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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1996-12-09, Collections de BAnQ.

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?Cahier spécial: Les Prix du Québec ?FONDÉ EN 1 9 1 0 ?K 8 e + T P s + T v y / T » it o x T o I $ I.K I.1! N I) I !» I) K (' K M 15 15 E I !) !) (i M O N T 15 E A l N " 2 8 7 ?I.X X XVII PERSPECTIVES Le tunnel maudit Né à l’époque du thatcherisme triomphant, Eurotunnel s’est transformé en cauchemar.Fallait-il que le plus gigantesque projet de construction jamais réalisé en Europe le soit par une société privée?En dépit d’une reprise partielle la semaine dernière, il faudra des mois avant que l’Eurostar, le TGV franco-britannique, ne reprenne son trafic normal de part et d’autre de la Manche.A deux semaines de Noël et alors que le déficit de la société prend des allures d’abîme, les actionnaires pouvaient souhaiter une meilleure façon de fêter la nouvelle année.Mais le plus surprenant, c’est qu’il aura fallu accumuler à peu près toutes les catastrophes imaginables pour qu’on ose se demander, dix ans plus tard, s’il était judicieux de confier le plus gigantesque projet de construction jamais réalisé en Europe à une société privée.C’était l’époque du thatchérisme triomphant.Plus d’un Britannique, sans compter quelques Canadiens, auraient troqué le profil de sa gracieuse majesté pour celui de la dame de fer sur leur monnaie nationale.On avait enfin trouvé la cause du déclin de l’Empire, pour ne pas dire cell,e du mal-être britannique.C’était l’État et ses crocs menaçants.Eurotunnel n’aurait jamais vu le jour s’il n’avait pas communié à la religion de l’heure: celle du «tout privé».Dix ans plus tard, le désastre est presque complet et il faudra des années à Eurotunnel pour restaurer un semblant de confiance.A la psychose des Britanniques de voir leur île enfin rattachée au continent s’est ajoutée la catastrophe financière.Le coût des travaux est passé du simple au double.Eurotunnel a ruiné dans l’aventure 750 000 petits actionnaires et les banquiers ont essuyé des pertes d’environ quatre milliards de dollars.Une enquête est aussi en cours, depuis le mois dernier, sur des spéculateurs qui auraient bénéficié d’informations privilégiées en 1994.Il ne manquait donc qu’un accident grave pour mettre en cause la sécurité de l’ouvrage.Celui-ci s’est produit dans des circonstances encore obscures alors qu’un wagon transportant des poids lourds a pris feu et fait exploser la paroi de béton du tunnel sur la moitié de son épaisseur.Si une enquête devait conclure que l’incendie est dû à une mauvaise conception des navettes réservées aux poids lourds, il faudrait revoir l’accord obtenu de peine et de misère avec les banques avant même qu’il ait été soumis aux actionnaires.Pour couronner le tout, la façon dont Eurotunnel a réagi n’inspire confiance à personne.La société s’est empressée de sous-estimer les dégâts.Pour calmer les esprits, ses dirigeants annonçaient une reprise complète du trafic quelques jours après.Plusieurs fuites d’experts ont finalement forcé la direction à avouer que les dommages étaient plus graves qu’elle ne l’avait laissé entendre.Comment s’étonner que la presse britannique ait fait ses choux gras des déclarations des passagers affolés?«Je me suis allongé dans un coin et me suis préparé à mourir», écrivait sérieusement le Guardian citant un routier anglais.Le recueil des articles britanniques consacrés à la tragédie remplirait plusieurs tomes d’encyclopédie.La presse anglaise n’a d’ailleurs pas manqué d’écorcher au passage les médias français.Car, ce qui a été érigé en catastrophe nationale en Grande-Bretagne passe dans l’hexagone pour une banale erreur d’aiguillage.Les Français en ont profité pour se féliciter du système d’évacuation et ironiser au passage sur les dangers du.métro londonien.Mais il y a au moins une question que l’on se pose aujourd’hui de part et d’autre: fallait-il qu’un tel projet soit administré par l’entreprise privée?«Une décennie plus tard, toute l’affaire est un fiasco», écrivait récemment The Observer.Le tunnel aurait dû être une société publique, poursuit l’hebdomadaire anglais, car «Les véritables bénéfices économiques de ce lien résident dans la valorisation des terres entourant le tunnel, les nouvelles activités économiques qu’il produit et les gains psychologiques et sociaux qu’offre une plus grande liberté de mouvement.Mais les opérateurs ne peuvent taxer ni les terres ainsi valorisées ni les nouvelles entreprises qui rendent le projet utile, Seul le gouvernement peut le faire.» Qui d’autre que l’État peut prendre en main un projet qui ne produira pas de profits avant un demi-siècle, demande l’éditorialiste.Le résultat est patent: les Britanniques, pourtant principaux utilisateurs du tunnel, n’ont toujours pas de voie rapide entre la Manche et Londres.Ajoutons à cela qu’il sera impossible de construire un autre lien terrestre — les experts prévoient que le tunnel sera rapidement saturé — avant l’expiration de la concession de j>7 ans accordée à Eurotunnel.A moins, bien sur, que l’État ne rachète la société! La réflexion britannique a vite trouvé un écho en France où l’on ne manque pas de se délecter des tourments qui assaillent les cousins britanniques.«Manifestement, le “tout privé” n'était pas, en l'espèce, la bonne solution», concluait la semaine dernière le quotidien parisien Le Monde.Sur les ruines encore fumantes du tunnel, Français et Anglais seraient-ils enfin sur le point de trouver un terrain d’entente?Christian R ion x ?.timtrt M É Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 1 Min: -6 T É 0 Québec Nuageux.Max: 1 Min: -6 Détails, page A 4 I N Agenda .A 2 Annonces .B 3 Avis publics .A4 Planète .B 4 Culture .B 8 Économie .B 2 E X Éditorial.A 6 Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Mots croisés.B 3 Télévision.B 7 LES ACTUALITÉS Le PLQ revient aux conditions de Meech, page A 2 LE MONDE La Cour suprême serbe donne raison à Milosevic, page A 5 L’ENTREVUE Pierre Falardeau, pour la suite du monde, page B 1 Les syndicats disent «non» Les centrales demandent de nouvelles offres à Bouchard SYLVAIN BLANCHARD ET MARIO CLOUTIER Les trois centrales syndicales annonceront dans quelques heures au premier ministre Lucien Bouchard qu’elles rejettent sa proposition et s’apprêtent à organiser une série de manifestations qui pourraient même aller aller jusqu’à la grève.C’est ce que Le Devoir a appris, hier soir, de source sûre.«C’est non.C’est totalement bloqué.Il n’est pas question de négocier sur la base de sa proposition (réduction du temps de travail et congé de cotisation aux régimes de retraite).Les représentants des centrales vont se réunir demain (aujour- d’hui) et demander une rencontre avec M.Bouchard pour lui expliquer pourquoi.Ça fait six ans qu’on fouille dans les payes des employés du secteur public, c’est assez.L’actuelle convention collective a nécessité plus de deux ans de négociations et prend fin en juillet 98.Que le gouvernement respecte sa signature».Pour donner le ton, une première manifestation aura lieu ce midi devant le siège social de la Banque Nationale (au 600 La Gauchetière à Montréal), histoire de dénoncer les profits des banques au cours de leur dernier exercice financier.Plusieurs rassemblements de ce genre auront également lieu ailleurs au Québec devant des succursales ban- caires.Le message des syndiqués : les banques gagnent des milliards, qu’elles fassent également des efforts.Tout cela survient à l’issue d’une longue fin de semaine de consultations et d’une ultime réunion intersyndicale impliquant les dirigeants,des six syndicats représentant les 400 000 employés de l’État.Les présidents des trois grandes centrales CSN, FTQ et CEQ, Gérald Larose, Clément Godbout et Lorraine Pagé ont discuté au téléphone à quelques reprises, hier.Il en a été de même pour Serge Roy (Syndicat de la fonction publique québécoise), Robert Caron (Syndicat des profes- VOIR PAGE A 8: SYNDICATS ypm.Josh Freed, mutant ou caméléon?JACQUES NADEAU.LE DEVOIR «Les Anglos ne veulent pas un retour à la domination de la langue anglaise», dit Josh Freed.Signe distinctif: l’humour Josh Freed est un caméléon ou plutôt un hybride.Peut-être est-il un mutant.La seule chose qui soit certaine, c’est qu’il est viscéralement montréalais.Il l’est avant d’être anglophone ou francophone.Signe distinctif?Il manie l’humour avec doigté.Avec ironie davantage qu’avec cynisme.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR osh Freed est un bonhomme physique- qu’il signe cette chronique très montréalaise ment grand.Il a 47 ans et des poils gris en bandoulière.Il a signé une douzaine de documentaires.Ce que les mauvaises langues appellent des «docu-cus».Les siens ont été diffusés sur les ondes de PBS, de la BBC, et de Radio-Canada.Avant, dans les années 70, il a fait passablement de journalisme, notamment pour le Montreal Star.Aujourd’hui, il tient une chronique d’humour qui jamais n’est tombée dans la chronique d’humeur.Cela fait huit ans VOIR PAGE A 8: FREED «Je serai le dernier anglophone de Montréal, celui qui éteindra l’ampoule» pour le quotidien The Gazette.Très montréalaise?Son terrain de chasse c’est le centre-ville de Montréal.Plusieurs de ses chroniques ont été rassemblées en un volume paru récemment chez Boréal.Le titre?Vive le Québec Freed.Il s’y moque.Non! Il se rit de nous, d’eux, de lui, mais surtout des failles.Des failles?Oui, des fossés, des hiatus énormes qu’il y a entre les politiciens, et les décisions qu’ils imposent, et la réalité.Ce qu’on LES ACTUALITÉS Bras de fer iY au Bloc V) ¦ Lire notre reportage, page A3 ?La Banque Laurentienne fait marche arrière La sécurité d'emploi serait maintenue, mais le syndicat refuse de commenter SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR La campagne annuelle des REER approchant à grands pas, le président de la Banque laurentienne, Henri-Paul Rousseau, a décidé de mettre de l’eau dans son vin et de garantir, notamment, l’emploi des 1600 syndiqués de l’institution, et ce, peu importe «le niveau de fonction» qu’ils occupent en ce moment.Une offre valable jusqu’au 19 décembre, après quoi la banque prendra des mesures «pour protéger les intérêts de sa clientèle et de ses actionnaires».Cette clause de sécurité d’emploi, que la direction de la banque voulait supprimer depuis le début des négociations il y a environ un an, serait donc maintenue dans la convention des employés mais à la condition que le syndicat accepte «des programmes volontaires de départ ou de réduction des horaires», ainsi qu’un «assouplissement des mécanismes de mouvement de personnel».Pour sortir les négociations de l’impasse, M.Rousseau offre en outre aux employés une réduction de la semaine de travail (sans perte de salaire), en plus d’annoncer la fin de la campagne de recrutement des conseillers financiers, «la banque ayant atteint ses objectifs à ce chapitre».210 des 1600 syndiqués de l’entreprise ont accepté cette offre de la banque (de devenir conseiller financier), un nombre «suffisant» pour permettre l’application du plan d’affaires de la banque, estime Henri-Paul Rousseau, qui garantit, de plus, à ces employés le droit de revenir sur leur décision (et donc de réintégrer leur syndicat) d’ici les douze prochains mois si tel est leur désir.Si, à première vue, le recul de la Banque apparaît important, il est loin d’avoir été perçu de la sorte par le syndicat, qui prétend n’avoir «jamais eu copie de ces nouvelles propo- VOIR PAGE A 8: BANQUE 1931, la première «Pléiade» La fameuse collection imprimée sur papier bible fut inventée par Jacques Schiffrin.À l’instigation de Gide, elle fut rachetée par Gallimard, dont elle porte depuis les couleurs.Soixante-cinq ans et quatre cent trente-deux titres plus tard, la tradition se perpétue, intacte.JOSYANE SAVIGNEAU LE MONDE Essayez d’inventer un livre réunissant les éléments suivants: luxe, petit format, référence, encombrement minimal, consécration.Impossible, n’est-ce pas?Pourtant, il existe, depuis soixante-cinq ans déjà.On l’admire, on le jalouse, on s’en irrite, on le collectionne: c’est «une Pléiade», comme on dit pour désigner un volume de la prestigieuse «Bibliothèque de la Pléiade».Cette collection est si fortement identifiée à l’éditeur qui la publie, Gallimard, qu’on ignore souvent qu’elle est née ailleurs, imaginée, en 1931, par un homme —Jacques Schiffrin — qui ne mesurait sans doute pas à quel point elle allait devenir mythique, constituant l’un des succès éditoriaux du siècle.Réussite commerciale et intellectuelle: on a vendu près de vingt-deux millions de volumes à ce jour.Une Pléiade, c’est à la fois une édition de référence, un objet de collec- tion, un cadeau toujours bienvenu, bref, comme le dit son plus célèbre slogan publicitaire: «La Pléiade ou la volupté de lire.» Au début des années 20,, Jacques Schiffrin, juif russe émigré à Paris, fondait les Éditions de la Pléiade.A cette aventure, soutenue d’emblée par André Gide — dès 1923 il préfaça un Pouchkine —, participait aussi Charles du Bos, qui souhaitait créer une «collection des classiques de la Pléiade».Elle ne vit pas le jour, mais en septembre 1931 sortait le premier volume de la «Bibliothèque de la Pléiade» — un Baudelaire — sur papier bible, au format 11 x 17,5 cm, relié en cuir vert, au prix de 45 francs.Onze autres allaient suivre jusqu’en avril 1933.Cette entreprise éditoriale étant manifestement trop lourde pour un petit éditeur, André Gide parvint à convaincre Gaston Gallimard de la racheter.Le 31 juillet 1933, Jacques Schiffrin et Gaston Galli- mard signaient un contrat aux termes duquel la «Bibliothèque de la Pléiade», dont Jacques Schiffrin demeurait le directeur, appartenait à Gallimard.VOIR PAGE A 8: GALLIMARD 778313000641 I.K I) K V OIK.I.K I.Il N I) I II I) K C K M K K li I !) Il (i A :* k C TIIA L’or blanc est arrivé PAUL CHIASSON PC M' ,.'K sül TtpSH8gf]a ¦Mrè*.¦ w •'/i .'4- < -wh/r-^c: SI MONTREAL a été relativement épargnée (photo), le centre et l’est du Québec ont reçu ce week-end plusieurs centimètres de neige.Ainsi, c’est Québec qui a reçu l’accumulation la plus importante avec 37 centimètres de neige.Ailleurs, l’accumulation devrait varier de 20 à 30 centimètres.Sur la rive nord du fleuve, entre Québec et la Côte-Nord, ces chutes de neige ont été accompagnées de vents forts, atteignant jusqu’à 109 kilomètres à l’heure à l’île d’Orléans, dans la région de Québec.Ces chutes de neige ont rendu la conduite automobile difficile en plusieurs endroits.Un précédent dans le domaine linguistique Unilinguisme français payant en Ontario La Commission des accidents du travail tient désormais compte de la langue PRESSE CANADIENNE Québec — La langue est un facteur qui entre maintenant en ligne de compte devant la Commission des accidents de travail de l’Ontario.Un bûcheron québécois blessé au travail en Ontario continuera de toucher des prestations d’accidenté parce que la commission a jugé que son unilinguisme français l’empêchait d’accepter un travail de concierge qu’on lui avait trouvé en remplacement de son poste original.Cette récente décision de la Commission des accidents du travail de l’Ontario constitue un précédent dans la reconnaissance des droits du français en Ontario.André Dumont, un bûcheron du Témiscouata, avait trouvé un emploi à Elk Lake (Nord de l’Ontario) pour un entrepreneur forestier ontarien.Il est blessé au travail en février 1992 et ses blessures à l’épaule l’empêchent de reprendre son travail réguÈèrement La loi ontarienne des accidents du travail, tout comme la loi québécoise, prévoit que l’accidenté doit accepter un travail de remplacement dans le cas où il ne peut reprendre son emploi original.On trouve donc pour M.Dumont un emploi de concierge et d’homme à tout faire au sein de la compagnie forestière qui l’embauchait Même si l’emploi est compatible avec la condition physique du travailleur accidenté, la commissaire Judy Cantwell, de la Commission des accidents du travail, a reconnu que l’unilinguisme de M.Dumont l’empêchait d’exercer convenablement la tâche qu’on lui réservait «Ce travailleur ne s’exprime qu’en français et le milieu de travail est anglophone.Il lui faudrait un compagnon de travail bilingue pour ses communications», constate la commissaire Cantwell dans sa décision datée du 28 octobre dernier.En conséquence, elle statue que M.Dumont n’aura pas à accepter le poste et ordonne que des indemnisations puissent lui être versées, à moins que l’on n’assigne à M.Dumont un compagnon de travail capable de lui servir d’interprète.En Ontario comme au Québec, la loi des accidents du travail précise en effet que le travailleur accidenté doit accepter un travail de remplacement compatible avec ses capacités et sa condition, s’il ne peut reprendre la tâche pour laquelle il avait été originalement embauché.Selon l’avocat québécois Marc Bellemare, qui défendait les droits de M.Dumont devant la Commission ontarienne, c’est la première fois qu’on tient compte des capacités linguistiques d’un travailleur manuel pour déterminer s’il peut occuper un autre emploi.Même au Québec, certaines décisions récentes de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) donnent à penser que le facteur linguistique n’est pas toujours pris en considération, estime Me Bellemare.11 a donné deux exemples: ¦ dans une décision de 1992, la Commission d’appel en matière de lésions professionnelles du Québec statue qu’un travailleur accidenté unilingue anglophone pouvait, en remplacement de son poste original, occuper un emploi d’agent de sécurité sous prétexte qu’à ce poste, il aura peu de contacts avec le public; ¦ une autre fois, le Bureau paritaire de révision a décidé qu’un travailleur accidenté peu scolarisé et dont la connaissance du français était très faible devait accepter le poste de commis-vendeur dans un magasin.L’inclusion de critères linguistiques dans les décisions des organismes d’indemnisation des travailleurs accidentés améliore le respect des droits de ces travailleurs, conclut l’avocat québécois.Casino, un treizième.PRESSE CANADIENNE Le plus gros casino du Canada ouvrira aujourd’hui ses portes dans la capitale des lunes de miel.Le Casino Niagara, construit dans un ancien centre commercial et parc d’attraction, deviendra en fait le 13' établissement du genre au Canada.Il n’y en avait aucun il y a sept ans, un seul il y a trois ans.L’industrie canadienne du jeu fournit maintenant du travail à 46 000 personnes et ses revenus bruts atteignent les 7,5 milliards — 12 fois ceux de l’industrie de la pêche commerciale.Wayne Thomson, maire de Niagara Falls, ne tarit pas d’éloges à l’endroit du nouveau casino.«On n’en trouve pas de meilleurs à Las Vegas», lanpe-t-il.A son avis, les bénéfices économiques d’un casino vont bien au-delà des millions de dollars directement versés dans les coffres des gouvernements provinciaux qui en assurent la gestion.«Quatre fleuristes de notre ville viennent de se partager un contrat de 200 OOO $, ce qui leur vaudra chacun 50 OOO $ rien que pour fournir des fleurs au casino, raconte-t-il.MEPHISTOM GOODYEAR ELEGANCE ET CONFORT a COUTURE GOODYEAR —1 un cousu solide de qualité LE CONFORT MEPHISTO intercalaire en mousse de latex pour une marche en douceur \mt MATIERES NOBLES 1 ET NATURELLES pour une parfaite hygiène du pied mm LES COI RS MONT - ROYAL Métro Ped (514) 845-3007 CENTRE EATON DE MONTRÉAL Métro Met,ill (514) 985-2297 Bras de fer au Bloc Duhaime, Chevrette, Turp et les autres réfléchissent et placent leurs pions JEAN DION LE DEVOIR Aucun candidat n’est encore officiellement en lice dans la course à la direction du Bloc québécois, mais déjà, de part et d’autre, on s’affaire à placer ses pions.Pas moins de trois aspirants possibles à la succession de Michel Gauthier, en plus de ce dernier, participaient hier à des événements publics, et il ressort de cette journée qu’en dépit d’appels répétés à l’unité des forces souverainistes, un bras de fer est amorcé dont l’issue reste hautement incertaine.A Joliette, le ministre des Ressources naturelles Guy Chevrette s’en est vertement pris aux «ragots de corridors» véhiculés par les médias — dont La Presse, qui rapportait samedi que le camp mené par l’ancien ministre Yves Duhaime, lui aussi candidat présumé, l’associait aux manœuvres ayant provoqué le départ de M.Gauthier.«Moi, les p’tites games de certains faiseux de coulisses qui disent que je suis à l’origine de ci ou de ça, ces fabulistes-là, ça ne m’intéresse même pas», a lancé M.Chevrette, qui participait à l’assemblée d’investiture du député bloquiste local, René Laurin.La course au leadership du Bloc, a-t-il poursuivi, «ce n’est pas une lutte contre quelqu’un.Ce n’est pas dans des ragots de corridors, ou dam des faiseux qui inventent n’importe quoi, comme dam La Presse, qu’on va trouver une solution.» Déchiré de son propre aveu et de celui de son entourage, M.Chevrette a affirmé vouloir poursuivre sa réflexion sur son avenir politique.Mais celle-ci tire ,à sa fin, et il annoncera demain sa décision finale.À cet égard, il a reconnu avoir été fortement ébranlé par la rencontre qu’il a eue samedi avec les militants de sa circonscription, qui lui ont unanimement demandé de demeurer en poste à Québec.«La question fondamentale, c’est où est-ce que, dam les circonstances, je peux le mieux servir.[.] Il y a toujours une balance devant moi avec un paquet d’arguments à gauche et un paquet d’arguments à droite, et le balancier va s’arrêter mardi», a-t-il fait savoir.Dans son allocution, le ministre a par ailleurs longuement rappelé l’importance d’un Bloc fort à Otta- wa, ainsi que d’un arrimage serré entre les deux partis souverainistes frères.«C'est dans la cohésion totale qu’on va continuer à gravir la pente, c’est dam le dialogue, dans la coalition entre Bloc et péquistes», a-t-il déclaré.S’il devait poser sa candidature, il y aurait cependant encore loin de la coupe aux lèvres pour M.Chevrette, même s’il est reconnu comme un organisateur de premier plan.C’est quYves Duhaime, qui se dit également toujours en réflexion, serait disposé à l’affronter.Et hier, à Outremont, M.Duhaime a fait valoir — comme en un défi?— que son ex-collègue avait un «rôle clé» au sein du gouvernement de Lucien Bouchard et que le premier ministre l’inciterait certainement à ne pas déménager ses pénates dans la capitale fédérale.Il a même invité les journalistes à «gager» sur le maintien de M.Chevrette à Québec.11 faut aussi compter, pour le moment, avec Daniel Turp, président de la commission politique du Bloc et candidat du parti dans Beauharnois-Sala-berry aux prochaines élections fédérales.Toujours hier, M.Turp, troisième homme en réflexion, s’est chargé de souligner que des candidatures péquistes ne seraient pas nécessairement souhaitables, et il en a profité pour écorcher au passage, sans le nommer, Jacques Parizeau.«Il est essentiel que le Bloc québécois conserve une autonomie par rapport au Parti québécois et il est également notamment indispensable que le futur chef du Bloc incarne l’ouverture sur les communautés culturelles et anglophones», a déclaré M.Turp dans un communiqué, ajoutant que le futur chef devra aussi posséder «une crédibilité pour expliquer le projet de partenariat aux Québécois et à l’ensemble des Cana-diem».Un portrait auquel, d’évidence, M.Parizeau ne correspond pas selon lui.Quant à cette candidature fantomatique de l’ancien premier ministre, elle continue de faire jaser.Mais deux députés du BQ présents à Joliette, Gilles Duceppe et Michel Bellehumeur, la rejettent, prétextant qu’il n’est pas l’homme de la situation.«Il remplit un rôle fondamental, je pense qu’il a un rôle très utile à jouer dans le débat actuel, mais à titre d’elder statesman, quelqu’un qui est au-dessus de la mêlée, hors de toute partisanerie», a indiqué M.Du- Élections à Pointe-aux-Trembles ceppe, qui se dit lui-même.en réflexion relativement à sa propre candidature au leadership.Par ailleurs, le caucus parlementaire du Bloc tiendra ce soir une réunion spéciale, question de discuter de la décision prise jeudi par le bureau de direction du parti et prévoyant le recours au suffrage universel des membres pour l’élection du prochain chef.Il appert que certains députés contestent cette procédure, qui leur enlève du poids et favorise une candidature prestigieuse de l’extérieur.Ils invoquent notamment les conditions particulières d’adhésion au Bloc — la formation étant par essence éphémère, ses membres sont membres à vie et n’ont pas à renouveler leur carte — et la constitution du parti, à l’encontre de laquelle irait une telle formule.Hier, le président de la commission électorale du Bloc et député d’Ahuntsic, Michel Daviault, a toutefois précisé que si les statuts du parti stipulent bel et bien que l’élection du chef doit être faite par les délégués au congrès (qui aura lieu à la mi-mars), celui-ci n’aura qu’«à ratifier le choix indicatif qui aura été fait».Et le chef sortant, M.Gauthier, qui dit trouver normal que des questions soient soulevées à cet égard, n’en a pas moins bien pris soin de prévenir qu’il défendrait avec la dernière énergie l’exercice qu’il a lui-même contribué à faire adopter.«On aurait pu prendre d’autres moyens pour décider de l'avenir de notre parti.J’ai choisi celui qui permet de répondre à un certain nombre d’objectiom et d’interrogations qu’on avait depuis la dernière course au leadership», a-t-il déclaré, faisant allusion aux carences de légitimité et de notoriété dont il souffrait après avoir été élu en vase clos par les 160 membres du conseil général du BQ, en février dernier.Le prochain chef, a poursuivi M.Gauthier, «doit être connu de la population de façon suffisante pour pouvoir diriger une campagne électorale de la façon la plus efficace possible, et on a mis en place une démarche qui va nous permettre de régler une fois pour toutes l’ensemble de ces problèmes qui nous agaçaient tous un peu».Et si certains élus, comme Michel Bellehumeur, craignent que le Bloc n’ait écarté un extrême que pour verser dans l’autre, d’autres, comme Gilles Duceppe, se disent prêts à vivre avec la décision.Le successeur de Bourdon est choisi aujourd’hui La campagne électorale n’a guère soulevé de passion PRESSE CANADIENNE C>est aujourd’hui que les 38 313 électeurs inscrits de la circonscription provinciale de Pointe-aux-Trembles, dans l’est de Montréal, vont aux urnes pour choisir le successeur du député péquiste Michel Bourdon.M.Bourdon a annoncé sa démission, en juin dernier à l’Assemblée nationale, pour raison de santé.Il avait été élu à deux reprises, aux scrutins de 1989 et 1994.Cette fois, les électeurs de Pointeaux-Trembles ont à choisir entre cinq candidats: Nicole Léger du Parti québécois, Bernard Lauzon du Parti libéral du Québec, Jacques Hébert d’Ac-tion démocratique du Québec, Daniel Pharand du Parti de la démocratie socialiste et Raymond Robitaille, du Parti innovateur du Québec.Précisément 38 313 électeurs ont droit de vote, après révision spéciale du recensement, et 855 d’entre eux ont déjà exercé ce droit, lors du vote par anticipation qui s’est tenu les 1er et 2 décembre derniers.La campagne électorale n’a guère soulevé de passion.La candidate péquiste Nicole Léger, perçue comme favorite, est la fille de l’ancien ministre péquiste Marcel PARCOURS MATHEMATIQUES GSM 122 MAT-2007-2 472 pages, 13,40 $ Noureddine Mnasri PARCOURS mathématiques.est une collection de manuels de mathématiques offerts aux adultes de langue française de niveau secondaire.Cette collection fournit les outils nécessaires à l’acquisition d’une formation professionnelle donnée, d’une formation collégiale ou d’une formation postsecondaire spécialisée.Les manuels ont été conçus de façon à ne pas vous laisser sans réponses ou encore démuni devant des notions ou certains types de problèmes qui vous demandent une réflexion plus approfondie.Il est très important pour vous de lire la SÉQUENCE que nous vous proposons au début de chaque manuel de la COLLECTION.LIDEC inc.4350.avenue de l'Hôtel-de-Ville Montréal (Québec) H2W2H5 Téléphone: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 Adresse internet : www.vigie.qc.ca/LIDEC ARCHIVES LE DEVOIR Nicole Léger, candidate du PQ, devrait emporter les élections partielles de Pointe-aux-Trembles, si l’on se fie aux sondages.Léger, encore bien connu dans la circonscription.En plus de parler de souveraineté, elle a proposé de travailler à ce que la circonscription obtienne sa part des retombées du sommet sur l’économie et l’emploi.De leur côté, les principaux opposants Bernard Lauzon (libéral) et Jacques Hébert (ADQ) misent sur le mécontentement à l’endroit du gouvernement Bouchard, au moment où celui-ci doit prendre des décisions difficiles à cause de la situation précaire des finances publiques.Ils espèrent qu’à l’occasion de cette élection complémentaire, les électeurs feront connaître leur désaccord face aux politiques gouvernementales.L’électorat de Pointe-aux-Trembles est à 92 % francophone, généralement de classe moyenne.Au plan économique, la fermeture des raffineries de pétrole a affecté du- rement la région.Les candidats cherchaient d’ailleurs des moyens de rentabiliser ces grands espaces industriels et d’attirer dans la région des entreprises et des emplois.Au référendum du 30 octobre 1995, les électeurs avaient voté à 61 % en fa- veur du OUI à la souveraineté-partenariat.Aux élections générales du 12 septembre 1994, le péquiste Michel Bourdon l’avait emporté avec 6000 voix de majorité sur son plus proche adversaire libéral.agréé* «tu Qu I.ORDRE DES COMPTABLES AGRÉÉS 1)1 QUÉBEC LES FÉLICITE CHALEUREUSEMENT LE TITRE DE COMPTABLE AGREE SE MERITE ET SEULS LES MEILLEURS V OBTIENNENT m oub EXCELLENTS *?lLT AI' QUÉBEC Patrice Ouimet, 4e au Québec Patrice Desilcts, Ier au Canada Université Concordia Ex-aquo Université McGill Caron Bélanger Ernst & Young Price Waterhouse 2e au Québec Sunil Hhilotra.5e au Québec Nathalie Uson, f 7e au Canada Université McGill Université Concordia Caron Bélanger Ernst & Young KPMG .1e ai Québec Kodolpli Maamari.6e au Québec Melissa Monk, Ex-aquo Ecole des Hautes Etudes Commerciales Université Concordia Lévy Pilotte Richter Usher & Vincberg 3e au Québec Justine Masse, 7e au Québec (Jerry Grigoropoulos, X à Ex-aquo Université de Sherbrooke Ex-aquo Université Concordia Samson Bélair/Dcloitte & Touche Raymond Chabot Martin Paré au Québec Philippe Tomie.7e au Québec Irena Piorkowski, Ex-aquo Université Concordia Ex-aquo Université Concordia Caron Bélanger Ernst té Young KPMG / A L'AVANT Nathalie Uson Melissa Monk Sunil Hhilotra Philippe Tomic iA L’md mufiàé avec : L’examen final uniforme des GA, I)c gauche à droite ; A L'ARRIÈRE : (ierry Grijjoropoulos Rudolph Maamari Patriec Ouimet Justine Masse Irena Piorkowski Patrice Desilcts I, K I) K V 0 I It .I, K I.II N I) I !» !» K C K M B It K I !» !» (i A 8 -?LE_ 4-—- ACTUAL;fES iBijOU.ts.XLS.GAMBARD Vente i t service technii|iie 630-A, rue Catheàrt.Montréal, centre-ville 866-3876 -BIJOUTIER AUTORISÉ ROLEX — m xx ÏWËT£ QVWée, éoAiRjée vœ sur.uAiBcee T)iSFOU(&CB EJj 2,0)10 1&S3&JEZ «6 PLACE 52,2.- COSMOS sl—; M /l\ EN BREF Un nouveau Prix du Québec À l’occasion de la remise des Prix du Québec 1996, la ministre de la Culture et des Communications, responsable de la charte de langue française, Louise Beaudoin a annoncé la création d’un nouveau Prix du Québec.Ce prix sera attribué à une Québécoise ou à un Québécois dont l’œuvre aura le plus contribué à l’amélioration de la qualité de la langue française.Les Prix du Québec, qui sont décernés annuellement, constituent la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans les domaines culturels et scientifiques.Rencontre Bouchard-UMQ (PC) — Plus de 200 élus des municipalités membres de l’UMQ se sont réunis d’urgence samedi à Montréal pour adopter un plan d’action visant à obtenir du gouvernement une marge de manœuvre qui leur permettrait d’éviter de hausser les taxes ou de diminuer les services aux citoyens.Ils ont été unanimes à dénoncer fortement l’attitude qu’ils ont qualifiée de méprisante du gouvernement à leur endroit, et à l’endroit des contribuables.Les élus auraient obtenu la confirmation du ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, que la direction de l’UMQ pourra repeontrer en privé le premier ministre Bouchard d’ici Noël.A cette occasion, l’UMQ ejntend convaincre le premier ministre de la nécessité que l’État consente à fournir des mesures qui permettront aux municipalités de dégager une marge de manœuvre leur assurant un meilleur contrôle de leur masse salariale.Vézina à la tête du MNQ _i> Québec (PC) — A l’issue de sa 51e Assemblée générale annuelle, qui avait lieu en fin de semaine, à Québec, le Mouvement national des Québécoises et Québécois reconduisait à sa présidence, pour un mandat de deux ans, Monique Vézina.En 1997, le Mouvement célébrera son 50 anniversaire.La présidente réélue a indiqué que les engagements du Mouvement s’inscrivaient en parfaite continuité avec les siens.Mme Vézina a précisé que le Mouvement entendait rester en première ligne pour promouvoir la souveraineté du Québec, en suscitant de nouvelles actions et en prenant une part active à celles qui s’organiseront à l’extérieur de ses rangs.Le MNQ soutient la nécessité d’abroger la loi 86.Les postiers en colère Ottawa (PC) — Le premier ministre Jean Chrétien a reçu la visite de 1500 employés de la Société canadienne des postes, hier, qui ont dénoncé la disparition prévue du service de distribution de circulaires et des 10 000 emplois qui s’y rattachent, en marchant de la colline du parlement jusqu’au 24 Sussex Drive.Le gouvernement cède aux lobbyistes de grandes entreprises de presse qui veulent s’accaparer le secteur de la distribution des circulaires, a dénoncé le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 91' étage, Montréal (Québec), H3A3M9.EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?(514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514)985-3551 La rédaction Au téléphone Par télécopieur Sur Internet Agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics et Au téléphone Par télécopieur Les abonnements (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) petites annonces (514) 985-3344 (514) 985-3340 Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Version internet (514) 278-6060 1-800-563-5665 Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue de Bleury.9* étage.Montréal (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec.SYNDICATS Un régime de retraite, c’est sacré SUITE DE LA PAGE 1 sionnels du gouvernement) et Jennie Skene (Fédération des infirmières et des infirmiers du Québec).Tous demandent au gouvernement qu’il leur soumette de nouvelles offres.Les syndicats craignent de créer un dangereux précédent en permettant au gouvernement de financer la réduction de la semaine de travail avec les éventuels surplus des régimes de retraite, auxquels seuls les employés de l’État cotisent En outre, les dirigeants des 400 000 employés du secteur public refusent de se présenter à la table de discussion 18 mois avant l’échéance des conventions et seulement un an après les dernières négociations.Dire oui maintenant, selon une source syndicale, «ce serait permettre au gouvernement de se servir du grattoir syndical à chaque fois que le dos lui piquerait dans le futur».Les syndicats croient également que le premier ministre Bouchard n’a pas dit son dernier mot et qu’il pourrait faire d’autres offres plus sensées aux employés de l’État.Sinon, ils lui laisseront «l’odieux d’imposer sa proposition par décret».On demande toujours, du côté syndical, de considérer autant les revenus que les dépenses pour permettre au gouvernement Bouchard de faire des compressions budgétaires d’environ trois milliards l’an prochain.La réduction de la semaine de travail, de 35 à 32 heures, permettrait au gouvernement de récupérer près de la moitié de cette somme.Aux yeux du premier ministre Bouchard, cependant, la proposition gouvernementale du 13 novembre reste «le morceau le plus important» sur la table de négociation.On y a ajouté un programme de retraites anticipées avantageux, mais celui-ci ne concernerait que très peu de gens parmi les employés du secteur public.La plus grande concession du premier ministre Bouchard, jeudi, dans son message aux syndicats, était d’admettre son ouverture à discuter du problème dans son ensemble, c’est-à-dire en considérant également les revenus du gouvernement québécois.Par contre, il est clair que l’on n’acceptera jamais, comme l’a souvent répété le ministre des Finances Bernard Landry, de négocier le budget de l’État avec les syndicats.Devant ces deux positions inconciliables, celle de M.Bouchard, qui tient mordicus à la réduction du temps de travail, et celle de leurs membres, qui considèrent leur régime de retraite comme «sacré», les dirigeants syndicaux ne peuvent que constater que la proposition gouvernementale est «inacceptable».Du côté du gouvernement Bouchard, deux rencontres du caucus de l’aile parlementaire auront lieu ce soir et demain, mais le premier ministre devrait convoquer une réunion spéciale du conseil des ministres ou, à tout le moins, rassembler les huit ministres du comité des priorités dès aujourd’hui.Dans le camp syndical, les manifestations se poursuivent.Samedi, le ministre de la Santé, Jean Rochon, a rebroussé chemin devant des syndiqués en colère à Laval et la CSN a réuni, en pleine tempête de neige, environ 8000 syndiqués devant l’Assemblée nationale.Le président de la centrale, Gérald Larose, a déclaré à cette occasion qu’un «coup de force dans les secteurs publics représenterait un coût socfal exorbitant».A noter enfin que la Fédération des affaires sociales (FAS-CSN) et la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) se prononceront demain sur un mandat de débrayage de 24 heures qui pourrait être déclenché au moment jugé opportun par les dirigeants.Tout laisse croire que cela sera avant Noël.t Dire oui maintenant, «ce serait permettre au gouvernement de se servir du grattoir syndical à chaque fois que le dos lui piquerait dans le futur» BANQUE SUITE DE LA PAGE 1 sitions, et ce, malgré deux rencontres informelles avec la direction la semaine dernière».«Im banque négocie à travers les médias et c’est inacceptable, dit Serge Ca-dieux, porte-parole des syndiqués de la Banque Laurentienne.Il n’a jamais été question de tout cela à la table de négociation.Jamais.J'ai reçu, samedi, par télécopieur une proposition dite globale qui ressemble au document que vous avez en main, mais qui comporte des différences importantes.Par exemple, le document que j’ai ne spécifie pas que les conseillers financiers pourront réintégrer le syndicat au bout d’un an.On nous parle aussi de la création d’une nouvelle fonction — les agents conseils — mais personne ne sait exactement de quoi il est question [le président de la banque a d’ailleurs eu bien du mal, hier, avec les journalistes, à être clair sur ce sujet].C’est de la mauvaise foi.Et je ne commenterai certainement pas un document que je n’ai pas reçu.» En conférence de presse, Henri-Paul Rousseau, a prétendu que ce document ne contenait «rien de neuf» pour le syndicat et que «tout ce qui est écrit là-dedans a été dit et répété à plusieurs reprises aux négociateurs syndicaux, à quelques exceptions près».Pour Serge Cadieux, «ces exceptions» pourraient cependant être «importantes».«Mais là n’est pas la question, s’empresse-t-il d’ajouter : la Banque a délibérément ignoré le comité de négo pour négocier directement sur la place publique.Et ça, je ne le prends pas.» Les pourparlers officiels entres les parties sont rompus depuis le 21 novembre.Mais le 2 décembre, soit lundi dernier, Robert Teasdale, vice-président aux Ressources humaines de la Banque Laurentienne, a avisé l’exécutif syndical qu’il était prêt à relancer les discussions.«Mais il ne savait pas comment, nous a-t-il avoué.Je lui ai donc rappelé, explique Serge Cadieux, nos exigences avant de retourner à la table, soit le statu quo sur la clause de sécurité d’emploi et le statut de syndiqué pour les conseillers financiers.Il a refusé.» «Puis, jeudi, il m'a invité à le rencontrer au Reine-Elizabeth.Im, il a avancé une proposition qu’il a cependant refitsé de présenter officiellement au comité de négociation.Une proposition qui ressemble à celle que vous avez entre les mains.» «Puis, le lendemain, vendredi en fin de journée, Teasdale m'a pressé de le rencontrer samedi pour discuter d'une proposition globale, à prendre ou à laisser avant dimanche.Il savait que c'était impossible pour moi de le rencontrer cette joumée-là.Et voilà que cette proposition se retrouve sur la place publique.» On se rappellera que depuis la mi-novembre les cadres de la Banque Laurentienne «invitent», parfois avec zèle de l’aveu de plusieurs, tous les employés syndiqués (ils sont 1600, en majorité des caissières) à signer un document faisant d’eux des conseillers financiers, un poste de cadre (non syndiqué) rémunéré en partie à commissions et qui consiste à guider la clientèle dans les méandres des fonds mutuels et des divers produits financiers.Un document controversé, qui a provoqué la colère du syndicat et l’inquiétude de ses membres dès l’instant où des cadres de l’entreprise ont commencé à prévenir les employés qu’à défaut de signer ce document, la banque serait contrainte de fermer des dizaines de succursales et de licencier des centaines d’individus.Or, les 210 personnes qui ont accepté cette offre perdent, à compter d’aujourd’hui, leur statut de syndiqué et se lancent dans un programme de formation dont la réussite est la condition du maintien de leur nouveau poste de conseiller financier.Selon le syndicat, 80 % des employés qui, dans le passé, ont suivi ces cours y ont échoué: la direction, elle, prétend exactement le contraire.FREED «Au fond nous sommes une nation d’avocats» SUITE DE LA PAGE 1 appelle le ras du bitume.Prenez la langue française et les anglos.Il a écrit une chronique intitulée La Tueuse d’apostrophes et le bagueul.C’est en fait la transcription d’une conversation téléphonique entre lui et une fonctionnaire de l’Office de la langue française.«jBagel, je bredouille.Est-ce que bagel est légab, je veux dire légal?-Ah le bagel, s’écrie-t-elle [la fonctionnaire] avec un enthousiasme inattendu.Nous avons justement une nouvelle règle depuis la semaine dernière.J’entends un bruit de feuilles remuées, puis elle me revient tout excitée, au téléphone.-Oui, monsieur! Je suis heureuse de vous le dire, le mot est maintenant autorisé! C’est un nom masculin, dérivé du yiddish bay-gel.Cependant l’Office recommande un changement d’orthographe.En français, «bagel» se prononcerait normalement ba-gelle et non pas bagueule.LOffice recommande donc d’écrire le mot B-A-G-U-E-U-L.-Bagueouelle?-Non, monsieur, répond patiemment madame la Fonctionnaire de la Langue.Vous devez prononcer le son «eu», comme dans «gueule.» -Bagouuule.-Non, non monsieur! Eueueuh, comme gueule.Ba-gueueu-le.Essayez encore, c’est un son difficile pour un Anglais.-Eueueuh.La bouche en cul de poule, je finis par y arriver: «Æa-gueueule.Mais personne ne saura de quoi je parle?» -Voyons, monsieur, me répond-elle en riant, tout le monde au Québec commît les baigueulles.Cest absolument délicieux.» Délicieux, c’est pas sûr.Le bagel, c’est lourd, c’est.Mais là n’est pas la question.Là n’est pas le sujet Où est-il?La morale de cette histoire, de cet entretien que Josh Freed a eu avec cette fonctionnaire comme avec d’autres fonctionnaires, «c’est que les Montréalais et tous les Québécois sont beaucoup plus civilisés que ne le pensent les politicietis.Je peme qu’une persomie comme Louise Beaudoin a peur de la civilité des Québécois.Elle n’a pas foi en la souplesse des Québécois.» Et Galganov?«Lui c’est lui.Il n’y en a pas beaucoup.Vous savez, je ne sais pas si c’est parce que je suis l’optimiste officiel de la communauté anglophone mais je crois pouvoir dire que les anglophones de Montréal veulent un Québec français.Us ne veulent pas écraser le français parce qu’ils sont plus conscients qu’ailleurs au Canada que c’est ça, au fond, qui nous distingue des Américains.Nous avons le sentiment que si le Québec se sépare, il y aura américanisation du Canada.Tout ce que l’on veut, c’est une petite place pour notre langue dans des quartiers comme Côte-Saint-Luc.Les Anglos ne veulent pas un retour à la domination de la langue anglaise.» Les anglophones, les francophones, les Québécois, les Canadiens, les Montréalais, lesTorontois, eux, vous, nous, bref tout ce monde qui vit entre Halifax et Vancouver se distingue de tous les autres mondes qu’il y a dans le monde par ceci: «Au fond nous sommes une nation d’avocats.Nous sommes les meilleurs légalistes du monde.Le drame c’est qu’on use ces talents sur deux choses qui ne sont pas importantes: la Constitution et le stationnement.» Le stationnement.On va y revenir.La Constitution?«Ecoutez, la plus belle comtitution jamais écrite fut la Constitution soviétique.Je l’ai lue.Tout avait été prévu.L’égalité des femmes, des minorités, des enfants, c’était le bonheur sur papier.La réalité?Une catastrophe et des millions de morts.Prenez maintenant la Grande-Bretagne: ils n’ont pas de constitution et ne s’en portent pas plus mal.» Mais le stationnement, qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans?«D’un côté, les règles du trafic automobile sont telles qu’en fait la circulation à Montréal est totalement chaotique.C’est anarchique.De l’autre côté, nous avons développé des règles de stationnement qui font que vous avez plus de chances d’avoir une contravention si vous vous garez au bord du trottoir qu’en double file.» Et vous constitutionnellement parlant, c’est quoi votre truc?«Je ne comprends pas pourquoi le Québec veut être une société distincte comme je ne comprends pas pourquoi le Canada refuse la société distincte.» Mais c’est totalement schizophrénique?«Je crois que cette névrose est constante depuis le jour où Daniel Johnson a dit: égalité ou indépendance.Ce jour-là, on a divisé la personnalité des Québécois en fieux.» C’est un peu court comme définition, non?«Ecoutez, lorsque je vais à Toronto j’aime aller dam un quartier qui s’appelle l’Annexe.Il comprend six à sept rues.C’est là que vous allez trouver des bistrots, des petits restaurants, des cafés, des épiceries sympathiques.Il y a vingt am, il n’y avait rien de cela.Savez-vous qui a fait de ce quartier ce qu’il est, soit un quartier plein de vitalité?Des anglos montréalais qui rêvent souvent de Montréal.» Et alors?«Cela m’enrage plus que tout le débat comtitution-nel.À chaque fois que j’y vais, je me dis dis: Toronto nous vole notre business, notre vitalité.C'est une ville qui se bâtit avec notre énergie.Je ne le digère pas.Toronto, c’est bien différent de mentalité.C’est beaucoup plus protestant.Là-bas, penser poser une bombe est un crime pour lequel vous serez puni pendant 200 ans.Ici, au bout de 25 am c’est comme oublié.» Mais si le Québec devient indépendant, que ferez-vous?«Moi, descendant de juifs qui ont quitté la Russie il y a un siècle, et qui suis devenu un anglo de souche dam les années 60 en allant dam les écoles protestantes parce que les écoles catholiques nous refusaient leurs portes, et bien je serai le dernier anglophone de Montréal.Je serai celui qui éteindra l’ampoule.» Une dernière petit chose, Vive le Québec Freed est un petit délice de 182 pages.Pourquoi donc?Parce que Tous les chemins mènent à Iberville.Pardon! Lisez ne serait-ce que cette chronique contenue dans ce recueil.Vous verrez alors notre réalité.GALLIMARD Faire coexister des éléments opposés SUITE DE LA PAGE 1 Dans les archives de Gallimard, on peut suivre les traces de «l’épopée» de la Pléiade, d’un entretien de Jacques Schiffrin dans Toute l’édition, le 16 septembre 1993, à l’excellente étude d’Alice Kaplan et Philippe Rous-sin parue cette année dans le numéro 89 de la revue Yale French Studies sous le titre «A Changing Idea of literature: the Bibliothèque de la Pléiade».«Il ne faut pas m’attribuer plus de mérites que je n’en ai eus» dans l’invention de la Pléiade, expliquait Jacques Schiffrin, faisant allusion aux Anglais et aux Éditions d’Oxford, qui lui avaient donné l’idée des livres sur papier très mince.«Mais, comme toujours lorsqu’il s’agit d’une nouveauté, j’ai dû vaincre bien des résistances.Le lecteur français, me disait-on, n’aime pas le livre relié [.].J’ai voulu faire quelque chose de commode, de pratique [.].Je crois en effet que nos livres peuvent rendre quelques services.Et je suis touché par la fidélité sympathique que leur manifestent les jeunes gens.Nous avons d’autres lecteurs, cela va de soi, notre collection étant une collection de culture, mais c’est la jeunesse qui forme le fond de notre clientèle.Pour moi, j’y veux voir un signe.[.].Nous pouvons éditer une dizaine de volumes par an.C’est une moyenne fort raisonnable.» Dix à douze Pléiade par an: c’est le rythme de production actuelle.Des livres beaux et pratiques, disait Schiffrin.Une collection de culture.Là aussi, on peut remarquer une grande stabilité à travers le temps.Si l’on parvient à convaincre le très mystérieux et très cultivé responsable des archives de Gallimard, Jean-Pierre Dauphin, de montrer la Pléiade Edgar Poe de mars 1932, on croit avoir en mains un livre d’aujourd’hui (mais le cuir est plus doux au toucher).La reliure de Poe était verte, comme celle de Musset et de Baudelaire.Racine et Molière étaient en rouge; Laclos, Rousseau, Stendhal, Voltaire en bleu.Désormais, chaque couleur de reliure correspond à une période historique.«Vert antique» pour l’Antiquité, «violet» pour le Moyen Age, «marron corinthe» pour le XVI' siècle, «rouge vénitien» pour le XVII', «bleu» pour le XVIII', «vert émeraude» pour le XIX' «havane» pour le XXe.La Bible et le Coran, sont eux, reliés en gris.Et pour intriguer les collectionneurs, des raretés: des éditions de Péguy et de Bossuet reliées en cuir blanc, «sam que l’on sache à quelle occasion ces livres ont été aimi faits», précise Jean-Pierre Dauphin.Si la Pléiade est fidèle au rêve de Jacques Schiffrin, elle fonctionne depuis plus ,de 50 ans sans lui.Dès la fin de 1939, il a émigré aux États-Unis, y fondant Pantheon Books (maison reprise plus tard par son fils André), où fut publiée l’édition originale d’un complément au Journal de Gide, dans un volume qui ressemblait beaucoup à une Pléiade.La direction de la collection fut reprise par Raymond Gallimard, qui dut régler un conflit financier avec Schiffrin, celui-ci souhaitant que lui soit reconnue, par des dividendes, la paternité de «l’idée Pléiade».Pendant l’Occupation, on continua, au ralenti, de publier des Pléiade (jusqu’à la pénurie de papier de 1943), reliées en carton (que les collectionneurs viendront échanger contre des reliures en cuir, après la guerre).Mais le programme de publication eut à souffrir quelques changements.Ainsi, pour 1940, il prévoyait Platon, Chateaubriand et Montesquieu.Au lieq de cela, on eut Péguy en 1941, Platon et Goethe en 1942.A la Libération, en 1945, la première Pléiade fut celle de Mallarmé, avec une préface d’Henri Mondor.Après-guerre, la collection prend son rythme de croisière.Raymond Gallimard la dirige jusqu’en 1966, assisté d’abord de son fils Michel (mort en 1960 dans l’accident de voiture qui coûtp aussi la vie à Albert Camus) puis de Jean Ducourneau.A Raymond succède Robert Gallimard, assisté de Pierre Buge jusqu’en 1987, puis de Jacques Co-tin, qui vient de prendre sa retraite.Si la Pléiade demeurait.dans les années 50, cette «bibliothèque de l'admiration» chère à André Malraux (qui fut le deuxième auteur à y entrer de son vivant, en 1947, après Gide, en 1939), avec de prestigieux préfaciers (Gide pour Shakespeare et Goethe, Giono pour Machiavel, Camus pour Martin du Gard, Caillois pour Montesquieu et Saint-Exupéry), elle était concurrencée sur le plan scientifique par les Classiques Garnier, qui occupaient le champ universitaire.Pierre Buge, venu des Classiques Garnier, regagna le terrain perdu, en ces années 60 si propices au travail sur le texte.Sous sa direction, on vit apparaître des appareils critiques exceptionnels en qualité et en quantité, jusqu'à devenir démesurés et à provoquer une forme de rejet de la part des lecteurs non universitaires.Le pari de la Pléiade a été, d’emblée, de faire coexister des éléments opposés, comme la reliure luxueuse et le format de poche.Son succès se manifeste en dépit, ou à cause, de ses contradictions: impossible de contenter à la fois les chercheurs, les collectionneurs, les fous de lecture qui veulent seulement beaucoup de texte en un petit volume.Cela semble désormais faire partie de sa réussite: il y a toujours quelqu’un pour s’agacer d’une Pléiade.Certains se plaignent de l’excès de notes et variantes; d’autres, des Pléiade composées par les auteurs eux-mêmes, qui rêvent d’entrer vivants dans ce panthéon mais ne veulent pas subir la loi de l’édition critique (ont été publiés de leur vivant — outre Gide et Malraux — Claudel, Montherlant, Saint-John Perse, Julien Green, Marguerite Yourcenar, René Char, Julien Gracq, Eugène Ionesco, et, ces jours-ci, Nathalie Sarraute [n° 432], Céline, en 1961, est mort alors que son premier volume était en cours de fabrication.Quant à Aragon, l’édition a été mise en chantier de son vivant, en 1978, mais la publication ne débutera qu’en 1997); Plus on respecte la fonction de consécration de la Pléiade, plus on déplore certaines absences.Chacun, bien sûr, a sa propre liste.Pourquoi Prévert avant Aragon, Ponge et Michaux?Pourquoi Melville si tard, et toujours pas Henry James.La Pléiade, mystérieusement, suscite toutes sortes de «fanatismes».L’Agenda de la Pléiade (depuis 1986) est devenu un «objet chic».Les albums Pléiade, qui proposent unë iconographie commentée d’auteurs de la collection, sont la proie des collectionneurs.Publiés chaque année depuis 1960 (sans réimpression), ils sont offerts, à l’occasion de la Quinzaine de la Pléiade, à tout acheteur de trois volumes.Le Balzac de 1962 (en 1960, l'album était un dictionnaire des auteurs de la Pléiade, et en 1961, une anthologie sonore des poètes du XVT siècle) se négocie autour de 3000 francs, devant Rimbaud, Hugo et Proust (autour de 2000 francs).Mais l’hommage le plus spectaculaire fait à la collection créée par Jacques Schiffrin demeure certainement celui de Francis Arbousset, qui n’a jamais manqué l’achat d’une Pléiade.En 1990, quand la querelle entre les héritiers Gallimard imposa une redistribution des parts, il a pris une participation de 1 % (dix millions de francs) dans le capital de la maison.Quel créateur de collection, même dans ses rêves les plus optimistes, pourrait imaginer pareil geste?A1C
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