Le devoir, 10 janvier 1995, Page(s) complémentaire(s)
A 10 L E 1) E V 0 I H .I.E M A RDI I l) .1 A N V 1ER 1 !) !) 5 LE DEVOIR ACTUALIT LNH: rumeurs de progrès New York (PC) - Après plus de 10 heures de négociations hier à New York, il semblait que les propriétaires de la Ligue nationale de hockey avaient fait des concessions devant six demandes, non précisées, des joueurs et que des représentants de ces derniers avaient reçu des appels de la part de dirigeants de l’Association des joueurs, ce qui laisse croire que des progrès étaient enregistrés.Confrontées à l’obligation d’en venir à une entente avant midi aujourd’hui, faute de voir la saison annulée, les deux parties en cause dans le long conflit de travail sont retournées à la table de négociations pour un sprint de dernière minute.Une première rencontre a d’abord été tenue en privé entre le commissaire Gary Bettman et le directeur exécutif de l’Association des joueurs Bob Goodenow.Les avocats John McCambridge et Bob Riley, pour l’Association des joueurs, et les vice-présidents Brian Burke et Jeff Pash, pour la LNH, se sont joints aux négociations par la suite, mais Bettman et Goodenow étaient de nouveaux seuls en fin de soirée.«J’ai entendu dire qu’il y a eu des progrès», a déclaré le propriétaire des Oilers d’Edmonton, Peter Pockling-ton.«D’après les conversations que j’ai eues (avec des dirigeants de la LNH), je crois qu’on va parvenir à une entente».OTTAWA Offensive touristique SUITE DE LA PAGE 1 canadienne» administré par Patrimoine canadien.Depuis le dépôt l’automne dernier du Budget des dépenses supplémentaires pour l’année fiscale en cours, le Bloc essaie sans succès d’obtenir du ministère davantage de détails sur l’allocation des ces fonds.¦ 1,1 million $ pour souligner le 30e anniversaire du drapeau canadien.Cette initiative débutera le 6 février lorsqu’apparaîtront à travers le pays des panneaux publicitaires exaltant les 30 ans de l’unifolié.L’offensive touristique semble de loin la plus controversée de ces initiatives fédérales puisqu’il s’agit non seulement d’une prétendue intervention dans la campagne référendaire, mais également de l’intrusion d’Ottawa dans un champ de juridiction provinciale.Cette initiative a été révélée sans tambour ni trompette en octobre par le premier ministre Jean Chrétien lors d’un discours à Vancouver.Le chef du gouvernement avait alors annoncé, à la suite d’un rapport préparé par l’ancien ministre libéral Judd Buchanan, qu’Ottawa allait augmenter ses dépenses annuelles en marketing touristique «intérieur et international» de 15 millions $ à 50 millions $ «en faisant des compressions budgétaires ailleurs».Selon le rapport Buchanan, «la promotion des voyages au Canada relève actuellement des provinces.Tout au long de mes consultations, l’industrie n’a cessé de préconiser que le gouvernement fédéral rétablisse un programme canadien de marketing national pour encourager les Canadiens à voyager davantage au pays».Au bureau du ministre de l’Industrie, John Manley, dont relève la responsabilité du programme touristique renforcé, on précisait hier que la forme que prendra cette initiative sera déterminée par la toute nouvelle Commission canadienne du tourisme.Celle-ci est présidée par M.Buchanan.On prévoit le lancement d’une première campagne publicitaire pour le mois d’avril, d’après le porte-parole du ministre, Bill Milliken.Mais l’initiative fédérale suscite déjà de vives critiques de la part du Bloc.«Se donner, au cours d’une année référendaire, un mandat de promouvoir le tourisme à l’intérieur du Canada, c’est tendancieux, c’est politique et c’est à tout le moins anticonstitutionnel, a martelé Yves Rocheleau, député bloquiste de Trois-Rivières et critique en matière de politique touristique.C’est sans doute un avant-goût de ce qui nous attend en termes d’utilisation des fonds publics fédéraux pour essayer d’influencer les Québécois.» Fonds qui ne seront pas comptabilisés en tant que dé- penses du camp du NON dans la prochaine campagne référendaire, renchérit M.Rocheleau.En effet, la Couronne fédérale n’étant pas assujettie à la loi québécoise réglant les finances électorales, rien n’empêche Ottawa d’ainsi dépenser à son gré.Le directeur général des élections semblerait aussi impuissant devant des campagnes publicitaires de tiers partis, y compris celle que prévoit cette année la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).Tel que Le Devoir l’a rapporté la semaine dernière, la FCFA cherche un million de dollars auprès d’Ottawa et des sources privées afin de monter une campagne vantant la dualité linguistique du pays.La situation n’est pas sans rappeler la campagne référendaire sur l’Accord constitutionnel de Charlottetown.L’importante campagne publicitaire parallèle soulignant le 125e anniversaire de la Confédération qu’avait alors montée Ottawa a été traitée de tactique politique afin d’épauler le camp du OUI.Sans effet, semble-t-il, compte tenu du rejet cuisant qu’a connu Charlottetown.Et la tactique ne serait guère plus rentable en 1995, selon la députée bloquiste Suzanne Tremblay.«On se souvient très bien de la chanson de la jeune fille (de la publicité du 125e) que tout le monde finissait par fredonner, a rappelé Mme.Tremblay.Mais ça ne nous a pas fait changer d’idée pour autant.» Répéter l’expérience en 1995, c’est gaspiller de l’argent au moment même où Ottawa s’apprête à couper paijout ailleurs, ajoute-t-elle.A part sa campagne publicitaire prévue pour marquer le 30e anniversaire de l’unifolié, les 7 millions $ additionnels que Patrimoine canadien s’est vu accorder pour l’année fiscale qui prend fin le 31 mars seront employés dans le cadre du programme de l’identité canadienne.Ces fonds serviront, entre autres, à financer certaines activités déjà existantes dont Patrimoine canadien a hérité d’autres ministères lors de sa création l’année dernière, a précisé Claudine Renauld, chef des relations avec les médias.Cette dernière a ajouté que le mandat du ministère inclut spécifiquement la promotion de l’identité et des symboles canadiens, mandat dans lequel s’inscrit la célébration du 30e anniversaire du drapeau.«Promouvoir l’identité canadienne, ça prend des sous, a affirmé Mme Renauld.Et les Canadiens en veulent plus.» En effet, s’appuyant sur un sondage effectué par le gouvernement fédéral en 1991, elle a soutenu que presque 90 % des Canadiens étaient alors d’accord pour qu’«Ottawa mette davantage en évidence nos valeurs communes».VIVRE «Des salauds» SUITE DE LA PAGE 1 Pour les gens qui habitent dans ce petit quartier en pleine zone de guerre, la vie continue.Leur bataille en est une obstinée pour garder un semblant de normalité et oublier le malheur qui les accable.Les 100 000 habitants qui restent à Grozny sont les prisonniers de la folle campagne du gouvernement Eltsine en Tchétchénie.Ironiquement, ils sont pour la plupart Russes et pauvres, les victimes d’une Russie qui les a abandonnés.Chaque soir, Oleg et Grégory se couchent avec leurs vêtements sur le dos, un petit sac de provisions au pied de leur lit, de peur qu’il faille aller se cacher dans le sous-sol.«Chaque fois que je m’étends, je saute du lit aussitôt», explique Tatiana Asatourova, 31 ans, la mère des deux enfants, exténuée.Chez eux, le petit appartement est barricadé de partout.Ils vivent dans une pièce.Les deux lits, une table et un bureau prennent toute la place.Des tapis persans couvrent les murs.Malgré la guerre, tout est immaculé.La dame prend bien soin d’enlever la poussière qui vient couvrir les meubles chaque fois que l’endroit est secoué par une explosion.Tatiana insiste, ses deux fils doivent apprendre leurs leçons.Un livre d’école est ouvert en permanence sur le petit bureau.«L’école est fermée depuis un mois, les enfants n’apprennent plus rien, lance-t-elle.Tout ce qu’ils découvrent c’est le bruit des bombes qui les réveillent chaque nuit.» Le père d’Oleg et de Gregory les a quittés le 16 décembre au début de la crise pour aller travailler en Sibérie.Il est chauffeur de taxi.«Il n’avait pas le choix raconte cette femme de 31 ans.C’est la seule façon de gagner un peu d’argent» Alors, en pleine guerre, elle reste seule avec ses deux fils sans le sou.Russe d'origine, elle est née en Tchétchénie, elle refuse de s’en aller.«Il y a eu des offres pour partir, dit-elle.Mais où aboutirions-nous?Et qui peut me garantir que je retrouverai mon appartement à mon retour?Cet appartement c’est toute ma vie!» Tatiana comme toute la petite communauté russe du quartier Minoutko craint les combattants tchétchènes.Elle soutient qu’un Russe du quartier a été assassiné par des moudjahidins du président Doudaïev.Elle a aussi peur du pillage.On ignore si les portes ouvertes sur certains paliers de l’immeuble de madame Assatourova ont été forcées ou soufflées par les explosions.Mais la tentation est grande pour les maraudeurs.Ainsi les gens qui restent s’accrochent à leur demeure, ils refusent de partir.«J’ai tout ce qu’il faut: de la viande, des pommes de terre, tout», assure Tatiana.Elle avoue pourtant que ses enfants manquent de lait.Ils ont le teint blafard et le plus jeune est constamment malade.Lorsque les combats sont trop intenses, la petite famil- le court au sous-sol, un bunker de fortune.L’endroit est serpenté de tuyaux, poussiéreux, il est impossible d’y passer plus d’une nuit La voisine de l’immeuble d’en face, elle, ne peut se rendre dans le bunker.Juchée au cinquième étage de l’immeuble, où l’on peut voir les combats, Nina a mal aux jambes, elle ne peut descendre les escaliers.Sans radio, ni télévision, le seul lien avec le monde pour Nina et son mari Eugène ce sont leurs voisins.Ce sont eux aussi qui leur amènent de l’eau et du pain.«Nous avons un stock de pommes de terre, de farine, de sucre, de thé, nous mangeons ce qui nous tombe sous la main», explique l’homme le dos droit et le regard fier.Le couple, qui a vécu les deux dernières guerres et la révolution russe, n’est pas au bout de ses malheurs.«Gratvchev et Eltsine sont des salauds, lance Nina.Us jettent des bombes sur des vieux.Même les Allemands n’étaient pas aussi cruels.Lorsqu’ils ont pris Grozny, leurs avions bombardaient à l’occasion.Mais cette fois, les raids ravagent notre ville jour et nuit» C’est lorsque la nuit tombe que Nina a le plus peur.Samedi à 20 heures, elle buvait tranquillement un thé, lorsque soudainement une forte lumière lui a frappé le visage.«Le souffle de l’explosion m’a poussée en bas de ma chaise», s’exclame la dame le regard doux, le ton posé.Le deuxième étage venait d’être touché par une roquette.Le vieux couple Sigoliev marche sur des éclats de verre, leur appartement est aux quatre vents.«Les Tchétchènes ont de la famille dans les montagnes, dans les villages, raconte Nina.Nous, nous n’avons personne où pouvons-nous aller?» Les Sigoliev ont une fille qui habite le Grand Nord russe.Sans téléphone, la centrale téléphonique détruite, impossible de la joindre.«Et puis, si nous voulions aller la rejoindre, nous devrions prendre l’autobus et l’avion.Nous n’avons plus un sou», explique cette dame déterminée à survivre.Le gouvernement russe ne paie plus les pensions en Tchétchénie depuis plus d’un an.Nina et Eugène ont survécu grâce aux petites sommes envoyées à l’occasion par leur fille.Maintenant ils n’ont plus rien.«Eltsine est un menteur, lance son mari Eugène.Si je le pouvais, je l’étranglerais avec mes propres mains!» Il a honte de son armée.«Nous, durant la Deuxième Guerre mondiale, nous procédions au moins de façon systématique, raconte le vétéran qui s’est battu à Driansk et près de Moscou.Eux, tantôt, ils bombardent, tantôt, ils tirent à l’artillerie.C’est à n’y rien comprendre.C’est n’importe quoi!» Mais même s’ils avaient de l’argent, Nina et Eugène avouent qu’ils refuseraient de s’en aller.«Je suis née ici, comme ma mère, ma grand-mère, lance la petite femme au sage sourire.Je veux mourir ici.Ce qui doit arriver arrivera.Notre vie est entre les mains de Dieu.» PHOTO PRESSE CANADIENNE Daniel Johnson en compagnie de Michel Bélanger, nouveau président du comité du PLQ pour le NON.JOHNSON Pour «le changement graduel SUITE DE LA PAGE 1 commissions dont le mandat est de compléter une déclaration de souveraineté».«Jamais, ajoute-t-il, je n’ai dit que nous serions muets.Au contraire, j’encourage les gens qui veulent aller dire devant la commission que ça n’a aucun sens, à aller le dire; il y a des libéraux qui vont le faire.» Mais le Parti libéral n’a pas l’intention de se limiter à ces forums.C’est pourquoi il met sur pied, dès aujourd’hui, un comité référendaire, dont la présidence est confiée à M.Bélanger.Ce comité veillera à l’organisation des troupes fédéralistes.Ses autres membres seront nommés à l’occasion du conseil général du Parti libéral, fin janvier.Dans quelques jours, M.Johnson annoncera la formation d’un autre comité, chargé celui-là de définir l’argumentation du comité du NON lors du référendum.En dévoilant par étapes ses cartes, M.Johnson imite le PQ qui, presque chaque jour depuis le 20 décembre, annonce les noms des présidents des 15 commissions consultatives, dans le but de montrer que des gens de divers milieux adhèrent à sa démarche.Hier, le premier ministre a fait connaître le nom des présidentes du Bas-Saint-Laurent (Rita Giguère, présidente du Conseil de la culture) et de l’Estrie (Lynn Charpentier, femme d’affaires).Le sociologue Gary Caldwell a été nommé vice-président en Estrie.M.Bélanger était coprésident de la commission d’étude sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, qui en est venue à la conclusion, à l’hiver 1991, qu’il n’y avait plus que deux voies acceptables au Québec: une «ultime» tentative de redéfinir son statut au sein du régime fédéral d’une part, et l’accession à la souveraineté d’autre part.En apprenant la nouvelle hier, l’autre coprésident et actuel ministre des Finances, Jean Campeau, s’est demandé si son ancien collègue «n’était pas en train de renier sa signature au rapport de la Commission Bélanger-Campeau?» M.Campeau estime que M.Bélanger, en appuyant le NON, agit comme si leur commission «n’avait jamais existé».Selon lui, après le rejet, en 1992, de l’accord de Charlottetown, que M.Bélanger avait appuyé, la seule voie qui reste, dans la logique Bélanger-Campeau, c’est celle de la souveraineté.M.Campeau croit que M.Bélanger, s’il ne voulait pas opter pour la souveraineté, aurait dû «rester neutre».M.Campeau souligne que M.Bélanger était même, à l’époque, d’accord pour qu’il y ait un référendum sur la souveraineté dès 1991, comme une arme destinée à obtenir, par la suite, de bonnes offres constitutionnelles du reste du Canada.Le ministre des Finances demande à M.Bélanger s’il est de ceux qui veulent «qu’on reste des dominés, des conquis, des résignés».«Lui, il veut qu’on continue à payer des taxes à Ottawa et laisser les autres provinces gérer, dit-il.C’est une façon de rentrer à genoux».M.Bélanger a convenu hier que ceux qui voteront NON au référendum voteront pour le statu quo.Mais il ne s’en formalise pas parce que «le statu quo n’est pas fixe».Selon lui, «le statu quo c’est l’ensemble de la situation actuelle qui comprend une constitution qui n’a jamais été légitimée par un vote de l’Assemblée nationale du Québec.Tant que cela n’est pas changé, avec peut-être beaucoup plus de temps qu’on pouvait le penser dans le passé, il est toujours possible d’arriver à des changements».En outre, il souligne que la fédération change grâce à des arrangements administratifs.Pourtant, la commission Bélanger-Campeau affirmait dans son rapport, dont M.Bélanger est le premier signataire, «l’étendue et la profondeur du consensus qui a été exprimé devant elle à l’effet que l’état actuel des choses est rejeté, sans équivoque, par la population du Québec».En 1992, pour appuyer le OUI à Charlottetown, M.Bélanger faisait valoir que voter NON, c’était choisir le statu quo et que «choisir le statu quo, ça me dépasse», disait-il, car le statu quo, «c’est maintenir l’incertitude politique et économique pendant longtemps».Hier, M.Bélanger a dit préférer «risquer le changement graduel, plutôt que d’accepter l’argument de la rupture et de la reconstruction pour en arriver au même résultat».H signale que «la beauté de la question» telle que formulée par le gouvernement, c’est qu’elle «laisse toutes les autres options ouvertes», y compris l’idée générale de souveraineté du Québec ou la doctrine d’affirmation nationale.Le gouvernement prévoit faire voter les citoyens sur une loi affirmant la souveraineté du Québec.«En disant NON à ça, dit M.Bélanger, vous ne dites NON qu’à une chose: une loi spécifique avec toutes ses modalités.» Et avec, dit-il, ses «ambiguités, ses incertitudes, ses imprécisions».M.Bélanger soutient que la souveraineté est faisable, mais que la vraie question c’est de savoir si c’est souhaitable.Il voit son mandat comme étant d’amener les souverainistes à expliquer en quoi «le fait de devenir des étrangers au Canada» rapporterait des bénéfices aux Québécois.MONDE Érosion des ventes SUITE DE LA PAGE 1 Mais les changements les plus radicaux ne sont pas tous apparents.Pour attirer les investisseurs, la structure financière du journal a été remaniée le 19 décembre dernier.Depuis 1951, les rédacteurs regroupés en société possèdent une part du capital leur permettant de désigner les membres de la direction et d’influencer la gestion.Ce qui était présenté comme un gage d’indépendance avait déjà été modifié lors de la crise de 1985.Depuis trois semaines.Le Monde est la propriété d’une société anonyme au sein de laquelle la société des rédacteurs ne conserve qu’un droit de veto.Et encore, cette minorité de blocage pourrait disparaître d’ici 5 ans, si le journal n’a pas remboursé 20 millions de dollars (la dette pouvant être convertie en actions nouvelles qui renverseraient la majorité de contrôle).«Sinon, c’était le dépôt de bilan ou la vente du journal», a déclaré Olivier Biffaud, président de la société des rédacteurs.En attendant, la nouvelle société a placé l’intellectuel et ancien homme d’affaires Alain Mine à la tête de son conseil de surveillance.Sa mission consiste à trouver les 75 millions de dollars nécessaires à la relance.Autrement, la structure de propriété, qui a toujours fait la fierté du Monde, pourrait être revue.Une perspective qui évoque dans l’esprit de plusieurs journalistes les restructurations radicales et déchirantes qu’a connu la presse britannique depuis quelques années.Dans sa dernière livraison, le magazine L’Expansion cite une note confidentielle datée ‘du 12 juillet dernier où le directeur Jean-Marie Colombani juge «la vie du journal en danger» et son indépendance «en péril».Le Monde a perdu l’an dernier autour de 10 millions de dollars (13 millions en 1993) .Depuis la fin des années 80, il a subi une érosion constante du nombre de ses lecteurs 0a diffusion payée passant de 375 000 à 350 000).En trois ans, la part de la publicité dans les revenus a aussi chuté de 50 % à 21 %.Conséquence: à près de deux dol- lars l’exemplaire (sept francs), Le Monde est aujourd’hui le quotidien le plus cher d’Europe.Contre vents et marées, Jean-Marie Colombani signe dans l’édition d’hier un éditorial qui en appelle à «la dimension irremplaçable de l’écrit, celle qui offre la distance et le recul sans lesquels il n’est pas de citoyen actif et responsable».Son pari est cependant loin d’être gagné.Il y a deux semaines, il expliquait à la télévision qu’il ne contrôlait en réalité qu’une partie du budget du Monde.Le reste étant figé par les conventions collectives et les dépenses d’immobilisation, comme celles de l’imprimerie d’Ivry qui ne fonctionne qu’à la moitié de sa capacité.La situation est d’autant plus difficile que la presse vient, pour la première fois depuis des années, d’essuyer une hausse de 20 % du pris du papier.Le Monde risque aussi de continuer à connaître des problèmes de distribution (en France la distribution de la presse est un monopole) et il sera toujours impossible de se le procurer le soir de sa parution hors des grandes villes françaises.Les difficultés du Monde ne sont cependant pas exceptionnelles puisqu’elles touchent presque toute la presse dite «nationale».La France continue d’être un des pays d’Europe où on lit le moins de quotidiens et les petits journaux déficitaires comme L’Humanité et La Croix ne survivent qu’à l’aide de subventions de l'Etat En un demi siècle, les quotidiens dits «nationaux» ont perdu deux lecteurs sur trois, alors que les magazines, en bonne santé financière, se sont multipliés.La France reste par ailleurs un des rares pays occidentaux où l’on crée encore des quotidiens nouveaux.Cet automne seulement a vu la naissance d'Info Matin et Aujourd’hui, deux publications très illustrées aux articles télégraphiques.Seul un Français sur cinq lit un quotidien «national».Les autres lisent des quotidiens régionaux, comme Ouest France et Le Parisien, en bonne santé financière.Derrière le nouveau look du Monde se profile toute la crise de la presse que l’on appelle ici «de qualité».] r LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS au.PUBllCITÉ P FVF\/OïR DU LUNDI AU VENDREDI DE 9HOO À 16H30 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 * UJL lyJùVUllt 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUEBEC) H3A 3M9 w publicité (si4)985-3399/télécopie».
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