Le devoir, 6 novembre 1969, Supplément 1
Ûtt /) - i LE DEVOIR ASSURANCES GÉNÉRALES de la page 2 à la page 7 SUPPLÉMENT SUR LES ASSURANCES Tendances récentes de l'assurance-vie au Canada et au Québec • progrès plus lent de l'industrie de l'assurance-vie au Canada • position stationnaire des sociétés à contrôle canadien-français au Québec par PAUL SAURIOL L’assurance-vie continue de progresser au Québec comme dans l'ensemble du Canada le montant des polices en vigueur et des primes perçues chaque année continue d’atteindre de nouveaux sommets Le rythme de cette croissance a cependant ralenti depuis quelques années, par comparaison à ce qu’il était il y a dix ou quinze ans Cela provient du fait que 1 assurance-vie n'occupe plus une place aussi privilégiée qu autrefois comme réservoir des capitaux d'épargne Cette évolution est assez sensible en ce qui concerne l'assurance-vie proprement dite, malgré les progrès de l'assurance collective: mais la tendance a été masquée'dans une bonne mesure par l’essor des caisses de retraite qu’administrent les institutions d’assurance-vie On coustate cependant que les méthodes d'epargne deviennent plus diversifiées, notamment avec le succès des fonds mutuels Depuis 1965, la proportion des épargnes d'assurance-vie par rapport à l'ensemble des épargnes personnelles des Canadiens a fléchi de façon marquée, par suite de la création du régime des pensions du Canada et du* régime de rentes du Québec Cette proportion a varié selon les années; ainsi elle était de 40 pour cent en 1955 et de 26 pour cent Tannée suivante, mais le niveau moyen demeurait assez élevé, et était de Tordre de 25 pour cent.Or.cette proportion, qui avait été de 32 pour cent en 1964 est tombée à 22 pour cent en 1965.et s'est maintenue entre 16 et 17 pour cent durant les trois années suivantes, de 1966 à 1968 inclusivement Comme les épargnes ont fortement augmenté, ce déclin proportionnel n'a pas empêché Tassurance-vie de progresser Les primes perçues au Canada Tan dernier ont été de $1,600 millions, et l’assurance-vie achetée par les Canadiens en 1968 a atteint $12.647 millions Pour le total de Tassurance-vie en vigueur, le Canada occupe le troisième rang dans le monde, bien loin demere les Ktats-Unis.et à peu de distance du Japon Si toutefois, au lieu de considérer la somme globale on prend le montant d assurance-vie détenu per capita, les Canadiens sont au deuxième rang: $4,740 par comparaison à $5,700 pour les citoyeus des Etats-Unis Et si on établit la comparaison par rapport au revenu national, le Canada est au pre nier rang, suivi par les Etats-Unis, la Suède et la Nouvelle-Zélande Les Canadiens détenaient pour $99 milliards d’assuran vie à la fin de Tan dernier ce qui représentait $9,000 par assuré et $17.700 par foyer Dans la répartition entre les provinces l’Ontario occupe le premier rang, avec $5,500 per capita, et le Québec se place au deuxième rang avec $3.000 Toutefois, si Ton considère les achats de nouvelles polices d’assurance-vie en 1968.TOntario demeure au premier rang, tandis que le Québec passe en quatrième place derrière TAlberta et la Colombie-Britannique.Cette évolution provient des progrès économiques qu'ont connus les deux provinces de l’Ouest au cours des dernières années L'on peut se demander si le fait que le Québec avait une certaine avance sur le plan de Tassurance-vie, par rapport a ces deux provinces de TOuest, n'a pas favorisé un déplacement d’une partie des épargnes vers d'autres formes de placement Il convient de noter que les achats d'assurance-vie au Québec continuent de progresser à un rythme parallèle à celui de TOntario, et que la différence entre les principales provinces n est pas considérable Si Ton prend la moyenne par foyer et non par personne, les achats en 1968 indiquent $2.520 pour le Québec, qui se classe en tête, $2.480 en Ontario.et $2,270 en Colombie-Britannique, alors que la moyenne canadienne a été de $2.320 par foyer Ces données, qui peuvent paraître à première vue contradictoires.s expliquent par la composition de notre population Même si la natalité a fléchi au Québec ces dernières années, le cadre démographique évolue lentement, en dépit des changements qui peuvent survenir d'une année à Tautre en matière d'achat d'assurance-vie.il ne faut pas oublier que les contrats d assurance-vie et de rentes viagères s'étendent à une génération et épousent la lenteur des phénomènes démographiques L'année en cours et les prochaines années apporteront des indications intéressantes au sujet du déclin de la proportion des épargnés personnelles investies dans Tassurance-vie à la suite de l’institution des régimes publics de rentes; on pourra juger s’il s'agit ou non d'un changement permanent Voir page A-2 Lee tendances L'assurance générale en 1968 • Une année excellente au point de vue financier mais moins bonne au point de vue technique par GERARD PARIZEAU * Chaque année, é l'assemblée générale de la Natio nale, compagnie d'assurances contre l’incendie et les risques divers dont il est le président.M Gérard Parizeau prononce un discours rempli d'observations judicieuses sur la marche des assurances au cours de l'exercice écoulé Voici des extraits de la revue que M.Parizeau faisait récemment de Tannée 1968 dans le domaine de l’assurance générale 1968 a été pour les assureurs un exercice un peu moins favorable au point de vue technique, que l’avait été 1967 Ainsi.pour l'ensemble des sociétés traitant d'assurance autre que vie, les bénéfices techniques au Canada ont été de 44 millions de dollars en regard de 47 en 1967.Par ailleurs, il y a eu une augmentation des primes souscrites de 9.5f!: environ (1).Si le revenu-primes a été plus élevé, le coût des sinistres a continué d’augmenter, dans une période de hausse généralisée des prix et des salaires Pas plus que le reste de l’économie, l’assurance ne peut éviter Teffet de l’inflation sourde, contre laquelle on lutte en ce moment Dans certains domaines comme Tassurance-incendie, l’augmentation du coût de la construction et des prix, en général, entraîne des indemnités plus élevées pour un même dommage.A titre d'exemple, le coût de la construction a augmenté d'environ cinq pour cent dans la région de Montréal en 1968.La même chose s’est produite dans les autres grandes villes du Canada.En assurance automobile, si Ton constate une diminution appréciable de la fréquence des accidents, par contre le coût moyen des sinistres augmente régulièrement, ce qui neutralise les progrès faits ailleurs.De 1965 à 1967 par exemple, le coût par sinistre automobile, dans la province de Québec est passé de $552 à $725 (2).soit une hausse de 31 pour cent en trois ans A quoi attribue-t-on cela’’ D’abord à l'augmentation du coût de la reparation et des frais de règlement, puis aux indemnités croissantes et aux jugements de plus en plus élevés que rendent les tribunaux II n'est pas rare que le quantum atteigne $50,000 à $100.000 et davantage alors qu’autrefois, il était de $10.000 à $15,000 ou $25,000.Si les tribunaux augmentent graduellement le montant de leurs arrêts, ceux-ci restent très en deçà de ce que Ton accorde aux Etats-Unis, cependant.Cela s’explique en partie, par le fait que Ton considère anti-professionnel au Canada le partage des indemnités entre client et avocat, qui atteint jusqu'à 50 pour cent chez nos voisins.11 s’agit là d’une sorte de jeu du droit et du hasard, auquel nos avocats fort heureusement ne veulent pas se prêter la hausse des indemnités pose un problème à la réas surance également.Celle-ci en effet, n’a pas encore adopté des tarifs assez élevés pour faire face aux très gros sinistres qui se produisent de plus en plus fréquemment Maigre cela.1968 a été pour la réassurance une meilleure année, car si le problème de la capacité d'absorption se pose à un certain niveau au Canada, il ne s’est pas encore généralisé comme chez nos voisins.Augmentation des primes souscrites, assez grande stabilité en assurance incendie et en assurance accidents, hausse de deux points du rapport sinistres-primes en assurance automobile, qui s'accompagne d'une légère baisse proportionnelle des frais, voilà dans l'ensemble, la situation de l'assurance autre que vie en 1968.Les directives de production continuent de refléter les situations particulières de chacun Ainsi, le groupe Royal reste très prudent, ce qui ne Tempèche pas de tenir la tête du peloton avec des primes de $95.000.000 En 1968.il a diminué son revenu-primes de 5 72l7 en assurance contre l’incendie.Quant à l'assurance automobile, il est parvenu à n’augmenter son chiffre d'affaires que de .89%, tandis que certaias autres groupes ont augmente de 15.24 et même 35%.Par contre, Lloyd's a appliqué les freins vigoureusement, en diminuant sa production automobile de 8 26e; et incendie de 4.57*.Il est intéressant de suivre la marche de chaque assureur selon le degré d'optimisme de chacun, ses besoins Voir pays A-2: L aaauranca SOMMAIRE 1 PAUL SAURIOL Les tendances récentes de Tassurance-vie au Canada et au Québec GÉRARD PARIZEAU L'assurance générale en 1968 3 MICHEL PARIZEAU Une nécessité urgente: le regroupement des entreprises de courtage d'assurances JACQUES MORRISSETTE Le courtier d'assurances : une profession appelée à demeurer, mais aussi à se moderniser et à s'adapter 4 CHARLES MOREAU Les actes de vandalisme du 7 octobre à Montréal: qui paiera la note ?CHARLES MOREAU La formation du personnel en assurance générale 5 GUY SAINT-GERMAIIM Quand s'attaquera-t-on au problème social de l'utilisation de l'automobile ?6 YVON OANEAU Un bilan économique et social impressionnant: les coopératives d'assurance au Québec 7 ARMAND MALTAIS Que sera la nouvelle loi du Québec sur les assurances 7 PAUL.A.MAILLOUX Le Service des assurances du Québec agit comme représentant du public-consommateur 8 RODOLPHE CASGRAIN Les investissements des sociétés d'assurance en 1969 9 HERVÉ BELZILE Le contrat à fonds variable: les sociétés d'assurance-vie invitent leurs assurés à partager le risque de leurs placements 10 JEAN-BERNARD MORIN L'assureur-vie, un étudiant permanent 12 FRANÇOIS VACHON Les sociétés d'assurance-vie attendent le livre blanc sur la réforme fiscale 14 VINCENT PRINCE Québec deviendra bientôt la septième province à bénéficier de l'assurance-maladie * Le Devoir, jeudi 6 novembre 1969 LES TENDANCES Suite de la première page Le total annuel des prunes d assurance-vie payées par les ( anadiens a pratiquement décuple depuis une quarantaine d années, mais cette augmentation a été parallèle a la hausse des revenus, pour en apprécier l'importance reelle.il faut tenu compte de 1 ui fiat ion qui a réduit de façon sensible la valeur de notre monnaie Depuis la fin de la seconde guerre mondiale ces prunes ont représente un pourcentage assez stable du revenu des Canadiens après paiement des impôts la proportion s est maintenue entre 3.5 et 4 pour 100 Durant la cnse economique des années 1930 cette proportion avait été plus élevee et avait même dépassé 6 pour 100 en 1935 (*n peut penser que la chute brutale de la bourse à partir d octobre 1929 avait valorise de l assurance-vie comme mode dèpargne durant la decennie 1930 Jusqu'à ces dernières années, lassurance-vie avait pratiquement comme unique fonction de procurer une protection financière pour la famille en cas de décès prématuré du père cette fonction demeure encore dominante mais elle L'ASSURANCE Suite de la première page de réserves, ses ressources, les résultats qu’il anticipe ou les instructions que lui a données son siège social à l’étranger Car l’assurance autre que vie continue d’être, en grande partie, la chose des Américains et des Britanniques A cause du nombre des assureurs et de l’influence exercée par les sièges sociaux en pays étrangers, il est parfois difficile d’assurer une certaine stabilité du marché Trop d’influences contradictoires interviennent Seuls, semble-t-il.échappent aux pressions extérieures les groupements assez puissants pour avoir leur autonorrue de décision et de manoeuvre Dans le passé, pour appliquer des règles rationnelles, il a fallu parfois que la situation soit vraiment très mauvaise Au niveau des provinces, le mécanisme est encore plus difficile a mettre au point parfois des sociétés traitant à peine dans une province ont.au sein des organismes de tarification.beaucoup de poids par suite de leur chiffre d’affaires dans l’ensemble du Canada Cest ainsi que.tout en faisant valoir d’excellents arguments pour demander la hausse des tarifs pour certains postes, dans La province de Québec.des sociétés très spécialisées et connaissant bien la situation se heurtent à des attitudes négatives très fortes La chose s est produite, par exemple, pour le tarif des risques aggravés comme ceux qu’englobait le Fonds des risques assignés et.plus récemment, dans le champ de La ‘'Facility", c est-à-dire pour les risques faisant l'objet d’une réassurance automatique Malgré cela, l’essor des sociétés canadiennes est réel, même s’il se produit surtout dans le domaine le plus exposé, celui d l’assurance automobile.Formes nouvelles de concurrence Dans certains secteurs, la concurrence reprend à tel point qu’il faut mettre les intéressés en garde On a Üm-pression en effet qu on joue un peu avec le feu.Quand la concurrence se manifeste seulement sur le plan de la production.je ne pense pas qu’on puisse s'y objecter, si l’assureur a les ressources voulues Mais, de grâce, qu’on ne s’attaque pas imprudemment à des tarifs raisonnablement établis’ Que sous l'effet d'exigences exagérées de certains marchés extérieurs, on songe à des solutions nouvelles, cela est très bien.Si.par exemple, des assureurs doublent ou triplent leur tarif soudainement en considérant l'Amérique entière comme un tout je pense qu'on est justifiable de travailler au-dessous; mais qu'on ne se livre pas systématiquement à la coupe des tarifs locaux sans autre raison que d'augmenter sa production Et surtout qu'on ne relève pas les taux de commission, pour le simple motif d'attirer à soi le plus d'affaires possible.Attention aussi au pool de la réassurance obligatoire ou Facility .comme on dit couramment L’initiative est excellente en soi, mais il ne faut pas lui confier tout ce qui est risqué et qu'on accepte strictement pour des fins commerciales A moins que les tarifs soient fixés en conséquence.Or.c'est un fait reconnu que, malgré l’insistance des assureurs du Québec, ils ne sont pas suffisants en ce moment pour d?s raisons d’opportunicmc politique Cest dans ce domaine des risques tarés ou mauvais qu’on pourrait exiger les tarifs les plus élevés, sans crainte de réactions défavorables de La part des pouvoirs publics, pourqu qu’on leur fournisse à temps et franchement toutes les explications nécessaires On parle beaucoup de “mass merchandising" en ce moment dans le domaine des assurances.Ce terme s'entoure d’un certain prestige Cest tout simplement l’effort fait auprès de certains groupes en offrant des polices réunissant soit des avantages particuliers soit les conditions ordinaires, mais soulignés adroitement à grand renfort de publicité On suggère, par exemple, aux membres de telle assodation ou de tel groupie professionnel une assurance automobile ou une assurance globale à un prix un peu inférieur au tarif courant La chose n'est pas nouvelle, mais on en fait un grand battage, en La décorant d'une appellation claironnante.On pratique cette méthode de vente depuis longtemps au Canada, mais de façon moins spectaculaire Est-il raisonnable d agir ainsi0 Peut-on dire, par exemple, que le logement ou l’automobile d’un pédicure, d’un avocat, d’un fonctionnaire ou d’une Fille d Isabelle présente un risque moindre, parce que son proprietaire fait piartie d’une association professionnelle, d une même entreprise ou d’une amicale0 Je ne le crois pas La seule justification, c’est un désir de production intensive Dans certaines provinces, comme daas l’Ontario, la loi défend l’assurance automobile pour les groupies d’employés ou les spécialistes de tous poils On contourne la loi dans certains cas, en invoquant qu'on applique son tarif à tous les assurés de la compiagme, sans distinction Tant qu’une loi précise n’empiéchera pas la pratique de l’assurance de groupies, on n’évitera pas les interventions des courtiers, intermédiaires indispensables du marché, dont l’esprit inventif n’a aucune commune mesure ave», la stabilité que souhaite l’assureur.confortablement installé dans son fauteuil Je précise immédiatement que si le courtier joue parfois le rôle de trouble-féte ou s’il contribue à brouiller les cartes, il a une incontestable utilité piarce qu’il pxmsse constamment à une évolution de marché II appartient à l’assureur de s’opposer aux initiatives qu’il juge dangereuses pxiur le bon équilibre de ses affaires.Ainsi, chacun reste dans son rôle.(Il Fournis par le service des assurances en grande piarUe ces chiffres sont tirés de “Canadian Underwriter" du 15 avril 1969 Ils sont approximatifs et ne sont destinés qu à indiquer la tendance (2 Pour les dommages corporels et matériels aux tiers dans le cas des voitures particulières (celles des fermiers exclues! Source.Automobile Expérience, June 3ûth 1968 P 18 A-t on toison de craindre les motocyclistes ?D&r.s un# l#ttr# üdrttssé# au ridact*ux d# 1* r#vu# Canadian Qnd#nrritax, moire du 1$ octobre 1969, un spécial 1st* onta-rian da l*a«iurarc«f K« a.Plualay, s# Aaaanda si l’on a raison da craindr# da façon particullb”# la# motocyclistes.2’aprk# Jaa atatistiquaa qua cita U, Piualey, la taux d’accidanta cha* laa conducteurs de «otocyclette aérait beaucoup plus élevé que chea les conducteur# d’autres véhioulae-autoaobilea.Toici à ce aujet quelque# atatietlquea concernant diverse# catégorie# de vébiculee-autoiaobilee iapliquée dans des accidents au cours de l’année 1966 au Canadat 7‘ype da véhicule tfoabre de véhicules enregistrés bre da véhicules ispliqués dans des sinistre* Papport Voiture 1 passagers Z,Z3S,?y7 241,591 1 l»r 9.2 Véhicules couMrciaux 379,010 25,480 1 par 14.8 Autobus 11,539 1,960 1 par 3.6 Motooyolsttss 47,826 3,321 1 par 14.4 Canadian Undenrri terf 15 octobre 1965 est moins exclusive qu autrefois Depuis un certain nombre d années les caisses de retraite confiées aux sociétés d as surance représentent une part croissante des prunes Cette formule comporte à la fois une protection pour les dépendants et pjour l'assuré lui-même s’il vit jusqu’à sa vieillesse Devant l’inflation On constate aussi que le prestige social attaché jadis à lassurance-vie a pierdu de son impxirtanee D’autre part, l'inflation constante et prononcée des dernières décennies a réduit la valeur reelle des indemnités d assurance et des pensions dont le montant nominal était détermine d’avance Comme ces contrats s'étendent généralement sur la plus forte partie de la vie active de Cassure, les épargnes ainsi investies tendent à se déprécier, surtout par comparaison à d autres formes de placement qui sont moins atteintes par l’inflation Un autre phénomène qui s’est amplifié durant la dernière décennie - la hausse des taux d’intérêt est venu accentuer cette difficulté Les placements traditionnels des sociétés d'assurance, obligations des gouvernements et des grandes institutions sont exposes aux dommages de l infla tion surtout lorsqu il s’agit d obligations à long terme, mais de plus avec la hausse recente du taux d interèi le rendement moyen de ces investissements effectues au cours des années demeure relativement bas Le fait que les obligations émises d y a à peine quelques années ont vu leur valeur marchande réduite à cause des rendements actuels n'est pas trop inquiétant pour les sociétés d assurance, qui peuvent attendre les échéances, mais les taux d intérêt relativement faibles de ces valeurs tendent à plafonner le rendement des épargnes des détenteurs d'assurance Pour l’année 1968, le taux d'intérêt net réalisé par les investissements des compagnies canadiennes d'assurance-vie a été de 6 03 pour 100, ce qui est plutôt faible par comparaison aux taux courants de l'an dernier Mais c’était pourtant un progrès, car ce fut la première fois depuis 1929 que ce taux d'intérêt net des sociétés d'assurance atteignait 6 pourcent Nouvelle concurrence Même si l'assurance-vie conserve encore ses positions, elle devient plus exposée à la concurrence En 1968.l actif global des institutions d'assurance-vie au Canada a augmenté de 5 4 pour 100, par comparaison à 19 1 pour 100 dans le cas des fonds mutuels, 14 2 pour 100 dans le cas des banques, et 13 2 pour 100 dans le cas des sociétés de fiducie Une étude basée sur les données de plus de cent compagnies d assurance-vie canadiennes et publiée U y a quelques mois, indique que les ventes d assurance-vie en 1968 ont marque un progrès de 11 pour cent sur 1967.mais cela se compare à un gain de 15 pour cent en 1967 sur 1966 La possibilité pour les épargnants de trouver ailleurs de meilleurs rendements et une meilleure protection contre l’inflation risque donc de déplacer graduellement une partie des épargnés vers d’autres formes de placement Cela ne signifie pas que T assurance-vie va être remplacée par autre chose, car c'est une forme de protection qui demeure indispensable et qui présente des garanties particulières Mais un bon nombre de sociétés d’assurance songent à diversifier davantage leurs services déjà multiples, afin de conserver et d’augmenter leur clientèle en lui procurant un éventail plus vaste et un meilleur équilibre dans le placement de ses économies Cette évolution pourra prendre diverses formes Cette année une importante compagnie d'assurance a forme une société de gestion dont les pouvoirs sont très étendus et qui.en plus d'offrir des contrats d assurance-vie par l'entremise de la compagnie qui est désormais une de ses filiales peut procurer à sa clientèle divers services financiers comme les fonds mutuels I.a diversification des services financiers peut être obtenue par d’autres formes d’association Ainsi, chez nous, la formule coopérative a permis au Mouvement Desjardins de grouper une gamme étendue d'organisations financières, y compris l'assurance-vie D est probable que les législations sur les assurances seront modifiées pour assouplir des restrictions qui empêchent les transformations souhaitées par certaines sociétés d’assurance Nos sociétés canadiennes-françaises Dans le Québec, comme dans l’ensemble du Canada, les primes perçues en 1968 par les sociétés d'assurance-vie et les sociétés de secours mutuels ont marqué une augmentation sur celles de 1967, mais il s’agit d’une augmentation assez limitée Le total des primes perçues par les compagnies d assurance à fonds social, par les compagnies mutuelles et par les sociétés de secours mutuels, pour fins d'assurance et de rentes viagères, c'est-à-dire en enlevant les primes pour d autres fins notamment pour l’assurance-accident et l assurance-maladie qui représentent une part importante des recettes des sociétés de secours mutuels, atteignait le chiffre de $439.659,000 en 1967.et de $469.014.000 en 1968.l'augmentation est donc d'environ 6.7 pour 100 Si l'on prend le total des primes perçues par les sociétés canadiennes-françaises, le total est de $110,700 000 en 1967.et de $119.216.000 en 1968 L’augmentation des primes d’assurance-vie et de rentes viagères de nos entreprises ca- nadiennes-françaties a été un peu supérieure à l’augmentation generale, soit d’environ 7 7 pour 100 C'est un progrès bien minutie, si l’on considère la part encore trop faible qui va à nos entreprises canadiennes-fran çaises II y a un peu plus de trente ans, lorsque durant la cnse économique, un mouvement de récupération de nos épargnés d’assurance a été lance par la fondation de nouvelles sociétés nos entreprises ne recevaient que 5 pour 100 du total des primes En 1942, cette proportion montait à 8 pour 100 La progression a continué, mais elle semble ralentie, car la part de nos sociétés, qui était de 25 2 pour 100 en 1967.n'a progressé que d'une fraction, à 25 4 pour 100 l'an dernier La gestion de nos épargnes Alors qu'on parle tant d’émancipation économique et que le parti qui milite pour l'mdependance politique prétend gagner du terrain, il est étrange que les nôtres continuent de confier leurs épargnes d'issurance-vte et de rentes à des entreprises dont nous n'avons nas le contrôle Nous devrions commencer par gérer nous-mêmes nos propres épargnes D va de soi que nous ne pouvons pas nous attendre à ce que nos sociétés d'assurance canadiennes-françaises reçoivent une part des primes proportionnelle à l'importance démographique de notre groupe au Québec, car la minorité anglophone est plus riche et détient sûrement plus d'assuran-ce-vie que la moyenne de notre population Mais U serait normal d'arriver à 50 ou 60 pour 100 Avec le progrès constant de l’assurance-vie, nous abandonnons ainsi la gestion de sommes qui deviennent chaque année plus considérables et qui dépassent mamtenant les $100 millions annuellement Le changement ne peut pas être très rapide parce que l’assurance-vie et les rentes viagères sont liées au processus démographique, mats le progrès devrait être plus accentué, surtout depuis 1960 Le Conseil économique du Canada, dans son exposé annuel de septembre dernier note que le Canada est l’un des pays où le rapport entre l’épargne nationale et le produit national brut est le plus élevé; sur ce point notre pays est en avant des Etats-Unis et de l’Angleterre et n’est dépasse que par le Japon et certains pays d’Europe occidentale Le Conseil économique prévoit que d ici 1975, le niveau des épargnes au Canada peut se maintenir à la moyenne annuelle de 3 5 pour 100 du PNB L’assurance-vie va continuer d'absorber une partie importante de nos épargnes mats d'autres formes de placement attireront aussi nos économies Si nous continuons de confier une forte part de nos capitaux d epargne à des entreprises où les nôtres n’exercent qu'une influence marginale, cela ne peut qu’accentuer notre dépendance économique MINISTÈRE DES INSTITUTIONS FINANCIÈRES, COMPAGNIES ET COOPÉRATIVES DU QUEBEC SERVICE DES ASSURANCES Conscient de !a très grande importance du domaine de l'assurance au Québec, le ministère des Institutions financières, Compagnies et Coopératives a voulu accroître le développement de son Service des Assurances.Ce service surveille étroitement les opérations des compagnies d'assurances.Il s'acquitte de cette tâche par l'examen des rapports financiers, l'inspection des livres, l'étude du portefeuille de placement et des traités de réassurance.Dans le but d'améliorer la qualité de l'ensemble de ses services, le ministère a mis sur pied une direction générale de l'inspection polyvalente dont les effets heureux se font déjà sentir.De plus, le ministère réunissant aussi sous son égide la Commission des valeurs mobilières, le Service du courtage immobilier, le Service des compagnies de finance, le Service des compagnies, le Service des renseignements sur les compagnies, le Service des coopératives ainsi que la Régie de I assurance-dépôt, son Service des Assurances dispose d'organismes-conseils mieux structurés et plus nombreux.Le ministère se trouve de la sorte associé aux diverses entreprises financières et remplit mieux son rôle en profitant d'un contexte vivifiant.Grâce à ses structures, le ministère est en mesure d'assumer pleinement ses fonctions dans le domaine de l'assurance: surveiller la solvabilité et la bonne administration des sociétés et garantir au public une meilleure protection.ROGER A.CAMARAIRE, Surintendant des assurances LOUIS-PHILIPPE BOUCHARD, C R„ sous-ministre ARMAND MALTAIS, C R., ministre J ?GOUVERNEMENT DU QUÉBEC I # » r Assurances générales Le Devoir, jeudi 6 novembre 1 969 é A-3 Dans un monde de plus en plus dominé par les grands ensembles Une nécessité urgente: le regroupement des entreprises de courtage d'assurances par MICHEL PARIZEAU président de Gérard Parizeau Limitée La mode est aux fusions, aux acquisitions et aux regroupements de toutes sortes dans l'economie non seulement nord-américaine mais occidentale Le Québec n'échappe pas a cette tendance dont il ne convient plus de discuter les mérites, les preuves en étant déjà largement faites, mais dont il importe d'examiner les caractéristiques particulières au milieu dans lequel nous évoluons, et notamment dans le cadre d une entreprise de services comme c'est le cas pour le courtage d’assurances.Comment se présente la situation actuelle?n existe dans la province un nombre considerable de cabinets, au-delà de 2000 engagés dans le domaine des avsurances de dommages La très vaste majorité est constituée d'un courtier.seul ou avec une secrétaire, dont la clientèle est prmcipa lement axee sur les affaires dites personnelles Quelques centaines de bureaux sont davantage équipes aux points de vue personnel et marchés et peuvent ainsi s'occuper plus activement des affaires commerciales moyennes Quant aux risques importants dans les secteurs financiers, commerciaux et industriels, ils sont assurés par l'entremise d'un très petit nombre de cabinets.quelques dizaines tout au plus particulièrement bien équipés pour les services techniques et disposant des vastes marchés requis de nos jours pour les affaires d’envergure Or, si l’on a assisté au cours des dernières années à un certain nombre de fusions ou d'associations de petits bureaux et plus fréquemment d'acquisitions de petits cabinets par des firmes de taille moyenne la tendance la plus significative a sans doute été l’absorption ou les tentatives d'acquisition par quelques géants, d'autres bureaux importants En soi.ceci n'a rien de troublant et s'inscrit dans la logique des choses Cependant et c'est ici que la situation au Québec devient toute particulière on ne retrouve parmi les quelques dizaines de bureaux importants qu'une poignée de cabinets appartenant à des Canadiens français; et c'est de leur côté que les efforts des géants américains et canadiens-anglais se sont portés.Assurément, le nombre d'acquisitions n'a pas été considérable à ce niveau Mais les tentatives en ce sens se sont effectuées à toutes fins utiles auprès de tous les candidats possibles et le problème du point de vue du groupe cana-dien-français.demeure toujours le même Quel est donc ce problème?Essentiellement, ü tient aux impératifs conjugués de l'économie moderne et de ceux du nationalisme canadien-français.ces deux pôles ne présentant pas toujours des aspects conciliables Les impératifs économiques et techniques D une part le maniement des affaires d envergure exige une très forte organisation, des ingénieurs spécialisés en matière de prévention et de Le courtier d'assurances Une profession appelée à demeurer, mais aussi à se moderniser et à s'adapter par JACQUES MORRISSETTE courtier d'assurances agréé, président de l'Association des courtiers d’assurances de la province de Québec • Tout en admettant que le fôle du courtier d'assurance dans la société est aujourd’hui plus connu, je suis d'o-pimon que encore trop de gens méconnaissent le rôle réel Çt indispensable qu'il joue dans la société moderne Dans uw société en évolution perpétuelle tout homme digne de ce nom doit se main-tenir constamment au diapason de cette société Et dans Cette même société, le professionnel qui a pour mission de servir ses semblables se doit non seulement de suivre le rythme mais encore d'être en avance sur l'évolution générale.En effet, comment peut-on imaginer an leader qui ne puisse pas voir plus loin que le bout de îon nez?Comment peut-on imaginer que.dans une discipline donnée, dans sa discipline à lui.le professionnel âe cherche pas constamment à élargir ses horizons, approfondir ses connaissances, en acquérir de nouvelles?; Pourquoi, me direz-vous, ées considérations qui relèvent beaucoup plus du sociologue que de l'homme d’affaires dans un article sur le courtier d'assurances'1 Z D'abord, et c'est la raison ta plus évidente, parce que le courtier d'assurances, en sa qualité de conseiller professionnel.remplit un rôle éminemment social en ce qu'il si1 doit, avec toute son honnêteté et toute sa compétence, î son client, celui au nom duquel il transige.Ses res-Jonsabihtés sociales sont donc venta b le ment pressantes, à tel point que son statut professionnel a été reconnu par la Loi 157 sanctionnée le 11 juillet 1963 par l'Assemblée nationale du Québec Est-il besoin de souligner que le courtier d'assurances est egalement un homme d’affaires indépendant lorsqu'il négocie au nom du public acheteur les contrats qu'il lui a suggères?Il faut encore, me semble-t-il souligner dans cette définition la notion d’indépendance du courtier d'assurances.Au contraire des agents captifs ou agents à gages qui ne peuvent offrir à leurs clients que ce que la compagnie qu'ils représentent met à leur disposition.il n'a de liens exclusifs avec aucun assureur En effet, il est mandaté par le client pour acheter en son nom La protection qui lui convient le mieux et qu’il trouvera parce qu'il a à sa disposition plusieurs compagnies d'assurances offrant un even-tail de produits vraiment adaptables à ces besoins.Il est, d'abord et avant tout, et c'est ce qui en fait un véritable professionnel, le mandataire de ceux qui lui confient leurs problèmes d'assurances Le courtier a également une responsabilité envers les assureurs avec qui il se doit de négocier d'une façon absolument intègre et compétente, les contrats qui viendront protéger les intérêts et les biens de ses clients.Le courtier d’assurances se voit donc chargé d’un double mandat: premièrement,envers sa clientèle et deuxièmement, envers les sociétés d'assurances.Le client d’abord et avant tout 11 que n'en reste pas moins le courtier d'assurances doit son allégeance première à son client.Et c'est justement la primauté de cette respoasabili-té du courtier envers son client qui milite de plus en plus en faveur de l'existence de la profession de courtier Nul ne peut contester que l’assurance générale, dans toutes ses expressions, devient de plus en plus compliquée Nul ne peut s'y aventurer sans une connaissance approfondie et une expérience constante de toutes ses mo- Gérard DUGUAY & ASSOCIÉS Limitée ASSURANCES 4256, De Lorimier Montréal Tél.s 526-0469 dalités, de tous ses méandres.Les services que rend le courtier à ses clients sont de nature personnelle car le courtier doit bien connaître son client, sa condition et ses besoins afin d'établir en toute connaissance de cause les formules d'assurances les mieux adaptées aux circonstances et de négocier les contrats qui s'y rapportent le plus précisément.Plus notre société se développe, plus elle devient complexe (et ce n’est pas toujours dans le plus grand intérêt de l’individui.Supposons le cas.par exemple, de l'étatisation d’un aspect ou d'un autre de l’assurance générale.Ne pouvons-nous pas imaginer que ce serait là une dépersonnalisation de l'assurance, du service très humain et très individuel qu'est l’assurance?Quelle qu’en soit l’intention.aussi humanitaire qu’elle veuille être, une grande machinerie administrative d'Etat met inévitablement des barrières invisibles mais combien réelles entre elle-même et le public Dans cette conjoncture, ne serait-il pas plus rassurant pour le particulier de penser qu'il y a entre lui et l'impersonnalité de la “grosse machine" un spécialiste qui veille au grain, un professionnel?Les tendances actuelles du monde de la finance vers les grands conglomérats de multiples industries n'ayant aucune parenté entre elles jouent également dans le domaine de l'assurance Une étude récente publiée par la revue américaine “BEST' (Mai 19681 démontre que 300 organisations qui ne sont pas des assureurs contrôlent de façon directe ou indirecte 670 compagnies d'assurances en Amérique du Nord.Ces nouveaux propriétaires sont-ils orientés vers l'assurance pour rendre service au public ou pour accrcStre la rentabilité de leurs placements?Evidemment, il n'y a rien d'essentiellement malsain à vouloir faire des bénéfices Mais il est permis de se demander si le particulier y trouve vraiment toute la protection, toute l’attention à laquelle il a droit puisqu'il y va, d’une part, de son droit humain le plus strict et, d'autre part, puisqu'il paye pour cette protection.Par ailleurs, il est humainement impossible de demander à tous et chacun de posséder une connaissance complète de l'assurance et de ses rmxia-lités infinies et des différences subtiles entre tel et tel contrat.Voilà donc pourquoi le courtier d’assurances existe Il a reçu de son Association le droit de pratiquer en tant que professionnel seulement après avoir poursuivi des études sérieuses et approfondies et après avoir passé avec succès des examens difficiles et approfondis.Le courtier et l’ère des conglomérats Coûl moytn d un trcidtnl automobile au Canada an Ontario al au Ouébac tarification, des spécialistes dans des domaines aussi divers que l'assurance profit, l'assurance maritime, l'assurance chaudières et l’assurance de responsabilité, une con-naissance approfondie des marchés internationaux et surtout un volume d'affaires suffisant pour avoir accès a ces marchés Ce maniement s'effectue dans une atmosphere de très haute concurrence ou le cabinet important au niveau du Québec mais moyen au niveau nord-américain, ne peut réussir à se développer et à tenir tète aux grandes organisations qu’au prix d'un large déploiement d énergie et d'imagination De plus, parce que ces cabinets existent depuis relativement peu de temps au regard des géants dont la date de formation est beaucoup plus éloignée, leur développement rapide s'est nécessairement effectué à un taux de rendement inférieur à ce que ce dernier aurait été s'il s'était agit d'un mode de croissance normal d'où une situation financière qui.si elle est convenable pour continuer l'essor dans des conditioas habituelles de concurrence, s'avère généralement iasufflsante pour utiliser les moyens modernes des grands ensembles En effet, ces derniers tendent activement à augmenter leur emprise à l aide de l'achat de bureaux, en offrant aux actionnaires ou aux propné-taires de ces derniers un prix très alléchant, un poste de prestige extérieur au sein d'une vaste organisation, et l'élimination à toutes fins utiles du lourd poids des responsabilités pour l'avenir En somme, ils présentent des offres extrêmement intéressantes pour des gens qui s'inquiètent du futur et qui ont conscience que le capital qu’ils sont en train de mon- ter ne pourra être réalisé quàu moment do la vente de leur entreprise.Et qui sera alors en mesure d'en faire l'acquisition si ce n'est ces mêmes géants anglo-saxons qui les courtisent aujourd’hui’’ Ne serait-il pas préférable de vendre immédiatement pendant que la cote est bonne plutôt que de risquer l’avenir qui est aléatoire'.’ Sauront-Us conserver leurs clients importants qui dans quelques années feront peut-être partie eux-mêmes de grands ensembles dont les assurances seront manipulées par les courtiers internationaux'’ Ne serait-il pas plus sage de se joindre immédiatement à de tek cour-tiers’’ Les impératifs nationaux Et c'est ici qu'intervient dans son ampleur le pôle du nationalisme canadien-français.qui prend divers aspects suivant les individus II y a d’abord ceux qui.ayant une conscience profonde du groupe et se sentant moralement engagés dans le développement collectif, ne peuvent se résoudre à vendre leur affaire à des gens de l'exteneur Q y en a d'autres dont le nationalisme est davantage de surface ou qui considèrent ces questions comme trop entachées d'émotivité Us ne subissent donc pas l'empêchement de base mentionné plus haut mais ik s inquiètent des réactions de leurs clients En cette matière.il ne faut pas oublier que l'entreprise de service est basée dans une beaucoup plus large mesure que l'entreprise commerciale ou industrielle sur des relations d’ordre personnel ou humain Lorsqu'une industrie détenue par des Canadiens français est vendue à des intérêts américains cela entraîne généralement des commentaires défavorables ou même violents dans les journaux Mais pourvu que les produits de cette industrie conservent la même qualité et le même prix, les ventes continueront de la même façon D nén est pas nécessairement ainsi pour le courtage d'assurances où certains clients importants selon leur degré de nationalisme, dirigent leurs affaires vers des cabinets ca-nadiens-français compétents et bien équipés dans un esprit de collaboration au développement économique du groupe.Que la majorité des bureaux importants ait résisté jusqu'ici aux offres des grands ensembles, ne constitue en aucune façon une sécurité pour l’avenir Leurs dirigeants savent ou sentent tous que d'ici 10 ans U n'y aura plus de place pour l'entreprise moyenne dans ce secteur de l'économie, que leur propre place relative ira s amenukant malgré un rythme de développement propre fort convenable et qu’ik n'auront pas les moyens financiers directs voulus pour utiliser les modes d acquisition des géants Certains se décourageront et accepteront finalement de devenir de glorieux apporteurs d'affaires au bénéfice d intérêts extérieurs D autres plus tenaces, se rendront compte qu'il existe un moyen de sortir du dilemme et s'attacheront sans tarder à 1 utiliser le regroupement à l'échelon du Québec d’un nombre suffisant de cabinets intéressants dont les dirigeants s'associeront pour former leur propre grand ensemble, qui lui pourrait alors utiliser les moyens modernes de concurrence.de développement et de rayonnement vaste sphère d'influence au niveau de la clientèle, organisation technique structurée et d avant-garde.force importante sur les marchés ententes internationales, inscription des actions en bourse, larges pouvoirs d emprunt.Ce qui fera qu’au cours des années à venir, le secteur du courtage d’assurances au niveau de ce qui compte nous échappera ou non, est relié directement au nombre de diri-geank qui auront suffisamment de courage et de matun-té pour effectuer non seulement dans leur esprit mais aussi dans les faits, le passage de la notion de majoritaire d une entreprise à caractère familial à celle de co-mmori-taire d’un grand ensemble; et pour accepter d'oeuvrer dans un groupe dont ik ne constituent individuellement qu’un rouage, important certes mais pas souverain Voilà le véritable problème que notre tempérament d'mdi-vidualistes latins n'aide guère à solutionner C’est là où nous devons nous taire violence en nous efforçant de voir clairement les nouvelles priorités qu'entraînent les transformations radicales de la société et de l'économie DEPUIS 1908 Geo.Tanguay & Fils, Ltée COURTIERS D'ASSURANCES AGREES CONSEILLERS - ASSURANCE COLLECTIVE Paul Tangua,, Ronald Lippè, Henri Charlrand, Alphonse LeBouc, Maurice Ha,man.Jacques Hébert, Rosaire Desno,ers, André Holland C.d'A.A C.d'A.A C.d'A.A C.d'A.A C.d'A.A.C d'A.A.C.d'Ass Maurice Tangua,, C.d'A.A Paul Galipeau, C d'A A F U.C Jacques Barry, Gérard Gaumont, Marc Savard, Jean Desrocbes, Pierre Groulx, Louis Hebert, C.d'A.A d'A A d'A.A.d'A.A d'A.A.4489 PAPINEAU.MONTREAL.TEL.527-4161 Tout au long de sa car- nère.le courtier d'assurances doit poursuivre sa formation.Il doit en premier lieu se tenir parfaitement au courant de tous les changements de l'assurance, des nouvelles possibilités de contrats, des modifications des lois en somme, il doit toujours être à l'affût de ce qui peut servir les intérêts de son client Toutefois, sa formation ne doit pas s’arrêter là Sa compétence dans l'assurance même n’est pas nécessairement une garantie de survie pour lui ni une garantie qu’il possède de vastes ressources d’esprit parfaitement adaptées au monde dans lequel vit et oeuvre sa clientèle U doit aller plus loin: la recherche de nouvelles techniques de gestion, l'emploi de l'informatique, les développements récents de toutes les sciences humaines Itù permettront de mieux connaître l'homme et son milieu afin de le mieux servir; il devra si nécessaire considérer la possibilité de former des groupements plus efficaces et plus complets avec des confreres afin de mieux servir le public.Il devra se dégager davantage de la fonction administrative afin d’être encore plus disponible à sa clientèle D faut conclure que le courtier d’assurances doit se moderniser, vivre à l’heure de demain Le courtier d'assu-rances du Québec fait toutes ces choses, de son propre chef et sous l'égide de son Association qui retient les services de spécialistes dans tous les domaines et organise conférences et séminaires pour aider ses membres, pour leur permettre d'être un pas en avant des techniques modernes.U ne seconde conclusion s'impose: plus l'assurance se dépersonnalise au niveau des conglomérats, plus essentielle devient la mission humaine du courtier II est et restera le trait d'union, le conseiller professionnel entre la “grosse machine" et l’homme.preag sensible m politiques vide mm en S la Société d’Assurance des Caisses Populaires Arm A* Canada Ontario Québac Toronto Kor.tr4al 1965 *525 •517 *552 »5U $507 1966 •595 •570 »64e *553 •599 1967 $640 $606 *775 *572 *653 VOUS Au^nentAtlon •n trois ans 21.9/« 17.Z,< 11.3,T 11.54 20.7! INCENDIE A««uranctta, jeurviar 1969 RtSPONSABIurf CIVIll / VOL / ASSURANCt COMBINlE POUR MAISON D HABITATION / RESPONSABILITf PtRSONNlXLt / Rf SPONSABIUTI PATRONALE / GARANTIE PIDEUTÉ.GLOBALE / AUTOMOBILE A 4 • Le Devoir, jeudi 6 novembre 1 969 Assurances générales LES ACTES DE VANDALISME DU 7 OCTOBRE: QU! PAIERA LA NOTE?par CHARLES MOREAU directeur pour le Québec du Bureau d assurance du Canada et président de l'Institut d assurance du Quebec Les malheureux événements qui ont secoue Montreal dernièrement ont de nouveau souligné l'importance de l'assurance comme moyen de protection H est assez significatif en effet, qu à peine quelques heures après le début de ces événements c’est-à-dire au moment où les citoyens en savaient peu de choses, exception faite des renseignements contenus dans les bulletins de nouvelles à la radio et à la télévision, on posait déjà avec anxiété la question de savoir si les dommages qui en résulteraient, étaient couverts par l'assurance Cette réaction était normale: notre nature humaine est ainsi faite qu'on pense à l'assureur au moment précis où le malheur frappe mais on 1 oublie vite dès que l’inquietude disparaît et pour employer une expression utilisée dernièrement par le BAC dans un message publicitaire, “l'assurance est un boulet aux pieds jusqu'à ce que " L'inquiétude des premières heures fut en grande partie dissipée lorsqu on comprit que cet événement avait pris presque tout le monde par surprise mais que les assureurs, eux en avaient prévu la possibilité La police d’assurance contre l’incendie est ordinairement nantie d un contrat appelé "supplémentaire'’ et d un avenant d'extension, qui prévoient une protection dans le cas d'émeu tes, d’actes de vandalisme ou d actes malveillants Ce sont des éventualités qui.il y a quelques années encore, prenaient bien peu d'importance dans un programme d'assurance et un grand nombre d assurés qui n'avaient jamais été touchés par de tels événements considéraient cette assurance comme superflue Les événements récents ont démontré la prévoyance des assureurs et l'utilité de cette assurance lorsqu'ils se sont mis à 1 oeuvre sans délai pour évaluer les dommages et ouvrir la voie à l'indemnisation des victimes qui y ont droit Il semble maintenant qu à ( exception du montant d une franchise dans certains cas.la plus grande partie des dommages sera portée par les assureurs puisque les commerçants qui détiennent un portefeuille d'assurance bien équilibré sont aussi assurés spécifiquement contre le bns des glaces et également contre le vol Ils peuvent donc être indemnisés non seulement pour les dommages causés directement aux biens mais aussi pour les pertes qui résultent de l'enlèvement criminel de ces biens La deuxième question qui vint à l'esprit au lendemain des événements, était de savoir quelle attitude les assureurs pren- draient pour l'avenir quant à la portée de ces assurances et de son coût éventuel Le Bureau d'Assurance du Canada n'a aucune autorité sur ses membres en matière de tarification et son rôle dans ce domaine se borne à produire des états statistiques indiquant le résultat de l'ensemble de ses membres Ceux-ci établissent eux-mêmes leurs barèmes de taux ou le font par l’entremise des organismes de tarification lorsqu'ils en font partie Si l’on tient compte du montant considérable des domma ges et de l’importance des indemnités qu'elles étaient appelées à verser, les compagnies d’assurance ont réagi calmement et les observateurs sont surpris de coastater l’absence de toute panique dans leurs rangs II faut dire, toutefois que les pertes encourues dans les circonstances, si importantes soient elles, n'ont pas l’ampleur de certains gros sinistres-incendie survenus depuis quelques années au Québec, d’autant plus que, dans le cas présent, elles sont réparties entre un grand nombre d’assureurs On ne pourra pas éviter cependant que les pertes encourues à l’occasion de ces désordres s'ajoutent à la masse des sinistres encourus dans l’année et influencent, dans une cer- taine mesure, les états statistiques On peut comprendre aussi que le climat social actuel, soit de nature à faire prévoir une repetition de ces événements et des dommages encore plus considérables Toute protection d’assurance est conçue en fonction de [ expérience du passé, des conditions présentes et de leur influence sur l’avenir II est donc naturel de penser que les assureurs après avoir subi le coup des emeutes que nous avons connues depuis quelques années, se voient dans l'obligation de ré-évaluer la situation II s’agit d’un travail d’expert devant être accompli en tenant compte de tous les facteurs sociaux et économiques qui entrent en jeu.L’industrie de l’assurance compte dans ses rangs des hommes compétents et habitués à ce genre de raisonnement Il ne fait donc aucun doute que ces experts sauront, en collaboration avec les organismes de tarification, apprécier de façon objective les problèmes que cela comporte et en arriver à des conclusions équitables pour le public assuré II n'existe pas présentement de mouvement collectif à l’intérieur de l’industrie à l’effet de créer un état d’urgence et c’est dans le cours normal des choses qu’on y verra La formation du personnel en assurance générale Des cours de perfectionnement variés sont à la disposition de ceux qui veulent au Québec faire carrière dans ce domaine par CHARLES MOREAU Il est déjà loin le temps où le jeune employé d’assurance devait, pour améliorer ses connaissances techniques et augmenter ses chances de succès, utiliser tous les moyens imaginables afin de parvenir aux sources de renseignements, en passant de la consultation secrète de la bibliothèque du patron jusqu'à l’écoute indiscrète des conversations de quelques spécialistes plus bavards que les autres.L'éducation dans le domaine de l'assurance générale a pris depuis quelques années une importance tout aussi grande que dans les autres domaines industriels et commerciaux.voire même celui de l'enseignement général et, comme dans celui-ci.la formation professionnelle dans l'assurance a suscite des problèmes nombreux Ces problèmes ne diffèrent pas tellement de ceux de l’enseignement général, sauf que.dams cette industrie, l'enseignement ayant progressé plus graduellement on ne connaît pas encore les cauchemars de la contestation étudiante et les grèves d’enseignants! Les instituts d'assurance sont les organes d'enseigne ment de l’industrie de l'assurance générale Le premier institut fut fondé à Toronto en 189t* D autres suivirent, à Montréal.Winnipeg et Vancouver Des instituts provinciaux existent maintenant dans toutes les provinces et ils sont affiliés à l’Institut d’Assurance du Canada pour permettre l'existence dune norme uniforme tant dans les études que les examens L'Institut d'Assurance du Canada organisme appuyé financièrement par toutes les sections de l’industrie de l’assurance générale et entièrement voué à l'éducation du personnel, accomplit dans ce domaine un travail considerable en offrant un programme d'éducation uniforme dans toutes les provinces Un personnel administratif permanent est attaché à l'Institut qui est gouverne par un Conseil d'administration et des comités constitués d'hommes expénmentés venant de toutes les parties du Canada Le programme de l'Institut d'Assurance du Canada Le programme d’enseignement dispensé par l'Institut d'Assurance du Canada est préparé de façon à permettre dans des conditions normales d'étude à temps partiel l'obtention en trois ans du diplôme d’Associe (A LA C.), suivie de la qualification comme Fellow (F.LAC.) après deux années d'études supplémentaires Il est possible à un étudiant particulièrement doué et disposé à consacrer plus de temps aux etudes, de compléter ce programme dans une période plus courte L'Institut met cependant les étudiants en garde contre de trop grandes aspirations, car l’inscription à trop de sujets peut aboutir à un échec, vu la grande quantité de connaissances à absorber et La complexité des sujets traités.Le programme d’étude permet à tous ceux qui font carrière dans l'assurance générale d'acquérir une connaissance solide des principes qui guident tous les genres d'assurance On y traite indivi-dueiiement de la technique de chacune des classes particulières, telles que fincendie.l’automobile, le vol.la responsabilité.l'assurance maritime, le transport terrestre et les cautionnements pour n en nommer que quelques-unes.de façon à donner a l'étudiant moyen une connaissance générale de chacune d’elles et on y étudie également la comptabilité, la finance.le droit commercial, le droit des compagnies et l’économie politique Le programme de première année est destiné à enseigner les principes de base qui s'appliquent à toutes les fonnes d'assurance L'élève a ensuite le choix entre des sujets groupés de façon à porter sur un secteur spécialisé de l’assurance dans le but de donner des connaissantes plus approfondies dans des domaines spécialisés comme l’assurance des biens, l'assurance maritime.l'assurance accident et la comptabilité d’assurance.Le choix de l'étudiant dépend alors de la manière dont son avenir se dessine et est ordinairement fait après consultation avec son employeur Chaque sujet fait l'objet d'un cours par correspondance comprenant une série de leçons et de questionnaires auxquels s'ajoutent des suggestions quant aux lectures supplémentaires de manuels pouvant s’avérer profitables à l'élève.Chaque leçon comprend un questionnaire auquel l'étudiant doit répondre par écrit avant de passer à la leçon suivante.Ce questionnaire est adressé à l’Institut où un spécialiste dans la matière concernée en prend connaissance.se rend compte si l’élève a profité de la leçon et lui transmet ses commen- taires par écrit On encourage fortement l’étudiant à suivre cette méthode afin qui! puisse.d'une part, se rendre compte de ses progrès et.d'autre part, profiter des conseils du correcteur lorsque des mises au point s’imposent En plus des manuels faisant partie des cours par correspondance.l'Institut du Canada publie pour le bénéfice des étudiants des documelîts divers traitant de sujets particuliers, préparés par des spécialistes.Dans le but d'encourager au Canada l'étude de sujets actuariels ayant rapport à l'assurance incendie et accident, l'Institut d'Assurance du Canada a mis sur pied un programme nommé ’Casualty Actuaries Encouragement Plan' qui par l’offre de bourses d'étude et par l’allocation de pnx permet aux étudiants qui veulent se dinger dans cette voie de suivre des cours conduisant au grade de 'Fellow de la ‘Casualty Actuaries Society' L’Institut du Canada, grâce à une entente entre ITnsu-rance Institute of America.l'American Society for Insurance Management et la Canadian Association of Risk Managers facilite à ses membres l'étude des cours de Risk Management de [’Insurance Institute of America.Ces cours sont destinés à jouer un grand rôle dans la formation professionnelle des personnes dont la tâche est de planifier.de gérer et de surveiller le portefeuille d'assurance de leur employeur qui est généralement une entreprise commerciale importante Les agents, les courtiers et le personnel des compagnies d’assurance y trouvent également leur profit, vu la grande valeur de ces cours en ce qui ! a trait aux assurances commer-| cia les Il existe également des ins-j tituts provinciaux qui, tout en | soutenant le programme de l’Institut du Canada, procu-, rent aux étudiants des moyens ; supplémentaires d’acquénr les connaissances techniques | nécessaires au sucrés de leur ! carrière Initiatives de l’Institut d’Assurance du Québec L’Institut d'assurance de la ; Province de Québec ne le Assurance» générale» Au lieu de toujours chercher un bouc-émissaire Quand s'attaquera-t-on au problème social de l'utilisation de l'automobile?par GUY SAINT-GERMAIN directeur général du Groupe Commerce, Saint-Hyacinthe Le Devoir, jeudi 6 novembre 1969 En octobre 1968, après deux années de recherches et d’au ditions de nombreux témoins, la Commission Royale d'En-quête sur l’assurance automobile en Colombie-Bntanruque connue sous le nom de Corn mission Wootton, remettait son rapport au gouvernement de la province L’année s’annonçait fertile en développements.L’Ouest du pays s'intéressait déjà à la remise en question de la forme d’organisation et des principes juridiques sous-jacents a l’assurance automobile Le Manitoba avait constitué un comité ad hoc de l’assemblée législative tandis qu’en Alberta siégeait un comité législatif Le rapport de la Commission Wootton allait donc orienter ou raviver les débats en cours Deux groupes de faits sont requis pour expliquer l’intérêt subit des provinces de l’Ouest pour l’assurance automobile et pour comprendre ce qui s’y passe maintenant.Le premier a trait aux forces politiques en présence le “new democratic party” ou N PD, a une force électorale certaine dans ces provinces et ne s'est jamais caché par ailleurs de sa décision de mettre en vigueur une “assurance automobile d’Etat”.de type Saskatchewan, le jour où il formerait le gouvernement.L’approche d’électioas provinciales en Colombie-Britannique réquerait que le gouvernement s’intéresse au sujet Cette initiative devait conduire les autres provinces à créer des comités d’enquête de façon à ne pas être “doublées” pour ainsi dire par le gouvernement de M Bennett Le second groupe de faits a trait à l’influence qu’ont dans ces provinces et plus particulièrement en Colombie-Britannique.les débats qui passion-nent nos voisins américains Ia*s problèmes qui nous confrontent dans le domaine de l’assurance automobile ne sont que plus aigus encore aux U S A et kmr étude a donné naissance à quantité de formules réformistes connues sous le nom de leur auteur.Keeton-O'Connell, Cotter American Insurance Association.Puerto Rico.Cest dans ce contexte que la Commission Wootton remit son rapport où elle recommandait l'abolition du système actuel d’assurance automobile et son remplacement par une formule de responsabilité sans faute, tant du côté des blessures corporelles et mort acri-t dentelle que du côté des dommages aux biens la Commission émit aussi quelques critiques à rendrait de certaines façons de l’entreprise privée de transiger les affaires d’assurance automobile, mais ne recommanda pas la prise en charge du système par l’Etat, à mmas que l’entreprise privée ne s'avère incapable de faire fonctionner le système propo-" sé Cependant, il est permis ¦ de penser que ces conclusions du rapport Wootton n auraient pas attiré autant d’attention si elles n'avaient été accompagnées de l'affirmation de la possibilité d’une diminution substantielle du coût de l'assurance.Nous voyons facilement la présence des ingrédients habituels de la mise en train d’une réforme audacieuse: opinion publique conditionnée, agacée et alarmée par le coût élevé de l’assurance automobile, des parlementaires aux aguets, d’autres aux abois, une commission d’enquête qui fracasse des principes traditionnels et la promesse d’une amelioration du bien-être des automobilistes sous l’angle des coûts d’assurance.Faiblesses du rapport Wootton Pourquoi alors une année1 complète sans que rien ne se produise’’ Prenons d'abord le contexte politique: une étude plus poussée du rapport Wootton au plan statistique a.semble-t-il, vite démontré que la diminution du coût de l’assurance alléguée par le rapport, découlait davantage de la contraction de la couverture que des économies d'administration Or, à ce jour, il est loin d’être démontré que le public désire jouir d’une protection moindre D'aucuns prétendent même que la “société d'abondance” pointe davantage vers plus de tout que moins de quoi que ce soit.Par exemple.l’introduction d’un déductible de $100 sur les dommages matériels, par ailleurs exclu du champ de la responsabilité civile, constituait une des pierres d'assise du rapport en stimulant la pratique du “defensive driving” En langage courant, cela signifie qu’un automobibste sous le nouveau plan, se verrait forcé de se protéger lui-même pour les dommages matériels causés par autrui ou par lui-même a son automobile Cependant.il ne pourrait assurer le premier $100 un automobiliste qui verrait son véhicule endommagé pour $100 par la maladresse d’un voisin, dans un parc de stationnement, n’aurait qu’à le remercier avec le sourire.I,es politiciens concernés ont vite saisi que le plan proposé forcerait l’automobiliste moyen à la pratique de vertus héroïques et que ce n’était peut-être pas là la route du pouvoir N’est-il pas symptomatique que malgré la présence du rapport, aucun des partis politiques en presence aux récentes élections provinciales en Colombie-Britannique n’en a fait un cheval de bataille’’ Au Manitoba et aux Etats-Unis Au Manitoba, le comité suivait les développements en Colombie Britannique jusqu’au jour où M Schreyer, chef N D P., a remporte la victoire.Même si celui-ci Têui de dices dus i des accidents d'automobiles dans divers pays pout les ennies 1966 67 Taujc 4» d^c«s annuel Pays Nombre de véhicule»-automobilaa par 1,000 de Lowilation Par 100,000 de population Par 100,000 véhiculée” moteurs enregistras fît* te-Tîn 18 495 26.9 54.4 Franc» >69 25.1 67.9 Nouvel le-J41*n4» 369 20.7 56.1 Danemark 22.0 61.2 Can*4a 356 27.1 76.0 Australia 351 27.6 78.7 Hollande 306 21.9 71.5 Finlande 244 22.6 92.5 Grande Bretagne 237 14.0 59.1 îîorvkrje ?3D 12.3 53.4 Àllenacine fédérale 226 2(1.4 126.0 Italla 715 17.2 80.2 Japon 184 15.6 85.4 Source! 196?Woild ^oad Statietioa , Intermti nnl Road Federation, Waehin*7ton* 0«C.Canadian Insurance, septembre 1969 fréquence des eccidents (par cant voituraa) Anndn Canada 0 tan o bec Muntréal Toronto 1965 9.5 9 13 14.9 10.1 1966 6.9 8.3 12 13.3 9.3 1967 8.7 8.1 11.8 13.1 9.1 - 8.4/' 10 9.?/ 12.1,4 9.9/ avait promis un régime d’Etat lors de la campagne, il est encote trop tôt pour savoir quelle orientation définitive il prendra Le Manitoba jouit cependant d’une des primes assurante automobile moyennes les plus basses au Canada, et il sera certes intéressant d'en suivre la courbe advenant le tas d’un système public Des développements sont aussi survenus au cours de l'année aux U S A Nous aurions cru, en fin d'année dernière, à la possibilité d’un front commun en faveur de b respoasabilité sans faute Or.il semble que de nouvelles études actuarielles aient passablement ralenti les ardeurs réformistes.Le fil des événements dans les provinces de l'Ouest nous permet de peaser qu’il ne s'y est rien passé de sensationnel en assurance automobile malgré les augures, pour b bonne raison que les discussions et études qui ont suivi le rapport Wootton ne permettent pas d’espérer une diminution des coûts d’assurance automobile, comme conséquence d’une modification des principes fondamentaux de responsabilité civile.Par ailleurs, l’introduction de b responsabilité sans faute, sans limites, tout spécialement dans le domaine des dommages aux bieas, pourrait peut-être entraîner une augmentation sensible du coût de cette couverture L’augmentation dans le nombre connu de délits de fuite au Québec, pour les huit premiers mois de 1969 (envi ron 8%), nous force à admettre b possibilité de cette hypothèse Or, b présence d’une promesse de coût réduit semble être une condition sine qua non de l’acceptation par le public d’une réforme en profondeur De plus, il nous est permis de penser que si le gouvernement actuel du Manitoba introduit un système d’Etat, ce sera davantage pour des motifs politiques que pour des raisons de satisfaction des consommateurs Il sera de toute façon intéressant d'en apprécier le succès ou l’insuccès L’automobile, problème social En réalité, il se passe ceci: Plus on parle du problème de l’assurance automobile avec souci d’analyse et d'objectivité.plus on est conduit à b conclusion inévitable que l’assurance automobile loin d'être une cause n’est plutôt que l’effet des problèmes causés à b société par l'utilisation de l’automobile L’assurance automobile reflète le succès ou l’échec de b société dans le domaine du contrôle de l’automobile Les propriétaires de véhicules au Canada ont payé l'an dernier $792 millions de primes d'assurance automobile L’ordre de grandeur de ce montant est saisissant, mais en fait, ne représente qu'une partie de b perte économique totale causée à b société par le nombre connu d’accidents routiers au Canada en 1967 : 428.675 accidents; 163.889 blessés.5.408 morts Un exemple nous permettra de saisir davantage b complexité du problème II semble- rait que 70% des nouvelles automobiles qui seront vendues en 1970.comporteront b carrosserie construite sous b technique du “crash control” Des points faibles sont disposés dans b carrosserie à l’avant et à l’arrière afin d’amortir une partie du choc par une sorte d’effet d’accordéon.Les premières analyses révèlent cependant que le coût de réparation de ces automobiles augmentera d'environ 50%.Cette nouvelle technique de fabrication entraînera donc des dommages matériels considérables mais il est impossible de dire jusqu’à quel point elle évitera les blessures corporelles.Dans l'hypothèse où des blessures corporelles seront évitées, d’autres questions fusent entraînaient-elles jusqu’ici des indemnités?ces indemnités étaient-elles inférieures ou supérieures au coût additionne] de réparations des dommages matériels?Bref, est-il possible dans notre société, que le coût de prévention des blessures corporelles de passagers automobile soit supérieur au coût “apparent” de réparation de ces mêmes blessures corporelles?Combien b société est-elle prête à dépenser pour éviter aux 170.000 Canadiens qui seront blessés et mutilés 1 an prochain des douleurs, des cicatrices, l’inconvénient d'un oeil perdu, d’un bras coupé, d’un cerveau atteint’’ L'expénence des provinces de l’Ouest dans le domaine de l'assurance automobile en 1968.nous aura donc permis de saisir plus clairement encore jusqu à quel point l’assurance automobile est un ballon politique Par contre, et c’est encourageant elle nous aura également permis de cons tater que pour b première fois, des autorités gouverne-mentales se sont aperçu que dans ce domaine aussi, les solutions "miracle” n'y pouvaient nen Comme assureurs, nous espérons enfin en société prendra enfin en mains, sous tous ses aspects, le problème le plus urgent: b circubtion automobile et la sécurité routière.Cest b le seul moyen véritable d'abaisser sensiblement le coût de l’assurance automobile, ou à tout le moins d’en empêcher b hausse quasi annuelle [.GASTON LEBLANC, L.S.C.Courtier d’assurances agrée TOUTES ASSURANCES Associe de: Murphy, Viens, LeBlanc, Rolland Inc.3600, rue Van Horne, Montréal.Tél.739-177.1 Aenuranowa, Janvier 1969 Les résultats 1968 du GROUPE COMMERCE confirment votre confiance! açv-vs> ' -jy- V ’ •• 1 .- !» de primes souscrites en 1 ¦HilWW'i.Actif total *60,000,0 -j f: $17,422,000 - v?;.v.i't *VV; |ta Mmm $7.921,000 $3,271,000 s.spTT* $1,145,000 .' |$7o00.” $284-000 ,
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