Le devoir, 27 mai 1995, Cahier D
Richard Unglois MA Cap sur ••j -'¦¦¦ ¦ \Â* S l> E C I A I.I, I T T É II A T l! Il E .1 E U N ESSE L’âge de la maturité GISÈLE DESROCHES La littérature jeunesse québécoise a connu au cours des cinq dernières années un essor formidable.I^i quantité de livres produits a atteint des sommets, la visibilité des livres est plus grande que jamais, les tirages de départ du moindre livre jeunesse font l’envie du secteur adulte.A tel point que plusieurs écrivains pour adultes se sont aventurés en terrain jeunesse.Plusieurs nouvelles collections ont été créées.Pendant ces cinq années, on a plus que jamais entendu parler de littérature jeunesse.Les éditeurs québécois publient entre 150 et 200 livres pour jeunes par année.Des collections pour adolescents ont vu le jour.En 1990, les collections Romans + (la courte échelle) et Boréal inter sont au début de leur lancée.Héritage propose Echos à trois niveaux de lecteurs: 12 ans et plus, 14 ans et plus, jeunes adultes.Marie-Andrée Clermont lance chez Pierre Tisseyre l’idée d’une collection originale dont la popularité ne s’est pas démentie depuis: Faubourg Saint-Rock.On délimite un quartier d’une ville imaginaire où toute l’action est concentrée.On se prête les héros d’un auteur à l’autre.Un abondant courrier témoigne de la popularité de la formule qui possède déjà 13 titres.Michel Quintin inaugure en 1991 sa collection Nature jeunesse et, en 1993, sa collection Grande Nature.Chez Coïncidence-Jeunesse, les titres de l’ancienne collection Roman 9-12 sont intégrés à la nouvelle collection Préado que l’on subdivise en séries thématiques (souvenirs, grandes émotions, aventures et mystères, etc.).On crée de la même manière la collection Transition pour les jeunes de 11 à 13 ans.Ame-Marie Aubin, nouvellement débarquée chez Québec/Amérique en 1990, délaisse ce qu’elle appelle la formule pizza: petit-moyen-grand, et imagine ses collections en fonction de l’âge, consciente que l’appétit varie grandement d’un lecteur à l’autre, d’une journée à l’autre.Les collections Bilbo et Gulliver sont en effet d’épaisseur fort variable sur les rayons des étagères.Clip, une collection de textes brefs, nouvelles ou contes, est mise au monde avec La Première Fois, un recueil sans précédent de témoignages sur la sexualité, qui rencontre encore à l’occasion quelque réticence de certains milieux scolaires.HMH se lance d’un coup dans la mêlée avec 24 titres d’une nouvelle collection, Plus, destinée au public des classes d’accueil ou d’immersion et dont l’originalité réside dans l’ajout d’une section, Le Plus du Plus, approfondissant sous forme ludique le texte de fiction.Les éditeurs Si certains éditeurs ont suivi, quant à la quantité des titres, les fluctuations du marché, d’autres ont maintenu une production relativement stable.C’est le cas des éditions Boréal qui sortent bon an mal an VOIR PAGE D 5 : JEUNESSE Plusieurs écrivains pour adultes se sont aventurés en terrain jeunesse CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR LL pnuin Le feuilleton Page D10 Essais québécois Page D9 L estampe Page D17 Formes Page D18 Richard Langlois Pour en finir avec l’économisme «Ce plaisir exquis, que je recommande à tous les amateurs de sensations rares, m’a été procuré par la lecture de Pour en finir avec /économisme.» Pierre Graveline, Le Devoir 176 pages *17.95 S Michel Trudeau Pour en finir avec les psy «Michel Trudeau est psychologue [.].C’est donc un point de vue “interne" du monde de la psy qu’il nous propose dans son réjouissant et nécessaire pamphlet » Martine Turenne, La Presse 208 pages • 18,75 $ Boréal Qui m aime me lise.PHOTO CLAUDEL HUOT, TIRÉE DE QUÉBEC.DES ÉCRIVAINS DANS LA VILLE Du 31 mai au 4juin, plus de 300 auteurs et 450 éditeurs se dorment rendez-vous d Québec Le Salon du livre de Québec déménage.Non pas à Denver.Non plus au Colisée désormais libre — quoique l’idée d’un ccolisée du livres ne serait pas bête! Non.Le Salon du livre de Québec se tiendra cette année au Palais du commerce du Parc de l’Exposition plutôt qu’au Centre des congrès.Les organisateurs n’y voient I que des avantages: plus question de Le Salon a trouvé un nouveau lieu à sa mesure.tourner en rond pendant des heures pour garer sa voiture, plus question de passer au vestiaire, plus question, surtout, de se marcher sur les pieds dans les allées du Salon.Bref, l’événement croit avoir trouvé un lieu à sa mesure.Cette année encore, plus de 300 auteurs y convergeront afin de fraterniser avec ceux qui sont leur raison d’être, les lecteurs.Anne Hébert ho- norera le public de sa présence.Des grands noms de la littérature européenne y seront.Henri Vemes, Patrick Raynal, Pierre Sansot, Alain Dumouzon et Didier van Cauwelaert sont du nombre.La quasi-totalité des écrivains québécois y défileront.On y verra entre autres Michel Tremblay, Arlette Cousture, Louis Hamelin, Chrystine Brouillet, Marie Laberge, Lise Bis-sonnette, Sylvain Trudel, Pierre Go-beil, Fernand Dumont, Gaston Mi- ron, Victor-Lévy Beaulieu et Monique LaRue.Comme toujours, le Salon du livre de Québec fera une place d’honneur à la littérature jeunesse.L’occasion était belle, pour le cahier Livres du Devoir, de faire le point sur ce secteur en pleine croissance.Notre collaboratrice Gisèle Desroches a préparé un minutieux tour d’horizon de la littérature jeunesse au Québec.Bonne lecture et bon Salon du livre de Québec! Pierre Cayouette Il II V Rumeurs d’enfance PAREILS À DES ENFANTS Marc Bernard Gallimard, collection «L'imaginaire», 268 pages Marc Bernard reçut le prix Concourt en 1942 pour ce roman à saveur autobiographique.Le titre provient des Évangiles.Le Christ s’adressant à ses disciples proclame: «Si vous ne devenez pas semblables à des enfants.» Il ne faut pas en déduire que cette évocation de l’enfance a à voir avec une vision idyllique des premières années de la vie.Marc Bernard a connu une entrée au monde plutôt difficile.Orphelin pauvre, il quitte l’école à onze ans pour devenir ap- prenti.Comment ne pas le reconnaître dans ce commentaire qu’il prête à Nanay, l’enfant de son roman?«Nous n étions pas pour lui (le Christ) une marmaille débraillée et gueulante de tireurs de sonnettes, des êtres venus au monde pour manger la nourriture de leurs parents et les faire mourir avant l’âge?Cela commençait à m’intéresser.» Nanay n’en deviendra pas pour autant un garçon à la piété envahissante.Juste assez pour émouvoir une dame d’œuvres qui lui apporte les étrennes qu’une mère désargentée ne peut lui procurer.Ce n’est pas à cause des détails accumulés concernant une enfance nî- G I L I.E S A R C H A M B A U L T ?moise au début du siècle que nous nous attachons à cette autobiographie à i>eine déguisée.Dès l’entrée, Marc Bernard nous éclaire.«Quarante ans le mois der- nier.Plus inquiet que jamais peut-être, point du tout assuré de détenir la vérité, sûr au contraire qu’elle n’existe pas, mais à sa place un monde coulant, aux nuances, aux formes changeantes.» Habitué des petits métiers, qu’il connut dès la fin de l’enfance, il ne pouvait manquer, cet écrivain familier de la misère, de devenir communiste.Suivra la désillusion, puis la rupture.On connaît de Marc Bernard une trilogie également de nature autobiographique qu’il inaugura en 1972 avec Im Mort de la bien-aimée.Rarement le lien conjugal fut-il célébré de si convaincante façon.Iü figure de la femme adorée, Else Reichmann, émigrée juive autrichienne, est évoquée d’une bouleversante manière.Il y a dans Pareils à des enfants des pages qui nous préparent aux plus poignants aspects de la dépossession qui frappe le vieil amant.Else disparue, rien ne signifie plus rien.Bernard parle au cœur C’est que Marc Bernard, dont personne ne prétendra qu'il est un grand écrivain, est un écrivain.Il n’est pas entré indemne dans la vie et n’en est pas sorti autrement.Du frémissement de l’être, de la perception émue des choses, il a tiré des livres qui parlent au cœur.Cette émotion qui ne nous laisse jamais, même à la relecture, s’impo- se en premier plan.Mais il y a aussi tout un monde de ferveur populaire.La plus profonde des détresses s’accommode de gaîté et d’hilarité.Comme le veut le dicton, on rit pour ne pas pleurer.Et surtout on vit.Tant pis si on ne nous a pas demandé notre avis sur la façon qu’on nous a imposée.Nanay sera bouleversé d'apprendre que sa mère a fait un mariage d’amour.Pourtant le mari s’est envolé sans donner de nouvelles.Mais cela dispense-t-il de croire en cette folie?Else était entrée dans la vie de Marc Bernard en 1938.Elle laissera un compagnon inconsolé trente et un ans plus tard.Pareil à des enfants.à ' , w h vas ¦.J, fJÆWt'à iki 4 'J* k i, .J I « Belle et grande surprise en cette rentrée littéraire de janvier.ce récit, qui va droit à 'essentiel, sans un mot de trop, est un poème en prose, d'une belle simplicité.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil 90 pages, 12,95 Anne Hébert au salon du livre de Québec signatures au stand du SEUIL samedi 3 juin de 16H30 à 17H30 dimanche 4 juin de 14h30 à 15h30 Ces chers cousins ET DIEU CRÉA LES FRANÇAIS PORTRAITS El CLICHÉS DE NOS CHERS COUSINS Louis-Bernard Robitaille Les Editions R.D., 1995,421 pages SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR Et si Dieu n’avait pas créé les Français, Louis-Bernard Robitaille les aurait sûrement inventés.Car la France, «Terre de la Grande Complication» comme il dit, fournit au correspondant de La Presse à Paris bien mieux qu’un sujet.Une inépuisable source d’amusement et de perplexité.Et que les amateurs des chroniques de Louis-Bernard Robitaille se réjouissent, l’auteur nous assure en conclusion que, même après une vingtaine d’années en France, «il est parfaitement illusoire de prétendre comprendre les Français».Nous voilà tranquilles.Car bien du charme de ces «portraits et clichés» réside dans le regard légèrement étonné que l’auteur pose sur une société qu’il connaît assez bien pour savoir que bien des codes lui échappent.Quelques reproches s’imposent cependant.Les coquilles, résultat sans doute d’une édition pressée, sont nombreuses.En outre, ce livre est un recueil de textes déjà publiés, dans La LOUIS BERNARD ROBITAILLE ET DIEU CRÉA LES FMNCAIS Portraiti et tlkhh de not then touilm Presse ou L’Actualité, et même si on ne les a pas lus au moment de leur parution, cela sent un peu le réchauffé.La formule est bien ingrate pour les textes qui collent à l’actualité et elle ne rend pas justice aux qualités de style et d’humour que les chroniques révèlent quand on les lit à chaud.Inversement, les portraits qu’il brosse de célébrités rencontrées à Paris conservent au contraire toute leur fraîcheur.Passons vite aussi sur l’histoire un peu lourdaude et rebattue qui sert d’introduction et donne son titre au recueil.Elle se lit comme suit: Dieu avait tout donné à la France — la mer, les montagnes, le vin, le soleil — et par LA RAM0 ROCK*DETENTE Imite à venir rencontrer Richard Bohringer à Montréal le vendredi 2 juin de 17h à 19h à la librairie Renaud-Bray 1474, rue Peel à Québec le samedi 3 juin de 14h à 16h au stand Gallimard du Salon du livre de Québec au Palais du commerce du Parc de l’Exposition Richard Bohringer a publié Le bord intime des rivières et C'est beau une ville la nuit aux éditions Denoël.Ces titres sont aussi disponibles en Folio."J’écris pour être avec les autres.Ceux que j’ai connus.Ceux que je vais connaître.Ceux que je ne •connaîtrai jamais.J’écris pour être meilleur humain.Pour éviter la disgrâce".P 0 É S 1 E leNOROÎT QUELQUES AUTEUR(E)S DU | FINALISTES AUX PRIX DESJARDINS | NOUVEAUTÉS PRINTEMPS NOROÎT PUBLIÉ(E)S EN EUROPE Paul Bélanger, L’oubli du monde Yves Boisvert, La balance du vent Jacques Brault, Moments fragiles Guy Cloutier, Rue de nuit Hugues Corriveau, L’enfance Denise Desautels, Le saut de l’ange Hélène Dorion, L’issue, la résonance du désordre Célyne Fortin, Les intrusions de l’œil Jean-Marc Fréchette, Le Psautier des Rois Saint-Denys Garneau, Poèmes choisis Jacques Gauthier, Marcheur d’une autre saison Paul Chanel Malenfant, Voix transitoires Joël Pourbaix, Voyage d’un ermite Marcelle Roy, La ville autour François Tétreau, Chambre de lecture Marc André BROUILLETTE, Cornets de Drigonce Catherine FORTIN, Ainsi chouirent les banquises accompagné d’encres de Snzelle Levasseur Bernard GILBERT, Opéra accompagné de photographies de Lucie Lefebvre NOUVEAUTES CASSETTES POÉSIE / MUSIQUE Geneviève Amyot Je t'écrirai encore demain Michel Beaulieu Poèmes [ ^ WM y J choisis r >j l»|urt JMmn dr Odelin Salmeron Cruz, Rencontre Jocelyne Felx, La pierre et les heures Pierre Ouellet / Christine Palmiéri Le corps pain, l’âme vin Marcelle Roy, La ville autour Paul Savoie, Oasis COLLECTION INITIA LE Louise Beauchamp, La sagesse du nénuphar tableaux de Lucie Côté-Saulnier Mireille Cliche, L’onde et la foudre dessins de Nicole Gauvin Bertrand Laverdure, L’oraison cassée gravures de Julie Fauteux Marie-Jeanne Méoule, L’abyssine et la porte dessins de Marie-Claude Bouthillier Yong Chung, Le débit intérieur gravures de Nataly Gagné P 0 É S 1 E NOUS SERONS AU SALON DU LIVRE DE QUÉBEC STAND 252 ^I 'umtmïmts souci d’équité envers les autres pays, créa les Français! Ce serait plus drôle si on n’entendait pas dire la même chose d’une demi-douzaine de pays dans le monde, dont le Brésil, l’Italie, et l’Espagne.Louis-Bernard Robitaille excelle dans les chroniques politiques et celles qui touchent le milieu parisien de l’édition, qu’il connaît à merveille.Les intrigues qui président à l’attribution d’un portefeuille ministériel ou d’un prix littéraire le mettent en verve et de sa plume bien affûtée, jamais méchante, il débusque le cocasse et le saugrenu avec la volupté d’un ornithologue qui vient de tomber sur un drôle de moineau.Un peu dommage qu’on n’ait retenu dans ce recueil que des textes portant sur le microcosme parisien.Car depuis qu’il se promène, écharpe au vent, de la Bretagne à la Provence, Louis-Bernard Robitaille a pu observer avec autant de curiosité la France dite «profonde» et y pratiquer le «principe d’incertitude» qui le guide.Une incertitude méthodique, donc, qu’il résume de manière problématique et indécise à souhait: «La question de savoir si la France constitue vraiment unç autre planète reste ouverte».A l’automne doit sortir une version «pour la France» de ce recueil.Version élaguée et remaniée qui laissera de côté les textes un peu trop nettement dictés par l’actualité.A plusieurs reprises le journaliste s’est fait romancier, et avec bonheur.On avait aimé La République de Monte-Carlo et le pastiche historico-lou-foque de la vie du sieur de Maisonneuve, Le Testament du gouverneur.On attend la prochaine œuvre de fiction avec curiosité.MU le samedi 27 mai de l4h à l6h Montréal, tome 2 ,v>s-a^oïGERK'M' 1 À prix spécial le 27 mai seulement Champigny 4380ST-DENIS, MONTRÉAL .TÉL.: 844-2587 © mtroyai » » f ¦ -, I " ' P| mm 'Omm® o-ABOuay aide-t-il écrire?(ATLSFILS ^ A L%1liT«E ,levTcHion< ' LMjiipS Agir?.C'esl un garçon line ji/It IjMlwna ‘graass Les classiques Des livres de semi-luxe, ALAIN-FOURNIER fabriqués au Québec, tirés à 150 Le grand Meaulnes exemplaires.« Papier, maquette, 31.6 pages -'4.9-95$ typographie et illustrations éblouissent par leur raffinement et leur grande qualité.» •> ' (Pierre Cayoucttc, Le Devoir) BALZAC BALZAC Le colonel Cbabert 88 pages - 29,95$ DIDEROT .Le neveu de Rameau 112 pages - 29,95$ FLAUBERT Madame Bovary 484 pages - 59,95$ EN VENU DANS EES I.I It K AIKI ES SUIVANTES: 184 pages - 34,95$ Gallimard, Garncâu-Cortipicxc Desjardins, Garneau-Flcury, Hermès, Olivieri, Rcnaud-Bray-CI)N, Rcnaud-Brây-I’arc, Rcnaud-Bray-Pccl, Rcnaud-Bray-Saint-Denis et du Square (à Montréal); Garnc.au (à Saint-Bruno); Sainle-Thérèse (à Sainte-Thérèse).Boutique du livre, Gamçau-dc-la-Fabriquc, l.alihcrté.Générale française et Vaugeois (à Québec); l es Bouquinistes (à Chicoutimi); Blais (à Riniottski); Clément Morin (à .J‘ g SAINT-EXUPÉRY Gutenberg & Associés, éditeurs Vol de nuit TtL 142-5072 • Fax: 342-3891 102 pages - 29,95$ RADIGUET Le diable au corps 154 pages - 34,95$ ROSTAND Cyrano de Bergerac 348 pages - 49,95s La littérature prend ses aises à Québec Le Salon du livre ouvre ses portes mercredi au Parc de l’exposition LOUISE LEDUC e décompte est commencé.Il ne -/reste plus que quelques jours ’attente avant que le Salon du livre e Québec ouvre les portes de son Palais du commerce, mercredi, au Parc de l’exposition provinciale.De l’espace, il y en aura, deux fois plus que par les années passées, bien rempli par 286 kiosques et quelque 350 auteurs d’ici et d’ailleurs.La fête commencera la veille, ce mardi, au Palais Montcalm où 1000 personnes sont conviées au gala de la remise de prix littéraires: les cinq prix Desjardins dans les catégories essai, littérature jeunesse, nouvelle, poésie et roman; les deux prix des libraires du Québec pour le roman québécois et étranger: et enfin, le prix Québec-Wallonie-Bruxelles qui récompensera cette année un auteur québécois.Bien servi par une formule éprouvée qui a attiré 30 000 visiteurs en 1994, le Salon du livre ne réinventera pas la roue cette année.Le Café littéraire, les conférences et les débats reviendront donc, auxquels se greffera un volet jeunesse mieux développé.Tous les genres auront leurs ambassadeurs, parmi les plus gros canons.Il y aura là le Belge Henri Vernes, le père du célèbre Bob Morane dont l’intégrale des aventures en bandes dessinées est devenu un classique du genre.Parlant bandes dessinées, son compatriote Michel Weyland l’accompagnera, transportant dans ses valises son personnage de la série Aria, un amazone solitaire qui erre de contrée en contrée dans un Moyen Age imaginaire.Les Québécois, qui font une belle percée dans le domaine, seront aussi bien représentés, notamment par André-Philippe Côté qui a enfanté Baptiste, et Tristan Demers, le papa du désormais célèbre Gargouille.Plusieurs romanciers, parmi lesquels des lauréats de prestigieux prix, seront aussi sur place pour Henri Vernes SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Anne Hébert Du 31 mai au 4 juin, il y aura de quoi bouquiner ferme à Québec.PHOTO ARCHIVES Didier Van Cauwelaert serrer la pince des visiteurs: Pierrette Fleutiaux, gagnante du Femi-na pour Nous sommes éternels, une histoire d’amour de 800 pages; Didier van Cauwelaert qui, à 34 ans, a remporté le Prix Goncourt en 1994 pour Un aller simple; Louis Hame-lin, dont l’entrée en littérature avec La Rage a été saluée par le prix du Gouverneur général.Et surtout, Anne Hébert, l’auteur des Fous de Bassan, de Kamouras-ka et„ tout dernièrement, d'Auré-lien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais a promis aussi de venir de Paris où elle est installée depuis 1954.Auteurs à grand succès Tous genres confondus, les auteurs de grands succès en librairies seront aussi disponibles pour un brin de jasette.Lise Bissonnet-te, la directrice du Devoir, viendra présenter son petit dernier, Choses crues , unanimement salué par la critique.Arlette Cousture arrivera, elle, avec sous le bras le deuxième tome de Ces enfants d’ailleurs.Du côté des livres pratiques, l’auteur des Pinardises, Daniel Pinard dévoilera peut-être la recette de son succès.A cette liste s’ajoute l’incontournable Michel Tremblay, l’indécrottable Plume et.alouette! Pour ceux que l’aura de ces grands personnages glace, des ren- contres plus formelles seront aussi organisées, au café littéraire et au Forum Giono.Laurent Laplante reprendra son rôle d’animateur-mo-dérateur de débats sur des débats d’actualité comme l’avenir du Québec, le féminisme, la liberté d’ex-pression.Chrystine Brouillet, notre Agatha nationale et Marie Laberge recevront ensemble des auteurs en entrevue dans un cadre intimiste.Aussi, réunis sous le chapiteau «Visions du monde», les essayistes Neil Bissoondath, Marcel Côté, Jean-Pierre Derriennic, Fernand Dumont, Pierre-Marc Johnson et Daniel Latouche (ces deux derniers à titre de participants du groupe de Lisbonne qui se penche sur la concurrence dans le monde contemporain) causeront tour à tour multiculturalisme, philosophie politique, nationalisme,constitution, etc.Le Devoir sur place Les 5 à 7 des jeudi, vendredi et samedi seront consacrés aux Rencontres du Devoir.Le journaliste Jocelyn Coulon animera une table ronde sur les 50 ans de l’ONU, le directeur des pages culturelles et littéraires Pierre Cayouette s’entretiendra avec le caricaturiste Serge Chapleau et Rémy Charest, correspondant à Québec animera un débat sur l’écrivain entre deux cultures.C’est donc ce mercredi que sera donné le signal de départ sur le site même du Salon du livre.Un coup d’éclat soulignera ce grand jour: le lancement de Québec, des écrivains dans la ville, qui, sous la plume de 33 écrivains, exaltera sur tous les tons les charmes de la capitale dans un luxueux ouvrage tout en couleurs (voir texte en page D-4).Les Éditions du Boréal vous invitent à leur stand au Salon du livre de Québec du 31 mai au 4 juin Venez rencontrer Lise Bissonnette Neil Bissoondath Robert Blondin Jean-Pierre Derriennic Léon Dion Fernand Dumont Pierre Marc Johnson Marie Laberge Monique LaRue Daniel Latouche Rachel Leclerc Pierre Morency Daniel Pinard Monique Proulx et les auteurs jeunesse: Lucie Bergeron Madeleine Huberdeau Johanne Mercier Lucie Papineau Consultez le programme du Salon pour les horaires détaillés.LOGIQUES Rare ou fréquent, un prénom, c'est pour la vie! C'est un garçon! C’est une tille! Daniel Gagnon 260 pages • presentation têle-bêehe 16,95 $ Il y a mille et une façons de choisir le prénom de votre enfant, mais un seul livre vous permet de faire un choix basé sur la fréquence d'utilisation des prénoms au cours des 25 dernières années.La nature est menacée! Vive la nature! Serge Gaboury 48 pages » Album relié, en couleur 18,95 $ Une bande dessinée se porte à la défense de l'environnement! Par le bédéiste le plus populaire et le plus percutant au Québec, voici les petits travers de la nature humaine qui font naître en chacun de nous un grand rire libérateur! Découvrez le vrai sens du beau M»r1t-CI«ud« tempérance ta .Mvilinlogii' • du •.Beau Le Dictionnaire de Fomentent Le Dictionnaire de l’ornement Marie-Claude Lespérance 360 pages • reliure rigide, illustrations 42,95 $ Premier tome d’une véritable encyclopédie du Beau, Le Dictionnaire de l'ornement dévoile le sens caché, l'histoire et, souvent, les mystères des ornements qui décor rent nos maisons, notre mobilier.Un must pour les professionnels de la décoration, pour les collectionneurs d’objets d'art et d’antiquités.Le de texte à mieux Aides informatisées à l’écriture Sous la direction de C.Hopper et C.Vandendorpe 240 pages • 34,95 $ Les étudiants écrivent-ils mieux depuis qu’ils ont accès au traitement de texte?Le traitement de texte a-t-ii transformé la façon dont on enseigne le français?Cet ouvrage explore le monde des logiciels destinés à aider ceux qui utilisent l’ordinateur pour écrire.Venez nous rencontrer au Salon du Livre de Québec aux stands n°' 187,188,203 et 204 Les Éditions LOGIQUES Tél.: (514) 933-2225 Fax : (514) 933-2182 faites connaissance avec une personne remarquable chaque lundi.LE DEVOIR I.K l> K V (M It .I.K S S A M K DI 2 7 K T D I M A \ (' Il K 2 N M Al I !» *» ¦"» EN BREF LE SALON EN CHIFFRES Sur ses 75 (XX) pieds carrés, le Sillon accueillera 321 auteurs québécois, 17 écrivains étrangers et (130 représentants de maisons d’édition.Des chiffres records, certes, mais qui s’expliquent surtout par une plus grande surface qui évite aux organisateurs de refouler comme dans le passé quantité d’exposants intéressés.vus - Nouveaux regards sur la Vieille Capitale Des écrivains ensorcelés par les charmes de Québec témoignent HISTOIRES DE VIE Félix Leclerc n’est plus des nôtres mais Marcel Brouillard, auteur de Félix Leclerc, L'Homme derrière la légende, le fera revivre en faisant partager les souvenirs de leur amitié qui les a liés pendant 40 ans.Gratien Gé-linas, malade, sera lui aussi représenté par son biographe, sa petite-fille Anne-Marie Sicotte.Roger Fournier sera aussi de la partie,a vec la réédition de Gilles Vigneault, mon ami, complété par des témoignages et un entretien bilan.Mathieu-Robert Sauvé, Prix Desjardins de l'essai 1994 pour Le Québec à l'âge ingrat présentera son dernier ouvrage, une biographie de Joseph Casavant, le plus grand facteur d'orgues de son temps.Enfin, Hélène-Andrée Bizier sera aussi du Salon du livre, avec son livre Le Rouge et le noir, consacré à Gustave Prévost, un missionnaire québécois en Chine, puis au Pérou.m SALON DU LIVRE DE QUÉBEC PEAU DE DINDE ET CUIR DE KANGOUROU Ijouise Genest, maître-relieur, présentera une centaine de livres, dont plus de la moitié sont des miniatures, qui retracera 2000 ans d’histoire de la reliure d'art à travers le monde.Il s'agit de la reprise d'une exposition qui avait connu un franc succès au Salon des métiers d'art en février.Parmi les œuvres présentées: des reliures éthiopiennes, carolingiennes, victoriennes, japonaises, des boîtiers et fermoirs inusités.Pour immortaliser leurs créations, comme on pourra le constater, plusieurs auteurs ne se sont pas contentés du banal parchemin.Paraît-il que le cuir de kangourou, de porc, de chèvre et la peau de dinde comptaient parmi leurs matériaux de prédilection.Tout ceci, à l'ère pré-informatique.LIVRES USAGES AU LOIN La société Radio-Canada reprend sa collecte de livres usagés au Salon de Québec.En 1995, pareille initiative avait permis de distribuer 6000 bouquins au Centre de détention de Québec.Cette année, les livres reçus seront recueillis par l’Armée canadienne et envoyés dans les divers pays où l’armée est en poste.Sur place, ils serviront d’abord aux soldats pour être ensuite donnés aux bibliothèques et écoles locales.REMY CHAREST CORRESPONDANT DU DEVOIR A QUEBEC QUÉBEC, DES ÉCRIVAINS DANS IA VILLE Écrits de 33 auteurs Narration générale de Gilles Pellerin Photographies de Luc-Antoine Couturier et Claudel Huot L'instant même — Musée du Québec 175 pages (en librairie le 30 mai) r Ecrire un livre sur Québec et ses charmes mille fois chantés, c’est beaucoup comme écrire une histoire d’amour, pour le fond comme pour la forme.La réussite se cache tout entière dans la manière, dans ce coup de plume qui frappe juste et qui semble ainsi tout frais, tout neuf.Même si son premier auteur écrivait il y a quatre cent soixante ans, Québec, des écrivains dans la ville est un chapitre nouveau de l’idylle imaginaire entre la ville et ses habitants.Fruit d’une collaboration entre le Salon du Livre de Québec et le Conseil de la culture de la région de Québec pour l’élaboration, et entre le Musée du Québec et L’instant même pour la réalisation, Québec, des écrivains dans la ville est d’abord né sous la forme d’un espace d’exposition au Musée du Québec, en parallèle avec Québec, plein la vue.Réunis autour d’un îlot central en forme de livre, les visiteurs pouvaient y lire ou y entendre, à l’aide d’écouteurs, des récits d’écrivains ayant séjourné, vécu ou vivant encore dans la Vieille Capitale.L’espace en question (qui trouvera place quelque part entre les stands du Salon du Livre) a ensuite donné lieu au superbe volume qui sera lancé à l’ouverture du Salon, mercredi soir.Là où Québec, plein la vue — l’exposition comme le catalogue — commentait ses vues de Québec et des alentours avec des dizaines de fragments de textes, Des écrivains dans la ville soutient les textes de ses trente-trois auteurs — qui l’habitent jusqu’aux pages de garde — avec une attirante sélection de photographies.Les textes comme les photographies sont encore plus saisissants dans ce nouveau livre que dans l’exposition précédente.Moins axés sur le pur pittoresque, ils suscitent ensemble des visions inédites, par l’œil intérieur comme extérieur, des moments de révélation qu’on savoure avec beaucoup de bonheur, entre deux élans jolis, mais plus convenus.La recherche de nouveaux regards sur la Vieille Capitale se concrétise dans ce livre tout en couleurs par la présence d’une douzaine de textes inédits (et de récits de Pierre Morency et Marie Laberge, parus en chroniques dans Le Devoir).Parmi ces nouvelles parutions, on retiendra surtout l’excellente histoire du Fantôme du Château par Chrystine Brouillet; un souvenir d’enfance à Limoilou de Sylvain Lelièvre; la colère de Madeleine Ferron voyant l’immense construction de Pilot Saint-Patrick dévoyer une fois de plus la Grande-Allée et le témoignage charmant d’une écrivaine ayant perdu le goût d’écrire, Claire Martin.Les remis à jour que sont Adrienne Choquette, Anne Hébert (superbe morceau du Premier jardin), Roger Lemelin, Jacques Cartier gelant en son premier hiver, Félix Leclerc sur le tour de l’île voisine, un Alain Grandbois saisi au bon moment de ses longues réflexions sur la ville, un Philippe Aubert de Gaspé, un Louis Fréchette, etc., ne sont pas en reste, la sélection des textes ayant été faite avec un soin uniformément grand.Plus qu’un simple collage Mais Des écrivains dans la ville est plus qu’un simple collage, et c’est ce qui assure la réussite de l’entreprise.Gilles Pellerin, en plus d’éditer le volume, s’en est fait le guide et offre au promeneur en fauteuil fixe une visite imaginée, inspirée et instructive, rappelant au passage tous ceux qui n’ont pas été longuement cités dans le volume, mais qur en auraient eu long à dire.Le narrateur commet aussi le périlleux exercice de nous guider vers lui-même avec son texte inédit Contre son flanc.On lui pardonne aisément cette audace quand le texte nous livre un commentaire perçant sur l’anatomie de la capitale: «Québec a des hanches, je le sais: j’y habite.» Je prends appui à cet endroit même depuis ma naissance et jamais auparavant je n’y avais vu de hanches.L’image a de quoi expliquer tout l’attachement que suscite cette ville chez les gens qu’elle voit naître, chez ceux qu’elle adopte au fil des migrations.Après tout, n’est-ce pas aussi une ville où «le passé porte le présent comme un enfant sur ses épaules», comme on le dit dans Le Confessionnal de Robert Lepage?Même les plus fidèles promeneurs, attachés au cap Diamant toute leur vie, même les plus attentifs des visiteurs de Québec, ceux qui reviennent et regardent vraiment, trouveront certainement, avec ces Écrivains dans la ville, un point de vue inédit, en images ou en mots, sur un lieu qui se délecte de sa situation privilégiée et s’y complaît même souvent, mais tellement bien.Eurêka LES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES DU QUÉBEC L'association Les Bibliothèques publiques du Québec regroupe près de 140 bibliothèques publiques.À Québec, le 5 mai dernier, à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, l'Association remettait les Prix Eurêka dont l’objectif est de souligner l'excellence dans le secteur des bibliothèques publiques.Dans l'ordre habituel : André Gaulin, député de Tachereau et représentant du Ministre de la Culture et des Communications du Québec Michèle Dupuis, directrice de la bibliothèque intermunicipale de Pierrefonds-Dollard-des-Ormeaux (Bibliothèque par excellence 1995, catégorie plus de 50 001 habitants) Denis Boyer, représentant le regroupement des bibliothèques publiques de l'Qutaouais (Prix à la coopération) et la Caisse Populaire de Hull (Prix à l'organisme partenaire) Yves Tanguay, directeur de la bibliothèque municipale de Lac-Mégantic (Bibliothèque par excellence 1995, catégorie moins de 10 000 habitants) Luc Sigouin, directeur de la bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda (Bibliothèque par excellence 1995, catégorie 25 001 à 50 (XK) habitants) Jean Payeur, président de l'association des Bibliothèques publiques du Québec Kim Nguyen, directrice de la bibliothèque municipale de Saint-Hubert (Prix à l'innovation 1995) Maud Lefebvre-Roux, directrice de la bibliothèque de Blainville (Bibliothèque par excellence 1995, catégorie 10 CH) 1 à 25 000 habitants) Le ministère de la Culture et des Communications du Québec soutient les Prix Eurêka PHOTO ARCHIVES PHOTO ARCHIVES Marie Laberge Félix Leclerc Chrystine Brouillet FINALISTES DES PRIX LITTÉRAIRES REMIS MARDI PRIX DESJARDINS 1.Essai Louis-Guy Lemieux Un amour de ville Clément Olivier L’Amour assassin Réginald Martel Le Premier Lecteur Denise Pérusse L'Homme sans rivages Antoine Prévost De Saint-Denys Garneau, l’enfant piégé 2.Littérature jeunesse Jean-Pierre Davidts Contes du chat gris Ken Dolphin La Petite Nouvelle Marc Laberge Destins Mireille Noël Un fantôme pour /’Empress Antoine Poitras La Deuxième Vie Kees Vanderheyden La Guerre dans ma cour 3.Nouvelle Robert Brien Histoires pour mon chien Ook Chung Nouvelles orientales et désorientées Danielle Dussault L’Alcool froid Évelyne Foëx Voyages sans retour.parfois Jeanne Le Roy La Zébresse Isabelle Maes Lettres d'une Ophélie 4.Poésie Marc-André Brouillette Carnets de Brigance Catherine Fortin Ainsi chavirent les banquises Bernard Gilbert Opéra Lyne Richard Les Soifs multipliées Éric Roberge Cette nudité chauffée à blanc 5.Roman Réjane Bougé La Voix de la sirène Anne-Élaine Cliche La Sainte Famille Sergio Kokis Le Pavillon des miroirs Jean-Jacques Pelletier L'homme à qui il poussait des bouches Lise Tremblay La Pêche blanche LES PRIX DES LIBRAIRES DU QUÉBEC 6.Prix du roman québécois Réjean Ducharme Va savoir Marie Laberge Le Poids des ombres Louis Hamelin Betsi Larousse ou l’ineffable eccéité de la loutre Gaëtan Soucy L'Immaculée Conception Michel Tremblay Un ange cornu avec des ailes de tôle 1.Prix du roman étranger (prix honorifique (prix honorifique) Nancy Huston La Virevolte Nicolas Kleffer Peau de lapin Peter Mayle Une année en Provence Olivier Rolin Port-Soudan Jorge Semprun L'Écriture ou la vie JOSETTE FÉRAL LJ 126 pages, 19,95 S Josette Ferai Rencontres avec Ariane Mnonchkine.Dresser un monument h l’éphémère Ce livre, pense et rédige par Josette Ferai, est divisé en quatre parties.Une première énonce les principes fondamentaux du théâtre de Mnouchkinc.Vient ensuite la description d’un stage au Théâtre du Soleil et, finalement, la retranscription de deux rencontres, l’une entre Ariane Mnouchkinc et Josette Féral, l’autre qui eut lieu à l’UQAM.Ariane Mnouchkinc et les membres de la troupe du Théâtre du Soleil ont répondu aux questions du public.m éditeur TWW Saini-Hubcn.Montrai (Québec) II2L 3Z1 T«.i 514.525.21.70 • Téléc.: 514.525.75.37 I.TNSTANT MK MR- MUSEE PU QUEBEC Impossible de ne pas succomber à un paysage aussi magique, comme celui-ci qui fait la page couverture de Québec, écrivains dans la ville ?~ "ZÉWV: PHOTO ARCHIVES Petites attentions pour les aînés et les jeunes LOUISE LEDUC Dans quelle galère les parents embarquent-ils leurs enfants quand ils les traînent dans un Salon du livre?Qu’ont-ils à faire, ces bouts de choux, de ces traités de philosophie politique ou sociale de Fernand Dumont, de ces sagas d’Arlette Cousture?Rien du tout.Il y manque de belles images et des histoires à leur portée.Si par contre, vous leur trouvez un bon lecteur, si vous les plantez dans un décor tout droit sorti d’un conte de fées, peut-être aborderont-ils avec moins d’appréhension la chasse gardée adulte que sont les salons littéraires.Heureuse initiative cette année que celle du Salon du livre de Qüé: bec de réserver un coin tout eil couleurs à leurs plus jeunes visiteurs.L’Antre du loup, un décor évoquant la tanière du loup conçu par l’illustrateur Bernard Duchés1 ne, c’est pour eux.La Souris Bouquine aussi.Mais quand Paul Buis) sonneau viendra lire L'Oiseau invïr sible, de Francine Ouellette et qu’Albert Miliaire racontera les fables de La Fontaine, il y a fort à parier qu’il fera chaud dans la tam nière et que les grandes personne?demanderont aux petites de se tasser un peu.Voilà pour les tout petits, ceuX qui ne connaissent pas encore leur alphabet.Les adolescents, eux, ont déjà leurs auteurs fétiches, comme Dominique Demers ou Sonia Sarfa-ti et ils pourront les y rencontrer: C’est à eux également que s’adressera la lecture-spectacle intitulée Territoires occupés au cours de laquelle des comédiens liront des extraits de quelques-uns des textes marquants de la dramaturgie québécoise de 1980 à 1990.Les aînés Les personnes de 65 ans et plus ne seront pas négligées non plus.Pour eux, le Salon sera gratuit, du moins pour ceux qui auront fait un saut au préalable chez les pharmacies Brunet pour se procurer un coupon.Voilà pour le tuyau.Côté contenu, les aînés pourront assister à une conférence donnée par Solange Chaput-Rolland, la sé-natrice devenue romancière qui, depuis sa retraite, poursuit sa croisade pour la défense des droits des aînés.Elle dissertera sur la difficulté de vieillir et ne manquera sûrement pas de glisser un mot sur son dernier roman.Où es-tu?qu’elle a fait éditer en gros caractères justement pour ses lecteurs du troisième âge à la vue faiblissante. I.K l> K V 0 IK .I.K S A M K l> I K T D I NI A X l II K M Al I I» Il r> SALON l’Hexagone QUEBEC LIVRE Saint-Hubert, tyûm • < i A.¦\ss ( SALON DU LIVRE DE QUÉBEC JEUNESSE Un essor formidable au cours des cinq dernières années Quid, qui utilisera les mêmes ingrédients dans une formule adaptée aux plus âgés.Par ailleurs, on a déjà un pied dans la technologie des CD-ROM et on nous promet une surprise du côté des albums.Jacques Payette, grand patron de Héritage, croit que tout se jouera hors frontières.En choisissant de vendre des livres dans les deux langues plutôt que des droits, il est confiant que I explosion amorcée se poursuivra.«Nous sommes nettement en période de mutation.» Des projets de CD-ROM sont à l’étude, notamment pour produire des encyclopédies et des dictionnaires, genres qui seraient particulièrement bien servis par cette technologie.«11 faut par ailleurs développer des formules d’association et de coédition en ce qui a trait aux documentaires.L’avenir est au partenariat en ce domaine.» Période d’incertitude Tous ces projets sont, bien sûr, fonction du marché.Or, les clientèles privilégiées des éditeurs jeunesse sont les écoles et les bibliothèques.Di période qui s’amorce devra composer avec des compressions budgétaires parfois généralisées.Devant la rareté financière, il faut trouver des moyens nouveaux, affirme (îérard Poucel, nouveau président de Communication-Jeunesse.«Là où autrefois on commandait au libraire deux ou trois exemplaires de la sélection annuelle, on n’en commande plus qu’un.Là où on s’inscrivait sans réserve aux clubs de la Li-vromagie et de la Livromanie, on roule parfois deux ans avec le même matériel.» Michel Clément, conseiller pédagogique à la commission scolaire Chomedey, confirme le constat: «Les restrictions budgétaires entraînent des choix parfois cornéliens.Il faut souvent choisir entre l’achat de livres et l’animation.» La concertation semble la voie la plus probable pour traverser la période d'incertitude qui s’amorce.Il faut inventer des solutions plus rationnelles.«Ix*s bibliothèques publiques ont encore beaucoup de livres et de services, peu de clients.l.es écoles ont une clientèle captive, peu de livres.11 y a des solutions de rapprochement à trouver.» La seconde moitié de la décennie s’annonce particulièrement crucialç pour l’industrie du livre jeunesse.Défis exaltants.La créativité de chacun, auteur, éditeur, intervenant du réseau des bibliothèques et des écoles, sera fortement sollicitée.Parions que chacun tiendra la route malgré les virages serrés.SUITE DE LA PAGE D 1 entre 10 et 13 romans.C’est le cas aussi des éditions de la courte échelle, * W:mi smJS».mm illustration .-.¦.L’auteur de L'Accident du rang Saint-Roch se lance ensuite dans une explication de ce qui fait un roman, c’est-à-dire un certain équilibre entre ••du narré, du décrit et du dialogué.» Pour lui, il faut un discernement exceptionnel dans le choix des extraits pour prétendre donner une idée satisfaisante de l’histoire, de l’atmosphère et du rythme d’un livre.Et il termine en lançant: «En tant qu’auteur, ça m’écœure.Je détesterais voir un de mes livres ainsi fléché.» Il admet cependant qu’il y a un public pour une telle entreprise: «Nous vivons à l’ère du clip.» D’après lui, certains de ses collègues n’hésiteront pas à mettre la «Lecture fléchée» au programme.Il cite en exemple ceux qui croient que donner à l’élève le tableau d’une époque est préférable à lui faire lire deux livres importants.Ceux-là, friands d’anthologies, pourraient voir dans cette collection la possibilité de tripler le nombre d’œuvres abordées.Julie Cauchy, quant à elle, ne croit pas que les pro fesseurs vont se laisser séduire par la collection.Mais les étudiants?«Si je donne à lire Madame Bovary, plusieurs élèves vont vouloir profiter de cela.Mais, il est facile de les soumettre à un test qui les oblige à le lire intégralement.» Guy Ferland, de son côté, croit Est-ce le loup dans la bergerie?Est-ce un outil précieux pour les étudiants?Le débat est lancé.que le public d’une telle collection n’est pas nécessairement étudiant.«L’éditeur vise d’abord celui qui veut prétendre avoir lu le livre sans l’avoir lu.Il y a quelque chose qui tient du paraître, du faire semblant, dans cette entreprise.Or, qui, au Québec, peut bien vouloir prétendre qu’il a lu ses classiques?Avoir lu Jacques le Fataliste, ça n’impressionne personne.Ici, la littérature n’est pas assez importante dans la conversation quotidienne pour que cela trouve son public.Ce n’est pas com- me à Paris, où la référence littéraire a encore une valeur sur le marché de la conversation.Au Québec, on lit parce qu’on veut lire et certainement pas pour en tirer les avantages d’un vernis culturel.A cause de cela, je ne crois pas qu’une telle collection puisse avoir du succès ici.» Accueil plutôt froid, donc, pour le petit dernier de Marabout.Reste à voir comment le public réagira, ce qu’on saura dans quelques mois, au plus tar.d après la rentrée des classes.A ce stade-ci, une chose est claire cependant: «Lecture fléchée» prouve encore une fois que la concurrence est féroce au pays du livre de poche.Quelle sera la prochaine innovation?On ne sait pas, mais les puristes en tremblent déjà.Le Rouge et le Noir Alix Renaud Fiorella De Luca Calce Gérard Étienne Les “Éditions “Balzac Nos auteurs seront présents au Salon du Livre de Québec, sur les stands du CEDILIV (132-152-153) Gérard Etienne J A QUESTION RACIALE J ET RACISTE ?DANS Il ROMAN QUÉBÉCOIS V w L L ?V il 1.regard sur le ®uébe.c Iturel A corps joie La question raciale Collection Littérature à l'essai Tasse-toi, mon oncle! La nouvelle collection Lecture fléchée permet de lire les classiques en accéléré.Les professeurs sont plutôt froids.Les riens de Pexistence TONI Collection Autres Rives iMARABOUTQ Lorsque je demande à un libraire, chez Champigny, si la nouvelle collection «lecture fléchée» est disponible en magasin, il lance spontanément: «Ah! Ixi collection controversée.» C’est que «Lecture fléchée» arrive précédée d’une réputation.En France, nombreux sont ceux qui ont dénoncé la démarche de Marabout.Cet éditeur, dans sa nouvelle collection de livres de poche, propose des classiques en version intégrale, mais en pointant certains passages essentiels et en permettant au lecteur de remplacer le reste du texte par un résumé placé en fin de volume.«Osez < sauter des passages sans rien perdre de l’œuvre: c’est possible.» Voilà ce qu’indique le court texte promotionnel apparaissant au dos des livres de la collection.En préface, un autre texte précise les objectifs de l’éditeur: «Finies les lectures inachevées qui vous laissaient sur votre faim! Notre approche vous permet de parfaire votre culture en vous proposant un rythme de lecture adapté à notre temps.» On vise donc un public pressé, désireux d’acquérir un vernis culturel rapidement et, si possible, sans effort.On vise sans doute aussi, mais sans l’avouer clairement, le public étudiant.Voilà pourquoi il nous a semblé important de demander à quelques professeurs de réfléchir autour de cette nouvelle collection.Auteur de nombreux romans et professeur de français au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, Jean-Marie Poupart a d’abord été agréablement surpris par la qualité matérielle des œuvres.«Ce sont de beaux objets, contrairement aux éditions à rabais destinées aux jeunes.» En effet, les ouvrages paraissant dans Lectures fléchées sont imprimés sur un papier de bonne qualité et reliés solidement.Cependant, ils sont chers.Par exemple, on trouve des éditions à rabais du Rouge et le Noir, de Stendhal, pour environ 2,50 $ Mauvais papier, couverture criarde et, en prime, quelques coquilles.On trouve aussi des éditions de poche de haut calibre, comme Folio ou Garnier-Flammarion, qui sont vendues pour un peu moins de 10 $.Le même titre, dans la collection «Lecture fléchée», est offert à 10,50 $.Parmi la dizaine d’éditions de poche consultées, c’est la plus coûteuse.«Cela dit, le principe ne m’apparaît pas si nouveau, poursuit Poupart.C’est-à-dire qu’on a longtemps enseigné la littérature à partir d’extraits, à l’époque des classiques expurgés.En ce sens, cette collection est une sorte de défaite pour ceux qui ont lutté pour le texte intégral, lorsqu’ils ont fait leur,cours classique, dans les années 60.A cette époque la censure éliminait les passages licencieux.Aujourd’hui, le discours est différent, on ne parle pas de censure, mais le résultat est semblable.» Julie Cauchy, elle aussi enseignante à Saint-Jean-sur-Richelieu, n’hésite pas à s’en prendre aux arguments de vente de l’éditeur.«On propose une lecture qui va avec le rythme de notre temps.Justement, quand tu lis c’est pour briser ce rythme.Pour sortir de ce cycle infernal.Ce que j’enseigne à mes élèves, c’est de prendre plaisir à lire.Or, l’idée d’accélérer le rythme implique que la lecture de l’œuvre complète est fastidieuse.Cela contredit mon enseignement.» Ancien critique dans nos pages et professeur de philosophie à Sainte-Thérèse, Guy Ferland s’en prend lui aussi au message qui est transmis au lecteur: «Quelqu’un à qui tu donnes ça reçoit le message que l’œuvre complète, c’est une perte de temps.En une heure ou deux tu peux avoir tout saisi, tout compris.Si t’es pépè-re tu peux tout lire, mais sinon, ben tasse-toi mon oncle!» Et il continue en disant: «Quand tu décides de lire l’œuvre complète dans cette édition, tu ne peux t’enlever de l’idée, dès que la flèche n’est plus là, que le passage n’est pas essentiel.Cela a un impact considérable sur ton rapport à l’œuvre.» Jean-Marie Poupart va dans le même sens: «Il me semble que tu ne peux pas être en même temps pour la saine alimentation et pour le dopage aux vitamines artificielles.Alors comment peut-on prétendre qu’il est possible de sauter des passages sans rien perdre, tout en étant pour la lecture de l’œuvre entière.» DES CAILLOUX QUI FLOTTENT François de Cornière Chaillé-sous-les-Onneaux (France) — frois-Rivières U dé bleu/Ecrits des Forges, 1994 LUCIE BOURASSA Plusieurs lecteurs québécois connaissent déjà le poète caen-nais François de Cornière qui a participé, en 1990, à la dix-huitième rencontre québécoise internationale des écrivains, et dont les Ecrits des Forges ont publié, en coédition avec des maisons belge (L’Arbre à paroles) et française (Ije dé bleu), le Tout cela, lauréat des prix Georges Limbour et Apollinaire.La parution québécoise d’un nouveau recueil, Des cailloux qui flottent, réjouira ceux qui avaient apprécié cette parole discrète.Et pour ceux qui n’auraient jamais lu François de Cornière, ce petit livre constituera une excellente porte d’entrée sur son œuvre.Le titre, Des cailloux qui flottent, fournit une métaphore tout à fait juste pour décrire la composition de ce recueil, qui s’ouvre sur ces mots de Jean-Claude Renard: «En morceaux, en petits morceaux, en tout petits morceaux.» Il s’agit d’une collection de courtes suites écrites depuis une vingtaine d’années et publiées soit en revue, soit dans des plaquettes à tirage limité.Mais en fait, c’est la poésie même de François de Cornière qui ressemble à «des cailloux qui flottent».Elle s’arrête à certains «petits riens» qui se détachent de la vie quotidienne pour s’imposer à «l’oreille de la phrase».Les premières suites évoquent, par la concision des strophes et des vers, le minimalisme de Guillevic.C’est-là une filiation bien assumée, car la série «Gare!» est dédiée à l’auteur de Terraqué.Outre l’économie de moyens, un commun refus de la poésie sacralisante et un même goût du «prosaïsme» unissent les deux poètes.Chez Guillevic, les mots les plus simples, souvent isolés à l’extrême par la pudeur du vers et de la phrase, mais souvent, aussi, forcés par le raccourci à des rapprochements tendus, sèment le doute sur nos perceptions habituelles, débusquent ce qui peut nous dérouter ou nous atteindre subrepticement dans le cours des journées.Il y a de cela aussi chez François de Cornière, dont l’éditeur dit que le «lyrisme jamais ronflant (.) se livre par petites touches révélant les imperceptibles cicatrices quotidiennes, les joies dérobées à l’absurde».Comparons, ici, le traitement de l’écart entre le proche et le lointain, le vaste et le ténu, la durée et l’instant: «Tant d’an-nées vécues — / Et tes mains.// Qu'en saîs-tu de plus?» (Guillevic1): «Etat des routes.Météo marine./ Informations du monde./ Mais la fenêtre en face?» (de Cornière).Mais plus on avance dans Des cailloux qui flottent, plus on perçoit les différences entre les deux démarches.Pour aviver la force des mots, Guillevic recourt à une grande variété de moyens disjonctifs, dont la brièveté n’est pas le moindre.De Cornière, au contraire, semble de plus en plus rechercher «un style très lié avec des phrases très courtes» (Ramuz).hi voix de Guillevic demeure, il me semble, assez éloignée de tout lyrisme, surtout de toute confidence; elle est en cela bien ancrée dans une certaine modernité française: le lecteur peut se glisser dans tous les «je», les «tu» et les «on» qui traversent ses poèmes sans les sentir liés à une personne dans sa biographie.Pour de Cornière, il en va autrement: ses textes sont le plus souvent explicitement enracinés dans les événements qui composent une vie, du plus léger (une lettre, un voyage) au plus grave (un deuil).Iœ recours au biographique n’entraîne toutefois ici aucune complaisance narcissique.Au début, les poèmes se concentrent sur ces «petits riens» qui donnent à l’existence sa densité.Telle la relation de cet instant fatal (la mort d’un enfant), qui commence avec une image banale pour la ixnirsuivre de manière inédite: «Quand on débranche tout c’est un immense gouffre.C’est la vague qui se calme.C’est la tempête vide.» Peu à peu s'étend la relation de scènes de tous les jours, au détour desquelles apparaîtra le détail qui donne la conscience de vivre.Il n’y a qu’à voir comment un même motif donne une fois lieu à trois vers, une autre à 23, pour constater cette tendance au développement: «Sur le rideau de douche / les gouttes qui dessinent / les routes qu'on ne prend pas.» (En pente (1983), Des cailloux qui flottent)', «Je pense souvent à vous / sur le rideau de douche / qui représente le monde / les mers les continents.// Les gouttes y font des routes / s’arrêtent sur des villes / des pays où vous êtes / pendant que je suis moi / un peu ailleurs qu’ici (.).» (Sur le rideau de douche (vers 1990), Tout cela).On pourra trouver cette poésie, si discrète, un peu trop unie, trop sage.Le «risque du banal» (Meschonnic) échappe de justesse, parfois, à la banalité.Il faut beaucoup d’attention pour entendre les petits contrastes de tel mais, telle question, telle parenthèse, ou encore la prosodie que murmurent certains noms de lieux, quelques inflexions de la conversation, et de rares jeux de sonorité: «Mais Promenade de la Suze, une nuit, deux cygnes ont glissé.Deux cygnes noirs.Ils ont fait un grand silence lisse.Dans le noir.» Cette écriture ne fait appel à aucune virtuosité verbale; jamais, non plus, elle ne fait violence à la langue.En revanche, elle se déploie avec justesse et sûreté.1 — Requis, poème 1977-82, Gallimard, 1983.ROBERT SABATIER Samedi J juin de mo à mo Dimanche 4 juin de 13h30 à 14hÊ Robert Sabatier sera présent au Salon du livre de Québec -Albin Michel- Le titre fournit une métaphore tout à fait juste pour décrire la composition de ce recueil.La poésie de de Cornières s’arrête à des «petits riens» qui se détachent de la vie quotidienne.À corps joie Collection Histoire de l'Oeil RENAUD-BRAY JEUNESSE ; .: .; .Traverse la rue et s'installe au 5252, chemin de la Côte-des-Neiges / Téléphone: (bm) 342-3420 «Moi, je déménage avec mes romans de {o.COitrLe échElleA » Denis Côté LA TRAHISON Sylvain Tfiïdë DU VAMPIRE I.K l> E V OIK.I.I S S A M E DI 'il E T l> I M A X I E T I) I M A N C II E 2 K M Al I U » S I) 15 IM' LIVRES- VITRINE DU LIVRE Léon Dion I ,e Duel conslifitlioniicl lii.mil «D’un côté, c’est toujours un seul et même héros qui s’escrime: le Québec.De l’autre côté, le gouvernement fédéral est son principal opposant.Les autres — les provinces — lui souhaitent la victoire, lui prêtent main-forte à l’occasion, font des crocs-en-jambe à l’adversaire commun; parfois elles prennent la relève et, à plusieurs, le mettent en échec.Les protagonistes s’essoufflent, observent une trêve, reprennent les hostilités, s’élancent, reculent, feintent, gagnent ou perdent des batailles, mais la victoire, que d’une part et d’autre on espère, leur a jusqu’ici échappé», écrit Léon Dion.Il vient daa profoodaw» des («60 d» l'Afrique tropical» : où IM tapit depus dfa mtm d'années-, Il a happé pour la demio.o fois à Washington an 1990.Son nom ; Ébola.ljàndfU VIRUS Richard Preston Éditions Plon/Laurédit 346 pages, 24,95 $ Un tueur aveugle sème l’émoi.Il vient des profondeurs des forêts de l’Afrique tropicale où il se tapit depuis des milliers d’années.Il a frappé pour la dernière fois il y a quelques jours au Zaïre.Son nom: Ebola.Scientifique de renom, collaborateur régulier au magazine New Yorker, Richard Preston n’a rien inventé.Tout est rigoureusement vrai dans ce récit qui se lit comme un thriller scientifique.Il décrit les offensives foudroyantes de ce virus, échappé des profondeurs de la forêt équatoriale et qui faillit, en 1989 puis en 1990, ravager la banlieue de Washington.D’une inquiétante actualité, ce livre fera des ravages sur les plages cet été.Francesco Alberoni Les envieux LES ENVIEUX Francesco Alberoni Plon/Laurédit, 257pages r .Etrange envie qui nous etreint sans jamais être rassasiée.«J’ai envie de.», «Je t’envie.» Quels sont les jours où ces phrases ne nous viennent pas à la bouche, comme par inadvertance?Francesco Alberoni dévoile les ressorts de ce sentiment souterrain qui nous inhibe et nous désole.Comparaison, condamnation, morsure narcissique, compétition, orgueil, jalousie, concurrence et mauvaise foi sont les diverses formes prises par ce sentiment puissant et insaisissable.Avec la clarté et la rigueur qui ont fait son succès depuis Le Choc amoureux, le psychosociologue italien Francesco Alberoni montre comment l’isolement provoqué par l’envie peut être brisé par une connaissance et une acceptation de soi sans chimères ni faux-semblants.Minim l'iiARPKxmk Condition féminine et Vieillissemen CONDITION FÉMININE ET VIEILLISSEMENT Michèle Charpentier Éditions du remue-ménage 171 pages, 18,95 $ Au Québec, les femmes forment la majorité des citoyens âgés.Toutefois, la gérontologie a souvent omis cette réalité en mettant l’accent sur les hommes âgés.Non seulement les modèles de référence sont masculins, mais les recherches ont nettement sous-estimé l’impact du vieillissement sur les femmes, surtout en ce qui concerne la retraite et le veuvage.Nombre de préjugés, de mythes circulent toujours au sujet des femmes âgées: «Les femmes âgées sont plus malades que les hommes», «la femme vieillissante est inactive sexuellement, peu intéressée à la sexualité et peu intéressante à cet égard», «la retraite n’est pas une étape de vie significative pour les femmes», etc.Tout en rejetant ces stéréotypes, l’ouvrage de Michèle Charpentier cherche à faire prendre conscience de la réalité des femmes de 60 ans et plus.Forte d’une documentation importante et enrichie par de multiples témoignages, l’auteure traitedes aspects démographiques, physiologiques et psychosociaux de la vieillesse au féminin.Elle soulève entre autres les questions de l’inégalité des régimes de pension et des problèmes de santé féminins.Michèle Charpentier est chercheure et chargée de cours en ^t’II.I.lTON Frémir II rMIItt de //()NTRHAl PtrTTr HjooJi Les Éditions LOGIQUES gérontologie à l’Université de Montréal et à l’Université de Sherbrooke.L’ABUS SEXUEL PRÉVENIR LA RÉCIDIVE Pierre Foucault Éditions Logiques 169 pages Un enfant est déclaré victime d’abus sexuel.Pour lui, pour elle, la reconnaissance de l’abus constitue une étape primordiale.Le silence a été brisé, l’agresseur a été nommé; mais tout reste à faire.Il faut, dit Pierre Foucault, empêcher que l’inacceptable se reproduise.Peu importe l’âge ou la classe sociale de l’enfant, une intervention appropriée s’impose.L’ouvrage de M.Foucault présente les conditions qui rendent une action valable et efficace en analysant qui sont les protagonistes de l’abus et ce qui les caractérise, quelle est la dynamique familiale qui est propice à l’abus et comment intervenir pour protéger l’enfant.L’auteur, Pierre Foucault, est psychologue clinicien et responsable des services professionnels au Centre de psychologie Gouin à Montréal.LE FEUILLETON DE MONTRÉAL TOME 2, 1793-1 892 Jean-Claude Germain Stanké, 368 pages, illustrations, 30 $ Jean-Claude Germain a troqué le canot et les raquettes pour la diligence, le bateau à vapeur, les p’tits chars et le cheval de fer.Dans le premier tome (1642-1792).le conteur remontait le cours de l’histoire et des histoires de Montréal depuis la fondation jusqu’à la fin du XVIII'' siècle.Voici qu’avec ce deuxième volet, Papineau tonne, Durham assimile, Borget excommunie et Cartier pépie.Aux Laurier et Mercier s’ajoutent le Beaver Club, la Bank of Montreal, une répression, une Déclaration d’indépendance, Guibord dans son cercueil de ciment, Riel au bout de sa corde, le chemin de fer, les zouaves, les clubs de raquetteurs, une Confédération, les pots-de-vin, le socialisme sur le Champ-de-Mars, les Voyageurs sur le Nil, le curé La-belle en France, Sarah Bernhardt à Caughnawajga, Louis Cyr à Londres et le portrait du XIX1 siècle revu et corrigé par Jean-Claude Germain se précise.QUÉBEC-CANADA: PAYS DE MES CHICANES FAVORISER LA DIGNITÉ DU QUÉBEC Gabriel Loubier Éditions Québécor 187 pages Gabriel Loubier fut, entre 1962 et 1973, un acteur politique important au Québec.Sa carrière connut un sommet en 1971 alors qu’il fut élu chef de l’Union nationale et devint du coup chef de l’opposition officielle.Il le fut jusqu’à sa défaite en 1973.Aujourd’hui, Gabriel Loubier vit loin de la politique.Homme d’affaires H° 1 en librairie dès sa sortie m Un best-seller fulgurant! Premier tirage épuisé une semaine après publication! Louis-Bernard DIEU CRÉA LES FRANÇAIS portraits et clichés de nos chers cousins aux Éditons RD, ben sûr,,, et cfez voire libraire cette semaine LOUIS-BERNARD ROBITAILLE ET DIEU CRÉA LES FRANÇAIS Portraits et clichés de nos chers cousins TT QUÉBEC-CANADA: • v///•/'/'/ / / L autre Ferron sous l.i dim lion de lilnette Midiaud 4» ri l.l (OlfalbtHaftkMt de l’ailriik Pulrirr || Miuutm nu»i\ qucticmi» riots cétuq prospère, il estime toutefois qu’il Eeut apporter sa contribution au deal constitutionnel.Voilà pourquoi il vient de publier cet ouvrage dans lequel il expose sa vision des choses, ses solutions pour que les Québécois connaissent enfin la dignité et le bonheur.Vive la République du Canada!, s’exclame-t-il 185 pages plus tard.L’AUTRE FERRON Sous la direction de Ginette Michaud avec la collaboration de Patrick Poirier.Fides — CÉTUQ Collection Nouvelles Études québécoises, 466 pages Jacques Ferron est mort il y a dix ans et on commence à peine à me surer la richesse de l’héritage culturel qu’il a laissé.Heureusement, des générations d’universitaires y veillent.Publié dans la collection «Nouvelles Etudes québécoises», L’autre Ferron veut remonter le cours de la mémoire et explorer les questions d’héritage et de transmission qui ont fait de cette oeuvre un texte souverain de la littérature québécoise.Cet autre Ferron, quel est-il?Les chercheurs l’ont d’abord découvert à la Bibliothèque nationale, dans le manuscrit du Pas de Gamelin, l’œuvre qui accompagna l’écrivain pendant plus de quinze ans.On y reconnaît plusieurs de ses traits: le Ferron jeune écrivain et celui des dernières années, le Ferron qui réinven- te l’épique et le récit de fondation; le Ferron passeur de lectures et de cultures; le Ferron intertextuel, fascine par ses maîtres français.et anglais.Ce livre réunit un groupe de jeunes chercheurs de l’Université de Montréal auquel se sont joints des critiques connus et des traducteurs émérites.Outre les études, L’autre Ferron offre également au lecteur plusieurs textes inédits de l’écrivain: un important fragment du Pas de Gant elin, des correspondances avec Clément Marchand et le traducteur Ray Ellenwood, ainsi que des extraits d’un long entretien réalisé par Pierre L’Hérault en 1982.Galerie Orients Extrêmes : Art & Antiquités d'Asie 2159, rue Mackay Montréal ', Qc H3G2J2 Tel: (514),843-6312 (514) 689-3428 Fax.: (514) 843-6312 LAPIERRE L’AMÉRIQUE RENE LAPIERRE ÉCRIRE L’AMÉRIQUE LES HERBES ROUGES / ESSAIS 164 p.16,95$ Qu’est-ce qui est à l’œuvre ici, en nous, en Amérique?Et d’abord quel sens ce mot recouvre-t-il?LES HERBES ROUGES / ESSAIS ANDRÉ ROY LE CŒUR EST UN OBJET NOIR CACHÉ EN NOUS ANDRÉ ROY LE CŒUR EST UN OBJET NOIR CACHÉ EN NOUS LES HERBES ROUGES / POÉSIE 90p.12,95$ André Roy raconte la grande aventure de la vie si étrange, si dramatique.LES HERBES ROUGES / POESIE 77 I) Hi I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M K DI 2 7 K J I) I M A N i II K 2 K M Al ID » .1 ARTS VISUELS Le regard de l’autre Le Centre Canadien d’Architecture présente les œuvres de quatre photographes sur le Québec STÉPHANE BAILLARGEON LE DE VOIR Quatre étrangers, quatre visions personnelles, quatre regards subjectifs à travers l’objectif d’autant de voyageurs au Québec, des années vingt aux années quatre-vingt-dix: voilà essentiellement ce que propose le Centre Canadien d’Architecture (CCA) avec Parcours de photographes visiteurs au Québec: Sipprell, Moser, Volkerding et Kawamata.L’exposition est présentée dans la salle octogonale du musée depuis le 10 mai dernier.Vu le contexte, il s’agit évidemment d’un travail consacré à la photographie d’architecture.En moins de trente clichés, les quatre artistes ici rassemblés livrent différentes perceptions du «cadre bâti» au Québec, à différentes périodes de son évolution: une maison canadienne typique de la Gaspésie au début du siècle, une rue commerçante de Montréal de 1950, un atelier d’artisan contemporain, un coin de métropole à l’abandon.Miroir formant et déformant Du même coup, les multiples parcours et les contrastantes perceptions témoignent de la mutation du regard des autres posé sur nous-mêmes, et à vrai dire de la riche et changeante dialectique qui établit un va-et-vient constant entre la perception de l’étranger et la projection locale.Des trois Américaines au Japonais, des années vingt à aujourd’hui, i .: .- , — * - - PHOTO CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE Vue du Cagibi, atelier de restauration d’éléments architecturaux, de la photographe Laura Volkerding.de la vision nostalgique de Sipprell à la perspective résolument internationale de Kawamata, le miroir formant et déformant présenté par les visiteurs reproduit l’évolution réelle et phantasmée de l’ensemble de la société québécoise.La portraitiste et paysagiste américaine Clara Estelle Sipprell a été la première du groupe des quatre à visi- ter la Belle province, un peu avant la Grande Dépression.Née en Ontario en 1885, initiée à la photo par son frère, elle a ouvert son propre studio à New York, en 1915, puis évolué sur la scène culturelle américaine de l’entre-deux guerres tout en voyageant beaucoup jusqu’à la lin des années trente.Scs œuvres exposées au CCA montrent les expériences qu’elle fait alors avec le papier argentique à la gélatine pour l’impression de ses photos.Sipprell choisit patiemment ses angles et produit des compositions soignées où l'architecture fusionne avec le paysage environnant, pour célébrer le mythe romantique et nostalgique d’un Québec simple, rural, près de la nature.le résultat est apaisant, avec une lumière douce et subtile dans une manière résolument pictorialiste.Chacune de ses œuvres est d’ailleurs signée, titrée et encadrée, comme si la photographe avait voulue souligner le caractère artistique de sa démarche.Les photos de Lisa Moser (née à New York en 1920) ont été commandées par le magazine Vogue en 1950, dans le cadre d’un reportage sur le Canada.Invitée à accompagner l’abbé Félix-Antoine Savard et l’ethnologue Luc Lacoursière dans une tournée pan québécoise, elle rapportera finalement 1800 images qui composent une vaste chronique de la vie quotidienne au Québec.Moser est allée bien au-delà du photoreportage et du cliché touristique.Ses œuvres (un plafond pris comme une œuvre abstraite, du fer forgé entrelacé.) célèbrent plutôt avec une infinie sensibilité les gens et leur habitat, les arts et les traditions.La démarche de Laura Volkerding (née au Kentucky en 1939) est à la l Le Fort.île Sainle-Hélène Du I) avril au ô juin I !)!).”> Tons 1rs join s, sauf le mardi, «le lOIni I 7li lîniscigiirninils: (.11 I) 8111 (1701 ( HlerxpmiliiHl r>| rénlivT par le MintMru.irl ru mllnlionilioii .ivr» I.A KmV|MMii\ m DEVOIR I Université du Québec à Montréal |j-Miiminau • Musée Acadien, Université de MoiicIoii Moncloii (.Non veau-Brunswick) 18 juin I !)!).’> au 3 septembre !!)!)! • (entre d’exposilion de BoiivnNoraiida Rouvn-Xoranda I I seplemhre 1995 au 22 octobre 1991 • Salon du livre de Montréal Montréal I (i novembre au 21 novembre 1991 • (’entre d'interprétation d'histoire de Sherbrooke Sherbrooke 28 novembre 1991 au 1 janvier 199(1 • Musée Pierre Bouclier -Séminaire Saint-Joseph Trois-Rivières 21 janvier 199(1 au 2(1 février 199(1 • Le (’cuire culturel franeo nianilohain en collaboration avec le Musée de Saint-Boniface Sainl-Boiiifacr (Manitoba) 17 mars 199(1 au 21 avril 199(1 • Musée de la civilisation Québec 29 mai 199(1 au 2 seplcmbre 199(1 • Musée du Sa;giicnav/LacSaiul-Jcan Chicoutimi 12 septembre 199(1 au 27 oclobre 1996 INVITEZ UN® AMI® À NOS FRAIS! Valable pour une entrée gratuite pour une personne accompagnant un visiteur parant son droit d'entrée.Cette ollre est valide durant toute la durée de l'exposition au Musée Stewart.À Québec, Trois-Rivières, Ottawa, Arthabaska, Baie-Saint-Paul, cet été, découvrez une autre façon de visiter les musées! Demandez la circulaire 1995 276-0207 ou 259-7629 Les, beaux détours CIRCUITS CULTURELS^ DOCTORAT EN ÉTUDES LITTERAIRES Ce nouveau doctorat de recherche est ouvert sur : • l'édition critique et la génétique textuelle • l'histoire littéraire et la sociocritique • la psychanalyse textuelle et l'écriture au féminin DATE LIMITE DES DEMANDES D'ADMISSION À LA SESSION D'AUTOMNE 1995 : le 10 août 1995 RENSEIGNEMENTS: Secrétariat des études avancées Département d'études littéraires, UQAM 405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2L 2C4 Téléphone: (514) 987-3596 L’UQAM une force .novatrice Université du Québec à Montréal UNE RETROSPECTIVE JUSQU'AU 1 7 SEPTEMBRE L'EXPÉRIENCE SENSORIELLE DE LA COULEUR mardi au dimanche de 11 h à 18 h mercredi de 11 h à 21 h métro Place-des-Arts renseignements : (514) 847.6212 ’ I mm i : ."ii fegfj .¦ twmmlÊÉÊÊM.Une exposition présentée par Hydro Québec Cornai AmdnC—ih Tfct Canada Owned u m KHUUHim mêêkêkkkê WKBKÊMÊKÊKMÊÊ j.w.Stewart Moyen rhétorique Prolongation jusqu ’au samedi.?juin WADDINGTON & GORCE 2 ISS, rue Mnckay Montréal, Québec Canada H JC 2J2 Tél.: (514) «47-1112 Fax: (514) «47-1113 mmKammmmmmmiI Galerie Orients Extrêmes Art è Antiquités d'Asie 21S9, rue Miukuy Montréal, Qc H3G2J2 Til.: (SU, «4363,2 (314,689-3428 Fu t.: (314,843 6312 fois même et autre.Elle aussi s’attarde aux traditions, mais de manière introspective et contemplative plutôt que documentaire, pour finalement rendre hommage aux lieux de travail, aux ateliers des artisans contemporains.Les photos de Volkerding ont été commandées par le CCA en 1987, dans le cadre d’une réflexion sur les métiers artisanaux reliés à l’architecture (on restaurait alors la maison Shaughnessy, rattachée au musée).La photographe a visité un atelier de taille de pierre de Saint-Marc-des-Car-rières, d’autres de Montréal et Port-neuf spécialisés dans la fabrication de boiseries.Il se dégage de ses œuvres, où ne s’exposent que les outils et les matériaux des espaces des créateurs absents, une atmosphère quasi religieuse, comme on peut le voir sur le cliché reproduit ici.Dans cette série, le monde de ces artisans suivit comme par miracle dans un Québec hy-permodeme.Le tourbillon de la course au progrès Le Japonais Kawamata, qui a maintenant un peu plus de 40 ans, part de là.Invité par la galerie Brenda Wallace en 1991, il a poursuivi à Montréal sa série Field Work, qui l’amène à produire de petites constructions éphémères, dans divers coins de la ville (le canal Lachi-ne, le viaduc Smith, Saint-Léo-nard.), à partir de matériaux trouvés.Les sites transitoires, immortalisés par l’objectif, accusent l’effacement, l’indifférence et même la laideur de la métropole québécoise en mouvement, sans âme et sans cœur comme tant d’autres emportées par le tourbillon de la course progressive vers on ne sait où.Le Québec de Sipprell, Moser et Volkerding est à jamais englouti.Un monde bien ancré a disparu.Un autre, fugitif et dérivant, l’a remplacé.Et ce qui est encore plus magnifique, c’est que les 26 coordonnées aplaties de notre histoire réunies dans cette petite mais stimulante exposition sont toutes tirées de la collection permanente du CCA, qui compte entre autres trésors environ 50 000 photographies.Avec elle, le musée de la rue Baile donne encore une magistrale leçon de travail mu-séologique à ses collègues de la classe québécoise.L’identité de cet établissement mondialement envié ne repose pas que sur des expositions de qualité — et encore moins sur des blockbusters produits à partir des œuvres empruntées à des collectionneurs privés ou publics.La renommée du CCA, mille et cent fois méritée, s’appuie d’abord et avant tout sur des collections exceptionnelles.Avec elles, le musée assume pleinement son rôle de lieu de sens et de mémoire.En puisant dans ses voûtes patiemment et intelligemment enrichies, le musée de l’architecture peut alors proposer des segments inédits de significations, en dehors des dogmes et des conventions établis par une certaine historiographie.Comme dans Parcours de photographes visiteurs au Québec., qui n’est pas un ready-made de la pensée historicisante, mais plutôt une solution unique apportée à un problème nouvellement posé, une réponse éclairante, affinée, réfléchie, à une interrogation surprenante, qui évite les clichés des parcours chronologiques et des visions fléchées trop souvent proposées ailleurs.Cette exposition, qui est donc en même temps une leçon d’histoire et de muséologie, sera en place jusqu’au 15 octobre prochain.I L K l> K V (MH.I.K S S A M K l> I 2 7 K T l> I M A X (' Il K 2 « NI Al II» I» S EXPOSITIONS Une symphonie d’ombres et de lumière JENNIFER COUËLLE DU NOIE À QUAIEE MAINS .Maison de la culture Plateau-Mont-Royal 465, avenue du Mont-Royal Est Jusqu'au 11 juin 1995 Lf exposition en cours à la Maison t de la culture Plateau-Mont-Royal jôint l’utile à l'agréable.Elle a le double mérite de cultiver le plaisir esthétique de l’estampe et de permettre aux visiteurs d’approfondir leurs connaissances perceptives de cette discipline, en comparant procédés, artistes et tendances.Pas une mince affaire que d’avoir produit une exposition d’un intérêt si franc à partir de cette pratique de noirs et de blancs.L’estampe, rappelons-le, ne | jouit pas d’une réputation des plus j excitantes, surtout pas chez les non-t initiés.Une initiative de l’artiste et ; imprimeur montréalaise Danielle [Blouin qui dirige l’atelier du même ‘ nom, Du noir à quatre mains regroupe les œuvres de huit artistes suisses (Catherine Belle; Rolf Lehmann; Claire Nicole; François Pont; Christian Perret; Henri Presset; Jean-François Reymond; Alexandre Struder) de l’Atelier Raymond Meyer à Lausanne, et huit artistes québécois (Michel Archambault; Louise Delonne; Marc Gameau; Peter Krausz; Denise Lapointe; Françoise Lavoie; Francine Simonin; Robert Wolfe) ayant passé par l’atelier de Madame Blouin.D’un artiste à l’autre, les noirs, les blancs, comme les gris varient.Puis quelques uns y vont même pour la couleur.L’utilisation la plus complète de la couleur est celle qu’en fait la québécoise Simonin (d’origine suisse, il semble pertinent d’ajouter) avec ses expressifs bois gravés.Des espaces flottants aux tons d’ocre doré recueillent des motifs vaguement orientaux, sortes de figures schématisées à la Matisse, vertes, noires, rouges ou bleues.Abstraits, pour la plupart, les sujets aussi diffèrent.Il s’agit de formes, de lignes, de plans, d’égra-tignures, d’arabesques, parfois d’écrits et de leur calligraphie, ou de paysages, d’architectures, et même de figures.Les expositions de groupe sont propices aux constatations larges, pas toujours subtiles, mais pas moins vraies pour autant.En voilà une: de façon générale, les artistes d’ici se distinguent nettement de leurs confrères et consœurs helvétiques dont la production lyrique (ce qui, en soi, n’est pas une tare) semble plus timide, plus répétitive et PHOTO GUY L'HEUREUX 7hl5 AM, une aquatinte à la pointe sèche de Denise Lapointe.parfois même aux prises avec la continuité d’un certain héritage moderniste, dont celui de Miré, par exemple, dans la gestualité de quelques unes des pointes sèches de François Pont.Bref, sauf exception, la verve des artistes suisses est plutôt discrète à côté de celle des Québécois.Des artistes sélectionnés par Monsieur Meyer, on appréciera notamment la liberté graphique et la grande sensibilité des pointes sèches de Catherine Bolle, et.les délicates masses géométriques à contempler de loin dans les aquatintes de Claire Nicole.Puis parmi les exposants de ce côté-ci de l’Atlantique, on remarquera l’étonnante finesse des gravures sur bois de Peter Krausz, le menhir presque vivant et non sans humour dans la pointe sèche et aquatinte de Denise Lapointe, les colossales et scénographiques linogravures de Françoise Lavoie, la simplicité désarmante des cœurs-visages à l’eau-forte et à la pointe sèche de Robert Wolfe et quelques œuvres plus spontanées (Spire et Série Inertie) parmi les pointes sèches de Marc Garneau.Quoique sans prétention, cette très belle exposition — car même si certaines œuvres sont moins convaincantes que d’autres, l’ensemble de ces démarches demeure riche et cohérent — vaut certainement le détour.SERGE ROY 1555, rue Grand Trunk Sur rendez-vous (935-3743) Jusqu’au 29 mai 1995 Sur le passé on se penche encore et toujours.Qu’il soit lointain ou nouvellement révolu, le temps qui fut fascine.Ses traces, aussi diverses que profuses furent maintes et maintes fois l’objet d'inspiration créatrice.Et comme d’autres avant lui.l'artiste Serge Roy se les approprie pour leur prêter un souffle nouveau.U*s dix tableaux-collages et deux sculptures qu’il présente actuellement dans son atelier de Pointe-Saint-Charles traduisent son intérêt prononcé pour le monde suranné.Mais aussi pour la composition, la facture et la couleur.L’artiste qui expose régulièrement à Montréal et dans ses environs depuis 1989, poursuit, à sa manière, une pratique tout à fait XX' siècle, celle qui vit le jour avec Duchamp (on y échappe difficilement), et qui combine à la fois l’esthétique de l'objet ordinaire, de la relique, du collage, de la typographie et de la peinture.Roy construit ses tableaux — dont certains ne sont pas sans rappeler les affiches lacérées de Mimmo Rotella et des décollagistes français des années 1950 et 1960 — à partir d’images (pour la plupart de gymnastes et danseurs) et de mots découpés dans d’anciens documents, à partir aussi d’autocollants globe-trotters qui ornaient jadis les valises de cuir, d’anciennes affiches et photographies, de fruits et légumes desséchés et d’une variété de menus objets.Ces recherches du temps perdu sont ensuite intégrées à un environnement peint, laqué, poncé et verni: une facture infiniment soignée et généralement uniformisée.Étonnement, cependant, à l’exception du Sacré Cœur de Magritte et moi, ce ne sont pas tant les sujets — souvent épars et d’intérêt second — que leur composition qui font le poids dans la balance.A défaut de nous convaincre par la rigueur de leur contenu, ces tableaux nous captivent par leur organisation formelle et la beauté de leur matière aux teintes cassées.Dotés chacun d’un espace abstrait — celui de la peinture ou du motif répété —, d’un endroit pour le repos de l’œil qui décante et assimile, ils sont structurés avec minutie et mesure.Et c’est sans doute là, dans cet équilibre subtil entre le figuratif récupéré, gonflé de son aura d’une époque passée, et le champ plus libre de l’abstraction, que réside la force de cet artiste.Si ces œuvres se nourrissent de «l’au-trefois», c’est dans la forme et la facture qu’elles se réalisent.Une exposition raffinée à voir de près.Susan G.Scott 25 mai au 19 juin Maison de la culture Côte-des-Neiges 5290, chemin de la Côte-des-Neiges [métro : Côte-des-Neiges] 872-6889 Concours Molinari AU MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Ce! été, visitez l'exposition GUIDO MOLINARI, UNE RÉTROSPECTIVE du 19 mai au 17 septembre et envolez-vous à destination de PARIS! Venez en grand nombre car chaque 5 000e personne visitant l'exposition aura la chance d'être inscrite au tirage du voyage d'une semaine pour deux personnes à destination de PARIS, incluant hôtel et frais de séjour, le tout d'une valeur de 7 500 $.Le nom du gagnant sera connu le 4 septembre, à 18 h.Une question d'habileté sera posée au gagnant.Règlements du concours disponibles à la billeterie du Musée.L'expositon GUIDO MOLINARI, UNE RÉTROSPECTIVE est une présentation de Hydro-Québec.Renseignements: (514) 847.6212 AIBFRAHCEJ/ [,E |)|?V()|R CLUB VOYAGES CKAC730© Du 12 mai au 12 novembre m se reveie Pour les 100 ans des rayons X, le Musée McCord allie la science au plaisir.Des jeux interactifs et des animateurs divertiront petits et grands ! Celle exposition a etc réalisée grâce à l’appui de Ncurikon Inc., et a bénéficié du concours de: Nlurji6?N HGou.»n«rTter«(XQj«*c _ _ UmttMn M rtnduttrte.du Cowwt*.| +1
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