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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-04-10, Collections de BAnQ.

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F 0 N I) E 19 10 LE DEVOIR V 0 i.I.X XXVIII N" 7 7 M 0 N T R E A I,, I.E -I E II I) I I 0 A V II II.10 0 7 8 8 c + T i' s + t v y / T o n N T » I $ PERSPECTIVES Au-delà du réel N’ajustez pas votre appareil.Vous entrez présentement dans le «twilight zone», la quatrième dimension, le «nowhere land» des relations Québec-Ottawa où tout est permis, mais rien n’est possible.A la veille du déclenchement des élections fédérales, le contentieux entre les gouvernements fédéral et provincial se dirige tout droit vers un cul-de-sac politique.Rien ne va plus dans les négociations Québec-Ottawa sur les commissions scolaires linguistiques, la formation de la main-d’œuvre et la guerre des motards.Le provincial est en position de demande, le fédéral a montré des ouvertures.Mais, après des mois, voire des années de discussions, rien n’est réglé et on se renvoie la balle à qui mieux mieux dans une partie de tennis politique où qui perd gagne.A Québec, pourtant, le gouvernement péquiste reste confiant parce qu’il dit ne pas porter le fardeau de la preuve dans l’historique des négociations avec Ottawa.D’abord, les commissions scolaires linguistiques.Malgré un revirement qui semblait spectaculaire hier à l’Assemblée nationale, en faveur d’un consensus comprenant cette fois l’aile anglophone du Parti libéral du Québec, l’échange de la patate chaude n’est pas fini.Lors de la dernière rencontre Dion-Brassard, le ministre fédéral avait souligné l’importance de l’opinion du PLQ pour le consensus québécois.Quelques semaines plus tôt, le bureau du ministre des Affaires intergouvemementales avait d’ailleurs fait connaître son incompréhension de la position libérale provinciale dans ce dossier.Maintenant, le PLQ lui renvoie la balle par un smash dévastateur de son leader anglophone Thomas Mulcair.Moyennant un amendement, les parlementaires anglophones font partie du consensus québécois.A vous de jouer, M.Dion.Mais le tennis se joue à deux et il faut apprécier la finesse d’exécution du gouvernement du Québec qui, dès le 21 janvier, en annonçant sa décision de demander une modification constitutionnelle, a tout fait pour embarrasser ses adversaires fédéraux.Le PQ n’a jamais aimé l’idée d’utiliser la constitution canadienne pour arriver à ses fins, mais l’occasion de tester Ottawa était trop belle, et ce, même si plusieurs spécialistes lui recommandaient la solution Proulx-Woehrling, plus rapide et efficace.Au sein du cabinet Bouchard, les joueurs ne partagent cependant pas tous la même habileté, comme le démontre depuis quelque temps le ministre de la Justice Paul Bégin.Il n’y a pas si longtemps, son gouvernement s’opposait à une loi antigangs; désormais, il combat en faveur d’une loi, nuance, antimotards.Avant-hier, M.Bégin brandissait un projet de loi qu’il faisait parvenir au gouvernement fédéral.Hier, devant l’accueil tiède de son vis-à-vis Allan Rock, il ne parlait plus que d’un projet de projet de loi, voire un projet de texte.En fait, les abrupts changements de cap du ministre de la Justice cachent mal des choix politiques.En voulant forcer la main du fédéral et en se rangeant aux côtés du Bloc québécois, Québec a maladroitement cherché à marquer des points.La grogne publique souffle en direction d’une loi antigangs, le gouvernement péquiste virevolte et la réclame aussi.L’urgence de la situation reste cependant de mise et il faudra voir la semaine prochaine jusqu’où le ministre fédéral Allan Rock est prêt à aller pour se gagner des votes au Québec.Sans avoir totalement le champ libre, il a du moins beau jeu devant un adversaire souverainiste n’ayant guère rien de mieux à offrir que ses références françaises.Enfin, dans le cas de la formation de la main-d’œuvre, l’échange Ottawa-Québec qui traîne depuis le plus longtemps, les négociateurs se sont parlé il y a quelques jours, mais aucune nouvelle rencontre n’est prévue sous peu.«On attend un signal du gouvernement fédéral», a déclaré avant-hier le ministre Jacques Brassard en soulignant que la question linguistique demeurait la pierre d’achoppement des discussions.Au bureau de sa collègue Louise Harel, on disait hier, par contre, demeurer confiants d’en arriver à une entente d’ici le déclenchement des élections fédérales.Qui dit vrai?Ottawa et Québec se blâment également l’un l’autre dans ce dossier.A première vue, un règlement représenterait une victoire du fédéralisme rentable, mais la lutte a été si longue qu’il serait difficile pour le gouvernement Chrétien de s’en servir comme fontaine pour faire boire son cheval de bataille, l’unité canadienne.Car le vrai combat électoral est déjà commencé.Plusieurs ministres péquistes disent depuis un bon moment qu’ils mèneront une campagne active aux côtés de leurs alliés du Bloc.Le PLC demande aux Québécois de prendre paid aux décisions du gouvernement fédéral en envoyant des députés libéraux à Ottawa.Le ministre des Finances, Bernard Landry, ne se gêne pas pour vanter les lendemains qui chantent de la souveraineté.Son homologue fédéral, Paul Martin, brandit les succès comptables de son gouvernement Pas question de donner des armes électorales à l’adversaire, donc, en signant des accords fédéral-provincial.Il en va de grands enjeux et de principes politiques.Mais, entre-temps, l’autre guerre, bien réelle celle-là, celle des motards, continue de faire rage.Rien ne va plus dans les négociations Québec-Ottawa Ma r i o Cloutier ?,)Sm 'a MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé Passages nuageux, et froid.Max: 1 Min: -12 Max: 4 Min: -12 Détails, page A 4 ->l ru I N D Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Économie.B 2 Éditorial.A 6 E X Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A 3 Mots croisés.B 6 Politique.A 4 Télévision.B 7 ECONOMIE MONTREAL i ni|j Jocelyn Protean 38 millions pour est lavé de tout le canal de Lachine, blâme, page B 2 page A 3 POLITIQUE Porcheries: David Cliché mis sur le grill de V ALENA, page A 4 Commissions scolaires linguistiques Bouchard parvient à un compromis L’appui des députés anglophones du PLQ ouvre la voie à un vote unanime de l’Assemblée nationale MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les députés du Parti libéral du Québec et le gouvernement de Lucien Bouchard en sont arrivés hier à un compromis sur la question des commissions scolaires linguistiques.Cette entente ouvre la voie à un vote unanime de l’Assemblée nationale, mardi prochain, en présence du chef du PLQ Daniel Johnson, en faveur de la motion du gouvernement demandant à Ottawa de modifier la constitution canadienne pour faciliter l’implantation de commissions scolaires linguistiques.Cependant, le groupe de pression anglophone Alliance Québec reste sur ses positions et entend se tourner vers Ottawa pour tenter de faire échouer l’amendement constitutionnel.VOIR PAGE A 8: BOUCHARD Le sort de Montfort semble scellé Mike Harris n’empêchera pas la fermeture de l’hôpital MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Surprise hier dans le dossier de l’hôpital Montfort: le premier ministre de l’Ontario, Mike Harris, s’est permis d’appuyer un avis de son ministère de la Santé qui reconnaît le caractère unique de l’hôpital Montfort mais ne s’oppose pas à sa fermeture.Le commentaire, émis hier par M.Harris alors qu’on le questionnait sur un avis émis à la Commission de restructuration des services de santé en Ontario par un sous-ministre de la Santé, reconnaît l’importance du maintien des services en français mais privilégie l’option déjà évoquée du Pavillon Montfort.VOIR PAGE A 8: MONTFORT t C\J \\ U£- jfhj oSco FERME j ft.ÿÈiM W-f-y* ¦ i: 'PÆ ¦MSiM Une prière pour Boscoville JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE CENTRE BOSCOVILLE pourrait fermer ses portes, les pensionnaires sont inquiets, et le comédien Michel Forget, qui a bénéficié des services de «Bosco» dans son adolescence, appelle les décideurs publics à respecter «l’âme» de ce centre de réadaptation.Nos informations en page A 2.POLITIQUE Chrétien critique les Américains au sujet de PONU ¦ Notre reportage en page A 4 ¦ L’éditorial de François Brousseau en page A 6 Lutte contre les motards ( Rock rejette le «projet» Bégin + SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Le ministre canadien de la Justice, Allan Rock, a rejeté hier le «projet» soumis mardi par son homologue québécois, Paul Bégin, et qui visait à alimenter sa réflexion dans le dossier des bandes de motards criminels.M.Rock a justifié sa décision en répétant, une fois de plus, que «la base» du projet développé par M.Bégin n’était «pas valide».«Il semble qu'elle [l’idée de M.Bégin] insiste sur un aspect que je trouve troublant, c’est-à-dire de rendre l’appartenance à un gang — seulement l’appartenance — un crime.Et ça, pour moi, c’est une difficulté selon la Charte canadienne [des droits de la personne] et même la Charte québécoise.» M.Bégin rappelait en effet dans son «projet de loi» (plutôt un projet de texte, a-t-il reconnu hier) la nécessité, pour lui, de criminaliser l’appartenance à un groupe de motards hors la loi, ce qui, de l’avis de plusieurs, notamment du bâtonnier du Québec Claude Masse et de l’Association des chefs de polices du Québec, «ne pourrait jamais passer le test des tribunaux et des chartes».Le bâtonnier affirmait dans nos pages, hier, que le projet présenté par M.Bégin ne donnerait «strictement rien parce qu’il est inapplicable en droit», ce qui a fait dire au ministre que M.Masse n’avait pas vu le texte qu’il avait envoyé à M.Rock «et qu’il devait sans doute se prononcer de façon générale».VOIR PAGE A 8: ROCK LITTÉRATURE JEUNESSE Maman, où finit l’infini ?Aux psycho-pédagogues, l’illustratrice québécoise Michèle Lemieux fait un beau gros pied-de-nez Michèle Lemieux reçoit aujourd’hui le grand prix de la Foire de Bologne, le plus prestigieux prix au monde en littérature jeunesse.Son livre traite pourtant du sens de la vie, de la peur de l’inconnu, de la mort et même de la fin du monde.CAROLE TREMBLAY ^ auteure et illustratrice Michèle Le- mieux vient de faire un monumental pied-de-nez à tous les psycho-pé-.dagogues et agents de marketing ’ de la planète.Aujourd’hui même, cette artiste originaire de Québec reçoit les honneurs de la Foire internationale de Bologne.La très prestigieuse récompense lui est décernée dans la catégorie fiction (9-15 ans) pour son ouvrage Gewitternacht (Nuit blanche), paru chez l’éditeur allemand Beltz und Gelberg l’automne dernier.Ce travail magnifique, qui sera publié en version française au Seuil à l’automne prochain, ne respecte pourtant aucune des règles commerciales de la littérature jeune public: il fait 240 pages, ses illustrations sont en noir et blanc, il traite de profondes questions existentielles, articulées sur une trame narrative assez ténue.«Ce livre, c’est un cadeau pour mes quarante ans», raconte la sympathique jeune femme rencontrée la semaine dernière, peu avant son départ pour l’Italie.«Je l’ai fait en me disant: s’il est publié, tant tnieta; s’il ne l’est pas, tant pis.» JACK DABAGHIAN REUTERS Évincé par le président Mobutu, le premier ministre zaïrois Étienne Tshisekedi, au centre, a été arrêté hier après avoir pris la tête d’une manifestion dans les rues de Kinshasa.ZAÏRE Lubumbashi est tombée Washington estime que «le temps de la dictature est révolu» REUTER Kinshasa — Les rebelles zaïrois ont pénétré hier dans Lubumbashi, deuxième ville du pays, fragilisant encore la ppsition du président Mobutu Sese Seko qui a remplacé Étienne Tshisekedi par un général à la tête du gouvernement de Kinshasa.Les forces de Laurent Kabila sont entrées dans le centre de la capitale du Shaba où des tirs retentissaient encore dans la soirée.L’aéroport de la ville, à six kilomètres au nord, semblait toujours sous le contrôle de l’armée gouvernementale, ont rapporté des témoins.VOIR PAGE A 8: ZAÏRE VOIR PAGE A 8: MAMAN B Autres informations en page A 5 778313000672 L E I) E V 0 1 II , I.E .1 E II I) I i o A V II IL I !) !) 7 A 2 •LES ACTUALITES- A • A la defense de Boscoville devant la menace de fermeture du Centre jeunesse EN BREF Tabac: des amendements ?Ottawa (PC) — Dans un effort de dernière minute, des sénateurs conservateurs vont présenter la semaine prochaine des amendements pour réduire la portée des dispositions sur la commandite du projet de loi C-71 sur le tabac.Toutefois, l’initiative pourrait faire long feu.Un des instigateurs de l’idée, le sénateur Pierre Claude No-lin, a admis qu’il y avait des divisions chez les conservateurs à ce sujet.Le Sénat doit entreprendre la semaine prochaine le débat en troisième lecture du projet de loi sur le tabac, qui pourrait recevoir la sanction royale d’ici à la fin du mois, s’il n’est pas modifié.Hier, durant sa seconde devant le comité sénatorial qui étudie actuellement le projet de loi, le ministre de la Santé, David Dingwall, a refusé d’endosser toute modification à son projet de loi.Il s’est justifié en répétant que les compagnies de tabac tentaient d’inciter les jeunes à fumer par le biais de la commandite.Le juge Malouf s’éteint (PC) — Le juge Albert H.Malouf, qui avait présidé de nombreuses commissions d’enquête, dont celle sur le coût des installations olympiques de Montréal, est décédé mardi à l’âge de 80 ans, a-t-on appris hier.Rien ne laissait présager une fin aussi abrupte, M.Malouf ayant comme d’habitude accompli ce jour-là sa journée normale de travail à la firme d’avocats Mackenzie & Gervais, où il était conseiller depuis cinq ans.Il a quitté le bureau mardi entre 18h et 19h, a indiqué M'André Gervais, qui a partagé avec lui le repas du midi, lundi, et qui a affirmé que M.Malouf ne semblait souffrir d’aucune maladie.Au total, M.Albert Malouf a passé 23 ans à la magistrature, d’abord en Cour supérieure, puis en Cour d’appel jusqu’en décembre 1991.Il avait dû prendre sa retraite puisqu’il avait atteint l’âge limite de 75 ans.Au cours des dernières années, Mc Malouf se consacrait principalement: à la médiation et à l’arbitrage de litiges commerciaux.A titre de juge, il avait présidé la commission d’enquête sur le coût des installations olympiques, de 1977 à 1980; celle sur le saccage qui avait suivi la victoire des Canadiens en juin 1993; celle sur l’industrie de la chasse aux phoques de 1984 à 1986.Les funérailles de M.Malouf auront lieu à l’église Saint-Sauveur, à Montréal, samedi à llh.Décès du photographe Taylor (Le Devoir) — Le photographe John Taylor du Journal de Montréal est mort dans la nuit de mardi à mercredi d’un arrêt cardiaque, laissant dans le deuil sa fille Nathalie et sa compagne Lise Desjardins.Après avoir été photographe au Montréal-Matin, au Sunday Express et au Petit Journal, M.Taylor a travaillé au Journal de Montréal à partir de 1980.Il s’y est illustré dans le domaine des sports, du spectacle, du domaine social et de la santé.Au cours des dernières années, M.Taylor avait traversé de nombreuses épreuves, dont la mort de ses trois fils, tous trois hémophiles, et celle de sa femme Gabrielle, emportée par la méningite en 1991.John Taylor est exposé aujourd’hui et demain, de 14 heures à 17 heures et de 19 heures à 22 heures, au Salon Alfred Dallaire, de Boucherville, 2750, rue Marie-Victorin Est.Les funérailles auront lieu samedi à 11 heures, à l’église Sainte-Famille, rue Marie-Victorin.La résistance s’organise Boscoville, centre de réadaptation qui accueille en internat 84 garçons de 14 à 18 ans, est menacé de fermeture.La résistance s’organise.PAUL CAUCHON LE DEVOIR T a grande qualité de Boscoville, c'est la tendresse.» En " JL/ prononçant cette phrase, le comédien Michel Forget en a les larmes aux yeux.Pensionnaire de Boscoville à la fin des années 50 alors qu’il était en voie de délinquance, il n’arrive pas à comprendre pourquoi le célèbre centre de réadaptation situé au nord-est de Montréal devrait fermer ses portes.«Je pose la question aux décideurs et au ministre Jean Rochon: qu’est-ce que les jeunes vous ont fait pour que vous les bousilliez comme ca?», lance-t-il.La fermeture de Boscoville a été proposée le 25 mars dernier par le comité de direction des Centres jeunesse de Montréal.Le conseil d’administration des Centres jeunesse doit rendre une décision finale le 22 avril.Mais déjà plusieurs personnes montent aux barricades pour défendre le centre.Michel Forget, bien sûr, tout comme le cinéaste André Melançon, qui y a travaillé cinq ans dans les années 60 comme stagiaire et éducateur, mais aussi la CEQ, et Gilles Gendreau, professeur à l’Université de Montréal et l’un des artisans de la psychopédagogie au Québec.«H ne s’agit pas d’une lutte pour conserver nos emplois, explique Patrick Turcot, président du syndicat du personnel clinique de Boscoville (CEQ).Nous avons la sécurité d’emploi, nous serions relocalisés ailleurs.» Les jeunes sont référés à Boscoville par le Tribunal de la jeunesse soit parce qu’ils représentent un danger pour la société, soit parce qu’ils vivent dans un milieu où leur développement est compromis.Ils y reçoivent des services d’hébergement, d’enseignement, de rééducation.Gilles Gendreau rappelle que la compétence de Boscoville est reconnue dans le monde entier, et qu’il s’agit d’un milieu de vie à échelle humaine, situé dans la verdure, où les jeunes apprennent à se reprendre en main, à faire preuve de responsabilité.Selon Patrick Turcot, les Centres jeunesse doivent réduire leur budget de 4 millions à Montréal et, en fermant Boscoville, on économiserait 700 000 $.Mais la décision est également fondée sur le désir de prendre le «virage milieu».Réorganisation des Centres jeunesse En 1992, la loi 120 créait dans chaque région les Centres jeunesse, et les Centres jeunesse de Montréal ont regroupé sous un même conseil d’administration une dizaine de centres pour jeunes, dont Boscoville.Ce conseil d’administration est formé de représentants de la population, des usagers, du monde scolaire, de la justice, etc.Les Centres jeunesse de Montréal veulent maintenant in- tervenir plus efficacement auprès des jeunes en difficulté dans leur famille et, en bout de ligne, ils prévoient, dans la réorganisation en cours, avoir moins besoin de placer les jeunes en milieu institutionnel.La clientèle de Boscoville serait donc relocalisée ailleurs, par exemple au Mont-Saint-Antoine.À la Régie régionale de la santé de Montréal-centre, des représentants des Centres jeunesse présentaient leur plan.«Nous accordons notre accord à ce plan dans la mesure où les Centres jeunesse évoluent pour réduire et éviter le placement d’enfants, explique Réjean Pinard, porte-parole à la Régie régionale.Nous réfléchissons depuis des années à nos pratiques sociales dans le domaine jeunesse.R faut mieux supporter le jeune dans son milieu au lieu de le sortir de son milieu.» Mais tout en se montrant d’accord avec cet objectif général, les artisans de Boscoville doutent qu’on puisse véritablement développer des services adéquats dans les milieux naturels, alors qu’on manque déjà de places pour les placements.Et ils plaident pour la spécificité de Boscoville, alors que de nombreux jeunes ont besoin, de toute façon, d’être sortis de leur milieu.La présidente de la CEQ Lorraine Pagé fait également valoir qu’on veut envoyer des jeunes de Boscoville, où ils reçoivent sur place tous les services, dans des foyers où ils fréquenteront l’école régulière, là où les services d’aide et de soutien diminuent dramatiquement à cause des compressions budgétaires.Vimy se souvient Hommage aux héros du 4 avril 1917 AGENCE FRANCE-PRESSE Vimy — Du sommet de ses 145 m, la crête de Vimy surplombe le bassin minier lensois.Au sommet, un mémorial canadien a remplacé les fortifications allemandes.Mais 80 ans après, le terrain, dé foncé par les obus, témoigne toujours de l’âpreté des combats.En présence de six vétérans de cette glorieuse époque, la France et le Canada ont rendu un hommage solennel, mercredi, aux soldats canadiens morts «pour que le monde demeure libre», selon les termes d’un de ces héros, Thomas Arnott Spear, 100 ans, originaire de Calgary.La France avait offert ce site au Canada et mercredi, au pied du mémorial, le gouverneur général du Canada, Roméo Le-Blanc, a annoncé, à l’issue de la cérémonie, que ce site ainsi que celui de Beaumont-Hamel devenaient «sites historiques» canadiens, les premiers hors du territoire national.«La terre de Vimy appartient aux nations canadiennes qui sont venues de si loin verser leur sang et offrir leur vie», a souligné Pierre Pasquini, ministre français des Anciens combattants.Près de 3600 Canadiens furent tués lors de l’assaut de la crête.«On a eu de la chance de survivre, reconnaît Spear.C’est la première fois que je reviens et je me demandais si on se souviendrait de ce qu’on avait fait.La réponse m’a été donnée aujourd’hui, merci», a-t-il lâché, dans un grand sourire empli d’une joie contenue.«Je me souviens de ce matin du 4 avril 1917», raconte pour sa part Harry Boyce, 103 ans, de Regina.«L’ennemi ne nous attendait pas si tôt», explique-t-il.L’attaque avait été remarquablement préparée.Entraînements sur des répliques des lignes de défense allemandes, construction de tunnels permettant d’abriter des troupes avant l’assaut et d’évacuer les blessés pendant celui-ci.Une centaine de soldats canadiens de la garde d’honneur représentaient le Royal 22' Régiment, le Royal Canadian Regiment et le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, régiments qui furent à Vimy.Quatre autres vétérans de la Grande Guerre ont participé à la cérémonie: Frederick Daniel Evans, 100 ans le 15 août, de Saint John, Harold Stafford Lidstone, 101 ans, de Brae (île-du-Prince-Edouard), Gordon Alec Boyd, 98 ans, de Fredericton et Cyril Edward Martin, 96 ans, d’Edmonton.La fanfare du régiment des Black Watch, portant le kilt, a rappelé la présence d’Ecossais dans les rangs des troupes de l’Empire, avant l’indépendance du Canada.«Deux fois dans ce siècle, les Canadiens sont venus en France défendre la liberté et des idéaux qu’ils partageaient: la démocratie et la paix», a souligné M.LeBlanc, ajoutant: «A la fin de la Grande Guerre, le Canada a gagné sa place parmi les grandes nations.Nous vous le devons à vous, à tous vos camarades qui ont combattu et ata 67 000 soldats qui ont donné leur vie pour que la liberté survive».«Puissions-nous toujours nous montrer dignes de ces soldats qui reposent ensemble en terre française», a conclu le gouverneur général.ASSOCIATED PRESS Cyril Edward Martin, 96 ans, d’Edmonton.)£**'’ vit.•”* -f- Internet est à votre porte.Jym G raV'f Une trousse de démarrage SympaticoMC et cinq heures de navigation gratuites par mois pendant un an: il suffit d'avoir choisi l'interurbain Bell et d'être abonné au plan d'économie SuperMax"° pour obtenir tout ça.Si vous êtes vraiment mordu, nous vous réservons 100 heures de navigation au bas prix de 24,95 $.Ouvrez vite la porte à cette offre intéressante; appelez-nous avant le 15 août.\80o 6aa-3,7fâ du génie et des gens" Sympatico est une marque de commerce de Société en commandite Médialinx Interactif.Certaines conditions s'appliquent.I 1 a I, K I) K V 0 I IV .L K .1 K |! |) I I () A V H I I.I 1) I) 7 A 3 Le devoir m MONT UE A Canal de Lachine Le projet a perdu de son envergure Des pans importants de l’entreprise de revitalisation de la voie navigable semblent maintenant exclus À la faveur de l’approche des élections fédérales, le canal de Lachine reprendra vie, mais avec moins d’ampleur que prévu.Le Sud-Ouest se contentera-t-il de regarder le bateau passer?KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le projet de revitalisation du canal de Lachine a perdu de son envergure.Les investissements que le gouvernement fédéral annoncera aujourd’hui totaliseront 33 millions plutôt que les 57 millions prévus.Le secteur privé s’y associera pour environ cinq millions.La première phase du projet, qui devrait s’étendre sur cinq ans, consiste à la réouverture du canal à la navigation de plaisance, à sa consolidation, au dégagement des ponts (7 millions), à la réfection (9 millions) et à la remise en opération des écluses (7,7 millions ), ainsi qu’à l’ouverture des bassins.Ces travaux devraient être réalisés dès 1997-1998.Des pans importants du projet développé par Parcs Canada et la Ville de Montréal semblent être exclus du projet.Il en va ainsi pour la décontamination du canal fortement pollué.Aussi, la réhabilitation d’un des principaux bâtiments industriels bordant le canal de Lachine, la manufacture désaffectée Redpath où devait être créé entre autres un centre d’interprétation du patrimoine industriel, n’est pas prévue.Le canal de Lachine est pourtant le berceau de l’industrialisation canadienne, qui a décliné avec l’ouverture en 1959 de la voie maritime du Saint-Laurent.Parallèlement à l’annonce du gouvernement fédéral, «la Ville de Mont- réal se désengage», soutient le conseiller Pierre Goyer, qui était responsable politique du dossier jusqu’en janvier dernier alors qu’il était encore dans l’équipe de Pierre Bourque.Dans ses investissements à long terme (Programme triennal d’immobilisations-PTI)), Montréal prévoyait des sommes de 43 millions, dont 1,7 million pour 1997 dans le développement du canal de Lachine.Or, des réaménagements du PTI devant être effectués, le projet de mise en valeur du canal de Lachine se retrouve avec seulement 400 000 $, indique M.Goyer.Pour l’essentiel, cette somme servira gu prolongement du parc Sir-George-Etienne-Cartier.Mais il y a plus grave, selon Pierre Goyer.«Le Sud-Ouest risque de se contenter de regarder passer les bateaux», craint le conseiller indépendant.Des projets de revitalisation étaient initialement prévus sur cinq pôles d’intervention pour favoriser l’intégration des activités du canal et celles du quartier (développement résidentiel, commercial et industriel).Selon Pierre Goyer, le redéveloppement urbain du quartier serait complètement évacué, se limitant à un projet récréotouristique.Même en misant uniquement sur cet aspect de la création d’un parc linéaire de 13 kilomètres longeant le canal, des retombées économiques de 88 millions d’ici dix ans sont escomptées.Ces chiffres, provenant d’une étude publiée le mois dernier pour le compte notamment de l’Association québécoise de l’industrie du nautisme, seraient le résultat d’investissements publics minimums de 110 millions sur cinq ans (trois fois plus que l’annonce d’aujourd’hui).Cette même étude prévoit le passage de 20 000 bateaux par année et la venue de trois millions de touristes.L’heure du lunch c4 * VS.JACQUES NADEAU LE DEVOIR PIQUE-ASSIETTE, rats du ciel, fauteurs de troubles, quelle que soit l’étiquette qu’on leur donne, ils sont toujours là, par l’odeur alléchés, pour venir déranger la quiétude d’une heure de lunch.Irrégularités dans le projet Quartier des écluses Doré a la conscience tranquille KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR Ly ancien maire Jean Doré a formel-< lement nié hier avoir été mis au courant, par l’entremise d’un rapport du Service des finances datant de 1992, que de possibles irrégularités ont pu être commises dans le projet immobilier Quartier des écluses.Il nie également avoir étouffé l’affaire, qui était sous l’autorité de la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA), en ignorant la recommandation des fonctionnaires de pousser plus avant l’analyse des transactions présumées frauduleuses et éventuellement de dépo- ser une plainte auprès des services policiers.Cette recommandation «n’a jamais été transmise au comité exécutif», assure M.Doré, qui a brisé hier le silence qu’il avait entretenu depuis sa défaite à l’élection de novembre 1994.Ce n’est que sous l’administration du maire Pierre Bourque que le dossier a refait surface, qu’une analyse détaillée a été effectuée et que la Sûreté du Québec en a été saisie.Une enquête préliminaire est en cours et pourrait conduire à des accusations de nature criminelle.«Je me suis fait un point d’honneur d’administrer cette ville avec les deux mains libres, avec des règles claires d’éthique.J’ai toujours dit aux gens que n’importe quelle erreur est pardonnable sauf tripoter avec des fonds publics», affirme un Jean Doré littéralement enflammé.Selon le rapport de 1992 ainsi que celui de 1995, les édifices achetés par la SIMPA à la fin des années 1980 auraient d’abord fait l’objet d’une spéculation entraînant de présumés dé- bours de fonds publics aux dépens des Montréalais.N$TiTuTiONN£U'£.~ r A & i (fAlWrt' lA ° OPINION -?- L’enseignement de la philosophie au Québec ANDRÉ CARRIER Coordonnateur Comité collégial des enseignants de philosophie r====| e lis avec plaisir les ré- J flexions de Jean Larose sur l’éducation et reçois comme un baume ses intentions de transmettre .aux étudiants la richesse de la culture.Comme lui, je pense que la fréquentation des auteurs et des œuvres du passé est nécessaire à la jeunesse, à sa créativité, à l’autonomie de sa pensée, et procure un antidote au désespoir.Aussi, à la lecture de son texte publié dans Le Devoir du vendredi 4 avril, quelle ne fut pas ma surprise de constater que M.Larose semblait pratiquer l’imprécision intellectuelle qu’il dénonce pourtant, et qu’en résultait un mensonge.En effet, sans avoir pris connaissance de ce qui s’enseigne dans les collèges du Québec qu’il accuse d’obscurantisme, il lance l’anathème suivant: ainsi, par exemple, au cégep, on enseigne la littérature et la philosophie.Pourquoi?On a l’impression, en lisant les programmes qui émanent du ministère, qu’on ne sait plus pourquoi.C’est bien pire: on ne l’a jamais su.Les fonctionnaires qui ont fixé comme «objectif» à un cours de philosophie «d’apprendre à composer un texte de 750 mots» sont les continuateurs directs des tyranneaux obscurantistes contre lesquels fut lancé le Refus global.Afin que le public ne soit pas victime de désinformation, cette face perverse de l’obscurantisme, je voudrais l’informer, ainsi que M.Larose, du véritable contenu des programmes ministériels, soit ceux qui concernent la philosophie puisque ce sont ceux que je connais et qu’une rigueur minimale m’interdit de parler de ce que je ne connais pas.Précisons d’abord qu’ils n’ont pas été entièrement écrits par des fonctionnaires.Si le cadre de ré- daction fut fixé par eux (approche par objectifs et standards), le contenu fut pensé par des professeurs de philosophie et approuvé par leur comité provincial.On y prévoit que l’étudiant sera initié à l’importance et aux exigences de la pensée rationnelle, aux différentes conceptions de l’humain qui ont marqué la modernité et la période contemporaine et enfin, aux questions éthiques et politiques.Il nourrira sa réflexion des œuvres des auteurs modernes et contemporains dans les deux autres.Enfin, il se donnera les outils nécessaires à l’articulation de sa pensée en maîtrisant les règles de l’argumentation, en comparant les pensées de différents auteurs et en les intégrant à la sienne par l’exercice d’un jugement critique.M.Larose sera, je l’espère, heureux d’apprendre que la plupart des étudiants et étudiantes du Québec diplômés du cégep auront lu dans leur intégralité ou dans des extraits majeurs, quelques œuvres parmi çelles d’aufeurs tels Platon, Aristote, Epicure, Epictète, Descartes, Rousseau, Kant, Bentham, Nietzsche, Marx, Freud, Sartre, Rawls, Jonas, Taylor ou d’autres à qui nous sommes redevables.Nous sommes bien loin de réduire la formation à l’apprentissage de la rédaction d’un texte de 750 mots.Ce qui a trompé M.Larose, c’est que les programmes prévoient que l’étudiant devra démontrer qu’il rencontre les objectifs de la formation à l’occasion de la rédaction d’un texte.Cette façon de rendre compte des connaissances, non exclusive d’ailleurs, peut être, à certains égards, discutable: mais cela n’autorise pas à confondre le contenu du cours avec une façon d’en rendre compte: si l’argumentation philosophique est à l’étude, c’est pour évoluer vers le philosopher et non se condenser en rédaction technique.Si on devait m’objecter que des pro- fesseurs s’en tiennent à la déclaration, force me serait de répondre qu’on soulève là un problème qui intéresse davantage la gestion du personnel et moins l’orientation de l’éducation.Certes, il est exact que plusieurs personnes impliquées dans le milieu de l’éducation sont plus sensibles aux recettes à la mode qu’à leur devoir de transmettre aux générations qui les suivent (afin qu’elles soient en mesure de les conquérir) les richesses de la culture.De plus, on a malheureusement oublié que la connaissance, si elle est gratifiante, commence par l’effort de se déporter vers l’inconnu et de penser contre soi et qu’elle se poursuit par un long travail d’étude et de réflexion.Aucune méthode «rapide et efficace» ne les remplacera.C’est à ce prix que l’on accède totalement à la condition humaine.Trop souvent, des professeurs et certains pédagogues qui les conseillent «gèrent» les activités d’apprentissage à la façon d’une émission de divertissement dont on espère qu’elle fracasse le record des cotes d’écoute.Cependant, tous ceux-là ne doivent pas faire oublier que nous sommes plusieurs, au sein des collèges, à vouloir donner tout son sens à l’éducation; je trouve injuste de nier, de la façon dont M.Larose l’a fait, notre travail.Aussi, j’ai le sentiment que le programme actuel en philosophie est un gain pour ceux qui considèrent que leur tâche est de mettre les jeunes en contact avec les œuvres des philosophes et de leur permettre de mettre le particulier, l’ici et le maintenant de leur propre vécu en lien avec l’universel.Ce n’est pas en occultant ce qui se fait de bien dans le système d’éducation que nous le ferons progresser et il ne faudrait pas piétiner les nombreux foyers de lumière au Québec afin de pouvoir crier à la grande noirceur.À PROPOS -?- .de REER et de faibles revenus La proportion de déclarants admissibles qui ont cotisé à un REER est passée de 30 % à 40 %.Une bonne partie de cette croissance est imputable aux particuliers à faibles gains.Le nombre de titulaires d’un REER dont le revenu d’emploi était faible a bondi de 64 % d’une cohorte à l’autre, pour dépasser 400 000.Par contre, comme ces titulaires étaient à l’origine de plus de 43 % de l’augmentation du nombre total de cotisants, ils ont eu une incidence modératrice sur la moyenne du revenu d’emploi et sur celle de la cotisation à un REER Les personnes gagnant 40 000 $ et plus ont aussi cotisé en plus grand nombre qu’avant, mais leur croissance a été beaucoup moindre (20 %).Ils n’étaient en fait responsables que de 13 % de l’augmentation du nombre de cotisants.Le profil de cotisation des hommes se distingue nettement de celui des femmes.En 1988, on associait aux femmes qui avaient gagné moins de 20 000 $ (mais plus que zéro) 58 % de l’augmentation du nombre de cotisantes.Quant à la part que l’on associait à celles qui avaient gagné 40 000 $ et plus, elle était inférieure à 3 %.La croissance a été mieux répartie parmi les déclarants de sexe masculin: 33 % de la progression était attribuable aux particuliers à faible revenu d’emploi et 20 % à ceux dont les gains étaient plus élevés.Ainsi, la baisse de la cotisation moyenne entre la cohorte de 1983 et celle de 1988 était imputable, en majeure partie, aux femmes à faible revenu.L’emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, printemps 1997.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B0URASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T II 0 UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9' étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I, E I) E V 0 I R .I E .1 E 11 I) I I 0 A V I! I I.I !» !» 7 A 7 I D E E S 60’ anniversaire de la visite d’André Malraux au Québec Un monde sans espoir L’anticommunisme prévalant au Québec dans les années trente explique pourquoi l’action menée par Malraux en Espagne n’a pas reçu d’appui ici r A W H 1 IN F n F P v Onphpr sont pnralpmpnf 'îrlrac.- — i- fprnit na d’Espagne.Mais on voudrait croire , que Malraux s’en moque bien, puisqu’il est en train d’écrire L’Espoir.+ Profits des institutions bancaires -?- Une gourmandise de bon aloi Le domaine bancaire doit être florissant car il s’agit de l’argent de tout le monde \ ROBERT PANET-RAYMOND Premier vice-président de la Banque CIBC et responsable des services aux entreprises Cette position est tirée d’une présentation faite par l’auteur le 12 décembre 1996 dans le cadre des Entre-Vues HEC, organisées par le Réseau HEC.Nous vous le présentons à titre de réplique à celui paru dans nos pages le 1" avril, signé par Francine Séguin et I Jacques Langlois, ces deux textes ayant été publiés dans la revue Gestion de l’École des hautes études commerciales.Ir ==n es banques sont-elles trop gourmandes?» A L cette question, je serais plutôt enclin à répondre que les banques n’ont guère d’autre choix que d’être performantes face à la vive concurrence qui vient main-u===J tenant de tous les horizons.Taille et concurrence La concurrence a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années.L’épargne, dont les banques étaient autrefois les seuls dépositaires fiables, est sollicitée autant par les fonds syndicaux de la FTQ et de la CSN que par des compagnies d’assurances et des sociétés de fonds commun.Une variété d’entreprises, certaines très spécialisées, offrent aussi une multitude de produits.On pense aux constructeurs automobiles qui attirent des clients avec des : ' taux parfois inférieurs au taux préférentiel.Nous assistons à une fragmentation accélérée du marché.IEt il s’agit d’une tendance qui s’accentuera certainement avec l’arrivée des services bancaires virtuels.Quand on reproche aux banques canadiennes d’être trop grandes, il faut savoir que la Banque CIBC, la deuxième au pays, n’est qu’au 62' rang mondial, avec près de 130 milliards de dollars américains d’actifs, tandis que les sept ' : premières banques, toutes japonaises sauf une allemande, : ;.ont une taille de l’ordre de 500 milliards $ US.Ces dernières années, les banques canadiennes ont réussi à conserver une position relativement importante sur le marché intérieur en élargissant leur champ d’action.Elles ont acquis des maisons de courtage et des sociétés de fiducie.Avec cet élargissement de nos activités, certains nous reprochaient déjà d’être gourmands.Or, dans le cas du courtage mobilier, c’était probablement faire preuve de |.clairvoyance, car ce secteur s’est révélé particulièrement :| rentable ces dernières années.Quant aux fiducies, disons que nous avons recueilli un secteur qui battait de l’aile à cause surtout de ses propres excès dans l’immobilier commercial.Les banques aussi ont écopé de l’effondrement du marché immobilier commercial, mais leur taille et la diversité de leurs activités leur ont permis de se relever assez rapidement.L’industrie bancaire lorgne maintenant le marché des assurances, ce qui ne fait pas plaisir à tout le monde, particulièrement aux courtiers.Nous vendons déjà certains produits d’assurance, sur les prêts par exemple.A ceux qui s’opposent à cette incursion des banques dans l’univers des assurances, je pourrais donner l’exemple de nombreux pays qui laissent les institutions financières répondre aux besoins en assurances des consommateurs.Cette pratique existe déjà au Québec où le mouvement coopératif est autorisé à distribuer de l’assurance dans ses points de vente.L’effet est saisissant: c’est au Québec que l’on retrouve le meilleur rapport qualité-prix au Canada.Je vous signale aussi qu’avec l’arrivée des banques canadiennes dans la vente des fonds communs de placement, ce marché a pris une expansion formidable de 335 % de 1987 à 1993.L’essor de ce type de fonds ne peut évidemment être attribuable qu’aux banques, mais il est certain que notre réseau de distribution atteint beaucoup de monde.Les frais de service Abordons maintenant la question des frais de service.Là encore, nous nous faisons reprocher d’être gourmands.Pourtant, le client en a pour son argent Un panier de services standard coûtant 86 $ coûte, dans les banques américaines, 135 dollars canadiens.C’est une différence appréciable, malgré le taux de change.N’oublions pas non plus qu’un chèque tiré dans une succursale de Gaspé est encaissé le même jour à Vancouver.Si vous tirez un chèque d’un compte d’une banque américaine de Burlington, au Vermont je ne suis pas certain que votre tante qui passe l’hiver en Floride pourra l’encaisser avant quelques jours, peut-être une semaine.Revenons à notre panier de services.Prenons un consommateur moyen qui effectue 25 transactions par mois (retraits au guichet automatique, débit, chèques, paiement de factures).Cela représente environ une transaction par jour ouvrable et c’est ce,que notre recherche qualifie de besoins du client moyen.A la Banque CIBC, selon la philosophie de l’utilisateur-payeur, nous demandons 14,25 8 pour répondre à ce type de besoins.Situons ces frais de 14,25 $ en perspective avec les mensualités de services qui nous sont familiers: 24,67 $ plus taxes pour obtenir le service de bas,e chez Vidéotron; 11,50 $ pour le canal de films Super Écran; 19,17 $ plus taxes pour le service de base du téléphone, sans compter les interurbains, le service d’appels en attente à 5 $ plus taxes, l’afficheur ou autres options du genre.Pour les reproches de gourmandise en matière de frais de service, je crois qu’il faudra repasser.Le client paye un juste prix pour des services fiables et souvent disponibles 24 heures par jour, sept jours par semaine.Performance financière Regardons maintenant de plus près notre performance financière qui provoque plusieurs commentaires, pour ne pa§ dire des remous, par les temps qui courent.A chaque fois qu’une des banques canadiennes dépasse le seuil du milliard de dollars de profit, elle mérite une manchette dans le journal.Précisons pourtant que les banques possèdent un actif total de l’ordre de 900 milliards de dollars et que c’est dans cette perspective que doivent être situés des profits de 6,3 milliards de dollars.La meilleure façon d’analyser le rendement des entreprises est de considérer le rendement du capital investi par les actionnaires.C’est plus facile ainsi de comparer des pommes avec des pommes, et les banques avec d’autres industries.Pour la période de 1991 à 1995, le rendement du capital investi des six grandes banques canadiennes a été de 14 %.En 1996, année exceptionnelle, le ratio est de 16,2 %.C’est bon, mais c’est loin d’être de la gourmandise.Lorsque j’examine le classement 1995 du Financial Post 500, je ne retrouve aucune institution financière parmi les 50 premières entreprises au palmarès du rendement des capitaux propres.Je ne parle pas de celui de la Société des alcools du Québec, qui a été de 992 %, mais je peux citer celui de Seagrams, 45 %; de Transat AT., 44 %; de Fednav à 39,6 %; du Groupe Forex à 28,7 %; de Royal Aviation à 28,5 % et de Domtar à 25,4 %.En fait, en 1995, la meilleure banque canadienne n’était que la 195° parmi les 1000 plus grandes entreprises canadiennes.Pourquoi applaudit-on aux bons coups de Cascades, de Québécor, du Groupe Jean Coutu, de Métro-Richelieu, pour ne nommer que quelques entreprises connues dont le rendement dépasse celui des banques, et s’insurge-t-on, en certains milieux, contre les performances de notre industrie?Problème d’image?Peut-être.Je n’ai pas toutes les réponses, mais je sais que nous n’avons pas à avoir honte de notre rendement Nos actionnaires, eux, en sont particulièrement heureux.Un Canadien sur deux possède des actions des six grandes banques, soit directement, soit par l’entremise d’un REER, d’un fonds commun de placement ou d’un fonds de retraite privé ou public.Au Québec, la Caisse de dépôt et placement se réjouit certainement de la performance des banques puisqu’elle possède un portefeuille de un milliard et demi de dollars en titres bancaires canadiens.Comme futur retraité, j’ai meilleur espoir que la Ré- gie des rentes puisse me faire parvenir plus tard un chèque de pension décent à cause de ces investissements.Pendant qu’en 1995, nous avons versé à nos action- ü naires plus de deux milliards de dollars sous forme de divi- -> dendes, nous avons aussi investi plus de deux milliards j dans notre développement technologique, ce qui n’a pas j profité qu’aux géants de l’informatique, mais également à 1 une multitude de PME.Autre indicateur de notre santé, le 3 tiers de nos profits ont été réalisés à l’étranger, tandis que » 85 % de nos employés travaillent au pays.Pour ce qui est des taxes, il est intéressant de noter que pour l’ensemble du Canada, l’industrie bancaire génère 4 % des revenus des entreprises et paye 12 % des impôts des sociétés.En tout, les banques ont contribué pour 4,4 milliards ’ de taxes diverses, c’çst-à-dire deux fois ce qu’elles versent à : leurs actionnaires.A Ottawa, soulignons que les banques i paient une surtaxe temporaire de 12 % sur le capital, qui ! avait été imposée lors du budget fédéral de l’an dernier et j qui a été maintenue encore cette année.Au Québec, c’est M.Landry qui n’était certainement ! pas fâché de recevoir, l’an dernier, 280 millions de dollars 1 dans ses coffres, ce qui constitue 7 % de l’impôt sur les so- ) ciétés et de la taxe sur le capital.A cela s’ajoutent 50 mil- ?lions qui sont versés aux municipalités., Je pourrais encore plaider notre cause en expliquant ce que nous faisons pour le financement de la PME, corn- ‘ ment nous favorisons les exportations, combien nous in- : vestissons dans nos employés surtout formés pour le crédit et qui deviennent de plus en plus des conseillers finan- ; ciers, combien nous soutenons les causes charitables dans les communautés que nous desservons, etc.Mais j’estime qu’après avoir mis en perspective les profits des banques et leur taille dans le contexte de la concurrence, une fois ’ constatée l’ampleur de leur contribution fiscale et une fois > raisonnée la logique du prix des services, la conclusion se ; dégage d’elle-même: la prétendue «gourmandise» des banques est loin d’être de l’appétit démesuré.Une vigueur qui se répercute sur tout le monde ) Nous sommes en santé et dans ces temps de morosité économique, c’est peut-être un peu délicat.Je crois néanmoins qu’il est préférable que les banques soient des institutions robustes et même florissantes, parce que c’est l’argent de tout le monde dont il s’agit Personne n’accepterait et avec raison, de confier ses épargnes à des établissements qui ne seraient pas en bonne santé.Il m’apparaît donc essentiel et fondamentalement sain pour toute l’économie que les banques canadiennes puissent continuer de faire des bénéfices et peut-être même de faire preuve d’une • gourmandise de bon aloi.Il en va du bien-être de tous.IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapicrre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion, LouisOilles Francceur.Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): h l’information culturelle: Michel Belair (responsable).Stéphane Baillargeon.Pierre Cayouette.Paule des Rivières.Louise Leduc.Jean-Pierre Le-Kault.Benoit Monger.Odile Tremblay: à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’infirmation).Robert Dutrisac.Jean Pichette, Claude Turcotte; à l’information internationale: Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’infirmation).François Brousseau (éditorialiste).Claude Lévesque; à l’information |x>titique: lierre O’Neill, Manon ComeDier (correspondante parlementaire à O/ta ira), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction): Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenault Manon fierome, Serge Inplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PCBUCITÉ FT LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Mariène Côté.Christiane Legault.Jacques A Nadeau.Guvlaine Ouellet Micheline Ruelland (publicitaires) : Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Claire Paquet.Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Francine Ouellet {secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard.Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain Iesage.Christian Men.Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L’Heureux, Lise Inchapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Danv Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptaNes).Jeanne-d’Arr Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy.Ghislaine Laifleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LA FONDATION Dl: DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président aécutif et directeur général). I.E I) E V 0 I If .I- E .1 E U I) I | () A V If IL I !) !) 7 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES NASA L’éruption solaire est survenue lundi vers 14h et s’est traduite par une très importante «éjection de masse» solaire.La Terre sous un immense nuage magnétique Washington (AFP) — Un immense nuage de matière magnétisée, due à une importante éruption solaire survenue lundi, devait atteindre la Terre hier soir, a-t-on appris auprès de la NASA Ce phénomène ne présente aucun danger pour les êtres humains mais pourrait en revanche créer d’importantes perturbations dans les télécommunications, endommager des satellites et mettre hors service des lignes à haute tension, a précisé un porte-parole de la NASA, Jim Sahli, du centre spatial Goddard, à Greenbelt (Maryland).L’éruption solaire, a-t-il ajouté, est survenue lundi vers 14h et s’est traduite par une très importante «éjection de masse» solaire dite coronale, c’est-à-dire issue de la couronne du Soleil.Ce plasma, composé d’environ un million de tonnes de particules ionisées et de gaz, avançait à une vitesse comprise entre 700 et 1300 km par seconde et devait atteindre la magnétosphère, puis la Terre, a précisé à l’AFP un directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Jean-Louis Bougeret, à Washington.La magnétosphère, une enveloppe magnétique située à environ 150 000 km autour de notre planète, joue un rôle de barrière en repoussant les particules ionisées, mais elle devrait être «affectée et en tout cas fortement déformée par le passage d'un tel nuage qui devrait durer environ 24 heures», a-t-il expliqué.«Une toute petite partie du nuage atteindra la Terre.Seule une petite partie passera par les pôles, ce qui devrait entraîner de superbes aurores boréales et australes», a précisé Philippe Lemaire, physicien solaire à l’Institut d’astrophysique spatial à Orsay, interrogé à Washington.L’éruption solaire de type «halo», c’est-à-dire partie dans toutes les directions, a été détectée par les trois corono-graphes du système LASCO (Large Angle and Spectrométrie Coronograph) équipant le satellite solaire international SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), lancé en 1995 et situé à 900 000 km de la Terre.«Nous n’avons jamais vu d’éruption solaire orientée vers la Terre qui soit aussi grosse, aussi brillante et autant chargée en détails que celle-ci», a expliqué le Dr Donald Michels de l’US Naval Research Laboratory.«L’éruption a déclenché une vague supersonique qui a balayé la couronne solaire comme un raz-de-marée», a rapporté Arthur Poland, le responsable pour la NASA du projet SOHO.«Ce qui est nouveau, c’est la télédétection radio de l’onde de choc en avant de cette éjection grâce au satellite Wind», a souligné M.Bougeret, responsable de l’expérience «Wave» menée par l’observatoire de Paris conjointement avec des instituts américains.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.1E DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.511 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Sur Internet Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Pour la version Internet (514) 278-6060 Extérieur de Montréal 1-800-563-5665 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050.rue de Bleury.9' étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans /> Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.LavaL Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec BOUCHARD SUITE DE LA PAGE 1 Le compromis a permis de rallier les députés libéraux de langue anglaise même les plus récalcitrants.Pourtant, ce compromis se résume à bien peu de choses.Le gouvernement a accepté d’ajouter dans le préambule de la motion un alinéa qui «réaffirme les droits de la communauté québécoise d’expression anglaise» en matière scolaire et déjà prévus à la Charte de la langue française.Le texte réaffirme le droit de la communauté anglophone de «gérer et contrôler» des «établissements» scolaires de langue anglaise «financés à même des fonds publics».Des deux côtés de la Chambre, on souhaite que ce consensus dégagé à l’Assemblée nationale soit perçu par Ottawa comme l’affirmation d’un consensus québécois sur la question.Le premier ministre Lucien Bouchard estime que, placé devant un vote peut-être unanime du parlement québécois, Ottawa devra s’incliner et adopter, avant la tenue des élections fédérales, l’amendement constitutionnel nécessaire.Québec demande à Ottawa d’amender la Constitution pour que «les paragraphes là4 de l’article 93 ne s’appliquent pas au Québec».Cette modification permettrait au gouvernement de se débarrasser de l’obligation de maintenir à Montréal et à Québec des structures scolaires catholiques et protestantes en plus des commissions linguistiques qu’il veut créer.Encore hier, le ministre fédéral responsable du dossier, M.Stéphane Dion, a répé- té que «du moment où il y aura un consensus [au Québec], il nous fera très plaisir de procéder à la Chambre des communes».Certes, a-t-il ajouté, ce consensus doit comprendre la communauté d’expression anglaise.Mais c’est un vœu qu’avait lui-même exprimé son homologue québécois Jacques Brassard le 13 février dernier.M.Dion a précisé hier qu’il «ne demande pas l’unanimité» de la communauté anglophone québécoise mais «un appui raisonnable».Il a suggéré au gouvernement québécois d’offrir aux citoyens de langue anglaise certaines garanties, d’ordre légal, d’ordre réglementaire ou même de l’ordre de «l’engagement moral» à respecter leurs droits scolaires.Lui-même, en répondant aux questions du Bloc québécois à Ottawa, évoquait la possibilité d’ajouter, dans le préambule de la motion Bouchard, des alinéas pour rassurer les gens.Or, c’est justement ce que Québec a fait.Après deux séances de réunion de leur caucus, mardi soir et hier midi, les députés libéraux en sont venus à formuler le texte d’un alinéa qui s’ajoute aux quatre «considérant» qui formaient déjà le préambule de la motion.Le député libéral de Chomedey Thomas Mulcair, qui avait juré il y a dix jours de ne jamais voter en faveur de la motion, a lui-même proposé l’amendement à l’Assemblée nationale en se disant «honoré» de le faire.En ajoutant cet alinéa, disait-il, «on va pouvoir se rallier et trouver le consensus nécessaire».Le président d’Alliance Québec, Michael Hamelin, a pour sa part indiqué au Devoir que cette modification au préambule de la motion ne changeait en rien la position de son groupe qui allait «s’adresser à M.Dion» à Ottawa et faire valoir qu’il n’y a toujours pas un consensus au Québec à ce sujet.M.Hamelin estime que «les députés libéraux ont failli à jouer leur rôle d’opposition».Selon lui, le PLQ aurait dû exiger une commission parlementaire préalable qui aurait permis de confronter les diverses interprétations.Selon le président d’Alliance Québec, le nouveau texte «ne change rien» à la proposition principale, puisque c’est un changement au préambule.Le député Mulcair rappelle toutefois que les discussions sur le projet de commissions scolaires linguistiques ne sont pas terminées.«Nous allotis continuer à consulter Alliance Québec et ses composantes.Ce sont des gens qui auront des choses à dire là-des-sus, on va continuer à travailler avec eux.» Il ajoute qu’il «ne faut pas oublier non plus que les députés représentent les gens qui les élisent».Le député estime toutefois que, contrairement à ce qu’en dit M.Hamelin, «le préambule de la motion, même s’il ne sera pas inscrit en toutes lettres à l’article 93 de la Loi constitutionnelle, va toujours voyager avec l’amendement.Un tribunal qui en serait saisi va devoir en tenir compte».Le premier ministre Lucien Bouchard estime quant à lui que le consensus dégagé à l’Assemblée nationale met fin à toute ambiguïté quant à l’existence d’un consensus au Québec.ROCK Bégin s’est dit «extrêmement déçu» SUITE DE LA PAGE 1 M.Bégin s’est dit «extrêmement déçu» de la décision de M.Rock, «même [s’il] comprend qu’il avait déjà fait son idée».«La responsabilité, en ce qui concerne l’adoption de mesures suffisantes pour arrêter ce qui se passe, lui revient, convient le ministre.Il prétend que les dispositions qu’il proposera la semaine prochaine seront suffisantes.Je l’espère.» Le ministre s’est dit d’autant plus déçu que cette décision survient «à peine 48 heures» après le dépôt de son projet, «alors que les fonctionnaires travaillaient sur le texte» qu’il avait proposé.Mais à Ottawa, Jennifer Lang, l’attachée de presse du ministre, nie que les fonctionnaires de M.Rock aient travaillé avec ceux de M.Bégin sur ce projet au cours des 48 dernières heures: «C’est complètement faux».Le projet du ministre québécois de la Justice, dont il n’a jamais dévoilé le contenu, «était une liste de propositions», selon l’attachée de presse de M.Rock, reposant sur le principe de criminaliser l'appartenance à un groupe de motards hors la loi.Or, selon l’opinion du bâtonnier du Québec, Claude Masse, opinion que partage largement M.Rock, selon son attachée de presse, il est à peu près «impossible» de défi- nir les critères d’appartenance à un groupe.«Par exemple, explique le bâtonnier, ça ne peut être le nom — Hell’s Angels, pour n’en nommer qu’un — car le lendemain de l’adoption de la loi, ils vont changer de nom.Ça ne peut être non plus le fait déposséder une moto ou de faire partie d’une bande, puisqu’on peut avoir une moto et faire partie d’une bande sans n’avoir rien à se reprocher.Et ça peut être encore moins, comme le suggère le ministre Bégin, en se basant sur une loi française de 1936, l’appartenance “à un groupe organisé, hiérarchisée, ayant accès à des armes et dont les actions sont susceptibles de troubler l’ordre public”, car, à ce compte-là, un hurluberlu pourrait se servir de cette loi pour tenter d’abolir les associations de chasse ou encore certains syndicats qui, en période de conflit — on a déjà vu ça —, en viennent parfois à recourir à la violence et à certains types d’armes.» Le ministre Rock a une fois de plus refusé, hier, de préciser la direction qu’il entend suivre pour régler ce dossier.Mais selon Jacques Duchesneau, directeur du service de police de la CUM, qui a participé à quelques réunions avec M.Rock et ses fonctionnaires au cours des dernières semaines, le ministre s’est déjà montré «très réceptif» à l’idée avancée par l’Association des directeurs de police du Québec, qui souhaite que les policiers puissent obtenir d’un juge «une déclaration attestant qu’un individu, qui vient d’être accusé d’un crime, fait aussi partie d’une organisation criminelle, ceci en alléguant qu’il a des motifs raisonnables de le soupçonner».Selon le chef Duchesneau, l’obtention de cette déclaration pourrait permettre aux policiers d’obtenir deux choses: d’abord, obliger l’accusé à établir l’origine des biens en sa possession et, advenant sa culpabilité, peu importe le type de délit pour lequel il est accusé, à accroître sa peine d’emprisonnement du seul fait de son appartenance au crime organisé.Dans les faits, cette obligation, pour l’accusé, d’établir l’origine de ses biens, équivaut, devant le tribunal, au renversement du fardeau de la preuve.Une restriction importante aux droits de la personne, «mais une restriction qui, selon le bâtonnier du Québec, pourrait être considérée “raisonnable et justifiable dans le cadre d’une société libre et démocratique”, comme le prévoit l’article premier de la Charte».«Je ne sais pas ce que M.Rock va finalement décider de faire, disait il y a quelques jours au Devoir, M.Duchesneau, actuellement en vacances.Mais je pense qu’il s’en va dans cette direction.On verra bien.» MONTFORT SUITE DE LA PAGE 1 «Une option que vous pouvez considérer est la possibilité de maintenir le caractère unique de l’hôpital Montfort au sein d’un contexte hospitalier plus large, afin d’offrir des services en français», écrit la sous-ministre Margaret Mottershead.«Il s’agit d’un hôpital francophone qui offre des services aux francophones de l’Est ontarien, a affirmé le premier ministre Harris.[.] Notre but est de maintenir les services en français, pas la brique ni le mortier.[.] Emportant, c’est le maintien des services, pas des édifices.» La Commission de restructuration doit se pencher sur les mémoires reçus mardi afin d’entériner ou non sa décision de fermer l’hôpital Montfort et de le fusionner avec trois autres hôpitaux d’Ottawa.Au cours du débat, l’idée d’un Pavillon Montfort, sorte de transfert des services en français annexés au méga-hôpital, avait été émise par des membres francophones du conseil d’administration de l’hôpital Civic, l’un des quatre centres hospitaliers visés par la fusion.Cette option avait été repoussée par les tenants de Montfort qui ne croient pas à l’annexion à un hôpital bilingue.«Ce n’est qu’avec une gouvernance francophone qu’on peut contrôler notre propre destinée et qu’on peut mettre l’accent sur les services en français comme il se doit», a affirmé Michelle de Courville Nicol, présidente du conseil d’administration de l’hôpital Montfort.«Nous ne voulons pas d’un ghetto des francophones dans un méga-hôpital», a expliqué hier Gisèle Lalonde, présidente du comité S.O.S.Montfort qui se bat depuis février poqr maintenir son hôpital là où il est Etonnée, déçue mais tout de même sereine, Gisèle Lalonde voit d’un bon œil que le gouvernement reconnaisse le caractère unique de Montfort et estime que le commentaire émis par M.Harris quant au changement d’adresse de l’hôpital s’explique par un manque flagrant d’informations.S.O.S.Montfort envisage de rallier les francophones des autres provinces et les anglophones à sa cause pour faire pression sur le gouvernement, et portera sa cause jusqu’en Cour suprême s’il le faut Jacques Michaud, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, voit dans les propos de Mike Harris «un manque de finesse politique» et «une étroitesse d’esprit».«M.Harris nous montre encore une fois qu’il ne comprend pas du tout les besoins de la communauté francophone et il fait preuve d’un manque de finesse politique pour émettre ce commentaire alors que la Commission n’a même pas rendu sa décision et que ce n’est pas à lui de décider.» Même s’il espère que Mike Harris change de cap au cours des prochains jours et modifie la nature de ses propos, Jacques Mi-chaud comprend à travers ce message que les possibilités que la Commission ne revienne sur sa décision sont fort minces.La Commission de restructuration des services de santé en Ontario dispose de quelque huit semaines pour rendre une décision finale.Le gouvernement s’était réservé le droit d’entériner ou non la décision de sa Commission.MAMAN Un condensé illustré de métaphysique SUITE DE LA PAGE 1 Cet ouvrage à la fois grave et léger raconte les touchantes interrogations d’une fillette qui n’arrive pas à dormir pendant une nuit d’orage.Où finit l’infini?Si on pouvait changer de corps, est-ce que quelqu’un choisirait le mien?Est-ce que ma vie est déjà toute tracée d’avance ou est-ce que je devrai trouver mon chemin moi-même?D’où me viennent les idées qui me trottent dans la tête?Et où vont-elles quand elles quittent ma tête?De la grande philosophie pour les petits.Un condensé illustré de métaphysique.Chaque question est accompagnée d’un superbe dessin à la plume.«Ce sont les métaphores que ces questions éveillent en moi», confie l’artiste.«D’ailleurs, c’est un livre de questions.Ce n’est pas un livre de réponses parce qu’il n’y a pas de réponses.» C’est dans l’intimité d’un cahier de croquis que le livre a germé.Près de 400 dessins ont été esquissés de façon tout à fait intuitive, sans thème préalable, sans direction précise.Et puis un beau jour, l’illustratrice s’est assise au milieu de toutes ses images et a tenté d’organiser la matériau brut qui l’entourait C’est là que l’idée d’une nuit blanche s’est imposée.Un long travail de classement et d’organisation a ensuite donné à l’ensemble son rythme et sa fluidité.Pour «magasiner son éditeur», Michèle Lemieux a fabriqué trois maquettes, une française, une anglaise et unp allemande.Le monde entier de l’édition lui est ouvert A ce jour, elle a publié en quatorze langues, dont en braille — ce qui est tout de même un comble pour une artiste avant tout visuelle.C’est finalement un éditeur allemand qui a créé la version originale du petit dernier et qui s’est occupé de la diffuser.Gewitternacht est déjà traduit en néerlandais et en norvégien.Une édition américaine, une canadienne et une française sont prévues.Il ne manque décidément qu’une version québécoise.D’ailleurs, seuls les trois premiers albums que Michèle Lemieux a illustrés, il y a plus de quinze ans, sur des textes de Robert Soulières, ont connu des éditions au Québec.La réception de Gewitternacht est excellente partout Et pas seulement auprès des enfants.En Allemagne, il s’en vend, paraît-il, beaucoup dans les maisons de retraite.Lors de la dernière Foire de Francfort, le prestigieux quotidien Die Zeit lui a consacré une demi-page.Mais çomment est-elle arrivée à publier en turc et en japonais?A l’écouter, on croirait que c’est un jeu d’enfant.A vingt ans, la bachelière en communication graphique de l’Université Laval s’envole vers l’Europe, avide de découvrir le monde.Elle profite de sa présence en Allemagne pour se rendre à la Foire du livre de Francfort, le plus gros événement du genre.C’est là que, timidement elle va présenter son porte-folio aux éditeurs.«J’en ai choisi un moche pour commencer.Comme ça, si je me trompais, je ne me rendrais pas trop ridicule», se rappelle-t-elle en rigo- lant.Dès le premier jour, elle obtient un contrat d’un éditeur japonais pour écrire et illustrer un livre.«C’est comme ça que cela a commencé et ça n’a jamais arrêté.En fait, je suis tombée dedans quand j’étais petite.» L’heureuse lauréate enseigne maintenant l’illustration au département de design de l’UQAM.Ce qui ne l’empêche pas de continuer à dessiner.Elle a toujours un carnet de croquis en marche et son agenda est rempli presque deux ans d’avance.Pour Michèle Lemieux, l’authenticité et la fidélité à soi sont des règles d’or.Des règles autrement plus importantes que les paramètres commerciaux qui définissent un genre.Lorsqu’elle crée un livre, elle ne songe pas d’abord au public à qui elle s’adresse.Elle plonge plutôt à l’intérieur d’elle-même pour cerner ce qu’elle a envie, ce qu’elle a besoin de dire.L’artiste déplore d’ailleurs le fait que les choix éditoriaux soient de plus en plus dépendants des questions de marketing.«Est-ce qu’on veut attirer l’attention juste pour attirer l’attention ou est-ce qu’on veut dire quelque chose?» Pour elle, la réponse est claire.Elle partage ses graves interrogations avec les enfants des quatre coins du monde, et son succès démontre qu’il y a de la place dans les petits cœurs pour autre chose que les fantaisies un peu mièvres de Walt Disney.«Rien ne me fait plus plaisir que de penser qu’un enfant s’endort avec mon livre dans son lit.Je ne sais pas ce que je pourrais vouloir de plus.» • • ZAÏRE Les forces de l’ordre lancées contre les partisans de Tshisekedi SUITE DE LA PAGE 1 A Washington, la Maison-Blanche a estimé que le «temps de la dictature était révolu», tout en niant réclamer la démission du maréchal-président en poste depuis 30 ans.«C’est au peuple zaïrois de décider», a déclaré un porte-parole américain.De leur quartier général de Goma, les rebelles ont en revanche clairement réclamé le départ du chef de l’État.•Si Mobutu est intelligent, il comprendra qu’il vaut mieux qu’il démissionne et qu’il n’a pas d’autre choix», a dit Louis Nyarubasa, responsable du département de l’information rebelle.A Kinshasa, au lendemain de l’instauration de l’état d’urgence, Mobutu a lancé les forces de l’ordre contre les partisans de Tshisekedi, son ennemi juré qu’il avait nommé il y a à peine une semaine.Mobutu a choisi pour premier ministre le général Liku-lia Bolongo, ministre de la Défense dans le gouvernement de l’ex-premier ministre Kengo wa Dondo.En début de journée, Tshisekedi avait tenté en vain de se rendre au siège du gouvernement pour y prendre ses fonctions.Selon son entourage, il a été reconduit manu militari à son domicile par le propre fils de Mobutu, Kongolo, surnommé «Saddam Hussein» par les adversaires de son père.Le chef de l’opposition aurait été blessé à la tête lors des échauffourées ayant opposé ses partisans à la police.L’armée a tiré en l’air pour disperser les partisans du premier ministre déchu.On n’a pas fait état de victimes.Pendant ce temps, à plus de 1800 km de là, dans le sud-est du pays, les rebelles, qui contrôlent à ce jour près de la moitié du Zaire, faisaient leur entrée dans Lubumbashi, acclamés par de nombreux habitants de la capitale du Shaba.Après avoir rencontré lundi une vive résistance de la part des unités d’élite de l’armée à une quinzaine de kilomètres de la grande cité minière, les hommes de Laurent-Désiré Kabila sont entrés dans un faubourg au sud de Lubumbashi en provenance de la frontière zambienne.Des habitants ont rapporté que les rebelles avaient livré d’intenses combats de rue contre des unités de la Division présidentielle dans le sud de la ville.Le quartier général de l’armée a par ailleurs été pillé.Dans les combats, un ressortissant belge habitant la ville a été grièvement blessé par l’explosion d’un obus de mortier dans son jardin.Il subit une intervention chirurgicale.Selon des expatriés, des officiers supérieurs de l’armée et quelques centaines de soldats défendaient l’aéroport, à sept kilomètres de la ville, lorsqu’un avion y est arrivé en début de soirée.La population a accueilli les rebelles par des cris de joie en scandant «Kabila, Kabila».«Nous sommes tellement contents, tellement contents.Nous avons été colonisés pendant 35 ans par Mobutu, ce dictateur, qui a pillé notre Katanga», a dit à Reuter un employé d’hôtel.Le gouverneur du Shaba, Kyungu wa Kumwanza, nommé voici deux semaines par Mobutu, a déclaré qu’il attendait sereinement à son domicile que les rebelles le contactent «S’ils me demandent, je ne vois aucune raison de ne pas coopérer avec eux, a-t-il déclaré.Si les gens sont heureux, je suis heureux aussi.» Le Canada s’est prononcé en faveur d’un règlement africain de la crise zaïroise, sans intervention des pays occidentaux.Iœ prix du cobalt sur le marché international a augmenté à Ijondres, poussé par la crainte d’une éventuelle baisse des exportations zaïroises, mais des analystes ont indiqué que la chute de Lubumbashi avait été en grande partie prévue.
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