Le devoir, 10 novembre 1979, samedi 10 novembre 1979
V Un mode dtpargne supérieur Les certificats de depot garanti ?TRUST GENERAL DU CANADA C Vol.LXX — No 263 Quelques averses.Maximum 7.Montréal, samedi 10 novembre 1979 Saint Léon le Grand 25 CENTS La colère gronde aux USA contre les Iraniens WASHINGTON (d'après AFP et AP) -Alors que la colère populaire grondait aux Etats-Unis en dépit des appels au calme du président Carter, une intense et fiévreuse activité diplomatique se déroulait dans les chancelleries du monde pour obtenir la libération des cent otages détenus da'ns l'ambassade américaine de Téhéran par des étudiants khomeinistes.Ainsi, le Conseil de sécurité a demandé à l’unanimité la libération immédiate des otages américains.Le Conseil a approuvé une déclaration de son président, M.Sergio Palacios de Vizzio (Bolivie), dans laquelle il « insiste de la façon la plus pressante » pour que « le personnel détenu en Iran soit relâché sans délai et soit protégé ».De même, le président du Conseil de sécurité, « demande instamment au Pétrole Clark confiant d’en arriver à un compromis par Michel Vastel OTTAWA — Ni l’Alberta ni l’Ontario n’auront de proposition nouvelle à mettre sur la table lundi, à l'ouverture de la conférence des premiers ministres sur l’énergie.Le porte-parole de M.Peter Lougheed, premier ministre de l’Alberta, joint hier par LE DEVOIR, affirme que sa province s’en tient toujours à la proposition exprimée à la conférence des premiers mi- Injonction contre les employés de la voirie par Paule des Rivières QUÉBEC — Le gouvernement a demandé et obtenu hier soir une injonction provisoire forçant le syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec à rappeler au travail les deux-tiers de ses 450 membres préposés à l’entretien de l’équipement de deneigement.4 Le juge Gaston Desjardins de la Cour supérieure de Québec a conclu qu’il y avait urgence et que l’état général de la situation démontrait que la vie et la sécurité de la population étaient en danger.L'injonction a été accordée jusqu’à mardi 17 h.L’audition sur la requête aura lieu le même jour à 9 h 30.La requête en injonction, la première que le gouvernement Lévesque va chercher contre ses employés, a été déposée en Cour supérieure hier après-midi à 16 h, très discrètement.En fait, au même moment, des porte-parole des ministères de la Fonction Voir page 6: Injonction nistres de Pointe-au-Pic en août, et au discours prononcé au début du mois devant le Vancouver Board of Trade.Queen's Park, qui fera connaître sa position dimanche soir à Ottawa, au cours d’une conférence de presse, maintiendrait la ligne dure mais « d’une manière un peu plus polie ».Néanmoins à Ottawa, le premier ministre Clark est tellement confiant de trouver un compromis qu’il se prépare à faire une déclaration devant la Chambre des communes lundi soir.Quant au gouvernement du Québec, il jouera un rôle effacé, parce qu’il dit ne pas avoir eu le temps de bien se préparer et surtout parce que M.René Lévesque pourrait bien être absent, retenu à Québec par la situation tendue dans les secteurs public et parapublic.Il serait alors remplacé par son ministre de l’Énergie, M.Yves Bérubé.La principale nouvelle de la journée viendra donc de la déclaration de M.Joe Clark, vers 9 h 30, alors qu’il exposera des compromis acceptables à un peu tout le monde: ¦ des augmentations graduelles, sur quatre ou cinq ans, vers le prix de Chicago, une moyenne entre les prix américains et les prix mondiaux.Le rythme d’augmentation, de $4 par année, serait le double de ce qu’il est depuis 1974.Cette proposition satisferait M.Lougheed; ¦ la création d’une Banque nationale de l’Énergie, dont le financement reste sujet à négociation, mais dont le principe rejoindrait une des préoccupations majeurs de M.William Davis, premier ministre de l’Ontario; ¦ une surtaxe sur les profits des compagnies pétrolières, dans la mesure où ces profits ne sont pas réinvestis dans l’exploration de nouvelles sources d’énergie sur le territoire canadien.Il s’agirait là de calmer une opinion publique manifestement choquee par les revenus extraordinaires déclarés par les compagnies depuis quelques mois.Au bureau du premier ministre, on écarte d’emblée l’hypothèse d’un échec total.On souligne qu’au cours de la jour-Voir page 6: Pétrole secrétaire général des Nations unies de poursuivre sa mission de bons offices pour aider à parvenir à cet objectif ».Le Conseil de securité a tenu pendant près de deux heures des consultations à nuis clos à la demande des Etats-Unis qui avaient invoqué la violation par l’Iran de « normes fondamentales des relations internationales ».Dans la capitale iranienne, l’atmosphère demeure tendue.Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés, une nouvelle fois, hier, pour brûler un drapeau américain devant 1 ambassade des Etats-Unis.Les manifestants, oui brandissaient des portraits de l’ayatollah Khomeiny, scandaient des slogans hostiles aux Américains et au chah qui subit actuellement un traitement pour le cancer à New York.Le pape Jean-Paul II a, lui aussi lancé un appel à l’ayatollah Khomeiny pour lui demander d’assurer la sauvegarde des otages.Le président Carter et plusieurs familles d’otages retenus en Iran ont lancé, un appel commun aux Américains pour qu’ils s'abstiennent de toute action pouvant mettre en péril la sécurité de la soixantaine d’otages.Le président « demande à tous les Américains, fonctionnaires, personnalités ou simples citoyens, de faire preuve de retenue et de garder à l’esprit et au fond du coeur le souci, en priorité, de la sécurité de leurs concitoyens à Téhéran », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, M.Jody Powell.La Maison-Blanche craint qu’un éventuel incident aux États-Unis ne provoque de vives réactions en Iran mettant en péril la vie des otages à Téhéran.20 :lSan Francucc Sali loke/CIly JO Ounbec-OA* Saint.J«an ot%?\ ~r \ •* ^Cj^Ouawa v Minneapoli\\, '/londo i0n7fN4w Y or le r.,/ Cnicago W 2i Cnorleslon* Kamai Nouvelle^ Qrlé v.jary,, , d- v _ .IWinnipegr j^eol Foils p^pLES • précipitations H haut# pression B basse pression masse d'air frais masse d'air chaud A midi aujourd'hui Abitibi, Témiscamingue, réservoirs Cabonga, Gouin.nuageux avec chutes de neige, accumulation de 10 à 15 centimètres, vent modéré.Maximum -1.Aperçu pour dimanche: ciel variable et plus froid.¦ Pontiac-Gatineau, Rivière-du-Lièvre, Laurentides: nuageux avec chutes de neige.Accumulation de 5 à 10 cm.Maximum 6.Aperçu pour dimanche: ciel variable ¦ Outaouais, Montréal, Trois-Rivières, Drummondville, Québec, Rivière-du-Loup, La Malbaie: quelques averses.Vents modérés.Maximum 7.Aperçu pour dimanche: ciel variable.¦ Estrie-Beauce: nuageux avec quelques averses.Vents modérés.Maxi- mum 10.Aperçu pour dimanche: ciel variable.¦ Lac-Saint-Jean, Mauricie, Saguenay, Parc des Laurentides: nuageux avec pluie en matinée, vent modéré.Maximum 5.Aperçu pour dimanche: ciel variable.¦ Rimouski, Matapédia, Sainte-Anne-des-Monts, Parc de la Gaspésie: pluie, vent modéré.Maximum 6.Aperçu pour dimanche: nuageux avec éclaircies.¦ Gaspé, Baie-Comeau, Sept-îles, Basse-Côte-Nord, Anticosti: nuageux avec neige en matinée se changeant en neige en après-midi.Maximum 5.Aperçu pour dimanche: nuageux avec éclaircies.30 ?Clark M.Clark n’a naturellement pas répondu à cette invitation.À une question de M.Rod Blaker, il a cependant rétorqué par une suggestion: « Il est hautement important que nous ne laissions pas nos differences d'approche pour renforcer le système fédéral nous engager dans une sorte d’accusation et de débat féroce qui pourraient nuire à l’image et à la force du fédéralisme dans la province de Québec.» Il est trop tôt pour savoir si cet appel à l’unité donnera quelque résultat, mais il est certain que depuis le livre blanc les libéraux ont sans cesse harcelé le gouvernement Clark, en l’accusant de ne rien faire et même d'avoir peur de faire face au gouvernement du Québec comme aux autres gouvernements provinciaux.Jusqu'à hier on avait toujours entendu les memes réponses aux mêmes questions.Colère le po Cei ?-pa 'ependant, malgré les appels au calme du gouvernement américain, la colère populaire monte aux États-Unis où l’on conçoit mal que la plus forte nation du monde assiste, impuissante, à son humiliation à Téhéran.Chaque heure qui passe renforce le sentiment anti-iranien et de plus en plus nombreux sont les américains qui prônent le recours à la force.Sur les campus universitaires, sur les chantiers ou dans les docks, les manifestations anti-Khomeiny se multiplient.Elles se heurtent, parfois à des contre-manifestations organisées par les étudiants iraniens, dont certains, pris à partie, n’ont dû leur salut qu’à l’intervention de la police.Un millier d’étudiants iraniens kho-meinistes ont, ainsi défilé hier dans le centre de la capitale américaine pendant cinq heures en réclamant le renvoi du chan en Iran.Des forces de police impressionnantes ont suivi le défile pour prévenir les afforntements avec les nombreux Américains qui insultaient les manifestants.Des manifestations semblables se sont déroulées dans plusieurs villes des États-Unis, mais, en fin de journée, on ne signalait d’incidents qu’à Beverley Hills, à Los Angeles, où des échaufourées ont opposé Iraniens et Américains, conduisant la police à procéder à des arrestations.Face à cette situation, le gouvernement américain a décidé de suspendre ses livraisons de pièces détachées pour équipement militaire à l’Iran, h Nous n’avons pas l’intention d’autoriser ces livraisons pendant la crise actuelle ", a indiqué un responsable américain.Toute action militaire étant non seulement impensable et irréaliste, les États-Unis ont envisagé un certain nombre d’options pour manifester la fermeté du gouvernement américain pour lequel « le départ du chah n’est pas négociable alors que des Américains sont tenus en otages ».Ainsi, le département de la justice a demandé à tous les procureurs fédéraux des États-Unis de rassembler leurs informations sur les Iraniens contre lesquels une procédure d’expulsion a déjà été entamée.apprend-on à Washington.Selon une source proche du département de la Justice, Tattorney général Benjamin Civiletti exclut pour l'instant toute expulsion massive des étudiants iraniens des États-Unis.M.Civiletti, ajoute-t-on de même source, envisage plutôt une action sélective, cas par cas.dans l’hypothèse où une action urgente devrait être entreprise.Deux cent mille Iraniens, dont 50,000 étudiants, vivent aux États-Unis.4,000 d’entre eux se trouvent sous le coup d’une mesure d’expulsion.Les expulsions 'des Iraniens avaient été arrêtées apres la chute du chah.La décisiop prise hier par e département de la JusTice pourrait les réactiver et faciliter leur application rapide.Mais pour l’instant, dans les plus hautes instances gouvernementales, on affirme qu’il est encore trop tôt et Ton continue a croire en la vertu d’une action diplomatique discrète, prudente et ferme, comme Ta déclaré jeudi le secrétaire d’Ëtat, M.Cyrus Vance.Les espoirs des États-Unis pour trouver une solution à cette prise d’otages unique dans l’histoire contemporaine reposent, à la fois, sur les appels de plus en plus nombreux lancés a l’ayatollah Khomeiny par la communauté internationale et sur des négociations discrètes et difficiles menées en Iran.Le département d’État a confirmé les informations en provenance de Téhéran indiquant que le chargé d’affaires américain dans la capitale iranienne, M.Bruce Laingen, avait pu établir un contact avec un membre du conseil de la révolution, M.Abdelhassan Banisadr, Ce dernier est chargé des affaires étrangères iraniennes à la suite de la démission, mardi, du gouvernement de M.Mehdi Bazargan.On se refuse au département d’État à révéler la teneur exacte de ces pourparlers, mais on y laisse entendre que l’Iran insiste toujours pour se faire livrer le chah et récupérer son immense fortune.Sur ces deux points, les États-Unis sont intraitables.Dans les milieux proches du département d’Etat, on ajoute que l’ouverture d’une action judiciaire visant au rapatriement de la fortune du chah serait irréalisable, même sur le plan technique.Pour sa part, l’observateur de COUP aux Nations unies, M.Zehdi Labib Terzi, a indiqué que des entretiens exploratoires pour la libération des otages se poursuivent à Téhéran entre les représentants de la centrale palestinienne et les autorités iraniennes.Il a émis l’espoir que ces entretiens « aboutissent » rapidement à la libération des otages.A Beyrouth, les observateurs rappellent que les Palestiniens continuent à affirmer que leur initiative, entreprise deux jours après la prise d’otages par les étudiants iraniens qui ont envahi l’ambassade américaine, dimanche, ne constitue, toutefois, pas une « médiation ».Mais les étudiants qui occupent l’ambassade ont refusé hier de laisser Tam-bassadeur de Turquie à Téhéran, M.Tur-gut Tulumen, pénétrer dans Tambassade; les responsables iraniens avaient accorde préalablement à M.Tulumen l’autorisation de voir les otages, mais non de s'entretenir avec eux, précise-t-on de même source, mais les étudiants se sont opposés à ce que le diplomate turc pénétré dans l’ambassade.Malgré les assurances réitérées de protection données quelques jours plus tôt par le gouvernement ae Bazargan, la police iranienne n’est pas intervenue dimanche dernier pour empêcher la foule des étudiants khomeinistes de s’emparer de l’ambassade des États-Unis, a rapporté hier un haut fonctionnaire américain.Selon le premier compte-rendu détaillé des événements de dimanche dernier à Téhéran fourni de source officielle à Washington, les « marines » de garde à l’ambassade ont résisté pendant près de deux heures aux assauts des etudiants en lançant des grenades lacrymogènes, mais sans jamais faire usage de leurs armes à feu.Dès le début de l’attaque, alors que le téléphone fonctionnait encore, les responsables de l’ambassade ont demandé l’aide de la police iranienne qui, selon le haut fonctionnaire, disposait de forces adéquates à seulement cinq minutes de là.L aide ne vint jamais, et les quelques policiers qui se trouviaent aux abords de l’ambassade auraient disparu dès le début de l’assaut.On a précisé de même source que les garanties sur la sécurité des Américains avaient été données par le gouvernement de M.Bazargan même après que les autorités américaines l’eurent informé que le chah en exil allait être admis pour traitement médical aux États-Unis.Ces assurances avaient été réitérées plusieurs fois par la suite.?Pétrole née de lundi une série d’ententes partielles vont rapidement être conclues: sur le gaz naturel, sur les programmes de conservation.sur le financement de la Ban- 3ue nationale de l’Énergie.« Seul le prix u pétrole fait problème », souligne-t-on dans l’entourage de M.Clark, mais cela ne représente qu’un élément de l’entente globale sur l’énergie que le premier ministre veut annoncer aux Communes dans la soirée.« S’il doit y avoir une décision unilatérale, souligne-t-on encore à Ottawa, elle ne portera que sur un élément de la politique énergétique, à savoir le nouveau prix du pétrole et le rythme auquel on le rejoint.C’est cependant Télément majeur de la discussion et la conférence de lundi ressemble fort à une mise en scène qui n’aura d’autre objectif que d’isoler l’Ontario.L’Alberta tient en effet au prix de Chicago comme cible.Les prix actuels sont de $13.75 le baril de brut à la tète du puits en Alberta, de $15.63 rendu à Toronto, de $23.71 à Chicago et de $25.70 en moyenne sur les marches mondiaux, Si on ne change pas la politique actuelle — augmentation de $1 le baril tous les six mois, — le baril de brut canadien en 1985 coûterait $29,50 à Toronto contre $43.46 à Chicago, un écart de près de $12.Cet écart passerait à $16 en 1990.M.Peter Lougheed a une position bien claire: les ressources sont propriété des provinces.Dans le cas du pétrole, cela signifie, comme il le disait a Vancouver, que les Albertains ont le droit de décider eux-mêmes « quand, comment et même si oui ou non ils veulent le produire », au prix qu’on leur propose.On trouve d’ailleurs, à Ottawa, que la position exprimée à Vancouver par le premier ministre de TAlberta est « raisonnable » puisque M.Lougheed a concédé que le prix canadien demeure « légèrement en-dessous » du prix moyen de Chicago, et que les augmentations soient graduelles.Clairement, dans l’entourage de M.Clark, on fait porter la plus grosse partie du blâme sur le premier ministre de l’Ontario qui, à la conférence de Pointe-au-Pic, » a commis Terreur d’attaquer le premier ministre et avec un trop gros canon ».Personne à cette conférence n’a appuyé M.Davis et c’est depuis ce temps-la que M.Lougheed se sent très fort et qu’il durcit sa position de négociation.De fait, peu après le discours de Vancouver où M.Lougheed a menacé l’Ontario d’un embargo pétrolier si le prix payé n’est pas acceptable aux Albertains, les premiers ministres de Saskatchewan, de Colombie-Britannique, de Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du Québec ont tous approuvé leur collègue de TAlberta.Mais M.Lougheed a une autre raison, interne celle-là, de ne pas céder trop de terrain sur le prix du pétrole.Les arrangements de 1979 signifient déjà qu’en cinq ans, selon ses propres estimations, sa provinces a contribué $15 milliards à la Confédération sous forme de revenus non perçus du fait du prix moins élevé au Canada que dans le reste du monde.Qui plus est, insiste M.Lougheed, le Trésor de l’Ontario touche plus, par baril de pétrole consommé dans sa province, que le Trésor de TAlberta: alors que TAlberta reçoit $5.87 pour chaque baril d’essence vendu en Alberta (sous forme de royautés et d’impôts corporatifs), l’Ontario reçoit $7 49, principalement sous forme de taxe de vente.Lorsque M.Lougheed a fait son discours de Vancouver, interprète-t-on au bureau de M.Clark, il exprimait toute la méfiance et la frustration des Albertains face à l’Ontario et au Canada central.Le premier ministre, qui vient lui-même de l’Alberta, est à meme d’évaluer tout le ressentiment qui existe dans cette région et qui remonte aux origines mêmes de la province en 1905.Il est intéressant de rappeler, comme le faisait récemment le député libéral de Winnipeg, M.Lloyd Axworthy, que le président-fondateur du Parti conservateur de TAlberta, R.Bennett (associé d’un certain James Lougheed, le père de Peter), affirmait que TAlberta « a un plein droit sur la terre, les mines, les forêts et toute autre ressource naturelle » de la province, et un plein droit sur tous les bénéfices qu’on peut en tirer.M.Bennett s’opposait alors à ce que « ces ressources soient injustement confisquées pour être exploitées par quelque parti politique à Ottawa »!) C'est parce qu’on connaît bien Tâme al-bertaine que justement, dans l’entourage de M.Clark, on n’est franchement pas surpris que M, Peter Lougheed ait une position de négociation aussi dure.Bien plus, les sympathies semblent clairement aller du côté d’Edmonton plutôt que du côté de Toronto.Les négociations sur la nouvelle politique énergétique durent depuis le mois d’août.Au-delà des discussions publiques sur le prix du pétrole, il semble bien qu’on ait fait du chemin, an catimini, sur tous les autres points à Tordre du jour de la conférence ae lundi, c'est-à-dire: ¦ l’approbation de l’objectif d’autosuffisance énergétique d'ici 1990, objectif qui implique des augmentations plus importantes du prix du pétrole brut canadien; ¦ les répercussions macro- économiques de la nouvelle politique des prix-de l'énergie.On connaîtra les réponses à cette question dans le premier budget de M.John Crosbie dont, incidemment, il a promis d’annoncer la date dès la semaine prochaine.indice supplémentaire qu'on s’attend à un accord dès lundi; ’ ¦ des mécanismes pour développer de nouvelles sources d'energie et mise sur piçd d’une « Banque nationale d'énergie», proposition de M.William Davis d’ailleurs; ¦ adoption d’une série de mesures compensatoires pour permettre l’adaptation des individus et des compagnies aux augmentations de prix; ¦ programmes d'économie de l'énergie et transfert probable, aux provinces, de tous les programmes de conservation.Reste la question des prix qui risque de retenir l'attention lundi et de donner lieu à quelques belles empoignades.Un niveau « légèrement inférieur au prix de Chicago », qu’on atteindrait « dans une période de 5 à 6 ans », telle est l'hypothèse retenue par Tun des plus proches conseillers de M.Clark.Or, si on part du prix moyen à Toronto aujourd'hui, $15.63, et qu on progresse jusqu’à 90% du prix de Chicago en 1985, $39.47, on arrive exactement a une augmentation annuelle de $4 pendant six ans.Mais ce genre d’augmentation représente, selon une évaluation récente du Conseil économique du Canada, des revenus supplémentaires de $15 milliards.Si on ne change pas la formule actuelle de partage, 45% — $6.75 milliards — iraient dans les coffres des compagnies, à 90% étrangères.La même somme dans les coffres de TAlberta et seulement 10%, ou $1.5 milliard au Trésor fédéral.Le résultat: des surplus de $4 milliards pour le ministre des Finances à Edmonton, et un trou de $3 milliards de plus dans le budget fédéral.« C’est impensable, dit-on déjà dans l'entourage ae M.Clark, non seulement du point de vue d’Ottawa mais aussi de celui de TAlberta: la province ne saurait même pas quoi faire de pareilles sommes ».Par ailleurs, ajoute-t-on au bureau du premier ministre.« l'argent sort par les oreilles des compagnies », et un rapport du ministère de l'Energie a confirmé cette semaine que « l’industrie retire des revenus suffisants pour englober un modèle de dépense dynamique au cours des années 80 ».Une façon polie de dire qu’avec des augmentations de $2 par année, les compagnies pétrolières continueraient d’être très rentables.La nouvelle formule de partage des revenus du pétrole sera donc également au coeur des discussions de lundi mais un compromis est inévitable puisque, sans cette entente, on assisterait à une surenchère à la taxe d’accise: le gouvernement fédéral tenterait de récupérer par la force ce qu'il ne peut obtenir par la négociation.et ce aux dépends des consommateurs.Contrairement à ce que l’opposition officielle laissait entendre en debut de semaine, notamment après l’esclandre de M.Lougheed à Vancouver, il n’y aura pas d’impasse lundi et donc le recours à l’épreuve de force constitutionnelle est écarté.Comme l'explique un proche de M.Clark: « il est dans l’intérêt ultime de M.Peter Lougheed de conclure une entente; même s'il n’y a pas d’accord tout de suite, on a jusqu'au 1er juillet pour en conclure un ; il y a enfin le recours à la fiscalité ».+ Injonction publique et des Transports déclaraient n’être pas au courant de l’existence de la requête.Le procureur général de la province a soutenu que le piètre état des camions-charrues, des camions-épandeurs, des ni-veleuses, des chargeurs et des souffleuses étaient tel qu’ils ne pourraient jamais être utilisés, advenant une tempete de neige.C’est pourquoi, il y a, a-t-il dit, état d’urgence.C’est en se basant sur le protocle d’entente signé entre le syndicat et le gouvernement que le juge a ordonné le retour au travail des deux-tiers des préposés à l’entretien, actuellement en grève.Cette entente sur les services essentiels en temps de grève prévoit qu'un tiers au moins des préposés à l’entretien doivent s'abstenir de débrayer; ce même document parle des deux-tiers en situation d'urgence.Le Syndicat des fonctionnaires provinciaux rfu Québec avait d’ailleurs été invité plus tôt cette semaine par le ministre des Transports à ordonner le retour au travail des deux-tiers de ses membres.Il avait rétorqué qu’il n’y avait pas urgence, ni tempete, et accusé le gouvernement de créer un état de panique.Le syndicat doit reunir son exécutif dans les heures qui viennent et fera connaître sa position à la suite de cette décision du tribunal.Le gouvernement espérait obtenir une injonction provisoire jusqu’à jeudi mais le juge ne Ta accordée que jusqu’à mardi.Cet épisode judiciaire n’a pas été le seul hier dans le conflit qui oppose le syndicat des 40,000 fonctionnaires du gouvernement.Le syndicat a en en effet déposé une plainte devant le tribunal du travail ainsi qu’un bref devant la Cour supérieure dans le but d’amener le gouvernement à remettre au syndicat les cotisations syndicales prélevées par l’état employeur.Le syndicat soutient que le gouvernement est fautif et doit au syndicat $1.4 millions représentant les cotisations prélevées depuis le 13 septembre.Les cotisations syndicales que l’employeur prélève sur les chèques de paye ont été établies en novembre 1978 à 1.8% du salaire.En fait, la cotisation dite régulière est fixée à 1.3% auquel s’est ajoutée une cotisation spéciale justement pour permettre au syndicat de faire la grève.La cause n’a pas été entendue encore.Quand à la plainte déposée au tribunal du Travail, elle vise directement le ministre responsable des négociations et président du Conseil du trésor, M.Jacques Parizeau.Le syndicat déclare avoir des motifs raisonnables pour croire que M.Parizeau a aidé à faire en sorte que le gouvernement du Québec omette de remettre à ladite association, les montants retenus par l'employeur à titre de cotisations syndicales».).Au ministère de la Fonction publique, un membre du cabinet du ministre François Gendron, a déclaré que le syndicat devait également de l’argent au gouvernement parce que, vu les grèves et ses effets sur les services informatiques du ministère du Revenu, les salaires des membres du SFPQ libérés aux fins de négociation leur sont toujours versés alors qu’il revient au syndicat d’assumer ces salaires.Sans faire de lien direct, le porte-parole du ministère de la Fonction publique a parlé de lien comptable et indiqué que le montant non perçu par le syndicat en cotisations et celui représentant les salaires était à peu près équivalent.Les fonctionnaires ont déclenché à la fin de juin une série de débrayages sporadiques qui vont en s’accentuant au fil des jours et qui paralysent les secteurs d’activités les plus stratégiques de l’appareil gouvernemental.Près de 5,000 fonctionnaires ont été mis en lock-out et près de 4,000 sont en grève.Les domaines affectés incluent les services informatiques du ministère de TÉ-ducation et du ministère du Revenu.La commission des accidents du travail est fermée depuis quelques semaines et cette semaine, les 800 agents locaus d’aide sociale ont eux aussi quitté le travail.Le syndicat a annoncé la semaine dernière qu’il entrait dans la dernière phase de son plan et qu’il projetait de paralyser la machine gouvernementale au grand complet.?Réveil Suite de la page 4 « le boycottage arabe représente un défi à la souveraineté canadienne et, par conséquent, est contraire aux principes et aux traditions d’un pays démocratique comme le Canada ».Ces déclarations ont été faites du haut de la tribune parlementaire et furent enregistrées par la presse et les médias.Que M.Trudeau ait tergiversé jusqu'au moment où les élections du mois de mai Tont déchu de sa qualité de premier ministre, c'est une autre paire de manches, Mais toujours est-il qu'il a trouvé le chantage des pays arabes offensant pour la souveraineté canadienne et la liberté de ses citoyens de commercer avec n’importe quel pays de leur choix.C’est tout un autre son de cloche que M.Trudeau a fait résonner Tautre jour au grand embarras de tous ceux qui respectent sa personnalité et admirent son intelligence en agitant le drapeau noir de la réaction antisémite devant une population juive qui a versé son sang en abondance pour le Canada durant les deux guerres mondiales, en gagnant également ses épaulettes sur les champs de bataille.Comment est-il possible de lier deux questions si différentes comme le boycottage arabe et la recrudes- S Uii5£ < l FàWvVEkS • % 'X&S ''% Les aviculteurs de l'Ontario et du Québec ont protesté hier sur la colline parlementaire à Ottawa contre la politique du gouvernement fédéral à l’égard de la mise en marché du poulet.Les aviculteurs souhaiteraient que le gouvernement canadien diminue les importations provenant des États-Unis.(Photolaser CP) cence de l’antisémitisme lorsque, avec la meilleure bonne volonté, il n’y a pas et il ne peut y avoir de relation de cause à effet entre les deux?S’il s'avère qu’une législation condamnant le boycottage économique arabe peut nuire aux intérêts du Canada sur le plan financier, alors il est nécessaire qu’un débat démocratique et public soit engagé en pleine lumière devant tout le pays.Car, le peuple canadien, comme Ta démontré la législation vigoureuse adoptée par l’Assemblée legislative d'Ontario, n’acceptera jamais le dictât des pays arabes et rejetera toujours son chantage.Mais ce débat ne donne pas le droit à n’importe qui, y comrpis le professeur de droit Pierre Elliott Trudeau, de nous agiter Té-pouvantail de l’antisémitisme ressu-cité de ses cendres.Ce serait une offense gratuite à l'intelligence du peuple canadien, à son respect si souvent exprimé aux six millions de victimes de l’holocauste et à la promesse solennelle du monde civilisé de ne jamais tolérer la nuit d’apocalypse rêvée par la bête antisémite.Et, a moins que M.Trudeau, désavoué par les dirigeants de son propre parti, ait décidé de claquer la porte derrière lui avec le maximum de bruit et de scandale, il est impossible de comprendre son comportement actuel.Une telle manière de quitter la scène politique soulève une question d’ordre moral pour M.Trudeau: quand a-t-il dit la vérité?Le 15 mai 1978 ou la semaine dernière?Si M.Trudeau ne retracte pas ses déclarations concernant la « menace de l'antisémitisme », nous deviendrons conscients que le défenseur de la démocratie a contracté une mésalliance avec les forces des ténèbres.+ Délits Suite de la page 5 notre système judiciaire; théâtralisant une impuissance, elle l’avalise sans y remédier.La loi qui autorise le coroner à contraindre à témoigner celui qu’une autre instance se prépare à accuser est une loi injuste.Je n’entrerai pas dans d’autres détails, comme dit Beccaria.« Pour ceux à qui il est nécessaire de tout dire, je dirais tout inutilement ».?Vallières Suite de la page 5 nous dit menacés par le néo-fascisme à la Ryan.Mais décrit-il ce néo-facisme du « pestiféré » Ryan et analyse-t-il les tenants d’une identification possible de l’électorat aux traits dominants du Ryan catholique, père de famille, époux respectueux, honnête homme, conservateur instruit?Point du tout.Vallières se contente de crier, comme en 60, qu’un coup d État se prépare, que l’apocalypse est pour ce soir et qu’encore une fois, il est à la fourche de Texil ou de la démission.Mais à 20 ans, Vallières parla d’exil ou de révolte.Cela annonce peut-être la retraite de ce pamphlétaire qui aura surtout laissé un ouvrage sincère qui a marqué sa génération, un livre qu’il fallut lire sous les interdits en 68 ou tout semblait possible pour les « nègres blancs d’Amérique ».Pour Vallières, la prochaine heure est celle de Claude Ryan et il espère que les rêves de libération populaire, de liberté, pourront renaître de la censure.Mais il se dit pessimiste.Vallières a souvent changé de chemise, louvoyé dans un contexte politique incertain, annoncé le pire, vécu avec le compromis; il n’a pas donné l’oeuvre philosophique dont il rêvait, mais il a élevé la voix dans les creux de crise, il a toujours mis en doute le moindre geste des politiciens et, s’il s’est souvent perdu, comme dans ses élucubrations sur la crise d’octobre, il a le mérite de s’être impliqué dans une société « floue et ambiguë » où les intellectuels n’ont pas souvent eu le courage de le faire.sont, dira-t-il, ces lois que je dois respecter et qui font une si grande différence entre le riche et moi?Il me refuse un sou que je lui demande et en guise d’excuse m’exhorte à travailler, chose que lui-mème ne saurait faire ».Notre époque trouverait avantage à lire ces réflexions sur les délits et les peines, qui touchent à l’ensemble de l’administration de la justice criminelle.Que de questions, en effet, demeurent pour nous sans réponse! Certaines de ces questions portent sur des incidents particuliers: le juge en chef André Fabien était-il honorable?André Charest s’est-il vraiment pendu lui-même dans sa prison?MM.Régis et Volland se sont-ils vraiment noyés, ivres, dans la rivière Moisie, où bien ont-ils été assassinés par deux gardes-pêche, gardes-blanc?Que faut-il penser de ces pauvres Amérindiens qui se laissent bousculer et occire Tun après Tautre comme Juifs en Varsovie, leur patience n’a-t-elle pas de limite?Faut-il pleurer, faut-il en rire?Le Règlement A.C.2736-78 du 30 août 1978, publié dans la Gazette officielle du Québec, le 6 septembre 1978, contient un article 18 qui permet à la Société des alcools du Québec d’interdire à l'épicier de vendre son vin « à un prix au détail inférieur à celui en vigueur a la Société ».Ce qui contrevient a l’esprit des lois de protection des consommateurs.Comment une société d’État peut-elle être autorisée à violer l’esprit d’une loi?Un délit peut-il être légal et sans peine?D’autres questions sans réponse naissent et faits plus généraux et constants: malgré des procès certains, notre système carcéral est encore déshonoré par des pratiques acceptées qui sont en fait des infamies, au surplus criminogènes.Par sa seule existence, la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) est 1 aveu d’un échec important et durable de tout Mini-Loto 310208 Loto-perfecta 14 - 22 - 27 - 28 - 31 - 32 Numéro complémentaire: Il Une marche; de marche en marche! acTîon^.PdRncipacnon ^ c Marchez.Dés aujourd’hui.(- 10 novembre par la PC et l'AP 1978: le haut-commissaires des Nations unies pour les réfugiés convoque une conférence à Genève pour discuter du sort des réfugiés Indochinois ; 1976: des 'casques-veris' syriens de la Force de Paix arabe font leur entrée à Beyrouth; 1975: l’Angola, ancienne colonie portugaise, accède à l'indépendance alors que la guerre civile fait rage; 1973: M.Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, arrive à Pékin et donne l'assurance que les États-Unis sont résolus à parvenir, aussitôt que possible, à une normalisation des relations avec la Chine.1970: les autorités soviétiques libèrent deux généraux américains, leur pilote et un officier turc dont Tavion s'était égaré dans l'espace aérien russe; 1963: des informations annoncent qu'une épidémie de choléra a fait en quelques semaines, plus de 1,500 morts en Inde et au Pakistan; 1945: le gouvernement communiste albanais est reconnu par les puissances occidentales; 1938: adoption d'une législation antisémite en Italie; 1928: Hiro-Hito est couronné empereur du Japon; 1871: l’explorateur Henry Stanley retrouve le missionnaire David Livingstone en Afrique centrale.Ils sont nés un 10 novembre: — le théologien et réformateur allemand Martin Luther (1483-1546); — le compositeur français François Couperin ( 1668-1733); — l'acteur gallois Richard Burton (1925).V_____________________________________________ Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 B 7 Le livre blanc, une dérobade i / ultime par William Davis Le premier ministre de l’Ontario.M.William Davis, faisait connaître lundi, à Queen's Park, ses réactions au livre blanc du Québec sur la souveraineté-association En voici le texte intégral que le bureau de M.Davis n'a pu nous taire parvenir dans sa version française que tard jeudi soir.presi- MONSIEUR le déni, J aimerais partager avec tous les membres de l’Assemblée et avec la population de notre province fa réaction initiale du gouvernement de l’Ontario au livre blanc publié par le gouvernement du Québec proposant une entente d’égal à égal : la souveraineté-association.J’ai demandé au ministre des Affaires intergouvemementales de donner une réponse plus détaillée sur certains points spécifiques plus tard cette semaine.Disons dès le départ qu’aux yeux du gouvernement, le référendum du Québec fait partie d’un mouvement général qui a marqué ce pays, d’une manière ou d’une autre, depuis que deux grands empires, la Grande-Bretagne et la France se sont installés en Amérique du Nord, il y a plusieurs siècles.Au cours des années, les problèmes n’ont pas toujours été les mêmes, mais la préoccupation centrale est restée constante — à savoir la préservation d'une communauté nationale unique sur la moitié nord de ce continent — une communauté basée sur un sens fondamental de la nation et des sensibilités culturelles particulières, correspondant aux individus que nous sommes.Ce mouvement a certes connu bien des reculs et bien des frustrations.Mais le livre blanc du Québec se trompe dans son analyse fondamentale de notre histoire quand il omet de rappeler les importants pas en avant qui ont permis de relever de façon significative la qualité de la vie et les perspectives économiques et sociales réelles offertes aux habitants du Québec, de l’Ontario et des autres régions et provinces du Canada.En toute franchise, c’est là une réponse limitée et étroite du défi que continue à poser le développement culturel, une réponse qui place l’isolement et l’intériorisation au-dessus de tous les autres objectifs.La survie du Canada francophone est inexorablement liée à celle d’une unité politique plus vaste où les anglophones et les francophones constituent les deux réalités culturelles centrales dont la préservation est l’une des bases essentielles de notre existence en tant que nation.La souveraineté-association est présentée comme un nou- veau départ pour le Québec.Il ne s'açit pas du tout de cela, monsieur le Président, c’est en fait une solution de facilité que quelques-uns pourraient Qualifier d’ultime dérobade, de mentalité de ghetto que le Québec s’est imposée, certes indigne des Canadiens français.C’est un programme 3ui limiterait les possibilités e la culture et de la civilisation canadiennes-françaises.C’est, de la part d’un gouvernement — et je considéré ceci comme particulièrement triste — reconnaître la défaite à un moment où les possibilités de survie des Canadiens français ainsi que l’élargissement et le renforcement de la civilisation canadienne-française n’ont, à mon avis, jamais été meilleurs dans de nombreuses régions de ce pays.La centralisation des pouvoirs législatifs et fiscaux à l’Assemblée nationale du Québec et la création d’une citoyenneté québécoise séparée donneraient au Québec un statut qui impliquerait un retrait massif de la réalité canadienne, un retrait qui porterait gravement atteinte aux droits économiques, sociaux et politiques de chaque homme, femme et enfant au Québec quant aux possibilités considérables que l’avenir réserve à tous les Canadiens — et dans lesquelles les Québécois ont mis autant d’énergie que tous les autres Canadiens.La question de transférer les pouvoirs fiscaux et législatifs sans toucher à la politique monétaire est une proposition particulièrement décevante car elle semble impliquer une indépendance plus réelle dans un sens tout en obscurcissant la possible domination étrangère en termes économiques.Nous savons tous combien la politique monétaire est importante pour notre bien-être quotidien.L’union monétaire envisagée dans le livre blanc ferait des Québécois non pas des « maîtres chez nous » mais, en termes économiques, des citoyens de seconde classe dans leur propre province, sans pouvoir reel concernant les questions macroéconomiques susceptibles de déterminer leur avenir au parlement du Canada qui ne peut, en aucune façon, partager ni atténuer ses pouvoirs en matière monétaire.Le livre blanc affirme et je cite: « Le fédéralisme n’en- Les Franco-Colombiens boudent les programmes de français par Daniel Raunet VANCOUVER-Il y a deux ans, lorsque le gouvernement de la Colombie-Britannique a songé, pour la première fois de son histoire, à accorder à sa minorité francophone un système d’enseignement en français, les experts du ministère de l’Éducation avaient estimé pouvoir compter sur un potentiel de 2,500 élèves.En septembre, lorsque le ministre de l’Éducation, M.Pat McGeer, a annoncé le lancement du ’ l« JS” 6J0 J9' 10 58 43% 8 4' A 7 1046 50% 4 88 41% 4 431 35% 5 93 25% 9 36 17% 437 7% 3 670 21% 10 667 76 ) 106 38 3 47 26% 6 179 10 10 973 34* 6 386 14 7 647 28* 9 219 49'i 7 66 36% 8 17’ 34’- 5 788 22% 5x319 28% J 8S3 M’« t jjj s« I t v t»*» 32 'a 32*+ % DataGen 10 509 49% 48 % 48%+ 3« 13 13%+ % Deere 7 332 36% 35% 36’a+ % 29’ 4 30% 4-1% Den Mf 7 29 18% 17 Va 18% + ï% 36 a 36% Dexter 8 10 21% 21% 21 %— % 24 24%+ % Digital E 14 1250 61% 60% 6136 + 1* 22% 23 + % Disney 10 443 36% 36% 3634+ % 34 34%+ % Dr Peppr 9x542 10’a 10% 10’a + % SI» 51*4+ * Dome 98 37 a 37 37%— * 38 38 Dorsey 4 74 14 13% 14 + 3iA 39 39%+ % Dow Ch 8 1611 30% 30 30’ a + î 9'4 9 - 4 duPont 6 778 40% 39 39’ a+ % 60% 61%+ % EGO 13 203 39% 38% 383a+ 3* 34% 35%+ % EasKod 8 2208 49% 48% 49%+ % 29% X Eaton 5 136 25% 24% 25%+! 17% 17984 •* EIPNG 6 «383 20% 19% 19%+ % 28% 28 % 4- % EiMeMg 27 35 3% 3% 3% 26 '- 26%+ % Esmark 6 232 27% 26% 26%+ % 6 ta 7 + % Ethyl S 21 24* 24’ a 2434 + % 50’a S0’4* % ExCelO 6 44 32’a 32% 32*+ % 53 53%+ % Exxon 7 982 56% 56 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18% 18% Z74 $16% 16% 16% 174 $153/.153/.IS’/.379 $19% 19% 19% + % 2500 80 77 80 3975 $10Va «% 10%+ % 7211 215 200 215 + 25 1300 $6% 6% 6%+ % ____ 600 $17% 17% 17% - % VerstlCorp16000 $14% 14% 14% VerstICw 1100 $5% 5*/.S»/.- % Vestgron 6300 $14% 14% 14% + % Vulcanind 1350 $10 93/, 91/,- % Wafrbord 100 450 450 450 WaiaxA 256 $15% 15% 15% - % Walk GW A 29878 $51 49% 51 +1% Wardair 200 380 380 380 -10 Warn Can 2200 $8% 8% 8% Wrintn 13100 135 131 13$ + 4 Weldwod 12900 $21 20% 20% - % Wstburne 3300 $23 WcoastPt 7679 126% W Pal An 900 $52 WcoaslT 15675 $13% Wcoaslw 2250 485 TrnsWst TrCanPL TrCanBpr TrimacA Trc9 12 Trimacwt TrinChib Unico A ünico B UnCarbid UGasA UnionOil UCanso UnCorp UnCorp59 UnCorp63 UKeno UnReefP USiscoe UW OG vanDer verstICor WBcas a WBcasB West Mine westtieid Weston Wstn6pr Whonok A Wilanour WilCO Willroy Windfall Woodreef Woodwd A WrMarg YkBtar YorkCons VLambton BBCRun BM Rtun CPermun TDRealty 22% 22%+ % 26 26%+ % 52 S2 + % 12*41 13%+ % 450 as +30 400 $14 13% 13% - % 400 $13 13 13+2 1400 $7îa 73/.7% + % 3500 340 330 340 +20 450 $23% 23% 23%+ % DS $64' a 64'-» M'ri 1910 115% 14'Y 14'/»-1 470 370 MS 365 10«00 a N N - 2 ino 345 110 SM - 5 21000 9| 12 M 4-10 43SI 41 40 41 + % Ml* $21% 2t'T 21% + * 200 130 1» 1)0 24200 M% 2M •% + * SOS 30% Mi )l%- % MO 170 MS 163 Trait Unit» 1270 114* 14% 14% — * 4615 $9* 9% 9%- % 953 »7* 7% 7* + % 1400 123 22* 22% - % ISWIVfOII» A I 5 Onourcn Arrow hMd Br« M0 H2» 1IM Gulf C Nv « 11 122 sa » MS » «Y S3 ¦ Gulf C Nv *5 p 9 sa MO MSA 2000 11 13 GuBC NvlOO ilflyu u0etot% MOO U ta Tulky J.20 ¦ M m 11a ‘-rr ta B Mulky j* M T 111 tas lia '000 »20Ki 20 .Huiky «p M I iis«u I -n- J ' I» .| Mm-' 1979 sur les bras et cet inventaire démesuré, avec les ventes décevantes des modèles 1980, est à l’origine de la baisse de production.Les trois grands de l'automobile procèdent donc à des licenciements nombreux.GM vient d'annoncer qu elle mettait à pied pour une période indéfinie 5,570 travailleurs de ses usines américaines.Elle élimine ainsi le deuxième quart de travail dans trois usines et réduit la cadence de production dans une quatrième De son côté.Ford fermera la semaine prochaine six de ses 13 usines de montage américaines pour des périodes allant de une à deux semaines Cette mesure touchera environ 24.000 salariés.Enfin Chrysler fermera deux usines de voitures et une usine de camions pendant une semaine Cette decision destinée à alléger les inventaires affectera 9,200 travailleurs américains.Remontée du dollar américain LONDRES (AFP)-Le dollar s'est raffermi irrégulièrement en cours de journée, vendredi, en l'absence d'aggravation du problème iranien II a bénéficié de l'annonce de nouvelles augmentations du taux d’intérêt préférentiel de Citibank et Morgan Guaranty.Les progrès de In livre sterling ont en revanche été réduits, comme la veille, par des ordres de ventes parvenus en fin de journée de la place new-yorkaise Le franc suisse et surtout le ven ont.par ailleurs, accentué leur affaiblissement de l'ouverture Le dollar clôture à 1.7945 mark contre 1.7925.4 2075 francs français contre 4.2020.1.6530 franc suisse contre 1.6450 et 243.5 vens contre 241.3 La livre sterling termine à 2 0920 dollars contre 2.0850.3.7575 marks contre 3.745.8.8025 francs français contre 8,775, 3.46 francs suisses contre 3.4375 et 509.5 yens contre 504 Au marché de l'or très calme, l'once a clôturé a 390.5 dollars contre 390 la veille Faites vérifier votre tension artérielle.La Fondation du Quét» des maladies du coeuf 'A' La Régie des grains sera mise sur pied d’ici l’été prochain par André Tardif SAINT-HYACINTHE - La Régie des grains du Québec verra le jour d'ici l’été prochain, a révélé hier le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, M.Jean Ga-ron.au terme de la conférence socio-économique consacrée à la production céréalière qui prenait fin hier à Saint-Hyacinthe.M.Garon n'a pu en préciser la date ni en dévoiler les coûts parce que le projet de loi n’est pas encore déposé.Mais il a dit que des travaux avaient déjà été faits en vue de son implantation et que les deux principales attributions de la régie seraient, d'une part, la classification des céréales produites au Québec, et d’autre part, la supervision des centres régionaux de traitement et d’entreposage.Il a ainsi partiellement rassuré les représentants de la Chambre de commerce du Québec, qui avouaient leur « répulsion naturelle » à l’addition d’un autre organisme gouvernemental à « expansion tentaculaire ».« La Régie des grains sera un organisme souple et le plus simple possible, au service des productions aussi bien que des utilisateurs, a-t-il dit.Elle ne sera pas là pour faire du commerce ou encore établir des rix.Il s'agira en somme d’un alancier chargé de l'application d’un règlement souhaité par à peu près tous les intervenants lors de cette conférence ».A part la Chambre et l’Association professionnelle des meuniers du Québec, qui ont avoué leur réticence, la majorité des quelque 100 participants — représentant une soixantaine — avait souhaité l’urgence d’une régie pour chapeauter une production céréalière en pleine expansion, et où le Québec tente de combler un déficit commercial important.Le ministre Garon avait, tout comme la veille, donné le ton aux discussions dans une intervention d'ouverture où il fit un parallèle entre cette expansion.rendue possible par la demande croissante de céréales dans le monde et qui crée des conditions économiques favorables, et l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, devenue rentable en raison de la pénurie mondiale de pétrole.Une analyse de l'utilisation des sols propices à la culture au Québec lui fait conclure à un potentiel d’au moins trois millions d’acres pouvant être consacrées à la production céréalière, susceptibles de produire quatre millions de tonnes d’ici 15 ou 20 ans, alors que cette production dépasse à peine le million actuellement.Les économistes de son ministère ont en effet calculé que l'amélioration possible des rendements des productions fourragères et l’utilisation croissante de maïs-grain permettraient de libérer environ 1,7 million d'acres pour la culture des céréales.a Les rendements moyens actuels d’environ deux tonnes à l’acre pour les cultures fourragères pourraient facilement être augmentés à 2.5 tonnes.Un tei changement permettrait de récupérer environ 20-25% des quatre millions et plus d’acres qui y sont consacrées, soit environ un million d’acres ».Expliquant de plus que chaque acre consacrée à la culture du maïs-grain permet d'économiser 1.5 acres servant à la production fourragère, dont le rendement est 2.5 fois moindre, quelque 750.000 acres pourraient ainsi être récupérées pour la céréalicul-ture.II a enfin affirmé que des centaines de milliers d'acres d'excellents sols abandonnés, et que la Loi de protection du territoire agricole protège désormais, pourront aussi s’ajouter au total potentiel des acres consacrées à la production céréalière.A son avis, toutes les conditions essentielles à un développement aussi important sont en place, y compris une conjoncture favorable et les éléments d'une recherche bien adaptée au milieu québécois.« Il me semble qu’il ne nous reste plus de raisons d’avoir de complexe face à cette production.a-t-il conclu.Il nous reste à faire des efforts communs pour que nos objectifs soient rapidement atteints ».AVIS ASSEMBLÉE PUBLIQUE ANNUELLE Le centre d'accueil La Cité des Prairies tiendra son assemblée publique annuelle à l'auditorium de rétablissement, le mercredi 28 novembre prochain, à 19:30 heures.Le public est cordialement invité.NOUVEAUX TAUX D’INTÉRÊT OBLIGATIONS D’ÉPARGNE DU QUÉBEC .12,00% Pour une période d'un an et sept mois, du 1" novembre 1979 au l" juin 1981.11,00% Pour une période d'un an, du 1" juin 1981 au 1" juin 1982.10,50% Par la suite, du 1" juin 1982 jusqu'à l'échéance des obligations.Les succursales au Québec des banques et les caisses populaires pourront fournir prochainement les informations nécessaires relatives aux montants à payer lors de l'encaissement des obligations.Informations additionnelles: Ministère des Finances (418) 643-5756 Gouvernement du Québec Ministère des Finance* r I 20 B Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 Les enseignants, professionnels et employés de soutien de l'éducation ont toujours comme objectif d'obtenir — une tâche définie j — une sécurité d'emploi améliorée — un pouvoir d'achat pleinement assuré.Mais les négociations du secteur public durent depuis 9 mois.• Le gouvernement et les commissions scolaires refusent encore de fixer un nombre d'élèves par classe, acceptable au plan pédagogique.• La partie patronale veut encore étouffer la vie départementale et limiter les libertés académiques dans les cégeps.• Le gouvernement fait encore subir aux professionnels et aux employés de soutien les conséquences des coupures du budget de l'éducation.• Les offres patronales indiquent encore une volonté très nette de renforcer les droits de gérance et d'attaquer des droits acquis.• Le gouvernement refuse encore de maintenir une pleine indexation et le taux de croissance des salaires, malgré la hausse vertigineuse du coût de la vie.Nous ferons tout ce qui est possible pour en arriver à un règlement.Mais s'il y a grève, c'est que le gouvernement n'aura pas voulu prendre les moyens pour l'éviter.S'il y a grève, c'est le gouvernement qui en sera responsable, entièrement responsable, seul responsable.centrale de l’enseignement du québec 1 LE DEVOIR CULTURE ET SOCIÉTÉ Montréal, samedi 10 novembre 1979 Marcelle Ferron Pour la trace d’une époque Marcelle Perron, signataire du Refus global de Borduas en 1948, est un témoin privilégié du Québec moderne.L’artiste avait rejoint les Automatistes en 1947.Le peintre expose ces jours-ci, à 50 ans, à la galerie Gilles Corbeil.Marcelle Ferron avait quitté le Québec étouffant de 1952 pour y revenir dix ans plus tard.Sa peinture a été gestuelle.Puis, la spontanéité a fait surgir des lumières.L’artiste a donc exploré la verrière.Les architectes lui ont fait des commandes pour le métro de Montréal et pour la cathédrale de Saska-toon, récemment, par exemples.Mais Marcelle Ferron revient toujours à la peinture.Soeur de Madeleine et Jacques Ferron, les écrivains, elle a poursuivi son cheminement de peintre de façon exemplaire et généreuse jusqu’à ce jour.L’artiste a accepté, cette semaine, dans une entrevue exclusive au DEVOIR, de témoigner de sa vie de peintre et de femme.»À 50 ans, nous a-t-elle dit, je commence à peindre ».¦ — Quelle différence y a-t-il, pour vous, entre la verrière et la peinture?— « Cela m’amène à préciser une grande confusion de notre époque où une bonne partie de l’art actuel est décoratif.Je ne le dis pas de façon péjorative.Mais la verrière, c’est de l’art décoratif tandis que la peinture est porteuse de sens Quand je fais une verrière, je dis que je joue, comme un enfant.Je joue un jeu sérieux, que je maîtrise.Cela me plaît, parce qu’il y a là aussi un aspect social: tu travailles pour le monde et c'est anonyme.Mais l’écriture des verrieres me laisse pourtant insatisfaite.Quand tu travailles en architecture, tu es contrainte par l’environnement et tu utilises des éléments répétitifs: c’est de la décoration.Cela a ses qualités: c’est direct, cynétique et ça joue avec la lumière.Mais cela n’a rien à voir avec la peinture.Cela n'a pas la même charge de sens.La peinture, c’est la soeur de la poésie, pour moi.Tandis que l'art décoratif, est un poème sans mystère, "est un jeu où tu profites de l'acquis C'est très plaisant mais il n’y a pas d’inconnu C’est très facile à décoder C’est pourquoi l'art décoratif sécurise.» — Et, selon vous, l'art décoratif l’emporte, aujourd'hui?— « Des poètes, des peintres sont découragés et se demandent à quoi sert l'art aujourd’hui.Moi je leur dis que ça ne sert à rien, sinon à eux d’abord.Mais que l'art existe, c'est très important C’est un facteur de liberté.Pour moi, il n’y a pas d'expression sans remettre en question la liberté et la gratuité qui y est liée.Et puis, si l'art n'existe plus, pourquoi, dans les dictatures, on met les artistes en prison?Parce qu'ils sont gênants, bien sûr.Et ceux qui disent que la peinture est morte, que la peinture est dépassée sont comme ceux qui diraient que la poésie n'existera plus! Peut-être.dans une société autoritaire où on aura fait un lavage de cerveau {général! Il n'y aura plus de poète, c'est entendu! Mais je pense bien que même malgré cela il en restera toujours un! » ' — Quel est alors le rôle du peintre?— « Le peintre, c'est un historien Qui écrit une histoire parallèle contre l'histoire académique Les artistes écrivent des histoires parallèles qui sont la véritable histoire de leur époque D'ailleurs, l'autre histoire, académique, il en reste à peine quelques témoins.plus tard On sait ce que c’est, l'académisme: c’est décoratif, c'est répétitif, ça fonctionne avec des recettes, des systèmes, des grilles Par exemple, un gars qui peint par Jean Royer pendant vingt ans des maudites barres! Ça a beau être joli, c'est du domaine de l’art décoratif.Je n’ai rien contre.Mais il ne faut tout de même pas donner à César ce qui n’est pas à César! » — L’académisme, comme l'art décoratif, fonctionne dans du connu?— « Oui.En face de cela, tu te demandes ce que tu privilégies.Moi, comme peintre, je suis d’abord passée par le gestuel, pour m’en libérer.Ce que j’en ai gardé, c'est une conviction, une valeur: le tableau est toujours un inconnu.L’inconnu est nu.C’est d’ailleurs le titre d’un de mes tableaux.Et c’est, curieusement, le titre d’un poème qu’est en train d’écrire Gilles Hénault.D’ailleurs, tous les deux, nous appartenons à une certaine époque qui a pris position à divers niveaux pour défendre ces valeurs-là.Peindre, pour moi, ce n’est pas juste faire des bar-bots sur une toile.C'est beau- «Le peintre, c’est un historien, qui écrit une histoire parallèle contre l’histoire académique.» coup plus profond que ça.Et moi, je privilégie l'imaginaire.Qu’est-ce alors que la création?C’est une réponse à des âges différents.Tu ne peins pas à .10 ans comme à 50 ans.Aujourd'hui, ma peinture n'est plus gestuelle.Le geste n’est plus l’écriture.Par contre, je privilégie la trace.Quand tu fais un trait, c'est une trace.La trace a toujours existé Tu la retrouves dans les dessins d'enfants, dans ceux des malades mentaux.Il n’y a ue l'homme complètement bmestiqué qui n'ose plus laisser de trace.Mais, qu’il le a: de dire l’essentiel.Tu ne peins pas avec la même vision du monde et de toi dans ce monde.Cette transformation est très importante dans la relation avec ton travail.« Moi, à 50 ans, j’ai l’impression de commencer à peindre.Je suis sur un autre chemin.À 30-40 ans, j’étais à un carrefour.Et à 50 ans, j’ai choisi une route.Qui est beaucoup plus difficile.Mes valeurs changent.Par exemple, le tableau réussi, moi, ça ne m’intéresse pas en soi.Ce qui compte, c’est le cheminement.Tu as autant de talent à 30 ans qu’à 50 ans.Le talent n’a pas a'âge, ni passeport, ni nationalité.Mais il se transforme.Et il change ta relation avec ton travail.À 30 ans, t’es content d’avoir réussi une grande tartine peinte d’instinct.À 50 ans, c’est le cheminement qui m’intéresse.Je ne vis pas non plus de la même façon qu’à 30 ans.Et peindre, c’est une manière d’etre, de vivre ».— Être femme et peintre, est-ce plus facile aujourd’hui qu'en 1948?— « Moi, être femme, être peintre, cela ne m’a jamais posé de problème.Grâce à mon éducation, d’abord.Mon père a donné la même éducation aux filles qu'aux gars.Il avait les mêmes exigences.La fille chez-nous n'était pas l’être faible, surprotégée, uste bonne à faire du tricot! out ce qu’on faisait était à l’égalité des gars, avec les mêmes exigences, les mêmes libertés.Moi, je ne me suis jamais considérée comme lin être faible.Je suis vulnérable comme tous les êtres un peu sensibles sont extrêmement vulnérables.La vulnérabilité, ce n’est pas attaché à mon sexe mais à mon être.Comme la tienne.Comme peut-être celle de tous mes amis: moi, j’aime les êtres qui ont cette vulnérabilité.Parce que c’est peut-être ?e qui rend sensible, compré-nensif, ce qui donne des ouvertures.« Comme peintre, je n’ai jamais vu la critique considérer Rita Letendre, Lise Gervais ou moi comme des êtres à part.Je n’ai jamais senti de ségrégation.Mais en Europe, cependant, je me suis aperçue qu’une femme, à talent égal, avait beaucoup moins de facilité qu’un homme En France, tu commences à être intéressante comme artiste quand la « femme » devient secondaire et que c’est « l’artiste » qui prime.C’est sûr qu’à 50 ans t’es plus une « artiste » qu’une « femme »! Là, ça marche! iu Ti «Il n’y a que l’homme complètement domestiqué qui n’ose plus laisser de trace.» veuille ou non.il en laissera toujours une .» — Que voulez-vous dire: « on ne peint pas d 30 ans comme d 50 ans »'> — « Quand tu as 30 ans, t’es éternelle! C'est seulement à partir d’un certain âge que le temps prend sa dimension.Et c'est à partir d'un certain âge qu'on devient soi, qu’on sent sa propre identité et qu’on se débarrasse des influences.Mol.Je dis: la mort éclaire la vie Elle ne te rend pas morbide ni suicidaire.Au contraire La mort donne à la vie une richesse, une fragilité aussi qui te rend beaucoup plus attentif Avec l'âge, tu perds d'une main et tu gagnes de l’autre.A 50 ans, tu as perdu la puissance de travail de tes 10 ans.tu es obligée de ramasser tes forces, mais ça va s'approfondir tu vas essaver Photo Jacques Grenier m X .n mu nia» «Le tableau est toujours un inconnu».Pour toutes mes amies qui ont atteint une certaine notoriété en Europe, cela a commencé à 50 ans.pas avant En Europe, il y a.c'est vrai, une plus grande population de grands artistes Alors, on attend que tu vieillisses, comme le vin : on t’achèteras quand tu seras un bon cru! Ici.au Québec, c'est plus sympathique Le public est beaucoup moins conditionné par les modes II est plus attentif, il ose aimer! » — Comment expliquez-vous que le Québec rl'au-jourd hui fait de plus en plus référence au manifeste « Refus global »?— « Prenons les étudiants, qui lisent Refus global.D'abord.ils te regardent! Le manifeste.c'était en 1948' Ils pensent que t es une espèce de dinosaure! Puis, ils le lisent Après cela, ils te parlent et te disent: « Comme c’est étrange, on a beaucoup de parenté, d’affinités, c’est intéressant, ce que tu dis.T’es correcte, toi! » Moi, je leurs réponds qu'il y a une différence.Moi, à leur âge, à 20 ans, je n'avais pas de « père spirituel ».On n avait pas de passé.Tout notre art était complètement emprunté.À notre époque, on était coupé de notre passé comme de notre culture Je ne connaissais pas Légaré, je n'avais pas lu Gabrielle Roy.Nous, quand on a tiré sur la nappe, il n'y avait rien sur la table! C’est peut-être pourquoi on a pu se situer d'un bond au niveau de la recherche picturale qui existait en France.Autrement, c'était impensable.Tandis que les jeunes qui relisent Refus global, pour eux c’est leur passé Ils acceptent tout d'un coup d’avoir un père Parce qu'ils se cherchent un passé.Et qui dit recherche dit identité.Cela va avec tout le mouvement du Québec actuellement.» — Borduas a vraiment été un « père spirituel ».— « Oui II nous a tous faits.Moi, j’étais la plus jeune.Quand Riopelle a rencontré Borduas.il faisait des petits paysages Moi.je faisais des grandes femmes symboliques, très morbides Borduas m’a dit « Vos rimcticrcs.c'est de la peinture mais vos bonnes-femmes, c'est de la littérature! » Je le reconnais Borduas a été mon maître Dans le vrai sens du mot II m’a appris à « voir » la peinture Tout le temps que j'avais passé aux Beaux-arts, je n'avais strictement rien « vu » J'étais aveugle » — il vous a montré d lire une époque.— « Tout se tenait.Apprendre à lire la peinture, à decoder, cela t'apprend à avoir un autre regard sur la société C’est ce qu'on ne nous a pas pardonné tout à coup, ce regard-là' On s'est mis à regar- der ce qui se passait dans la vie.Et comme on avait appris à voir un peu mieux, on a vu.C’est tout.C’est global, ça.— On dit que le Québec moderne commence avec Borduas, les Automatistes dont vous avez fait partie et « Refus global » que vous avez signé.Comment vous sentez-vous, comme référence?— « Cela ne me gène pas du tout.C'est de l'histoire Moi, je ne suis plus dans l'histoire.J'appartiens au présent Pour moi, Borduas.c’est le passé C’est ce qui m'a formée, c’est ce qui m'a aidée à prendre quaient cette conscience Avec une certaine violence.Mais, au fond, ce n'est pas violent.Refus global.D'ailleurs, ce n’est pas un refus, c'est le contraire Refus global, c'est un Oui.C’est peut-être cela que les jeunes voient au-jourd hui.» — Revenons en 1948.André Breton avait signalé en France l'existence de Borduas et des Automatistes au Québec.Quels étaient vos liens avec le surréalisme, comme peintres?pour nous la peinture surréaliste était « littéraire ».— Et vous, Marcelle Ferron, comme peintre, comment répondez-vous aujourd'hui de votre exploration de l'Imaginaire?—« L'imaginaire, c’est en mouvement C’est très curieux.le fait de peindre Une image naît.Tu la reconnais ou tu ne la reconnais pas Et tu peux passer à côté Moi, il y a beaucoup de tableaux que je détruis, je ne sais pas pourquoi Et chaque tableau a son :e qu la Fi qu’à l’ép< était obligés de partir Au lieu 1952 rance en u’à l’époque, on dée à partir pour ^arce qi _ 5 à .de me suicider.' Borduas m'a fait prendre un autre carrefour « C'est sûr qu'il y a dans Refus global des valeurs stimulantes pour les jeunes Et il y a toujours l'homme qui témoigne pour la liberté.Pour une certaine forme de liberté Pour un maximum de liberté possible.Pour avoir le choix Pour ne pas accepter de vivre sous la peur, sous l'autorité, sous la dictature Les dictatures peuvent régner par la terreur.il y a toujours eu des témoins pour lutter C'est ça.la liberté Et que Borduas Tait dit avec énormément de courage à l'époque, avec une certaine maladresse mais qui est extrêmement émouvante, moi Je dis que c'est un être de très grande qualité C'est sans doute pourquoi les Jeunes aujourd'hui le reconnaissent et le choisissent comme « père » « Borduas a refait toute la trajectoire du Québec II est parti des églises.Peintre d'église, avec son vieux maitre qu il respectait et à qui il a toujours donné le crédit en disant « Je dois tout à Ozias Leduc » De là.reconnaissant ce père, il a rattrapé un temps énorme Evidemment.Il s'est élevé contre ceux qui blo- «Nous, quand on a tiré sur la nappe, il n’y avait rien sur la table!» —« Notre influence du surréalisme est littéraire C'est la poésie et les écrits surréalistes qui nous ont libérés sur le plan intellectuel Mais il n'y a aucune relation entre la peinture surréaliste et nous.Nous étions des bons vrais petits paysans solides Avec une intuition très puissance C'était là notre force Mais la peinture surréaliste non Je me souviens des dessins de Matisse cela, c'était dans un type d'espace qui me concernait, qui nous concernait Notre nourriture, c'était les livres surréalistes.qu'on achetait sous le comptoir En musique, notre nourriture, c’était Varèse, qui nous allait comme un gant Et Stravinsky, qui avait cependant été hué a Montréal Nous écoutions aussi de la musique africaine qui utilisait les batte-ments du coeur comme rythme fondamental Mais authenticité, sa personnalité.Moi.je ne peins pas deux tableaux pareils: je mourrais d'ennui! Alors, cet imaginaire, c'est un ensemble, qui tient à tellement de facteurs inconnus T as pas de temps à perdre à Tanalvser L'important.c'est ta relation avec lui l'ette image qui nait tu la re connais et tu exiges d’elle.Jusqu'à aller la détruire A un moment donné, sans savoir pourquoi.tu arrêtes le tableau Et si tu le poursuis sans arrêt, tu Je menaces de destruction Mais pourquoi l arrètes-tu’’ Parce qu'il est rendu à sa grosseur.comme un individu Tu ne peux plus lui faire dire autre chose que ce qui est là Parce qu'il a ses limites, son organisation, sa coloration, ses plans, ses relations Alors, à un moment donné, c’est fini: tu ne peux plus l'amener plus loin « Donc, moi, ce qui m'intéresse, ce n’est pas le tableau, c’est le cheminement.Il y a là les bons et les moins bons tableaux.C'est très fragile et ça n’a rien à voir avec les époques, quand on parle d’imaginaire.Il y a les époques où le diable était dans ta cabane pour ta vie personnelle et disait: « Que ta peinture est joyeuse! Quelle vie! » Alors, tu ne te poses plus de question! Non.Ce n’est pas intéressant cela Parce que la vie c'est une chose et la peinture, c’est une autre vie.L’imaginaire, pour moi, est plus reel que la vie.« Un tableau, c’est plus réel que la vie.Bien sûr, ma peinture peut être influencée par le pays.Moi, je suis un paysagiste abstrait, au fond, il n’y a pas de référence au paysage.Le propos plastique n’est pas du tout paysagé II n’y a pas de perspective, les plans sont plus serres, on peut toucher l'espace.Mais c’est certain qu'il y a une énorme influence du monde où l’on vit, de l'espace où l’on vit.C’est sûr, tu ne peins pas dans la jungle comme tu peins ici avec ces changements de couleurs, de lumières, avec ces affrontements.L'automne, un sapin noir sur un plan blanc: cela a de la puissance.C’est certain que ce qui peut sembler violent est tendre, pour moi.C’est inné.Tu ne peux pas t’en débarrasser.Cela fait partie de ta culture profonde Cela ne s'analyse pas Tu baignes là-dedans.C’est cette appartenance qui est très profonde Tu ne peux pas peindre dans la lumière de l’Ile-de-France! « Mais on a beau dire, on ne sait pas ce que c’est que la création Tout le monde a un imaginaire.Chacun a le sien.Avec lequel il ne va pas néces-sairement construire un tableau ou de la musique.Mais il va rêver.Il va construire un bon repas, se promener, ou raconter (chez les conteurs, il y a une création).Alors, qu'est-ce que la création’’ On ne connaît même pas encore l'utilité du rêve dans le sommeil, disait récemment un neurologue éminent! « Par contre, l'art, ce n'est pas la folie! L'art, c'est absolument le contraire de la schizophrénie.L'artiste n’est pas un fou inspiré Pas plus qu’il n'est le commerce qu'on en fait aujourd'hui L'artiste, je crois, sera toujours un marginal Moi.je me considère comme marginale « Pour moi, la vie, ce n’est pas une ligne droite mais des courbes qui tracent — comme dirait mon père: « une directive qui se déroulé » La vie est en spirale, pour mol.L’approche de la peinture c’est aussi la spirale Dans l’é^ volution du tableau, tout est possible.Des fois, ça peut tourner d'un coup Tu ne sais pas pourquoi mais il faut que tu le laisses tourner En taisant le tableau, le peintre est le maitre et lui, l'esclave Mais après, tu es l'esclave et le tableau est le maitre C’est un jeu entre les deux Comme avec un de tes enfants il te ressemble mais il a son identité » f 22 P Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 CULTURE ET SOCIETE Quatre nouvelles revues par Joseph Bonenfant LES revues ont toutes sortes de rapport avec la littérature, soit d’analyse, de promotion, soit d'information, de production nouvelle.Elles ont aussi pour rôle de la rendre accessible, en se faisant forum, critique et renforcement.Dans ce carrefour de points de vue, chacune explore un terrain qui mérite attention.Des quatre revues dont il est ici ouestion, chacune ré- fond à des besoins nouveaux.I faut admirer le courage de ceux qui fondent des revues, en ce temps où elles semblent si abondantes qu’on désespère de les lire toutes.Des livres et des Jeunes a été fondée en novembre 1978 et compte déjà trois numéros.Elle est la revue de l’Association canadienne pour l’avancement de la littérature de jeunesse (ACALJ) (1).Des milliers d’enseignants et de parents sont susceptibles de s’intéresser à cette revue fondée et dirigée par Raymond Tétreault et André Mareuil.Comment développer le goût de la lecture et l’usage du livre chez les enfants et les adolescents, s’interroge A.Mareuil dans le premier éditorial?La revue veut répondre à ce besoin.Le dossier du premier numéro porte sur les dictionnaires à mettre entre les mains des jeunes.Je ne savais pas qu’il existe des dictionnaires adaptés à chaque âge scolaire.Le Dictionnaire actif de Marchand, le Larousse des enfants (nouveauté de 1979), mes 10,000 mots de Didier, puis le Larousse des débutants, puis le Micro-Robert, le Petit Larousse illustré, etc.Il fallait qu’on dise cette graduation, cet ordre de difficultés et de réponses.André Mareuil parle du monde merveilleux des dictionnaires et de ses richesses littéralement inépuisables.D’autres articles font connaître les livres d’auteurs québécois, parlent des livres lus et reçus.A noter l’article de Denise Escarpit.le choix par l’éducateur du livre pour enfants.Le no 2 est consacré aux Contes d’ici et d’ailleurs.Collaboration de sommités comme Luc Lacourcière et Germain Lemieux.Léo Brodeur rappelle les fonctions du conte de fée selon Tolkien: fantaisie, rétablissement (ou guérison), évasion, consolation; cette typologie complète avantageusement celle de Propp.ClotHde Painchaud publie un conte inédit, bien tourné, agréable leçon d’histoire naturelle.J’ai sous les yeux les trois premiers numéros de Trajectoires (2); je viens de les parcourir avec intérêt.Mais 3ui sont donc ces gens-là, me emandait un ami?Je n’en sais rien de plus que lui.Il faut retenir que le comité de rédaction est un comité-Action-Poésie, dont sont membres Jean-Claude Abrassart, Jérémie Arrobas, Margaret Buckley, Lise Parent, etc., avec des positions variées d’un numéro a l’autre.On lit ici et là des manifestes.« Aucune création particulière n’épuise cependant l’ensemble de la doctrine ultrasens.La poésie ultrasens se veut polysémique, obstaculaire et cosmolittera-le ».Le no 1 présente sept rubriques, le no 2, six et le no 3, cinq.C’est « Prisme » et « Ultrasens » qui l’emporte chaque fois, avec des poèmes d’Arrobas et de Margaret Buckley, de nature très lisible, d’allure souvent narrative et laissant passer une bonne charge lyrique, comme on en long poème d’Abrassart dans le no 3, « des siècles d’hommes, d’herbes et de chevaux », est un texte qui se lit bien, avec des facilités, mais aussi avec ces raccourcis étonnants, cette simplicité dense qui rappellent autant Rimbaud que Sylvain Garneau.Formellement, cette poésie tranche avec celle de la Nouvelle Barre du jour, qui travaille dans la concision et l’ellipse, la nudité et le heurt.Justement, dans le no 2, Abrassart analyse longuement les nos 76 et 77 de la NBJ.Il se découvre en monde statique et clos, déplore le goût de la noirceur et du vide et conclut à l’absence de « véritable subversion poétique ».Finalement, il ne voit pas là grand-chose de bon, meme s’il voulait sa critique impressionniste.Plus loin, il formule une théorie (qu’il devra bien sûr approfondir) : « Toute incantation naît de techniques: obstu-calarité, polysémie, assuma-tion du sens, ultrasymbole, cosmolittéralité, microcosme fictif, fascination.Il ne s’agit pas là du chapelet de l’Ultra-sens, mais d'outils ».Nous attendons impatiemment la suite de la réflexion, car jus- Y achar Kemal Une épopée bouleversante par Jacques Renaud Yachar Kemal.La légende des mille taureaux, roman traduit du turc par Munev-ver Andac, Paris.Gallimard.1979.340 p.YACHAR Kemal est certainement l’un des conteurs les plus émouvants et les plus bouleversants ou’il puisse nous être donné de lire.C’est avec un enthousiasme jamais tari que j’ai lu d’un bout à l’autre sa Légende des mille taureaux.Yachar Kemal est Turc.La Légende des mille taureaux, qui évoque le nom d’une mon- tagne ou d’une région de egio rtniç la ue é- SAVIEZ-VOUS QUE 98etit-fils Kérem de surveiller a source toute la nuit.Et lorsqu'elle figera, de demander à Hizir et Ilyas des pâturages dans la Tchoukourova Niais Kérem veut un faucon.Et ce sera plus fort que lui.Et Djé-rène, la plus belle fille du clan, on lui a aussi demandé de souhaiter.Mais elle aime Halil qui court dans la montagne et que les policiers pourchassent.C est là que va son coeur.Et les seuls qui pourraient sauver le clan des Yeuruks d’un nomadisme sans fin, parce qu’ils sont les plus jeunes et les plus purs, ont déjà trahi pour des objets de leur coeur.Et ils ne trouveront pas de terre.Mais le petit aura son faucon.La fille, elle, attendra Halil jusqu'à la fin et n’épousera pas, même sous la pression du clan, Oktay Bey qui l'aime à en mourir et qui, pour ce mariage, offrirait toutes les terres dont les Yeuruks ont besoin.Elle ne lève même pas l’oeil sur lui.Oktay Bey délire, le riche Oktay Bey.Halil ne croit pas vraiment à un tel amour.Kérem perd, retrouve, retrace son faucon.Les Yeuruks errent.Pourchassés par la population.Baïonnettés par les forces de l’ordre.Ils ne savent où aller.Maître Haydar, de la Confrérie des Forgerons, ira offrir au Sultan, dans la ville d’Adana, l’épée qu’il forge depuis 30 ans, cent ans, l'épée du Grand Turkmène qu il forge depuis mille ans, qu'il ne cessera jamais de forger car c’est Dieux lui-mème qui s’inscrit dans les signes de cette arme sacrée.Mais il n'y a plus de Sultan dans cette ville, il n’y a que des automobiles, des hommes qui battent les enfants, qui sont incapables de regarder dans les yeux, qui marchent vite comme des fourmis et un descendant des plus Nobles qui écrit des livres.Maître Haydar fera rire de lui et reviendra au campement Retrouver son fils Ke-rem qu’il adore même s’il a préféré le faucon Et la belle Djérène qui demeure au clan, car l'on ne contraint pas les filles chez les Yeuruks et l'on ne peut pas non plus s'empêcher d'aimer ce qui est grand noble et beau Et Djérène à la fin enterrera le cadavre du « maquisard » Halii tué au combat, qu elle n'a jamais cessé d’aimer.chargera son fusil sur son épaule et prendra à son tour le chemin des montagnes.Nul doute que les Yeuruks, l’âme et la vie chevillée au corps, ne cesseront jamais de voir grand La Légende des mille taureaux, si vous croyez encore à l'aventure, à la générosité, à la bonté et au courage En plein vingtième siècle ÉDITIONS PAULINES En collaboration L’ESPÉRANCE AU COEUR DU MONDE Coll.SEVE NOUVELLE »24 * format: 12,5 x 19 cm.* 136 p.‘ $6.50 Une réflexion sur l'espérance, dans un monde de profondes détresses qui permet et engendre des -réfugiés de la mer», n'est sûrement pas superflue Grande est la tentation de se demander: «Où donc va l'humanité»?Le volume L'Espérance au coeur du monde présente quatre témoignages de vie Des hommes et des femmes traversent des situations difficiles qui obligent chacun à aller au bout de lui-même, à puiser à la sève vive de l'espérance en l'homme et en Dieu Cette espérance devient tantôt vigueur qui soutient l'effort tantôt motivation qui persévère dans l'action tout autant que confiance dans une Présence qui habite profondément le coeur En vantn chu votra libnln tiibituil ou bion idrossor voir# commando à 3965 ut.bout Henri Bourassa Montréal Qué H1H 1L1 * TM.: 322-7341 qu’à maintenant, nous sommes en présence d'une revue qui se cherche passionnément, et balbutie avec fougue son absence de politique nette, au accessible.Écriture française (3), quant à elle, s'intéresse à la lit-térature d'expression française hors de France.Le premier numéro offre un sommaire affolant dans sa diversité: Senghor parle du métissage culturel, Gilles de Lafontaine d’Hubert Aquin, Léo Brodeur de Roger Brien « titanesque poète québécois ».On remarque tout de suite l’absence de rubriques.Mais si on se donne la peine de parcourir la revue on fera un tour du monde francophone en moins de deux heures avec l’impression d’en avoir pour son argent.On aura lu des devinettes et des mots d'esprit, lu des choses sur le curcuma, épice calédonienne, des listes de livres reçus ou en bref, des contes, des tours d’horizon, du courrier, de libres opinions, une notice nécrologique où DesRochers voisine avec Bref et Léon-Gontran Damas.Je recommande la revue à tous ceux qui n’ont pas idée de tout ce qui peut se publier en français hors du Québec et hors de France; ces gens-là sont légion.Le directeur Antoine Naaman et le rédacteur en chef Léo Brodeur voient grand, large et loin, puisque la revue se veut « culturelle, indépendante, internationale, d’information et de création, porte-parole des auteurs de langue française et des auteurs français nés ou vivant hors de France ».Ça ne manque pas d'ambition.De semestrielles qu’elle est maintenant, la revue deviendra mensuelle en 1983.Les Québécois n’ont pas l’habitude de revues aussi abondantes dans leur matière et composites dans leurs sujets; mais je pense que des centaines d Africains s’en régaleront, puisqu’il y est, c’est normal, beaucoup question d eux, et que la revue se parcourt agréablement et n'exige pas un effort intellectuel exagéré.Disons un mot des Cahiers du Hibou (4) dirigés par Pierre Francoeur et publiées sous le patronage de l’Association des Auteurs des Cantons de l'Est (5>.Le premier numéro est double et se compose d'un recueil de poésie: Le Temps s’en va, par Gaston James Stratford.Une poésie attachante, simple, en laquelle travaillent le souvenir, le re- gard et la paix.Une tendresse, une fragilité à chaque page.Le cahier no 3 est plus diversifié: des poèmes fort prometteurs d’écrivains de la région: Robert Yergeau, Michel Muir et Sylvie Cloutier.Des extraits d’un prochain roman de Ronald Martel, le Dernier Impie.On lira avec intérêt une entrevue de Daniel Roy, jeune poète qui a publié quatre re- cueils à ce jour, par Jean Civil, une autre d’Alfred DesRochers par Pierre Francoeur, cette dernière nous ramenant le langage vert et les synthèses historiques bien ramassées propres au poète de l’Orford.Les Cahiers du Hibou sont d’une présentation très attrayante, d’une lon- fueur moyenne de 45 pages.1s sont un bon exemple de ce qui s'écrit de bon en poésie en dehors de Montréal.Les deux premiers numéros suffisent Eour cette affirmation.'entrevue avec DesRochers, qui aura une suite dans le no 4, n’indique-t-elle pas que le poète, décédé il y a un an, a déjà une postérité estrienne?Et qu’une pléiade de jeunes poètes de cette région, mascu- lins et féminins, ont déjà repris le flambeau et le tiennent bien haut?Notes: 1) Des livres et des jeuns, C.P.2152, Suce.Jacques-Cartier, Sherbrooke, J1K 929.2) Trajectoires, Editions du CAP, 16, rue Beaufort, Dollard-des-Ormeaux, Québec.3) Ecriture française, no 1, 1979, C.P 456, Sherbrooke, J1H 5J7.4) Les Cahiers du Hibou, les Éditions Sherbrooke Inc., C.P.1001.Sherbrooke, JlH 5L3 5i Cette association publie un bulletin mensuel depuis février 1978.sous le titre de Grimoire.couvrant toute la production littéraire en Estrie.L'adresse: 143.rue des Mésanges.St-Elie d’Orford.Québec.JOB 2S0 Vient de paraître: le _ cure labelle LE COLONISATEUR* LE POLITICIEN* LA LÉGENDE WÊÊÊÊBBÊL Levesque et Robert par Robert Lévesque et Robert Migner collection Jadis et naguère Deux jeunes écrivains, férus d’histoire, ont été attirés par la personnalité du Curé Labelle et l’ont fait revivre dans le contexte politique de son époque.Une biographie alerte et attachante.*!• les éditions la presse 204 pages $8.95 en vente partout Pierre Fournier Le patronat québécois au pouvoir: 1970-1976 1970 1070 nouveautés éditions hurtubise hmh Pierre DesRuisseaux Le livre des expressions québécoises Robert Major Parti pris: idéologies et littérature EXPRESSIONS QUÉBÉCOISES P terre DesRuisseaux 308 pages $13.95 Ce livre est une analyse du pouvoir politique du patronal au Québec, depuis les débuts de la révolution tranquille jusqu’en 1976 Sylvie Vincent et Bernard Arcand L'Image de ('Amérindien dans les manuels scolaires du Québec in Parti pris: Idéologies et littérature w ra*T,\T 278 pages $9.95 Des expressions que l'on entend couramment, des manières de dire qui donnent une couleur particulière à notre langue et l'enrichissent Donald B.Smith Le ’’Sauvage" 340 pages $13.75 Etude complète du phénomène Parti pris le grand mérite de ce livre est de jauger la littérature et la critique littéraire d'après des sources idéologiques Keith Crowe Histoire des autochtones du Nord canadien Le Sauvage- .v r -y Histoire des autochtones du Nord canadien 334 pages $15.95 Cet ouvrage est une critique provocante qui permet de prendre conscience des stéréotypes de notre société loi 138 pages $8 95 Le"Sauvage pendant la période héroïque de la Nouvelle-France (1534-1663) d'après les historiens canadiens-français des XIXe et XXe siècles 266 pages $15.90 Ce livre apporte une meilleure compréhension de la vie et du rôle des premiers habitants du Canada nouvelle adresse: éditions hurtubise hmh liée 7360, boul.newman ville lasalle, québec.H8N 1X2 tél.: 364-0323 Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 ¦ 23 CULTURE ET SOCIÉTÉ L’oeuvre de Robert Elie Un itinéraire intérieur par Robert Mélançon Robert Elle, Oeuvres, Montréal, Éditions Hurtu-bise H M H, 1979, XX et 870 P- ON ne soupçonnait pas généralement que l’oeuvre de Robert Elie était si abondante et que deux romans, La Fin des songes (1950) et II suffit d’un jour (1957), trois pièces de théâtre publiées dans les Écrits du Canada français en 1954 et en 1964 ainsi qu’un bref Bor-duas publié dès 1943 (le fait vaut d être noté en ce qu’il témoigne chez cet écrivain réserve de plus d'audace qu'on n’a coutume de lui en prêter) n’en formaient que la partie visible comme la pointe émergée de l’iceberg (ainsi que le veut le cliché inévitable en l’occurrence).On savait bien qu’Élie avait collaboré à la Relève dès 1935 — il avait alors vingt ans — et qu’il avait publié régulièrement des, critiques et des essais dans une quinzaine de périodiques du- rant plus de trente ans.Et en 1973, l’année de sa mort, les Écrits du Canada français avaient publié un choix de textes qui permettait d’entrevoir la variété de l’oeuvre à défaut de son ampleur.La publication récente de ses Oeuvres en un fort volume de près de 900 pages grand format prend néanmoins la valeur d'une découverte.Il y a d’abord, c’est évident, l’effet de masse: à seulement soupeser ce livre, à feuilleter ses grandes pages d’une élégante typographie, on comprend d’emblée qu’on en aura pour longtemps a le lire, qu’il faudra mettre du temps avant d’avoir visité au moins une fois chaque pièce de cet édifice.Mais il y a surtout, dès les premières heures de lecture, la découverte d’une oeuvre variée, qui a répondu à diverses sollicitations: romans, nouvelles, pièces de théâtre, scénarios, essais, poè- mes, critique littéraire et artistique.Plutôt qu’un romancier, un essayiste ou un poète, Robert Elie fut un homme de lettres adonné aux diverses formes de l’écriture et y trouvant chaque fois son bien, sa forme propre.Rien n’est plus rare, particulièrement ici, particulièrement à sa génération, et cela seul suffirait à rendre précieuse son oeuvre.Répondant à tant de sollicitations diverses celle-ci possède néanmoins une profonde unité parce qu’elle s'ordonne autour de quelques intuitions fondamentales dont on retrouve la trace ou la force agissante aussi bien dans les chroniques d’Architecture, Bâtiment, Construction que dans les romans, les poèmes ou les études de critique littéraire et artistique.On rencontre partout, diffuse dans tous les textes, une interrogation sur la destinée et sur le sens de la vie.Elie était chrétien, un chrétien exigeant bien éloigné du confort de cette espèce de religion civique unanime qui avait cours ici naguère, et il n’hésitait pas à prendre parti pour l’écoie laïque, h parce que je suis catholique » comme il l’écrivait en 1961.On a vu tout récemment, avec la polémique autour des Fées ont soif et avec les manoeuvres par lesquelles quel-ues honnêtes gens ont tenté ’empêcher la déconfessionnalisation de l’école Notre-Dame-des-Neiges, que cela ne va toujours pas de soi.L’interrogation d’Elie se définit en termes finalistes: pourquoi, dans quel but, à quelles fins, y a-t-il quelque chose plutôt que rien?Cette façon même de poser les questions oriente la réflexion et lui imprime un mouvement bien déterminé.On peut penser que les questions essentielles ne se posent pas en ces termes et que la fascination du « pourquoi » détourne sans profit du « comment », du hic et nunc qui est notre domaine.Mais on peut difficilement ne pas admirer l’exigeance de Robert Elie et la rigueur sans concessions qu’il a maintenue jusqu’à ses dernières notes sur l'érotisme, sur l’oeuvre gravée d'Albert Dumouchel ou sur la désacralisation du monde contemporain.Son oeuvre est celle d’un humaniste qui ne considère pas la littérature comme une fin en soi mais comme un exercice subordonné au développement de la vie intérieure.C’est dire que cette oeuvre est toute entière autobiographique, même si on n’y trouve pratiquement aucune confidence, même si Elie n’y parle presque jamais de lui.De ses premières chroniques à la Relève à la Fin des songes, de ses pièces de théâtre a ses essais critiques sur Saint-Denys Garneau et sur Bor-duas, de ses conférences à ses poèmes, c’est toujours la même réflexion qui se poursuit, s'approfondit, se nourrit des contraintes et des libertés que donnent successivement tant de formes diverses.Il s’en suit que ses textes de fiction gagnent à être lus parmi ses autres écrits, y compris les plus circonstantiels, sans être privilégiés parce qu’ils constituent avant tout les jalons d’une aventure intérieure qui prend prétexte de toute occasion pour avancer.Les éditeurs des Oeuvres ont donc pris le seul parti qui s'imposait en publiant dans l’ordre chronologique les textes qu’ils ont rassemblés.Ce plan admet dans le détail plus d’une exception: les romans, les textes dramatiques, les essais sur Saint-Denys Garneau et sur Borduas ainsi que l’oeuvre poétique sont rassemblés en des sections distinctes à l’intérieur desquelles on retrouve l’ordre chronologique.La cohérence de l’édition l’exigeait, et ces aménagements n’empêchent pas le livre de s’ordonner dans ses grandes masses selon une chronologie souple grâce à laquelle on peut suivre le développement d’une vie intérieure qui paraît avoir été la raison d'être de l’écriture d’Elie.Paul Beaulieu, qui a écrit pour cette édition une chaleureuse préface intitulée « Redécouvrir Robert Elie », expose en détail les raisons de ces regroupements dans un avant-propos qui dégage suc-cintement les grandes étapes de l’évolution intellectuelle et littéraire d’Elie.Ce parti adopté par les éditeurs ne va cependant pas sans quelque inconvénient dans la mesure où il fait aborder l’oeuvre par des écrits de jeunesse où Elie se cherche en tâtonnant et qui reste relativement peu intéressants pour qui ne connaît pas déjà d’assez près les textes de la maturité.Tout n’est pas égal dans cette oeuvre, tant s’en faut, et je me demande si la pitié des éditeurs ne les a pas conduits à mal servir Elie en recueillant trop de textes franchement faibles, ou en leur donnant trop de place.La section « oeuvres romanesques », par exemple, s’ouvre sur les Naufragés.Il s’agit certes du premier roman qu’Elie ait écrit, mais il avait lui-même compris son échec puisqu'il ne l’avait pas publie.Il fallait bien sûr l’inclure dans ce volume d'Oeuvres parce qu’il AUX EDITIONS DU BOREAL EXPRESS UNE FAMILLE À CONNAÎTRE! La correspondance d une tamille québécoise é la fin du siècle dernier.À la fois un document percutant sur une époque agitée et une chronique familiale qui se lit comme un roman.Volume illustré 336 pages En vente dans toutes les librairies $12.50 Distribution: Diffusion Dimedia, 539 Lebeau, V.Saint-Laurent H4N 1S2 est extrêmement révélateur dans sa maladresse même; mais il aurait mieux valu, me semble-t-il, le reléguer dans un appendice, ne pas lui donner le meme statut que la Fin des songes ou II suffit d'un jour qui ont une autre valeur que simplement documentaire.Elie aurait été mieux servi par une édition qui aurait donné d’abord les textes essentiels de sa maturité, ceux qu'il a lui-même publiés, uitte à reproduire ensuite ans une autre section ces écrits de jeunesse et ces ébauches qui présentent un intérêt documentaire évident mais qui ajoutent tout compte fait fort peu à l’oeuvre proprement dite de l’écrivain.C’est cette oeuvre qui compte finalement, et elle seule.Elle n’a pas l’intensité ni la profondeur de celle de Saint-Denys Garneau, ni la chaleur généreuse de celle de Gabrielle Roy, ni la vie de celle d’Yves Thériault.Elle n’a pas non plus, comme celle de Grandboîs, pris valeur d’e-Suite page suivante LE QU’IL GORDON FAUT LIRE *1*R LES PARENTS BTKAŒS SE RACONTENT Que vous ayez lu ou non parents effi cages vous trouverez dans ces témoignages mille solutions pratiques aux problèmes qui se posent chaque jour entre parents et enfants.Au cours d’entretiens avec des parents qui appliquent depuis longtemps l’approche «parents efficaces», le docteur Gordon, qui en est l’initiateur, démontre les avantages de cette approche et les difficultés auxquelles on peut s’attendre lorsqu’on passe de la théorie à la pratique.351 pages/$ 9.95/Dans toutes les librairies ^—IflMSI DIFFUSION : Edipresse Inc.(514) 844 0939 DISTRIBUTION : Les Messageries Prologue Inc.Montréal : 332-5860 Extérieur (sans frais) : 1-800-361-5751 GRANDS ROMANS DE LA SAISON “Incontestablement, disons-le sans ambages, c’est l’éditeur Leméac qui effectue la rentrée la plus impressionnante au chapitre des oeuvres romanesques” (Jacques Thériault, Le Livre d’ici) ANTONINE MAILLET uiiloiiiiic muillcl - la - < IIAKKICTTi: avec son dernier chef-d’oeuvre PÉLAGIE-LA-CHARRETTE » Plus que jamais dans la course au prix Goncourt.1 Au palmarès de l’Express depuis 9 semaines.» Le grand roman de l’épopée du peuple acadien.SUZANNE PARADIS Scrame Paradis /Hiss Charte jv le roman d’un grand poète MISS CHARLIE Récits entremêlés, ainsi que s’emmêlent la vie, l’amour, la mort, la folie, la haine, les rêves.Ainsi que se mêlent les personnages, d’un récit à l’autre, semblables et inconnus.Un roman riche, rigoureux; un monde étrange, envoûtant et bouleversant de pureté.LEMÉAC L’ÉDITEUR QUÉBÉCOIS En vente dent toutes les librairies et les librairies Leméac: I Hauterive.Sept-iles.Val d'Or et Montréal Adresse CLAUDE JASMIN salué par la critique avec LA SABLIÈRE “La Sablière est une réussite indéniable” (Robert Mélançon, Le Devoir) “Un roman au rythme qui ne ralentit jamais” (Réginald Martel, La Presse) “Jasmin a réussi avec La Sablière un beau livre, écrit avec verve et générosité, où son génie ne déborde jamais la réalité que pour mieux y revenir avec une justesse que j’ai admirée.” (Jacques Perron.Le Livre d’ici) JEAN-MARIE POUPART de nouvelles techniques romanesques TERMINUS • Depuis Angoisse Play jusqu’à Ruches et Terminus, Jean-Marie Poupart se révèle toujours plus habile chercheur.Incongru, amusant, ironique ou grave, son écriture en fait l’un des auteurs les plus novateurs du Québec.• Terminus, comme un lieu de convergences, une croisée qui s’ouvre sur cent directions, cent destinations.ÉDITIONS LEMÉAC 5111, ru* Durocher.Mil.H2V 3X7 DIFFUSION: 273-2844 ?Pélagie-la-Charette.?Miss Charlie.?La Sablière.?Terminus.Frai* d'envoi et d'embéllége: 0.7S per volume, 11.95 14.95 .9.95 11.95 Ci-joint: ?Mandat ?Chèque Signature: ?Master Charge ?Chargex no 24 ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 CULTURE ET SOCIETE L'HOMME oui s’attaquera, un jour, à la psychanalyse historique et culturelle des Québécois, aura fort à faire.Je ne connais aucun pays où soit poussé aussi loin le culte des vivants.Que ce culte soit de dulie ou d'imprécations, peu importe; nous centrons nos raisonnements sur les personnes et non sur les idées qu elles défendent.Déjà, il y a un siècle, Laurier notait qu’en politique, nous vivions de sentiments et non de pensée.Et pourtant, à peine un homme a-t-il franchi le Styx, avec ou sans Biécette, ou l’oublie.Il n'est plus rien.Dans dix ans, le Pavillon [ubert-Aquin de l’Universite du Québec portera le nom d’un autre écrivain célèbre dans l’immédiat; et celui de Judith Jasmin sera remplacé par le nom d’une autre speakerine.Il faut être Québécois pour boire cette lie en son entier.Je songeais à la futilité de toute carrière, dans un pareil contexte, en lisant des oeuvres de Robert Elie.Sa famille, des amis, parmi lesquels, au premier rang, se situe M.Paul Beaulieu, ont cru de leur devoir, et du ressort de la piété affectueuse, de faire paraître les écrits les plus révélateurs de Robert Elie, ceux, du moins, qui ont quelque chance d’assurer la durée à son souvenir.C’est la un fort volume (Hurtubise HMH) fait de romans, de pièces de théâtre, de nouvelles, d’articles, de pensées et de réflexions sur l’art et la vie.Une âme, un esprit, une lumière.De son vivant, je n'ai pas été des fervents de Robert Elie.J’ai toujours admiré l’écrivain courageux en lui, l’essayiste qui a su, à une époque d’affrontements, détendre Borduas dans un langage sans équivoques.J’ai cru à sa fidélité au souvenir de Saint-Denys-Garneau.Mais il me paraissait que la survie littéraire de Saint-Denys-Gameau servait de tremplin à beaucoup de carriéristes, que l’importance de son oeuvre était gonflée, que la création d’un symbole garnélien n’allait pas sans un certain nombre de compromissions.Pour tout dire, je trouvais que beaucoup de roins et de trognes farfouillaient dans cette terre.Qu’allait taire ans cette galère un homme essentiellement pur comme était Robert Elie?Cette pureté même me le rendait insolite.Il semblait ne reconnaître chez les autres que le bien.Je suis, en ces matières, plus pessimiste.La naïvete ne me plaît que lorsqu’elle est fausse et aspire à se hisser au niveau de l’expression artistique.À mes yeux, elle sépare l’homme fait.J’ai compris par la suite que Robert Elie, en toute simplicité de coeur, cherchait à comprendre chez les autres, le mécanisme de la pen- les cornets de Jean Ethier-Blais sée et de l’action.Des deux, j’étais le partisan d’une morale inflexible.C’est dire que nos tempéraments ne s’accordaient pas.Et pourtant, les rapports que j’ai entretenus avec lui ne manquèrent ni d’ironie, ni de piquant, ni de liant ni même d’affection.L’ironie et le piquant étaient de moi; de lui, le liant et ce besoin de saisir, de juger favorablement son interlocuteur.Peu à peu, j’ai compris que, sous la suavité et les sourires approbateurs (un tant soit peu ecclésiastiques) se cachait un tourment.Lequel?Je ne sais et les confidences écrites de Robert Elie ne vont jamais droit au but.Mais, s’il y avait le sourire charitable, il y avait aussi ce regard traqué, d’une indéfinissable tristesse, le regard du voyageur.Mais quel voyageur?Son oeuvre cherche à nous montrer le cheminement de sa pensée, des ondes en lui.Elle est intimement liée à l’orientation de sa vie, et repose sur l’idée de foi, celle de liberté, celle enfin d’amour assumé.Péguy a écrit que les vrais aventuriers du monde moderne, c’étaient les pères de famjlle.Oui, dans la mesure où les enfants sont imprévisibles et le père devient comme un navire qui soudain, de nuit, échoue sur un écueil.Robert Elie avait appris à se donner èt à s’oublier lui-même à l’ombre du Père Doncoeur.Il y a des hommes dans notre histoire dont on ne parle jamais et qui ont joué au Québec un rôle plus important que celui de nombre de nos hommes politiques.Le Père Doncoeur est de ceux-là.Il était jésuite, animateur de jeunes, à sa façon philosophe, éducateur, prophète de la vie future dans un univers férocément matérialiste.Les hommes de la génération de Robert Elie subirent en profondeur son influence.Il leur apprit la générosité.Les années qui précédèrent la guerre de 1940 préparèrent la transformation de notre nation.La crise économique, pour la première fois dans notre histoire, permit aux fils de famille canadiens-français de prendre conscience de leurs responsabilités sociales.Il y avait donc des pauvres! Le seul intérêt de la « poésie » de Saint-Denys-Garneau réside, à mon avis, dans l’expression de cette mauvaise conscience.Robert Elie est, lui aussi, le produit de cette découverte.Sa nature le portait vers l’analyse psychologique, dans un climat mauriacien doux.Il n’avait ni la dent dure ni le talent de l’hôte de Malagar.Mais je crois que l’expérience des années de crise, dans cette âme torturée, n’a jamais disparu.Il avait appris à connaître et à juger notre société.Ses paroles sur l’indifférence de notre milieu a l’endroit de tout ce qui relève de l’intelligence et du coeur, ne laissent pas d’être sévères.Nous nous gargarisons de mots; mais, en réalité, notre sécheresse forme une croûte qui nous protège admirablement.Sous ses airs de douceur, Robert Elie n’était pas dupe, j’en suis sûr; tout simplement, il avait appris à accepter l’homme québécois tel qu’il est.Il n’y avait pas en lui, comme en Nietzsche, le génie de la révolte.Il ne disait rien.Il n’en souffrait pas moins, dans sa rectitude innée.Il fut, comme beaucoup d’écrivains qui n’ont pas la fibre conquérante, fonctionnaire.Il ne portait pas de manchettes de lustrine et une visière de celluloïde.Il était directeur, ou directeur-général adjoint, ou conservateur, ou Attaché culturel; rien de commun.Rien non plus de transcendental.Je ne sais pourquoi, je souffre avec lui.Notre société est mal faite.Nous avons besoin d’hommes qui nous dirigent, qui nous parlent, qui nous entraînent.Mais la loi inexorable du nombre exige que ces hommes soient des médiocres, ou presque toujours.Ce sont eux, et eux seuls, qui peuvent prendre le pouvoir et le garder.Robert Elie appartenait a cette race d’hommes qui, accédant au pouvoir, ne peuvent l’assumer en son entier.Il était trop noble et trop divers pour lui.Il avait l’âme trop complexe.IÏ était trop bien.Katherine Pancol Une certaine femme de 30 ans par Monique Roy Katherine Pancol, Moi d’abord, Éditions du Seuil, 1979.Katherine Pancol vient d’avoir 30 ans et son premier roman, Moi d'abord, paru en avril dernier, s’est vendu à 120,000 exemplaires.Dans ses moments les plus optimistes, elle espérait un tirage de 20,000 tout au plus.Katherine Pancol ressemble comme une jumelle au personnage parisien à qui elle vient de tourner le dos.Majestueuse, superbe, cheveux et yeux blonds, pantalon de cuir et sweatshirt rose flash, elle entre quelque part et ça se voit, ça se sait, Pair s’immobilise, tout le monde se sent vaguement beige C’est la femme bionique.Mais quand elle commence à parler, qu’elle se sent en confiance, son visage s’adoucit et découvre une fille sensible et sympathique.Et vulnérable.Katherine Pancol a débuté dans le journalisme parisien il y a huit ans, d’abord au Figaro, puis à Paris-Match et finalement à Cosmopoli-tain, où, depuis un an et demi, elle est pigiste.« Je suis en réaction contre la femme-gadget, la femme-objet que véhiculé Cosmopo-litain mais c’est le seul journal en France où je peux écrire comme j’ai envie d’écrire (dans le numéro de septembre, elle signe un article sur la relation mère-fille).On écrit au second degré et c’est perçu par les lectrices au premier degré.Il y a le côté nouveau journalisme, grands papiers, grandes enquetes et puis les débuts d'un journal, c’est toujours exaltant.À Match, c’était un monde d’hommes, uniquement, les héros de Match.Je ne suis pas d’accord avec l’idéologie que trimbale Cosmopolitain mais j’aime et je respecte beaucoup sa rédactrice en chef, Juliette Boisriveaud.» Cela dit, elle est également en désaccord avec F magazine qu’elle trouve coincé entre deux options.« Je préferais nettement Des femmes en mouvements, totalement branché sur les femmes, leur réalité.En France, trop de féministes sont des intellectuelles de sa- lon.Il n’y a pas de mouvements comme ici.La femme perpétue encore la tradition de femme-victime, le mec est un mec et la femme est la douceur de vivre.F magazine, pour moi, c’est de l’ouvrage de dame bourgeoise de mauvaise .conscience qui fait dans le genre social.C’est lettre morte.» Elle accepte sainement les contradictions inhérentes au métier, à la vie.Par contre, Ras de concessions.Elle est de lai 68, elle est de Nanterre.Elle avoue que les filles de sa génération ne ressentent pas, comme leurs aînées, l’urgence de certains débats et admet, simplement, que grâce à elles, leur vie s’est améliorée.« Pour les femmes de 30 ans, le féminisme est une recherche individuelle, une solution individuelle.J’ai bénéficié des avenues ouvertes par celles qui étaient là avant moi.Quand je suis arrivée dans le journalisme, j’ai été payée comme un homme, j’ai fait les mêmes reportages, je n’ai pas senti de différence.Les mouvements féministes ont déclenché un mouvement LA COLLECTION S’ENRICHIT D’UN 3ième TITRE VIATEUR LAPIERRE dont, moi, j’ai profité.Simone de Beauvoir, je l’ai lue mais ce quelle est, ce qu’elle dit ou fait maintenant ne me marquent plus dans la vie de tous les jours.J’ai digéré cela et personne de ma génération n’a repris cela.Chacune le vit à sa façon.À Québec, certaines m’ont dit, votre Sophie c’est dépassé.Peut-être ici, mais pas en France.» Sophie, Moi d’abord, est une fille de 20 ans, accrochée à un garçon, puis à un autre (des garçons qui ne doutent de rien, surtout pas d’eux-mêmes et de leur belle virilité) qui, finalement, se choisira elle, seule.« Sophie, c’est moi, je la revendique totalement.D’autres personnages du livre sont fictifs, pas elle.Les femmes sont masochistes et acceptent d’être des victimes.L’éducation française catholique pèse lourd.Nous charrions des siècles de traditions, de dogmes, d’interdits, de règles.Ne croyez pas que cela ait tellement changé.Des filles qui étaient avec moi à l’Université, des filles intelligentes, 1 .ivres reçus FICTION Le triangle de 1er, Paul Vialar, J'ai lu La chatte blanche, Delly, J’ai lu Mam la louve, François Richard, Arthaud L'ite aux trente cercueils, Maurice Leblanc, Presses de la Renaissance Les Russkoffs, Cavanna, Bel-lond Un amour de chat, Frédéric VI-toux.L’instant romanesque Bal-land Retour à Malvoisine, Yves Viol-lier, Jean-Pierre Delage L'Amérique.Jean Thibaudeau, Flammarion Vanna, Emmanuelle Arsan, Bel-fond Le cavalier insomniaque, Manuel Scorza, Belfond Roulement de tambours pour Rancas, Manuel Scorza, Belfond Un vol de chimères, Jean-Pierre Mellecam, Gallimard nrf L’archéologue, Philippe Beaussant, Gallimard nrf Sporade, Jean Blot, Terre écrite Arthaud Lointaines Ardennes.André Dhôtel, Terre écrite Arthaud DIVERS Au-delà de l’oubli, Manes Sper-ber, Calmann-Levy trouvent aujourd'hui normal de vivre la vie tracée pour elles par leur mari, leurs enfants.Après la parution du livre, j’ai reçu un courrier monstre, incroyable, toutes des filles de 18 à 40 ans.Toujours la même lettre: votre histoire c’est la mienne, vous avez parlé de choses dont nous n’osions pas parler.Il y a eu un côté reconnaissance ».Pied-de-nez aux traditions et bonnes manières françaises, douce revanche, autoanalyse, cette projection romanesque charrie des scories dont l’auteur se débarrasse en cours de route.En rupture de succès faciles et de vie brillante, Katherine Pancol vit présentement à New York et écrit un deuxième roman.« Je vis en ce moment un rejet total de la France.Écrire m’a complètement changée.Je me suis dépliée.Je suis le pur produit d une civilisation parisienne.J’ai une maîtrise en lettres, j’avais commencé un doctorat.je suis journaliste, je sortais beaucoup, c’é- La révolution cosmique, Timothy Leary, Presses de la Renaissance Jésus et le désir, Françoise Dolto, France-Amérique L’exode vietnamien, Patrice Franceschi, Arthaud Histoire naturelle de la vie éternelle.Lyall Watson, J'ai lu La troisième guerre mondiale, General Sir John Hackett, Belfond Cannibales et monarque, Marvin Harris, Flammarion Un instant dans la vie d'autrui, Maurice Béjart, Flammarion Comment je vois le monde, Albert Einstein, Flammarion La force du vivant, Jean Orst, Flammarion La nouvelle vague des soucoupes volantes, Jean-Claude Bourret, Québécor La querelle allemande des sciences sociales, T.Adorno et K.Popper, Éditions Complexe Le siècle de Picasso (La guerre) Pierre Cabanne, Médiations Le siècle de Picasso (La gloire et la solitude) Pierre Cabanne.Médiations Faites-leur bâtir une tour ensemble.Jacques Hébert.Héritage On verra bien, Roland Roux, Vis-à-vies, Héritage tait brillant, je commençais à avoir du succès, c’était facile.Alors je suis partie, je ne supportais plus du tout cela.En France, il me semble qu’il ne se passe rien côté culture.Il n’y a pas de vrais courants, c'est un système de copains.Je veux vivre deux ans tranquille, voir ailleurs, ici, les États-Unis et peut-être l’Amérique du Sud, plus tard, l'Italie.J’ai envie de circuler.Je lis beaucoup, je suis un cours de littérature américaine.J’ai des conditions idéales — un territoire et un chèque à la fin du mois — et si je n’écris pas un bon livre, c’est que je ferai autre chose.» Représentative d’une certaine femme de 30 ans, celle qui a choisi, il y a 10 ans, de se tailler seule une place au soleil, sans père, sans mère, sans amant tutélaire.Qui s’est toujours « démerdée seule », qui voyage seule, gagne sa vie, a un compte en banque.Qui vit un féminisme, maintenant possible, ni militant, ni braillard.Qui sait de quoi aujourd’hui est fait.Demain?Les Japonais, Jean-Claude Courdy, Belfond L'ordinateur individuel, Yves Leclerc, Éditions l’Étincelle Robert Élie Suite de la page précédente xemple pour ses cadets.Mais elle constitue un témoignage essentiel sur l’aventure intellectuelle de toute une génération qui s’était rassemblée autout de la Relève et tjui forme notre première génération à proprement parler moderne.Elle vaut par le souci d’authenticité qui l’anime et par l’exemple, l’un des premiers ici, d’un engagement complet dans l’ecriture.Oeuvre mineure sans doute, mais elle vaut le détour, comme certains villages qui ne feront jamais l’objet d’un classement d’arrondissement historique mais qui sont vrais.% mÈÊÊÊÉÊÈÈÊÉÉ^ Le fi lassé ouf) lié par Lorraine Nacké 136 pages, $6.95 les éditions tides _ 235 est.boni Dorchester 1 Montreal H2X 1N9 ¦ (514| 861-9621 VIENT DE PARAITRE Frontières ethniques en ‘ Emerging Ethnie Boundaries Sous la direction de Danielle Juteau Lee.avec le concours de Lome Laforge Travaux du IVe Congrès de la Société canadienne d’Études ethniques.Analyse des rapports sociaux entre groupes ethniques inégaux ainsi que des frontières qui en résultent.15 x 22,5 cm., 200 pages.Prix: $6.75 En vente chez votre libraire et aux: Editions de l’Université d’Ottawa BON DECOMMANDE EDITIONS DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA 65.avenue Hastey.Ottawa.Ontario.Canada.KIN 6N5 Veuillez me faire parvenir.exemplaires de Frontières ethniques en devenir.Nom.Adresse .Ci-inclus mon chèque ou mandat de poste.Les chèques ou mandats de poste doivent être faits à l’ordre des ÉDITIONS DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA 81 illustrations dont 49 en couleurs format 23 cm x 23 cm — reliure toile Déjà parus: Jean-Paul LADOUCEUR Jean-Marc BLIER S9_°0 chez les libraires et dans 25 ch.certaines galeries «Grand Prix Littéraire de la Ville de Montréal» 1979-80 REGLEMENTS 1.L’ouvrage primé doit avoir été édité à Montréal.2.Dans le cas de coédition, l’édition étrangère devra porter le nom du coéditeur montréalais.3.Le prix est décerné à l’auteur d’une oeuvre littéraire éditée sous forme de livre pour la première fois au cours de l’année précédente (roman, nouvelle, poésie, essai, histoire, etc.>(1979) 4 Le prix à décerner consistera dans le versement à l’auteur de l’ouvrage primé d’une somme de $3.000 00 5.Le Conseil des Arts pale les frais d’attribution du prtx et les autres frais incidents 6 Le Conseil des Arts forme un jury de gens de Lettres et suggère au Conseil municipal la formation du |ury du Grand Prix Tous les ouvrages doivent parvenir au Secrétariat du Conseil des Arts de Montréal avant 16 heures le mardi 8 janvier 1980 date limite pour l’inscription.Les formulaires d'inscription peuvent être obtenus à l'adresse sous-mentionnée ma real broquel Éorrmjn 526 4e av., Verdun, Montréal H4G 2Y2 — 768-1050 CONSEIL DES ARTS DE LA RÉGION MÉTROPOLITAINE DE MONTRÉAL Édifie* Jacques Viger.700 ètt, rue Saint-Antoine, tuile 112 Montréal (Québec) H2V 1A6 Tél.: 866-4114 et 872-2074 ET EGLISE HENRIETTE L'AUBE DU BONHEUR mm' „ (Tome I ) première et seconde parties d'un roman célèbre LES DEA X O HP HELIX ES de Adolphe d'Ennery ,>'* ’O mic f r Ju mémr (Tome II) S4.95 ( es deux beaux tolumes retracent l'histoire attachante de I nuise et Henriette, deux jeunes femmes qui paniendrunt à (router le bonheur, malgré de multiples difficultés, et le marnais sort qui semble s'être acharné sur leur enfance.Vhandonnées par leurs parents, elles doitent faire face à la méchanceté et aux calculs d'autrui, surtout que l'une est atcuglc, et que certains personnages ne songent qu'à exploiter cette cécité.I n grand roman sentimental, riche en rebondissements et en machinations de toutes sortes, lesquelles finissent par échouer deiant la sincérité et le désir de titre.^ÉDITIONS SÉLECT 1555 ouest, rue de Louvain Montréal.Québec H4N 1G6 Tél : 387-6268 Veuillez m’expédier sans trais ni taxes: i : a LOUISE ET HENRIETTE $6.95 L’AUBE DU BONHEUR $4.95 D-10-I1-I9T9 Nom.Adresse.Ville.Code = A2A Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 ¦ 25 CULTURE ET SOCIETE Marie Laberge Les chants (Tune renaissance par Suzanne Paradis Marie Laberge, Les Chants de l’épervière, Poésie Leméac, Montréal 1979, 143 p.SUIS-JE l’oiseau suis-je la fleur qui peut me dire la forme achevée de mon âme.(p.123) Femme nouvelle, fleur ou oiseau, amante ou voyageur, l’épervière de Marie Laberge révèle peu à peu, par petites touches d'une suave délicatesse, son identité d’objet dont le poète dit qu’il « fut un miracle du vide ».Poésie à la fois intimiste et champêtre, sauvage et pourtant finement civi- biMiothèque québécoise A l’ombre de l’Orford par Alfred DesRochers 132 pages, $3.50 En rappel dans la même collection Les voyages de Marco Polo par Alain Grandbois 184 pages, $3.95 les éditions tides 235 est.bout Dorchester Montreal H2X 1N9 (514 | 861-9621 Usée par l’amour, les chants sont traversés par des animaux « lumineux »: colombes, abeilles, scarabées, moineaux, ibis, blaireaux, oiseaux-mouches.Leur foule arrive même à masquer, derrière tant de regards innocents, le douloureux « phénix en cage dans l’incapacité de s’étendre » et ces énigmatiques « sphinx de la fête » qui ont des yeux d’or et qui fixent le soleil.De la même manière, des fleurs aux naïves douceurs y poussent en liberté: tournesols, sanguinaires, iris, immortelles, chrysanthèmes.Elles défient pourtant cette « éper-vière » qui donne peut-etre, secrètement et à l’insu de la grammaire, le féminin de l’é- pervier lui-même synonyme du sphinx-phénix voyant du soleil et condamné à vivre debout.Une dualité farouche se dessine au-delà même des arabesques des Chants de l’épervière, dualité qui impose le thème d’une renaissance, celle de l’épervière au coeur pourpre.En sept chants pleins d’évocations où tous les mystères du monde se rencontrent et se font fête, Marie Laberge déploie les séductions de aé-cors instantanés et évanescents, de portraits furtifs, d’esquisses aussi vives et changeantes que le feu.C’est une poésie d’intuitions, d’une réalité lustrée, toute en douceurs et en fléchissements, peuplée de créatures volantes et miroitantes qui savent entourer, tenir compagnie sans jamais interrompre le mouvement des êtres, sans empêcher l'envol de l’épervière qui est leur coeur et leur planete, leur âme et leur pays.Elle n’avance pourtant pas dans cette « nature hospitalière » sans avoir prévu les retours de cataclysmes et les possibles éclatements de ce qu’elle nomme les « tonnerres passifs » et les maléfices de son royaume.Car il a, lui aussi, ses « géants emmurés », ses terriers et ses tumultes et c’est bien parce que l’espoir et la tendresse ne sont pas des billevesées que le poète peut les opposer, pour une seconde Le rythme incessant par Claude Beausoleil Jacques Ancet, L’Incessant, collection textes, éd.Flammarion, Paris 1979, 119 pages.LA littérature actuelle revient vers un certain romantisme, une certaine dérive dans laquelle le moi individuel se scrute à nouveau, comme si l’étape importante des technicalités laissait place à la parole.Avec des livres comme L’Incessant de Jacques Ancet c’est ce qui se passe, le désir d’écrire et de dire passe à l’action.Le livre se déroule comme dans un flot de mots qui disent la pulsion de l’écriture et du quotidien.« Écrire, poser des mots, s’oublier, les laisser faire, aller.venir, tracer leurs chemins qui mènent toujours à quelque chose, » p.33.Un souffle traverse tout l’ouvrage de Jacques Ancet.11 n’y a pas de début, il n'y a pas de fin, seulement le continuum, le rythme.Les phrases sont là comme des avalanches douces.Quelque chose, comme la circulation des scènes et des idées.Le livre se profile comme une rumeur, une vague de mots, des tronçons de phrases, d’idées, de reflexions faits « d'une fumée de mots qui ne sont que des mots et donnent pourtant ce son profond montant en cercles silencieux sur la page éblouissante au centre des rumeurs, comme en cette salle vide.» p.84.C’est une conception englobante du poème ue propose L’Incessant.elon Ancet tout peut et doit entrer dans la composition poétique.Et sur « un fond d’écume rythmique » p.17, c’est noir sur blanc que s’écrit le texte du multiple.Le livre est écrit par fragments qui s’affichent sans majuscules, sans sous-titres, disposés là dans la machine imaginaire qui prend forme et s’investi dans le corps des mots, « découvrant d’une lente écriture la mémoire des signes », p.26.Entre paroles et silences, entre page et plage, entre je et vous, l’écriture laisse des marques « lorsqu'une page lentement tournée rappelle ce silence perdu », p.82.Un beau livre lyrique et tendre qui entreprend minutieusement l’inventaire, la description intérieure des alentours de la fabrication d’un livre.« Une phrase de plus, une encore, un mot encore, un autre, gagnés sur le mot de la fin, » p.34.C’est comme si Jacques Ancet était à la recherche de la phrase unique mais plurielle.Et de là les notations, les hésitations, ce va-et-vient du texte livré à ses images.« Je n’écris pas, j’écris, mais qui est je » p.71.L’Incessant est un livre sur le livre et nous rappelle avec efficacité, en rusant pour séduire le lecteur, « que les mots ne parlent que d’eux-mêmes, » p.83.Cette collection « textes » (chez Flammarion) dirigée par Bernard Noël, donne d’ailleurs souvent à lire de ces ouvrages à la fois modernes et prenants.On traverse L’Incessant d’un coup, le chaotique n’y est qu’apparent, à nous de combler les espaces entre ces « quelques bribes d’une interminable phrase, » p.68.Fait de sens, de sons, de choses à première vue banales, le chant rythmé du livre produit comme un effet de vertige.Sur la maquette la spirale souligne cet aspect.C’est le tourbillon des mots « et les yeux cherchent sur la page ce qu’ail-leurs ils ne trouvent pas; l’écho d'un chant instantané naissant entre deux mots » p.101.L’Incessant est un vertige visible et lisible et il « faut le lire pour savoir » p.7 Moi u'n pollueur?JAMAIS! AQTE vie, une renaissance fantastique, aux noirceurs et aux fatigues de la mémoire: « nos destins se confondent comme la boue faite lumière tout à coup.» C’est ici que le gracieux ballet des créatures de Marie Laberge prend une signification inattendue, celle d’une victoire.C’est ainsi que ces Chants qui semblaient flotter loin de toute tension, en-deçà du combat quotidien, avouent des morts et des blessures, des souffrances et des contradictions, ce « désastre cadré d’enluminures » qui permet au lecteur de compatir et de partager.Pourtant le fil conducteur qui mènerait les réponses aux questions reste invisible; le poète évite d’articuler sa quête intellectuelle aux dépens de celle du coeur.Dans ses petits paysages ondoyants, aux clartés folâtres, des personnages muets dansent sur la voix du poète qui se laisse guider par leur majorité silencieuse.Un pacte de tendresse les relie; une désarmante confiance émane de leur voisinage.Le poète prend d’importantes distances d’avec la révolte et le refus — invente une sorte de paradis perdu « où la vengeance est hors-saison ».Halte de plaisir, de joie, d’effervescence, les Chants de l’épervière ont fait la paix avec la peur et le passé.Ils ont appris la richesse du dépouillement et la chaleur du renoncement.Ils établissent dans sa tendresse permanence l’un de ces matins où « tu te lèves en amour » et réusissent à diffuser la fièvre et l’extase douces du coeur sans douleur, du coeur enfin comblé.Ce ne sont pas de minces mérites: cet admirable bestiaire de la sérénité et de la maturité en contient d’autres.Personne, en effet, ne sait aussi bien que le poète Marie Laberge tracer de ces lignes d’une vertigineuse légèreté, de ces aquarelles pleines d’ailes et de silences qui vous retournent le coeur et les sens: Jardins des colombes, tendres papilles, le miel enlumine l’étoffe, le doux papier vélin et la soie d’un ma- tin, des avenues cintrées se sont ouvertes, nos mains en liesse orchestraient la mer, nous descendions en des couloirs furtifs, nous mourions oh si lentement d même les voraces muqueuses des hamacs, épars, nous naissions, dévalant de partout, au plus profond du monde, au faite même de l’azur.Katherine Pancol Moi d'abord Un geste de provocation, une infinie tendresse et un joli brin de plume g MouUe.«NouS“ 192 pages $12.50 roman s® w AUX ÉDITIONS DU BOREAL EXPRESS Micheline Johnson.L’Histoire apprivoisée rhistoire apprivoisée Pourquoi enseigner l’histoire nationale et comment.Vol.216 pages En vente dans toutes les librairies $8.25 MM, Distribution: Diffusion Dimedia, 539 Lebeau, V.Saint-Laurent H4N 1S2 Des LIVRES CASSETTES pour les moments où seules vos oreilles sont disponibles Un cadeau original sur la liste du temps des fêtes SONOLETTRE Limitée: C.P.220, Ville Mont-Royal, Québec H ÎP 3C4 Tel.: 526-7700 Veuillez m'expédier le(s) livre(s) cassette(s) coché(s) c i-dessus: Laura, à la découverte de la petite maison dans la prairie — Donald Zochvrt — $14.75 | Il n'y a pas de pays sans grand-pere Ken h ( — $12.75 ] Amytiville — la maison du diable lay Anson — $14.75 ] Agoak, l'héritage d'Agaguk Vers //icr/.iu/f — $14.75 ] Astropsyehologie I luguottc I hrsig — $11.75 ) Daniel |ohnson, l égalité avant l'indépendance — Paul Gros d'Aillon $14.75 j Les nuits de l'Underground Mario ( lain' Plais — $14.75 ] Confettis, Nouvelles M.irr i'l (jodin — $11.75 Résidents du Québec, ajoutez 8% de taxe.ail r cssi 1111 |___LJ i ode postal )e paie Sonolettre par [J c heque mandat poste [ J Visa [ ) Master Charge No.Carte Signature prtil s'ét miler un délai de 4 a I» semaines avant que ratmnné ^ ne reçoive l«,(s) livri*(s) < assette(s).I vs prix sont sujets a disponibilité et à i hangement sans préavis.^ 26 ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 CULTURE ET SOCIÉTÉ Elias Canetti Le territoire de Vhomme par Nairn Kattan Le Territoire de l’Homme d’Elias Canetti, traduit de l’allemand par Armel Guerne aux Éditions Albin Michel.IL y a dix ans, à l’inauguration du premier Festival du Livre à Nice, passant devant le stand de l’Autriche, je reconnus par sa grande moustache et ses cheveux abondants, d’après dès photos que j’avais vus de lui, l’écrivain Elias Canetti.Je venais de lire ses deux grands livres, le roman l’Autodafé et son livre philosophique, social et politique, Masse et Pouvoir.Je lui dis immédiatement mon admiration et les jours suivants nous eûmes l’occasion de nous entretenir plusieurs fois.Dès qu’il s’agissait de son oeuvre et, encore plus, quand il était question de lui-même, Canetti n'était pas des plus loquace.J’évoque ce souvenir parce-que je retrouve l’homme et l’écrivain dans l’ouvrage qui réunit ses réflexions rédigées au jour le jour de 1942 à 1972 et qui viennent d’être publiées en français sous le titre Le Territoire de l’Homme.Les circonstances historiques ont fait de la vie de Canetti une aventure.Né en 1905 en Bulgarie, ses parents Juifs séfarades quittèrent leur pays our s’établir en 1913 à ienne.Canetti y étudia la philosophie et fut le témoin de la naissance du freudisme.Il publia son roman l'Autodafé juste avant qu’Hitler ne prenne le pouvoir en Allemagne.Roman prophétique où l’on pourrait encore aujourd'hui lire entre autres la montée du totalitarisme, roman qui demeure toujours l’une des oeuvres les plus puissantes de la littérature allemande contemporaine.Puis ce fut l’Anchluss.Les Nazis sont à Vienne et Canetti doit fuir et s’installe à Londres où il habite toujours.Ce journal intellectuel et spirituel, Canetti l’a écrit comme malgré lui.« La con- Marccl Fournier Communisme et anticommunisme au Québec (1920-1950) S 9.00 Fn collaboration Animation sociale, entreprises communautaires et coopératives S 9.00 F tl i t i o n s Cooperatives AI be rt S a i n t-M a rl i n.C.l\ 6X Succursale Vimont, l aval 1I7M 5N7 y centration de ma pensée sur un unique ouvrage, dit-il, Masse et Pouvoir, dont je savais qu’il m’absorberait peut-être pendant des dizaines d’années encore, et l’interdit dont j’avais frappé toute autre sorte de travail, de littérature pure avant tout, engendrèrent une pression qui prit avec le temps des proportions périlleuses.Il était indispensable de lui opposer un barrage, et c’est dans la rédaction de ces notes que je le trouvai au début de 1942.Leur liberté et leur spontanéité, la certitude quelles n’étaient là que pour elles-mêmes et ne serviraient jamais à rien d’autre, l’inconséquence aussi dont je faisais preuve en évitant de les relire ou de les modifier m’ont sauvé d’un engourdissement fatal ».Pourquoi l’interdit et pourquoi la concentration sur Masse et Pouvoir ?Les événements historiques qui ont bouleversé la vie de Canetti nous fournissent un élément de réponse.Pour lui la langue allemande est d’autant plus précieuse qu’elle est une langue acquise.Voici que le nazisme décide de l’en exclure; il ne réussira pas à l’en priver.Sa fidélité à cette langue demeurera totale.Après quarante ans de vie à Londres, Canetti reste toujours l’un des grands écrivains de langue allemande et ceci en dépit des Nazis.L’effondrement de l’Allemagne n’a fait que confirmer sa resolution et en 1945 il écrivit: « Mais à présent, avec l’effondrement de l’Allemagne, tout cela a complètement changé pour lui.Les gens, là-bas, vont se mettre très bientôt à la recherche de leur lan-ue, qu'on leur avait volée et éfigurée.Et celui qui l’a gardée propre et pure dans les années de la pire folie se trouvera contraint de la lâcher.Il est vrai qu’il continuera à vivre pour tous et qu’il lui faudra toujours vivre seul, responsable devant lui-même comme devant l’Instance suprême.Mais il y a que maintenant il doit leur langue aux Allemands.Il l’a maintenue saine, mais il faut maintenant qu’il la lâche et la rende avec amour et gratitude, avec les intérêts et les intérêts composés! » Le Roman Autodafé comporte plusieurs facettes.Retenons en une.Le personnage principal cherche a écrire le livre définitif sur la grammaire chinoise.Il y passe sa vie; le livre n’est jamais écrit et l’auteur est emporté dans l’incendie de sa bibliothèque.Le livre à écrire est un absolu.Il ne sera pas atteint.Or, Canetti qui, tout en demeurant attache à ses origines juives ne possède pas de foi religieuse, ne peut plus croire, dans son exil londonien, à l’absolu de la lettres-, étrangères i> littérature allemande.Il se lance dans une entreprise non moins ambitieuse: Masse et Pouvoir, livre où l’on trouve toutes les disciplines, de l’économie à l’histoire, de la philosophie à la politique.Une folle quête d’une explication du monde.Mais écoutons Canetti lui-même: « En 1925, j’avais pour la première fois l’idée d’écrire un livre sur les masses.Mais la source véritable est plus ancienne: elle date d’une manifestation d’ouvriers que eut lieu à Francfort à l’occasion- de la mort de Rathenau.J’avais alors dix-sept ans.« Sous quelque jour que je la regarde, mon existence d’adulte m’apparaît toujours comme préparant ce livre.Depuis que je vis en Angleterre (plus de vingt ans donc), je n’ai COURRIER PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE puf Collection “Le monde anglophone” LE ROMAN AMÉRICAIN 1914-1945 par Michel TERRIER “L'âge du roman américain”: l’expression de C.-E.MAGNY s’applique encore à l’entre-deux-guerres aux États- « Unis.Quelque quarante ans après, cette période apparaît toujours d’une extraordinaire fécondité, tant par la richesse du panorama social que par le renouvellement des formes.Les noms de Hemingway, Dos Passos, Fitzgerald, Miller, Faulkner sont demeurés prestigieux.D’autres écrivains, tout aussi passionnants, Dreiser, Anderson, Lewis, Steinbeck, Wolfe, Wright.devraient être découverts par le lecteur français.Cet ouvrage offre d’abord une vue d’ensemble qui dégage les lignes de force de la période: années folles de l’“Ére du jazz”, puis années terribles de la Dépression.Ensuite, il passe en revue les romanciers importants auxquels il consacre une présentation biographique et l’analyse détaillée d’un ou deux romans.Il s’efforce ainsi de concilier les exigences d’un guide d'histoire littéraire et celles de (’approfondissement critique.L'Amérique reste à explorer pour le voyageur de l’imaginaire.Dans la même collection: LE THÉÂTRE AMÉRICAIN D’AUJOURD’HUI par Marie-Claire PASQUIER t i -.¦ ¦ > EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE Réponse à Roberf IVIélançon Absolument injuste cette critique du 3 novembre à propos du dernier roman de Madeleine-Ouellette Michal-ska.Le Plat de Lentilles.C’est un bon livre même s’il n’est pas parfait.Pour avoir une idée juste du livre, je suggère aux lecteurs du DEVOIR de réentendre l’émission Book Club de Radio-Canada (diffusée une ou deux semaines plus tôt) où l’on a parlé d'une écriture « féminine » (moderne! ) et non « féministe », et où on loue l’intégration « parfaite » du « politique » (le droit d’un peuple à etre maître chez soi) au « poétique féminin » (le droit d une femme à posséder son corps et sa parole).Mélançon ironise à propos du premier pour mieux refuser le second.Diviser pour régner, c’est une longue habitude coloniale.Et ça ne devrait pas effrayer Madeleine Ouellette Michalska qui a toujours fait une grande place au sociologique (et à la betise humaine dans ses livres).Relisez « Chez les termites », c’est la meilleure critique des écoles polyvalentes qui ait été donnée.Relisez-vous, c’est un exemple idéal de mysogynie bornee.Denise FALARDEAU Le cahier Culture et Société du journal LE DEVOIR est dirigé par Jean Royer les éditions parallèles présentent une édition original du dernier recueil de Fernand Ouellette DÉCOUVERT L’édition de tête de cet ouvrage.composé en De Vinne corps 14.a été tirée à seulement 46 exemplaires au papier Carlyle Japan.Tous ces exemplaires comportent une gravure originale signée de Gérard Tremblay.Ils sont aussi signés par l'auteur.Un volume broché (28.5 x 19.5 cm).44 p.$100.'XxHfc-v A DÉCOUVERT BON DECOMMANDE Nom.Adresse.Joindre à votre commande un chèque de cent dollars à l'ordre des Éditions parallèles.C.P.9066, Sainte-Foy, Québec Q1V4A8.Il a été tiré en outre 1,000 exemplaires sur papier Édition de luxe qui constituent l'édition courante à $6.50.Ditluslon: Les Messageries Littéraires des éditeurs réunis inc.6585, rue Saint-Denis, Montréal, 279-8476.guere travaillé qu’à cela, bien qu’aient eu lieu de tragiques interruptions.Cela valait-il un tel déploiement?N’at-je point manqué bien d’autres oeuvres?Comment savoir?Ce que j’ai fait, je devais le faire.Je travaillais sous une contrainte que je ne comprendrai jamais.« J’ai parlé de ce livre avant d’avoir autre chose que mon intention de l’écrire.Je l’ai annoncé avec la plus grande prétention afin de mieux m’y enchaîner.Tous ceux qui me connaissent me pressaient de l’achever, mais je ne l’ai fait qu’au bon moment.Année après année, mes meilleurs amis perdaient la confiance qu’ils avaient en moi; cela prenait trop de temps je ne pouvais leur en vouloir ».En dehors de ces deux grands livres, Canetti a écrit des nouvelles et des pièces de théâtre.Son oeuvre n’est pas considérable, évidemment cela n’enlève rien à son importance et à son impact.Dans son journal on voit bien que Canetti a consacré sa vie à la littérature et à la connaissance.Il est hanté par la mort et pour lui la grande victoire de l’homme serait de vaincre la mort.Cela explique sa réticence devant (’écriture.Il voudrait bien l’opposer à la mort mais il constate son caractère éphémère et les malentendus qui l’entourent.Il n’est donc pas surprenant qu’il ait consacré un ouvrage aux lettres de Kafka à Felice.Pour Canetti, Kafka est l’écrivain exemplaire: « Avec Kafka, quelque chose de neuf a surgi dans le monde: un sentiment plus précis de son essence problématique, plutôt lié au respect qu’a la haine de la vie.L’association de ces deux attitudes mentales — respect de la vie et sens du problématique — est unique; une fois qu'on en a été frappé, on ne peut plus s’en passer.» Kafka a écrit son oeuvre et il ne Ta pas détruite.Il a demandé qu'on ne la publie pas après sa mort.Il savait que la quête de l’absolu passe par le sacré et le livre sacré est déjà écrit; toute autre écriture qui n’en est pas le commentaire est une enfreinte.Ce qui frappe dans les réflexions de Canetti, c’est leur sérénité.Cet homme qui a assité aux pires drames, qui les vivait, cherchait à comprendre et à découvrir.Il ne se laissait même pas entraîner par les séductions de la langue: « Ce que j'abhorre, c’est la beauté sans défaut d’une prose consciente d’elle-même.Il est sûr que, parmi les choses de valeur, certaines furent exprimées dans une belle prose; mais cela s’est produit, pour ainsi dire, en dehors de la volonté de l’auteur.Ayant une réelle importance, elles ont enfendré une belle prose; si grand était leur poids, si pro-fondes leurs racines, qu’on ne pouvait les évaluer a une époque prématurée.Par contre, la belle prose, qui n’évolue que dans ce qu’elle a emprunté à autrui, ressemble quelque peu à une représentation de mode du langage, elle tourne sans cesse autour d'elle-même.Je ne puis même pas la mépriser.» Au terme d’une lecture toujours absorbante, on ne peut pas s’empêcher de ressentir une frustration.Tous ces livres, tous ces romans que Canetti s'est interdit d’écrire et qui auraient pu voir le jour! Et cela suffit à donner la mesure du sens du tragique dont il était constamment saisi.Il lui résistait, il ne se laissait pas envahir par les sortilèges de la mort et du néant et, jusque dans la dernière page de ce journal, il ne voulait pas se départir d'un espoir quasi forcené: « Rien n’est en mesure de te convertir: ni la solitude, ni les infirmités, ni la misère de la vieillesse.Ta conviction est feutrée et fatale, comme un tigre.Est-ce de 1 autosatisfaction?Peux-tu dire oui à la plus petite parcelle de l’histoire?Mais il ne faut pas que cela prenne fin.Après ce cours de l’histoire, comment une chose pourrait-elle changer?Peut-on la cacher?La nier?La modifier?Connais-tu une recette pour cela?Il est possible, toutefois, que nous voyions une histoire fausse.La véritable ne se révélera, peut-être, qu’une fois la mort vaincue.» Curieusement, dans ce journal Canetti parle très peu de lui-même et quand il le fait ce n’est même pas à la première personne, mais à la troisième.Comme si pour se révéler, il fallait qu'il se regarde dans un miroir, avec détachement.Comble de l’orgueuil ou humilité infinie?Qu’importe! Ce livre nous révèle un homme qui, avec les seules armes de la volonté, de la réflexion et de l’intelligence, s’est inlassablement battu avec le siècle.Les Editions du Jour NOUVELLE PARUTION L’entreprise québécoise vue par des étudiants québécois Luc Marcoux Alain Dumas Les Artisans coopvie proposait aux cégeps un travail de recherche d’après le thème « l'entreprise québécoise : sa productivité, son avenir».Rus de 541 étudiants se sont inscrits.Le Jury national a proclamé 15 lauréats nationaux.Ce volume reproduit in extenso le travail des deux premiers lauréats: Luc Marcoux 17 ans du Collège de Lévis qui nous présente Le textile québécois : sa situation, son avenir et Alain Dumas, du Collège de Trois-Rivières avec La participation des travailleurs à la gestion de l’entreprise.EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES ET DEPOSITAIRES I I I Les Éditions du Jour Inc.6765, de Marseille, Montréal H1N 1M4 Si vous désirez obtenir un ou plusieurs exemplaire(s) de ce livre, prière de remplir cette formule et de la retourner avec un chèque ou un mandat-poste NOM L'entreprise québécoise $8.00 ADRESSE I I I V" L_- VILLE ?Chèque ou mandat ci-|Oint BO - 125 J revue critique de Vannée littéraire a ÎRWRE OU CHEZ EDITEUR lOMMANDE ° exemplairets) e $t0.)ÏS 1978 L’exemplaire.ue ou mandat).édit .NO.NO.carte de crédit au Québec Hauteurs québécois 1978 revue critique de l’année littéraire - de runiversitè Laval d'édition.)- Signature Nom.1 Le Devoir, samedi 10 novembre 1979 ¦ 27 CULTURE ET SOCIETE Des films de moindre intérêt DEPUIS quelques semaines, plusieurs nouvelles productions américaines connaissent passablement de succès.Si je ne me suis pas pressé pour traiter de ces différents films, c’est qu’aucun ne m’a semblé particulièrement transcendant.¦ Produit par les Américains, Yanks n’en demeure pas moins l’oeuvre du Britannigue John Schlésinger à.qui on doit entre autres Midnight Coiv- par Richard Gay boy, Day of the Locust, Sunday, bloody Sunday L’action de Yanks prend place pendant les années 1943-1944 et s’attarde aux troupes américaines qui, à la veille du débarquement de Normandie, s'entassaient sur le territoire anglais perturbant ainsi la tranquilité malheureuse des petits villages.Pour une rare fois au cinéma, on voit le point de vue des Britanniques sur cette arrivée massive des forces amé- LE PLUS MERVEILLEUX DES SPECTACLES! ‘I POUR FOUS m mm .i .UNE TRADITION! i IHf MIHISCH PROPUCIION COMPANY ,™« A NORMAN JEWISON FILM flOOlERONIHEROOF .«.flOPOl NORMA CRANE EEONARD EREY MOEEY PICON PAÜEMANN f'MucM md Diittttd ii NORMAN JEWISON Son stéréophonique Dolby au Loews seulement! À L’AFFICHE! LOEWS 1 954sn-CATHHINEO (41-7437 PEEL FAIRVIEW 2 5/25 UE CARIE 482 1322 TRANS CAN S 52 69/ 8095 LOEWS: 12.45.3.30.6.15.9.00.SAM DERNIER PROGRAMME 11.45 SNOWDON & FAIRVIEW: SAM DIM 12 45.3.30.6 15.9 00.NIGHTLY 6.15.9.00 HÉPÉTITION.Sem: 6:30.8:00.9:30 Sam: 5:30, 7:00.8:30.10:00 Dim: 2:00, 3:30, 5:00, 6:30, 8:00.9:30 OMSOtei 36 MILTON/«42-80*3 POUR TOUS 9 SELECTION OFFICIELLE 2e CANNES/1979 MOIS M MONTRÉAL/1979 Sfk, TORONTO/1979 MOSCOU/1979 “CE FILM FIGURE DEJA PARMI LES CHEFS-D’OEUVRE DE FELLINI."Une oeuvre pleine de subtilités, profondément poétique et parfaitement maitrisée." -Luc Perreault (La Presse) "PROVA D’ORCHESTRA M’A COMBLE.Cette oeuvre tout d’abord amusante aboutit à un constat des plus percutants.” — Richard Gay (la Davair) “EXTRAORDINAIRE, BRILLANT.UNE MERVEILLE.Fellini a créé une oeuvre universelle.’', -William Won Cue Ne** Yotfc w V.O S.T.français LE DECLIN DE L’OCCIDENT EN 00 MAJEUR^ VICTOR LOEWY PRESENTE Federico Fellini PROVA D’ORCHESTRA 'RÉPÉTITION D'ORCHESTRE il CHANSON, Sem: 7:30, 9:30 Sem: 5:30,7:30, 9:40 Dim: 1:30.3:30, 5:30, 7:30.0:30 P(XW TOUS Un "opéra des gueux" servi par une rare galerie de personnages superbes.-Nouvelles L i ttérair es MICHEL BOUJU1 2e MOIS Monique Mercure Klaus Kinski Dominique Sancfci Alain Cuny un film de FRANK CASSENTI 18 ANS Adultes EL TOPO doit affronter les 4 meilleurs tireurs au monde, réussira t'il les vaincre?TOPO SEM./h: 15, SAM 7h.15, DIM 2M5.7h 15 MONTAGNE SEM 9h 30.SAM: 5h:O0.9h:30, DIM !2h:30, 5h:00 9h 30 ricaines: « on apprécie leur support, dira une bonne vieille, mais on aimerait mieux qu'il ne se comporte pas comme si le pays leur appartenait ».Ce jugement sévère que les films américains des années quarante et cinquante ne se sont pas empressés de véhiculer, il aura fallu un Britannique pour lui donner écho.Le choc culturel provoqué par cette rencontre forcée des Américains et des Anglais constitue en fait la principale raison d’être de cette réalisation de John Schlésinger.Celui-ci ne se êne pas pour souligner aussi e racisme et les conflits qui éclataient entre Noirs et Blancs au sein des troupes américaines.Mais l’intrigue gravite principalement autour de trois soldats américains et de leur relation amoureuse avec trois Anglaises: des êtres gue la guerre a momentanément rapprochés comme pour mieux les séparer.Ce drame de guerre est donc avant tout un drame romantique à saveur rétro qui n'est pas sans rappeler les multiples mélos du genre qu’on a pu voir depuis la deuxième guerre mondiale jusqu’au recent Hanover Street.Dans la mesure où le récit reste enfermé dans un cadre aussi cliché où on a droit à des scènes attendrissantes de Nouvel An et des séparations déchirantes sur le quai d’une gare, Yanks ne captive vraiment que par moments.Et cela d’autant plus que les principaux comédiens Richard Gere, Vanessa Redgrave, William Devane injectent finalement très peu de relief à leur interprétation respective.L’oeuvre de Schlésinger devient malheureusement de plus en plus conventionnelle.(Au cinéma Place du Canada).Norman Jewison dont on vient de relancer sur les écrans ' l’adaptation cinématographique de Fiddler on the roof a voulu dans sa dernière réalisation intitulée And Justice for ail dénoncer le fonctionnement du système judiciaire américain.Al Pacino y interprète le rôle d’un jeune avocat qui se butte constamment aux failles du système.Pour, lui, les choses vont de mal en pis: un de ses clients se pend dans sa cellule parce que les auxiliaires de la justice ont mal fait leur travail, un autre est abattu en prison parce qu’il manifestait son innocence et son désarroi, enfin il est lui-même dans l'eau chaude puisqu’on le force à défendre en cour un juge accusé de viol et dont la culpabilité est certaine.À la fin, le personnage principal n’en peut plus et accuse en pleine cour le juge qu'il devait en principe défendre.L’ensemble foisonne donc de bonnes intentions mais Tac-cumulation télescopée des malheurs provoqués par la justice associée au jeu intense mais toujours semblable de Pacino sabote toute vraisemblance et réduit à bien peu de choses la portée contestataire que Jewison a voulu conférer a cette dernière réalisation.Un bon sujet donc, mais totalement récupéré et aseptisé par la grosse machine hollywoodienne.(Au cinéma Atwater I).¦ Blake Edwards est surtout connu pour sa série des Pink Panther mettant en vedette Peter Sellers dans la peau du désormais célèbre Inspecteur — Clouzeau.Dans 10 Edwards mêle à son récit comique une dimension romantique.Il s’agit en fait d’un compositeur âgé d’une quarantaine d’années qui trouve de moins POUR TOUS Al )|ANI • 1MSIT K • 1IUITHRT cLes ^Soeuis fBiôqtë le DAUPHIN 2 BEAUBIEN PRES DIBERVILLE721 6060 Sem.: 7.20 - 9.30 Sam.- Dim.: 1.00 - 3.00 5.15-7.20-9.30 ¦ JIAN COlBf RT UNI SCKCTlON DIS FILMS MUTUCLI ¦ 14 ANS L’HISTOIRE D’UN VIOL, DE L AGRESSION ULTIME DE L HOMME SUR LA FEMME J)Ü LA BRUTALITÉ EMPRUNTE LES GESTES DE L AMOUR ï nbuSiH A TUE-TETE avec JULIE VINCENT • GERMAIN HOUDE PAUL SAVOIE - MICHELINE LANCTÔT - MONIQUE MILLER realise par ANNE-CLAIRE POIRIER produit par JACQUES GAGNE el ANNE CLAIRE POIRIER scenario ANNE CLAIRE POIRIER el MARTHE BLACKBURN • musique MAURICE BLACKBURN images de MICHEL BRAULT UNE PRODUCTION DE L OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA DAUPHIN: sem 7 30 - 930 sam -dim 1 30 - 3 30 - 5 30 - 7 30 - 9 30 ATWATER: sem 5 15 7 15-915 sam-dim 115-315-515-7.15-915 le DAUPHIN 1 BEAUBIEN PRES D IBERVILLE 721 6080 ATIVATER 2 PLAZA ALEXIS NIHOH ETAGE MODES 931 3313 3 lires de stAtionnement 41.25 TOUS LES JOURS 4 REPRÉSENTATIONS A À 1.00 P.M., 3.45 P.M., 6.30 P.M.9.30 P.M BILLETS EN VENTE AU GUICHET 14 ANS FRANCIS FORD COPPOLA «WLON BRANDO ROBERT DUVALi MARÎ1N SHEEN .APOCALYPSE NEW fREDERlC PORREST ALBERT HALL SAM BOTTOMS im FISHBURNE » DENNIS H0EFER ¦'.u.n i, FRANCIS COPPOLA JOHN MHJUS» FRANCE COPPOLA»»» MOW 1 HERR .-^.EREDROŒ GfWFREDtRCKSON.TOM STERNBERG VtTTORC ST0RARC'»~»r DEAN WWXJLARE RCHARO MARKS .w »»WAlTERMURCH »»» CARMINE COPPOLA « FRANCE COPPOLA mfMwi»»l~ an Omni TOFTROPE (roexjction United Artists ' • * i ••n -, *• CepygH c '97*o*'"'?
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