Le devoir, 10 mars 1995, Cahier B
LE DEVOIR Visa Page B4 Tourisme Page B5 Sports Page B6 Agenda Page B7 Québec Page B8 Culture Page B9 PLAISIRS ¦ Mu I, E I) E VOIR V E N I) R E I) I 10 M A II S I !» !» 5 Vrai de vrai JEAN DION LE DEVOIR lvis est vivant.Ça, tout le monde le sait.Ce qui est moins connu, toutefois, c’est qu’il devait donner un spectacle le 25 février dernier, annulé in extremis ainsi qu’en témoigne un appel télépho-¦iticfue qu’il a lui-même fait au président Bill Clinton.l' On ignore probablement aussi que John F.Kennedy êst toujours de ce monde.Comme Hank Williams.Com- „t joue que dans son théâtre — çst d’un étonnant contrôle, d’une autori-i tz té insid ieuse et lumineuse à la fois.;/ Gabriel Arcand est une bête de.sçé-, >, ne dont on devine qu’il ne veut, pas , > assumer un tempérament — péjorài ; j, tif?— de monstre sacré quand ç’êstj i ~ un acteur prodigieux, nettement ài 1 part, un comédien intense et absolu,-, >.Dans le personnage de Feuerbach il pousse au maximum le caractèrçy « tragique d’un homme sans caractè-J 1 re, c’est-à-dire qu’il ouvre:de» brèches dans les interstices du texte oïi le drame passe intact, dur, aux li-mites de l’indécence.Lorsqu’il apçs-i trophe l’assistant qui.>v le reçoit dans ce ùj théâtre vide, lorsqu’il l’accuse péremptoire-, -1 ment de n’être rien./ „s de ne reproduire que:.; les gestes de son di-; .7 recteur, il débloqùç,#r.• s’emporte dans .un.' rire sardonique absor jy lument glaçant, il dé- 7/ voile des pans d’effroi xç dans le bloc de son personnage, ,et ¦ c’est un travail d’acteur aux portes,'7 du génie., ;,7 Il est dommage que la prestation' ;.’; d’Arcand soit desservie par une raison) en scène flasque et maladroite.Le to jeu des acteurs de soutien est laissé»'/ en plan, la comédienne qui joue l’ujvH truse détonne tellement que qe)a\' > gêne, et dans l’ensemble le metteur.; ; en scène n’a pas su gérer la philpsô'pù phie de son aire de jeu, il n’a pas su> G où situer — dans ce théâtre dans?’le.>7 théâtre — l’empreinte du faux sim le n semblant de vrai qui nous est proposé.C’est de la mise en scène courte;; n décevante, qui aurait gagné à avoir moins d’ambition.- — Mais tout ici est placé entre les mains souveraines de Gabriel Arcand.Ce spectacle est en fait un numéro de monstre sacré — sur son envers, le comédien raté — et l’on n’est pas sans penser au modèle ancien où tout se bâtissait ainsi autour d’un grand acteur, d’une grande ac-__ trice, qui ne pouvaient atteindre-leurs plénitudes qu’au centre d’un brouillard de figurants et d'accessoires.Isabelle Huppert Daniel Auteuil [
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