Le devoir, 24 avril 1979, Supplément 1
LE DEVOIR Montréal, mardi 24 avril 1979 SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUEBEC ¦Mi *0Êm?Le Salon international du livre de Québec est un événement poPulaire et culturel dont les sept premières éditions ont attiré jusqu’à 100,000 visiteurs par année.Dans la région de Québec, considérée comme un bassin idéal de population pour la lecture, l’événement prend l'imPortance d'une véritable fête populaire, au centre-ville.Cette année, le 8e Salon du livre de Québec consacre une grande part de ses activités aux enfants, comme il se doit.En cette Année internationale de l’enfant, les plus jeunes visiteurs du Salon du (ivre de Québec sont conviés à diverses manifestations où participeront des comédiens, professeurs, animateurs et écrivains.Concours littéraires, expositions, lancements de nombreux ouvrages dont des contes de Gilles Vigneault, présence d’un couple parental symbolique (Hélène Loiselle et Lionel Villeneuve), comptent parmi les diverses activités devant intéresser enfants et parents.A l'occasion de ce 8e Salon du livre de Québec qui s’inscrit dans l’Année internationale de l’enfant, LE DEVOIR propose à ses lecteurs un cahier spécial qui explore les rapports de l’enfant avec notre société qui le fait créer, qui l’exploite et qui le fait lire.Jean ROYER entan La place de l'enfant dans la société E cat ».LSA (8 ans) demande à sa mère un soir à table ce qu’est un « syndi- C’est le regroupement n atelier, d’un bu- des gens d’un reau, d’une profession en vue de protéger leurs droits — leur droit de travailler, leur salaire, leur incompétence aussi parfois — face à un patron.Les journalistes ont un syndicat, les professeurs d’école en ont un aussi, les chauf- feurs d’autobus, etc.Eisa demande à nouveau, avec un brin d’angoisse dans la voix: — Les enfants, eux, est-ce qu’ils ont un syndicat.?¦ La question est neuve et troublante.On ne peut faire autrement que penser au film Padre Padrone (Père et patron).Est-ce que les enfants voient leurs pere et mère comme des patrons exigeants, donnant des ordres et se comportant avec eux comme s’ils avaient affaire a des employés?Les enfants ne sont pas conscients de leur force parce qu’on s’évertue à leur démontrer leur faiblesse, léur marginalité, leur imperfection, leur petitesse.On ne les aime pas pour eux-mêmes mais parce qu’ils sont « gentils avec papa », « obéissants et dociles avec maman », rap- Denise Boucher «L’enfant n’a plus sa place nulle part.» par Angèle Dagenais DENISE Boucher se définit elle-même comme une anarchiste, rattachée à aucun mouvement féministe.Elle n’a pas d’enfants mais se rappelle très bien en avoir été un, ce qui l’autorise parfaitement à en parler.Elle a travaillé pendant huit ans comme enseignante à la « petite école » dans les années 50 et en a goûté, comme Gabrielle Ro nute.« À l’école normale, on nous apprenait que la première regie de la pédagogie était celle-ci: L’enfant est le pre- îoy, chaque mi- mier agent de l’enseignement.J’ai failli tomber en bas de ma chaise quand j’ai entendu ça parce que je ne l’avais jamais expérimenté étant enfant et oue les adultes apprenaient des règles mais ne les mettaient jamais en pratique.Aujourd’hui encore on ne peut pas dire que le système actuel en ait vraiment compris le sens non plus ».« J’ai beaucoup aimé travailler avec les enfants.Difficile moi-même, j’ai eu des' classes difficiles à manoeuvrer, des « allégés » comme on les appellerait aujourd’hui, des enfants qui triplaient, qui venaient des classes défavorisées.Mais on travaillait fort et on chantait beaucoup — dès que les élèves étaient fatigués on chantait des règles de grammaire, de la géographie, etc.on inventait toutes sortes de chansons pour arriver à retenir tout ça.Mes élèves réussissaient.' Les enfants qui ne réussissent pas à apprendre, à se concentrer sur quelque chose sont ceux qui ne sont pas nourris émotivement, qui manquent d’amour, qui manquent de bons lunchs le midi, de professeurs qui les aiment.Les enfants n’ont pas de place à l’école, pas plus aujourd’hui qu’avant et pourtant l’école est supposée être pour eux, imaginez le reste.?» «La première histoire d’amour d'un enfant, c’est avec sa mère qu’il l’a.C’est la première fusion que développe un être avec un autre.Si cette rencontre est ratée, l’enfant recherchera toute sa vie à Suit* à la pag* suivant* portent à la maison « un beau bulletin », « mangent proprement », etc.L’ethnologue américaine Margaret Mead, cette incroyable visionnaire, faisait remarquer dans son ouvrage L’un et l’autre sexe — écrit en 1948 mais aussi actuel que s’il avait été écrit hier — que la mère nord-américaine punit son enfant en lui retirant ni plus ni moins que son amour, amour conditionné par toute la conduite de l’enfant.Parce que seule compte la conduite et non le petit être derrière.Cette façon de faire proprement occidentale, née du vieux fonds judéo-chrétien nourri d’amour, de terreur et de culpabilité n’est pas le lot heureusement de toutes les civilisations.Mais à la vitesse où les « cultures » qui peuvent offrir un contraste ou une alternative à la culture occidentale sont mangées littéralement par elle — par le grand rouleau uniformisateur de l'american way of life qui gagne du terrain sur tous les fronts aux quatre coins de la planète — elles ne seront peut-être plus là pour inspirer un changement.Qu’en est-il de l’enfant dans la société d’aujourd’hui, bousculé par maman qui travaille, papa qui n’est jamais là parce qu il travaille aussi (mais toujours plus longtemps, il semblerait.), les garderies au personnel changeant et instable, les écoles aux professeurs blasés, sans motivation, indifférents, fatigués?On parle des enfants « ping-pong », des enfants bàllottés.des enfants caractériels, des inadaptés, des enfants-problemes, des enfants oubliés, des enfants maltraités, etc.Mais ne le sont-ils pas tous?Le monde n’est pas fait pour eux, entendons-nous dire.Et c’est absolument vrai.La société nord-américaine est fabriquée sur mesure pour les gens de 25 à 50 ans.Plus jeunes ou plus vieux sont « exclus » des fonctions vitales de cette société de consommation, assise sur le profit et la rentabilité, qui ne sait plus comment prodiguer son amour à ses enfants et respecter et apprendre de la sagesse de ses vieux.Les enfants et les vieux ne sont pas « rentables ».La moitié du monde est une femme mais le tiers du monde est un enfant.La société actuelle est en mutation « post-industrielle ».dit-on, parce que l’homme a enfin pris conscience, entre autres, qu’il avait le pouvoir de tout détruire autour de lui — fait nouveau de civilisation! Mais au-delà de l’air que l’on pollue, des lacs que l’on endommage, des espèces que l’on anéantit, il y a l'Humain qui souffre de carences vitales dans son développement, et au premier chef l’enfant puisqu'il est l’homme et la femme de demain.On peut peut-être se demander quelle place on lui réserve dans la société nouvelle qui émergera des contradictions d’aujourd’hui.Et pour cela, il faut aller voir les adultes qui A.D.Suite à la page suivante Michèle Jean «Les féministes n’ont jamais rejeté les enfants» par Renée Rowan SELON la féministe radicale Michèle Jean, membre du collectif les Têtes de pioche, et mère de quatre adolescents, les féministes n’ont jamais rejeté les enfants.Au contraire, elles les ont associés à leurs luttes.Ce 3u’elles rejettent, c’est le mo-èle de vie que leur impose le fait d’assurer entièrement la fonction de reproduction, un modèle de vie qui est souvent un modèle d’asservissement au pouvoir patriarcal, de dépendance économique, politique, et d’exclusion du monde au travail durant les années les plus productives de leur vie.Faisant un retour en arrière, cette historienne qui vient de terminer une série de cours à l’Université de Montréal sur l’histoire du féminisme au XXe siècle, rappelle que les premières féministes ont réclamé des droits justement pour mieux remplir leur rôle traditionnel d’épouse et de mère.Si on lit les textes de l’époque, c’est très clair qu’elles ne remettaient aucunement en question leur rôle de femme à la maison, ni la répartition des tâches.Ce n’était pas dans leur discours.Ce que voulaient des femmes comme Marie Gérin-Lajoie, Idola Saint-Jean, c’était d’avoir leur mot à dire dans une société dirigée uni- hommes, des deux elles en leurs en-aillent se quement par des Dans le contexte grandes guerres, avaient assez que fants, leur mari, faire tuer au front.Ce sont les suffragette, celles qui ont revendiqué les droits juridiques et les droits démocratiques, qui voulaient apporter une dimension sociale à la société, une dimension qu’on ne retrouve pas quand il n’y a que des hommes.Quant à la deuxième vague féministe, celle d’après le droit de vote, elle réclamait que les femmes aient accès au marché du travail en plus grand nombre et entrent carrément, par la force des choses, dans des schémas de société masculine.C’est évident qu’à ce Suit* A la page autvant* ,31 i «ta» sys.Louise Poliquin: l’âge d’or de la création m par Ginette Stanton H D vu- .X X Louise Poliquin a adapté au Québec la méthode de créativité d’Arno Stern.(Photo Jacques Grenier) ES dizaines de feuilles à I dessin punaisées au mur, une table-palette avec pinceaux et pots de gouaches de toutes les couleurs.Des rires, des éclats de voix et un incessant va-et-vient d’enfants qui voyagent de la table centrale au mur, pinceau à la main.Il est dix-neuf heures et nous sommes en pleine création à l’atelier de Louise Poliquin.Mais détrompez-vous si vous croyez voir apparaître, sur les feuilles à dessin, la potiche, la nature morte ou bien le voilier que vous peigniez, assis à votre pupitre, « en silence » et souvent malheureux d’avoir à reproduire ces thèmes imposés qui vous inspiraient si peu! Vous ne verrez pas non plus le château de Barbe-Bleue ni le coursier blanc du Prince Vaillant.Presque pas de cowboys ni d’indiens.Astronautes et soucoupes volantes les ont remplacés car c’est avec des thèmes tirés du monde extraterrestre que les garçons de huit/dix ans expriment maintenant leur çout de l’action.Sur la feuille a dessin des filles de cet âge, le Prince Char- mant revient moins souvent que dans le temps de maman mais il y pointe encore son nez tandis que tous les animaux de la ferme et de la forêt, qui naissent sous leur pinceau, projettent des fantasmes beaucoup plus poétiques qu’a-venturiers.De leur côté, les adolescents se disent en bandes dessinées alors que les adolescentes font plutôt passer leurs émotions en reproduisant jardins de printemps, cabanes à sucre ou pentes de ski.Enfin, les enfants étant ce qu’ils ont toujours été, Pi-nocchio, clowns et l’étemelle maison-arbre-soleil semblent demeurer les sujets de prédilection des tout-petits.Non, ce ne sont pas là des statistiques tirées d’un froid document gouvernemental mais le constat amoureux de Louise Poliquin qui, depuis vingt ans, met toute son énergie non pas à enseigner l’Art mais à « éduquer par l’Art ».Situés à Outremont, « Les Ateliers Louise Poliquin » reçoivent, par semaine, une soixante d’enfants de quatre à seize ans qui viennent s’exprimer en Arts plastiques.Atelier de peinture mais aussi d’expression graphique, ce lieu privilégié permet à l’enfant non seulement d’explorer divers matériaux — tels le crayon, la plume feutre, la gouache, la terre à modeler, la plasticine et la gravure sur linoléum — mais surtout de rêver les mots et les images, de les créer verbalement et graphiquement: « Fournir cette opportunité à l’enfant, c’est aussi se donner et lui donner un immense plaisir », confie Louise Poliquin qui, dans les années soixante, a adapté au Québec la méthode européenne d’Amo Stem, le maître de l’expression libre chez les enfants en atelier privé: « Une méthode qui exige ses propres cadres mais dans lesquels les enfants fonctionnent admirablement bien », dit-elle en précisant que cette technique n’est pas nécessairement une technique pour apprendre à dessiner mais pour apprendre à s’exprimer: « Plus les enfants s’expriment, plus ils sont en face de leur propre expression.Chez nous, mes assistants et moi-méme les amenons à désirer aller plus loin, à prendre des décisions et à dépasser leurs limites.Je ne dirais pas que nos sessions de peinture sont une thérapie pour l’enfant mais l’ateuer lui offre sûrement un milieu de vie très personnalisé et sécurisant, un milieu qui porte sa propre dynamique.« On devrait appliquer à l’univers de la poésie, de la forme, de l’espace et de la couleur le « Laissez-les vivre » des panneaux publicitaires! » me dit Louise Poliquin avec ce ton enflammé ou percent toute sa passion du metier et son attachement viscéral au monde de l’enfant dans lequel elle évolue comme un poisson dans l’eau: « Ce sont eux qui savent vivre, pas nous », lancera-t-elle en avouant avec un sourire complice que toute une partie d’elle-meme est restée « bien enfant ».Louise Poliquin qui a également conçu la série télévisée « Passe-Partout », a toujours été fascinée par la liberté d’expression des tout-petits, passionnée par les Arts plastiques chez les enfants.Selon elle, s'exprimer est aussi essentiel à l’être humain que respirer et elle croit que les Arts plastiques sont peut-être le moyen d'expression qui soit le plus à la portée de tout le monde: « Le langage renferme très souvent des barrières que ne comporte pas l’expression graphique.Si on n’était plus conscient que chaque trait que trace le tout-petit devient une expression Suit* i la pag* auivant* > 4 Il ¦ Le Devoir, mardi 24 avril 1979 le 8e Salon du livre de Québec r Michèle Jean Suite de la page couverture moment-là, leur rôle de mère était d’une certaine façon contraignant étant donné qu’il n’y avait rien dans la société qui pouvait leur faciliter le travail à l’extérieur.En termes d’idéologie égalitaire, les femmes voulaient prouver ?iu’elles étaient capables de aire les mêmes choses que les hommes, de s’adapter aux mêmes horaires, que ce n’était pas parce qu’elles étaient des épouses, des mères, qu’elles ne pouvaient pas, elle aussi, travailler.C’était l’époque où l’on entendait des réflexions du genre: « Ou tu te maries et tu élèves des enfants ou tu restes célibataire et tu fais carrière ».C’était la dichotomie.Par contre, il y a des femmes oui commençaient à se dire: « N’y aurait-il pas moyen de conci- lier les l pas moyei deux?» M; ais la réfle- xion n’était pas poussée beaucoup plus loin.A cette époque-là comme aujourd’hui encore, il y a des femmes oui ne veulent pas avoir d’enfants parce que c est trop compliqué, parce que la société ne leur permet pas d’en avoir.Dans les dernières années, il y a des femmes, mais aussi des hommes et des couples qui ne veulent pas d’enfants estimant que le monde n’est pas drôle pour eux, qu’il n’a rien de bon à leur offrir.Ce ne sont pas forcément des féministes, mais des femmes qui carrément décident de ne pas avoir d’enfants pour de multiples raisons dont celle d’une société pourrie.Dans la nouvelle pensée féministe, particulièrement la pensée féministe radicale, les femmes associent les enfants à leurs luttes en ce sens que les enfants sont identifiés eux aussi à un groupe opprimé, d’une certaine façon, victime poi Mil Place de l'enfant Suite de la page ^ouverture ?e travaillent à changer la société résente et, en premier lieu, les femmes — celles qui ont une conscience aiguë que les choses ne peuvent plus durer comme elles sont présentement — les féministes notamment qui sont un agent important de changement dans le monde actuel.Nous avons demandé à deux d’entre elles comment la lutte des femmes qui en est une de libération, intégrait l’enfant à ses préoccupations.Celui-ci ne risquait-il pas en effet de se retrouver assis entre deux chaises: éloigné de sa mère qui cherche à prendre ses distances vis-à-vis la maternité perçue souvent comme une entrave à son émancipation, et de son père — éloignement traditionnel — qui ne se rapprocherait pas suffisamment et assez vite de lui.N’est-on pas en train de « sacrifier » deux ou trois générations d'enfants parce que les hommes et les femmes ne savent plus comment identifier leurs rôles et leurs responsabilités dans cette société qui se veut « égalitaire » et nivelleu-se?de la société patriarcale.On pourrait citer oe grandes féministes comme Snulamith Firestone qui écrit dans La dialectique des sexes: » Il nous sera impossible de parler de la libération des femmes sans envisager aussi celle des enfants et inversement ».On ourrait citer aussi Juliet tchell qui, dans L’âge de femme écrit, à propos de la fonction de reproduction de la femme: « Il existe peu d’aventures aussi fragiles sur lesquelles on bâtit toute une vie ».C’est une erreur, affirme Michèle Jean, de penser que les femmes rejettent.les enfants.Bien sûr, étant donné que la fonction de reproduction a été leur fonction principale, les enfants ont été associés à leurs luttes.Quand un groupe prend conscience d’une certaine oppression, comme les travailleurs par exemple, que font-ils?Comme moyen de pression, ils se servent de la grève.Mais quand les femmes parlent de faire la grève, tout de suite on dit: « Ce sont de mauvaises mères » ou « Les féministes rejettent leurs enfants ».Ça leur est très difficile d’articuler une lutte pour demander qu’on leur permette d’être des mères.On peut dire, dans une problématique de lutte, comme l’ont fait les femmes en Grèce, qui refusaient leurs maris parce qu’elles ne voulaient plus qu’ils fassent la guerre: « Si on n’a pas telles ou telles conditions, c’est im- possible pour nous d’avoir des enfants », mais ce n’est pas parce que les femmes n'aiment pas les enfants ou les rejettent.C’est toujours difficile pour les femmes d’articuler des luttes qui ressemblent aux luttes des opprimés ou des groupes minoritaires parce qu’il leur faut refuser certaines choses.Elles sont coincées.Si on regarde ce que les femmes réclament actuellement, la plupart de leurs demandes tournent autour du fait qu’on leur permette d’être des mères tout en ayant une fonction sociale, de se réaliser tout en ayant des enfants.Que demandent-elles?Des garderies, des congés de maternité, des heures de travail moins longues et mieux réparties, etc.Pourquoi réclameraient-elles cela si elles ne voulaient pas d’enfants.Le fait d’assumer la reproduction, c’est cela qui a empêché leur participation sociale.De plus en plus de femmes, au début de la trentaine, décident d’avoir des enfants et de les élever seules.Globalement, c’est le pouvoir patriarcal, la famille patriarcale, le mariage patriarcal qu’elles rejettent.Elles ne veulent plus de cela.C’est de nouveau la preuve que les femmes ne rejettent pas les enfants.Au contraire.Qu’une femme prenne cette décision, ça peut etre triste sur le plan individuel, mais globalement, ça remet drôlement l’homme en question.Il doit s’interroger et se demander comment il se fait qu’on le rejette, lui?Au moment où les femmes restaient à la maison tout le temps et élevaient les enfants, très souvent, le père n’était pas là.Cela a été un des reproches majeurs qu’on leur a fait dans la société québécoise.Quand on lit romans, essais, thèses, analyses, partout on déplore l’abasence du père.Ça finit par se payer.Le féminisme, c’est peut-être l’idéologie la plus bouleversante pour la société parce qu’il remet tout en question: les normes du monde du travail, la culture, etc.De plus en plus, les hommes en prennent conscience: Lévesque l’a souligné dans son discours à l’ouverture de la session, Marcuse, Galbraith, Grandmai-son, Tourenne l’ont aussi affirmé.Les féministes n’attendent pas une nouvelle société; elles travaillent pour l’obtenir et essaient de voir ce qu’elle pourrait être.Il ne s'agit pas de réintégrer l’enfant, il a toujours été là et est encore là.Il n’est pas sorti de la société.L’enfant est associé au projet féministe.« Dans tous les programmes pour une révolution féministe, il nous faut tenir compte de l’asservissement des enfants », écrit Shulamith Firestone qui dit aussi: « Il n’y a pas encore d’enfants capables d’écrire leur propre livre et de raconter leur propre histoire.Nous devrons une dernière fois le faire pour eux.» Louise Poliquin Suite de la page précédente de ce qu’il est, je pense qu’on attacherait beaucoup plus d’importance aux Arts plasti- ?|ues et qu’on lancerait Tenant à fond de train dans ce domaine dès la petite enfance! « Il faut beaucoup de sécurité en soi pour peindre et on trouve ça chez les petits de quatre/cinq ans, alors qu’ils ne sont pas encore brimés par l’école.Ces enfants ne dessinent pas, ils peignent! Os vont dessiner sur un papier avec un crayon mais quana ils arrivent à la gouache, ils peignent et, petit a petit, ils raffinent leur peinture et parviennent à exprimer beaucoup de formes très précises avec leur pinceau.Seulement, à l’âge de la grande maternelle puis de Té-cole, les stéréotypes s’installent et l’enfant se retrouye encadré.Jusqu’à dix ans cependant l’atelier arrive à contrer cette influence.Durant les deux heures par semaine que l’enfant y passe, je sens qu’il répond vraiment a la méthode.« Pour moi, Tâge d’or de la création, c’est entre six et dix ans.Ce sont là des groupes extraordinaires, les plus spon-tannés! L’enfant n’est pas encore pris par la troisième dimension et il n’est pas rendu Denise Boucher c ¦ : ««ocèocoJfr# PÉOéGOGiE OUVBrtï wrrmm 4 numéros par année PÉDAGOGIE OUVERTE Une revue pour tous les éducateurs publiée par les EDITIONS N.H.P.Les numéros des années précédentes sont disponibles.Abonnement: $8.00 SOMMAIRE DU DERNIER NUMÉRO: Le retour en arrière en éducation.par Claude Paquette Quelques comparaisons entre le développement du langage et l’apprentissage de la lecture.par Sara W.Lundsteen Les modèles en éducation.par Yves Bertrand BON DE COMMANDE Je désire souscrire .(abonnements) à la revue Pédagogie ouverte.Ci-joint la somme de$.à l’ordre deGREI/N.H.P.Nom:.Adresse:.Retourner é: LES ÉDITIONS NHP C.P.S90 VICTORIAVILLE P.Q.G6P 6V7 (819-357-7171) Suite de la page couverture compenser et essayer de raccrocher ensemble amour et fusion.Les femmes ont fait tellement de culpabilité face à cette responsabilité épouvantable qu’est ce premier amour qu’elles ont souvent embrouillé terriblement les relations avec leurs enfants.Les hommes ne vivent pas avec ce noeud de culpabilité au fond du coeur et ont souvent des relations beaucoup plus faciles avec les enfants.Les femmes aujourd’hui se demandent pourquoi elles devraient être seules à porter ces responsabilités.Il ne semble pas concevable que les hommes soient à ce point absents! » , « On ne cherche pas à réintégrer l’enfant dans une so- ciété nouvelle.L’enfant n’a sa place nulle part ni dans la société présente ni dans celle que les marginaux — les changements d’une société passent toujours par les marginaux — essaient de créer.L’Année internationale de l’enfant, c’est un vaste programme d’infantilisation de l’enfant, de dirigisme outré face à l’enfant.L’enfant n’a pas de parole, ne s’exprime pas du tout là-dedans.Les enfants n’existent d’ailleurs pas par eux-mêmes, ils sont gâtés par la société de consommation au point d’être eux-mêmes des éléments de consommation quand ils ne sont pas les bouc-émissaires des parents.On infantilise les enfants mais on les vieillardise également.Je suis fatiguée de voir des bébés avec des « attaché-case » dans le cou.On ne donne pas aux enfants le droit de vivre leur enfance ».« Les marginaux sont ceux qui ont le gout de la liberté, de Tamour.Ce sont ceux qui substituent le rôle de parents-police, de gardiens de la loi et de Tordre, à celui d’amoureux.Ils lèvent l’interdit sur le lien amoureux que les gens n’ont pas le droit de cultiver et d’afficher dans notre société, {tas plus entre adultes qu’avec es enfants.Ce n’est pas vrai que le monde moderne est libérateur.La sécurité émotive n’est pas assurée davantage aujourd’hui qu’elle Tétait avant.Le port du bikini n’a pas libéré le corps des femmes.Le moi reste toujours aussi enfoui et invivable qu’autrefois.La poésie est considérée comme révolutionnaire et est interdite parce que précisément elle est Texpression du moi.» « Un certain féminisme d’appoint passe par le rejet de Thomme, jugé nécessaire momentanément, mais la femme ne pourra par rejeter son fils parce que c’est par lui qu’elle pourra refaire la société.La femme devra aussi assumer sa relation avec sa fille, redonner une intensité à cette relation.L’insistance que la psychanalyse a mise sur le complexe d’Oedipe a rejeté dans Tombre l’importance de la relation mère-fille qui elle aussi est à rebâtir pour que la société continue.» a II va falloir pratiquer Tari de s’effacer devant les enfants, être à l’écoute pour une fois au lieu de forcer continuellement leur soumission.Il faudrait au fond que l’enfant soit essentiellement désobéissant.» Des relations à réinventer par Angèle Dagenais EN s’inspirant de la littérature féministe existante on peut essayer de pousser encore plus loin la réflexion sur les relations parents - enfants - société à réinventer.Margaret Mead insiste sur l’importance de tirer parti de la différence et de la complémentarité des sexes dans une société et non sur le seul nivellement: « .dans la mesure où un sexe est désavantagé, toute la civilisation S SE POUR ENFANTS 0LE PRÉSENT D’ACABAR Og Mandino et Buddy Kaye Un grand livre pour tous les âges! Un motif de recherche pour les vraies richesses de la vie avec sa saine philosophie individuelle.g -g 130 pages O.SD B POUR L'AMOUR DE BENJI par I.F.Love L extraordinaire aventure d un gentil petit chien qui deviendra un héros américain L'histoire est accompagnée de 16 pages de photos en couleurs, tirée du film de Joe CamP SC QC 144 pages *1.30 HI LE DIVORCE EXPLIQUÉ AUX L—J FILLES ET AUX GARÇONS par Richard A.Gardner, M.O.Un volume avec de nombreuses illustrations qui.permet à l'enfant de se situer et de vérifier son vécu face aux méandres que vivent les parents en instance de divorce 160 pages *6.95 EXPÉDIEZ MOI LES NUMÉRO^ ÉDITIONS SÉLECT 1555 ouest, rue de Louvain Montréal, Québec H4N1G6 Tél.: 387-6268 m POUR ADULTES LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR par Colleen McCullough Un livre-évènement qui rayonne au delà de toutes les frontières et comble de bonheur des millions de lecteurs et lectrices.542 pages *11.95 S LES PASSAGES DE LA VIE par Gall Sheehy Ceci est l’histoire de votre vie.Ce qui est raconté, décrit, vous l'avez vécu ou vous allez le vivre.320 pages *7.95 S FÉDORA par ThomaaTryon Projetant en gros plan le vieux mythe hollywoodien de la star, ce Roman est le triomphe de l'histoire à suspens, du récit vertigineux qui captive et emporte ses lecteurs.480 pages *9.95 ENCERCLÉS 1-2-3-4-5-6 24-04-790 Ci-joint DchèqueS.?mandat de poste (pasdeP.S.L.) Nom.Adresse.Ville .Code.(N’oubHdx pat s« pottile 250, Succursale N, Montréal, H2X 3M4 Québec.A A le 8e Salon du livre de Québec Le Devoir, mardi 24 avril 1979 ¦III Le chantage F amour LE dernier film d’André Mélançon, Les Vrais Perdants, décrit une situation pourtant fréquente niais dont on n’avait guère songé à s’inquiéter jusqu’alors.Il s’agit de ces parents qui, animés des meilleures intentions du monde, poussent très fort leurs enfants à la compétition.Et ce dressage est souvent si exigeant — en hockey, en gymnastique et en par Francine Laurendeau piano — qu’on en vient à se demander avec inquiétude si les parents n’abusent pas du pouvoir autoritaire dont la tradition les a nantis.Si quelqu’un risque de s’être posé cette question, c’est bien le cinéaste André Mélançon.Quand je l’ai rencontré, il terminait le montage d’une série sur les enfants: La parole aux enfants.— Se demander au- jourd'hui si les enfants sont exploités, cela paraît anachronique, cela évoque des images d'un autre âge: les petits esclaves noirs des plantations, les enfants qui travaillent dans les mines.— « Il y a cent ans, cette exploitation des enfants n’était pas perçue comme scandaleuse.Elle faisait partie d’une exploitation plus vaste: le rapport colonialiste qui liait le planteur et ses esclaves, le propriétaire de la mine et ses ouvriers.Il n’y a plus d’esclaves et les luttes ouvrières ont supprimé les injustices les plus criantes, à commencer par le travail des enfants.Au rapport colonialiste de naguère s’est substitué un nouveau rapport, un rapport de condescendance.Comme l’écrit Christiane Rochefort dans Les enfants d'abord, l’adulte a toujours parlé pour l’enfant, comme l’homme parle pour la femme, le blanc pour le noir, c’est-à-dire de l’extérieur et de haut.» — Mais dans ce rapport parents-enfants, il y a aussi une autre dimension, celle de l’affection.— « La dimension de l’affection, de l’amour, de la joie, de la tendresse, des choses très belles.Et c’est justement ce qui rend ce rapport de condescendance plus subtil, plus pervers qu’un rapport franchement colonialiste.C'est parce qu’ils aiment leurs enfants que ces parents veulent les intégrer au système, les faire entrer dans les cadres questions, dit-elle, ne nous donnez pas les réponses.Essayez plutôt de nous écouter.» Et si nous nous mettions à écouter les enfants.Nous ne l’avons jamais fait.Muni du conseil d’Elisabeth, je me suis lancé dans un nouveau projet: La parole aux enfants.Il s’agit d’environ quarante-cinq films de deux à quatre minutes chacun que Radio-Canada a déjà commencé à diffuser comme interludes.J’ai choisi vingt-et-un enfants et je leur ai demandé ce qu’ils pensaient sur toutes sortes de sujets, les voyages, les jouets, les bonbons, la famille, l’école, la guerre, le divorce, l’amour, la mort.Le résultat est éton- nant.Des témoignages drôles, émouvants, inquiétants, qui nous surprennent parce quils révèlent une vision originale de monde.Ça stimule, ça désarçonne aussi.Mais surtout, j’ai découvert qu'on ne sait pas, qu’on ne veut pas écouter les enfants.Par exemple, on n'accepte pas qu'un enfant prenne le temps de réfléchir avant de répondre.Pour un cinéaste, c'est ennuyeux de filmer un silence, on sent la pellicule qui passe.Pour tout adulte, c’est très tentant de suggérer des mots, de souffler une réponse.« Respecter l'enfant, écouter l’enfant, c’est peut-être le début de la solution.» Dessin d’enfant des Ateliers Louise Poliquin d’une société fondée sur le rendement.C’est parce qu’ils aiment leurs enfants qu’ils exploitent, littéralement, leurs talents.À la limite, ça donne un sportif qui est fini à vingt-cinq ans parce qu’il ne sait rien faire d’autre.Un monstre.» — Pourtant, il faudra toujours que quelqu’un exerce une quelconque autorité sur les enfants.Les enfants ont besoin des adultes, pour subsister d’abord, et ensuite pour apprendre d voler de leurs propres ailes.— « Pourquoi ne pas remettre carrément en cause cette notion même d’autorité?Gérard Mendel l'a fait dans un petit livre passionnant qui s'intitule Pour décoloniser l'enfant (Petite Bibliothèque Payot).C’est une sociopsycna- nalyse de l’Autorité qui dénonce la situation actuelle: l’enfant n’appartient en réalité ni à sa famille ni à l’État mais à soi-même.Mendel étudie le phénomène de l’autorité dans l’histoire de l’homme et il conclut que l’autorité n’est jamais que le masque mystifiant de la violence puisque sa transgression comporte nécessairement des sanctions (pensons à l’autorité d’un Pinochet).L’autorité doit également s’environner de mystère.« Le prestige ne peut aller sans mystère, car on révère peu ce qu’on connaît trop bien.Tous les cultes ont leur tabernacle et il n’y a pas de grand homme pour ses domestiques » écrivait De Gaulle dans Le Fil de l'Épée.L’autorité des parents s’asseoit sur la dépendance psychoaffective de l’enfant: « Si tu ne fais pas ceci, je ne t’aime- rai plus.Si tu fais cela, je t’aimerai davantage.» La meilleure tactique pour obtenir la soumission de l’enfant, ce n’est pas la violence.C’est le chantage à l’amour.« Cette théorie de Gérard Mendel, que j’ai résumée bien grossièrement, est parfaitement corroborée par mon film Les Vrais Perdants.Mon obsession: trouver des façons d’encadrer le développement de l’enfant sans nier son autonomie.» — Si l'enfant n’appartient ni d ses parents ni d l’État, si le rapport actuel d’autorité doit être repensé, de quel côté chercher la solution?— « Je n’ai pas de réponse.Mais dans Les Vrais Perdants, la jeune Elisabeth nous donne un sérieux indice: « Quand vous nous posez des LES ÉDITIONS N.H.P.Choix de titres PAQUETTE, Claude.$12.50 Vers une pratique de la pédagogie ouverte.PAQUETTE, Claude.$ 5.95 Techniques sociométriques et pratique pédagogique.PARE, André.$39.75 Créativité et pédagogie ouverte.3 Tomes Tome 1 $13.25 Pédagogie encyclopédique et pédagogie ouverte.Tome 2 $13.25 Créativité et apprentissage.Tome 3 $13.25 Organisation de la classe et intervention pédagogique.ANGERS, Pierre.$12.50 Ecole et Innovation.BROUILLET, Yves.$ 4.00 Plans d’études et pédagogie ouverte.Revue Pédagogie ouverte, $ 8.00 4 numéros par année.— .i ____ ___ BON DE COMMANDE Titre (s): Ci-joint la somme de (à l’ordre de GREI/N H P Inc ) NOM: ADRESSE: RETOURNERA: LES ÉDITIONS NHP C.P.590 Victoriaville P.Qué.G6P 6V7 Tél.: 357-7171 (819) J 235 est, boul.Dorchester Montréal, Québec H2X 1N9 (514)861-9621 Les cartes de credit Master Charge et Chargex sont acceptées.Venez nous rencontrer! Salon International du Livre de Québec Du 24 au 29 avril Nouveautés ALEXANDRE ET LES PRISONNIERS DES CAVERNES Guy ' Boulizon-ANIMAUX, PARENTS ET PETITS, David Roberts et J^annie Henno-ARBRES INDIGENES DU CANADA R.C.Hosie - AUTRES FLEURS DE GEL Camille Laverctière - CARNET DU SOIR INTERIEUR II Mgr.Félix-Antoine Savard - DIEU PAROLE ET SILENCE - ÉLISE ET L’ONCLE RICHE Henriette Major-J’AITANTCHERCHE LE SOLEIL - André Beauchamp -L’EGLISE DE RIMOUSKI DANS UN CONTEXTE DE DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Monique Dumais- L’ENFANT PERDU ET RETROUVÉ OU PIERRE CHO-LÇT- Jean-Baptiste Proulx- LA PENETRATION DU CONTINENT AMERICAIN PAR LES CANADIENS FRANÇAIS Benoît Brouillette - LA PEtlTE FILLE DU PRINTEMPS Monique Corri-^ ve^u - LA PSYCHOLOGIE AU SECOURS DU CONSOMMATEUR Jacques Castonguay- LE CHAS DE L’AIGUILLE Bernadette Corriveau- LE COEUR EN PRIÈRE Marcel-Marie Desmarais-LE DROIT PES PEUPLES À LEUR IDENTITE Pierre Charrit-ton- LE RÉFÉRENDUM UN ENJEU COLLECTIF Rodrigue Bélanger - LE WAPITI Monique Corriveau - LES COLLÈGES CLASSIQUES AU CANADA FRANÇAIS Claude Galarneau -LES CÔNCILES PROVINCIAUX DE QUÉBEC ET L’EGLISE CANADIENNE Jacques Grisé -MAURICE DUPLESSIS ET SON TEMPS I fT II Robert Rumilly-PAR-DELA LE GESTE ET LE MOT Claire Silvera-Rochon -PLANTES SAUVAGES DES VILLES ET DES CHAMPS Le groupe Fleurbec- TROIS-RIVIERES DISPARUE OU PRESQUE Raymonde Gauthier - TRUDEAU George Radwanski . Le Devoir, mardi 24 avril 1979 le 8e Salon du livre de Québec Pourquoi j’aime la lecture LORSQUE l’après-midi je choisis un livre sur l’étagère, je recherche ouel-aue chose en particulier.Après avoir terminé ce livre, je veux être différent, je veux me sentir autrement.Je recherche beaucoup plus dans un ouvrage que l’on ne pourrait le penser.En premier lieu, je vise le divertissement.Avant quoi que ce soit, je suis attiré par le plaisir de lire, par la sensation de m’évader par la fenêtre de l’aventure et du rêve.Ma crise de romans d’Agatha Christie ou de Maurice Leblanc reflète bien ce fait.Après cette première étape, je plonge dans le contenu et j’en tire le maximum d’idées, de pensées ou de principes moraux que chacun interprète différemment.Ici, je songe aux oeuvres de Saint-Exupéry, Jean-Jacoues Rousseau ou même Voltaire.Il est possible que je sois à la recherche de moi-même et L’Orchestre Symphonique de Québec accompagnait, au début d’avril, environ 1,300 élèves de la Commission scolaire de Sainte-Foy venus interpréter à la flûte le thème de la Neuvième Symphonie de Beethoven et un air de folklore écossais.Une jeune élève, Marie-Hélène Risi, âgée de 10 ans, rend compte de son expérience et de sa participation à cet événement spectaculaire.(Photo André Boucher) À l’OSQ: 1,300 flûtistes! Et! Oui je vous le dit, 1,300 élèves ont fait renaître la 9e Symphonie de Beethoven dans le coeur de l’Orchestre simphonic et de Mario Ducnène.C’était épattant, c’était tellement réussi que tous ceux qui étaient venus avaient la larme aux yeux.Les professeurs sont si gentils de nous avoir appris la flûte alto et soprano que je ne sais comment les remercier.Nous avons beaucoup appréciés cette heure que nous avons tant attendu et pratiquée.Tout le monde pensait que ce serait des petites chansons régulières mais ils furent étonnées car ce fût joli et apprécié par les parents étant venus.Et je n’oublie pas de remercier les musiciens de nous avoir accompagnés.Merci à tous! Merci mille fois! Marie-Hélène RISI, i, >m Ce» f&: Dessin d’enfant des Ateliers Louise Poliquin là, je retrouverai (dans) un univers décrit en détails pouvant me révéler mon ego.Dans les livres spécialisés en psychologie et dans les essais philosophiques, je tenterai de mieux me connaître et je pourrai peut-être résoudre certains problèmes individuels auxquels tôt ou tard je serai assujetti.Le quatrième élément que j’aime approfondir est ma connaissance de l’auteur.C’est ce qui m’est arrivé avec Kafka et Gide.La curiosité m’a poussé à lire Le Procès, La muraille de Chine et Isabelle.Un autre objectif consiste en l’information.Je recherche une culture générale, une conscience des moeurs des diverses sociétés environnantes, étrangères ou archaïques.L’histoire, les événements de l’actualité m’intéressent énormément, tels les romans de Zola ou les essais de Jean-Jacques Srevan Schreiber.Il existe aussi une certaine forme d’information qui est l’enrichissement du répertoire de mon vocabulaire.Et selon moi, il est une notion impossible à omettre: le désir de la contemplation et de la beauté qui varie selon mon humeur.Musset ou Villon m’attirent beaucoup lorsque je m’ennuie.Le dernier aspect de mon exploration quand j’ouvre un livre est sans contredit la libération de mon esprit, l’oubli de mon existence sur terre qui est plus qu’un simple divertissement.Quand j’ai lu Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, une sensation étrange se produisit: je ne vivais plus un jour après l’autre pendant les trois semaines consacrées à cette oeuvre gigantesque.En résumé, un livre nourrit l’esprit, le transforme et ce qui m’exalte c’est d’y découvrir le changement, les perceptions differentes des etres et des choses.Comme Ta dit Montesquieu, si je ne me trompe: « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipée ».Laurent DESBOIS, étudiant.Amtmann, Bernard.Livres de l’enfance & livres de la Jeunesse au Canada, 1763-1840.Étude bibliographique.Montréal, 1976 $35.00 Amtmann, Bernard.Livres de l’enfance & livres de la Jeunesse au Canada, 1841-1867.Étude bibliographique.Montréal, 1977.$25.00 Veuillez adresser vos commandes i Bernard Amtmann Inc.1529 ru« Sherbrooke ouest Tel.935-2262 Marcel Bélanger Roland Bourneuf SAISONS SAUVAGES PASSAGE GE L’OMBRE poème proses Édition de luxe 56 pages $8.00 Dessins de l’auteur 65 pages $4.50 Marcel Bélanger André Berthiaume FRAGMENTS PANIQUES LE MOT POUR VIVRE nouvelles proses 95 pages $4.50 Co-éditeur: Parti Pris 212 pages $6.50 Marcel Bélanger À paraître INFRANOIR Fernand Ouellette poèmes A DÉCOUVERT Co-éditeur: L’Hexagone 70 pages $3.75 poèmes Les éditions il vous présentent LA GRANDE DAME DU THÉÂTRE QUÉBÉCOIS Nlchekn» U France Je suis vivante Voilà rtmage $9.95 240 pages Phis de 20 Illustrations 'f VIENT DE PARAiTftE «Jfc: WWwton Fnnca-Amértqy*, (SU) $31-9507 Disponible dtns tout» bonne llbtelrle BON DE COMMANDE Vaut pouvez recevoir ce livre chez vous, en postent ce coupon.Nous essumons tous les Irais d'envol eu Canada.Nom.Adresse.Cl-|olnt la somma da.G chSqua r mandat LES ÉDITIONS SCRIPTOMEDIA INC.mi, Alaaandra - Da Sèva Montréal, Qua.H2L 2T7 (514) 522.1601 V Les Editions du Jour des livres pour aider les parents.La sexualité expliquée aux enfants par Françoise Cholette-Pérusse, L.Ph ; L.Ps $4.50 Psychologie de l’enfant, de zéro à dix ans par Françoise Cholette-Pérusse, L.Ph ; L.Ps $4.50 Psychologie de l’adolescent de 10 à 25 ans par Françoise Cholette-Pérusse, L.Ph; Ph.L.Ps $4.95 Éiilli Parents efficaces par Dr.Thomas Gordon $9.95 .et pour distraire les enfants 4*- Raminagradu, histoires ordinaires pour enfants extraordinaires par Louise Aylwin $4.50 )v, Jean ftmtj M*rto Uicikn ________ Les mammifères canadiens par Jean Pierre Marie et Lucien Bourassa EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES ET DÉPOSITAIRES $4.95 LES ÉDITIONS DU JOUR 5705 est rue Sherbrooke, Montréal HI N 1A7 Si vous désirez obtenir un ou plusieurs de ces volumes, prière de remplir la formule ci-dessous et la retourner avec votre chèque ou mandat-poste ?La sexualité expliquée aux enfants $4.50 ?Psychologie de l’entant $4.50 Nom Adresse Ville .BO 115 ?Psychologie de l’adolescent $4.95 ?Parents efficaces $9.95 ?Raminagradu $4.50 ?Les mammitères canadiens $4.95 Code posiai TOTAL $ 9 Le Devoir, mardi 24 avril 1979 ¦ V le 8e Salon du livre de Québec Au royaume fabuleux des mots Dessin d'enfant des Ateliers Louise Poliquin .AMAN, Papa, dodo, nounours.» Les enfants découvrent très vite la magie de la parole.Ils sont fascinés par ces sonorités tantôt soyeuses, tantôt râpeuses, oui collent étrangement aux cnoses.En nommant leur univers, ils ont conscience d’en prendre possession.Ce goût inné pour les mots, ce penchant naturel pour l’expression doivent à tout rix être cultivés.Ils sont à la ase de la lecture, de la communication et de la création.Certes, tous les livres contribuent plus ou moins à développer les ressources verbales de l’enfant.Mais certains servent spécifiquement à l’acquisition du vocabulaire, point de départ de tout le reste.Ces livres, assez répandus dans les écoles, sont malheureusement méconnus du grand public.Ils sont pourtant en vente dans la plupart des librairies.Achetez-en à vos enfants et donnez-vous la peine de les lire avec eux.Votre argent et votre temps seront bien employés.On peut distinguer trois groupes d’âge auxquels s’adressent les dictionnaires et les albums de vocabulaire pour enfants.De 1 à 4 ans, donc avant l’apprentissage de la lecture, il s’agit surtout de présenter des images accompagnées de mots isolés que le parent lira et expliquera.C’est aussi l’âge où on découvre l’alphabet, grâce aux abécédaires.Les petits de 5 à 8 ans s’initient à des notions plus complexes, au maniement des mots-outils (prépositions, pronoms, etc.) et aux associations de termes au moyen de dictionnaires expliquant les mots uniquement par l’exemple.De 9 à 12 ans, le vocabulaire continue de s’enrichir; les définitions deviennent plus rigoureuses, quoique toujours fondées sur l’exemple: c’est l’étape du premier vrai diction- par Paul Morisset naire de langue.Evidemment, ce découpage est un peu artificiel.L’enfant peut être plus ou moins éveillé selon son milieu social et ses capacités individuelles.Si vous hésitez entre deux livres de niveaux voisins, prenez plutôt le plus avancé: les petits vieillissent si vite! Du reste, certains ouvrages sont conçus pour servir à plus d’un niveau.Les livres pour enfants, comme tout le reste, sont de plus en plus chers.Avant de vous engager dans une série d’achats, faites un tour à votre bibliothèque municipale.Vous pourrez ainsi « tester » certains livres gratuitement avant de les acheter.Voyez également ce qu’utilise l’école de votre enfant.A l’heure actuelle, presque tous les dictionnaires et albums de vocabulaire pour jeunes nous viennent d’Europe sans aucune forme d’adaptation.Ils reflètent donc un mode de vie assez différent du nôtre, jusque dans les réalités quotidiennes les plus courantes.Quoi qu'on fasse, l’enfant québécois ne s’identifie pas complètement à cet univers et son apprentissage s’en ressent à coup sûr.Que doit faire le parent québécois devant l’illustration d’une tuque avec la mention « bonnet » ou celle de mitaines avec la mention « moufles » (les cas semblables sont nombreux)?A moins d’être bien décidé à adopter lui-même ces termes du français « standard », le parent devrait enseigner à son petit les mots réellement employés dans sa famille.Plus tard, quand le risque de confusion sera passé, l’enfant pourra être sensibilisé aux différences d’usage de part et d’autre de l’Atlantique.Cela dit, les librairies offrent un bon choix de livres pour l'apprentissage des mots.En voici un échantillonnage.De 1 à 4 ans m Mon premier alphabet, Drôle d’alphabet et L’Alphabet fou d’Agnès Ro-senstiehl (Larousse, $10.65 chacun) Trois petits chefs-d’œuvre du genre.Introduisent l’enfant dans l’univers de l’alphabet au moyen d’images, de mots, puis de comptines.(Les comptines stimulent immanquablement la curiosité linguistique des petits.) Illustrations de qualité exceptionnelle, très attirantes pour l’enfant, dont le sens de l’observation est ainsi aiguisé.Le seul « défaut » de ces albums: leur prix.¦ L’Imagier du père Castor (Flammarion) en 12 petits livrets sur la maison, les animaux, etc.($1.95 chacun) ou 1 volume de format maniable ($13.50).Illustrations sobres et réalistes, avec pour chacune le terme correspondant.Formule populaire, réalisée avec un soin évident.Très bon pour développer le vocabulaire, à condition de faire les « ajustements » nécessaires au contexte nord-américain.¦ L'Imagier de la maison (Hachette, $5.50) Un album de prix très abordable.Bon choix d’environ 200 ter- mes désignant les objets usuels de Ta maison avec illustrations réalistes.Une faiblesse: l’utilisation de l’écriture script italique au lieu des caractères d’imprimerie.De 4 à 8 ans m Dictionnaire des mots, des phrases, des images, d’Aimé Gabillon (E-ditions RST, $9.95) Grand album bien conçu.Présente un millier des termes les plus élémentaires.Une illustration claire pour chacun, avec une courte phrase servant à la fois d’exemple et de définition.Nombreux mots-outils.¦ Dictionnaire illustré, de Richard Scarry (Editions RST, $11.50) Beaucoup de mots (1,500) mais un choix peu rigoureux.800 illustrations des populaires « animaux habillés » de Scarry.L’enfant voit mal où finit la réalité et où commence la fantaisie.Un « dictionnaire » amusant mais de valeur discutable.¦ Le Dictionnaire de Walt Disney (Hachette, $12.25) Mickey et compagnie servis à la sauce lexicographi- ue.Les créations originales e Disney travesties encore une fois à des fins mercantiles.Un album distravant, sans doute, mais peu utile comme outil pédagogique.¦ Les mois de la nature (Hachette.$11.95) Des pages pleines d’images comiques saisissantes.Le jeune lecteur nage dans la fantaisie la plus débridée.et dans la confusion.Trop déroutant comme album de vocabulaire.¦ Images et mots de René Guillot (Larousse, $10.65) Un « vrai » dictionnaire pour enfants, alliant rigoureusement le mot à l’illustration.Présentation quel- ue peu vieillie.Bel exemple e stéréotype à proscrire, le mot Noirs est « défini » comme suit.« Aux grandes fêtes, autour d'un feu, ils dansent au son d'un tam-tam ».¦ Mon Larousse en images, de Marthe Fonteneau (Larousse, $12.35) Un classique du genre dont la popularité ne se dément pas, malgré une présentation démodée remontant aux années 50.Un millier de mots bien choisis expliqués par l’exemple et l’image.Une valeur sûre.¦ Le Larousse des enfants, de Simone Lamblin (Larousse, $27.60) Bel album solide paru l’an dernier.Présentation moderne et aérée, illustrations vivantes, qualité typographique remarquable.Dictionnaire plus avancé que les précédents; mise davantage sur le texte.Les mots de la même famille sont regroupés (accroc, accrocner, accrochage.), selon une pratique désormais généralisée chez Larousse.Excellent outil, mais quel prix! De 8 à 12 ans a Mes 10,000 mots, de Marcel Didier (Beauche-min/Bordas, $7.95) Un ouvrage très bien pensé, à prix abordable.Des illustrations trop rares mais des mots soigneusement expliqués par un exemple suivi d’une définition simple.En marge, des informations complémentaires pour les plus avancés.Un des grands mérites de ce dictionnaire est d 'être adapté au contexte nord-américain.Environ 1/3 des pages de la version originale ont été retouchées à cette fin.¦ Le Nouveau Larousse des débutants (Larousse, $12) Plus complexe que le précédent, présente 16,000 mots par regroupements en signalant synonymes et antonymes.Aide l’enfant à percevoir les associations de termes, expliqués par l’exemple suivi d’une définition en langage simple.Planches en couleur»^ attrayantes.Une bonne adaptation québécoise de cet ouvrage constituerait un excellent outil pour l'enfant de 10 ans ou plus.¦ Le Nouveau Larousse élémentaire (Larousse, $14.95) Version abrégée du Petit Larousse avec des définitions simplifiées et une sec- .tion de noms propres.Partiellement adapté au Québec.Sert à la consultation encyclopédique plutôt qu'à l’apprentissage de la langue.Pour les moins de 13 ans, préférable au Petit Larousse.¦ Le Petit Dictionnaire canadien de la langue ¦ française, de Louis- , Alexandre Bélisle (Bélisle, $2.50) Un prix défiant toute concurrence.Un format fort commode, mais un caractère typographique minuscule.30,000 mots, dont 3,000 canadianismes classés en 3 catégories de façon discutable.Aucune illustration.Section de noms propres canadiens et étrangers.Manque de rigueur lexicographique et pédagogique.Peut être utile aux plus â-gés comme ouvrage complémentaire.A surveiller: la maison d’édition montréalaise « La courte échelle » prépare pour l’automne un abécédaire qui, d’après ceux qui en ont vu les illustrations, sera quelque chose d’« extraordinaire », comparable à ce qui se fait de mieux en Europe ou ailleurs.Une réalisation québécoise qui tombera à point, en cette Année de l’enfant.Une enfance à mieux vivre La naissance par Agnès Rosenstiehl Livre éducatif par excellence, ce merveilleux album pour enfants raconte, par des dessins simples et beaux, les faits et les émotions de la vie amoureuse, depuis la rencontre jusqu’à l’union et la naissance.Un livre qui dit tout, avec les mots de tous les jours.et qui joint l’intelligence du texte à la beauté de l’image.(Ce livre a été traduit en japonais, en hollandais, en anglais et en espagnol.) re de 208 pages $4.95 L’envers de l’enfance par Alice Parizeau Dans l’intimité de logis semblables aux nôtres, des enfants sont battus, privés de nourriture, soumis à des sévices de toutes sortes.D'autres, souvent à cause de problèmes familiaux, deviennent alcooliques, drogués ou voleurs.Alice Parizeau ouvre pour nous dans cet ouvrage le dossier noir de ces énfants du malheur, ceux pour qui cette Année de l'enfant devrait avoir une signification réelle.COMME MIVRi AVEC LES ÎNFANTS pages les éditions la presse E wt; m* wism nNAISSAMi: 46 pages $5.50 *$* >- L’attentat sexuel contre les enfants par le Dr Yves Lamontagne et Me Célyne Lacerte-Lamontagne Rédigé par un psychiatre et une criminaliste, ce livre jette une lumière nouvelle sur le phénomène de l’attentat sexuel contre les enfants.Il définit la pédophilie (amour des enfants), explique le point de vue légal et les sanctions prévues par le Code criminel et renseigne les parents et les éducateurs sur la façon de prévenir ces crimes sordides.Il montre aussi de quelle manière agir avec un enfant qui a été la victime d’un attentat de ce genre pour éviter qu’il en reste traumatisé.^attentat.sexuel contre les marna*.eniams V» pages $4.95 Comment vivre avec les enfants par Gerald R.Patterson et M.Elisabeth Gullion traduit et préfacé par Jean-Marie Boisvert et Gilles Trudel Pour les parents et les éducateurs qui souhaitent orienter les enfants dans une voie positive, ce livre contient un enseignement programmé qui décrit — brièvement et clairement — les principes de l’apprentissage social et leur mise en pratique.Cet ouvrage renferme aussi une analyse des différentes techniques qui modifient le comportement des enfants.Salon international du livre de Québec Kiosques Nos 122 et 123 Juste à temps pour l’Année Internationale de l’Enfant RACONTE-MOI MES DROITS en dix albums Chaque album raconte un récit tendre et coloré, inspiré par l’un des dix grands principes de la Déclaration des Droits de l’Enfant, adoptée à l’unanimité par les Nations-Unies, le 30 novembre 1959.1—Les enfants qui avaient perdu leurs héros W)PU>8 oy
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