Le devoir, 13 juillet 1995, Cahier A
LE DEVOIR PERSPECTIVES Le jeu en vaut-il la bombe?Le concert international des protestations suscitées par l’annonce de la reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique Sud s’est amplifié hier au sein de l’Union européenne.L’Italie, l'Espagne, l’Irlande et, dans une moindre mesure, l’Allemagne ont marqué une exaspération croissante devant le cavalier seul de la France sur la question nucléaire.Après l’abordage dimanche du Rainbow Warrior II de Greenpeace par un commando français, les écologistes comptent accentuer leur campagne.Tout porte à croire que le gouvernement français et le groupe écologiste auront d’autres occasions de croiser le fer.S y l via ne Tram ier Les dirigeants français savaient probablement que la reprise des tests nucléaires serait lourde de conséquences sur les plans politique et diplomatique pour la France.Mais ils ne s’attendaient peut-être pas à un pareil tollé.Et sans doute escomptent-ils des bénéfices technologiques et militaires capables de compenser les dommages causés aux relations de la France avec la région Asi,e-Pacifique et avec ses partenaires plus proches.A tout le moins, il semble que la France a sous-estimé l'habileté du groupe écologiste Greenpeace dans la bataille médiatique.L’opération d’arraisonnement du Rainbow Warrior II, filmée de l’intérieur, «comme si vous y étiez», façon CNN, montrait hors de tout doute la nette supériorité du groupe écologiste dans l’utilisation des médias pour la cause qu'il défend.La France a une longue histoire de démêlés avec les mouvements antinucléaires à l’étranger, alors que la politique nucléaire de la France — et ses applications civiles et militaires — n’est pas sérieusement remise en question par la population française.Sans doute en grande partie parce que les tests ne sont pas conduits sur le territoire de l’Hexagone.En 1960, le général de Gaulle ordonnait le premier tir nucléaire français dans le désert du Sahara.Deux ans plus tard, l’Algérie ayant accédé à l’indépendance, les essais nucléaires étaient transférés du Sahara vers les atolls polynésiens de Fangataufa et de Mururoa.En 1975 commençaient les premiers essais nucléaires souterrains en puits creusés dans le basalte.Les trois rapports scientifiques (1982,1984 et 1988) destinés à évaluer les conséquences écologiques de ces essais souterrains laissent ouverte la question des risques à long terme inhérents à ce genre d’exercice.Mais il est certain qu’aucun rapport ne saurait affirmer la totale innocuité des tests.La réaction pour le moins réservée de la plupart des chercheurs scientifiques français à l’annonce de Grppnnpnrp la reprise des essais nucléaires ” illustre bien le malaise de la communauté scientifique face à cette polémique.Certains chercheurs souhaitent un débat public sur la question.Entre Greenpeace — fondée en 1971 à Vancouver — et les autorités françaises, le nucléaire est tout de suite devenu l’objet d’une guerre larvée dans le Pacifique Sud.Un premier accrochage s’est produit en 1973.Le voilier Vega, avec notamment à son bord le fondateur de Greenpeace David Mac Taggart et l’écologiste français Brice Lalonde (qui allait devenir ministre de l’Environnement dans les années 80), était intercepté dans le périmètre interdit autour de l’atoll de Mururoa.En 1982, le Vega a de nouveau été attaqué et chassé de la zone par une frégate de la marine française.En 1985, les écologistes ont beaucoup plus de moyens à leur disposition.C’est sur un véritable navire, le Rainbow Warrior, qu’ils appareillent et annoncent leur intention d’aller perturber la série de tests nucléaires annoncée par la France.Craignant des troubles en Polynésie française et redoutant les problèmes que Greenpeace leur promet, les autorités françaises montent alors la calamiteuse opération de sabotage du navire de Greenpeace dans le port d’Auckland, en Nouvelle-Zélande.La France a coulé le Rainbow Warrior mais n’a rien gagné à s’en prendre de cette manière à Greenpeace, sinon une réputation épouvantable dans la région du Pacifique Sud.Le gâchis diplomatique à peine réparé, les relations avec les pays de la région à peine revenues à la normale, la France a choisi de prendre le risque de tout remettre en question et de mettre en danger son crédit tout juste retrouvé dans le Pacifique Sud.Le jeu en vaut-il la chandelle?Le président Jacques Chirac invoque des raisons techniques pour défendre sa décision de reprendre les essais nucléaires, suspendus en 1992 par son prédécesseur.Pourtant l’utilité d’essais souterrains supplémentaires à Mururoa est une question qui est loin de faire l’unanimité chez les experts et les chercheurs.Alors qu’un traité international d’interdiction globale des tests nucléaires est en préparation à Genève, les essais souterrains supplémentaires que la France s’apprête à conduire à partir de septembre font l’effet d’une manifestation de mauvaise volonté de la part de l’une des puissances nucléaires qui, en principe, a tout intérêt à lutter contre la prolifération nucléaire.Nul doute que les dirigeants français auront besoin de fournir encore pas mal d’explications, pendant encore un certain temps, pour apaiser la mauvaise humeur de leurs partenaires.La France a sous-estimé dans la bataille médiatique INDEX Agenda.B6 Avis publics.B4 Classées.B5 1 VJfÛgü'1 IJ« To Me m y 1 n M JK tHPri PHOTO PC FRANK THOMAS (à droite), porte-parole de la Société des warriors Micmacs et deux autres guerriers non identifiés font le guet à la barricade de Big Hole Tract, à Sunny Corner au Nouveau-Brunswick.Les leaders autochtones sont parvenus mardi soir à négocier une entente en vertu de laquelle le ministère des Pêches et Océans retirerait le filet de rétention posé par les autorités fédérales sur la rivière Miramichi, riche en saumons.Le filet restera cependant en place jusqu’à ce que des fonctionnaires aient eu le temps d’étudier l’entente qui mettrait également fin aux manifestations autochtones.Un groupe auto-proclamé de guerriers maintiennent depuis 11 jours une barricade bloquant la réserve le long de la Miramichi.E N AFFAIRE MILGAARD: UN PROCÈS SANS FAUTE, DIT LA GRC Regina (PC) — Un rapport de la GRC publié aujourd’hui blanchit la police de Saskatoon et les procureurs des accusations de faute professionnelle dans le procès de David Milgaard.Un résumé du rapport a été publié il y a près d’un an.Selon un fonctionnaire du ministère de la Justice, le rapport complet a été publié pour redonner confiance au public dans le système judiciaire.Ce rapport conclut que les fonctionnaires du gouvernement de la Saskatchewan et la police ont agi correctement dans la condamnation en 1970 de David Milgaard pour le meurtre de l’aide-infirmière Gail Miller.Milgaard est sorti de prison en avril 1992 quand la Cour suprême du Canada a affirmé qu’il devrait subir un nouveau procès.Le ministère de la Justice de la Sa-katchewan a préféré laisser tomber les accusations.La GRC a été appelée à enquêter après que Milgaard et ses avocats aient accusé la police de Saskatoon et les procureurs provinciaux de faute professionnelle dans leur travail sur l’affaire Milgaard.Les enquêteurs de la GRC ont rejeté ces accusations.Ils ont ajouté ne pas avoir trouvé d’indices leur permettant d’innocenter Milgaard.HOTOGRAPHES AMATEUR Faites bonne impression Révélez-nous votre plus belle nature en participant au concours de photographie INONDATIONS MEURTRIÈRES EN CHINE Changsha, (Reuter) — Les inondations qui ont dévasté la province du Yunan, dans le sud de la Chine, ont fait 403 morts et 527 disparus, a-t-on appris mercredi de source autorisée.Cette province a été la plus touchée Les meilleures photos seront publiées chaque mardi dans LE DEVOIR, le plus beau quotidien au monde (source: The Society of Newspaper Design, 1994).loiiS les Supports SOIlt âdlTllS.1er prix Dn séjour de 2 nuits au Relais et Châteaux L'Eau à la Bouche à Sainte-Adèle, valide pour 2 personnes, d'une valeur de 495 $ 2e prix Dn bon d’achat pour de l’équipement photographique d'une valeur de 400 î chez L.L.Lozeau Ltée 3e prix Dn bon d’achat pour de l’équipement photographique d’une valeur de 250 î chez L.L.Lozeau Ltée [Om- Les épreuves doivent être envoyées à: Concours 7.oom sur la nature, a/s Le Devoir, 2050, De Bleury, 9e étage Montréal (Québec) H3A 3M9 t, sans aucune autre rémunération.connaissance photographies Brève description du sujet I lôtel-Restaurant L’Eau à la Bouche cîüî&gx Ste-Adèle, Laurcnlldes Nom Adresse L.L.LozeaUu Nous avons besoin de vous: T Femmes bénévoles demandées pour le Centre d’Action SIDA Montréal (Femmes).Doit être sociable, mature, sensible, posséder une grande ouverture d’esprit face à la problématique du VIH/SIDA et désirer en apprendre plus sur le sujet.Un minimum de 3 heures/jour, une journée/semaine est requis.Nous avons besoin de bénévoles pour du travail général de bureau, répondre aux demandes téléphoniques, écoute active S assistance socio-psychologique, accompagner les femmes pour le test de dépistage, visites à la maison ou à l’hôpital, garde d’enfants, ménage léger, etc.Une formation extensive est offerte, divisée en 5 présentations, qui devrait intéresser toutes les femmes, particulièrement celles (pii étudient en Sciences Sociales, Travail Social, Education Spécialisée ou tout autres domaines semblables.Ceci est une excellente opportunité d’aider les femmes vivant avec le VIH/SIDA et de travailler au niveau de la communauté.Le§ bénévoles peuvent aussi participer à nos ateliers d’Education/Prévention et d’Estime de soi.Si vous êtes intéressées, veuillez communiquer avec la Coordinatrice des Bénévoles, Vivian Bain, au 989-7997 Ville Code postal Téléphone LE DEVOIR Centre d’Action SIDA Montréal (Femmes) 1831, René-Lévesque Ouest Montréal, Québec Canada, H3H 1R4 (514) 989-7997 der les grands dossiers avec autant de franchise que leurs parlementaires l’ont fait à Québec.«Il est bien clair, a souligné le sé-natcur.que nous sommes plus libres que nos chefs d’Etats et de gouvernements et que nous pouvons franchement leur demander de ne pas faire preuve de trop de prudence diplomatique quand il s’agit véritablement de la vie, de l’avenir et de la sécurité d’un certain nombre de populations.«Notre rôle, tl est celui-là, a-t-il poursuivi, soit être une force pour que les prudences diplomatiques cèdent le pas aux réponses franches adaptées aux situations difficiles.» Le nouveau président de l’AIPLF pour la prochaine année, le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Bruno Amoussou, a lui aussi précisé l’importance pour les pays en voie de démocratisation et de développement de faire entendre leur voix, d’expliquer leurs difficultés et de dénoncer les injustices qu’ils vivent tous les jours et cela même â leur risque et péril.«La seule constance dans l’établissement d’une véritable démocratie, a expliqué M.Amoussou, c’est de reconnaître que la façon la moins coûteuse pour effectuer une transition d’un régime à un autre c’est le dialogue et la concertation., «Si en Afrique, a-t-il ajouté, dans les zones où il y a de sérieuses difficultés dans les démocraties en émergence, ce principe du dialogue et de la concertation peut être reconnu, je pense que des progrès significatifs pourraient être accomplis.» par les inondations de l’été.Plus de 500 000 personnes ont dû quitter leurs habitations et sont actuelle-’ ment réfugiées dans des installation^ de fortune.Les pertes économiques directes sont évaluées à 17,7 milliards de yuans (2,13 milliards $).Des pluies torrentielles se sont abattues sur le Yunan depuis le 21 juin.Par endroit, il est tombé 40 cm d’eau en douze heures, a déclaré Zhu Hai-tang, directeur du service des secours au département des Affaires civiles de la province, qui a présenté ces inondations comme les pires survenues depuis 1954.NOUVELLE CHAPE DE BÉTON À TCHERNOBYL?Londres (Reuter) — Un consortium industriel occidental a annoncé mercredi avoir proposé au gouvernement ukrainien de couler une nouvelle chape de béton armé autour du réacteur endommagé de la centrale nucléaire de Tchernobyl.Dans un communiqué diffusé à Londres, le consortium Alliance indique que ce projet — dont le coût est estimé à 1,6 milliard $ — pourrait permettre de résoudre définitivement le problème des fuites observées sur le «sarcophage» bâti à la hate autour du bloc 4 de la centrale, détruit par le feu le 26 avril 1986.Ces propositions sont le fruit de dix mois d’études financées par l’Union européenne.Une rupture du sarcophage provoquerait une nouvelle catastrophe écologique et le fait de ne pas prendre de décision (à son sujet) ne peut être considéré comme une solution, souligne le communiqué.«Dans l’état actuel, on observe déjà une pollution de l’atmosphère et de la nappe phréatique.» Les fac-similés ne sont pas acceptés.* i.t: i) K v ui».i e .1 e r in i a i r 11.1.e t i » » s A 3 -* LE DEVOIR «- MONTREAL BRIAN MYLES LE DEVOIR C* est l'impasse entre la direction du Casino de Montréal et le syndicat affilié à la CSN.Contrairement aux croupiers, qui sont parvenus mardi à négocier une entente de principe, les 1300 employés affiliés à ia CSN n’arrivent toujours pas à s’entendre sur le projet de la première convention collective.Le président de l’exécutif syndical Yves Veillette a déclaré hier matin que les syndiqués CSN n’étaient pas prêts à signer une entente de principes comme celle que les croupiers ont acceptée mardi.Les 600 croupiers du Casino de Montréal, affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), ont notamment obtenu en vertu de cette entente un horaire de travail de type 4-2 (quatre jours de travail, deux jours de congé).Les croupiers devront se prononcer demain en assemblée générale sur ce projet qui pourrait devenir leur première convention collective.Pour leur part, les employés affiliés à la CSN tiennent mordicus à l’authentique semaine de quatre jours avec trois jours de congé.Ils veulent aussi obtenir une réduction de leurs heures de travail de 40 à 33 heures par semaine.«Si les croupiers sont satisfaits de la semaine 4-2, tant mieux pour eux.Mais pour nous, ça ne s’applique pas de la même maniéré», a déclaré Yves Veillette.M.Veillette estime que l’entente de principe intervenue entre le syndicat des croupiers et la Société des casinos ne change rien à la stratégie de la CSN à la table de négociations.«On ne compare pas leur force de négociation à la nôtre», a-t-il justifié.En dépit de cette entente, le Casino de Montréal ne rouvrira pas ses portes de sitôt.Sans la présence au travail des 1300 employés affiliés à la CSN, il est en effet impossible d’exploiter la maison de jeu.L’impasse persiste au Casino Les syndiqués de la CSN n ’imiteront pas les croupiers Yves Veillette en est parfaitement conscient.«C’est notre force, admet-il.Notre syndicat est présent dans tous les types d’emplois, de la restauration à la sécurité.Si nous ne sommes pas là, le Casino ne marche pas.» Les représentants des employés affiliés à la CSN et la Société des casinos se sont rencontrés hier en présence du conciliateur Paul-Emile Thellend.Près d’une semaine après le début de la conciliation, les deux parties n’arrivent pas à s’entendre.Selon Yves Veillette, les négociateurs mandatés par la Société des casinos «manquent de sérieux» et font preuve d’un «je-m’en-foutisme total».«L’employeur devait déposer une offre globale et il ne l’a pas fait, a déclaré Yves Veillette, visiblement irrité.On a fait des concessions et ils n’ont pas daigné le faire.» Les représentants syndicaux rencontreront individuellement le conciliateur Thellend aujourd’hui afin de faire le point sur les négociations.La CSN espère également faire le point avec un tout autre interlocuteur, le député libéral de Laporte, André Bourbeau.M.Bourbeau a récemment exigé une intervention du gouvernement Parizeau dans le conflit du Casino.L’ex-ministre des Finances avait par la même occasion taxé les syndicats d’irresponsabilité, jugeant leurs demandes «irréalistes et irraisonnées».«Avant de faire de telles déclarations, M.Bourbeau devrait prendre connaissance de nos demandes.C’est pour cette raison que nous avons demandé à le rencontrer», explique Yves Veillette.Sans la réclamer de vive voix, le président de l’exécutif syndical a souhaité une intervention du gouvernement dans le conflit.«Il faudrait bien que quelqu’un, quelque part, parle à la direction pour lui faire comprendre que ce n’est pas une bonne approche que de tenter de casser les syndicats en 1995.» inuium"l,v CA.SINC lllllli IfllWlM' • .', PHOTO JACQUES NADEAU Les employés du Casino de Montréal affiliés à la CSN ont voulu démontrer hier la «mauvaise foi» de leur employeur, chiffres à l’appui.Depuis le début du conflit de travail, qui a occasionné la fermeture de la maison de jeu il y a exactement deux semaines, l’Etat a été privé de revenus de plus de 9 millions $.YMCA de l’avenue du Parc Disparition du programme «Démarrage d’entreprises» Naissance d’une coop jeunesse de services Des experts en travaux d'entretien disponibles tout l’été CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Simon Lamarre, 14 ans, est heureux de s’être trouvé un emploi pour l’été.Avec 12 autres filles et garçons de son âge, cet étudiant de l’école secondaire Saint-Louis, dans le quartier Mile-End, tondra le gazon, lavera des vitres et des murs, fera des travaux de peinture ou gardera des enfants pour les gens du quartier qui réclameront ses services.Simon est désormais un membre actif de la coopérative jeunesse de services qui a ouvert ses portes, hier, au YMCA de l’avenue du Parc.L’entreprise a pour but de «favoriser chez les jeunes la prise de conscience de leurs capacités», nous dit Nadine Girard, l’un des deux animateurs embauchés par le comité local du Mile-End pour superviser les jeunes tout l’été.Depuis hier, donc, les particuliers qui souhaitent obtenir ces services de la part de jeunes n’ont qu’à téléphoner au bureau de la coopérative.Les salaires des jeunes tourneront autour de 6 $ de l’heure, parfois plus, parfois moins, selon la nature des services qu’ils rendent.Selon Nadine Girard, de telles coopératives existent déjà, notamment à Saint-Henri, Villeray-Petite-Patrie, Petite-Bourgogne et Hochelaga-Maisonneuve.Les animateurs ont fait passer une trentaine d’entrevues avant de choisir les 13 heureux élus qui travailleront cet été, à raison d’un minimum de 15 heures par semaine auxquelles s’ajouteront six heures de bénévolat, au cours desquelles les étudiants siégeront à différents comités de la coopérative.Signe des temps?De la pénurie d’emplois?La Confédération des syndicats nationaux (CSN), en collaboration avec un regroupement de coopérants et coopérantes au travail, a donné des séances de formation en santé et sécurité au travail à certains futurs coopérants, ainsi qu’une formation en évaluation des contrats de peinture.Le bureau de la coopérative sera ouvert de lOh à 17h tous les jours.Les contractants verseront les rémunérations directement à la coopérative, et les surplus enregistrés seront divisés entre les membres à la fin de l’été.Les étudiants sont également chargés d’assurer leur propre publicité.Pour leur part, les deux animateurs de la coopérative sont payés par le comité local, qui regroupe le CLSC Saint-Louis-du-Parc, Safari maison interculturelle, la Banque Laurentienne et la conseillère municipale, Helen Fotopoulos.Plusieurs subventions gouvernementales ont aussi servi à étoffer leurs salaires.Dans son feuillet de publicité, la coopérative se définit comme «une intégration au monde du travail qui permet aux jeunes du quartier d’inventer leur emploi».Elle emploie des jeunes de 14 à 17 ans.La policière Cadotte reprend du service PRESSE CANADIENNE Montréal — La policière Manon Cadotte, qui a été acquittée des accusations portées contre elle dans l’affaire Bamabé, est de retour à l’emploi du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal.Mme Cadotte n’a toutefois pas réintégré son ancien poste à la section opérationnelle et n’est donc pas affectée à la patrouille.Le service des relations publiques de la police de la CUM indiquait hier que pour l’instant, Manon Cadotte est en période d’évaluation afin de déterminer les fonctions qui lui seront confiées.Rappelons que les policiers André Lapointe, Michel Vadeboncceur, Louis Samson et Pierre Bergeron avaient été trouvés coupables, le 26 juin dernier, de voies de fait avec lésions à l’endroit du chauffeur de taxi Richard Bamabé.Le juge Benjamin Greenberg doit faire connaître la sentence qui leur sera imposée aujourd’hui.Les marchands se sentent abandonnés KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les associations de marchands des artères commerciales montréalaises et de l’ensemble du Québec dénoncent la décision du gouvernement d’exclure de son programme «Démarrage d’entreprises» le commerce de détail.Le Regroupement des SID AC du Québec s’inquiète de cette mesure annoncée en juin dernier par le ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, Daniel Paillé, et qui est passée quasi inaperçue.«C’est une façon sournoise d’agir.On a l’impression d’être abandonnés.On invite nos 8000 membres à se dresser contre cette exclusion; il ne faut pas rester muets», a déclaré hier Gina Gau-dreault, directrice générale du Regroupement des SIDAC du Québec.Le ministre Paillé a décidé d’ajouter 100 millions $ au programme «Démarrage d’entreprises» qui a connu un succès tel qu’après seulement huit mois, l’enveloppe initiale de 300 millions $ est épuisée.Parmi les 6300 entreprises créées, 17 % soqt des commerces de détail.A ce jour, 21 entreprises n’ont pas tenu le coup.Les commerces de détail ne représentent que le quart de ces échecs; ils ne sont donc pas plus un risque financier pour les banques que les industries ou entreprises de services qui sont lancées.Au cabinet du ministre Paillé, on explique que la décision de ne pas faire bénéficier du soutien financier gouvernemental les nouveaux commerçants a été prise à la suite d’une consultation auprès des milieux financiers.On craignait, indique-t-on, qu’il y ait davantage de substitutions et de transferts d’emplois que de véritable création d’emplois.Pour le directeur général de la SI- ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACOUES.MONTRÉAL, QUÉBEC H2Y 3X2 Fa*: (514) 845-7874 Tél.: (514) 98 R*0»B*l*C J2a maïtiiLE dsi intanyidliL LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d’ouverture: lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h à 21 h, samedi: 9h30 à 17h 395,Boul.Cartier, Laval Tél.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: - lois, règlements - livres administratifs, techniques - livres d'art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE DE$ PUBLICATIONS DU QUEBEC ïBijouteïlz GAMBARD v.x» ?TSïVlfc, Vente et service technique 630-A, rue Cathcart.Montréal, centre-ville 866-3876 -AGENT OFFICIEL ROLEX- DAC Promenade Ontario, Roger Gallagher, c’est l’iniquité créée par le gouvernement entre le secteur du commerce et celui de l’industrie et des services qui est le plus choquant.«Je ne comprends pas que l’on néglige à ce point les commerces.C’était un stimulateur économique pour nos artères commerciales», affirme M.Gallagher.Ainsi, M.Gallagher croit-il que le risque est grand de voir les locaux vacants des artères commerciales montréalaises le demeurer encore plus longtemps, affectant du coup l’économie de la métropole.«Il faudrait que le gouvernement POURQUOI ACHETER DES SOLDES QUAND VOUS POUVEZ ACHETER AU PRIX DE GROS OUI MESSIEURS LA CONCURRENCE NE NOUS FAIT PAS PEUR-COMPAREZ NOS PRIX Avec les prix pratiqués dans les boutiques et magasins qui vendent des vêtements faits en FRANCE et en ITALIE Prix CLUB 402 Le costume 100% pure laine vierge fait en ITALIE et GRIFFÉ 299s à 450* Le blazer 100% pure laine vierge fait en ITALIE et GRIFFÉ 295$ Le pantalon 100% pure laine vierge doublé jusqu'aux genoux, fail en ITALIE et GRIFFÉ 125* La chemise Club-Paris 100% coton ou mélange faite en FRANCE et GRIFFÉE 70$ La cravate 100% pure soie crêpe de Chine, faite en ITALIE et GRIFFÉE 40$ Etc.Etc.Oui dit mieux?402 ¦HOMWC* 1118, rue Sainte-Catherine O., Suite 200 Montréal (Québec) H3B 1H5, tél.: 861-3636 Lundi au vendredi 9h30 à 18h samedi 10h à 16h prenne en considération la situation particulière de Montréal.Pour le seul arrondissement Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, le commerce de détail et de gros représente 10,000 emplois», soutient pour sa part Elise Tessier, de la Corporation de développement économique Plateau Mont-Royal/Centre-Sud.Selon Mme Tessier, l’accès au programme du ministre Paillé «complétait très bien les programmes d’aide offerts par la Ville de Montréal (Opération commerce destinée aux commerces déjà établis).C’est couper le pont à la dynamique des artères commerciales», tranche-t-elle.as ce qu’il y a de plus mais deux sous-vêtements suffiront pour vos voyages aux quatre coins du monde ! LES SOUS-VÊTEMENTS DE VOYAGE TILLEY : ils se lavent en un clin d’oeil, sèchent rapidement et résistent aux taches; ils sont confortables et n'irritent ni ne serrent jamais; ils sont confectionnés de tissu léger et durable qui absorbe la transpiration.Blanc.Dames de TP à l l'l G 17 $.Hommes de P à TTTG 19 $ (pas de braguette — une poche secrète).Satisfaction garantie — comme le chapeau Tilley — ou argent remis.Tilley Endurables 158, ave.Laurier Ouest Montréal 272-7791 POUR PASSER UNE COMMANDE OU POUR DEMANDER UN CATALOGUE GRATUIT COMPOSEZ LE: 1-800-465-4249 Caleçon pour hommes avec braguette, 19$.Vous l’avez voulut I.K I) K V 0 I H .I.E .1 K I’ D I I :t .1 ü I I.1.K T I II II 8 A4 -* LE DEVOIR ?- POLITIQUE Réforme de la santé Rochon signera-t-il sans fléchir ?Pour la première fois dans Vhistoire du Québec, le ministre de la Santé mettra ce matin la clé dans la porte d'établissements hospitaliers ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Même si certains hôpitaux espèrent toujours être épargnés, le ministre de la Santé, Jean Rochon, signera officiellement ce matin l’arrêt de mort ou la conversion de plusieurs établissements de santé à Montréal.Tout laisse croire qu’il s’en tiendra aux recommandations faites par la Régie de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre.Pour la première fois dans l’histoire récente du Québec, le ministre de la Santé mettra la clé dans la porte d’hôpitaux, de nouvelles dispositions de la Loi sur la santé et les services sociaux, adoptées à toute vapeur en juin, lui donnant désormais les pleins pouvoirs pour ordonner à un hôpital de cesser ses activités.Sept hôpitaux ont été ciblés pour des fermetures par la Régie de Montréal, et tout donne à penser que le ministre suivra ses recommandations, même si certains des hôpitaux sacrifiés ont obtenu une ultime rencontre avec le ministre pour lui présenter des projets alternatifs au cours des dix derniers jours.De fait, les hôpitaux Reine-Elizabeth, Bellechasse et la clinique médicale Guy Laporte (31 lits) ont obtenu des entretiens avec le ministre Rochon pour plaider leurs causes.Mais rien, ixnir l’heure, ne semble indiquer qu’ils aient réussi à convaincre ce dernier de faire marche arrière.Ces trois établissements et les hôpitaux Sainte-Jeanne-d’Arc, Saint-Laurent, général de Lachine et Gouin-Ro-seniont doivent fermer d'ici avril 1997, tandis que l’hôpital Saint-Michel doit être converti en hôpital de soins de longue durée pour les personnes âgées.La Régie a finalement décidé d’épargner deux hôpitaux de réadaptation, Catherine Booth et Villa Medi-ca, dans la version finale de son plan de réorganisation des services, présenté fin juin.Malgré tout, certains établissements continuent de croire à la clémence du ministre.C’est le cas à l’hôpital Reine-Elizabeth, où des employés ont tenu hier une journée de sensibilisation pour rappeler au ministre Rochon leur opposition farouche au verdict de fermeture qui doit les frapper en septembre 1996.«On n’a pas l’intention d’accepter la décision du ministre», a tranché hier Michel Leconte, président du Syndicat des employés de l’hôpital Reine-Elizabeth de Montréal (CSN), qui regroupe 300 des 900 employés de cet établissement.Si le ministre décrète la fermeture de l’hôpital, des décisions seront prises en assemblée générale sur les mesures à prendre, a-t-il dit, excluant PHOTO ARCHIVES Jean Rochon d’emblée toute action pouvant nuire à la clientèle.Le syndicat espère que Jean Rochon retiendra la solution de rechange présentée par la direction de l’hôpital, proposant la transformation de l'établissement en un centre de santé, regroupant CLSC, cliniques et services hospitaliers.Cette solution permettrait de sauver 20 millions $, comparativement aux 34 millions $ d’économies qu’entraînerait la fermeture.La Régie n’a pas donné suite à ce projet ni expliqué les raisons de ce refus, déplore M.Leconte.«Nous voulons que le ministre s’engage à main- tenir les services donnés par cet hôpital qui dessert 300 000 personnes», dit-il.la fermeture de l’hôpital provoquera.selon le syndicat, la perte d’une forte expertise en médecine familiale et du seul centre anglophone de traitement des victimes d’agressions sexuelles sur File de Montréal.Une pétition de 125 000 signatures cgntre la disparition de l’Hôpital Reine-Elizabeth a été déposée fin juin par le député libéral local, Russell Copeman.Ces fermetures, qui visent à fermer 1774 lits de soins de courte durée dans la région de Montréal, sont destinées à dégager quelque 190 millions $ pour transformer les services de santé à Montréal et, surtout, répondre aux compressions monstres annoncées l’hiver dernier par le gouvernement du Québec.la Régie de Montréal prévoit que cela permettra de doubler les services à domicile, d’accroître les soins ambulatoires et de créer plusieurs milliers de places pour des personnes âgées dans des lits.de soins de longue durée.À Québec, la transformation des soins s’est finalement soldée à la mi-juin sans fermetures d’hôpitaux, les hôpitaux Chauveau, Christ-Roi et Jeffrey Haie étant toutefois réorientés vers les soins de longue durée, et ceux de l’Enfant-Jésus et Saint-Sacrement fusionnés en un seul centre hospitalier universitaire.Référendum De virages en torticolis, le camp du OUI est dans la course Les préliminaires référendaires annoncent une campagne serrée Souveraineté Ottawa devra avoir accès aux impôts québécois, selon C.D.Howe SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — Un Québec souverain pourrait bien se voir obligé de donner à Ottawa un accès direct à ses revenus d’impôt ou à son fonds de revenu consolidé s’il veut résoudre l’épineux problème du partage de la dette et ainsi éviter une crise financière majeure au lendemain de son accession à la souveraineté.Voilà en tout cas ce que suggère une nouvelle étude produite par l’Institut C.I).Howe à Toronto.Intitulée Im séparation du Québec et la dette publique, l’étude explique que le plus gros problème à survenir dans les discussions entourant le partage de la dette canadienne sera non pas la détermination de cette part — 18 ou 25 %, se demandent les experts — mais plutôt les modalités de transfert de la fameuse dette au Québec.Après avoir examiné plusieurs options — dont celle d’obliger les créditeurs à aller eux-mêmes se faire rembourser la part québécoise de la dette —, l’étude conclut que la seule approche «prometteuse et pratique» pour Ottawa est d’assumer temporairement la part québécoise de la dette et d’obtenir en garantie de paiement l’accès aux impôts que l’Assemblée nationale viendrait tout juste de rapatrier.«La seule garantie de la dette d’un Etat souverain repose sur son pouvoir d’imposition et la qualité de son asr siette de l’impôt», rappelle l’auteur de l’étude, Ed Neufeld, banquier à la retraite qui fut sous-ministre adjoint des Finances à Ottawa.M.Neufeld propose donc que le Québec «cède à Ottawa un accès direct à son assiette de l’impôt (ou au fonds de revenu consolidé, suggère-t-il plus loin) jusqu’à ce que la probité financière des deux parties permette au Québec de décharger ses obligations de la dette envers le Canada».En entrevue de sa maison d’été en Provence, M.Neufeld a indiqué que cet arrangement pourrait durer «plusieurs années».«Entre-temps, poursuit-il, le Québec serait forcé de continuer à faire partie de l’union monétaire et contraint d’accepter les politiques de la Banque du Canada.«Pour sa part toutefois, le Canada aurait un intérêt économique majeur dans le bien-être du Québec et aurait tout intérêt à soutenir le Québec en cas de crise de liquidités et à établir d’étroits accords commerciaux.» Le cas du Mexique M.Neufeld rappelle que cette solution, qui déplaira sans doute au gouvernement Parizeau, jouit d’un antécédent intéressant, celui du cas récent de l’aide accordée par les Etats-Unis au Mexique, où les Etats-Unis ont exigé la garantie des droits réservés aux revenus du pétrole.Dans son étude, M.Neufeld a examiné d’autres options mais les a toutes écartées parce qu’impraticables: ¦ dire aux créditeurs d’obligations canadiennes qu’une partie de leurs obligations seront dorénavant québécoises, ce qui leur déplairait fortement, surtout si la cote de crédit du Québec descendait encore plus que celle du Canada au lendemain d’une séparation.M.Neufeld ajoute que des négociations entre les créditeurs et le Québec seraient extrêmement longues et compliquées, si l’on se fie aux exemples des pays d’Amérique latine qui ont rééchelonné leur dette; fl faire en sorte que le Québec n’assume que les intérêts de la dette et non le principal.Il s’agit d’une solution fort avantageuse pour le Québec mais inacceptable pour Ottawa qui se retrouverait avec l’entièreté de la dette mais plus de 20 % de revenus d’impôts en moins; B émettre des obligations au gouvernement du Canada en guise de garantie.Mais selon M.Neufeld, cette garantie serait insuffisante.Elle ne fournirait aucune protection contre un défaut de paiement; B acheter un portefeuille de valeurs qu’on remettrait à un tiers en guise de garantie.Mais M.Neufeld doute de la capacité du Québec de trouver le financement nécessaire à cet achat.Crise de liquidités et solvabilité L’étude de M.Neufeld indique que si le Québec n’arrive pas à régler le problème du paiement de sa part de la dette, il se place devant une menace réelle de crise de liquidités et de crise de solvabilité.M.Neufeld prévoit que les négociations seront très longues et difficiles avec le Canada à ce sujet Mais il ne croit pas que le Québec, même s’il en est tenté, fera défaut S’il adoptait cette solution, il se verrait exclu des marchés financiers, ce qu’il ne peut pas se permettre.M.Neufeld conclut son étude en disant que la transition vers un Québec souverain dans un environnement financier stable sera loin d’être douce et rapide, même si un esprit de coopération règne entre le Québec et le Canada.Son étude est la cinquième d’une série de commentaires produits par l’institut C.D.Howe dans la foulée de l’avant-projet de loi québécois sur la souveraineté.Les autres études ont examiné les implications légales de la séparation, les questions de citoyenneté canadienne, de la monnaie commune et des relations commerciales avec le Canada.Des scénarios possibles Dans son étude, M.Neufeld examine trois scénarios économiques pour le Québec au lendemain de la séparation, le premier étant basé sur des chiffres dits «optimistes» fournis par la Commission Bélanger-Campeau et les deux autres étant «moins optimistes».Voici le scénario optimiste: B la perte de 35 000 emplois; B une augmentation des taux d’intérêt de 100 points de base* B un déficit de 15 milliards $, soit 9 % du PIB, et une dette à 187 milliards $, soit 108 % du PIB; B des compressions budgétaires de 4 à 5 milliards $.Voici maintenant le scénario le moins optimiste: B un déficit qui grimperait à plus de 23 milliards $, soit 14 % du PIB, et une dette qui dépasserait les 200 milliards $, à 131 % du PIB; B une baisse de 2 % de la croissance réelle; B des taux d’intérêt à 13 %; B la perte de 87 000 emplois; fl et des compressions budgétaires de 13 milliards $ nécessaires pour ramener le ratio du déficit-PIB au niveau d’avant la séparation.MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Lui qui partait perdant en début d’année, le camp du OUI a repris du poil de la bête et clos la saison préréférendaire le vent en poupe, ce qui annonce une campagne serrée.On n’aurait pas pu en dire autant en janvier, alors que les sondages s’accumulaient comme des nuages lourds, bloquant à 40 ou 42 % l’appui à la souveraineté.Les derniers sondages lui donnent entre 48 et 57 %.Ces appuis sont fragiles, car ils tiennent à la conviction que tout en devenant souverain, le Québec resterait lié au reste du Canada, une faiblesse que commence à exploiter le camp du NON.Le mouvement de l’opinion publique pour la souveraineté s’explique aussi par l’assouplissement des positions du premier ministre Jacques Parizeau, confirmé par l’entente tripartite du 12 juin, avec le Bloc et l’ADQ.Le camp du NON s’attaque également à ce virage, prétextant que ce n’est que de la poudre aux yeux, que M.Parizeau est un idéologue à œillères qui «méprise ceux qui ne pensent pas comme lui», disait encore hier le chef libéral Daniel Johnson, en s’accrochant à l’affaire des homards.Depuis la signature de l’entente PQ-BQ-ADQ, les fédéralistes ont sonné la .charge avec une campagne publicitaire et un dépliant.A Ottawa, le ministre Marcel Massé a reconnu à la mi-juin que les fédéralistes doivent «occuper une place plus grande» car ils «n’ont pas essayé de prouver suffisamment que le système fédéral marche bien et qu’il est favorable au Québec».En faisant le bilan des préliminaires référendaires, on est frappé par le niveau de déprime qui affligeait le camp du OUI en début d’année 1995.Le 16 février, un sondage CROP-Radio-Cana-da-CBC donnait un coup terrible aux souverainistes en leur apprenant que leur option plafonnait à 40 % dans les sondages, comme en 1980.Deux jours plus tard, le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard revenait de convalescence et, plutôt que de donner au mouvement souverainiste l’élan qu’il attendait, celui-ci a publiquement étalé ses inquiétudes.Déjà, il réclamait une nouvelle question référendaire.Le malaise s’installait dans le camp du OUI.Pendant plusieurs semaines, la stratégie du OUI a en quelque sorte été au point mort, tandis que les commissions sur l’avenir du Québec sillonnaient le Québec.Ces commissions devaient faire mousser l’appui à la souveraineté.Mais au fur et à mesure que les audiences progressaient s’exprimaient surtout les peurs que suscite la souveraineté.A un moment, on ne savait plus où ces audiences allaient nous mener.Et l’inquiétude grandissait dans le camp du OUI, surtout que l’hypothèse d’un référendum au printemps était toujours dans le décor.Le malaise s’est fait jour quand M.Parizeau a admis que les Québécois, à la lumière des commissions, ne semblaient pas prêts à voter.En entrouvrant cette porte, il a permis à son commandant en second, Bernard I.an-dry, d’affirmer qu’il ne mènerait pas les troupes souverainistes à l’abattoir.Le vice-premier ministre exprimait en cela le sentiment de plusieurs alliés de M.Parizeau qui s’inquiétaient de la tournure des choses.Car en coulisses, M.Landry parlait à M.Bouchard, qui parlait à Pierre Marc Johnson, qui a des relations avec le politicologue Daniel Latouche.Il gardait aussi contact avec le père de l’étapisme Claude Morin, qui avait son réseau chez les intellectuels, au PQ et ailleurs.Il maintenait le lien avec les partenaires nationalistes.Et tous ces gens-là voulaient un virage, l’exprimant en public ou en privé: que la question tienne compte du désir des Québécois de rester associés au reste du Canada.M.Parizeau leur a permis de pousser un premier sou- pir de soulagement le 5 avril, dans un discours mémorable à Lévis où, lisant un texte, il annonçait que le référendum n’aurait lieu qu’à l’automne.Mais ce n’était pas assez.Lucien Bouchard enfonçait le dernier clou deux jours plus tard, au congrès du Bloc québécois à Montréal, exigeant un «virage»: il fallait proposer au Canada un nouveau pacte politique et économique à l’européenne après un OUI.Le premier ministre a avalé de travers pendant quelques jours.Plus tard, il devait dire, sans jamais nommer M.Bouchard, que certains lui avaient «volé le départ», qu’il aurait fallu attendre le rapport de la Commission nationale sur l’avenir du Québec pour réorienter la stratégie.Ce qu’il fit.Le 19 avril, il a fait un pas vers l’union politique en se disant prêt, à la suite des recommandations de la Commission nationale, à examiner des scénarios d’union politique avec le reste du Canada après la souveraineté.Il s’est assuré de l’appui pas évident au départ de son parti dans cette voie.Puis, le 18 mai, il a annoncé que la question comportera deux éléments: la souveraineté comme un aboutissement certain, et une offre de partenariat économique et politique comme une main tendue.Se sont alors engagés des pourparlers avec le Bloc québécois et l’Action démocratique de Mario Dumont pour chercher un terrain d’entente sur le mandat référendaire.L’entente a été signée le 12 juin.Elle comporte cependant l’établissement d’un comité de surveillance, composé de personnalités agréées par les trois partis pour orienter les négociations.Il est clair que les adéquistes ne font nullement confiance à M.Parizeau, dont on craint qu’il se sauve avec la caisse si le OUI l’emporte et qu’il laisse tomber l’offre d’union.Ce dernier se plie de bonne grâce à ce mécanisme de contrôle.Comme il le dit lui-même, il n’est pas la personne la plus crédible pour offrir un tel partenariat.Pendant ce temps, le camp du NON observait la scène sans trop faire de bruit.Les fédéraux préféraient laisser les protagonistes du camp du OUI se chamailler entre eux, jusqu’à ce qu’ils tombent enfin d’accord.Depuis, ils sont inquiets.Ils disent que l’entente a semé la confusion chez les gens.Une campagne publicitaire et un dépliant ont été lancés pour contrer le virage: «I>a question reste la même: “Voulez-vous vous séparer?”, et la réponse reste la même: NON.» En début d’année, le chef du Parti libéral du Québec, Daniel Johnson, a cherché à démontrer que le Canada était réformabie, notamment en amorçant une tournée du pays pour montrer qu’il y avait d’autres provinces qui rejetaient le statu quo.Après Toronto et Fredericton, il a réintégré ses terres, n’étant parvenu à rien prouver de sérieux.Dans la même veine, le parti a formé un «Comité sur l’évolution du fédéralisme canadien» chargé de définir l’argumentation du camp du NON pour le référendum et de poursuivre ses travaux, ensuite, pour redéfinir le programme constitutionnel du parti.Le comité travaille toujours.Mais en avril, il y a eu fuite dans les médias d’un document de travail dans lequel un recherchiste du PLQ traduisait par l’expression «affirmation tranquille» le nouveau credo libéral.Ce document, répudié ensuite par la direction du parti, disait que le Québec pourrait réintégrer le giron constitutionnel canadien avec trois conditions.Ironie du sort, la même semaine, le chef Johnson prononçait un discours à Ottawa dans lequel des passages intégraux du document, qu’il avait lui-même répudié, étaient repris.En outre, le document, sauf dans ses conclusions, reprenait des passages de discours passés de M.Johnson sur le sujet.Depuis ce temps, les libéraux ont enterré toute velléité de proposer, avant le référendum, toute réforme du fédéralisme canadien.Ils s’en tiennent à faire porter le fardeau de la preuve aux souverainistes.Témoignage du conseiller juridique du PLQ dans Bertrand «Pas facile de déterminer une résidence principale» FRÉDÉRIC TREMBLAY PRESSE CANADIENNE Saint-Jérôme — Le conseiller juridique du Parti libéral dans Bertrand lors des dernières élections au Québec affirme qu’il n’a recommandé l’inscription sur la liste électorale de ce comté que des gens dont la résidence principale se trouvait dans la circonscription.Témoignant hier, au Palais de justice de Saint-Jérôme, au procès du député libéral de Bertrand, Robert Thérien, soupçonné de fraudes électorales, Me Alfred Bélisle a précisé que dans son rôle de conseiller juridique il avait expliqué aux scrutateurs libéraux du comté de Bertrand, lors de la dernière campagne électorale de l’été 1994, que seules les personnes dont la résidence principale se situait dans le comté pouvaient être inscrites sur la liste électorale.Répondant aux questions du procureur de la partie requérante, Me Louis Demers, Me Bélisle a fait savoir qu’il avait suggéré aux scrutateurs, dans le cadre de deux séances de formation, de demander aux électeurs deux questions de base aux gens possédant deux résidences, dont une dans le comté de Bertrand: s’agit-il de deux résidences permanentes?Et si oui, laquelle des deux constitue la résidence principale?Me Bélisle soutient qu’il a invité les scrutateurs à n’inscrire sur la liste électorale de Bertrand que les gens dont la résidence principale se situait dans le comté.Alfred Bélisle a fait remarquer que compte tenu de la «multitude de personnes avec deux résidences permanentes dans le comté de Bertrand, il n’est pas facile de déterminer une résidence principale».Pas d’eau au moulin Ce témoignage, bien qu’appelé par Me Demers, n’apporte pas d’eau au moulin à la thèse défendue par le Parti québécois selon laquelle le PLQ et le député Thérien auraient incité des résidants de Bertrand à s’inscrire sur la liste électorale du comté, même si leur résidence principale était située à l’extérieur de la circonscription.Le PQ et la candidate défaite dans Bertrand, Monique Simard, avancent que quelque 800 personnes, dont le député Thérien, ont ainsi voté illégalement lors de l’élection du 12 septembre 1994 dans le comté.Mme Simard a été battue par une faible majorité de 136 voix.Plus tôt en journée hier, Me Gérald Tremblay, avocat du député Thérien, a longuement contre-interrogé le témoin Louis Dostie, de Mont-Rolland.Ce dernier a fait mardi des déclarations selon lesquelles le député Thérien l’aurait invité à participer à une fraude électorale en lui suggérant de payer personnellement une facture liée aux dépenses électorales du député.Cette facture n’aurait ainsi pas été incluse dans les dépenses électorales officielles de M.Thérien.Durant le contre-interrogatoire, Me Tremblay a cherché à mettre en lumière les liens que M.Dostie, membre du PLQ jusqu’à la fin août 1994, avait tissés avec le PQ à la fin de l’été de cette année.Il a été aussi permis d’apprendre que M.Dostie avait accordé un prêt hypothécaire au président du PQ dans le comté de Bertrand, Michel Guertin, bien avant le déclenchement des dernières élections provinciales.M.Dostie a soutenu qu’il ne savait pas à ce moment-là que M.Guertin était le président local du PQ dans Bertrand.Le procès du député Robert Thérien se poursuit ce matin au Palais de justice de Saint-Jérôme avec la suite du témoignage de Me Bélisle.La poursuite dans cette affaire cherche à faire la preuve que M.Thérien ou son entourage, avec l’assentiment du député, ont commis des fraudes électorales lors des dernières élections.Si ces allégations devaient être prouvées, l’élection dans Bertrand pourrait être annulée en vertu de la loi électorale du Québec.Ce sont deux résidantes du comté de Bertrand, pour le compte du Parti québécois et de la candidate défaite Monique Simard, qui ont officiellement déposé la requête en contestation de l’élection du député Robert Thérien.Depuis que les protagonistes du camp du OUI sont tombés d’accord, les fédéraux sont inquiets K N H K E F ?11 DEVOIR ?ELSTINE TRAVAILLE AU UT Moscou (AFP) — Ix* président russe Boris Eltsine «continue son traitement» dans l'hôpital où il se trouve depuis mardi mais «n’a pas suspendu ses activités» et poursuit son travail, selon un communiqué du service de presse du Kremlin diffusé hier.M.Eltsine a été hospitalisé mardi matin a la suite d’une alerte cardiaque, mais ses premiers examens se sont avérés normaux et son état n’inspire pas d’inquiétude, selon les services de la présidence.«Tout en continuant son traitement, le président ne suspend pas ses activités, notamment le travail sur les documents d’actualité», souligne le communiqué.M.Eltsine a ainsi transmis à la Douma (Chambre basse du Parlement) «sa réaction au projet de loi sur l’aliénation des titres en propriété fédérale», précise le texte.-•- SUU KYI: «SOYEZ PATIENTS» Rangoon (AFP) — la dirigeante de l’opposition birmane et Prix Nobel de la Paix 1991, Aung San Suu Kyi, a réaffirmé hier qu’elle «continuerait à faire qu’elle devait faire» lors de sa deuxième conférence de presse depuis sa libération lundi, après six années de résidence surveillée.Visiblement heureuse du contact avec la foule, la figure emblématique de l’opposition birmane a salué, à la porte de sa résidence, des dizaines de partisans, leur répétant, comme la veille, qu’ils devaient «faire preuve de patience et de courage et s< contrôler».Suu Kyi, qui n’a toujours pas quitté sa résidence malgré sa remise en liberté, a indiqué qu’elle avait passé un examen médical mercredi matin et qu’elle se sentait «plutôt bien».La fille du héros de l’indépendance birmane Aung San, qui a fêté le mois dernier ses 50 ans, avait été placée en résidence surveillée en juillet 1989.-?- RABBINS CONTRE LES ÉVACUATIONS Jérusalem (Reuter) — Un groupe de rabbins influents a affirmé hier que les soldats israéliens devaient désobéir à tout ordre d’évacuation de bases ou d’implantations juives en Cisjordanie.«Nous avons édicté qu’un interdit biblique frappe l’évacuation des bases de l’armée israélienne et la remise de ces zones entre les mains de goyes (non juifs)», a déclaré le rabbin Haim Druckman à l’issue d’une rencontre de trois heures avec d’autres religieux.Cet édit a provoqué l’ire du ministre israélien de la Police Moshe Shahal.Ces rabbins «n’ont pas place dans notre société.Les forces de défense israéliennes sont l’armée de tout un peuple.Il n’y a pas une armée pour les religieux et une autre pour les laïcs», a-t-il réagi devant le parlement.Le même jour, le ministère de la Justice a annoncé la condamnation à sept mois de prison d’un autre rabbin.Récidiviste, Moshe Levinger a été reconnu coupable de l’agression d’un soldat israélien dans la ville cis-jordanienne d’Hébron en 1991.-?- MOBUTU SOUTIENT DONDO Kinshasa (Reuter) — Le premier ministre zaïrois Kengo wa Dondo, que l’opposition radicale et les partisans du président Mobutu Sese Seko ont déclaré démissionnaire, bénéficie du soutien du chef de l’État, a assuré hier N’Gbanda Nzambo, conseiller à la sécurité et proche collaborateur du maréchal Mobutu.«Je peux confirmer que le premier ministre a la bénédiction du chef de l’État Pour changer le gouvernement, il faut qu’il y ait une session parlementaire.lu Parlement est le seul organe qui puisse décider»; s’il tient une session extraordinaire et s’il réunit les trqis quarts des votes, il y aura un changement, a-t-il dit.Élu premier ministre en juin de l’an dernier par l’assemblée de transition, Kengo wa Dondo a engagé des efforts pour lutter contre la corruption qui ronge l’économie zaïroise.Alliés de circonstance, opposition radicale et partisans du président Mobutu ont publié mardi une déclaration commune affirmant que le mandat du premier ministre prenait fin avec le début d’une nouvelle phase de transition démocratique de deux ans.-?- BOUTROS-GHALI À KIGALI Kigali (AFP) — Le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, doit arriver aujourd’hui à Kigali pour une visite qui coïncide avec l’anniversaire de la fin du génocide et de la guerre civile au Rwanda que les Nations unies n’ont pas pu empêcher.La totale impuissance de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) face aux massacres de plus de 500 000 Tutsis et Hutus libéraux vaut à la mission onusienne une forte hostilité à Kigali.Le général Paul Kagame, l’homme fort du régime au pouvoir, dominé par les anciens rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR), veut le départ des 5500 hommes de la MINUAR, les accusant de se «prélasser dans le Rwanda retourné à la paix».Le 8 juin, l’ONU et le Rwanda sont parvenus à un accord qui ramène les effectifs de la MINUAR à 2300 hommes d’ici à septembre et à 1800 un mois plus tard.-?- HEURTS ENTRE KURDES IRAKIENS Ankara (Reuter) — Des heurts entre deux groupes de maquisards kurdes irakiens ont fait plus de 50 morts dans le nord de l’Irak après la rupture au cours du weekend d’un cessez-le-feu qui tenait depuis trois mois, a déclaré hier une des factions.Le Parti démocratique du Kurdistan a annoncé dans un communiqué faxé à Reuter que ses forces s’étaient heurtées au cours des deux derniers jours à celles de l’Union patriotique du Kurdistan, à l’est de Chaklaoua.Shazab Said, représentant de l’UPK en Turquie, a confirmé les heurts sans avancer de bilan.-?- AMNESTY INTERNATIONAL S’INQUIÈTE Paris (Reuter) — Amnesty International s’inquiète de voir «la généralisation» par la France «des reconduites collectives» aux frontières d'immigrés clandestins provoquer «une augmentation des violations des droits de l’homme».«lu méthode» des reconduites collectives régulières «augmente le risque de renvoyer des personnes dans un pays où elles craignent pour leur vie ou leur liberté», écrit l’organisation internationale dans un communiqué.«Le rôle d’Amnesty International n’est pas de dénoncer tout type de renvois mais de chercher à s’opposer au renvoi de personnes vers un pays où elles risquent de devenir prisonnier d'opinion, d’être soumises à la torture ou exécutées ou de disparaître», précise-t-elle.Cette intervention fait suite au renvoi, lundi, dans leur pays de 51 Roumains qui étaient en situation irrégulière en France.Essais nucléaires français Les alliés de Paris haussent le ton L’épouse du porte-parole des Verts italiens, Marina Ripa di Meana, est parvenu hier à l’aide d’un complice à accrocher une banderole dénonçant la reprise des essais nucléaires français sur toute la largeur du balcon de l’imposant palais Famese, siège de l’ambassade de France à Rome, alors que se déroulait une réception à l’occasion de la fête nationale française.Cette banderole, signée «panthères vertes», portait l’inscription «Chirac, laisse nous vivre», au nom des «Mururoa boys».Paris (AFP) — La volonté de Paris de maintenir coûte que coûte les essais nucléaires à Mururoa suscite une irritation grandissante des voisins européens de la France, alors que cette question n’avait pas occupé le devant de la scène au 53' Sommet européen de Cannes fin juin dernier.A l’exception notable de la Grande-Bretagne, qui par la voix premier ministre britannique John Major, a refusé de condamner ces essais nucléaires dans le Pacifique Sud, Madrid, Rome, et même Bonn, jusqu’alors très modéré, ont haussé le ton hier.Alors que le président Jacques Chirac persistait et signait mercredi en affirmant qu’il s’agissait de «tester notre nouvelle tête nucléaire puis de tester (.) la sécurité, la sûreté et la fiabilité de nos amorces et leur capacité de vieillissement», les critiques ont fusé de la part de dirigeants de trois pays étroitement associés à la France au sein de l’Union europénne.Le président italien, Oscar Luigi Scalfaro, a fermement condamné la reprise de essais lors d’une rencontre avec des représentants de Greenpeace.«Aucun homme n’a le droit de décider pour les générations futures», a -t-il affirmé.Il ne s’agit pas d’expériences de laboratoire mais d’essais nucléaires militaires qui n’ont rien à voir avec la paix, qui sont en opposition avec la paix», a-t-il dit.S’adressant au gouvernement français et se définissant comme «un ami de la France», M.Scalfaro a estimé qu’il n’y avait «rien de plus intelligent à faire que de revenir sur ses propres positions» et qu’il fallait savoir faire «un grand geste d’humilité».De son côté, le président du conseil italien Lamberto Dini a adressé une lettre critique à M.Chirac.«U's choix en matière de sécurité et de défense rentrent dans la sphère de la souveraineté de chaque pays, mais elles doivent néanmoins être compatibles avec les circonstances internationales de l’époque», écrit le premier ministre italien.Ije président du gouvernement socialiste espagnol, Felipe Gonzalez, s’est pour sa part déclaré «contrarié» par la décision française de reprendre des essais nucléaires.Le chef de l’exécutif espagnol, dont le pays assure jusqu’en décembre la présidence tournante de l’Union européenne, a rappelé avoir récemment averti les Français qu’une telle décision provoquerait une situation internationale «délicate».En Allemagne, l’attitude officielle du gouvernement, reflétée par les propos modérés du chancelier Helmut Kohl mardi au sommet franco-allemand de Strasbourg, a été quelque peu contredite par les declarations de nombreux dirigeants, notamment libéraux, sensibles aux pressions de leur opinion publique.La décision du président Jacques Chirac de reprendre les essais nucléaires sans tenir compte des réticences de ses partenaires n’est que la première manifestation d’une «politique nationale», qui pourrait détourner la France des objectifs européens fixées en commun par Kohl et François Mitterrand, ont-ils estimé.«Ce souci existe bien» a assuré Ulrich Inner, un proche du ministre des Affaires étrangères Klaus Kinkel, porte-parole du groupe parlementaire libéral pour les questions européennes.UPapaiüi HO» K*:*:?;-' ?-Vi PHOTO AP Des soldats de la légion étrangère scrutent l’horizon en quête du «zodiac fantôme» disparu depuis l’action menée dimanche contre le Rainbow Warrior II de Greenpeace.Mais où est passé le zodiac?Mururoa (AFP) — Greenpeace a éclaté ses forces dans le cadre de sa campagne contre les essais nucléaires français, le Rainbow Warrior fonçant vers Papeete pour le 14 juillet, tandis que les deux autres bateaux restent aux abords de Mururoa.Parallèlement, l’énigme du cinquième zodiac reste entière.Selon l’organisation écologiste, l’embarcation se trouverait à proximité de l’atoll voire, selon son bureau néo-zélandais, à l’intérieur du lagon, avec à son bord le Canadien David Mac Taggart, figure légendaire de la lutte contre les essais nucléaires français.Mais les recherches de l’armée n’avaient rien donné mercredi matin.Le Rainbow Warrior se trouvait, hier, à quelque 900 kilomètres de Papeete après avoir parcouru environ 250 kilomètres en 12 heures à upe vitesse moyenne d’une vingtaine de km/h.A ce rythme, les militants de Green- peace et les trois personnalités qui les accompagnent, l’évêque français Jacques Gaillot, le leader indépendantiste Oscar Temaru et le pasteur Temarama, devraient arriver à Papeete vendredi, jour du 14 juillet.D’autre part, l’énigme du «zodiac fantôme» reste entière.Cela fait près de quatre jours que ce cinquième canot à moteur, mis à la mer avant l’action du Rainbow Warrior dans les eaux territoriales françaises, n’a plus été signalé.En prévision de l’action menée dimanche, tous les zodiacs du Rainbow Warrior avaient été équipés de compas, d’un GPS (Global position system) leur permettant de repérer leur position, d’une radio portative à portée limitée, d’eau, de provisions, d’un compteur geiger, de combinaisons antiradiations, de combinaisons de survie, de fusées de détresse et de balises émettant un signal radar en cas de danger.Un jour après l’annonce de la normalisation Regain de tension en Ulster Frictions en vue entre Washington et Hanoï Hanoï ( d’après l’AFP) — À peine la normalisation annoncée et le chapitre de la guerre clos, sq profilent déjà entre le Vietnam et les États-Unis des points potentiels de friction, d’ordre politique et commercial, susceptibles d’entraver leurs nouvelles relations.Au premier rang des difficultés, figurent les droits de l’homme et la démocratie, sur lesquels a insisté le président Bill Clinton, mais aussi les questions sociales et commerciales, comme la législation du travail ou la propriété intellectuelle.«Les Vietnamiens cesseront de rêver sur les États-Unis une fois qu’ils devront traiter avec eux», assure un diplomate européen.M.Clinton a lié, en vertu des lois américaines, la coopération économique aux droits de l’homme et à la législation sociale.Il a aussi affirmé que la normalisation «fera avancer la cause de la liberté au Vietnam», comme dans les ex-pays du bloc soviétique, des propos qui ont dû faire grincer des dents à Hanoï, ancien protégé de Moscou.Le premier ministre, Vo Van Kiet, n’a pas manqué, à la première occasion, de donner comme cadre aux nouvelles relations «l’égalité, le respect de l’indépendance et de la souveraineté, et les intérêts mutuels».Une réponse implicite à M.Clinton.Son vice-ministre des Affaires étrangères, Le Mai, chargé du dossier américain, a souligné que «chaque nation a le droit de choisir son propre système politique».Warren Christopher à Hanoï et Phnom Penh au début du mois d’août Par ailleurs, le secrétaire d’État américain Warren Christopher se rendra les 5 et 6 août au Vietnam pour «formaliser» l’établissement ces relations diplomatiques.Cette visite au Vietnam s’inscrira dans une tournée en Asie qui mènera également le chef de la diplomatie américaine au Cambodge le 4 août.M.Christqpher sera le premier secrétaire d’État américain à se rendre à Phnom Penh depuis John Foster Dulles en 1955, a souligné M.Burns.Au total, du 29 juillet au 7 août, il visitera Bruneï, la Malaisie, le Cambodge et le Vietnam.Les orangistes défilent sous les quolibets Belfast (Reuter) — Des heurts ont opposé hier à Belfast des catholiques d’Irlande du Nord à des policiers qui les empêchaient de manifester contre un défilé de protestants.Quelque 100 000 orangistes ont défilé en 18 endroits d’Ulster mais le principal point de tension à été Ormeau Road, dans le secteur catholique de Belfast, où quatre hommes ont été blessés par des policiers armés de matraques.Des heurts sporadiques avaient éclaté mardi soir en Irlande du Nord à la veille des défilés commémorant la bataille de la Boyne, il y a,305 ans.Il y a eu au moins 13 blessés et 10 arrestations.A Belfast, la police a tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants.Cette année, les défilés se sont pour la première fois depuis 1969 déroulés dans un climat de paix, la trêve instaurée en septembre dernier tenant toujours en Irlande du Nord.Mais les discussions de paix butent sur le dépôt des armes de l’IRA réclamé par Londres avant que le Sinn Fein, aile politique de l'Armée républicaine irlandaise, soit admis à des pourparlers multipartites sur l’avenir de la province.Témoin de la tension qui régnait hier à Belfast, la police a fait sauter une voiture suspecte devant un commissariat de police et, pendant le défilé protestant, deux camionnettes ont été détournées dans des quailiers nationalistes.L’ordre d’Orange commémore chaque année la bataille de la Boyne, en 1690, au cours de laquelle le roi protestant Guillaume d’Orange avait mis en déroute les forces du roi Jacques II et s’était emparé de la couronne d’Angleterre.Résultats partiels du premier tour des législatives du 25 juin Aristide plus fort que jamais Le président haïtien a considérablement renforcé son pouvoir Port-au-Prince (AFP) — Le président Jean Bertrand Aristide a considérablement renforcé son pouvoir politique neuf mois après son spectaculaire retour à Port-au-Prince dans e cadre d’une intervention armée américaine, selon les résultats partiels du premier tour des élections législatives du 25 juin, publiés mardi soir.Selon ces résultats partiels, «Lavalas» a fait élire au premier tour quatre sénateurs alors que 10 candidats se trouvent en ballotage très favorable sur 18 sièges à pourvoir et que les résultats de quatre élections sénatoriales dans deux départements ne sont pas encore copnus.A la Chambre des députés, où M.Aristide était minoritaire, ce dernier est assuré de pouvoir bénéficier d’une forte majorité puisque 16 de ses partisans ont été élus au premier tour et que 39 autres sont en ballotage favorable ou très favorable sur un total de 83 sièges à pourvoir.En dépit de la contestation de l’opposition, qui estime le scrutin entaché de fraude, M.Aristide, fort du soutien de Washington qui l’a jugé le «plus libre et le moins violent» de l’histoire haïtienne, va désormais pouvoir mener à bien ses objectifs.Le plus important d’entre eux est sans conteste la suppression de l’armée haïtienne, sur le modèle du Costa-Rica, décidée par le président haïtien.Une police civile d’au moins six mille hommes, dépendant du ministère de la Justice, doit rester la seule force chargée du maintien de l’ordre dans le pays.Le chef de l’État a déjà annoncé que ce serait au nouveau Parlement élu d’officialiser la suppression de l’année déjà dissoute et de «chanter les funérailles» de l’institution militaire qui avait renversé M.Aristide en 1991.Deux autres lois importantes devraient être votées par le nouveau parlement, parmi lesquelles la possibilité de vote pour les Haïtiens de la diaspora, plus d’un demi-million de personnes.La seconde est la reconnaissance officielle et constitutionnelle de la double nationalité réclamée par de nombreux Haïtiens qui gardent un attachement très fort à leur pays mais ont dû émigrer au cours des 40 dernières années pour des raisons politiques ou économiques.Le père Gérard Jean-Juste, porte-parole de la diaspora haïtienne, «espère» que ces lois pourront être adoptées par le nouveau Parlement On devrait savoir rapidement si la mairie de Port-au-Prince, la capitale, a été effecti-vçment gagnée par un proche du chef de l’État le chanteur engagé Emmanuel (Mano) Charlemagne, comme la rumeur en circule dans les milieux diplomatiques de la capitale dans l’attente des résultats officiels.Cette conquête se ferait aux dépends du maire sortant, Evans Paul, un des deux responsables de ce qui reste de l’ancienne coalition du Front national pour le changement et la démocratie (FNCD) qui avait soutenu le père Aristide à l’élection générale de 1990, et en qui beaucoup voient un rival potentiel à la présidence.Cette consolidation du pouvoir politique du président haïtien va aussi relancer le problème de son départ à l'issue du mandat présidentiel qui s’achève officiellement le 7 février 1996.En effet, Washington voit dans la remise du pouvoir à un nouveau président élu la condition du succès final de son intervention pour le rétablissement de la démocratie en Haïti, une des rares réussites de politique étrangère du président Bill Clinton.PHOTO AP Abdelbaki Sahraoui Assassinat de Sahraoui Paris craint l’exportation de la violence Paris (Reuter) — L’assassinat mardi à Paris d’un fondateur du FIS fait craindre aux autorités françaises et à des responsables musulmans que ce meurtre ne soit le prélude à des règlements de comptes entre islamistes en France.Le gouvernement français a «condamné avec vigueur» l’assassinat d’Abdelbaki Sahraoui, 85 ans, dans la salle des prières de la mosquée de la rue Myrha, dans le XVHF arrondissement de la capitale.«La France est déterminée à poursuivre la lutte contre toute entreprise terroriste sur le sol», a déclaré Yves Poutriaux, porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères.Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a lancé de son côté un appel au calme à la communauté musulmane en soulignant que le meurtre risquait d’instaurer en France «le cycle infernal de la violence».La piste du Groupe islamique armé (GIA) a été la première évoquée pour expliquer le meurtre de Cheikh Abdelbaki Sahraoui qui, bien que cofondateur du FIS, faisait figure de modéré et avait fait l’objet de menaces précises du GIA il y a deux mois.La presse algérienne d’hier a ainsi imputé son assassinat au GIA.«L’imam de la rue Myrha à Paris était sur une liste noire du GIA».écrit le quotidien indépendant La Tribune.Le quotidien L’Authentique rappelle également que Sahraoui avait été «plusieurs fois menacé de mort par le GLA».Mais le FIS a accusé au contraire le pouvoir algérien d’avoir commandité le meurtre et «porté la guerre» hors des frontières algériennes.« A (> 1.K l> K V O ! 1 It .1.K .1 E 1 ni la .1 r 1 1.1.K T 1 o o 5 É 1 1) 1 1 1 r i 0 1 R 1 [ A 1 Fin de partie à Srebrenica François Brousseau La chute de la ville de Srebrenica aux mains des Serbes représente un point de non-retour qui rend intenable la position neutre et mitoyenne de l'ONU en Bosnie-Herzégovine.Ou bien la communauté internationale se décide à aller «faire la guerre» en ex-Yougoslavie.Ou bien elle s’en retire, dans la honte et l’ignominie.près Gorazde, Bihac, Tuzla.t engagement guerrier et retrait, entre action décisive Srebrenica.Sous les balles et les bombes, des dizaines de milliers de personnes démunies et terrorisées, hommes, femmes et enfants, fuient en ordre dispersé devant la poursuite de l’épuration ethnique, alors que les chancelleries gesticulent de nouveau.Dans la foulée de l’ONU, une fois de plus incapable de tenir ses promesses, l’OTAN a également vu sa crédibilité mise à mal.Alors même que tombait une autre ville aux mains des Serbes, la plus puissante organisation militaire du monde y allait d’un de ses ridicules «raids aériens», qui consistent à lâcher une bombette ou deux pour donner le change.Quant à l’embryonnaire «Force de déploiement rapide» (encore ce jargon qui signifie le contraire de ce qu’il prétend dire), elle reste clouée au sol dans la bisbille Paris-Londres.Plus pathétiques que jamais, les acteurs diplomatiques comme Boutros Boutros-Ghali (patron de l’ONU) et Yasushi Akashi (son représentant sur le fin paraît proche terrain) continuent pour leur part d’y aller de déclarations sans rapport avec la réalité et les exigences de la situation: «Non, ceci n’est pas un échec de l’ONU»; «Négocions, négocions, négocions»; «Il n’est pas question d’utiliser la force»; «Nous n’avalisons pas l’épuration ethnique», etc.Mais que peuvent faire ces pauvres bougres?Il est facile, en observateur éloigné, en gérant d’estrade-éditorialiste, de se lamenter de «l’impuissance» et du «manque de courage» de tous ces acteurs, de viser le mauvais cheval — l’ONU au lieu des pays qui sont derrière, les «belligérants» confondus au lieu des agresseurs distincts des agressés.Mais on peut exiger au moins une logique et une cohérence minimales des paroles et des actes.La nouvelle conclusion qui se dégage dans les officines diplomatiques, c’est que l’alternative cruciale entre | proche.Pour l’ONU en ex-Yougoslavie, la Dans la cage ou la marmite?Gilles a campagne référendaire est lancée et ça annonce un automne très chaud.Même en vacances en Provence, même en ne disant rien, le premier ministre du _______Québec fait la super-manchette de La Presse («Après un Oui, les Québécois seront comme des homards — dixit Parizeau à un groupe d’ambassadeurs européens à Ottawa») et sème la controverse.L’affaire des homards est tellement grave que The Gazette et The Globe and Mail s’en pourléchent les babines, ne doutant pas qu’il a dit à la mi-iuin ce qu’on lui fait dire à la mi-juillet, et en escomptant déjà des retombées spectaculaires en faveur du NON.L’affaire est tellement grave, en effet, que le vice-premier ministre craint que l’affaire de la cage ou de la marmite d’eau bouillante, selon la version douce ou dure du calembour de M.Parizeau, ne devienne pour le PQ de 1995 le cauchemar que fut pour celui de 1980 l’affaire des Yvette de Mme Payette.Pas surprenant que, alerté en fin de semaine alors qu’il était en voyage officiel au Mexique, M.Bernard Landry ait tenté par tous les moyens de tuer l’affaire dans l’œuf.Avec un succès mitigé.Et qu’il s’emploie depuis à contrôler les dommages, selon l’anglicisme consacré.M.Parizeau reste coi, M.Landry fulmine, exige excuses et sanctions.Qu’en est-il exactement?La propension de M.Parizeau à utiliser des images fortes, des métaphores qui frappent l’imagination, est bien connue.Il y excelle et s’en délecte, Lesage en bon professeur qu’il est resté.Qu’il ait fait référence par analogie — la saison et le menu, probablement, s’y prêtaient fort bien — aux Québécois pris en cage ou jetés dans la marmite comme des homards, advenant une victoire référendaire du OUI, on est porté à le croire.Surtout qu’en privé et devant un auditoire on ne peut select et éclairé, les bons mots se savourent.Mais ils ne se répètent pas, par écrit ou autrement Puisque les dignes représentants de l’Union Européenne nient l’analogie, et donc l’impair, force est de les croire sur parole.A moins d’un enregistrement dont nul média ne dispose.Tout en sachant que les us et coutumes diplomatiques ont de ces subtilités qui dépassent l’entendement du commun des mortels.Puisque les démentis et dénégations s’accumulent, le gouvernement n’a pas de quoi s’énerver à ce point.Si M.Landry s’agite ainsi, tonne et exige, c’est qu’il y a anguille — pardon, homard — sous roche, et qu’il doit la soulever à tout prix.Un doute subsiste.Il y a eu fuite et manipulation.Il faut un coupable.L’honneur et l’intégrité du camp du NON sont en cause.Survenant à la mi-juillet, l’affaire ne durera pas plus longtemps que la saison du homard.Mais elle est rassurante.Puisque tout le monde déplore ce malheureux impair, les deux capitales prendront sûrement les meilleures dispositions pour éviter de basses tactiques automnales.Surtout Québec, évidemment, qui s’indigne, à bon droit probablement, de l’opprobre infligé à M.Parizeau.Au fait, il l’aime comment son homard?Youhou ! On existe.Étant de passage à Montréal, je peux enfin réagir à un article du Devoir la journée même, et non pas 10 jours en retard, puisque l’Acadie, c’est si loin.Je me réfère à l’article du philosophe Michel Seymour du 8 juillet de la série «La nation en question».M.Seymour est peut-être philosophe mais il n’est pas pour autant historien.Ce qui me fait sursauter, c’est quand M.Seymour écrit: «Sans parler des nations autochtones, le Canada est constitué de deux nations fondatrices, les Québécois et les Canadiens.» Que fait-il du peuple acadien qu’il banalise dans la suite de son texte?En autant que les Amérindiens constituent les «premières nations» autochtones de ce pays, les Acadiens en constituent à tout le moins la «première nation d’origine européenne» puisqu’on est ici depuis 1604.A ce titre-là on a fondé ce pays autant que d’autres, c’est-à-dire les Québécois je présume.Cette fâcheuse tendance qu’ont malheureusement trop de Québécois à ignorer par indifférence et à mal connaître leurs frères et soeurs d’Acadie et la francophonie LETTRES -?- canadienne en général, est porteuse d’aigreur et de ressentiment chez nous face à la question québécoise.Pour se faire reconnaître comme nation en aval, il faut respecter et reconnaître les autres nations en avant.Tout peuple qui se respecte, y compris les peuples acadien et québécois, a le droit d’aspirer ici à la plus grande forme d’autonomie et d’auto-détermination possibles.Mais il faut à un moment donné arrêter de téter.Et au-delà des formules juridiques à définir et à acquérir, il y a un savoir vivre, un savoir connaître, et un savoir de solidarité à respecter entre gens civilisés.A bon entendeur,salut! Jean-Pierre Nadeau Acadie, 8 juillet 1995 Droit debout Est-il futile pour un Québécois de s’impliquer dans le débat actuel qui concerne sa raison d’être?Oui, pense Jean-Paul Provost dans sa lettre au Devoir.Car il s’agit bien de se donner un pays ou de laisser aller à la dérive notre identité propre et non, comme aime à le crier sur tous les toits Jean Chrétien, un enjeu qui ne pivoterait qu’autour d’une simple question de séparation.Les adversaires de notre rêve le plus cher ont toujours cherché des gros mots pour faire peur au monde, niant ainsi, par la bande, notre liberté.La réflexion de Jean-Paul Provost se résume à une mise en garde.«J’ai toujours cru naïvement qu’un penseur, pour pouvoir garder son sens critique, devait se tenir au-dessus de la mêlée partisane.» Justement nous ne sommes pas présentement plongés dans une mêlée partisane mais interpellés par cette volonté de se donner un pays où n’existe plus une minorité face à une majorité manipulatrice, mais un peuple ayant en main tous les outils nécessaires à son épanouissement.Donc se tenir à l’écart pour un penseur, ne pas se mouiller de peur de s’enrhumer, c’est justement cesser de penser, s’éloigner de la vérité, s’enfermer dans l’indifférence.S’il y a bien un moment de notre histoire où les intellectuels sont appelés à nous appuyer, c’est celui qui se vit présentement.S’abstenir, se fermer les yeux, s’asseoir entre deux chaises, c’est refuser de débattre du droit de tout un peuple à l’existence.Et ce peuple c’est aussi vous et moi, Jean-Paul Provost.Luc Perrier Montréal, 6 juillet 1995 et abdication, ne souffre désormais plus de moyen terme: c’est ou bien, ou bien.¦ Ou bien on entre en Bosnie et identifiant clairement l’ennemi (les milices serbes appuyées par Belgrade), et on y met les moyens — par le biais d’une coalition multinationale qui ne serait pas l’initiative de l’ONU et autres «grands machins», mais bien le reflet de la volonté des nations démocratiques.¦ Ou bien, devant la myriade d’objections pratiques à une telle action — l’inertie générale, les Russes qui ne l’accepteraient pas, les opinions publiques qui ne veulent pas envoyer leurs fils «mourir pour Sarajevo», les chancelleries qui se défilent les unes après les autres —, on déclare franchement forfait et on se retire.Dans l’ignominie, la queue entre les jambes.mais au moins, d’une façon claire et nette.Ce qui, au vu de la confusion qui a caractérisé toute l’action internationale en ex-Yougoslavie, deviendrait presque un acte de courage! L’option du «moyen terme» a fait son temps.Malgré l’échec éclatant de la «communauté internationale» en ex-Yougoslavie, on a pu faire valoir que l’action humanitaire habillée en kaki avait eu parfois ses mérites, en atténuant les souffrances de populations soumises à l’épuration ethnique.sans pour autant freiner cette dernière — et même en l’aidant paradoxalement, par le «service après-vente» de l’entreprise serbe: évacuation des réfugiés, installation de camps, fourniture de nourriture, etc.Mais aujourd’hui, alors que mêmes les «tièdes» reconnaissent la responsabilité primordiale des Serbes, alors que tombent un à un ces réduits misérables hypocritement désignés «zones de sécurité», alors que se délite la fiction juridique d’une entreprise onusienne marquée par la création d’un jargon orwellien et le refus de regarder la réalité en face, cette approche ne tient plus.Pour l’ONU en ex-Yougoslavie, la fin paraît ?fcR\ZEAU EU VAXAkKES EU HAIS QU'EST-CE QU IL A )L-L 7 l£ Po N/RÇ.?^ /// / V —~t< fe-r ®*Ji\ f OPINION -?- La réforme actuelle et les hôpitaux généraux JEAN DE SERRES Médecin Directeur de l'unité d’enseignement de la médecine familiale Hôpital Reine-Elizabeth Président du Collège des médecins de famille du Canada, section Québec me souff eux entités sont au cœur des préoccupations de notre système de soins: le patient et la population.Dans tous les pays occidentaux, un vent de réfor- e, d’abord en réponse à des contraintes budgétaires, ensuite pour améliorer les soins et les humaniser.La tendance générale va vers l’amélioration de la continuité des soins, une approche plus globale et un travail d’équipe, toutes choses qui ont pour effet de réduire le coût des services tout en les améliorant.Dans les changements proposés au réseau hospitalier à Montréal, il est inquiétant de ne pas retrouver ces objectifs, au contraire.Et je crois que cela est dû en partie à une compréhension déficiente du rôle des hôpitaux généraux.Cela n’est pas surprenant car les consultations se font le plus souvent avec des représentants des hôpitaux spécialisés.De même dans les médias.Le résultat est que la liste des hôpitaux à fermer ne compte que des hôpitaux généraux, ce qui est une absurdité pour plusieurs raisons: ¦ la continuité des soins que tout le monde recherche s’en trouvera diminuée car l’attitude historique et le mandat de ces hôpitaux n’ont jamais favorisé la médecine familiale.De plus, comme les patients, les médecins de quartier y auront un accès géographique plus difficile.Il en résultera que moins de médecins de famille vont suivre leurs patients à l’hôpital (ce qui entraîne d’emblée une duplication de services et des coûts additionnels); ¦ on assume sans preuve à l’appui que les gros hôpitaux sont plus efficaces que les petits.Il y a plutôt raison de croire le contraire; ¦ on ne respecte plus le principe de base de la rationalisation qui assigne une tâche à la structure la plus simple qui puisse l’exécuter.Au lieu de favoriser les soins de base, on ferme certains hôpitaux généraux pour en transférer les services à des unités de soins spécialisés.Ce sont les soins spécialisés qui, par définition, doivent être concentrés; ¦ on continue à promouvoir la spécialisation excessive en centralisant ainsi des services qui ne devraient pas l’être: les services de soins de type primaire ou secondaire, comme les salles d’urgence et d’accouchement (qu’on a déjà centralisées depuis quelques années), la chirurgie générale, les unités d’admission en médecine générale, entre autres, appartiennent à leurs communautés de référence; ¦ on a choisi quelques critères tout à fait partiels pour faire le choix?Il en résulte que si un hôpital est mal administré, on le ferme plutôt que de remplacer son administration.(Ferait-on la même chose avec la Régie?) Cela n’a rien à voir avec les besoins de la population! La.réforme proposée veut inciter les CLSC, les hôpitaux et les bureaux privés de médecins à travailler davantage ensemble.Pourtant, la Régie a totalement ignqré la proposition de l’hôpital Reine-Éliza-beth d’intégrer tous ces services et de conserver le même volume d’activités hospitalières pour un coût réduit de moitié, proposition faite avec l’appui de la vaste majorité de la population et des professionnels du quartier.Combien d’autres tentatives d’améliorer le système ont été écartées sans considération?Une augmentation de l’efficacité dans le domaine des soins ne peut se faire sans la motivation des intervenants.Y avait-il une meilleure façon de tuer la créativité et le dynamisme?C’est encore pire au chapitre de la communication.On s’est caché derrière des audiences publiques débordées qui n’ont pas permis d’entendre tous les intervenants, et on n’a jamais visité les institutions dont il était question.On a répondu à des pétitions de 130 000 noms que la population avait décidé du contraire! Pendant qu’on parle d’ouvrir les CLSC 24 heures par jour, on ferme l’unique salle d’urgence dans des quartiers de 100 000 habitants lorsque l’on en maintient trois ou quatre ouvertes à quelques rues les unes des autres.Les services généraux ont avantage à être distribués équitablement sur le territoire, en respectant le découpage des communautés.Rappelez-vous la dernière campagne électorale; on a alors souligné l’importance de sauver les écoles de quartier et de freiner la déshumanisation des quartiers ou l’agonie des régions.Il a été prouvé que la force du réseau de support (la famille, les amis, la communauté) est un des déterminants majeurs de la santé.Il faut éviter de centraliser des services qui n’ont pas avantage à l’être et centraliser plutôt les soins surspécialisés.Il faut surtout arrêter de tuer les quartiers de Montréal en niant leur identité, comme la Régie l’a si bien fait en transférant les gens de Saint-Laurent vers Côte-des-Neiges, ceux de Notre-Dame-de-Grâ-ce vers le centre-ville, en traitant la ville comme une seule communauté homogène et sans avoir fait l’effort de rentabiliser les petits hôpitaux.Enfin, la réforme est faite avant même d’en avoir évalué ses effets.Elle s’attaque au plus facile, à la structure et aux édifices, mais l’essentiel de la réforme devra se faire dans le quotidien avec un changement des attitudes des médecins, des administrateurs, des utilisateurs, à la façon de prescrire, de demander des tests, de se concerter, toutes choses qui ont été ignorées.Une fois ce changement fait, il serait plus facile de fermer des lits qui ne sont pas utilisés.L’importance d’une réforme est indéniable, mais celle-ci ne peut être efficace si elle ne supporte pas la connaissance des faits, la communication et l’innovation.A PROPOS -4- .de femmes et d’hommes En 1991, le recensement canadien a dénombré au Québec 3 518 295 femmes et 3 377 675 hommes.Le nombre plus élevé de femmes découle principalement du fait que celles-ci sont nettement plus nombreuses que les hommes parmi les personnes de 65 ans ou plus; on compte, en effet, 458 880 femmes parmi ce groupe d’âge, comparativement à 312 045 hommes.Cela signifie que six personnes de 65 ans ou plus sur dix sont des femmes.Cette majorité de femmes parmi les aînés compense le fait que les hommes sont légèrement plus nombreux chez les moins de 25 ans.L’évolution de la répartition des Québécoises par groupe d’âge depuis 1951 permet de constater un vieillissement de la population féminine.Ainsi, alors qu’en 1951, le tiers de cette population avait 14 ans ou moins, que la proportion dp femmes diminuait avec l’avancement en âge et que 5,8 % des Québécoises avaient 65 ans ou plus, la situation est très différente en 1991.Seulement une femme sur cinq est désormais âgée de 14 ans ou moins, les Québécoises se répartissent plus également entre les groupes d’âge et 13 % d’entre elles ont 65 ans ou plus.Ces changements sont attribuables à deux phénomènes, soit la diminution de l’indice synthétique de fécondité, c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants par femme, et l’augmentation notable de l’espérance de vie des femmes.Les Québécoises déchiffrées, Portrait statistique, Les Publications du Québec LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, GUY TAILLEFER Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBE RT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9'étage, Montréal (Québec) El3A 3M 9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS 1.1: i> i: v n i it .i.k .1 k r i> i i a .1 1 1 1.1.k t i 11 1» a I) E E S Les chrétiens, les Canadiens français et les Juifs 1- L’influence de saint Thomas d’Aquin et de saint Augustin sur la pensée de l’Église THIERRY HENTSCH ET JEAN-MARC IMOTTE Sciences politiques, Université du Québec à Montréal ““¦“"““"““'l sther Délisle, malgré les lacunes Eet la partialité de ses analyses, a eu le mérite, depuis deux ans, de soulever, en prenant l’abbé Uonel Groulx comme objet, le problème de l’attitude des Canadiens français face aux Juifs.Cette attitude demeure toutefois incompréhensible si on ne prend pas en considération la domination quasi absolue qu’exerçait le clergé catho-lique sur l’opinion publique, voire sur la liberté de pensée des Canadiens français.On était alors Canadien français catholique ou on était étranger.Nous allons, dans cet article, éclairer la position du clergé face aux Juifs en analysant les textes de deux des théologiçns qui ont le plus contribué à façonner la pensée de l’Eglise: saint Augustin (354-430) et saint Thomas d’Aquin (1224/5-1274).Puis nous nous pencherons sur une conférence prononcée par le dominicain Benoit Mailloux en 1935, soit deux ans après la prise de pouvoir par Hitler en Allemagne.Cette conférence nous semble exemplaire à un double point de vue, celui du contenu et celui de l’auteur.Mailloux, qui fondera l’Institut de psychologie de l’Université de Montréal — père du département de même nom — où il introduisit Freud, fut membre de l’aile progressiste de l’Eglise et n’était pas reconnu comme étant particulièrement nationaliste.Il applique, dans son exposé, la pensée de saint Thomas d’Aquin au Canada français de l’époque.Saint Augustin et les hérétiques Augustin de Thagaste ne connaît pas le mouvement chrétien militant et persécuté.En 312, soit plus de quarante ans avant sa naissance, le christianisme est reconnu, à côté de la religion traditionnelle romaine, comme l’une des deux religions officielles de l’etmpire romain par Constantin.En 380, lorsque Augustin est dans sa vingtaine, l’empereur Theodorius le Grand impose le christianisme comme seule religion officielle.Plus tard, Augustin, évêque d’Hippone, justifiera la répression politique exercée contre les chrétiens jugés hérétiques ou schismatiques tandis qu’il réservera une place à part aux Juifs.Au début, Augustin s’oppose à la coercition contre les donafistes qui ne voulaient accepter au sein de l’Église que les purs et qui constituèrent un mouvement hérétique et schismatique au sein de l’Église africaine.Il faut se fier à la raison et à la persuasion, appuyées par la grâce de Dieu.Plijs tard, il fait appel au pouvoir coercitif de l’État impérial pour combattre ses frères ennemis par des amendes, la confiscation de biens, l’emprisonnement et l’exil.La vertu relève de la volonté guidée par la grâce.La coercition ne rend personne vertueux.Mais en forçant les hérétiques et les schismatiques à reponcer à leurs erreurs par crainte des sanctipns de l’État, la coercition les oriente vers la vraie Église où ils pourront entendre la vraie parole de Dieu.La coercition est bonne ou mauvaise selon l’objectif poursuivi.L’Église utilise les pouvoirs de l’État pour punir les hérétiques de la même façon que le père utilise son autorité pour corriger son fils: par amour et pour les orienter dans le droit chemin.Les positions de saint Augustin face aux Juifs remontent aux deux derniers Évangiles, ceux de Mathieu et de Jean.Le premier affirme que le peuple juif, face au romain Pilate qui s’en serait lavé les mains, aurait assumé la responsabilité de la crucifixion de Jésus: «Que son sang soit sur nous et sur nos enfants.»1 Saint Jean, les rendant responsables du même crime, conclut que les Juifs sont les fils du Mal: «Jésus leur dit: “Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham.Or vous voulez me tuer (.) Vous avez pour père le diable et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir.”»2 Saint Paul, le véritable fondateur de l’Église, accuse, avant même les Évangiles, le peuple juif de déicide dans son Premier épître aux Thessaloniens, mais affirme, dans son Les peines pour hérésie se sont aggravées depuis saint Augustin, l’exécution se substituant aux amendes Épître aux Romains, que le peuple juif n’est pas rejeté de Dieu: «Ne suis-je pas moi-même Israélite, de la race d’Abraham, de la tribu de Benjamin?Dieu n’a pas rejeté le peuple que d’avance il a discerné.»3 Saint Augustin, sur cette question comme sur bien d’autres, clarifie, explicite et justifie la position chrétienne.l’évêque de Thaaaste reconnaît le caractère exceptionnel du peuple juif conservateur des livres sacrés, de ce peuple comblé de bienfaits par Dieu, de ce peuple monothéiste, de ce peuple annonciateur du Messie.Mais comment expliquer que le peuple, d’où est issu le Christ, le refuse?Comment expliquer que l’expansion chrétienne se butte à la permanence du judaïsme?Comment expliquer la stabilité, le dynamisme et le prosélytisme des communautés juives?Les Juifs, dont le refus de reconnaître dans le Christ le Messie conduit à son assassinat, auraient mérité de disparaître comme peuple.Mais Dieu, dans sa Providence, a voulu que le peuple juif persévère dans ses erreurs et dans l’histoire pour témoigner du caractère divin de l’Église.On ne peut accuser les chrétiens d’avoir fabriqué les livres sacrés et d’avoir inventé les prophéties qui annoncent, entre autres, la venue du Messie: leurs pires ennemis, les Juifs, témoignent de l’ancienneté des prophéties et des livres saints.Le peuple juif est coupé en deux: d’un côté, le peuple, les charnels, les injustes: de l’autre, les quelques justes, les spirituels, les saints, les prophètes.Le peuple juif comprend sous une forme littérale les métaphores terrestres (banquet, victoiré, terre promise, etc.) des bienfaits spirituels qu’annonce Dieu,par ses prophètes.Le peuple juif défend la lettre des Écritures et n’en comprend pas le sens caché.Il attend un libérateur politique: il ne reconnaît pas la messianité du Christ.Mû par la convoitise et la cupidité, imbu d’un orgueil qui fait dépendre le salut de la Loi et non de la grâce, le peuple juif, damné, n’est que le témoin de la vérité du christianisme.Thomas d’Aquin et les autres Thomas d’Aquin (1224/5-1274), dont la Somme théologique deviendra l’armature théorique de l’orthodoxie catholique, distingue trois cas d’infidélité ou d’incroyance: les païens, dont les Sarrasins ou musulmans (ils n’ont pas reçu la foi); les Juifs (ils ont la préfiguration de la Vérité dans l’Ancien Testament, mais ils l’interprètent mal); et les différents types d’hérétiques (ils ont connu la foi, mais s’y opposent).La gravité du péché d’incroyance varie selon les cas: «A ce point de vue, lçs hérétiques qui professent la foi à l’Évangile, et qui résis tent à cette foi en la détruisant, pèchent plus gravement que les Juifs,qui n’ont jamais reçu la foi à l’Évangile.Mais parce qu’ils en ont reçu la préfiguration en l’interprétant mal, leur infidélité est plus grave que celle des païens qui n’ont aucunement reçu la foi à l’Évangile.4» En règle générale, on ne peut contraindre à croire ceux qui n’ont jamais reçu la foi (les musulmans et les Juifs) tandis que les hérétiques, les apostats et les schismatiques doivent y être contraints.Ceux qui ont embrassé la Vérité doivent nécessairement la conserver.Les hérétiques, après un ou deux avertisse- ments, sont excommuniés et.s’ils persistent dans leur erreur, sont abandonnés au jugement séculier pour être mis à mort: «En effet, il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l’âme que de falsifier la monnaie qui sert à la vie temporelle.Par conséquent, si les faux-monnayeurs ou autres malfaiteurs sont immédiatement mis à mort en bonne justice par les princes séculiers, bien davantage les hérétiques, aussitôt qu’ils sont convaincus d’hérésie, peuvent-ils être non seulement excommuniés mais très justement mis à mort.»5 Les hérétiques qui se repentent reçoivent le sacrement de la confession et la pénitence, mais s'ils sont plus d'une lois relaps, ils sont condamnés à mort afin d’éviter qu’une autre rechute en contamine d’autres.Les peines pour hérésie se sont donc aggravées depuis Augustin, l’exécution se substituant aux amendes, à la confiscation des biens, à l’emprisonnement ou à l’exil préconisés par celui-ci.Les punitions Les païens et les Juifs ne doivent pas être soumis à des contraintes physiques, dont la peine de mort, sauf s’ils entravent la foi chrétienne par des «suggestions mauvaises», des «blasphèmes» et des «persécutions ouvertes».Les croisades pour libérer les lieux saints, dont la première commence à la fin du XXI' siècle et dont la dernière, la huitième, se déroule à l’époque d’Aquin, répondaient-elles à des entraves à la foi chrétienne?Nous ne savons malheureusement pas si Thomas d'Aquin a abordé cette question.ancre i name 'èf Doit-on discuter de la foi avec les infidèles, quels qu’ils soient?Oui.si on est compétent en la matière, si on connaît la théologie, si on est membre du clergé.Mais on doit le faire uniquement lorsque des croyants sont entraînés au doute par les arguments des infidèles.Sinon, il faut s’abstenir de discuter de ces questions devant de simples gens dont la «foi est d'autant plus forte qu’ils n’ont rien entendu dire qui soit différent de ce qu'ils croient».Doit-on entrer en relation avec les infidèles?Thomas d’Aquin distingue encore ceux qui ont déjà cru au Christ des autres.Les premiers, excommuniés, sont privés de la communion des fidèles pour protéger ceux-ci île leur mauvaise influence et pour les punir.La communication avec les autres, pour les gens simples, est aussi interdite, sauf en cas de nécessité.En ce qui concerne particulièrement les Juifs, Thomas d’Aquin partage les positions du quatrième concile de Latran (1215): les Juifs doivent porter un signe distinctif (un chapeau conique dans les pays germaniques et un disque jaune cousu sur les vêtements dans les pays latins) afin qu’ils soient facilement reconnus et évités par les chrétiens.On ne peut contraindre les païens et les Juifs à adhérer à la religion chrétienne car l’acte de foi doit être libre pour valoir auprès de Dieu.On ne peut non plus baptiser des enfants contre la volonté de leurs parents: Thomas d’Aquin condamne cette pratique de l’Eglise espagnole du VII’ siècle: elle irait à l’encontre du droit naturel mettant les enfants sous la tutelle des parents.Les rites des infidèles, à l’exception des Juifs, ne doivent pas être tolérés car ils sont faux et inutiles.Cependant, ils doivent être tolérés par souci de prudence, si leur interdiction entraîne un mal, si elle suscite du dissentiment ou si elle nuit à la conversion des infidèles.Il ne faut pas empêcher les Juifs de pratiquer leur culte qui témoigne, malgré eux et comme l’affirmait saint Augustin, de la vérité du christianisme: «Du fait que les Juifs observent leurs rites, qui préfiguraient jadis la réalité de la foi que nous professons, il en découle ce bien que nous recevons de nos ennemis un témoignage en faveur de notre foi, et qu’ils nous représentent comme en figure ce que nous croyons.C’est pourquoi les Juifs sont tolérés avec leurs rites.»'1 Les chrétiens peuvent-ils être soumis à l’autorité d’infidèles?Non, si cette autorité n’est pas encore instituée; oui, si elle l’est, car elle respecte la différence entre souveraineté fondée sur le droit naturel et fidélité qui relève du droit diviq.Cependant, ce dernier droit prévalant sur l’autre, l’Église peut décider de respecter ou non cette différence.Pour la même raison et pour protéger ses fidèles de la corruption, tout sujet est délié de son obéissance à un gouvernant qui est exçommunié pour apostat.A l’époque médiévale, du moins dans la pensée de Thomas d’Aquin, lç temporel doit être subordonné au spirituel, l’État à l’Église.On ne peut être citoyen si on n’est chrétien.Le Juif, le déicide et l’ennemi de la foi chrétienne, est nécessairement aussi un ennemi de l’ordre social.Aussi l’accès aux fonctions publiques, aux professions libérales et à la propriété immobilière est interdit aux Juifs dont le troisième concile de Latran (1179) a proclamé la «servitude perpétuelle» en raison de leurs crimes.L’activité productive des Juifs est ainsi limitée au commerce et aux prêts.Les chrétiens, même s’ils doivent parfois emprunter, ne peuvent pratiquer le prêt avec intérêt qui est considéré comme un vol, un péché.L’identité du Juif est alors réduite par les chrétiens à celui d’usurier, de voleur, auquel ils doivent malheureusement avoir recours en cas de nécessité.Aussi Thomas d’Aquin affirmera qu’il est juste de taxer particulièrement les Juifs pour les contraindre à rembourser l’argent volé aux chrétiens par le prêt, par l’usure.?1 Mathieu, XXVII / 2, La Sainte Bible, Cerf, 1961, page 1328.2 Jean, VIII / 39,40 et 44, op.cit., page 1411.3 XI / 1-2, op.cit., page 1505.4 Thomas d’Aquin, Question 10, article 6 de La Foi, dqns Somme théologique (second volume de la 2e partie), Éd.du Cerf, T.3,1985, page 80.5 Ibidem, Question 11, article 3, page 91.6 Ibidem, Question 10, article 11, page 86.Saint Augustin Les anglos ont-ils des crocs?DAVID BIRNBAUM Directeur général d’Alliance Québec a prophétie orwellienne de Josée Legault au sujet d’Alliance Québec, le gouvernement fédéral et l’anglicisation insidieuse du Québec relève de la science-fiction la plus fascinante.Malheureusement, elle n’a pas le fondement de vérité si essentiel au succès de tels récits.Son commentaire apocalyptique {«Big Brother et la promotion de l’anglais», publié dans Le Devoir du 5 juillet 1995) commence par une fausse prémisse relativement au financement accordé par le fédéral aux organismes d’expression anglaise du Québec, se poursuit par des accès de paranoïa et se termine par l’arsenal habituel de Mme Legault de conclusions non fondées et de stéréotypes usés.Voici quelques réalités bien concrètes pour contrer les erreurs, les exagérations et les envolées fantaisistes de Mine Legault.Il existe 15 groupes communautaires d’expression anglaise au Québec, financés par le programme canadien de soutien des organismes communautaires de langue minoritaire.Dans le reste du Canada, 350 groupes francophones sont financés de la même façon.Mme Legault dit qu’un projet d’entente avec le gouvernement fédéral donnerait à nos groupes 12 millions $ sur quatre ans «en échange» d’une collaboration et d’une coordination accrues avec Ottawa.Comme tout groupe com- munautaire valable qui reçoit le soutien du gouvernement, les organismes d’expression anglaise du Québec sont dirigée et élus par leurs membres.H est tout à fait vrai qu’Ot-tawa aide à couvrir les coûts.Mais Ottawa ne nous a jamais dicté et ne nous dictera jamais quoi faire.Nos organisations sont intéressées à la vitalité et à l’épanouissement des communautés d’expression anglaise du Québec, à leur participation pleine et entière à la vie du Québec et à la protection de leur accès à d’importants services et institutions.Mme Legault semble se préoccuper de l’anglicisation des immigrants.Nous n’avons pas de telles prétentions.Il n’y a rien d’insidieux relativement à la synchronisation de cette entente.Elle fait l’objet de discussions depuis près d’un an et demi.On ne parlait pas encore de référendum à cette époque.Si tel est le cas maintenant, ce fait n’a rien à voir avec l’entente.Rien dans le projet d’entente ne demande la standardisation de nos approches ou la suppression d’opinions divergentes.De plus, Mme Legault suggère que ce projet est fondamentalement un complot pour étendre le contrôle politique et financier d’Ottawa, du Parti libéral du Què bec et de son «principal allié, Alliance Québec».Ah! bon.Par où devrions-nous commencer?Le gouvernement fédéral et les libéraux du Québec donneront leur réponse, mais Alliance Québec peut confirmer qu’elle ne prête allé geance à aucun parti politique et qu’elle ne souhaite en aucun cas contrôler ses partenaires anglophones.Et de quel «rêve de l’égalité linguistique» Mme Legault parle-t-elle?En faisant d’un adversaire perçu un démon, il devient plus facile de l’attaquer, mais Mme Legault pourrait être intéressée d’apprendre que peu d’anglophones passent leurs après-midis à siroter un thé en rêvant de l’empire perdu et en déplorant la présence prédominante du français au Québec.Notre langue fait partie intégrante de la province.Néanmoins, les Québécois doivent comprendre qu’Alliance Québec, pour sa part, reconnaît que le français est la principale langue de travail et de la vie publique dans la province.Josée Legault connaît notre position sur ce sujet.Elle choisit simplement de l’oublier.Mme Legault se surpasse enfin dans un scénario digne du Parc Jurassique à peine moins plausible que la version de Steven Spielberg.Elle transforme les vrais objectifs de ce projet d’entente en une stratégie visant à créer de petits fédéralistes, un à la fois, en plantant la graine de l’anglais chez les nouveaux venus au Québec et chez leurs rejetons.C’est vraiment un scénario fascinant.J’attends la suite avec impatience.Je me contenterai de dire qu’Alliance Québec et les autres organismes d’expression anglaise qui seront touchés par cette entente cherchent à établir des ponts avec la communauté majoritaire.Ce n’est que dans une chronique de Josée Legault que nous devenons d’affreux dinosaures qui terrorisent les Québécois avec nos crocs sanglants — et avec l’appui du gouvernement pour le faire! Réplique Passons sur les insultes personnelles de M.Birn-baum, qui ne déshonorent que lui.Quant au projet d’entente, il parle bel et bien d’établir un cadre de coopération entre Ottawa et les organismes anglophones dans le but de promouvoir l’égalité de statut et d’usage de l’anglais et du français (art.1.1 de la version que Hugh Maynard, directeur du réseau anglophone, faisait parvenir au ministère du Patrimoine canadien le 15 mai).Ce qui, si cela se réalisait, ne pourrait qu’avoir un impact direct sur l’intégration linguistique des immigrants.Pour ce qui est de l’allégeance libérale d’Alliance Québec, elle est trop connue des anglophones eux-mêmes pour qu’on puisse la nier sans sourire.Enfin, étant la co-auteure avec Julius Grey d’un compromis sur la loi 101 — publié dans Le Devoir en 1993 et ayant ouvert la voie à une section de la loi 86 —, je sais comment construire des ponts et les traverser.En cessant de confondre la vitalité de la communauté anglophone avec celle de certaines bureaucraties, cela laisserait à Alliance Québec plus de temps pour la construction.Quant à ses crocs sanglants, on attendra une remontée substantielle de son membership avant de trembler de peur.Ce jour-là, peut-être qu’Alliance Québec aura moins besoin de ses alliés libéraux.Josée Legault L’ÉQUIPE DU DEVOIR % IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Louis-Gilles Francoeur (environnement).Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier.Isabelle Paré.Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Konrad Yakabuski: ti.*m-Pif‘rm t trethnnsnMe des Paget tliématiaues).Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)-.Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon.Paule des ^ ^ ^ rî ' r » .1 / • e~» • I n I l t ».- L V \ TV t » r\._ à !._1_ t I.P»»»» 'T'—Plx-iJn X l'mfnmnngnn intnmntÎAnnln.I/uvvlim C/Villon ( rocrvnncolvlûi PronoAic Rmiicconi (iAitnrrif.A ntnino Clmr Çuhnonp Rivières, Robert Tramier, Clément Trudel; (commis).Marie-Hélène Alarie (secrétaire a la réda ces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jea,.—- - -,-=—- .- .- ».-, ._ ._ _ , _ «eon- Mirhèie Ronrli-ml (secrétaire).L'ADMINISTRATION Henry Ricdl, c.m.a.(contrôleur).Dany Dépatie (adjointe à l’administration et coordonnatrice aux ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables); Flonne Cormier.Celine Fumy.Nathalie I emer.Danielle Ponton.Danielle Koss.Lt MARKETING ET SERVICE A IA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PIUUQUES Louise Gagné (directrice).Chrystian Guy (superviseur à la Promotion des ’abonnements) IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur de la technologie et des approvisionnements).MarieFrance Turgeon (directrice de la production).Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard DesCormiers.Caroline des Rosiers, Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage, Mi chèle Malenfant.Christian Vien.Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (rice-président et directeur général).» L g DK V (Mit.I.K J K F D I I H J l'I M K T I D 0 5 ?LE DEVOIR ?L’une des toiles de cet homme énigmatique qu’était Firmin Firquet: une «tragique représentation de l’indifférence».¦ - PARTI PRIS Des tableaux bouleversants INTEGRISTE SUITE DE I-A PAGE 1 Durand cet été pour son Avare deTerrebonne), Molière y est étrangement sage, mais inquiet, car c’est l’amitié qui tient le pinceau et conduit la nuance.Aujourd’hui dans la rue Bouquene, qui serpente sans logique, il y a, durant le festival, une petite salle du «off» nommée l’Espace Molière où de jeunes Japonais de Tokyo jouent bruyamment un Scapiti.Le garçon qui fait Scapin s’appelle Ka-zuyashi Kushida, il se maquille dans les lieux mêmes où Molière fit de même car l’Espace Molière est une ancienne dépendance de la maison de Nicolas Mignard, là où le Jeu de paume se trouvait.Il demeure de l’époque, outre les murs, une statue de rue de la vierge (pour les processions des pénitents, autre théâtre).Il vient de se le faire brosser à nouveau son portrait en Avignon, le pauvre Molière.Le voici travesti, par les soins d’Ariane Mnouchkine, en auteur engagé.Ce n’est plus le Molière de Mignard — à qui il importait surtout de plaire — c’est un Molière politique, criard, démagogique et impétueux, un Bernard-Henri Lévy qui à l’ingratitude des pétitions préférerait l’éclat du théâtre.Car voici le Tartuffe intégriste, donc barbu, donc «actuel», mais largement simpliste, du Théâtre du Soleil.Une bien gauche machine qui étire le cou de Molière comme celui d’un poulet Ce Tartuffe de Mnouchkine (son premier Molière) subit les attaques critiques («N’importe quoi!», écrit Le Figaro, «De la caricature», lance Ubé, quand Le Monde joue le respect le pire pour une Mnouchkine ainsi statufiée).Etrange spectacle dogmatique et hystérique où l’on sent que la méthode Mnouchkine atteint ses limites.Elle a eu la main pour orientaliser Shakespeare et les Grecs, mais en arabisant Molière — en ciblant un cas trop précis d’hypocrisie religieuse — elle tombe dans le panneau du catéchisme.Tartuffe peut être une réponse à l’intégrisme musulman, on comprend l’idée audacieuse, mais dans la mise en scène dessinée à gros traits — Tartuffe passe de crise d’épilepsie feinte devant Orgon en déshabillage libidineux devant Elmire — se perdent la finesse de Molière et son universalité.Ce Tartuffe barbu qui entre dans la maison musulmane d’Orgon (qui a une tête d’Ataturk), ce chef intégriste au faux ventre de méchant, est plus anecdotique que provoquant.Défendu par un excellent comédien (Sharok Meshkin Gha-lam) qui relève au troisième acte un intérêt décroissant et corrige l’allure d’enlisement dans la semoule, ce Tartuffe de quatre heures où les bons sont blancs et les mauvais noirs, où crie la cigale, où sonne un air de rai' dans la radiocasset-te d’un vendeur ambulant (un rai' de Cheb Dasni, assassiné à Oran en septembre dernier), est au panique.Mais selon Stéphane Oberreit, membre de Médecins sans frontières (MSF), «les femmes et les enfants ont été séparés pour être chargés dans les bus tandis que les jeunes gens ont été emmenés dans d’autres lieux».«Visiblement, ces chargements dans les bus étaient terrifiants.Les gens hurlaient, les gens paniquaient», a-t-il déclaré à Reuter depuis Belgrade après s’être entretenu avec les membres de MSF présents dans l’enclave.Tous les hommes de plus de 16 ans sont contrôlés par les troupes bosno-serbes, a-t-on appris de source onusienne.Le général Ratko Mladic, commandant des forces serbes de Bosnie, est entré en conquérant hier dans Srebrenica pour diriger l’évacuation de sa population.Selon des responsables de l’ONU, le général Mladic a pénétré dans la ville à la tête d’un convoi de camions et d’autobus, prenant de vitesse les tentatives de la France de mobiliser la communauté internationale pour reprendre Srebrenica aux Serbes.Excédé par l’échec de l’ONU, incapable de protéger cette «zone de sécurité» de 40 000 habitants, le président bosniaque Alija Izetbe-govic a exigé que les Nations unies et l’OTAN repoussent les Serbes hors de l’enclave.Les hommes de Mladic sont à la recherche de commandants musulmans présentés comme des «criminels de guerre».«C’est déplorable», a commenté un porte-parole de l’ONU à Tuzla, l’une des cinq autres zones de sécurité créées par l’organisation en Bosnie.«Nous parlons de gens qui sont en grand manque de médicaments, de nourriture.Ils n’ont plus rien à manger depuis 24 heures, parfois davantage.» L’émissaire de l’ONU en ex-Yougoslavie, Yasushi Akashi, a promis que les Casques bleus ne participeraient pas à l’opération de «nettoyage ethnique».Mais un représentant des Nations unies précisait que Ratko Mladic ne considérerait certainement pas un «non» comme réponse à ses exigences.«L’exode des réfugiés de Srebrenica constitue une crise humanitaire d’une importance que nous n’avions pas connue en Bosnie depuis pas mal de temps», a affirmé le porte-parole de la Force de protection de l’ONU (FOR-PRONU) à Sarajevo, Alexander Ivanko.Les quelque 400 Casques bleus néerlandais en charge de la sécurité de l’enclave, désignée comme zone de sécurité par l’ONU en 1993, se sont repliés devant l’avancée serbe qui n’avait pas ralenti malgré un double raid de l’OTAN mardi.Plus au sud, à une quarantaine de kilomètres de Srebrenica, les forces serbes ont accru leur pression sur l’enclave de Zepa en la bombardant dans la nuit de mardi à hier, selon la FORPRONU à Sarajevo.Un Richard imberbe bilan un échec pour une figure de la trempe de Mnouchkine, ici victime de son engagement Avant elle, Jouvet, Vilar, Planchon, Vitez ont su, dm la singularité de leurs visions, atteindre plus justement au magistral fonder de cette pièce t a fistolée par Molière qui, contrairement a ce que l’on croit, a fait problème pont son enjeu politique BUT II situation désastreuse du pays (e'esl lié à Orgon, qui met à l’abri chez lui des papiers d’un opposant en fuite, mais les coupures rendent cet aspect obscur) beaucoup plus que pour la peinture coriace des dévots.Molière a un confesseur.Louis XIV le sait pas si anticlérical que ça mais pourfendeur des faux dévots.Les cinq ans entre le premier jet de 1664 et sa présentation en scène se justifient par le fait que le roi n’entendait pas que Molière touche à sa politique sociale.Il ne nous reste que la dernière version dans laquelle ces étrangetés (Géante disant à Orgon que «la campagne à présent n’est pas beaucoup fleurie») sont des coupures mal ajustées d’une pièce qui demeure l’une des plus fortes de Molière et que Mnouchkine affaiblit en l'actualisant sur un air de rai'.Le metteur en scène a tous les droits s’il réussit son coup.On peut tordre le cou d’un poulet si c’est pour un excellent cacciatore.C’est le cas de l’Allemand Thomas Langhoff, iconoclaste du théâtre européen descendant de Brecht, qui entra au Berliner en 1961, le dirigea après la chute du Mur, et qui réussit fortement à secouer le Richard Hide Shakespeare, pièce forte et insolente où le mécanisme du meurtre pour le pouvoir est à son apogée théâtrale.Shakespeare est jeune lorsqu’il écrit cette tragédie sanguinaire, Langhoff (sexagénaire) la ramasse et la propulse avec une liberté sidérante et une énergie sauvage.Dans la petite chapelle des pénitents blancs, il a construit de bric et de broc (plateaux de planches actionnés par des poulies, échelles rouillées, meubles de bazar) une machine de guerre baroque et craquante dans laquelle ses acteurs — Martial di Fonzo Bo qui joue Richard est une révélation — se défendent comme condamnés en sursis.Langhoff ne cherche pas comme Mnouchkine à célébrer une grand-messe de la bonne conscience, il se fait l’agitateur du théâtre, il nous dit que ce n’est pas Richard qui boite (l’acteur est d’une jeunesse imberbe, stupéfiant de détachement pervers, lumineux de lucidité méchante) mais le monde, qui claudique pathétiquement La nuit au bar-tabac de la place des Carmes, ce monde nous fait crédit encore de quelques illusions dans la vieille ville — où mon chat blanc-roux dort sur le toit de toile d’une 2 CV — où Nicolas Mignard prit le temps de peindre les yeux inquiets de Moüère.Zepa est l’une des trois enclaves musulmanes de l’est de la Bosnie, avec Gorazde et Srebrenica.Environ 30 000 personnes y sont actuellement concentrées.Comme Srebrenica, Zepa a été déclarée «zone de sécurité» de l’ONU en 1993.La France, par la voix du président Jacques Chirac et du premier ministre Alain Juppé, a exprimé son refus du «fait accompli» et offert au Conseil de sécurité de participer «avec tous ses moyens disponibles» a un effort collectif pour repousser les Serbes.Toutefois, l’ONU a rappelé à Zagreb que la France n’avait pas l’autorité pour déterminer les missions de la FRR et Londres, partenaire de Paris dans cette force multinationale, a suggéré d’attendre avant de déterminer la meilleure réponse à l’agression serbe.De même le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, a tempéré l’approche volontariste prônée par Paris.«La négociation est pour l’heure la seule option pour trouver une solution générale» en Bosnie, a-t-il estimé.Depuis la chute de Srebrenica, mardi, la France a de son côté multiplié ses tentatives de mobilisation de la communauté internationale autour d’une reconquête de la première zone de sécurité tombée aux mains des Serbes.De son côté, le Canada a estimé hier que le succès d’un éventuel effort militaire pour reprendre Srebrenica des Serbes de Bosnie est incertain et que cela pourrait mener au retrait des Casques bleus de l’ex-Yougoslavie.«Essayer de monter une opération militaire pour capturer Srebrenica, ce qui est militairement parlant une proposition douteuse, modifierait clairement le mandat de la FORPRONU», a affirmé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.La réaction des Serbes de Bosnie à toute action militaire des Casques bleus, dotés d’un mandat humanitaire, «sonnerait le glas de la FORPRONU», a dit le porte-parole.Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution réclamant le retrait immédiat des Bosno-Serbes de Srebrenica et le respect par les Serbo-Bosniaques comme par les autorités de Sarajevo des zones de sécurité de l’ONU, conformément à l’accord de démilitarisation d’avril 1993.Rien dans l’attitude des autorités serbes de Bosnie ne laissait présager une atténuation de la tension.Ratko Mladic a menacé de bombarder les réfugiés en cas de raids aériens menés par des appareils de l’OTAN.Radovan Karadzic, président de la République autoproclamée des Serbes de Bosnie, rejetait quant à lui la résolution de l’ONU: «Srebrenica est notre pays, a-t-il affirmé.C’était simplement un bastion terroriste que nous ne pouvions supporter plus longtemps.» Et il a balayé les risques de raids aériens: «Les menaces de l’OTAN ne signifient rien pour nous», a-t-il affirmé à la télévision serbe de Bosnie.SUITE DE LA PAGE 1 Quand on feuillette le bilan des vingt ans d’activité de la GAM, on est sidéré.Même le plus optimiste des amateurs d’art vivant osera à peine croire qu’un si petit espace logé au beau milieu des entrailles du cégep d’une petite ville perdue ait pu accueillir autant d’événements importants.Voyez par vous-même, le décompte est absolument hallucinant: cent quatre-vingt-cinq (185!) expositions parmi lesquelles on retrouve les noms de tous ceux qui font vivre l’art ici et à travers le monde, de Michael Snow à Michel Goulet en passant par Tousignant et Bill Vazan.Des séries de conférences qui ont amené à Matane des personnages comme Pierre Guyotat, Alexis Klimov, René Payant et Alain Robbe-Grillet.Des événements-performances aussi, de la musique actuelle et de la nouvelle danse: du sextuor de Steve Lacy à Marie Chouinard et Pierre-Paul Savoie, en passant par Lois Brown, Pierre Granche, Raymonde April ou la vidéo expérimentale.Sans compter un symposium international de sculpture organisé l’année de la fondation de la galerie et qui a laissé une douzaine d’œuvres installées sur les îles de Matane, au beau milieu de la ville.Et deux biennales d’art contemporain.Difficile d’imaginer un tableau plus complet de l’art qui se fait aujourd’hui.Difficile de mieux incarner le parti pris de l’art qui vit.Delphis Bélanger, qui dirige la GAM, explique avec fierté que la galerie a longtemps été le seul diffuseur de l’art vivant dans tout l’est du Québec.«Ce n’était pas évident il y a vingt ans et ce ne l’est toujours pas aujourd’hui avec les réductions de budgets auxquelles nous devons faire face [le ministère de la Culture et des Communications verse à la GAM un montant annuel de 70 000 $], surtout que la fermeture de Radio-Canada nous a fait très mal en occasionnant le départ de gens qui supportaient la galerie de différentes façons.Mais nous avons toujours été fidèles au mandat que nous nous sommes donné au départ.Il y a plein de gens qui se chargent du reste et c’est très bien comme ça.La galerie existe pour diffuser l’art qui se fait et il n’est pas question de déroger à notre orientation.» L’élément catalyseur Il n’y a pas de miracle.Pour expliquer qu’une si petite ville ait pu accueillir autant d’événements majeurs, il faut savoir que le milieu culturel matanais a pris conscience de sa vitalité au milieu des années 1970 autour du personnage énigmatique de Firmin Firquet.Firquet était ce genre d’individu autour duquel les gens se rassemblent: une sorte de catalyseur.Ce grand Belge à moustache arrivé au Québec en 1971 enseignait au département d’art du cégep de Matane.C’est lui qui est responsable de tout ce bouillonnement incarnant le parti pris de l’art qui vit.Bien avant l’arrivée d’Internet, Firquet rejetait l’éloignement géographique et voyait l’art actuel comme un ferment, une sorte de poumon permettant de respirer à travers la grisaille.Il n’arrivait surtout pas à accepter que la ville qu’il avait choisie ne se distingue que par son Festival de la crevette.Il a alors organisé le Symposium international de sculpture de Matane en 1975 et fondé la GAM avec quelques profs du département; sous son impulsion, la galerie allait se donner un rôle d’éducation autant que de diffusion.Véritable tremplin pour les finissants du département — auxquels la GAM continue de consacrer une exposition annuelle —, la galerie allait aussi montrer ce qui se faisait ailleurs en organisant des expositions communes avec des artistes belges puis français, établir des liens avec des galeries de Montréal, de Québec et de Vancouver, monter des expositions itinérantes un peu partout.Elle allait aussi parler de cinéma, de vidéo et de littérature en organisant des séries de conférences et des «événements spéciaux» à faire pâlir d’envie certains musées montréalais.Firmin Firquet était un rassembleur.Autour de lui, les choses «arrivaient».Il fonctionnait sur plusieurs plans, le Firquet.Il dessinait beaucoup: ses carnets de croquis exposés à la GAM rendent bien compte de son trait nerveux, critique, et de ses interrogations sur le rôle de l’Art dans la vie.Il peignait aussi: F.comme Firquet est la cinquième exposition — en solo ou en collectif — à laquelle il participe à la GAM.On y retrouve des croquis, des aquarelles et des collages retraçant les principales époques de son œuvre.On y verra surtout quelques-unes des 17 grandes acryliques sur toile qui composaient Portrait du fou, une exposition présentée à la galerie Obscure de Québec en 1987., Ce sont des tableaux bouleversants.A l’époque, la critique avait salué dans cette série une «tragique représentation de l’indifférence» et de «l’irréconciliable distance entre les êtres».Dans son texte de présentation, Delphis Bélanger en parle comme d’un «univers angoissé aux tons de bleu sombre où une lumière trouble jaillit en éclaboussures des couloirs, des portes, des escaliers comme une menace tapie derrière la surface des choses».On peut y lire encore une mise en forme de l’angoisse qui fait beaucoup réfléchir.Derrière ces architectures tronquées, à travers ces longs cris silencieux et ces tons de bleu qui semblent ne vouloir qu’aspirer à mourir, il y a là de profondes interrogations qui ne peuvent laisser personne indifférent.Firmin Firquet est mort de façon aussi tragique que brutale, en juin 1987, quelques mois à peine après le vernissage de Portraits du fou.Il a laissé des centaines de dessins, des croquis, des carnets, des notes, des collages et des toiles réparties sur quelques continents.Il avait à peine 40 ans.Gilles Ar-teau, l’animateur de la galerie Obscure, prépare, d’ici deux ans, une grande rétrospective de ses œuvres.D’ici là, on pourra se faire une idée de l’ampleur du personnage et de son œuvre en visitant la petite Galerie d’art de Matane de 12h à 17h du lundi au vendredi et de 14h à 17h les samedis et dimanches, jusqu’au 18 août.La galerie est située dans le local V 150 du cégep de Matane, 616, rue Saint-Rédempteur.PURIFICATION État de panique SUITE DE LA PAGE 1 INUTILES Le fond du baril SUITE DE LA PAGE 1 À Montréal, il n'y a que quatre gestionnaires qui trouvent grâce aux yeux de M.Caron: Natcan, Montrusco, R.T.Capital et TAL Le pourtant renommé Jarislowsky a «touché le fond du baril» tandis que Bolton Tremblay se distingue dans les titres à petite capitalisation, sans plus, et que AMI Capital Privé «se présente bien mais le rendement n’est pas là», juge M.Caron.Quant aux Conseillers financiers du St-Laurent, une autre société montréalaise de gestion de portefeuilles, elle n’a pas fait l’objet d’une évaluation de Watson Wyatt, a précisé l’actuaire.«Quand on demande à un gestionnaire de se comparer, il est toujours dans le premier quintile [le premier cinquième] des gestionnaires.Ça dépend de la période sur laquelle porte la comparaison», constate M.Caron.Reposant sur le style de gestion, la méthode mise au point par M.Caron se veut «simple et infaillible», soutient son concepteur.Elle est basée sur les recherches de William Sharpe, Prix Nobel d’économie de 1990, qui a démontré que les rendements atteints par un gestionnaire permettent de déterminer son style de gestion.Il existe deux styles de gestion de portefeuilles.Le premier, c’est celui du gestionnaire qui s’attarde au bilan de l’entreprise dans laquelle il veut investir, à sa feuille de route et à sa valeur au marché.C’est le style dit «fondamental» ou conservateur.Le deuxième, c’est celui qui cherche avant tout des entreprises qui afficheront une forte croissance dans un court laps de temps.Ce sont des gestionnaires «agressifs».Pour les obligations, le même raisonnement s’applique en fonction de leur durée, a expliqué M.Caron.Or, certaines années favoriseront les gestionnaires au style conservateur tandis que d’autres années seront celles des titres de croissance.Pour évaluer correctement un gestionnaire, il faut faire abstraction de cette variable.11 faut donc connaître son style, savoir si la période sous étude a favorisé ce style en particulier et déterminer si le gestionnaire a fait mieux que la moyenne des gestionnaires de son style.Déjà, on savait qu’il fallait tenir compte de la composition des actifs dans l’évaluation des rendements d’une caisse de retraite.La Caisse de dépôt, par exemple, a tendance à connaître une bonne année quand les obligations font bien puisque les portefeuilles de la Caisse sont mieux garnis en obligations que la moyenne des autres foqds de retraite.A cette variable, il faut donc ajouter le style du gestionnaire — fondamental ou de croissance — et retrancher de la performance du gestionnaire la moyenne obtenue par les gestionnaires de son style.On arrive en bout de ligne à la partie du rendement qui ne dépend ni de la composition du portefeuille (actions d’ici ou d’ailleurs, obligations ou autres titres) ni du style du gestionnaire mais de la gestion particulière pratiquée par la firme évaluée.«Les gens rêgardent souvent juste les rendements.C’est la source de mauvaises décisions extrêmement coûteuses», a souligné M.Caron.Les administrateurs de caisses de retraite, insatisfaits du rendement atteint par leur gestionnaire, vont en changer pour prendre un gestionnaire «à la mode».Mais l’année suivante, ce nouveau gestionnaire fera pire que l’ancien, au grand dam du client.Par exemple, en 1994, les gestionnaires conservateurs ont obtenu 0,6 % de plus que l’ensemble du marché des actions canadiennes tandis que les gestionnaires de la croissance ont fait 2,8 % de moins que le marché.C’est donc dire qu’un gestionnaire conservateur qui auront obtenu un rendement de 0,1 % en 1994 a fait beaucoup moins bien qu’un gestionnaire de la croissance dont le portefeuille a reculé de 0,1 %.C’est en retranchant cette variable de style que Pierre Caron a constaté que les trois quarts des gestionnaires de caisses de retraite au Canada n’ajoutent aucune plus-value aux placements de leurs clients et bien souvent leur font i perdre de l’argent tout en leur facturant de juteux honoraires.Bref, la plupart des caisses de retraite fructifieraient davantage en épargnant ces honoraires pour se contenter de la moyenne du marché constitué par l’indice TSE-300.Ce sont des millions que les caisses de retraite au pays épargneraient année après année.PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 / lélécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1-800-363-0305 DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 SERVICE LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 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