Le devoir, 4 mars 1974, lundi 4 mars 1974
la météo Dégagement.Vents forts de l'ouest.Aperçu pour mardi: doux et possibilité de pluie.Saint Casimir LE DEVOIR Fais ce que dois Vol.LXV - No 51 Montréal, lundi 4 mars 1 974 1 5 CENT S (Cote Nord, Bas du Fleuve et Gaspésie : 20 CENTS) L'ONE est favorable au projet Dow-Dome cabinet Trudeau sera saisi incessamment — s’il ne l’a déjà été — de deux recommandations de l’Office national de l’énergie dont l’application pourrait exercer une influence décisive sur l’essor ainsi que la structure régionale de l’industrie pétro-chimique canadienne jusqu’en 1980.La pénurie déjà alarmante d’éthylène dont se plaint de plus en plus cette industrie serait aggravée et prolongée, parti- Un complexe pétrochimique de $200 millions en Alberta culièrement dans la région ontarienne de Sarnia, si le gouvernement fédéral bloquait ou retardait trop longtemps la mise en oeuvre de ces recommandations.Il en résulterait probablement l’ajournement, sinon l’annulation pure et simple, de certains des projets d’investissements pétrochimiques et chimiques totalisant des milliards de dollars qui sont prévus au Canada d’ici la fin de la décennie.Qui plus est, le sort que les libéraux minoritaires réserveront à ces deux recommandations pourrait susciter entre Ottawa et l’Alberta une autre controverse, étroitement liée au contentieux déjà lourd de conséquences qui oppose le gouvernement central à la grande province pétrolière au sujet du système de prix et de mise en marché de son pétrole et de son gaz naturel.Car le gouvernement Lougheed, qui a tout fait depuis deux ans et demi pour que l’Office national de l’énergie donne le feu vert au projet Dow-Dome, doute maintenant que son exécution soit aussi avantageuse pour l’économie albertaine qu’il lui avait d’abord semblé.Il s'agit d’abord de la décision concernant la requête, présentée par la société Dome Petroleum de Calgary, d’un permis l’autorisant à exporter vers les Etats-Unis 169.1 millions de barils d ethane, exportations qui s'échelonneraient sur une période de 15 ans, soit de 1975 à 1989.L’éthane est l’un des hydrocarbu- Deux oléoducs de 1,900 milles vers l'Ohio et l'Ontario res composant le gaz naturel et la principale matière de base de la pétrochimie, qui en tire ce “passe-partout" chimique qu’est l’éthylène, puisqu'on en tire un grand nombre de plastiques.il s’agit ensuite de la décision de TONE concernant la requête, présentée par la société Cochin Pipe Lines (filiale à part entière de Dome Petroleum), d’un certificat l’autorisant à construire deux oléoducs jumelés — l'un pour l’éthane, l’autre pour l’éthy- lène — de quelque 1,900 milles entre l'Alberta et deux terminus: l’un dans l'Ohio pour l'éthane, l’autre à Sarnia, Ontario, pour l’éthylène.Le réseau envisagé par Cochin prévoit la construction de plusieurs embranchements en Alberta et en Saskatchewan, notamment pour la collecte de l’éthane; et la ligne principale traverserait successivement la Saskatchewan, le Minesota, ITllinois et l'Ohio avant de réintégrer Voir page 6: Projet Dow-Dome La plus grosse catastrophe de l’histoire de l'aviation 344 morts dans l'écrasement d'un DC-10 turc près d'Orly ÇÏT.NT TQ / AFP) — Avpp uraiçpmhlahlp- npc ç’pçf çnhifpmpnt abattu PD nlpinp ail snl ppffp dppnm/prfp P«t trpc imnnrl SENLIS (AFP) — Avec vraisemblablement 344 victimes, l’accident d’aviation le plus meurtrier de tous les temps s’est produit hier en début d’apres-midi dans la forêt d'Ermenonville, à une trentaine de milles au nord de Paris.Moins de cinq minutes après son décollage d'Orly, à 12h30, en route pour Londres, un appareil géant DC-10 de la compagnie turque Turkish Airli- nes s’est subitement abattu en pleine forêt, causant la mort des 333 passagers qu'il transportait, dont près de 200 Britanniques, et des onze membres de l'équipage.Tout a coup, l’appareil a disparu des écrans de radar du contrôle régional nord d’Orly sans que le pilote n'ait signalé la moindre difficulté de navigation, s’est désagrégé et a piqué droit au sol.Une partie de la boîte noire a été retrouvée par les forces de police qui ont ratisse tout le secteur des lieux de l’accident jusqu’à la tombée de la nuit et reprendront leurs investigations ce matin pour tenter d'en récupérer les autres morceaux.Pour les enquêteurs chargée de déterminer les causes de la catastrophe, PQ et syndicats créeront un nouveau parti municipal par Pierre O’Neill C’est le 26 avril que seront jetées les bases d’un nouveau parti politique municipal regroupant notamment des éléments du Parti québécois et des syndicats pour faire la lutte au Parti civique du maire Drapeau lors des élections du 10 novembre.Au colloque interrégional de fin de semaine, intervenant dans les travaux de l’atelier “budget et priorités”, c’est un leader du nouveau mouvement, qui a commis cette maladroite indiscrétion qui lui fut d'ailleurs plus tard reprochée.Devant quelques collègues stupéfaits, il précisait même que la stratégie était déjà partiellement élaborée et que, les diverses étapes pré-lancement sont bel et bien fixées.Parallèlement aux travaux de samedi, entre les sessions, pendant les collations, l’orientation du programme ne faisait pas vraiment partie des conversations de coulisses portant avant tout sur l’opportunité de fonder un parti et sur le choix d’un leader.Même pendant les discussions en ateliers, les animateurs avaient peine à ramener constamment les participants sur le fond du débat, alors qu’à tout moment les intervenants bifurquaient sur des préoccupations plus pratico-électorales.En organisant ce colloque, ceux des leaders qui en doutaient encore, ont appris des plus ardents adversaires du régime Drapeau, qu’il est urgent de fonder un parti d’opposition sur la scène municipale.Contrairement à 1970, où le Parti québécois avait joué un rôle effacé dans la campagne du ERAP, c’est lui qui assurera cette fois le leadership de l’action électorale.Au colloque “grandeur ¦ Si Montréal continue à se détériorer, tout le Québec en souffrira, déclare René Lévesque (page 3) ou décadence” ce sont d’ailleurs des dirigeants du PQ, membres du conseil national ou du conseil exécutif, qui ont mené les débats.C’est bien timidement que des syndicalistes ont manifesté leur présence pour la plupart du Conseil central de Montréal (CSN).Pourtant, dans son allocution de clôture, M.René Lévesque a tenu à préciser que le Parti québécois n’a pas l'intention de lancer une aile municipale et qu’il ne se veut pas officiellement “partie-prenante” mais cofondateur.“Il est normal que les gens s'éveillent et que le PQ s’en préoccupe.Voir page 6: Parti municipal cette découverte est très importante, la boite noire étant l'appareil qui enregistre constamment toutes les données du vol.Aux experts français qui ont immédiatement entrepris l'enquête, viendront se joindre une délégation turque ainsi que trois membres de la commission de sécurité américaine des transports, soucieuse de connaître les raisons de l’accident, car il y a actuellement plus de cent DC-10 en service aux Etats-Unis.“S’il y avait un défaut de fabrication ou de conception, des mesures doivent être prises aussi rapidement que possible", a notamment souligné un porte-parole de cette commission.L'hypothèse d’une explosion en vol interdisant toute mesure de sauvetage est avancée dans les milieux aéronautiques d’Orly.Elle se trouve corroborée par le fait qu’une partie de la carlingue et sept corps ont été retrouvés à dix milles du point d'impact principal.Cette hypothèse est, de plus, confirmee par deux témoins indirects de la catastrophe.“J'ai entendu comme une explosion qui a fait vibrer les vitres de la maison, mais j’ai cru qu’ils s’agissait simplement d’un avion qui franchissait le mur du son", a déclaré un cultivateur de la région de Senlis.“Je n ai compris que plus tard en regardant la télévision ”.“J'ai entendu l’avion, a précisé un promeneur, puis brusquement une explosion.Je ne sais si à ce moment-là l’avoir page 6: Un DC-10 turc im.Y o^._ ¥¦ ¦ •'i B, I ^ jiÊÊÊfâ' ' Accrochés aux branches des arbres calcinés de la forêt d'Ermenonville, des débris humains méconnaissables, éparpillés sur un vaste rayon par le souffle de l'explosion.(Téléphoto AP) L'information politique est malade à Québec.par Gilles Lesage et Gérald LeBlanc QUEBEC — L’information politique est malade à Québec et l’une des principales sources du mal est le premier ministre lui-même.Les chroniqueurs parlementaires sont loin, fort heureusement, de détenir le monopole de l’information politique, qui circule de diverses façons et par plu- sieurs canaux.Ils sont donc toujours malvenus de se lancer dans des jérémiades et de se plaindre de leur “triste sort ", Ils n’en restent pas moins, à cause de leurs fonctions, des témoins privilégiés de la scène parlementaire et politique.Ils se rendent bien compte de leurs faiblesses et de leurs caren- Une “bombe" dans la presse Le rapport scellé remis au juge incriminerait M.Nixon WASHINGTON (d’après AP, Reuter et AFP) — Le grand jury de Washington, qui, après une instruction de près de dix mois, a inculpé vendredi sept des anciens collaborateurs du président Nixon, a remis en même temps au juge Sirica un rapport scellé qui accuserait le président “de s’être servi et de continuer à se servir du pouvoir de la présidence pour empêcher l'enquête" sur l’affaire du Watergate.LE GUIDE ÆMPLET Si vos plantes prennent une drôle d'allure sans que vous sachiex pourquoi.Révélée samedi par le Washington Post, cette nouvelle a été reprise hier oar le New York Times et le Daily News, qui, pas plus que le quotidien de Washington, ne donnent de précision sur les sources de cette “bombe" qui, si elle se confirme, va peser très lourdement dans la balance et inciter la mise en marche rapide de la procédure d’im-peachment.Le Washington Post assurait que le rapport secret remis vendredi par le procureur spécial Jaworski au juge Sirica contient “approximativement 50 paragraphes soulignant les preuves contre le président”.De son côté, le New York Times révélait que les membres du grand jury avaient décidé depuis un mois au moins de recommander au juge Sirica de remettre les conclusions de leur enquête à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, chargée de la procédure de destitution du président.Ce que, d’après le Times, le juge se prépare à faire dès aujourd'hui.Outre Pacte d’accusation et le rapport confidentiel, le grand jury a également remis une serviette remplie de documents, dont le contenu devrait aussi être confié rapidement à la commission judiciaire de la Chambre, qui se réunit demain.Jusqu'ici, cette dernière s'était vu opposer un refus catégorique du pro- cureur special Jaworski dans ses requêtes pour obtenir un dossier plus ample sur le Watergate.Le président Nixon, qui passait le week-end à Camp-David, s’est entretenu longuement samedi avec ses deux plus proches collaborateurs Ronald Ziegler et Alexander Haig mais rien n’a transpiré de cet entretien.Le Daily News, citant une source “pro- Voir page 6: Richard Nixon ces, mais il arrive qu’à cause de la stratégie gouvernementale, il leur est de plus en plus difficile de remplir leur devoir premier: rendre compte de ce qui se passe à Québec.Il n’est pas inutile de tenter un diagnostic, compte tenu du fait que les relations de la presse parlementaire avec M.Robert Bourassa sont symptomatiques du traitement que l’appareil gouvernemental réserve à l’information, dont la libre circulation est pourtant essentielle dans une démocratie saine.Tout chef de gouvernement qu’il soit, le premier ministre insiste pour que les journalistes le tutoient, et il est mal à l’aise quand on ne le fait pas.Il veut abolir les frontières qui doivent exister entre le pouvoir et ceux qui sont chargés de le surveiller.Dans cette veine, il aime bien qu’on l’appelle au téléphone.Il se livre alors à toutes sortes de confidences, mêlées de potins, qui donnent l’impression au reporter qu’il est dans le coup, qu’il fait partie en quelque sorte du pouvoir.Plusieurs, meme des vétérans de la colline parlementaire, s’y font prendre comme des mouches; pour une confidence recueillie de la même bouche du premier ministre — généralement en fin de soirée — ils lanceront des ballons d’essai, bien souvent sans se rendre compte qu’ils ne font pas de l'informa- tion, mais le jeu du gouvernement.Pris un à un, les journalistes peuvent, avoir leur part à cette manne, selon leur humeur, leur insistance ou celle de leurs patrons.Mais en groupe, c’est tout autre chose: M.Bourassa et ses stratèges détestent toute action collective et repoussent prestement des rela- Grande-Bretagne lions organiques avec la presse.Il n’en fut pourtant pas toujours ainsi.A son arrivée au pouvoir, au printemps de 1970, M.Bourassa entretenait des relations civiles et viriles avec la presse parlementaire.Les rencontres et conférences de presse étaient fréquen- Voir page 6: L'information Un système électoral inadapté aux réalités de temps de crise ?Une grève de 345 jours prend fin à la Gypsum 345 les em- gr ployés de la Canadian Gypsum ont accepté hier dans une proportion de 64% les offres de la compagnie.Le nouveau contrat de travail prévoit des augmentations de $1.50 l’heure pour une durée de 34 mois.Le salaire minimum sera porté à $4.90 l’heure et le salaire moyen à $5.10 D’ici septembre, les employés recevront des augmentations horaires de 80 cents.A Joliette, où des employés de la Ca- nadian Gypsum sont aussi en grève depuis le 23 mars 1973, les négociations ont repris vendredi, après avoir été rompues en septembre.Des séances sont prévues pour mercredi et jeudi.Hier après-midi, réunis en assemblée générale à Montréal pour accepter les dernières propositions patronales, les employés de la Canadian Gypsum ont adopte une résolution par laquelle ils versent à leurs confrères de Joliet-Voir page 6: Canadian Gypsum par JEAN-V.DUFRESNE envoyé spécial du Devoir LONDRES — Conçu pour assurer le maintien du bipartisme, le système électoral britannique porte lui aussi le fardeau de la responsabilité dans la crise politique qui secoue le Royaume-Uni.Le 28 février, on a vu comment ce système, qui répond si bien aux besoins d’un gouvernement par temps calme, peut faire tragiquement défaut en temps de crise, et accentuer encore la gravité des problèmes auxquels on cherchait à trouver une solution démocratique en sollicitant les suffrages populaires.On peut reprocher à M.Heath d’avoir troque une majorité absolue de 15 sièges dans l’espoir de décrocher le gros lot d’un landslide dont il se serait autorisé ensuite durant cinq années pour achever le redressement de son pays en adoptant des mesures même inpopulaires.Ce n’était pas là pourtant le conseil que lui avait prodigué le secrétaire d’Etat à l’emploi, M.William Whitelaw, en qui on voit maintenant le successeur du chef conservateur, si ce dernier, déjà humilié par une défaite morale, devait se montrer incapable de constituer une majorité viable dans le prochain Parlement.Qu’un tiers parti vint un jour mêler les cartes du bridge électoral anglais, la chose s’est déjà vue dans le passé et le Royaume-Uni s’en est tiré sans trop de mal.Mais ce que personne ne semblait avoir prévu avant jeudi, c’est le morcellement de la régionalisation du vote op-positionniste, un double phénomène qu i! Voir page 2: Grande-Bretagne ifte} Pour un dîner d hommes ddffoires ou un souper romantique Scf.Î35-3C23 5412 (Sôf« bto 'lîeigte ^Renfrcal 1 Le Devoir, lundi 4 mars 1 974 suites de la première page GRANDE-BRETAGNE sera utile d'examiner pour voir s’il est le fruit d'un simple caprice du système électoral, ou au contraire l’indice d’un changement beaucoup plus profond du comportement des électeurs devant deux vieux partis, sinon devant le régime politique lui-même.Si tel était le cas, Teneur des stratèges serait de ne pas s’être rendus compte que l’instabilité politique est devenue une sorte d’état chronique, une caractéristique permanente de la société anglaise contemporaine bouleversée elle aussi par une petite révolution culturelle.Et alors le maintien du bipartisme à tout prix, au nom de traditions jalouses, mais anachroniques, pourrait être apparenté à une forme de répression institutionnelle.La Grande-Bretagne s’est donnée, pour régler à court terme les questions les plus urgentes, le Parlement le moins manoeuvrable qu’elle pouvait élire, et peut-être au plus mauvais moment.Mais peut-être aussi les élections de la semaine dernière ont-elles au moins permis de démontrer, par l’absurde bien sûr, qu’un régime politique qui privilégie deux partis ne peut le faire qu'au détriment de la volonté populaire des que celle-ci exprime une gênante et massive diversité de préoccupations.C’est exactement ce qui s’est produit jeudi, et que ces préoccupations s’appellent nationalisme, ou régionalisme exacerbé ne change rien à la réalité d’un système électoral qui refuse de tenir compte de ce qu’on pourrait convenir d’appeler une loyale contestation du régime.Celle-ci s’est exprimée jeudi par un accroissement considérable des suffrages libéraux, mais davantage encore par Tap-pui accordé aux candidats nationalistes tant en Irlande du nord qu'en Ecosse et au pays de galles.Si le parti de M.Thorpe a remporté 14 sièges, les autres, tout ensemble, en ont remporté 23.Aucun sentiment nationaliste chez les libéraux, qui se proclament un parti national et d’ailleurs acquis au Marché commun.Encore que leur manifeste électoral n’est pas passé inaperçu chez les nationalistes, car le chef libéral s'est formellement engagé à doter Cardiff et Edinbourg de Parlements élus pour la direction des affaires domestiques du pays de Galles et d’Ecosse, ou les souverainistes ont d'ailleurs emporté respectivement 2 et 7 sièges, une victoire qui dépasse leurs prédictions.En faisant siennes les recommandations du rapport Kilbrandon, M.Thorpe ne satisfaisait pas aux revendications les plus radicalès des indépendantistes Gallois et Ecossais, pour qui l’application de ces mesures décentralisatrices ne saurait constituer qu’une première et bien timide étape vers l'indépendance politique.Mais le leader libéral a démontré là qu’avec un judicieux mélange d’audace et de modération, il était possible à la fois de satisfaire en partie tout au moins à de légitimes aspirations culturelles comme à des nécessités purement sociales et économiques.C’est sans doute Tune des raisons pour lesquelles il a presque triplé le nombre de ses voix en regard de 1970, décrochant jeudi 5.2 millions de votes, soit 19 pourcent des suffrages populaires, un peu plus de la moitié des appuis recueillis par Tun ou l’autre des deux principaux partis.Naturellement, en proposant de satisfaire ainsi aux aspirations régionales, car son parti propose aussi la constitution d’assemblées électives aussi pour l'Angleterre, M.Thorpe passe pour légèrement réactionnaire chez ceux qui voient dans Tunitarisme le seul symbole du progrès politique réel.Le Canada nous a déjà familiarisé avec une attitude semblable, fort répandue chez les tenants du centralisme, et on sait aussi quel dégât cette politique continue de causer en France, pays entièrement gouverné depuis Paris, et dont la richesse pourtant tient à son incomparable diversité.Or, il est parfaitement possible que Tune des causes principales du morcellement des voix du scrutin de jeudi ait été le ressentiment que suscite, en Irlande du nord, en Ecosse et même dans le nord de l’Angleterre, et au pays de Galles, “l’indifférence de Londres’’, pour reprendre une expression si souvent entendue durant notre séjour.Ce ressentiment n’explique pas tout, les nationalistes l’exagèrent à souhait et l’exploitent à leur avantage.Mais on peut le lier à des disparités régionales trop marquées malgré les efforts de Londres pour les corriger.Et lorsqu’elles se surimposent à des caractéristiques historiques et culturelles distinctes, comme c’est le cas au pays de Galles, mais plus manifestement peut-être en Ecosse, ce sont les fractions les plus minoritaires qui en bénéficient et même démesurément, de sorte que le bipartisme, loin de favoriser la stabilité politique, a semblé au contraire l’encourager systématiquement.A vrai dire, les formations les plus minoritaires sont maintenant sur-repré- sentées aux Communes.Avec aussi peu que 5.4 pour cent des voix, le parti national d'Ecosse, le Plaid Cymru du pays de Galles, et les loyalistes de Ulster ont fait élire 23 députés, tandis que les libéraux de Jeremy Thorpe, avec 19.3 pour cent des voix, n’en ont fait élire que quatorze.Les libéraux pourront au moins se consoler en ayant démontré que le bipartisme, contrairement à ce que soutiennent ses impénitents supporteurs, peut engendrer lui aussi la prolifération de formations politiques marginales à un degré aussi embarrassant que le système de représentation proportionnelle qu’on redoute en Angleterre pour cette raison précise.En somme le système électoral à deux partis a provoqué jeudi la situation suivante, et elle n’est pas réjouissante: aucun tiers parti assez puissant pour tenir à lui seul et avec qui le parti du gouvernement aurait pu négocier pour s’assurer la majorité absolue des voix.Ensuite, sous-représentation scandaleuse de la formation minoritaire la plus nationale.Si Ton ose dire, celle des libéraux de M.Thorpe.Enfin, sur-représentation exagérée des formations minoritaires les plus marginales, si les souverainistes veulent bien nous passer l’expression.Au contraire, soutient le Financial Times de samedi, même minoritaire le prochain gouvernement eut été dans une position plus favorable si le scrutin avait été tenu sous une forme quelconque de représentation.Les nationalistes auraient conservé à peu près le même nombre de députés, mais alors ils n’auraient plus été surreprésentés par rapport aux libéraux, et les travaillistes et les conservateurs auraient obtenu environ 245 sièges chacun.Dès lors, les tractations entre le parti du gouvernement et le Parti libéral eussent pu donner lieu à de véritables compromis, puisque l’alliance aurait assuré aux Communes une incontestable majorité et le Royaume Uni, malgré la défaite conservatrice aurait maigre tout possédé le “strong government’’ que M.Heath réclamait avec tant d’insistance.Quoi qu'il en soit, le prochain gouvernement ne sera qu'un “care taker government”, et les observateurs soulignent que les électeurs pourraient bien d’ici six mois ou un an élire de nouveau un gouvernement minoritaire.On cite à cet égard l’expérience canadienne, mais elle satisfait peu, car le Canada n’a jamais connu dans les pires moments de son histoire une situation de crise aussi grave qu’en Angleterre, et les accommodements entre partis y ont toujours du reste été plus faciles du fait que les formations fédérales, idéologiquement, sont moins différenciées qu’au Royaume Uni.On voit par exemple comment les libéraux accepteraient d’appuyer un gou- vernement travailliste si M.Wilson s’obstinait à vouloir renégocier les conditions d'adhésion au Marché Commun.On voit aussi mal comment les libéraux accepteraient de composer avec un gouvernement conservateur si M.Heath n’abrogeait pas la loi des relations industrielles ou la loi pour le financement des habitations à laquelle on attribue la hausse effarante des taux d’intérêts hypothécaires.De la même maniéré, les travaillistes auraient fort à convaincre le parti de M.Thorpe de la nécessité de nationaliser même en partie l’exploitation des gisements pétrolifères de la mer du Nord.Mais on voit plus mal encore comment les trois partis pourraient assurer artificiellement la survie du prochain gouvernement en évitant des affrontements décisifs: la crise actuelle ne peut fouffrir d’échéances aussi luxueuses.Au mieux à supposer que M.Heath forme le prochain gouvernement, mais qu’il se révèle incapable ensuite de rallier la majorité des députés en Chambre, M.Harold Wilson alors serait invité par la Reine à relever le défi avant qu’on en appelle de nouveau à Télectorat.Mais rien n’indique que les travaillistes réussiront la où les conservateurs auront échoué, à moins que tous les partis acceptent de placer l’intérêt national au-dessus de leurs propres interets politiques.Mais l’Angleterre est capable de tels dépassements et c’est peut-être à tout prendre précisément, ce à quoi les électeurs avaient formellement invité leurs leaders politiques, jeudi dernier.RENÉ LÉVESQUE suite de la page 3 ner le pouvoir aux citoyens: subdiviser Montréal en districts plus petits et établir un mécanisme de contrôle sévère des dépenses publiques, “instrument essentiel de l’exercice de la démocratie”.Pour sa part, le correspondant municipal de The Gazette, Pat Doyle, voit dans le Parti civique du maire Jean Drapeau, “un club privé” où tout se passe à huis clos et auquel les journalistes n’ont jamais eu accès.Enfin, le Dr Camille Laurin a dit voir dans les participants à cet exercice de réflexion de fin de semaine, les représentants de milliers de sans voix.Alors que Jacques Couture a exprimé son inquiétude face au phénomène d’une population qui appuie “sans le connaître " un homme comme Jean Drapeau.DES POLICIERS suite de la page 3 suivait et il a confirmé que le travail a été confié aux sergents-détectives Normand Ostiguy et Bruno Arsenault.A ce sujet, nous avons rejoint hier soir M.Daigneault pour lui demander s’il savait que le nom du sergent-détective Ostiguy figurait immédiatement après celui de Tex-directeur Jean-Jacques Saul-nier sur une présumée liste de collecte trouvée au domicile du cabaretier montréalais Orlando De Francesco, le 8 novembre 1966, à l’occasion d’une descente de la Gendarmerie royale et de la police de Montréal.Le directeur Daigneault a répondu qu’il était vaguement au courant de cette affaire mais qu’il n’avait jamais eu le temps de faire des vérifications.Interrogé à savoir s’il comptait maintenant faire des vérifications, M.Daigneault a répondu qu’il mènerait Taffai-re au fond.(Cette présumée liste de collecte a été déposée en preuve lors de l’enquête Saulnier.Dans son rapport, la Commission de police a déclaré que Dr Francesco avait nié avoir donné ou offert quoi que ce soit au capitaine Saulnier et que ce dernier a nié avoir reçu quoi que ce soit de De Francesco ou de quelque autre personne.) De cela, la Commission a conclu qu’aucun témoin n’a établi avoir donné ou offert des sommes d’argent par lui-même ou par partie interposée à Jacques Saulnier.Lors de l’enquête Saulnier, aucun des autres policiers dont le nom apparaissait sur cette liste de collecte n’a été appelé à témoigner.En fait, jamais aucun de ces policiers n’a été l’objet d’une enquête disciplinaire à la suite de la découverte de cette liste de collecte.Il a cependant déjà été établi que l’auteur de cette découverte avait été rapidement transféré du poste qu’il occupait dans l’escouade de la moralité du capitaine Saulnier.) Par ailleurs, au sujet des mandats de perquisition d’Obront, M.Daigneault a confirmé qu’ils étaient en sa possession.Il a expliqué leur non exécution en disant qu’il attendait une réponse du président de la Commission de police du Québec, le juge Roger Gosselin, qu’il doit rencontrer mardi et mercredi de cette semaine.Toutefois, des porte-parole de la Commission de police affectés à l’enquête sur le crime organisé, avaient déjà renvoyés la balle au directeur Daigneault en déclarant que plusieurs demandes lui avaient été transmises au sujet de ces mandats de perquisition.En fait, depuis le jugement de la Cour d’appel, les différentes autorités de la police de la CUM, de la Commission de police et du ministère de la Justice se sont à tour de rôle renvoyé la responsabilité de la non-exécution de ces fameux mandats de perquisition.Quant au sort réservé au sergent-dé- tective Gélineau, on ignore pour l’instant si sa mise à l’écart est définitive ou s’il pourra éventuellement compléter les enquêtes importantes qu’il avait entreprises.Il y a quelques semaines, les autorités de la Sûreté du Québec avaient songé à lui confier à nouveau la direction de Tes-couade mixte qui enquêtait sur l’affaire Obront.Mais des insinuations habilement lancées ont mis en veilleuse ce projet.Pour l’instant, il lui est dorénavant interdit de quitter son bureau au poste no 15.LADAC suite de le page 3 d’atterrir.La manoeuvre d’atterrissage offre d’ailleurs un intérêt tout particulier puisque Tavion pique vers le sol sous un angle au moins trois ou quatre fois plus aigu qu'un réacté ordinaire.Comme il n’y a pas de porte pour séparer la cabine du poste de pilotage, on peut voir la piste par le pare-brise avant de l’appareil, entre le pilote et le co-pilote.Vers Tavant, on voit donc la piste comme si elle était inclinée vers le haut et comme si nous allions percuter directement le sol au début de la piste.Celle-ci grandit rapidement jusqu’à emplir tout le pare-brise et c’est à ce moment que le pilote redresse instantanément Tavion pour se poser en douceur.Aucun autre avion de ligne n’offre cette sensation.L’impression générale qui se dégage d’une telle envolee, c’est que le Twin Otter est un appareil d’une stabilité exceptionnelle malgré sa petite taille.Cet appareil est aussi extrêmement manoeuvrable comme nous avons pu le constater au moment de se poser a Dorval, dans le sillage d'un gros 747.En raison de la faible vitesse de son appareil, le pilote avait deux choix: ou bien il attendait patiemment que le ciel soit libre pour faire une approche conventionnelle, ou bien il plongeait directement derrière un gros réacté en faisant confiance à la manoeuvrabilité supérieure de son petit avion.C’est la deuxième solution que notre pilote a retenue, dans une procedure qui ne serait pas utilisée pour une envolée régulière avec passagers.C’est ainsi que nous avons vu arriver bientôt un gros réacté à notre droite, coupant notre route à angle droit mais plus bas que nous.Au moment où nous nous croisons, le pilote cambre brusquement son appareil et pique dans le sillage du 747 que Ton voit se poser devant nous, illuminé par le soleil.Nous nous sommes posés juste après lui sans être le moindrement incommodés par les tourbillons qu’il crée.Notre vol d'entraînement était terminé.CRIMINOLOGIE — QUÉBEC Congrès Annuel 21 et 22 mars 1974 La Société de Criminologie du Québec et l'École de criminologie de l'Université de Montréal, en collaboration avec le C.E.G.E.P.Ahuntsic, invitent le grand public au 15e Congrès annuel de la Société.2 1 mars 9.30 - Les prisons du Québec 2 1 mars 14.00 - Les institutions pour délinquants doivent-elles disparaître ?22 mars 9.30 - La réforme des libérations conditionnelles 22 mars 14.00 - Bilan de la Commission des Services juridiques du Québec Conférenciers spéciaux: L'Honorable Warren Allmand, Solliciteur Général du Canada le 21 mars à 16.30.Me Gaston Desjardins, Adjoint Parlementaire au Ministre de la Justice du Québec, le 22 mars à 12.30 Lieu du Congrès: Hôtel Windsor, Carré Dominion Montréal, tél.: 866-9611.Pour foui renseignements: M.André NORMANDEAU, Directeur, École de criminologie - Tél.: 343*6523 Frais d'inscription: $25.00 - Étudiants: $3.00 aux 4 coins du monde © EVITEZ les IMPASSES avec votre IMPOT “'REVENU ARRETEZ-VOUS et pensez y.Est-il profitable de travailler, de s'inquiéter et d'être aux prises avec votre déclaration d'impôt alors que nous nous en occupons rapidement et i prix modique?Les ECONOMIES DE TAXES que nous découvrons souvent défraient les frais.Soyez AVISES! Cette année fiez-vous à BLOCK! Déclarations complètes GARANTIE S* nous commMtons un.wr.ur qui vous rênd passible d'amende ou d'intérlt sur de l'impôt a paver ws surplus, tout eu assumant pas la responsabilité das dûs d'inspét an surplus, nous paierons cette amende ou intérêt.Lei plus grands spécialistes de l'impôt eu Canada avec plus da 350 succursales eu pays SUD-EST —679-4370 2177.Ctimin Chintily (Lotiqueuil) 333.Centre cernmefciil liuriir ISainl Umbêrll 207.Saint-Jtin ILonqueuill 35 5 5 Boni Taschereau (Saint Hubefll 6289 est.ret Sherbrooke (prés Carignanl 89 28.Kocbalaga (prés Franchi 11950 Sheibrmki F.(pris 8e Ave Pte-aoi Trembles La Baie.Centre d'Aehit Piece Versillles 207.Sitnt-Jean (Longneuil) 3555.Bed Taschereau [Sainl-Hiiberll 1877.Seul Curè-laballe (Otomatlevl 3735 0.Boire Dame Iprbs Alwiltr] 1277.Schnchento et joan-Brillent (LaSaDel 3900 0 .rae Boire Dime (Lachlnol 5630.H Beeraasa (prés Licordeirel 11950.SberbrpekeE |P1a eut Trembles! EST CENTRAL 274-6603-6633 5042.«« de Pire (près laarlirl 3430.Bdiagtr (pris Siiol Michel! 5235.Bdieger (prés 42|| 8019.Seiel-Hebert (prbs Jtrryl 6327 Papieoii Iprbs Bntvbionl 48!8.Saiot-Dpnis|prtsGillt>rd| 1965 est.Oelerto (près Oorienl U Bill 3ebtige.cntn-ville 5611.CSti des Beiges Iprbs Cite Sle Calhennel 1267.li Smite IWesIneeiitl 2620 Misaen Iprbs 2a Aval la Bill .2a blage Canin if Achat Boittvard 239.m Salht’Jtcgna.Saml Jean Qib 2006 Eirooard Su at-Hyacinth! 0*b LAVAL-NORD 747-1810-2525 919.Obcarie (Villa SalhRierntl prbs C8li Vmtii 9305.Beol.Pie-IX (prbs de Graodes-Prairies) 2464.Peory Iprbs Ibervillel 10583.bout Saiet-laennl Iprbs H lioensssl 462.des laerenlidns |Pont Viio| 4111 ouest.Lbrasgea lOiemedeyl 10384.Lalande IDeiberol La Bail |fler-de chaussee| Centre d'Achat Rockland Le Bile.2e blige ICentre d'Achat Laval) 5630.H.-Boonssa E.Iprbs Lapordalnl Cpnlre-villi.3a blage Boeklaod.1er étage Dorvil.2e blige Centre Levai.Ciblage Canin d'Adnt Boulevard 2| blige 5343,01 Heine Mine iSmardon! Canin d'Achat Place Veraillles OUEST - 486-1942 - 2204 6151 eeesl.Shirbreoki |ee!n BeeeensOeldl 5210.Mcarta (prbs IsabeOal 3735 0 .Botn-Oeine Iprbs Atwater) 3645 Wellineton IVerdeal 1783.Oierch (ingla Laurandeaul 265.6e Avnee ILachliiel 1277.Schavchenko IVtlIe LaSelIt) U Bile, |0ervel|.2e btige 5659.ave Verdun Iprbs Beattyl Verdun 3900 Bolre-Oiino 0 Iprbs 32t Avp| Liehmi La Bail 5343.Ch.IMm Marti |SnowdOh| 119.d Ahiea Chltiaugon Qua 31.SHannnl, VilleylWd 300 St Ourgai S Jbrtme 9 a.m.i 9 p.m.tous lis jours • 9 a.m.i 5 p.m.le samedi (Aucun rendez-vous nécessaire Fusion de la CISL et de la CMT GENEVE (AFP) — Les deux organisations internationales de syndicats non-communistes, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et la Confédération mondiale du travail (CMT) ont annoncé samedi soir à Genève qu elles envisagent de fusionner.La CISL a été créée en 1949 par les syndicats qui, par anti-communisme, avaient quitte la Fédération syndicale mondiale (FSM) et elle grouperait actuellement 35 millions d’adhérents dans 89 pays.La CMT rassemble les anciens syndicats chrétiens et compterait 14 millions de membres dans 82 pays.La troisième organisation internationale de syndicats, la FSM, de tendance communisante, aurait 135 millions d'adhérents dans 52 pays.M.Otto Kerster d’Allemagne de l’Ouest, secrétaire général de la CISL et son homologue de la CMT, M.Jean Bruck de Belgique, se sont rencontrés samedi à Genève, pour la troisième fois en deux ans, entourés de leurs collaborateurs, dont M.Marcel Pepin du Canada-président de la CMT.A Tissue de leur réunion, ils ont publé un communiqué commun pour annoncer qu’ils vont proposer à leurs instances compétentes la création d’une commission de travail conjointe dont le but serait d'étudier les moyens de développer la coopération entre les deux organisations et de rechercher les voies de l’unification.Hearst sans nouvelles de sa fille HILLSBOROUGH, Californie (PA) — Par l'entremise des journaux, de la radio et de la télévision, M.Randolph Hearst a lancé un appel dimanche aux ravisseurs de sa fille, les priant de lui permettre d’entrer en communication avec sa famille.Depuis 10 jours, l’Armée de libération symbionese, qui revendique le rapt de la jeune fille, n’a pas donné signe de vie.M.Hearst est optimiste quant aux conditions dans lesquelles sa fille est gardée prisonnière.L’Armée symbionese, souligne-t-il, est un mouvement politique et je crois que ses membres respectent les conventions de Genève sur les prisonniers.Dans son message à sa fille Patricia, qui a été enlevée le 4 février, M.Hearst fait allusion à son 20e anniversaire de naissance, le 20 février, date à laquelle il espérait bien que sa fille soit relâchée.Mme Hearst a aussi dit quelques mots à sa fille, l’exhortant au courage et à la prière.Le card.Mindszenty en France PARIS (AFP) — Le cardinal Joszef Mindszenty, que le pape Paul VI a relevé de ses charges d’archevêque d’Eszter-gom et de primat de Hongrie, le 5 Février dernier, est attendu en France du 19 au 26 avril, annonce le bulletin des “Chevaliers de Notre-Dame" (de tendance catholique tradition-naliste).4 Le bulletin précise que le cardinal séjournera à Paris du 19 au 23 avril, où il célébrera notamment une messe solennelle en l’église de la Madeleine le samedi 20 avril.L'ancien primat de Hongrie se rendra, toujours d'après les “Chevaliers de Notre-Dame”, à Lille, Pont-à-Mousson et Strasbourg, les 23, 24 et 25 avril, avant de regagner Vienne où il réside depuis octobre 1971.Le cardinal Mindszenty, sans s’élever contre la décision du Vatican lui retirant ses charges d’archevêque d’Eszter-gom et de primat de Hongrie, a précisé le 9 février dernier qu'il ne s’était pas “démis de lui-même”.La décision du pape Paul VI a soulevé de vives réactions dans les milieux catholiques traditionnaiistes.Météorologie internationale NICE (AFP) — Une expérience scientifique internationale sans précédent en matière de météorologie sera entreprise dans les zones tropicales de l’Atlantique au .cours de Tété, a-t-il été révélé au cours d’une journée d’études qui a eu lieu vendredi à la faculté de droit de Nice.La journée était organisée par l’Organisation météorologique mondiale dont le siège est à Geneve et elle réunissait de nombreux spécialistes de cette discipline.L’expérience, qui sera poursuivie à partir du mois de juin et jusqu’en septembre, entraînera la collaboration d’une quarantaine de pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique.Trente-cinq navires participeront à l'opération ainsi qu'une douzaine d’avions-laboratoires et plusieurs satellites orbitaux et géostationnaires.Les spécialistes de la météo tenteront ainsi de mettre au point des méthodes plus sûres pour la prévision du temps à long terme, ce qui pourrait avoir d’importantes conséquences en matière de prévention des cyclones et de la sécheresse.En ce qui concerne l'incidence des explosions atomiques sur la météorologie, les experts réunis à Nice ont été formels: l'énergie déployée par de telles explosions est infinitésimale par rapport à celle utilisée par la nature dans un typhon ou même dans un simple orage estival.GRANDE VENTE AVANT-SAISON POUR JEUNES FEMMES ET DEMOISELLES DEUX COLLECTIONS PRINTEMPS-ÉTÉ 74 Comprenant 44 styles dans un choix complet de couleurs et grandeurs.Tricots de luxe importés au prix du gros.2 pièces, fin lainage cardigan, manches courtes, bouton avant et jupe avec élastique à la taille, garniture au collet et manches.Rég.$39.Vente $18.2 pièces, fin tricot de soie, jacquette courte, fermeture à l'avant et pantalon lavable avec élastique à la taille.Rég.$45.Vente $22.Ensemble pantalon en tricot bouclé corsage jusqu'aux hanches à texture rose, bleu marin, pantalon teinte unie.Choix de couleurs.Rég.$49.Vente $24.Ensemble pantalon en jersey de soie.Veste longue à texture, pantalon uni.Parfait 2 pièces couleur rouge, cerise, beige, etc .Rég.$49.Vente $24.Petit corsage court sans dos, en bouclé et pantalon uni avec élastique à la taille.Bleu, jaune et 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D'ENTRETIEN DE VTR G CONSULTEZ D'ABORD LES SPECIALISTES DE CITE ELECTRONIQUE Siège social, 3185 Hochelaga, Mtl 1 i .1 1 D LE DEVOIR Montréal, lundi 4 mars 1 974 René Lévesque: Si Montréal continue à se détériorer tout Québec en souffrira par Pierre O'Neill “Abattre le régime Drapeau et redonner à Montréal une authentique démocratie." A quelques nuances près, c’est l’essentiel du message que les principaux intervenants, dont M.René Lévesque, ont livré aux participants du colloque interrégional de Montréal en fin de semaine sur le thème “Grandeur et décadence”.¦ aujourd'hui A llh, au 524 rue Bourdages, à Québec, la Commission des accidents du travail présente le rapport sur ses structures et son fonctionnement, réalisé par la société Mi-neau, Allard et Associés.• A 14h30, au Petit Salon de l’hôtel Queen s, assemblée mensuelle du club Wilfrid Laurier des femmes libérales.M.Hubert de Ravinel, des Petits Frères des Pauvres, prononcera une causerie intitulée “Pour une retraite heureuse ”, • A 14h30, à l’hôtel Iroquois, Place Jacques-Cartier, lancement du volurfte Main basse sur le Cameroun, de l’auteur camerounais Mongo Beti.• A 19h30, au restaurant Renaissance, à Westmount Square, dîner-débat consacré à "La restauration de demain ”, • A 20h, au 1335 Lakeshore Road, à Dorval, assemblée annuelle de l’Association municipale des citoyens de Dorval.Le conférencier invité, M.Victor Goldbloom, ministre des Affaires municipales, parlera du regroupement des banlieues.• A Saint-Félicien, dans le comté de Rober-val, le ministre des Terres et Forêts, M.Kevin Drummond, rencontrera des représentants de la population locale et de la compagnie Donohue dans le but cte faire le point sur le projet d’implantation d’une papeterie dans la région.• Aujourd’hui s’ouvre à l’université d’Ottawa le “Festival du couple”, une fête des relations humaines pour consacrer le dialogue entre les personnes, les communautés et les cultures.• A 20h, à la salle F 2245 du pavillon des sciences sociales de l’universite de Montréal, conférence de M.Michel Gardner, romancier, professeur à TUdeM, intitulée: "La signification mondiale de l’oeuvre de Soljénitsyne’’.MECANIQUE GÉNÉRALE sur VOITURES IMPORTÉES roger Automobiles Liée 4269 ouest, Ste-Catherine 932-2925 (Près métro Atwater) SPÉCIALITÉ : PEUGEOT - RENAULT “Non seulement c’est le temps d’un changement mais il y a longtemps que le renouvellement aurait dû commencer”, déclarait le président du PQ.“Il crève aux yeux que si Montréal s’éveille à ses problèmes, tout le Québec en profitera.Et si Montréal continue à se aétériorer dans ce climat, tout le Québec en souffrira”, a-t-il expliqué.Plus tôt hier après-midi, quelque trois cents personnes avaient entendu trois “panélistes” confronter leur point de vue sur “la qualité de la démocratie à Montréal”: Evelyn Dumas, du quotidien Le Jour; Jean-Claude Leclerc, du DEVOIR; Pat Doyle, du quotidien anglophone The Gazette.Et au risque de se faire accuser “d’esprit de clocher”, il faut noter les bravos qui ont acclamé l’excellente intervention de notre collègue Leclerc, (extraits p.5) Puis le benjamin des députés péquis-tes, Claude Charron, s’est amené au micro pour présenter l’ex-maire de Montréal (1936-44) M.Adhémar Ray-nault (âgé de 82 ans) qui a manifesté beaucoup d’enthousiasme devant le projet d’un parti d’opposition au maire Drapeau.Le vice-président du PQ, Camille Laurin ainsi que M.Jacques Couture, prêtre-ouvrier du quartier Saint-Henri, sont également intervenus.Ce qu’il faut reprocher à l’administration Drapeau, selon M.Lévesque, c’est d’abord son caractère secret, mystérieux et ce qu’il en coûte à l’ensemble des contribuables montréalais.Il reproche également à M.Drapeau de s’efforcer par tous les moyens de distraire les citoyens de leurs vrais problèmes, de leurs besoins essentiels et de leurs droits fondamentaux.En somme, M.Lévesque soutient que la démocratie à Montréal est anesthésiée, que toute grande ville est exposée à cette menace, que l’administration Drapeau a vieilli, garde la population coupée de l’information sur la chose publique, est incapable de répondre aux aspirations de la population, et met de l’avant des images de grandeur.“M.Drapeau fait l’autruche.Il n’y a rien comme être trop seul au pouvoir et barricadé dans son hôtel de ville.Il est coupé de la réalité." Pour l’ex-maire Raynault, M.Drapeau n’est “presque pas coupable” d’avoir institué à Montréal un régime aussi autocratique, isolé du peuple et promoteur d’idées de grandeur.Selon lui, c’est un reproche qui s’adresse aussi bien aux autres leaders de l’opinion ét notamment aux média d’information qui ont trop souvent à tort laissé croire ue M.Drapeau est un homme extraor-inaire.“Il s’est mis à le croire.” Après avoir développé la thèse selon laquelle la dictature et la mégalomanie sont inscrites dans la structure même du pouvoir municipal à Montréal, Jean-Claude Leclerc a prédit que c’est un travail de longue haleine qui attend les nouvelles forces en mal de démocratiser Montréal.Pour y arriver, Jean-Claude Leclerc est d’avis que les citoyens retrouvent d’abord la maîtrise de leur habitat, de leur environnement, de leur quartier et des plans de développement, de rénovation ou de repeuplement.Puis faisant écho à une opinion souventes fois exprimée pendant le colloque, Jean-Claude Leclerc conclut qu’il faudra des structures politiques capables de redonner aux quartiers et à leurs habitants plus de pouvoirs et de contrôle sur leurs affaires.Quant à Evelyn Dumas du Jour, elle voit deux premières mesures indispensables à tout programme visant à redon- Voir page 2: René Lévesque Un communiqué de presse ?ENVOYEZ UN TELBEC ! Il suffit de nous faire parvenir une seule copie de votre texte.Quelques minutes plus tard, il sera rendu dans 100 media d'information du Québec (quotidiens, radio-tv, agences de presse, etc.) Le moyen de communication de presse le plus RAPIDE, le plus EFFICACE et le plus ÉCONOMIQUE.Information: Jean Lecompte (514) 871-9881 * mm / /¦/"//, v/.ÿ.wmmm On a beau savoir que les égouts de Montréal se déversent directement dans le fleuve, cela fait quand même un choc quand on observe la scène en gros plan à l'occasion d'un vol d'entraînement à bord d'un ADAC.Aucune autre compagnie d'aviation ne peut se vanter de sensibiliser ses passagers à l'écologie de cette façon ! (Photo Le Devoir par Alain Renaud) L'ADAC est plus qu un moyen de transport; c 'est un observatoire.par Gilles Provost Pour découvrir des aspects inédits ou fascinants d’une métropole comme Montréal, rien ne peut battre un voyage à bord des petits ADAC Twin Otter qui feront la navette entre les centre-ville de Montréal et Ottawa dès le mois de mai.Les passagers en auront d’ailleurs la preuve dès que les roues de l’avion auront quitté le sol: pendant les secondes qui suivront, ils seront aux premières loges pour “admirer” le spectacle grandiose du collecteur principal des égouts dë Montréal qui, sur 45 pieds de large, déverse des centaines de tonnes de déchets non traités par heure directement dans le Saint-Laurent.La photo ci-contre (réellement prise au moment du décollage d’entraînement d’un ADAC) permet aussi de constater que la ville de Montréal ne lésine pas sur la pollution: on distingue nettement les pi: tes laissées par les camions qui viennent déverser au même endroit leurs chargements de neige sale.Il y a même un buldozer qui reste sur place pour tout pousser dans l’égout ou dans le fleuve.Les passagers d’une envolée Montréal-Ottawa n’auront pourtant guère le temps de méditer longuement sur ce spectacle parce que leur avion poursuivra sa route à 160 milles à l’heure pour atteindre bientôt l’altitude de croisière, 4,000 pieds à peine.De cet observatoire, on a immédiatement une vue fantastique sur le centre-ville et sur le Mont-Royal que nous laissons à notre droite en mettant le cap sur Dorval.Aussi étonnant que cela paraisse, le corridor de vol réservé pour les avions à décollage et atterrissage courts (ADAC) passe en effet directement à la verticale de l’aérogare de Dorval.Cela permet de voir l’aéroport entier d’un coup d’oeil, avec les gros réactés qui atterrissent ou qui décollent sous nos pieds.Interrogé à ce sujet, le pilote Claude Roy explique que la verticale d’un aéroport est toujours l’endroit le moins encombré: les avions qui décollent ou atterrissent ne peuvent pas évoluer à la verticale! Après avoir laissé Dorval dans son sillage, l’ADAC suit à peu près l’Ou-taouais jusqu’à Ottawa.En raison de sa basse altitude et de sa faible vitesse, on peut admirer le paysage de la même façon que dans un autobus.On voit défiler routes, champs et villages sous nos yeux sans perdre aucun détail.Un peu partout, on distingue des éléments de relief qui ressemblent à des rivières recouvertes de glace (en hiver).On découvre alors qu’il s’agit d’anciens bras de l’Outaouais maintenant asséchés et remplis d’alluvions.Personnellement, j’ai été fasciné de découvrir ces vestiges du passé qui sont tout à fait invisibles au sol.Il est tout aussi fascinant de distinguer non seulement le plan des fermes et des terres en culture mais aussi tout le réseau de drainage.On voit clairement les multiples ruisseaux qui prennent naissance un peu partout pour se regrouper bientôt en des bras plus gros bordés d’arbres.C’est un vrai cours de géographie! Au retour vers Montréal, l’ADAC pourra passer directement au-dessus du Mont-Royal, ce qui donne un coup d’oeil absolument merveilleux sur les gratte-ciel du centre-ville.On a l’impression qu’il suffirait de sortir un bras pour toucher aux édifices qui ressemblent à une grande maquette a échelle réduite! La compagnie Airtransit a d’ailleurs l’intention d’utiliser cet avantage au maximum en modifiant sa route en soirée pour que les passagers puissent mieux admirer les immeubles illuminés.Pendant que l’avion se place en position pour atterrir, on a amplement le temps d’examiner le pont-tunnel Hyppo-lyte Lafontaine, le pont Jacques-Cartier et finalement, Terre des Hommes que l’on survole à basse altitude juste avant Voir page 2: L ADAC Des policiers jugés trop entreprenants sont déplacés ou confinés à leur bureau par Jean-Pierre Charbonneau Les tentatives des autorités de la police de la CUM, dont le directeur René Daigneault, en vue de neutraliser des officiers de police jugés trop entreprenants ont franchi une nouvelle étape en fin de semaine alors que le sergent-détective Alphonse Gélineau a été confiné strictement à des tâches de bureau.On sait que ce policier a été depuis une quinzaine d’années au centre de quelques-unes des plus importantes enquêtes policières contre le crime organisé à Montréal.D’autre part, quelques jours avant la mise au rancart du sergent-détective Gélineau, le directeur Daigneault avait autorisé le limogeage de deux autres policiers de la même trempe, les sergents-détectives Jacques Cardinal et Roland Gendron, qui se sont vus eux aussi confiés des tâches secondaires.Depuis quelques mois, ces deux détectives enquêtaient pour le compte de la Commission d’enquête sur le crime organisé sur l’infiltration de la pègre au sein de l’organisation de l’Exposition universelle de 1967.Récemment, les détectives Cardinal et Gendron s’étaient intéressés aux relations entre une personnalité en vue de la politique municipale de Montréal et le financier William Obront, identifié comme le banquier de la pègre montréalaise.Le sergent-détective Alphone Gélineau enquêtait lui aussi sur William Obront contre qui il a d’ailleurs obtenu trois mandats de perquisitions pour fouiller ses comptes bancaires.Il soupçonne Obront d une gigantesque fraude fiscale pour les années 1964 à 1971.Toutefois, malgré la volonté du sergent-détective Gélineau, ces mandats n’ont pas encore été exécutés bien qu’un jugement de la Cour d’appel eut confirmé leur validité en avril 1973, il y a près d’un an maintenant.Ces mandats de perquisition que l’on a cru un temps perdus, ont été récemment retirés des dossiers de la Cour supérieure et ils sont maintenant conservés dans le coffre-fort du directeur Daigneault de qui on attend toujours une décision dans cette affaire.Hier, commentant le limogeage des détectives Cardinal et Gendron, le directeur Daigneault a déclaré à un hebdomadaire dominical qu’il avait autorisé le transfert des deux policiers parce qu’il n’était pas satisfait de leur rendement.Et, il a même ajouté: “Ils voulaient revenir à bras racour-cis dans le dossier Obront alors qu’on leur demandait d’enquêter sur l’implication d’une personne bien connue de la politique municipale dans cette affaire.” De plus, M.Daigneault a déclaré que maigre le transfert de MM.Cardinal et Gendron, l’enquête entreprise se poursuivait et il a confirmé que le travail a été confié aux sergents-détectives Normand Ostiguy et Bruno Arsenault.A ce sujet, nous avons rejoint hier soir M.Daigneault pour lui demander s’il savait que le nom du sergent-détective Ostiguy figurait immédiatement après celui de l’ex-directeur Jean-Jacques Saulnier sur une présumée üste de col- la Chambre de commerce de Montréal DEJEUNER-CAUSERIE HEBDOMADAIRE MARDI, 5 MARS M.PIERRE PÉLADEAU Président de Québécor Inc.sujet: "Le Jour": un nouveau journal ou "LE NOUVEAU JOURNAL" Hôtel Sheraton Mont-Royal 12h30 Le public est admis Billets à l'entrée $5.Pour les membres des livrets d'abonnement sont disponibles à prix réduit.Renseignements: 866-2861 lecte trouvée au domicile du cabaretier montréalais Orlando De Francesco, le 8 novembre 1966, à l’occasion d’une descente de la Gendarmerie royale et de la police de Montréal.Ces mandats de perquisition que l’on a cru un temps perdus, ont été récemment retirés des dossiers de la Cour supérieure et ils sont maintenant conserves dans le coffre-fort du directeur Daigneault de qui on attend toujours une décision dans cette affaire.Hier, commentant le limogeage des détectives Cardinal et Gendron, le directeur Daigneault a déclaré à un hebdomadaire dominical qu’il avait autorisé le transfert des deux policiers parce qu’il n’était pas satisfait de leur rendement.Et, il a même ajouté.“Ils voulaient revenir à bras racourcis dans le dossier Obron: alors qu’on leur demandait d’enquêter sur l’implication d’une personne bien connue de la police municipale dans cette affaire.” De plus, M.Daigneault a déclaré que maigre le transfert de MM.Cardinal et Gendron, l’enquête entreprise se pour- Voir page 2 : des policiers LE MALAISE DES CADRES: Uy UN DÉFI À L'ENTREPRISE par le Centre des Dirigeants d'Entreprise — DANS QUEL CONTEXTE - ÉCONOMIQUE ET SOCIAL • SE SITUE le MALAISE DES CADRES ?— QUELS SONT LES GRIEFS DES CADRES ?— QUELS SONT LES REMÈDES AU MALAISE DES CADRES ?Pour trouver des réponses à de telles questions, remplir et retourner cette fiche à: CENTRE DES DIRIGEANTS D'ENTREPRISE a/s de Madame Yvonne St-Amour 822 est, rue Sherbrooke, Bureau 300 Montréal, Québec H2L1K4 Prière de m'expédier: LE MALAISE DES CADRES: UN DÉFI À L'ENTREPRISE_____copie(s) (texte français ronéotypé, 1 20 pages, $3.50, port inclus) LE MALAISE DES CADRES: UN DÉFI À L'ENTREPRISE_____copie(s) (résumé français et anglais du texte original, 32 pages, $1.00, port inclus) Chèque ci-joint au montant de__ Je serais intéressé à participer à un échange de vues sur la situation des cadres ( ) NOM__________________________ FONCTION____________________ COMPAGNIE_________________________________________________ ADRESSE_______________________ TÉL._______________________ date signature VIENT DE PARAÎTRE.AUX EDITIONS DU JOUR CHELEE OU LA PASSION SELON SAINTE-CATHERINE ROMAN D'YVES DUPRÉ • Au coeur de Montréal, un messager mystérieux qui précipite le lecteur dans un monde fascinant.* Un livre plein d'émotions; tout en bonds et contorsions qui fera sûrement parler de lui.6 " • \ V En vente partout au prix de $3.00 — distribué par les Messageries du Jour, 8255, rue Qurocher, Montréal 303 — Tél.: 274-2551 EDITIONS DU sTotrit,.Président et directeur général Jacquet Hébert 4 • Le Devoir, lundi 4 mars 1 974 éditorial Une malade qu'on veut garder malade 'L'information politique est malade à Québec", disent aujourd’hui les chroniqueurs parlementaires du DEVOIR à Québec.Ils ajoutent, au plan de l’explication, que “l’une des principales sources du mal est le premier ministre lui-même Tout observateur de 1 information politique québécoise reconnaîtra, malheureusement, la justesse des deux diagnostics.Il faut même se rendre compte qu'une telle situation résulte d’un plan fignole avec amour par les collaborateurs immédiats du premier ministre et il faut donc prévoir que la "maladie” durera éternellement si on laisse les manipulateurs de l’information politique continuer à mener le jeu à leur guise.Les hommes publics entretiennent souvent avec les journalistes des rapports troubles.Tant qu’ils croupissent dans l’opposition, les hommes politiques aiment discuter avec les gens de la presse: ils en apprécient l’esprit critique et ils ont le temps d’établir des relations cordiales qui pourront, plus tard, se révéler rentables.Une fois parvenus au pouvoir, les hommes politiques résistent difficilement à la tentation de modifier ces habitudes: ils sont happés par 1 administration, ils sont agacés des questions que posent des journalistes dont ils croyaient être devenus les amis, ils préfèrent annoncer les nouvelles au moment de leur choix plutôt que d’en abandonner la mise en marché aux journalistes.Surtout, les hommes politiques qu’emporte le succès soupçonnent les journalistes de succomber systématiquement et sadiquement à leur manie de la démolition.Les journalistes deviennent, a leurs yeux, ces amateurs de petites bêtes noires”, ces voyeurs qui se repaissent de la vie privée des gens.L’on voit alors M.Trudeau revenir furieux de Londres où les journalistes l’ont un peu trop longtemps suivi dans les discothèques.L’on entend alors M.Lesage rugir, un soir de défaite, contre les journalistes apparemment coupables de sa déconfiture.L'on entend aussi un Jean Drapeau, de retour au pinacle en 1960, promettre de ne jamais revenir aux “relations naïves et cordiales” qu’il avait entretenues avec la presse de 1954 à 1957 et auxquelles il attribue une responsabilité dans sa défaite de 1957.De tous ces hommes politiques devenus avec le succès casaniers, secrets, rebelles à l'information, seul M.Trudeau a trouvé le moyen de revenir, depuis un an, à des rapports de civilité virile et normale avec la presse.M.Bourassa n'appartient pas à cette phalange de vedettes politiques devenues arrogantes ou soupçonneuses.Qu’il soit député de l’opposition, chef de 72 députés ou roi et maître de 102 gouvernants, M.Bourassa demeure toujours le même, toujours aussi facile d’accès, mais toujours aussi ondoyant.Même sa façon de gouverner change peu: jamais de solution générale, jamais d’affrontement majeur, mars une guerre de tranchées, une série d’accommodements mineurs, une série de lois partielles ou de cercles concentriques.Il préfère l’encerclement au blitz.Il circonvient plus volontiers qu’il n’assomme.Pas de loi-cadre, pas de déclarations de principes, mais une abondance de lois adoptées en pièces détachées.Tout l’incite d'ailleurs a poursuivre ainsi: en effet, les quelques formules à l’emporte-pièce qui lui ont échappé l’ont fort mal servi.Qu’on songe aux 100,000 emplois ou à la souveraineté culturelle.C’est dans ce contexte qu’il faut situer les rapports du premier ministre avec la presse.M.Bourassa déteste, là comme ailleurs, les déploiements aventureux.Il évite donc de son mieux les conférences de presse et tente de compenser par des entretiens mi-intimes mi-calculés avec chacun des journalistes.Il tutoie chacun et invite chacun à adopter le même ton familier.Tout serait parfait si M.Bourassa n’était pas homme d’Etat.A ce titre, il prend des décisions que tous les journalistes tiennent à connaître au moment où elles se prennent.Fonctionner à coups de confidences se révèle terriblement inefficace lorsque 50 journalistes demandent la même attention au même moment, pour un nouvelliste satisfait, on en trouvera 49 qui trépignent de colère.Il incombe, en fait, à M.Bourassa de convoquer lui-même les conférences de presse qui s’imposent sur tous lès sujets majeurs: energie, langue, etc.Qu’il n’aille pas* plaider l’agressivite des journalistes: tout près de lui, des hommes politiques comme MM.Castonguay, Cournoyer, L’Allier, Cloutier, Toupin ont pu tenir des conférences de presse nombreuses sans jamais avoir à se plaindre de l’hostilité de la presse.• Les tensions actuelles entre le bureau du premier ministre et la presse ne se résument cependant pas à cette question de bonhomie.M.Bourassa possède à un haut degré, et ses acolytes tout autant, l'art de tirer profit des faiblesses des adversaires.Cet art a servi à enfermer la presse dans une information aseptisée et contrôlée.Comme le signalent Gérald Leblanc et Gilles Lesage, la presse ne recouvrera sa liberté d’ac- tion qu’en modifiant substantiellement plusieurs de ses habitudes.Dans le contexte actuel, il est relativement facile de garder l’ensemble de la presse de bonne humeur.Dans un grand nombre de media, le journaliste est mieux vu s’il accouche d une grosse primeur par quinze jours que s’il fournit chaque jour un compte rendu moins spectaculaire.Dès lors, les attachés de presse des ministres veillent à ménager non pas un face-à-face entre la presse et tel ministre, mais une série de rencontres entre le ministre et chacun des journalistes, Ceci flatte l’ego des journalistes, mais ceci laisse l’ensemble de l’administration gouvernementale sans examen critique.Du côté de la presse électronique, la tendance est forte de limiter le travail à une série d’entretiens de 30 ou 40 secondes chacun.Pourquoi?Parce que, de toutes manières, le poste n’en passera pas davantage.Par conséquent, après un débat parlementaire étoffé, le journaliste est tenté de braquer son micro devant le porte-parole gouvernemental pour en obtenir une courte déclaration.Agir autrement serait le plus souvent du temps perdu.Dès lors, les attachés de presse suscitent ces mini-rencontres, mais lèvent la séance dès que les journalistes de la presse écrite, confrontés à d’autres exigences, tentent d’en savoir Viavantage.Les exemples d'une telle pratique ne manquent pas.• Ainsi, les manipulateurs de l’information que sont Charles Denis et consorts parviennent avec un déplorable succès à éviter les questions de la presse tout en donnant aux propriétaires de media, surtout dans le domaine électronique, de quoi maintenir leur popularité et leur rythme de diffusion.Qu’il en soit ainsi montre bien l’ampleur et la complexité de la difficulté: le total manque d’éthique qui caractérise l’équipe préposée aux relations entre M.Bourassa et la presse n’aurait pas une influence aussi considérable ni aussi néfaste si les media eux-mêmes décidaient de ne plus se satisfaire aussi fréquemment de cette “chronique du pouvoir”.Certes, il nous appartient, à titre de journalistes, de consacrer plus de temps à l’examen de l'administration publique: nos questions en deviendront plus percutantes.Cependant, même si l’on pouvait reprocher à la presse les pires ignominies, féquipe gouvernementale devrait quand même rendre des comptes à la population.Et c’est ce qu’elle refuse de faire présentement.Laurent LAPLANTE L'histoire d'une dépossession Pour fonder un Montréal vraiment démocratique par JEAN-CLAUDE LECLERC Texte île la conférence sur "La qualité de la démocratie d Montréal", donnée samedi par ¦ lean-dninle Leclerc au colloque interrégional du Parti québécois: Montréal, grandeur on ilocadence'r Les sous-titres sont du Deroir.• Montréal a connu des hommes libres, respirant un air pur de toute pollution, et jouissant de vrais espaces verts jusqu'en 1642.A compter de la fondation de Ville-Marie et jusqu’à nos jours, du Sieur de Maisonneuve jusqu’au maire Jean Drapeau, des spéculateurs fonciers de Saint-Sulpice aux vandales de Concordia, les hommes libres ont dû faire place aux régimes autoritaires, et l’histoire de Montréal n’a enregistré à ce jour que l’ombre de la démocratie.Régimes autoritaires Certes, l'ile ne pouvait reconnaître à ses nouveaux habitants plus de libertés et de pouvoirs que l'Europe d'alors n’en permettait aux siens.Montréal a donc été d’abord régi par un douzaine de gouverneurs, français, canadiens puis anglais; la ville a pendant deux siècles érigé chapelle, école, hôpital, prison, Beaver Club, cathédrale — cathédrale que les sauvages de l’UQAM s’apprêtent à détruire coin Saint-Denis et Sainte-Catherine — elle a ouvert le canal La-chine et constitué un service de police bien avant qu’en 1828, un certain 6 décembre, réunis dans une assemblée, ses citoyens réclament une administration municipale (1).Le roi d’Angleterre Guillaume IV incorpore donc Montréal en 1832 et la ville obtient sa première charte en 1833.Elle élit alors des conseillers qui désignent l’un d’entre eux comme maire, Jacques Viger — le parc qui porte son nom va bientôt etre ruiné par les sauvages de l’autoroute est-ouest.Cette première démocratisation de Montréal n’a pas la vie longue.Quatre ans plus tard, avec la guerre civile et la rébellion des patriotes, la charte de Montréal est suspendue et la métropole connaît une première, version des mesures de guerre.Une douzaine de patriotes sont pendus et, en 1840, Montréal reçoit une nouvelle charte: c'est le gouverneur général qui choisit tous les conseillers et qui nomme le maire: Peter McGill.Le Parlement de l’Union est installé dans le bas de la ville, dans le marché Sainte-Anne place Youville; il faudra qu’il soit incendié et déménagé à Ottawa pour qu’en 1852, pour la première fois, le maire soit élu par le peuple: Charles Wilson.Par le peuple" est un bien grand mot.Certes, Montréal a eu ses services d'incendie et de santé avant la Confédération: mais ni les fem- mes ni les simples gens n’y avaient encore droit de vote, ainsi qu’en fait foi cette loi sanctionnée le 15 août 1866: "2.Tout propriétaire de sexe masculin (.) et tout individu ayant un bureau ou lieu d’affaires (.) auront droit de vote (.)”.et 3.(.) le maire et les échevins ne seront éligibles que lorsqu’ils posséderont (.) un ou des immeubles (.) de la valeur de mille livres (.)." La démocratie, c’était la propriété.Le vote secret n’est en vigueur qu’en 1889.L'administration municipale de Montréal subira deux éclipses graves, en 1918 où elle est mise en tutelle, et de 1940 à 1944 où encore une fois Québec dirigera ses affaires à sa place.’Même quand on ajoute des conseillers, ce sera pour laisser le pouvoir aux notables.La classe C sera abolie en 1960 et les classes A et B en 1962 seulement, et non pas pour démocratiser l’hôtel de ville mais pour y asseoir le pouvoir du régime actuel.C’est seulement en 1970 que le vote universel sera permis à une élection municipale à Montréal et cette année-là, une nouvelle fois dans leur histoire, les citoyens iront aux urnes sous la loi des mesures de guerre.Ruine des pouvoirs locaux L'histoire de l’administration municipale de Montréal révèle donc que jamais n’y ont été jetés de véritables fondements démocratiques.Bien au contraire, en se développant par le moyen des annexions, la métropole va se trouver à ruiner les pouvoirs municipaux que dans leurs villes et villages les autres habitants de l’ile pouvaient alors exercer.Ni la métropole ni ses citoyens n'ont jamais pu annexer le port de Montreal, par exemple, qui a exercé une telle influence sur la physionomie de la ville et l’a coupé du fleuve; ils n’ont pu davantage contrôler l'aéroport.Mais Montreal a pu faire disparaître tous ces centres politiques locaux que les Québécois, en venant vers la métropole, avaient pu constituer.La ville d’Hochelaga est annexée en 1883, le village de Saint-Jean-Baptiste l’année suivante puis en 1887 celui de Saint-Gabriel et en 1892 celui de la Côte Saint-Louis.La Petite Bourgogne n’est rien aujourd’hui, elle fut la ville de Sainte-Cunégonde jusqu’en 1905.Saint-Henri n a aucun pouvoir aujourd'hui ni Villeray: ils furent des villages jusqu'en 1905 également.Ainsi tombent tour à tour la ville de Notre-Dame-des-Neiges, le village de Delorimier et la ville de Saint-Louis.Certes, il était fatal que la ville de Montréal prenne de l’expansion et qu elle procède, de gre ou de force, à des annexions.Les riches résistèrent cependant, même si leurs villes de Westmount, Outremont et Mont-Royal faisaient partie de la trame urbaine de la métropole.En 1910, c’est un vrai désastre pour les pouvoirs municipaux avoisinant Montréal.Les annexions happent Ahûntsic, Bor-deau, Beaurivage, Longue-Pointe, Ville-Emard, Saint-Louis, Notre-Dame-de-Grâce, Côte-des-Neiges, Saint-Paul, Rosemont, Tétreault-ville.Six ans plus Tard Montréal annexe Cartierville et la ville de Sault-au-Recollet et, en 1918, c’est au tour de la ville de Maisonneuve.Sous le régime Drapeau, le phénomène reprendra avec l’annexion de Rivière-des-Prairies et de la ville de Saint-Michel.Certes, il était bon, il était nécessaire de procédér à une certaine intégration de toutes ces villes et villages qui avaient poussé autour de la métropole, mais, au lieu de les coordonner, on les a politiquement liquidés.En devenant des Montréalais, leurs citoyens perdaient le contrôle de toutes leurs affaires locales.Non seulement les petits propriétaires et les notables de ces quartiers perdaient-ils du pouvoir politique, mais l’industrialisation allait amener à Montréal une masse de travailleurs ruraux et d'immigrants étrangers qui allaient planter dans la métropole non des racines mais de pauvres hardes.Pendant que le pouvoir se concentrait à l'hôtel de ville, Montréal se peuplait de locataires.Un peuple de locataires Le locàtaire n’a même pas de pouvoir sur son logement, il ne peut le restaurer sans risquer de le perdre au bénéfice d’un plus fortuné que lui.11 n’a de pouvoir ni sur les hangars, fussent-ils dangereux pour la sécurité de sa famille, ni sur le zonage de sa rue où une forte circulation met en danger ses enfants, ni sur les parcs qui pourront être amputés ou fermés sans son accord, ni sur les constructions ou les démolitions qui changent complètement les conditions de vie de son quartier.Le peuple de Montréal est d'abord un peuple de locataires dépossédés d'a peu près tous les pouvoirs sur à peu près tous les aspects de sa vie urbaine.Or, même ceux qui avaient quelque pouvoir dans la ville, les propriétaires aisés, ont depuis longtemps quitté la métropole pour la banlieue.Le pouvoir qui s’exèrce à l’hôtel de ville est extérieur à la ville elle-même.Un nombre de plus en plus grand de fonctionnaires et d’employés municipaux n’habitent même pas la ville.Dans un tel contexte, il était fatal qu’un pouvoir aussi centralisé, aussi éloigné des conditions de vie de la majorité, donne à un peuple aussi dépossédé non pas plus de pouvoir et une ville plus vivable, mais se tourne vers des politiques de prestige.Une histoire autoritaire, des annexions qui ont brisé tout pouvoir local, un peuple de locataires, la plus grande ville du Québec y est demeurée la moins démocratique de toutes et celle où il est (Revenu le plus difficile d’y instaurer une administration qui non seulement soit au service des citoyens mais émane d’eux, de leurs volontés, de leurs besoins, de leur concertation créatrice.Voilà pourquoi on s'illusionne si ont croit rétablir la démocratie à Montréal simplement en battant le parti du maire Drapeau.Jean Drapeau a perfectionné l'autoritarisme de l’hôtel de ville, mais il ne l’a pas inventé, il en est plutôt le nécessaire rejeton historique.La dictature et la mégalomanie sont inscrites dans la structure même du pouvoir municipal à Montréal.Plus de dialogue avec les citoyens, plus de débat au conseil, moins de secrets à l’hôtel de ville ne changera rien, fondamentalement, à la situation.Le pouvoir aux Montréalais C'est un travail de longue haleine qui attend les nouvelles forces démocratiques en mal de démocratiser Montréal.Il faudra non seulement faire élire à l’hôtel de ville de vrais représentants de la vraie population.Mais il faudra surtout que les citoyens retrouvent la maîtrise de leur habitat, de leur environnement, de leur quartier et des plans de développement, de rénovation, ou de repeuplement qui s’y imposent.Certes, à court terme, il importe de mobiliser toutes les forces démocratiques disponibles pour faire une brèche dans le régime Drapeau.Mais, à moyen terme, il faudra en venir à des structures politiques qui redonneront aux quartiers et à leurs habitants plus de pouvoirs et de contrôle sur les affaires locales, l'hôtel de ville devenant l’arbitre entre les quartiers et le planificateur de l’ensemble.A long terme, mais en commençant dès maintenant, il est nécessaire que ce peuple de locataires devienne un peuple qui possède son habitat et ait les moyens de le défendre contre les grands rapaces urbains.Il ne s’agit pas de faire de cette pauvre métropole la plus grande du monde, comme en rêve encore le triste mégalomane du Vaisseau d'or, mais tout simplement de rendre Montréal vivable et d'en redonner le contrôle aux véritables Montréalais.Voilà qui est aussi important et d'une aussi grande portée historique que l'indépendance dont on parle.(1) Voir Abrégé historique de Montréal, préparé par l’ancien Bureau de recherches économiques de la Ville de Montréal et publié — sans date — par la Ville.¦ lettres au DEVOIR Le débat linguistique vu par un immigrant M.François Cloutier, ministre de l’Education.Le débat linguistique a repris depuis quelques jours et le moment crucial où le gouvernement doit choisir sa politique linguistique semble approcher à grands pas.J’aimerais profiter du délai qui est encore accordé au public pour vous faire parvenir mon opinion sur un point dans ce problème que je sais extrêmement complexe, point qui pourtant se trouve aujourd'hui au centre de la discussion en même temps qu’il me touche personnellement: le traitement réservé aux immigrants et à leurs enfants.On sait que jusqu'ici une majorité écrasante des immigrants ont envoyé leurs enfants à l’école anglaise.Nous savons aussi que les raisons en sont multiples: le prestige de la langue anglaise en Amérique du Nord, l’accès que donne celte langue à des postes intéressants, l’exemple donné par les compatriotes déjà installés au pays, la facilité (pour les immigrants de langue germanique et pour ceux qui ont acquis, avant l’arrivée, des éléments d’anglais) et, sûrement, une mauvaise connaissance du fait français au Québec.Vous avez laissé entendre que le gouvernement du Québec entend intervenir bientôt pour modifier un certain nombre de ces facteurs, qui déterminent le choix linguistique des immigrants, dans le sens de prioriter dans plusieurs domaines la langue française.Certains considèrent, comme Claude Ryan dans ses éditoriaux lucides du 25 et 26 février, auxquels je me réfère par la suite, que ce “libre choix’’ des immigrants d’envoyer leurs enfants à l’école française ou anglaise est un élément-clé sur lequel il faudrait agir, ceci dans l’intérêt de la collectivité francophone.Dans la perspective d’une intervention déterminée du gouvernement en faveur du français, je serais d’avis qu’il est même dans l’intérêt des immigrants que la loi 63 soit amendée et que les enfants des immigrants doivent dorénavant fréquenter l’école française.En effet, les immigrants ont tout intérêt à s’intégrer le mieux et le plus rapidement possible à la société où ils entendent vivre.Or, les mesures incitatives risquent de ne pas avoir l'effet, à court terme, de convaincre une majorité des immigrants qu’une bonne compréhension du Quebec et des Québécois passe nécessairement par la langue française.Quant au “libre choix" de la langue d’enseignement que certains invoquent comme un droit inaliénable, précisons rapidement qu’il n’existe pas et n’a jamais existé, la notion même étant une absurdité.En effet, aucun Etat du monde ne peut se payer le luxe d’offrir un enseignement public, dans n’importe quelle langue qui pourrait venir à l’esprit des parents.Le choix dont on parle actuellement est en réalité limité à l’extrême: il n'y, a que deux possibilités, le français et l’anglais, et il est encore exceptionnel, même au Canada, que, dans une localité donnée, il y ait un choix à faire.Ne nous affolons pas si, dans l'intérêt d’une collectivité de quelque 5 millions qui craint pour sa survivance culturelle, il faudra nous passer de cette apparence de liberté, là où elle existe.Rappelons plutôt que l’anglais s’enseigne aussi dans les écoles françaises et que, même par ailleurs, les possibilités de bien apprendre l’anglais ne manquent pas dans le fameux “contexte nord-américain".Si je crois donc que le principe de l'intégration scolaire des enfants d'immigrants en milieu francophone est assez facile à accepter, une fois bien explinué, le problème se pose quant à son application.Ici, je me réfère à l’analyse de Claude Ryan.Il s'agit de trouver la solution qui donne lieu au moins ossible de discrimination et d’ar-itraire.Il faut tout de suite rejeter le test linguistique qui ne serait perçu que comme une difficulté adminisirative qu'il s'agit de contourner par toutes les ruses et qui, en plus, pourrait empêcher les transferts souhaités par le législateur, ainsi que le démontre M.Ryan.La discrimination peut intervenir à deux niveaux: celui où l’on distin-que entre citoyens et non-citoyens et celui où l’on fait la distinction entre différents groupes d’immi-rants.Si toute discrimination entre umains est un mal en soi, jë pense, à l’encontre de M, Ciaccia (cité par M.Ryan) que dans certains cas, il faut pourtant accepter que les citoyens d’un pays se réservent certains droits.C’est plutôt le deuxième type de discrimination qui risque de soulever le plus d’opposition parmi les immigrants.Une législation qui réserverait aux enfants d’immigrants anglophones le privilège d'être éduques dans une autre langue que celle de la majorité, le “droit de ne pas faire le même effort que les autres pour s'intégrer dans la société québécoise, une telle législation serait sans doute mal reçue par mes compatriotes.On voit même assez mal, vu la discussion antérieure, quel in- térêt les jeunes anglophones y trouveraient à plus long terme.Il faudrait, pour des raisons de logique et d’équité, que le même sort soit fait à tous les immigrants, indépendamment de leur langue maternelle et de leur pays d’origine.Je sais que vous avez parfois souligné la difficulté d’ordre technique d’accueillir d’un coup tous les enfants d’immigrants dans les écoles françaises.S'il faut, pour des raisons pratiques, procéder par étapes, la solution esquissée par M.Ryan peut être acceptable, s’il est clairement déclaré qu’il s'agit d’unei mesure temporaire et que les mêmes règles s'appliqueront à tous les enfants d’immigrants aussitôt que ce sera techniquement possible.Quant à l'occasion où l’étudiant immigrant pourrait, s’il voulait, faire un transfert au système d'éducation anglais, je crois qu’il y a une solution à la fois simple, équitable et efficace.Ce transfert doit être possible quand l’immigrant a terminé son cours secondaire.Il ne faut pas laisser de côté les jeunes immigrants de 14-18 ans, qui apprennent encore assez vite une lan-que seconde et à qui il faut donner une éducation qui leur permette de choisir, par la suite, une formation donnée en français.Si, avant la fin des études secondaires, l’étudiant est devenu citoyen canadien, le problème n'existe plus, il aura, bien entendu, les mêmes droits que tous les Canadiens et pourra donc faire les mêmes choix qu’eux.Aussi longtemps qu'il garde son statut d'immigrant, il fréquentera l’école obligatoire (primaire — secondaire) française.Il est certain qu’une telle politique constituerait une petite revolution culturelle.N’ayant rien d’inéquitable elle peut pourtant, par ses éléments nouveaux, inquiéter certains.De puissants adversaires d’un tel projet ne manqueront pas d'en déformer devant le public le contenu et les conséquences.Il va falloir que le gouvernement, s’il veut vraiment agir, ne tarde pas trop à prendre une position claire et qu’il aille ensuite à l’encontre des différents milieux d’immigrants pour l'expliquer et même la discuter.Je suis sûr que vous trouverez mes compatriotes ouverts et intéressés et qu'ils accepteront, une fois les problèmes bien expliqués, la politique linguistique proposée par M.Ryan avec les modifications que j’ai osé vous soumettre.Bengt LINDFELT, Immigrant d’origine suédoise.Québec, le 26 février 1974.Il y aura désormais les "bons” et les "mauvais" immigrants Si parmi les nombreux projets de loi qui dorment quelque part au gouvernement du Québec, un certain projet devait devenir loi, au sujet de la langue d'enseignement dans les écoles publiques, primaires et secondaires, du Québec, on pourra DESORMAIS déclarer officiellement que les immigrants de chez nous se divisent enfin en deux catégories publiques.Il y aura tout d’abord les “bons” immigrants, ceux qui auront le droit de choix, à savoir les Anglais, les Ecossais, les Irlandais, les Gallois, les Américains, les Pakistanais, les Hindous.les Jamaïquains, les Kenyans, etc.Et il y aura ensuite les immi- Un oubli regrettable Dans LË DEVOIR du samedi “Mo- Dans liques fort 23 février 1974, à la une, lière débarque emmitouflé”, Jac ques Thériault n’a pas mentionné que la Comédie-Française a bel et bien inscrit à son itinéraire qu’elle viendra à Toronto, les 14, 15 et 16 mars, au O’Keefe Centre.La Comédie-Française, les imprésarios et leurs auxiliaires, les centres culturels et artistiques de Toronto le savent, sauf vous, monsieur Thériault, et vos lecteurs bien entendu, à cause de vous! Comment uq bon journaliste comme vous peut-il se permettre de commettre un tel oubli?1 les milieux culturels et artisti intéressés à cette tournée _____ prometteuse, nous savons tous depuis janvier que la Comédie-Française a tracé sa tournée dans six villes du Canada (et qu elle n’ira pas aux Etats-Unis, à titre de complément de l’information).Vous induisez vos lecteurs en erreur, puisqu’il s’agit plutôt de sept théâtre canadiens, au lieu de six, et de six villes différentes au Canada, compte tenu de Toronto La Comédie-Française jouer à Ottawa autant de .qu’elle le voudra, c’est son affaire (et tant mieux pour cette région), mais il n’en demeure pas moins qu'il s'agit d'une ville, non pas de deux.En omettant le nom dé Toronto, vous laissez vos lecteurs sous l’impression que la die-Française fera relâche le 12 et le 18 mars.Ce qui est faux comme impression d abord.Dé cette impression, que vous lais- peut fois Comé- entre sez entendre, il n’est pas surprenant, très compréhensible même, que les Torontois ne pourront pas “se tordre de rire ”.Des propos du genre T on ne se tord pas de rire a Toronto, malgré les bons souvenirs que je garde de cette ville.Mais l'accueil y est fort différent, compte tenu de la langue”, se comprendra encore de la part d’un visiteur qui n’en est, visite en perspective comprise qu’à sa troisième visite en 19 ans.Il est bien normal que M.Jacques Charon exprime les impressions de sa dernière visite à Toronto.Mais Toronto a beaucoup évolué depuis ce temps à maints points de vue, surtout dans le domaine de la langue, de la culture et des arts.A Toronto, il n'y a sans doute pas de salle ou d’amphithéâtre assez spacieux pour loger tous les 90,000 francophones qui s'y trouvent, mais avec le temps ça viendra.Gérard GAUTHIER Toronto, le 25 février 1974.grants “méchants”, ceux qui n’auront pas le droit de choix, à savoir les Français, les Belges, les Suisses, les Haïtiens, les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Grecs, etc.Comme on le voit, c’est très latin, c’est très catholique, c'est très français, c’est très “clair”! Il est vrai que le domaine de la langue est un domaine où l’angoisse culturelle des Québécois devient on ne peut plus irrationnelle et irraisonnable, mais je ne comprends pas comment un pareil projet de loi ait pu fleurir au Québec.Car ce projet n’est pas seulement immoral, il est aussi grotesque, et surtout il est AJURIDIQUE, puisque je ne vois pas comment il pourrait être concrètement applique.C’aurait été si facile pour le gouvernement de faire une distinction classique entre citoyens ou résidents et immigrants et de n’accorder le fameux “choix ” qu'aux premiers.Avec un peu d’originalité, nos hommes politiques québécois auraient même pu créer un nouveau concept juridique, la citoyenneté québécoise, et n’accorder le "choix” en question qu’à ceux qui seraient citoyens québécois.C'aurait été s-i facile, ce serait si facile, qu'on ne peut pas s'empêcher de se demander pourquoi une pareille solution juste, équitable, et “praticable ” n'a pas été formulée.C’est vraiment mystérieux.Giuseppe Tl'RI Quebec, le 26 février 1974 LE DEVOIR Fonde par Henn Bourassa le lOianv.er 1910 ¦docteur en chef Directe^ et r Claude Ryan Rédacteur en che* adjoint Michel Roy Directeur de ( information; JeanFroncoeur ( Trésorier Bernard Larocque LE DEVOIR est publie par I Imprimerie Populaire société a 'esponsabil t limitée dont le s.ege social est situe ou numéro 211 rue du So-r Socr» ment Montreal H2Y 1X1 II est compose et imprime par I Imprmen Dumont incorporée dont les ateliers sont situes à 9130 ’ e Bo v n wdl LaSalle L agence Presse Canadienne est aJtonsee à employer et à d> fuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT Edition quot-dienne $40 poi annee « s moi* $22 • etranger $45 par année sa mois $25 trous mon $13 Ea*o '< 01 samedi SIC par annee Edition quotidienne 'n-ee j dom v > c,v 00 teur 90 cents por semome Tant de I obonneme-H ,e * c\v o oo>v .¦* r-ennesur demande Couder de dewfrme Josve e- cg v ,•-e •• >.«e 0858 Dépôt legal Bibliothèque noGonaiedu Ox ebe< TÉLÉPHONI: 844-336T g rsg c.oeev Le Devoir, lundi 4 mars 1 974 • 5 événements Un code d'éthique universel pour la presse ?La déontologie journalistique à Tordre par RENÉ MAILHOT • Dans le numéro de février du Bulletin des journalistes, organe de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec dont il est le président, le journaliste René Mailhot présente un résumé intéressant d’un effort entrepris sous les auspices de l’UNESCO en vue d’élaborer “un code national type’’ de règles de conduite éthi-(pies à l’intention des responsables de la presse.Au cours d’une première réunion consultative tenue d Paris les 12et 13 novembre 1U73, un groupe d’experts convoqués par l’UNESCO a d’abord entrepris d’analyser les principes énoncés dans un certain nombre de codes existants dont l’UNESCO a été saisie par une enquête.Voici le résumé que René Mailhot trace de cette étude dans le Bulletin des journalistes.Il ressort de 1 examen des préceptes énoncés dans les codes de déontologie existants que les grands principes en jeu s'appliquent à divers aspects du processus de la communication.Certains concernent la profession dans son ensemble; mais d'autres s’appliquent particulièrement aux journalistes dans l’exercice de leur métier, tandis qu’une troisième catégorie intéresse essentiellement les dirigeants.Dans cette dernière catégorie, entreraient en particulier les dirigeants de la radio et de la télévision ainsi que de la presse.Règles concernant la profession dans son ensemble 1) Véracité de l'information rapportée.Cette exigence fondamentale d’exactitude de l'information rapportée suppose nécessairement une parfaite intégrité des journalistes et des dirigeants des moyens d'information.2) Présentation honnête des faits.Cette règle fait obligation aux journalistes et opérateurs non seulement de rendre compte de façon équilibrée de tout événement mais encore d'éviter d'en donner une version tronquée ou délibérément faussée, qu'il s'agisse de relater un accident d'automobile ou d'exposer des décisions politiques.Elle implique le respect d'autres principes importants mais qui lui sont subordonnés, comme ceux de la pertinence et de la conformité aux faits.(Bien que plusieurs codes mentionnent aussi l objecti-: vité.les participants aux consultations de novembre ont estimé que celle-ci était impossible à atteindre et que d'ailleurs, dans maints pays, elle n'était pas souhaitable.Ils ont fait notamment allusion aux méthodes couramment pratiquées par la "presse engagée ") 3) Information relative à la violence et au crime.Eviter la recherche exagérée du sensationnel est généralement considéré'comme étant une.obligation morale de la presse et de ses dirigeants.(Dans l'ensemble, les représentants aux consultations de novembre se sont accordés pour penser que la modération constituait le principe de base du reportage, en ce qui concerne non seulement le crime et les actes de violence, mais aussi la sexualité.) 4) Respect de la vie privée.Ce principe peut, dans certains cas, faire double emploi avec celui qui précède en ce sens qu'il implique aussi le refus du sensationnel à tout prix.(Les participants aux consultations ont émis l’avis que le droit à la vie privée dépendait néanmoins aussi de la profession de la personne en cause.Ils ont fait remarquer, par exemple, qu’un homme d'Etat ou une vedette du cinéma.de par la position même qu’ils occupent, renoncent au droit d'avoir une vie privée aussi protégée que celle d’une personne moins en vue.Les participants ont aussi attiré l'attention sur le fait que les journalistes peuvent se montrer délibérément réservés dans les informations qu’ils rapportent, évitant par exemple de faire état du passé criminel d'un individu dont on parle dans la pressé.) 5) Confraternité.Les moyens d'information devraient s'efforcer de maintenir un juste équilibre entre une concurrence.loyale et la nécessité d’une solidarité au sein de la profession.Aucune discrimination fondée sur la race, la religion ou la nationalité ne devrait être admise.(Les participants aux consultations ont souligné à ce propos le problème aqquel se heurtent les correspondants qui travaillent dans des pays autres que le leur.Ils ont estimé que les moyens d'information avaient le devoir particulier d’aider les correspondants étrangers, contribuant du même coup, en complétant les données de base, dont ils disposent, à améliorer la qualité de leurs dépêches.) 6) Formation professionnelle.La compétence des journalistes de tous les moyens d’information peut bien entendre être améliorée par une formation professionnelle valable visant notamment à leur inculquer, en début de carrière, les principes déontologiques à respecter.Règles concernant surtout les journalistes 1) Responsabilité morale de l’information publiée.Assumant pleinement la responsabilité morale de l'information qu’il transmet, le journaliste devrait s'efforcer de vérifier son exactitude.S’il ne peut le faire, il devrait le signaler dans son article.2) Accès aux sources.Dans l'exercice de ses fonctions, le journaliste devrait avoir pleinement accès aux sources d’information, notamment à celles qui jouent un rôle dans les affaires publiques.(Au cours des consultations collectives, il a été suggéré que l'institution d'une carte internationale de journaliste serait de nature à faciliter l’accès aux sources d’information.notamment pour les correspondants étrangers.Des participants ont aussi estimé que le principe de l’accès aux sources était lié à la question du secret professionnel (voir ci-après).On a aussi fait observer que la liberté d'accès aux sources entraînait la nécessité de mettre le public en mesure d'obtenir les informations qui lui sont nécessaires en lui offrant une pluralité de points de vue et en évitant autant que possible une présentation monolithique des faits.) 3) Secret professionnel.Le droit des journalistes à garder secrètes leurs sources d'information est un des principes de base de la profession.Dans certaines circonstances, il est entendu que le journaliste peut être contraint d'enfreindre cette règle du secret professionnel dans l’intérêt de la société.Far exemple, si un journaliste a connaissance d'un délit avant la police, ses devoirs de citoyen remportent sur ceux de journaliste.(Les deux plus grandes organisations non gouvernementales de journalistes ont exposé leur point de vue sur cette question.La Fédération internationale des journalistes a approuvé une déclaration selon laquellelesjournalistes doivent garder le secret professionnel au sujet des sources de renseignements communiqués confidentiellement.L’Organisation internationale des journalistes a affirmé que le journaliste respecte le secret professionnel et garde pour lui les renseignements qui lui sont communiqués à cette condition.Il ne revèle pas non plus ses sources d’information sauf à son supérieur responsable s’il estime que ce dernier est lui aussi lié par le secret professionnel.) 4.Calomnie et diffamation.Bien que, dans la plupart des pays, la calomnie et la diffamation soient punies par la loi, de nombreux codes existants stipulent qu'un des principaux devoirs du journaliste est d'éviter de tels actes.5) Plagiat.Il existe également des lois qui punissent le plagiat, mais les codes qui enjoignent au journaliste de ne pas recourir à de telles pratiques le font surtout en ayant en vue la solidarité professionnelle et le devoir du journaliste d’éviter tout acte qui pourrait nuire à un collègue.(A de propos, il a été fait allusion au cas du journaliste qui signe un article rédigé par un collègue).6) Publicité ou propagande.Le journaliste ne doit accepter de rétribution ou d’avantages en contrepartie d’un article que de l'organisme d’information pour lequel il travaille.Comme il doit avant tout être loyal envers cet organisme, il ne doit ni déformer ni supprimer des in- lettres au DEVOIR le zèle étatique poussé trop loin Avec vos collègues provinciaux et votre homologue fédéral, vous avez convenû de recommander des mesures sécuritaires qui atténueraient les risques de blessures et éventuellement de mortalité dans les accidents d'automobiles.J'ai souvent réfléchi sur la liberté (les occasions sont nombreuses) et, à la suite de plusieurs sociologues, je proteste contre la trop grande facilité dont disposent les gouvernants de faire des lois et de restreindre la liberté.Je ne crois pas que votre conviction sur les avantages évidents de telles mesures vous autorisent à susciter des lois.La légitimité des lois repose en grande partie sur le besoin de respecter la liberté des Vers LEST?Confirmation instantanée 877-4032 Télex: 05-25505 Moncton-Hôtel Beauséjour Halifax-Hôtel Nova Scotian St-Jean,T.-N.-Hôtel Newfoundland.tn dehors de Montréal, composez (sans frais) 1-800-261-6222 hôtels CM formations pour contenter une source extérieure.Il doit aussi s’abstenir de toute publicité commerciale dans ses articles.Règles concernant surtout les dirigeants 1) Liberté d’information.Le droit à l’information implique que l’on donne sur tout événement particulier un éventail aussi large que possible de points de vue.Dans le cas de la presse écrite, où les situations de monopole sont moins fréquentes qu’en ce qui concerne la radio et la télévision, l’existence de journaux concurrents est le meilleur moyen d'assurer la liberté d’information.Il convient donc, à cet égard, de ne pas mettre à profit la concurrence naturelle qui existe entre les journaux pour réduire leur nombre.Le fait qu’à côté de la presse écrite, il existe d’autres moyens d’information électroniques peut aussi contribuer à assurer à cette diversité de l’information qui, de l’avis général, est souhaitable.Les moyens d’information concurrents ont donc mutuellement intérêt à coexister.2) Service du public.Etant donné leur portée et leur champ d’action, les moyens d’information jouent un rôle important dans le service du public.Il convient, en conséquence, qu’ils assument la responsabilité morale et légale de leur façon de traiter l'information.Cela implique non seulement qu'ils évitent de déformer ou de manipuler les nouvelles, mais aussi qu’ils fassent des efforts positifs pour améliorer la compréhension au sein de la communauté comme au niveau international.3) Rectification des erreurs.Les lois relatives à la calomnie et à la diffamation garantissent dans une certaine mesure la rectification des erreurs commises dans la presse écrite ou parlée.La norme, s’agissant d'un journalisme de qualité, veut que, dans la mesure du possible, les organismes d’information n’attendent pas qu'une action en justice soit intentée.mais s'efforcent de rectifier d’eux-mêmes les erreurs qu'ils peuvent avoir commises de bonne foi sous la pression des délais ou en raison d’in- HOTEL DE GRANDE CLASSE à des prix abordables, au coeur même de la région de la Capitale Nationale (Hull-Ottawa) 133 chambres, salons et studios Stationnement intérieur - exte'rieur disponible Casse-Croûte Piano Bar des plus accueillant Salle à Manger offrant une excellente cuisine ' française Salles de réunion et de banquet Pour réservation: (819) 770-8550 131, rue Laurier, Hull, Québec A la sortie du PONT INTERPROVINCIAL (Alexandra) LE MARQUIS autres; je ne vois pas en quoi le fait de ne pas porter la ceinture de sécurité empeche les autres de la porter.En quoi nuis-je à la liberté des autres de porter cette ceinture, si moi, je ne la porte pas?Etant donné le fait que les automobiles disposent toutes de ces ceintures.les passagers ont la possibilité de s en servir.Je vous prie de considérer attentivement où peut nous mener cette tendance à faire des lois pour forcer les individus à protéger leur vie et leur santé: imposer à chacun l'obligation de manger régulièrement et suffisamment! Défendre de fumer! Obliger à un conditionnement physique?Imposer un régime alimentaire?et que sais-je encore.Quand vous ferez des lois pour que je respecte la vie et la santé des autres, je vous encouragerai volontiers.Mais quand vous vous aventurez dans des législations qui ne concernent pas vraiment le bien public, je trouve que vous abusez du pouvoir au détriment de votre autorité.Je crains de plus que la population en vienne à trouver normale l'ingérence des pouvoirs publics dans des domaines privés.(N’y aurait-il que la “chambre à coucher” qui doive être respectée, comme l'a fait la loi omnibus?) Je suis conscient qu’une bonne éducation doit être faite pour améliorer l’état de santé des citoyens, mais quand je vois les dirigeants obliger les automobilistes à "attacher leurs ceintures", je pense à l'époque récente où les directeurs d ecole (ou les commissaires) défendaient le port des cheveux longs chez les garçons, défendaient le port de la barbe chez les professeurs, défendaient les jeans chez les étudiants et d'une façon générale "se faisaient la main", exerçaient “leur pouvoir" en faisant des lois "qui imposaient leurs valeurs" en écoeurant les sujetf et en détériorant, dans la plus parfaite innocence, le climat de confiance qui est la base réelle de l'autorité.Comme vous, je souhaite que tous les gens vivent en santé.J'espère que les automobilistes seront plus prudents.Si on me prouve que les ceintures de sécurité ne sont pas seulement un “gadget" qui occasionne l’augmentation des prix des autos, je serai volontiers fidèle à la consigne, mais je ne souhaite pas que le gouvernement continue de détériorer le climat de liberté et de confiance qui maintient l'autorité.Albert FREDETTE Granbv, le 15 février 1974 la parole du jour “Le coeur seul connaît son propre chagrin et nul étranger ne pourra jamais partager sa joie" — Proverbes 14,10.“Mieux vaut une portion de légumes avec de l'affection qu'un boeuf gras avec de la haine” — Proverbes 15,17."Qui veille sur sa bouche garde sa vie; qui parle trop se perd" Prover-bes 13.3.“Au malheur de l’orgueilleux il n'est pas de guérison.' — Ecclésiastique 3,28 (deuxième siècle avant JC).3 leçons de cuisiqe Saisonijiètê (le jour ou le soir) Fondues et flambées, fruits de mer, repas de Pâques.Pour recevoir les programmes détaillés: 843-6481 titut ziïiffernanl 2015, RUE DE LA MONTAGNE, SUITE 610, MONTRÉAL 107.permis de culture personnelle du ministère de l’éducation du jour de l’UNESCO formations erronées qui leur sont parvenues.Plusieurs pays ont tenté de réglementer le droit de rectification et une convention des Nations unies en la matière est entrée en vigueur.(On fait observer que, pour les organismes de télévision en particulier la rectification de communications erronées constitue une obligation difficile à respecter en raison du temps limité imparti aux nouvelles.Force est donc d’admettre que les radiodiffuseurs peuvent se limiter à rectifier les erreurs importantes et laisser passer les erreurs minimes — portant sur un nom ou une adresse, par exemple).4) Droit de réponse.Comme le droit de rectifi- cation, le droit de réponse est autant un engagement moral qu’une obligation légale.Dans maints pays, la presse écrite a admis depuis longtemps le principe qu’il s’agit d’un droit fondamental de l’individu.Mais là aussi, en ce qui concerne la radio et la télévision, l’exercice du droit de réponse est fonction du temps disponible pour les nouvelles ainsi que de l'importance de l'événement relate.(Les participants aux consultations ont été informés que même dans les pays où il existe plusieurs organisations de télévision de caractère privé, il n’est pas admis que l’exercice du droit de réponse, notamment lorsque des campagnes électorales provo- uent de multiples demandes e “temps de parole égal”, se fasse au détriment de la diffusion des nouvelles.) Enfin , les organisations non gouvernementales ont estime ue divers principes -figurant ans certains codes de déontologie des moyens d'information n’ont qu’un champ d’application limité du fait qu'ils correspondent à des situations nationales particulières.Signalons, pour mémoire, qu'il s'agissait des points suivants: responsabilité en matière de sûreté nationale, procédures de sanction en cas de violations des codes, droit d'auteur, règles relatives aux photographies, incitation à la violence et compte rendu de procédures officielles.m ' '' ' VC *14 iiii, ^, .; ” , Si son lustre d’antan n’est plus qu’un souvenir Pourquoi ne pas profiter de cette offre: en vigueur du 4 au 9 mars 20% sur travaux de réargenture Birks reconnera à l’argent tout l’éclat du neuf.Si vous désirez faire réargenter plusieurs pièces, faites appel à notre service de cueillette à domicile.Il faut compter de 8 à 12 semaines pour un travail d’excellente qualité.Réduction de 20% sur les prix courants.Format régulier Format large THÉIÈRE $18.60 $24.00 PLATEAU .12” rond ou ovale $16.80 PLAT DE SERVICE 12” rond ou ovale .$28.20 Supplément pour réparation de griffes profondes.Supplément pour réparation ou abrasion des marques.Prix spéciaux pour réargenture des couverts et des pièces non indiquées.Appelez notre service de cueillette à domicile si vous désirez envoyer de nombreux articles.Téléphone; 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de le remettre également à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, et ensuite de le rendre public.On estime également qu’une nouvelle vague d’inculpations va être annoncée sous peu, en rapport avec les activité des plombiers de la Maison-Blanche, de l’espionnage politique et des autres coups bas de la campagne électorale 1972, de l’affaire EUsberg et ITT.Les milieux politiques de Washington estiment que TeventuaLité de l’ouverture d’une procédure d’impeachment s’est accrue depuis vendredi, pour trois raisons • le fait que le grand jury ait choisi d ^annexer un rapport confidentiel à l’acte d’accusation qu’il a remis au juge Sirica; • le fait que cet acte vise trois des plus proches anciens collaborateurs du président Nixon; • le fait que l’acte mette en cause la véracité des déclarations présidentielles.Il affirme en effet que Bob Halde-man, ancien secrétaire-général de la Maison-Blanche, a menti en affirmant devant la commission Ervin que le président Nixon avait exprimé une objection morale à la possibilité d’acheter le silence des inculpés du Watergate pour un million de dollars.En outre, d’autres témoignages compromettants pour le président Nixon risquent d’être entendus au procès des sept inculpés, qui s’ouvrira samedi prochain et pourrait durer de trois à quatre mois.Les inculpés sont John Mitchell, ancien procureur général, Bob Haldeman, ancien secrétaire-général de la Maison-Blanche, John Ehrüchman, ancien conseiller présidentiel pour les affaires intérieures, Robert Mar-dian et Kenneth Parkinson, ex-collabo-rateurs de la campagne électorale républicaine, Charles Colson ancien conseiller de M.Ehrlichman et chef des plombiers, et Gordon Strachan, agent de liaison entre la Maison-Blanche et le Comité pour la réélection du président Nixon.Les conséquences politiques de ces derniers développements de l’affaire Watergate risquent de se manifester dès demain, lors d’une élection complémentaire à la Chambre des représentants dans TOhio et en Californie.Les républicains ont déjà perdu deux sièges lors d’élections complémentaires depuis le 1er janvier.En cas de nouvelles défaites ils risquent bien de vouloir se débarrasser ou au moins prendre leurs distances vis-à-vis du président Nixon avant les élections de novembre, où aucun républicain n'est assuré de se faire rééüre, selon M.Gold-water lui-même.PROJET DOW-DOME le territoire canadien près de Windsor, pour aboutir à Sarnia.Des installations d’entreposage sont en outre prévues le long de ce parcours.Il va sans dire que le certificat demandé par Cochin ne vaut que pour les tronçons canadiens du réseau, dont la construction coûterait environ $100 millions.L'oléoduc d’éthane alimenterait l’usine de constitution de gaz synthétique de la société Colombia LNG à Green Spring, Ohio; et Dome soutient que l’é-tnane exporte (auquel on ajouterait du propane, du butane et du condensé gazeux en faibles quantités) servirait à des fins thermiques plutôt que pétrochimiques.L'oleoduc d'éthylène transporterait aux usines de Sarnia de la société Dow Chemicals la plus grande partie de la production d’une nouvelle usine d’éthylène que Dow projette de construire en Alberta.Cette usine aurait une capacité de un milliard de livres d’éthylene par année, soit le volume minimal re-.quis pour que les coûts de production soient concurrentiels à l’échelle mondiale; sa construction, compte tenu d'installations attenantes pouf transformer sur place une partie de la production, nécessiterait vraisemblablement une mise de fonds de Tordre de $200 millions.Que le cabinet fédéral doive entériner ces deux décisions de l’Office de l'énergie indique déjà que celui-ci est favorable à l’exécution du projet Dow-Dome, puisque les décisions negatives de l’Office sont exécutoires et sans appel (sauf s'il y a présomption de vice de forme ou d’abus de pouvoirs).Au contraire, les décisions favorables de TONE, fondées comme les autres sur des critères essentiellement techniques, comme la disponibilité de réserves excédentaires d’hydrocarbures, dans le cas des permis d’exportation, prennent la forme de recommandations au cabinet, qui peut ainsi révoquer ou modifier les décisions de l’Office ou instruire celui-ci de procéder à un nouvel examen de la requête en cause.Le gouvernement federal a ainsi l’occasion d’insérer dans le contexte plus large de ses politiques économiques générales et de ses priorités politiques les recommandations “techniques” de sa régie, lorsqu'elles conduisent à des transactions énergétiques internationales ou à des investissements qui peuvent avoir des répercussions importantes sur l'évolution de l'économie et de la société canadienne à plus ou moins longue échéance.Mais ce pouvoir de veto des ministres s’exerce à huis clos et à Tabri des pressions de l’opinion et des intéressés, puisque les recommandations favorables de TONE demeurent en principe secrètes jusqu’à ce que le cabinet ait statué sur elles.LE DEVOIR a néanmoins appris qu’a-près un examen aussi long que minutieux des deux requêtes du consortium Dow- Pierre Lajoie succède à Lise Bacon au PLQ M.Pierre Lajoie, secrétaire d’administration dans le cabinet du premier ministre depuis trois ans, a été nommé président du Parti libéral du Québec.Agé de 32 ans, il succède à Madame Lise Bacon, élue député en octobre dernier et devenue ministre d’Etat aux Affaires sociales.Choisi par le Comité exécutif du Parti (sept personnes) sous l’autorité du chef, M.Bourassa, le nouveau président a été élu par le Conseil de direction (environ 80 personnes) qui siégeait à huis clos dans la matinée de samedi à l’hôtel Reine-Elizabeth.En réalité, le Conseil a entériné le choix du Comité exécutif.La presse n'avait pas été convoquée pour entendre les déclarations que MM.Lajoie et Bourassa ont faites devant leurs collègues samedi.Il n’a donc pas été possible d’interroger le nouveau président et le premier ministre.Mais les services de presse du PLQ ont transmis un communiqué qui reproduit les déclarations des aeux hommes.On retient en particulier, de M.Lajoie, les passages suivants: “Sous la direction de notre chef, nous avons donc ensemble une oeuvre à continuer, celle de l'édification d une société québécoise plus humaine et plus prospère." M.Lajoie insiste d'autre part sur la nécessité de multiplier les congrès régionaux et il exprime le voeu que le gouvernement “s’attache à traduire dans son action quotidienne la politique que nous avons définie ensemble et qui a été ratifiée par la population”.De son côté, M.Boürassa se félicite “du dynamisme et de la compétence” du nouveau président qui, dit-il, “vient d’une région particulièrement représentative du Quebec moderne”.Le premier ministre pensait au Lac Saint-Jean.Dome et de leurs implications multiples, l’Office national de l’énergie s’est résolu à recommander au cabinet Trudeau qu’il autorise l’ensemble du projet.Cependant, TONE recommande aussi que cette autorisation soit assortie de modifications préalables et obligatoires du projet, dont la nature exacte n’a pas transpiré hors des officines fédérales.On peut néanmoins présumer que ces modifications porteraient sur les modalités du permis d’exportation d’éthane vers les Etats-Unis: les volumes autorisés, la durée du contrat et la formule de relèvement des prix, d’une année à l’autre, négociée entre Dome et Columbia LNG.Rappelons à ce sujet que Dow-Do-me ont finalement réclamé un permis de 15 ans, alors que TONE a désormais pour politique de n’approuver que des transactions à courte échéance; rappelons aussi que l’Office a laissé entendre il y a quelque temps qu’il n’était pas satisfait des échelles de prix proposées par les deux parties contractantes.Mais comment donc la décision que prendra le gouvernement Trudeau sur ce projet peut-elle influer sur l’essor et la structure régionale de l’industrie pétrochimique canadienne?C’est que si le projet Dow-Dome ne démarrait pas bientôt ou était bloqué pour de bon, le développement du complexe pétrochimique de Sarnia pourrait etre serieusement grevé par une carence d’éthylène, malgré la constrùction prochaine de l'usine du consortium SOAP.Or, comme Sarnia est désormais le principal centre de production du pays et celui dont la conjoncture favorise le plus l’essor, la croissance de toute l’industrie canadienne s’en ressentirait jusqu’à la fin de la décennie.En revanche, pareil plafonnement (relatif) de Sarnia rehausserait vraisemblablement les perspectives d’expansion du complexe pétrochimique albertain, compte tenu d’un certain décalage puisque Dow renoncerait probablement à son usine d’éthylène en courte période.De même, une décision négative d’Ottawa pourrait susciter, par la bande, une deuxième expansion de la capacité de production de l’usine d’éthylène de Gulf à Montréal.Comment la décision du cabinet pourrait-elle susciter une nouvelle controverse entre Ottawa et TAlberta?C’est que le gouvernement Lougheed, d’abord favorable au projet Dow-Dome, s'interroge sérieusement depuis peu sur les avantages économiques qu’il comporte pour TAlberta; et si cette interrogation devait aboutir à des conclusions négatives, Edmonton pourrait user de ses pouvoirs propres pour le contrecarrer, malgré Taval d’Ottawa.Mais il convient, pour étayer ces hypothèses recueillies à Calgary, d’évoquer à grands traits la logique du projet Dow-Dome.Dow Chemicals affirme qu’elle devrait renoncer à son projet d’investissement pétrochimique en Alberta s’il lui était impossible d’acheminer par oléoduc un fort volume d’éthylène vers Sarnia, en Ontario, où elle dispose d’usines de transformation situées à proximité du grand marché canadien (et de celui du midwest américain) et où se fait cruellement sentir depuis quelque temps une pénurie de cette matière de base.En conséquence, Dow s’est associé à Dome Petroleum, qui est un important producteur de gaz en Alberta, pour financer la moitié du réseau d’oléoducs que Cochin Pipe Lines, la filiale de Dome, veut construire en direction de TOhio et de l’Ontario.Or, le consortium Dow-Dome a soutenu devant TONE que la construction d'un oléoduc “simple” exclusivement pour Téthylène entre TAlberta et TOn-tario — qui est évidemment dans l’intérêt de la seconde province, sinon nécessairement dans celui du pays tout entier — ne serait pas rentable.Pour que les coûts de construction deviennent abordables, la ligne doit donc être doublée d’un oléoduc d’éthane, soutient le consortium.En l’occurrence, l’octroi d'un permis d’exportation, en permettant a Dome de ratifier son contrat d’approvisionnement en éthane avec la Columbia LNG, constituerait le préalable nécessaire de la construction par Dow d'une usine d’éthylène en Alberta d'une part, et de l’approvisionnement en éthylène du complexe pétrochimique de Sarnia, d’autre part.Le gouvernement de TAlberta avait accueilli avec enthousiasme le projet Dow-Dome, en 1971, parce qu'il y voyait le moyen d’amorçer sur son territoire l'édification du complexe pétrochimique que les réserves albertaines d’hydrocarbures lui permettaient d’espérer, malgré les difficultés d’accès aux marchés.Ce n’était pas encore, ni les usines de plastiques, ni les fabriques d’objets en plastique dont rêvait Edmonton; mais il valait mieux vendre de Téthylène que du gaz naturel même s’il fallait, pour ce faire, exporter aux Etats-Unis de Téthane qu’on aurait autrement fait brûler ailleurs.On a donc tout fait pour faciliter l’exécution du projet.L’Office de conservation des ressources de l’Alberta a promptement délivré à Dome Petroleum un permis d’extraction et d’expédition d'ethane outre-frontières; et le cabinet provincial s’est empressé de ratifier ce permis par arrêté ministériel.Dès le départ, néanmoins, l’Office national de l’énergie d’Ottawa s’est montré beaucoup plus circonspect devant la proposition ambitieuse, complexe et d'une logique apparemment difficile à réfuter du consortium Dow-Dome.Après neuf jours d’audiences publiques sur la requête de permis d’exportation de Dome, en janvier 1972, TONE a entrepris l'examen de la documentation présentée par la société quatre mois plus tôt et des interventions de tiers suscitées par la requête; la régie lançait simultanément le programme d'analyses d’usage sur la requête, conformément à sa pratique habituelle.Toutefois, 16 mois plus tard, l’Office n’était pas encore parvenu à arrêter sa décision et décidait de tenir en juillet 1973 de nouvelles audiences publiques afin de permettre à Dome de présenter et défendre des modifications a son projet original, d’obtenir un complément d’information, et de permettre a 35 intervenants de venir encore dire du bien et du mal — surtout du mal — de la proposition du consortium.Les délibérations de l’Office se sont poursuivies après ces audiences; et ce n’est qu’en février 1974, deux ans et demi après la présentation initiale de la requête de Dome Petroleum, que TONE a pu prendre position et se décider à transmettre des recommandations favorables au cabinet Trudeau.La requête présentée par Cochin Pipe Lines d’un certificat autorisant la construction de son réseau d’oléoducs éthane-éthylène a forcément suivi le même cheminement.Ainsi, avec de longs délais mais aussi la caution technique de TONE, le gouvernement Trudeau s’apprête vraisemblablement à satisfaire en partie les velléités d’industrialisation de TAlberta, en autorisant deux projets d’investissements dans les secteurs gazier et pétrochimique que favorisent ardemment les milieux gouvernementaux d’Edmonton — tout au moins le croit-on à Ottawa.Peut-être certains ministres fédéraux espèrent-ils même “monnayer” le feu vert du cabinet au projet Dow-Dome contre certaines concessions du gouvernement Lougheed dans la dure négociation pétrolière amorcée en janvier dernier.Mais ces espoirs, si on les entretient vraiment dans les milieux fédéraux, risquent d’être brutalement détrompés.Car malgré l’approbation qu’il accordait il y a Élus d’un an aux promoteurs du projet •ow-Dome, le gouvernement Lougheed n’en est plus guère très entiché.Certes, le vent n’a pas encore complètement tourné contre ce -puissant consortium privé; mais un investissement pétrochimique qui, il y a à peine un an, paraissait des plus intéressants, pour un gouvernement décidé à transformer en Alberta le plus possible de sa production d’hydro-carbures, paraît aujourd’hui bien falot comparativement aux projets ambitieux que les milieux pétrochimiques canadiens et étrangers n’arrêtent plus de proposer à Edmonton — dit-on là-bas — depuis le début de crise pétrolière internationale.Devant cet éventail de propositions, faites à des conditions d'intéressement local et de plus grande transformation sur place de Téthylène et autres matières de bases plus avantageuses pour TAlberta que celle de Dow Chemicals, le premier ministre Lougheed et ses deux ministres directement intéressés à l’affaire, MM.Dickie (mines et ressources) et Peacock (industrie et commerce) doutent de plus en plus que le projet Dow-Dome soit le plus conforme aux intérêts économiques de leur province en longue période.Et si les milieux politiques albertains attendent vraiment une faveur du gouvernement Trudeau à ce sujet, c’est peut-être bien davantage un répit qu’une prompte approbation.Ainsi, le permis provincial délivré à Dome par l’Office de la conservation ne deviendrait pas irrémédiable dès ce printemps: en quel cas Edmonton serait forcé, soit de laisser faire, malgré le préjudice qui pour-tait en résulter pour l’Albert, soit de révoquer ce permis, ce qui serait bien embarrassant et ne ferait qu’ajouter au ressentiment contre l’équipe Lougheed qu’a semé dans certains milieux de Calgary certaines de ses décisions récentes concernant d’autres aspects de l’industrie pétrolière et gazière.Disons enfin que le motif principal des doutes entretenus désormais par le gouvernement Lougheed au sujet du projet Dow Dome est la formulation récente d’une deuxième projet d’investissement pétrochimique en Alberta comparable à celui de Dow Chemicals mais plus ou moins en concurrence avec celui-ci, projet que les Albertains jugent plus attrayant et “rentable” pour leur province oue le premier et dont certains craignent de voir l’exécution compromise par le démarrage de celui-ci.C’est le projet d’usine d’éthylène de grande capacité de TAlberta Gas Trunk Line Company, une entreprise qui, en ce qui a trait au développement industriel de leur province, a presque la même valeur symbolique, dans l’esprit des Albertains, que THydro-Québec ou Sidbec dans celui des Québécois.PARTI MUNICIPAL Le PQ ne doit pas prétendre monopoh-ser le renouveau, line action peut s’organiser avec d’autres et le PQ sera très heureux de l’appuyer.” Pour M.Lévesque donc, ce colloque n’était qu’un exercice de réflexion, le point de départ d’une action qui serait déjà satisfaisante si seulement elle parvenait à prendre la forme d’une opposition moindrement structurée.Et il ne faut surtout pas s’imaginer que cela va changer du jour au lendemain.“Ceux qui s’imaginent qu’à Montréal ce sera plus court, plus facile, risquent d’être déçus.” Le colloque a cependant révélé que les militants péquistes sont beaucoup plus pressés que leurs dirigeants.En fin de semaine, ils ont non seulement convenu de former un parti politique mais pensent déjà à un leader qui saura affronter le maire Drapeau sur la place publique.¦ la météo Une forte dépression située sur le lac Supérieur hier midi traversera le centre du Québec.Elle apporte du verglas et de la pluie sur le sud de la province et de la neige possiblement mêlée de pluie verglaçante sur le Nouveau-Québec.Après son passage la circulation générale s'établissant au sud-ouest les températures seront de saison et même douce sur le sud de la province mais le temps sera plutôt nuageux mardi.• Régions de Chibouganau: dégagement partiel tôt ce matin et chutes de neige éparses par la suite.Les températures baisseront pour atteindre 10 en soirée.Vents forts de l’ouest.Aperçu pour mardi: nuageux.Régions Pontiac-Témiscamingue de TOu-taouais, de Montréal, des Laurentides, des Cantons de l'Est: dégagement et les températures refroidiront pour atteindre 30 à 35 en soirée.Vents forts de l’Ouest.Aperçu pour mardi: doux et possibilité de pluie.• Régions de la haute Mauricie, de Québec / Trois-Rivières: Dégagement et les températures baisseront pour atteindre 25 à 30 en soirée.Vents forts virant à l’ouest ce matin.Aperçu pour mardi: nuageux et doux.Régions du Lac St-Jean: dégagement nartiel ce matin et chutes de neige éparses par la suite les températures atteindront 30 à 35 ce matin et se refroidiront par la suite pour atteindre 15 à 20 en soirée.Vents forts virant à Touest.Aperçu pour mardi: nuageux.• Régions de Baie-Comeau, de Sept-Iles, de Gaspe, de Rimouski: possibilité de pluie.Dégagement en fin de journée.Vents forts de Test virant a Touest.Les températures atteindront 30 lundi matin et baisseront par la suite pour être de 20 en soirée.Aperçu pour mardi: passages ensoleillés.Avant même aue Ton lui torde le bras, M.Lévesque a déjà indiqué qu’il a d’autres chats à fouetter.Et si la longue réflexion amorcée au lendemain de la défaite du 29 octobre le convainquait d’abandonner la présidence du parti, ce serait sans doute pour se consacrer entièrement au journalisme.Au sein des divers caucus du week-end, les noms d’autres leaders péquistes ont été mentionnés comme candidats logiques au leadership du mouvement mti-Drapeau: MM.Camille Laurin, Marcel Léger, Jacques Parizeau mais avec beaucoup d’insistance, Me Robert Burns, leader parlementaire de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale.Officiellement, au moins trois groupements ont pris l’initiative de structurer le rassemblement des forces démocratiques pour combattre le maire Drapeau: Les péquistes des régions Montréal-Centre et Montréal-Nord; le Mouvement progressiste urbain (MPU) et le Comité régional intersyndical de Montréal (CRIM Le député de Saint-Jacques, Claude Charron, a animé le plus fréquenté des ateliers de travail, celui portant sur la qualité de la vie.Les participants ont recommandé que le programme du nouveau Parti municipal comporte notamment l’établissement de conseils de quartier que Téchevin représenterait à l’hôtel de ville.La regénérescence de la vie de quartier est d’ailleurs apparue comme la ligne de force de ce nouveau programme.“Il faudrait respecter et favoriser le maintien d’une vie de quartier apte à l’épanouissement d’une vie culturelle et à l’intégration des immigrants.” L'INFORMATION tes et tous les sujets d’actualité pouvaient être abordés.La situation s’est vite détériorée, surtout à la faveur de la crise d’octobre *70.De plus en plus accaparé par les tâches quotidiennes pressantes, M.Bourassa devenait de moins en moins intéressé à faire face à un feu nourri de questions venant de reporters plus aguerris et critiques à son égard.Aux conférences de presse ouvertes à tous succédèrent les séances d’enregistrement de quelques minutes, à la sauvette, et les bribes d’information soigneusement disséminées sous forme de “primeurs” à des journalistes triés sur le volet.Qu’on en juge plutôt.Au cours de Tan dernier, il n’y eut au plus qu’une demi-douzaine de conférences de presse: en février, pour annoncer un important investissement d’Imperial Oil à Montréal; en août, pour annoncer un colloque libéral au Mont Orford; en septembre, pour rendre public le nouveau régime d’allocations familiales puis quelques jours plus tard, la tenue d'élections générales; et finalement pour la présentation de ses nouveaux ministres, à la mi-novembre.Depuis le début ’de 1974, il n’y eut qu’une seule conférence de presse de M.Bourassa, à Montréal, pour faire part des propositions du Québec aux Indiens et Inuit.Et encore, cette rencontre a laissé la presse écrite sur sa faim: le premier ministre s’est empressé d’enregistrer ses “messages” à la radio et à la télévision, puis de répondre à quelques questions rapides, s’éclipsant avant que l’interrogatoire ne se serre trop.Depuis près de deux semaines maintenant, la Tribune de la presse tente d’obtenir de M.Bourassa une conférence de presse en bonne et due forme pour qu’il explique ce qu’il entend par le concept de souveraineté culturelle, et qu’il lève le voile sur les projets de" politique linguistique.Les deux sujets mordent à plein dans l’actualité, d’une part à cause de l’intervention fracassante d’un ministre fédéral, M.Gérard Pelletier, d’autre part, à la suite de renseignements épars et partiels qui ont filtré d’une réunion secrète des députés libéraux.La demande est légitime et sensée.N’est-il pas normal que le chef du gouvernement ait la chance de dire ce qu’il a vraiment dans le ventre et le loisir de s’expliquer devant l’ensemble des journalistes?C’est ainsi qu’un chef de gouvernement procède quand il veut vraiment gouverner en pleine lumière, au vu et au su de tous.Mais à Québec, par les temps qui courent, il ne saurait en être ainsi.Selon ce qu’a fait savoir son attaché de presse, ML Charles Denis, le premier ministre était trop occupé pour rencontrer l’ensemble de la presse.Mais il ne Tétait pas pour flatter l’orgueil de quelques reporters en répondant à leurs questions au téléphone.Il ne Tétait pas non plus pour consacrer tout le temps voulu — une heure ou deux — à l’enregistrement de ses émissions dominicales hebdomadaires pour deux réseaux radiophoniques de langue française et un de langue anglaise.Visiblement, M.Bourassa n’est pas intéressé à affronter la presse, qui peut le talonner de trop près ou le mettre en contradiction.En entrevue privée, par contre, les questions posée?par un seul reporter ne lui servent que de prétexte pour passer les messages et les “images” qu’il veut bien, sans intermédiaire, sans intervention extérieure.Le grand problème, au fond, c’est que M.Bourassa se comporte presque toujours en politicien, habile et astucieux certes, et en chef de parti, plutôt qu’en chef de gouvernement et en chef d Etat soucieux de faire la lumière sur les problèmes et les orientations qui se présentent à lui.Il est facile d’illustrer cette interprétation.L’an dernier, un journaliste du Soleil a fait une nouvelle sur un conflit entre le conseiller très spécial du premier ministre, M.Paul Desrochers, et le ministre de l’Industrie et du Commerce M.Guy Saint-Pierre.Radio-Mutuel a voulu l’inviter à participer à la séance d’enregistrement hebdomadaire de M.Bourassa.Son attaché de presse s'y est opposé.Il n’a même pas voulu que le chroniqueur assiste, sans dire un mot, à l'entrevue.Au début de Tété, quand éclata l’affaire Laporte-Gagnon-Côté et des relations possibles des trois hommes avec le monde interlope, M.Bourassa s’est refusé à répondre à toutes les questions des reporters, se contentant de ses émissions habituelles et d’enregistrements à la sauvette pour détruire l'impact de ces révélations.Autre exemple: la crise pétrolière a été ignorée, pour ne pas dire niée, à Québec, jusqu’à la fin de Tannée.Cela ne faisait tout simplement pas partie des préoccupations du gouvernement.Lorsque, finalement, fut convoquée la conférence fédérale-provinciale sur l’énergie, Québec a admis qu’il y avait problème.Les journalistes tentèrent alors de connaître les vues et la position du Québec.Mais les fonctionnaires compétents avaient été réduits au silence et seul le bureau du premier ministre pouvait parler.Or ce bureau était muet, même pour expliquer pourquoi le gouvernement québécois voulait que la conférence ait lieu à huis clos.Les premiers éléments précis d’information furent fournis à la presse et au public quelques heures seulement avant le début de la conférence, à la faveur d'une séance d’information nocturne à Ottawa.Il fut un temps où le premier ministre s’excusait de ne pas donner de conférences de presse en disant que les reporters le traitaient en adversaire, étaient impertinents et insolents à son égard.C’est bien possible qu’il en fut ainsi.Mais comment se fait-il alors que d’autres ministres, au premier chef M.Claude.-Castonguay, n ont pas eu peur d’affronter les journalistes et ne s’en sont pas portés plus mal?Et si les journalistes sont “méchants” avec lui, ou s’il ne veut pas répondre, M.Bourassa n’est-il pas toujours le maître du jeu?S’il se comporte lui-même en chef de gouvernement, les journalistes n'agiront-ils pas en conséquence?S’il répond à leurs questions au mieux qu’il le peut, les reporters devront en prendre acte.Non, il est plus facile et plus rentable de jouer à cache-cache, de multiplier les “bonbons” à gauche et à droite, de perpétuer le vieux conflit entre la presse écrite et la presse électronique, d’improviser au jour le jour, de fonctionner dans Tombre (de préférence par téléphone) plutôt que sous Toeil inquisiteur d’une quarantaine de chroniqueurs.L’exemple venant de haut, le mal se propage.Des ministres et hauts fonctionnaires qui, encore récemment, étaient facilement accessibles à Ten-semble de la presse, se referment comme des huîtres, même pour les choses les plus banales.Alors que, dans une saine administration, tout devrait être public, sauf ce qui doit rester secret dans l’intérêt de l’Etat, on en est rendu à Québec que tout est secret de ce qui est important.Et quand les journalistes mettent la main sur une “miette” d’information, ils en font une grosse affaire, tant est maigre leur pitance quotidienne.Même les arrêtés ministériels ne sont rendus publics qu’au compte-gouttes.Et les rapports d’enquête dorment des mois, parfois des années, sur les tablettes ministérielles.Citons, par exemple, ceux de la commission Prévost, qui ont traîné des mois ou encore ceux de la commission Dorion, dont certains tomes n’ont pas encore été rendus publics.Et si le rapport Geh-dron n’avait pas été refilé au journal LE DEVOIR, avec quel délai aurait-il été rendu public?Le même phénomène se répercute dans les sociétés étatiques et paraétati-ques, assurent des journalistes spécialisés.Sûrs de l’immunité, les patrons de ces entreprises restreignent à leur tour l’information, privant ainsi le public de l’exercice d un droit strict.Citons, par exemple, les restrictions apportées à l’accès aux chantiers de la baie James.Tout cela est un effet du hasard, ou le fruit d’une stratégie bien pensée et bien huilée en haut lieu?“Est-ce que le gouvernement n’a pas le droit, comme les autres, d’avoir sa stratégie?” demande l’attaché de presse du premier ministre quand un journaliste le talonne.Un haut fonctionnaire du Parti libéral a dit à un groupe de journalistes au colloque du Mont Orford: “Ne vous en faites pas, les gars; bien vite, avec les cassettes, on n’aura même plus besoin de vous autres.” Et même un ministre, devant qui Ton évoquait la circonspection naissante de quelques média électroniques, a laisse tomber: “Ça ne nous énerve pas; si la radio veut faire comme la presse écrite, on va tout simplement acheter du temps d’antenne.” A cela s’ajoute la confusion grandissante entre l’information politique et l’information administrative.La seconde s’anémie de jour en jour, au bénéfice de la première, qui se boursoufle autour des cabinets des ministres.“Les stratèges libéraux, Paul Desrochers en tète, ont ravalé l’information gouvernementale au rang de sous-service”, a déjà écrit Laurent Laplante, qui fut dans la-“boîte” pendant deux ans.L’on peut ajouter que l’attaché de presse du premier ministre surveille les opérations de très près et ne se gêne pas pour admonester les récalcitrants, qu’ils soient au sein du gouvernement ou dans la presse.M.Denis est devenu le “garde-du-corps intellectuel” de M.Bourassa.Et pour lui, tout ou presque est matière à propagande pure et simple.La situation est devenue telle à Québec que les journalistes soucieux de faire un travail “potable” essaient de mettre la sourdine à leur individualisme traditionnel et à leur recherche maladive de “primeurs” pour faire face à la musique.C’est ainsi qu'en décembre dernier, ils ont réussi à déjouer une grossière manoeuvre de propagande en refusant de se plier à une visite “organisée” du centre d’analyse et d’information (le fameux CAD)'.C’est ainsi également que la Fédération professionnelle des journalistes suit de près la situation et prépare un dossier.L information politique à Québec?Une grande malade.DÉCÈS 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