Le devoir, 4 juin 1994, Cahier D
[" ?LE l)KVOIR ?Essais québécois Page D2 Le Feuilleton Page D3 Us Petits bonheurs Page D3 Poésie D6 Littérature jeunesse Page D6 ?I.K I) K V O I II .I.K S S A M K I) I I K T l> I M A N (' Il K .1\t.1 0 I X I II IM François Demay Des mots pour tout dire MARIE LAURIER LE DEVOIR Enfant il me souvient avoir rêvé bien souvent devant tous les drapeaux du monde que j\u2019admirais dans le Petit Larousse illustré, et aussi avoir appris par cœur les proverbes des pages roses.Le Larousse faisait partie de la vie quotidienne dans la plupart des foyers québécois.La tradition se perpétue et nous accueillons cette semaine la cuvée 199!j de cet ouvrage de référence.«Etre ou ne pas être dans le Petit Larousse, surtout de son vivant, a certainement une connotation shakespearienne pour des personnalités publiques.Il est même arrivé que l\u2019une d\u2019entre elles sollicite cet honneur auprès de l\u2019éditeur, le laissant libre toutefois d\u2019enlever son nom quand bon lui semblerait, l\u2019important étant qu\u2019il y ait été.Vous comprenez?» Certes, Monsieur l\u2019encyclopédiste François Demay qui me racontez si bien l\u2019histoire du fameux dictionnaire lancé en 1905 par les héritiers de Pierre Larousse (1817-1875), lui-même fondateur en 1852 d\u2019une librairie portant son nom, auteur en 1856 du Nouveau dictionnaire de la langue française, l\u2019ancêtre de ce qui allait devenir officiellement Le Petit Larousse Î illustré en 1905.Après la mort de Pierre Larousse en 1875, sa veuve et son neveu Jules Holllier-Larousse continueront la publication de son I œuvre en créant une société éditrice.En 1876 le pissenlit et la devise «Je sème à tout vent» constituent le premier logo du dictionnaire et Eugène Grasset dessine la première semeuse que l\u2019on vient tout juste de rajeunir pour le millésime 1995 du Petit La-rousse illustré.Entre temps il y aura bien d\u2019autres enfants Larousse, des dictionnaires agricole, gastronomique, encyclopédique et thématique, et même en 1993 le premier Dictionnaire électronique de français en format de poche.Les ouvrages Larousse sont traduits et édités en 37 langues, directement en français, espagnol et anglais à partir d\u2019un catalogue de cinq cents titres.Son chiffre d\u2019affaire «prix public» est de plus de trois milliards de ffançs français.Voilà, Larousse n\u2019a plus rien à cacher et c\u2019est dans un climat jubilatoire que les dirigeants de la maison sont venus cette semaine présenter leur dernier-né dans un Québec de plus en plus familier pour eux qui y reviennent passer leurs vacances.François Demay pour sa part pourrait facilement guider ses compatriotes français dans le Québec le plus profond et le pdg Patrice Maubourguet a fait un aller-retour depuis Paris pour le seul plaisir d\u2019être présent au lancement du dictionnaire mardi, à Hélène de Champlain, et nous livrer ce message: «Comme une grande œuvre, Larousse, lieu de mémoire et de modernité, se présente toujours neuf à de nouveaux regards.» Ce concept de nouveauté n\u2019est pas étranger à l\u2019empathie que les larous-siens nous témoignent, eux qui jonglent constamment avec les mots, s\u2019amusent avec les locutions, écoulent attentivement la langue parlée et écrite dans les médias pour toujours mieux s\u2019adapter aux modes et aux courants sociaux.«Nous servons de lien pour tous les pays de la francophonie, affirme François Demay, physicien de formation et venu à l\u2019encyclopédie par un concours de circonstances qu\u2019il serait sans doute trop long ou oiseux d\u2019expliquer.» Nous ne lui en demandons pas VOIR PAGE D 2: LAROUSSE #\u2022 Titres nouveaux, rééditions de classiques, albums photographiques, guides, atlas, bandes dessinées: éditeurs et libraires du Québec, de France et d\u2019ailleurs ont lancé leur campagne de Normandie, leur débarquement en librairie, en prévision de la célébration du cinquantenaire du Jour J.Cette bataille changea le destin du monde Débarquement en librairie JOCELYN 1 y a des événements dans l\u2019histoire de l\u2019humanité qui transforment son cours, bouleversent sa marche qu\u2019on croit souvent inexorable.Les grandes batailles sont de ceux-là.De Marathon en 490 avant Jésus-Christ à la libération du Koweit en 1991, en passant par la destruction de la flotte turque à Lé-pante en 1570, la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815 ou l\u2019humiliation américaine à Pearl Harbor en 1941, ces moments exceptionnels ont marqué profondément la conscience des hommes et l\u2019avenir des nations.La bataille de Normandie ne fait pas exception.Au contraire.Durant cet été 1944, les combats que menèrent les forces alliées contre les Allemands dans ce coin de France allaient sceller le sort du régime nazi et changer le destin du monde.Mais pourquoi donc la bataille de Normandie occupe-t-elle une place si importante dans l\u2019ensemble de la Seconde Guerre mondiale?Après tout, les Russes se battent avec acharnement contre les nazis depuis 1941 sur une front qui va de la Finlande au Caucase et avec une armée qui a perdu plusieurs millions d\u2019hommes.Leur sacrifice est colossale et inimaginable.Sur le front occidental, les alliés grignotent lentement mais sûrement l\u2019empire nazi avec la chute en 1943 de l\u2019Afrique du Nord et de l\u2019Italie.Mais ce COULON n\u2019est pas suffisant.Nombreux sont ceux au sein des forces alliées \u2014 surtout les Soviétiques \u2014 qui réclament une action décisive contre l\u2019Allemagne.Pour ce faire, les Alliés ne disposent que d\u2019un seul tremplin, l\u2019Angleterre, et d\u2019une seule route vers Berlin, la France.Les généraux anglo-saxons vont alors prendre le risque fou d\u2019une opération navale gigantesque qui vise à mettre pied en Normandie.Et ils vont réussir.Il faut distinguer dans la campagne de Normandie, deux étapes: le débarquement du 6 juin (le Jour J) qui demeure l\u2019épisode le plus spectaculaire et le plus étonnant de la Seconde Guerre mondiale, et la bataille, plutôt classique, qui se termine le 21 août avec la chute de la poche de Falaise.Mais c\u2019est le débarquement qui a fait de la campagne de Normandie, «une des batailles les plus décisives du vingtième siècle et peut être de notre civilisation», comme l\u2019écrivent les historiens canadiens J.L.Granatstein et Desmond Morton, dans Bloody Victory.Ce débarquement \u2014 la plus grande entreprise navale et logistique de l\u2019histoire humaine \u2014 est au coeur des récits et témoignages qui sont publiés depuis quelques semaines pour souligner le 50e anniversaire de l\u2019événement.Ces livres sont aussi divers que leurs auteurs.Journalistes, écrivains, historiens et simples soldats racontent, à leur manière, cette journée mémorable du 6 juin et les trois mois d\u2019enfer que furent la campagne, tant pour les militaires des VOIR PAGE I) 2: DÉBARQUEMENT imf/ \u2022 m w æi ütC .v\\ fi m * » % LIBERTE 213 JUIN 1994 6,00$ 232 PAGES Onze poètes italiens TRADUITS PAR DES POÈTES QUÉBÉCOIS.Une anthologie de la poésie ITALIENNE D\u2019AUJOURD\u2019HUI.Un autre numéro de Liberté à conserver.En vente chez votre libraire I.K It K V 0 I II , I.K S S A M K l> I I K T I» I M A X ( Il F .1\t.1 |I I X I It II I i \\t h no Atifc- V II E S DEBARQUEMENT Récits directs sur la vicissitude du combat SUITE I)E LA PAGE D 1 deux côtés que pour les civils français.Tout commence dans la nuit du 5 au li juin lorsque «doucement tout doucement, un demi-million d'hommes naviguent a la rencontre d'une aube écarlate\", écrit dans son journal le père Raymond Hickt 1 une des figures marquantes de la participation canadienne à la bataille.I e témoignage de Hickey et de dizaines d'autres soldats canadiens ainsi qu'une impressionnante d0CU mentation ont servi à trois historiens de la Défense nationale pour la rédaction de Normandie 1944.1/été canadien.Ia* récit est passionnant et la traduction française» élégante et impeccable.A cela, il faut ajouter les expériences personnelles et poignantes de deux militaires, le pilote Monty Berger et le fantassin Charly Forbes.Des récits francs et directs qui en disent longs sur les vicissitudes du combat.Lorsqu\u2019elles débarquent sur les plages de Normandie, les forces alliées connaissent bien les positions de l'ennemi mais ont toujours à l\u2019esprit la catastrophe de Dieppe survenue deux ans plus tôt.Pourtant, les Allemands ne profitent pas de leur situation défensive.Ils vont reculer et concentrer leurs efforts plus au nord, près du Pas-de-Calais, là où ils pensent que le vrai débarquement aura lieu.Ce sera une erreur fatale.En une journée, les alliés débarquent 150 000 hommes.La brèche est ouverte et plus de 2 millions de soldats avec armes et bagages vont s\u2019y engouffrer au cours des pro- chaines semaines.Cette incroyable percée, qui aurait pu tourner à la catastrophe en raison des conditions météorologiques par exemple, fait écrire aux auteurs de Normandie 1944.L\u2019été canadien, que -le triomphe des opérations combinées alliées témoigne d'un désastre tout aussi impressionnant du côté des opérations combinées des Allemands».Une conclusion que ne conteste pas John Keegan, le plus grand historien militaire vivant, dans Six armées en Normandie.Avec le talent et l\u2019érudition qu'on lui connaît, Keegan raconte dans ses moindres détails, l\u2019action des troupes allemandes, américaines, françaises, britanniques, canadiennes et polonaises pendant cet été crucial.Rien ne lui échappe: ni le déroulement des operations, ni les passions politiques, ni les rivalités personnelles et encore moins les souffrances des soldats et des civils.Car la bataille de Normandie, ce n\u2019est pas seulement une prouesse logistique ou les grands faits d\u2019armes des généraux.C\u2019est avant tout le combat quotidien de centaines de milliers de soldats, la terreur sur le champ de bataille, la bravoure et la lâcheté, l\u2019angoisse des populations bombardées et parfois sommairement exécutées.Longtemps ignorées par la grande histoire, les souffrances des civils français ont été impitoyables.Ainsi, on se demande encore aujourd\u2019hui pourquoi les Alliés ont du raser la ville de Caen pour la prendre.Coquart et Huet dans Le jour le plus fou jettent une lumière crue sur ces «heures démentes qui RENAÜD-BRAY 5219, chemin de la Côte-des-Neiges 342-1515 SAMEDI 4 JUIN ET DIMANCHE 5 JUIN de 10 h 00 à 18 h 00 ( en cas de pluie, aura lieu les 11 et 12 juin) annonçaient la liberté» et que vécurent péniblement mais sans amertume les civils.Ht lecture de l'histoire de la ba- taille de Normandie ne aérait pat complète si on ne plonge pas a la découverte des trois classiques que rééditent les Editions Robert Laf-font.Le lecteur serait avisé de commencer par ces chefs-d'œuvre du journalisme historique qui restent encore aujourd\u2019hui inégalés, tant dans la narration des faits que dans le récit haletante de la bataille.Mais en fait, ce qui est important dans cette aventure livresque pour comprendre un moment-clé de l\u2019Histoire c\u2019est, comme pour un débarquement ou une bataille, de se rendre jusqu'au bout.NORMANDIE 1944.L'ÉTÉ CANADIEN Bill McAndrew, Donald E.Graves et Michael Whitby Éditions Art Global, Montréal, 1994, 161 pages SIX ARMÉES EN NORMANDIE John Keegan Éditions Albin Michel, 1994,386 pages NORMANDIE 1944 François Bédarida et autres Éditions Albin Michel, 1987,320 pages IA LIBÉRATION.HISTOIRE OFFICIELLE AMÉRICAINE Martin Blumenson Éditions Charles Corlet, 1993,1003 pages BLOODY VICTORY.CANADIANS AND THE D-DAY CAMPAIGN 1944 J.L Granatstein et Desmond Morton Lester Publishing Limited, 1994,240 pages LE JOUR LE PIUS FOU.6 JUIN 1944, LES CIVILS DANS LA TOURMENTE Elizabeth Coquart et Philippe Huet Editions Albin Michel, 1994, 294 pages FANTASSIN POUR MON PAYS, LA GLOIRE El.DES PRUNES Charly Forbes Éditions du Septentrion, 1994,451 pages INVASIONS WITHOUT TEARS Monty Gerger et Brian Jeffrey Street Random House of Canada, 1994, 234 pages L\u2019ATLAS DU DÉBARQUEMENT ET DE LA BATAILLE DE NORMANDIE 6 juin-24 août 1944 John Man Éditions Autrement, 1994,140 pages J'AI DÉBARQUÉ LE 6 JUIN 1944 Gwenn-Aël Bolloré Éditions Cherche Midi, 1994,240 pages 1944, LA LIBÉRATION Pierre Miquel Éditions Complexe, 1994,240 pages LE JOUR LE PLUS LONG Cornelius Ryan Éditions Robert Laffont, Réédition, 1994,275 pages ILS ARRIVENTI SIE KOMMENt Paul Carell Éditions Robert Laffont, Réédition, 1994,328 pages PARIS BRULE-T-IL?Dominique Ixipierre et Ixirry Collins Éditions Robert Ixiffonl, Réédition, 1994,462pages OVERLORD 6 JUIN 1944- LA LIBERTÉ Bandes dessinées Serge Saint-Michel Illustrations: Mister Kit 1994,80 pages 6 JUIN 1944 LE DÉBARQUEMENT EN NORMANDIE Anthony Kemp Découvertes Gallimard, 194 pages JOURNAUX DE GUERRE FANTASSIN pour mon pays, la Charly Fanées F A N T A S SIM pour mon pnyt», ta plaira et.de* promt*;.b&îéékél ¦ ê/'.~ fl \\W§ il gloire et.des prunes Charly Forbes Charly Forbes raconte la vie d\u2019un fantassin avec toute la passion de celui qui a accepté d\u2019en faire le sacrifice.C\u2019est le militaire de carrière qui parle à coeur ouvert de la plus grande bêtise humaine, qui se confie en souvenir de ses camarades du Régiment de Maisonneuve et du Royal 22e Régiment.|j 456 pages, illustre, 29$ W H Journal d'un privons!or do ouurre *u Japon DU SALPÊTRE DANS LE GRUAU Ph Georges Verreault JOURNAL D\u2019UN W PRISONNIER DE GUERRE AU JAPON 1941-1945 00\tJ1S pages, illustré, 25$ Les éditions du Septentrion.1300, ,«v.Maguire, Sillery (Québec) GIT 1Z3 \u2022 Télécopieur: (418) 527-4978 Gabriel Taschereau DU SALPÊTRE DANS LE GRUAU Souvenirs d\u2019escadrille \u2022 1939-1945 346 pages, illustré, 27,5(1$ Marc de Smedt MARC DE SMEDT _a Porte du bon sens dans la quête du sens ¦ ALBIN MICHEL Un manuel de sagesse pratique pour un temps de ^ pères confusion et d\u2019intolérance L \u2019esprit d\u2019éveil du Désert Marc de Smedt >,V > La clarté intérieure lib>r< Albin Michel Alhin Michel Spiritualités LAROUSSE Un travail de bénédictin SUITE DK I.A PAGE I) 1 tant, préférant lui faire rappeler les principales étapes de la fabrication d\u2019un dictionnaire.«Il s\u2019agit d\u2019une remise à jour annuelle des données que nous colligeons et répertorions depuis près de cent ans.Un travail quasi routinier en temps normal pour notre équipe.Mais depuis les récents bouleversements géopolitiques dans le monde, cela exige évidemment une recherche et une attention tout à fait particulières et nos rédacteurs, graphistes, illustrateurs, cartographes doivent tenir compte de ces phénomènes.«Ainsi, poursuit notre interlocuteur, la cuvée de 1995 a nécessité un travail encore plus rigoureux puisque nous avons revu et corrigé toutes les données démographiques de chacun des 191 pays du monde, selon une compilation détaillée des recensements recueillis.Cela sans compter l\u2019ajout des québécismes et néologismes des autres pays francophones, des locutions et mots nou- veaux qui doivent selon le fondateur Pierre Larousse «instruire tout le monde sur toutes choses».» Si une mise à jour annuelle constitue un travail de bénédictin pour toute l\u2019équipe I-arousse et leurs collaborateurs et conseillers à l\u2019étranger \u2014 l\u2019historien et éditeur Denis Vau-geois pour le Québec \u2014 on peut imaginer ce que sera la prochaine refonte complete effectuée à chaque huit ou dix ans, la dernière remontant à 1989.Aussi inutile de dire que l\u2019on accueille-t-on avec respect et sympathie chez Larousse le projet de loi portant sur la protection de la langue-française que le ministre de la Culture Jacques Toubon défend farouchement.«Notre langue est un patrimoine que nous devons conserver, enrichir, améliorer sans cesse, soutient François Demay.Nous devons être vigilant et lutter contre les anglicismes ou toute distorsion de la langue.Et notre travail consiste à trouver des mots pour tout dire.en français.» ESSAIS Q U É B É COIS Yvon Rivard, un romantique qui tente de se soigner LE B0U1 CASSE DE I0US LES CHEMINS Yvon Rivard, Boréal, colt.«Papiers collés», 214 p.LE RÉFORMISTE (TEXTES TRANQUILLES) Jacques Godbout, Boréal, coll.«Papiers collés», 263 p.Yvon Rivard et Jacques Godbout ont plusieurs points en commun: une carrière littéraire, une association de longue date à la revue Liberté, une maison à Outremont et une passion pour le tennis.Les deux sont des amis de François Ricard qui dirige la collection «Papiers collés» chez Boréal.Mais la comparaison s\u2019arrête là.Godbout est un romancier établi et un essayiste patenté, un intellectuel à tout crin qui manie la plume et la caméra avec une dextérité toute calculée.Au crépuscule d\u2019une carrière bien remplie, les vannes du recyclage se sont ouvertes.Côté roman, François Galar-neau a constaté, vingt-cinq ans plus tard, qu\u2019il y avait tout de même une vie après lVmmurement».Côté essai, cest le retour du Réformiste.Paru pour la première fois en 1975, ce recueil rassemble des articles écrits entre dans les années soixante et au début de la décennie suivante, c\u2019est-à-dire en pleine Révolution tranquille dont Godbout lui-même fut un des acteurs émérites,.ne serait-ce que par son implication dans la fondation du Mouvement laïque aux côtés de Jean Paré.Pourquoi les publier à nouveau ces textes aujourd\u2019hui?Parce que dans un sens rien n\u2019a changé au pays du Québec, comme en témoigne l\u2019embrouillamini actuel à propos de la Loi 107 et de la Réforme scolaire sur file de Montréal.Et puis aussi, parce que les flèches ont fusé de toutes parts récemment et qu\u2019on a reproché à Godbout de faire souffler sur notre érable national un léger vent de droite.La réponse de Godbout?Plutôt sèche et lapidaire, à la limite de l\u2019ar-rogance, elle tient dans un avant-propos de deux pages où ljiuteur de Salut Galarneau! et de l\u2019Écran du bonheur se contente de renvoyer ses détracteurs aux textes du Réformiste, tout en rappelant que le réformiste, c\u2019est le révolutionnaire de personne, «c\u2019est celui qui accepte, avec volupté, de nager à contre-courant de tous les dogmatismes.» Voilà, pour la modestie, on pourra toujours repasser.Les thèmes et les préoccupations i parfois à o j Liiu,l* wua v.e Jacques Godbout, mais l\u2019attitude est toute autre.Bien sûr, il est question dans les textes du Bout cassé de tous les chemins des rapports de la littérature à la réalité, sensible, sociale ou politique, c\u2019est un trait de génération.Mais ici, la pensée est vue en marche, elle reste volontairement inachevée et c\u2019est ce qui lui donne ses qualités.littéraires.Au je-n\u2019ai-pas-à-me-défendre de Godbout, répond le je-suis-un-roman- LIBRAIRIE HERMÈS T5h?22hJ 362 jours par annee 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tél.:274-3669 télec.: 274-3660 ROBERT S A L E T T I ?tique-qui-tente-de-se-soigner de Rivard.En fait, il y a deux Yvon Rivard.Il y a le Rivard philosophe et germanophile, proche de Rilke et de Hand-ke; c\u2019est le styliste, l\u2019écrivain romantique de Mort et Naissance de Christophe Ulric, qui doit autant à Blan-chot qu\u2019à Aquin et pour qui «les mots humiliés font des blessures plus profondes que tous les couteaux de l\u2019Andalousie».Et il y a le Rivard qui regarde en arrière et qui questionne son parcours, qui a perdu de son assurance formaliste et qui constate qu\u2019au fond, les écrivains ne parlent que d\u2019eux-mêmes même si c\u2019est de manière détournée.Ou mieux encore, que les écrivains arrivent à parler d\u2019eux-mêmes mieux que les autres parce qu\u2019ils le font de manière détournée.\t'O Plus écrivain qu\u2019essayiste, plus guide que critique, Yvon Rivard résiste pour ainsi dire à l\u2019intelligence et préfère faire jouer sa sensibilité.Sensibilité aux mots, aux images, aux souvenirs et à la mort, et sensibilité au jeu, aux gestes et au réel.La disposition de son bureau, son rituel d\u2019écriture, son enfance rurale, sa passion de jeunesse pour le hockéy et le tennis deviennent alors, tout autant que les livres, les grands aù-teurs et les citations, des tremplins vers un indéfinissable équilibre entre le «je» et le monde, vers une résolution bien sûr partielle de l\u2019énigme de la vie.Le recueil se clôt sur un texte très récent et très révélateur, intitulé «le Voyage du petit érable rouge».Y est raconté un de ces moments de joie intense qui, survenant de manière inopinée, traversent toutes les couches de notre être et marquent à jamais notre vie.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un jeune homme qui porte seul à l\u2019aube sous les pins parasols d\u2019un terrain de camping de la Nouvelle-Angleterre deux cruches remplies d\u2019eau et qui, entre la brise légère qui vient de la mer et le poids de l\u2019eau qui tend ses bras vers le sol, «redevient un enfant [et] reçoit le monde comme la promesse d\u2019un samedi matin».Ce récit débouche sur un texte de Thoreau qui décrit comment, en se rapprochant du ciel sans s\u2019éloigner de la terre, un petit érable rouge a accompli son destin d\u2019arbre.Si quelqu\u2019un connaît la référence de ce texte aussi simple que profond du poète américain, vous seriez gentil de me donner l\u2019information.Dans son avant-propos au Réformiste, Jacques Godbout inscrit sa pensée et son action dans la forme de l\u2019itinéraire, de ce qui bouge: «Baptisé, catholique, libéral, fédéraliste et bilingue (.), je suis devenu à travers les ans agnostique, laïque, socialiste, indépendantiste et en faveur des territoires unilingues», rappelle-t-il.Le problème, c\u2019est que contrairement à ce qui se passe dans le Bout cassé de tous les chemins (titre emprunté à Saint-Denys-Gameau), le lecteur, s\u2019il peut comprendre ce trajet, arrive difficilement à le sentir.Chez Rivard, c\u2019est le contraire, la tension est extrême entre le poids des mots et celui des choses, et dans cette tension s\u2019élabore une sensibilité littéraire de premier plan.I,\u2019écrivain ne saurait avoir d\u2019autre pouvoir que celui de consentir et de résister à tous les pouvoirs, comme il est dit à la page 194.Y compris le pouvoir de dire «je».\t. I.K |> K V 0 I II .I.K S S A M K IM I K T P I M A X l II K .1\t.1 I' I X I II H I l) :l T R U F O MISTO Polar maintient le cap Bove Story POLAR No 12 200pages Rivages Crise ou pas crise, Polar maintient admirablement le cap.Polar, c'est relit' revue fondée il y a trois ans de cela par François Gué-i'il.patron de Rivages/Noir comme il est «big boss» de Rivage/Thriller, celle-ci étant la filiale de celle-là.Pour mener à bien cette aventure, Guérif s\u2019est acoquiné avec Michel Lebrun.Lebrun est le propriétaire comme le gardien d\u2019une bibliothèque comptant environ 60 000 titres.Dire cela, c\u2019est vrai que ça fait un tantinet comptable.Mais dire cela suppose que notre homme sur le polar connaît tous les usages.Les anciens comme les modernes.Lebrun est l\u2019érudit du genre.Du polar, ce barbu oulipien n\u2019en est pas le pape, comme on dit béate-ment, mais bien son éminence noire.Pour concocter trimestriellement cette revue à nulle autre pareille, le duo Guérif-Lebrun s\u2019est associé un petit malin, Stéphane Bourgoin, un balzacien, Alain Demouzon, un bourreau de travail, Jean-Pierre Deloux, un «finfino», Eric Libiot, et une légende en la personne de Jean-Patrick Manchette.Après avoir confectionné des numéros admirables pour souligner la manière Hillerman comme la personnalité de Ellroy sans oublier We-tering, James Lee Burke, et le fait que l\u2019alcool tue, Polar nous propose aujourd\u2019hui le numéro douzième de sa collection.Comme à l\u2019accoutumée, il y a un dossier.Cette fois-ci, c\u2019est Joseph Hansen, l\u2019auteur de la saga animée par Dave Brandstetter, qui est à l\u2019honneur.Hansen étant vieux, il a mis un terme à sa saga.Reste que, ce Brandstetter, est-il mort oui ou.?«Je laisse aux lecteurs le soin de décider eux-mêmes si Dave Brandstetter est mort ou non à la fin de Un pays de vieux.Après tout, il a été un compagnon de route pour tout individu ayant suivi ses aventures au fil des années, aussi n\u2019ai-je pas voulu attrister quiconque qui préférerait penser que Dave est toujours vivant.Les lecteurs les plus endurcis accepteraient, je l\u2019espère, l\u2019idée de sa mort comme inévitable - ce que nous devons tous faire dans la vie réelle.«J\u2019ai véritablement ressenti, ayant moi-même soixante-dix ans, que poursuivre sa carrière allait devenir physiquement improbable, et puisque j\u2019avais consacré cette série à la fidélité en la vie, j\u2019ai senti que le temps était venu, pour elle et pour Dave, d\u2019y mettre fin.» Et voilà pour Hansen.Comme toujours, ce numéro douzième de Polar comprend la chronique On dirait du veau par Wolfgang-Amadeus Polar qui, une fois encore, vient de lever un sacré lièvre.Qu\u2019on y songe.Wolfgang lit une prétendue nouveauté de la collection Le Masque, «longtemps confite dans la gestion d\u2019Agatha Christie et d\u2019Ex-brayat», intitulée Sous l\u2019épée de Damoclès et signée Valérie Saint-Clair.Il lit.Et il se dit: je l\u2019ai déjà lu ce bouquin! «Pas con, le Wolfgang se dit qu\u2019il a été eu, que le Masque sous copyright 93 lui a refilé une réédition sournoise.Et c\u2019est bien le cas, le bouquin ayant déjà paru chez De-noël en.1980!» «Pour être encore plus certains de ne pas être découverts, ils ont changé le nom de l\u2019auteur! Récapitulons pour ceux qui dormaient: L\u2019épée de Damoclès, signé Valérie Saint-Clair, Masque, 1993, n\u2019est autre que le texte quasi intégral de N\u2019éveillez pas Satan de Yves barrée, Denoël, 1980!» Attendez, c\u2019est pas tout! «Lebrun, vous connaissez.Le rat du polar, connaît tout par cœur, dates, chiffres, âge du capitaine.Il me cite des nouvelles de Barrée, son autre bouquin chez Denoël, Sans armes ni bagages, bref la totale.Il m\u2019apprend que ce romancier d\u2019avenir est mort dans les années 80.» Attendez, c\u2019est pas fini! «Je vous dis pas le plus marrant! Sur la page (Je garde, Valérie Saint-Plette a écrit: A mon fils Pascal, qui m\u2019a inspiré le titre de ce roman.Sic.Or, le titre, c\u2019est la seule phrase originale du bouquin.Je propose pour cette romancière le Prix du suspense français, catégorie J\u2019écris un bouquin sans trop me fatiguer.» Il y a la chronique à Wolfgang, le dossier sur Hansen, et il y a également une nouvelle inédite de Pierre Siniac, le dictionnaire du mystère par Guérif, les notes noires de Jean-Patrick Manchette ainsi que les actualités du polar au cours des trois deçniers mois.A l\u2019instar des numéros antérieurs, ce numéro douzième est un régal qui vaut bien deux romans.\u2022 i * \u2022 Mill ¦ OOltllt: JO II F H H AN II M ¦ ¦ r uniac lovtnuueioirouta mtr MAMCMitri ; noiii now» ¦ ¦ AHWD lllll : JOUtMAl imtlAMtt ¦ LA VIE COHHE UNE OHIRE Emmanuel Bove Raymond Cousse et Jean-Luc Bitton l'niai t1 ,lt Peter llandkt Le Castor Astral, 366 pages Tout chez Emmanuel Bove est triste et fantasmatique, c\u2019est comme du burlesque noir: la vie comme l\u2019œuvre, la famille éclatée et la plume maniaque, le ton et le style, le monde réel et fictionnel, tout.Bove est un bloc de mélancolie bizarre.C\u2019est un romancier né, un homme fait pour écrire.Un «bon qu\u2019à ça», comme dit Beckett qui fut l\u2019un de ses admirateurs.D\u2019abord que je vous présente cet écrivain si peu connu; Bove est «le plus grand des auteurs français méconnus» comme se plaisent a le redire les chroniqueurs à chaque réédition \u2014 mort en 1945, oublié durant 30 ans, Bove fut réédité en 1977, puis en 1983, et maintenant voilà l\u2019inespérée biographie près de 50 ans après sa mort \u2014 pour célébrer l\u2019étrange prose sombre et précise de l\u2019auteur de Mes amis, du Beau-Jils ou de La Dernière nuit, chefs-d\u2019œuvre parmi la trentaine de titres qu\u2019il a laissés.Ne le cherchez pas dans les dictionnaires, où il est ignoré par quelque bêtise régnante.Emmanuel Bove est un SDF de la littérature; c\u2019est assez étrange de remarquer qu\u2019il en est des dictionnaires comme il en a été des appartements qu\u2019il a habités et d\u2019où il déménageait à la cloche de bois.Cet homme a connu mille maisons.Il ne s\u2019est fixé nulle part, non plus après sa mort.Bove l\u2019unique.Je l\u2019ai découvert il n\u2019y a que sept ans.Le connaissant de nom et de réputation pour avoir croisé commentaires ou témoignages sur lui dans les journaux ou biographies d\u2019autres écrivains, ce n\u2019est qu\u2019en 1987 que je lus mon premier Bove, expérience marquante, c\u2019était La Dernière nuit que reprenait alors les éditions du Castor Astral (qui viennent de rééditer ce titre en 1993).Lire son premier Bove est une chose que je souhaite à tous mes lecteurs.C\u2019est l\u2019entrée dans un univers unique, dans un labyrinthe exceptionnellement dense.( ette Dt mu tt nuit c\u2019esi celle d'Arnold, type même du héros bo* vien, qui dans une chambre obscure d\u2019un hôtel de Montmartre planifie son suicide, allant jusqu\u2019à feindre de plaisanter en allumant sa dernière cigarette.Ecriture envoûtante, style précis, il y a chez Bove, pour vous indiquer un peu, la rencontre d\u2019un Simenon et d'un Kafka.Il est de ces rares écrivains dont on ne peut se détacher une fois qu'on les découvre, comme Tchékhov, Céline, comme Herman Hesse ou Thomas Bernhard.Pour les boviens c\u2019est l\u2019événement cette année que la publication de la première biographie de cet être plus que secret, de cet homme qui brouilla ses pistes et vécut en nomade dans Paris, transformant sa vie dans une œuvre étrangère à sa personne et pourtant si proche de sa misère.Raymond Cousse a entrepris ce travail de biographe grâce à sa découverte du seul frère de Bove, Léon, en 1982.Il avait 80 ans.Personnage bovien par excellence, Léon Bobovnikoff (ils étaient de descendance russe par leur père, leur mère était Luxembourgeoise) a vécu avec sa mère jusqu\u2019à la mort de celle-ci.Tous les deux vivotaient avec les Ne cherchez pas Emmanuel Bove dans les dictionnaires, où il est ignoré par quelque bêtise régnante.K O H K K T LÉVESQ U K ?mandats que Bove pouvait leur faire parvenir lorsque sa carrière d\u2019écrivain prit un certain envol dans les années 20 et 30.Léon Bobovnikoff, incapable du moindre travail, bougon et jaloux, avait tenu durant les années 30 le journal de sa mère, consignant dans le détail ses mémoires, remarques, et les déplacements constants du couple assez soudé mère-fils, registre d\u2019une centaine de pages dans lequel Cousse a trouvé une mine de renseignements (et de critiques acerbes) sur les années d\u2019errance et de jeunesse, et puis celles d\u2019écrivain reconnu, d\u2019Emmanuel Bove.Cousse, lui-même écrivain \u2014 il est venu il y a 10 ans à Montréal présenter sa pièce la plus connue, Stratégie pour deux jambons \u2014 avait une grande admiration pour Bove, mais il s\u2019est suicidé avant d\u2019avoir terminé son travail et la biographie est achevée par Jean-Luc Bitton à partir des notes de Cousse et de plusieurs entretiens avec ceux qui ont connu Bove.On sait maintenant à quel point la famille Bobovnikoff, et l\u2019histoire d\u2019Emmanuel, sont si particulières.Le père, un juif miséreux venu de Kiev et traversant l\u2019Allemagne à pied, était arrivé en France en 1897.Il y rencontre Henriette Michels, une fille née au Luxembourg.C\u2019est une domestique qu\u2019il séduit entre deux services et c\u2019est ainsi qu\u2019est conçu Emmanuel en 1898.Faute de la marier, il place Henriette dans un refuge de filles-mères; séduite et abandonnée.Bobovnikoff, sans le sou mais d\u2019un naturel emberlifico-teur, va se faufiler entre deux vies deux familles, celle de la mère de ses enfants (Léon naîtra deux ans plus tard, la bonne étant re-séduite), et celle d'une liaison avec une Anglaise assez riche.Avec un costume de professeur (volé chez un tailleur), Emmanuel Bobovnikoff (il donna son prénom à son fils) faisait plastron en ville, et ses deux petits avec leur mère pouvaient être des mois sans nouvelles de lui dans des meublés non payés.Ainsi s\u2019installait un déséquilibre.Le pei r emmena, pour le faire vivre chez l\u2019Anglaise, son petit Emmanuel qui se prit d'alfection pour cette étrangère qui devint sa «belle-mère», alors qu\u2019il eut de plus en plus honte de sa mère naturelle, miséreuse et il faut le dire assez nigaude.Beau cas, rare, d\u2019un garçon qui va préférer sa belle-mère à sa mère.Ainsi s\u2019est fait Bove, se collant à l\u2019image débrouillarde de son père (qui n\u2019avait toutefois pas un sou à lui) qu\u2019il va reproduire dans le champ littéraire.Très vite il va savoir qu\u2019il veut devenir écrivain, c\u2019est en 1922 à Vienne qu\u2019il va se mettre à écrire.Il n\u2019arrêtera plus, écrivant des romans mais aussi des feuilletons pour les journaux, entre autres pour le Paris Soir du jeune Pierre Lazareff ou dans Détective chez Gallimard.De petits hôtels en minables garnis, sa mère et son frère vont s\u2019installer dans une totale dépendance face à lui, réclamant des mandats dès qu\u2019il publie, dès qu\u2019il fait parler de lui.Léon sera farouche, revanchard, dans ses demandes de traites.Toute sa vie, Emmanuel Bove, qui meurt à 47 ans, va devoir faire vivre ce duo dramatique qui dit crever de faim et le harcèle sans cesse.Emmanuel va leur céder ses sous, va souvent leur trouver des logis qu\u2019ils quitteront dès que l\u2019argent ne rentre plus.Le père avait fait la même chose avant lui, ordonnant à Henriette Michels et ses fils de se rendre à tel endroit où il leur a trouvé un refuge puis les intimant de le quitter parce qu\u2019il ne peut plus payer, etc.Une histoire épouvantable de nomades éberlués et rageurs.Lorsqu\u2019il écrira Les Amis, son premier chef-d\u2019œuvre, plusieurs personnalités de la république des lettres L E S PETITS BON H E U R.S Bienveillante utopie NOUVEAUX VOYAGES EN EREWHON Samuel Butler, Traduit de l\u2019anglais et préfacé par Valery Larbaud.Gallimard, l\u2019Étrangère Larbaud rappelle dans sa préface que la mort de Butler en 1902 passa presque inaperçue.Du moins du grand public.De jeunes écrivains reconnaissaient pourtant en lui un maître.Un maître bien étrange en réalité que l\u2019on ne pouvait suivre que si on tenait absolument à admirer quelqu\u2019un, tellement il est déroutant.On lit Samuel Butler comme on lit les écrivains français du XVlIIe.On trouve chez-lui beaucoup de la désinvolture de Diderot et de Voltaire.Larbaud avance que la meilleure préparation pour le traduire consiste à lire Montesquieu et Chamfort, sans oublier Fontanelle et Saint-Evremond.Ces Nouveaux voyages en Erewhon font suite à Erewhon.Qu\u2019est-ce qu\u2019Erewhon?Nowhere, c\u2019est à dire nulle part.Une contrée inventée par l\u2019auteur et qui n\u2019a aucun lien avec l\u2019étranger.Vingt-deux ans après avoir fui cette terre devenue inhospitalière, le narrateur d\u2019Erewhon y retourne.Il ne tardera pas à apprendre qu\u2019on le tient pour un Dieu.Son départ en ballon ayant été tenu pour GILLES ARCHAMBAULT ?une manifestation d\u2019une quelconque puissance divine.Le pays qu\u2019il retrouve n\u2019est pas pour autant invitant.Il finira par apprendre l\u2019existence de lois aussi cruelles que farfelues.L\u2019ignorance fait loi et il ne devra sa survie qu\u2019à une série de tours de passe-passe.L\u2019allégorie est réussie.Il est évident que Butler se livre à une satire du pouvoir social et de la religion.La croyance religieuse y est décrite comme le plus sûr des attrape-nigauds.L\u2019astuce de l\u2019auteur consiste souvent à détourner de sa signification première une proposition ou d\u2019en pervertir le sens.Ainsi parmi les paroles qu\u2019on lui attribue \u2014 puisqu\u2019il est tenu comme un Dieu \u2014 celle-ci: «Quand l\u2019homme vertueux se détourne de l\u2019acte vertueux qu\u2019il a com- mis, et qu\u2019il fait ce qui est un peu mal et mauvais, on s\u2019apercevra toujours qu\u2019il a gagné en amabilité ce qu\u2019il a perdu en vertu».L\u2019écriture du roman est débridée.Butler ne s\u2019interdit aucune licence.Là encore la liberté à la Diderot n\u2019est jamais loin.Alors que dans Erewhon c\u2019était le voyageur lui-même qui .nous narrait ses aventures, dans Nouveaux voyages en Erewhon, c\u2019est son fils John qui s\u2019en charge.La raison probable, c\u2019est la plus grande facilité que procurait à Butler l\u2019artifice du recours à un témoin supplémentaire.Il est évident qu\u2019on ne saurait prendre de l\u2019intérêt pour cette utopie que si on ne déteste pas suivre aveuglément un grand écrivain.Que Butler en soit un ne fait pour moi pas l\u2019ombre d\u2019un doute.On ne cesse pas d\u2019être ébloui tout au long de la lecture de ce roman bourré d\u2019invraisemblances, de clins d\u2019oeil malicieux, d\u2019imagination pure.«Je vois bien qu\u2019il est inutile d\u2019essayer de rendre les gens soit très malheureux, soit très heureux pendant longtemps.La douleur, quand elle ne tue pas tout de suite, consiste moins dans la souffrance actuelle que dans le souvenir encore récent d\u2019un temps où elle était moindre et dans la crainte qu\u2019elle n\u2019augmente encore bientôt; et, de même le bonheur consiste moins dans le plaisir immédiat que dans le vif souvenir d\u2019un temps moins agréable et dans le vif espoir d\u2019un temps encore plus agréable».Butler qui vint à la littérature sur le tard, lui préférant la peinture et les théories de l\u2019évolution, évoquait souvent la vie posthume des écrivains qu\u2019il considérait, nous dit Larbaud, comme leur vie véritable.Ces Nouveaux voyages en Erewhon qui parurent après sa mort sont pour les lecteurs que nous sommes un bien honorable legs.SAMUEL BUTLER NOUVEAUX V0YAG1 EN EREWHON CATHERINE ALLÉGRET souvenirs et les regrets aussi 29,95$ FIX0T et La vie aux côtés de deux monstres sacrés par Catherine Allégret «Je dois avoir quatre ans.Je suis seule avec ma mère dans le salon, nous attendons Alontand qui doit rentrer de voyage.Brusquement, j\u2019entends la porte d\u2019entrée qui se referme.Je me cache derrière un fauteuil.Montand entre.Il tient quelque chose derrière son dos.Est-ce un cadeau pour moi?Je me prépare à sortir de ma cachette pour lui faire la surprise de ma présence, mais je n\u2019en ai pas le temps.Déjà il enlace ma mère.Ils s\u2019embrassent.Et ce baiser dure.dure tant, qu\u2019il dure encore dans ma mémoire aujourd\u2019hui.Et moi, je n\u2019ose plus sortir, j\u2019ai peur de déranger.» vont reconnaître le talent de Bove.Parmi eux, étonnamment, Sacha Guitry qui publiera un éloge, mais aussi Philippe Soupault qui l'admirait sincèrement.Colette qui fut la première à le publier au Matin et qui ne le trouvait «pas bavard!», Iiautaud, Max Jacob, Emmanuel Bove et.ml de ces écrivains qui séduisent les écrivains.(Aujourd\u2019hui c\u2019est Peter Handke qui préface la biographie de Cousse et Bitton.Handke a traduit plusieurs romans de Bove en allemand, et ces livres se vendent plus en Allemagne qu\u2019ils ne se vendent dans leur langue originale en France.).Lorsqu\u2019éclate la guerre, Bove sera de ces rares écrivains, comme Jean Guéhenno, qui choisiront le silence éditorial.Il continue d'écrire, mais il se refuse à toute publication sous a|> probation de la Kommandantur de Paris.C'est pendant la guerre qu\u2019il sombre dans une maladie, la cachexie, conséquence des années*dé vache enragée.Le vieux Léon se souviendra des funérailles de son frère auprès de Raymond Cousse en 1980 et dira: «c\u2019était un petit cortège de rien du tout.Je me rappelle avoir pleuré, malgré tout je l\u2019aimais». I) I, K I) K V 0 I It .I.K S S A M KOI I Y T l> I M A N < Il Y.1\t.1 V I N I il II I I I\tV R\t IJ *\tV 11\tI.s Les jeunes et la politique: entre le faux-fuyant et le guet-apens Des porteurs de pancartes aux porteurs de projets JEUNESSES El POLITIQUE tome 1: conceptions de la politique en Amérique du Nord et en Europe, 550 pages, tique 2: mouvements et engagements depuis les années trente, 456 pages, sdûs la direction de Raymond Hudon et Bernard Fournier, Coédition Us Presses de l\u2019Université ! Uval et L'Harmattan, 1994,34$ chacun.; GILLES LESAGE : DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC 9 Le conservatisme présumément plus accentué des jeunes ne les distingue pas de leurs aînés; tout comme ces derniers, les jeunes Canadiens de moins de 30 ans sem-blént tendre à avoir un rapport «intéressé» à la politique.Cette conclusion se dégage d\u2019une étùde du professeur Jean Crête.Les jeijnes ne diffèrent pas tellement des autres groupes; ils agissent en fonction de leurs intérêts.Ils ont bien assimilé les valeurs de leurs aînés; le futur politique n\u2019en est pas pour autant prévisible parce que le contexte a Changé.Çe rapport d\u2019enquête n\u2019est que l\u2019un des trente chapitres et plus qui forment ces deux ouvrages collectifs foçt intéressants et significatifs.En quelque mille pages, politologues et chercheurs taillent en pièces, pro-prëment et systématiquement, les idées reçues et les préjugés selon lesquels, ici aussi bien qu\u2019ailleurs, les jeunes générations ne se préoccupent que d\u2019elles-mêmes et se désintéressent de la politique.Les de*ux codirecteurs font ressortir à juste titre la préoccupation commune\u2019 des nombreux auteurs: se tenir à distance des discours simplificateurs qui présentent la jeunesse sous les traits d\u2019une homogénéité effaçant sa pluralité concrète ou sous ceux d\u2019une spécificité l\u2019isolant des cou-rapts qui traversent les sociétés et qui, dans une bonne mesure, la for-mént L\u2019apparent immobilisme des jeunes des années quatre-vingt est donc trompeur, estime M.Crête, lorsque l\u2019on s\u2019interroge sur les conséquences à long terme de leur engagement politique.En fait, c\u2019est justement parce que les jeunes ont bièn assimilé les valeurs de leurs aînés, valeurs adaptées à une situation historique maintenant révolue, que les conséquences peuvent être aléatoires.Jean-H.Guay et Richard Nadeau suggèrent que l\u2019apparent affaiblissement de la politisation chez les jeunes tient à un projet de société moins éloigné du système politique, social et culturel déjà établi.La préoccupation des jeunes concernant le fait politique n\u2019a pas beaucoup changé, croient-ils, mais l\u2019orientation donnée à cette préoccupation a, quant à elle, subi des modifications.Par rapport aux revendications de la jeunes-se'de la fin des années soixante, cette Orientation ne porte pas un projet aussi radical; elle est moins contestataire de l'ordre social et du régime federal.C\u2019est sans doute pourquoi plusieurs concluent, a tort, selon les deux politologues, que les jeunes des années quatre-vingt ne sont plus aussi politisés que ceux d\u2019il y a 20 ans, Certes, les jeunes actuels ne sont pas tellement tournés vers les projets de vaste envergure.Ils sont davantage soucieux d\u2019entreprendre des actions plus sectorielles, moins ambitieuses qu\u2019à une autre époque, mais qui portent fruit plus directement.Ainsi, en vingt ans, on décèle une tendance très nette vers un matérialisme accru, chez les collégiens dits de l\u2019élite (Bré-beuf \u2014 fondé en 1928 et non en 1939, comme il est écrit en page 234 du premier tome \u2014 et André-Grasset, à Montréal); l\u2019argent est une donnée qui a gagné en importance, les questions matérielles sont beaucoup plus présentes.On se méfie des discours globalisants, l\u2019utopie semble avoir cédé le pas au réalisme.Cela signifie-t-il pour autant que les jeunes sont moins politisés, qu\u2019ils sont moins conscients?Les deux profs répondent par la négative.Répondre oui à cette question impliquerait une association douteuse et dangereuse du point de vue de la rigueur à observer dans l\u2019étude des faits sociopolitiques, croient-ils.Un projet de génération?Le nationalisme ne représente plus un projet de génération, concluent MM.Guay et Nadeau.Quasi inexistant avant les années soixante, du moins sous sa forme «moderne», le nationalisme québécois a été à ses tout débuts associé à l\u2019émergence d\u2019une génération.En ralliant le Parti québécois, la jeunesse des années soixante venait de trouver un véhicule exclusif, porteur de ses objectifs relatifs à la question nationale.Au fil du temps, avec le vieillissement de la cohorte des années soixante, le projet a donc progressivement perdu son caractère distinctif d\u2019idéologie-jeunesse.Dorénavant assumé par l\u2019ensemble de la société, il a perdu l\u2019essentiel de son attrait pour la nouvelle génération.Malgré les attaques répétées dont elle est la cible et le discrédit qui la frappe, note le professeur Hudon, la politique n\u2019est pas encore déclarée inutile.Au contraire, on lui réclame des programmes et on lui demande d\u2019être efficace.Au-delà de quelques vérités reçues, il subsiste donc bien un intérêt pour la politique.Tout d\u2019abord, bien simplement parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une activité qui autorise à réaliser ses intérêts en société.Mais encore, peut-être plus subtilement, parce qu\u2019elle institutionnalise et encadre Une fresque saisissante et décapante des jeunes à travers le monde L\u2019apparent immobilisme des jeunes des années quatre-vingt est trompeur w EST S EL LE R S LIBRAIRIE PANTOUTE ROMANS QUEBECOIS 1.LES QUAIRE SAISONS D'ISABELLE, de S.Chaput-Rolland - Éd.Libre Expression 2.L'ÉCUREUIL NOIR, de D.Poliquin - Éd.Boréal 3.TU NE ME DIS JAMAIS QUE JE SUIS BELLE, de G.Archambault - Éd.Boréal 4.LES PROPHÈTES, de S.Trudel - Éd.Quinze 4P' ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.LE TRICHEUR, de J.-F.Usée - Éd.Boréal 2.\tL'AMOUR ASSASSIN, de C.Olivier - Éd.Stanké 3.NOUVEAUX LIEUX COMMUNS, de Bouchard et Arcand - Éd.Boréal 4P' ROMANS ÉTRANGERS 1.L'APRÈS-MIDI BLEU, de W.Boyd - Éd.Seuil 2.LE PREMIER HOMME, de A.Camus - Éd.Gallimard 3.LA DOUANE DE MER, de J.D'Ormesson - Éd.Gallimard 4.MR VERTIGO, de P.Auster - Éd.Actes Sud 4P' ESSAIS ÉTRANGERS 1.\tLES FILS D'ORESTE, de C.Olivier - Éd.Flammarion 2.\tL'ART DE RÊVER, de C.Castaneda - Éd.Du Rocher 3.\tBÂTARDS DE VOLTAIRE, de J.Saul - Éd.Payot 4P' LIVRE JEUNESSE I.MON PROF EST UN EXTRATERRESTRE, de B.Coville - Éd.Kid Pocket 4P' LIVRES PRATIQUES .GUIDE DES FLEURS POUR LES JARDINS DU QUÉBEC, de B.Prieur - Éd.de l'Homme 2.QUÉBEC, UNE VILLE, de B.Gilbert et C.Huot - Éd.Empreinte 4P' COUPS DE COEUR 1.ACCUEILS, de C.Juliet - Éd.P.O.l.2.BALADE ENTRE LES TOMBES, de L.Block - Éd.Seuil tfOO rue Saint-Jean.Québec (Oc.) GIR ISS.Téléphone: (418) 694-9748 Télécopieur: (418) 694-0209 les démarches des acteurs en ce sens tout en permettant au plus grand nombre d\u2019optimiser le résultat de ses efforts.D\u2019un tel point de vue, on saisit les insuccès (l\u2019un discours économique à conjurer l'irrationalité de l\u2019action politique.On s\u2019intéresse à la politique quand elle tient compte de ses intérêts, ou pour qu\u2019elle en tienne compte, énoncent MM.Hudon et Benoit-Paul Hébert.Poser que la politique est une affaire d\u2019intérêts sous-entend une certaine réciprocité: se peut-il que les intérêts déclarés des jeunes trouvent peu de points d\u2019ancrage dans la politique?Se peut-il que les intérêts traditionnellement considérés par la politique ne correspondent pas exactement à ceux que les jeunes expriment?Qu\u2019on cherche à profiter des bons moments qu\u2019elle procure jusqu\u2019à la limite ou qu\u2019on trépigne dans l\u2019attente de l\u2019étape suivante, la jeunesse décrite aux deux chercheurs se définit sur le mode du provisoire et sur le fond contrastant que représente le monde adulte.Pourquoi devrait-elle s\u2019intéresser à la politique?Dans l\u2019immédiat, les jeunes semblent de toute façon condamnés à faire mauvaise figure sur ce terrain.De quoi les traiterait-on si, du jour au lendemain, ils envahissaient la scène politique en réclamant tout, et exclusivement pour eux?Se pourrait-il, en dernière analyse, qu\u2019ils se montrent tentés par quelque forme de faux-fuyant, parce qu\u2019ils pressentent le guet-apens?Grave et angoissante question.En présentant le tome deux, les deux codirecteurs notent que, même si elle a la vie dure, l\u2019utopie a basculé, brutalement bousculée par le réalisme.Ce qui semble d\u2019abord compter, c\u2019est ici et maintenant.La culture des jeunes le rappelle avec pertinence: l\u2019histoire, donc la possibilité de changement, n\u2019est pas orientée par des fins ultimes; ce qui compte, c\u2019est l\u2019aujourd\u2019hui.Les évolutions politiques des dernières années ont fait se raréfier les grandes manifestations de masse, au point d\u2019ailleurs que les porteurs de projets paraissent appelés à remplacer les porteurs de pancartes, selon Jacques Donzelot, mais dans une formule autre que celle de l\u2019appareil de masse qui groupe ses membres derrière une revendication.Les textes des professeurs et chercheurs québécois ne sont évidemment pas les seuls à faire surgir des instantanés inédits de la jeunesse, dégagés des clichés usuels.Même si leurs études nous touchent de plus près, les deux bouquins forment une fresque saisissante et décapante des jeunes à travers le monde.Enquêtes, sondages, statistiques, incitent à nuancer les jugements sommaires sur la jeunesse, aussi bien celle des décennies antérieures que la présente, ces baby-bommers que l\u2019on dit narcissiques, frivoles et utilitaristes à outrance.N\u2019ont-ils pas raison d\u2019être sceptiques et méfiants?Après tout, comme dit le professeur Hudon, s\u2019ils agacent beaucoup de monde, c\u2019est qu\u2019ils nous projettent une image de nous-mêmes.Ce «miroir grossissant de la société», selon la belle formule d\u2019Annick Percheron, est sans doute fort décevant.\u201eI T D I M\t\u2019 \u201e LA Vl 1 IÜN\tE DU LIVRE LE LIVRE DES ANGES I0UI CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR POUR EN DEVENIR UN Karen Goldman, Illustrations d\u2019Anthony D\u2019Agostino Traduit de l\u2019anglais par Michel Buttiens Editions Fides, 112 p., 19,95$ Karen Goldman vit à West Hollywood en Californie.Ses premières réflexions sur les anges lui furent inipliées par le fabuleux concert de Simon N Gnrtuukel a Central Park, New York, en 1981.Son Livre des anges fait des ravages aux Etats-Unis ou il se maintient sur la liste des best-sellers depuis un an.L\u2019éditeur Indes compare d'ailleurs ce livre a \\*\u2022 > jà> *i ! L\u2019île de Vancouver i* 1 * Entre Vancouver et le continent, le détroit de Géorgie arrose les zones les plus peuplées et les plus animées de la Colombie-Britannique, celles autour de Vancouver et de la très british capitale, Victoria.L\u2019accès par traversier prend plus ou moins deux heures selon qu\u2019on parte de Vancouver ou de Horseshoe Bay plus au nord.Ville de fonctionnaires, l\u2019insulaire Victoria est pour beaucoup de gens un refuge de calme et de tranquillité.Aü cœur de la ville, autour de la James Bay fleurie, on peut flâner en observant les bateaux.Tout autour de l\u2019île: encore des paysages naturels et de nombreux parcs dont le plus célèbre est sans doute celui des But-chart Gardens, qui s\u2019étend sur 14 hectares à 22 kilomètres de Victoria et qui attire depuis le début du siècle des hordes de visiteurs.Et puis Long Beach, entre les petits villages de pêcheurs Tofino et Ucluelet, s\u2019étend au pied des montagnes en une plage de sable fin longue de 11 kilomètres, un lieu exceptionnel \u2014 mais qui peut aussi s\u2019avérer dangereux \u2014 pour le surf.À LA DÉCOUVERTE DU Québec * MER ET MONTAGNES: la destination est toujours intéressante SUITE DE LA PAGE 1)10 Une bonne partie de ces jeunes voyageurs partaient non plus à la recherche de l\u2019or clans la vallée du fleuve Fraser sur la route du Klondike, comme d\u2019autres au XIXe siècle, mais ils allaient «faire» le tabac en Ontario puis les vergers et les vignes dans la vallée du lac Okanagan, la Californie canadienne au sud de la Colombie-Britannique.Au printemps, lorsque les arbres fruitiers sont en fleurs, le spectacle y est saisissant.Un climat tempéré grâce aux courants chauds du Pacifique et aux vents d\u2019ouest chargés d\u2019humidité, loin des hivers à 40° sous zéro et des écarts de température, l\u2019aventure tranquille d\u2019une province anglaise accueillante avait tout pour leur plaire.Certains, d\u2019ailleurs, n\u2019en sont jamais revenus.Si un tel mouvement de génération est dépassé, la destination n\u2019en demeure pas moins intéressante avec ses fabuleux paysages de carte postale.Pour une grande part, la côte prend un caractère sauvage, parsemée de criques, de récifs, d\u2019îlots et de fjords, plantée de la Chaîne Côtière qui vous dessine le panorama au moindre détour, atteignant plus de 4000 mètres au sommet.Les plages, privées ou publiques, abondent.Les inconditionnels de la mer y sont servis: la vie de tous les jours s\u2019anime sous ses yeux, omniprésente qu\u2019elle est dans le centre-ville de Vancouver comme dans les refuges les mieux cachés de la campagne.Quiconque travaille Downtown peut aller s\u2019y tremper les pieds à l\u2019heure du lunch ou de la pause-café.Si la Côte Ouest n\u2019a pas inventé le night life, elle s\u2019est constituée par contre en un véritable paradis du plein air.La villégiature, le nautisme, la pêche, en haute mer ou dans l\u2019une des nombreuses baies qui investissent la terre ferme, sont rois et maîtres.Son saumon rosé ou rougeâtre est reconnu dans le monde entier pour sa qualité.Un bain de nature dans un parc municipal comme le Stanley Park, en pleine ville, ou provincial comme Mount Seymour, planté de ces arbres géants typiques de la région, sur fond de montagnes parfois aux neiges éternelles, atteindra les plus désabusés.Plusieurs excursions sont possibles dans le rayon de Vancouver: Grouse Mountain, Capilano Canyon, Deep Cove.sans compter les nombreuses îles sauvages sur lesquelles on peut accoster et faire du camping.foi distance qui nous sépare de la Côte Ouest peut aussi s\u2019égrener en train, à une certaine époque le joyau des communications au Canada.Selon le Guide Michelin, la Colombie-Britannique n\u2019était entrée dans la Confédération, en 1871, qu\u2019à la condition expresse d\u2019être reliée à Mqntréal par chemin de fer avant 10 ans.Épargnons-nous la saga politique qu\u2019entraîna cette exigence pour s\u2019attarder au plaisir d\u2019observer, pendant quatre jours, les petits villages borduriers qui défilent dans la fenêtre, confortablement installé dans sa cham-brette ou au wagon-restaurant en se laissant bercer par le ronron du train.Et les tunnels dans les Rocheuses qui font une scène inoubliable.On se prend à imaginer les exploits qu\u2019a dû exiger la construction de cette ligne, avec les moyens de l\u2019époque, pour traverser des gorges profondes, malgré les crues et les éboulements meurtriers.D\u2019autres préféreront prendre l\u2019avion jusqu\u2019à Calgary, puis ensuite louer une voiture et rouler jusqu\u2019à la mer, s\u2019assurant ainsi d\u2019éviter le trajet le plus long et peut-être le moins glamour, tout en ne manquant rien du spectacle des Rocheuses.L\u2019autre spectacle étrange de la Côte Ouest canadienne, ce sont les totems qui le donnent, ces troncs sculptés aux visages d\u2019aigles, d\u2019ours et d\u2019autres figures mythiques érigés partout, souvent des copies d\u2019originaux rongés par le temps.Avant l\u2019arrivée des Blancs, les tribus indiennes ignorant l\u2019écriture, le moindre contrat de mariage ou de vente était sculpté dans un totem.C\u2019est à George Vancouver qu\u2019il revient d\u2019avoir affirmé en 1790 l\u2019autorité britannique sur les côtes et les îles dont celle qui porte son nom, après les expéditions des Francis Dake, Juan Perez et James Cook.Ces grands aventuriers ne se doutaient certainement pas que leurs péripéties de voyage allaient contribuer à créer l\u2019une des plus bejles régions de toute la Côte Ouest, y compris celle des États-Unis.Renseignements: Discover British Columbia, 1-800-663-6000./ Quëbet Pour plus d\u2019informations: (314)252-3138 Gîtes du passant\"0 Gîtes à la ferme Maisons de campagne Pour vos vacances ou une escapade de fin de semaine, faites connaissance avec l'hospitalité québécoise où l'accueil de vos hôtes devient une douce amitié.Chaque maison est visitée par la fédération des flgricotours du Québec et doit répondre à des standards de qualité.CP: Cite du Passant I service Bed and Breakfast (5 chambres et moins).CF: Cite à la Ferme / chambre d'hôte et demi-pension ou pension complète.MC: Maison de campagne / chalet ou maison de ferme tout équipés.Coeur-du-Québec Gîte de la Seigneurie Louiseville.Forfait : souper/coucher/ déjeuner/visite de la ferme/pique-nique chutes Sainte-Ursule.55 $ et plus p.p.occ.double 819-228-8224 CHARLEVOIX Au Clocheton à Baie St-Paul.Résidence victorienne, 4 ch., 1 avec s.de b.privée (3 avec lavabo), copieux déjeuner, atmosphère familiale, GP 50 à 75 $ / 2 pers.418-435-5595 Québec\t-\u2014 Gîte du Notaire.55 min.Québec, village tricentenaire.Tranquillité et romantisme des «Belles d\u2019autrefois».Celle du notaire offre le luxe du style victorien, salon de #tjï£, costumes et ambiance d\u2019époque.Prix abordable.(418) 285-5492 Mlle Bernard.\u2022 « \u2022 M» « » ?QUÉBEC (MONT SAINTE-ANNE)- - Très belles maisons de campagne à louer (ancestrales ou modernes).À 30 min.de Québec, 2 à 5 ch.à coucher.Bain tourbillon ou sauna et foyer.Cuisine bien équipée.Golf, vélo montagne, piscine, chutes et rivières .Gilles Éthier, en soirée: 1-800-461-2050.CAFÉ COUETTE MONTÉRÉGIE Le long de l'eau.BôcB 40 min.de MU sur Richelieu large et sauvage: I.'évasion.Plus croisière, Fort l-cnnox, 75 $ 2 pers.(514j 291-5900 Saint-Paul-de-l1le-aux-Nolx.\u2022 « FORTE PERSONNALITE SUITE DE LA PAGE DI O Le circuit du Howe Sound La route de Squamish, au,fond du Howe Sound, fjord d\u2019une absolue beauté.A ne pas rater.Au-delà du Lion Gate Bridge, suivre vers l\u2019ouest Marine Drive qui colle à la mer: vues remarquables sur le çentre-ville et les voiliers qui dansent dans la baie.A Horseshoe Bay, là où partent des traversiers vers File de Vancouver, continuer sur la route 99: nombreuses haltes routières et visite des chutes Shannon et du musée minier de Colombie-Britannique.Quelques restaurants Rien de tel que le palais pour vérifier les airs \u2014-cosmopolites ou autres \u2014 d\u2019une ville.¦\tVilla del Lupo, 869 Hamilton St.; ¦\tJoe Fortes Seafood House (poissons et fruits de mer), 777 Thurlow St.; ¦\tKakiemon (cuisine japonaise), 811 Thurlow St; ¦\tRaintree (WestCoast), 1630 Alberni St.; ¦\tWalker Street Cafe (poissons frais), 300 Water SL; ¦\tDelilah\u2019s (funky cuisine \u2014 bienvenue aux traductions.\u2014 et martinis fantaisistes), 1960.Mieux vaut arriver tôt; ¦\tSur Commercial St.: Calabria Cafe et autres endroits similaires dans la Little Italy de Vancouver; sandwichs, capuccinos et atmosphère mi-européenne, mi-bohème; ¦\tBistro Bistro, dans Gastown: cuisine WestCoast, murs ocres et rouges, poutres apparentes, quelques tables en terrasse et serveurs québécois; ¦\tLes restaurants et boui-bouis du Chinatown.Deux musées ¦\tMusée d\u2019Anthropologie: fondé en 1947, il est le plus important musée attaché à une université.Le concepteur de son lieu actuel, Arthur Erickson, s\u2019est inspiré des structures d\u2019habitations des Amérindiens de la Côte du Nord-Ouest.Sa collections d\u2019artefacts (objets de la vie courante, bijoux, totems, barques, sculptures, céramiques, etc.) est d\u2019une grande richesse: une magnifique introduction à cet univers.Frais d\u2019entrée.Renseignements: Musée d\u2019Anthropologie, University of British Columbia (UBC), 6393 NW Marine Drive, Vancouver, B.C.V6T1Z2, (604) 822-3825.¦\tVancouver Art Gallery: logé dans un bel édifice en diagonale avec l\u2019Hôtel Vancouver, ce musée se voue principalement à la peinture et accorde une grande importance aux artistes locaux et cana- diens; une partie du troisième étage est ainsi consacrée à Emily Carr qui parcourut toute la province à la recherche d\u2019inspiration.Une exposition, fort intéressante, a pour thème Contemporary Approaches to the Landscape: oeuvres d\u2019Emily Carr et de représentants du Groupe des Sept mais surtout d\u2019artistes inuit (Pitseolak Ashoona, Etidloovie Etidloovie, et.) ou encore actifs Oeff Wall, Ian Wallace, Guthie Falk, etc.) qui utilisent abondamment photos et collages.A admirer en particulier Panorama de Rodney Graham.Frais d\u2019entrée: 5 $ (adultes) et 2,50 $ (étudiants et personnes âgées).Renseignements: Vancouver Art Gallery, 750 Hornby Street, Vancouver, B.C.V6Z 2H7, (604) 682-5621.Quelques coups de pédales Cossus et aisés, beaucoup de quartiers de Vancouver débordent de verdure, de l\u2019autre côté du lion Gate Bridge bien sûr, mais aussi dans les parages de Richmond et de l\u2019Université de Colombie Britannique (tout le monde dit UBC).Y suivre, entre autres, la piste cyclable Seaside, bien aménagée et balisée, donne à voir un Vancouver à la fois spectaculaire et intime.Voir les pages jaunes pour des agences de location de vélo.Louer une voiture Toutes les principales compagnies de location de voitures ont un comptoir à l\u2019aéroport.Une petite entreprise de Vancouver, qui ne possède que deux bureaux (Tune sur Grandville St.et l\u2019autre à North Vancouver) offre une grande variété de véhicules (berlines, compactes, mini-fourgonnettes, jeeps et quatre-quatre, etc.) à des prix fort compétitifs.Et vient chercher et reconduire les clients à l'aéroport Renseignements: Lo-Cost Rent-a-Car & Bike, (604) 689-9664/681-7893 (télécopieur).Renseignements généraux: Tourism Vancouver, Suite 210, Waterfront Centre, 200 Burrard Street, Vancouver, B.C V6C 3L6, (604) 682-2222/1717 (télécopieur).\t Y a-t-il une solution à l'isolement, à la tristesse et à la négligence?Oui.L'amour des petits frères pour leurs vieux amis.\tUri amour qui se donne quotidiennement: Célébrer les annlver wares.té 1er Noël, l'an nouveau et la St Valentin.les vacances A la Maison Juliette HllOti Je* visites A la maison cm en centre d'accueil, les repas familiaux, les sorties et les j* nts voyages.Les cadeaux et les petites douceurs, la tendresse, le réconfort .et les fleurs avant le pain.Les petits frères des Pauvres c'est aussi 36S jours remplis d'amour en donnante \u2022 plus de 10 OOO repas dans l'ambiance chaleureuse et familial*?de notre maison \u2022 700 dîners-anniversaires partagés un douce comjmyntc \u2022\tplus de 8 OOO jours/vacances A la Muison JoliéUe Huot.oü nos Vieux Amis vivent de magnifiques moments de rieiente \u2022\t12 500 visites damitié rt domicile et en centre d accueil \u2022 500 aa.omfwJtfncments rt l'hôpital\t\u2022 500 sorti*:;.estJvait.?sans oublier le-, grandes fêtes de Noël.iMques et outres fêles telles: L'HsIloween et \\a St-Vnlentln et quand il n'y a plus de fêtes au < rtcnqttor on en Invente la fête des fleurs, la lête des couleurs Les petits frères ont aussi une équipe d'accompagnement en lin de vie et un groupe de Tel-Aml (téléphone d'amitié).Vous pouvez aussi aider les personnes âgées, seules et démunies.Les petits frères des Pauvres ont besoin de votre contribution parce que votre don fait partie de la solution.ÇŒJ les\t4624, rue Garnier\tq jH'til'\tMontréal (Québec) firrc ¦\tH2I 3S7 des\t(514) 527-8653 Pauvres\tn-tferwev'.trrm«mOim\u2019V-*>'«>\t I.K I) K V o | It .M K H I K T l> I M I II K S M E .1 I' I Il II I I) !) Questions de langues «Bon* \u2014\tBom dia! \u2014Buenos dias! \u2014\tHow do you do?\u2014Mui bien.E tu?\u2014Zergutt.\u2014\tEpharisto poly.Le vovage est nourri de ces scènes quotidiennes.Pour boire et manger, se déplacer, se loger, voir un attrait, les voyageurs doivent entrer en contact \u2014 en communication \u2014 avec des gens qui ont pour insigne caractéristique de ne pas parler la même langue qu\u2019eux.Pour certains, ce simple fait de dire jour! Comment allez-vous?» dans une autre langue \u2014 ou de se l\u2019entendre dire \u2014 représente une véritable corvée.Et même une phobie.11 y en a qui ont tranché bien net la question en refusant de dire quoi que ce soit, ni s\u2019il-vous-plaît ni merci, dans une langue étrangère.Est-ce un manque de savoir-vivre, de l\u2019inconscience, de la paresse, de la timidité?Ou l\u2019expression d\u2019un sentiment de supériorité?En voyage, toute personne, si ordinaire et peu importante qu\u2019elle puisse être dans sa vie courante, monte d\u2019un cran: parce quelle paie, elle reçoit de multiples services qui peuvent lui donner une impression d\u2019importance.Il peut en résulter \u2014 et les études de comportement ne manquent pas là-dessus \u2014 une certaine gêne, une forme d\u2019inconfort psychologique.Un blocage dont la langue peut être la première expression.Pourtant, nul besoin d\u2019être polyglotte pour voyager.Et y prendre plaisir.Il faut deux choses, en fait: un peu de bonne volonté et la capacité de maîtriser quelques mots et phrases usuels.Habituellement, les personnes appelées à rendre les services susnommés parlent au moins une deuxième langue, le plus souvent l\u2019anglais, devenue à l\u2019usage l\u2019espéranto dont on a si longtemps rêvé.Pour nombre de francophones d\u2019Amérique du Nord, une telle prédominance de l\u2019anglais représente souvent une source d\u2019irritation.Aux prises avec ce qu\u2019ils appellent un problème chez eux, ils se passeraient bien d\u2019avoir à utiliser la langue de Shakespeare à l\u2019étranger.D\u2019autres, qui par- No r m a n mai dernier, Air Ciuuula a inauguré sa nouvelle liaison Toronto-Vancouver-Séoul, son premier service trunspacifique à raison de trois vuls hebdomadaires en Boeing 747-100 combi.Ceux-ci s'ajoutent aux trois vols déjà exploités en partage avec Korean Air.La compagnie assure qu'au sol comme en vol, le service sera offert en français, anglais et coréen.MARCHER EN IRLANDE DU NORD Vie Ulster Way \u2014 Accomodation for Walkers est un guide distribué gratuitement |xir le Northern Ireland Tourist Board qui fournit les coordonnées de plus de UK) endroits (auberges, hôtels.B&o, auberges de jeunesse.campings) où loger en marchant le long de Mister Way, long de 560 milles (900 kilomètres), qui traverse la contrée.Renseignements: Northern Ireland Tourist Board, 111, Avenue Road, Suite 450, Toronto M5R3J8, (416) 9256368/961-2175 (télécopieur).PARTOUT EN ALASKA Le laisser-passer AlaskaPass permet d\u2019utiliser sans limites, pendant une période donnée, les services de travçrsiers, de chemins de fer et d\u2019autocars de l\u2019Etat américain le plus septentrional: 499 $ US par personne (8 jours), 629 $ (15 jours), 749 $ (22 jours), 879$ (30 Jours).AlaskaPass vend également (5 $ US l\u2019unité) un répertoire, Independent Travel Itineraries & Lodging Directory, dont elle rembourse le prix d\u2019achat à l\u2019acquisition d\u2019un laisser-passer.Renseignements: Chip Waterbury, President, AlaskaPass Inc.P.O.Box 351, Va-shon, Washington 980704)351,1-800-248-7598.K N HR K F ?Jacques-Cartier, la Petite-Nation et bien d\u2019autres cours d\u2019eau.Renseignements: U*s Portageurs inc., 6850, rue boyer, Montréal (au sud de la station dv métro Jean-Talon), (514) 322-9930 (répondeur téléphonique).HOTELLERIE CHAMPETRE Le réseau d\u2019auberges et d\u2019hôtels de villégiature Hôtellerie Champêtre vient de publier le Guide des vacances champêtres au Quebec.Distribuée gratuitement, cette brochure couleurs présente chacun des 35 établis-sements-membres, 140 forfaits sous 20 thèmes différents (golf, théâtre, famille, santé, gastronomie, etc.) et 4 circuits touristiques (Li route des Laurentides, Di route des Appalaches, la route du fleuve Saint-laurent et du Saguenay.la route des navigateurs).Renseignements: Tourisme Québec, case postale 979.Montréal H3C 2W3, 1-80036»-7777.Europe, Afrique du Nord et au Moyen-Orient.le tarif, uniforme, est de 120 $ en classe économique et de 150 $ en classe affaires, aller simple.Valide toute l\u2019année, le programme offre diverses combinaisons, .associant auto et chemin de fer.BONNES TABLES QUÉBÉCOISES En collaboration avec le CAA-Québec et la revue Touring, la Société des alcools du Québec a produit l\u2019édition 1994 du Repertoire de bonnes tables au Québec, tiré à 600 000 exemplaires et distribué dans ses succursales, dans les bureaux du Tourisme au Québec et à l\u2019étranger et aux membres du CAA-Québec.Ce guide présente les lauréats régionaux du Prix national de la gastronomie décerné chaque année.Les tables retenues dans les diverses régions sont classées selon quatre catégories: les tables de prestige, les tables de distinction, les tables de connaisseur et les tables familiales.Renseignements: Société des alcools du Québec, Service hôtellerie et restauration, 905, avenue de Lorimier\u2019 Montréal H2K 3V9, (514) 873-7797/6788 (télécopieur).AU FIL DES RIVIERES Vous aimez pagayer?Vous avez la nostalgie des coureurs de bois?Le club de canot-camping Les Portageurs, fondé en 1963, propose des cours d\u2019initiation au canotage à prix abordables et, jusqu\u2019au 15 octobre, de nombreuses excursions sur la Rouge, la L\u2019EUROPE D\u2019ALITALIA Alitalia a mis en vente le programme Euro-Plus qui permet aux détenteurs de billets transatlantiques se rendant en Italie de voyager par avion vers 66 villes en Italie, AU THEATRE Stratford n'est pas vraiment loin, à quaran-ttH\u2019inq minutes de Kitchener/Waterloo.Sous la direction de Richard Monette, son Festival en 1994 durera jusqu\u2019au 13 novembre.Au programme: ¦\tTwelfth Night, de William Shakespeare, jusqu'au 13 novembre (au Festival Theatre).¦\tUmg day's journey into night, d\u2019Eugène O\u2019Neill, jusqu'au 17 septembre (au Tom Patterson Theatre).¦\tVie Pirates of Penzance, de W.S.Gilbert et Arthur Sullivan, jusqu'au 12 novembre (au Festival Theatre).¦\tHamlet, de William Shakespeare, jusqu'au 17 septembre (auTom Patterson Theatre).¦\tCyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand (dans une nouvelle traduction de John Murrell), jusqu'au 12 novembre (au Festival Theatre).¦\tIn the ring, création de Jean-Marc Dalpé (traduction de Robert Dickson), du 22 juin au 13 août (au Tom Patterson Theatre), ¦\tOthello, de William Shakespeare, du 22 juin au 15 octobre (au Avon Theatre).¦\tAlice through the looking glass, d\u2019après Lewis Carroll (adaptation de James Reaney), du 5 juillet au 16 octobre (au Avon Theatre).¦\tVie Comedy of Errors, de William Shakespeare, du 2 août au 18 septembre (au Festival Theatre).¦\tVie School for Husbands et The Imaginary Cuckold, de Molière (traduction de Richard Wilbur), du 2 août au 16 octobre (au Festival Theatre).Le Festival distribue gratuitement cette année une brochure couleur regroupant les deux brochures d\u2019antan, Stratford Festival Season Brochure et Visitors\u2019 Guide.Pour réserver places et hébergement: 1-800-567-1600.Renseignements généraux: Stratford Festival, P.O.Box 520,55 Queen Street, Stratford, Ontario N5A 6V2, (519) 271-4040/2734 (télécopieur).n.c; HEBERGEMENT en région ri i aïs u tHATEAUX s 40 ANNIVERSAIRE RELAIS & CHATFAUX La fine fleur des maîtres hôteliers.40 ans d\u2019excellence CHARLEVOIX / CAP À L\u2019AIGLE LA PINSONNIERE: Entre fleuve et montagnes, une destination de charme en plein coeur de Charlevoix.26 chambres amoureusement décorées dont certaines avec foyer, lit à baldaquin et baignoire à remous double.Table de gastronome et cave digne des plus fins connaisseurs.Pour vous revigorer: piscine intérieure, sauna, massothérapie, tennis, plage sauvage.Nombreux forfaits.1-800-387-4431 LAURENTÏDES HÔTEL-RESTAURANT LEAU-A-LA-BOUCHE Table d\u2019or des Laurentides.Les forfaits théâtre c'est nous! une nuit dans une spacieuse chambre-salon, petit déjeuner, billet de théâtre, pour 81$ par personne en occupation double taxes en sus, pourboire inclus.Aussi disponible, Forfait gastronomique, Table d'hôte, Voyage de Noces et Anniversaire de mariage.Sans frais de Mtl.227-1416 ou inter.(514) 229-2991 MONTÉRÉGIE / SAINT-MARC-SUR RICHELIEU HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS À st Marc sur Richelieu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu et où le personnel n'a qu'un seul désir : satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».N'oubliez pas notre forfait-détente du vendredi soir! Nous avons aussi d'autres forfaits à vous proposer.Réservez maintenant.\t856-7787 ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY: Premier Grand Prix National de la Gastronomie\u20191994, «La Table d'Or» du Québec.Cave à vin remarquable.25 chambres dont plusieurs avec foyer et balcon.Accès au lac, randonnée à cheval, golf, théâtre, galerie d'art.Plusieurs forfaits disponibles.Week-end à partir de 100 $ par personne en occupation double incluant souper, petit déjeuner et service.Brunch du dimanche : 22 $ par personne.FORFAITS CONFÉRENCES DISPONIBLES Tél.: (819) 842-2451 Fax: (819) 842-2907 Hôtellerie Champêtre Auberges et Hôtels du Québec Vous faire plaisir, c\u2019est dans notre nature! LAURENTIDES HOTEL LESTEREL L'une des 8 meilleures écoles de golf ou Canodal Notre parcours 18-trous est l'unique résidence canadienne de la fameuse école de golf Roland Stafford.Nouveau: Contrôle biologique des insectes piqueurs! Cet été, bénéficiez d'un éventail d'activités aquatiques, 7 terrains de tennis, piscine intérieure, notre nouveau forfait loisirs/enfants et de nos chambres nouvellement redécorées.Dégustez les merveilleux petits plots concoctés par notre nouveau Chef Exécutif.Profitez du tout confort Européen à un prix compétitif Canadien.Cet été, redécouvrez l'Hôtel l'Estérel.Signalez dès maintenant le (514) 228-2571.De Montréal: 866-8224.Fax: (514) 228-4977 HOTEL LA SAPINIERE \u2014 (Laurentides au nord de Montréal) \u2014 Lac \u2014 1 heure de Mtl \u2014 70 chambres \u2014 cuisine raffinée \u2014 prestigieuse cave à vin \u2014 sports de saison \u2014 FORFAITS SUR SEMAINE ET FIN DE SEMAINE -1244 chemin La Sapinière, Val David (Québec) JOT 2N0 TEL: 800-567-6635 ou 819-322-2020 \u2014 FAX: 819-322-6510 LANAUDIÈRE AUBERGE DE LA MONTAGNE COUPEE\tEHÜH «Laissez-vous séduire par notre auberge de grand confort et par L'évasion ou naturel qu'elle vous propose.Vous y trouverez la détente en plus d'activités telles que théâtre, tennis, randonnée pédestre, équitation, vélo de montagne.Profitez aussi de notre piscine intérieure, sauna et appareils de conditionnement.Le soir venu, goûtez notre gastronomie régionale dans une atmosphère chaleureuse, avant de savourer une bonne nuit de sommeil.Nombreux forfaits disponibles à partir de 56,50 $ / personne, occ, double.A St-Jean-de-Matha (1 hre de Mtl) (514) 886-3891 ou 1-800-363-8614».Bjj5SP5| Un nouveau réseau hôtelier unique ¦ Hôtellerie et prestigieux des meilleurs auberges Champêtre et hôtels de villégiature au Québec.Auberge» et Hôtels du Québec\tO\t^ VIEUX QUÉBEC AUBERGE LOUIS-HEBERT: Profitez de notre forfait! 59,50 $ par personne en accommodation double, comprenant la chambre, le petit-déjeuner, le souper et le stationnement.Les taxes et le service sont inclus, 668 Grande-Allée est.\tpour réserver: (418) 525-7812 S A I N T - J O.S E P H - D E - L A - R I V E QUÉBEC MANOIR DU LAC DELAGE Offrez-vous une ÉVASION-VACANCES à quelques minutes du Vieux-Québec.Chambres spacieuses.Théâtre d'été.SPA.Piscine intérieure et extérieure, voile, pédalo, mini-golf, tennis, bicyclette.ÉVASION ESTIVALE incluant chambre, repas du soir, petit déjeuner et accès aux activités sportives à compter de 80 $ par personne, occupation double.Aussi disponible : Évasion détente (SPA), Évasion-golf, Évasion-théâtre, Évasion Lune de Miel.RÉSERVATIONS 1-800-463-2841 ou (418) 848-2551 OFFREZ-VOUS UN SEJOUR CHEZ LA FAMILLE DUFOUR VIEUX-QUÉBEC HOTEL CLARENDON Construit en 1870, situé ou centre des fortifications du Vieux-Québec, entièrement rénové, climatisé, avec en ses murs le restaurant Chartes Baillairgé, le plus ancien restaurant au Canada.93 chambres tout confort, cuisine raffinée, Bar L'Emprise où le jazz est à l'honneur, directement relié à un stationnement intérieur.Demandez nos avantageux forfaits dont le forfait «cadeau».Tél.: (418) 692-2480.FAX : (418) 692-4652- 1-800-463-5250.HÔTE 1-800-361-6162 BEAUPRÉ / MONT SAINTE-ANN HOTEL VAL-DES-NEIGES Centre de villégiature de congrès situé ou pied du Mont Sainte-Anne.110 chambres de luxe, cuisine réputée, piscine intérieure panoramique, sauna, bain tourbillon, salle d'exercices, salles de réunion (12).Demandez nos avantageux forfaits : «Évasion à la montagne», «Coeur à coeur», «Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pout groupes.Tél.: (418) 827-5711.FAX (418) 827-5997, sans frais 1-800-463-5250.HÔTE: 1-800-361-6162 BAIE SAINT PAUL AUBERGE LA PIGNORONDE Auberge à flanc de montagne avec vue magnifique sur le Saint-Laurent.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions et de jeux, piscine intérieufe panoramique, bar-détente, ambiance chaleureuse, etc.Demandez nos forfaits : «Évasion vers l'Art», «Coeur à Coeur», «Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél : (418) 435-5505.FAX (418)435-2779, sans frais 1-800-463-5250.HÔTE : 1-800-361-6162 ISLE-AUX-COUDRES HOTEL CAP-AUX-PIERRES Dans une ambiance familiale, 46 chombres et 52 motels tout confort, cuisine exceptionnelle, piscine intérieure et extérieure, billard, ping-pong, tournois sportifs, soirées animées, folklore, ambiance familiale.Demandez nos forfaits: «Évasion dans l'ile».«Coeur à Coeur», «Réunion d'affaires», «Val-des-Neiges/Cap-Aux-Pierres».«Douces Vacances», «Cadeau».«Détente», etc.Tarifs et forfaits, spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 438-2711, fax: (418) 438-2127, sans frais 1-800-463-5250, hôte: 1-800-361-6162 TADOUSSAC HÔTEL TADOUSSAC Grand manoir traditionnel entièrement rénové avec sa vue imprenable: sur la baie de Tadoussac, ie St-Laurent et le Saguenay.149 chambres tout confort, cuisine réputée, piscine, tennis, t marelle, golf, mini golf, croisières à bord du luxueux Famille Dufour et de la fameuse goélette Marie Clarisse, etc.Demondez nos forfaits: «Croisières long parcours», «Coeur à Coeur», «Golf».«Découverte du Fjord du Saguenay», «Safari Visuel aux baleines», «Évasion au coeur des Rives», «Douces Vacances», «Réunions d'Affaires», etc.Tarifs et\" forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 235-4421 ou sans frais 1-800-463-5250, fax: (418) 235-4607 Les auberges du village de Saint-Joseph-de-la-Rive organisent une fin de semaine découverte nature, Touche-à-tout, prêt à tout.Les 10,11 et 12 juin.Au programme, avec un guide spécialisé, sessions en astronomie en ornithologie et en botanique ainsi qu'un brunch «Plantes sauvages comestibles».De 110 $ à 160 $ selon l'auberge choisie, par pers., occ.double, incluant repas du soir, du matin et une collation le samedi midi.Informations et réservations: Auberge Beauséjour, 635-2895 - Auberge de la Rive, 635-2846 - Auberge l'Été, 635-2873 - Auberge La maison sous les pins, 635-2583\u2014Auberge La Perdriole, 635-2435.ÎLE D\u2019ORLEANS Au bord du majestueux fleuve.Une magnifique auberge «4 fleurs de lys», située _ dans un site unique à Saint-François de l\u2019ile d'Orléans.Forfait week-end 124,50 S.C j| H U1110 n 01 Pour information ou réservation : ****\t(418)829-2735 BAS SAINT-LAURENT Auberge FLEUR DES BOIS .Une agréable petite cachette sur les rives du Saint-Laurent.Venez découvrir les secrets de la cuisine française régionale de notre chef.Maintenant que nous sommes ouverts 12 mois par année, venez pour la première fois assister à la résurrection du printemps.Dans une authentique victorienne fraîchement rénovée au 103.route du Quai à RMère Ouelle.Fleur des bois, la fine fleur des auberges dans l'Est.(418)856-1201 \t AUBERGE LA COUDRIÈRE Une atmosphère d'ancien manoir.Nouvelle cuisine.Musique et danses folkloriques.Animation et jeux divers.Rsclne chauffée.49 unités.Réservations: (418) 438-2838 \t\t_ *\tO\t\t Une escapade au Mont-Sainte-Anne en amoureux avec ou sans Ç Auberge I.a amarine ) prétexte, tout juste pour s\u2019offrir de bons moments, ça vous tente?'\t:\u2014\u2014\t' Nous vous proposons confort, tranquillité, chaleur, cuisine raffinée et prix alléchants.Évasion de printemps: 139.00 /pers.occ.double incluant 2 nuits, 1 souper gourmet.2 déjeuners, les poutboites et plein de petites attentions.N'est-ce pas votre anniversaire de mariage bientôt?Réservation: 1-800-567-3939 (418)827-5703 ^\tPour réserver cet espace,\tW: communiquez avec Monique Verreault au (514) 985-3314 ^\tou 1-800-363-0305 i) m I.K I* K V 0 I II , I.K S S A M K I» I I K T U I M A N < Il Y 5 JUIN I II II I ?LE DEVOIR ?r Js 11 était line fois dans l\u2019Ouest Entre mer et montagnes DIANE PRÉCOURT LE DEVOIR n partait seul, en couple ou en groupe.Certains avaient le privilège de disposer d\u2019un véhicule, de préférence une Coccinelle ou une fourgonnette Volkswagen, mais il nous semblait que la vraie nature de ce voyage devait se vivre en autostop, le sac au dos et les ampoules aux pieds.Les enfants du boom, ceux-là mêmes qui allaient devenir quelques années plus tard les plus purs Yuppies, envahissaient la Transcanadienne à la conquête de l\u2019Ouest C\u2019était au début des années 70, en plein délire du Flower Power et avant que les montagnes Rocheuses ne deviennent un symbole d\u2019unité nationale.Une véritable ruée propulsait les jeunes Québécois vers l\u2019Ouest canadien qui se faisait volontiers l\u2019antichambre de San Francisco et Los Angeles d\u2019où émanaient la plupart des mouvements sociaux.Et, pourquoi pas, du littoral mexicain ou du Midwest américain.C\u2019était aussi l\u2019époque pendant laquelle le régime d\u2019assurance-chômage voyageait sans problème dans les bagages du «prestataire» et l\u2019aide sociale coulait à flots dans une province affectueusement, et salutairement, surnommée The Welfare State.Le réseau des auberges de jeunesse à son apogée et la multiplication des communes hippies où le partage se vivait dans la bouffe autant que les champignons «naturels», ajoutaient à la piqûre des grands espaces.Car ils prennent là tout leur sens, les grands espaces, où se font très intenses les limites géopolitiques d\u2019un si vaste territoire: 5000 kilomètres de choses à dire, dans plusieurs langues, rien que de Mont- wm r-.» i.A wm.- - ' False creek, un coin de Vancouver.réal à Vancouver.Jusqu\u2019au «V» en signe de Peace and Love adressé aux véhicules Volkswagen qui en étaient devenus un symbole et à qui on pardonnait tout, même de refuser des autostoppeurs; alors on jumpait des trains de marchandises, raconte un ami.Dire que cette compagnie automobile fut détenue à l\u2019origine par la Deutsche Arbeitsfront, une organisation nazie qui avait eu le mandat de produire une voiture «du peuple» très économique.Après la traversée du désert, pardon du grand nord de l\u2019Ontario dressant de chaque côté du chemin sa forêt interminable; après les superbes couchers de soleil tombant au bout d\u2019une route plate et droite dans les Prairies; la pointe à l\u2019horizon des pics montagneux des Rocheuses à Banff et Jasper; après des semaines, voire des mois à mendigoter son transport, son gîte et même ses repas, le Pacifique roulait enfin ses vagues d\u2019écume, invitant et disponible.VOIR PAGE D8: MER ET MONTAGNES Si la Côte Ouest n\u2019a pas inventé le night life, elle s\u2019est par contre constituée en un véritable paradis du plein air.La villégiature, le nautisme et la pêche sont rois et maîtres.a3HH?«WWg3H| * joué un rôle majeur dans les négociations pour l\u2019entrée de la Colombie-Britannique dans le Le train a Canada mm \u20224 «y.La forte personnalité de Vancouver NORMAND CAZELAIS Le spectacle est immédiat: à la sortie de l\u2019aéroport, sur Granville Street qui mène au centre-ville, apparaissent en fond de scène les montagnes coiffées de neige.Devant, les gratte-ciel ne portent plus leur nom mais semblent des maisons de poupée.Quelques minutes plus tôt, par le hublot de l\u2019avion qui descendait doucement, c\u2019était la mer qui s\u2019étalait à la vue.Entre mer et montagnes, la personnalité et la vje de Vancouver tiennent à son site.Tout près de la frontière des Etats-Unis, à l\u2019extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique, là où le Fraser, fleuve tumultueux à ses origines et paresseux à son terme, vient rencontrer l\u2019océan après avoir quitté les Rocheuses.Entre mer et montagnes, Vancouver vit tournée vers la Côte Ouest, surtout américaine (Seattle est à une heure de voiture à peine), le Pacifique et l\u2019Asie, si porteuse d\u2019un avenir réputé prospère.Un temps presque plus britannique que la verte Albion, tant ses habitants chérissaient le souvenir d\u2019une si lointaine mère-patrie, la ville est devenue une métropole sans cesse en changement et toujours plus cosmopolite.Elle a attiré des Italiens et autres Européens, des Chinois et des Japonais, des Canadiens d\u2019un peu partout.Et, depuis vingt ans, des Québécois francophones aussi, fort différents des premières grappes pionnières, plus mobiles et sans vraiment de liens entre eux.Mais ils ne font pas le poids devant les 300 000 Asiatiques auxquels se sont récemment ajoutées les vagues venues de Hong Kong.Sur les rues, dans les parcs, dans les magasins et boutiques, Vancouver porte son visage asiate.Entre mer et montagnes: tout séjour à Vancouver devrait commencer par une visite du Stanley Park, îlot de verdure au coeur de l\u2019agglomération, à l\u2019entrée du Burrard Inlet, entre le downtown et les banlieues aisées et pentues de West Van et North Van.C\u2019est une forme de microcosme de la ville: les gens y promènent leurs chiens, font du vélo ou du rollerblade, du jogging et des pique-niques, marchent main dans la main en amoureux.Tout le tour de cette île accidentée, ils regardent la mer, les montagnes, le décor urbain, le ciel qui peut se couvrir à tout moment Car si le soleil peut être éclatant entre mer et montagnes, il pleut souvent, par ondée ou nuages gris, à Vancouver.N\u2019oubliez pas votre parapluie! VOIR PAGE D8: FORTE PERSONNALITÉ mÊmÊ Mu,_ Parcs et rr rès arrosée, Vancouver fleurit ai-I sèment.Tout le monde a entendu parler des Butchart Gardens près de Victoria, l\u2019équivalent \u2014 en plus gro?encore \u2014 de nos Jardins de Métis.A Vancouver, les pelouses, allées et massifs de fleurs du Queen Elizabeth Park sont plus modestes mais valent une \u2014 ou plusieurs \u2014 visites.A visiter également le VanDusen Botanical Garden (604-266-7194) et notamment son jardin sino-hymalayen; les 4 et 5 juin, s\u2019y tiendra une Outdoor Gardening Exposition.Frais d\u2019entrée.N.C."]
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