Le devoir, 9 mai 1997, Cahier B
Reutaurant Fine cuisine italienne et fruits de mer Table d'hôte le midi et le soir 802, boul.des Laurentides, Laval (Québec) H7G 2V9 ra de Laval Salle de réception (514)668-0780 LE DEVOIR Stationnement Çratuit 1657 Ste-Catherme Ouest I.K I) K V 0 I li .I.i: V K X I) Il K I» I 0 M Al I !• Il 7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR [VT.Toit et moi V A l’instar de la vie à deux, la recherche d’un logement est une affaire de compromis À louer.Montréal.Superbe 6 1/2 entièrement rénové, sur deux étages.Mur de brique, foyer, planchers de bois-franc et boiseries.Entrées laveuse-sécheuse.Cour arrière privée aussi grande que surréaliste.Près de tous les services et du métro.À la fois à deux pas et à cent lieues des tripots de nuit et de l’action.Idéal pour jeunes un peu bouffons.500 $ chauffé, eau chaude.BRIAN MYLES LE DEVOIR Ah! Ce serait trop beau, n’est-il pas?L’annonce de rêve pour les quelque cent mille et un prolétaires qui, d’une année à l’autre, cherchent désespérément le meilleur logement disponible à Montréal.L’aventure folle se déroule généralement entre le 30 avril, date-butoir pour rompre avec le proprio actuel, et le 30 juin, date fatidique, point.Après avoir trouvé la perle noire de la gent féminine, reste le plus difficile à accomplir: plonger à deux dans la mer des logements à louer pour en arracher la perle des appartements.Et croyez-moi, le plus difficile n’est pas de charmer la sirène, mais bien d’éviter les écueils au cours de la traversée menant au foyer promis.Pendant la saison de la «chasse», tous les subterfuges sont permis.L’enjeu est crucial.Il s’agit de se trouver un nid douillet pour les matinée?mielleuses, un toit pour les sombres soirées d’averse.A moins de nicher sous le pont avec les pigeons, de louer une chambre à l’un des chic «hôtels centre-ville» qui abreuvent ici et là la populace ou encore de retourner vivre chez des parents.Bref, l’enjeu est vital.Il faut d’abord éplucher les petites annonces comme des professionnels, prenant bien soin de s’emparer d’un exemplaire du journal dès son arrivée en kiosque.Les meilleurs logements à louer s’envolent aussi rapidement que l’odeur de l’encre fraîche imprégnant le papier journal.Il faut ensuite apprendre à se méfier des annonces indiquant «Plateau» sans autre précision.Des propriétaires mal intentionnés font subir à ce quartier branché, fort prisé des jeunes professionnels, d’énormes distorsions géographiques.— «Oui, bonjour, j’appelle au sujet du logement à louer sur le Plateau.Quelle rue?» — «Ontario et Montcalm.» C’est à croire que le Plateau est aussi vaste que la moitié de Tile! Il faut enfin se munir d’une grille indiquant clairement l’heure des visites, l’adresse, le coût du loyer et le nombre de pièces.A défaut de quoi vous risquez de perdre la tête et la moitié de la journée à chercher à travers une multitude de bouts de papier.Pour être vraiment utile, la grille en question doit faire pâlir les analystes de Statistique Canada.Mais avant de frapper à des portes inconnues, il est recommandé de revêtir son déguisement de jeune couple poli, bien rangé, pas plus dérangeant qu’un bégonia.C’est qu’il faut impressionner le maître des clés et probable propriétaire.Si tout cela ne marche pas — ce fut notre cas —, priez! priez! 11 en restera toujours quelques chose.C’est qu’il n’existe pas sur cette île maudite de logements dignes de satisfaire les attentes d’un couple somme toute assez conciliant Première visite: trop sombre.Deuxième visite: la salle de bain est trop petite, que dis-je, l’appartement tout entier est exigu.Troisième visite: trop dispendieux.Quatrième visite: pas la peine d’en parler! Et tutti quanti.Puis, il y a les considérations géographiques.Centre-Sud?Non merci, déjà donné.Outremont?Trop loin (?).West-mount?Trop dispendieux.Brassard?Laissez-nous rire.A l’instar de la vie à deux, la recherche d’un appartement est une affaire de compromis.Ce qui devait être l’occasion dp cimenter les liens du couple devient une véritable corvée.A la fin, l’impatience triomphe des exigences domestiques comme la mort triomphe de tout «Enfin, c’est fait.Voilà une bonne chose de réglée», se surprend-on à lancer à la signature du bail.Enfin obtenu, l’appartement, mais à l’arraché.11 ne restait qu’à expliquer à nos parents en lointaine province pourquoi il en coûte aussi cher à leur progéniture pour demeurer à Montréal.Ah! Chers parents.Mais toute cette galère, ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend tous, pôvres locataires: le damné déménagement du Tr juillet, amenant son lot de boîtes, d’entorses lombaires et de pinceaux.Et nous ne sommes que deux.«Ah! Bonjour, chers parents.» K K N I) E /-VOUS À voile et à vapeur deux sexes H t h 'm
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