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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-04-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIE Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page D5 ?Yves Gaucher Page D8 Formes Page D10 HTO I, K |) R V (Mil.LES S A M EDI 8 E T l> I M A X I II E !l A V II I I.I II !» Marc-Aimé Guérin HAND E, DESSINEE Un parti pris pour la littérature LOUISE LEDUC LE DEVOIR Dans une pièce encombrée de livres et de manuscrits qui sont autant de souvenirs et de promesses, Marc-Aimé Guérin, prospère fondateur des éditions qui portent son nom, raconte la petite histoire de ses Saisons littéraires.Cette nouvelle revue unique en son genre, de par ses quelque 400 pages, tous genres confondus, est à la fois un cadeau qu’il s’offre et un tremplin de choix pour les écrivains en herbe.Les plus jeunes d’entre eux, ceux qui ont appris à lire avec le «professeur Guérin» et qui écrivent à leur tour de jolies choses, y reconnaîtront sa bienveillance à guider leurs premiers pas «dans le grand monde».En 24 ans d’existence, la maison Guérin a publié 3000 titres.Sans jamais renoncer à sa vocation pédagogique, l’entreprise montréalaise n’en fait pas moins aussi la promotion de la littérature.tout court: à preuve, la naissance de ces Saisons littéraires qui, comme son nom l’indique, paraîtront quatre fois l’an, au rythme des équinoxes et des solstices.Cette semaine, avec le lancement du deuxième numéro printanier et l’éclosion d’une trentaine de nouveaux talents, Guérin égale déjà en longévité ses éphémères Québec littéraire, qui n’avaient duré que le temps des roses.Entre 1976 et 1978, la maison Guérin lançait en effet son premier magazine littéraire sous la forme de grandes entrevues menées par le journaliste Yvon Boucher.Seules deux livraisons sortiront, de facture très dépouillée: l’une sur Gérard Bessette et l’autre sur Hubert Aquin.Vingt ans plus tard, Marc-Aimé Guérin tente de faire sortir ces ouvrages de l’oubli.«Celui sur Hubert Aquin, qui nous a accordé l’une de ses dernières entrevues, nous est particulièrement précieux.Yvon Boucher a certes dû mettre de l’ordre dans ses propos déjà confus pour en faire un texte à vocation littéraire, mais l’homme tourmenté derrière l’écrivain n’en transparaît pas moins dans l’en-registrement que nous avons conservé.» Sur la disparition du premier Québec littéraire, point de regrets.«En tant qu’éditeur, je suis habitué à changer mon fusil d’épaule.La formu-succès, je ne la corinais pas!» Arrivent donc sur les tablettes, en 1988, les Québec littéraire deuxième génération.Cette fois, la barque est menée par Jean-Claude Germain.«La formule modeste du premier Québec littéraire n’avait pas eu le souffle publicitaire suffisant pour lui donner son envol.La formule prin-cière du deuxième Québec littéraire, sur papier glacé et avec illustrations, était vouée à l’échec», constate M.Guérin.Dans un cas comme dans l’autre, les ventes, insuffisantes, ne permettront pas d’atteindre le seuil de rentabilité.Dans un petit marché comme celui du Québec, le même destin Marc-Aimé Guérin le magique du Marc-Aimé v\ \ erreur, PHOTO JOSÉE LAMBERT lonté impersonnelle et sociale», ce dentiste prospère s’était forgé une identité qu’il n’avait jamais vraiment désirée.Un beau jour, une jeune fille survient dans sa vie, sans rendez-vous.11 la soigne.Elle repart.Puis sa vie craque.Non pas parce qu’il s’engage dans une quelconque liaison dangereuse — c’eût été trop banal.Mais plutôt parce que cette jeune fille, dont il retrouvera la mère et la grand-mère, lui fera prendre conscience du temps, de l’époque dans laquelle il a vécu, de la mémoire, de l’avenir, des générations et de la mort.Messagère de son passé, la gamine aux cheveux gominés lui révélera qu’il s’est trompé de vie, qu’il souffre d’une «erreur de désir».Il entreprend alors de remonter le passé, le fleuve de sa vie.Son identité se défera morceau par morceau, dans une démarche irrationnelle, oblique, insaisissable.Il délaissera temporairement sa clinique, abandonnera sa femme à son groupe d’amies, à sa «décroissance personnelle» et à ses Madame au Foyer.Il quittera aussi ses enfants après avoir brutalement constaté qu’il ne se reconnaît pas en eux, que le milieu qu’il a choisi pour eux les a rendu superficiels, qu’il n’a pu leur transmettre ce qu’il était.Cas classique de dépression, trancherait le premier psy venu.Mais nous sommes ici en littérature et tout cela est beaucoup plus complexe.VOIR PAGE D 2 : LARUE PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR rugé par le conformisme, enlisé dans la fidèle fatalité, le Dr Luc-Azade Santerre était au fond tout ce qu’il n’avait jamais voulu être.Quarante ans.Deux enfants.Une épouse.Trois ou quatre vieux amis.Des loisirs.Un compte en banque.Deux maisons, dont un château à TMR, «Tiemmarre», Town of Mount Royal, une enclave cossue géographiquement très près mais pourtant très loin de Montréal.Terrain «paysagé».Pavé uni.Couple uni.«Berné par une vo- VOIR PAGE D 2: GUÉRIN Léon La Came, la bédé de l’heure PIERRE LEFEBVRE Dans un grand domaine familial, à l’heure où il fait presque nuit, un homme ayant tout de l’adolescent maladroit supplie son grand-père, une silhouette énigmatique enveloppée d’une couverture à carreaux et trônant dans un fauteuil roulant, de ne pas partir, de ne pas mourir, de ne pas le laisser seul avec les mystères de la vie.Le vieillard ne répond pas.Immobile, il n’y a que son bras, de temps à autre, qui s’élance soudainement pour attraper une mouche.Ainsi commence Léon La Came, une bande dessinée d’une richesse, d’une densité, autant graphique que thématique, hors du commun, et qui, à l’heure où de plus en plus d’artistes oeuvrant dans ce domaine semblent incapables d’investir un tant soit peu l’immensité du médium, propose une «jouissance BD» si pleine et si complète qu’on en reste comme foudroyé.Dès les premières images, l’atmosphère trouble et puissante de l’œuvre se manifeste.Et lorsque l’on s’enfonce dans le récit, l’on réalise très rapidement qu’il s’agit là d’un album incontournable.Car à travers l’histoire des Houx-Wardiougue, une famille d’industriels français, de Crécy et Chaumet nous proposent un état des lieux de notre époque aussi lucide que terrifiant.L’ouvrage se présente sous la forme d’un roman d’apprentissage, celui de Géraldo-Georges, dit Gégé, grand dadais devant l’étemel, initié aux choses de la vie par Léonce, dit Léon, pépé fantasque à mi-chemin entre l’aventurier et le voleur de grand chemin, créateur de la fabrique familiale dont il était à l’époque le «patron communiste», ressurgissant auprès des siens après une longue absence.Quasi centenaire, le vieux brigand est bien sûr à la retraite et c’est Aymard, le fils, antisyndicaliste notoire, qui dirige aujourd’hui la fabrique et qui impose, dans la famille, sa loi.Le retour du père fondateur provoquera évidemment quelques remous, Léon La Came étant essentiellement l’histoire d’une filiation qu’on tente de rectifier; car en s’instituant comme mentor auprès de Gégé, Léon s’efforce surtout de faire bifurquer la direction qu’Aymar inflige à la lignée.Obsédé par la puissance et l’argent, celui-ci a été incapable de transmettre autre chose à sa descendance qu’un mode de vie basé sur l’efficacité et la notion de profit.Leur identité culturelle s’est pour ainsi dire tarie par sa faute, ce qui est particulièrement marquant chez les enfants de Nadège, sœur de Gégé, qui sont complètement américanisés, bien qu’ils singent ce mode de vie venu d’outremer plutôt qu’ils n’y participent Si sa vision des choses avait au moins permis à l’entreprise de survivre, elle aurait cet honneur à son actif, mais l’affaire périclite et après un refus essuyé auprès des Américains, ce sont des acheteurs japonais que courtise aujourd’hui Aymard.Ce drame familial est ainsi le récit d’une lutte à l’inculture et la dégradation des valeurs se cristallisant autour du couple grand-père/petit-fils.VOIR PAGE D 2: BÉDÉ AVRIL 1995 6$ 162 PAGES LIBERTÉ DU MOIS D’AVRIL CHEZ VOTRE LIBRAIRE LIBERTÉ 218 BETTI NA RH El MS : PHOTOGÉNIE DE L’ABANDON \ *1 I 1 André Major La Vie provisoire roman Boréal LIBRAIRIE HERMES 362 jours par annee 1120, ave.laurier.ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 télec.: 27*3660 YOLANDE VILLEMAIRE Le dieu dan L'HEXAiO] Séance de signature avec le samedi 8 avril GUERIN «Le scolaire ne nuit pas à la littérature> LARUE SUITE DK LA PAGE D 1 n’attend-il pas les Saisons littéraires au tournant?La question ne semble pas inquiéter M.Guérin outre-mesure.«Dans une maison importante comme la nôtre, il y a toujours des temps morts à utiliser pour faire des choses que l’on aime, rentables ou non, Une fois le fomiat et le nombre de panes détenninés, je n’ai qu’à regarder dans ma tirelire pour voir si j’ai assez de sous pour acheter le paper.Si oui.au i \ ilune où roulent (tournent?) les presses, il ne faut pas plus qu’un avant-midi pour imprimer nn ouvrage connue les Saisons littéraires et le relier.» Si la tirelire n’est visiblement pas vide, il reste que le but de l’exercice n’est évidemment pas d’occuper les presses.La vocation des Saisons littéraires se trouve résumée dans une lettre de presentation envoyée aux bibliothécaires.«(La revue) sera placée sous le signe de la littérature, de la grande littérature comme dit VLB, de la petite littérature comme dit Guérin, de la bonne littérature comme disait Gide.» Pour mener à bien le projet, M.le dgj&sident du conseil d’administration et directeur général a décidé d’y voir de près afin de réduire «le lourd état-major administratif» qui avait en partie floué les Québec littéraire.Marc-Aimé Guérin n’est pas peu fier du produit.«En France, une revue de cette envergure, avec autant de variété, coûterait 80 8.Nous la vendons 8,95 $!» Cet aparté économique cédera vite la place à des considérations plus humaines, ramenant M.Guérin a ces quelque cinquante collaborateurs du solstice d’hiver 1994-95 et de f’équinoxe vernal 1995 combinés.A plusieurs de ces noms, il est capable d’accoler un visage.Il aime surtout se rappeler celui, radieux, de cette jeune maman qui étudie à l’UQAM.venue au lancement du numéro inaugural.I.e temps d’un grand sourire, le gros-méenant-bri-seur-de-rêves qui dit recevoir un manuscrit par jour se transformait en généreux-éditeur-de-la-première-chance.Comme le souhaitait M.Guérin, ses Saisons littéraires n’ont rien d’une clique, comme en témoignent ces «autoportraits» des collaborateurs, encore trop peu connus pour pouvoir exhiber une biographie tirée d’un ouvrage spécialisé.En toute humilité, celle-ci, mère de famille, raconte comment, un jour, elle a «retroussé ses manches et essayé d’écrire».Celui-là se présente comme un fonctionnaire au chômage qui, pêle-mêle, dit aimer passer son temps avec sa conjointe, devant son André Major Peut-on jamais guérir les blessures que le temps ouvre en soi ?«.la sortie de son roman La Vie provisoire constitue le véritable événement littéraire du printemps.» Hervé Guay, Le Devoir Boréal Qui m'aime me lise.ordinateur, ou à jongler avec l’idée de la souveraineté.Mis à part quelques auteurs connus, comme le poète Guy |)esi-lets et le très polyvalent Nanti Kat-tan.la grande majorité de ceux qui figurent à la table des matières dans les catégories essai, fiction et poésie sortent de l’ombre pour l’une des premières fois.Quelques-uns ont particulièrement impressionné Marc-Aimé Guérin, comme Raymond Fortin avec ses Mille précautions gantées pour choisir un tua nu id lx-s collaborateurs des Saisons littéraires viennent surtout du Québec mais la revue est ouverte à toute la francophonie et à tous les genres.«Je n’ai que deux seuls partis pris: envers le Québec et envers la littérature».souligne M.Guérin.II en résulte un ensemble hétéroclite où l’essai sur la ville chez Jean-Paul Lemieux, signé Gaétan Brûlot-te, côtoie sans plus de manière, dans le premier numéro.L’Aveu de François Boudreault.un romantique de 24 ans qui abandonne sa carapace de gars de gang de Chicoutimi pour regretter le souvenir de «cette Aero partagée sur l’heure du dîner».Une seule ombre au tableau: cette lettre ouverte de Marc-Aimé Guérin qui ouvre le premier numéro des Saisons littéraires par une cinglante réplique à l’auteure Francine D’Amour dont il se considère le mécène.Amer du peu de reconnaissance de l’auteure des Dimanches sont mortels qui lui reprochait il y a quelques mois d’avoir abandonné jadis le Québec littéraire (et peut-être aussi d’avoir frappé à la porte de concurrents pour ses romans subséquents), M.Guérin frappe fort.«Je me sens coupable aujourd’hui, en tant qu’éditeur, de lui avoir fait croire un instant qu’elle avait du génie-1.» Et vlan! En fin d’entrevue, l’éditeur assure que «ses comptes sont maintenant réglés» et conclut, sur une note plus positive, sur tous ces projets qui se bousculent dans sa tête.Pour ses Saisons littéraires, il souhaite quelques numéros spéciaux (la prochaine parution coïncidera avec la Saint-Jean-Baptiste, fait-il remarquer): s’ajoutera aussi à la famille Guérin, «d’une minute à l’autre», une nouvelle collection, Les Bibliothèques du monde entier, qui survoleront les grands classiques.Les petits recueils de 40 ou 50 pages, qui s’apparentent à la formule des morceaux choisis, pourraient par exemple faire connaître Platon à travers l’un de ses dialogues.Foi d’éditeur, il faut faire des choix.«La vie est trop courte pour tout lire.» ord.19,95 15,95 del4hàl6h Oampigm 4380 ST-DENIS, MONTRÉAL TÉL: 844-2587 © mi-royal À prix spécial' le 8 avril seulement lut (le quelque me doté de n uira donc seul.Il traversera l’épreuve en déséquilibre, entre deux carapaces.Comme un crabe.En s’interrogeant, il découvrira progressivement qu’il est le résu!-hose, qu’il est un ai» moire.En renouant avec ses origines, il réalisera qu’il appartient à sa mère, aux amies de sa mère, bref à une collectivité.Il voyagera dans les méandres d’une mémoire «fractale» — un détail du motif englobe le motif tout entier.Ainsi s'organise Im Démarche du crabe, le toui nouveau roman de Monique LaRue paru cette semaine chez Boréal.Un roman qui creuse à la fois les questions fondamentales de l'identite, de la fragilité humaine, de la peur et du temps.C’est aussi un remarquable roman philosophique — la romancière réussit même l'exploit d’enrichir le texte des leçons des grecs Héraclite, Par-ménide et Démocrite sans affaiblir le rythme du récit.La Démarche du crabe est en clair un livre comme on en lit malheureusement trop peu souvent au Québec, c’est-à-dire un l>arfait mariage entre une intrigue et le propos d’un auteur qui a quelque chose à dire.«Ce qui m’intéresse, c’est de construire une histoire qui colle à des émotions et qui porte un sens», confie la romancière férue de littérature américaine.Son roman repose par ailleurs sur de profondes assist's sociologiques, dans la mesure où il nous décrit mieux que tous les essais le désarroi d’une génération déboussolée.En ce sens, on y trouve des clés pour mieux comprendre les problèmes d’identité des individus et de la collectivité.C’est un roman sur le temps, parfaitement inscrit dans l’esprit du temps.Un hommage à la littérature, enfin, qui apparaît dans ce roman comme un moyen privilégié de laisser une trace, de faire un pont entre les générations.C’est un roman que tous les collégiens qui voudraient étudier la littérature mais qui choisissent les sciences pures pour faire plaisir à papa et maman devraient lire! Tout en évitant soigneusement les généralisations, Monique LaRue pré cise les intentions derrière son quatrième roman.«C’est avant tout le portrait d’un homme qui était inscrit dans le temps, qui a vécu la génération qu’on appelle celle des babyboo-mers.Très exactement.11 a connu l’euphorie, l’effervescence et les espoirs de l’Exposition universelle de 1967, il a été emporté par la fièvre nationaliste des années 60 et 70.Ce que j’avais en tête en écrivant ce roman, c’est ce qu’est devenu l’homme qué bécois, celui qui a fait partie de la croissance du Québec, qui vient d’une famille relativement humble comme la plupart des Québécois, dont les grands-parents ne venaient pas de la ville et dont les parents sont venus à Montréal remplis d’espoir.Je voulais voir ce qu’est devenu celui qui a profité de la démocratisation de l’enseignement, de tous les avoirs culturels des années 60 et 70 pour réaliser les désirs d’ascension sociale de ses parents.Or je constate que ces gens n’ont |ws assimilé la culture, n’ont pas assimilé non plus (’urbanité, le fait de vivre dans une grande ville comme Montréal.C’est |x>ur ça qu’ils iiveni en péntohéi ie Le drame de San terre — et de milliers d’autres de sa génération — c’est de découvrir qu’il n’a rien à dire, qu’il n’a plus de prise sur le monde parce qu’il ne s’est pas construit une identité de façon assez rigoureuse*.Hors du monde, hors de la culture, hors de l’Histoire.il ne sait plus qui il est.» Im Démarche du crabe s’avère aussi un roman sur la force de l’écriture.Le dentiste Santerre aurait voulu être un artiste.Il aimait la littérature et la philosophie.Il aurait toujours voulu écrire mais il se le refusait.La jeune fdle a ouvert «la brèche que rien ne peut combler, d’où s’écoule le fiel noir de l’écriture».C’est pourquoi toute sa dérive vers le passé, Luc Santerre la racontera par écrit à Sarah.C’est d’ailleurs ce qui le sauvera.Sa lettre à Sarah, -son unique œuvre, constitue d’ailleurs le corps du roman de Monique LaRue.«II écrit à Sarah parce quelle ne sait pas d’où elle vient.Elle n’a pas de conscience historique.Elle n’a pas de conscience du temps.Elle est l’écume mais elle ne sait pas de quel courant elle vient.Luc Santerre va lui dire.Je pense que c’est un peu ça la force de l’écriture.Elle n’est jamais immédiate mais elle est toujours quand même dans le temps.On est dans une société de l’image et de l’instant.Mais l’écriture fait le lien.Tout le malaise de la littérature, actuellement, vient du fait qu’on la considère comme n’importe quel autre moyen de communication dans le présent.Mais l’écrivain n’est jamais dans le présent», poursuit la romancière.«Quand on écrit, on sait que ça va laisser une trace, que ça a rapport avec la mémoire, avec la prise de conscience que nous sommes mortels», explique-t-elle.Plus encore, l’écriture devient ici un moyen de réconciliation, un pont entre les générations.Un saut salutaire vers le futur.Car dans La Démarche du crabe, mieux vaut ne pas retourner dans son passé.«Quand on commence à s’interroger sur le passé, c’est une façon de laisser la mort nous avoir, Parce que la vie, c’est se battre, c’est aller en avant.On est toujours travaillé par la vie et la mort.La mort, c’est quelque chose qui nous habite.» Toute l’aventure du Dr Santerre débouchera sur une tentative de réconciliation avec sa femme Nicole.Mais il sera trop tard.Le crabe — symbole du cancer — le ronge, le gruge de l’intérieur, lui dévaste la rate qui est, selon la médecine, «le siège de l’Antique Melancolia».Il n’y a pas de hasard.LA DÉMARCHE DU CRABE roman Boréal, 221 pages » P f Vn ?Pa0!^ Du local au planétaire Reflexions et pratiques de Femmes en développement régional Soa.i la direction de Denyse Côté, Monique des Rivières, Nicole Thivierge et Marielle Tremblay À l’heure du désengagement de l’État, quel sens donnons-nous à la notion de développement régional?Les régions y gagnent-elles vraiment et les femmes sont-elles reconnues comme agentes de développement?Du local au planétaire réunit des analyses de pratiques de Femmes en région ainsi que certaines réflexions conduisant à l’élaboration de paradigmes Féministes en développement régional.271 pages, 21,95$ ÉVELYNE AVT.C U CCX t ABOItATON Mi ANDRÉ BERNARD Militer au féminin Militer au féminin À la Fédération des Femmes du Québec et dans ses groupes affiliés Évelyne Tardy avec la collaboration d ’André Bernard Des milliers de Femmes consacrent temps et argent au militantisme dans des organisations vouées à la cause des Femmes.Qui sont ces femmes?Pourquoi militent-elles?Comment voient-elles et abordent-elles les rapports de pouvoir inhérents au militantisme?Illustré de nombreux témoignages, Militer au féminin nous livre les résultats d’une vaste enquête menée auprès des militantes dans des groupes de femmes.jgj pages j9 95$ les éditions du remue-ménage 4428, boul.St-Laurent, bureau 404, Montréal, H2W 1Z5 l les éditions du remue-ménage BEDE SUITE DK LA PAG K D I Toute la misère de Gégé se résume d'ailleurs à la question de son identité, et à son impossibilité de s'exprimer sous la loi du père, ce que lui permettra précisément Léon, en lui allouant un espace où sa parole lient se déployer.Prenant peu à peu de l'assurance, celui-ci finira, après quelques aléas, banni de la famille et montreur de marionnettes dans un petit commerce de hot-dogs itinérant, réactivant ainsi le schisme familial entre culture et profit.Léon, de son côté, victime de vapeurs industrielles toxiques, s'éteindra le jour même de ses cent ans.C’est un univers difficile, dur, terrible que nous proposent les deux auteurs.à l’image même des tensions qui animent notre fin de siècle.Certaines scènes sont d’une violence esthétique et psychologique qui n’est pas sans rappeler David Lynch, avant qu’il ne se mette à s’auto-parodier.Mais aucune gratuité n’entre ici èn ligne de compte, et l’une des réussites de cet album est précisément de nous présenter des épisodes alliant grotesque et cruauté sans pour autant verser dans le scabreux.Léon Im Came s'impose comme une lecture de première importance.Les auteurs, Nicolas de Crecy et Sylvain Chaumet, tous deux Français, vivent en ce moment à Montréal où ils travaillent à la réalisation d’un dessin animé.Nous les avons rencontrés.«Cette BD est le reflet de nos préoccupations et de nos craintes face à notre époque, m’explique d’abord Chaumet, face à la politique qu’on a réduite à un travail de gestion, à la culture rabaissée au rang de bien de consommation.On dit que l’art ne peut naître de la haine, mais cette BD est née d’une bonne dose de haine envers l’état actuel des choses, précise-t-il.C’est la raison pour laquelle la charge y est si forte.Et puis, pour arriver à se faire entendre à travers le fatras de la culture de consommation et les effets de mode, il faut secouer les gens.De toute façon,' ajoute de Crecy, la violence et la (fureté sont toujours légitimes lorsque la logique interne de l’œuvre l’exige.» Au départ le projet était beaucoup plus près de l’amer constat que de quoi que ce soit d’autre.Le personnage de Gégé avait un rôle plutôt mineur, et sa relation à son grand-père était pratiquement inexistante.«L’élaboration de l’album s’est passée comme celle d’une pièce de théâtre, poursuit Chaumet.Au départ il y a une idée, un peu de texte, mais c’est au moment où a lieu la rencontre avec les comédiens que le propos prend chair.C’est donc à partir des esquisses de Nicolas que je me suis vraiment mis à écrire.En voyant Gégé évoluer sur la page, je lui ai donné de plus en plus d’importance, au point de faire de sa relation à Léon le noeud central du récit.» Cette analogie théâtrale est particulièrement importante pour les deux artistes qui conçoivent leur collaboration comme celle d’un dramaturge et d’un metteur en scène.«Ce que Sylvain me donne, lance de Crecy, ce sont des dialogues, avec de vagues indications scéniques.Mon travail en est donc un de mise en scène.Contrairement aux albums que je réalise seul et où l’expérimentation graphique joue un plus grand rôle, j’ai ici simplifié mon graphisme afin de conférer au récit la plus grande lisibilité possible.J’ai également porté une grande attention aux personnages, m’efforçant de montrer, leurs visages, leurs expressions, de faire en sorte que leur psychologie, soit appuyée par leur physique.;Je; les jouais, en fait, en les dessinant, de sorte que j’estime que c’est presque dp jeu que j’ai effectué ici», conclut-il.A ce chapitre on peut affirmer que le dessinateur a réussi !sa; tâche.Les personnages, même secondaires, atteignent une dimension! véritablement romanesque, si ce; 11’est cinématographique, tant effectivement on serait tenté de parlér; dans leur cas de performance d’acteurs.À celle-ci s’ajoute la grande! qualité des dialogues.Malgré la mort de Léon, la sagà' des Houx-Wardiougue n’est pas ter*! minée.En plus de leur dessin animé,; les deux auteurs sont en train d’élaborer une suite à Léon Im Came.«IA personnage central sera cette foLs-Gégé, m'annonce Chaumet, qui! ;à! l'aube de sa quarantaine, se demande s'il n'a pas raté sa vie en misant sur les marionnettes.Cette remise èn! question l'entraînera au plus bas de' l'échelle sociale», s'esclaffe de Crecy,.I' Nous ne sommes pas sortis (lu bois.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ I.K It K V il I K .I.K V M K U I K T U I M (’ Il V II I) ii«a le samedi 8 avril de l4h à l6h RENCONTRER FOURNIER ï l’oocasion de la parution de ammmuii MONAMI LISt B I S S O N NE T T E r.O F Al.AC Ic.mlr.inço l ll.lSH.Iy L'nnVhigijïtc américaine tv min.iii \|ii«.ltivn|s ‘ fjfct mix l.t.iis’ Unis Mon premier I la b> Connaissez-vous la loi?Le Nouveau Gode civil cl vous Mc David Dolan 286 pages • 14,95 $ «Me David Dolan sail expliquer clairement, dans une langue débarrassée du jargon légal, les lois qui alTeclehl notre vie de tous les jours.Le livre se lit comme un roman.Chaque domaine est plein de rebondissements et d'inattendus.» Le Courrier de St-Hyacinllic LOGIQUES Les emplois sont rares, je veux un emploi! LOGIQUE Mon premier emploi .’ Camille l.abiveque , 144 pages * 12.95* Que vous soyez à la recherche d’qn emploi d'vté ou d'un emploi permanent, ou que vous désiriez changer de carrière, voici l’ouvrage qui donnera le maximum d'efficacité à vos démarches.' Au travail, pas de place pour les bébés! £ tpz Oman OinRoCHCS :i i j,h:h«:h .V-LJ.TU.Vnr fri'iii'iMAii-iMma Ne prenez pas votre patron pour votre mère Brian Des Roches 320 pages • 18,95 $ «C’est au travail qu'un adulte passe le plus de temps, rencontre ie plus de gens, donc risque le plus de se retrouver en situation de conflit.Ce livre nous apprend à nous affranchir des rôles d’oppresseur, de victime, de rebelle ou de martyr qui brouillent nos relations et dont nous sommes souvent prisonniers.» Im Presse L’INTELLIGENCE Dü PETIT ROBERT m^eignant (nam?.voulais i um mie a \cqmr .Out wnsu Bûbl it- réU \OUi Pu Mie Lagiqu ftn-alô ion ¦frïôM.diction Comédies L’Autre scène de l’écriture Cet essai parle de l’écriture et de* quelques écritures.Il cherche à rendre compte d’un effet particulier du texte — «sujet» ou «désir» — à partir de la notion de comédie entendue comme théâtre, envers ou enfer de la théorie.Les comédies ici jouées mettent en scène des voix inventant leur place dans une culture, une histoire, une filiation.Anne I l.tinc • 1 lllllv Comédies.L'Autre Scène île l'écriture Théorie Littérature «TZ collection «Théorie et littérature» 168 pages, 21,95 S m éditeur I "SI, rue À prix spécibl le'8 avril seulement Oaitipignv 4380 ST-DENIS.MONTRÉAL TÉL.:844-2587 © mi wovai L’Intelligence du Petit Robert Christel Veyrat 360 pages • reliure «mains libres» * 34,95 $ Le Petit Robert n'est pas qu'une simple liste de mots.Ce dictionnaire contient des ressources insoupçonnées qui permettent de comprendre l'intelligence de la langue française et de mieux la maîtriser.Les Éditions LOGIQUES Tel.: (514) 933«222S Fax : (514) 933-2182 THÉORII LITTÉRATURE L’Alsacienne à Alger Un dictionnaire, comment ça fonctionne?« Supérieur au premier roman, Choses crues est aussi l’un des plus riches de la saison.Jacques Allard, Le Devoir «Avec Choses crues, Lise Bissonnette confirme avec éclat son talent d'écrivain.» Andrée Poulin, Le Droit Mme Bissonnette a abordé ce thème classique du mensonge.avec une terrible lucidité.» Réginald Martel, La Presse « Bien fait, bien construit, un souffle remarquable.» René Homier Roy, VSD Bonjour, SRC Saint-Hubert, Montréal (Québec) 1121.37.1 TéL: 514.525.21.70 • Téléc.: 514.525.75 37 Anne Élaine Cliche Boreal Boréal Qui m'aime me lise.Le roman québécois face aux États-Unis L’ambiguïté américaine propose des lectures de différents romans québécois à la lumière de la présence des États-Unis dans les textes, sur les plans idéologique, intertextuel, interdiscursif.collection «Théorie et littérature» .198 pages, 22,95 $ MADAME ARNOUl ‘Jean-Noël Pancrazi collection Haute Enfance Gallimard, 138 pages Albert Camus, dans L'Été, disait trouver à Constantine des al* lures de Tolède et sentir dans Alger ia douceur italienne, il trouvait d’ailleurs à l’Algérie toute entière — avant la guerre — quelque chose de l’Espagne (d'où venait sa mère) et de l’Italie sans les souvenirs, les œuvres d’art et les vestiges exemplaires, car, écrivait-il, «les cités dont je parle sont des villes sans passé», et il en concluait: «Ces villes n’offrent rien à la réflexion et tout à la passion.» Il écrivait cela en 1947.Villes-eaphamaiim et villes-phénomènes que ces villes de l’Algérie d’avant 1954 où les conquêtes anciennes, arabes et turques, et la colonisation française de 1830, avaient créé ici et là des quartiers, des odeurs et des méfiances: Alger avait sa ville blanche et sa ville arabe, Oran son village nègre et son quartier espagnol, Constantine un quartier juif, damier de civilisations qui faisait de ce pays d’Afrique du nord un carrefour de toutes les cohabitations, pays d’un métissage tragique.Une poudrière sous les oliviers et les soleils cruels.Ce qui s’y passe aujourd’hui — à 35 ans de la sale guerre — n’est qu’une conquête de plus, c’est la barbarie nouvelle, une insidieuse guerre aussi sourde que celle de l’OAS des années 50, «une guerre sans nom» pour reprendre le titre de Bertrand Tavernier, car le pays d’Abd-el-Kader et d’Albert Camus, et puis du jeune Jean-Noël Pancrazi, est livré aux déchirements sans fin, aux envahissements perpétuels, jadis il y eut les Vandales, il y eut les Berbères, il y eut les corsaires, il y eut les colons, il y a les barbus.ROBERT LÉVESQUE ?Le romancier Jean-Noël Pancrazi, que l’on connaît comme le promeneur inquiet des nuits de Paris (Les Quartiers dhiver et U Silence des passions), est né en Algérie en 1949, cinq ans avant la Toussaint de 1954 qui fut le déclencheur de la guerre d’indépendance qui se fit dans le sang et la mort, et qui l’arracha, lui comme tous les autres pieds-noirs, à ce qui lui avait pourtant semblé être son pays.Pancrazi a 11 ans lorsque lui et ses parents, un matin de juillet, avec trois valises, partent en voiture et traversent la plaine du Constantinois alin de prendre le bateau définitif pour la métropole.Ije gamin y laissait ses souvenirs d’enfance, odeurs, couleurs, chaleurs et candeurs, camarades et professeurs, voisins et secrets, et surtout Madame Amoul, une femme qui habitait le même immeuble, parlait peu et venait le soir, en rabattant les pans de son peignoir, s’asseoir avec lui sur le banc au fond de la cour, «où s’inclinaient les ombres des draps soulevés, au-dessus de nous, sur la terrasse, par leventdesAurès».C’est dans la remarquable collection «Haute Enfance», chez Gallimard, que Jean-Noël Pancrazi, 35 ans plus tard, publie ces mémoires d’outre-Méditerranée, et qu'il revient à Batna où, de tous les charmes et mystères de cette vie d’enfant en Algérie, le visage de cette femme, Madame Amoul, une Alsacienne, demeu- 4 iTMfim l'/to téàt fat-con dtphuu re au premier plan de ses souvenirs, dans le sépia du lointain, assise à côté de lui à l'heure des devoirs d’école sur et* banc d’une maison serpentine faite d’escaliers et de couloirs, de galeries et de vérandas.BaUia était alors une halte militaire et une ville touristique sur la route des ruines de Timgad et de Lambèse, au sud de Constantine.Madame Amoul y était arrivée dans son adolescence et n'en était jamais repartie, mariée à un colon français qui la délaissait pour boire avec les copains et aller au bordel.Elle avait gardé son accent et frayait |x>u avec les pieds-noirs même si elle habitait le quartier européen, rêvant à d’imixissibles départs, morose et discrète.A tous les soirs vers huit heures, elle regardait passer au-dessus des collines d'oliviers le DC-3 d’Air Algérie qui rentrait de Paris et qui volait si bas que l'on pouvait distinguer les visages des passagers «qui revenaient de Métropole».Le petit Pancrazi aimait cette femme différente des autres, une Blanche Du Bois des colonies (perdue dans un univers à la Coup de torchon) qui lui parlait de la Sicile et de Prague, qui repassait des draps et parfois l’emmenait au cinéma, voir des Gabin et des films américains.Ils se promenaient sous les palmiers des allées Bocca, souvent ils allaient à la sortie de la ville parce que d’un train abandonné, dans un wagon ensablé mais encore garni d’images publicitaires de pays lointains, Madame Amoul se faisait des illusions de voyageuse, alors que lui jouait à être son fils ou son amoureux.Dans son souvenir, Pancrazi fait de ses parents des ombres.Sa mère enseignait le français à des musulmans, son père travaillait dans une minoterie, ils étaient assez absents, et du moins en parle-t-il très peu pour taire une vie de disputes et de tension glacée qui ne cessait que lorsque des voisins venaient à la maison.Il y eut «une dernière nuit de paix».Les premiers attentats, des explosions la nuit, des silences épouvantés, la porte qui se rabat sur le quartier des Européens, les tessons de bouteilles que i’on plante dans le mortier des murs d’enceinte, la peur, le couvre-feu, les écoles qui ferment, les cinémas que l’on plastique (ils échappent à un attentat en allant voir Trapeze), les dénonciations et les nuits sans sommeil.Trois souvenirs, trois sensations forment dans la tête de Pancrazi son Jean-François Chassay L’ambiguïté américaine fond de guerre: l’arrivée dans la cour de l’immeuble d’un détachement de soldats français, l'arrestation de Madame Amoul et les adieux tl’un camarade de classe musulman.Quand il part |xnir la métropole, il a emmagasine la troublante promiscuité des soldats, l'amour discret Le pays natal d'une «autre mère», et la fierté optimiste de Moham-de Pancrazi?med.Des soldats: «Je serais l'n enfer de resté là toute la nuit, envoû-, te par les odeurs mêlées de soleil et soupe tiède, de gamelles j, j.de metal, de sueur, de d adieux gourmettes roussies par les feux des combats, de bière chaude qu’ils renversaient sur leurs poitrines nues et de sable brûlé dont crissait encore le papier d’emballage des pâtes de fruits qui leur restaient des colis d'opérations et qu’ils m'offraient avant que je ne remonte».Madame Arnoul, à qui deux musulmanes venaient porter régulièrement des tuiles de miel, n’avait rien de commun avec les garants d'une suprématie européenne.Elle est classée à part, elle fraternise avec des indigènes et un jour elle sera déchirants mise sous arrêt.Elle reviendra affaiblie.blessée, et ne quittera pas l'Algérie; quelques jours avant le départ des derniers Français elle ira vivre dans le Village nègre où on lui fait une place, où Pancrazi l’imagine «perdant les dernières tonalités de son accent d’Alsaeienne, apprenant, à son tour, à confectionner les tuiles de miel, à broder les haïks en laine de soie et achevant de se fondre dans un pays qu’elle avait aimé autant que ceux qui en partaient».Et puis Mohammed, brillant en classe, avec qui une amitié admirati-ve naissait: «Pourquoi vous partez?.On ne vous fera pas de mal.».répétait-il.en se balançant de droite à gauche devant moi, comme pour faire écran à l’écho des clameurs de victoire qui s’élevaient de toutes les artères de la ville.» On sait l’histoire de l’Algérie depuis ces jours de 1962, la liesse et l’indépendance, des années de doute et d’hypocrisie politique, les dérives et les intolérances, et maintenant l’intégrisme actif: ce pays est maudit et de cet enfer de soleil Jean-Noël Pancrazi est sorti à 11 ans, sans Madame Arnoul, comme «un enfant perdu».Le deuxième roman de Lise Bissonnette |.K It K V II I II .I.K S s \ M H |t I T It | M A X I' II E Il A V H I I.I II II A I) ftm v E S E S SAIS Q I! É B É (' 0 I S Raison-compassion C NOS HOMMES Denise bombardier Seuil, 155 pages « est écrit par une journaliste qu’un gala dt* |to-7 pularité vient de sacrer meilleur interviewer de la télévision.Et ce.malgré la grâce timide (l’une Madeleine Poulin, malgré la façon pri-mesautière d’un Robert-Guy Scully, malgré la virtuosité tranquille d’un Stéphan Bureau.Mais peut-être sa popularité lui vient-elle de l’assurance légèrement effrontée de son ton.de cette nervosité souriante qui lui donne un air de mère supérieure en cavale?Chose sure, elle ne manque ni de bagout ni d’intelligence.Et elle ne contente pas de ce premier niveau de l’art de l’entrevue qui consiste à relayer des émotions («Mme Ixe, comment réagissez-vous à l’intervention de M.Igrec?») plutôt qu’à faire l’effort de formuler des questions.Quant au livre, il trône au sommet des ventes d’essais depuis plusieurs semaines.Denise Bombardier est une femme de carrière qui a eu sa part de gloire et de distinctions et qui a toujours pris son rôle d’intellectuelle au sérieux.1m Déroute des sexes, le livre précédent de Mme Bombardier.se voulait, à partir d’exemples parfois personnels, une attaque du féminisme politiquement correct, coupable de victimiser les femmes, de dérouter les hommes et d’affadir les relations de couple.Nos hommes reprend le flambeau: «L’histoire d’une femme, c’est avant tout l’histoire des hommes qui jalonnent sa vie», lit-on dès la première phrase de l’avant-propos.Mais l’essais puise ici abondamment à la source autobiographique, et les hommes-jalons dont il sera question sont les hommes d’une Denise Bombardier élevée pour l’occasion au rang très médiéval et courtois d'exemplum.Ses hommes ne lui appartiennent pour ainsi dire plus et leur destin est désormais entre les mains de toutes les femmes.Qui me comprend me ressemble, semble nous dire l’éclairée animatrice de Rai- _ ._ .Denise Bombardier son-passion.Le premier chapitre est un véritable compendium de ses relations masculines.En 16 pages sont présentés les neuf hommes qui ont d’abord compté pour Mme Bombardier.Cinq prénoms, une initiale (N.) et trois liens familiaux (le frère, le père, le fils) composent une première galerie intempestive où chaque tableau a sa place chronologique, émotive et morale.Car chaque relation apporte avec elle sa leçon de vie.D’un amoureux de la première heure qui plus tard se suicidera, l’adolescente retiendra que l’amour n’est pas quelque chose de surhumain.De la cour d’un prétendant britannique qui a sacrifié son désir pour respecter l’éducation canadienne-française de la jouvencelle, celle-ci conclura — belle leçon d’histoire?— que le mâle souffre lui aussi.De la fuite d’un insatiable séducteur, la jeune femme retiendra qu’il n’en tient qu’au sexe dit faible de pas se comporter bêtement en proie, etc.Le train ralentit un peu au chapitre deux, intitulé «La vieille menace féminine», où le lecteur essoufflé rencontre quatre hommes d’âge mûr mais immatures qui à des degrés divers ont raté leur vie par peur de l’engagement amoureux ou à cause d’une mère ou d’une femme castratrice.Au chapitre trois, le lecteur apprend qu’à côté des hommes qui restent de grands enfants il y a ceux qui deviennent de petits salauds, ceux qui profitent de la loi non écrite du plus fort pour souiller les petites filles.L’auteure raconte les deux cas d’attouchements, par un oncle et un réalisateur à la radio publique, qu’elle a subis quand elle avait quatre puis 12 ans.li?récit est ici plutôt factuel comme si elle avait déjà pris toutes ses distances d’avec les événements.On remarque la même pudeur dans les deux derniers chapitres — les meilleurs — lorsqu’elle aborde les relations et les amours qui ont accompagné sa vie professionnelle.Le lecteur ordinaire, avide de détails croustillants et de romans à clés, sera déçu.Certes, le spécialiste de la scène culturelle ou politique québécoise y reconnaîtra tel journaliste ou politicien célèbre, mais Mme Bombardier ne joue pas sur l’identification possible par le lecteur des hommes dont elle nous parle.Cela n’ajouterait rien à l’essentiel, qui est que Nos hommes est le journal d’une bataille contre soi-même, contre son éducation rigoureuse, contre la peur de la brutalité masculine et contre les séquelles laissées par un père trop violent (verbalement s’entend, aucun homme n’ayant jamais battu l’auteu-re).Contre la peur de la peur des hommes aussi, c’est-à-dire contre la faiblesse des femmes.Il s'agit en un sens d’une bataille gagnée d’avance, le rappel du passé n’éclairant pas véritablement le présent.C’est comme si le surmoi de Mme Bombardier était encore trop fort et que le tamis de sa conscience était trop serré.L’épisode des attouchements à quatre ans est raconté avec une omniscience invraisemblable, la signification de l’événement — «cet épisode venait de transformer mon rapport aux hommes âgés» — étouffant sa vérité affective et intime.Mme Bombardier sait trop bien qui elle est et Nos hommes n’offre qu’un éclairage tamisé de son vécu.Bref, la personne — Denise — demeure toujours en retrait du personnage — la Bombardier.Il s’agit en un autre sens d’une bataille perdue d’avance pour le lecteur qui espérait voir le personnage se déconstruire par le moyen de l’introspection et qui espérait assister à la naissance de l'individu qui l’habite.Cet essai manque de zones d’ombre pour être envoûtant.En tant qu’autobiographie, il manque de fiction, de cette part de recréation de soi-même qu’implique le regard rétrospectif.L’émotion affleure finalement vers la fin quand elle n’appelle plus ses hommes indifféremment par leur prénom ou l’initiale de leur prénom, quand en fait elle ne les appelle plus du tout, que toute trace de leur identité est disparue.Quand ceux qui ont à les reconnaître l’auront déjà fait et que les autres, qui ne savent pas, comprennent que ces «hommes indélébiles» sont la raison de la profonde compassion qui a animé et sans doute anime encore Denise Bombardier.Cette compassion à l’égard de ceux qui l’ont blessée, trahie, aimée, possédée, lorsqu’elle n’est pas trop crûment moralisatrice, est l’occasion de quelques-unes des belles pages du livre et, qui sait, une des raisons de son succès.PHOTO ARCHIVES Le dernier chef-d'œuvre du Prix Nobel de littérature 1982 Replongez-vous dans l'œuvre intense de cet auteur extraordinaire grâce à la collection Cahiers Rouges de Grasset : L'incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique, Les funérailles de la grande mémé, Pas de lettre pour le colonel, Des feuilles dans la bourrasque, Des yeux de chien bleu.11,95$ Grasset Gabriel Garcia Marquez signe ici un autre roman d’une grande beauté écrit dans un style lumineux qui atteint la perfection.GILLES CREVIER.JOURNAL DE MONTRÉAL.Dans son dernier roman, De l’amour et autres démons, Gabriel Garcia Marquez se surpasse et affiche une maîtrise sans égale du «réalisme merveilleux».HERVÉ GUAY, LE DEVOIR.Le dernier roman de Gabriel Garcia Marquez est peuplé de démons si sublimement séducteurs qu’on s’y damne avec délices.ANDRÉE POULIN.LE DROIT.C’est comme une grande nouvelle qu’on se transmet de bouche à oreille, un bonheur à partager.ANNE-MARIE VOISARD.LE SOLEIL.) 1 Lutte des classes et lutte des places J §S8S IIS LIENS (Ntlt IA PAUVRETÉ U U SANIE MENTALE Jean-Bernard Kobichaud, Lorraine Guay, Christine Colin.Micheline Pothier Avec le concours de Jean-François Saucier 1994, Gaétan Morin éditeur 272pages, 25$ IA SANIE MENIAIE El LES AUTOCHTONES DU QUÉBEC Bella H.Petawabano, Éric Gour-dt au, Francine Jourdain, Aanio Pal-liser-Tulugak etjacquelin Cassette Avec le concours de Claude Bouchard 1994, Gaétan Morin éditeur 304 pages (français et anglais), 31 $ GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Ces deux ouvrages récents sont les septième (autochtones) et huitième (pauvreté) de la série commencée en 1992 sous l’égide du Comité de la santé mentale du Québec.De la réadaptation psychosociale au travail en passant par la prévention et le vieillissement, le thème qui court en filigrane porte sur un immense défi collectif: passer de l’exclusion à l’équité.Il y a contradiction, conclut le premier titre cité en exergue, entre les normes affirmées au plan des valeurs collectives — fraternité, valorisation du sacrifice — et les règles qui prévalent de fait dans la société capitaliste — concurrence économique et lutte pour le statut social.Ces inégalités introduisent au cœur même des sociétés démocratiques une sorte de cassure, de déchirure, qui constitue la toile de fond où s’élaborent la genèse complexe et l’évolution des problèmes de santé mentale.Dualisation, ghettoïsation, ségrégation mènent à l’exclusion et à la marginalisation, notent les auteurs.L’exclusion, non seulement du partage de la richesse collective mais aussi des divers lieux de participation des orientations de la société, constitue le phénomène le plus troublant des récentes décennies, ajoutent-ils.L’exigence de citoyenneté démocratique impose de mettre en œuvre les moyens de sortir de cette exclusion, de faire en sorte, selon un témoignage, «qu’il y ait toujours une place pour s’exprimer, faire savoir ce qu’on pense et qu’on en tienne compte, et défaire l’idée que ce n’est pas grave d’être dominé, même temporairement».Lecture stimulante, commente en postface un spécialiste français, Vincent de Gaulejac.La question du «je» est ici centrale: lorsque le pauvre ou le malade mental est traité comme un objet, il perd sa dignité, ce qui détruit de l’intérieur une partie de ses capacités d’action.D’où l’importance de cette insertion: les personnes pauvres sont habilitées plus que toutes les autres à parler, à être des experts de leur propre vie.Pour autant, ajoute le sociologue, il convient de ne pas tomber dans le populisme, le misérabilisme, l’empirisme ou le subjectivisme.La «vérité» n’est l’apanage ni du discours savant ni de la subjectivité de l’acteur.On doit la rechercher dans une confrontation entre ces deux discours, dans un va-et-vient entre la rigueur méthodologique du scientifique et le vécu de ceux qui sont confrontés aux problèmes étudiés.Entre autres idées, l’auteur de La Lutte des places fait valoir qu’il faut passer de la notion de pauvreté à cèl-ie de désinsertion sociale.Celle-ci touche non seulement les catégories sociales en situation de pauvreté chronique mais également un nombre de plus en plus élevé d’individus issus de classes sociales auparavant parfaitement intégrées (pay-sans, ouvriers, mais aussi employés et même cadres).Problématique propre aux autochtones Des témoignages bouleversants, il y en a également dans le second document, concernant cette fois les autochtones.Sous certains aspects essentiels, concluent les chercheurs, les communautés autochtones font face à une problématique particulière qui leur est propre.Non pas tellement en raison de la nature ou même de la fréquence des problèmes, mais à cause surtout des facteurs à l’origine des problèmes, des conséquences qu’ils entraînent et des solutions qu’ils appellent.L’élément central de cette problématique, c’est l’état de colonisation dans lequel les autochtones ont été entretenus pendant plus d’un siècle, et dont l’effet se fait encore sentir.«Cette conséquence tragique, c’est la perte du sens de l’utilité et du sens des responsabilités à l’égard d’eux-mêmes et à l’égard de leur milieu.» Cette problématique commande une démarche globale que doit s’approprier le milieu lui-même.Personne ne peut remplacer les autochtones eux-mêmes quand il s’agit des décisions à prendre et à tenir pour relever dans l’immédiat les défis auxquels fait face la santé mentale dans leur milieu.Une contribution externe est nécessaire, certes, mais elle doit s’exercer en vertu de droits reconnus, administrée par des professionnels «au fait» et communiquant d’égal à égal.«Non seulement doivent-ils bien comprendre que leur apport professionnel compétent répond à des droits qu’ont les autochtones, mais encore doivent-ils éviter que leur démarche s’inscrive — peut-être même à leur insu — dans un contexte de dominant à dominé.En fait, c’est de ce contexte et de ses résultats psychologiques débilitants que les autochtones doivent prioritairement se défaire pour retrouver la santé mentale qui faisait la fierté de leurs ancêtres et dont la société de l’envahis-seur-conquérant les a systématiquement et paternellement dépouillés.» Les ressources nécessaires sont présentement inexistantes.La métamorphose ne viendra qu’avec la mé-tabolisation des plaies du passé, in- nn pays à portée de main ! Publication de 616 pages, 14.95$ Pourquoi rindépendance ?Mépris de la constitution Finances publiques Invasion fédérale Génocide des francophones Négociation impossible L’Action I nationale! 1259, rue Bern, bur.320 Montréal • H2L 4C7 (514) 845-8533 Améliorez votre français écrit Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Cours sur mesure à la maison, au bureau, en vacances.Date limite d’inscription : 30 avril 1995 Pour recevoir le dépliant d'information, appeler au (514) 343-7393 ou remplir la formule ci-dessous et la retourner à : Cours autodidactique de français écrit (CAFÉ) Université de Montréal, C.P.6128, succursale Centre-ville, Montréal (Québec), H3C 3J7 Nom et prénom Adresse Ville Code postal (0549) sjste Richard Kistabish, de la natiun algonquine.L’expérience courageuse de Grand-LaoVictoria n’est relevée nulle part, alors que l’approche systémique a permis d’y ouvrir le coffre-fort de la mémoire collective.«Nous n’avons plus besoin d’études pour sonder notre âme, conclut-il.Nous avons besoin d’être enfin entendus.Nous recevez-vous clairement?», demande ce leader algonquin.Cette question s’adresse à chacun de nous, bien sûr.Excellente initiative que celle du Comité de la santé mentale du Québec, qui joint à ses rapports d'experts trois évaluations externes.Ce qui permet aux profanes de se faire une idée à leur tour et d’inciter à l’action.A la condition que les documents débordent le cercle habituel des initiés ou des personnes déjà sensibilisées aux problèmes de santé mentale.I» O É S I E Savoir se confier GÉANTS DANS L’IlE Monique Deland, Laval, Editions Trois, «collection Topaze», 1994 DAVID CANTIN Après une mention au prix Al-phonse-Piché et le grand prix,de poésie Le Noroît en 1993, Monique Deland obtenait, il y a quelques semaines, l’une des plus importantes distinctions en poésie québécoise: le prix Emile-Nelligan 1994pour son livre intitulé Géants dans Vile.En dépit de nombreuses publications dans diverses revues depuis quelques années, il s’agit du premier recueil que signe cet auteur dans la trentaine.Avant d’aborder l’œuvre elle-même, il me faut souligner la très belle conception graphique de ce livre.Des détails dans la photographie d’Alain Laframboise en couverture jusqu’au choix méticuleux du papier, tout invite à la lecture.Certains éditeurs de poésie, autant en Europe qu’au Québec, devraient s’inspirer du travail récent, à la fois sobre et ingénieux, des éditions Trois! On néglige trop fréquemment les propriétés tactiles et visuelles de certains livres! «Je ne suis plus la même», cette phrase isolée qui achève le poème initial témoigne d’un changement, mais aussi de l’émergence d’un univers fait de douleurs et d’inquiétudes.Les trois parties («L’effet de la mort», «Entre la fuite et le recommencement», «Un circuit (Jans les étoiles») de Géants dans l’Ile viennent confirmer cette déclaration, à travers les différents rapports que la mère entretient avec ses filles et son père.La mort de celui-ci guide, d’ailleurs, des constats difficiles, mais souvent justes: «De blanchès traînées de ciel s’étirent avec douleur.Dans trop peu de lumière.Je reconnais mal les arbres sans leurs feuilles, ni les jeux du soleil à travers elles.L’odeur de la terre me confirme qu’ils sont bien ceux que l’été faisait verts.Au-delà de leur forme qui change, les arbres persistent.Irréductiblement stabiles.Une continuité que je leur envie.».Des passages semblables, et bien d’autres, tentent d’illustrer une tension émotive, les liens fragiles qui existent entre différentes personnes, par le moyen d’une narration décousue.La mémojre devient un lieu, symbolisé par Vile du titre, où s’organise un repli solitaire autour des faits et gestes que suscite un quotidien envahissant.Ainsi, l’anecdote engendre des situations où l’on passe, de manière brusque, de Ja joie à la détresse.Etrangement, cette nouvelle voix possède maintes affinités avec, deux lauréates antérieures du prix Emile-Nelligan, soient Elise Turcotte (èn 1987 et 1989) el Rachel Leclerc (en 1991).Comme chez ces deux poètes, Monique Deland traite de la question amoureuse, de la famille let de la relation difficile avec le pèiie, tout en pratiquant une prose poétique où coïncident le récit et l'ellipse.Bien que ces thèmes paraissent mal exploités par moments, la composition ainsi que l’écriture de Géants de Vile suggèrent une maîtrise convaincante pour une première œuvre.Des phrases courtes, mais bien fignolées, produisent un effet d’équilibre sensible: «Je ferme les yeux, retrouver la trace en moi de te corps que j’ai laissé partir.Qui demeure.Une évidence.Je sais q(ie dans le mauve de l’Inde, le croissant de lune forme un berceau.».De plus, cette symétrie se retrouve dahs l’agencement des poèmes à travers l’ensemble du livre, donnant une profondeur substantielle à la démarche de l’auteur.Le ton omniprésent de la confidence, déchirée entire le désespoir et un désir de transcender cet état, dégage ici l’impression d’une voix naissante à la recherche d’un imaginaire d’autant plus personnel.Des trois finalistes sélectionnés, Monique Deland est celle dont l’œuvre m’apparaît comme étantlla plus prometteuse.Il reste à savqir toutefois si les projets futurs imposeront une véritable maturité fade à cette démarche?1 f 3232 I.K |) K V 0 I It .I.K S S \ M KOI K K T l> I M A X ( II K » A V Kll.I » » 5 ET VEND AU MEILLEUR PRIX ACHÈTE CHOIX ET QUALITÉ 713Mont-RoyalEst.Mil Métro Mont-Royal 5236389 3694 St-Denis, Montréal Métro Sherbrooke 849-1913 mm ITEMS RARES ET DE COLLECTION mm mmi A u d e t V R E S - Saint-Vanier de-la-Croix Pas de fond au désir.«Non.Il n’y en a pas de fond du désir.Tu demanderas à Saint-Jean-de-la-Croix.» Dans son cou, trois petites croix pendouillent au bout d’une chaîne.Denis Vanier PHOTO JACQUES GRENIER I) A NIEI.L K LAURIN Denis Vanier avait laissé une boite à mon attention à la librairie U Chercheur de trésors à deux pas de chez lui, une boîte remplie de livres et d’articles de lui pour la plupart in- Et cette image du poète vulgaire, trouvables.Il y avait aussi, plié dans obscène, violent, qu’il traîne comme une enveloppe, un c.v.manuscrit fait une croix.«Je pense que si j’enle-pour l’occasion, incluant des cita- vais le mot croix de mes poèmes, le dons de ses propres poèmes, un c.v.- tiers de mon œuvre serait amputé, poème si on veut et qui commence ainsi: «Issu de l’extrême droite absolue/ et du vice intérieur le plus total,/ il apprend vite que ’alcool/ est la le-vure du péché originel/ le drame de sa vie étant le désir et la soif.» Il y avait encore dans la boîte aux trésors un poème inédit à paraître bientôt dans Estuaire, le plus beau que j’aie lu de lui je crois, et une rose, une rose jaune en plastique avec dedans une fragrance dite exotique.Quant à son nouveau recueil, Le Fond du désir, je l’avais déjà.Il m’avait appelé un soir de novembre: «J’ai un livre pour toi, je te l’ai dédicacé».Je n’avais jamais rencontré Denis Vanier.Je connaissais ses derniers recueils dont L'Hôtel brûlé, mais surtout les incontournables Lesbiennes d’acid et Le Clitoris de la fée des étoiles.J’ai toujours lu ses poèmes sur la corde raide, entre la répugnance et la fascination.J’ai toujours été frappée de plein fouet par ses excès de mots, de ton, de tout, d’acharnement dans la révolte et la profanation.Et j’ai toujours associé sa poésie à celle de Josée Yvon que j’ai découverte, ainsi va la vie, avant la sienne.J’ai passé deux heures avec Denis Vanier chez lui rue Ontario dans l’est.C’était tôt le matin, le soleil inondait la pièce.Le poète, chemise ouverte sur ses tatouages, fumait ses Players light entre deux joints d’herbes, deux gorgées de café.ou de potion magique.Le café était bon, le désespoir profond, et le désir.sans fond.Ije fond du désir, c’est quoi?«Il n’y en a pas de fond.Ce n’est certainement pas son absence, bien sûr.11 n’y en a pas de fond.D’ailleurs, tu vas avoir de la misère avec moi.Une bien grande difficulté à expliquer ce que j’écris.La clarté m’effraie, tu as dû le lire.J’ai un souci d’exactitude qui fait que je ne comprends rien.Le fond du désir, c’est ça.» Peur de toucher le fond, Denis Vanier?«Non.D’autant plus que ça a été fait à quelque niveau.» C’est-à-dire?«La mort, tu sais bien.» Dans Hôtel Putama publié en 91, il raconte, outre le fait qu’il a côtoyé les grands de la beat generation à New York à 15 ans, qu’il est mort, cliniquement mort, trois fois.«C’était en 90.Quand je suis sorti de l’hôpital, j’étais supposé être ataxique, c’est-à-dire plus capable de marcher.C’est neurologique.» Et le désir?«Le désir c’est la vie, c'est l’énergie.Excuse-moi, mais quand tu ne bandes plus, tu es aussi bien de te tirer une balle dans la tête.» ça et le sang, et le désir.» Inscrite dans sa chair, sur sa poitrine, parmi les tatouages qui n’en finissent plus d’attirer le regard, une danseuse hawaïenne.sur une croix.Dans le numéro de Le Sabord qui porte sur l’excès (automne 1994), Denis Vanier a écrit: «En ce qui me concerne, un texte ne peut qu’être excessif, je serais un “tueur en série” si ce n’était de l’écriture et de la brève beauté de son étemelle vitesse.» A prendre au pied de la lettre?«Absolument.Je suis persuadé que l’écriture me sauve ou m’a sauvé de la psychopathie certaine.Toute cette énergie, t.out ce désir, ce désir, justement.Écriture, acupuncture, tatouage, les poignets, ça me semble très symbolique de la fin.Il n’y a jamais de fin.» Denis Vanier a-t-il la foi en quoi que ce soit?«Je suis dans un manque total de foi, bonne ou mauvaise.J’aimerais ça avoir la foi.Je serais écoeurant, je serais un saint fla-shé.J’ai la foi en moi, c’est assez, non?» De grosses angoisses, Denis Vanier?«Connais-tu ça l’hyperventilation?C’est écoeurant.» Et l’absolu?«L’absolu, est-ce qu’il y a un mot plus prétentieux que ça?» Dans Le Fond du désir, encore: «Je sais que l’on considère le mot “absolu”/ comme prétentieux/ c’est vrai,/ crevons-en donc tous».L’absolu est là partout comme un grand trou dans les poèmes de Vanier.Chez Gauvreau aussi.«Je comprends, il s’est lancé en bas du troisième aussi, Gauvreau.L’absolu.Tu n’as pas fini si tu le cherches.La mort, moi, c’est le dernier de mes problèmes.L’euthanasie, tu connais?As-tu déjà entendu parler de la China White?C’est de l’héroïne.Ça meurt comme des mouches à Vancouver avec ça.Tu ne te le shoote pas toi-même parce que tu ne te rends pas au bout Tu meurs ben raide.Tu peux être sûr que ça va être sur vidéo cette affaire-là.Je peux vivre jusqu’à 110 ans.Je ne mourrai pas à 44 ans, pas comme Josée Yvon, en tout cas pas dans les même conditions.Et puis je ne suis pas séropositif, non, j’ai bien assez de mauvaises fréquentations comme ça.» Est-ce que Denis Vanier a la rage?«Je n’ai aucune amertume.» A-t-il déjà eu la rage?«Qui, mon manque d’identité sociale.A savoir: si la police te demande ce que tu fais dans la vie et que tu “feeles” pour une tape sur la gueule, réponds-lui: poète.» Le Fond du désir publié aux Herbes rouges vient d’être couronné par le prix Estuaire/Terrasses St-Sulpice.Le premier prix de poésie que reçoit Vanier en 30 ans.L’essentiel est dans le superflu Mais où est donc Donna?IEITRES DE DEUX CHANTEUSES EXOTIQUES, Pauline Harvey, Danielle Roger, Montréal, Us Herbes rouges, 1995,127pages MICHÈLE MALENFANT L’une s’appelle Ida et souffre de sa i trop grande visibilité (elle se croit grosse).Elle aime les voyages, les pays exotiques, elle aime aussi visiter les Dollaromas (ces endroits où tout est à 1$), flâner dans les librairies, se promener avec des poètes dans les poches.Elle porte les vieilles robes de satin et de velours de sa mère, deux fois trop grandes pour elle, et a longtemps cru «que des perles suffisaient parfois pour survivre».Elle chante en allemand dans les bars sans rien connaître de cette langue et rêve d’interpréter U Vaisseau d'or en russe inventé.L’autre s’appelle Rita, Rita de Panama, et n’est pas sûre d’exister.Se croyant invisible, elle chante fort dans les rues «pour qu’on m’entende à défaut de lia] voir».Elle aime, elle aussi, les pays exotiques, les colliers de fausses perles, les Dollaromas.Elle aime également le tango, les bars, les robes rouges, les bracelets qui font du bruit et le sourire des Mexicains.Elle chante m dans les bars en espagnol, une langue qu’elle ne connaît pas mais qui, pour elle, «ressemble au bonheur».Ida et Rita se connaissent depuis un certain temps: elles se sont plusieurs fois croisées à Montréal ou lors de leurs nombreux voyages.Mais au cours de cet automne, où le hasard les a fait se rencontrer, une amitié naît et se développe à travers une correspondance quasi journalière où chacune prend plaisir à se raconter.La relation épisto-laire de ces «deux chanteuses exotiques» est ce qui structure le récit.Pauline Harvey est l’auteure des lettres de Ida et Danielle Roger signe celles de Rita.Voilà deux femmes hors du commun, exotiques, certes, fantaisistes, la tête remplie de rêves fous, tout à fait originales, dans leur façon de vivre et de penser.Rêvent-elles d’un appartement confortable et meublé avec goût?Non, pour elles, rien de plus poétique qu’une chambre à louer.Se préoccupent-elles de leur avenir, espèrent-elles un travail plus rémunérateur?Elles n’y pensent même pas.Conscientes qu’il y a un prix à payer pour demeurer fidèles à elles-mêmes, elles considèrent que «la dèche est indispensable à la poésie de [leurs] vies».Parlent-elles du grand amour?l’attendent-elles?Le cherchent-elles?Nenni! Elles préfèrent parler d’amitié, de voyages, de chansons, d’un cabaret clandestin où elles pourraient chanter les chansons qui leur plaisent.Ce n’est pas que les hommes ne les intéressent pas, mais elles savent que l’amour ne se cherche pas, «que les vrais rencontres ne se produisent que lorsque les gens flânent et ne s’attendent à rien».En fait, la seule chose qui préoccupe vraiment Ida et Rita, c’est d’être heureuses et de ne pas se laisser détourner de l’essentiel.Pas très original, vous direz.Mais l’essentiel, pour elles, se trouve dans le superflu: «Nous sommes des êtres superflus, nous nous fichons complètement de manquer du nécessaire, à la condition de ne pas oublier le superflu qui est parfois sans prix.Comme lorsque tu vas acheter du parfum à la violette oubliant oue tu es sortie chercher du pain.» N’est-ce pas magnifique?Le roman de Pauline Harvey et Danielle Roger est bien écrit et agréable à lire.Mais c’est surtout son originalité qui en fait tout le charme, originalité des personnages d’abord, mais originalité aussi du style, très imagé, et des propos.On est souvent surpris (et séduit) par certaines phrases comme celle-ci, un x'u sibyllines: «Je ne dis pas que les îommes m’ont aimée, non, je dis un homme est un tango».Je ne déplore qu’une chose, c’est que la fin ne soit pas à l’image du reste du roman.Celui-ci, en effet, se termine malheureusement un |x*u en queue de pois-son: il n’y a pas de conclusion.Pourquoi le livre se termine-t-il à ce moment précis alors que, on le sait, la correspondance se poursuivra entre les deux amies?Cela donne l'impression frustrante d’ètre devant une œuvre inachevée.Malgré tout, le roman vaut le détour.Je vous invite à y rêver en compagnie des deux chanteuses exotiques.PAI DAN i ELLE R Oui ER LETTRES DE DEUX CHANTEUSES EXOTIQUES >UGES 1 ROMAN rontières ou Tableaux d’Amérique Noël Audet a réussi, avec ces Frontières ou Tableaux d’Amérique, une sorte de chef-d’œuvre Jacques Allard, Le Devoir Noël Aii'del Frontières ou Tableaux d’Amérique 206 pages 18,95 S JAMAIS TROP TARD Stephen Dixon.Roman traduit de l'américain par Isabelle El Gedj.Collection 10/18,2Sd pages.n couple va au cinéma, un soir d’été à New York.Donna trouve le film trop violent et décide de rentrer.Art prend le parti de rester, de plus en plus inquiet à mesure qui* l’histoire progresse, après tout ne sait-il pas que le quartier est dangereux et qu’on ne cesse de raconter des horreurs se produisant chaque soir?A son retour à l'appartement.Donna n’y sera mis.C’est alors que commence une longue quête.Où est lassée sa fiancée?Il téléphone à droite et à gauche, fait la tournée des hôpitaux, des gares, des aéroports.Aurait-on signalé la présence d'une longue as|x*r-ge, sans poitrine, mannequin de profession?Il finira par apprendre que Donna a eu des amants, quelle en a encore, qu’elle a déjà tâté des stupéfiants.Mais de la belle, aucune trace.Jamais trop tard est un roman inquiétant, baroque, bavard comme on l’est chez Ionesco, étrange et avant tout fascinant.Je n’ai encore rien dit de son humour tout à fait probant.Les malheurs d’Art Alimin, l’amant inconsolable, nous font rire.Ce dernier est le plus maladroit des enquêteurs.De plus, il est tenace et ne se contente pas des premières réponses qu’il obtient.Il ne nous épargne rien de sa vie intime.la?hasard le met en présence de personnes qui font de même.Jamais trop tard est aussi la chronique d’une ville.Quiconque connaît New York et sait apprécier ses beautés comme ses laideurs se retrouvera dans la description d’une étuve dans laquelle se débattent des êtres hu- (i I L I.E S A K ni A M II A U I.T ?mains aussi attachants qu'inquiétants.Stephen Dixon est né à New York en 193(5.Ses nouvelles ont été publiées dans Harper’s, Paris Review et Esquire.Son roman, bien que prolixe, tient curieusement de la brièveté de la nouvelle.On a l’impression d’un enchaînement de moments de stupeur.les dialogues, qui ne sont en réalité que des monologues déguisés, viennent s’ajouter aux longues confidences ou aux observations sans nombre de l'amant esseulé.l’eu ou pas de descriptions.la ville vit à l'aide des notations que parsèment sur leur route les personnages.Art ne cesse de bouger.la fièvre qui s’empare de lui à la disparition de I Tonna le pousse aux démarches les plus inusitées.Et puis, il y a un vol loufoque, une poursuite du cambrioleur, bientôt soupçonné par Art d'enlèvement.la police, comme de bien entendu, se mêle à l'histoire.Ce n’est surtout pas une intervention dont l'efficacité est probante.Au contraire, les agents ajoutent au débridé de l’aventure.Me demanderait-on de résumer Jamais trop tard?Je dirais qu'il raconte les tribulations d’une âme qui a besoin du malheur pour se révéler.Et, si on insistait, j’ajouterais que j’ignorais que l'indifférence dans les grandes villes puisse à ce point être inquiétante.Ma Québécoise favorite.» Bernard Pivot De Paris à Montréal, un accueil chaleureux : « Denise Bombardier aura beaucoup contribué, et avec quelle fougue rugissante, à l'étude des sentiments.» Jean Chalon, Le Figaro littéraire « Nos hommes est en quelque sorte la suite logique de La Déroute des sexes et ramène le contentieux hommes-femmes sur un terrain plus personnel.» Mario Roy, La Presse « Nos hommes est un portrait de groupe avec dame.» Pierre Cayouette, Le Devoir « Un livre lucide, ingénieux, féroce, tendre, charnel.» François Nourissier, Le Point DENISE BOMBARDIER NOS .HOMMES M SF.UII.160 pages, 19,95 $ Les Éditions du Seuil I.R II V.V 0 I II , I.K \ M K U I K R T II I M A X I' Il K II A V It I I.I II II ^ 1) 6 V B.E S AMI LIVRES REÇUS U HAKAUDI Kristjana Gunnars Human.Leméac Montréal, III pages Maintenant résidente de Colom-_ bie-Britannique.l’Islandaise Kristjana Gunnars est déjà l'auteur de cinq recueils de poèmes et d’un recueil de nouvelles mis en nomination pur le prix du Gouverneur général du Canada.Son univers explore les méandres de la mémoire affective et politique, en même temps que sa manière littéraire s’écarte des pratiques conventionnelles.Dans La Maraude, l'auteur livre une fresque impressionniste dans laquelle elle retourne aux sources d’une enfance en Islande, au seuil du froid — au temps de la Guerre froide sous l'occupation américaine.Kritqana Gunnars La Maraude pas.N’invente pas des vies acrobatiques.Raconte en toute sincérité ce qui t’arrive, ce que tu penses, pint final” (p.19)-.écrit l'auteur d’fJn été trop court.Une occasion de choix pour ceux qui aiment Jasmin de pénétrer dans son intimité, de connaître «sa» Raymonde, ses amis et ses ennemis — Reginald Martel et Gilles Proulx, entre autres.l( MEDIUM EUES MUSES IA CUIIURE.LES TÉIÉCOHHUNICA!IONS El l’ÂUIOROUIE DE l'INFORHATION Charles Sirois et Claude K.Forget Institut de recherche en politiques publiques, 1995,124 pages IlIiMMiEI LKMÉAC U NUI1 Sous la coordination de Dominique Renaud Musée de la civilisation/XYZ éditeur 1995,123 pages, 19,95$ Du 17 au 26 mars dernier, le Musée de la civilisation présentait l’événement «Le Langage de la nuit».Pendant dix jours et à travers un ensemble d’activités riches et multiples, le public est convié à explorer un vaste territoire: le monde de la nuit.A cette occasion, le Musée a demandé à dix auteurs québécois d’écrire chacun un texte s’inspirant de l’univers mystérieux et fascinant de la nuit.On trouvera donc dans ce recueil des œuvres de Chrystine Brouillet, Esther Croft.Bernard Gilbert, Louis Hamelin, Louis Jolicœur, Tierre Morençy, Cécile Ouellet, Syl- «nçy, vain Trudel, Elisabeth Vonarbug et — surprise! — Myra Créé.UN ÉTÉ TROP COURT CHRONIOUE D'UNE SAISON Claude Jasmin Les Editions Québécor 354 pages, 24,95 $ Claude Jasmin signe ici le 1000' titre des Editions Québécor.«Que j’aiine, avec la manière journal, pouvoir librement faire, comme ici, du coq-à-l'âne, des digressions plus ou moins opportunes.Que je suis éloigné du romancier que je peux être à l’occasion, toujours inquiet de l’allure de l’intrigue, soucieux de devoir garder l’intérêt du lecteur par des constructions à effets dramatiques.Le journal dit: “Reste calme, écris ce qui te passe par la tête, par le cœur aussi si tu veux.Rien ne presse.Ne te force pas.Ne mens Dans la création d’une autoroute mondiale de l'information, le Canada se laissera-t-il distancer par les pays?Peut-il mettre en place aujourd’hui certaines politiques qui demain maximiseront pour lui les avantages de ce nouveau médium?Et quelles politiques?Les auteurs, Charles Sirois et Claude E.Forget, nous livrent ici leur analyse du secteur canadien de l’information et des télécommunications.Sans discours inutile ni complexité technique, ils dressent une carte détaillée qui permettra au Canada de circuler sans problème sur l’autoroute de l’information.Situant le consommateur tout au centre de leur analyse, ils nous invitent à faire confiance aux forces du marché, encadrées par une réglementation souple et éclairée.De la sorte, soutiennent-ils, on réduira les coûts de transmission et l’on élargira le choix offert aux consommateurs.L’efficacité de l’instrument de communication stimulera les talents créateurs: le médium inspirera les muses.LA NUIT • o+r>rm wmui • «muou • ivmioott • nihuounh -«iowniww» tourv KXN.au* •mm mowncv • cktiouiui • • s*wuM mcxi • m voM*au*G.tofi UN ETE TROP COURT Il RON loi » II I M SAISON CLAUDE JASMIN nd I concour a LE DEVOIR Courez la chance de gagner: er prix Deux billets d’avion à destination de Genève sur les ailes de Deux bons d’achats: ¦1000$ Chez Oampigny prix swissair» ¦1000$ Chez RENAÜD-BRAY prix La collection complète des œuvres de la Bibliothèque du Nouveau Monde JM Chaque semaine, un gagnant recevra 5 ouvrages présentés lors de l’émission*.et un abonnement à la revue littéraire Lettres québécoises %1 l'actualité littéraire Gagnant du 30 mars 1995 : Madame Irène Grenier de Montréal Pour se qualifier au tirage, les participants doivent identifier correctement le livre d'où sera tirée la phrase mystère qui sera lue en ondes lors de l’émission Sous la couverture, le dimanche à 16 h.-Gracieuseté de la librairie de la semaine: j Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant Librairie Garneau à : Concours Sous la couverture - Le Devoir Boulevard Les Galeries | a/s SRC Télévision C.P.11007 Suce.Centre-Ville d’Anjou à Montréal Montréal (Québec) H3C 4T9 Les règlements de ce concours taia.:,:____ I r sont disponibles à la SRC.SRC LE LIVRE-JEU DES ARCHITECTES Éd.Héritage 29.95 ch.23,95 ch.COLL.CHERCHONS ENSEMBLE (3 titres) Éd.Héritage ^ 11,95 ch.9,95 ch.LE MW HENRIETTE WALTER crrwiN cucias • sssirw tipoirt• imcib «o« LES BESOINS ET LES DÉFIS DES ENFANTS DE 6 À12 ANS Dr Charte L.Whitfield L'ENFANT sITÉRIEUR TOUS LES SENS SE LANCER EN AFFAIRES il £ N RI L IT t WAIT IK L’ AV E N TU R F.DES LANGUES EN OCCIDENT .OM’IOIS ROM A' Kokelle Lcrncr Us étryis pow bk» itrgdçrw hwejri d'i LES GRANDS BESOINS DES TOUT-PETITS Isui origine, leur histoire, leur géographie L'AVENTURE DES LANGUES EN OCCIDENT Éd.Robert Laffont , 46,95 37,95 L'ENFANT INTERIEUR Éd.Modus Vivendi 16,95 13,95 LES BESOINS ET LES DEFIS DES ENFANTS DE 6 À12 ANS Éd.Héritage 29,95 23 ,95 L'ACCROC Éd.Albin Michel 25,95 1 9,95 L'ENFANT INTERIEUR UN JOUR À U FOIS Éd.Modus Vivendi 9,95 7,95 SE LANCER EN AFFAIRES Les Publications du Québec 14,95 11,95 LE GUIDE DES AUBERGES ET RELAIS DE CAMPAGNE Éd.de l’Homme 29,95 23,95 LE FRANÇAIS DANS TOUS LES SENS Éd.Robert Laffont 39,95 31,95 PAR DESSUS BORD Éd.Albin Michel 24,95 1 9,95 LES GRANDS BESOINS DES TOUT-PETITS Éd.Héritage 27,95 21 ,95 éditions tngn inc Brian DesRoches thlto 3333322333 L'AUTONOMI R E S P E C suce BOUQUET DE NOCES Éd.Logiques 22,85 1 7,95 NMA4 NE PRENEZ PAS VOTRE PATRON POUR VOTRE MÈRE Éd.Logiques 18,95 14,95 LA DISPARITION OE VICTORIA Éd.Super Sellers 22,95 1 7,95 L'OPERA sur disques compacts ANALEKTA (12 titres) 20% d'escompte PARTITIONS VARIETES FRANÇAISES (41 titres) Coppelia/Olivi 20% d'escompte COFFRET - LE NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL Éd.Le Nouveau Théâtre Expérimental 39.95 29,95 OflCWC* BttUUlï Le Collectionneur t/.üj&yi Le cirque bleu LES GRENOUILLES vmm KPtTlI AVIOIJAUIK HAHDAHim H H-,: LE LIVRE-JEU DES ARCHITECTES USIÏKHMfiïiT mm Le guide des AUBERGES et relais de campagne L’Enfant INTÉRIEUR dite»9'1' Québec miter (UDH Albin Michel L’Opéra de Montréal ,- •> Diana Soviero VOTRE PATRON JACQUES BREL I VERISMO don.,.» fO.I POUR VOTRE MÈRE ANsnm Denis Monette Français bArias Robert Charlebot Joseph Reiciyno mmk - \ B V 0fî MARIA ( ALLAS Les Editions du 5 juillet .Prix en vigueur du 6 au 16 avril 1995 4380 St-Denis/Montréal (514)844-2587 CARREFOUR ANGRIGNON 365-4432 MAILCHAM CENTRE LAVAL 688-5422 371 LAURIE 0 Mont-Royal 465-2242 277-9912 19994^ I.ti Il K V II I It .I.K S S A NI I II I K T II I M V X (' Il y II A V It I I.I II II A I) 8 H P TC Tt.r.Tn ARTS VISU K LS La quiétude vibrante d’Yves Gaucher Le brillant coloriste revient sur la scène montréalaise après cinq ans d'absence JENNIFER COUËLLE YVES GAUCHER, ŒUVRES RÉCENIES Galerie d'art Leonard & Bina Ellen Université Concordia 1400, boulevard de Maisonneuve Ouest Jusqu’au 6 niai 1995 Cinq ans, c’est court, mais un jx*u moins lorsqu’il s’agit des peintures du montréalais Yves Gaucher.A Montréal, la dernière exposition personnelle des œuvres de cet artiste remonte, effectivement, à 1990.C’était à la regrettée Galerie Brenda Wallace.lu aussi, l'exposition eut lieu après une absence de l’artiste (en solo) sur la scène montréalaise qui avait duré près de cinq ans, et la formule se répète avec plus ou moins la même fréquence depuis sa toute première exposition en 1957, à la Galerie L’Echange de Montréal.En revanche, l’œuvre d’Yves Gaucher, un des grands incontournables de l’art québécois, est présenté régulièrement au Canada anglais depuis 1963, année où il fit également ses débuts à New York, à la galerie Martha Jackson.Même déséquilibre en ce qui concerne les collections.Il suffit d’un coup d’œil sur la liste des institutions publiques et corporatives ayant dans leur collection une œuvre de,Gaucher pour constater que les Etats-Unis et le reste du Canada sont nettement en avance sur les quelques collections québécoises éclairées, dont Martineau Walker, Loto Québec et nos trois principaux musées d’art.Que diable attendons-nous pour nous remuer?Une présence évocatrice Karen Àntaki, conservatrice de la Galerie d'art léonard & Bina Ellen de ('Université Concordia, ne s'est pas fait prier.Une visite à la galerie Power Plant de Toronto, ou Gaucher présentait une mini-rétrospective de ses œuvres en 1992, a vite fait de la convaincre de donner suite à cette iroduction qui, nul n'en doutera, vaut a peine d’être vue.Organisée par Mme Antaki, l'exposition comprend une di/aine de toiles de grand, très grand et petit formats, deux sérigraphies et quelques dessins.Diptyques et triptyques, surfaces monochromes et bichromes, tout est rythme et couleur.Rarement une peinture appliquée au rouleau ou au fusil nous est-elle apparue aussi humaine.Et de la même façon, rarement une production minimaliste a-t-elle été si peu «minimale».Se dégage de ces toiles une quiétude vibrante de tons chauds et froids qui ponctuent l'espace de la galerie, la transforment en expérience de perception.Et c’est précisément d’expérience que nous parle l’œuvre de cet artiste.Pour Gaucher, l’expérience de la peinture se veut physique aussi bien que visuelle.«Je cherche à rendre tangible l’expérience contenue dans le tableau, à créer le maximum d’impact dans l’espace, dit-il.» Et cela s’observe tout particulièrement dans du Nouveau pour vous / Le DimaNCHe 9 avRiL à 14 h Venez entendre katajak: Les jeux oe goRge muit t Rita Novallinga et une autre chanteuse en feront une démonstration et expliqueront cette vieille tradition Adultes : 10 $, enfants : 6 $ Il ne reste que deux jours pour visiter l’exposition couRtepoiNtes aNCieNNes De La Nouvelle-écosse RéseRvatioNS NécessaiRes • téLépHONe : (514) 398-7100 poste 234 Musée McCord 690.RUE SHERBROOKE O.• (514) 598-7100 ?MÉTRO MCGILL PHOTO PIERRE CHARKIKR Acrylique sur toile, Cli +6W/.ses toiles les plus grandes, accrochées au ras du sol — une pratique installative avant la lettre, adoptée par l'artiste pour la première fois en 1969, avec sa série de Tableaux gris.«Depuis toujours, ce qui m’intéresse, c'est l’existence, l’expérience humaine, et comment la peinture peut les traduire.» Clairement, donc, Gaucher se démarque de ses confrères et contemporains, les plasticiens Mo-linari et Tousignant.Quoiqu’il produise, comme ces derniers, des peintures aux surfaces planes, aux motifs sériels de plages ou de bandes colorées, pouvant, au besoin, être qualifiées par les mots-valises que sont l’abstraction et le minimalisme, Gaucher ne fait pas pour autant dans le plasticisme.11 y aurait autre chose chez lui: une présence évocatrice qui s’échappe et s’articule au-delà du seul cadre de l’œuvre.L’artiste se tient à distance des principes théoriques et se défend, sans hésitation, d’être jumelé aux plasticiens.«Je PHOTO ARCHIVES Le peintre Yves Gaucher, ne suis pas du tout intéressé à travailler à partir d’une théorie.Au moment précis où ma recherche pourrait se transformer en théorie, je ne m’y intéresse plus; je m’arrête, parce G ^SrLIJ& la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 du 8 avril au 28 mai 1995 BIENNALE NATIONALE DE CÉRAMIQUE SIXIÈME ÉDITION Cette exposition a été organisée grâce à la contribution financière des gouvernements du Canada, du Québec et de l’Ontario et de commanditaires privés.Vernissage de l’exposition le dimanche 9 avril de 14h à I7h Entrée libre • Accessible per oscenseur Horaire de la Galerie: du lundi ou vendredi, de I4 h à IJ h lundi et mercredi soirs, de 19 h à 21 h samedi et dimanche, de 13 h à IJ h Exposition majeure des «Premiers plasticiens» Oeuvres importantes des années 50 BELZILE JAURAN JÉROME TOUPIN Jusqu'au 29avril WADD1NGTON & GORCE 2155, rue Mackay Montréal.Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax: (514) 847-11U ¦MRffiHMHHI que je sais que ça veut dire que le processus de création est en definitive terminé.» Et avec un soupçon d’humour, pour ne pas dire de sarcasme, il rappelle qu'a l'époque de ses années formatrices (fin 1950-début I960), les questions d'allégeances théoriques au sein du milieu artistique montréalais ont contribué à créer un climat fort sur le mépris: «Les automatistes méprisaient les plasticiens qu'ils disaient sans cœur, et les plasticiens méprisaient les automatistes qu'ils disaient sans tête.» Une rythmique particulière Etudiant à l'École des beaux-arts de Montréal à la fin des années 1950, c'est en fait à travers des séjours réguliers à New York à partir de 1963 quTves Gaucher se forme l’œil.Il y découvre, notamment, la peinture de Mark Rothko et Barnett Newman avec qui il avoue partager certaines affinités, sans parler de son dada pour le peintre russe Malevitch.Par ailleurs, il s’intéresse à la rythmique qu’il dit lui «permettre de toucher au côté plus humain de l'expérience de la perception».Il cherche à faire de ses tableaux des équivalences visuelles (et non des illustrations) d’expressions musicales, ce qu’il réalise pour la première fois dans sa série d’estampes en Hommage à Webern (1963), et qu'il a depuis formellement intégré à l’ensemble de sa production.Du philosophe américain John Dewey, Gaucher retient, entre autres, les réflexions sur la fonction de la rythmique, laquelle serait responsable de l’entrée en transe de certains peuples africains dont les corps s’ajustent au rythme d’une musique qui les interpelle.Peut-être pas au point de nous hypnotiser, la peinture de Gaucher est néanmoins captivante, et la présence de la musique est loin d’être une chimère.Vous la sentirez bien vous-mêmes une fois devant les œuvres.Plutôt fades et sans mordant, les quelques dessins en noir et blanc des années 1980 nous confirment que la couleur chez Gaucher est indispensable, et mieux, quelle constitue l’essence de son vocabulaire pictural.Et justement parce que Gaucher est un maître coloriste, on peut ne pas être convaincu du choix de montrer ses tableaux de petits formats aux côtés des plus grands, avec lesquels une comparaison est quasi inévitable.Ainsi présentés, ils font figure de maquette ou d’essai, leurs couleurs semblent piégées, condamnées au carcan.Au sujet de l’avenir de la peinture, Gaucher, comme d’autres, est d'avis que les discussions interminables autour de la mort de ce médium ne sont rien de plus qu’un «faux débat pour un milieu trop petit, un milieu précaire (à tous jxiints de vue) qui a du mal à accueillir de nouvelles fomies, de nouvelles idées, sans se sentir coincé.En fait, la peinture est proclamée morte au moins cinq fois par génération.Elle le fut avec les impressionnistes, avec Mondrian, avec l’avènement de l’art conceptuel et, plus tard, de l'installa-tion.La peinture n’a jamais été en cause.S’il y a un problème, c’est avec les gens, pas le médium, c’est tout simplement qu’il y a un paquet de peintres qui peignent mal», dit-il, sourire en coin.Eh! bien, soit.Après pas loin de quarante ans de production active, la démarche fort individualiste d’Yves Gaucher demeure la même.Et il n’est surtout pas question de stagnation, mais plutôt d’un développement en profondeur.Vif d’esprit et profitant sans doute aussi du contact avec ses étudiants (Gaucher est professeur titulaire à l’Université Concordia), ce peintre de formes à la fois épurées et chantantes réfléchit à la constance de sa démarche comme à un «vocabulaire qui continue de s’enrichir.Il faut poursuivre par intérêt, par besoin.Je suis parti d’une prémisse philosophique (existentielle), et je veux voir jusqu’où je peux me rendre.Je ne vois pas pourquoi je changerais.» Nous non plus, du reste.Une exposition à ne pas rater.Travaux récents Micheline Couture Marc Ledoux Nicole Elliott Yves Paré Robert Lachainiùe du 5 au 29 avril Vernissage samedi le 8 avril à partir de 12h.372 St-Catherine ouest, suite 424 Tél.: 672-4210 du mercredi au same'di de 12h à 18h 4 ASSOCIATION DES GALERIES D'ART CONTEMPORAIN (MONTRÉAL) 324, boulevard Saint-Joseph Est, Montréal (514) 843-3334 Services offerts au public: t*: [À] CEOA (Centre d'évaluation d'oeuvres d'art) [Â] Banque de conférences sur des sujets touchant l'actualité en art contemporain nuenn-anoaos ART CONTEMPORAIN LAURENCE CARDINAL Oeuvres récentes Du 8 avril au 8 mai 197, Chemin du Lac d'Argent, Eastman (Québec) JOE 1P0 Tél.: 514-297-4646 Du jeudi au dimanche de 13 h 30 à 17 h 30 4 KITTIE BRUNEAU LYNE BASTIEN OEUVRES SUR PAPIER 9, rue Saint-Paul Ouest Vieux-Montréal Tél: (514) 844-3438 Du mardi au samedi ouvert de 10 h à 18 h Dimanche ouvert de 12 h à 17h GALERIE ELENA LEE VERRE D'ART DANIEL CRICHTON Du 4 au 25 avril 1428 OUEST, SHERBROOKE MONTRÉAL (QUÉBEC) H3G 1K4 Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h, le samedi de 11 ri à 17 h Tél.: (514) 844-6009 ¦ Fax: (514) 844-1335 Jocelyne \lt# Ïl Réouverture prochaine à une nouvelle adresse Renseignements: 843-3856 DU 31 MARS AU 20 AVRIL JACQUES PAYETTE DU 21 AVRIL AU 4 MAI CORNO VERNISSAGE LE 23 AVRIL GALERIE L’Autre Équivoque 333, rue Cumberland Ottawa TÉL: (613) 789-7145 DU LUNDI AU SAMEDI DE 10 H À 17 H 30, LE DIMANCHE DE 13 H À 17 H 30 Pierre Blanchette Tableaux new-yorkais Jusqu’au 6 mai Galerie Éric Devlln 460, Sainte-Catherine Ouest Espace 403 Montréal H3B 1A7 Tél.: 514-866-6272 Fax: 514-866-7284 Du mercredi au vendredi de 12 h à 18 h, le samedi de 12 h à 17 h Avec la participation du ministère de la Culture du Québec GALERIE TROIS POINTS ¦ JOCELYNE AUMONT Marcel Saint-Pierre du 5 au 29 avril Michèle Assal chez Ÿuri Kruk Design , .Jusqu’au 2 juin 372, rue Sainte-Catherine 0„ suite 520 Montréal Tél: (514) 866-8008 Du mercredi au vendredi de 12 h à 18 h, le samedi de 12 h à 17 h CHERCHONS OEUVRES IMPORTANTES CANADIENNES ET INTERNATIONALES WADDINGTON & GORCE 2155, rue,Mackay Montréal, Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514)847-1112 Fax: (514)847-1113 Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30, le samedi de 10 h à 17 h MARCELLE FERRON Vernissage le 19 avril Jusqu’au 18 mai Galerie d’Arts Contemporains 2122, rue Crescent Montréal Tél: (514) 844-6711 Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, le samedi de 10 h à 17 h Maria Hlady Brigitte Radecki Du 1er au 29 avril G A L E K I E CHRISTIANE C il A S S A Y 372, rueSainle-Calherine Ouest, Salle418.Montréal H3B1A2, Tél.+ télécopieur: 514 875*0071 AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Voyagi Du 9 avril au 4 mai Claude Saint-Jacques «Après les mots» Galerie Estampe Plus 49, rue Saint-Pierre, QUÉBEC Téi: (418) 694-1303 Du mercredi au samedi de 11 h 30 à 17 h 30, le dimanche de 13 h à 17 h DOMINIQUE SARRAZIN Du 26 mars au 16 avril Galerie Madeleine Lacerte 1, côte Dinan, Québec, Qc Tél.: 1.418.692.1566 jC en Argentine et au Chili : a galerie sera fermée du 29 mars au 26 avril Artistes de la galerie du 29 avril au 20 mai Expo Arte Guadalajara - Mexique du 31 mai au 5 juin Du mercredi au vendredi de 12 h à 17 h 30, le samedi de 12 h a 17 h cl sur rendez-vous Avec In participation du ministère de lu Culture cl des Communications du Québec GALERIE Lilian Rodriguez 3886, rue Saint-Hubert Montréal Renseignement: 281-8536 GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal 849-1165 Du mardi au samedi de 9 h 30 à 17 h 30 Jean McEwen Michel de Broin Objet défini - corps étrange 30 mars - 29 avril Galerie Yves Le Roux 5505, boul.Saint-Laurent, suite 4136, Montréal Tél: (514)495-1860 Fax (514) 273-8051 Marie-Chrystine Landry 9 mars - 8 avril Michel Lagacé 13 avril - 20 mai Galerie Graff 963, Rachel Est, Montréal H2J 2J4 (514)526-2616 I.K |> K V OIK.I.K S S A M t I) I K K I P I M A X t II K !i A V It I I- I II t> 3 .-A.A — — — I.¦ ?w .Lm u f IM l\ : 1 Rlttl% Brun««u œuvres récentes Dernière fin de semaine DIDACTART, Complexe du Canal Lachine 4710, Saint-Ambroise, local 334 - Tel.: 937-8093 Mardi au .vendredi: 12h à 18h Samedi et dimanche: 1 3h à 1 7h * jLtr TREVOR GOULD English Pavilion» «African A fri eus Johannesburg Biennale Cahier I MARC PAQUET Jusqu'au 5 mai LI GUERIE LINDKNERGE 1049, av.des Érables Québec (418) 525-8393 Gros plan Édouard Balduj, Gare de Toulon, 1661 ou après.Épreuve argentique à l'albumine à partir d'un négatif verre au collodion humide, 27,5 x 43,2 cm.Collection CCA Cette exposition a été organisée par le CCA, le Metropolitan Museum of Art de New York et la Réunion des musées nationaux (France).Les frais de transport aérien sont couverts en partie par Air France.Le CCA remercie le Consulat général de France de son appui à l'exposition.Des visites commentées de l'exposition sont offertes.Renseignements : (514) 939-7026 Richard Henriquez et le Théâtre de la mémoire Prolongée jusqu'au 23 avril 1995 Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Architecture 1920, rue Baile, Montréal, Québec, Canada H3H 2S6 CCA Les photographies d'Édouard Baldus : Paysages et monuments de France Du 25 janvier au 23 avril 1995 La mélancolie active de Sarah Moon Im photographe de mode triomphe au Japon et Paris lui consacre sa première rétrospective SARAH MOON Hôtel Salomon-de-RothscItild, 11, rue -, ;.llerryer, 75008 Paris .Jusqu’au 15 mai '.MICHEL GUE RR IN LE MONDE I .1 U O n entre ou on n’entre pas dans l’univers de Sarah Moon.Ubre à ] chacun de trouver ses photographies ¦ jolies ou ennuyeuses, mystérieuses I ou sans intérêt Pas de demi-mesure.I Cet ancien mannequin, qui a adopté I ce nom lunaire «parce que ça sonne I simple», a son public, ses fans.Ils I sont nombreux à accourir au Centre I national de la photographie, où vingt-I cinq ans d’images et deux films sont § présentés dans pas moins de sept 1 salles de l’élégant hôtel particulier I Salotnon-de-kothschild.On y trouve tout Moon, donc ses I commandes de mode fort célèbres.S Et démodées.Cacharel, bien sûr, il polir qui cette femme discrète et J douce a travaillé pendant vingt ans, J mais aussi d’autres images genti-9 ment décoratives pour Vogue, Marie-9 Claire, Nova, des calendriers ita-¦lieûs.: «Cacharel m’a collé à la peau, je lui fuôi9 ma première photo, en 1970.» 11 e cocktail ainsi resservi est étrange et instinctif, les années 10 vues par les années 70: rouges à lèvres pro-nonces, regards fardés à l’extrême, H vidages blanchis, cheveux frisés, co-toiis épais, dentelles bleutées et pouls cirées, papier peint rose, couleurs passées, écharpes mauves et moel-’v leiiSes, hommes en Gatsby, femmes-enfants au bord de l’évanouissement, ; chapeaux coloniaux, voitures confortables, références appuyées aux avions de Iatligue, aux gavroches de Chariot, au cirque de Fellini.Autant :|;de clichés rassemblés sous un titre qui fleure bon la nostalgie (Souvenirs ; improbables).C’est vaporeux, granu-fclejux, brumeux, précieux.Aussi - agréable à regarder que de tourner îï les pages d’un vieil album de famille, michael Snow déniché au grenier, en dégustant un thé aux myrtilles.Sarah Moon le confesse: «lues anciennes photos sont anecdotiques.Je ne crache pas dessus, mais j'ai changé.» 11 n’empêche, la photographe a atteint la célébrité avec des images dont le flou romantique, pendant hivernal de l’estival David Hamilton, fait fureur au Japon.Mais aussi en élargissant sa palette et en devenant cinéaste (cent cinquante films publicitaires et un long métrage, Mississippi One).Bref, il y a un style Moon, fait de petits formats sophistiqués et de spots remarqués (lmlou, Le Casting).Une nouvelle Sarah Moon est née en 1987.Moins de mode, plus de photos.Des portraits, enfants, paysages, animaux, routes, architectures, natures mortes, villes.Elle n’arrive pas à se poser sur un sujet, voyage, de Budapest à Bamako, glane des fragments d’un monde qu’elle mélange à ses rêves, «égare» son regard pour le rejeter sur Polaroid, en des noir et blanc veloutés.Cette fois, l’image n’est pas floue, mais détériorée.Des taches, traces, brindilles et gouttes altèrent la pellicule, dégoulinent sur le Polaroid: «Il y a des accidents que je laisse venir lors du développement du film, dit-elle.J’aime que les images soient aussi précaires que l’instant.» Les photos sont moins illustratives, plus mystérieuses, mais l’accumulation peut vite se résumer à un vain exercice de style.«Je suis consciente d’une préciosité, répond-elle, mais la beauté inaccessible m’intéresse.Je montre une réalité distanciée.Ça a l’air vrai, c’est faux.» A force de refuser de regarder le monde en face et de se cantonner dans un conte de fées dont elle détiendrait seule la clé, Sarah Moon n’aurait-elle pas la nostalgie pour unique moteur?«Je suis nostalgique du temps qui passe, mais je n’ai aucun regret du passé.C’est une nostalgie féconde, une mélancolie active.» ARTS VISUELS Pour un Musée du spectacle vivant Une étude recommande la création d'un musée consacré aux arts de la scène L'ÉVOLUTION MULTIDISCIPLINAIRE DE SON ŒUVRE DESSIN PEINTURE SCULPTURE PHOTOGRAPHIE RÉTROSPECTIVE DE FILMS ŒUVRES DE LA COLLECTION DU «USÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA mardi au dimanche de 11 h à 18 h mercredi de 11 h à 21 h (ENTRÉE LIBRE À COMPTER DE 18 H) Ces soirées gratuites SONT PRÉSENTÉES PAR Les^ du Maurier Ltée Ÿfrtf droits d'entrée .: 5 $ MÉTRO PLACE-DES-ARTS renseignements : (514) 847-6212 ca STÉPHANE HAÏ LI.ARG KON LE DEVOIR Un rapport d'experts-conseils mis sur pied par le gouvernement federal recommande la creation a Montréal d'un Musée du spectacle vivant qui serait unique au monde.Ce nouvel équipement muséal se consacrerait à tous les arts de la scène (théâtre, danse, musique, art lyrique, spectacle de variétés, cirque, «pageant historique», fête de rue.etc.), mais exclurait de façon générale le cinéma, la télévision, la vidéo et les autres «formes médiatisées de représentation».U* Musée proposé* aurait une collection tout à fait originale à trois volets, dits permanent, de prêt et «évolutif».Un inventaire sommaire a démontré l’urgence de constituer la collection permanente pour protéger les trésors nationaux dans ce domaine.Les deux autres volets permettraient à des artistes d’emj)runter des objets muséifiés pour leur donner une seconde vie sur scène (en les altérant ou non).Le coût «clé en main» de cet équipement est évalué à 23 millions de dollars.Une trentaine d’emplois permanents seraient ainsi créés.On pense pouvoir attirer de 108 000 à 180 000 visiteurs par année avec ce musée.Ces données sont contenues dans deux documents déposés il y a quelques mois au ministère du Patrimoine du Canada et dont LE DEVOIR a obtenu copie.La rumeur courrait depuis quelques temps sur l’idée de créer le Musée du spectacle vivant, mais le rapport sur ce projet était tenu secret jusqu’à maintenant.Les documents ont été préparés par la Société pour le développement du Musée des Arts du spectacle vivant (S.D.M.A.S.V.), un organisme à but non lucratif où siègent Diane Boucher (danse), Chantal Hébert (U.laval), Laurier Lacroix (UQAM), Anne-Marie Messier (musique), Michel Vais (théâtre) et Serge Turgeon (UdA), qui préside cette Société.Les recherches ont été menées par plusieurs firmes conseil spécialisées dans l’ingénierie culturelle (Muséo-conseil, Locus, GSM Design, etc).Le gouvernement fédéral n’a pas encore réagi à cette étude.Par contre les budgets de la S.D.M.A.S.V.ont été coupés et l’on sait que le gouvernement fédéral vient d’imposer d’importantes restrictions budgétaires au secteur muséal canadien.«Nous avons fait notre travail, maintenant si il y a de l’intérêt et si l’idée doit être portée par le milieu, il va falloir que le conseil existant soit élargi, ou remplacé, bref, que des gens le portent ce projet», dit M.Turgeon.Le président de l’Union des Artistes fait aussi une importante mise au point, en précisant toutefois qu’il ne parle pas au nom de la JUSQU'AU 23 AVRIL MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL nom invite fe siuner/i
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