Le devoir, 6 juillet 1994, Cahier A
[" FONDE 19 10 LE DEVOIR L X X X V T V Q / T » r (i il I o 8 5 o T I» S N o I 5 1 MONT H K A L I.K M K R I) H E I) 1 0 .1 U I I.I.E T I !) !M PERSPECTIVES Assainir les écosystèmes ou l\u2019industrie de l\u2019eau?Le Conseil des ministres s\u2019apprête à réorienter, peut-être même aujourd\u2019hui, l\u2019important Programme d\u2019assainissement des eaux du Québec (PAEQ) dans lequel ont été investis 4,7 milliards$, un montant qui atteindra bientôt 6 milliards$ avec les projets en cours.JL Louis- Gilles Francoeur a réforme mise de l\u2019avant par le ministre des Affaires municipales, M.Claude Ryan, le nouveau responsable du futur programme n j «d\u2019équipements municipaux», vise à épar-i.,__J gner plusieurs centaines de millions$, à inté- grer la logique de l\u2019épuration à celle de la restauration des infrastructures municipales et hausser encore un peu le pourcentage de la population québécoise qui épure ses eaux usées.Et le ministre se propose, d\u2019après les informations disponibles, de concentrer son aide sur les municipalités moins nanties.On peut vraiment dire, sans sombrer dans le lieu commun, que le Québec est à la croisée des chemins en assainissement.Les usines d\u2019épuration, construites ou en préparation, vont hausser le niveau d\u2019assainissement à 90% de la population «branchée» sur réseau d\u2019égout.Dans sa logique de réforme administrative, où les enjeux sont fondamentalement financiers et sociaux, la réforme Ryan a commencé et continuera de susciter bien des malaises.D\u2019abord parce qu\u2019elle veut diminuer l\u2019ampleur des investissements publics, qui devaient atteindre les 1,5 milliards$, boues d\u2019épuration et débordements compris.Et aussi parce que les petites municipalités, qui ont payé pour la dépollution des grandes villes, acceptent mal qu\u2019on ne leur ^envoie pas l\u2019ascenseur, comme en Ontario et aux Etats-Unis.On estime, là-bas, que grandes et petites villes doivent respecter les mêmes normes minimales de rejet et que la collectivité doit assumer l\u2019excédent de coût de l\u2019épuration dans les plus petites villes, où les coûts de revient sont plus élevés parce que répartis sur moins de gens.Mais cette question d\u2019équité sociale en soulève une autre, plus fondamentale: que voulons-nous assainir?Pourquoi épurer?Le bilan gouvernemental de 15 ans d\u2019assainissement au Québec, que Le Devoir divulguait cette semaine, indique que l\u2019objectif administratif initial est presque atteint, soit assainir les rejets d\u2019au moins 90% de la population sur réseau.Mais Québec découvre que l\u2019atteinte de cet objectif ne nous assure pas que les cours d\u2019eau vont échapper au processus de vieillissement accéléré, qui les tue lentement.Si leur mort biologique constitue un minimum incontournable, le vrai débat devrait être de leur redonner la santé, d\u2019augmenter le nombre et la vitalité des espèces qu\u2019ils abritent.Si les cours d\u2019eau ne sont pas plus en santé, après 4,7 milliards$, indique le bilan gouvernemental, c\u2019est que le PAEQ a été utilisé à certaines époques autant comme un antidépresseur économique que comme un outil de gestion environnementale.Il fallait éparpiller d\u2019importants investissements rapidement.Et le choix des projets s\u2019est fait en fonction d\u2019objectifs sociaux plus qu\u2019environnementaux.On voulait obtenir, ce qui est légitime, des eaux brutes saines pour protéger les prises d\u2019eau potable municipales et même permettre dans les rivières la baignade et la pêche.Si on avait voulu plutôt guérir nos cours d\u2019eau de la dégénérescence et de la mort biologique à plus ou moins long terme, on n\u2019aurait pas abandonné l\u2019idée d\u2019une attaque concertée sur les pollutions urbaines, industrielles et agricoles, bassin par bassin.Le tiers de la pollution industrielle est toujours intact et la pollution agricole, causée par l\u2019érosion, les pesticides et les engrais, n\u2019a pas vraiment reculé.La lutte aux déversements de fumier, là encore, visait souvent plus à protéger les prises d\u2019eau que les cours d\u2019eau.L\u2019échec relatif du PAEQ au plan environnemental vient du fait qu\u2019on a dépensé sans se demander où chaque dollar profiterait le mieux à l\u2019environnement, une logique élémentaire d\u2019investisseur.On n\u2019a pas regardé les cours d\u2019eau comme de grands corps vivants, malades des humains et de leur industrie sous toutes ses formes, dont le coeur devait être guéri avant les ulcères d\u2019estomac.On peut refaire le PAEQ en fonction d\u2019une approche écosystémique et investir les 1,5 milliards$ qui restent, sur les organes vitaux de nos grands écosystèmes aquatiques pour les sauver de l\u2019eutrophisation et mieux, leur redonner vie.On peut aussi se contenter d\u2019un compromis susceptible de satisfaire à la fois les comptables gouvernementaux et l\u2019industrie de l\u2019eau tout en évitant une tempête municipale à deux mois des élections: mais ce sera à coup sûr aux dépens des objectifs environnementaux à l\u2019origine du PAEQ.INDEX Agenda.B6 Avis publies.A4 Classées.B4 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.A5 Mots croisés .A4 Les sports.B5 MÉTÉO Nuageux, éclaircies Max: 27 Détails en B4 DEMAIN Clichés d\u2019été: la Minganie et la Basse-Côte-Nord POLITIQUE M3i: affrontement entre Québec et Hydro-Québec PAGE A 4 I liî! » i « i » A 8 ?LE DEVOIR ?ACTUALITES MALOUF Son rapport fait état de directives imprécises ou inexistantes dans plusieurs secteurs d'intervention stratégiques SUITE DE LA PAGE 1 policier qui ne réussit pas à se classer lors de ces tests.De plus, le juge Malouf s\u2019interroge sur la syndicalisation des officiers, constatant les tensions patronales-syndicales qui prévalent dans le service.Le directeur du SPCUM, Jacques Duchesneau, a d\u2019emblée fait valoir hier qu\u2019il espérait que ce rapport soit le dernier, après qu\u2019une série de rapports ait formulé pas moins de 185 recommandations depuis 1988 envers la police montréalaise.M.Duchesneau a soutenu que 26 des 42 recommandations du rapport Malouf ont été ou sont en voie d\u2019être réalisées, et que 16 sont à l\u2019étude.Il a reconnu certaines lacunes au SPCUM, notamment au niveau de la supervision des enquêtes, des processus d\u2019évaluation, de la supervision et des communications, de la formation, mais.il a également voulu insister sur les points forts du SPCUM tel que retenus dans le rapport, dont la qualité des rapports de vérification interne, la compétence et le fonctionnement de la Section technique (SWAT), et la pertinence de l\u2019approche communautaire.Jacques Duchesneau s\u2019est élevé contre le diagnostic de «tolérance envers l\u2019incompétence», soutenant que ce n\u2019était pas le cas.«Je ne dirige pas une organisation malade» soutient-il, estimant aussi que les policiers ont «droit à l\u2019erreur».Le juge Malouf avait reçu le 15 mai 1992 le mandat du ministre de la Sécurité publique d\u2019alors, Claude Ryan, de réviser «de façon approfondie et globale» l\u2019organisation, les méthodes, les standards, les pratiques, et les procédures du service de police.Ce mandat découlait d\u2019une recommandation du rapport du coroner Yarosky, rédigé à la suite du décès de Marcellus François, tué par l\u2019arme d\u2019un policier du SPCUM le 3 juillet 1991.Le juge Malouf a procédé à l\u2019examen d\u2019événements comme les tueries de Polytechnique et de Concordia, l\u2019affaire Marcellus François, le saccage sur la Plaza Saint-Hubert, l\u2019émeute qui avait suivi le passage de Guns\u2019n Roses au Stade, etc.Le groupe a étudié des rapports d\u2019événements, participé à des activités de patrouille, visité des corps policiers canadiens et américains, rencontré plusieurs membres du service.Son diagnostic fait état de directives imprécises ou inexistantes dans plusieurs secteurs d\u2019interventions stratégiques, de rapports opérationnels et administratifs incomplets, de nombreux problèmes de supervi- sion, de formation inadéquate.«Sans aucune exception, écrit-il, toutes les opérations que nous avons examinées ont été marquées par des flottements, parfois très sérieux, au niveau du commandement des opérations».La première recommandation exige d\u2019ailleurs une révision immédiate de tout le système de supervision.En ce qui concerne l\u2019utilisation de la force, les écarts de conduite (qui sont l\u2019œuvre d\u2019une minorité de policiers) sont principalement imputables «à des faiblesses évidentes au niveau de l\u2019intégration des nouveaux policiers, au niveau du processus d\u2019évaluation et au niveau de la supervision».Le juge propose plusieurs mesures techniques pour améliorer l'intervention sur le terrain, et il recommande la mise en place d\u2019un véritable processus d\u2019intégration des nouveaux policiers par un système de policiers instructeurs ou tuteurs pour chaque recrue.Jacques Duchesneau a indiqué hier qu\u2019un programme de formation sur mesure allait être implanté en janvier prochain.Le juge Malouf fait également l\u2019historique des rapports syndicaux au SPCUM.Le discours de la Fraternité des policiers lui paraît caractérisé «par son agressivité et par une méconnaissance volontaire des contraintes budgétaires qui affligent la CUM».M.Malouf ajoute que l\u2019accréditation syndicale des constables et cadres intermédiaires peut être remise en question, mais toute tentative de régler ce dossier «de manière autoritaire et unilatérale est vouée d\u2019avance à l\u2019échec».Il est donc urgent de tenir un débat public éclairé sur cette question, ajoute-t-il.Jacques Duchesneau s\u2019est montré plutôt tiède sur cette question, déclarant qu\u2019il n\u2019allait pas «précipiter cette démarche».Pour le président de la Fraternité des policiers Yves Prud\u2019homme, la désyndicalisation des officiers est «non-négociable: c\u2019est une question qui a fait l\u2019objet d\u2019un débat public il y a plusieurs années, débat que le gouvernement avait réglé pour des raisons de pane industrielle, d\u2019équilibre des forces».Il ajoute que le rapport Malouf soulève des questions mais n\u2019apporte aucune preuve que le syndicalisme nuit au travail des policiers.De façon générale, il se dit d\u2019avis que les constatations relatives à la frustration et à la démotivation des policiers sont les mêmes que celles qui ont été rapportées par la Fraternité ces dernières années.«Les policiers travaillent avec les outils mis à leur disposition», conclut-il.Johnson présente son candidat dans Chomedey Sitôt lancée, la campagne publicitaire du PLQ doit être suspendue LE DEVOIR Le premier ministre Daniel Johnson a désigné, hier, un nouveau candidat «vedette» qui défendra les couleurs du PLQ, cette fois dans Chomedey (sur l\u2019île Jésus à Laval), à la prochaine élection.Thomas-J.Mulcair, avocat et président de l\u2019Office des professions du Québec jusqu\u2019à l\u2019an dernier, tentera de succéder à Lise Bacon à titre de député de Chomedey.Mme Bacon, une rivale de M.Johnson dans le cabinet Bourassa, n\u2019assistait pas à la conférence de presse.Le candidat désigné lui a cependant téléphoné, lundi, pour échanger.M.Mulcair a indiqué aux médias que Mme Bacon l\u2019avait assuré de son entière collaboration.Agé de 39 ans, Thomas I Mulcair a été élevé dans le comté de ^ Chomedey.Il habite présentement Beaconsfield et réfléchit à la possibilité de revenir s\u2019installer dans le comté de sa jeunesse.BERNARD PLANTE LE DEVOIR Le Parti libéral qui entreprenait, hier, dans les journaux une nouvelle campagne de publicité pré-électorale devra y mettre fin, au plus tard demain, alors que le premier ministre, Daniel Johnson, sera forcé d\u2019annoncer îa tenue d\u2019élections partielles dans la circonscription de Rivière-du-Loup.C\u2019est l\u2019avis exprimé par le directeur général des élections du Québec, Pierre-F.Côté.M.Côté est catégorique, sitôt qu\u2019un décret est pris pour déclencher la tenue d\u2019une élection, qu\u2019elle soit complémentaire ou générale, les partis politiques sont tenus d\u2019attendre au moins 29 jours avant d\u2019entreprendre leurs campagnes publicitaires.Avant cette périodes seules les dépenses relatives à l\u2019organisation (bureau électoral, lignes téléphoniques, etc.) sont permises et les formations politiques doivent attendre 29 jours, c\u2019est la loi, avant de vendre leurs couleurs dans les journaux, à la télévision ou à la radio.Se référant à certains articles de la loi électorale, Pierre-F.Côté souligne que toute publicité est interdite dans les 29 jours suivant la prise d\u2019un «décret» déclenchant une élection.M.Côté interprète le mot «décret» en l\u2019ap- pliquant aussi bien au déclenchement d\u2019une élection complémentaire, qu\u2019au déclenchement d\u2019une élection générale.Donc, à partir de demain 7 juillet, terminée la pub nationale.Cet avis du directeur général des élections risque de contrecarrer les plans du PLQ.Selon des informations obtenues par Le Devoir, la machine libérale souhaitait donner une suite télévisée à la campagne lancée hier dans les journaux.Au dessus d\u2019une photographie floue de Jacques Parizeau, l\u2019on peut lire le mot «compromettre»; au dessus d\u2019une photo claire de Daniel Johnson on lit le mot «construire».M.Johnson affirmait, hier, que les campagnes publicitaires pré-électorales de son parti avaient entraîné des déboursés «de moins d\u2019un demi million».Un des ses collaborateurs devait par la suite préciser qu\u2019il s\u2019agissait plutôt d\u2019un montant «de moins de 400 000 dollars».Dans un autre ordre d\u2019idées, le directeur général des élections, Pierre-F.Côté, estime que rien n\u2019empêche Daniel Johnson d\u2019annoncer à l\u2019avance la date de l\u2019élection générale pour la déclencher officiellement deux ou trois semaines plus tard.Ce qui compte dans la loi électorale, souligne-t-il, c\u2019est la prise du décret.La visite ou le coup de fil au lieutenant-gouverneur relève de la tradition.ORPHELIN Le courage de ses émotions SUITE DE LA PAGE 1 pour le: «Que vous m\u2019écoutiez ou pas, je m\u2019en fous.» Et c\u2019est fondamentalement ce qu\u2019il a fait D a joué pour et avec Miles Davis davantage qu\u2019il n\u2019a joué pour nous.Il a affiché ce détachement pour les choses de la vie au temps présent qui le fait complice de Chet Baker dans l\u2019univers de la tristesse.Cela se traduisait notamment par une quasi absence de mots.D a dû prendre le micro, deux fois maximum, pour présenter ses compagnons.Autrement dit, Roney n\u2019a rien d\u2019un entertainer.Communiquer par le biais des mots semble chez lui inutile ou trop lourd à supporter.La musique qu\u2019il nous a offerte a été un écho de celle que Davis avait défendue, très précisément entre 1963 et 1965.Soit une musique animée d\u2019abord et avant tout par le souci de la tension.Rarement, Roney s\u2019est laissé aller au sourire.Tout n\u2019était que bruit, fureur et larmes.Dans son jeu, si on peut appeler cela ainsi tellement c\u2019était sombre, il y a du désespoir.: Contrairement aux trompettistes de sa génération, on pense notam- ment à Roy Hargrove entendu il y a deux jours, Wallace Roney a le courage de ses émotions.Il a démontré une telle qualité d\u2019émotion, qu\u2019en fait il se distingue de tous les musiciens de sa génération.Que ce qu\u2019il joue soit un écho au passé ou une tentative d\u2019amener le jazz plus loin, quelque part en avant de nous, est chez lui tout à fait secondaire.C\u2019était d\u2019ailleurs à se demander s\u2019il n\u2019avait jamais pensé en ces termes.Il est une individualité.Il est certainement le plus individualiste de ses frères d\u2019armes.Il est tellement comme cela, un forcené de la communication des sentiments plutôt que d\u2019un style ou d\u2019une école, que ses compagnons étaient là davantage pour le soutenir que pour le relancer ou le provoquer.N\u2019eut été d\u2019une balance avantageant outrageusement le batteur, le jeu déployé par ses quatre employés aurait été splendide.Wallace Roney est un cas singulier dans le jazz d\u2019aujourd\u2019hui pour être le seul à avoir plongé dans le précipice après la mise en bandoulière de Davis.Ce fut presque parfait.Presque, parce que trop sombre.Wallace Roney PHOTO JACQUES NADEAU t MACRAME «Nous sommes différents des SUITE DE LA PAGE 1 I \u2022» view.L\u2019important, ce sera, à défaut d\u2019avoir les équipes de pointe et des grandes vedettes, d\u2019avoir des équipes équilibrées formées des déments les plus prometteurs».' Entre les «vrais» jeux et les grandes compétitions internationales, entre les grands festivals culturels et les prix prestigieux, les jeux francophones ont du mal à trouver leur indentité.«Parce qu\u2019ils sont encore tout jeunes, souligne Mme Frulla.C\u2019est seulement la deuxième édition.Mais il reste avant tout que réunir comme ça la jeunesse francophone de 46 pays est un objectif tout à fait louable».«Nous sommes différents des autres.Nos jeux associent performance et solidarité.On ne doit donc pas se calquer sur les autres mais bien inventer autre chose», clament les organisateurs.Ainsi, pour la deuxième tenue des Jeux \u2014 retardée à la suite des pérégrinations de la politique politicienne hexagonale \u2014 le comité a mis le paquet.Et depuis ce matin, c\u2019est Paris qui brille, jusqu\u2019au 13 juillet, sous les feux de la francophonie avec sept compétitions artistiques (danse contemporaine et traditionnelle, chanson, peinture, sculpture, conte et production télé) et sept disciplines sportives (athlétisme-handisport, basket féminin, foot- ball, handball masculin et féminin, judo masculin et féminin, lutte libre et tennis de table).Plusieurs manifestations risquent cependant de détourner l\u2019attention tant des journalistes que du public: la Coupe du monde de football et le Tour de France cycliste, deux activités populaires à souhait ainsi qu\u2019une kyrielle d\u2019activités francophiles: une rencontre avec des écrivains des cinq continents \u2014 Marie-Christine Blais représentera le Québec aux côtés, entre autres, de Simone Schwartz-Bart et Rachid Mimouni \u2014 un spectacle du Ki-Yi M\u2019Bock de Were Were Liking d\u2019Abidjan et un concert des Haïtiens de Boukman Ekspéryans.Mais, on a beau se complaire dans les préjugés, ces Jeux seront toutefois l\u2019occasion pour certains artistes \u2014 les sportifs auront plein de sites tout frais tout neuf à leur disposition \u2014 de se produire sur des scènes aussi prestigieuses que celle de l\u2019Olympia (chanson), du théâtre du Rond-Point Renaud-Bar-rault (conte, danse traditionnelle) ou du centre Pompidou-Beaubourg (danse contemporaine et production TV) et d\u2019exposer leurs œuvres dans les salles de l\u2019Hôtel de la Monnaie.Les juges peuvent être naïfs mais on peut difficilement qualifier les Manu Dibango, Alain Lamontagne, Filippe Sawadogo (directeur du FESPACO), César et autres pré- HAÏTIENS «Nous ne voulons pas voir les gens se noyer» SUITE DE LA PAGE 1 Mais ceux qui, après examen de leur dossier en Haïti ou sur des bateaux américains croisant au large, obtenaient un statut de réfugié politique, pouvaient être accueillis aux Etats-Unis.En annonçant cette mesure de dissuasion, William Gray a lancé un appel aux Haïtiens pour qu\u2019ils ne prennent pas la mer au risque de leur vie.Il a mis en exergue le naufrage d\u2019un bateau surchargé qui aurait fait il y a deux jours au large de Saint-Marc plus de 150 victimes.Une trentaine de réfugiés ont déjà péri noyés la semaine dernière sur la côte sud-ouest du pays à la suite d\u2019une panique provoquée par des coups de feu en l\u2019air de policiers locaux.«Nous demandons instamment au peuple haïtien de rester en Haïti.Nous ne voulons pas voir les gens se noyer», a souligné M.Gray.M.Gray a réaffirmé qu\u2019il n\u2019était pas question «d\u2019une intervention militaire imminente» en Haïti, précisant qu\u2019imminent voulait dire «une période de quelques jours».Mais il a répété qu\u2019«une option militaire était sur la table.» M.Gray a affirmé que le déploiement au large de Haiti, annoncé hier par le Pentagone, de quatre nouveaux navires américains avec à leur bord quelque 2000 «Marines» n\u2019était pas lié à cet afflux de boat people, mais à l\u2019éventuelle évacuation des citoyens américains.Le groupe d\u2019assaut américain composé de quatre navires, dont un porte-hélicoptères, va se diriger aujourd\u2019hui vers Haiti et renforcer le dispositif de 9 bâtiments américains croisant au large des côtes haïtiennes.Conduit par le porte-hélicoptères USS Inchon, le groupe comprend le USS Trenton, le USS Portland et le USS Spartanburg County.Ils rejoindront un autre navire d\u2019assaut, le Wasp, qui mène depuis plusieurs semaines des exercices dans le secteur avec 650 Marines à son bord.L\u2019émissaire américain a noté que le président constitutionnel d\u2019Haïti, M.Jean-Baptiste Aristide, «n\u2019avait pu être joint» afin d\u2019être informé des nouvelles dispositions américaines visant les boat people mais qu\u2019il «serait surpris» qu\u2019il ne les entérine pas.L\u2019accroissement de la misère dû aux sanctions internationales, le taux plus élevé des asiles politiques (25% environ) désormais accordés dans le cadre des nouvelles mesures de l\u2019administration Clinton, la présence des navires de guerre américains près des côtes et, dans une moindre mesure, la persistance de la répression politique, ont augmenté d\u2019une manière spectaculaire le nombre des boat people haïtiens ces derniers jours.Par ailleurs, le gopvernement du président provisoire Emile Jonassaint (non reconnu par la communauté internationale) s\u2019est déclaré lundi soir «profondément indigné» par l\u2019attitude des bateaux des gardes-côtes américains au large d\u2019Haïti.Ces navires, «au mépris des ac-çords et conventions signés par les Etats-Unis, violent les eaux territoriales haïtiennes pour arraisonner les embarcations de pêche, kidnapper de petits pêcheurs et les présenter ensuite à îa presse comme des voyageurs clandestins», souligne un communiqué gouvernemental.D\u2019autre part, un juge de Miami a accordé 41 millions de dollars de dommages et intérêts à six Haïtiens qui affirmaient avoir été torturés par le régime militaire de Prosper Avril.Ce procès avait été intenté en février 1991 alors que Prosper Avril, l\u2019un des militaires haïtiens qui se sont succédé au pouvoir à Port-au-Prince dans les années 80, vivait à Miami.Il avpit regagné Haïti après le coup d\u2019Etat qui, en 1991, a renversé le président élu Jean Bertrand Aristide.Les six Haïtiens affirmaient avoir été arrêtés, sévèrement battus et torturés par des soldats agissant sous les ordres de Prosper Avril.Certains d\u2019entre eux avaient ensuite été détenus pendant une longue période sans soins médicaux et tous ont subi des infirmités permanentes, selon le texte de leur plainte en justice.L\u2019un des plaignants, le Dr Fernand LaForest, qui vit maintenant à Paris, a déclaré que «beaucoup d\u2019Haïtiens estiment que les Etats-Unis sont responsables de la crise actuelle».«Il est réconfortant de voir un tribunal américain punir un tortionnaire haïtien», a-t-il ajouté.Le montant de ces dommages et intérêts a été fixé vendredi soir par un juge de Miami et rendu public hier par le Centre pour les Droits Constitutionnels de New York qui représentait les Haïtiens dans ce procès.autres» sidents ou membres de jury de guignols qui se sont laisser embarquer dans cette aventure sans souci de crédibilité.Du côté québécois, l\u2019auteur-com-positeur-interprète Stephen Faulkner, le conteur Jocelyn Bérubé, la chorégraphe Shantal Nicole, la compagnie de danse Migration, le peintre Michel Barbeau, le sculpteur André Foumelle et les réalisatrices Suzanne Guy et Diane Carneau défendront les couleurs de la Belle Province.Pour les sportifs, il a fallu attendre le 20 juin pour obtenir les noms de la délégation même si Bruni Surin court d\u2019ores et déjà sur toutes les lèvres; au football, on notait la présence de deux Cana- diens dans la formation francophone affrontant.et perdant devant l\u2019équipe de France A.Quels que soient les résultats obtenus et les problèmes persistant à quelques semaines de leur ouverture, ces deuxième Jeux de la Francophonie seront un ultime et irréversible test pour leur avenir.Soit ils mourront avant de naître et sombreront dans l\u2019oubli le plus total \u2014 ce qui sera relativement facile vu qu\u2019ils sont déjà inconnus \u2014, soit ils deviendront un rendez-vous suivi.Il semblerait que la Ville lumière ait voulu prendre les paris.un moyen comme un autre de mettre en sourdine la dévaluation du franc CFA! LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)985-3333 ADMINISTRATION\t(514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siège social est situé a informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par M * uméro 2050 de Bleury.! geries Dynamique*, dis iGra (514) 985 3344 (514) 985 3344 (514) 985 3399 1 800 363 0305 SERVICE A LA CLIENTÈLE .\u2022 Extérieur (sans frais) \u2022 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS I» \u2022¦¦dru ds téléphone ssittsli sont valables pou Il service ds litrtitos par camelot al pou lit aboiiennlt piilaii.Montréal\t(514) 985-3355 .HTA 3M9.Il est imprimé par 1rs lmp c.775 bout Irbrau.St Uurent Envn .7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest nie Saint Jacques.Montréal.L\u2019Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les istrrment no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399."]
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