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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 25 juin 1977
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1977-06-25, Collections de BAnQ.

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V0I.LXIX-N0144 .ce que aots Nuageux.Max.24 Montréal, samedi 25 juin 1977 ¦ LES VOYAGES Ptrml»; 50171 1460 avenu; Union 8 88 m Montréal H3A 2B8 Que 845-8221 dc4 IMHfAytJ CH SIlTZOPS Férié 25 CENTS La Saint-Jean, devenue nationale Foule tranquille et fêtes paisibles par Gérald LeBlanc L’esprit des fêtes “décentralisées” de la Saint-Jean, c’est peut-être rue Querbes, à Outremont, qu’il était le plus présent hier.Des citoyens astucieux de ce quartier avaient obtenu la permission de fermer la rue Querbes à toute circulation pour y festoyer et c’est dans un climat de grande solidarité qu’ils ont dansé la farandole avec leurs petits et partagé les agapes jusqu’aux premières heures de la nuit.C’est aussi dans ce secteur de la métropole, rue Bloomfield, que de nombreuses personnalités, le premier ministre René Lévesque en tête, sont venues rendre un vibrant hommage dans la matinée du 24 juin à l’un des plus valeureux défenseurs de notre patrimoine, le chanoine Lionel Groulx.Mais c'est partout sur le territoire québécois, de Matane où Pierre-Elliott Trudeau fêtait à la petite crevette jusqu’à la baie James où le plombier travaillait en surtemps, et même dans la diaspora, à Saint-Jean Bonneville ou Saint-Boniface, sans oublier la “soirée canadienne" que Louis Bilodeau avait transportée à la place du Plateau-Beaubour de Paris, qu'ont retenti les échos des réjouissances de la Saint-Jean.Faute de philosophie, c’est à un clochard, rencontré à deux pas de l’église Notre-Dame, où Mgr Paul Grégoire avait célébré en matinée la messe de la Saint-Jean, que j'ai demandé de faire le bilan de cette fete aux mille facettes.La gorge déjà dégourdie à la perspective du petit verre que lui vaudrait les deux trentes sous qu'il venait de m’arracher, le brave luron eut tôt fait de résumer son analyse de la version 1977 de la Saint-Jean: “Ça été une plus belle fête Voir page 6: Foule ¦ Autres informations, page Mort tragique du leader créditiste C’est avec consternation que les milieux politiques ont appris la mort tragique du chef du Crédit social, M.André Fortin.Agé de 33 ans seulement, le leader national des créditistes s’est tué accidentellement dans la nuit de jeudi à vendredi lorsque sa voiture a fait une embardée sur la route transcanadienne entre Montréal et Québec, non loin de Drummondville.Selon les informations fournies par la Sûreté du Québec, la Mercury Marquis 1975 que conduisait M.Fortin aurait roulé L’OCDE Objectif 1978:5% PARIS (d'après Reuter et CP) — Après deux jours de débats à Paris, le conseil ministériel de l'OCDE a décidé que les principaux pays industriels non communistes du monde accéléreraient l’an prochain le rythme de l’expansion dans l’espoir de freiner la montée du chômage.Les ministres des Finances, des 24 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques sont tombés d’accord pour recommander que leurs gouvernements respectifs adoptent un objectif de 5 pour cent pour l’expansion l’an prochain, contre 4 pour cent cette année.Dans le communiqué commun publie à l’issue de la réunion hier soir, les ministres ont préconisé également la réunion le plus tôt possible d'une conférence à haut niveau sur le chômage des jeunes.On s'attend que le nombre total des chômeurs augmentera d’un million pour atteindre 16 millions à la fin de 1977 dans l’ensemble des pays de l’OCDE et continue à s’accroître, à moins que les politiques économiques actuelles ne soient modifiées.Le ministre canadien des Finances, M.Donald Macdonald, a exprimé pour sa part un certain scepticisme à propos de l’objectif de croissance économique et de la conférence sur le chômage des jeunes.A sa sortie de la conférence, M.Macdonald a déclaré aux journalistes que le Canada ne définirait ses propres objectifs de croissance économique qu'en termes généraux.Rien dans le communiqué final de l’OCDE, a-t-il dit, ne changera véritablement la politique économique de quelque gouvernement que ce soit.D’autre part, le ministre canadien a fait valoir qu'une conférence de haut niveau sur le cnômage des jeunes serait prématurée à l’heure actuelle.Pour qu’une telle conférence soit utile, à son avis, il faudrait encore consacrer beaucoup de temps à des travaux préparatoires.M.Macdonald s’est prononcé contre Voir page 6: OCDE pendant plus d’une centaine de pieds à travers les champs avant de sauter la rivière des Saules, d’une trentaine de pieds de largeur pour aller s’écraser de plein front sur l’autre rive.La mort fut instantanée.C’est quelque peu avant huit heures hier matin que des passants ont aperçu, les premiers, la voiture complètement démolie aux abords de la petite rivière des Saules près de Saint-Cyrille de Wendover à six milles à l’est de Drummondville.Dépêchés sur place, les policiers de la SQ ont tenté de determiner les causes de l’accident sans toutefois parvenir à déterminer l'heure exacte de la tragédie.Selon toute vraisemblance, le chef du Crédit social, qui voyageait seul à bord de son véhicule, se serait endormi au volant.Il était descendu en soirée jeudi à l’aéroport d’Ottawa, au terme d’une tournée de quatre jours en Colombie-Britannique où il avait conféré avec des organisateurs du parti et rencontré des groupes de militants.Au moment de la tragédie, il allait retrouver sa femme et ses deux enfants à leur domicile de Victoriaville.Les chefs politiques du pays, dont le premier ministre au Canada et celui du Québec, ont déploré la “perte considérable” que représente la mort du jeune chef créditiste pour l’ensemble du pays.En tournée en Gaspésie où il doit participer au festival des crevettes, M.Trudeau a indiqué que “la mort de M.Fortin est quelque chose de très triste pour son parti Voir page 6: Mort •Vïi .W m M m ?r ir —a»»-" mm C'est au parc Jeanne-Mance que les Montréalais ont semblé trouver le milieu qui correspond le plus à l'esprit de la Saint-Jean.Ils pouvaient sen donner à coeur joie en pleine nature, sans la contrainte du béton et de l’allure forcément figée des espaces organisés.La musique et les chansons ont stimulé la participation de tous les fêtards qui n avaient pas oublié d apporter avec eux des pièces pyrotechniques.(Photo Jacques Grenier) 500 mises à pied Deux fabriques ferment à Acton Vale par Michel Vastel La petite ville d'Action Vale, dans le comté de Johnson, perdra prochainement plus du tiers de ses emplois manufacturiers.LE DEVOIR a en effet appris que deux de ses plus importantes usines, Acton Rubber et Acton Shoes fermeront leurs portes.Elles emploient chacune 250 personnes.Les deux usines, la première fabrique des bottes de caoutchouc et la seconde des souliers, appartiennent à Alfred Lambert Limitée, de Montréal, une filiale du Fonds FIC dont le principal actionnaire est le financier Jean-Louis Lévesque.LE DEVOIR a obtenu confirmation à Acton Vale même que la direction de Alfred Lambert Limitée doit se rendre au début de la semaine à Acton Vale pour annoncer la nouvelle aux employés.Les cadres auraient déjà été prévenus.On prévoit également à ce que certains emplois à Montréal, des vendeurs principalement, seront supprimés.A part ces deux usines, le seul important employeur qui demeurera à Acton Vale sera Peerless Rug (415 employés).Les difficultés de l’industrie La résultat: sur la seule année 1976, huit usines ont fermé leurs portes au Québec.La situation est tellement alarmante que le gouvernement fédéral a décidé de faire mener une enquête par son tribunal anti-dumping.Les employeurs — l’Asso- ciation dès manufacturiers de chaussures du Canada — et les employés — la CSD.sont venus y jeter un cri d’alarme.A noter cependant que, contraire à ce qu'il avait fait pour l’industrie du vêtement l’an dernier, le ministre de l’Industrie, M.Rodri- gue Trembla; lions remblay, n'a pas fait de représenta-particulières devant cette Commission pour appuyer l’industrie québécoise.Pour Acton Vale, il s’agira d’un coup aussi dur que la fermeture du moulin de la Domtar à East Angus.Selon le dernier recensement du ministère de l’Industrie — juillet 1976 — il y avait 500 hommes et 275 femmes enregistrés au Centre de main d’oeuvre comme demandeurs d’emploi, ce qui représente un taux de chô-Voir page 6: Fabrique* Le projet de loi no 1 Le PQ à la recherche du juste milieu chaussure sont bien connues depuis deux ou trois ans.Elles sont comparables à celles de l’industrie du vêtement: les importations, en provenance de pays à faible prix de revient, augmentent à un rythme insoutenable.Ainsi, entre 1968 et 1976, les importations de chaussures sont passées de 42 à 54 millions de paires tandis que la production canadienne tombait de 62 à 48 million de paires.L'an dernier les importations augmentaient de 12 million de paires.Celles en provenance de la Corée du Sud et de Grèce faisaient plus que doubler tandis que celles de Taiwan augmentaient de 88%.Les prix de ces pays défient toute concurrence au Canada: en 1975 par exemple, le prix moyen de la chaussure fabriquée au Canada (cuir et vinyle) était de $7.42.Le prix de la paire de chaussure importée était, la même année, de .$3.67.par Rodolphe Morissette QUÉBEC — Il paraît se dégager de la semaine qui vient de s'écouler en commission parlementaire sur le projet de loi no 1 une certaine stratégie gouvernementale selon laquelle une redaction amendée de la Charte du français s’appliquerait à passer entre les positions extrêmes et à au sommaire ¦ Patrimoine: bilan du premier Conseil des biens culturels — page 2 ¦ Ottawa et le projet de loi no 1: un éditorial de Michel Roy ¦ Rien n’est réglé à Ville d’Anjou: une analyse de J.-C.Leclerc — page 4 “arrondir les coins”.La distribution quotidienne des mémoires à étudier paraît du moins le révéler.La journée de jeudi n'a pas échappé au modèle des autres jours, même si la commission a exceptionnellement entendu cinq mémoires.La Fédération des groupes ethniques du Québec, qui regroupe une vingtaine d'associations, a présenté, ¦ Le général Jacques-A.Dextraze nommé président du conseil d’administration du CM ¦ Morin publie les règlements sur la langue d’enseignement — page 7 ¦ Provigo devient une multinationale de l’alimenta- tion -p.,.non sans bien des redites, la position “contre” : si l’intention du législateur est bien reçue en principe, la Fédération n’en propose pas moins une cinquantaine d’amendements ou “d’objections” qui visent tous à prolonger pratiquement sur des décades la plupart des “délais’’ au processus de francisation annoncés dans la Charte; à faire jouer davantage le principe du bilinguisme dans la société québécoise et à prévoir des droits de recours devant les tribunaux sur un grand nombre de points.Toutes demandes qui n'ont pas inspiré à M.Camille Laurin, ministre au Développement culturel, un grand enthousiasme.L’Association québécoise des professeurs de français, quant à elle, a déposé un mémoire d'une teneur littéraire remarquable.D’emblée en faveur du projet de loi, l’AQPF demande cependant au gouvernement de resserrer considérablement les critères d’admissibilité à l’école anglaise.“L’école française est le droit et le devoir, dit-on, de tous les citoyens”.L’exception que l’on consent à la minorité anglophone aevrait être plus serrée, les portes ouvertes de la Charte actuelle trahissant “une libéralité dérogatoire excessive".L’Association suggère plutôt de rétablir le critère de “langue maternelle de l'enfant” et d’obliger les parents visés à faire la preuve qu'ils appartiennent vrai- ment au groupe anglophone pour se prévaloir de ce privilège.On écarte ainsi la plupart des exceptions prévues à l’article 52 du projet de loi.Dans le préambule de la loi, l’AQPF voudrait plus de sévérité.Il faudrait en effet y dire que “l’Assemblée nationale constate que le français est depuis tou-Voir page 6: PQ Cueillez les vôtres FRAISES ! è quelquM minuta* d* Montrtal CHAMBLY 2486, Bellartve 658-2407 ST-JEAN Bout Séminaire al Jacques-Cartier Sud i w-asis Henry Aubin PRCE RPRÊS PRCE, DES RÉVÉLATIONS STUPÊFIRNTES SUR MONTRÊRU Mais qui donc sont ces propriétaires anonymes1?.¦ i - de Montréal (2) La filière du Liechtenstein .Un des associés de l’une des plus importantes firmes d’architectes du Canada—il est en fait le designer d’un bon nombre des plus gros gratte-ciel qui ont suscité tant de controverses chez nous—m’a confié lors d’une réception: «Je n’ai pas une maudite idée pour qui je travaille.Qui, en fait est derrière cesédificesque nous construisons?Quel est, en dernier ressort, le propriétaire de la compagnie qui est notre client?Je ne le sais pas.Celui qui s’enquêterait trop sur le sujet risquerait de n’avoir pas beaucoup de clients.Ce n’est pas de nos affaires.Il faut simplement exécuter les travaux pour lesquels ils nous payent», (à suivre) Vient de paraître aux Éditions l'Étincelle Voir page 7 (Publicité) « il r 2 * Le Devoir, samedi 25 juin 1977 Semaine du patrimoine ' Premier Conseil des biens culturels par Alain Duhamel Si d’aventure le ministre des Affaires culturelles, M.Louis O'Neill, s'avisait de mettre en place les commissions régionales des biens culturels, ainsi oue le proposait le livre vert de son prédécesseur, il aurait une bonne longueur d'avance dans la région de l’Outaouais.En effet, dans cette région, des citovens ont décide de prendre le livre vert à la lettre et de créer le Conseil des biens culturels de l'Outaouais dans le but de préparer la venue d'une éventuelle commission régionale et de regrouper les efforts de ceux qui tentaient de préserver et de mettre en valeur un patrimoine riche et négligé.Eloigné de la capitale québécoise, à l’ombre de la capitale fédérale, l’Outaouais a toujours eu besoin d'institutions régionales fortes et profondément enracinées dans la région afin de préserver une identité propre.Cette situation explique peut-être la formation rapide, en septembre 1976, d'un Conseil des biens culturels, avec le concours du Conseil régional de développement, avant même que les intentions du gouvernement québécois ne soient réalisées dans des textes de loi.“L’Outaouais vivotte à l'ombre du parlement fédéral”, déclare M.Pierre Louis Lapointe, responsable du Conseil, dans un texte qu’il nous a fait parvenir.“Il souffre de l’omniprésence d’une capitale choyée dont l’équipement culturel exceptionnel absorbe au profit d’Ottawa les énergies de la rive nord, tout en servant d'excuse aux autorités provinciales qui peuvent ainsi réduire les dépenses en immobilisations qui nous reviennent de droit.C’est ce qui explique vraisemblablement qu’une région de plus de 200,000 habitants n’ait ni musée, ni salle de spectacle d’envergure.L’équipement culturel qu’il y a est mal utilisé et mal planifié.La mise en commun des ressources des organismes québécois serait un moyen de réduire le gaspillage, mais cela exigerait une planification qui répugne aux bureaucrates bâtisseurs d’empires”.Dans son état actuel, le Conseil constitue un réservoir de personnes ressources dont la compétence et l’expérience sont mises au service des organismes de défense du patrimoine.“Dans son fonctionnement, affirme dans un communiqué M.Jean-Pierre Bel-langer, secrétaire exécutif, le Conseil ne réunit pas les délégués d’organismes mais des spécialistes et des intervenants du milieu oeuvrant dans le domaine des biens culturels dont les compétences sont reconnues et qui ont manifesté leur intention d’ètre responsables de dossiers précis Pour être véritablement opérationnel, le Conseil, relié administrativement au Conseil régional de développement, n'a ni conseil d’administration, ni conseil exécutif nombreux.En fait, l'exécutif se compose d'un responsable et d’un secrétaire auxquels vient s'ajouter la personne responsable du dossier en discussion.Depuis sa fondation, le Conseil a consacré beaucoup d’énergies à la sauvegarde des archives de l’Outaouais et à la création de musées.Ces efforts dans ce domaine se sont heurtés à la politique du ministère des Affaires culturelles.“C’est ainsi que le MAC, à l’époque de l’ancien ministre L’Allier, mit l’accent sur l’ouverture de galeries d’art capables de recevoir des expositions itinérantes”, déclare M.Pierre-Louis Lapointe.“Il fut décidé de négliger les petits musées régionaux et sous-régionaux.C’est cette politi- ?ue officielle qui motiva le reus de venir en aide au musée de Shawville, malgré le dossier mis sur pied par le Conseil des biens culturels de l’Ou-taouais.Nous étions naïfs.Nous apprenions plus tard, que la politique a des raisons que la raison n’a pas, puis- au’une subvention fut accor-ée à un organisme à la suite des seules pressions politiques du député.Tout le reste n’était que scénario; il fallait épater la galerie." Le Conseil estime qu’il devrait être un interlocuteur privilégié du ministère des Affaires culturelles.Créé à partir d’un livre vert qui ne constituera pas la politique du gou- vernement Lévesque, le Conseil n’a pas réussi à s'imposer auprès des fonctionnaires québécois bien que les organismes en milieu aient d’excellents rapports avec lui.Le Conseil avait espéré devenir le maître d'oeuvre de la semaine du patrimoine dans l’Outaouais et se faire reconnaître comme tel.Le Bureau de la semaine du patrimoine a toujours entretenu des liens directs avec les organismes en milieu lesquels demeurent les principaux générateurs d’activité, et n’a donc pu acquiescer à la demande du Conseil.C’est ce qui a fait dire à M.Lapointe que l’organisation de la semaine paraissait trop centralisé à Québec et engen-rait donc des tracasseries administratives.Dans l’Ou-taouais, la centralisation d’une activité gouvernementale entre les mains des fonctionnaires à Québec signifie toujours un risque accru de négligence, voire d'oubli, à l’égard de cette région aux frontières du pays.Malgré ces difficultés, le Conseil n’en continue pas moins son travail.Il est le seul organisme du genre au Québec à avoir entrepris d’articuler les préoccupations régionales à l’egard du patrimoine.À Sainte-Anne-des-Monts, circuit de visites des maisons anciennes.Renseignements: Roland Prévost, 418-763-2524.• À Cookshire, spectacle et danses folkloriques, conteurs, au sous-sol de l’église.Renseignements: Mme Sauvé, 819-875-3190.• À Chicoutimi-Nord, exposition laine et métal au musée du Saguenay.Traite des fourrures, fabrication des tissus, cordage, filage et dévidage.Renseignements: Sabin Caron 418-545*9400.• À Ville-de-la-Baie, exposition des artistes de la Baie et d’objets de nos ancêtres au musée Mgr Dufour.Il s’agit de meubles, d’outils et de différents objets militaires.Renseignements: Claude Grenier 418-544-6851.• À Nicolet, circuit patrimonial guidé dans la ville.Renseignements: Claude Gervais 819-293-4986.• À Beaument, visite guidée de la paroisse et de certains lieux historiques, à partir de 14 h, samedi.Renseignements: Yves Bourget 418-837-7118.# À La Pocatière, exposition de scènes rurales et champêtres au musée François Pilote.Renseignements: Paul-André Leclerc 418-856-3145.• À Québec, démonstration de filage et de teinture du lin et de la laine.Démonstrations de tissage avec les métiers Mayer, métiers haute-lisse et basse-lisse, au centre de diffusion de l’artisanat québécois, 40 marché Champlain, à la Place Royale.Renseignements: Jean Vallières 418-694-0260.# À Saint-Antoine-de-Tilly, exposition d’orfèvrerie liturgique et de documents historiques dans l’église du village et visite des deux chapelles processionnelles.Renseignements: Léon Aubin, 418-681-0018.• À Sainte-Hénédine (Dorchester), les fêtes du 125ième anniversaire.Renseignements: Napoléon Gagnon 418-935-3224.• À Montréal, exposition des travaux d’art plastique des commissions scolaires de la région à la Place du complexe Desjardins.Renseignements: Suzanne 5101.Gauthier 514-873- Au mont Saint-Hilaire, exposition sur le thème "Le passé, le présent, l’avenir”, au manoir Campbell-Rouville.Renseignements: M.A.Cardinal 514-473-4239.• À Oka, cyclotourisme régional, histoire du développement régional, visite des lieux historiques.Renseignements Louis Perron 514-473-1460.• À Sainte-Sophie de-Lacorne, diaporama sur l'histoire du village dans quatre maisons de l’endroit et visites guidées dans le village.Renseignements: Jean-Marie Dassylva 514-436-1304.• À Hull, exposition au pays de l’Entre-Deux, circuit touristique et historique le long des rivières Lièvre et Gatineau.Renseignements, P.-L.Lapointe 819-770-2480.Promenade de Longueuil à Calixa-Lavallée Callxa-Livillé* Manon Nicola Sala ¦ Manon Fr.Pierre Boucher ¦ Manon Quintal ¦ Melton Louie Hlppolythe Lafontaine Vleux-Lortgueull / Montréal Prendre direction Marie-Vlctorlnlest La promenade "de Longueuil à Calixa-Lavallée” comprend la visite du Vieux Longueuil et de trois églises situées le long du couloir fluvial.La société d'histoire de Longueuil accueillera la population aux Ateliers du Vieux Longueuil; la société d’histoire des îles Percées propose une visite guidée de l'église Ste-Famille à Boucherville; l’Hôtel de Ville de Boucherville présentera une exposition de photos et de documents sur les églises du couloir fluvial; l'église Ste-Anne et le Calvaire de Varennes sont à ne pas manquer, puis des paroissiens feront visiter les lieux de l'église St-François-Xavier à Verchères; enfin la tournée se termine à Calixa-Lavallée, village merveilleux du Québec assez unique par la beauté des enfilades de maison et l'authenticité de leur architecture.Les Montagnais avaient la mémoire en fête (p; mel) — Au soleil couchant sur la moyenne côte nord, les Montagnais de Mingan fêtent, peut-être pour la première fois de leur histoire, la Saint-Jean des Québécois.A vrai dire, ils ont plusieurs motifs de se rassembler tous dans la salle communautaire du village.Il y a d’abord Mathieu Mestokosho, 90 ans, dont les souvenirs viennent d’être publiés dans la collection “Civilisation du Québec".Il a chassé et trappé toute sa vie dans cette région à la manière de ses ancêtres.Ses mémoires constituent un témoignage précieux, autant pour les Blancs que pour les Montagnais eux-mêmes, d’une vie traditionnelle bien différente de celle des Amérindiens d'aujourd’hui.Il y a ensuite la visite d’un ministre du gouvernement québécois, M.Louis O’Neill.Les Montagnais n’ont pas l’habitude de recevoir chez eux les hommes politiques québécois et manifestement cet événement exceptionnel les gêne un peu.d autant plus que l'avion du gouvernement a atterri avec un bon quart d'heure d'avance les surprenant dans leurs préparatifs.L’acceueil improvisé a permis d'éviter des cérémonies officielles.Le climat tourne plus facilement à la fraternité.Beaucoup de Montagnais parlent le français; il faudra tout de même un interprète pour traduire les propos du ministre des Affaires culturelles.M.Louis O’Neill attribue à ce premier contact avec les Amérindiens du Québec une grande signification.“Grâce à Mathieu Mestokosho, nous pouvons mettre ensemble notre patrimoine.C’est une même histoire que nous voulons bâtir ensemble sans oublier les premiers qui ont fait le pays.Je le remercie du grand service qu’il nous a rendu".Tous les habitants du village applaudissent à ces propos.Parmi eux se trouve un grand nombre d'enfants qui ont dans Université de Montréal Faculté des sciences de l’éducation Certificat en andragogie Ce programme est centré sur la relation d’aide éducative auprès des adultes en situation d’apprentissage et il s’adresse aux praticiens de l’éducation des adultes (professeurs, responsables de groupes d'éducation populaire, etc.).Il comporte 30 crédits de cours auxquels les candidats ne peuvent s'inscrire qu'à temps partiel.Conditions d'admission — Faire la preuve d'une préparation suffisante pour entreprendre les études de ce certificat; —justifier d'au moins une année de travail à temps plein (ou de l'équivalent) auprès d'adultes en situation d'apprentissage; — être âgé d'au moins 23 ans.Début des cours Trimestre d’automne, septembre 1977.Les formulaires de demande d'admission sont disponibles au secrétariat de la Faculté des sciences de l'éducation, pavillon Jésus-Marie (90, avenue Vincent d Indy), bureau B-325, Montréal.Ils doivent parvenir avant le 1er août 1977 à: leur visage toute là beauté de ce pays.Le chef Pietasho ordonne de faire place au milieu de la salle car il y aura danse.Et comme il se doit, il fait lui-même les premiers pas d’une danse montagnaise, en gage de remerciements, nous dit-on.Les anciens du village demeurent en retrait, près de Mathieu Mestokosho.Il n’est pas le plus vieux du village, mais ce soir, il est le plus ancien à la fête.Son frere Damien, de deux ans son aîné, est trop malade pour venir.Si- lencieux pendant un long moment, Mathieu prend enfin la parole.Ses propos ont trait aux changements dans la vie des Montagnais.Autrefois, il mangeaient du caribou, mais aujourd’hui ils mangent surtout du boeuf.Mathieu ne croit pas que cela soit aussi bon pour leur santé.Les Montagnais ont appris la gigue et le quadrille.Un Amérindien violoneux, accompagné d'un jeune guitariste, dirige la danse à laquelle se mêlent plusieurs Blancs.Une ronde commence au millieu des rires de tous.Il ne reste plus de trace de la gêne qui marquait les premiers rapports.Quelques maisons de Mingan portent les signes de la fêtes nationale.A l’entrée du village, un drapeau québécois en bois avait été planté à hauteur d’homme.Un autre pancarte interdit formellement à trois Blancs de pénétrer sur le territoire montagnais.Une grave dispute entre eux et des Montagnais aurait obligé le Conseil de la bande à prendre cette mesure.Au milieu de la nuit, les Blancs en visite doivent repar- tir.Abraham Bellefleur, le chauffeur de l’autobus, offre l'hospitalité de sa maison, le temps de présenter sa femme et deux enfants et d’offrir un verre de bière.C’est là un grand geste d'amitié que tous ont reconnu et apprécié.La fête a dû continuer jusque tard dans la nuit au village.Nous ne savons pas quels souvenirs les montagnais ont gardé de cette chaleureuse réunion.Mais les Blancs ont goûté un peu de ce pays étrange et merveilleux.Ils auront la fête en mémoire longtemps UNIVERSITE LAVAL de renseignement Mathieu Mestokosho et une partie de sa famille au temps où il voyageait encore à la recherche du caribou.Le récit qu’il a fait de sa vie a été traduit par son fils Georges et retranscrit par Simon Bouchard dans la collection "Civilisation du Québec ", Le premier Scotch Whisky léger Monsieur Michel Millette Adjoint au vice-doyen (admissions) Faculté des sciences de l'éducation Université de Montréal C.P.6203, succursale A Montréal.Québec H3C 3T3 Le triomphe du bon goût BLENPCP SCOTS WHISKY j 1 WV flQOÎ «x Rù'Dft ' Distillé et embouteillé en Ecosse.TRIMESTRE D’AUTOMNE 1977 (6 septembre au 31 décembre) ADMISSION AUX COURS DU SOIR DES DIFFÉRENTS PROGRAMMES DE FORMATION PROFESSIONNELLE EN SCIENCES DE L'ADMINISTRATION: MANGEMENT (VALUATION APPROVISIONNEMENT TRANSPORT ET TRAEIC 0PIRATIONS BANCAIRES SCIENCES INDUSTRIELLES ADMINISTRATION INSTITUTIONNELLE a) aux personnes qui désirent parfaire leur formation et obtenir: — un certificat en sciences de l'ADMINISTRATION (différent du certificat de 1er cycle) — une attestation d'études — un des titres accordés par les corporations professionnelles de comptables: - C.A.- C.G.A.- R.I.A.— un des titres ou diplômes accordés par les associations professionnelles suivantes : — l’Association canadienne de gestion des achats — l'Institut des banquiers canadiens — l'Institut des évaluateurs agréés du Canada b) aux cadres supérieurs d'organisations publiques ou privées et aux personnes qui, déjà en affaires, désirent parfaire leur formation en administration ‘ systémique".ADMISSION AUX COURS DE L’ENSEIGNEMENT RÉGULIER OUVERTS AUX ÉTUDIANTS DE L'EXTENSluN DE L'ENSEIGNEMENT DANS LES DISCIPLINES SUIVANTES: ADMINISTRATION SCOLAIRE ALLEMAND (Civilisation) ANTHROPOLOGIE ARABE (linguistique) ARCtfOLOGIE ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES ARTS VISUELS BIOLOGIE BOTANIQUE CATfCHfSE CHIMIE CHINOIS CINfMA COMMUNICATION CONSOMMATION COUNSELING ET ORIENTATION DIDACTIQUE Dlfîf TIQUt (COLOGIE (Biologie, foresterie, Génie chimique, Botanique) kONOMIQUE (ducation physique ESPAGNOL (Grommoire) FORESTERIE FRANÇAIS FRANÇAIS POUR NON.FRANCOPHONES G (NIE CHIMIQUE G (NIE CIVIL G(NIE MECANIQUE G(NIE METALLURGIQUE G(NIE MINIER GtOGRAPHIE GEOLOGIE GREC HISTOIRE HISTOIRE DE L'ART INFORMATIQUE ITALIEN 1APONAIS JOURNALISME LATIN LINGUISTIQUE MATHEMATIQUES MESURE ET (VALUATION METHODES QUANTITATIVES PHILOSOPHIE photogrammEtrie PHYSIQUE PHYSOTECHNIE PORTUGAIS PSYCHOPtDAGOGIE QUECHUA (linguistique) RUSSE SOCIOLOGIE SOLS TECHNOLOGIE DE L'ENSEIGNEMENT THEOLOGIE TRADUCTION VIVRES DATE LIMITE DE RECEPTION DES DEMANDES D'ADMISSION ET DES CHOIX DE COURS PRÉLIMINAIRES: le 1er AOÛT 1977.Les étudiants de l'Extension qui se sont inscrits à l'un ou l’autre des trois derniers trimestres doivent remplir la formule de choix de cours préliminaire qu'ils ont reçue par la poste avec l'annuaire.Les nouveaux candidats doivent remplir la formule de Demande d’admission à l'Extension de l'enseignement, incluse dans l’annuaire.RENSEIGNEMENTS ET ANNUAIRE Pour obtenir l'annuaire ou tout autre renseignement, on est prié de s'adresser à, pour les cours et programmes en administration Direction de l'extension de l'enseignement Section des sciences de l'administration Pavillon des sciences de l’administration Bureau 144 Université Laval Tél.: 656-3585 Cité universitaire Québec G1K 7P4 QUÉBEC.CANADA pour tout autre cours et programme Direction de l'extension de l'enseignement Pavilion de la Bibliothèque Bureau 2383 Université Laval, Tél.: 656-3202 Cité universitaire Québec G1K 7P4 P LE DEVOIR Page 3 %0 Montréal, samedi 25 juin 1977 r Une meilleure faconde payer.^comcteq VANCOUVt M ¦ A LG AH Y • EDMONION ¦ WINNIPEG • TORONTO ¦ MONTREAL •'S Lionel Groulx Cet “éveilleur national” par Angèle Dagenais Devant la petite maison typiquement outremontoise (du 261 Bloomfield) que le chanoise Groulx a habitée quelques années et oui abrite maintenant le siège social ae l’Institut d’histoire de l’Amérique française, le premier ministre du Québec, M.René Lévesque a dévoilé hier une plaque commémorative qui ornera désormais les colonnes massives qui soutiennent l’imposante galerie de la devanture.L’inscription de la plaque en lettres d’or sur fond noir se lit comme suit: Hommage à Lionel Groulx, prêtre et historien 1878-1967, “Jusqu'à la fin de ma vie, j’aurai rêvé grand, désespérément grand pour mon pays et pour les hommes, mes frères, qui l’habitent”.Reprenant le début de cette phrase quasi mystique, René Lévesque qui s’est identifie comme l’un de ceux qui “suivait” le chanoine au cours de ses jeunes années, a loué l’oeuvre de l’Institut d’histoire de l’Amérique française dont le rôle principal est d’assurer la survie de l'oeuvre historique de Lionel Groulx.Qualifiant l’historien “d’éveilleur national” et de “clairon vivant”, qui a védu dans une société où “les épines dorsales se présentaient plus souvent en accent circonflexe au’autrement", le chanoine Groulx a laissé une contribution majeure à la nation, a précisé le premier ministre, celle d’avoir rénové l’une des sicences dont “on a le plus besoin”, l’histoire.Accueilli chaleureusement par des applaudissements et des poignées de mains tendues spontanément de la part des “amis” du chanoine et de l’intelligentsia montréalaise, le premier ministre est resté à peine le temps d’un petit discours improvisé (tel qu’indiqué sur le programme de la cérémonie) qui fut suivi de l’écoute d’un enregistrement de la voix de Lionel Groulx captée en 1960.Tous les participants ont écouté avec une certaine émotion, il faut le dire, “parler” le chanoinne Groulx, de sa voix expressive, sans affectation, roulant les r comme un bon Québécois.La page choisie situe l’historien “à quatre-vingt-deux ans, regardant en arriéré” et ne regrettant qu’une seule chose: “de n’avoir pas eu le temps de dire tout ce qu'il fallait dire et de ne l'avoir pas mieux dit”.Peu d’historiens ont le courage de regarder lucidement leur oeuvre et de la juger avant d’en écrire la dernière page.Ayant pris résolument le parti de la vie, donc de l'espoir maigre ses 80 ans passés, il écrit ceci: “Ceux-là de même, parmi les nôtres et parmi les autres, qui jugent fatigantes, ennuyantes, nos revendications et qui, pour en finir, aimeraient fort nous donner figure d’insupportables brandons de discorde, devront chercher ailleurs qu’en (mes) livres, de quoi ruiner à leur base nos droits et nos aspirations traditionnelles.Si je n’ai pas fait plus petite notre histoire, plus chiche en promesses d’avenir, c’est que je l'ai racontée, telle que je l’ai vue et que je lui ai trouvé d'indéniables parties de grandeur, avec large porte ouverte sur Tes-poir.Certes il y a des misères en notre passé, de grandes misères.Mais j’ai toujours cru que l’histoire n’est pas faite pour les borgnes et que l’arbre, même frappé par la foudre, à demi-rompu, ne doit pas cacher la forêt.” Sous un ciel incertain, chargé d’humidité, qui a laissé poindre le soleil quelques secondes, le temps qu’a choicl le premier ministre pour s’évader, la centaine d’habitués a littéralement envahi la maison du chanoine, convertie en centre de recherche garni de plus de 12,000 volumes reliés à l’histoire de l'Amérique française.Cette etite maison dont la Fondation ionel-Groulx a maintenant la garde portera désormais fièrefnent sa plaque alors qu'on s’apprête Tan prochain à fêter le centième anniversaire de la naissance du célèbre historien.Le 261 Bllomfield à Outremont est maintenant devenu un lieu historique.vx\ Le premier ministre du Québec, M.René Lévesque a dévoilé hier une plaque commémorative à la mémoire du chanoine Lionel Groulx, au siège social de l’Institut d'histoire de l’Amérique française, à Outremont.(Photo Jacques Grenier) TOUT L’HOMME EN SANTÉ Par Louis Turgeon “Mon cher Bernard.” L'auteur à 73 ans — 300 pages de troubles et malaises décrits et expliqués — 350 pages de correctifs alimentaires prouvés comme efficaces Pour la première fois un auteur donne toutes ses recettes (environ 300).Pas besoin de le consulter, tout est dans son livre.____ $20.OC (650 pages) dans toutes les bonnes librairies fulitrur; Lrs Kl mips ¦**** \ ^ 1 y.v.'$ à w y “sur la montagne" en buvant, chantant, dansant.et fumant.Mais en applaudissant aussi à tout rompre de nombreux artistes et chansonniers québécois qui ont donné un spectacle qui s'était malheureusement fait un peu trop attendre.La fête s'est terminée dans la splendeur d'un immense feu d artifice tard dans la nuit ou tôt le matin.(Photo Jacques Grenier) Au parc Jeanne-Mance La vraie fête en pleine par Angèle Dagenais Si la fête au stade olympique a semblé une demi-réussite, au parc Jeanne-Mance, par contre, les habitués des dernières années ont retrouvé leur gazon humide, leurs petits coins tranquilles et un spectacle homogène et de qualité.Un erreur tactique a cependant dû faire fuir de nombreux fêtards (de ceux, il faut le dire qui n’avaient pas emporté leur arsenal pour passer la nuit): celle d’avoir convoqué les gens pour 21 h 30, pour l’allumage du grand bûcher de la Saint-Jean, alors que le spectacle ne commençait qu’à 23 h.Le parc a commencé à se remplir vers 20 h, ce qui a fait pour certains une attente de trois heures avant que le spectacle ne commence! De nombreuses personnes, avec des petits, entre autres, ont quitté les lieux avant d’avoir pu entendre une seule note de musique.Cette attente a favorisé également une consommation intense de boissons de toutes sortes et de cigarettes variées.Les volutes de fumée bleue multipliant leur effet sur la gente fumante (et même sur la non-fumante) ont en quelque sorte “parti” cette fête qui se faisait attendre démesürément.Ce n’est pas non plus l'allumage du grand feu qui a réussi à faire patienter les gens, car il semblait un peu distant ce grand brasier, enferme dans une enceinte par mesure de sécurité: ni même l’activité de la peitie scène du milieu du parc, qui, de faible portée, ne parvenait à divertir que les gens installés à ses pieds.Le grand show a donc commencé avec un auditoire “réchauffé”, à Tesprit gaillard prêt à chanter et danser, ce que n ont pas manqué de faire les gens en retrait de la scène qui s’allumaient également des petits feux (comme Tan dernier).Animé par Jean-Guy Moreau, ce spectacle regroupait Ti-Jean Carignan, qui venait de recevoir le grand prix Calixa-Lavallée de la Société Saint-Jean-Baptiste, Beausoleil-Broussard, Louga-rou, Claude Lafrance, Fabienne Thibault, Edith Butler et Pauline Julien.Ces “gens de chez nous” ont tous apporté leur bagage de chansons à caractère “folklorique'^ auquel répondait spontanément la foule en frappant des mains, hochant la tête et chantant.Mais ce sont deux Acadiennes qui ont littéralement “volé” le show: la Sagouine de Jean-Guy Moreau et la grande Edith Butler.La première, cachée sous son bonnet ressemblait à s’y méprendre à la vraie Sagouine sous l’impulsion de la magie qu"opère de mille façons et impeccablement bien, Jean-Guy Moreau.nature Edith Butler, pour sa part, longue et mince habillée de blanc des pieds à la tête à l'exception d’un filet rouge lui ceintraint la taille, a subjugué l'auditoire avec son dynamisme communicatif et sa voix puissante et chaude.Porte-parole de TAcadie qui “souhaitait une bonne fête” aux Québécois, Edith Butler a sûrement renforcé des liens déjà tenaces avec nos voisins de l’Atlantique et du Golf, si chaleureux et nous ressemblant de si nombreuses façons.Les Québécois ont retrouvé leur petite Saint-Jean familière sur la verdure du .parc Jeanne-Mance et il semble que ce soit ce genre de divertissement qu’ils préfèrent.En tout cas, ils n’ont pas boudé ce site naturel malgré Tinconfort qu’il recèle pour s'entasser au stade.Au contraire, ils y ont accouru en très grand nombre (35,000 personnes), et pas uniquement par crainte de ne pas pouvoir entrer au stade.Le parc Jeanne-Mance, de par son côté intimiste et bien intégré à la vie du quartier qui l’entoure, a su attirer également de nombreux Néo-québécois qui ont “fait le pas” pour s'intégrer à leurs nouveaux concitoyens.Plusieurs ont remarqué ce fait qui est à souligner évidemment et qui est un signe que la chanson et la musique sont de puissants éléments d’intégration.Il est bon de se rappeler ces vérités même si elles sont abondamment connues.!¦¦! |< -r Y 'J ¦> ¦' j > ij |,t1 l- ' ¦:) GUIDE PRATIQUE DE CORRESPONDANCE ET DE RÉDACTION par Brigitte Van Coillie-Tremblay Correspondance française Rédaction de textes français Difficultés d’orthographe Correspondance anglaise Typographie de l’anglais L'Auteur a réuni en un seul ouvrage des réponses aux nombreuses questions qui se posent lors de la rédaction et la transcription des lettres, des rapports ou des formules.Un index permet une consultation rapide du Guide.De format pratique, ce livre sera un conseiller toujours précieux dans la préparation et la présentation de vos travaux.201 pages, cartonné EOQ 2899 $4.50 L’Éditeur officiel du Québec 1283.boul.Québec GIN 2C9 Charest ouest Guide pratique de correspondance el de rédaction Nom.Adresse Ville.‘.Veuillez me faire parvenir.exemplaire(s).Ci-joint, mon chèque ou mandat-poste à l'ordre du ministre des Finances 4 • Le Devoir, samedi 25 juin 1977 éditorial Ottawa et le projet de loi no 1 L’exposé du gouvernement fédéral sur une politique linguistique nationale, s il constitue un appel aux provinces anglophones sans lesquelles Ottawa ne peut assurer au français et à l'anglais un statut égal au Canada, est aussi une intervention dans le débat sur le projet de loi no 1.Une intervention que les milieux anglophones du Québec appelaient de leurs voeux et qui, à certains égaras, les aura déçus.Ils espéraient une condamnation sans équivo- 3ue ae la Charte du français: ils n’auront eu roit qu’à des réserves serieuses au sujet de l’article relatif à la langue de l’enseignement, réserves sensiblement atténuées par la déclaration dans laquelle le secrétaire d’État, M.John Roberts, reconnaît au Québec le pouvoir et le droit de différer l’application d’un principe idéal, celui du libre choix, en raison de la vulnérabilité du français ici.La somme des précautions prises par les autorités fédérales pour éviter de heurter le gouvernement de M.Lévesque dans un domaine qui relève de la compétence provinciale, malgré les regrets et les réserves touchant le projet de loi, suffit à expliquer la réaction plutôt modérée du premier ministre du Québec.A ses yeux, le texte fédéral est “d’une grande banalité” et n’apporte “aucun éclairage nouveau dans le débat linguistique”.Au surplus, l’argument moral en faveur du libre choix lui apparaît “tellement flou” qu’il n’a pas de portée réelle.Le document fédéral n’est pas banal et les arguments qu’il contient ne sont pas flous.Il a l’immense mérite de formuler clairement une vision cohérente de l’avenir de la société canadienne, d’exposer une conception hautement civilisée de ce qu’elle pourrait devenir, de proposer une définition précise des droits fondamentaux en matière de langue et de culture, d’offrir enfin une analyse réaliste de la situation actuelle.Mais il est vrai qu’on y trouve peu d’éléments nouveaux et inédits, à quelques exceptions près, notamment au chapitre 7 qui traite des langues et des provinces.Or, tout ce qui n’est pas résolument novateur à Ottawa est naturellement banal à Québec.Ce n’est sans doute pas par hasard que le gouvernement fédéral, constatant les “conditions qui sont à l’origine du sentiment actuel d’insécurité” au Quebec, admet ainsi que le gouvernement péquiste restreigne la liberté de choix.Le groupe parlementaire libéral du Québec aux Communes aura joué un rôle déterminant dans cette affaire.Les députés francophones, familiers avec les conditions quotidiennes qui régnent ici, auront fait prévaloir les règles du réalisme sur la pureté des principes.Que M.Trudeau ne partage pas leurs inquiétudes quant aux dangers auxquels sont effectivement exposées la langue et la culture au Québec, ainsi qu’il devait le dire aux Communes mercredi et à Matane le lendemain, ne change rien aux résultats : le point de vue du caucus aura triomphé, en partie dans le texte de l’exposé, davantage encore dans la déclaration liminaire faite aux Communes par le Secrétaire d’État.Ce qui frappe encore plus dans l’ensemble du document, et surtout au chapitre traitant de la langue de l’enseignement, c’est l’écart immense entre l’idéal et la réalité, entre d’une part la proclamation d’un droit aussi fondamental que la totale liberté de choix de la langue d’instruction de l’Atlantique au Pacifique et, d’autre part, la reconnaissance de toutes les raisons, réalités et conditions qui rendent illusoire l’exercice de ce droit.Illusoire dans plusieurs provinces où l’histoire, la taille des minorités francophones, l’ampleur des moyens à mettre en oeuvre et l’impréparation des administrations provinciales à en faire les frais, souvent en dépit d’une majorité indifférente ou hostile, poussent le gouvernement central à proposer des modifications constitutionnelles en vertu desquelles Ottawa prendrait à sa charge l’instruction dans l’autre langue.Droit dont l’exercice serait possible mais dangereux au Québec où le libre choix, quelles que soient les incitations, ne ferait qu’accentuer le glissement vers le secteur anglophone des enfants de familles allopho-nes.Il se peut que dans 15, 25 ou 40 ans, l’idéal du libre choix soit réalisable.Pour l’heure, toutefois, la proclamation d’un principe que l’on sait inapplicable et d’un droit qui en découle mais dont l’exercice est tenu pour irréalisable aboutit à une construction de l’esprit, d’un esprit généreux, épris de justice certes, mais éloigne des réalités qu’il s agit d’aménager maintenant.Les auteurs de l’exposé fédéral l’ont du reste compris qui, après avoir exalté l’idéal, se retranchent derrière une position de repli.“Le gouvernement fédéral trouve inacceptable qu’au Canada, lit-on dans le document, parce qu’on leur refuse les services scolaires appropriés ou parce que la loi le leur interdit, des parents soient privés du droit d’envoyer leurs enfants à l’école publique (ou séparée) de leur choix ou, au moins, à une école du groupe de langue officielle auquel ils appartiennent”.Voilà un droit moins étendu que le Québec est disposé dans son projet de loi à garantir à la communauté anglophone, sous reserve de restrictions que le gouvernement, à la lumière des travaux en commission parlementaire, serait apparemment prêt à réduire sensiblement.Mais ce n’est pas encore un droit que les autres provinces sont en mesure d’offrir aux francophones, à l’exception du Nouveau-Brunswick dans un avenir prochain et de certaines régions ontariennes.C’est donc à l’extension de ce droit que doit s’efforcer de contribuer le gouvernement fédéral, ou bien en continuant d’exercer sur les autorités provinciales des pressions dont les effets ne sont pas encore très visibles, ou bien en se substituant à celles-ci si elles y consentent pour assurer, à l’élémentaire et au secondaire, l’enseignement en langue française dans la région où sont établies les minorités lorsque celles-ci, Ear leur nombre, justifient pareilles mesures, e jour où, hors du Québec, tout enfant de langue maternelle française pourra recevoir l’enseignement dans sa langue, à un ou deux endroits au moins de chacune des provinces anglophones, on pourra alors envisager une certaine adéquation entre la proclamation du droit et les conditions de son exercice.D’ici là, et même si le projet de loi no 1 n’était pas modifié, le Quebec offrira toujours beaucoup plus et beaucoup mieux que les autres aux enfants des deux langues.• Mais si le Québec offre un régime plus équitable, ce n’est pas seulement par souci de justice.C’est aussi parce que sa minorité de langue maternelle anglaise (13%) et ceux des citoyens allophones qui ont adopté l’anglais comme langue d’usage et langue d’instruction pour leurs enfants constituent, tous ensemble, une communauté dont l’importance, par le nombre, la vitalité et les institutions dépassé toute autre minorité francophone ailleurs au Canada.Seul le Nouveau-Brunswick, avec 34% de francophones, compte une minorité proportionnellement plus considérable que celle des anglophones par rapport à la majorité au Québec.On ne saurait donc comparer un immigrant anglophone venant s’établir au Québec a un Turc décidant de s’installer en Allemagne.Dans ce dernier cas, il est certain 3ue le nouveau venu, s’il s’installe à demeure eviendra germanophone parce qu’on ne trouve pas en Allemagne une communauté turcque qui constitue par sa langue maternelle 13% de la population de la République fédérale allemande, et par sa langue d’adoption, plus de 20%.Qu’il soit Turc ou Néo-Zélandais, le nouveau venu au Québec sera contraint d’acquérir une connaissance au moins fonctionnelle du français, langue officielle, langue de la majorité, langue dans laquelle devront communiquer les commerçants, les hommes de profession et, dans un proche avenir, les hommes d’affaires.Mais, tandis que le Turc devra inscrire ses enfants à l’école française, le Néo-Zélandais devrait pouvoir envoyer les siens aux institutions anglophones du seul fait qu’il appartient, par la langue et la culture, à une communauté dont la langue et la ciilture sont reconnues au Québec.D’autant plus que ses enfants apprendront nécessairement le français à l’école de langue anglaise, suffisamment pour se présenter à l’examen de passage au secondaire.Cela dit, il reste souhaitable que les immigrants venant de pays anglophones soient fortement incités, au départ, à adopter dès l’école la langue de la majorité.En somme, tout en exprimant vivement l’espoir que des modifications y soient apportées, le gouvernement fédéral n’a pas dénoncé le projet de loi no 1.Et, fait nouveau qui n’est pas banal, il a reconnu pour la première fois en termes aussi clairs l’existence du péril auquel sont exposées au Québec la langue et la culture françaises, même si les avis sont partagés sur la gravité de ce péril.Ce qui justifie les restrictions apportées a la liberté entière de choix et l’établissement d’un objectif plus réaliste: le droit à l’enseignement dans sa langue maternelle.Michel ROY Rien n’est réglé à Ville d’Anjou par JEAN-CLAUDE LECLERC Le tribunal de l’expropriation du Québec vient de rendre une décision capitale dans la liquidation des affaires de la ville d'Anjou.Dans la première d'une série de causes dont l'enjeu se chiffre sans doute par plusieurs millions de dollars, le tribunal a réduit en effet de plus de $200,000 une indemnité d'expropriation qui avait été arrangée sous l'ancienne administration municipale et qui avait passé comme du beurre dans la poêle devant la Régie des services publics à l’époque.C’est le premier test et le premier effet tangible de la loi spéciale permettant à Anjou de récupérer certaines sommes abusivement versées entre 1956 ef 1969.Sous des apparences techniques un peu compliquées pour le profane, cette première révision décrétée par le tribunal de l'expropriation revêt une double et capitale importance.D’abord.si les mêmes justes principes d'évaluation doivent prévaloir, il est possible que dans d’autres causes à venir, où les indemnités auraient aussi été illégitimement soufflées, les contribuables et les administrateurs d'Anjou récupèrent des sommes à faire rêver.La municipalité n'aura pas seulement le privilège de s'en prendre à l'administration passée pour sa situation financière et fiscale présente; elle aura la possibilité de l'améliorer sûbs-tantiellement à partir de remboursements fabuleux.par JEAN MARTUCCI Un jour, il sortit d'exil, ce peuple de presque assimilés.Un jour, il redevint lui-même dans la Babylone des nations, ce peuple d entètes qui refusait de mourir.Un jour, il retrouva le chemin de son identité, ce peuple de minorisés, ce peuple de méprisés, et il se tint debout, au lieu de plier le genou devant les dieux de l'étranger.Il avait jusqu’alors vécu de mémoire, et de mémoire seulement, en gardant fidèlement le souvenir de sa terre et de ses pères, de son héritage et de son patrimoine: “Si je t'oublie, que ma droite se dessèche Que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir!" Jusqu'alors, sa mémoire était passion, unissant les âges au-delà du temps qui passe: "Nous l’avons Plus fondamentalement encore peut-être, en rétablissant le cours normal de l'administration publique, de la loi et des tribunaux dans les affaires qui sont survenues dans cette municipalité de banlieue, les autorités provinciales et le pouvoir judiciaire auront réussi à inscrire dans la jurisprudence municipale le principe fondamental suivant lequel nul ne peut impunément dépouiller une ville même par les plus savantes techniques de spéculation et de corruption.S’il est un domaine où la rigueur de la loi doit et peut exercer un effet de dissuasion, de prévention et même de réparation, c’est bien celui-là.Avec les affaires d’Anjou le Québec est en mesure de faire la preuve et la démonstration spectaculaire que politiciens et promoteurs ne sauraient faire main basse sur une ville sans prendre les plus sérieux risques de sanction financière et criminelle.Pareil redressement de l’intégrité publique s’impose d’autant plus qu’à Anjou précisément, non seulement s’en est-on moqué dans les joyeuses années du “développement” immobilier, mais pire encore les autorités sont venues bien près de se contenter de sanctions symboliques à la suite de la désormais célèbre enquête du juge Surprenant.Contrairement, en effet, à ce que peut croire le grand public, rien n'a été réglé encore des principaux dossiers ouverts dans cette municipalité.Certes, les tribunaux qui ont été sai- entendu et nous l’avons connu.Nos fières nous l’ont raconté.Nous ne e tairons pas à leurs enfants et nous le dirons à la génération qui vient".Mais voici que, le jour où il sortit d’exil, ce peuple discerna son avenir à travers son histoire.La perception surgit en lui, vive et créatrice, d’un futur garanti par le passé.Son souvenir devint attente et sa mémoire engendra la fête.C'était nécessite.Il ne pouvait pas en rester au souvenir et il ne fêterait jamais vraiment, s’il ne se rappelait pourquoi.Sans la fête, la mémoire n’est que nostalgie et, sans mémoire, la fête n’est qu’un passe-temps.Quand la mémoire va jusqu'au bout d'elle-même, elle fait tellement vivre le passé dans le présent que le présent fait, à son tour, un bond dans l’avenir.Et, quand l’avenir est là, la fête peut sis de certaines affaires en ont disposé avec promptitude et justice.On ne saurait en dire autant de ceux oui avaient la responsabilité de décider des procédures à ouvrir dans les mille et un enchevêtrements de l’incroyable aventure d’Anjou.C’est par vingtaines pour ne pas dire davantage qu’on compte encore les dossiers à rouvrir dans les affaires qui sont survenues dans la municipalité d’Anjou ou sur le territoire de la commission scolaire du même secteur, où de non moins impressionnantes transactions immobilières ont eu lieu impliquant des fonds publics par millions.Dans le domaine proprement municipal, Anjou doit à 1 intégrité et au courage de l’ex-ministre de la Justice, M.Jérôme Choquette, une loi spéciale, votée en 1974, qui lui permet de faire rouvrir les expropriations faites sous l'ancienne administration.En vertu de la même loi, toutes les expropriations douteuses de cette époque doivent être rouvertes sans hésitation.Si les autorités d’Anjou venaient à manquer de détermination ou de moyens pour pousser à bout ces dossiers à la fois complexes et explosifs, Québec ne devrait pas hésiter à se constituer partie aux révisions judiciaires à venir.Il saute aux yeux, en effet, que le ministère des Affaires municipales — même si la Commission du même nom n’eut pas un rôle glorieux avant l'enquête d’Anjou — et le ministère de la Justice y ont un intérêt commencer, fête qui porte déjà des fruits parce qu’elle a toujours ses racines.Ce peuple ne se libérait pas par la haine et dans la guerre.C'est en fêtant que ce peuple se libérait car, par la fête, la mémoire des libérations d’un jour fait place à l’espoir d’une liberation pour toujours: “Ne vous souvenez plus d’autrefois.ne songez plus aux choses passées.Voici que je vais faire du nouveau qui déjà parait.Ne l'apercevez-vous pas?Oui, je vais tracer une route dans le désert.et le peuple que je me suis formé redira mes louanges ".S’agit-il ((’un peuple ancien et de monde biblique?S'agit-il de peuple nouveau et de terre d'Amérique?Si semblable est l'espérance, qu’on ne fait plus la différence entre l’ancien et le nouveau.__________________________________J L’ancien et le nouveau.La mémoire en fête d'une toute première importance.Pour les expropriations ou transactions immobilières du domaine scolaire à Anjou qui seraient déjà “fermées”, le ministre de l’Education et celui de la Justice devraient sérieusement songer à doter le Conseil scolaire de l’île et la commission Jérôme-LeRoyer d'un pouvoir de révision analogue à celui qui fut accordé à Anjou en 1974.Le gouvernement devrait peut-être même prévoir un pouvoir provincial de tutelle et d’intervention si jamais les autorités scolaires hésitaient à se prévaloir, le cas échéant, d’un pareil pouvoir de révision judiciaire.Il va sans dire que les expropriations ou les transactions scolaires d’Anjou qui sont encore ouvertes devraient etre traitées avec la même scrupuleuse attention que, par exemple, les causes où précisément le tribunal de l'expropriation, pas plus tard qu'en mars dernier, tranchait à la baisse des indemnités rondelettes obtenues par l’un des promoteurs de la place.En matière civile, les affaires d’Anjou sont donc loin d’être terminées: elles commencent à vrai dire.En matière criminelle, on se défend mal de l'impression que les autorités ont voulu fermer l’affaire à l’aide de quelques poursuites contre les trois principaux officiers de la municipalité à l’époque.D’où l’étonnement du juge Louis Paradis, ex-procureur-chef de la Couronne à Montréal, qui se demandait l’été dernier dans un jugement technique survenant plusieurs années après la fameuse enquête, comment il se faisait que le ministère de la Justice n’agisse pas contre certains autres personnages jusqu'alors restés intouchables.Le problème n'est pas académique.Depuis, le ministère a porté des accusations contre trois hommes d’affaires; il pourrait même en porter contre d’autres.Or, les procureurs de l’un des accusés ont précisément invoqué le délai mis par Québec dans ces causes pour s'opposer à la mise en accusation de leur client.Quelle que soit la décision attendue à ce sujet, il incombe au ministre de la Justice de chercher et de trouver les raisons qui ont amène la couronne à agir à l'époque seulement contre trois des personnages qu’elle avait des motifs de croire “corrompus" à Anjou, et à n’inquiéter pendant six ans aucun des présumés corrup- teUrS' .¦ , T .Si le propre ministère de la Justice n'a pas agi, on devine quel courage il a fallu pour préparer et plaider les rares causes, criminelles ou civiles, qui ont malgré tout été inscrites devant les tribunaux.Ces causes n’étaient pas frivoles puisque, suivant le cas, des condamnations criminelles ou des ordonnances civiles de la plus haute impor-Voir page 6: Anjou __Mgr Grégoire à Notre-Dame— “Nous sommes les fils de bâtisseurs qui avaient la foi” ¦ Voici le texte presque intégral de l’homélie prononcée hier matin à l’église Notre-Dame par Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal, à l’occasion de la messe célébrée pour la fête de la Saint-Jean.Une Saint-Jean vraiment réussie est celle qui permet à tous les gens d'ici de se retrouver, de se parler, de fraterniser, de manifester leur joie de vivre ensemble; et cela quelles que soient leurs origines, leurs allégeances, leurs opinions.Ce caractère de la fete a certainement été accentué cette année du fait que le gouvernement du Québec a voulu 3ue la Saint-Jean soit manifestement la fête e tous ceux qui habitent notre province.Je salue avec ceux qui sont établis ici depuis des siècles, tous nos concitoyens venus de diverses ethnies et qui partagent aujourd’hui notre vie commune.Une Saint-Jean vraiment réussie est celle où Dieu est présent à la fête, où il est reconnu, glorifié et remercié dans le grand prophète que nous célébrons.La Saint-Jean nous incite à regarder devant et à nous dire les uns aux autres quel avenir nous voulons bâtir ensemble.Que voulons-nous être?Que serons-nous demain?De quel type de société rêvons-nous pour nous et pour ceux qui viendront après nous?Le concours de tous, la bonne volonté de tous sont requis pour que nous puissions évoluer dans l’harmonie et continuer à construire ici une cité de paix, de justice et d'amitié.Pour cela, nous avons besoin d’être attentifs aux valeurs dont nous voulons vivre et que nous entendons transmettre à nos descendants.De ce point de vue, comme croyants, face à l’évolution actuelle de notre société, nous devons nous pénétrer des valeurs religieuses que nos pères nous ont laissées en héritage.Ceux qui sont venus fonder ici un nouveau pays avaient la foi.Ils l’ont largement diffusée, si bien que le Québec en particulier a été durant longtemps une terre où les valeurs chrétiennes étaient reconnues par presque tous.Ces valeurs ne sont pas étrangères à ce qui s’est réalisé de grand chez nous.Nos pères ont eu a vaincre une terre hostile.Ils ont eu à se développer malgré des situations qui auraient pu les abattre.Ils se sont donné des institutions par lesquelles ils ont assuré leur avenir.Dans tout ce cheminement, ils ont été portés par une fraternité chaleureuse, malgré et au-delà de leurs disputes et de leurs divisions.Enfin, ils ont exprimé une joie simple et forte qui dominait leurs peines et leurs efforts.Cea comportements prenaient largement source dans leur foi, dans une espérance chrétienne qui sait que les difficultés peuvent être vaincues, dans une charité que l’Evangile les invitait sans cesse à vivre et dans une confiance en Dieu qui les rendait capables des plus beaux gestes.“Avoir la mémoire en fête” c'est penser à toute la lignée des bâtisseurs et aux valeurs spirituelles qui les ont nourris Nous avons nous aussi à bâtir notre société.Des aspirations profondes s’expriment actuellement.Ainsi l’aspiration qui veut faire du Québec une communauté dont le visage soit foncièrement français exprime la voix de la fierté, de la dignité et du respect de soi.Dans ce contexte, une des préoccupations majeures des croyants que nous sommes, c'est de vouloir être présents à la naissance de la nouvelle société et de faire une place à Dieu dans le monde de chez nous.Nous croyons sincèrement que le maintien et la promotion des valeurs chrétiennes sont indispensables pour édifier ici un monde qui soit pleinement humain.Dieu est pour l’homme, il n’est pas contre lui.Les valeurs chrétiennes ouvrent à plus d'humanité, elles ne rapetissent pas.L Evangile authentiquement vécu fait que les hommes sont heureux de vivre ensemble."Si le Seigneur ne bâtit la maison, dit le psalmiste, c’est en vain que peinent les bâtisseurs" (psaume 126).Là où des gens sont rassemblés pour vivre un destin commun, il appartient à toutes les composantes de la société de veiller à ce que la justice règne, que la paix soit maintenue, que les biens materiels soient équitablement répartis entre tous, que les droits de la personne soient partout respectés, que les libertés individuelles et collectives soient jalousement préservées.Même si tout cela était accompli — et qn sait qu'il n’est pas facile d’y arriver — serait-ce suffisant pour qu’un peuple soit heureux et épanoui?Je ne le crois pas.Bergson disait naguère que, pour être pleinement homme, l’homme de notre temps avait besoin d’un supplément d’âme, qu’il avait besoin de spirituel.Nous disons, nous, qu’il a besoin de Dieu, qu’il a besoin de Jésus-Christ, qu’il a besoin de l’Évangile.Les valeurs que l’Évangile promeut sont de nature à susciter dans le coeur de l’homme le goût du dépassement.Là où des sociétés modernes disent justice, l’Évangile ajoute amour et pardon.aT Là où des sociétés modernes disent progrès économique et accroissement des richesses, l’Évangile ajoute partage des biens, don du surplus que l’on possède à ceux qui ont trop peu, pain et logement pour tous ceux qui habitent sur terre.Là où des sociétés modernes disent action violente pour défendre et obtenir des droits ou des avantages ou pour promouvoir des idéaux, l'Évangile dit non-violence, engagement, courage, dialogue.Il y a du dynamisme dans l’Évangile, des nels qui conduisent à plus d’humanité.’Évangile dénonce nos égoïsmes personnels et collectifs.Il s’oppose à tous les abus de pouvoir, à toutes les injustices sociales.Il remet en cause notre soif démesurée de bien-être matériel.Il nous révèle quelqu’un qu’on appelle Dieu, un Père plein de tendresse et de miséricorde, en qui nous nous reconnaissons tous frères.L’Evangile proclame que Jésus, le Fils de Dieu, est bien vivant au milieu de nous tous ici rassemblés.Ceux qui croient en l’Évangile ont le devoir d’en vivre et de le répandre.Ils ont une Bonne Nouvelle à annoncer.Cette Bonne Nouvelle a eu, avant d’être proclamée, un précurseur, celui qu’on appelle Jean le Baptiste qui n’a rien de commun avec cet enfant qui caresse une brebis.Ce dernier, l’Évangile ne le connaît pas.Le Jean Baptiste de l'Evangile est un être solide, fort, austère, énergique, exigeant, d’une droiture à toute épreuve.Il pointe du doigt Celui qui s’appelle Jésus.Il dirige ses concitoyens vers lui, parce qu’il est le Messie depuis longtemps attendu et le Sauveur du Monde.“H était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la lumière, et préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir’' (antienne d ouverture, Jn 1,7; Le 1, 17 Parmi ceux qui sont venus fonder la Nouvelle France, il y a plus de quatre cents ans, plusieurs avaient le même idéal que Jean-Baptiste.Ils s’appelaient entre autres Maisonneuve, Jeanne-Mance, Marguerite Bour-geoys, Mère d’Youville et François de Montmorency Laval.Ils ont bâti un pays.Ils l’ont humanisé.Ils ont été les témoins du Christ.Nous sommes fils et filles de ces bâtisseurs qui avaient la foi.Nous devons poursuivre leur oeuvre.Que le Seigneur nous assiste dans les grandes tâches qui nous attendent.lettres au DEVOIR Une idée folle ?Monsieur Ryan, Il est regrettable que dans l’un de vos récents éditoriaux je sois mal cité.De plus vous me faites un procès d’intention, alors que, contrairement à votre affirmation, je me suis aussi élevé contre la censure.Si vous aviez écouté ma déclaration jusqu 'au bout vous auriez entendu: “.la technologie le permettant désormais, je propose que l’on diffuse partout au Canada, par satellite, d’Angleterre et de France, les émissions de la BBC et de TF I”.En somme, si l’on veut une liberté de choix, qu’elle soit entière et réelle.Le professeur Marks, et les hommes de l’imprimé, s’imaginent encore que la télévision n'est qu’un autre moyen d’information s'ajoutant à la radio et aux journaux.Mais le tube cathodique, pour 98% de son temps d’utiUsa-tion, est un outil d’acculturation.Dans sa version commerciale c’est aussi la place du marché qui propose un mode de vie.Au Canada anglais la situation est tragique: à Vancouver par exemple 85% des jeunes téléspectateurs ne connaissent que la télévision américaine.A Toronto 65% d’entre eux sont comme des ventouses collées aux écrans américains, cinq heures par jour.Ces canaux américains, selon une étude des psychologues de la C.-B., induisent un niveau d’agressivité qui nous est étranger.Ce Mais j’ai en mémoire une maison historique, la maison Archambault, (1730) qui est sous le coup d’un avis d’intention de classement.Intention hélas qui dure depuis un an, sans laisser voir d’issue.J’ai aussi en mémoire des vandales, des pilleurs, des pyromanes uébécois petits et grands qui s’en onnent à coeur joie dans ce monument historique “en intention" et en font très vite une ruine historique en substance.J’ai encore en mémoire un ministère des affaires culturelles, qui rend plus punitif que glorieux pour la proprietaire, le fait d’avoir conservé une maison historique.J’ai enfin en mémoire une semaine du patrimoine qui a un budget pour ramasser les “cannes n’est plus seulement l’école qui forme les esprits, les professeurs se nomment aussi Kojack ou Colombo.Nous sommes passés de l’Êtat-cité du Moyen Age à l’État-nation hier, à l'Etat-télevision aujourd’hui.Les enfants canadiens-anglais dès leur naissance ne se voient offrir que des nourritures made in U.S.A.Ces enfants vivent avec l'envahisseur dans la maison.Vous me permettrez une analogie: pour que s’édifient des villes où l’on puisse mieux vivre nous avons conçu la notion de zonage.Nous limitons la liberté (Tes entrepreneurs.Depuis peu flous allons jusqu’à refuser des permis de démolition pour certains édifices dont l’architecture témoigne de l'esprit créateur d’une epoque et d’une culture.Nous protégeons le patrimoine contre les bulldozers.Or les entrepreneurs américains ont aujourd'hui tous les permis nécessaires pour détruire une façon canadienne de penser le monde, et transformer nos cerveaux en centre d’achat.La télévision structure les cerveaux.Ce n’est pas favoriser la liberté de fienser, au contraire, que de livrer es spectateurs du Canada pieds et poings liés aux chaînes américaines, en exclusivité pour ce qui est de l’étranger.À moins que le modèle américain ne soit à vos yeux, le seul valable.Au début de mon intervention, lors de l’émission sur le "Pays incertain” j’ai proposé de brouiller les ondes pour que l’on prenne conscience de l’irrigation des cer- de bière" après la fête, mais non pour conserver le patrimoine architectural.C’est pourquoi je n’ai pas la mémoire en fête, même si je suis québécoise.W.C.Hurtubise Montréal, le 20 juin 1977 veaux canadiens par les canaux américains.Pour l'instant la confédération canadienne, construite par le chemin de fer, se perpétue par la télévision et devient de plus en plus une “franchise” américaine, sorte de Kentucky fried chicken de la politique.Qui s’en lèche les doigts?Comme preuve de la structuration des cerveaux par la télévision je ne voudrais donner qu’un seul exemple: la cote d’écoute des émissions policières au Canada anglais (15%) est celle des émissions documentaires au Québec.Cette différence de faveur est significative.La langue, l’esprit de famille, TVA et Radio Canada nous ont à ce jour permis de produire et regarder une télévision originale qui a des succès populaires.Mais une société canadienne anglaise originale ne pourra naître que si le rouleau compresseur électronique cesse de paver des autoroutes américaines dans les têtes canadiennes.Il faut être naïf ou ignorant pour ne pas favoriser dans ces conditions l'ouverture à toutes les télévisions.Je sais; il y a un empêchement technique: les commerciaux.Serait-ce que le siège social de l’identité canadienne est à Madison av., New York?Jacques GODBOUT Montréal, le 22 juin 1977.¦ Nous rappelons d nos lecteur# que les lettres adressées d cette rubrique doivent être signées et comporter, de manière lisible, les noms, adresse et numéro de téléphone de l’auteur II nous est impossible de publier les lettres anonymes.L'adresse et le numéro de téléphone ne sont pas destinés d la publication.LE DEVOIR Fonde par Henri Bouratia le 10 |onvier 1910 Directeur Claude #yon Rédacteur en chef Michel Roy Rédacteur en chef ad omt Georges Vigny Directeur» de l'information Jean Francoeu' Pmrre loignon Trésorier Bernard Larocque LE DEVOIR es* publié par l'Imprimerie Populaire société O responsabilité limitée, dont le siège social est situé ou numéro 211 rue du Soi m Sacre ment Montreal H7Y 1X1 II est compose et imprime par l'Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés a 9130 rue Boivm Ville LaSalle l agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a di» fuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT Edition quotidienne S5S par année moi$ S30 A l etranger $60 par année su mois $33 ttO'S moi* $?’ Ed-t'ons du samedi $15 par annee Edition quotidienne iv'ee a domicile pa» porteur $’ 50 par semame Tarif de Iabonnement sers pa» ia poste aerienne sur demande Courrier de deuxième c'asse enregistrement numéro 0858 Dépôt legal Bibliothèque nationale du Quebec TtltPHONI: 144*3361 l.gnr.Je n’ai pas la mémoire en fête. des idées des événements des hommes Les rapports entre langue, culture et pouvoirs publics Oui aux langues officielles, non à une culture officielle ¦ Dans l'Exposé sur une Politique linguistique nationale qu'il a rendu public le 22 juin, le gouvernement fédéral explicite sa position sur les rapports qui doivent exister selon lui entre langue, culture et pouvoirs publics dans une société démocratique.Ottawa réitère dans ce document son engagement envers la reconnaissance de l’égalité de statut officiel pour les langues française et anglaise mais refuse en contre-partie toute "officialisation'' d'une culture en tant que telle.Dans cet extrait du document fédéral, on trouve les raisons sur lesquelles Ottawa fonde sa politique.La culture, à l’instar de la langue, est intimement liée à la vie de l’homme en tant qu individu et membre d’une société.Le milieu culturel transmet à l’homme des schèmes de pensée et d’action grâce auxquels il apprend à se connaître et à se définir par rapport aux autres, ce qui lui procure un sentiment de sécurité et donne un sens à sa vie.La culture s’acquiert et se transmet principalement, mais non exclusivement, par la langue.D’aucuns prétendent même que celle-ci n'en est pas le principal véhicule.La culture est l’expression d’un ensemble complexe de comportements et de pensées, de sentiments et d’émotions, d’actions et de réactions.Elle est assimilée par le coeur et par les sens aussi bien que par le langage.La recherche d’un équilibre entre la stabilité, gage de sécurité, et la souplesse, condition de liberté, est pour tout milieu culturel une source de tension.La plupart des hommes passent la totalité de leur vie dans un même milieu et l’acceptent tel quel, car il leur offre un cadre de vie confortable et rassurant.Mais une profonde inquiétude les saisit dès que des pressions visent délibérément à transformer leur mode de vie, ou qu’une situation brimante crée chez eux l’impression qu’ils ne pourront plus vivre comme ils l’enten-dent.La culture procure à l’homme un cadre de vie qui remplit le rôle sécurisant du “foyer”; aussi est-elle, profondément, le lieu de leur liberté.Plus le milieu culturel est fermé, moins libres se sentent ceux qui y vivent.Plus il est ouvert et perméable aux nouvelles idées et aux nouvelles conceptions de la vie, plus on y jouit d’une grande liberté.Une culture axée sur une personne, une collectivité ou un idéal, risque, à force d’exclusivisme, de se transformer en prison.En revanche, si elle cherche à intégrer la plus grande diversité possible d’expériences humaines, elle a un effet libérateur qui se communique même à des cultures étrangères.La plupart des cultures évoluées, quelle que soit l’importance numérique de ceux qui s’y rattachent, trouvent de multiples formes d’expression et traduisent une gamme étendue de conceptions de la vie.Elles sont ouvertes et multiformes; on peut s’y mouvoir librement entre les pô-fes du conformisme et de la créativité.Telle est la caractéristique des cultures occidentales, dont la principale valeur tient à leur sens de l'interrogation et de l'innovation.Il est essentiel qu'une culture crée un climat de liberté, non seulement pour favoriser l’épanouissement personnel, mais aussi pour permettre aux créateurs de s’exprimer sans contrainte.On atteint le sommet de la créativité quand on parvient à renouveler la façon de percevoir l'existence, de la décrire et de la comprendre.Ces redéfinitions sont réintégrées dans le patrimoine culturel du milieu d’où elles ont surgi et viennent l’enrichir.Si le message a une portée universelle, il franchit alors les frontières de cette culture et contribue à l’enrichissement d’autres cultures.La musique et la peinture sont d’excellents exemples de créations qui débordent les frontières de leur culture nourricière.De même en littérature, les oeuvres de Shakespeare, Molière, Goethe, Dostoievsky, Kafka, Ca-mul, par exemple, ont eu une grande influence à travers le monde.Ainsi, les cultures s’influencent mutuellement et s’interpénétrent; elles enseignent aux hommes à comprendre et à partager leurs expériences diverses de la vie, à respecter et à protéger les valeurs humaines qui leur sont communes.Les liens entre langue et culture A bien des égards cependant, la langue et la culture sont étroitement liées.La langue est un moyen d’expression et de transmission d'une culture en même temps qu’elle infléchit son évolution.Et pourtant, les gouvernements ne peuvent pas leur attribuer les mêmes caractères spécifiques ni le même rôle dans la société.Les langues sont des systèmes relativement stables.Bien qu’une langue puisse subir à divers degrés l’influence d’autres langues, toutes possèdent leur logique et leurs structures propres qui filtrent cette influence.En outre, la langue est un stys-tème de communication essentiel au fonctionnement du gouvernement, à la formulation des politiques, à l’administration, au droit, à l’éducation, aux affaires.En tant que système de communication, elle permet aux membres d’une société de prendre pleinement part à la vie commune.Dans les pays où l’on fait usage de plusieurs langues, certaines reçoivent un statut officiel si elles sont utilisées par une fraction importante de la population pour que tous les citoyens puissent participer a la vie du pays.Ainsi au Canada le français et l'anglais sont devenues les deux langues officielles.La culture, par contre, peut difficilement se concevoir comme un ensemble clos.Elle s'apparente davantage à un organisme vivant qui se transforme presque quotidiennement.Même au sein d un groupe qui partage la même langue et en général la même culture, les valeurs, les attitudes et les conceptions de la vie diffèrent profondément à maints égards.Ces différences proviennent de rinfluence du milieu familial, de l’origine ethnique, de l’orientation religieuse, de la formation scolaire, des traditions politiques et d’autres facteurs semblables.La liberté elle-même est en jeu quand une population qui parle la même langue ou qui forme une même entité politique se voit imposer un moule culturel défini; l’État doit s'appliquer à éviter pareille orientation et le citoyen devra, le cas échéant, y opposer une résistance farouche.Aussi, les pays et les peuples qui connaissent le prix et la fragilité de la liberté n’interviennent-ils qu’avec prudence dans les questions d’ordre culturel, même lorsqu'ils doivent légiférer en matière de langue, La responsabilité des pouvoirs publics Il faut cependant voir la réalité telle qu’elle est.Tous les pays et même ceux qui respectent le plus la liberté, interviennent diversement dans le domaine de la culture.La plupart fixent, à l’échelle nationale ou régionale, le contenu des programmes scolaires et précisent non seulement les langues à enseigner, mais aussi quels écrivains ou philosophes seront étudiés.Les programmes déterminent aussi de quelle façon seront enseignées par exemple, l’histoire, les sciences sociales ou économiques et la géographie.Tous les pays n’ont pas les mêmes lois ni les mêmes systèmes juridiques.Ils fixent le jour des fêtes nationales, y compris les congés qui commémorent les événements historiques ou honorent les héros.Ils érigent des monuments, protègent les immeubles historiques, conservent des archives, fondent des musées où ils rassemblent leurs richesses artistiques et culturelles.Ils élaborent des constitutions et mettent en place des institutions qui reflètent leurs traditions politiques.S’ils agissent ainsi, alors que, pour s’épanouir, une culture doit s'ouvrir largement aux apports extérieurs, c’est que Tes cultures ont aussi besoin de racines pour ne pas mourir.La situation géographique d’un peuple, son histoire et ses origines culturelles constituent ses racines.Il faut en tenir compte, car c’est à ces sources qu’il s’alimente.La culture canadienne se caractérise par sa diversité et son refus d’un modèle national.Elle tire son origina- ____Radio-Canada et l’unité canadienne L’impossible synthèse entre des exigences contradictoires _____________________________________________________par_____ AL.W.JOHNSON ¦ Dans l’expoé sur le rôle de Radio-Canada qu'il a rendu public le 14 juin dernier, le président de la Société Radio-Canada.Al W.Johnson, consacre quelques pages à l'un des aspects les plus controversés du rôle de la société publique de radiodiffusion, soit le service de l'unité canadienne.Selon la Loi de Radiodiffusion, Radio-Canada doit en effet "contribuer au développement de l’unité nationale”.Mais la ligne de démarcation entre les autres aspects du rôle de Radio-Canada et celui-ci n’est pas facile à tracer.Voici ce qu’en pense M.Johnson.Le défi que constitue la défense de la nation face à une domination culturelle étrangère est égalé, mieux, surpassé par le défi de préserver l’unité nationale.La Loi sur la radiodiffusion prescrit à Radio-Canada de “contribuer au développement de l’unité nationale”.Il n’existe pas de directive précise de ce genre dans la loi à l’intention du secteur privé de radiotélévision qui pourtant fait partie intégrante du système national et qui assume une partie de la responsabilité légale de “sauvegarder, enrichir et raffermir ’ la structure du Canada.Aussi donc les règles ne sont pas les mêmes pour tous: le secteur public, cela va de soi, doit sauvegarder,enrichir et raffermir le caractère national, mais on ne semble pas vouloir en exiger autant du secteur privé qui aurait pourtant une contribution à apporter.À la réflexion, je dois admettre que; malgré tout ce qu’elle a fait, la Société Radio-Canada n’a peut-être pas suffisamment contribué à l’affermissement de l’unité nationale.Nous diffusions des émissions montrant des paysages et des mentalités du Canada ancien, contemporain ou futur; nos émissions d’information, quant à elles, doivent être le reflet fidèle de la réalité politique, sociale et économique, quelle qu'elle soit.À ce point, il serait peut-être opportun de rappeler l’observation de Northrop Frye dans The Bush Garden: le sentiment d’unité est le contraire du sentiment d’uniformité.La véritable unité tœ 1ère les divergences de vues et toute variété d’opinions et de traditions la réjouit”.Les programmes de Radio-Canada doivent se faire l’écho de ce sentiment exprimé par Frye pour que les Canadiens développent une perception personnelle des questions nationales.A tout moment de la journée, nos émissions traitent plus ou moins directement de l'identité et de la réalité canadiennes.Il peut être aussi bien question du séparatisme ou de la beauté glaciale de l’Arcti-que que d'un monologue d'Yvon Deschamps ou d'une étude comparée des littératures canadiennes, ou encore des pêcheurs de Terre-Neuve et des Iles de la Reine-Charlotte, de la culture des pommes de terre dans l'île-du-Prmce-Edouard, de l’exploitation pétrolière en Alberta, d’une découverte scientique a l'Université de la Colombie-Britannique, d'un roman de Margaret Laurence ou d'une pièce de Marcel Dubé, à moins qu il ne s'agisse de la retransmission d’un spectacle du groupe Royal Canadian Air Force ou d’une interview téléphonique du maire de Saskatoon par Barbara Frum.Le souci que nous avons d’informer honnêtement les Canadiens sur les événements susceptibles d’influencer leur vie nous oblige a aborder toutes les grandes tendances politiques, sociales et économiques.Radio-Canada rendrait un mauvais service aux Canadiens si elle manipulait l’information et diffusait des reportages tendancieux, ce que d’ailleurs je ne permettrais jamais.Toutes les principales tendances d’opinion doivent etre représentées afin de permettre aux Canadiens de tirer leurs propres conclusions sur les grandes questions d’actualité.Nous devons offrir aux Canadiens une information radiodiffusée fiable, équilibrée et complète, conformément aux dispositions de la Loi sur la radiodiffusion.Radio-Canada doit jouer un rôle prépondérant dans la triple perspective de l’identité, de la culture et de l’unité canadiennes.C’est là que réside la difficulté, car ce que la population attend de Radio-Canada à cet égard est gigantesque et irréalisable.Comme le rappelait l’Association des réalisateurs de Toronto, on veut que Radio-Canada soit une source de vérité, de beauté, d’idéal et d’inspiration ainsi que le reflet des points de vue de tous les Canadiens auxquels il faudrait que la Société serve également de conscience nationale.Le reglement de la crise de l’unité nationale, l’accroissement de la production régionale, l’emploi en plus grand nombre d’acteurs, d’auteurs et de compositeurs canadiens et l’extension de nos services dans les régions éloignées, incombent à Radio-Canada aux yeux de nombreux Canadiens.Il faudrait aussi, selon eux.satisfaire aux goûts d’un plus grand nombre, réaliser plus d’émissions spécialisées, passer plus d’émissions locales aux réseaux, faire plus d’émissions en direct, accroître le nombre de journalistes spécialisés et mieux refléter les deux Canada l’un à l’autre.Bref, nous sommes aux prises avec une multitude d’exigences et d’aspirations parfois contradictoires, impossibles à réaliser avec les crédits dont nous disposons actuellement.Quelle que soit l’importance de la place occupée par la radiotélévision publique au Canada, la Société Radio-Canada ne peut être considérée comme la cause principale des difficultés présentes ni comme leur remède.Quoi qu’il en soit, mes collègues et moi-même avons fermement l’intention de faire le maximum pour satisfaire à autant d’exigences et d’aspirations que possible, car nous sommes nous-mêmes persuadés que la radiotélévision publique est un instrument de sauvegarde de l identite culturelle et de promotion de l’untié nationale.Il importe de souligner que Radio-Canada n’est qu’un des moyens de communications par lequels les Canadiens s’expriment.Messagers du candianisme, nous devons l’être plus que jamais pour relever nos deux grands défis nationaux.Cependant, pour que les Canadiens puissent relever ces défis et pour que le canadianisme puisse être promu, il faut que le pays accepte d’y mettre le prix.En effet, il faudra faire appel aux services d’une pléiade d’écrivains, de réalisateurs, de compositeurs, de journalistes, de musiciens et d’artistes, ainsi que de techniciens afin de faire connaître aux Canadiens la chanson, le théâtre et l’information de leur pays.U Le document fédéral sur les langues lité des nombreuses cultures qui s’y rencontrent aujourd’hui et dont l'origine remonte aux tous premiers habitants de l’Amérique du Nord et, par-delà, à presque tous les peuples de la terre.La plupart, cependant, appartiennent à la civilisation de l’Europe occidentale, mais certaines ont leurs sources en Asie et en Afrique.Toutefois, pendant très longtemps, l’orientation culturelle du Canada a surtout été française et britannique.Bien que de nombreuses cultures se côtoient au pays, ses institutions témoignent de la rencontre et de l’interaction des cultures française et britannique.L’essor prodigieux des media électroniques a pour effet de soumettre presque toutes les cultures à des transformations profondes et généralisées.Ce phénomène est d’autant plus complexe que l’expression culturelle, qui autrefois était presque entièrement le fruit de l’effort inaividuel, passe aujourd’hui, dans une large mesure, par l’industrialisation et la grande entreprise.Cette évolution peut transformer des millions de gens à travers le monde en consommateurs.Tout ce que produit cette “industrie de la culture” n’est pas mauvais.Loin de là.Il est à craindre cependant qu’elle installe un environnement globalisant où il serait de plus en plus difficile de réserver une place a la création, par opposition à la consommation de masse.La plupart des pays ont par conséquent adopté des mesures en vue, non de se fermer aux influences extérieures, mais de ménager des moyens d’expression et de communication à ceux de leurs citoyens ui n’ont pas accès aux circuits in- ustriels.Ces mesures ont pour objet de favoriser l’expression culturelle nationale face aux pouvoirs industriels internationaux et de faire en sorte que l’expression locale ne soit pas étouffée par les courants métropolitains.Les interventions de l'État canadien Très tôt, le Canada a senti la nécessité de faire contrepoids aux moyens de communication de masse et de favoriser la créativité chez ses citoyens.Voisin d’un pays dont les manifestations culturelles ont eu tendance pendant longtemps à se substituer à l’expression originale des Canadiens, surtout ceux de langue anglaise, le Canada a créé des institutions cuïturel-les telles que la Société Radio-Canada, le Conseil des Arts, l’Office national du film et la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne.Il leur a donné pour mission de protéger et de promouvoir l’expression cultureTle au Canada.Les provinces ont, elles aussi, mis en place des organismes analogues.Depuis la deuxième guerre mondiale, l’influence américaine a fortement marqué tous les aspects de la vie canadienne.De plus en plus nos institutions ont été imprégnées par la civilisation nord-américaine à laquelle appartient le Canada.Plus perceptible au Canada anglais, ce phénomène ne s’est pas moins fait sentir au Canada français.Bon nombre de Canadiens de langue française et de Canadiens de langue anglaise s'inquiètent, mais pour des raisons différentes, des envahissements de la culture américaine.D’une part, les Canadiens de langue française se sentent particulièrement vulnérables puisqu’ils constituent une petite minorité entourée d’une vaste majorité de Nord-Américains anglophones.Ils craignent que l'influence prédominante de l'anglais en Amérique du Nord étouffe leur langue et, partant, leur vie culturelle.Les Canadiens francophones ont réussi à s'affirmer et à se distinguer au plan culturel avec une étonnante vitalité depuis que le Québec a commencé à se transformer au début des années 60.Ce succès est attribuable en partie à des institutions créées par le gouvernement fédéral et aux programmes du Secrétariat d’État, et en partie aussi aux institutions provinciales.Les craintes des Canadiens anglophones concernent principalement l’aspect sultu-rel, car leur culture est directement menacée par celle des États-Unis; dont on connaît l’extraordinaire vitalité.Au Canada, la culture de langue anglaise, éparse et diversifiée, est en concurrence plus directe avec la culture américaine.Elle n’en a pas moins manifesté une grande originalité d’expression depuis quelques années, grâce aux mêmes institutions et aux mêmes programmes dont ont bénéficié les Canadiens de française L’aide que le gouvernement fédéral apporte en matière culturelle aux Canadiens des deux langues officielles vise à pro mouvoir les cultures du peuple canadien et non à uniformiser la culture cana dienne.Le Canada a deux langues officiel les, mais aucune culture officielle.Aussi devrait-il y avoir place au sein des collectivités francophone et anglophone pour de nombreux autres groupes culturels Leur apport à la vitalité du Canada est important; par eux, nous nous relions à près que toutes les grandes cultures du monde.Leur présence favorise l’épanouissement du Canada tout entier et ne constitue aucunement une menace pour les deux groupes culturels originels.Il est dans l'intérêt de tous les Canadiens que les groupes ethniques puissent en s’intégrant à l’une ou l’autre des deux communautés linguistiques, conserver certains traits de leur culture originelle Aussi devraient-ils être incités à garder un intérêt pour leur langue Le statut des langues et des cultures La politique des langues officielles du gouvernement fédéral se fonde sur le fait que le Canada est un pays où cohabitent deux principaux groupes linguistiques.Le français et l'anglais y sont reconnus langues officielles; afin de permettre à la ; grande majorité des Canadiens de participer à la vie du pays.Les langues française et anglaise ont un statut officiel en tant que moyen de communication, car elles sont l’une et l’autre employées couramment par une large proportion d'habitants et expriment les deux cultures dont elles émanent.Mais, dans la mesure où elle ont un statut officiel, elles cessent d'appartenir en propre aux groupes culturels qui les ont créées.Elles deviennent langues de la vie publique et, de ce point de vue, sont le bien de tous ceux qui les parlent, quelle que soit leur origine.L’anglais et le français sont, en ce sens, les langues de la vie publique ’ au Canada.Voir page 6: Officielle Htm fried.fidèle cxMtfraymH, cUvoefoye ri.Je l'adore, tout simplement ! Je ne saurais partir sans lui.Il est suisse et vraiment tout ce qu'il y a de plus élégant.Voyez comme il est minuscule et pourtant je peux toujours compter sur lui.pour me dire l’heure la nuit, comme pour me tirer du sommeil à l’heure prévue Je vous parle de mon mini-réveil évidemment, il possède un mouvement 17 pièrres et un boîtier de cuir noir (aussi en rouge).Une mini-merveille, ma chère ! 107.95 ch.Eaton Centre-ville seulement (rez-de-chaussée, 215).Achats en personne seulement.A-TV^ K Utilisez votre carte-comptable Eaton.| / \ I |NJ 1 * 4 t »»» I J 6 • Le Devoir, samedi 25 juin 1977 la météo.V\Whrt*Ki\e f ; pluie B mm ChuicKill* d .u_* „„ Gooic Bojr.JA'J®00 .Poil no'riion / * • ¦ / 21 J.Edmoi>too .v • 1 1 •» 1 H \'^Voixouvei ^ T ï(&' ?o e9*’°: h jreol FolK Thuodei - J JWînnipeg.* rMîrmeopoliv 71 Ouebet j blî (•VHoWo* Soii'M«on; / I?[Son Fion
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