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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-05-28, Collections de BAnQ.

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I Le choix du 2 juin ?L’éditorial de Lise Bissonnette ?FONDE EN 1 9 1 0 ?LE DEVOIR Vol.I.X XXVIII N " I I 7 M O N T R K A I.I.K M K R (', II K I) I 2 8 M A I il il 8 8c + T l‘ s + t v y / T o it o x T o I $ PERSPECTIVES De l’Atlantique à l’Oural Les seize membres de l’Alliance atlantique et le président russe ont signé hier à Paris un accord entre la Russie et l’OTAN qui enterre définitivement la guerre froide et marque une étape importante pour l’Europe.Nos informations en page A 5.I *.s J Jocelyn Co u Ion 1 y a 35 ans, le général de Gaulle, défiant les deux blocs qui jouaient quotidiennement avec le sort de la planète, avait préconisé la constitution d’une Europe indépendante, de l’Atlantique à l’Oural, pour fairp contrepoids aux Américains et aux Soviétiques.A l’époque, on s’était moqué des propositions françaises.Il n’était pas réaliste, disait-on, d’espérer unifier le continent alors que des systèmes idéologiques opposés en dominaient les deux parties.Mais de Gaulle était un visionnaire.Il avait prédit, mieux que bien des observateurs, que le camp communiste était appelé à s’écrouler et que les nations, ainsi libérées, rejoindraient leur ancrage naturel, l’Europe.Hier, les présidents russe et américain ainsi que leurs vis-à-vis de quinze autres pays ont donné corps au rêve du général de Gaulle en faisant des gestes qui vont dans le sens des idées de l’ancien président français Au cours d’une cérémonie au palais de l’Elysée, les chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance atlantique et de la Russie ont signé l'Acte fondateur, un accord qui régit les relations politiques et militaires entre l’OTAN et Moscou et qui donne le feu vert à l’élargissement de l’Alliance atlantique aux pays d’Europe centrale et orientale.D’un côté comme de l’autre, on a souligné les avantages que l’accord représentait pour l’Europe.Boris Eltsine a salué l’entente en disant estimer qu’elle aboutira à terme à l’édification «d’une Europe unie» et déterminera «la façon dont notre continent va entrer dans le ?XXI' siècle».Du même coup, le président russe a surpris l’assistance en annonçant que les ogives nucléaires russes ne menaceraient plus les membres de l’OTAN.Il s’agit là, bien sûr, d’un geste hautement symbolique puisqu’il faut autant de temps — une trentaine de minutes — pour «décibler» un missile nucléaire que pour le recibler.Il n’en demeure pas moins qu’en agissant ainsi, Eltsine a montré que la Russie avait vraiment rejoint le camp occidental.Quant au président américain Bill Clinton, il s’est fait modeste devant ce que certains commentateurs russes ont qualifié de «reddition de la Russie» face à l’OTAN.Il s’est plutôt attaché dans son allocution à présenter cet accord et l’extension de l’OTAN comme une victoire pour la Russie et pour l’Occident.Clinton a rejeté les arguments de ceux qui croient que l’OTAN va simplement déplacer un peu plus vers l’Est la ligne de division de l’Europe et que la Russie sera marginalisée dans le système de sécurité européen.Cette nouvelle OTAN «travaillera avec la Russie, pas contre elle».En effet, les Russes seront bientôt associés aux alliés grâce à un Conseil conjoint où ils prendront des décisions communes.Un tel processus, à défaut d’intégrer totalement la Russie à l’OTAN, permettra à Moscou de devenir un partenaire incontournable en Europe.Le président américain a aussi souligné son attachement à une Europe forte et unie.«La nouvelle OTAN est l’espoir d’une Europe en paix, démocratique et non divisée», a-t-il dit.Ce message en faveur de l’Europe, il va le renouveler aujourd’hui à La Haye, aux Pays-Bas, lors des cérémonies entourant le 50' anniversaire du lancement du plan Marshall, qui contribua non seulement à redresser l’économie européenne mais aussi à jeter les fondations de l’unification du continent dans sa partie occidentale.Selon son conseiller à la sécurité nationale, Sandy Berger, M.Clinton «va présenter une vision pour l’avenir de l'Alliance atlantique et du partenariat entre les Etats-Unis et l’Europe pour les 50 prochaines années».Sur ce plan, le discours du président américain devrait répondre aux vœux de la plupart des leaders politiques d’Europe centrale et orientale qui veulent voir leur pays adhérer à l’OTAN et à l’Union européenne le plus rapidement possible.Dans un texte émouvant publié par le New York Times, le président tchèque Vaclav Havel prévient que la sécurité de l’Europe dépend de l’élargissement de l’alliance euro-américaine aux pays de l’Est «Si l'Ouest ne stabilise pas l’Est, l’Est déstabilisera l’Ouest», prédit-il.Certains observateurs ont suggéré que la signature de l’accord Russie-OTAN confirme le rôle de puissance tutélaire de Washington en Europe.Ce constat est juste mais il n’est pas aussi rebutant qu’il en a l’air.Tant et aussi longtemps que les Européens ne se seront pas entendus sur une défense commune et que des conflits ethniques subsisteront ou que des différends frontaliers n’auront pas été résolus, l’engagement américain sera plus que nécessaire pour assurer la stabilité et la sécurité du continent européen.En offrant un partenariat à la Russie et en intégrant rapidement les pays d’Europe centrale et orientale, XActe fondateur et l’élargissement de l’OTAN donneront naissance à cette Europe, de l’Atlantique à l’Oural.MÉTÉO La nouvelle OTAN «travaillera avec la Russie, pas contre elle» Montréal Ensoleillé.Max: 20 Min: 8 Québec Ensoleillé.Max: 19 Min: 5 Détails, page B 5 INDEX Agenda B 6 Idées , A7 Annonces B 4 Le monde A 5 Avis publics.B 6 Les sports B 5 Bourse B 2 Montréal A3 Culture B 8 Mots croisés.B 4 Économie B I Politique A4 Éditorial .A 6 Télévision B 7 ÉCONOMIE Des résultats étincelants pour trois banques, page B 2 LES ACTUALITÉS Pour un accès gratuit aux lois sur Internet, page A 2 u IP CULTURE Canal Nouvelles donnera priorité à l'actualité québécoise, page B 8 Bouchard accuse Chrétien d’être «un adversaire de la démocratie» PAUL CAUCHON LE DEVOIR Québec — Le premier ministre du Québec Lucien Bouchard a accusé hier soir le premier ministre Jean Chrétien d’être «un adversaire de la démocratie québécoise» et sommé Jean Charest de se prononcer sur la question de la partition du Québec.Le Bloc québécois organisait à Québec un grand rassemblement souverainiste.De 500 à 600 personnes sont venues applaudir Lucien Bouchard, Michel Gauthier et Gilles Duceppe, les trois chefs de l’histoire du Bloc.Le rassemblement voulait prendre le relais de l’assemblée de Jonquière, tenue la semaine dernière.«C'est là qu’une formidable vague est partie» , a lancé Michel Gauthier.En fait, les leaders du Bloc ont continué, au cours de leurs interven- tions, de marteler leurs principaux adversaires politiques.«Ce que conteste Chrétien, c’est la démocratie québécoise», a déclaré Lucien Bouchard en référence aux propos controversés du premier ministre sur la reconnaissance d’un OUI à la majorité simple lors d’un éventuel troisième référendum.«Pas un souverainiste n'a contesté le verdict du référendum.Il n’y a pas une VOIR PAGE A 8: BOUCHARD ¦ Charest recule au Québec, page A 4 ¦ L’ombre de Mulroney plane sur la campagne des conservateurs, page A 4 ¦ Chrétien accuse Manning d’alimenter la ferveur souverainiste, page A 4 ¦ La presse anglophone s’interroge sur l’avenir de Duceppe, page A 4 v * ¦U 1997 Survivre Ær-X ¦ " -, ’S3» i &***&#£ mwhhMHHMiIMII .'¦m : :> n.ï- • .v • * ' Wv .¦ • • JACQUES NADEAU LE DEVOIR Claude Ryan et Claude Castonguay ont uni leurs efforts hier pour défendre la survie de l’hôpital franco-ontarien Montfort.«Fermer Montfort nierait le principe de la dualité linguistique» CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Toute la communauté francophone de l’Ontario serait pénalisée par la fermeture du seul hôpital francophone de cette province, l’hôpital Montfort, situé à Ottawa.Et deux grandes voix de la politique québécoise, les anciens ministres Claude Ryan et Claude Castonguay, ont uni leurs efforts hier pour défendre la survie de l’hôpital franco-ontarien Montfort, menacé de fermeture par la commission de restructuration des services de santé de l’Ontario.Du même souffle, les deux anciens politiciens en ont profité pour défendre le principe de la dualité linguistique canadienne.Les institutions francophones et anglophones font partie du patrimoine culturel de chacune de ces communautés, et ce, plus particulièrement encore lorsqu’elles sont minoritaires.Elles témoignent de leur droit d’avoir des choses qui leur sont propres, a fait valoir M.Castonguay.Les priver de ce droit serait la «négation de la dualité linguistique» canadienne, a-t-il ajouté.La commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario, qui a déjà recommandé la fermeture de l’hôpital dans un premier rapport remis en février, doit se réunir cette semaine pour discuter de la situation des hôpitaux d’Ottawa, plus particulièrement de celle de l’hôpital Mont- VOIR PAGE A 8: MONTFORT LE MONDE Chirac exhorte les Français à garder le cap I Nos informations en page A 5 Québec promet d’embaucher des milliers de jeunes La cible de 15 000 départs volontaires sera atteinte d’ici la mi-juin MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Québec embauchera des milliers de jeunes dans le secteur public et parapublic si la tendance actuelle du nombre de départs à la retraite, résultat de l’entente survenue entre le gouvernement et les syndicats du secteur public en mars dernier, se maintient.Le premier ministre Lucien Bouchard a fait cette annonce hier lors de la période des questions à l’Assemblée nationale.«Nous sommes le 27 mai aujourd’hui et, déjà, nous avons 10 800 départs confirmés.[.] Les gens de la CARRA, l’organisme qui s’occupe de la question de façon extrêmement efficace, nous annoncent qu’on va atteindre le chiffre d’au moins 18 000 départs, ce qui veut dire que nous allons pouvoir engager plusieurs milliers de jeunes.» On peut penser que ces embauches se feront surtout dans le secteur de l’éducation puisque les enseignants doivent presque tous être remplacés, sans parler des 2500 postes qui s’ouvriront dans les maternelles à plein temps en septembre.Dans le domaine de la santé, par ailleurs, le gouvernement devra d’abord faire de la place pour les employés placés sur les listes de rappel.Si la tendance se maintient, la cible du gouvernement de 15 000 départs volontaires d’ici le T juillet, dans le cadre du programme de mises à la retraite, sera facilement atteinte avant la mi-juin.Hier, 10 881 syndiqués avaient en fait envoyé une demande de rentes de retraite à la CARRA (Commission administrative des régimes d’assurance et de retraite).Si le rythme des demandes reste le même, 450 par jour présentement, cela ferait en sorte que la cible du gouvernement pourrait être atteinte dès la semaine prochaine, mais à la CARRA on s’attend à un certain ralentissement dans les prochains jours.«Le nombre d’enseignants qui veulent prendre leur retraite va diminuer, indique le président de la CARRA Michel Sanschagrin, tandis que les demandes de rentes dans le secteur de la santé prendront un peu plus de temps avant d’aug menter.Les syndiqués qui sont en attente d’information en ce moment se retrouvent surtout dans ce secteur.» VOIR PAGE A 8: JEUNES «Nous avons 10 800 départs confirmés» Qui se cache derrière les chefs ?Les candidats de prestige ne courent pas les rues, peu importe le parti MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Charest, Chrétien, Duceppe! À en croire les manchettes, il n’y a que trois hommes qui se font la lutte au Québec en vue du scrutin du 2 juin.Les bloquâtes ont bien sûr, appelé en renfort les autres leaders souverainistes et leur candidat vedette Yves Duhaime tandis que le chef libéral insistait sur la force de son équipe en mettant en évidence sa brochette de ministres québécois.Mais derrière ces têtes d’affiche se cache une armée de députés sortants et une nuée de candidats dont on connait mal la stature.Jusqu’à présent aucun chef n’a vraiment tenté de les mettre en valeur.Il faut dire que les candidats de prestige dont l’influence déborde les frontières de leur circonscription ne courent pas les rues, peu importe le parti.Même les libéraux ont eu du mal à en trouver, l’attrait du pouvoir n’ayant pas réussi à faire oublier leur impopularité auprès des électeurs francophones.Il n’y a quYvon Charbonneau (Anjou-Ri-vière-des-Prairies) et France Dionne (Kamouras-ka-Rivière-du-Loup-Témiscouata-Les Basques) qui ont accepté d’abandonner leur siège à l’Assemblée nationale pour se lancer dans l’arène fédérale.L’équipe libérale a toutefois fait un pied de nez à Jean Charest en recrutant l’ancien député conservateur d’Abitibi, Guy Saint-Julien.Le Bloc, lui, n’a pas fait mieux qu’il y a quatre ans.Il a fait face à des luttes fratricides dans cer- tains comtés.Dans Lotbinière, par exemple, un militant péquiste du coin, Odina Desrochers, a délogé le député sortant, Jean Landry.Furieux, ce dernier a décidé de se présenter comme indépendant.Comme en 1993.la majorité des nouveaux candidats bloquistes sont issus des exécutifs du Bloc ou du PQ.Les conservateurs avaient la plus grosse côte à remonter puisqu’ils partaient de rien.La tâche a été si ardue qu’il a fallu que le chef nomme lui-même, à la dernière minute, une vingtaine de candidats et qu’il en parachute quelques-uns dans des comtés laissés vacants.Et plusieurs de ces recrues sont dans la jeune vingtaine.En fait, les candidats les VOIR PAGE A 8: CANDIDATS M E 778313000665 A 2 I, K I) K V 0 I It .I.K M K It I It K I) I 2 S M Al I !» !l 7 I, E S A Cl'Il A I, IT li S Relations internationales Il n’y a pas de honte à utiliser le français, dit Bouchard PRESSE CANADIENNE Québec—Le premier ministre Lucien Bouchard estime qu’il ne faut pas avoir honte de s’exprimer en français au Québec, même avec des investisseurs allemands.Dans un échange à saveur économique avec l’opposition, traitant des emplois pour les jeunes, M.Bouchard a ramené sur le tapis la controverse soulevée par l'affaire des investisseurs allemands reçus en français par un haut fonctionnaire des Relations internationales, il y a deux semaines.«J'ai vu cette espèce d’intensité, d'effervescence, a-t-il déclaré, qu’on a tenté dé faire naître à la suite de cet épisode où un fonctionnaire du Québec a parié français quand il a rencontré des visiteurs allemands.Il y a là une forme d'intolérance incroyable.Il y a une sorte de honte de la langue française, une sorte d’oubli que la langue française est une grande langue internationale et qu'en Europe, les Allemands sont habitués à entendre parler le français.Donc, nous, qui avons la chance de parler français au Québec, est-ce qu’on va se cacher et s'empêcher de le faire quand on rencontre des Allemands?» Le vice-premier ministre Bernard Landry, qui s’était déjà porté à la défense de son haut fonctionnaire la semaine dernière, d’autant plus qu’il était accompagné par un interprète, a lui aussi relancé le débat en affirmant que la majorité des 14 000 jeunes qui quittent le Québec pour trouver des emplois ailleurs au Canada le font surtout parce qu’ils sont incapables de s’exprimer en français.«Personne, a-t-il affirmé, ne veut que les jeunes, quel que soit leur horizon linguistique, ne quittent le Québec, mais il est entendu qu’un jeune, dans le Québec contemporain, qui ne parle pas la langue du lieu, vit un problème que nous avons tous le devoir d’aider à régler.» ht déréglementation en environnement Des milliers de marais sans protection ?Le projet de Québec prévoit de faciliter le remblayage et l’assèchement L’ancien ministre libéral de l’Environnement du Québec, Clifford Lincoln, avait fait franchir au Québec une étape importante en 1989 en élargissant un des deux piliers de sa principale Ipi de façon à forcer, par le moyen de l’article 22, l’examen préalable des répercussions environnementales de tout projet affectant les cours d’eau et, grande première québécoise à l'époque, l’ensemble des milieux humides du Québec, privés ou publics.Le Québec rejoignait alors le peloton de tête des États nord-américains.LO U I S - G 11.L ES F R A N C (EUR LE DEVOIR Le projet de «révision des systèmes d’autorisations» en préparation au ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) prévoit de permettre l’assèchement et le remblayage des milliers de marais et milieux humides du Québec qui ne sont pas directement reliés à un cours d’eau sans l’examen des impacts et l’autorisation ministérielle préalable, prévue actuellement par la Loi québécoise de l’environnement.C’est ce que révèle une version administrative de la «révision» des autorisations juridiques actuelles, un euphémisme pour désigner la disparition, le transfert ou l’allégement des verrous mis en place par les gouvernements provinciaux successifs depuis 20 ans pour protéger l’environnement et les principaux écosystèmes québécois.La plupart de ces allégements ont été réclamés par les fonctionnaires du MEF, qui manquent de moyens pour assumer les missions législatives en cause, et par des ministères québécois à vocation économique.Aucune entreprise ou association industrielle n’a, du moins ouvertement, jamais réclamé cet émondage massif des contrôles législatifs et réglementaires.Selon la version obtenue par Le Devoir, le MEF entend se débarrasser du libellé qualifié de «trop large» de l’article 22 de la loi, qui exige un examen préalable de toutes les activités susceptibles d’affecter les cours d’eau.Le document, expédié dans une enveloppe anonyme, précise que le ministère a fait fi de sa propre loi depuis deux ans en autorisant en vrac, et sans examen, des dizaines de municipalités à creuser des cours d’eau en milieu agricole, où ils ont le statut juridique de as Vous avez un faible pour la MILLENIA?ne vous reste plus qu'à joindre les Mensa! En vous portant acquéreur d’une Millenia S, ne soyez pas surpris de recevoir autant d’éloges et de compliments.Car derrière cette silhouette harmonieuse aux lignes fluides, se cache un moteur à cycle Miller unique au monde : un puissant V6 a 24 soupapes et DACT équipé d’un système de surcompression hautement efficace qui utilise très peu de puissance pour fournir une accélération maximale a bas régime.Ce qui explique pourquoi les magazines Ward's Auto World et Ward’s Engine and Véhiculé Technologie Update l’ont inscrit sur la liste des « Meilleurs moteurs » en 1997.Elle possède une structure de châssis surprenante, une suspension pleinement équilibrée et un intérieur spacieux et ergonomique.De plus, {’Automobile Magazine la considère depuis deux ans, comme « le point de référence des berlines de luxe ».Alors, avant de faire l'essai d’une autre berline, voici un petit conseil : méfiez-vous des salles de montre clinquantes, lisez tous les prospectais attentivement et assurez-vous d’inscrire la Millenia S sur votre liste.Les gens futés le font toujours.MILLENIA S LOCATION A PARTIR DE 488$ par mois/24 mois LOCATION^ mZDA THE'?fossés d’évacuation.Contrairement aux dispositions de la loi, le MEF s’est contenté d’exiger qu’on s’engage à respecter les dispositions de ses guides de bonnes pratiques.Le projet de loi légaliserait par ailleurs le creusage des cours d’eau «déjà aménagés en milieu agricole», ce qui signifie que Québec abandonne tout espoir de redonner vie aux 20 000 kilomètres de cours d’eau du Québec habité, artificialisés au cours des 30 dernières années au coût de 50 millions dans le cadre du programme Sol-Plus du ministère de l’Agriculture.D’autre part, le système d’autorisation de LQE ne viserait plus les habitats fauniques terrestres, désormais protégés uniquement par la Ix>i sur la conservation de la faune.Les petites îles du Saint-Laurent (moins de 50 ha) ne seraient plus protégés par la loi, elles non plus, mais îaissées aux MRC parce que leur cas relèverait de l’aménagement territorial.Québec n’exigerait plus d’analyse d’impacts ni d’autorisation préalable pour le captage des eaux de surface et souterraines lorsqu’un utilisateur se contenterait de prélever moins de 75 mètres cubes par jour.Le MEF se contenterait d’exiger des informations sur les volumes pompés pour obtenir gratuitement des données hydrogéologiques.La future politique sur la protection des eaux souterraines, révèle le document, proposera de refiler aux futurs «comités de gestion des nappes» des MRC la responsabilité de résoudre les conflits d’usage entre citoyens, agriculteurs et industriels.Le MEF estime que les nouvelles dispositions du Code civil, qui assurent un droit d’usage des eaux souterraines contre ceux qui les utiliseraient de façon contraire à l’intérêt général, permettront aux citoyens, qui en ont les moyens, d’obtenir justice.La loi permettra cependant au ministre une autorisation préalable pour exploiter les eaux souterraines mais uniquement d;uis les régions où elles seront menacées d’assèchement ou de surexploitation.Le règlement sur la gestion des eaux souterraines sera par ailleurs amendé, prévoit le projet obtenu par Le Devoir, de façon à établir une norme générale interdisant toute contamination et tout assèchement.En ce qui a trait au contrôle des activités de construction des petits puits, le MEF s’en remettra à la Régie du bâtiment, qui aurait accepté de gérer une, partie des éléments du projet de règlement sur le captage des eaux souterraines.toute, contamination et tout assèchement.En ce qui a trait au contrôle des activités de construction des petits puits, le MEF s’en remettra à la Régie du bâtiment qui aurait accepté de gérer une partie des éléments du projet de règlement sur le captage des eaux -souterraines.'Offre valable sur toute location au déîai tie ;a nouvelle MrSema S1997 Sur approbation du crédit Le pru de location est basé sur 24 m Immatriculation assurances et ta/es en sus Mar/m jm de 25 000 km par an EMPORTE-MOI Visitez notre site internet : www.mazda.ca le #K4LN77TA10) chez les détaxants participants i partir du 3 mars 1997 pour un temps kmrté Les véhcutes en stock pevrem vaner d’un conc«ss I 2 8 M Al I ü 0 7 A A I i ?LE DEVOIR ?- MONTREAL Enquête sur la SQ Le doute s’installe autour d’Arsenault Ménard, entre en scène ce matin SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Selon le commandant en chef du district de Québec, Henri Château-vert, Bernard Arsenault, l’un des trois enquêteurs nommés par Serge Barbeau pour faire la lumière sur la responsabilité des policiers de la SQ dans l’affaire Matticks, était animé par un esprit de «vengeance» à l’égard du numéro un aux enquêtes criminelles, André Dupré, lorsqu’il a accepté de faire ce travail.C’est ce qu’il a indiqué, hier, devant les membres de la commission Poitras.Ce n’est pas la première fois que pareils soupçons flottent au-dessus de la commission Poitras.Dans les corridors du palais de justice, en effet, régulièrement depuis un mois entend-on ce genre de propos, ou de rumeurs, laissant entendre qu’Arsenault aurait été «écarté» des enquêtes criminelles par Dupré et que le premier se serait bien promis de lui remettre un jour la monnaie de sa pièce.Bien des témoins devront toutefois défiler devant la commission avant que quiconque ne puisse commencer à mesurer le bien-fondé de cette allégation, sérieuse évidemment.Mais hier, on aura au moins appris que la plupart des officiers sous la gouverne de M.Châ-teauvert à Québec «en voulaient» à Hilaire Isabelle, l’un des deux collègues d’Arsenault dans l’enquête interne, «pour avoir rapporté par écrit les propos intimidants et menaçants» qu’auraient tenus à son endroit le directeur général adjoint André Dupré et l’inspecteur Michel Arcand lors du célèbre party du capitaine Pichette, le 26 août 1995.«La majorité des officiers n’ont pas apprécié», a expliqué M.Châteauvert, tout en faisant remarquer que «déjà, à ce momenUà», plusieurs étaient furieux des méthodes d'enquête utilisées par MM.Arsenault, Isabelle et Boudreault (l'écoute électronique, notamment) à l’endroit de leurs propres confrères policiers.Et ils n’auraient pas apprécié ce rapport écrit parce que, selon eux, pareil document n’aurait jamais dû exister dans la mesure où cette affaire «aurait très bien pu se régler avec Barbeau verbalement», a précisé M.Château-vert «Je pense que les trois enquêteurs avaient un intérêt autre que celui de se limiter à l’enquête» proprement dite.À partir de déductions, je pense qu’il y avait peut-être une petite vengeance personnelle de la part de Bernard Arsenault qui, selon certaines rumeurs, avait été tassé des enquêtes criminelles par le directeur général adjoint André Dupré.» Par ailleurs, c’est à 9h30 ce matin que commence devant les membres de la commission Poitras le témoignage attendu de l’ex-ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.Entre donc en scène celui-là même qui avait montré la porte à l’ex-directeur général de la SQ, Robert Lavigne, pour permettre au jeune retraité Barbeau de réintégrer laSQ.M.Ménard a été ministre de la Sécurité publique du 26 septembre 1994 au 29 janvier 1996, période au cours de laquelle quatre policiers de la SQ ont été accusés d’entrave et de fabrication de preuves dans l’affaire Matticks.Le ministre viendra entre autres expliquer pourquoi en janvier 1996 il était sous l’impression que la direction de la SQ refusait de collaborer à l'enquête interne sur l’affaire Matticks, affirmation qu’il aurait faite à l’ex-directeur général Barbeau au cours d’une rencontre tenue quelques semajnes avant sa mutation au ministère d’Etat à la métropole.Cette rencontre aurait été pour le moins «animée», selon le témoignage de M.Barbeau, en raison des «doutes» du ministre quant à la volonté de la direction de la SQ d’aller au fond des choses dans cette affaire et de «l’aspect criminel» que M.Ménard associait à l’incident du 26 août 1995 au cours duquel Hilaire Isabelle aurait été intimidé par deux hauts gradés de la SQ.Selon M.Barbeau, «il manquait à ce moment-là à M.Ménard certains faits» qui lui auraient permis d’apprécier «la justesse» des efforts de la direction pour aider les trtjis enquêteurs à réaliser leur travail.A l’époque, les trois enquêteurs se plaignaient de ne pouvoir compter sur la collaboration des policiers de la SQ et d’être incapables de mettre la main sur certains documents liés au projet Thor.«L'attitude» de la direction des enquêtes criminelles faisait aussi «défaut» au cours de cette période, selon un rapport du coordonnateur de l’enquête interne, Gilles Saint-Antoine, alors que «le chantage effectué par un groupe minoritaire d’enquêteurs spécialisés faisait subir à l’enquête interne de nombreux préjudices».L’ex-directeur général Barbeau n’a pas jugé opportun d’informer le ministre Ménard avant le 18 janvier 1996 — soit cinq mois après le fait — des «menaces» qu’auraient proférées à l’endroit de l’enquêteur Isabelle l’inspecteur Michel Arcand et le directeur général adjoint André Dupré.Lors de la deuxième journée de son témoignage, M.Barbeau a expliqué qu’il s’était abstenu d’en informer le ministre «pour ne pas risquer de briser la carrière de M.Arcand sur la base de simples allégations».Officiellement, M.Ménard aurait seulement pris connaissance des événements survenus à la «réception» du capitaine Pichette le 16 janvier, soit deux jours avant que M.Barbeau se décide à lui en faire part.Et même si Ménard se serait dit «très préoccupé» par ce qu’il venait d’apprendre, il n’aurait .v ; Prise de bec JACQUES GRENIER LE DEVOIR QUERELLE ou manège amoureux?Bien malin qui pourrait deviner la nature de la vive discussion qui anime ces deux hirondelles perchées sur le toit de leur cabane montréalaise.Pettigrew s’attire les reproches des retraités de Singer PRESSE CANADIENNE Le porte-parole des retraités de Singer, Robert Châteauneuf, se demande ces jours-ci si le ministre fédéral Pierre Pettigrew n’a pas cherché à gagner du temps pour éviter que leur réclamation de cinq millions adressée au gouvernement fédéral soit discutée au cours de la présente campagne électorale.Dans un communiqué émis hier, M.Châteauneuf rappelle que le ministre Pettigrew a récemment mandaté deux avocats pour rencontrer ceux du groupe des retraités de Singer.Cette rencontre s’est tenue le 3 avril dernier.C’est alors que les avocats fédéraux auraient demandé de leur donner du Les meilleurs vêtements de voyage et d’aventure au monde La jupe d'excursion : disponible en kaki, marine ou rouge; 95 S Ils sont conçus pour vous procurer le confort, la facilité d’entretien, la durabilité et la sécurité, mais surtout une allure formidable.Nos «durs qui durent» ont des poches secrètes et des poches sécuritaires.TïUey Endurables 1050 ave.Laurier Ouest 272-7791 temps et de ne pas alerter les médias avant le 31 mai 1997.«À ce moment, les avocats du fédéral connaissaient la date des élections, mais pas nous.» «M.Pettigrew, nous pensons que ce fair play” n’est pas à votre honneur en ce début de carrière», écrit M.Châteauneuf.Les retraités de Singer reprochent aux fonctionnaires fédéraux de ne pas avoir assumé leurs responsabilités, de 1946 à 1964, quant à la surveillance des surplus de la caisse de leur retraite.La police collective avec l’État fédéral, de 1946 à 1964, stipulait que les sur- plus de la caisse de retraite devaient aller à chaque participant, signale M.Châteauneuf.Or, ils auraient été remis à l’employeur, ajoute-t-il.Alors que la demande initiale des retraités de Singer visait à récupérer 8,2 millions du fédéral, ils se disent maintenant prêts à se contenter de la moitié dans un effort pour accélérer le règlement du dossier.Après dix ans de lutte devant les tribunaux, 660 retraités de Singer, ou leurs descendants, se sont partagé six millions à la fin de l’année 1996.ANALYSER, CONSTRUIRE, HARMONISER PAR LA VOIX Conférence - Atelier animée par Serge Wilfard Analyser, construire, harmoniser par la voix Serge Wilfart Albin Michel L’ETRE ET LE CORPS La conférence de M.Serge Wilfart, ténor professionnel sur l’art d'harmoniser sa voix aura lieu le 31 mai 1997 dcl3hàl7h à l’École de Musique Vincent-d’Indy 628, chemin Côte Stc-Catherine Salle de musique No 240 Coût: 80,00 $ la Conférence-Atelier Pour information et réservation: Murielle Matteau (514) 389-7124 OBTENEZ UN CATALOGUE GRATLTT EN COMPOSANT LE \ 1-800-465-4249 / H Albin Michel E N BREF Centre Molson: Landry confirme fl je Devoir) — Le ministre des Finances Bernard Landry confirme que son gouvernement examine la jxjssi-bilité de payer à la Ville de Montréal une partie des taxes du Centre Molson.Tout en refusant de discuter des sommes en cause, le cabinet du ministre des Finances indique que cette possibilité fait effectivement partie, comme le rapportait Le Devoir hier, du pacte fiscal que le gouvernement du Québec tente de conclure avec Montréal et qui devrait être prêt «d'ici une ou deux semaines».On réitère par ailleurs à Québec que le dossier du compte de taxes du Centre Molson, un montant d’environ dix millions de dollars, demeure avant tout une responsabilité municipale.Cependant, on explique que plusieurs centres sportifs et culturels dims le monde possèdent eux aussi des avantages fiscaux tels que ceux réclamés actuellement par le Centre Molson de Montréal.Le plan de la Caisse de dépôt (Le Devoir) — Béton et bitume pourraient bientôt faire place aux arbustes et aux espaces verts dans le quartier international de Montréal, où se trouvent entre autres la tour de la Bourse et la Place Bonaventure.La Caisse de dépôt et placement du Québec a proposé hier un plan de dynamisation de ce quartier, qui générerait des investissements de 500 millions à un milliard de dollars, selon le président de la Caisse, Jean-Claude Scraire.Il invite les promoteurs et les propriétaires d’immeubles à investir dès maintenant dans ce vaste projet de réaménagement urbain en se prévalant des programmes d’infrastructures offerts par les différents paliers de gouvernement «L’exécution des travaux doit se faire rapidement puisque le nouveau programme d'infrastructures prend fin en 1998», a-t-il rappelé.Dix millions à récupérer (PC) Ce sont au moins dix millions de dollars que le ministère du Revenu compte récupérer par sa dernière opération de lutte contre l’évasion fiscale.«Ce sera certainement au delà de dix millions que nous allons récupérer, mais on ne saura exactement le montant qu’au terme des expériences-pilotes que nous effectuons», a déclaré hier le ministre du Revenu, Roger Bertrand, à sa sortie de l’Assemblée nationale.Le fisc a fait savoir lundi qu’il ajoutait trois cibles de plus dans sa lutte contre l’évasion fiscale: le taxi, la vente de véhicules usagés et l’entretien des édifices publics.Le ministère du Revenu entend procéder à des vérifications auprès des 3600 titulaires de permis de taxi dans la région de Montréal.TOUT NOUVEAU ÉTAPES D’APPRENTISSAGE DU FRANÇAIS En première secondaire 2e édition revue et corrigée Fiches d’accompagnement 2e édition 288 pages, 13,25 $ Corrigé des fiches 2‘ édition 288 pages.32,95 S Ninon Carmant Cette seconde édition du cahier intitulé Étapes d’apprentissage du français en première secondaire est une mise à jour.L’objectif?Se rapprocher des nouveaux types de textes au programme à partir de septembre 1997.Quelques changements y ont été apportés.L’ajout des principaux préfixes et suffixes et leur signification constituent un apport appréciable qui devrait assurer aux élèves une meilleure compréhension des textes lus.Bref, ce cahier, par sa clarté, sa variété, l’agencement des notions à acquérir, demeure un outil pédagogique de choix.LIDEC inc.4350.avenue de l'Hôtel-de-Ville Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 Adresse internet : http://www.Iidec.qc.ca REVUE DE PRESSE ELECTIONS»?La fin de la carrière de Gilles Duceppe ?L’étroitesse et la rudesse de Manning sont critiquées à Montréal et Toronto La presse 4 Gilles Lesage De notre bureau de Québec La publicité et les déclarations tonitruantes de Près-ton Manning — mettant dans le même sac les chefs politiques du Québec, fédéralistes et souverainistes confondus — sont qualifiées d’étroites et de rudes.Du moins, au centre du pays.Un columnist torontois opine par ailleurs que la campagne électorale sonne le glas de la carrière de Gilles Duceppe.Un autre estime que Jean Chrétien manque de vision mais qu’il est à la hauteur de sa fonction, n est faux et dangereux de prétendre à la télé, ou de laisser entendre, comme le fait le chef du Reform Party, qu’il faut avoir un certificat de naissance au Québec pour diriger le Canada, écrit l’équipe édito-riale du Globe and Mail.«Ainsi, M.Manning met en lumière l’ethnicité, comme les politiciens améri-cains le font pour la race.En dépit de , ,, j ses démentis, le ton de sa campagne au Canada s^m ja cminfe ef [a division.En cela, il n’est pas meilleur que les sécessionnistes qui ont mis en doute la crédibilité de Québécois comme M.Trudeau ou M.Charest parce que l’un de leurs parents est d’origine anglaise.«À chaque outrance, M.Manning nie sa promesse voulant que les provinces sont égales et les Canadiens égaux.Il en appelle à de vieux préjugés et de sombres peurs, trafiquant le même langage codé, fouillant profondément dans la même source empoisonnée.Tel est le Canada de M.Manning, et ce n’est pas à son avantage.» Dans le même quotidien de Toronto, deux des principaux chroniqueurs du Canada anglais ont consacré des commentaires à la publicité et aux propos du chef du Parti réformiste.«La ligne dure du Reform contre le Québec exploite nos différences», titre Jeffrey Simpson, mettant par ailleurs en relief «le côté désagréable du boniment de Manning sur l’unité nationale».En tentant de soulever le reste du Canada contre le Québec, le chef réformiste veut solidifier ses gains dans l’Ouest et faire une percée en Ontario.Le message anti-Québec, qui sous-tend les arguments de M.Manning contre la «société distincte» et pour «l’égalité des provinces», lui gagnera des voix dans les régions moins bien pourvues et au fort sentiment anti-élitiste, prévoit le columnist.Le Canada est aux prises avec trois clivages profonds: Français-Anglais, urbain-rural, est et ouest de la rivière des Outaouais.Au lieu de tenter de les combler, comme doit le faire celui qui veut devenir l’opposition officielle, le Reform exploite ces clivages.Pour sa part, Robert Sheppard fait ressortir ce qu’il appelle la rudesse du Reform, surtout dans l’Ouest, pour maintenir ses appuis.Il a cessé de présenter l’autre joue.Et ça semble rapporter, les Westerners ayant simplement décidé qu’ils veulent leur propre parti d’opposition à Ottawa, pas le Bloc.«Mais il y aura un prix à payer: un Parlement régionalisé, une droite divisée plus que jamais (jusqu’aux chicanes de ruelles) et, dans la cour même de M.Manning, un Ralph Klein fâché noir contre le Reform et qui le restera probablement.» Par contre, Gordon Gibson, loin de dénoncer la publicité télévisée du Reform, estime qu’il s’agit d’un bon commentaire sur les péripéties constitutionnelles canadiennes.Quoi qu’ils en disent eux-mêmes, conclut-il dans The Globe and Mail, les deux Jean du Québec, MM.Charest et Chrétien, font partie du problème.L’équipe éditoriale de The Gazette s’en prend, elle, à la «vision étroite» de M.Manning, motivée pour des fins élec-toralistes.«Peu importe que ce soit par manque de compréhension ou par opportunisme.On ne réalisera pas l’unité en soulevant les frustrations d’une région contre l’autre, ainsi que M.Manning tente de le faire.Sa recette risque d’être dommageable au Canada, au lieu d’en faire un pays plus fort et plus uni.» Dans le même quotidien montréalais, Andrew Coyne décrète que la carrière de Gilles Duceppe est terminée.«Pour ses fautes, il doit partager la vedette avec l’odieux Parizeau, un hors-la-loi il y a deux semaines, mais à nouveau embrassé par les chefs du mouvement, maintenant que le parti ne peut même pas compter sur l’appui de ses purs et durs.» Le columnist de Southam News conclut que la campagne a fait ressortir les divergences d’intérêts et d’idéaux, aussi bien au PQ qu’au Québec.«Il en résulte une espèce de partition interne, le séparatisme est poussé à sa conclusion logique: les sécessionnistes se séparent entre eux.» Dans The Toronto Star, Richard Gwyn fait ressortir que M.Chrétien, s’il peut manquer d’envergure, est à la hauteur de la fonction de.premier ministre.«Quant à savoir s’il est apte à diriger le Canada dans le prochain millénaire, toutefois, la réponse est non.Forrest Gump, rappelez-vous, était vraiment un homme d’hier.» Peu importe qui gagnera lundi prochain, prédit Charles Gordon, il y aura une crise postélectorale à gérer à Ottawa.Il conclut par trois questions sa chronique économique au Maclean’s Magazine: «Faut-il retourner une fois de plus à la table de négociation, risquant ainsi une escalade de l’espoir et des conséquences accrues de l’échec?Faut-il plutôt un essai réel de résolution des problèmes économiques et de l’aliénation régionale, avec l’espoir que le Québec voudra participer?Et est H V 0 I H .I.K M K H C H Ë DI 2 8 M Al I lit) 7 a r> LE DEVOIR LE MONDE L’affaire Paula Jones revient hanter Clinton A GEN CE FRANGE • P R ES S E Paris — L’affaire Paula Jones, qui le pourchasse depuis trois ans, est venue gâcher hier ce qui aurait dû être pour Bill Clinton une journée triomphale, avec la signature à Paris d’un accord entre l’OTAN et la Russie qui constitue l’un des grands succès de sa diplomatie.L’arrêt de la Cour suprême refusant au président des Etats-Unis l’immunité contre le procès pour harcèle-Paula Jones ment sexuel que lui a intenté en 1994 cette jeune femme a fait l’effet d’une douche froide dans l’entourage présidentiel dans la capitale française.Le porte-parole de M.Clinton, Michael McCurry, s’est borné à dire à Paris, après l’annonce de la décision, que la Maison-Blanche laisserait à l’avocat du président, Robert Bennett, le soin de réagir à Washington après avoir étudié l’arrêt de la Cour.Mais les responsables de la Maison-Blanche étaient clairement conscients de l’étendue du désastre sur le plan médiatique.Car il ne faisait guère de doute que les journaux télévisés du soir aux États-Unis allaient s’ouvrir sur l’arrêt de la Cour et les détails croustillants de l’affaire Paula Jones plutôt que sur un événement diplomatique certes majeur, mais qui n’intéresse guère l’opinion américaine pour l’instant.Au-delà de ses aspects sordides, qui en font un sujet de rêve pour la presse à sensation, l’affaire a, en effet, dès implications constitutionnelles considérables, puisque l’arrêt de la Cour revient à dire qu’un président est un citoyen comme les autres et ne dispose d’aucune protection contre des poursuites judiciaires au civil pour des faits commis avant son arrivée au pouvoir.Le président, alors gouverneur de l’Arkansas, est accusé par Paula Jones, qui travaillait à l’époque comme employée de cet État, de l’avoir fait venir dans une chambre d’hôtel en 1991 et d’avoir demandé d’elle une faveur sexuelle qu’elle dit avoir refusée.E N BREF Des îles paradisiaques Apia (AFP) — Le premier ministre des Samoa-Occidentales Tofilau Eti Alesana a affirmé devant un groupe de prière qu'il avait vu le paradis, a rapporté lundi la radio officielle 2AE M.Tofilau, âgé de 73 ans, a subi plusieurs crises cardiaques et effectué plusieurs pontages coronariens.Il souffre également de troubles du foie.Parlant à l’assemblée devant le ¦siège du gouvernement, il a affirmé que lors d’une grave maladie en 1981, il avait pu voir le paradis.«Tout à coup, j’ai vu quelque chose qui était le paradis, il y avait des montagnes vertes et la mer bleue et des enfants qui chantaient le cantique “Alleluia, gloire à Dieu tout puissant” » a-t-il déclaré.«J’ai alors dit: “S’il vous plaît Dieu, en-menez-moi, enmenez-moi là-bas”», a conclu le premier ministre, très ému par son récit.Le royaume polynésien des Samoa-Occidentales, dont la devise officielle est Dieu, le fondement des Samoa, semble être atteint par une vague de religiosité.La semaine dernière, un groupe de femmes et d’enfants isolés ont affirmé avoir vu la vierge Marie au dessus de leur village au moment où une religieuse annonçait le retour de Jésus-Christ en 2000.Qui sont les lâches?Londres (Reuter) — Ira Grande-Bretagne envisage de gracier à titre posthume plus de 300 soldats déserteurs exécutés pendant la Première Guerre mondiale, a déclaré le ministre de la Défense John Reid dans une interview parue hier dans 'The Independent.Le ministre a expliqué qu’il examinait à nouveau leur cas à la lumière de preuves selon lesquelles nombre d’entre eux, choqués par les bombardements, souffraient de maladies mentales tels que des troubles nerveux post-traumatiques.Des soldats âgés de 19 ans à peine ont été exécutés pendant la sanglante guerre des tranchées entre 1914 et 1918, à l’issue d’un jugement en cour martiale qui durait parfois une vingtaine de minutes seulement.Un soldat de 36 ans a été condamné à mort fxnir lâcheté alors qu’il venait de |>asser cinq mois à l'hôpital (xnir se remettre d’un traumatisme dû aux bombardements.«Ije temps, la compassion et la justice nous imposent de considérer tous ces soldats comme des victimes du conflit».a déclaré au journal le travailliste Andrew Mackinlay.Moscou ne braque plus ses missiles sur l’OTAN Cette annonce impromptue confirme symboliquement la fin de la guerre froide Invité à Paris pour signer un accord entre son pays et l’OTAN, le président russe a surpris, voire embarrassé ses interlocuteurs en annonçant publiquement une mesure dont il n’avait soufflé mot auparavant.LA REDUCTION DES ARMES NUCLEAIRES STRATEGIQUES 1996 janvier START 1 signé en 1991 v 3153 1991-92 S // « 2/ / % K V U I II .I.K M K I* * H K l)| 2 S M Al I IMI 7 Ë I) I T 0 R I A L Le choix du 2 juin — Epilogue Le Bloc québécois, pour le principe Lise Bisson nette Malgré une campagne électorale débilitante, terreau fertile pour tous les cynismes, il faut se résoudre à un choix éditorial.D’abord se demander, tant les partis ont failli à la tâche de proposer et de convaincre, s’il faut s’abstenir ou voter.Mm! % t ûWmc Vol au-dessus d’un nid de vipères D ans mes pires moments d’inquiétude politique ou personnelle, un ami me réitère toujours le même conseil.«Pour agir avec sagesse, me dit-il, tu dois attendre que toutes les vipères sortent.Lorsque tu les auras toutes bien en vue, tu sauras alors contre quoi tu dois livrer bataille.La beauté de cette attente, ajoute-t-il avec justesse, est qu’elle te permettra aussi de mieux voir qui sont tes vrais alliés.» Voilà qui résume bien ce qu’a vécu le Bloc tout au long d’une campagne assaillie par les sept plaies d’Egypte! Ce parti aura vu émerger ses vrais alliés et, surtout, il aura su où logent Josée certains de ses adversaires Le gau It fédéralistes.De fait, cette ?campagne nous a montré certaines prises de position fédéralistes qui prennent de plus en plus l’allure d’un monumental nid de vipères politique.Gonflés par les difficultés du Bloc, les chefs de partis fédéraux — à l’exception notoire d’Alexa McDonough — ont fait montre d’un mépris culotté pour la démocratie québécoise.Ce faisant, ils nous ont fait savoir leur négation de l’existence même de la nation québécoise.?Peuple à la mémoire trop souvent chancelante, les Québécois viennent de se faire rappeler — une fois de plus — le tournant qu’a pris le Canada en 1982.C’est à ce moment qu’Ot-tawa et le Canada anglais, en excluant le Québec de la Constitution, semaient le mauvais grain de la négation de l’existence du peuple québécois et consacraient le mythe d’un Canada formant une seule nation.Aujourd’hui, c’est de cette même négation que découlent les arguties de certains chefs, médias et leaders d’opinion fédéralistes contre le droit des Québécois à l’autodétermination.Car il faut comprendre que si le Québec pouvait être exclu aussi cavalièrement en 1982 et que, depuis le 30 octobre 1995, il est soumis au plan B, c’est qu’une majorité de Canadiens anglais refuse toujours de voir le Québec comme une nation libre de ses choix.Même une famélique «société distincte» évidée de tout pouvoir et apprêtée à la sauce Chrétien-Charest leur est devenue indigeste! A cette ronde, n’oublions pas d’ajouter une bonne partie des leaders anglo-québécois qu’on retrouve (quelle surprise!) à l’avant-garde du plan B d’Ottawa.Pour eux, il y a une «nation» canadienne et une «province» québécoise.Et c’est de cette négation du peuple québécois qu’émanent les menaces d’un démembrement ethno-linguistique de son territoire ainsi que la sempiternelle guéguerre linguistique.Et tout récemment, Alliance Québec adoptait une résolution reconnaissant le «rôle légitime» des groupes partition-nistes «pour expliquer les conséquences» de la souveraineté.Ah bon.«.A la lumière du durcisse- ment de plusieurs leaders anglophones, force est de constater — comme le faisait Michel David dans Le Soleil du 24 mai — qa’«il n’y a pas que les “purs et durs” qui commencent à se demander s’il est bien utile de tendre la main aux anglophones jusqu'à en attraper des crampes».?Cela dit, la palme d’or de l’offensive contre la démocratie québécoise se doit de revenir, une fois de plus, à un Jean Chrétien qui avance maintenant qu’il ne reconnaîtrait pas un OUI serré.Pourquoi fait-il cela?Primo, parce qu’il ne croit pas que les Québécois forment un peuple (l'homme est encore à l’heure des «Canadiens français».).Secundo, parce que craignant de perdre le prochain référendum, il cherche à faire baisser les appuis à la souveraineté en nous faisant croire qu’un OUI majoritaire ouvrirait la porte au «chaos» ou à ce que Jean Cha-rest nomme le «grand trou noir».Ainsi, nous serions présumément plongés dans un psychodrame politico-juridique (avec en vedette Guy Bertrand et la Cour suprême), dans un imbroglio international découlant du refus d’Ottawa de reconnaître un OUI et, tant qu’à y être, dans un démembrement du Québec.Tout cela, bien sûr, vient en partie du vent de panique qui souffle sur le camp fédéraliste depuis le 30 octobre 1995.Mais surtout — et on ne le dira jamais assez! —, cette attitude qui sent le colonialisme à plein nez découle du refus de reconnaître le peuple québécois.De plus, disons-le crûment, les Canadiens anglais en ont assez d’un débat qui n’en finit plus de finir.A cet égard, Preston Manning fut dans cette campagne un formidable révélateur du ras-le-bol de nombreux Canadiens anglais quant à la «question du Québec»! Qu’il le veuille ou non, Manning nous montre avec acuité qu’il y a bel et bien deux pays dans ce pays.?Mais enfin, que dire si malgré toute cette démonstration de la nécessité de «bloquer» ceux qui nous parlent de «chaos» et de «trou noir», le Bloc venait à perdre des sièges?De fait, quels que soient les résultats du 2 juin, le camp souverainiste sera sage de tirer les précieuses leçons des dernières semaines.Ainsi, il aura vu l’importance de l’union des «durs» et des «mous» pour la suite des choses.Qui plus est, parce que la négation du Québec est de plus en plus répandue et que les milieux fédéralistes jonglent avec l’idée de tenir un référendum pancanadien suivant un OUI serré, le Bloc doit savoir que dans la Chambre des communes, il devra défendre constamment la nation québécoise et son droit à l’autodétermination.Bref, s’il fait le bilan de cette campagne avec lucidité, le mouvement souverainiste pourrait en sortir plus vigoureux que jamais.Mais le temps presse.En 1998, la Cour suprême se prononcera sur le droit du Québec à l’autodétermination et sur la cause Libman-Grey-Galganov contre la Loi référendaire.Il reste donc moins d’un an pour se préparer à la prochaine élection provinciale et pour paver la voie à un éventuel troisième référendum! Ayant maintenant bien en vue le nid de vipères du plan B — qu’il se nomme «chaos», «refus d’un OUI», «partition» ou «grand trou noir» —, les souverainistes auront de quoi s’occuper.Car s'ils veulent gagner le prochain référendum, ils devront s’atteler à un colossal travail de pédagogie populaire quant à l’existence de la nation québécoise, l’intégrité de son territoire et son plein droit à l’autodétermination.M’est avis que cet été, les vacances seront courtes.A PROPOS -?- .des bienfaits du redressement financier 1 est rarissime que cette question se pose sérieusement.Ne pas exercer son droit de vote, que les démocraties vieillissantes traitent souvent à la légère en se gaussant de l’influence limitée des citoyens sur la classe politicienne, c’est faire injure à ceux qui ne disposent pas de ce droit et qui, s’ils le pouvaient, se rendraient avec joie aux urnes pour substituer à leurs dictateurs des élus, même médiocres.Mais le problème dépasse aujourd’hui la fadeur de la cuvée 1997 des prétendants aux Communes.Au Québec, l’exercice parait tordu, absurde.Ce qu’une majorité de citoyens semble désirer, aucun parti fédéral ne pourra s’en approcher au cours du prochain mandat de gouvernement.La tentation est forte de le signifier en déclarant forfait, pour les secouer tous.Mais parce que les abstentions ne sont pas comptabilisées et qu’il n’existe ici aucune tradition de suivre une telle consigne — qui la donnerait?—, ce message tomberait à plat.S’abstenir serait l’équivalent d’abandonner à d’autres le soin d’exprimer sa citoyenneté.Voter en ravalant son insatisfaction, en cherchant la moins mauvaise adéquation entre nos principes et l’offre de partis que nous méritons sans doute, c’est un moindre mal, et un devoir malgré tout.Deux critères Pour citer à la fois René Lévesque et Robert Bourassa, à l’échelle du malheur des peuples, le Canada d’aujourd’hui n’est certes pas le goulag.Le gouvernement libéral sortant peut se targuer de présider aux destinées d’un pays qui obtient aujourd’hui les meilleures notes des organisations économiques internationales, ravies de l’avoir vu assainir ses comptes publics à vitesse accélérée et créer ainsi un climat favorable au développement des entreprises exportatrices, enfants chéries de la «mondialisation».Les électeurs ne font toutefois pas partie des nouveaux inspecteurs de la planète, ces groupes qui distribuent les bonnes notes sans souci de l’éthique politique ou des équilibres sociaux.Après des années de réductions de services et de sacrifices individuels acceptés au total sans trop de révolte, ils sont en droit de se demander si le retour de la prospérité, tant célébré, les touchera un jour.Moins performants que le Canada selon les nouveaux indices mondiaux, les Etats-Unis voisins retrouvent quasiment le plein emploi, les entreprises y courtisent les jeunes, un optimisme réapparaît chez un pays que les Canadiens aiment pourtant croire plus «dur» que le leur.La question devient pressante: le contentement du «marché» devant le virage de l’État canadien peut-il devenir celui des citoyens, augurer de nouveaux partages entre eux?Ou continuera-t-il à s’appuyer sur des formes d’exclusion?Un million et demi de personnes sont toujours au chômage, et leurs familles dans la pauvreté; rien n’indique que leur nombre diminpera et cela est encore plus troublant qu’en 1993, quand l’État était «cassé».La volonté et la capacité de leur redonner espoir, tel est le premier critère d’évaluation des partis.Au Québec, s’y ajoute celui de la réponse à la «question nationale», qui a été au cœur des débats du dernier mandat.Les partis fédéralistes, à gauche comme à droite, aiment répéter que cette question est elle-même génératrice d’incertitude économique et empêche la véritable relance.Même si on l’admettait — en oubliant la stagnation qui frappe d’autres provinces que la nôtre —, la seule façon de lever l’hypothèque est de trouver les moyens d’un règlement.Les résultats du référendum de 1995 ont souligné à l’envi l’ampleur de la crise, et ces moyens doivent être à l’avenant.Bien d’autres thèmes ont sollicité l’attention des électeurs mais nous croyons que la crédibilité des partis repose, pour l’essentiel, sur leur position quant à ces deux vecteurs d’avenir.Force est de constater qu’aucune des trois formations qui sollicitent l’appui des Québécois ne se trouve à leur croisement, étant entendu que le Reform Party et le Nouveau Parti démocratique ne sont, dans nos circonscriptions, que des fantômes.Le Parti libéral du Canada On ne rappellera jamais assez que le Parti libéral du Canada a remporté son importante majorité de sièges, en 1993, en faisant miroiter aux Canadiens une reprise de l’emploi, trois fois soulignée (jobs, jobs, jobs).En lieu et place, et dès le lendemain de la victoire libérale décisive, les Canadiens ont été entraînés dans une course effrénée à la réduction du déficit dont on se vante aujourd’hui qu’elle a atteint et dépassé toutes les cibles.Comme nous l’avons rappelé la semaine dernière, les coûts sociaux en ont été énormes: des dizaines de milliers d’emplois disparus dans l’appareil fédéral et les appareils provinciaux par suite de la réduction draconienne des transferts, un ralentissement correspondant de l’emploi dans un secteur privé traumatisé, des coupes cruelles dans l’ensemble des prestations offertes aux plus démunis, une hausse des charges des travailleurs, une insécurité individuelle profonde notamment chez les jeunes.Tel a été l’envers des médailles «internationales» que récolte aujourd’hui le Canada, et dont le premier ministre tire l’essentiel de son bilan.Même si on tenait M.Chrétien quitte de ses promesses et des illusions qu’il a sciemment nourries durant la campagne de 1993, même si on convenait que ce jeu de massacre était un préalable nécessaire, il lui reviendrait plus qu’a tout autre, aujourd’hui, de dessiner les plans de la reprise, d’en indiquer les jalons.Or, le PLC a à toutes fins utiles éliminé de son programme les stratégies actives de création d’emplois, et la lutte aux inégalités, pour faire confiance aux retombées, magiques et automatiques, de sa bonne performance budgétaire.C’est ce que disent les discours de son chef et son deuxième «livre rouge».Ce qui s’est passé, au Canada, ressemble assez au virage que les électeurs français viennent de sanctionner aux urnes: élu en proposant de s’attaquer a la *fracture sociale» née du chômage et de l’exclusion, un groupe politique a froidement accentué cette fracture en se croyant maître des lieux.A moins de cautionner la mystification et le cynisme, ou d’être aussi insensible que les ordinateurs du «marché» à la vulnérabilité de millions de Canadiens, il est impossible de faire à nouveau confiance à la rhétorique libérale sur ces questions.Et sans démoniser M.Chrétien — qui souffre plutôt d’incompétence chronique dans le dossier constitutionnel depuis son entrée en politique il y a 30 ans —, force est de constater, sur l’autre front, qu’il n’a cessé d’envenimer les rapports Québec-Canada.Sa réponse au référendum de 1995 a été désastreuse: nomination d’un provocateur aux relations fédérales-provinciales, manque d’énergie et de conviction dans la recherche d’un «changement» même infinitésimal, raidissement légaliste et paniqué pour prévenir jusqu’à la tenue d’un nouveau référendum, interprétation variable des règles démocratiques qui encadrent les décisions des Québécois.Il y a là des glissements vers un régime de contraintes inacceptables, de blocage du droit à l’autodétermination, qui appellent absolument réplique et refus.Le Parti progressiste-conservateur Il y a toutefois pire encore que les circonvolutions improvisées d’un Parti libéral affublé d’un chef sans autre ambition ou vision que de se rendre au bout d’une journée.On assiste avec incrédulité à la montée du «parti Charest», nouvelle mouture du Parti progressiste-conservateur, qui se présente comme celui de l’espoir, des grands horizons et de la réconciliation alors que son programme est l’un des plus brutaux qui aient été proposés aux Canadiens.Compressions additionnelles et majeures dans la culture, les affaires autochtones, l’accueil des réfugiés et des immigrants, l’environnement, l'aide internationale: M.Charest sabrerait encore 12 milliards dans les dépenses du gouvernement du Canada, essentiellement pour financer des réductions d’impôt qui bénéficieraient d’abord, évidemment, à ceux qui en paient.Pour lui comme pour M.Chrétien, l’emploi viendrait par surcroît de ces stratégies comptables mais il ne se donne même pas la peine, à la façon des libéraux, de saupoudrer sa recette de quelques nouvelles initiatives sociales.Il passe pour compatissant en faisant miroiter aux plus pauvres quelques sous de plus à dépenser, alors que c’est aux plus riches qu’il les offre vraiment.Quant à son discours lyrique sur la «réconciliation nationale», il ne mérite qu’un rappel, qui ne surgit pas du lac Meech.En août 1995, deux mois et demi avant le référendum que les forces fédéralistes pensaient encore remporter sans se fatiguer, M.Charest a publié les principes de son futur programme.Au chapitre du fédéralisme de l’avenir, pas un mot, pas un seul, des revendications du Québec ou même des tensions de l’heure.Pas de «société distincte», pas de travail acharné pour assurer les retrouvailles, pas le plus petit reproche aux libéraux à l’égard du «plan B».Non seulement la question québécoise était-elle déjà passée aux pertes dans les analyses du même monsieur qui fonde aujourd’hui sa réclame commerciale sur le «partage» entre les peuples fondateurs du Canada, mais encore le discours qui accompagnait ce projet de programme déplorait-il qu’une «région» du Canada, le Québec, ait entraîné ce malheureux pays dans le bourbier constitutionnel en tentant de lui «dicter» un programme.Depuis le lendemain du référendum, M.Charest adore ce qu’il brûlait la veille.Mais ses tirades patriotardes, fort bien rendues au demeurant, ne sont qu’un hymne aux merveilles contemporaines de l’industrie de la mise en marché.Elles ne valent certainement pas un vote.Le Bloc québécois Examiné sous les deux angles, les seules vertus du Bloc québécois sont désormais théoriques.Malgré le désenchantement dont il fait l’objet, il faut rappeler qu’il a parfois fait alliance avec le NPD pour défendre ce qui reste de préoccupations pour l’équité en ce pays, mais il a aussi atteint les limites du simple discours, puisqu’il n’exercera jamais le pouvoir à Ottawa.Et ce mérite s’érodera encore plus s’il ne forme pas l’opposition officielle.Quant à sa défense de la souveraineté-partenariat, qui est sans doute une solution brutale à l’échec répété des négociations Québec-Canada, mais qui en demeure une civilisée, elle s'affaiblit d’elle-même, par l’ineptie des stratégies du Bloc et ses divisions internes.Elle n’est plus que le pâle rappel de la politique du gouvernement du Québec, seul endroit de «vrai pouvoir», désormais, pour la thèse souverainiste.Le Bloc se résume, en somme, à un contre-discours.Les arguments sont donc ténus pour renvoyer à Ottawa un contingent de bloquistes, et ils valent surtout par la négative.Donner son appui aux troupes de M.Chrétien ou de M.Charest serait cautionner la dureté des programmes de chacun, la résignation à la loi du plus fort qu’ils exigent tacitement des Canadiens, et la fin de non-recevoir qu’ils opposent en pratique à tout réaménagement majeur de la fédération.La disparition du contre-discours, dans ces conditions, serait déplorable.Car le Bloc porte dans l’enceinte des Communes, forum démocratique pour tous les Canadiens, les aspirations d’un courant politique majeur et incontournable du Québec moderne, qui n’a cessé de grandir depuis 30 ans, et que le Canada doit continuer à entendre.Puisque nous nous dirigeons vers un autre rendez-vous référendaire, les raisons qui militaient en 1993 pour une présence souverainiste à Ottawa valent toujours, si bien qu’il faut préférer la cohérence à l’abstention qui serait interprétée facilement comme un renoncement.On conviendra aussi qu’un gouvernement libéral parait inévitable, qu’il serait bon qu’il soit minoritaire pour le forcer à toutes les négociations que son arrogance actuelle esquive, et qu’une opposition québécoise issue des rangs du Bloc s’annonce certes plus équilibrée qu’une opposition issue du «parti Charest», affaire d’un seul homme, obscur amalgame de réformisme et d’effets spéciaux.Partout où les candidats du Bloc québécois semblent capables de s’atteler encore avec cœur à la tâche, comme ils le faisaient mieux au début du dernier mandat, il est logique de les appuyer à nouveau.Ce qui n’exclut pas des variations régionales (par exemple l’élection du libéral Pierre Pettigrew ou la défaite de la bloquiste Suzanne Tremblay.) selon ce qu’exige l’intelligence.Quoique troublé par l’inanité de la campagne, par les questions qu’elle a soulevées sur les carences graves de leadership au sein du mouvement souverainiste, notre choix renvoie aux positions défendues dans cette page depuis plusieurs années, à des principes.Il en faut.Aucun argument, du côté du PC ou du PLC, ne les a ébranlés au cours des dernières semaines, et notre mauvaise humeur ne saurait les altérer.Sur le plan économique, le principal bienfait du redressement des finances publiques est l’assainissement du climat financier au Canada, ce qui, conjugué au repli de l’inflation, donne les taux d’intérêt les plus bas depuis le début des années 1960.De plus, la réduction des déficits s’est accompagnée d’une baisse marquée des besoins financiers de l’Etat, ce qui a permis au Canada de s’affranchir de l’épargne étrangère (endettement extérieur).Jusqu’à tout récemment, les besoins liés au financement des déficits publics étaient devenus si importants que l’épargne intérieure ne suffisait plus à répondre aux besoins combinés de tous les agents économiques au Canada.Cette dépendance envers le capital étranger, en plus de gonfler l’endettement extérieur, rendait le dollar canadien très sensible aux aléas des marchés financiers internationaux, ce qui se répercutait sur les taux d’intérêt Gilles Soucy, économiste en chef, dans En perspectives, bulletin économique du Mouvement Desjardins, mai 1997.LE DEVOIR FONDÉ PAR H E X R I B 0 D R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T H 0 UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédacteors en chef adjoints JEAN ROBERT SANSFAÇON.ROLAND YVES CARIGNAN Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 2050.rne de Blenry.9' étage.Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS L’inanité du débat électoral ne change rien aux principes que nous défendons. I.K l> K V 0 I H .I.K M K K C K K DI 2 S M Al I II D I) E E S üi place des femmes dans les structures publiques municipales québécoises Aurait-on atteint le plafond de verre ?Les femmes risquent fort de faire les frais de la fusion annoncée de 416 petites municipalités EVELYNE TARDY Responsable de la recherche et professeure au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal 1 y a 57 ans déjà, le conseil de la Ville de Montréal ouvrait ses portes à la première femme «échevi-ne» élue : Jessie Kathleen Fisher.Depuis ce temps, bien des femmes ont été élues soit comme conseillères, soit comme mairesses.Cependant, force est de; reconnaître que les femmes rentrent dans les institutions politiques à doses homéopathiques, comme l’illustre le tableau ci-dessous.LES ELUES DU QUEBEC Voici l'évolution du nombre de mairesses et de conseillères dans l’ensemble des municipalités dù Québec entre 1980 et 1996, en nombre et proportion (pourcentage du nombre total d'élus) 1 1 Année mairesses nombre % conseillères nombre % ! 1980 21 1,5 339 °o CO 1985 47 3,3 1050 11.9 ! 1990 97 6,9 1622 18,4 ! 1996 127 9,1 1750 20,1 Source : ministère des Affaires municipales C’est la première fois, depuis l’année.1985, que l’on constate une baisse réelle, en nombre et en pourcentage, des mairesses au Québec.Par ailleurs, depuis 1991, c’est pratiquement la stagnation du côté des conseillères municipales.Avant de présenter quelques éléments d’explication, voyons quelle est la situation actuelle de la représentation des femmes élues sur la scène municipale.Tout d’abord, notons qu’une municipalité sur quatre dans les 1393 municipalités du Québec est composée uniquement d’hommes.C’est à peine croyable, en cette fin du XXe siècle, que nous, devions faire un tel constat.Nous avons signalé que 129 municipalités avaient à leur tête une femme, mais dans 22 % de ces municipalités, les mairesses sont de véritables «reines abeilles» entourées de conseillers uniquement.Les conseillères sont absentes.En étudiant la représentation des femmes dans les municipalités dirigées par une mairesse comparativement aux municipalités dirigées par des maires, on constate cependant que, proportionnellement, quand le conseil de ville est dirigé par une mairesse, la proportion de femmes au conseil est plus élevée que lorsque c’est un maire qui est à la tête de la municipalité.C’est d’ailleurs dans ces municipalités que, proportionnellement, on trouve le plus grand pourcentage de conseils où la représentation des femmes est égale à celle des hommes, voire majoritaire au conseil (13,4%), alors que ce n’est le cas que de 1,7 % des conseils dirigés par un maire.La situation n’a pratiquement pas évoluée depuis 1994.A l’exception des 28 conseils sans présence de femmes conseillères, il semble évident que «les femmes attirent des femmes».Quant à la répartition des élus-es par taille des municipalités, on constate que, proportionnellement, lés mairesses restent surreprésentées dans les plus petites municipalités de moins de 250 habitants avec Une administration municipale sur quatre est composée uniquement d’hommes 8,5 % contre 3,3 % dans le cas des maires.Cependant, en dehors de ces municipalités très peu peuplées, la répartition en pourcentage des femmes et des hommes est assez semblable, même si seulement une mairesse par rapport à vingt maires dirige une municipalité de 50 000 habitants et plus (Sainte-Foy, avec 70 000 habitants).Rappelons que 86 % des municipalités du Québec ont moins de 5000 habitants et que quatre municipalités seulement ont plus de 100 000 habitants, mais il n’y a là aucune mairesse.«Là où le pouvoir se trouve, les femmes sont absentes», rappelle Elizabeth Vallance («Where Power Is, Women Are Not», Parliamentary Affairs, 1982) ; ce constat s’applique à la scène municipale québécoise.En effet, 77 % des municipalités au sein desquelles les femmes se retrouvent en nombre égal ou supérieur aux hommes sont des municipalités de moins de 750 habitants (30/39) et aucune des municipalités de plus de 5000 habitants n’est dans cette situation.Si bien qu’on a des raisons de s’inquiéter des effets possibles sur la représentation des femmes de la fusion de 416 petites municipalités, comme le réclame le ministre Rémy Trudel.Les femmes risquent fort de faire les frais de ces fusions municipales.Quelles explications peut-on avancer pour expliquer cette sous-repré-sentation des femmes sur la scène municipale québécoise ?La recherche que nous avons entreprise auprès des maires et des mairesses du Québec, entre 1993 et 1996, nous fournit quelques réponses à cette question.La majorité des mairesses et des maires sont ou ont été mariés et ont eu des enfants.Mais il semble bien que les enfants pèsent plus lourd dans la carrière politique des femmes que dans celle des hommes puisqu’il n’y a aucune mairesse qui avait de jeunes enfants (ce n’est pas le cas des maires) et, surtout, elles disent avoir attendu que leurs enfants soient devenus des adolescents ou des adultes pour se lancer en politique.Aucun maire n’a avancé cet argument.Un deuxième élément d’explication, c’est l’accord du conjoint.Il semble être primordial d’avoir cet accord, sinon, dira une mairesse : «C’est l’enfer.» Une autre élue, n’ayant pas eu l’accord de son conjoint, n’a pu aller en politique qu’après le décès de celui-ci : «Mon mari est décédé en septembre 1979.Deux semaines plus tard, j’ai déposé ma candidature pour être conseillère et j’ai été élue.» Il semble bien par contre que les maires, en général, peuvent plus aisément se passer de l’accord de leur conjointe, comme l’illustre la réflexion de ce maire : «Le dernier mandat, je l’ai fait malgré ma conjointe.» Un troisième élé- -ment d’explication de la sous-représentation des femmes en politique municipale vient du fait qu’il semble plus difficile pour une femme de se faire élire que pour un homme.Plusieurs mairesses ont signalé que «le stéréotype du maire masculin est encore très présent».«Il y en a qui ne font pas confiance aux femmes.Pour eux, la place des femmes n’est pas là.C'est une forte discrimination selon moi», ou encore: «Les gens disaient : “Voyons donc, tu ne peux pas t’en aller là, c’est pour les hommes.”» Alors que 93 % des maires considèrent qu’il n’y a plus de discrimina- II semble primordial d’avoir l’accord du conjoint pour se lancer en politique tion envers les femmes en politique, ce sont 61 % des mairesses qui pensent le contraire.D’ailleurs, une femme sur trois dit avoir personnellement ressenti cette discrimination.A notre demande, elles nous ont donné des exemples, parfois très éloquents.Une mairesse nous a raconté que lorsqu’elle a été élue conseillère, elle a dû affronter un maire qui ne voulait pas de femme à son conseil : «Il ne m’a pas parlé pendant plusieurs semaines, pourtant j’étais sa voisine.» Nous avons demandé aux mairesses et aux maires, en entrevue, de nous donner leur explication du faible nombre de femmes en politique.En général, la majorité des maires soit répondent qu’ils ne savent pas, donnant l’impression de n’avoir jamais réfléchi à cette question, soit considèrent que les femmes ne s’intéressent pas à la po-litique, qu’elles sont moins confiantes dans leurs capacités, qu’elles sont plus timides, qu’elles laissent la politique municipale aux hommes.Cependant, d’autres, comme ce maire, vont reconnaître ceci : «J’ai l’impression, surtout aujourd’hui, que les femmes qui travaillent à l’extérieur, plus la famille, et qui, la plupart du temps, prennent en charge le plus gros du travail à la maison, ont de la difficulté à trouver du temps libre pour aller faire de la politique en plus de ça.» Un autre va relever que «c’était un milieu d’hommes avant, il ne faut pas se le cacher» ou «c’est parce que les hommes ont pas mal tout le temps dominé.Il ne faut pas se cacher cela», dira un autre élu.Quant aux mairesses, la plupart reprennent les arguments de l’organisation sociale sexuée qui fait peser sur les femmes le poids de la famille et des enfants, du peu de temps dont dispose une femme sur le marché du travail, du manque de modèle en politique ou de la nécessité d’avoir l’accord du conjoint.Certaines cependant avancent que bien des femmes ont une vision obsolète du monde municipal, «croyant qu’on ne parle que d’égouts, d’aqueduc, de déneigement l’hiver» ou encore que «le monde politique est réservé aux hommes».D’autres ont déploré l’obligation, pour les femmes, de faire leurs preuves et pensent que cela peut en décourager plus d’une à faire le saut en politique.La perception du monde politique, dira une mairesse, est négative chez bien des femmes : «Les femmes ont peur d’être broyées par le système qu’elles jugent pourri.» Ce qui amène certaines élues à dire que les femmes sont peureuses : «Les hommes ne nous laissent pas la place, il faut se battre.» Une autre dira : «La peur.La peur du jugement des hommes.La peur de devoir lutter avec les hommes.La peur de l’opposition des hommes.Je ne veux pas dire que je suis en accord, mais je les comprends parce que ça existe vraiment.» Comme le faisait remarquer une mairesse : «Les hommes ne se posent jamais la question s’ils sont capables ou non d’assumer une tâche.» Ces extraits d’entrevues montrent bien que les raisons susceptibles d’expliquer la sous-représen-tation des femmes en politique municipale sont certainement multiples et variées.Ce qui me paraît le plus inquiétant, c’est que nous pensions que les portes des conseils municipaux s’ouvriraient aux femmes d’année en année.Or, de voir cette stagnation du nombre de conseillères, voire une régression du nombre et du pourcentage des mairesses, la première fois depuis près de 15 ans, me laisse perplexe.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LY RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier, Jean Dion, I/mis-Gilles Francceur, Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Sergé Truffaut : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) : Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jijcques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières.Ltmise Leduc.Jean-Pierre Legault.Benoit Munger, Odile Tremblay ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Jean Pichette, Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).François Brou'sseau (éditorialiste).Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O'Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Niant) Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; à l'information sportive : Yves d'Avignon : Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Isabelle Hachev.Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gjlles Paré (directeur) : Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubc (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane Iégault.Jacques A Nadeau.Guylaine OueDet.Micheline Rueiland (publicitaires) ; Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Claire Paquet, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon ; Francine Ôueüet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard.Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain lesagc.Christian YTen.Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion dès abonnements).Manon BlanchetteTurcotte.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (Controleur).Danv Dépatic (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des sendees comptables).Jeanne il'Arc Houde (secrétaire à la direction) : Céline Furoy.Ghislaine Lafleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LA FONDATION Dl: DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (ricrfirésidcnt exécutif et directeur général).ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Falardeau en 1992.Réplique à Louis Laverdière, directeur des opérations québécoises, Téléfilm Canada Un projet inachevé, mon œil ! «Original et créateur», le cinéma québécois ?Non, un cinéma colonisé, inoffensif, conforme, esthétisant, bourgeois, bref, contrôlé par l’État «Un des moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme, c’est d’employer un temps, une énergie et des sommes énormes au service du nationalisme fédéral.Il s’agit de créer de la réalité nationale une image si attrayante qu’elle rende celle du groupe séparatiste peu intéressante par comparaison.Il faut affecter une part des ressources à des choses comme le drapeau national, l’hymne national, l’éducation, les conseils des arts, les sociétés de diffusion radiophonique et de télévision, les offices du film.» Pierre Elliott Trudeau Le Fédéralisme et la Société canadienne-française PIERRE FALARDEAU Cinéaste et auteur on cher Laverdière, je viens de lire ton petit papier à la défense de Téléfilm Canada.C’est assez petit et proprement désolant.Des journalistes tordus m’ont souvent accusé de faire du cinéma engagé, moi qui n’ai pourtant jamais été engagé par personne.Mais dans ton cas, on peut parler, sans se tordre inutilement la cervelle, de littérature engagée.Un engagement à long terme, au service de Téléfilm Canada.De la littérature de «public relations » à son meilleur.Quand tu essaies de nous faire coller que la politique n’a rien à voir dans les décisions de Téléfilm Canada, permets-moi de rire.Toute l’histoire du cinéma québécois prouve exactement le contraire.Ce n’est pas d’hier en effet que les cinéastes québécois se battent contre le contrôle de la pensée exercé par les fonctionnaires fédéraux ou provinciaux.On est au cotton de Denys Arcand, ça te dit quelque chose ?Tu te souviens (Y Un pays sans bon sens de Pierre Perrault ?Et Cap d’espoir de Jacques Leduc ?Et Vingt quatre heures ou plus de Gilles Groulx ?Tu ne vas quand même pas essayer de nous faire accroire que ces films interdits de diffusion l’étaient parce que vous êtes «toujours à la recherche de ces œuvres à la fois personnelles, fortes et audacieuses qui marquent une cinématographie et cela, quel que soit l’horizon d’où elles viennent » ?Tu te souviens sans doute aussi des difficultés de Michel Brault à tourner Les Ordres.Sans doute un problème «d’horizon ».Et combien d’autres films n’ont jamais vu le jour, refusés sous mille et un prétextes plus farfelus les uns que les autres, style «nous considérons que le projet est inachevé.» ou «le comité de lecture extérieur juge que.» ou «malheureusement, devant le nombre d'excellents projets cette année, nos ressources financières limitées nous interdisent.» Ça, c'était hier.Et aujourd’hui, l’actualité nous apprend exactement le contraire de ce que tu racontes avec une main sur le cœur, des sanglots dans la voix et une larme de crocodile du coin de l’œil.Si la politique n’a rien à voir avec le refus de mon projet de film sur De Lorimier, c’est drôlement bien imité.Quand on voit aller la ministre responsable de Téléfilm, la sympathique «Shylock » Copps, s’exciter avec ses petits fanions et sa pizza de l’unité nationale, on a le droit de se poser des questions.Quand on voit l’autre ministre avec le nom plein de X, de Y et de W, qu’on sait plus si c’est un nom ou une maladie, envoyer ses directives pour faire circuler sa salade culturelle «Maple Leaf approved » à l’étranger, on a le droit de se méfier.Quand on apprend la nomination de Laurier Lapierre, le pea soup de service de McGill au conseil d’administration de Téléfilm, on a le droit de mettre en doute ta parole et de croire que les dés sont pipés.Quand oji apprend dans le même communiqué qu’avec Lapierre, l’historien négationniste, la même Mme Copps nomme au conseil d’administration de Radio-Canada un ancien conseiller aux communications de Pierre Elliott, on a le droit de se croire entre bonnes mains.Quand on voit le sénateur libéral Gigantès, ancien journaliste à la Gazette, ancien secrétaire particulier du roi Constantin, se prendre pour un colonel grec et réclamer une censure plus musclée, on a le droit de paranoïer pour de bon.Quand on voit ton propre boss, le bon Macerola, se*faire taper sur les doigts par un obscur député libéral déguisé en commissaire politique de la culture, on se dit que le bon monsieur a sans doute retenu sa leçon, qu’il ne financera pas de sitôt un autre Octobre et qu’il se tiendra les oreilles mollçs.L’Etat canadien finance et contrôle le cinéma québéçois.Finance donc contrôle.Point à la ligne.Un système d’Etat, mon cher Laverdière, ça sert à ça, dans tous les pays du monde, même dans ce système à la Vichy, qui nous tient lieu de «plusse meilleur pays au monde ».Alors, tu peux bien raconter des peurs à tes collègues si ça te chante, mais arrête de nous prendre pour des valises.Dans un pays conquis et annexé comme le Québec, on encourage un cinéma conquis et annexé.Dans un pays soumis et servile, on encourage un cinéma soumis et servile.Tu peux bien nous les casser jusqu’à la Saint-Glin-Glin avec ton «cinéma original et novateur, tant dans sa forme que dans son contenu », un cinéma colonisé original et novateur, ça restera toujours un cinéma colonisé.C’est-à-dire inoffensif, conforme, esthétisant, décoratif, formaliste et surtout affreusement bourgeois.Un cinéma de fonctionnaire, de comité et de sous-comité.Un cinéma d’idées reçues.Un cinéma tenu en laisse.«Canada approved.» Et toutes mes excuses à mes camarades qui refusent de se soumettre et arrivent quand même à faire une œuvre valable malgré ces gens-là La'cause du cinéma québécois vaut bien plus que mon petit cas personnel. I.E l> E V OIK.I.K M E K (' Il E D I 2 8 M Al Mill 7 A 8 =-?LE DEVOIR ?— ACTUALITES Puits d’eau potable BOUCHARD MONTFORT Les citoyens de Franklin en colère Les Américains sont aussi en furie LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Les citoyens de Franklin, qui en appellent du permis octroyé par la Commission de protection du territoire agricole (CPTA) à la compagnie Aquaterra, une .filiale ontarienne de la multinationale française Danone (Évian), en vue d’exploiter un puits d’eau potable dans leur municipalité, viennent par ailleurs de demander au ministre de l’Environnement et de la Faune (MEF), David Cliche, d’annuler le «certificat d’autorisation» (CA) accordé le 23 décembre aux promoteurs.Cette démarche, effectuée vendredi dernier, s’ajoute à une première demande d’annulation formulée le 12 mai dernier.Ils alléguaient d’autre part que le propriétaire actuel du site Doréa de Franklin, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), avait «laissé enfouir neuf réservoirs d’huile à chauffage au cours des 30 dernières années et [.] ne s’était pas conformé aux demandes répétées du MEF de nettoyer le site».Les requérants ont de plus réclamé directement du titulaire du MSSS, le ministre Jean Rochon, «dans une perspective de santé environnementale, de santé publique et de gestion des fonds publics», de procéder rapidement à la décontamination du site, «ce qui éviterait de le brader pour 401000 $ alors qu’il est évalué à 1,5 million».D’autre part, le promoteur Danone ainsi que les institutions québécoises pourraient aller de suiprise en surprise dans ce dossier car les voisins américains du site Doréa pourraient forcer l’application du traité canado-américain sur les eaux frontalières, qui a préséance sur les lois et règlements locaux et provinciaux.Peu avertis des procédures en cette matière, un des voisins du site Doréa, Robert Fievisohn, de Chùrubusco (New York), a commencé par saisir le gouvernement québécois par une lettre à la CPTA de son intention de faire opposition à ce projet en raison de ses impacts sur ses propres puits de l’autre côté de la frontière.Il y a une dizaine d’années, Washington avait annulé le projet d’implanter un site d’enfouissement de déchets nucléaires à environ 12 kilomètres de la frontière canadienne à la hauteur du lac Massawipi, dans les Cantons-de-l’Est.Des citoyens canadiens avaient alors invoqué l’obligation contractée par les deux pays de s’interdire tout geste susceptible d’affecter la libre circulation des eaux souterraines ou de surface des deux côtés de la frontière par le traité de 1909.Cette obligation internationale a, en principe, préséance sur les lois et règlements provinciaux.M.Fievisohn, qui a officiellement saisi de sa plainte l’administratrice de l’Environnemental Protection Agency *+* (EPA), Carol Browner, est un fermier qui cultive des fruits et envisage d’ouvrir une pisciculture (!) à 500 mètres du puits convoité par Aquaterra-Danone.Selon les études de ce promoteur, le rayon d’influence des eaux pompées atteindrait 1,5 km.Une étude critique des données du promoteur, effectuée par une autre firme, estime que les eaux souterraines pourraient être affectées dans un rayon de dix kilomètres.C’est notamment cette étude dont est actuellement saisie la CPTA en appel.Le fermier Fievisohn entend d’ailleurs passer à l’attaque contre le puits d’Aquaterra en pompant lui-même à des fins commerciales si le Québec autorise ce promoteur à modifier la nappe souterraine du côté américain.M.Fievisohn se dit enfin «choqué d’apprendre» que Québec a laissé en toute impunité enfouir des réservoirs contaminés d’huile sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux, une situation qui attirerait au propriétaire de l’autre côté de la frontière «une grosse amende et [l’obligation de] payer tous les coûts du nettoyage».«Peut-être que le gouvernement du Québec ne respecte pas les droits de ses citoyens, ajoute-t-il dans sa lettre à la commissaire Rita Bédard, de la CPTA, mais il devrait respecter les nôtres comme citoyens le long d’une frontière internationale.Il serait dommage que toute cette situation devienne la source de frictions politiques entre deux juridictions.» S.V.P.Assurez-vous • que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Sur Internet Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 devoir@cam.org (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514)985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Pour la version Internet (514) 278-6060 Extérieur de Montréal 1-800-563-5665 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue de Bleury.9* étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de pubKcatioa — Enregistrement O* 0658.Dépôt légat Bibliothèque nationale du Québec.SUITE I)E LA PAGE 1 région qui a voté OUI et qui a tenté défaire la partition de son territoire.» Faisant valoir que les souverainistes sont les seuls démocrates, M.Bouchard a également traité l’attitude de M.Chrétien de «forme malicieuse de malhonnêteté intellectuelle».Quant à Jean Charest, il l’a sommé de prendre position sur la question de la partition.«Êtes-vous avec les anti-démocrates ou avec les démocrates?, lui a-t-il demandé en ajoutant que la réponse à cette question est «un test de la démocratie et un test de leadership pour celui qui y répond».«Les fédéralistes ont espéré depuis le début de la campagne que les souverainistes n’iraient pas voter.Ils ont misé sur une certaine fatigue, un certain ennui, un certain dégoût de la politique fédérale.» Mais selon le premier ministre québécois, les souverainistes ont maintenant compris «que les démocrates doivent aller voter».Quant à Gilles Duceppe, il a livré un plaidoyer en faveur de la souveraineté.«On est capables.Comme tous les autres peuples, on est capables.Oui, on peut le faire.Il faut porter ce message à Ottawa», a-t-il lancé à la fin de son allocution.Reprenant ses attaques contre les fédéralistes, il a rappelé que Jean Chrétien «n’est pas un démocrate.Tout ce qu’il veut faire, c’est empêcher les Québécois de se prononcer sur leur avenir.» Mais il a gardé le gros de ses attaques contre le Parti conservateur et son chef, Jean Charest Reprenant l’idée voulant qu’il tienne deux discours d’un bout à l’autre du Canada, il a ajouté: «Qu’est-ce qu’il ferait au lendemain d’un OUI?Est-ce qu’il se tiendrait debout?C’est ce que l’on veut savoir.Il est temps qu’il sorte de son trou noir.» Atmosphère plus détendue Plus tôt dans la journée, Gilles Duceppe avait fait campagne dans la capitale, et tous les journalistes qui suivent sa tournée électo- rale ne pouvaient que remarquer comment l’atmosphère semble plus agréable depuis lundi.Ia?beau temps aidant, le chef bloquiste s'est prêté hier à deux bains de foule dans la journée, l’un dans un centre d’éducation pour adultes de la Commission scolaire catholique de Québec, l’autre sur la populaire rue Cartier où, à l’heure du midi, il circulait entre les terrasses où se prélassaient les citoyens.Gilles Duceppe s’est même fait demander quel événement particulier lui avait fait retrouver sa bonne humeur.«C’est une campagne électorale.Il y a des jours où l’on se sent plus en forme, d'autres moins, et là, c’est le sprint qui s’engage», a-t-il répondu.Sur le terrain, je sens que les gens voient clairement maintenant ce que M.Chrétien a l'intention de faire et ne comprennent pas toujours ce que M.Charest propose, parce qu’il dit “je ne le sais pas”.Les gens comprennent de plus en plus qu ’il y a seulement le Bloc québécois qui parle clairement.» Gilles Duceppe a également reconnu hier, en entrevue à la radio de Radio-Canada à Québec, qu’il voudrait continuer à jouer le rôle d’opposition officielle à Ottawa.«Nous serions fiers d’être encore l’opposition officielle parce que nous avons fait un travail rigoureux, a-t-il expliqué.La principale question qui anime la vie politique du Canada et du Québec, c'est celle des relations entre le Québec et le Canada, et pour la première fois dans l’histoire, nous avons les principaux acteurs face à face [à Ottawa], les souverainistes et les fédéralistes.» Gilles Duceppe ne voit aucune contradiction entre le fait de former l’opposition officielle et la mission première du Bloc, qui consiste à défendre les intérêts du Québec.«Il est arrivé qu’en défendant les intérêts des Québécois, on défendait l’intérêt des Canadiens», a-t-il dit, donnant comme exemple des dossiers comme ceux de la justice ou de l’assurance-emploi.«Il est même arrivé qu’on se porte à la dé- fense de la culture canadienne, a-t-il ajouté.On le fait parce qu'il est important qu'il existe à côté d’un Québec souverain un Canada fort, ayant sa propre culture.C’est toute la question de la domination de la culture américaine.» Advenant une parité de votes, Gilles Duceppe ajoute que le Bloc n’aura pas à abandonner son rôle d’opposition officielle.«Pourquoi les Québécois laisseraient leur place quand ils ont obtenu un mandat démocratique?Nous sommes là pour représenter ceux et celles qui nous ont élus, pas pour être des députés dociles.Nous sommes là pour défendre les intérêts des Québécois, et tant mieux si ça correspond aux intérêts des Canadiens [.] Nous avons des valeurs démocratiques communes avec les Canadiens.» Avant de participer à la grande assemblée de la soirée, Gilles Duceppe avait rencontré en fin d’avant-midi les étudiants adultes du Centre Louis-Joliet Le chef du Bloc a tracé une analogie entre «le courage et la détermination» de ces étudiants qui viennent terminer leur cinquième secondaire ou compléter une démarche d’alphabétisation et la marche du peuple québécois.«Vous prenez les moyens pour changer votre situation, a-t-il dit.L’ensemble des Québécois doivent aussi prendre les moyens [pour changer la situation].Il faut pouvoir avoir des rêves dans la vie.Quand nous aurons tous les moyens en main, nous pourrons transformer notre société.» Gilles Duceppe s’est mêlé aux étudiants et a fait face à plusieurs questions très directes.Ainsi, un citoyen d’origine salvadorienne lui a demandé ce qui arriverait aux immigrants dans un Québec indépendant.«Vous êtes un Québécois tout autant que moi, nous allons construire le Québec ensemble», a-t-il répondu, donnant comme exemple le cas du député d’origine latino-américaine Osvaldo Nunez.«C’est important que vous soyez un peu plus proche des gens, le Bloc commence à perdre un peu», lui a fait valoir un autre participant «Ça s’améliore», a-t-il répondu.Guerre du saumon: Washington suspend les pourparlers Por( Hardy, Ç.-B.(PC) — Le département d’État des États-Unis a suspendu, hier, les pourparlers avec le Canada sur la pêche au saumon du Pacifique, quelques heures après que le ministère canadien des Pêches eut saisi un quatrième chalutier américain.Dans une déclaration faite à Washington, le porte-parole du département d’État, Nicholas Burns, a déclaré que les saisies avaient «créé une atmosphère inamicale pour la réalisation de tout progrès dans ces pourparlers et compliquaient les efforts en vue d’en arriver à une solution».Le port d’attache du quatrième chalutier saisi est Seattle.Il a été arraisonné au large de l’île de Vancouver et toué jusqu’à Port Hardy.Les capitaines des trois premiers bateaux saisis depuis dimanche ont pour leur part été condamnés à des amendes individuelles de 300 $, hier, en Cour provinciale, à Port Hardy.«Quelqu’un a simplement attisé le feu sous vos pieds, messieurs, et vous n’êtes que des pions», a déclaré le juge Brian Saunderson aux trois capitaines.Ceux-ci ont été arrêtés en vertu d’une nouvelle réglementation les obligeant à rembarquer leur équipement de pêche lorsqu’ils entrent dans les eaux canadiennes.La Couronne avait réclamé des amendes individuelles de 1500 $ contre eux.Les pourparlers pour en arriver à un accord sur la pêche au saumon, suspendus la semaine dernière, devaient reprendre vendredi.Par ailleurs, le premier ministre de la Colombie-Britannique, Glen Clark, s’est rendu à Seattle hier pour rencontrer le gouverneur de l’État de Washington, Gary Locke.Jusqu’à tout récemment, la Colombie-Bri- tannique tenait l’Alaska responsable de l’impasse dans les pourparlers, qui durent depuis quatre ans, mais ,M.Clark jette maintenant le blâme sur les États de Washington et de l’Oregon.Selon lui, l’absence de traité sur le saumop du Pacifique fait l’affaire des pêcheurs de l’État de Washington parce que, sans traité, ils peuvent prendre tout le poisson qu’ils veulent Le premier ministre Jean Chrétien a refusé de critiquer M.Clark pour sa décision de mettre fin à un accord qui permettait à la marine américaine d’utiliser un champ de tir au large de l’île de Vancouver.«Il est dans son droit de faire ce qu’il croit utile.Vous savez, nous travaillom ensemble, et plus on peut mettre de pression, mieux c’est», a déclaré M.Chrétien alors qu’il faisait campagne à Vancouver.JEUNES SUITE DE LA PAGE 1 Il explique ce phénomène par le fait que l’opération du calcul des rentes des employés de la santé est plus complexe puisqu’elle fait entrer en jeu des éléments de rachat d’années de service.Cette opération est rendue nécessaire en raison du fait que les régimes de retraite dans ce secteur ne sont pas arrivés à maturité comme c’est toutefois le cas en éducation.En outre, les employés de la CARRA doivent encore calculer des estimations de rentes pour 30 000 employés de l’État qui en ont fait la demande.Depuis deux mois, ils ont reçu 5000 syndiqués en entrevue et en ont rencontré 25 000 autres lors de séances d’information, en plus de répondre à 30 000 appels téléphoniques.On ignore pour le moment combien d’entre eux ont fait appel à des conseillers en planification financière, dont la CARRA assume jusqu’à 300 $ du total des honoraires, pour les aider à prendre une décision.«Mais le service est utilisé et apprécié», précise M.San-schagrin.Parmi les 10 800 personnes ayant annoncé leur départ jusqu’à maintenant, on compte par ailleurs 6000 enseignants.Près de 2000 d’entre eux ne font pas partie du programme de départs volontaires mis sur pied au mois de mars à la suite de longues négociations avec les centrales syndicales, mais le gouvernement les comptabilise néanmoins dans la cible de 15 000 qu’il s’est fixée.Jusqu’à maintenant, les personnes qui ont annoncé leur retraite mais qui peuvent toujours changer d’avis d’ici le 1er juillet se retrouvent donc principalement dans le secteur de l’enseignement (55,6 %), suivi du domaine de la santé (35,8 %) et de la fonction publique (8,6%).Le gouvernement visait au départ 7325 départs à la santé, 5000 en éducation et 2675 dans la fonction publique.En nombre de postes abolis, si on soustrait les syndiqués qui devront être remplacés, le gouvernement voulait couper 6550 emplois dans la santé, 3000 en éducation et 2450 chez les fonctionnaires, pour un total de 12 000.En guise de réponse au chef libéral Daniel Johnson qui lui reprochait de servir de «parachute à la chute libre» du Bloc québécois lors de la campagne électorale fédérale au lieu de s’occuper des jeunes, le premier ministre Bouchard a donc répondu qu’il s’apprêtait en fait à «renouveler la fonction publique».«Au delà d’un départ de 15 000, a-t-il expliqué, le gouvernement se retrouve en situation de remplacer des gens.Plus il va en partir en haut des 15 OOO — des gens qui ont atteint notre âge, par exemple, qui ont trouvé qu’ils ont fait leur temps dans la fonction publique et parapublique —, plus on pourra engager de jeunes.» Le chef de l’opposition officielle prétend toutefois que ce sont les 385 000 employés de l’Etat qui restent au travail qui paieront les retraites des 15 000 syndiqués qui partiront et que les jeunes qui entreront éventuellement au service du gouvernement ne pourront pas profiter des mêmes avantages que ceux qui seront partis.A cela, le premier ministre a répliqué que les retraités partaient de plein gré en ce moment et que les jeunes vont pouvoir entrer dans la caisse de retraite grâce à son gouvernement.SUITE DE LA PAGE 1 fort.Un avis final devrait être rendu sur la question au cours des prochaines semaines.Par ailleurs, Bernard (l’Amour, adjoint principal du député libéral provincial de Carleton-Est, Gilles Morin, mentionnait hier que la première commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario était entièrement formée d’unilingues anglophones.Son premier rapport a été fourni en anglais seulement, et c’est à la suite de plaintes de la communauté francophone ontarienne que le rapport a été traduit en français et que deux francophones se sont joints à la commission.La conférence de presse d’hier, organisée par le groupe S.O.S.Mont-fort, se tenait expressément au Québec, à l’hôpital Lakeshore de Pointe-Claire, qui est de taille comparable à celui de Montfort et dessert majoritairement la communauté anglophone de Montréal.«L’expérience que vit cet établissement présente des liens directs avec celle que vivent présentement nos compatriotes francophones de l’est de l'Ontario.Elle nous permet d’entrevoir ce que pourrait être une solution juste et durable au dossier de l’hôpital Montfort», a dit M.Ryan.Au Québec, «l’Office de la langue française est tenu d’accorder un statut bilingue à tout établissement qui le requiert dès que celui-ci peut établir que la moitié de sa clientèle est d’une langue autre que le français.Une fois obtenu, ce statut ne peut être retiré que sur demande de l’établissement concerné», a ajouté M.Ryan.M.Castonguay a aussi fait valoir que si le gouvernement Harris s’associe à la fermeture de l’hôpital Mont-fort, il accréditera «la thèse selon laquelle les francophones n’ont pas de place en dehors du Québec».Rappelons que l’hôpital Montfort reçoit un grand nombre de patients francophones de l’extérieur d’Ottawa-Carleton.Selon la présidente du comité S.O.S.Montfort, Gisèle Lalonde, il dessert quelque 200 000 francophones sur les quelque 550 000 francophones d’Ontario.Toujours selon Mme Lalonde, 30 % de la population du comté de Prescott Russell, où est situé l’hôpital Mont-fort, est unilingue francophone, tandis qu’un autre 30 % ne parle que très peu l’anglais.En plus d’être cité en exemple en tant qu’hôpital très efficace, l’hôpital Montfort est un hôpital d’enseignement affilié à l’Université d’Ottawa ainsi qu’à d'autres établissements d’enseignement.De jeunes médecins y sont donc formés en français.Pour sa part, M.Castonguay a ajouté que s’il choisit de fermer l’hôpital Montfort, le gouvernement ontarien de Mike Harris démontrera qu’il «ignore ce que signifie pour une minorité le contrôle de ses institutions».Le très grand nombre d’institutions dirigées par des anglophones au Québec a par ailleurs été mentionné à plusieurs reprises au cours de l’événement d’hier.«Au Québec, a fait valoir M.Ryan, la communauté anglophone possède et dirige un grand nombre d’institutions qui véhiculent sa culture et fonctionnent dans sa langue.Citons à titre d’exemple l’université McGill, l’université Concordia, l’université Bishop, les cégeps Dawson, Vanier, MacDonald, Champlain et Saint Ijawrence, le Lakeshore School Board, le Greater Montreal Protestant School Board, l’hôpital Montreal General, l’hôpital Royal Victoria et l’hôpital Lakeshore, et on pourrait en nommer bien d’autres.» En guise de comparaison, au niveau collégial, la communauté francophone de l’Ontario ne profite que de la cité collégiale et de deux nouveaux collèges francophones.«Il est très difficile pour une majorité de comprendre lés problèmes d’une minorité», a dit Mme Lalonde.La cause de l’hôpital Montfort s’est déjà valu le soutien d’Alliance Québec et d’autres groupes de solidarité canadiens.CANDIDATS SUITE DE LA PAGE 1 plus connus sont d’anciens collègues députés de Jean Charest II y a l’ex-ministre Jean Corbeil, qui fera la lutte au libéral Yvan Charbonneau et au bloquiste Roger Pomer-leau, et les ex-parlementaires André Harvey, Nicole Roy-Arcelin, Darryl Gray, André Plourde, Vincent Della Noce et Jacques Vien.Les trois partis ont dû, par conséquent, partir à la chasse aux élus municipaux, aux présidents de chambre de commerce, aux organisateurs communautaires et aux militants de longue date.Bref, des geng enracinés dans leur milieu ou capables de le devenir.A cette liste s’ajoutent bien sûr les candidats défaits aux élections précédentes mais qui restent persuadés que leur tour viendra.On pense immédiatement aux libéraux Denis Coderre et Jacques Saada.Le premier n’a que 33 ans mais a déjà trois courses électorales infructueuses à son actif, dont une contre le bloquiste Gilles Duceppe en 1990.Président de l’aile québécoise du PLC de 1991 à 1993, Jacques Saada fut, de son côté, candidat dans La Prairie en 1993.Jean Charest a beau se vanter d’offrir «une nouvelle génération de leadership- et Jean Chrétien peut bien l’accuser de ne pas avoir d’équipe, leurs forces, dans plusieurs com-| tés, se ressemblent quand on fait abstraction de l’équipe ministérielle des libéraux.Les avocats, médecins, travailleurs sociaux et enseignants y côtoient les exploitants agricoles, les dirigeants de petites entreprises, les cadres et les relationnistes.Ce qui les différencie le plus, c’est l’importance de l’engagement communautaire, qui semble plus grand chez les libéraux.Mais encore là, il faut se montrer prudent en lisant les guides fournis par les partis.Celui du PLC les présente sous un jour très avantageux en insistant sur chaque petit élément prouvant cette implication dans le milieu, y compris, dans le cas d’une candidate, la participation au bazar de sa paroisse.Les libéraux ont tout de même fait mieux dans leur recrutement d’élus municipaux.Sept portent leurs couleurs, dont le maire de Montmagny, Gilbert Normand.Les conservateurs en comptent cinq, dont le maire de Lennox-ville, David Price (Compton-Stanstead).Les bloquistes n’en ont convaincu que trois, dont deux maires: Robert Coulombe, maire de Maniwaki et candidat dans Pontiac-Gatineau-Labelle, et René Saint-Onge, maire de Saint-Lazare et candidat dans Vaudreuil-Soulanges.Les candidats hors Québec À l’extérieur du Québec, les libéraux réservent un peu plus de surprises intéressantes, comme la candidature de la directrice générale de la Société Elizabeth Fry, Janna Francis, dans Kelowna (C.-B.), et celles de deux autres femmes intéressées par la prévention du crime et l’aide aux prostituées.Trois importants leaders autochtones de la Saskatchewan sont aussi sur les rangs ainsi que l’ancienne ministre ontarienne Elinor Caplan et deux dirigeants de la Fédération canadienne des municipalités, dont l’ancien président John Les (Fraser Valley, C.-B.).L’ampleur de ce repêchage n’atteint pas les proportions de 1993, où les postes libres abondaient et les aspirants de prestige se ruaient aux portes.Lors des dernières élections, le Bloc avait eu le problème inverse.Même Lucien Bouchard avait eu du mal à convaincre des personnalités plus connues à se joindre à l’opposition et avait dû s’appuyer sur une équipe de gens convaincus, pour la plupart souverainistes de longue date mais dépourvus de notoriété.Cette fois, ce sont les conservateurs qui ont connu cette difficulté.Avec seulement deux sièges et un parti en reconstruction, Jean Charest a dû s'en remettre à son charme.Mais les prises vraiment impressionnantes se comptent sur les doigts d'une seule main.En plus du général à la retraite Lewis MacKenzie, on note les candidatures de l’ancien ministre conservateur de la Nouvelle-Écosse, Terry Donohoe, qui fait la lutte à la chef néo^Iémocrate Alexa McDonough dans Halifax, et du Manitobain Brian Pallis-ter.Ministre des Services gouvernementaux et étoile montante du cabinet Filmon, il a tout laissé tomber pour représenter Jean Charest dans Portage-Lisgar.
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