Le devoir, 25 septembre 1997, Cahier A
?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVOIR V o i.L X X X V 11 I N • 2 I M O N T II K A I, .I.K .1 K II I) I 2 5 S K I* T K M B II E I !) Il K B I’ s + T V g / T (» U o x T o I $ PERSPECTIVES Misère de la République Le 8 octobre prochain débutera en France le procès intenté contre Maurice Papon pour crimes contre l’humanité.Pour ces crimes restés impunis pendant plus d’un demi-siècle! Haut, très haut fonctionnaire du régime de Vichy, de quelques gouvernements gaullistes, ministre sous Giscard, Maurice Papon, c’est peut-être bien la misère de la République.est d’abord une histoire de temps.Mauri-ygft ce Papon a aujourd’hui 87 ans.En 1981, soit il y a 17 ans de cela — 17 ans! —, un citoyen de ce qui s’appelle encore la République déposa une plainte pour crimes contre l’humanité qu’a commis cet homme entre 1940 et la Libération.Du moins les quelques mois antérieurs à la Libération.Au cours de ces derniers, c’est devenu un classique, Maurice Papon s’est confectionné ce à quoi les personnages chers à John Le Carré sont experts.C’est-à-dire?Une légende.De résistant, il va sans dire.Si l’on en croit les hebdomadaires français, ce Maurice Papon est un artiste du sophisme.Un Janus.Un maître de l’étonné-étonnant.Il est un homme qui se défend ainsi: «On demande pardon quand on est responsable.Pourquoi demander pardon à ceux à qui on n’a rien fait?».Il n’a rien fait, ce préfet de la police de Paris.Il n’est pas responsable, ce commandeur de la Légion.d’honneur.Il ne savait pas, ce ministre du budget de Giscard d’Estaing.Voyons voir.Dans la foulée de l’installation du gouvernement (sic) Pétain-Laval, Papon est promu en 1940 sous-chef de bureau au ministère de l’Intérieur.En février 1941, il est nommé sous-préfet de première classe.En mars 1941, il est directeur de cabinet du secrétaire général de l’administration au ministère de l’Intérieur.En mai 1942, il accède au poste de secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, de la Gironde.Bref, Papon n’occupait pas les petits postes d’un Lacombe Lucien, d’un plouc, mais bien ces postes que l’on qualifie de gros parce qu’ils sont des postes d’influence.Toujours est-il que son curriculum vitæ nous indique qu’il était cela lorsque le Journal officiel du 18 octobre 1940 publie deux lois datées du 3 et du 4 octobre.Le premier article de la loi du 3 octobre se lit comme suit: «Est regardé comme Juif, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est Juif».On réalise très vite que l’application de cet article pose problème.Pourquoi donc?«Parce que rien dans le droit français, constata il y a quelques années l’historien André Kaspi, ne définit la race.D’où le deuxième statut daté du 2 juin 1941 qui fait référence non plus à la race mais à la religion des grands-parents».Du coup, on englobe les demi-Juifs.La définition du Juif selon Vichy établie, les interdits s’ensuivent Les articles de la loi du 3 octobre spécifient que les Juifs doivent être exclus des principales fonctions politiques, de l’administratign, de la presse, du cinéma, du théâtre et de la radio.Evidemment, Maurice Papon, le Papon alors sous-chef de bureau au ministère de l’Intérieur, ne savait pas.Un peu plus tard, en fait à partir de juin 1941, une nouvelle loi interdit aux Juifs les fonctions d’enseignant de banquier, d’agent de publicité, d’agent immobilier et de marchands de biens, de courtier: on en passe et on retient qu’ils peuvent tout de même occuper des qm-plois s’il s’agit «d’emplois subalternes ou manuels».Evidemment, Maurice Papon, le Papon alors directeur de cabinet du secrétaire général de l’Administration au ministère de l’Intérieur, n’est pas responsable.Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives est créé.Le 29 novembre, l’Union générale des israélites de France (UGIF) est fondée.Elle est chapeautée par le Commissariat.Elle est surtout l’entité administrative au sein de laquelle tous les biens des associations juives sont rassemblés.L’UGIF, c’est la définition de la spoliation.Et que fait-on avec les sommes ainsi réunies, les biens spoliés?On paie les frais de transport.De ces divers transports qui menaient on sait où.Un exemple?Le 24 novembre 1992, Maurice Papon demande au Commissariat qui va payer pour le transport vers les camps des 1560 Juifs de Bordeaux.Réponse?Puisez dans les caisses de l’UGIF.Evidemment, Maurice Papon, le Papon alors secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, n’a jamais fait de mal à personne.Bon.En 1951 et en 1953, la République vote deux lois d’amnistie.En 1964, la République, réalisant qu’elle a peut-être exagéré, déclare que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.Cette loi de 1964 visait, selon les travaux de l’historien André Kaspi, trois hauts fonctionnaires de Vichy, dont Papon.En 1964, de Gaulle était président.Et alors?Lors de son retour au pouvoir, il déchira notamment que la République était notamment «l’espérance de la justice.Aujourd’hui autant que jamais, nous voulons qu'elle le demeure».Espérance de la justice.Le procès en 1997.L’histoire Papon, c’est la misère de la République.Serge Truffa ut ?MÉTÉO Montréal Nuageux, avec 70% de probabilités d'averses.Max: 15 Min: 6 Québec Pluie intermittente Max: 10 Min: 4 Détails, page B 4 Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 2 INDEX Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A3 Mots croisés.B 6 Politique.A 4 Editorial.A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com LES ACTUALITÉS Le général Baril défend son rôle dans la crise rwandaise, page A 2 LE MONDE L’Armée islamique du salut proclame un cessez-le-feu en Algérie, page A 5 ÉCONOMIE Remaniement chez Bell et BCE, page B 3 La rentrée aux Communes Chrétien durcit le ton «Je demande aux Québécois d’entendre le message de Calgary» JEAN DION MANON CORNELLIER LE DEVOIR Ottawa — À l’occasion de la «vraie» rentrée à la Chambre des communes, le premier ministre Jean Chrétien a choisi hier de lancer un appel au Québec afin qu’il se satisfasse de la reconnaissance de son caractère unique tel qu’exprimé dans la déclaration de Calgary, un appel doublé d’une sévère mise en garde aux souverainistes, les avertissant que le temps où ils imposaient leurs règles du jeu et menaient le débat est bel et bien révolu.«Le message adressé aux Québécois, à tous les Canadiens d’expression française, défait à tous les Canadiens, est un message d’ouverture et de solidarité.[.] Je demande aux Québécois d'entendre le message de Calgary et de s’unir pour y donner suite.Les mots de Calgary doivent être pris pour ce qu’ils sont: un message rassembleur qui arrive à point pour être entendu de tous.C'est un autre pas important pour bâtir la compréhension mutuelle et la confiance», a déclaré M.Chrétien en conclusion d’une longue allocution prononcée au lendemain d’un discours du Trône tout orienté autour de la notion de «partenariat».Craignant que le dit message ne vienne s’échouer sur VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN gÉMSpP mi j» W' \ F Etat d urgence JACQUES NADEAU LE DEVOIR LASALLE d’urgence de la Cité de la Santé de Laval a rouvert ses portes, hier, après trois jours de fermeture.Mais plusieurs patients, comme Lucille et Réjean Pilon, étaient toujours confinés aux corridors de l’hôpital, en attente de soins.Une cinquantaine de patients attendaient comme eux en après-midi, hier, comparativement à 80 lors de la fermeture lundi.Nos informations en page A 3.Rochon atténue ses compressions Québec coupera 250 millions de moins que prévu dans la santé ISABELLE PARÉ LE DEVOIR /^V uébec coupera la poire en deux en allégeant de près de 250 millions les compressions qui pesaient depuis avril sur le réseau de la santé.Le ministre Rochon a fait savoir hier que les établissements de santé n’auront à atteindre cette année que 40 % des cibles budgétaires de 282 millions prévues en réduction des coûts de la main-d’œuvre.Dans une lettre envoyée avant-hier aux présidents de toutes les régies régionales de la santé du Québec, le ministre Rochon annonce donc un répit budgétaire aux gestionnaires d’un réseau déjà poussé à ses extrêmes limites.«Je vous confirme donc que la réalisation de la fin de votre plan de transformation ainsi que l’atteinte de 40 % delà + cible de réduction des coûts de main-d’œuvre constituent l’effort budgétaire attendu pour 1997-1998», peut-on lire dans la missive envoyée aux directeurs des régies.En d’autres termes, l’objectif de réduire de 282 millions les coûts de main-d’œuvre dans les établissements du réseau pour l’année en cours ne devra être réalisé qu’à 40 %.Depuis avril, la réduction des coûts de main-d’œuvre VOIR PAGE A 8: ROCHON Québec et l’UMQ se rapprochent KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Québec envisage d’abaisser pour 1998 à 349 millions la facture aux municipalités.Le gouvernement rejoint ainsi l’Union des municipalités du Québec, dont la contre-proposition jouit d’un nouvel élan avec la contribution de 70 millions offerte par la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec.Comme on le confirmait hier soir au cabinet du ministre des Affaires municipales, le gouvernement discute des aménagements sur l’étalement de la fàcture proposé la semaine dernière.Plutôt que de se voir exiger 375 millions dès janvier prochain, les municipalités verraient le pelletage gouvernemental réduit à 349 millions, puis haussé tel que prévu à 500 millions en 1999.De plus, la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec (FCSCQ) met son grain de sel pour tenter de conserver la gestion du transport scolaire.La FCSCQ offre ainsi de comprimer de 70 millions les coûts VOIR PAGE A 8: UMQ Jean Daniel au Devoir Les trois petits tours de l’Observateur nouveau JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur.JEAN PICHETTE LE DEVOIR La dernière fois que Jean Daniel était venu au Québec, c’était l’année de la Crise d’octobre.Vingt-sept ans plus tard, le directeur du Nouvel Observateur, le prestigieux hebdomadaire français, termine aujourd’hui un bref séjour chez nous.«Au terme d’une semaine ici, je me permets défaire quelques observations générales», lance-t-il d’emblée en entrevue.Le ton est donné.Et l’assurance tranquille sera de mise jusqu’à la fin.La sempiternelle question nationale made in Québec intéresse bien sûr l'auteur du Voyage au bout de la nation.«C’est la première fois dans l'histoire que l’ancien colonisé a entre ses mains le destin entier de l’ancien colonisateur C’est la première fois qu’il a la puissance de le détruire en tant qu 'Etat.Est-ce que cette destruction possible n ’entraînerait pas son propre suicide?C’est la question que je me pose.» La nation n’a généralement pas très bonne presse chez nos cousins d’outre-mer, surtout à la gauche de l’échiquier politique.Hormis le nationalisme français, bien sûr, touché par la grâce de l’universalisme que la République est réputée incarner.Pour Jean Daniel, toutefois, la nation n’est pas d’emblée tourmentée par des démons passéistes.Car il y a nation et nation.«La nation, un mot créé, dans son acception actuelle, par la Révolution française, a connu deux versions successives: celle de l’Ancien Régime, monarchique, où le monarque de droit divin est source de droit et de vérité; et la version postrévolutionnaire, où la nation devient contractuelle.Ce n’est plus celle que les années nous ont léguée, autour d’un territoire, d’une religion, d'une langue, mais celle qu’on décide, qu’on crée, souvent avec la volonté d’oublier des choses du passé.» Cette «volonté d’amnésie», comme le disait Renan, serait donc ouverte sur l’avenir, étrangère au projet d’une «société tricotée serrée»: elle s’appuierait sur un ensemble de valeurs communes, contenues dans le droit.«Une ethnie n’est pas encore une nation, précise M.Daniel.VOIR PAGE A 8: L’OBSERVATEUR 778313000672 I.K I) K V 0 I H , I.K .1 K l! 1) I 2 5 S K I' T K M IS IS K I !) i) A 2 ?LES ACTUALITÉS ?Nomination de quatre hauts gradés de l’armée Baril promet des «normes élevées d’éthique» Le chef d’état-major se dit solidaire des décisions de l’ONU concernant le Rwanda te nouveau chef d’état-major des Forces armées, le général Maurice Baril, a procédé hier à plusieurs nominations de hauts gradés militaires et a défendu son rôle dans la crise rwandaise.JOCELYN COUI.ON LE DEVOIR Au cours d’une cérémonie d’assermentation à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général, le chef d’état-major a annoncé que le ministère de la Défense nationale avait trouvé des titulaires à quatre des postes les plus importants au sein des Forces armées.Deux de ces postes étaient comblés par des intérimaires depuis un an.¦Ainsi, le vice-amiral Gary Garnett accède au poste de vice-chef d’état-ma-jor, ce qui en fait le numéro deux des Forces armées après le général Baril.Chef de la marine, l’amiral Garnett est remplacé à ce poste par le vice-amiral Greg Maddison.Ray Crabbe est promu lieutenant général et devient sous-chef d’état-major.En sa qualité de numéro trois, il sera responsable des opérations militaires à l’étranger.Enfin, Bill Leach est promu lieutenant général et nommé chef de l’armée de terre en remplacement du général Baril, qui occupait cette fonction jusqu’à sa nomination à la tète des Forces armées la semaine dernière.• Le général Baril a déclaré que lui et ses nouveaux collègues allaient s’assurer de poursuivre les réformes au sein des Forces armées et d’offrir aux Canadiens «des chefs solides, déterminés, compétents et loyaux, qui font preuve de compassion et qui respectent des nonnes élevées d’éthique».Il a aussi promis que le nouveau leadership s’efforcera «de bien prendre soin de nos gens.Ils ont besoin d'outils adéquats pour effectuer leur travail, et leurs familles ont besoin de se sentir appuyées et valorisées.» Événements au Rwanda Lors d’un point de presse après la cérémonie d’assermentation, le général Baril a déclaré qu’il n’était pas autorisé — par les Nations unies — à commenter le rôle qu’il a joué pendant la crise rwandaise.Il a toutefois tenu à préciser que, s’il n’avait pas été d’accord avec les décisions prises pendant cette crise, il ne serait pas «présent dans cette salle et dans cet uniforme».En 1994, à titre de conseiller militaire du secrétaire général de l’ONU, le général Baril a supervisé les activités de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), PRESSE CANADIENNE Le chef d’état-major de l’armée canadienne, le général, Maurice Baril, a reçu hier, à Ottawa, les insignes de ses nouvelles fonctions des mains du gouverneur général, Roméo Leblanc.qui était alors dirigée par son collègue, le major général Roméo Dallaire.Selon les informations recueillies par une commission d’enquête belge, le général Dallaire aurait fait parvenir une télécopie explosive au général Ba- ril le 11 janvier 1994.Dans cette missive, le chef de la MINUAR décrivait ce que des miliciens hutus se préparaient à faire pour déstabiliser le pays: massacrer des Tutsis et tuer des casques bleus belges dans l’espoir de provo- quer le départ de la mission de l’ONU.Dallaire indiquait qu’il était prêt, dans les 36 heures, à entreprendre une action pour trouver et neutraliser les caches d’armes de ces miliciens.L’ONU avait dit non.Le général Baril a souligné qu’il avait participé à la prise de décision et que celle-ci avait été adoptée en considérant «toutes les informations qui circulaient alors entre l'ONU et la mission au Rwanda».Le chef d’état-major a ajouté qu’il ne serait pas «utile qu\f\\\ défende ou çt-liciers de la Communauté urbaine de Montréal.Selon M.Couture, l’entente existant entre la GRC et le Conseil de bande de Kahnawake ne comporte aucune obligation d’aviser à l’avance les Peacekeepers.Les policiers ont décidé d’intervenir au moment où le Mohawk John Patrick Stacey, 54 ans, devait livrer une mitrailleuse qu’avait vendue à un agent double de la GRC un dénommé Jean ChapuL 54 ans, de Lasalle.Les gardiens porteront une arme (PC) — Les gardiens des centres de détention du Québec chargés du transport des détenus seront appelés graduellement à porter une arme.Il y aura au moins un agent armé dans chaque fourgon cellulaire.Cette mesure, qui est entrée en vigueur hier, sera d’abord introduite dans les plus grands centres de détention comme Québec, .Saint-Jérôme et à l’unité de comparution du Palais de justice de Montréal.Au total, 352 gardiens seront appelés à suivre une formation pour s’initier au maniement d’une arme à feu.Pénurie à la Croix-Rouge (PC) — A cause du niveau anormalement bas de sa réserve de sang, la Croix-Rouge organise pour les deux prochaines semaines 50 collectes de sang dans la grande région de Montréal et dans l’ouest du Québec.À peine 1 % des Québécois savent qu’ils peuvent porter plainte à la Commission d’accès à l’information i- ! '-41 ¦' - i Wm « Le Fonds de solidarité (FTQ) nous a apporté bien plus que de l'argent à investir Leur vision des affaires a contribué à enrichir notre propre façon de voir les choses.Aujourd’hui, il suffit de regarder les résultats: de nouveaux emplois, des profits, et le meilleur reste à venir.Allen Poiré Président, Métallurgie Castech inc.» LE DE SOLIDARITÉ ___________m| DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC (FTQf www.fondsftq.com Vous êtes en bonne compagnie % I.E I) E V OIK.I.E .1 E I! I) I 1 5 S E 1* T E M H K E I !) ft 7 A 3 -?LE DEVOIR «—3:- MONTREAL JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau refuge pour femmes itinérantes est siuté à l’angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue de la Visitation.Aide aux itinérants L’Old Brewery ouvre un refuge pour femmes CAROLINE M O N T P E T IT LE DEVOIR La fin de ce siècle a vu les femmes sortir de chez elles, prendre le chemin du marché du travail, avant de voir les possibilités d’emploi diminuer peu à peu.Aujourd’hui, comme les hommes, de plus en plus de femmes vivent dans la rue, sans abri, sans travail et sans but.Devant la demande de cette clientèle croissante, la Old Brewery Mission vient de faire l’acquisition d’un édifice, à l’angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue de la Visitation, (lui sera transformé en refuge pour 84 femmes dans le besoin.Déjà, tous les soirs, depuis quelque temps, une trentaine de femmes se présentaient à la maison-mère de la mission, située rue Clark, pour avaler le repas du soir.Mais comme cette bâtisse n’abrite que des hommes dans ses chambres, on les orientait jusqu’à présent dans le sous-sol d’une maison de la rue Saint-Hubert, gérée par la mission.Mais la demande a excédé l’offre de services et le projet d’une mission s’adressant aux femmes a vu le jour.«Il y a aujourd’hui plus de divorces.Autrefois, les femmes enduraient, demeuraient plus longtemps à la maison, et leur misère était moins publique.Aujourd'hui, il est plus fréquent qu’elles se retrouvent sans aucune ressource.Ijes situations sont plus difficiles.Aussi, les femmes sont plus prêtes à admettre leur désarroi», disait hier Andrée Beaulieu, membre du conseil d’administration de la mission.Dans la foule, les femmes sans-abri sont plus discrètes que les hommes, elles sont plus difficiles à identifier.Souvent, elles vont tenter de demeurer bien coiffées, relativement bien habillées.«Mais cela se voit dans leur regard, qu’elles sont en difficulté», dit Claudio Iadeluca, directeur de la mission.Aussi, dans la rue, les femmes sont la proie d’un harcèlement constant, elles risquent à tout moment d’être agressées, ne demandent de l'aide que lorsqu’elles sont à bout.«Un homme itinérant restera en paix dans son coin, tandis que les femmes, tout le monde veut en profiter.Cette pression est fatigante à la longue», dit M.Iadeluca.Ije nouvel immeuble, qui est encore en construction, est un ancien garage.11 est situé à deux pas du CLSC des Faubourgs, où justement l’on coupait récemment dans les services de cafétéria aux itinérants, et où l’on annonçait la fermeture des services d’urgence psycho-sociale.Pourtant, les services de ce CLSC pourraient être sollicités régulièrement par la mission.A l’embauche de la dizaine d’employés qui travailleront dans le nouvel immeuble, on favorisera, comme c’est toujours le cas à la mission, les anciens itinérants.On ne s’attend pas à recevoir beaucoup d’enfants dans les nouveaux locaux, même si deux chambres seront réservées pour les urgences.«Cet environnement n ’est pas fait pour les enfants», mentionne M.Iadeluca, ajoutant que des enfants gardés plus longtemps devraient de toute façon faire l’objet d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).Cependant, en tout temps, la politique de la mission en est une d’accueil inconditionnel.Déjà, durant les grands froids de l’hiver, lorsque la file d’attente s’allonge devant la maison de la rue Clark, on ajoute des matelas dans la cafétéria pour loger tout le monde.Le centre comptera quelques places destinées aux pures itinérantes, tandis que les autres seront destinées à des femmes suivant un programme de réinsertion sociale, vers les études ou le marché du travail.Trêve entre la Ville et ses pompiers KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les négociations reprennent entre la Ville de Montréal et le syndicat des pompiers après six jours de médiation devant le Conseil des services essentiels.C’est dans la nuit de mardi à hier que les deux parties ont convenu d’une trêve pour une période minimale de trois semaines permettant une reprise des pourparlers en présence d’un conciliateur.Le ministre du Travail, Matthias Rioux, a immédiatement nommé Fernand Matteau à cette fonction.Durant cette période, la Ville a pris l’engagement de n’entreprendre aucune procédure d’outrage au tribunal.Pour sa part, le syndicat suspend tous les moyens de pression.Ainsi, les autocollants dénonçant la «gestion d'enfer» du maire Pierre Bourque disparaîtront des camions de pompiers.Déjà, hier, des syndiqués s’activaient à nettoyer l’équipement.Le Conseil des services essentiels, qui surveillera l’évolution du dossier, assure que la santé et la sécurité de la population montréalaise ne sont pas mises en péril.Au cours des dernières semaines, les moyens de pression avaient pris une tournure violente: intimidation, menaces de mort, incitation à la violence et sabotage répété de lances d’incendie.Deux pompiers ont été suspendus à la suite de ces actes sous enquête.Ces mesures disciplinaires demeurent d’ailleurs en discussions entre les parties, qui ont jusqu’au 1er octobre pour en arriver à une entente finale.Si cela devait ne pas se régler, l’entente intervenue serait caduque.D’ici là, des négociations intensives s’effectueront, ce qui a pour effet de décaler la nomination d’un arbitre tel que le demandait la semaine dernière la Ville de Montréal.La conciliation donne donc une chance aux parties de négocier de gré à gré une nouvelle convention collective plutôt que de la voir imposée par un arbitre après des mois, parfois même plus d’un an, d’analyse du dossier.D’un point de vue strict, l’arbitrage n’a plus le même intérêt depuis que le Code du travail a été amendé, ce qui signifie qu’un arbitre doit considérer les règlements intervenus avec les autres syndicats de la municipalité concernée plutôt que de comparer ceux-ci uniquement avec les pompiers d’autres municipalités.Cette dernière façon de faire a donné aux pompiers de Montréal une augmentation de 8,6 % en 1996.Conseils provisoires à la CECM Le Regroupement scolaire confessionnel gagne la première manche Les acteurs de la scène scolaire sont pleinement engagés dans la restructuration scolaire qui débute avec la mise du pied de conseils provisoires.Hier soir, le Regroupement scolaire confessionnel s’est assuré le contrôle de deux importants conseils, à la suite d’un processus électoral dénoncé par le Mouvement pour une école moderne et ouverte.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR La coalition catholique de la CECM s’est assurée hier soir du contrôle de deux importants conseils provisoires, chargés de la mise en place des commissions scolaires du Centre et de l’Est de Montréal.La présidente du Mouvement pour une, école moderne et ouverte (MÉMO), Mme Diane De Courcy, a d’emblée dénoncé les règles d’élection de ces conseils parce qu’elles permettaient à des commissaires actuels n’habitant pas les territoires des futures commissions scolaires d’élire ses représentants.Comme prévu, cette règle a permis l’élection d’une majorité de commissaires membres du Regroupement scolaire confessionnel ou sympathiques à ce mouveipent même si les commissaires du MÉMO sont majoritaires sur le plus gros territoire à venir, soit la commission scolaire du Centre.Sur les 11 commissaires élus hier soir au conseil provisoire cette commission scolaire du Centre, huit sont sympathiques à la cause du RSC de M.Michel Pallascio.Ce chiffre représente le nombre total de commissaires du RSC (ou proche du RSC) ayant le droit d’être élu.Pour les trois autres postes, le commissaire ayant suggéré la liste, M.Henoît Bessette, a dû faire appel au MÉMO et il a retenu popr cela les noms «soumis» par le MÉMO antérieurement, Les membres du MÉMO ont tout de même accepté d’être commissaires «parce que les absents ont toujours tort» a expliqué leur présidente hier soir à l’issue du vote.Mais ils se sont abstenus de participer au scrutin.Tout s’est donc passé très rapidement pour l’élection de chacune des quatre délégations que la CECM devait élire hier, les commissaires du RSC ou proches du Regroupement ayant accepté en bloc les listes suggérées.En tout, le conseil provisoire de la commission du Centre contiendra 14 membres, les trois autres devant provenir d’autres commissions scolaires.Les commissaires ont également élu, hier soir, six des 13 membres du conseil provisoire de la commission scolaire de l’Est, couvrant Rivière-des-Prairies et Montréal-Nord, tous proches du RSC.Ils ont aussi choisi un représentant du conseil provisoire de la commissions scolaire anglaise de l’Ouest et cinq pour celui de la commissions scolaire de langue anglaise de l’Est.la mise en place des conseils provisoires sera complétée d’ici une semaine.Elle constitue une étape clé dans la création de commissions scolaires linguistiques, plutôt que confessionnelles, qui passeront, avant septembre 1998, de 150 à 70.Ces conseils ont un rôle important à jouer puisqu’ils seront responsables du partage des édifices scolaires, qu’ils prépareront les budgets de l’an prochain, qu’ils procéderont aux inscriptions des élèves pour la prochaine année et, sous peu, qu’ils se choisiront un directeur général.Les conseils provisoires disparaîtront lorsque le scrutin scolaire de juin prochain aura permis l'élection de nouveaux commissaires, correspondant au nouveaux territoires scolaires.A Montréal et à Québec, les conseils seront également responsables des comités confessionnels.Ces comités vivront tant que la Constitution canadienne n’aura pas été amendée.Les parents auront à dire s’ils veulent ou non placer leur enfant sous la surveillance du comité confessionnel.(Le gouvernement fédéral est prêt à adopter un amendement constitutionnel rapidement).A Montréal, la lutte reprendra de plus belle à l’élection de jujn prochain.Les neuf membres du MÉMO, présidente en tête, se présenteront.Ije président de la CECM et du RSC, M.Pallascio, n’a pas été aussi loquace sur ses intentions et celles de son équipe.«Je n’ai aucune idée (si je me présenterai)», a-t-il dit.Les deux présidents auront l’occasion de croiser le fer à nouveau au sein du conseil provisoire du Centre, sur lequel ils siégeront tous deux.Bouchard se porte à la défense de son ministre de la Santé La Cité de la santé à Laval rouvre son urgence LE DEVOIR ET LA PRESSE CANADIENNE Québec — Le premier ministre Lucien Bouchard s’est vigoureusement porté à la défense hier de son ministre de la Santé, Jean Rochon, dont l’opposition libérale réclame la tête.«M.Rochon est un des plus grands ministres qu’on a, et je l’appuie entièrement», a dit M.Bouchard, qui était interrogé sur la situation dans les hôpitaux.Le premier ministre a prudemment commenté le décès récent d’un malade dont l’admission a été refusée à l’hôpital Cité de la Santé, de Laval.«On doit auparavant en savoir plus long sur le décès de cette personne.Le Collège des médecins mène actuellement une enquête», a dit M.Bouchard.Ce patient, atteint d’une hépatite fulminante, est décédé le 18 septembre à l’hôpital Fleury, après que son admission en ambulance ait été refusée à la Cité de la Santé de Laval, dont l’urgence était engorgée.Le premier ministre Bouchard a admis que certaines personnes ont pu avoir des problèmes depuis la mise en place du nouveau système de santé, mais que celui-ci «fonctionne généralement bien, quoique l’urgence de certains hôpitaux soit parfois engorgée».Pour sa part, le ministre Jean Rochon a admis que «la gestion du do- maine n’est pas facile», mais affirme «avoir le goût de continuer» à y travailler.«S’il arrive quelques incidents dramatiques, il faut s’en préoccuper.Je suis très déterminé à ce qu’on complète la transformation et la réorganisation de ce réseau et que, rapidement, il soit orienté vers la consolidation.» M.Rochon a rappelé qu’il existe un organisme de répartition des malades, appelé Urgence Santé.«La population peut être rassurée: il y a delà place à Montréal pour tous ceux qui auront à être transportés dans des urgences.Pour la Cité de la Santé, on va trouver une solution», a poursuivi M.Rochon.Plus tôt en journée, le chef libéral Daniel Johnson a soutenu que le marasme qui prévaut dans les urgences des hôpitaux de la région de Montréal nécessite l’allocation immédiate de ressources financières.Le chef de l’opposition a fait parvenir une lettre en ce sens au premier ministre Lucien Bouchard, hier matin.«Je vous demande instamment d’exiger de votre ministre de la Santé [Jean Rochon] qu’il alloue les ressources financières nécessaires pour mettre fin à la situation intenable dans les urgences de la grande région de Montréal.Après avoir vécu l’angoisse résultant d’une décision insensée touchant le transfert des greffes pulmonaires, il est inacceptable que les fatnilles québécoises soient maintenant confrontées à des tragédies comme celle qui s’est déroulée à la Cité de la Santé de ImvüI au cours des derniers jours», écrit le chef libéral.Cité de la Santé Par ailleurs, depuis 15 heures hier, la Cité de la Santé a rouvert son urgence, en dépit de l’engorgement qui continue à sévir dans ses corridors.«Nous ne pouvons pas demeurer indéfiniment fermés.Nous devons être accessibles à la population», a insisté hier le D' Alban Perrier, directeur des services professionnels de l’hôpital.En après-midi, on comptait 48 patients à l’urgence, comparativement à 80 au moment de la fermeture de l’urgence lundi.Par ailleurs, ce dernier a dit qu’il ne blâmait aucunement l’infirmière responsable du triage qui a pris la décision de transférer le patient qui devait décéder plus tard dans un autre hôpital.«Ce transfert n ’a rien changé à la condition du patient et, de toute façon, notre capacité d’accueil nous empêchait de l’admettre.Le patient n’était pas instable», a-t-il expliqué.Le D' Perrier s’est toutefois dit étonné des propos rassurants tenus par le ministre Rochon.«Quoi que le ministre dise, sur le terrain, ça ne va pas bien.Ça prend cinq mois à Laval pour obtenir une échographie abdominale ou un cardiologue, même si nous sommes superproductifs.On a un problème de ressources», a-t-il dit.nwpâÿlmstesi»» les collections ajjnxjgt ///a marie allaire PRÛT-A-PORTF.R Jean-Claude Poitras Grazia Hauber Eugène Klein Lucia Basler Gerry Weber Frank Usher Dino Valiano Tailles 6-18 ans 1588, rue Fleury Est, Montréal (514) 384-4808 NOUVELLE PARUTION! Continuités et ruptures dans la Eormation des maîtres au Québec Maurice Tardif et Hélène Ziarco, dir.Coll.« Formation et profession » Jamais la profession enseignante n’a connu de transformations aussi importantes.il importe donc de considérer le rôle fondamental joué par la formation des maîtres — véritable enjeu au cœur même de tous ces changements — qui déterminera le profil de la prochaine génération d’enseignants.306 pages ?30 $ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou aux Presses de l’Université Laval Tél.(418) 656-7381 Téléc.(418) 656-3305 FONDATIONTQUÉBÉCOISE DU CANCER A U n\Un lu-du mieux-être des personnes hiuuumI un omit Montréal (514) 527-2194 Extérieur 1 800 363-0063 NOUVEAU VIR agi: MATHÉMATIQUE 416 Matériel conforme au nouveau programme de mathématiques 416 4’ secondaire Manuel 248 pages, 35,50 $ Guide (A paraître) Georges Tarakdjian, M.Sc.Dans un contexte où, de plus en plus, l’élève du secondaire est appelé à vivre le virage technologique, et à s’aventurer sur l’autoroute électronique, la mathématique se doit de s’adapter aux nouvelles réalités qu’impose le contexte et s’avérer un incitatif à bien concevoir, à penser juste et à communiquer clairement sa pensée.Les activités proposées tendront à favoriser chez l’élève le «sens géométrique» en lui permettant de parfaire ses connaissances relatives aux figures géométriques, en utilisant les concepts d’isométrie et de similitude comme contexte où il devra non seulement raisonner juste mais justifier chaque étape de son raisonnement.Des nouveautés au programme.On parle d’échantillonnage et de sondages! Et non seulement on reprend l’étude des mesures de tendance centrale et de leur interprétation mais on ajoute des caractéristiqueiTcle position et de dispersion.On y parle pour la première fois au secondaire de «diagramme des quartiles».Les activités proposées favoriseront l’analyse des données en passant par leur organisation, leur dépouillement, leur visualisation et le calcul de caractéristiques de tendance centrale les concernant.Encore une fois, l’utilisation de la calculatrice à possibilités graphiques ainsi que de l’ordinateur y est fortement encouragée.Les éditions de l’école nouvelle 166, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2X 1K9 Téléphone: (514) 875-8972 Télécopieur: (514) 875-1590 Adresse internet : http://www.lidec.qc.ca I.E I) E V 0 I It .I.E .1 E l! I) I 2 .r> S E l> T E M It It E I !l !) 7 A 4 ==-» LE DEVOIR ?- POLITIQUE Chambre des communes PRESSE CANADIENNE Le chef réformiste Preston Manning a été ovationné par ses députés, hier, lors de sa première intervention aux Communes.Les débats s’amorcent dans la bonne humeur Proposition de six députés péquistes Les organismes gouvernementaux devraient être réduits de moitié Un groupe de travail recommande que 62 organismes soient regroupés et 34 autres, abolis MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le spectacle de cette Chambre des communes où cinq partis croiseront le fer, une première dans l’histoire canadienne, était très attendu.Et c’est à guichet fermé que les 301 nouveaux députés fédéraux ont amorcé hier les débats de la 36' législature.Comme le veut la tradition, cette première journée fut empreinte de civilité.Quelques libéraux ont bien tenté de chahuter quand le chef réformiste Preston Manning, fier comme un paon, a ouvert la période des questions, mais ils ont vite retraité.L’atmosphère bon enfant ne se prêtait pas encore aux marques d’agressivité.Fidèle à ses préoccupations traditionnelles, M.Manning a remis en question le désir du gouvernement de dépenser davantage dans certains programmes alors qu’il refuse de préciser ses intentions en matière de réduction du fardeau fiscal et de la dette.Le premier ministre Chrétien, qui a répondu à la grande majorité des questions, a tenté de corriger l’impression de gouvernement dépensier îaissée par le discours du Trône.Il a indiqué qu’il n’était pas question de se remettre à dépenser avant d’avoir éliminé le déficit Mais cela ne veut pas dire, a-t-il précisé, que le gouvernement ne doive pas tenter de résoudre les problèmes des Canadiens.L’humour a rapidement pris le dessus quand le député suivant, le réformiste Monte Solberg, a demandé au «pretnier ministre en attente», le ministre des Finances Paul Martin, de répondre à ses questions sur l'emploi.Pris au dépourvu, le ministre a vu M.Chrétien lui-même répliquer de son siège qu’il croyait que ce titre revenait normalement au patron du député, le chef de l'opposition officielle Preston Manning.Ce dernier n’a pas eu peur hier de mettre en évidence certains de ses nouveaux jeunes députés, en particulier Rahim Jaffer, qui a interrogé le premier ministre en français sur la résolution de Calgary.Conservaterus et néo-démocrates La journée d’hier marquait aussi le retour à la Chambre du Parti conservateur et du NPD comme partis officiels et l’entrée aux Communes de la chef néo-démocrate Alexa McDonough.Les thèmes soulevés par chaque parti étaient prévisibles.Les réformistes ont mis l’accent sur les finances publiques, l’absence d’un appui au principe de l’égalité des provinces dans le discours du Trône et la crise du saumon du Pacifique.Les bloquistes ont surtout accusé les libéraux de vouloir s’immiscer dans des champs de juridiction des provinces et d’abandonner le concept de société distincte.Conservateurs et néo-démocrates ont fait écho aux préoccupations de leur principale base, les provinces atlantiques, en dénonçant le chômage et les compressions au système d’assurance-emploi.Il faudra maintenant voir combien de temps la bonne entente prévaudra.Les applaudissements ont écourté le temps prévu pour les questions hier.Le chahut pourrait faire de même au cours des prochains mois.Et ce seront toujours les mêmes qui seront pénalisés, soit les conservateurs et les néo-démocrates qui, dès hier, n’ont pu profiter d’une deuxième ronde de questions.Le gouvernement est, de son côté, prêt à passer à l’action.Il déposera dès ce matin plusieurs projets de loi, dont celui réformant le Régime de pensions du Canada et le système de sécurité de la vieillesse, ainsi que celui créant une banque nationale de données génétiques.Il a aussi donné avis qu’il réintroduira certaines législations mortes au feuilleton, lors du déclenchement des élections.Il en est ainsi de la refonte de la partie I du Code du travail, de la création du parc marin du Saguenay et de la réforme de la Commission canadienne du blé.GILLES LESAGE DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC Le nombre d’organismes gouvernementaux devrait être réduit de moitié au Québec — passant de 204 à 96 — en vue de les adapter au contexte des années 2000 et d’assurer un meilleur service à la population.C’est ce que propose un groupe de travail formé de six députés péquistes, qui a remis son rapport hier au Conseil du trésor et au Conseil des ministres, qui l’avait mandaté au début d’avril.En le rendant public, le président, Joseph Facal, député de Fabre et adjoint parlementaire du premier ministre, a déclaré que la démarche portait sur une réorganisation administrative à la fois globale et prospective plutôt que sur un exercice strictement comptable.«Nous avons cherché à travailler avec des instruments de précision, pas à la tronçonneuse.» «Il reste que, au terme de cet examen, une évidence s’est imposée à nous, forte, indiscutable: cette rationalisation est nécessaire, inéluctable, et jamais le contexte, malgré toutes les embûches, n’y sera plus propice.» Outre M.Facal, les auteurs du rapport, unanimes, sont les députés Joce-iyne Caron (Terrebonne), Jean Campeau (Crémazie), Michel Côté (La Peltrie), Benoît Laprise (Roberval) et Camille Laurin (Bourget).Sans en avoir l’assurance absolue, les six députés estiment qu’ils ont plus de chance d’être suivis par leur gouvernement que les groupes précédents, libéraux — Gobeil, Poulin, Mo- MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Mont-Tremblant — Loin d’être une coquille vide, l’entente de Calgary débouchera sur une nouvelle ronde constitutionnelle qui permettra au Québec de revendiquer de nouveaux pouvoirs, soutient le chef libéral Daniel Johnson.«Ils font fausse route, ceux qui disent, comme Lucien Bouchard ou Jacques Brassard qui déchirent leur chemise, que c’est monts que Meech et Charlottetown.Ce n’est pas une proposition constitutionnelle, mais c’en deviendra une.» «Ije premier contenu, a-t-il ajouté, la porte d’entrée de discussions entre les provinces, y compris le Québec, sur le partage des pouvoirs, ça passe par la reconnaissance du Québec et du rôle de l’Assemblée nationale à l’égard de notre spécificité.C'est ça qu’il y a dans l'entente de Calgary.Tout le reste va suivre.» «Il y a trop de premiers ministres au Canada qui ont dit que ça [Calgary] envisage une modification constitutionnelle», a-t-il soutenu hier à Mont- e Commissaire fédéral à l’information a publié un rapport cinglant [hier qualifiant le ministère de la Défense «de cas d'espèce démontrant comment ne pas accorder le droit d’accès [à l’information]".| John Grace, arbitre de la Loi d’accès à l’information, a écrit tout un chapitre de son rapport annuel sur ce ministè-ire, décrivant une litanie d’abus de la (loi, incluant la manipulation et la des-jtruction de documents.«L’histoire positive générale sur la disparition progressive de la vieille culture du secret est teintée par l’attitude corporatiste du ministère de la Défense nationale», affirme M.Grace dans son dernier rapport comme commissaire à l’information.«Si quelque chose pouvait aller mal [.) il semble que ça allait mal.» rin —, qui, de 1986 à 1993, ont également proposé une cure minceur aux organismes gouvernementaux.Économies de 33 millions Si les recommandations sont suivies intégralement, l’organigramme gouvernemental ne compterait plus que 96 organismes, au lieu des 204 actuels.En gros, 81 demeureraient dans la liste des organismes du gouvernement, 62 seraient regroupés, six verraient leurs activités réparties, et 34 seraient abolis, privatisés ou, désormais, considérés comme privés.En outre, le groupe de travail propose que les fonctions de certains organismes soient regroupées pour constituer 12 nouveaux organismes.Enfin, 15 organismes actuels deviendraient plutôt des comités du ministre.Les économies pourraient atteindre 33 millions dans trois ans, soit en l’an 2000, provenant surtout d’économies d’échelle, avec peu d’incidences sur les emplois.Sur des crédits de un milliard, ce n’est pas énorme.«L’important, note M, Facal, est de moderniser l’Etat québécois pour qu’il offre des services adéquats à la population, à des coûts réalistes.» Le groupe s’est longuement Ren-ché sur l’avenir des sociétés d’Etat dont la création, dans les années 60, a marqué la vie économique du Québec.Il propose qu’un virage majeur soit fait afin de stimuler l’économie du Québec et la création d’emplois.Il suggère au gouvernement de regrouper un certain nombre de sociétés d’Etat à capitalisation (investissements et capital de risque), sous la gouverne d’une seule société, qui Tremblant, où il a préparé avec ses députés le «plan de match» libéral de la prochaine session parlementaire.M.Johnson réagissait aux propos d’André Tremblay, qui fut, avec l’ex-premier ministre Robert Bourassa, aux premières loges des négociations entourant les accords de Meech et de Charlottetown.Dans un texte publié dans Le Devoir, mercredi, M.Tremblay soutenait que la déclaration de Calgary était une coquille vide: «C’est trop peu pour dire que c’est peu! C'est un recul, même par rapport à Charlottetown».«La déclaration de Calgary ne suggère qu’un cadre de discussions sans échéancier déterminé et aucune espèce d'obligation de résultat.Croire à la déclaration, c’est risquer la déception», écrivait M.Tremblay, qui invite les Québécois à voter OUI à un prochain référendum sur la souveraineté.Réplique de Bouchard A Québec, Lucien Bouchard a évidemment applaudi aux propos de l’ex-bras droit de Robert Bourassa.«Quelqu'un qui, comme André Tremblay, connaît très bien les itiné- Pendant l’enquête sur l’affaire soma-lienne, le ministère de la Défense était parfois accusé d’obstruction, parce que les documents demandés avaient été modifiés ou étaient disparus.Dans son rapport annuel au Parlement, M.Grace se penche surtout sur le temps qu’il faut pour obtenir une réponse du ministère de la Défense nationale lors d’une demande d’accès d’informations.Des 1382 plaintes portées devant le commissaire contre des institutions gouvernementales au cours de la dernière année, 45,1 % avaient trait à des délais.Au ministère de la Défense, seulement 29 % des demandes obtenaient une réponse en temps raisonnable.«Le droit d’accès n'a pas reçu la priorité qu'il mérite, a ajouté M.Grace dans une entrevue.I/i Défense nationale est un gros ministère et je ne peux croire pourrait s’appeler la Société générale de financement et de développement économique du Québec.Recommandations Parmi les nombreuses recommandations, relevons les suivantes: ¦ doter le Québec d’un Centre québécois de la recherche scientifique, avec trois branches autonomes, pour la recherche sociale (Conseil québécois de la recherche sociale), la recherche en santé (Fonds de la recherche en santé) et la formation des chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR); ¦ créer Statistique Québec, regroupant quatre organismes, soit le Bureau de la statistique (BSQ), l’Institut de recherche et d’information sur la rémunération (IR1R), le Centre de recherche en statistique sur le travail (CRSMT) et le Centre d’enquête de la Santé et des Services sociaux; ¦ créer la Société d’assurances et de financement agricoles, fusionnant la Société de financement agricole, la Régie des assurances agricoles et le programme d’aide aux entreprises du MAPAQ; ¦ regrouper au sein du Bureau des nations autochtones, rattaché au premier ministre, les nombreux organismes conjoints découlant de la Convention de la baie James et du Nord québécois ou de la Convention du Nord-Est québécois.D’autre part, parmi les nombreux regroupements proposés, il y a les suivants: ¦ celui de la Commission d’accès à l’information à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, «en raison des affinités qui existent entre les deux organismes, dont les missions sont axées sur la protection des droits»-, ¦ la fusion de la Commission de la raires constitutionnels et tous les efforts faits parles premiers ministres fédéralistes, y compris Robert Bourassa, pour arriver à une solution, est en mesure de voir que ce qui se passe actuellement est inconcevable et inacceptable.» «André Tremblay nous mène au bout de la boucle: il faut voter OUI au référendum sur la souveraineté.Il le dit lui-même expressément, c'est un témoignage extrêmement éloquent», a déclaré le premier ministre.Daniel Johnson a répliqué que l’entente de Calgary «va dans le sens des revendications du Québec, pas dans le sens des revendications des séparatistes», et que rien n’empêchera le Québec de revendiquer de nouveaux pouvoirs destinés à améliorer son développement au sein de la fédération candienne.Il a noté que, déjà, «les provinces, en matière de politique sociale, sont en train de baliser l'exercice du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral».Ces discussions vont dans le sens des engagements pris par les premiers ministres provinciaux, à Saint-Andrew’s, au Nouveau-Brunswick, en août dernier.qu'il n’y a pas assez de personnel pour répondre aux demandes rapidement.» Selon M.Grace, plusieurs mythes circulent dans les bureaux du gouvernement sur les demandes d’accès à l’information, et l’un de ces mythes est que les gens abusent du système en faisant trop de demandes.«Lés 150 institutions couvertes par la loi reçoivent moins de 40 requêtes par jour.Vous ne pouvez pas me dire que c'est trop», a-t-il soutenu.Critiques Parmi les critiques de M.Grace sur le ministère de la Défense, on retrouve: ¦ des modifications à des documents avant leur publication sans en informer d’avance la personne qui en a fait la requête; ¦ la destruction de documents originaux, ce qui rend impossible la découverte de toute modification ultérieure.construction du Québec et de la Régie du bâtiment; ¦ le regroupement du Conseil de la santé et du bien-être et du Conseil médical du Québec; ¦ la fusion de la Commission des valeurs mobilières et de l’Inspecteur général des institutions financières.Organismes à abolir Le rapport Facal recommande par ailleurs au gouvernement d’abolir plusieurs organismes, dont les suivants: ¦ la Commission municipale de Québec, dont les mandats seraient répartis entre le ministère des Affaires municipales, le Tribunal du travail et le Tribunal administratif du Québec; ¦ l’Agence de mise en valeur du Saint-Laurent; ¦ la Société de la Maison des sciences et des techniques; ¦ l’Office des autoroutes du Québec; ¦ la Société québécoise des transports; ¦ la Société d’habitation du Québec; ¦ la Société québécoise d’assainissement des eaux.¦ la Société nationale de l’amiante.Le rapport s’étonne par ailleurs que le Conseil du statut de la femme (CSF) dispose d’un budget et d’un effectif plus importants que ceux du Secrétariat à la condition féminine, et il souhaite un «rééquilibrage» en faveur du Secrétariat.Le Groupe Facal déplore également qu’au iieu de se recentrer sur sa mission éducative, Télé-Québec renoue avec le vedettariat.«Ces initiatives sont coûteuses, rejoignent une faible portion de l'auditoire et l’éloignent de son mandat.» T.Q.doit donc corriger sa trajectoire et réaliser pleinement son mandat éducatif.Le document de 127 pages fourmille d’observations et remarques qui en feront sourciller plusieurs.Une autre résidence officielle?(PC) — Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, caresse le rêve de doter son successeur d’une résidence de fonction à Québec, mais le projet ne peut être réalisé dans les circonstances actuelles, au moment où on effectue des compressions dans les services publics et où des hôpitaux ferment, a-t-il convenu, hier, lors d’un point de presse.«Dans les choses à faire, à la fin de ma vie politique, j’aimerais pouvoir régler cette question pour l'avenir, a déclaré M.Bouchard.Actuellement, ce n'est pas politiquement possible, mais un jour, cela se fera.» Au conseil municipal de Québec, lundi dernier, une motion a été adoptée pour suggérer que l’ex-résidence du lieutenant-gouverneur, chemin Saint-Louis, soit convertie en résidence pour le premier ministre.Familles monoparentales touchées (PC) — Des compressions dans l’aide sociale entrant en vigueur le 1eroctobre prochain priveront quelque 80(X) familles, principalement monoparentales, de sommes allant jusqu’à 100 $ par mois.«Au moment où on prétend lutter contre la pauvreté, cette mesure est inacceptable», ont dit hier en conférence de presse diverses personnalités du monde communautaire, dont Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec.Les familles visées par les compressions budgétaires sont celles dont un enfant fréquente la maternelle à temps plein depuis le début de septembre.Quelque 8000 de ces familles vivent de prestations d’aide sociale.Coupes de 12 M $ suspendues (PC) — Le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, a décrété un moratoire sur les compressions budgétaires à la division de la protection de la santé de son ministère.Ainsi les coupes de 12 millions qui avaient été annoncées en juillet sont suspendues, jusqu’à ce qu’un comité consultatif nouvellement créé fasse part de ses recommandations, a annoncé hier M.Rock.Cette décision marque un changement radical de position de la part du gouvernement.En récompense d’un service dépassant toutes les attentes.o haque Rolex qui porte un sceau rouge a passé avec succès de longs et rigoureux tests afin d’obtenir le titre convoité de chronomètre suisse, dependent, c’est une réussite facile pour une montre qui a déjà passé le plus difficile des examens : être une Rolex.w ROLEX
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.