussier et Robert M.Lepage.Pierre tféherr, (‘homme."anime Un collage soigné Bien au delà de la simple monographie, et c’est ce qui fait son intérêt renouvelé, le livre est conçu comme un collage: entretiens, analyse, album illustré, témoignages, recueil de textes d’Hébert, avec soin extrême apporté à la présentation nourrie de force esquisses, dessins de repérages, photos et illustrations de toutes sortes.Sont éclairées ici les influences diverses de Pierre Hébert, tant artistiques que politiques, à travers les soubresauts des mouvements, des crises ayant traversé le Québec, démontrant par leur biais comment un auteur a su évoluer tout en gardant sa cohérence et son unicité.«Le travail de Hébert — et c’est exceptionnel venant d’un cinéaste d’animation — est marqué par une constante mise en cause du corps», explique Marcel Jean en soulignant les rapports établis entre cinéma d’animation et danse.Le corps est représenté dans ses films en lutte contre lui-même, stressé, confronté à ses limites, comme dans Étienne et Sara où, par l’entremise de photographies, dessins, prises de vue réelles, il voulait montrer les frustrations de sa fille Sara, à travers le difficile apprentissage de son corps, ou dans La Plante humaine, explorant la vieillesse et la dégradation des réflexes.En 1978, à partir de son film Entre chiens et loup, Hébert renonce d’ailleurs aux gestes fluides «mais exacerbe l’effet de sautillement qui caractérise la gravure sur pellicule», traduisant le bouillonnement intérieur, les tensions et les désordres du corps.Souvent en marge des festivals d’animation peu familiers de cette recherche qui s’inscrit hors des courants de l’industrie et des grands réseaux de diffusion, Pierre Hébert esi demeuré une sorte de résistant de l’animation.Une arrivée à l’ONF Né à Montréal dans le quartier Vil-leray, d’abord attiré par les beaux-arts, étudiant en anthropologie, il est devenu cinéaste un peu par hasard, en gravant une bobine 16 mm, film muet qu'il a intitulé Histoire grise.Mis en contact avec Arthur Lamothe, Gilles Groulx, André Pépin, Jean-Pierre Lefebvre, il a vite intégré les rangs de l’ONF, épaulé par McLaren.Au début critique de cinéma à Objectif, militant de gauche, épris de rigueur scientifique, influencé tant par les cinéastes d’animation McLaren et Len Lye que par la distanciation et les idées de Brecht, jonglant avec la danse, la musique, Hébert a cherché au cours de sa carrière les croisements entre les différentes formes d’art et les théories de pensée, dans une démarche caractérisée par le métissage.C’est le parcours de ses évolutions qui est tracé ici, avec des témoignages entrelacés, dont celui particulièrement sympathique, sous forme de bande dessinée, que lui offre en guise d’hommage le musicien Robert M.Lepage avec qui il a beaucoup collaboré.Plutôt donc qu’un ouvrage linéaire, orchestré autour d’une forme unique, critique ou entretien, le livre dans son éclatement de regards et de structures, en une série de chronique thématiques, où tantôt Hébert, tantôt Marcel Jean, tantôt des collaborateurs du cinéaste prennent la parole, trace un profil en facettes, sous plusieurs angles et éclairages, dans une fresque d’ensemble dynamique, fouillée et jamais rasoir.» ****** , [fi *SSz> C.V G*'" * §«*•**' ' \vCl jiw&l o muté HMH Collection Cahiers du Québec ART, PUBLIC ET SOCIÉTÉ JeanPaquin Ce! ouvrage constitue l'a première synthèse d'importance de l'histoire et de l'expérience des maisons de la culture de Montréal.L'auteur postule que ces établissements décentralisés de diffusion artistique ont contribué à accroître la participation à la culture de citoyens de différentes couches sociales.Prix: 22,95$ CQ°115 TOUS A L’ÉCOLE André Dufour Dans cet ouvrage Andrée Dufour met en relief un phénomène largement méconnu: la scolarisation massive de la société québécoise entre 1826 et 1859-Délaissant la traditionnelle approche des relations Église-État, elle examine l'interaction entre l'Étal et les communautés rurales.Prix: 32,00$ CQ 114 LES FRÈRES ÉDUCATEURS 1920-1965 .Georges Croteau « Quand la société québécoise règlera-t-elle ses comptes avec les frères enseignants?[.] Des milliers de religieux nous ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans un secteur vital, celui de l'éducation et le plus souvent dans des milieux défavorisés.Ils l'ont fait avec humilité, je dirais même dans l'obscurité, sans même rechercher le prestige et [.] le pouvoir ».Lucien Bouchard 1992 Prix: 23,50$ CQ 112 LE SAINT-LAURENT ET LES GRANDS LACS Pierre Cam Voici, retracés pour la première fols, près de deux siècles et demi de l'histoire de l'évolution des transports par eau sur le Saint-Laurent.Dans une synthèse remarquable Pierre Camu s'attache à montrer le dév eloppement du réseau de canaux qui desservent à partir du Saint-Laurent et de sa Voie maritime un grand nombre de villes et de ports canadiens et américains.Prix: 49,95$ CQ 113 Collection l'atelier des modernes JOYCE Ginette Michaud et Sherry Simon Les deux essais de ce recueil se partagent les versants diurne (Ulysse) et nocturne (Finnegans Wake) de l'oeinTC.Ginette Michaud propose une lecture micrographique de certaines scènes épiphaniques surgi» toute aussi bien de la vie que deîœuwe de l'écrivain.Sherry Simon interroge pour sa part le langage de Finnegans Wake, qui étale dans sa structure • transludique » la multiplicité des langues et des savoirs.Prix: 14.95$ LE GOÛT DU QUÉBEC MarcBrüre Hors collection Ils sont dix-huit, d'options variées et d hori/ons divers, qui dans ce IhTe apportent leur pierre à b construction de b Maison Québec.Réflexions sur les lendemains référendaires, ces textes prov ocants susciteront de nouveaux débats.Prix: 29.00$ iiimui MÉDITIONS HURTUBISE HMH 7360, boulevard Newman LaSalle.(Québet) H8N 1X2 OUO m l 7 K T I) I M A X (' Il K S I) K C li M II II K I I» il (I La culture au sens large Une fois sorti de sa «niche culturelle», le cédérom peut encore prendre des visages fascinants: il peut parler d’histoire, de musique, mener des enquêtes, se transformer en instrument de travail.Ce fut une bonne année pour le cédérom dit «de culture générale»; la très large majorité des titres présentés ici sont de la récolte 1996.Voici donc, tout aussi subjectivement que la semaine dernière, les dix meilleurs ouvrages de cette catégorie sur laquelle repose tout l’avenir du média cédérom.Surprise, deux — et même quatre — de ces titres sont d’ici! LE TRÉSOR DU SAN DIEGO Textes et scénario: Franck Goddio et Jean-Paul Desroches.Coproduction Carre Multimédia, RMN, Club d’investissement média.Chez Millemé- dias éditeur.Hybride PC (386SX, Windows 3.1,4 Mo, 256 couleurs) et Mac (Système 7.1 ou plus, 4 Mo, 256 ou milliers de couleurs).Pour les 14 à 94 ans.Distribution au Québec: Periodica Multimédia.Prix: plus ou moins 69,95 $.Le San Diego est un galion espagnol qui a sombré dans la mer de Chine, au large de Manille le 14 décembre 1600.Coulé par un navire hollandais, le Mauritius, le navire et ses trésors ont été retrouvés il y a quelques années par une équipe d’archéologues des mers dirigée par Franck Goddio.La petite histoire de l’épave elle-même est aussi fascinante que celle de sa découverte.Presque 400 ans après avoir sombré, le San Diego n’était plus qu’un tumulus incrusté de coraux sous 57 mètres d’eau.On a dû recourir à des techniques comme les images de synthèse et l’animation par ordinateur pour retracer brillamment les grandes étapes de cette reconstitution historico-archéologique sous la forme d’un reportage interactif.Divisé en quatre grands chapitres (L’Océan des hommes, Sur les Traces du San Diego, L’Aventure sous-marine et Le Trésor du galion), ce reportage historique plonge l’utilisateur au cœur d’une enquête absolument passionnante s’appuyant sur des manuscrits du XVT siècle retrouvés à la bibliothèque de Séville.Qu’est-ce qui s’est passé au large de Manille, le 14 décembre 1600?Que faisait le Mauritius dans ces eaux espagnoles?Comment expliquer que l’épave contenait des porcelaines chinoises, des sabres japonais et des pièces de monnaie aussi bien arabes que mexicaines?Et pourquoi les témoignages des rescapés sont-ils différents selon leur nationalité?C’est à travers des questions de ce type que l’on saisit à quel point les Espagnols et les Portuguais exerçaient encore un contrôle serré des mers à l’époque de Philippe II et que leur empire était d’une ampleur à faire frémir.Les canons du San Diego par exemple étaient tous différents: certains avaient été coulés dans les Flandres, d’autres en Espagne et au Portugal, deux à Manille.Et la présence de pièces de monnaie d’origines aussi diverses ne fait qu’illustrer à quel point Manille, tête de pont de la route maritime de la soie protégée aussi par des mercenaires japonais, était une sorte de Babylone commerciale au tournant du XVIe siècle.Pas étonnant donc que le Hollandais, qui bouclait son tour du monde, soit venu faire là un peu de prospection sinon de provocation en se faisant passer pour un Français.Et que le San Diego à la tête d’une flottille de dissuasion, dix fois mieux armé mais surchargé de marchandises au point de ne pouvoir utiliser qu’un de ses 14 canons, ait sombré au large de l’Ile de la Fortune, mal dirigé par un grand bourgeois manillois en mal de gloire.Cette partie historique est racontée de façon passionnante, comme si on y était, un petit détail, une petite découverte à la fois.Mais ce n’est pas tout.Une fois trouvé précisément le lieu du dernier combat du San Diego, restait à reconstituer l’épave et à en analyser les vestiges.Ce que l’équipe de l’archéologue Goddio réussit grâce à l’utilisation d’images de synthèse qui font littéralement surgir le navire dans ses moindres détails à partir des éléments de charpente exhumés, sous nos yeux, des fonds marins.Mais en plus de retrouver dans ce chapitre une foule de données techniques sur la construction des galions, l’aventure se poursuit avec l’identification des pièces archéologiques que recelait l’épave: c’est, encore une fois, hallucinant de détails.Ce qui fait toutefois le plus grand intérêt de ce remarquable cédérom, c’est que l’utilisateur a tout le long l’impression de constituer lui-même les pièces du dossier.En écoutant les témoignages des marins du San Diego, en refaisant le tour du monde avec le Hollandais van Noort, capitaine du Mauritius, en prenant conscience de tous les documents et de tous les enjeux, il aura du moins l’impression d’avoir vécu pendant quelques heures au XVIe siècle et d’avoir participé à une grande aventure.On se surprend à rêver que l’enseignement de l’histoire dans nos écoles pourrait aussi ressembler à cela.R O D I CD-ROM Sculpture» rWvMii» Pnqtojtjpbi RODIN Production ODA leaser avec la participation du Musée Rodin, du Centre National de la Cinématographie et de la RMN.Hybride Mac (68030 ou plus, Système 7.1 ou plus, 8 Mo de RAM, 256 couleurs) et PC (486 ou plus, MS-DOS 5.1, Windows 3.1,8 Mo de RAM, 256 couleurs).Distribution au Québec: Periodica Multimé- EST-SELLERS ,4?fâojfifùt *ÏKC.ROMANS QUÉBÉCOIS I.LE SOLEIL DES GOUFFRES, Louis Hamelin - éd.Boréal 2.LE PRINCIPE DU GEYSER, Stéphane Bourguignon - éd.Québec Amérique 3.ANNABELLE, Marie Laberge - éd.Boréal 4.LA VIE ENTIÈRE, Pierre Morency - éd.Boréal ESSAIS QUEBECOIS I.LE CERCLE DE MORT, Guy Fournier - éd.de l’Homme 2.GABRIELLE ROY, UNE VIE, François Ricard - éd.Boréal 3.ENTRE LE BOOM ET L’ÉCHO, David K.Foot - éd.Boréal W' ROMANS ÉTRANGERS I.DES CHRÉTIENS ET DES MAURES.Daniel Pennac - éd.Gallimard 2.LES RÉGULATEURS, Richard Bachman - éd.Albin Michel 3.DÉSOLATION, Stephen King - éd.Albin Michel 4.INSTRUMENTS DES TÉNÈBRES, Nancy Huston - éd.Actes Sud Leméac 4P' ESSAIS ÉTRANGERS 1.INITIALES B.B., Brigitte Bardot - éd.Grasset 2.SOURIRE DE L’ANGE, Jeanne Bourin - éd.Julliard-Desdée de Brouwer 3.LES LOIS DE L’ESPRIT, Dan Millman - éd.du Roseau PAUVRE JEUNESSE 1.MILLE ANS DE CONTES: QUÉBEC, Cécile Gagnon - éd.Milan «T LIVRES PRATIQUES 1.VILLAGES PITTORESQUES DU QUÉBEC, Yves Laframboise - éd.de l’Homme 2.LES SÉLECTIONS DU SOMMELIER, François Chartier - éd.Libre Expression «r LE COUP DE COEUR 1.SOULEVEMENT DES ÂMES, Madison Smart! Bell - éd.Actes Sud 6722, rue St-Hubert, Montréal, Québec TéL: 274-7449- 274-2H70 Promenade Musique FRANCK (îODDK) / JKAX-PAliK DESRpCHjjgS C O RO CARRÉ MUI.TIMÉDIA - AIII.LEMÉDIAS ?RÉUNION DES MUSÉES NATIONAUX ¦ Cj.tlB ITIM ESTISSKMENT MÉDIA dia.Prix: plus ou moins 89,95 $.Par sa richesse, son élégance et son dépouillement stylistique, ce Rodin qui porte sur l’œuvre et la vie de l’un des plus grands sculpteurs du siècle est à classer parmi les meilleurs cédéroms publiés jusqu’ici.En clair, c’est un «must».On y entre de façon toute simple en se laissant guider ou encore en choisissant d’aborder le sculpteur par le biais de ses œuvres ou des textes qui les commentent.Mais quelle que soit la voie choisie, l’univers fascinant de celui que Rilke — qui frit son secrétaire avant qu’ils ne deviennent tous deux célèbres — considérait comme un Passeur au même titre que Saint-Christophe, s’impose dans toute sa complexité.Si l’on choisit d’abord la Visite guidée d’une trentaine de minutes, le personnage immense de Rodin apparaît comme une sorte de monument en lui-même à mesure que l’on traverse les jardins et les salles du musée qui porte son nom.En cliquant sur le bouton Œuvres, on peut le suivre tout au long des 18 chapitres regroupés autour de ses œuvres marquantes — de L’Âge d’airin jusqu’à ses dernières sculptures — grâce à une utilisation judicieuse de séquences vidéo et de photos d’archives de l’époque.Quant au bouton Livre, il permet à l’utilisateur de naviguer parmi plus d’une trentaine de chapitres révélant des moments charnières comme la rencontre de Camille Claudel tout aussi bien que les manies de collectionneur du vieux maître ou sa fascination pour le mouvement qui l’a mené à se lier tout aussi bien avec Nijinski qu’avec Isadora Duncan Partout les œuvres reproduites, les commentaires, les textes et le montage visuel sont d’une qualité exceptionnelle.Même la trame musicale semble avoir été dessinée sur mesure pour accompagner l’utilisateur dans sa visite.C’est en tout point une réussite qu’on mettra une bonne douzaine d’heures à parcourir.À défaut de visiter le Musée Rodin, voici ce qui s’en rapproche sans doute le plus.MUSIQUE DE CHAMBRE Collection Promenade en musique.Coproduction MilleMédias et Syrinx sur un texte de Anne Aubert Hybride PC (386 ou plus, Windows 3.1 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs) et Mac (Système 7.0 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: Periodica Multimedia.Prix: plus ou moins, 69,95 $.Voici un ouvrage étonnant.Graphiquement très séduisant, ce premier titre de la collection part du principe qu’une promenade est à la fois une distraction et un exercice.L’utilisateur y est convié à une écoute qui est loin d’être passive puisqu’il devra jouer allègrement de la souris pour suivre un personnage farfelu qui sert de guide dans ce véritable voyage à l’intérieur du petit ensemble type qui caractérise la musique de chambre, de la Renaissance à nos jours.Ce personnage animé qui fait un peu penser à Tati permettra de découvrir des textes à la fois clairs, précis et souvent drôles — ce qui ne va pas de soi, on en conviendra — expliquant six grandes périodes de l’histoire de la musique à travers les œuvres d’une vingtaine de compositeurs et près de 50 instruments.Rajoutez à cela des partitions que l’on peut suivre au moment où elles sont jouées, des explications sur la structure des pièces qui sont d’une pertinence à faire frémir les critiques musicaux — dans le cas du Concerto de Ligeti, par exemple —, sans parler des notes biographiques et historiques d’usage.C’est hallucinant de bonheur et de précision.Mais c’est surtout par l’intelligence de la navigation à l’intérieur de la matière de ce cédérom qu’on sera soufflé: chacune des périodes propose une rencontre des œuvres, des compositeurs et des instruments sur le mode à la fois sérieux et humoristique qui donne définitivement son ton propre à l’ouvrage.Il faut parler aussi des raffinements de parcours qui sont proposés: on peut ainsi, à tout moment, procéder à une «visite transversale» en regroupant, par exemple, les œuvres par thèmes — le prélude, le contrepoint, la danse.Il est aussi possible d’écouter séparément puis ensemble les interprètes d’une pièce, d’imprimer les notices biographiques ou de se promener d’une période à l’autre en suivant l’évolution d’un instrument.Bref, c’est fabuleux! Si vous désirez surprendre un ami mélomane, il est difficile de trouver mieux.VOYAGE SUR LE NIL Production Discovery Channel.Version française, Découvertes Multimedia; diffusion UbiSoft En version PC seulement (486 ou plus, MS-DOS 3.3 ou plus, Windows 3.1 ou plus, 8 Mo, 256 couleurs).Public visé: à partir de 10 ou 12 ans jusqu’à 99 ans.Distribution au Québec: Periodica Multimedia.Prix: plus ou moins 79,95 $.Si les voyages forment la jeunesse, il faut vous précipiter pour que vos enfants aient le plus tôt possible la chance de naviguer à travers le temps, des sources du Nil jusqu’à Alexandrie.Tout au long des 6500 kilomètres du voyage, le navigateur a devant lui la proue d’une felouque bercée par les flots et des instruments lui permettant d’approfondir chacune des phases du périple.Une carte d’abord, à laquelle on ré- 80 rp^taurant» i’.nv-ri vis XYZ éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 311 Téléphone: 525.21.70 • Télécopieur: 525.7S.37 Peut-on se régaler sans pour autant se ruiner?Bons plats, bons prix Bien manger le soir à Montréal pour 10$ ou moins VrmfSJ fère pour se situer sur l’ensemble du parcours, mais surtout une sorte d’ordinateur de poche que les concepteurs ont baptisé «diffuseur de média».Voilà un outil qu’on souhaiterait pouvoir trouver un peu partout.On y verra, consignée par ordre alphabétique, la liste des sujets abordés durant la descente; ces développements intéressants sur Louxor, le barrage d’Assouan, Néfertari, Aménophis ou même le culte d’Amon.sont présentés sous forme de textes récités accompagnés de photos ou de séquences vidéo.Il y a là des choses surprenantes: par exemple, un long développement sur les 12 phases de l'embaumement des momies, avec photos en couleur à l’appui.C’est toujours dans ce même bidule qu’on trouve la liste des visites détaillées que l’on peut effectuer tout le long du parcours, un index, les commandes pour imprimer et le bouton pour retourner à la felouque ou encore au journal de bord que l’on peut tenir en y notant ses impressions à côté des passages — photos, textes et vidéo — que l’on aura choisi de garder.Bref, ce truc est génial, j’en veux un! Les amateurs de jeux pourront aussi se taper une partie de Senet — l’ancêtre de backgammon — avec le pharaon ou encore reconstruire les statues du temple d’Abou Simbel après les avoir réduites en fronçons comme lors de la construction du barrage d’Assouan à la fin des années 50.On aura deviné que ce Voyage sur le Nil est une réussite exemplaire.Seul commentaire négatif; cela ne roule que sur PC.ine Mkm-Intcl DESTINATION ASIE CENTRALE DESTINATION CHINE DESTINATION INDE Collection Globe-trotter.Production et réalisation, Micro-Intel.Hybride PC (80486, Windows 3.1 ou plus, 8 Mo, 256 couleurs) et Mac (68020 ou plus, ou PowerMac, Système 7.0 ou plus, 8 Mo, 256 couleurs).Public visé les 14 à 94 ans.Distribution au Québec; Québécor DIL Multimedia.Prix: plus ou moins 34,95 $/ch.Quelle heureuse surprise! 11 y a déjà quelques semaines que les trois premiers titres de cette nouvelle collection sont tombés sur mon bureau et que j’y passe mes matinées et mes soirées.Mais ce sont des choses dont on ne parle pas trop.Maintenant que je sais tout sur la route de la soie, les Moghols et la mystique des tapis persans, que j’ai parcouru des paysages de rêves de l’Asie centrale jusqu’aux confins de la Chine, plus rien ne me retient.Précisons d’abord que ces trois premiers titres de la collection Globe-trotter s’adressent à un créneau jusqu’ici fort délaissé par les producteurs: celui des adolescents et des jeunes adultes.Pour une fois, on ne les convie pas à exercer leurs réflexes sur une piste GrandPrix, à arracher des tètes ou à exterminer des méchants extraterrestres; on leur propose plutôt de se servir de leur jugement et de leur curiosité.Voilà qui est déjà, en soi, révolutionnaire.Un peu sur le mode de La course autour du monde, Destination Asie centrale, Destination Chine et Destination Inde sont tous trois une invitation interactive à la découverte.Le schéma est simple.Vous êtes parachuté en Asie, en Chine ou en Inde.On vous accorde un budget, un appareil photo et des cartes du territoire.On vous donne aussi une mission et environ une semaine pour l’accomplir.De façon plus précise, on vous accorde le choix entre plusieurs missions que vous pouvez évidemment remplir l’une après l’autre ou même simultanément.Vous devez donc vous rendre sur le terrain et monter un re- portage sur, par exemple, le chamanisme dans Asie centrale, les minorités ethniques dans Chine, et le sacré dans Inde.Dans tous les cas, la mission est claire, l’itinéraire presque tracé.Pour étayer vos reportages, vous pouvez a tout moment consulter un matériel impressionnant: diaporamas, textes, cartes et plans détaillés, extraits musicaux à profusion.La signalétique est un peu complexe au début — les icônes cachés le sont parfois assez bien, merci — mais on s’y fait rapidement.Il faudra bien sûr vous déplacer un peu partout selon le reportage à effectuer et payer vos billets de train, d’avion ou d’autobus; votre budget et le nombre de jours alloués diminueront d’autant.Mais il est toujours possible de renflouer son compte en banque en visitant le guichet où vous devrez répondre à des questions sur le trajet parcouru.Lorsque vous revenez à votre point de départ — parce que vous avez tout en main, que vous n’avez plus de temps ou d’argent —, l’aventure est terminée.Inutile de préciser que l’on fait dans les trois titres des découvertes passionnantes, d’autant plus que rien n’est gagné d’avance.En tablant ainsi sur l’aspect ludique de l’apprentissage tout autant que sur l’exotisme, Micro-Intel réussit un coup de maître.La qualité générale des trois titres — graphisme, navigation, originalité, coefficient de difficulté —, risque tout simplement de catapulter la maison québécoise sur les rangs des grands joueurs internationaux.Chapeau.Claude Viliers m -g VERSAILLES LOUIS XIV ET VERSAILLES Collection «Claude Viliers raconte».Production, Arborescence.Diffusion, Havas Électronique.Hybride PC (486, DOS 5.0 ou plus, ou Windows 3.1 ou plus, 8 Mo, 256 couleurs) et Mac (LC ou plus, Système 7.0 ou plus, 5 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: Quebecor-DIL Multimedia.Prix: plus ou moins 69,99$.Au fil des années, on a élevé à Versailles un monument qui a fait se pâmer d’envie tous les grands du monde.Sur cet ancien étang marécageux où vécurent à la fin du XVÏÏ' siècle des dizaines de milliers de courtisans, on a construit une ménagerie, des jardins en perspective et détourné des cours d’eau pour alimenter d’innombrables fontaines.alors que les Parisiens n’avaient droit qu’à un demi-litre d’eau par jour.On y cultivait des figues toute l’année, des fraises, des raisins et des melons sous serre alors que la France crevait de faim.La Révolution française est née sous les dorures, les marbres polychromes, les jeux d’eau et les feux d’artifice, sous l’inconscience et le mépris que représentait aussi Versailles.Mais quel château! Et quel ouvrage magnifique! Sous des apparences toutes simples se cache un titre dont on ne saisit la remarquable complexité qu’une fois rendu au quatrième ou au cinquième palier de navigation! A travers un texte et des images qui nous font littéralement faire le tour du propriétaire, c’est toute l’histoire d’une époque qui nous est racontée.On y découvre, bien sûr, le château, ses architectes, ses jardins et ses pièces d’eau, mais on y aborde aussi la vie à Versailles au temps des courtisans avec tout ce que cela implique de rituel, de maniérisme et de froid calcul politique.C’est là, derrière les rumeurs de la cour et la musique de Lul-ly ou de Couperin — rendues par une bande sonore exceptionnelle — que l’on entre en contact avec la caste des privilégiés qui régnaient sur l’Europe.Comme le Roi Soleil avait un faible pour la guerre, c’est à Versailles qu’il trame toutes ses intrigues politiques et qu’on découvre le rôle qu’il a joué auprès des lettrés qui ont fait le prestige de la France pendant que ses armées dévastaient l’Europe.Le sous-chapitre dans lequel défilent Molière, Corneille, Racine, Lully et tous les autres est une pure merveille.On pourrait dire la même chose de tous ces petits détails qui sont partout brillamment mis en relief dans chacun des chapitres: la chaise percée de Louis XIV, les accidents de travail sur le chantier permanent du château, les perruques, les «mouches» et surtout l’ironie avec laquelle on illustre les rituels entourant la personne du roi.Tous les personnages de cette fastueuse époque sont clairement identifiés, les querelles littéraires, les «affaires», les guerres auxquelles ils ont pris part aussi.Bref, Louis XIV et Versailles est décidément une sorte de «somme multimédia» sur l'époque et sur le personnage.» I.!•: i) !¦: v o i it .i.k s s a m k d i !•: I I) I M A X < Il K S I) K ( !•; M II II K I !l !l li I) I hi La Grège secrete et magiqiie VOYAGE ACTA &M.M.E v e 1 o p p e ni e n I s fouillés sur les styles qui se sont épanouis là, de l’Antiquité jusqu’à Byzance, brillent aussi par leur clarté et leur pertinence.Quant au chapitre Nature et Mythologie, c’est un enchantement pur et simple qui nous fait comprendre comment a pu fleurir au milieu de ces paysages déchiquetés, entre le soleil et la mer, tout l’Inconscient du monde.Tout cela fait encore une fois regretter que ce cédérom ne s’adresse qu’aux propriétaires de PC.Ce qui est inadmissible.D’autant plus que VOYAGE EN GRÈCE -LA GRÈCE SECRÈTE El' MAGIQUE Coproduction ACTA et EMME Multimédia.Collection EMME Voyage Interactive.Exclusivement en ver- phique est particulièrement réussie et les commandes pour accéder à l’information, d’une grande simplicité.Voilà un ouvrage lumineux qui compte malheureusement deux prises contre lui: son titre mal choisi et son accès contrôlé.sion PC (486, Windows 3.1 ou plus, 8 Mo, 32 000 couleurs).Distribution au Québec: Quebecor-DIL Multimedia.Prix: plus ou moins 69,99 $.Les apparences sont parfois trompeuses.Alors que le titre de ce cédérom laisse d’abord croire à une sorte de visite touristique du «berceau de la civilisation occidentale», on a la surprise de tomber dans une remarquable étude de la culture de la Grèce antique à travers les vestiges qu’elle a laissés en cette terre bénie.L’ouvrage est divisé en quatre grandes sections — Athènes, les Styles, Nature et Mythologie, la Crète et les îles — qui réussissent, sur fond de sirtaki, de ciels bleus et de maisons blanches, à nous faire découvrir un univers d’une grande richesse abondamment illustré et très sérieusement documenté.Les quatre chapitres sont d’une indéniable qualité.Celui sur Athènes par exemple nous fait visiter la cité archaïque tout aussi bien que les vestiges des temples qui font encore le charme et le mystère de la ville moderne.Ailleurs, les photos prises dans le palais de Cnossos ou sur le site des fouilles de Théra, les remarques sur l’architecture et les dé- MilieMédia» «t Montparnasse Multimedia présentent r Le Jour J Normajndie 44 Olreetion historique : Ëddy Florentin Les Cent Joursw^yuin Normandie Ter return) rtc LE JOUR J - NORMANDIE 44 Un coffret de deux cédéroms.Coproduction Gaumont, Le Point, MilleMé-dias, Montparnasse Multimédia, VT-COM, Espace historique de la Bataille de Normandie, Club d’investissement Média, Archives du Ministère de la défense.Direction historique, Eddy Florentin.Hybride PC (386 SX, Windows 3.1,4 Mo, 256 couleurs) et Mac (Système 7 ou plus, 4 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: Periodica Multimédia.Prix: 69,95 $.Méfiez-vous! Voilà le genre de cédérom qui risque de vous forcer à mener une double vie.La petite vie ordinaire; tranquille, normale, dehors avec les enfants, surtout s’il fait beau, comme d’habitude.Et l’autre, secrète, cachée, seul(e) dans le noir devant votre ordinateur jusqu’aux petites heures de la nuit.On vous aura prévenu.Il faut d’abord dire que les producteurs de ce document ont vraiment mis le paquet: on retrouve là à peu près tout ce qui existe comme photos et comme bouts de film noir et blanc sur le débarquement des alliés en Normandie: à la fin de l’itinéraire, on verra aussi des documents visuels peu connus sur la résistance des Parisiens à la veille de la Libération.Mais partout, le constat est le même: la recherche, la qualité des documents sonores et visuels, la simplicité et l’efficacité de la navigation, tout cela frappe par son ton de grande unité.En entrant dans le premier des deux disques, une page sommaire offre deux possibilités majeures parmi une série de boutons de contrôle.Cela tient en deux mots: quand et où.Dans les deux cas, l’utilisateur est amené à choisir le gepre d’itinéraire qu’il veut effectuer: A partir d’une carte ou d’une série de photos, il peut programmer sa visite de façon à ne rien perdre des tout premiers moments de la planification de l’opération Overlord jusqu’à la Libération de Paris.L’itinéraire une fois choisi, la navigation est simple, les icônes à l’écran efficaces et sans flafla.Un petit reproche technique; la bande sonore des séquences vidéo qu’on nous offre un peu partout est parfois hachurée.Mais pour le reste.quelle merveille d’efficacité et de qualité! Les mêmes commentaires s’appliquent pour le deuxième disque qui, lui, propose plutôt de revisiter la Normandie d’aujourd’hui selon des itinéraires précis retraçant chronologiquement l’avance des alliés sur le champ de bataille.En fait, une des grandes qualités de ce coffret c’est qu’il réussit constamment à surprendre: l’utilisateur ne sait jamais quand on va lui offrir des explications supplémentaires sur une manœuvre, carte à l’appui, ou si le commentaire sonore va plutôt l’emmener dans une direction tout aussi complémentaire que différente.Encore une fois, on se plaît à rêver du rôle que pourrait jouer le cédérom quand on se remettra à enseigner l’Histoire dans nos écoles.LE VISUEL/DICTIONNAIRE MULTIMÉDIA TRILINGUE Production et réalisation, Québec/Amérique International d’après U Visuel de Jean-Claude Corbeil et Ariane Archambault Coproduction Québec/Amérique International, Havas édition électronique (pour l’Europe) et Macmillan Digital (pour les États-Unis).Hybride PC (80486 SX, Windows 3.1, Windows 95,5 Mo, 256 couleurs) et Mac (68030, Système 7.5,5 Mo, 256 couleurs).Distribution au Québec: Periodica Multimédia.Prix: 79,95 $.Ceux qui ne sont pas familiers avec la version papier du Visuel en seront quittes pour une surprise: voilà un dictionnaire sans mots! Enfin, presque.Même dans sa version papier, Le Dictionnaire visuel est d’abord et avant tout un recueil d’images (3 500) parsemées de petits points rouges et d’étiquettes (25 000 au total) qui maintenant s’affichent quand on approche la souris.Ces images sont regroupées en 28 grands thèmes qui viennent nommer dans ses moindres retranchements la civilisation de l’image dans laquelle nous vivons.Dans la version cédérom, on peut aussi entendre la prononciation des mots choisis en français, en anglais et en espagnol en enfonçant simplement la barre d’espacement du clavier.Voilà pour le premier choc.L’équipe dirigée par François Fortin a dû se rendre compte assez rapidement que la «logique» du multimédia n’est pas celle du livre: on ne tourne pas les pages de la même façon quand on est assis devant son ordinateur.Concrètement, cela signifie qu’il a fallu repenser la structure du Visuel en passant d’un média à l'autre.C’est ce qui fait qu’on trouve- ra ici une cinquantaine d'animations qui ne pouvaient pas figurer dans la version papier: les modes de formation des dunes de sable tout comme l’allure d’un cheval en course ou celle d’un plongeur en mouvement s’en trouvent ainsi précisés — on aura accès à la liste des animations en tapant le mot «animation» dans l'Index.Mais c’est d’abord et avant tout dans la façon dont les thèmes se développent que le travail a été fait de façon brillante.Prenons un exemple: le mot «architecture» qu’on peut taper dans l’Index ou encore retrouver dans l’écran des thèmes.Si vous êtes dans l’Index — auquel on peut accéder en tout temps —, vous trouvez aussi la liste des sous-thèmes et des illustrations disponibles.et l’on se retrouve d’une façon ou de l’autre dans la page-écran «Architecture».Dans la série d’images offerte, choisissons pour fin d’exemple l'image d’un centre-ville.En examinant l’image, on y remarque huit icônes + indiquant un développement possible; cliquons sur «édifice à bureaux».Une fois l’exploration de l’image terminée, cliquons sur «métro» et l’on se retrouve dans une station de métro du centre-ville de Montréal.Ce qu’il y a d’intéressant ici, c’est que cette image de la station de métro (ou celle du stade, de la cathédrale, etc) débouche sur un autre thème — ici celui des transports — dans lequel on peut aller se promener et qui ne fait pas partie du thème «architecture» que nous avions d’abord choisi.Voilà l’hyperlien permanent; c’est le deuxième choc.Méfiez-vous: vous pourriez y consacrer des dizaines de minutes sans même vous en rendre compte! Une fois les deux chocs assimilés et après avoir retrouvé tous les écrans parcourus en appuyant sur le bouton «Historique», l’utilisateur aura aussi l’occasion de se rendre compte du sérieux et du «pointu» de l’ouvrage; les images, ce n’est plus seulement pour les enfants.Le Visuel découpe notre monde en petites unités interreliées, ce qu’il est de plus en plus.C’est un monde qui se fie d’abord à ce qu’il voit et pour lequel l’image est la référence ultime.Cela devrait permettre d’espérer pour cette version multimédia du Visuel un avenir aussi brillant que celui de son grand frère en papier.INUIT Collection J’imagine le monde.Textes, Jean Malaurie.Coproduction Index+ et Montparnasse Multime- (i an Maul B (lia.Hybride PC (486, Windows 3.1 ou plus, 8 Mo, 256 couleurs) et Mac 1 (I£ 111 ou plus, Système 7.0 ou plus, 3,5 Mo, 256 couleurs).Distribution , au Québec: Periodica Multimedia.Prix: plus ou moins 79,95 $.On nous propose ici un vaste pano-J rama de la culture inuite, de la Sibérie à l’Alaska, en nous présentant le milieu, les rites et la «vie ordinaire» de ceux que l’on a longtemps appelé les Esquimaux.Six grands chapitres regroupent , l’ensemble du matériel proposé: Le , grand nord esquimau, Itinéraires de .Jean Malaurie, Atlas arctique, Ails et ¦ j mythologie, Explorateurs et conque- ,, rants, Les hommes du pôle.Ce voya- ,, ge fascinant est rempli de photos fabuleuses, de cartes, de textes et de récits nous faisant pénétrer dans la vie quotidienne de la grande famille «esquimaude».Du Groenland à l’Arctique canadien en passant par la Sibérie, c’est à une véritable découverte , ethnologique des peuples du cercle ,.polaire qu'on nous convie.L’organisation matérielle du cédé- U rom n’est toutefois pas un exemple de ,* simplicité étant donné la masse d’informations impressionnante qu’on y a entassées, mais on s’y retrouve après quelques tentatives d’apprivoisement.Détail non négligeable, on peut enregistrer sa visite et reprendre là où on ; avait laissé chaque fois que l’on retourne sur la banquise.Et attention: ,, lorsque vous délaisserez la souris pendant trop longtemps, le vent se mettra à siffler et la neige et la glace,.envahiront votre écran! Un seul petit reproche peut-être; le caractère un peu austère de l’ouvrage ; qui colle tellement à son sujet qu’on en ressort avec un bizarre de frisson dans le dos devant l’étendue de notre , ignorance./ / i.,.i* Venise DwauteJs 'aregrande a PORTRAIT "wXk7*T~ , ;V« « J | /Wt'Bîi.'.OOStlfft Les raid* de ht cii Utire 'TUrtrmAm •kl'édl tk* VOSSt&j-, .' s «auteur.AuroPontRAiT srttoro KOK/s Cohérence ri •jfSÜSftu.DHioportrali CfcE PRIX DE jKuiggafc La revue de littérature québécoise la plus lue internationalement Des chroniques sur le roman, la nouvelle, la poésie, l’autobiographie, le théâtre, les études littéraires ainsi qu'un dossier d’actualité littéraire et un portrait d’écrivain.' Super spécial: 50% d’escompte pour un abonnement d’un an! 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