Le devoir, 12 novembre 1976, vendredi 12 novembre 1976
Fais ce que dois la météo: Généralement ensoleillé avec quelques chutes de neige.Venteux par moments.Maximum de moins 2 à moins 4.Aperçu pour samedi: généralement ensoleillé.25 CENTS Vol.LXVIII - No 264 Montréal, vendredi 12 novembre 1976 Saint Josaphat Kuncewitz L’Hydro se rendra à la demande de Bourassa par André Tardif L’Hydro-Québec consentira sous deux conditions à signer une entente avec ses 9,500 grévistes, comme elle a été invitée formellement à le faire par le premier ministre, M.Robert Bourassa: la première est que les grévistes acceptent quelques modifications au protocole de retour, et la deuxième que les mêmes grévistes s’en tiennent exactement aux propositions du ministre des Richesses naturelles, M.Jean Cournoyer.C'est ce qu’a déclaré hier à Montréal le vice-président de la société, M.Robert Boya, précisant que les commissaires de l’Hydro avaient découvert “à la lecture de l’entente que nous soumet la partie syndicale.qu’elle va un peu plus loin que les propositions de M.Cournoyer”.Au cours d’une rencontre avec M.Bourassa lundi, ce dernier avait verbalement exigé des commissaires qu’ils “acceptent et appliquent” les quatre propositions litigieuses du rapport Cournoyer.Elles concernent entre autres la promotion par ancienneté, qui pourra être soumise à l’arbitrage, et la classification des tâches.“Étant donné qu’en définitive, le gouvernement porte la responsabilité des décisions qu’il juge les meilleures pour le bien-être des citoyens du Québec, a dit M.Boyd, la Commission acceptera, même si elle considère que l’application de ces quatre recommandations sera contraire aux principes d’une saine gestion et susceptible de nuire au maintien de la qualité du service d’électricité, et même si sa position a reçu l’appui de 37 cadres relevant directement de la Commission et de 2,800 cadres hiérarchiques.” Mercredi soir, ces cadres avaient signé une pétition.appuyant la position des commissairès.Hier par contre 500 cadres intermédiaires, membres du Syndicat des ingénieurs de l’Hydro, dénonçaient la “stratégie de la direction” qui leur offrait de signer une pétition visant à l’appuyer aux dépens des trois groupes syndicaux des grévistes.Le Montreal Board of Trade, de son côté, s’est inquiété hier “des pressions actuelles exercées sur les administrateurs de l’Hydro concernant l’acceptation de certaines propositions jugées inacceptables qui régleraient la présente grève légale ’.L’organisme recommande au gouvernement de ne pas prendre de décisions hâtives et insiste pour qu’il agisse prudemment, le communiqué ajoutant que “les exigences politiques ne devraient pas primer sur les effets économiques que pourraient avoir certaines décisions sur tous les niveaux d’activité au Québec”.M.Boyd a ajouté hier que M.Bourassa s’était engagé à confirmer ses exigences verbales par écrit.D’autre part M.Claude Morrisseau, porte-parole du comité syndical de négociation, a dit que les changements proposés au protocole de retour étaient inacceptables.“La direction prétend être d’accord avec les propositions mises de l’avant par MM.Bourassa et Cournoyer, et que nous avons entièrement acceptées, mais elle n’est toujours pas d'accord sur le protocole,” a déclare M.Morrisseau, ajoutant toutefois que les conditions de la partie patronale lui semblaient des accrochages mineurs, et qu’il avait toujours bon espoir que les discussions finiraient par aboutir à un règlement.La neige des deux derniers jours a fait s'élever dans l’intervalle le nombre des pannes.En fin d’après-midi hier, un porte-parole de l’Hydro en dénombrait 178, affectant 2,429 abonnés.Les régions les plus touchées étaient celles des Lau-rentides et du Richelieu.“Plus tôt dans la journée toutefois, a-t-il précisé, près de 3,600 clients étaient privés d’électricité.Les réparations s'effectuent toujours aussi normalement que possible dans des conditions de grève.Bourassa défie Lévesque de discuter monnaie Le premier ministre a défié hier le président du Parti québécois de discuter avec lui, face à face, des conséquences économiques du référendum que propose le PQ sur l’indépendance et de son impact sur le dollar canadien.Participant à l’émission radiophonique Présent a l’écoute, de Radio-Canada, M.Robert Bourassa a invité le chef péquiste, “s’il n’a pas peur, à participer avec moi à un débat, que ce soit au cours d’une conférence téléphonique radiodiffusée ou au cours d’une émission pré-enregistrée à la quelle nous pourrions nous prêter au cours des prochains jours”.“La monnaie est la traduction économique de la situation d’un peuple”, a expliqué le chef libéral, accusant les dirigeants péquistes d'avoir peur de discuter publiquement avec les libéraux des questions economiques majeures.Il y va de l’intérêt public, dit-il.“Tout le monde parle de la mon carnet électoral Rien de certain par Guy Deshais À trois jours des élections, les certitudes sur le scrutin sont encore rares.Tout le monde se dit perplexe, personne ne sait au juste ce qui va se produire maigre les sondages.On voit ça notamment par les prédictions que les gens aiment à faire; celles qu’on écrit sur des bouts de papier, qu’on met dans des boîtes qu’on ouvrira le soir des élections.Ces prévisions-maison faites au gré des tendances de chacun.des souhaits non avoués et des perceptions personnelles.En 1973, il y avait une sorte de consensus dans ces prévisions: on voyait les libéraux très forts mais on accordait au Parti québécois plus de sièges qu’il n’en a eu.Cette année, la boussole des profanes est en folie.On parle de gouvernement minoritaire, de bouleversement, de changement, de balayage.Certains au contraire, comme un avocat de mes amis, ne voient que peu de changement.Lui, il prédit 90 libéraux et neuf péquistes.Un courtier d’assurance de la Rive sud donne 36 sièges à l’Union nationale sur son papier et prédit, une victoire fragile au PQ.Il y a des gars qui procèdent comté par comté, d’autres qui prédisent globalement.La plupart des gens accordent d'abord un certain nombre de sièges à un parti et après, ils déduisent mathématiquement pour les autres.Mais rien ne se confirme; rien de clair ne ressort, c’est bizarre.La campagne a été brève et relativement peu tapageuse bien que les gens en parlent beaucoup.Il y a eu Ta rage des anglophones, la révolte des agriculteurs, la montée “bironienne", le lot des indécis, le début de l'hiver, la publicité péquiste et la huée a Bourassa.Lui, le premier ministre, il a soudainement incarné tout ce mécontentement.Il est devenu cible et une cible ce n’est pas exactement l’article idéal pour attaquer.Il a fallu qu’il se défende, qu il fasse front, qu'il relève le défi.Ç a été dur pour lui.Mais on ne voit pas encore clairement comment se répartira le vote.C'est l’élection où 1 on répète plus que jamais que “tout peut arriver’1 et où on parle de “vague possible ".Mais une vague ça reste vague justement et personne ne peut préciser s’il s’agit d'un froissement de surface ou d'une lame de fond.Alors, forcément il y a des “si" dans les conversations.“Si les indécis se décident, s’il y a une vague, si les Anglais disent vrai, s’il y a une Voir page 6: Mon carnot baisse de la valeur du dollar canadien hier (mercredi), et tout le monde fait le lien avec le sondage qui donne une grande avance au Parti québécois”.Le dollar canadien a baissé mercredi à New York de $102.70 en fonds américains à $102.41.Bien que certains analystes aient fait un lien entre cette baisse et le sondage favorable au PQ, d’autres l’expliquent par l’inflation et l’état de l’économie canadienne.Un interlocuteur a dit au premier ministre qu’un dollar canadien moins élevé pourrait aider au tourisme et aux exportations.M.Bourassa a répondu que l’Allemagne de l’Ouest, dont la situation économique est l’une des plus fortes au monde, possède une monnaie solide.En revanche, la Grande-Bretagne et l’Italie ont des économies faibles et dévaluent constamment leur monnaie.Le chef libéral a soutenu que la baisse du dollar canadien est une conséquence directe de la présence du PQ et de l'incertitude provoquée par l’opinion “séparatiste”.“M.Lévesque, a déclaré M.Bourassa, soutient le contraire et a affirmé que la dévaluation du dollar est une bonne chpse.Il n’avait qu’à se taire.S’il a fait des commentaires, qu’il accepte de vider la question avec moi.La population jugera”.Selon le chef libéral, personne ne conteste son leadership au sein du Parti.“Il n’y a que M.Jérôme Choquette qui a contesté mon leadership et, depuis qu’il en est réduit à lui-même, son leadersnip est pitoyable.Non seulement il n’a été suivi par aucun ministre ou député, mais il a été incapable de rallier son association de comté”.Voir page 8: Bourassa Lévesque: c’est une invitation ridicule par François Barbeau “On sait que les libéraux ont l’habitude de faire flèche de tout bois, mais ils en sont rendus à faire flèche avec des allumettes”.C’est en ces mots que le chef du Parti québécois, M.René Lévesque, a commenté hier la supposée “dévaluation” du dollar canadien que M.Bourassa attribue à la popularité du Parti québécois traduite dans le récent sondage de 1TNCI.“On voudrait en faire un drame, mais c’est comme une souris qui voudrait accoucher d’une montagne , a déclaré M.Lévesque, en ajoutant que cette baisse de trois-dixièmes d’un cent n’était rien.La valeur du dollar canadien a baissé d’un demi-cent au mois d’août, et personne n’en a parlé, a-t-il rappelé.D’un autre revers de la main, M.Lévesque a rejeté l’invitation que lui a faite M.Bourassa d’entamer un débat public sur l’indépendance.“A trois ou quatre jours du scrutin, cette idée est aussi absurde que prématurée.C’est une invraisemblable invention, profondément ridicule, et on n’a pas de temps à perdre là-dessus”, a souligné M.Lévesque.Après les élections, M.Bourassa, comme les autres, pourra demander des explications, mais ce qui importe à l’heure actuelle, c’est de terminer cette campagne électorale et d’en arriver à un scrutin au cours duquel les électeurs pourront décider d’un gouvernement vraiment québécois, a précisé M.Lévesque.M.Lévesque, à qui M.Bourassa a reproché tout au long de la campagne de faire des promesses coûteuses et irréalistes, s’est amusé à compiler le coût des iromesses du “premier ministre sor-ant”, et celles de ses candidats.En tout, a signalé M.Lévesque, nous avons pu Voir pag* 6: Lévesque r; la campagne.* §ir .I Deux des enfants du premier ministre, Justin et Sacjia Trudeau, regardent le défilé des anciens combattants auprès de Mme Olive Jubb, de Victoria, en Colombie-Britannique, (à gauche), mère de deux garçons morts au combat durant la seconde guerre mondiale.Mme Jubb représentait hier toutes les mères de fils tués au combat, à la cérémonie commémorative, à Ottawa.(Téléphoto PC) ¦ Les indécis: les machines électorales intensifient leur chasse (page 2) ¦ Le meilleur choix, abstraction faite de l’indépendance: un éditorial de Claude Ryan (page 4) ¦ La presse anglophone: un cri de ralliement qui ne fait pas l’unanimité (pages) ¦ Le Parti québécois dévoile ses politiques pour Montréal et la CUM (pages) Biron disposerait d’excédents de $2.5 milliards par Marie Laurier QUÉBEC — Ce n’est pas le budget de l’An un de Tère Biron qui a été présenté hier midi devant quelque 200 membres de la Chambre de commerce de la région de Québec, mais une comptabilité beaucoup plus modeste, quoique impressionnante, qui contient des “previsions budgétaires” échelonnées sur quatre ans d’un régime unioniste porté au pouvoir le 15 novembre prochain.M.Rodrigue Biron a fait lui-même cette restriction dès le début de son ex-osé, afin d’éviter une fausse interpréta-Jon de son texte et de ne pas commettre l’erreur qui avait coûté très cher au Parti québécois en 1973.Mais c’est en véritable magicien qu’il a jonglé avec les millions de dollars dont les Québécois bénéficieront à peu près dans tous les domaines, économique, social, culturel, éducatif, fiscal.En somme, pour parodier Victor Hugo, “chacun en a sa part et tous l’ont en entier”.S “Ce document de travail, a dit M.Biron, ne fait que refléter l'esprit de mon programme electoral fondé sur le réalisme financier et une saine administration des fonds publics, car je n’ai jamais fait de promesses miroitantes.” M.Biron a invite les autres chefs de parti à divulguer eux aussi leurs intentions quant à la répartition de l’argent des contribuables.Les prévisions budgétaires de l’Union nationale tiennent compte d’un taux d’inflation fixé à 6% (toujours selon une moyenne de quatre ans), d’une augmentation naturelle de la population, d’un accroissement du revenu annuel de 13% et d’un taux moyen de croissance économique de 4% qui donneraient un total de $2.5 milliards de revenus excédentaires.Cétte somme sera distribuée par tranches d’une moyenne d’environ $700 millions par année d’ici 1981, selon les besoins les plus urgents”.Et en premier lieu M.Biron place la relance économique du Québec, notamment celle des petites et moyennes entreprises.Le “surplus de revenus” permettra également de réaliser les mesures suivantes en quatre ans: — l’abolition de l’impôt foncier scolaire; — l’aide aux municipalités et au transport en commun; — l’indexation des impôts; — un réseau de garderies pour les défavorisés et les citoyens à faible revenu, de même qu’un remaniement de l’administration des affaires sociales, grâce à une décentralisation des structures; — la gratuité scolaire jusqu’à l’université en fonction du nombre de cours offerts dans une année, assortie d’un appui financier aux étudiants; — des subventions aux établissements culturels qui existent déjà, à ceux qui seront créés et bien d’autres injections de fonds aux communications, aux loisirs et aux sports.Cette mirobolante comptabilité repose sur une philosophie résumée dans ces ter- mes: “Grâce à un contrôle des coûts et à une administration saine, l’Union nationale disposera de revenus discrétionnaires lors de la préparation de ses budgets, et ces revenus atteindront la somme globale de $2.5 milliards en quatre ans".Dans cette perspective il n’est bien sûr pas question de nouveaux projets ou des imprévus qui peuvent survenir, mais là-dessus M.Biron souligne qu'il peut toujours “reviser ses priorités1, et il préfère parler plutôt d’épargne, d’administration rationnelle et de répartition logique.Le chef de l’Union nationale est conscient qu'il prendra une gestion déjà déficitaire de plus d’un milliard de dollars.Mais cela ne l’effraie pas outre mesure.En homme d’affaires “averti”, il entend afficher “une plus grande responsabilité fiscale” et une partie des $2.5 milliards de revenu supplémentaire servira à atténuer cette impasse budgétaire.Quant au déficit olympique, il sera financé par les loteries et la ville de Montréal, et M.Biron Un Québécois à la Commission du lait OTTAWA (d’après CP) — Quatre jours à peine avant la consultation électorale québécoise le ministre fédéral de l’Agriculture, M.Eugene Whelan, a annoncé hier à Ottawa la nomination de son propre chef de cabinet, M.Gilles Cho- 3uette, lui-même originaire de Saint-ean-Baptiste-de-Rouville, non loin de Saint-Hyacinthe, comme président de la Commission canadienne du lait.Il a en même temps démis de leurs fonctions le titulaire antérieur de la présidence, M.Éllard Powers, qui se trouvait en congé sans solde depuis le mois d’août, et le vice-président de l’organisme, M.Jules Thibaudeau, au Conseil national de commercialisation des produits de ferme.La rumeur de ces bouleversements à caractère électoral circulait depuis déjà quelques jours, mais M.Whelan, qui se trouvait à London ce jour-là, s’était défendu mercredi d’avoir favorisé le choix de M.Choquette, comme on semblait le sous-entendre, parce que ce dernier venait d'un village non éloigné de la région des producteurs laitiers québécois, qu’il portait un nom français, qu'il avait déjà appartenu à la Fédération canadienne des producteurs de lait et que sa nomination, dans l'actuel climat de soulèvement des producteurs québécois irrités par les con- tingentements provinciaux d'inspiration fédérale, pouvait influer sur les résultats des élections québécoises d’une façon fa-libé Un service d’imprimerie ultra-rapide! Bas prix & Qualité Assurée Impressions 2120 Drummond 842-6405 1417 Mackay 284-0482 pouvait ions quét vorable aux libéraux provinciaux.M.Whelan s’était indigné qu’on pût soupçonner une nomination semblable d’être empreinte d’une forme quelconque de favoritisme.Il n’avait pas voulu reconnaître la relation naturelle qui s’établissait spontanément entre cette nomination annoncée quelques jours avant la consultation, et le deroulement éventuel de la même consultation.La détermination des contingents de lait industriel à l’échelon des producteurs relève effectivement des régies provinciales de mise en marché, même si les quotas d'ensemble, restreints à cette époque de 15%, avaient été révisés en avril dernier par M.Whelan lui-même.Mais dans ce tableau, c’est en général la Commission canadienne du lait qui a le dernier mot en matière d’appoints financiers.La sévérité des contingents revus en avril avait mis en colère les producteurs de lait industriel du Québec.Ils avaient peu après, au nombre d’environ 5,000, en- vahi la colline parlementaire d'Ottawa, et s’étaient livrés là à de bruyantes manifestations qui avaient vite tourné au désordre.M.Whelan lui-même, qui avait voulu dire quelques mots aux manifestants à l'extérieur, avait été inondé de lait et lapidé de mottes de beurre.M.Choquette appartenait au cabinet de M.Whelan depuis deux ans.C’est entre son séjour au ministère québécois de l'Agriculture, où il avait dirigé le service des récoltes agraires et son entrée dans le fonctionnarisme fédéral, qu’il avait assumé des fonctions administratives au sein de la Fédération canadienne des producteurs de lait.Le ministère fédéral a de plus annoncé la nomination de M James Boynton à la vice-présidence du Conseil national de commercialisation des produits de ferme, où il remplace M.Jerry Pringle, lui-même nommé voici peu président de l’Office national de commercialisation des oeufs.Quant à la vice-présidence de la Commission du lait, elle reste pour l’instant dépourvue de titulaire.est même disposé à reprendre des négociations auprès de M.Trudeau pour le convaincre de faire sa part dans cet événement dont il a tiré lui-même une réputation pan-canadienne qui doit se rentabiliser.Le premier ministre canadien a pourtant répété cette semaine qu’il n’en serait rien.f‘Qu’à cela ne tienne, rétorque M.Biron, il s’agit de changer les négociateurs!” D'ailleurs il n’écarte pas du tout la contribution d'Ottawa au régime social, notamment pour assurer le revenu minimum garanti, puisqu’il “s’intégrerait dans un programme canadien un peu comme les programmes d’assurance-maladie et de régime de retraite”.L’industriel de Lotbinière a rappelé que les revenus du gouvernement de la province de Québec s’élèvent à $9.3 milliards et que ces revenus ont augmenté à un taux annuel moyen de 18.6% depuis quatre ans.Durant cette période cependant le taux annuel d'inflation fut de l’ordre de 8% et le taux de croissance réelle de l’économie de 5%.Les chiffres qu’il avance ne sont donc pas pris dans les nuages, dit-il.Mais cette comptabilité, brossée par des experts dont on ne sait qui ils sont ni d’où ils viennent, fait foi d'un “redressement du lourd fardeau fiscal que portent les Québécois déjà surtaxés”.En résumé, le chef de l’Union nationale entend "récupérer, économiser et dépen ser” $700 millions par année.OMigalp® dépanjne du Canada tASSé & Associés, Itée Montréal Québac Troia-RIvièroa Saint-J aan Granby Soral Montmagny VictortavHIa Mont Salnt-H liai ra Sainta-Thérèaa > > 2 • Le Devoir, vendredi 12 novembre 1976 les élections Ê du 15 novembre fH/fi -+ Sur la trace des chefs Le chef du Parti libéral, M.Robert BOURASSA, sera l’invité ce midi de la Chambre de commerce de Laval.Il terminera la journée par une assemblée publique à l’école Saint-Raymond de Hull.Le président du PQ, M.René LÉVESQUE participera à l’émission Présent à l’écoute à Radio-Canada puis sera interrogé par les journalistes Michel Roy et Marc Laurendeau dans le cadre de l’émission Élections 1976 à la télévision du canal 10.Le chef de l’Union nationale, M.Rodrigue BIRON, se rendra à Saint-Hyacinthe, Drummondville et Granby, n présidera en soirée une assemblée publique au Centre catholitque de Nicolet.Le chef du PNP, Me Jérôme CHOQUETTE, participera au débat-midi des étudiants de Polytechnique de l’Université de Montréal, passera l’après-midi dans Outremont et la soirée dans Westmount.Le chef de l’Alliance démocratique, M.Nick AUF DER MAUR, donnera une conférence de presse à 11 heures à son comité central de la rue Sherbrooke.Il consacrera le reste de la journée à du porte-à-porte dans Westmount et à une rencontre à laquelle participeront le candidat libéral Springate et l'unioniste Fairhead, au centre d’achats Rock Hill.La soirée des élections à la télévision Les chefs de partis ont déjà fait savoir où ils seront le soir du 15 novembre en attendant le verdict du peuple.M.Bourassa ira rejoindre ses députés élus au comité central de Gilford, M.Lévesque se rendra auprès des siens au centre Paul-Sauvé de Montréal, M.Biron tiendra compagnie aux journalistes à son comité central de Laurier Station dans Lotbinière.M.Choquette se rendra à l’hôtel Quatre-Saisons de Montréal et M.Samson communiquera son message à la nation depuis sa ville natale de Rouyn-Noranda.De son côté, Radio-Canada a tout mis en oeuvre pour permettre à ses téléspectateurs d'être témoins et de vibrer à chacun des moments de cette soirée mémorable.En vue de la réalisation de cette émission spéciale de télévision, la province électorale sera divisée en cinq régions où auront été recrutés 80 Québécois qui se retrouveront tous au studio 42 pour commenter le comportement des électeurs.Bernard Derome' agira comme chef d'orchestre secondé de Michel.Hé-roux, Guy Lamarche, François Perreault, Michelle Viroly, Jean-Pierre Perron, Madeleine Poulin, Claude-Jean DeVirieux et Gilles Morin.L’émission qui débutera à 10 heures sera alimentée par l’ordinateur et fournira les projections devenues maintenant coutume.Le lendemain soir au 60, MM.Marcel Masse, Pierre Bourgault et Eric Kierans seront invités à faire l’analyse des résultats.Un appel pathétique à René Lévesque Mécène québécois bien connu, M.Jean-Joffre Gourd vient de prendre au mot M.René Lévesque.Le président de Saint-Lawrence Colombium réfère aux intentions exprimées par le président du PQ depuis le début de la campagne pour aider les petites et moyennes entreprises.M.Gourd rappelle à M.Lévesque que son entreprise, aux prises avec de graves difficultés financières, est victime de la concurrence de la multinationale Norman Keevil and Associates.M.Gourd soutient en outre que le vice-président de So-quem, M.Edgar A.Manker, est largement responsable du mauvais sort fait à Saint-Lawrence Colombium au profit de la multinationale.Enfin, M.Gourd indique que nombre d’autres entreprises québécoises se trouvent dans la même situation, victimes “du système de monopole actuel, néfaste à la petite et moyenne entreprise, seules capables de libérer l’économie par le renouvellement.” Du tripotage “préventif” C’est l’accusation que le ministre Guy Saint-Pierre, candidat libéral dans le comté de Chambly, porte contre l’organisation du candidat pé-quiste, M.Denis Lazure.Essentiellement, M.St-Pierre soupçonne le PQ d’avoir tenté de présenter un autre candidat du nom de Guy Saint-Pierre sous la bannière du PNP.Le président des élections aurait rayé la candidature du dénommé Saint-Pierre, après vérification auprès du chef du PNP, M.Jérôme Choquette.La main noire La pègre, ayant compris que rien ne peut empêcher l’élection de M.René Lévesque dans le comté de Taillon, aurait déménagé ses pénates dans le comté de Verchères où se présente l’auteur de “La filière canadienne”, l’irréductible adversaire du crime organisé.M.Jean-Pierre Charbonneau.C’est du moins ce que prétend un informateur anonyme du PQ, qui précise que M.Charbonneau est sans cesse suivi par de “longues voitures noires à l’allure louche”.La Tribuna Italiana Il s’agit d’un périodique influent qui dessert la communauté italienne de Montréal.Cette revue mensuelle condamne le régime Bourassa et indique sa préférence pour le Parti québécois.Meme au chapitre de la langue d’enseignement, La Tribuna Italiana fajt valoir que le PQ a la qualité d’avoir parlé clairement aux groupes ethniques.“Par les temps qui courent, c’est surtout de clarté dont nous avons besoin", souligne la direction de la revue.dans un article sur les élections du 15 novembre._____________________________ Un sondage de CKGM Même les anglophones contribuent à créer l’impression que le Parti québécois va prendre le pouvoir.Un sondage réalisé par le poste de radio anglophone CKGM de Montréal indique que les auditeurs préfèrent le Parti québécois par la marge de deux pour cent.Il faut dire toutefois que 530 des 1,028 répondants sont de langue maternelle française.Les Fétéquistes et leurs leaders Il semble que les syndiqués de la FTQ ne suivront pas en bloc le mot d’ordre de leur président Louis La-berge en faveur du Parti québécois.Les dirigeants et les permanents syndicaux des locaux 271 des chaudronniers et 711 des monteurs de fer structural refusent d’influencer leurs membres.Cette position, déclarent-ils, s’inspire de la démocratie qui s'exerce dans les locaux de la FTQ-Construction et de leurs préoccupations à ne pas entraîner unions et membres dans des considérations politiques.D’autre part, le Conseil du travail de Québec (FTQ) vient de désavouer un membre de l’exécutif parce qu’il a accepté de porter la bannière de l’Union nationale dans le comté de Montmorency.Mlle Denise Deslauriers voit dans l’attitude de la FTQ, “un dirigisme inquiétant pour la démocratie au pays”.14 scrutateurs destitués L'action cette fois se passe dans le comté de Sainte-Marie.Quatorze scrutateurs furent surpris à recevoir des instructions des organisateurs libéraux.Au nom du PQ, ’est Me Pierre-Olivier Boucher qui a porté plainte auprès du président des élections en vertu des articles 24 et 2 de la loi électorale.Il a obtenu gain de cause.La popularité de M.Bourassa Les sondages voudraient faire croire à une baisse de popularité, mais l’accueil retentissant dont M.Bourassa fut gratifié l’autre soir à East-Angus tend a prouver le contraire.Apres s’être fait dire par le député de la place, M.J-Omer Dionne, combien c’est “émotionnant” de recevoir un premier ministre, l’auditoire est devenu tout simplement euphorique.M.Bourassa ne tut pas chahuté.Plus encore, chacune de ses attaques percutantes contre le PQ était soulignée par le son des trompettes dont s étaient armés des militants libéraux.Le vacarme fut tel que le chef libéral eut toutes les misères du monde à compléter sa harangue.Pour une revalorisation du pouvoir local L’équipe des candidats du Parti québécois de Montréal juge absolument essentiel que les citoyens puissent véritablement avoir leur mot à dire dans la conduite de leurs affaires.Ce problème, croient-ils, est particulièrement grave à Montréal où les citoyens “ne sont jamais appelés à participer” aux décisions qui les concernent.Le PQ-Montréal conclut:” “On ne pourra revaloriser le pouvoir local qu’en le rapprochant des citoyens.” La pensée libérale en bref Le ministre de la Justice, M.Gérard-D.Lévesque, est d’avis que la hantise des perturbations monétaires, causées par l’accession éventuelle à l’indépendance, constitue l'obstacle qui éloigne le plus grand nombre d’électeurs du Parti québécois.Le ministre des’Finances, M.Raymond Carneau, trouve tout à fait normal qu’un libéral comme lui soit effrayé par les conséquences prévisibles de l’indépendance lorsque des péquistes notoires expriment publiquement cette inquiétude.Le president régional du Parti libéral à Québec.M.Guy Morin, soutient que le Parti québécois profite des assemblées publiques pour infiltrer ses troupes de choc, ses chahuteurs et ses fiers-à-bras.Selon le directeur du bureau de presse du PLQ, M.Gabriel Biron, le premier ministre Bourassa "ne prononce pas de paroles en l’air” lorsqu’il propose une clarification desmécanismes innérents aux négociations patronales-syndicales.PIERRE O’NEILL Les indécis Les “machines” intensifient leur chasse par Use Bissonnette MONT-LAURIER - Quand la cloche des élections a sonné, dans le comté de Laurentides-Labelle, personne n’avait envie de quitter son coin et d’aller se battre.La faune et les humains se préparaient plutôt à hiverner tranquilles dans les grandes forêts et les lieux de villégiature de cette immense circonscription qui va de Mont-Laurier, aux portes au Nord, jusqu’à Val-Morin, à moins d’une heure de Montréal.Trois semaines après, on finit à peine de se frotter les yeux pour se retrouver dans une situation typique du Québec que révèlent les sondages: 40% d’indécis qui font le désespoir des organisations, une campagne sans thème dominant ni incidents majeurs, des tiers partis qui brouillent le paysage sans qu’on puisse mesurer réellement leur importance.C’est donc le dernier virage qui comptera, pour faire la chasse aux indécis, et à trois jours des élections, les “machines” ne semblent tout simplement pas savoir comment le prendre.Chez les libéraux, dont le candidat et député sortant Roger Lapointe faisait quasiment campagne comme un “indépendant”, on se decide enfin, malgré l’angoisse de chambouler toute une stratégie, a agiter légèrement l’épouvantail “sépa-ratiste * * C'était si peu à l’ordre du jour que les organisateurs avaient eux-mêmes retranché de toutes les affiches libérales le “non au séparatisme” proposé par la publicité nationale.Et dans le journal de quatre pages que M.Lapointe, député sortant, a fait distribuer aux électeurs, pas un mot du parti rival ou de son adversaire.Village par village, on énumère les projets réalisés, et les subventions venues de Québec, de même que les éléments locaux d’un programme “réaliste et progressif” qui ne contient aucune promesse formelle.Dans ce comté traditionnellement “bleu” que l’unioniste et ex-ministre Fernand Lafontaine n’a concédé aux “rouges” qu’en 1973, les organisateurs libéraux sont souvent des anciens de l’Union nationale, comme le reconnaît l’un d’eux, fier de dire qu’il n’a même pas sa carte du PLQ.Aussi us ont évité les thèmes nationaux du parti et l’image de Robert Bourassa.“Si on avait eu un congrès au leadership en août, ce serait moins chaud aujourd’hui”, dit-on même ouvertement au quartier général de la rue Madone, à Mont-Laurier.Pour “faire sortir” le vote des indécis, on se résigne maintenant à dévier légèrement mais certainement de cette stratégie toute locale.Samedi soir dernier, en compagnie du ministère des Finances, M.Raymond Garneau, M.Lapointe s’est prêté à une assemblée publique toute centrée sur l’offensive envers le “séparatisme".Le candidat libéral n’hésite plus à s’en-entretenir avec les gens quand il fait, comme tout bon candidat, ses heures quotidiennes de porte à porte.“Les gens ont peur de l’indépendance et nous en parlent, c’est une peur qui existe, nous ne l'inculquons pas”, nous déclare-t-il presque en s’excusant.Et hier soir, à Saint-Jovite, on avait fait venir pour une assemblée publique nul autre qu’un tonitruant canon anti-péquistes, le président du Parti libéral, M.Ben Payeur.Mais cela ne rassure pas l’organisateur chevronné qui a téléphoné au “national” hier matin pour faire avertir M.Payeur de ne pas trop en remettre dans ses attaques.La “machine” serait beaucoup plus encline à faire confiance, pour le déclic final qu’attendent lestindécis, à un moyen bien traditionnel mais, paraît-il, psychologiquement efficace: une parade de pas moins de 750 automobiles, de bas en haut du comté ou vice-versa, dimanche soir, qui se terminera dans le village natal de M.Lapointe, à Ferme-neuve, où le pointage libéral a besoin d’un coup de pouce.On reviendra donc, la veille au scrutin, à la stratégie initiale centrée sur “le petit gars du comté.” La “machine” péquiste, qui commence aussi à avoir ses traditions, n’a guère plus d'imagination.Parade pour parade, elle aura la sienne samedi soir, et promet tout autant de véhicules que son adversaire.Comme chacun gaspille de l’essence pour impressionner les badauds cachés dans l’intimité de leurs salons, on finira peut-être par augmenter ainsi le nombre des indécis.Le candidat péquiste, M.Jacques Léonard, un universitaire originaire de la région mais qui n’y réside pas — selon ses adversaires, ce serait un handicap majeur — continue à ressasser ses thèmes locaux: pollution des rivières, vente des terres aux américains.Pas de grande offensive de dernière heure en vue.Il continuera à rencontrer des petits groupes car son organisation le trouve “tris bon” mais en même temps pas très “sortable” car pauvre orateur en public.On s’apprête plutôt à lancer une opération-charme: hier, au quartier général de l’autre bout de la rue Madone, rentraient par piles les grandes affiches bleu royal adoucie d’une neige blanche, faisant gloire à un René Lévesque rasséréné, et souriant pour une fois.On se propose enfin de faire une dernier “rappel” dans tous les foyers dimanche, pendant que les libéraux seront occupés à préparer leur parade.Il parait que le “national” va expedier aux organisations locales un “tract" dont on parlera encore longtemps dans les chaumières, au lendemain des élections.Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans un comté qui fut si longtemps unioniste, le candidat de l’Union nationale, M.Laurent Jetté, est à peu près absent, du moins dans le “haut du comté”, au nord.Pas une seule affiche sur les routes, du moins pour l’observateur moyen, entre Grand-Remous et Saint-Jovite.Originaire de Sainte-Agathe, M.Jetté y concentre Aide dans sa lutte contre la lèpre.ses efforts, mais le Parti québécois, fort au nord et faible au sud, trouve qu’il n’en fait pas assez.Le dernier virage, ce sera la présence de Rodrigue Biron lui-même à Sainte-Agathe samedi.Le candidat créditiste tire de l’arrière et semble avoir renoncé à profiter du dernier virage.Il clôturera samedi soir par une assemblée publique dans son propre quartier général; c’est donc qu’il n’y attend pas des centaihes de personnes.Dans ce comté caractéristique, que tous les observateurs ne cessent de décrire comme le plus “chaud” de l’Outaouais, la fièvre ne monte donc pas chez les électeurs.Il se pourrait même, craint-on, que les indécis restent chez eux.Cela ferait un peu l’affaire du Parti québécois, malgré ses principes, quand son organisation regarde d’un peu près les derniers sondages.Mais à moins d’un grand coup venant des états-majors, cette campagne que la plupart ressentent comme inutile se terminera comme elle a commencé, artificielle, terne, lente, infiniment régionale et locale.On se cherche tellement dans le brouillard que dans ce coin de pays où le chômage atteint souvent plus de 30%, on préfère par exemple disserter sur les relations de travail alors que le conflit du secteur public a effleuré de façon très peu tragique les écoles et rares hôpitaux de la region.Rien ne “prend" auprès des électeurs.“La campagne se fait sur rien”, de déplorer une jeune militante péquiste.Ce n’est certes pas de quoi décider les indécis.Typique, il faudra donc surveiller Laurentides-Labelle le 15 novembre.:M.Lapointe y a eu 2,400 voix de majorité, et 42%, des votes, les deux principaux partis se disent gagnants avec 500 voix de majorité.Rectificatif C’est par inadventance que LE DEVOIR titrait hier matin sur huit colonnes: “La moitié du vote péquiste dit non à l’indépendance”.Ainsi qu’on a pu le constater en consultant les tableaux publiés à la page 2 et à la lecture de l’article que coiffait notre manchette, c’est l’inverse qui est vrai puisque 49% du vote péquiste dit oui à l’indépendance; 26% du vote péquiste n’est pas en faveur de l'indépendance et 24% des répondants pequistes sont indécis.Il eût été plus juste de titrer que “la moitié du vote péquiste n’est pas encore acquis à l’indépendance”.Mise en garde de Samson L’UN courtise les créditistes LAC MEGANTIC (PC) - L’Union nationale courtise le vote créditiste dans plusieurs comtés du Québec.“On fait des promesses aux créditistes pour avoir nos votes, en échange de quoi on dit qu’on va nous aider au fédéral”, a dit cette semaine le chef créditiste, M.Ca-mil Samson, au cours d’une assemblée publique dans le comté de Mégantic-Compton.Selon M.Samson, les unionistes tentent d’obtenir les votes créditistes afin de récupérer certains comtés où l’Union nationale était très forte de 1966 à 1970.Ces comtés sont ensuite passés sous le giron créditiste à l'élection de 1970: Mégantic-Compton, Frontenac, Richmond.Le chef créditiste a mis en garde ses militants de ne pas succomber à ta même erreur qu’en 1956, lorsque certains créditistes avaient cru aux promesses des libéraux.“Comme on ne présentait pas de candidats en 1956, les libéraux ont tenté de nous attirer en nous faisant des promesses, a dit M.Samson.Mais lorsqu’ils ont pris le pouvoir en 1960, ils nous ont oublié.Ne tombons pas dans le même panneau.” Le chef créditiste a vigoureusement dénoncé la cour que mène aux partisans créditistes le candidat de l’Union nationale et ex-député de Mégantic-Compton, M.Fernand Grenier.“Les bleus nous invitent à voter pour eux, et ils nous promettent qu’ils vont nous aider à Ottawa”, a-t-il dit.C’est néanmoins ce même M.Grenier qui aurait contribué à faire battre au fédéral, en 1974, le député créditiste du comté, M.Henri Latulippe, en sabotant sa campagne électorale de l’intérieur, selon M.Samson.“Si on accepte, non seulement on va perdre des plumes au Québec, mais on va faire battre tous nos députés créditistes à Ottawa”, croit le député de Rouyn-Noranda.Le chef créditiste ne l’a pas précisé, mais la tactique unioniste de Mégantic-Compton serait également utilisée dans Frontenac et dans Richmond.A ce dernier endroit, le candidat unioniste est l'ancien député créditiste Yvon Brochu.M.Samson a également dénoncé les autres formations politiques qui, pour attirer les voix créditistes, affirment qu’ils ont repris une partie du programme du Ralliement.“L’Union nationale dit qu’elle a une partie de notre programme, le Parti libéral une autre partie, et le Parti québécois une autre.En votant créditiste, vous vous trouvez à voter pour tout le programme en même temps”, a lancé le député de Rouyn-Noranda.“Méfiez-vous de ceux qui veulent faire de vous des éternels exploités, a-t-il poursuivi.Le système actuel des bleus et des rouges est un système diabolique qu’il nous faut combattre et battre.” “Pendant que la maison est en feu, les vieux partis nous proposent de changer la couleur des chapeaux de pompiers du rouge au bleu, et du bleu au rouge.Mais c’est de l’eau que ça prend, et ça presse.” a dit M.Samson.La tournée de M.Samson se poursuivra d’ici la fin de la campagne électorale dans le nord-ouest québécois.Il sera aujourd'hui à Val d’Or, dans le comté d’Abitibi-est, puis à La Sarre samedi, et à Rouyn dimanche.Hier, M.Samson a connu une journée relativement tranquille.Il a visité une usine à Québec avant de participer à une émission de lignes ouvertes.Lundi, M.Samson attendra les résultats dans son comté de Rouyn-Noranda, où il votera.Ses adversaires sont le libéral Henri Miljours, le péquiste Réal Guay, et l’unioniste Jean-Claude Chevalier.M.Samson avait une majorité de 1,032 voix en-1973 sur le libéral, qui était le même M.Miljours.* Tout est affaire de synchronisme Au bon endroit au bon moment Air Canada dessert les destinations canadiennes avec une ponctualité et une fréquence exemplaires.Il y a, par exemple, six vols quotidiens Montréal-Vancouver.Bien répartis à travers la journée, ces vols se font parfois sans escale, parfois en 727 ou en L1011 avec cinéma.Le sen/ice de réservations de vingt-quatre heures vous réservera sur-le-champ une voiture, une chambre d’hôtel et votre place à bord d’un vol d’affaires.Vancouver • Six vols quotidiens: deux le matin, dont un en L1011 avec cinéma, deux l’après-midi, deux le soir dont un sans escale et un en 727 Calgary • Trois vols quotidiens: deux le matin dont un sans escale, un le soir en 727 gmi L’art de bien voyager Air Canada offre encore plus aux gens d’affaires: le plaisir de bien voyager, sous le signe de l’hospitalité et de la courtoisie.Pourquoi ne pas profiter des tarifs excursion?Votre voyage d’affaires devient alors une aventure touristique, à prix réduit.Loisir bien mérité! 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La prison de Bordeaux vient de rafraîchir sa vétuste infirmerie.On le doit en partie à la Corporation professionnelle des médecins du Québec qui adressait une demande en ce sens au directeur Desrivières, au début d'octobre.Une autre demande de la Corporation est toutefois restée sans réponse: peut-on abréger les délais parfois intolérables pour le transfert à Pinel de détenus qui ont besoin de soins psychiatriques?Hier, le président de la Corporation firofessionnelle des médecins du Québec, e Dr Augustin Roy, donnait son appui à l’Office des droits des détenus (l'une des constituantes de la Ligue des droits de l’homme) qui, en conference de presse, réclamait une enquête sur des événements récents survenus à Bordeaux: quatre jeunes détenus, transférés au ‘’trou" ou en cellule de ségrégation, ont tenté de suicider.L’Office, le Dr Roy et la femme que l’on surnomme ‘Tombudsman” des prisonniers, Inger Hansen, trouvent “dégradant” le trou.Mme Hansen a déclaré mardi à une commission parlementaire, à Ottawa, qu’elle ne voyait pas de solution immédiate à cet “isolement” des détenus.Le Dr Roy et les responsables de l’Office des droits des détenus, vont plus loin et optent pour l’abolition pure et simple du “trou”.La réclamation vaut pour toutes les institutions pénales au Canada, de sorte qu’il n’y aurait plus de “-sentence à l’interieur d’une sentence” et l’on mettrait fin à tout traitement qui implique l’isolement d’un détenu.Qui donc pourrait se charger d’enquêter sur les conditions "dégradantes” imposées à certains détenus?Nulle autre que la toute jeune Commission des droits de la personne, dirigée par Me René Hur-tubise, dont l’équipe s’est mise à l’oeuvre pour de bon il y a moins de six mois.Voici les faits récents survenus à Bordeaux, tels que rapportés dans le communiqué d'hier: le 3 novembre, une dame prévient l’Office des droits des détenus de tentatives de suicides survenues à Bordeaux (le directeur Desrivières tient au terme “automutilation” et n’entend pas céder à ce "chantage”).Le 4, l’Office ren- Mystère autour du rapport sur le rôle d’évaluation de la CUM contre trois des quatre détenus qui auraient tenté de se suicider.A eux quatre, ils totalisent 107 points de suture.Le 8, dans l'après-midi se produit une mini-émeute (la nuit précédentes, deux des quatre avaient essayé de s’automuti-ler).Il s'écoule trois heures avant que le médecin n’ordonne le transfert à l’hôpital d’un détenu qui doit faire refaire ses points.Le 9, autre rencontre des détenus impliqués — on dit que Jean Mitchell, l’un des quatre, a répété sa tentative.Mercredi et hier, le directeur Desrivières dit que les détenus sont “invisibles” et s’interroge sur l’à-propos des visites de représentants de l'Office à Bordeaux.Pourquoi ces tentatives de suicide?En bonne partie, dit le communiqué, parce que l’on vise à protester contre les conditions de vie dans les ailes et surtout dans le “trou”.Conscients de leur besoin de soins, ces détenus demandent que des psychiatres de Pinel les examinent (à quoi servent les ordres des juges?se demande le Dr Roy).L’un d’eux est au trou depuis trois mois et demi.Le président de la Corporation des médecins dit comprendre la logique de cette demande de supprimer le “trou", surtout lorsque l'on référé à une ségrégation arbitraire, dite "administrative” qui, dans certains pénitenciers, peut signifier moins de quatre heures de marche par semaine concédées à un détenu ainsi puni.Nous demandons que les "cas” psychiatriques soient vus sans délai dit le Dr Roy; il est venu à notre connaissance que parfois, les délais s’étendent de trois à cinq mois.La demande faite s’adresse à deux ministères: ceux de la Justice et des Affaires sociales, qui se partagent l’administration des institutions mentionnées.A noter cependant que l’organisme auquel l’on demande de faire enquête, la Commission des droits de la personne, relève du ministère québécois de la Justice.Aucun traitement ne nécessite l’isolement perpétuel, disent les responsables de l'Office qui ont en tête un detenu (ailleurs qu’à Bordeaux) qui a déjà passé trois ans et demi dans le "trou”.Or, l’on calcule que sept jours d’isolement suffisent à provoquer chez l’isolé de l'aigreur et de 1 agressivité, sans rien apporter de positif à la thérapie ni à la réinsertion sociale.Si l’on a ainsi repeint l'infirmerie de Bordeaux et trouvé des vrais lits d’hôpitaux pour ce service après une demande expresse d’une corporation professionnelle, pourra-t-on rouvrir tout ce dossier de la ségrégation des détenus, du "trou”, sans délai?L'Office des droits des détenus le souhaite, en rappelant un jugement de la Cour fédérale rendu en décembre 1975 et estimant que “l'isolement est un traitement cruel et inhabituel" qui va à l’encontre de l’article 2(b) de la Déclaration canadienne des droits.Le PQ s’engage à transformer l’île Ste-Thérèse en parc public par Gilles Provost Le Parti québécois s’est engagé hier à transformer Vile Sainte-Thérèse, à la hauteur de Pointe-aux-Trembles, en un immense parc public naturel qui serait deux fois plus grand que le Jardin botanique, le parc Viau et le pârc du Mont-Royal réunis.En faisant hier cette promesse électorale, le député pèquiste Marcel Léger a soutenu qu il a obtenu l’appui de M.René Lévesque à ce sujet, si bien qu’elle engagerait, à ses dires, le Parti québécois lui-même.Ardent défenseur du projet “Un fleuve-Un parc” depuis plusieurs années, M.Léger s'est inspiré de la même philosophie pour prévoir l'aménagement du futur “parc du bout de Tile”: Cette “enclave de campagne à la ville" resterait isolée du milieu urbain par son bras du Saint-Laurent et les citadins devraient utiliser des bateaux-mouches pour avoir accès à ce paradis de verdure.M.Léger soutient qu’il en coûterait moins de $2 millions pour aménager ce parc puisque les installations y seraient réduites au minimum: pistes cyclables, sentiers de nature, camping léger, plage publiqu tourner que (quand on aura achevé le détournement des égouts), tables de pique-nique, jardins communautaires loués à l’année, etc.Évidemment, l'hiver, on pourrait y pratiquer le patinage, le ski de fond, etc.M.Léger, député de Lafontaine dans l’Est montréalais, a souligné que ses administrés (ses électeurs) souffrent particulièrement des méfaits de l’industrialisation et de la pollution.Il serait donc raisonnable, à titre de compensation, de leur donner accès à des espaces verts avec vue sur le fleuve.Le parc le plus rapproché, présentement, c’est le parc Viau, a-t-il dit.Le projet du Parti québécois serait d'autant plus facile à réaliser que le gouvernement libéral sortant a justement acheté cette immense île, il y a quelques mois à peine.Pour des raisons qu’on ignore, cet achat de $800,000 ($0.01 le pied carré) a été gardé sous silence.En se basant sur des informations parues récemment dans le quotidien La Presse, M.Léger a accusé le gouvernement Bourassa d’avoir acheté cette île dans le seul but de participer à la planification du développement portuaire montréalais: de toutes façons, le Conseil des ports nationaux p.évoyait déménager sur l’île; il devra dorénavant négocier avec le gouvernement québécois pour ce faire.M.Léger, pour sa part, soutient que les citoyens de 1 est de Montréal ont eu plus que leur part d’industrialisation.Pour cette raison, il suggère soit de rénover les installations portuaires existantes, soit de déménager certaines installations plus en aval, jusqu’à Varennes, Tracy ou même Sorel.“À la vitesse où croît Montréal, a-t-il dit, il faut voir grand et penser que la métropole s'étendra jusqu’à Sorel, Saint-Jérôme et Valley field, dans quelques années.” Comme les partis politiques ont peu parlé d’environnement au cours de la présente campagne, Le Devoir a demandé à M.Léger si le Parti québécois a l'intention de consacrer plus d'argent que le dernier gouvernement à la protection de l’environnement.Sachant que le traitement minimal des égouts de l’île de Montréal coûtera à lui seul plus de $1 milliard, le critique du Parti québécois sur les questions d'environnement a manifesté une très grande prudence.Voir page 6: Parc par Gilles Lesage Le mystère continue de planer sur le rapport, gardé secret depuis le mois de mai, et dans lequel trois évaluateurs professionnels accusent la Communauté urbaine de Montréal (CUM) de "grossières erreurs de calcul" dans le rôle d’évaluation pour 1976.Le rapport a été remis le 16 mai au ministre des Affaires municipales, M.Victor Goidbloom, qui l’a soumis à l’étude de ses fonctionnaires et de son contentieux.Il ne l'a pas rendu public, alléguant que, s’il le faisait, il pourrait être accusé de mépris aujourd’hui A 14 h, conférence de M.John R.Thomas, directeur du programme États-Unis-URSS, de la fondation nationale de science.Le sujet sera “Les politiques de science soviétiques et leurs implications sur la coopération scientifique internationale ”, Salle: 3260.Immeuble des sciences sociales, Université de Montréal.« Seminar d’une journée traitant des perspectives économiques et des marchés de capitaux, organisé par l'Association des analystes financiers de Montréal Lieu: Hôtel Quatre Saisons.de Cour, en raison des procédures judiciaires intentées par le conseil de Ville Mont-Royal et par le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) à l’encontre du rôle d’évaluation.Le ministre a toutefois fait savoir que le rapport des experts était incomplet et nécessitait d’autres études.La Gazette n'en a pas moins révélé hier, citant une source anonyme de Québec, que le rapport fait état de variations énormes dans le rôle d’évaluation des villes qui font partie de la CUM.Le comité d'étude a été formé l’hiver dernier par le gouvernement, à la suite de plaintes nombreuses voulant que l’évaluation foncière ait subi des hausses allant jusqu’à 60% pour des maisons unifamiliales.L’évaluation des propriétés résidentielles avait grimpé en moyenne de 34.6% cette année et avait suscité des pétitions de protestation.L’évaluation étant plus élevée, les taxes de la CUM ont également grimpé.En campagne à l’extérieur de la ville, M.Goidbloom n'a pu être rejoint hier pour obtenir ses commentaires sur les révélations du quotidien du matin.En février dernier, au cours d'une rencontre avec les citoyens du West Island montréalais, le Dr Goidbloom avait promis une transformation radicale de la CUM, notamment la disparition du ser- vice d’évaluation de la CUM et le rapatriement, par les municipahtés membres, de la confection du rôle, comme avant 1970.Pour sa part, le président de la CUM a déclaré au DEVOIR qu’il n’avait pas vu le rapport et qu’il n’en connaissait pas le contenu.Tout ce que sait M.Lawrence Hanigan, c’est que les procureurs du gouvernement ont recommandé qu'il ne soit pas rendu public, en raison des procédures en cassation du rôle.Et si ce dernier devait être cassé, il y aurait des conséquences extrêmement graves et sérieuse, note le président.Car if faudrait refaire la taxation et les comptes.L’affaire risque toutefois d’être longue en Cour supérieure, sans compter les appels possibles de la décision à rendre.M.Hanigan craint que si des éléments du rapport sont diffusés, il y a risque de préjudice.Et dans les circonstancesn il ne veut pas dire un mot de plus.Le président de la Conférence des maires de banlieue, M.Guy Descary, n'est pas du même avis.Il a vu le rapport et il confirme que les renseignements publiés hier matin sont essentiellement vrais.Il ne comprend pas pourquoi l'on fait tant de mystère autour de ce rapport, qui ne fait que confirmer ce qui est de commune renommée depuis longtemps: que l’évaluation foncière de la CUM n’est pas ce qu’il y a de meilleur, à dire le moins.M.Guy Descary est d’avis que le rapport aurait dû être rendu public depuis longtemps, ce qui éviterait sa divulgation par bribes et toute controverse à son sujet.Tout le monde sait qu’il y a des lacunes et pose un diagnostic, note le maire de Lachine.Le problème, au-delà de l’évaluation, en est d’abord un de taxation.Mais le gouvernement n’a pas eu le courage de prendre les mesures qui s’imposent à cet égard.En publiant le rapport, il faudrait qu il dise en même temps les mesures qu’il entend prendre pour corriger les lacunes.Là est le noeud, et il n’est pas dénoué, rappelle le président des maires de banlieue, en dépit de plusieurs rencontres entre les membres de la CUM et les fonctionnaires québécois.M.Descary déplore au passage que les problèmes municipaux ne soient pas une priorité des hommes politiques, quels qu'ils soient.“Même avec les problèmes cuisants que connaît la CUM, pas un seul programme de parti politique n'en mentionne même le nom.” Pour sa part, le maire de Montréal-Nord dit qu il n’a pas besoin d’un rapport, qu’il n’a d'ailleurs pas vu, pour lui faire savoir qu’il n’y a rien à comprendre dans le rôle d’évaluation de la CUM et dans ses disparités énormes d'une ville à l’autre.“C est une patente qui ressemble à celle d’un gars qui peinture au fusil", lance-t-il au DEVOIR.Le rapport révèle, par exemple, que pour les fins de la taxation mumeipaje à Montréal-Nord, des maisons sont évaluées entre 59 et 97% du prix de vente anticipé.M.Yves Ryan ne saurait dire si tel est bien le cas pour sa ville.Mais il dit qu’il a réglé le problème en accordant une prime à l’embellissement des maisons unifamiliales.M.Ryan ne pense pas beaucoup de bien des systèmes ^’évaluation en général.“Il a autant de chapelles de pensée que de ureaux d évaluation.Il y a des disparités à travers toute l’Üe.Et il y en aurait encore plus si Tile Jésus faisait partie de la CUM." Le maire de Montréal-Nord est d’accord pour dire que l'évaluation n’est “pas Voir page 6: CUM Informations: M, James S.Kinnear, 871-1250.Pour appuyer les professeurs en grève à Laval et à l’UQAM contre les tentatives du Gouvernement et du patronat universitaire d’instaurer un contrôle absolu de l’enseignement et de la recherche.En solidarité avec les employés de soutien, contre les mesures d’intimidation qui les visent (ex.les coupures de salaire à l’UQAM) : Contre les administrations universitaires qui se moquent des sessions d’études des étudiants en laissant pourrir les conflits de travail.À L’APPEL DU SYNDICAT DES PROFESSEURS DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL (SPUQ-CSN) ET AVEC LE CONCOURS DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES ENSEIGNANTS DU QUÉBEC (FNEQ-CSN), DE L’ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS DE L’UQAM (AGEUQAM) ET DU SYNDICAT DES EMPLOYÉS DE L’UQAM (SEUQAM-FTQ).MANIFESTATION Vendredi, le 12 novembre 1976 è 19.30, au Carré PHILLIPS (angle Ste-Catherine et Univeraité) ; SOIRÉE DE SOLIDARITÉ Vendredi, le 12 novembre à 21 heures, è la Polyvalente Emile Nelligan, 4750 rue Henri-Julien (métro Mont-Royal) > Les enseignants, les étudiants, les employés et tous les syndicats du secteur de l’éducation sont invités à ; participer à cette manifestation et à cette soirée de •E solidarité.ÉLECTIONS PROVINCIALES AVIS À TOUS LES ÉLECTEURS LES BUREAUX SPÉCIAUX DE SCRUTIN SERONT OUVERTS DE 2 HRES P.M.À10 HRES P.M.LES VENDREDI ET SAMED112 ET 13 NOVEMBRE Les Présidents d'élection de tous les districts électoraux délivreront les attestations requises pour voter aux bureaux spéciaux de scrutin.Ces attestations seront délivrées entre 1 hre p.m.et 10 hres p.m.les 12 et 13 novembre aux électeurs qui en feront la demande et qui auront le droit de voter à ces bureaux spéciaux de scrutin conformément à l'article 283 de la loi électorale du Québec."Sont seuls admis à voter dans un bureau spécial de scrutin les employés de chemin de fer, des postes et de messageries, les navigateurs, prêtres-missionnaires, voyageurs de commerce et toutes autres personnes que leurs occupations habituelles contraignent à s'absenter du lieu de leur domicile et qui ont raison de croire que leurs occupations ordinaires les obligeront, le jour fixé pour le scrutin général, à s'absenter de la municipalité où ils ont leur domicile et les empêcheront de voter à l'élection en cours".(Article 283).PUBLIÉ PAR LE PRÉSIDENT GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC ^ * Le Devoir, vendredi 12 novembre 1976 éditorial LE DEVOIR et l’élection du 15 novembre 1) Le meilleur choix, abstraction faite de l’indépendance À mesure que se rapproche le jour d’un scrutin qui promet d’être historique, l’électeur consciencieux doit faire face à l’inéluctable question que voici: parmi les partis en Eirésence, lequel est le plus apte à l’heure ac-uelle à procurer au Quebec le leadership politique dont il a besoin?Il serait facile de contourner cette question en cherchant refuge dans l’argument voulant cjue l’on appuie le meilleur nomme ou que l on jette son dévolu du côté des tiers partis.Mais cela ne changerait rien à une loi capitale de notre régime de gouvernement: c’est un parti, non un homme, que l’on porte au pouvoir à l’occasion d'une élection.Vue dans cette perspective, l’élection se ramène en dernière analyse, et sans diminuer le rôle fort utile des tiers partis, à un choix entre le Parti libéral et le Parti québécois.Seuls ces deux partis peuvent en effet aspirer à former un gouvernement le 15 novembre.Aux deux derniers scrutins, l’UN manifestait des signes évidents d’effondrement.Le Parti québécois, qui commençait à peine de s'affirmer, devenait soudain la principale solution de rechange.Il fallait réagir fermement et affirmer sans ambiguïté la préférence des Québécois pour le fédéralisme, par le truchement d’un solide appui au Parti libéral.Le Parti libéral émergeait alors tout juste d’un séjour salutaire dans l’opposition.Il s’était donné un nouveau chef, Robert Bourassa, lequel avait réussi à s’entourer d’une équipe jeune et aux compétences diversifiées.Autant en 1970 qu'en 1973, cette équipe, homme pour homme, nous apparut supérieure à celle que présentait le PQ.Nous n eûmes pas d’hésitation à l'appuyer.Cette fois, la situation est différente.L’équipe Bourassa a été au pouvoir pendant six ans.Elle sollicite un nouveau mandat des électeurs alors que le précédent n'est pas encore échu.Aussi avant d'examiner le lien entre l'indépendance et l’élection du 15 novembre, faut-il d’abord se demander si, dans des conditions normales, il conviendrait de la reporter au pouvoir.• Le plus grand succès du PQ au cours de la présente campagne n’a pas été la mise en veilleuse habile de l'idée d'indépendance.Il a plutôt consisté à créer une impression très répandue voulant que tout aille mal au Québec.Lorsque l'économie, les écoles, les hôpitaux et les services d'électricité vont bien, le gouvernement s'en attribue volontiers le mérité.Il est fatal, en contrepartie, qu'on lui impute la responsabilité de la situation sociale ou économique si celle-ci est mauvaise.Or, c’est précisément cette impression qu’à coups de fresques souvent exagérées, on a réussi à créer.Et le Parti libéral la paie très cher.Bien des chapitres du bilan de M.Bourassa sont loin d'être négatifs.Au plan économique, par exemple, la performance du Québec a été meilleure, ainsi que le démontrait hier encore André Raynauld, que certains ne voudraient le faire croire.De même, en matière de relations du travail, le gouvernement Bourassa a dû naviguer contre des courants contraires extrêmement forts; il a su, malgré tout, accumuler un dossier plus favorable que ne veulent le reconnaître ses critiques de gauche et de droite.On avait également prédit que, sous l'administration Bourassa, on verrait s'étioler le début d’engagement dans l'activité économique qui avait pris forme à travers SGF, SIDBEC, SOQUEM, etc.C'est plutôt le contraire qui s'est produit: on observe au- jourd'hui un engagement accru du gouvernement dans ce secteur.On pourrait multiplier ces exemples, et on eût aimé que le Parti libéral le fît davantage au cours de sa campagne, au lieu de centrer sa propagande sur la menace séparatiste.Cela n’eut toutefois point effacé la dangereuse impression de dérive morale et politique qui a marqué les trois dernières années de la vie po-litioue à Québec.M.Bourassa disposait d’une majorité sans précédent.Il pouvait s’en servir pour faire passer dans les lois et dans le style de son administration les grands objectifs d’efficacité, d’intégrité et de dynamisme qu’il définissait en 1970.Au lieu de cela, il a gouverné trop souvent à la petite semaine, s’intéressant à des détails insignifiants et délaissant trop facilement les questions fondamentales qui relèvent d'une vision éthique et intellectuelle exigeante.Quand il a voulu légiférer en profondeur, il n’a pas su s’élever au-dessus des vues parfois étriquées de ses conseillers; il en est résulté, comme dans le cas de la Loi 22, des textes législatifs ou réglementaires qui ont été source inutile de divisions et de frustrations.Au plan éthique, M.Bourassa, soit par faiblesse, soit par manque de conviction, a donné une administration trop calculatrice, trop cachottière et trop lente à réagir devant des situations qui exigeaient une intervention rapide et ferme.Avec lui, on ne sait plus trop si c’est le principe ou l’intérêt du parti qui est premier.De là est née une méfiance parfois excessive à son endroit, mais qu'ont le plus souvent alimentée ses propres tergiversations.En matière de finances publiques, la gestion de M.Bourassa avait généralement été bonne, ainsi qu'en témoigne une comparaison objective des finances du Québec avec celles des autres provinces.Deux grands projets ont cependant donné lieu à des erreurs de calcul qui infirment sérieusement cette performance.Dans le cas de la baie James, M.Bourassa a empêché dès le début qu’elle devienne un grand projet unificateur, en en faisant une utilisation étroitement partisane.Dans le cas des Jeux olympiques, il s’est laissé entraîner dans un véritable gouffre financier par les autorités montréalaises.Du gouvernement, on attend qu’il s’élève à certains jours au-dessus de la melée partisane pour proposer des vues nobles qui rejoignent ce qu il y a de plus profond et de meilleur chez les citoyens.On attend du chef du gouvernement qu'il le fasse non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de sa propre équipe.Ici encore, M.Bourassa n'a pas été à la hauteur.Son impopularité actuelle s'explique en grande partie par le leadership souvent zigzagant et calculateur qu’il a déployé.Ce n'est pas qu'il n ait pas été voué à sa tâche; il y consacre au contraire à peu près tout son temps.Mais il a volé trop en surface; il n'a pas vraiment approfondi les questions essentielles.Dans le Parti québécois, tout n’est pas parfait, loin de là.Outre qu’avec l'expérience, on en vient à éprouver une méfiance instinctive envers tout ce qui aime trop se parer des atours de la vertu, on n’a qu’à penser à des “nouvelles” recrues comme Lise Payette et Jean-Guy Cardinal (le plus piètre des ministres de l'Éducation qu'ait eus le Québec) pour se rendre compte qu’il faut éviter de verser, à propos de ce parti, dans l’espèce de foi religieuse que lui vouent naïvement plusieurs de ses adeptes.Le PQ se targue de faire des leçons au Parti libéral’en matière de relations de travail.C’est chercher à faire oublier trop aisément ses propres fautes d'omission et ae complaisance envers des “establishments" syndicaux souvent irresponsables.M.Claude Forget signalait l'autre jour les nombreuses incohérences de la “praxis” péquiste dans ce domaine.Elles étaient l’expression de l’ambiguïté dans laquelle baigne ce parti par rapport aux syndicats.Ainsi que l'illustre la composition de son équipe de candidats, la représentativité du PQ laisse encore à désirer.Près de 40% des candidats péquistes sont issus du milieu de l’enseignement, ce qui confirme qu’il demeure fortement un parti de professeurs.Plus de 50% proviennent du secteur public et para-public, lequel ne représente qu'environ 10% de la main-d'oeuvre totale.Mais en contrepartie de ces faiblesses, le PQ a de nombreuses qualités qui le rendent apte à aspirer au pouvoir: 1) de tous les partis, il est celui qui possède les structures de direction et de financement les plus ouvertes; 2) son leader, René Lévesque, a conservé à travers les années un dynamisme remarquable.Autant à l'extérieur qu'à l'intérieur du Quebec, il jouit d'une audience exceptionnelle; 3) le PQ est le reflet sur la scène politique des valeurs d'une forte proportion des citoyens appartenant à la jeune génération.Il offre le véhiculé le plus apte à favoriser l’insertion de ces citoyens dans le processus politique; 4) malgré les limites que nous avons signalées au sujet de son équipe de candidats, il offre néanmoins une équipe capable de donner au Québec un gouvernement compétent et honnête; 5) il offre enfin une vision élevée de ce que devrait être la vie publique au Québec.Ce que le PQ offre de plus valable à long terme, c'est peut-être enfin la chance d'un renouvellement authentique des termes mêmes de l'alternative politique au Québec.Les joutes traditionnelles entre liberaux et conservateurs passent trop souvent à côté des vrais problèmes.L'alternative qui caractérise désormais les sociétés libérales, c’est de plus en plus celle qui met en présence le courant conservateur-libéral d'un côté, et le courant social-démocrate de l'autre.Le PQ offre une version authentiquement québécoise de ce dernier courant.Il oblige l'autre courant à se définir avec plus de rigueur.• L'élection du PQ apparaîtrait à plusieurs comme une drôle de récompense à donner à maints dirigeants et militants syndicaux qui ont témoigné dans le secteur public d'un mépris à peine voilé pour l'État et ses institutions.Mais elle aurait en retour une contrepartie.Obligés d'assumer davantage le pouvoir, certains des critiques les plus farouches de l'État en découvriraient à leur tour la complexité et les embûches.C'est de ces alternances paradoxales mais bienfaisantes qu’est faite la santé du processus démocratique dans les sociétés libérales.Mais pour que le processus fonctionne avec vigueur.il faut que l'alternance joue assez régulièrement.Au Québec, après 12 années de régime libéral depuis 1960, un changement serait dans l'ordre des choses si l'objection de l'indépendance peut être mise entre parenthèses de manière loyale et satisfaisante.Claude R Y AN Demain: L’objection de l’indépendance.LIBRE OPINION L’avenir constitutionnel du Canada passe-t-il par la consultation populaire?par ANDRÉ D.PORTAS Le départ de James Richardson du cabinet fédéral, jugé "prématuré” par le Premier ministre Trudeau, aura pour l’intéressé, dans l’immédiat tout au moins, un avantage probable: celui d'assurer sa réélection, en lui donnant dans l'Ouest un prestige que ne lui méritaient ni sa gestion gouvernementale ni sa performance nationale.Ce que James Richardson y aura œ’ en faux prestige, le Canada est ois en train de le perdre en crédibilité politique.Dès lors, il est assez ironique que ce soit au nom de la survivance ae l'entité canadienne que cette opération de destruction et de sape au projet canadien ait été entreprise.On aurait préféré que M.Richardson mit son énergie à défendre et expliquer auprès des communautés canaaiennes les politiques qui ont réussi jusqu'à ce jour à neutraliser les forces centrifuges à l'intérieur de la Confédération.Mais c'était apparemment une tâche à la mesure de géants de la politique, d'humanistes et de véritables hommes d'État.Toutefois, il y a un aspect salutaire à cette démission.Elle repose en termes brutaux et urgents le problème constitutionnel canadien.Cette remise en question, à la lumière des événements qui iront se précipitant au cours des prochaines semaines paraît viser non seulement la méthode employée pour aborder le problème mais aussi le contenu même de la future loi fondamentale du pays.Chacun semble mal à Taise dans la cote mal taillée qu'est devenu TA.A.N.B.On peut se demander si le temps n’est pas venu de s’adresser aux citoyens eux-mémes.Que ce soit dans l’Ouest ou au Québec, on remet en question les conférences constitutionnelles fédérales-provinciales.Leur utilité devient sujette à caution dès lors que les réalités vécues par le citoyen ordinaire ou les groupes ethniques n’y trouvent pas un echo fidèle.Si la loi fondamentale doit régir les rapports entre les citoyens au plan des échanges économiques, du partage de la richesse, du milieu de vie, il ne fait pas de doute que les dispositions constitutionnelles actuelles correspondent peu aux réalités humaines de la mosaïque canadienne.Ainsi les groupes ethniques sont éparpillés dans plusieurs provinces, et malgré une organisation administrative différenciée, ont des problèmes fondamentaux qui transcendent les frontières provinciales.Il en va ainsi des Canadiens français qui sont localisés de manière presque continue sur un territoire qui s'étend du Manitoba au nord-est ontarien, s’élargit au Québec.pour se rétrécir de plus en plus au nord, nord-est et sud du Nouveau-Brunswick.De la sorte on ne trouve que quelques îlots de survivance française, a vrai dire folkloriques, dans THe du Prince Édouard et au Cap-Breton.Les Indiens et Inuits du Québec, du Nouveau-Brunswick, des provinces de l'Ouest et des Territoires du Nord-Ouest.restent des entités dont la présence se reflète peu au niveau des institutions politiques du pays.Or, ces gens ont aes droits que Ton ne peut balayer du revers de la main, sans risques d'annihiler ceux de tous les autres groupes.Les Ukrainiens représentent une réalité dans l’Ouest du pays.Ils disposent dans TOuest d'un poids politique plus important que les Canadiens français.L’échec actuel du fédéralisme centralisateur au Canada vient de ce qu’on a ignoré ces nuances et ces différences dans l’élaboration et l’application des politiques dites nationales.L’uniformisation de ces politi- ques est apparue dans un grand nombre de domaines comme une tentative d'imposer une camisole de force à des populations qui nen voyaient pas la justification.Tolérées au niveau économique où elles sont insidieuses et susceptibles de correction, ces politiques ont été rejetées symtomatiquement quand elles s'attaquaient à des cordes sensibles comme les traditions culturelles, religieuses, soit l'ensemble des valeurs qui sont viscérales.Vu que la géographie humaine ne correspond que très peu à la géographie administrative, les habitants d’une province peuvent voter pour une équipe de gestion au niveau de cette province, sans estimer pour autant que cette équipe a reçu mandat pour les représenter dans un débat aussi important que celui de la Constitution.Dans un cas, il s'agit d’administrer des biens communs, dans l'autre de préserver ce qu’il est convenu d'appeler un patrimoine, soit un héritage qui déborde les simples biens matériels.Dans ce genre de débat les minorités se sentent en droit d'exiger des garanties, alors qu'au niveau de la gestion, elles se contenteront des fluctuations normales de la vie quotidienne où les majorités sont circonstancielles et temporaires.Dans un tel contexte, avec les majorités qui caractérisent les élections tant provinciales que fédérales, au scrutin uninomic 4 à un tour, on peut dire que sur ces options fondamentales, ni les députés fédéraux ni les députés provinciaux ne représentent légitimement les groupes ethniques de ce pays.Cela est particulièrement évident de la Colombie-Britannique avec ses Indiens, de TAlberta avec les siens, du Manitoba, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick avec leurs Canadiens français, du Québec avec ses anglophones, ses Indiens et Inuits.Cette confusion oblige le gouvernement fédéral à se poser en protecteur des minorités ethniques sans avoir forcément les moyens de faire respecter leurs droits.Deuxième élément de confusion : le gouvernement fédéral en est arrivé à défendre un concept d'unité nationale dont les citoyens n'ont pas eu à discuter — par exemple celui des deux nations — et qu'un grand nombre rejettent pour des raisons souvent opposées.La poursuite du dialogue constitutionnel sur les bases actuelles valorise d'abord la lutte de pouvoir entre deux entités politiques et administratives et par voie de conséquence entre les deux paliers de décision.Elle fausse en conséquence le jeu démocratique et le processus lui-même, puisque celui-ci se déroule à Cécart de l'expression des voeux des citoyens.Dans Tesprit de ces derniers, le Parti Libéral au pouvoir est associé de plus en plus à une situation dont il n'a pas la paternité, et dont il est facile de lui imputer les imperfections accumulées depuis plus de cent ans.Cette conséquence électorale est vénielle à côté clés possibilités de schismes ouvertes par un document nouveau qui n'aura pas reçu l'imprimatur des citoyens et des groupes ethniques, parce qu’il ne reflète pas les changements intervenus dans la société canadienne.Ainsi on s'évertue à parler de deux communautés nationales en oubliant que deux autres, l’indienne et l’esquimaude.restent menacées physiquement.culturellement, économiquement et quelles n’ont reçu aucune garantie constitutionnelle.Au Québec, la présence d'un million de citoyens anglophones pose avec ambiguïté la légitimité politique d'une sécession qui dénierait à ces citoyens le droit à Tauto-détermination et à la gestion des territoires qu'ils occupent.Voir page 6: L'avenir _____Les caprices de la Loi des Élections- Le droit de ne pas prêter serment) “sur les saints Évangiles” .¦ A quelques jours du scrutin du 15 novembre, la Commission des Droits de la personne, créée pour veiller sur l’application de la Charte québécoise des droits de la personne, constate que l’application littérale de certains articles de la Loi des élections pourrait donner lieu le 15 novembre à des abus de droit regrettables.Aussi a-t-elle tenu à préciser suivant quelles modalités il sera loisible à chaque citoyen de “se lier à ne déclarer que la vérité” s’il en est requis.Voici le texte d’une mise au point que la Commission nous adresse à ce sujet.La Commission des droits de la personne a été en mesure récemment d’identifier un problème extrêmement sérieux, qui risque de se poser le jour du scrutin et de priver des citoyens de l’exercice du droit de vote.Il s’agit, dans le contexte de l’application et de l'interprétation de la Loi électorale, de l’obligation qui peut être faite à des, personnes de prêter serment “sur les Saints Évangiles", en leur refusant par ailleurs de reconnaître comme équivalente au serment “sur les Saints Évangiles" une Affirmation solennelle.Le jour du scrutin, par exemple, un scrutateur ou un greffier peut exiger le serment "sur les Saints Évangiles” pour des fins dï-dentification et ceux qui refuseraient de le prêter, au nom de la liberté de conscience notamment, pourraient se voir refuser de voter.En effet, l'article 239 de la Loi électorale prescrit: "239.1.Avant de recevoir son bulletin de vote, toute personne qui se présente pour voter doit, si elle y est requise par le scrutateur ou le greffier, par iin des candidats ou son représentant, prêter serment, suivant la Formule 51 et.” L'article 241 ajoute: ”241.1.Il ne doit pas être donné de bulletin de vote à une personne qui refuse de prêter le serment prévu à l'article 239." De plus, la Loi électorale, à l’article 7 paragraphe 3, affirme que: "Les serments prescrits par la présente loi doivent être prêtés sur les Saints Évangiles." Mais cette exigence est atténuée au paragraphe 4 du même article qui se lit ainsi: Toutefois, la manière de prêter serment peut être changée suivant la croyance religieuse de celui qui le prête, de façon à le lier à ne déclarer que la vérité.Il est du devoir de la Commission de clarifier cette question et de situer les droits en cause pour la population et pour ceux qui sont chargés d'appliquer et d'interpréter la Loi électorale.Il apparaît à la Commission que la préoccupation du Législateur, c’est qu’un serment soit prêté de façon à “lier à ne déclarer que la vérité".Cette obligation doit évidemment être une obligation legale, mais on se rend compte que la loi a prévu d’autres façons que le serment “sur les Saints Evangiles ’ de “se lier à ne déclarer que la vérité”.Affirmer solennellement la vérité par une autre formule est un droit.Il est fondé à la fois sur l’interprétation de la Loi électorale, elle-même comprise à la lumière de la Loi d’interprétation, sur le Code de procédure civile et sur la jurisprudence.Son exercice doit être permis a quiconque veut s’en prévaloir.Les témoins assignés devant un tribunal et qui refusent de prêter serment “sur les Saints Évangiles” pour une question de conscience, peuvent le faire en raison du Code de procédure civile.Constatons à cet égard qu’il y aurait une étonnante disproportion à être plus exigeant à l'égard de celui qui doit s'identifier conformément aux dispositions de la Loi électorale, qu'à l'égard de celui qui, en témoignant de-/ant les tribunaux, a le lourd fardeau d’aider æs tribunaux et les juges à administrer la justice.Ne pas permettre l’utilisation d’une formule équivalente au serment “sur les Saints Evangiles” ne constitue pas seulement une interprétation restrictive de la Loi, mais une violation de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, qui garantit notamment le droit de vote (art.22), de même que la liberté de conscience (art.3), la liberté de religion (art.3), la liberté d’opinion (art.3), la liberté d'expression (art.3), qui toutes sont impliquées dans l’expression du droit de vote.De plus, obliger quelqu'un à prêter serment “sur les Saints Evangiles” lorsqu’il ne croit pas, c’est le forcer soit à mettre de côté ses convictions les plus profondes, soit à se priver du droit de voter.Cela équivaut à susciter l'inégalité devant la loi et à créer deux catégories de citoyens quant au droit de, vote dans ce contexte: ceux qui croient aux Évangiles et ceux qui n’y croient pas.Les premiers peuvent facilement voter; les autres, si on les oblige à prêter serment sur l’Évangile, ne peuvent le faire.Il convient enfin de dire, en regard d une notion de respect qui est inhérente au domaine des droits, qu’obliger quelqu'un à prêter serment sur des Évangiles auxquels il ne croit pas, c'est aussi risquer de jeter du discrédit sur des valeurs partagées par une partie de la population, ou même les tourner en ridicule.Ces valeurs religieuses ont aussi droit au respect.lettres au DEVOIR Des chiffres dangereusement amplifiés M.le directeur, Ayant reconstitué (à quelques unités près) la dimension de l'échantillon du sondage que Le Devoir publie depuis deux jours, je me dois d’observer que le taux de réponse réel est de 31% et ne justifie pas les trois ou quatre pages d'analyse et d'interprétation.En effet, au départ il y a 1800 numéros de téléphone.11 est justifié de retirer: — 104 services interrompus — 31 sans droit de vote — 38 numéros non résidentiels La vraie dimension de l’échantillon est donc 1627, qui se répartit comme suit: — 512 décidés — 141 indécis “tentés” — 329 indécis non tentés — 358 refus (66 refus de répondre à la question + 292 refus de répondre au questionnaire) — il7 absents — 91 (69 pas disponibles + 22 autres difficultés) — 30 ne parlant ni français, ni anglais — 49 intentions de ne pas voter.Sur la Question de vote, le taux de réponse est donc 512 sur 1627, soit 31%.Le sondage révèle donc: - PQ 16% - PL 8% - UN 4% - RC 2% — Autres 1% — Non mesurés 69% Le reste n’est qu’hypothèses.De plus, l'échantillon représente mal la population du point de vue sexe et ethnie.A.ZINGER mathématicien-statisticien Outremont, le 11 novembre 1976 Qui est fort en chiffres?M.le rédacteur, M.Bourassa, en mettant les Péquistes en garde contre les salissures qu'ils peuvent faire aux Libéraux salit par le fait même le Parti péquiste.Les Libéraux et les fédéralistes ont tellement peur de la popularité des Péquistes que tous les moyens leur sont bons pour les salir.M.Bourassa dit que M.Lévesque n’est pas fort en chiffres.Pour le premier ministre, cette remarque ‘salissante’ lui retombe sur le nez, car, en disant que le Québec reçoit du fédéral un milliard de dollars par année, il oublie ce que le fédéral reçoit du Québec sous forme de taxes directes et indirectes tous les ans, c’est-à-dire, plus de sept (7) milliards de dollars, ce qui est beaucoup plus que le milliard que remboursent, pour ainsi dire, au Québec, les fédéralistes.L'autre jour, M.Bourassa a déclaré à la télévision que nous ne sommes qu'un petit peuple de 2 p.cent en Amérique du Nord.Il ne s’agit pas de l'Amérique du Nord, mais bien du Canada.Les anglophones de notre pays ne prisent pas du tout de faire partie de nos puissants voisins du sud.Comme il s'agit donc du Canada, ce n'est pas 2 p.cent mais environ 33 (trente-trois) p.cent que notre peuple représente au Canada.Ce n’est pas fort en chiffre pourtant, et M.Bourassa devrait dire la vérité au lieu d'accuser un parti dangereux pour lui de vouloir salir les Libéraux.Je ne suis pas plus péquiste que partisan d'un autre parti, mais comme tous les électeurs, je tiens à ce que nos gouvernants finissent de nous prendre pour des imbéciles.Nous voulons la franchise et la vérité.J.François LALIBERTÉ pour un Canada où l’on se comprend Val-des-Monts, novembre 1976 Une publicité tendancieuse M.le directeur.Dans votre édition du samedi 6 novembre dernier, j’ai constaté que le Parti libéral avait une publicité, à mon avis, très spéciale.En effet, les “spots" publicitaires libéraux que j'ai relevés au nombre de dix.ici et là dans votre journal, m ont amèrement déçue.D s'agit de ces petits textes, mal écrits, accompagnés d'un visage mécontent, tantôt celui d’un ouvrier, tantôt d'une infirmière ou encore d'un simple citoyen.Je veux en venir au contenu même de chaque texte où le mot séparatiste est à l’honneur.M.Bourassa semble obsédé par ce mot puisqu'on le retrouve partout dans sa publicité électorale parlée et écrite.Celui-ci tourne le dos à une réalité telle que l’indépendance du Québec qui devient de plus en plus concrète aux yeux des Québécois.M.Bourassa manque de “fair play" lorsqu'il introduit sa psychose de peur de l'indépendance auprès du public avec le mot séparatiste.C’est un mot qui ne veut plus rien dire, un mot qui désormais n'a plus sa place dans le vocabulaire québécois.Celui-ci croit préserver son château-fort en comptant sur la peur des électeurs avec son mot “séparatiste”.Assurément, M.Bourassa et ses libéraux reprendront le pouvoir lundi prochain, journée d’election provinciale.Il aura encore réussi avec son mot désuet mais les Québécois démontreront par leur vote une confiance encore plus grande au Parti québécois.Ce n'est que partie remise.Jacinthe LATULIPPE étudiante Montréal, le 8 novembre 1976 Un carnet électoral fort apprécié Cher M.Deshaies, Votre carnet électoral est un vrai beau sourire du matin dans une atmosphère politique plutôt tendue et sombre.Depuis mon arrivée au Canada, j'ai toujours été un lecteur régulier du Devoir, je le serai toujours, mais après la découverte de votre imbattable Es-carpitisme.avec plus de joie.Si M.Claude Ryan est à comparer d’une façon ou d'autre avec l’unique Sirius, et si M.Georges Vigny nous offre souvent un monde éventuel plus humanisé.vos rubriques donnent aux tristes lectures d’aujourd'hui les couleurs d'un beau papillon qui survit au froid du climat et à l’absurdité de la politique.Étant moi-même journaliste depuis seize ans, et n'ayant pas trouvé jusqu'ici le moyen de m'exprimer dans cette nouvelle patrie, le Canada, je trouve dans vos articles la même joie comme si j'étais dans le métier de plume à nouveau.Samir ATALLAH Montréal, le 5 novembre 1976 ¦ Nous rappelons d nos lecteurs que les lettres adressées A cette rubrique doivent être signées et comporter, de manière lisible, les noms, adresse et numéro de téléphone de l'auteur.Il nous est impossible de publier les lettres anonymes.L’adresse et le numéro de téléphone ne sont pas destinés à la publication.LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directeur: Claude Ryan Rédacteur en chef: Michel Roy Rédacteur en chef adjoint: Georges Vigny Directeurs de l'information: Jean Francoeur Pierre Loignon Trésorier: Bernard Larocque LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés à 9130, rue Boivin, Ville LaSalle.L agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à dif-tuser les informations publiées dans LE DEVOIR.ABONNEMENT: Édition quotidienne: $52 par année,- six mois: $28.À Ietranger: $57 par année; six mois: $31; trois mois: $19.Éditions du samedi: $15 par année.Édition quotidienne, livrée à domicile par porteur: $1.35 par semaine.Tarif de l'abonnement servi par la poste aérienne sur demande.Courrier de deuxième classe : enregistrement numéro 0858.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.TÉLÉPHONIï 844-3361 (lignes groupées).4 Le Devoir, vendredi 12 novembre 1976 • 5 des idées des événements des hommes Les sources du nouveau nationalisme québécois Comment s’est effectué le passage graduel de l’identification canadienne à l’identification québécoise On ne convainc pas le Québécois d'adhérer à l’idée de l'indépendance.Il en éprouvé ou non lui-même le besoin.L’adhésion à cette idée est un phénomène de perception et non un acte ae compréhension.C’est une erreur de croire que simplement par des arguments ou des incitations d’ordre logique, une personne adoptera l’idée de l’indépendance.Cette adhésion résulte d’une prise de conscience.Celle-ci se fait par l’accumulation d’actes amenant une personne à découvrir son identité.Cette identification du groupe s’élabore par comparaison avec d'autres entités.Tant que les gens d’ici se sont appelés “Canadiens” et ont appelé les autres “Anglais”, le problème ae l’identité ne se posait pas, mais quand les gens d’ici se sont aperçus qu’ils n’étaient pas ou plus les “Canadiens’', la recherche commençait.Le processus est lent mais inéluctable.Le groupe se redéfinit.Lorsque la définition est complète, un pays nouveau naît.La délimitation du territoire suit le sentiment collectif d’appartenance.Un vrai pays vit d’abord dans le coeur de ses habitants.On a prétendu favoriser l’unité canadienne en faisant connaître entre eux les habitants des différentes provinces.C’est une profonde erreur.Mon propos est de démontrer que l’inverse en résulte.Plus la télévision, la radio et la publicité font connaître l’autre entité, plus la prise de conscience s’intensifie.Plus on précipite le processus de définition d’un Québécois et son identification, plus le fossé entre lui et le “Canadien" se creuse.La campagne de propagande menée par le gouvernement fédéral visant à consolider l’unité nationale s'avère le processus idéal menant à l’indépendance.Quotidiennement, les médias de communication rappellent aux Québécois qu’ils sont différents.Jour après jour, ceux-ci se comparent, donc s’identifient.Pendant des générations, les gens d’ici ne se sont pas comparés.Ils étaient eux-mêmes et ils s’identifiaient au Canada parce que le Canada, c’était eux.Actuellement, ils cjé-couvrent un autre Canada.Le fait que le Parti québécois soit né et vive d'abord à Montréal n'est pas un hasard.La prise de conscience de l’identification nationale est à deux pas.Dans les campagnes, l’idée de l’indépendance et le Parti québécois se développent beaucoup plus lentement parce que la prise de cons- cience est lointaine.Les occasions de côtoyer d'autres entités et de s'y comparer sont rares.Le sentiment de propriété exclusive du territoire n’est pas compromis.L’image du groupe n’est pas perturbée.Le miroir social réfléchit la bonne image.Une nouvelle définition et une nouvelle identification ne sont pas nécessaires puisqu’il n’y a pas de modifications dans la perception de l'entité collective.Les gens de province perçoivent encore le Canada comme un prolongement du patelin qu’ils connaissent.On note toutefois que graduellement, les moyens de communication conscientisent a ces gens le phénomène montréalais.Le processus de conscientisation collective n'est pas d'ordre logique.L'argumentation est donc inutile d ou la difficulté de convaincre les vieux nationalistes fédéralistes de modifier leur position.Le processus d’identification est gelé.Ils acceptent théoriquement un Canada bilingue, bi-culturel.etc.Par le passé, la conscientisation collective était purement défensive.Le peuple se définissait comme “Canadien".La perception n'était pas tout à fait exacte mais répondait bien au besoin naturel.Le nationalisme traditionnel satisfait les aspirations du moment.De part et d’autre, celui-ci ne brisait pas les schèmes établis.Un nationalisme à la Henri Bourassa était l’arme du moment.Cette arme se devait de n’être que défensive.D’ailleurs ceci correspondait bien à la volonté populaire puisque la masse s’identifiait encore au mot Canada.A l’époque de Papineau, l’identification Ear la comparaison n'était pas nécessaire.identification nationale allait de soi.A ce moment, il ne s’agissait pas d’une identification nationale mais d’un problème de libération.La libération n'était pas un phénomène mental comme elle l’est aujourd’hui, c'était la confrontation avec le pouvoir.Les chaînes des conquérants étaient récentes et la crainte de la domination extérieure vivait encore.Libération ou identification: 1’inutile argumentation Aujourd’hui, le mot libération n'a pas auprès de la population beaucoup de résonance.La phrase célèbre “Vive le Québec libre!" sonne faux parce que la conquête et la domination sont oubliées.Aussi ces mots engendrent chez le peuple la division.Certains indépendantistes présentent leur position comme une libération alors que chez le peuple, le problème est autre.Il s'agit plutôt d’une identification collective.La division dans la population québécoise vient essentiellement de là.Les fédéralistes prétendent, avec raison.qu’il n’est point besoin de faire la libération.Par contre, beaucoup d’indépendantistes prêchent la libération.En fait, la population n’attend pas une libération mais une nouvelle identification.Quand je dis que les fédéralistes ont raison de prétendre que nous n’avons pas besoin d'une libération, je dis simplement ue la population n'est pas consciente une domination et n’attend donc pas de libération.Le fédéraliste sait que le peuple ne sent pas le besoin de se libérer et il s'oppose avec acharnement à ce qu’un groupe impose ce processus au peuple.Par contre, l’inaépendantiste trouve aberrant que des Québécois soient contre leur propre libération.Cette mauvaise interprétation entretient, depuis des années, des animosités.Je ne dis pas que les mauvaises définitions sont à l’origine de ces luttes.Elles engendrent toutefois le mépris qu’ont les indépendantistes pour les fédéralistes et l’incompréhension témoignée par les fédéralistes pour les indépendantistes.Loin de prétendre que la division réelle et fondamentale est d'ordre étymologique, je dis qu’elle est d'ordre perceptif.Pour l’élite traditionnelle, l’indépendance est un faux problème.Elle est tnéo-rique et elle n’a pas de fondement dans la réalité.C’est une chimère.Le peuple n’en veut pas et n’en voudra jamais.Aussi, est-ce une erreur de vouloir convaincre les nationalistes traditionnels.Cette attitude envers eux les gèle dans leur position et les empêche d'évoluer vers une prise de conscience.Il est probable qu’ils mourront avec leur idée et ce sera une erreur de dire qu’ils n’ont pas compris.Leur prise de conscience était autre.Face à la nouvelle génération d’indépendantistes, les élites traditionnelles traduisent que ce sont les professeurs qui prêchent des idées subversives.En général, c’est faux, sauf quelques phénomènes isolés.La nouvelle génération est simple, naturelle et sans déguisement.Elle fait simplement sauter certaines entraves.Une mauvaise lecture d’une pensée généreuse Elle est sans artifice.Les jeunes s’identifient naturellement.L’identification comme Canadien est trop compliquée, elle ne correspond pas à leur réalité.L’identification québécoise est la leur, le problème est simple, ils regardent les schèmes des autres et ce n’est pas pour eux.Ceci est un phénomène général chez la jeune génération.Je ne dis même pas qu objectivement, ils font les bons choix.Je dis simplement que leur adhésion est en référence avec leur perception et non en référence avec des principes que d'autres leur définissent.Cette génération est le monde de demain.En faisant fi des principes établis, en se définissant eux-mêmes, ses membres s’identifient à la communauté québécoise.Les communications modernes leur ont fait prendre conscience de leur identification.Qu’ils soient politisés ou non, ils sont Québécois.Les professeurs n’y peuvent rien.Les jeunes rejettent d’emblée la définition de Canadien que leurs parents tentent de leur imposer.Les jeunes, actuellement, n’ont pas besoin d’accidents de parcours pour adhérer à l’idée de l’indépendance et je m'explique.Lors de la première guerre mondiale, les gens d’ici ont eu une prise de conscience collective.Ils se sont identifiés.Le phénomène de la guerre était d’ampleur, les deux solitudes se sont retrouvées ensemble devant un problème commun mais elles se sont retrouvées face à face.Les deux peuples avaient, face à la guerre, une position complètement différente.La question était d’importance et les positions complètement opposées.Pendant un certain temps, les gens se sont collectivement identifiés.Toutefois, la communication de cette différenciation était purement accidentelle.Elle fut temporaire et chacun retourna dans son coin.En retournant chacun dans son coin, personne n’avait plus à se définir face à quiconque.Le Canadien n’était pas encore le Canadien français.Lors de la deuxième guerre, le phénomène se reproduisit, la communication entre les groupes fut plus adéquate et l’identification poussa plus loin.Un parti, le Bloc Populaire, vit le jour.Son succès, quant au vote populaire, fut surprenant.La communication de l’identification nationale étant accidentelle et temporaire, le projet avorta.Les initiateurs crurent avoir mal évalué la situation.En réalité, le phénomène engendrant la comparaison —-par— GEORGES LABRECQUE ¦ L’auteur de cette libre opinion pratique le droit à Sherbrooke et la nouvelle idèntification avait été de courte durée et était artificiel.Cette guerre était un autre accident.Le regard aes Canadiens avait été, pendant quelque temps, braqué sur l'autre Canada.Pendant un court instant, les gens d’ici avaient perçu ce qu’était le Canada.Les autres n étalent plus les Anglais.Les activités habituelles refirent surface, le champ gravitationnel reprit sa place, le Canadien se sentit à nouveau chez lui, Québec était maître à nouveau de tout et la vie continuait.L’erreur d’Ottawa Vers les années 60, les bombes explosent.Certains ont pris conscience d’une réalité qu’ils veulent faire éclater.C’est pourtant vrai, il y a au Canada, deux peuples, peut-être deux nations, personne ne sait.Autrefois, l’ignorance de l’autre régnait.Je me rappelle, en 1958, avoir appris à un diplôme d’une université de la Colombie-Britannique qu’au Québec, les francophones allaient à l’école française.Pour lui, toutes les écoles du Canada étaient anglaises.Évidemment, il savait, u’au Québec, il y avait une concentration e descendants de Français.Ceux-ci parlaient, à la maison, une espèce de patois, ressemblant vaguement au français; l'école était de soi canadienne donc anglaise.Nous étions des immigrants français non complètement assimiles et, s’il vous plaît, imaginez, ce type était un licencié de langues d’une université canadienne.Comment était-ce possible?le “from cost to cost" était relatif, c’était une connaissance purement cartographique.Le Canadien percevait les Canadiens à sa propre image.M’interrogeant sur une ignorance aussi fondamentale du fait français par les anglophones vivant à l’extérieur du Québec, j’eus l’idée de feuilleter les manuels d’Histoire enseignée au primaire dans la province de l’Ontario.Je fis l’incroyable découverte suivante: le fait français n’avait duré que deux pages.Avant le milieu du XVIIIième siècle, deux personnes étaient venues au Canada, Jacques-Cartier et Champlain.L’un était mort en France, l’autre à Québec.Vers les années 60.grâce aux bombes, le vrai Canada est né.Il v a ici des Canadiens français et des Canadiens anglais.Les masques tombent, les gens s’interrogent.On est deux dans la meme maison.Est-ce que l’on est marie?Est-ce que l’on a un contrat?Les Canadiens anglais nous regardent sortir de notre boite.“What does Quebec want?" Pour nous, le choc est dur.D’autres ont pris notre nom.Ces autres contestent même notre place ici.C’est la bouche bée qu’ils nous ont vu sortir de notre boîte.Les Canadiens français apprennent qu’on ne les voyait même pas.Les gens d’ici descendent alors dans la rue et les marches commencent.La St-Jean-Baptiste, ce n’est pas assez.Le temps des banderoles est terminé, maintenant on casse.On est là.Ottawa lui, sait.Il sait et il le sait même depuis longtemps.Maintenant Ottawa sait que le peuple sait, alors aux grands maux, les grands remèdes.Pearson, Die-tenoaker et les autres n ont plus qu'un mot en tête, l’unité canadienne.Les deux solitudes, ce n’est plus possible.Les gens savent maintenant qu’ils sont dans la même maison.Puisque les deux cultures veulent vivre, on va leur apprendre à vivre ensemble.D’abord, il faut qu’elles se comprennent et pour ceci, il faut qu’elles se connaissent.La télévision est là, la route est là.Le gouvernement encourage la connaissance des provinces canadiennes.Des films sont réalisés et diffusés.Des voyages sont organisés.Des échanges inter-provinciaux sont mis sur pied.Tout le monde s’en mêle.L’avenir du Canada est en jeu.C’est simple, s’ils se connaissent, ils s’aimeront, ils feront vie commune.L’erreur est grande.La comparaison engendre inévitablement l’identification.L'identification collective est maintenant permanente.Plus on prêche l’unité canadienne, plus on conscientise le sentiment d’appartenance, plus l’identification collective se précise et plus le Canada se divise.Ce qui n'était qu'accidentel est maintenant un processus permanent.La véritable pensée de Lord Elgin sur les Canadiens français et la vie politique -par- JACQUES CARBONNEAU ¦ L’auteur de ce texte est professeur d'histoire au collège Saint-Alexandre de Limbour.M.Claude Ryan, directeur Prenant connaissance dans LE DEVOIR du 5 novembre d’une lettre de M.Lucien Lessard, député de Saguenay à l’Assemblée nationale, je suis surpris des conclusions qu’il tire à partir des écrits du ouverneur du Canada entre 1847 et 1854, âmes Bruce comte d’Elgin, mieux connu ici sous le nom de Lord Elgin.M.Lessard tire des conclusions erronées des propos de Lord Elgin.En effet, celui-ci, s’il était un défenseur opiniâtre de la nationalité canadienne-française, n’en réprouvait pas moins l'existence d’un bloc politique unique basé sur la nationalité.Il serait, quoi-qu'en dise M.Lessard, un opposant farouche au Parti québécois qui, justement cherche à faire revivre ce bloc politique, soit de réunir autour d’une idéologie nationaliste tous les Québécois.Quand Lord Elgin manifeste l’espoir que les Canadiens français vont se diviser en libéraux et en conservateurs, c’est justement pour éviter qu’ils fassent bloc autour d’une idée nationale.Le gouverneur Elgin comprend pourquoi ils se sont réunis dans un seul parti: le parti réformiste de LaFontaine (1).Mais il ne l’accepte pas à long terme.Elgin croit qu’au lendemain de la rébellion de 1837-1838, des gouverneurs comme Durham, Sydenham et Metcalfe ont mal agi, qu’ils ont exacerbé le nationalisme canadien-français en prêchant, surtout Durham dans son rapport, l’assimilation des Canadiens français.Craignant pour leur survivance, Elgin comprend que ceux-ci ont voulu former un bloc national pour résister à l’assimilation.S’il comprend, Elgin se refuse à l’existence d’un tel bloc politique national parce qu’il fausse le jeu politique.Selon lui, la société est divisée socialement, politiquement et économiquement et non sur une base nationale.Il ne veut pas que se perpétue cette situation politique de 1847 où du côté anglophone on retrouve des réformistes et des “tories” alors que du côté francophone, il n’y a qu'un seul parti qui gravite autour de LaFontaine.Cependant pour réussir à diviser les Canadiens français, il faut absolument qu’il leur prouve que les projets d’assimilation sont rejetés et qu'il n’est pas question que les institutions britanniques fonctionnent sans les Canadiens français.Lord Elgin veut retrouver leur confiance en accordant la responsabilité ministérielle et en insistant pour favoriser la langue française (2) et la nationalité canadienne-française.L’espoir de Lord Elgin est que lorsque les Canadiens français comprendront que leur nationalité n’est pas en danger et que le gouvernement responsable fonctionne pour eux aussi bien que pour les anglophones, ils ne sentiront plus le besoin de rester unis dans un seul parti.Lorsque le but pour lequel ils s’étaient unis a savoir leur opposition à l'assimilation sera atteint, les divergences idéologiques se manifesteront et ils se diviseront en libéraux et en conservateurs.Lord Elgin est donc un défenseur acharné de la nationalité canadienne-française en qui il voit un soutien très solide des institutions britanniques en Amérique et c’est pourquoi il ne croit pas aux solutions de lord Durham qui voulait en faire des anglais (3).Selon Elgin, les Canadiens français resteront fidèles aux institutions britanniques en autant que Ton respecte leur nationalité.Il croit qu’il y a davantage de gens déloyaux du côté anglophone que du côté francophone.L’incendie du Parlement du Canada à Montréal en 1849 par des émeutiers anglophones le confirmera dans cette position.Il dira même en 1850, quand viendra le temps de déménager la capitale du Canada ailleurs qu’à Montréal: vaut mieux aller à Toronto car c'est là u’il faut revitaliser le loyalisme à l'égard es institutions britanniques et non pas à Québec.Malgré ses efforts pour se concilier les Canadiens français, il n’oublie pas son ambition première qui est de diviser politiquement les Canaoiens-français pour assurer une vie politique normale au pays.Selon lui, l’existence d’un bloc canadien-français paralyse justement cette vie politique.Une division nationale est inadmissible.Or.lorsqu'en 1854, les Canadiens français, regroupés surtout dans le parti réformiste, s’associent aux “tories du Haut-Canada et que les libéraux canadiens-français se manifestent, Elgin croit avoir solutionné le problème national.Il écrit le 9 septembre 1854: Le développement le plus important qu’ont entraîné les dernières élections es.t l'établissement d'une véritable division dans les rangs des Canadiens français.Après quelques années de “Justice au Bas-Canada" les résultats prouvent mes prédictions.Nous avons maintenant un parti conservateur et un parti radical Voir page 6: Elgin (1) “Les Canadiens français sont réfractaires à l'Union parce qu'ils croient qu’elle les assimilera".Elgin à Grey, 26 avril 1847 in A.G.Doughty (ed.), La collection Elgin-Grey (1846-1852), Ottawa, Imprimeur du Roi, 1937, vol.I., p.33.(2) "J'ai hâte d'entendre dire que vous avez pris des mesures pour rappeler certains passages de l'acte d’Union qui restreignent l’usage du français”.Elgin à Grey, 4 mai 1848, Ibid, p.149.(3) “Je dois vous dire que je suis profondément convaincu de l’inopportunité de toutes ces tentatives pour assimiler les Canadiens français”.Ibid, p.150.COALITION NPD-RMS NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE (NPD) REGROUPEMENT DES MILITANTS SYNDICAUX (RMS) TRAVAILLEURS POUR LA SATISFACTION DE NOS REVENDICATIONS SOYONS PRÉSENTS VENDREDI, LE 12 NOVEMBRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE A 19.30 hrw SOUS-SOL ÉGLISE ST-LOUIS DE FRANCE 750 EST, RUE ROY (MÉTRO SHERBROOKE) VOTONS LE 15 NOVEMBRE COALITION NPD-RMS Publié pour le compte de Roch Denis, 3752 rue Parc Lafontaine Montréal.Agent officiel de la COALITION NPD-RMS Wm ' V>7‘‘; ;v; On ria pas il?le temps d’écrire une lettre.Appelons-le par ^ 1 interurbain."" I 6 • Le Devoir, vendredi 12 novembre 1976 la méféo NEIGE RAFALES L\ "T Koniot NEIGE PLUIE pifcipifolion |-| kow4« prattion g bat»* pratiion most* d'air Irait matt* d'air chaud N*w2-/vy?r?s
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