Le devoir, 24 septembre 1984, lundi 24 septembre 1984
xncm TABLE D’HOTE déjeflner et souper ptmr riiermliam S43-40M complexe Desÿaniiiis Basiliairc I üitiniTOf u pMii «prtt la Vol.LXXV — No 222 Dégagement, puis ensoleillé cet après-midi.Max : 17(déUllp«g« 15) Montréal, lundi 24 septembre 1984 Côte'Nord Atxtibi a Gaspèsi« 4& cents.*%|» OPIÜXO Nouveau-Brunswick 50cents.Hes-de-ia-Madel«ine 90cents V^Cn 19 «Un congrès ce n’est pas l’évangile» Négocier avec le gouvernement Mulroney constitue «un beau risque», dit Lévesque ROBERT LEFEBVRE QUÉBEC (PC) — Au risque de voir étouffée l’option souverainiste, le Parti québécois doit pour l’instant jouer honnêtement le jeu du système fédéraliste et travailler à sa propre réélection.C’est le mot d’ordre que le chef du parti et premier ministre René Lévesque a donné à ses troupes en fin de semaine, à l’occasion d’une réunion régulière du Conseil national, l’instance suprême du parti entre les congrès.Misant sur l’ouverture d’esprit manifestée par le Parti conservateur et son chef Brian Mulroney pour répondre aux attentes du Québec, M.Lévesque a exhorté les militants pé-quistes à donner une chance au nouveau gouvernement fédéral avant de relancer le débat sur la souveraineté.Il sera toujours temps, juste avant les prochaines élections générales, d’arrêter la stratégie finale, a-t-il dit.« Un congrès, a-t-il observé, ce n’est pas l’évangile », ajoutant qu’un congrès ^cial ou un conseil national élar^ pourra toujours réviser la résolution du dernier congrès voulant qu’un vote pour le PQ soit compté comme un vote pour l’indépendance.Entretemps, il faudra continuer de vivre avec cette resolution mais il souhaite que la réflexion se fasse sereinement et, surtout, tout bas.« Et si la collaboration du gouvernement conservateur devait s’améliorer, cela ne risquerait-il pas d’étouffer notre option fondamentale et de renvoyer la souverainté aux calendes grecques?De toute évidence, il y a un élément de risque.Mais c’est un beau risque », affirme M.Lévesque.Pour lui, la seule chose qui importe pour le moment c’est de remporter la prochaine élection générale en garaant en mémoire l’objectif fondamental du parti et en soühaiUnt qu’un uébecoii chaine élection.La vice-présidente du parti, Mme Nadia As-simopoulos, affirme elle aussi que tout ce qui compte, c’est de rester au pouvoir, fl 1 .1 ne faut pas oublier, dit-elle, que le vrai danger pour l’option se trouve dans une vic-li libéral.Ce n’est certainement jour, avant l’an 20()d espère-t-iL les Québécois « se rendent compte que la pleine sécurité, la pleine responsabilité et le plein épanouissement peuvent s’accomoder de la pleine liberté.» Dans cet esprit-là, il s’engage à rester à la tête du parti, « jusqu’à et y compris » la pro- toire du Parti 1 pas ce parti qui va réaliser la souveraineté du Québec.» Quant aux chances d’obtenir de nouveau la confiance de la population, M.Lévesque les estime de moins en moins faibles.« La côte à remonter est encore grosse, dit-il, mais on a commencé à la remonter, même si c’est à peine perceptible.» Pour y arriver, il croit que son gouvernement (Jevra adopter une nouvelle dynamique: « agir comme si on était au début d’un nouveau mandat.d’un an.» La discussion au sein du parti pourrait aussi porter sur le leadership page 3 L’éditorial de Jean-Claude Leclerc — page 8 M.René Lévesque lors de son discours aux membres du Conseil national, samedi.Semaine cruciale pour les relations Est-Ouest NATIONS UNIES (AFP) - L’avenir des rapports Moscou-Washington et des relations Est-Ouest en général va se jouer cette semaine où les deux superpuissances vont tester leur volonté de reprendre le dialogue, tant publiquement aux Nations unies, qu’au cours de conversations privées au plus haut niveau.Ce matin, le président Ronald Reagan donnera le coup d’envoi de cette semaine cruciale en prononçant à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU une allocution avant tout adressée à l’URSS.Le Kremlin apportera sa réponse jeudi à la meme tribune par l’entremise du chef de la diplomatie soviétique, M.Andrei Gromyko.Celui-ci, entretemps, aura eu, mercredi à New York, un entretien avec son homologue américain, M.George Shultz, avant d’être reçu vendredi à Washington par le président Reagan, dont ce sera la première rencontre avec un membre de la direction soviétique depuis son arrivée à la Maison-Blanche.Jugeant probablement inéluctable la réélection du président Reagan en novembre prochain, les dirigeants du Kremlin paraissent vouloir sortir de «l’ère glaciaire» à laquelle ils avaient condamné les relations Moscou-Washington depuis l’interruption, il y a un peu moins d’un an, des négociations de Genève sur les armes eurostratégiques (INF) et stratégiques (START).Mais certainement pas à n’importe quel prix.Ces derniers jours l’U RSS a multiplié les signaux: en rencontrant mercredi dernier à New York son premier visiteur, le banquier américain David Rockefeller, M.Gromyko a affirmé, d’après l’agence Tass, que Moscou se prononçait «pour la normalisation de ses relations» avec Washington, et «pour des négociations honnêtes et sérieuses en vue d’arrêter la course aux armements et de réduire radicalement les arsenaux à partir du principe de l’égalité et de la sécurité égale».Le même jour, on apprenait que M.Gromyko avait décidé de retarder son discours à l’ONU de deux jours, signe que le Kremlin entend analyser à la loupe l’allocution de M.Reagan pour mieux moduler sa réponse.Enfin, vendredi dernier, des sources officielles américainès indiquaient que M.Gromyko assiste-Volr page 10: Semaine cruciale m.JÊÊÊÊÊÊf m Le marathon ou le triomphe de la volonté NATHALIE PETROWSKI Plus de 11,000 marathoniens ont pris le départ hier matin sur le pont Jacques-Cartier (Photo Louise Lemieux) Les hélicoptères bourdonnaient comme de grosses abeUles laborieuses coincées au-dessus du Pont Jacques Cartier.Des charges entières de cadets de l’armée formaient des murs étanches et verts qu’il fallait contourner pour arriver au point névralgique du marathon, c’est-à-dire à la ligne de départ, frémissante d’impatience.Le temps était couvert mais son air maussade annonçaiL selon les spécialistes, des conditions idéales pour courir le marathon.Les spécialistes oubliaient que l’ennemi numéro un des coureurs, l’humidité tenace et insidieuse, attendait les plus téméraires au détour.Dès 8h, 11,000 marathoniens ont commencé à lentement former le long cortège humain qui prendrait Montréal d’assaut et la ferait ressembler pendant quelques heures à une ville occupée, assiégée par une guerre luxueuse.La guerre de la volonté et de la résistance physique, la guerre des cols blancs et des classes privilégiées qui ont des comptes à régler avec eux-mêmes.À cette heure matinale, les coureurs avaient encore le teint rose, la cuisse ferme, l’oeil insouciant et le pied coussiné par des espadrilles à toute épreuve achetées a prix fort sur le marché.La plupart ne se doutaient même pas de l’effort inhumain qu’ils auraient bientôt à fournir.Le grand jour était enfin arrivé.C’est tout ce qui comptait.Les longs mois d’entraînement dans la solitude des parcs ou des gyn-mases, les paquets de cigarettes mis au rancart, les verres de bière refusés aux amis quittés toujours trop tôt, connaissaient enfin un aboutissement et prenaient ce matin toute leur raison d’être.Quelques heures plus tard, ce scénario plein d’optimisme revêtirait les couleurs plus sombres d’une bataiUe sans merci entre le corps et l’esprit, entre la raison et la volonté, au seuil Insoutenable de la douleur.Tout au long du parcours de 42 km cette douleur irait en croissant, en accélérant, érigeant dans la sueur et l’humidité déshydratante des murs imaginaires, des obstacles psychologiques à surmonter et à subir comme un mal nécessaire et inévitable.Voir page 10: L* marathon Autres informations — page 19 Quelque 64 pays représentés à Montréal Pierre Mauroy tente de relancer les «Cités unies» DANIEL BORDELEAU collaboration spéciale C’est ce matin que s’ouvre, au Palais des congrès de Montréal, le lie congrès mondial des Cités unies.Au cours des derniers jours, 2,000 délégués venant de 64 pays sont arrivés.H ier, un groupe de 140 participants français, avec à leur tete l’ex-pre-mier ministre français et maire de Lille, M.Pierre Mauroy, est arrivé à Mirabel à bord d’un avion prêté par le gouvernement français.M.Pierre Mauroy, qui prendra la parole dès la séance d’ouverture, est d’ailleurs un des orateurs que les délégués attendent avec le plus d’impatience.Depuis la démision du président-fondateur de la Fédération mondiale des villes-jumelées (FMVJ), M.Jean-Marie Bressand, le maire de Lille tente de relancer cet organisme sur de nouvelles bases.Sa situation à l’intérieur du mouvement est cependant ambigüe.Le secrétaire général adjoint de la fé- dération, M.Claude Senepart, nous a déclaré qu’officiellement M.Mauroy n’était qu’un candidat à la succession du président mondial, l’espagnol Tierno Galvan.En pratique, nombreux sont les délégués considérant que cette élection, qui aura lieu à Turin à la fin du mois de novembre, ne sera qu’une formalité.Dans l’entrevue qu’il nous a accordée, M.Mauroy s’est d’ailleurs montré très certain du résultat de ce scrutin.M.Mauroy affirme qu’au cours Voir page 10: Plorro Mauroy M.Pierre Mauroy.AU SOMMAIRE Militants basques extradés Au terme de 48 heures de négociations avec les autorités espagnoles, la France a décidé hier, pour la première fois dans l'histoire de ses relations avec Madrid, d’extrader vers l’Espagne trois militants indépendantistes basques emprisonnnés en France et d’en expulser quatre autres vers le Togo.Page 5 Attaques contre Tsahai au Sud-Liban Six maquisards ont été tués hier matin dans les opérations antiisraéliennes au Sud-Liban tandis que des centaines de manifestants célébraient à Beyrouth le second anniversaire du Mouvement de la résistance nationale mis en place après l’invasion israélienne de 1982.Page 5 Appel de Solidarité Constatant que la stratégie menée par le syndicat polonais depuis sa mise hors-la-loi est vouée à l’échec, une des branches clandestines les plus importantes de Solidarité a jugé qu’il fallait agir dans la légalité et a lancé un appel en faveur de la création d’un syndicat international dans les pays de l’Europe de l’Est.Page 4 Immobilier: un phénomène nouveau L’introduction des concessions dans le secteur immobilier constitue un phénomène encore récent que les grandes maisons de courtage immobilier s’étalent jusqu’ici contentées d’examiner.Mais l’impact de ce nouveau système de rémunération des agents sur les mouvements de personnel les force maintenant à agir.Page 13.Une autre réalisation de SOCIÉTÉ DE GESTION D HP INC.- ^ ^CONDOMINIUMS M.Henri Faquin, prés, professionnel de la construction depuis 25 ans.!l T ¦" B "I ' «(M f - .'1 Spécifications des résidences: Vastes 2 et 3 chambres à coucher, tapis mur à mur; plafond lumineux dans la cuisine avec choix (Tannoires: chêne ou mélamine; sortie pour installation de laveuse, sécheuse et lave-vaisselle encastré; grand espace de rangement dans chaque résidence; climatisation centrale individuelle; grande terrasse avec porte-patio; chauffage électrique avec contrôle individuel; détecteur de fumée; dispensateur d’eau bouillante; broyeur à déchets; chauffe-eau de 60 gallons; système d’intercom et de sécurité raccordés au hall d’entrée.Pavillon récréatif avec piscine, bain tourbillon, salle de conditionnement, vestiaire, sauna et douches pour hommes et femmes; Situé à proximité: Des écoles primaires, secondaires et cégeps; d’un arrêt d’autobus, sUtion de train, et de l’autoroute des Laurentides.Adjacent au Parc St-Laurent, un des plus beaux parcs de la ville, avec piscine, piste cyclaMc, jogging et tennis, étc.Vivre en première classe à prix économique 3860 ouest boul.Henri-Bourassa St-Laurent (Québec) 337-3860 mm 2 B Le Devoir, lundi 24 septembre 1984 LE PATRIMOINE Au poste de traite de Metabetchouan ALAIN DUHAMEL AUSSI loin que la mémoire des hommes puisse remonter dans le temps, à l’embouchure de la rivière Metabetchouan, au lac Saint-Jean, se rassemblaient, tous les ans, les chasseurs amérindiens dont le territoire allait de la baie d’Hudson au golfe Saint-Laurent.Le père Jean Dequen, jésuite, découvreur du lac à qui il donna le nom de Saint-Jean, s’y rend au cours de l’été 1647.Il avait eu la surprise, raconte-t-on, de trouver à l’entrée du lac une grande croix plantée là par les Amérindiens bien avant le passage de tout missionnaire.Le lieu se prêtait bien à l’établissement d’une mission et d’un poste de traite, ce qui fut fait en 1676.Jusqu’à la fin du siècle, de poste de Metabetchouan, comprenant plusieurs bâtiments et une ferme, joue un rôle important dans l’économie de la région.Missionnaires et commerçants l’abandonneront pourtant au profit du développement del’é-tablissement de Chicoutimi.Les voyageurs du XVIIe siècle, tel Joseph-Laurent Normandin en 1732, noteront la présence en ces lieux d’importants vestiges du premier établissement.Il en restait des traces bien visibles au XIXe siècle lorsque la compagnie du Nord-Ouest et la compagnie de la Baie d’Hudson y ont exploité à nouveau un poste de traite.Les témoignages évoquent la présence d’arbres fruitiers, des fondations d’une église et de plusieurs autres bâtiments.La traite des fourrures et le commerce avec les Amérindiens n’ont plus cours à Metabetchouan depuis 1880, au moment la compagnie de la Baie d’Hudson déménage tous ses biens à la Pointe Bleue.De toute cette activité, il ne subsiste aujourd’hui qu’un modeste témoignage visible: un bâtiment carré, en pierre, au milieu d’un vaste terrain.Il s’agit d’une poudrière, classée monument historique en 1969, que la Société historique Saguenay a protégée de la destruction et de l’oubli depuis plus de 40 ans.Plusieurs pensent qu’elle date du temps du premier poste de traite mais aucune description des lieux n y fait référence; elle aurait été construite plutôt au temps de la compagnie de la Baie d’Hudson qui avait l’habitude d’appeler «fort» ses comptoirs de traite.Monseigneur Victor Tremblay, «Mgr Victor» comme l’appellent encore ses contemporains, historien, premier président de la Société historique et grand animateur de l’histoire et du patrimoine, tenait ce lieu en affection.Il y a fait construire un monument, à la mémoire du père Dequen qui, heureusement, n’a rien d’un monument funéraire comme on en voit fréquemment ailleurs au Québec.S’il se La poudrière du poste de traite de Metabetchouan.(Photo: Société historique du Saguenay) trouvait en milieu urbain, il dominerait certainement une place publique considérable.Le monument, chargé par la disposition de ses éléments et de ses trableaux de symboles évocateurs des premiers efforts d’établissement, a, en guise de décor d’arrière scène, un chemin de fer, probablement construit sur le site d’un cimetière amérindien.Car, avant d’être un site historique, l’embouchure de la Metabetchouan est un site archéologique de grande valeur qui mériterait sans doute un classement à ce titre.Un archéologue audodidacte de la région, M.J-H.Fortin, notaire, décédé il y a quelques semaines, y a recueilli de nombreux témoins de l’occupation amérindienne et française.La Société d’aménagement des sites touristiques de Desbiens, un organisme paramunicipal, a entrepris depuis quelques années l’aménagement et la mise en valeur du site.Un centre d’interprétation, logé dans le bâtiment de l’ancienne gare de Desbiens, déménagé et déposé près de la poudrière, commence à révéler toutes les richesses historiques et archéologiques du lieu.Des fouilles de sondages, entreprises l’été dernier, tentaient de localiser les principaux éléments du poste de traite et de la mission.La rivière Metabetchouan, avec ses curiosités géologiques (une caverne appelée le Trou de fée par exemple), et son caractère sauvage a suffisamment de qualité pour que la Société d’amenagement ait entrepris des démarches auprès de Parc Canada pour son classement dans les rivières du patrimoine canadien.LE FLEUVE ET SA RIVE DROITE — Cependant que l’été mer et monde attirait l’attention du côté de Québec, en face, sur la rive sud, le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GI-RAM), du cégep Lévis-Lauzon, présentait dans une série d’expositions itinérantes «Le fleuve et sa rive droite, 1534-1984».Il publiait en même temps cinq fascicules sur autant de thèmes qui présente, dans une fort bonne tenue, autant de thèmes de l’histoire de cette région comprise, pour les fins de l’étude, entre Saint-Michel et Saint-Nicolas.«L’une des préoccupations constantes qui a animé de notre équipe de recherchistes, écrit le coordonnateur du projet, M.Gaston Cadrin, a été le désir de permettre à la population du milieu de redécouvrir certains aspects culturels propre à la zone riveraine.Nous espérons ainsi favoriser une meilleure connaissance de notre région et engendrer d’autres contributions intellectuelles dans ce domaine.» Nul doute que la diffusion de ces ouvrages, qu’il fautr souhaiter aussi vaste que possible, y contribuera.On peut se procurer la série des fascicules pour la somme de $8 en communiquant au GIRAM, cegep Lévis-Lauzon, 205 Mgr Bourget, Lauzon (Lévis), G6V 2Z9.LE STYLE PALLADIEN — Parcs Canada vient de publier Le style palladien dans l’architecture au Canada, de Nathalie Clerk, dans la collection des ouvrages tirés de l’Inventaire des bâtiments historiques du Canada.Le style palladien en architecture se réfère à la Renaissance italienne et plus précisément aux travaux d’Andrea Palladio.Il fut en vogue au Canada entre 1750 et 1830 et se remarque, entre autres, par des avant-coips projetants, des frontons triangulaires, des ailes latérales ou des fenêtres vénitiennes.Les prisons de Trois-Rivières, construite au début du XIXe siècle, et de Québec ( aujourd’hui le Morrin College) construite à le même époque, ont les principales caractéristiques du style palladien.On peut se procurer cet ouvrage pour la somme de $8.25 dans les libraires agréés du gouvernement du Canada ou par l’entremise du Centre d’édition du gouvernement canadien, Approvisonne-ments et Services, Hull, Québec, Canada, KlA 0S9.Mgr Sherlock est insensible à la réalité québécoise: Mgr Hubert JEAN-PIERRE PROULX Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueil, attribue à un manque de sensibilité à la réalité québ^oise la récente déclaration du président de la Conférence des évêques catholiques canadiens, Mgr John Sherlock, sur la contribution du voyage du pape à «l’unité canadienne».D’une façon générale, a-t-il précisé samedi au DEVOIR, les évêques du Canada anglais n’ont pas «conscience comme nous qu’il s’agit d’une expression piégée».Samedi matin, un quotidien de Montréalrappor res de Mgr Sher ortait les commentai-herlock tenus jeudi soir à la presse après le départ du pape : ce voyage, a-t-il déclaré, «fera plus pour l’unité canadienne que tous les discours que nous avons entendus au cours de 10 dernières années».«Je pense, poursuivait Mgr Sherlock, que les Canadiens vont se sentir unis comme aucun événement n’a réussi à le faire dans le passé.Je pense que les Canadiens vont se redécouvrir eux-mêmes, redécouvrir leur propre pays: une région réalisant soudainement l’existence d’une autre partie du pays, appréciant pour la première fois dans l’histoire la valeur d’une autre région que la Les négociations chez Marine n’avancent pas «La compagnie sème de faux espoirs parmi la population en affirmant que la situation progresse dans notre dossier», a déclaré £manche le président du Syndicat des travailleurs de Marine industrie (CSN), M.François Lamoureux, au sortir de deux journées de négociations à Montréal.«C’est tout le contraire, a-t-il ajouté.On régresse.» Les deux parties n’ont réalisé d’entente sur aucun point au cours du week-end, affirme le syndicat dans un communiqué.Les travailleurs de Marine Industrie sont en grève depuis plus de sept semaines.Le syndicat déplore tout particulièrement que la partie patronale ait maintenu ses demandes au chapitre de la flexibilité des métiers.La compagnie voudrait que la convention collective autorise les travaiUeurs à Tuee a Tel Aviv TEL AVIV (AFP) - M.Donald Granger, attaché près l’ambassade du Canada à Tel Aviv, a été gravement blessé et sa femme, Mme Dolores Granger, tuée, lors d’un accident de la circulation près de leur domicile à Herzliÿa, en grande ban-Ueue de Tel Aviv samedi soir.Selon le porte-parole de la police israélienne, Mme Granger, qui conduisait la voiture, a brûlé un feu rouge de signalisation et heurté de plein fouet un autobus.Secousse FREDERICTON (PC) - Un tremblement de terre d’une intensité de trois sur l’échelle Richter, a secoué hier matin la région de Moncton et de Frédéricton.Selon M.Bob Wetmiller, du ministère fédéral de l’Energie, l’épicentre sismique se trouvait près de Moncton.accomplir des tâches connexes à leur spécialisation.Selon M.Lamoureux, «il s’agit d’un recul inacceptable qui vient annuler l’entente de principe intervenue la semaine dernière en ce qui a trait aux changements technologiques».Des économistes de la CSN évaluent à 210 le nombre des ouvriers qui perdraient leur emploi si le projet patronal était mis en application.Environ 1,000 travailleurs sont actuellement à l’emploi de Marine Industrie, l’un des plus important employeur de la région de Sorel.Les négociations reprennent ce matin.Il doit y être question de la santé et de la sécurité au travail.leur».Mgr Sherlock a par ailleurs précisé qui’il ne fallait pas donner une interprétation politique à ses propos.Pour sa part, Mgr Hubert estime que son confrère a sans doute voulu se situer au niveau des «valeurs spirituelles» sans qu’il ne se rende toutefois compte que les mots étaient piégiés comme les mots «bien commun» et «solidarité» le sont en Pologne, le premier signifiant «collaboration avec le gouvernement» alors que le second signifie le contraire.Pour Mgr Hubert, il est évident que le pape qui, par exemple, affirme le droit des punies à l’autodé-’ termination n’a rien dit ni rien voulu dire sur la manière concrète dont cela doit se traduire chez-nous.CITÉ DU VATICAN (AFP) -Jean-Paul II a remercié hier les Canadiens de l’accueil chaleureux qu’ils lui ont réservé au cours de son voyage dans leur pays.Le pape s’adressait à deux mille pèlerins rassemblés dans la cour de sa résidence de campagne à Castel-gandolfo, à 40 km au Sud-Est de Rome), où il s’accorde quelque jours de repos après son voyage.Le chef de l’Église a remercié les catholiques du Canada, surtout les malades, les pauvres, les vieiUards, qui ont dû parcourir de très longues distances pour participer aux cérémonies qu’il célébrait.«Avec le peuple de ce pays qui a pris conscience de ses racines profondes, a déclaré Jean-Paul II, nous avons célébré notre foi.Remercions Dieu de ce renouveau religieux et confions-lui les intentions de ces frères et soeurs canadiens».Depuis hier L’université Concordia a un nouveau recteur et vice-chancelier (PC) — Le nouveau recteur et vice-chancelier de l’université Concordia, M.Patrick Kenniff, entrait officiellement en fonction hier.Il succède à M.John O’Brian, qui occupait le poste de recteur depuis la création à Montréal de l’université Concordia en 1974.M.Kenniff, qui est âgé de 40 ans, travaillait depuis 1978 au sein de la fonction publique québécoise à titre de sous-ministre adjoint et de sous-ministre des Affaires municipales.Il a fait ses études en droit à l’université Laval.Il détient en outre un doctorat en droit municipal et en aménagement du territoire de l’université de Londres.Née il y a dix ans de la fusion du collège Loyola et de l’université Sir George-Williams, l’université Concordia, la plus jeune institution universitaire du Québec, compte 25,000 Vous êtes direct en affaires.New York vous appartient.Avec Air Canada.Jusqu'à 6 Prêt-à-partir sans escale tous les jours en semaine.Pour La Guardia, près de Manhattan.NEW YORK départ 07h25 11h35 13h10 15h00 17h20 19h25 sans escale arrivée 08h38 sauf les samedi et dimanche 12h43 sauf le dimanche 14h 18 sauf les samedi et dimanche 16h08 18h28 sauf le samedi 20h33 Ce voyage aller-retour vaut: 648 milles/1 043 kilomètres Aéroplan.AIR CANADA Prenez votre Prêt-à-partir pour le succès.(i) Prôt à partir est une marque de commerce d'Air Canada.étudiants d’origines ethniques diverses.Plus de 20 pour cent d’entre eux sont francophones.Pour M.Kenniff, Concordia est un «microcosme de la réalité montréalaise».Optimiste, il estime que l’enseignement et la recherche universitaires, aujourd’hui confrontés à des problèmes multiples, sont engagés dans un «processus de régénération».Fils d’un père américain d’origine irlandaise et d’une mère franco-ma-nitobaine, M.Kenniff se considère d’abord comme un Québécois.«Mes convictions s’éloignent des revendications traditionnelles des Anglophones», a-t-il affirmé récemment, au cours d’une entrevue.«Mettre l’université Concordia strictement au service de la communauté anglophone, c’est se cantonner et se faire hara-kiri», estime M.Kenniff. Le Devoir, lundi 24 septembre 1984 Le conseil national du PQ La réflexion sur la tenue d’élections «référendaires» pourrait se doubler d’une réflexion sur le leadership MARIE-AGNÈS THELLIER QUÉBEC - Une discussion commence officiellement au sein de toutes les instances du Parti québécois pour décider si oui ou non la nouvelle conjoncture politique permettra que la prochaine élection soit «référendaire», comme le recommande une résolution du dernier congrès tenu en juin dermer La discussion pourrait se doubler d’une réflexion sur le leadership au sein du PQ en effet, M.René Lévesque a assorti son intention de rester à la tête du PQ d’une condition éminemment subjective; si le Parti québécois se ressaisit d’ici la prochaine campagne électorale l>e débat a commencé au premier soir même du congrès, avec les réactions vives de quelques mimstres et députés opposés à la résolution Elle s’est poursuivie depuis, notamhient par l’intermédiaire des médias Cependant, la réflexion n’a quasiment pas débuté au sein du caucus des députés du PQ, aussi profondément divisé sur cette question que le conseil des mmistres l.e président du Parti québécois, M René Lévesque, a recommandé à ses troupes de garder «à l’interne» le contenu de ces discussions, afin de ne pas perdre la crédibilité d’équipe, surtout en période pré-électorale Mais 11 «ne rêve pas en couleurs» quant au succès de sa consigne de discrétion.Lui-même n’a pas voulu préciser aux journalistes quelle serait la position qu’ü défendra il sem ble cependant assuré que M Lèves que, opposé à la résolution lors du vote, cherchera à éhminer le caractère référendaire de la prochaine élection Il faudra la convocation d’un congrès spécial ou d’un conseil national élargi pour revemr sur la décision du dermer congrès M Lévesque se contenterait d’un conseil national élargi puisque, traditionnellement, le Parti québécois tient un conseil national élargi quelques mois avant les élec lions, pour définir sa statégie D’ici là, a rappelé la vice-présidente du PQ, Mme Nadia Assimopoulos, le conseil exécutif national est tenu de respecter la résolution du congrès M Lévesque a cherché à dédramatiser la re-discussion sur cette fameuse résolution II a, dans son discours samedi, comme en conférence de presse hier, rappelé que le fond n’est pas touché le Parti québécois demeure un parti souverainiste et la question de la souveraineté sera au coeur de la prochame élection Selon lui, il ne s’agit que du choix des moyens, que du choix d’une stratégie électorale précise.«Avez-vous demandé à M Bourassa comment se fera sa campagne électorale’’», en-voie-t-il aux journalistes Par ailleurs, M Lévesque n’a pas René Lévesque été officiellement contredit dans sa volonté de donner une chance au parti conservateur d’améliorer le fonctionnement du fédéralisme et de reconnaître le caractère spécifique, distinct, national, du «Quebec français», formule de plus en plus employée, semble-t-il, au sein du PQ Pourtant, reconnaît M Lévesque, cette chance donnée au «fédérahsme améhoré» pourrait mettre en pénl le projet de souverameté nationale, que personnellement le premier mimstre croit toujours souhaitable et «vendable» «Nous n’avons pas le droit de pratiquer la politique du pire ce serait impardonnable et on ne nous le pardonnerait pas», a dit M Lévesque, après avou" cité les propos de M Brian Mulroney à Sept-îles M Lé vesque a employé l’expression de «beau risque», qu’il a expliquée en conférence de presse hier midi comme «une occasion de rendre les gens plus mûrs» dans leur réflexion sur la meilleure manière de développer le Québec Toujours en conférence de presse, M Lévesque a précisé que le gouver nement du Québec ne chercherait pas à noyer ses homologues fédéraux dans tous les dossiers en même temps- des priorités seront établies Le dossier Pétromont est le plus urgent et le Québec y recherchera un engagement plus précis d’Ottawa, suite à un engagement relatif des conservateurs pendant la campagne électorale Puisque M Mulroney semble décidé à garder la haute main sur le dossier fédéral-provincial, M Lévesque s’attend à s’en occuper personnellement.Les différents dossiers sont cependant encore aux mains du ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes, M Pierre-Marc Johnson Un peu comme il y a quelques années, avec le fameux « Renéren dum », la porte est ouverte à ceux qui voudraient obhger M Lévesque à démissionner Il leur suffirait de blo- Au départ de Lévesque, le PQ élira son président au suffrage universel à deux tours MARIE-AGNÈS THELLIER QUÉBEC - Lors du départ de son chef actuel, M René Lévesque, le Parti québécois sera le premier parti en Amérique du Nord, et même éventuellement le premier parti au pouvoir dans le monde, à élire son président au suffrage universel à deux tours Le conseil national du Parti québécois, qui se réunissait en fin de semaine à Québec, a en effet adopté les nouvelle règles de procédure proposées par l’exécutif national.Seul le parti libéral en Grande-Bretagne procède à un vote au suffrage universel, mais à un seul tour Toutes les personnes qui sont membres en règle du PQ 45 jours avant le premier tour, et ceux dont la carte de membre est échue dans les 365 jours précédant cette élection auront le droit de vote.Une assemblée publique aura lieu à la veille du premier tour de scrutin, ce qui devrait préserver une partie de l’impact publicitaire inhérente a toute course au leadership Le PQ compte actuellement 113,000 membres M Lévesque a trouvé «emballante» la perspective d’élire le président du parti au suffrage universel II a souligné l’ouverture d’esprit du Parti québécoi et son ouverture à des nouveaux membres: «Il faut un caractère de mouvement national pour arriver à la souveraineté», a-t-il dit.Après avoir adopté ce guérin 1 éditeur Disponible d’ici quelques jours _ Éducation^ Économique Luc Bol* / Paul Beaudry / Gilles Tanguay Manuel de l’élève — 17,95$ guide méthodologique (a paraître) — 35,00$ suffrage universel, certains militants soulignaient que le Parti québécois resterait à l’histoire comme le gouvernement qui a le plus favorisé la démocratie, il ne lui reste qu’une plume à accrocher à son chapeau, celui de la réforme du mode de scrutin, depuis longtemps au programme du PQ Le comité de neuf personnes sur la réforme du mode de scrutin remettra début octobre son rapport au caucus des députés péquis-tes et au conseil des mi-mstres.Une commission parlementaire est censée se tenir les 9,10 et 11 octobre.M.Lévesque exclut la possibilité qu’un Conseil national spécial se tienne avant cette date.Les militants ont pourtant souhaité hier qu’il se tienne d’ici un mois, avant la commission parlementaire.Le comité ad hoc recherche la perle rare: une réforme qui corrigera les distorsions du vote, mais aussi respectera la relation électeur-élu et permettra la sta-büité gouvernementale Cette réforme du mode de scrutin est l’une des cinq priorités législatives et budgétaires retenues hier par le conseil national, après la jeunesse, l’emploi, la réforme du mode de négociations dans le secteur public et parapublic et la réforme de la fiscalité, doublée d’une transférabilité des fonds de pension.Ces cinq priorités représenteraient à elles-seules un fameux programme gouvernemental: la mobilisation de la société en faveur des emplois pour les jeunes n’a pas encore commencé; la parution du Livre blanc sur la fiscalité, imminente selon le premier ministre, a été remise en mois en mois; malgré des résultats spectaculaires sur le plan des investisse- En- vent* ns toutes les librai ries ments industriels, le Québec a encore un fort taux de chômage; les syndicats ne sont pas prêts à s’asseoir pour discuter de réforme du mode de négociations, enfin, chaque péquiste ou presque a sa propre idée sur la réforme idéale du mode de scru-tm.En l’absence hier matin du ministre des Finances, M Jacques Parizeau, le conseil national a invité le gouvernement à déposer cet automne le Livre blanc sur la fiscalité, afin que les recommandations qui feront l’objet d’un consensus puissent être mises en application dans le discours du budget 1985-1986.Le conseil national demande la convocation dans les meilleurs délais d’une commission parlementaire sur la loi de zonage agricole.M Lévesque n’exclut pas qu’il y ait convocation dans quelque temps d’une commission parlementaire pour faire toute la lumière sur la manière dont procède la loi et de la Commission de protection du territoire agricole Des militants ont cependant mis en garde le gouvernement contre une telle commission parlementaire qui, selon eux, donnera des armes à l’opposition libérale.Treize priorités avaient été proposées, sur lesquelles il fallait en choisir seulement cinq Parmi celles qui n’ont pas été retenues, il y a la seconde priorité gouvernementale de l’heure, l’environnement.Il y a aussi la réforme scolaire «Le nouveau projet de loi semble rallier plus de monde», a déclaré M Lévesque, qui a cependant encore accolé un point d’interrogation à cette réforme.Il y a aussi par exemple la politique de la famille et le renforcement de la loi 101.Dans son rapport au conseil national samedi matin, M.Lévesque a une nouvelle fois plaidé pour l’économie et souligné les excellents résultats du plan de relance Il a répété qu’il faudrait lancer une véritable Corvée Jeunesse, à l’image de Corvée Habitation, car seule l’im-plication du milieu permettra l’insertion des jeunes dans le marché du travail.Comme prévu, au conseil national, on a peu parlé du Parti nationaliste, qui n’a pas reçu les votes péquistes demandés par une résolution du dernier congrès.Dans le rapport de l’exécutif national, la vice-présidente, Mme Nadia Assimopoulos, a signalé que «beaucoup de nos membres ont jugé que les intérêts du Québec seraient mieux servis si le Parti libéral était carrément écarté du pouvoir».«Le Parti nationaliste a tout de même eu le mérite d’avoir fait entendre une voix essentielle et d’avoir soulevé des questions qui ont obligé les autres partis à réagir», estime l’exécutif national, en guise de consolation.Par ailleurs, le Parti québécois du comté de Frontenac désignera dès novembre son candidat pour les prochaines élections générales ce candidat servira d’ici là de député-substitut puisque le comté a voté pour le PQ alors que son député est maintenant député indépendant La meme chose n’a cependant pas été proposée pour le comté de Sainte-Marie, où M Guy Bisail-lon, élu comme péquiste, est devenu député indépendant Mme Pauline Marois a été choisie comme présidente de la campagne de financement du Parti québécois pour 1985 Ce mandat est très important dans une année pré-électorale ou électorale, d’autant plus qu’en 1984-85 le PQ ne verse que $75,000 à sa réserve électorale, sur un budget de $2 6 millions.Suite au départ de M Jean-Denis Lamoureux, le nouveau directeur des communications du PQ est M.Jacques Despins, jusqu’ici agent de haison auprès du ministre de la Justice.En matière de communications, la couverture du numéro d’octobre de la revue du Parti québécois, Défis, en étonnera plusieurs, la photo de M.Brian Mulroney s’étale à la une, sous le titre «Après le 4 septembre».C’est la premiere fois que le por trait d’un non-péquiste illustre la couverture de Défis Quant à M Lévesque, sa nouvelle photo «Robichaud» est au verso et en plus petit Le conseil national a adopté le plan d’action proposé par l’exécutif national Un comité électoral de cinq membres a été mis sur pied Il comprend le nouveau chef de cabinet-adjoint de M Lévesque, M Ale xandre Stefanescu, son nouveau directeur des communications, M Jean-Dems Lamoureux, ainsi que trois perma nents du Parti, MM Gilles Corbeil, Pierre Boileau et Jean 11 Gagnon quer toute tentative de réflexion au sujet de la résolution voulant qu’un vote pour un candidat péquiste aux prochaines élections signifiera un vote pour la souveraineté du Québec En effet, M Lévesque a assorti sa nouvelle assurance de demeurer à la tête des troupes pour la prochaine élection d’une condition • «si le Parti se ressaisit» «Je serai très content d’accompagner un tel parti qm se serait ressaisi jusqu’à, et y compris, la prochaine élection», a déclaré le pre mier ministre, en conclusion de son rapport comme chef du Parti qué bécois samedi matin Selon lui, cette condition s’expli que par l’importance d’être une équipe soudée pour gagner les élections M Lé\ esque aurait pris cet été sa décision de rester à la tête du PQ, se basant notamment sur un «feeling» concernant sa popularité dans la population «Un congrès, ce n’est pas l’Évangile D’un congrès à l'autre, des choses changent Le dernier congiès nous a dit au moins un an et demi d’avance - et c’est beaucoup - comment les choses devraient se présenter à la prochaine élection C’est rediscutable seuls les esprits totalitai res peuvent le nier», a dit M Lévesque Il a donné comme raison «les événements et l'évolution des esprits que nous ne contrôlons pas», qui obh-gent à attendre la veille de l’élection pour trouver la «stratégie qui fera avancer la cause» Deux tenants de la ligne indépendantiste «dure», le député de Deux-Montagnes, M Pierre de Bellefeuille, et un militant de Saint Henri, M Robert Blondin, ont répondu samedi matin au premier ministre, devant les centaines de militants Ils se demandent si M Lévesque lui-même n’entretient pas le débat et ils signalent que le vote pour un candidat péquiste a toujours signifié un vote en faveur de la souveraineté du Québec «S’il y en a qui trouvent trop dur, trop difficile, de convaincre les électeurs (au sujet de la souveraineté), peut-être pourront-ils trouver une autre formation politique qui ne recherche pas la souveraineté du Qué bec», a même lancé M de Belle feuille Dans la même veine, M Blondin se demandait s’il n’y avait pas deux partis au sein du PQ celui des élus et celui des militants «Pourquoi M Lévesque ne se ferme t-il pas la trappe'' les agents provocateurs ne sont plus en bas mais en haut» (de la hiérarchie péquiste), ajoutait M Blondin.Il précise que seul un nouveau congres peut rediscuter de la fameuse résolution et il suggère aux louvoyants de s’insrire au Parti louvoyant exultant (hbéral) Pour sa part, l’exécutif national du PQ - où sont représentés les tenants des deux strategies a pris une posi tion nuancée «Nous ne pouvons re fuser de faire cet exercice (de réflexion», dit-il, en lançant deux questions Quelle est la signification politique du changement de gouvernement au niveau fédéral'' Quels sont les devoirs du gouvernement envers la population du Québec qui s’attend à ce que l’on défende avant tout ses intérêts'' «Le vrai danger pour l’option se trouve dans une victoire du Parti libéral, un parti qui se dérobe à tout débat public sérieux, qui évite systématiquement de se comprometlre sur quoi que ce soit, qui souhaite secrètement que les électeurs lui donnent un chèque en blanc», prétend le Conseil éxécutif national du PQ.Ce serait dû au profond mépris des li béraux pour le processus démocratique, mépris illustré par leur opposition à la réforme du mode de scrutin et par le refus de siéger de leur chef, M Robert Bourassa Évidemment, le chef du PQ et l’exécutif n’excluent pas la possibilité que le PQ puisse être réélu à la pro chaîne élection M.Lévesque simale que le PQ a commencé, de mamere à peine perceptible, à remonter la côte des sondages En travaillant et en étant présent partout, les péquistes pourraient, à son avis, faire que les gens n’aienl plus envie de se débarrasser du gouvernement Mais cela implique que «sur le plan politique», les péquistes sachent «garder leur raison, leurs nerfs et leurs facultés verbo-motrices» Le Conseil national a été une nou velle fois l’occasion d’un acte de foi dans la souveraineté du Québec «Pour moi, le jour viendra, et il ne me semble pas falloir attendre l’an 2,000, où sans la moindre hostilité contre quiconque - le Québec fran çais va se rendre compte que la pleine responsabilité, le plein épa nouissement, ne peuvent s’accommoder seulement que de la pleine liberté c’est çà la seule vraie question» Cependant, en conférence de presse, la vice-présidente du Parti, Mme Nadia Assimoupoulos, a refusé de répondre sur la «plomberie» qui conduira le Québec à l’indéiiendance, même dans le cas d’une élection ré férendaire gagnée II y a donc encore bien des points à éclaircir dans le huis clos des réunions de comtés Chambre dt Commerce Française au French Chamber of Déjeuner-causerie Mercredi 26 Septembre 1984 à midi au Salon Ovale de l’Hôtel Ritz-Calton de Montréal.Conférencier Monsieur Michel GIRAUD President du Conseil Régional de rile-de-Prance, Président de l'Association des Maires de France Theme de l’expose «L’ILE-DE-FRANCE: PORTE D’ENTRÉE SUR L’EUROPE POUR LES ENTREPRISES CANADIENNES» Réservations: 866-2797 SOIRÉE RELA TIONS organisée par le Centre justice et foi LA QUALITÉ DE L’INFORMATION C est un lieu commun trop facilement accepte que nous vivons dans un monde ou il y a eu une accélération de l'information Mais l'information n'a-t-elle pas perdu en qualité'' Quand on est à ce point noyé sous l'abondance d'informations, le choix et le traitement qui en sont faits ne sont pas nécessairement faciles, ni toujours les meilleurs Sous pretexts d'objectivité, ne choisit-on pas de privilégier l'accumulation des faits au detriment de l'analyse'' Le consommateur de nouvelles, saturé, ne choisit-il pas la solution de facilite, le fast food, qui ne laisse rien dans la mémoire et qui surtout n'apporte aucune comprehension en profondeur des phénomènes et des situations de plus en plus complexes que nous vivons'' AU PANEL Monsieur François Brunet, responsable de l'emission Le Point à Radio-Canada, Monsieur Jean-Guy Dubuc, éditorialiste en chef à La Presse, Monsieur Jacques Guay, du département Information-Communication a l'université Laval, Madame Lise Payette.Ce soir, de 19h30 à 22h00 au 25, Jarry ouest (Métro Jarry) Tél.: 387-2541 L’ENTRÉE EST LIBRE CARTES D’AFFAIRES ROBIC, ROBIC &.\SS()( Il s \SS()( IMI s Fondée en 1892 Conseils en propriété Agents de brevets d'invention intellectuelle et de marques de commerce 1514.Docteur Penfield Montréal, Canada.H3G 1X5 Tel (514)934-0272 Telex 05-268656, Cable MARION SWABEY, MITCHELL, H0ULE,MARC0UX & SHER (Ci-devant ALAN SWABEY & CIE) Agents de Brevets et de Marques de Commerce 1001, Bout, de Maisonneuve ouest Montréal, Québec H3A 3C8 Tél .(514) 845-7126, Télex 05-2355 Facsimile (514) 288-838S (CCITT l-ll-lll) 4560 rue Saint-Denis Montréal, Québec Tél (514)849-1112 Dans l'optique du nouveau programme d'education économique, ce manuel s'adresse aux élèves de cinquième secondaire Il comprend sept modules qui rejoignent fidèlement les objectifs du programme et les précisions du contenu développées dans le guide pédagogique En vente dans les librairies Station 168 est, rue 4440 rue Métro-Longueuil Longueuil, Québec Tél.(514)677-6525 Sainte-Catherine Saint-Denis Montréal.Québec Montréal.Québec Tél (514)861-5647 Tél (514)843-6241 Samson Bêlair Comptables agrees MooRéai Bu'éau 3100 Tour oe la Bourse H4Z 1HB (671 1516) Laval Sureau LiO ?Place Laval M7N 5N6 (666 8910) Loogueuii Bureau ?00 126 Bout Ste Foy J4J 1W7 e'ue Racquét Club dé Longuéui 8305 C6té n Liésse 550 Cw'6 Poirier oueti '39 7289 ““i" Canifé dachals Rockland ChjbdéTannis Niveau des restaurants dé Lanaudiéra -ui iss-s LE COSTUME il' r#.''vl-wir'Y AMERICAN EXPRESS ET AUTRES CARTES DE CRÉDIT HONORÉES UNE NOUVELLE SILHOUETTE À DEVANT CROISÉ DE NOTRE COLLEaiON AUTOMNE-HIVER.NOS COSTUMES À COMPTER DE 395 $.flRmRriD BOUDRIflS I 6818 llMIIIMII^ 6818.RUE ST-HUBERT.Z73-2851 - LES TERRASSES - PLACE BONAVENTURE - PROMENADES ST-BRUNO - PLACE QUtBEC .T?., B Le Devoir, lundi 24 septembre 1984 LE DEVOIR ECONOMICLUE La monnaie américaine constitue une véritable énigme XÉNOPHON ZOLOTAS* reproduit du Moride Lorsqu’il y a moins de trois ans, au cours d’un dîner de travail entre les gouverneurs des banques centrales de la Communauté européenne et les représentants de la Banque fédérale de réserve à Bâle, j’avais observé que si on laissait les choses aller, il serait fort probable de voir le cours du dollar atteindre 3 deutschemarks, un des gouverneurs présents avait trouvé ma remarque absurde.Or l’évolution actuelle prouve que cette remarque s’est révélée plus que juste.Kn ce qui a trait aux taux d’intérêt du dollar, on observe également que ses fluctuations affectent substantiellement le mouvement international des capitaux et qu’elles augmentent ou diminuent, selon le cas, les charges du service des dettes des pays débiteurs, vu que la plupart des emprunts sont toujours conclus à un taux d’intérêt variable.Au cours de la dernière décennie, les taux d’intérêt américains ont enregistré des variations très fortes : de 8 % environ, ils ont atteint 20 % il y a quelques années, pour reculer par la suite à 9 %, alors que les derniers mois ils ont atteint 13 %.L’écart entre les taux d’intérêt allemands et américains a augmenté de 3,.5 à 6 points de pourcentage environ depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour.Kn particulier, quant au cours du dollar, il faut se référer à la cause qui est à l’origine de ses fluctuations et, plus précisément, de sa récente hausse spectaculaire.Il est bien connu que trois facteurs contribuent à la formation de la valeur extérieure d’une monnaie; le pouvoir d’achat dans le pays par rapport à celui des monnaies des principaux pays étranger; les taux d’intérêt; et le climat de confiance allant de pair avec les expectatives de spéculation.En ce qui concerne le pouvoir d’achat du dollar, qui joue un rôle fondamental - surtout à moyen terme -dans la formation de sa valeur extérieure, je voudrais souligner ceci: par le passé, lorsque l’inflation aux États-Unis était considérablement supérieure à celle des principaux pays industrialisés (taux d’inflation aux États-Unis 13 % contre 5 % - 6 % en Allemagne fédérale et au Japon), cet écart substanciel constituait un des facteurs pricipaux qui ont conduit à la dépréciation du dollar.Or maintenant cet élément a disparu: car grâce aux efforts concertés de la Réserve fédérale, l’inflation aux États-Unis a été réduite à 4 % l’an environ, niveau analogue à celui des principaux pays mdustrialisés.Venons maintenant au sujet des taux d’intérêt à cause de la forte influence qu’ils exercent sur les déplacements de capitaux.Ces mouvements affectent à leur tour la valeur des diverses monnaies.En particulier, dans le cas des États-Ums, c’est la grande différence entre les taux d’intérêt américains et ceux des autres pays industrialisés qui a principalement causé la demande accrue de dollars pour placements aux États-Unis et la hausse continue de ta monnaie américaine, qui est à présent substantiellement surévaluée.Cela implique que le cours actuel du dollar n’est pas justifié du point de vue des données économiques et en particulier de celui des parités du pouvoir d’achat entre le dollar et les autres monnaies.Cette évolution implique que, tôt ou tard, le cours du dollar devrait régresser et s’approcher du niveau justifié par le rapport de l’écart d’inflation entre les États-Unis et les principaux pays industrialisés.Pourtant, l’expérience a prouvé que ce rajustement, motivé exclusivement par le facteur ci-dessus, se réalise lentement.Jadis, lorsqu’il y avait des parités stables entres les diverses monnaies, comme c’était le cas pendant les deux premières décennies après la guerre, les banques centrales, en vue de maintenir ces parités stables et de lutter contre les mouvements perturbateurs des capitaux, se servaient de l’arme du taux d’escompte et des taux d’intérêts qui étaient influencés par le premier.Une majoration importante des taux d’intérêt par un pays dont la monnaie était en train de se déprécier entraînait automatiquement un afflux de capitaux, en raison de la différence des autres taux d’intérêt et, par la suite, le ré-tabhssement de la panté officielle de cette monnaie.Par contre les pays dont la monnaie montrait des tendances à la hausse et risquait ainsi de dépasser les limites de fluctuation des parités extérieures réduisaient le taux d’escompte.SURÉVALUATION À l’heure actuelle et dans le cas précis des États-Unis, les taux d’intérêt ne sont pas utilisés raisonnablement pour la stabilité du dollar à un niveau justifié par les données économiques; tout au contraire ils suivent un mouvement opposé, à savoir ils renforcent la surévaluation du dollar au lieu de l’atténuer.Ainsi le dollar a-t-il atteint le niveau absurde de 3,04 deutschemarks, alors qu’en réalité son cours devrait varier - selon des estimations autorisées - entre 2,25 et 2,40 deutschemarks.Cependant, les autorités ainsi que l’économie américaine se trouvent engagées dans une situation qui tend à pei^tuer cette absurde évolution.Afin de comprendre le problème des États-Unis, qui est aussi un problème de l’économie mondiale, il faut considérer les deux déficits qui en ce moment troublent l’économie des États-Unis.Le premier est le déficit du budget de l’Etat et le second celui de la balance des transactions courantes.Mais, au fond, c’est le déficit du budget qui joue le rôle principal.Ce déficit s’est chiffré à 200 milliards de dollars environ l’année passée, et il paraît qu’il restera à peu près au même niveau - ou bien qu’il marquera une légère baisse - pendant l’année en cours.Mais, à moins que des mesures concertées ne soient prises, certains milieux prétendent que le déficit risque de s’élargir davantage à un taux accéléré durant les prochaines années.Ce déficit est surtout financé par des bons du Trésor qui sont offerts au marché des capitaux, absorbant ainsi une grande part de ses disponibihtés.Pour mieux comprendre l’importance de ce phénomène, il suffit de se rendre compte qu’il absorbe 70 % environ de l’épargne nette annuelle de l’économie américaine, ne laissant qu’une fraction limitée pour le financement du secteur privé.C’est donc le fateur principal qui a contribué -et continue de le faire - au maintien des taux d’intérêt élevés, lesquels à leur tour font attirer un grand volume de fonds étrangers.11 faudrait noter que, sans cet afflux de capitaux, les taux d’intérêt américains pourraient atteindre des niveaux beaucoup hauts, s’élevant peut-être même à 17%, 18%.Cette évolution entraîne des conséquences importantes sur la balance des paiements des États-Unis, notamment les transactions courantes, car- moyennant des intérêts élevés - la hausse continue du dollar a provoqué une aggravation du déficit de la balance commerciale, qui, cette année, selon les prévisions, atteindrait 100 milliards de dollars, ainsi que de celui des transactions courantes qui se chiffreraient à 80 milliards de dollars.Et cela car, vu la grande appréciation du dollar, les produits américains libellés en monnaies étrangères sont devenus plus chers, ce qui contribue, d’un part, à la réduction des exportations provenant des États-Unis et, de l’autre, à l’augmentation des importations, qui sont ainsi rendues meilleur marché.L’évolution en question a commencé d’avoir des conséquences dé-faborables pour l’économie américaine, lesquelles forceraient éventuellement le gouvernement du pays à prendre des mesures afin de res-tremdre le déficit du budget de l’État SI l’économie ne se trouvait dans une phase de croissance considérable, lui permettant de neutraliser pour une grande part ces effets adverses.Parallèlement, les intérêts élevés constituent un important facteur de freinage des investissements dans l’éconimie des Étaits-Unis.Pourtant, son influence est atténuée considérablement grâce à l’intense activité économique et aux bénéfices accrus des entreprises, qui sont ainsi autofinancées sur une grande échelle.Cette évolution a entre-temps aidé tant les économies des pays industrialisés que celles des pays en voie de développement, car elle a entraîné un accroissement de leurs exportations et une stimulation de leur dispositif productif, les faisant sortir de la stagnation où ils étaient plongés.Mais si donc la tendance se poursuit, les États-Unis, de pays créditeur, deviendront pays débiteur pour la première fois après la première guerre mondiale.Et ce fait, entre autres, privera le reste du monde - notamment les pays en voie de développement - d’une grande partie des fonds qu’ils pourraient emprunter et utihser pour leur croissance économique.Finalement, le climat de confiance, ainsi que la spéculation, constitue encore un élément essentiel de formation du prix du dollar.Indépendamment du montant des taux d’intérêt, il y a toujours une fuite de capitaux, tant de provenance de pays industrialisés que - surtout - de pays en voie de développement, pour des raisons de sécurité et de confiance.Quel sera l’avenir du dollar ?U ne chose est sûre : le dollar ne peut continuer sa marche ascendante pour longtemps car, à mesure que le temps passe, les réactions de l’économie américaine finiront tôt ou tard par le faire baisser.Naturellement, trancher la question une fois pour toutes consisterait en une restriction drastique du déficit du budget des États-Unis, disons de 200 à 100 milliards de dollars, mais le gouvernement ne semble pas disposé à le faire.Car dans ce cas il faudrait, d’un part, augmenter l’imposition et, de l’autre, réduire les dépenses, ce qui entraînerait un coût politique considérable, avant tout dans un période préélectorale.Bien sûr, après les élections de novembre, face à une évolution économique défavorable, il se peut que le nouveau gouvernement se trouve forcé de prendre certaines mesure à cet effet.Entre-temps, nous dépendons des prévisions et des anticipations de divers experts et spécialistes du marché, lesquelles influencent probablement ceux qui importent de grands montants de capitaux aux États-Unis.Quant à ce fait, plusieurs personnes pensent que, la tendance bais-sière du dollar une fois amorcée, ce sont les expectatives d’un dépréciation plus prononcée qui vont prédominer, lesquelles pourront provisoirement le porter a un niveau considérablement inférieur à son prix d’équilibre.Je considère comme opportun de citer ici qu’au début de l’année certaines grandes banques américaines, prévoyant une dépréciation imminente du dollar, ont procédé à la vente de grosses sommes de dollars.Mais ces prévisions ont été démenties, de sorte que les banques en question ont subi des dommages considérables.‘L’auteur est gouverneur honoraire de ta Banque de Grèce.Les illusions d’un système « polycentrique » dollar-écu-yen CHRISTIAN DE BOISSIEU* (du Monde) Que les changes flottants semblaient beaux sous le régime de changes fixes mais ajustables instauré par les accords de Bretton-Woods ! Les économistes se plaisaient à souligner, avant sa généralisation, en mars 1973, que le flottement des monnaies augmenterait les degrés de liberté des politiques économiques intérieures, rendrait ta spéculation stabilisante, etc.À l’inverse, que les changes fixes paraissent aujourd’hui souhaitables, après plus de 10 ans d’expérience d’effets pervers associés aux variations erratiques des changes (exemple, entre autres, des dépréciations continues qui accélèrent l’inflation interne plus qu’elles n’a-méliorent la balance commerciale, de mouvements déstabilisants des taux de change dus à la spéculation.).Pour rétablir plus de symétrie dans les ajustements, en particulier entre les États-Unis et leurs principaux partenaires de l’OCDE, les partisans d’un système international multipolaire (ou « polycentrique») multiphent depuis quelques années les initiatives.La solution du polycentrisme monétaire, généralement présenté comme la juxtaposition de trois zones monétaires respectivement centrées sur le dollar, le yen et l’ÉCU, est séduisante par son volontarisme, et la sanction institutionnelle qu elle confère aux efforts de l’intégration européenne et à l’essor économique et commercial du Japon.Elle paraît cependant limitée pour plusieurs raisons.D’abord, le dollar demeure aujourd’hui au plan international la seule monnaie « complète », c’est-à-dire le seul actif exerçant l’ensemble des fonctions traditionnelles de la monnaie (étalon des valeurs, intermédiaire entre les échanges, réserve de valeur), et ce malgré les efforts du FMI pour promouvoir le DTS (droit de tirage spécial) comme étalon et réserve de valeur (efforts mis en échec avec l’abandon du projet de « compte de substitution » à la réunion de Hambourg en avril 1980), la politique de diversification de leurs réserves de change par les banques centrales, la montée progressive de certaines devises fortes — en particulier le yen et le deutschemark — comme monnaies de facturation et monnaies de règlement du commerce international, l’extension significative de l’usage privé de l’ÉCU, etc.En second lieu, un système monétaire ne peut fonctionner durablement avec plusieurs monnaies complètes, ou, s’il parvient à s’ajuster à la coexistence en longue période de plusieurs monnaies complètes, c’est généralement au prix d’une instabilité accrue.Tôt ou tard, les utilisateurs finissent par établir une hiérarchie entre les monnaies.Ce phénomène de hiérarchie entre les monnaies, reflet des préférences des opérateurs, a joué dans l’ordre interne et trouvé sa sanction dans révolution histo rique (exemple, entre autres, de la transformation du bimétallisme or-argent en système fondé sur le seul étalon-or, etc.).Étant donné l’intégration croissante des économies nationales dans le domaine réel (c’est-à-dire dans le domaine des marchandises, biens et services) et en matière financière, il intervient également au plan international.Un système international composé de trois zones monétaires, chaque zone fonctionnant avec sa monnaie complète, a toutes les chances d’être instable et de dégénérer rapidement en une organisation révélant ta même asymétrie entre le dollar et les autres monnaies qu’au-jourd’hui ou que sous le régime de Bretton-Woods.Tôt ou tard, les acteurs du commerce international et les opérateurs des marchés des changes établiraient une hiérarchie entre les actifs monétaires, qui ramènerait à l’unicité de la monnaie complète (le dollar, si le contexte éco-nomique ne change pas), alors que les autres monnaies — le yen et l’ÉCU — seraient, comme aujourd’hui, privées de certains des attributs essentiels de la monnaie.Un système multipolaire dans lequel chaque zone dispose d’une monnaie complète ne peut fonctionner durablement que s’il s’appuie sur un fractionnement des espaces économiques et du commerce international, donc sur un regain de protectionnisme commercial.Ce fractionnement de l’espace commercial et financier international serait indispensable pour que n’intervienne pas la hiérarchie évoquée et que puissent durable- ment coexister plusieurs monnaies complètes.Une telle conception du système multipolaire risque de nous faire revenir à des temps heureusement révolus de protectionnisme à outrance, voire d’autarcie économique.Une conception plus réaliste du système multipolaire est celle dans laquelle coexistent une seule monnaie complète et plusieurs monnaies «partielles» (dotées seulement de certains attributs de la monnaie).Cela correspond déjà à la situation actuelle puisque le dollar ne dispose (le monopole dans aucune de ses fonctions.isqu de manière spontanée (c’est-à-dire sans qu’il soit besoin de réunir une conférence internationale à cet effet.) : le yen et l’ÉCU, dans une moindre mesure le DTS, progressivement complètent, voire concurrencent, le dollar dans certaines de ses fonctions, sans p conception et m en s Philippe Grenier, mer au ven 21h.30.sam.19h 30 et 22h.30.dim 20h jusqu'au 30 sept LA CROISETTE: 120t o Dorchester (878-2000)— Lambert au piano dim.16h â21h.lun au ven.de19h00à22h.00 L'AIR DU TEMPS: 191 ouest St-Paul (842-2003)—•« 2 pour 1 .cocktail lazz, de 17h à 20h— Jean-Pierre Zanella Ensemble, 24-25-26 sept LE POURQUOI PAS: 500 est rue Rachel (523-8708)— Rock à son meilleur avec le groupe Bluff.Viviane Mongeau interprète les hits les plus populaires.21 au 24 sept., 28 au 30 sept.L'IMPROMPTU: 1201 0 Dorchester (878-2000)— Lambert au piano de 17h.00 à 19h.00, Eddie Prophète de 21 h.OO à 02h.00 du lun au ven — Eddie Prophète de 21h.à02h.sam.RÉPERTOIRE CANADIEN DU CINÉMA: Archives Publiques.395 Wellington.Ottawa (232-8769)— lun.24 sept Panorama Oriental € Banana cop > 19h 30— Hommage à Richard Burton • Becket ¦ 21h.30 LES RETROUVAILLES: 1709 St-Denis (849-9275)— John Bau-dine quartette (B&B) mer.au sam de 22h.à Olh — Sylvain L'Heureux, chansonnier, du dim.au mar.de 22h.à 01 h.SALLE FRED BARRY: 4353 est Ste-Cathsrine (253-8974)— « L'homme gris ¦ texte et m en s Mans Laberge.avec Yvon Leroux St Mans MKhaud.du mar au sam 20h30.dim 15h jusqu'au 6 oct SALLE WILFRID PELLETIER: PDA (842-2112)- L Opéra de Montréal présente • Il Barbiere di Snngha • de Rossini.24-29 sept à 20h SPECTRUM: 318 ouest Ste-Ca-therine (861-5851)— Spectacle de Michel Lemieux, du 27 au 30 sept à20h TANGENTE: 3655 St-Laurent (842-3532)— < Long jeu > exploit théâtral, du 25 au 29 sispt.20h 30 théâtre port ROYAL: PDA (842-2112)- La Cie Jean Du-ceppe présente • La ronde • d'Arthur Schnitzier.m en s Claude Maher, du 5 sept au 13 oct.25 au 28 sept 20h UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: Faculté de musique.200 ave Vincent d'Indy (343-6479)— Salle B 484 Récital de piano.Claude Webster.24 sept.12h.THÉÂTRE DE LA BORDÉE: 1091-t/2 rue St-Jean, Québec (694-9631 )— • Stand by 5 minutes » par Jean-Jacqui Boutet, Louis-Georges Girard, Ginette Guay, Martine Quelle! et Marie St-Cyr, m en s.Robert Lepage, â compter du 5 sept, mar au sam 20h.30 THÉÂTRE DE L'ILE: 1 Wellington, Hull (77t-6669)- .Le garçon d'appartement > comédie de Gérard Lauzier, m.en s.Pierre La-belle.du mar au ven.20h 30.sam 19h.et 22h.du 26 sept, au 27 oct.THEATRE DU P’TIT BONHEUR: 57 rue Adelaide, Toronto— < Les gars • de Jean Barbeau.m.en s John Van Burek.du 20 sept, au 7 oct.20h CENTRE NATIONAL DES ARTS; Ottawa (1-800-267-9038)— Théâtre français.• L'avare > de Molière, m.en s.Olivier Reichenbach, production du Théâtre du Nouveau Monde, du 20 au 29 sept, â 20h.matinée 29 sept 14h CBFT 12.30 13.30 14.30 16.00 16.30 17.00 16.00 16.28 16.33 19.00 19.30 20.00 20.30 21.00 22.00 22.27 23.00 23.04 23.16 23.24 Visite royale arrivée à Moncton Allô Bou Bou Au jour le |Our Cinema • Le chasseur de chez Maxim's > Bobino Le schtroumpfs Quincy Ce soir Les nouvelles du sport Avis de recherche A communiquer Poivre et sel La bonne aventure La vie promise Téle-lundi • Kennedey ¦ 2e partie avec Martin Sheen, Blair Brown et John Shea Le Tél^ournal Le Point La metéo Les nouvelles du sport Télex Arts € La taupe > 2e partie avec Alec Guihness.Hywelt Bennett, Alexander Knox et Michael Aldrige amér 73 avec Richard Crenna.LeeJ Cobb, Robert Webber et Samantha Egget CD RADIO-QUÉBEC 16.00 16.30 19.27 19.30 20.00 20.30 21.00 22.00 23.00 Passe-Partout Télé-service Tirage de la quotidienne Connaissance du milieu le vrai combat de l'ongnal Nournr le Québec Tu me demandes Patrice^ Noranda Nova mounr à petit feu Teléservice (D CFTM 12.00 Le dix VOUS informe 12.15 Cmé-Ûuiz « L 'empire du Grec • amér 78 avec Anthony Ouinn, Jacqueline Bisset, Edward Albert.James Franciscus et Raf Vallone 14.30 Forum 15.30 Drôle de monde 16.00 La bande animée 16.30 Les satellipopettes 17.00 Montréal en direct 16.00 Le 18 heures 18.30 Odyssée 19.00 Les Moineau et les Pinson 19.30 La croisière s'amuse 20.30 Entre chien et loup 21.00 Concept 22.00 Dynastie 23.00 Les Nouvelles TVA 23.25 Le 10 vous informe 23.30 Les sports et la couleur du temps 23.45 Cinéma de fin de soirée < Double indemnité e 13.30 14.00 15.00 15.15 15.35 15.49 17.00 17.40 16.00 16.05 16.25 16.30 19.00 20.10 20.45 21.00 21.30 22.00 TVFQ(Câble) L'académie des neufs «L'appartement c'estPi-nocchio t'assassin • avec Jacques Legras, Danièle Girard et Véronique Boulanger Rocking chair Fais gaffe aux graffiti Festival des records à Au-bigny L'Europeade H était une fois le Théâtre de Bouvard Croque-vacances Le Journal Le village dans les nuages Pic pic pic le cerf Cocktail maison Atout Pic Des chiffres et des lettres Aujourd'hui la vie L’acad^nie des neuf « L'appartement c'est Pi-nocchio l'assassin > avec Jacques Legras.Danièle Girard et Véronique Boulanger Rocking chair Le carrousel de Saumur Au large de Morlaix, les fêtes de ta mer La pétanque comme si vous y étiez Les dix commandements du vacancier du bord de mer Il était une fois le théâtre de Bouvard Le journal O CBMT 12.00 Royal visit Queen's arrival at Moncton 12.30 AU in the family 12.57 Program highlights 13.00 All my children 14.00 Wok witfi Yan 14.27 Weather report 14.30 Coronation street 15.00 Canadian reflections 16.00 Do It for yourself 16.29 Newswatch 6 16.30 Spread your wmgs 16.59 Newswatch 6 17.00 Happy days 17.30 Three’S company 18.00 Newswatch 19.00 Ckiuntiy report 19.30 Shragge's journal 20.00 Fall launch 21.00 Kate and Allie 21.30 Newhart 22.00 The national 22.25 The Journal 23.00 Newswatch headlines and the national update 23.05 Newswatch 23.27 Barney Miller 23.57 CBC Late Night • The fountainhead » 1949 avec Gary Cooper et Patricia Neal CB CFCF 12.00 A CTV News Special The Royal visit 12.30 Adventures in rainbow country 13.00 The Don Harron show 14.00 Another world 15.00 General Hospital 16.00 Soap 16.30 Take a Break with Matthew Cope 16.37 Family feud 17.00 The price is right 18.00 Pulse 19.00 Entertainment tonight 19.30 Snow job 20.00 CTV ^)ecial presentation « Mistral's daughter » part 1 avec Stacy Keach, Ste- fame Powers.Lee Remick et Robert Urich 23.00 CTV National news 23.21 Pulse 00.00 Cinema 12 « Panic in Needle Park • avec Al Pacino, Kitty Winn et Richard Bright 01.50 Solid Gold 02.S0 Fantasy island AVIS PUBLICS "Avis d'application pour Changement de Nom Avis est donné que Beril Lerner dit Léonard Meier Laibel Lerner, résidant et domicilié au 6305 avenue de Vimy, à Montréal, fera application au Lieutenant-Gouverneur en Conseil pour un décret changeant son nom à Leonard Lerner Montréal, le 7 août 1984 RONALD N.COHEN Procureur de l'applicant.Avis est par les présentes donné que le contrat de vente en date du 24 août, 1984 à LA BANQUE TORONTO-DOMINION de toutes dettes, présentes ou futures, payables à 125798 Canada inc.a été enregistré au bureau d'enregistrement de la division d'enregistrement de Chambly.Québec, le septième jour de septembre 1984, sous le numéro 661006 Ce onzième jour de septembre.1984 LA BANQUE TORONTO-DOMINION Avis est par les présentes donné que le contrat de vente en date du 24 août, 1984 à LA BANQUE TO-RONTODOMINION de toutes dettes, présentes ou futures, payables à 125796 Canada Inc.a été enregistré au bureau d'enregistrement de la division d'enregistrement de Laprairie, Québec, le septième jour de septembre 1984, sous le numéro 218104.Ce onzième jour de septembre, 1984 LA BANQUE TORONTOOOMINION AVIS est par les présentes donné que SPIRO STELIO XEPLATIS, sans emploi, domicilié et demeurant au 6559 rue St-Valiier, cité et district de Montréal, s'adresse au Lieutenant-Gouverneur en Conseil de la Province de Québec afin d'obtenir un décret lui permettant de changer son nom en celui de STEPHEN XEPLATIS.Montréal, le 20 septembre 1984 ME SYLVIE LAPORTE 400 est Jarry Montréal P Q.H2P1V3 Procureur du requérant PRENEZ AVIS que la requérante.SERVICES PÉTROLIERS GAZEX-PERT INC , détentrice du permis M-306690.s'adressera à la Commission des Transports du Québec en vue d'obtenir un permis de transport supplétif conformément à l'article 25 (2b) de l'Ordonnance Générale sur le Camionnage TRANSPORT SUPPLÉTIF La requérante est autorisée à effectuer des services de transport pour le compte de Transit P M Inc., dans le cadre du permis M-303518 de cette dernière Toute personne intéressée à faire opposition à la présente demande devra le faire dans les cinq jours suivant la dernière parution de cet avis en s'adressant à la Commission des Transports du Québec JOCELYN LECLERC MARTINEAU WALKER Procureurs de la requérante 1ère parution- 24 septembre 1984 2ème parution 25 septembre 1984 PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL AVIS est par les présentes donné que < ANITAS > une Corporation constituée en vertu de la Loi des Compagnies de Québec, et ayant son siège social en les Cité et District de Montréal, s'adressera au Ministère des Institutions Financières, Compagnies et Coopératives de la Province de Québec, afin d'obtenir la permission d'abandonner sa charte, conformément aux dispositions de la Loi des Compagnies de la Province de Québec.DATÉ à Montréal, ce vingt septembre, mil neuf cent quatre vingt quatre (1984) LE SECRÉTAIRE PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL AVIS est par les présentes donné que « LES ENTREPRISES D'AU-TEUIL LTÉE • une Corporation constituée en vertu de la Loi des Compagnies de Québec, et ayant son siège social en les Cité et District de Montréal, s'adressera au Ministère des Institutions Financières.Compagnies et Coopératives de la Province de Québec, afin d'obtenir la permission d'abandonner sa charte, conformément aux dispositions de la Loi des Compagnies de la Province de Québec.DATÉ à Montréal, ce vingt (20) septembre, mil neuf cent quatre vingt quatre (1984) LE SECRÉTAIRE AVIS est par les présentes donné, selon l'article 31 de la Loi sur les Pouvoirs Spéciaux des Corporations (L R.Q., 1977.Chapitre P-16) que la garantie, créée par un acte de fiducie passé devant Me Solomon Katz, notaire, entre 114134 CANADA INC et TRUST GÉNÉRAL DU CANADA, à titre de fiduciaire, portant la date officielle du 19 janvier 1963 et enregistré au bureau d'enregistrement de Montréal, sous te numéro 3325867, est devenue exécutoire à la suite du défaut de ladite Compagnie en vertu dudit acte de fiducie.TRUST GÉNÉRAL DU CANADA Es qualité de fiduciaire Pour les détenteurs d'obligations de 114134 CANADA INC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL COUR PROVINCIALE \i> .)—2 hiS».A—27,646. 20 ¦ Le Devoir, lundi 24 septembre 1984 LE DEVOIR ECONOMIQUE En période d’instabilité monétaire, une bonne gestion des finances publiques est pratiquement impossible PAUL FABRA (Le Mondé) Non seulement les situations budgétaires des différents pays industriels diffèrent sensiblement entre elles, malgré un certain nombre de difficultés communes qui se sont manifestées de façon de plus en plus aiguë depuis le début des annés 70 (en partie parce que les gouvernements ont presque tous commencé par commettre les mêmes erreurs), mais les choses ont de ce point de vue beaucoup évolué au cours de la période considérée à l’intérieur d’une même nation.En France, par exemple, les trois premières années du septennat de M.Giscard d’Estaing ont été marquées par une dégradation rapide et en partie occulte (déficits des entreprises nationales masquées par les subventions), à laquelle M.Raymond Barre s’est résolument attaqué, pour laisser à son départ les finances publiques du pays dans un état plus qu’honorable, par comparaison en tout cas avec ce qu’on constatait à l’époque dans les autres grands pays industrialisés, y compris ceux qui avaient une réputation établie de sagesse.À la suite de quoi, comme on le sait, devait succéder, pendant les 22 premiers mois du septennat de M.François Mitterrand, un gâchis encore plus grand — et donc plus difficilement réparable — que celui auquel s’était livré son prédécesseur dès la fin du règne de Georges Pompidou (1).M.Mauroy et M.Delors, qui avaient eux-mêmes décidé ou laissé faire ces débordements, se sont ensuite employés à les contenir, sinon sans recourir parfois à des artifices et à des dissimulations pures et simples, dont on verra ce que feront M.Fabius (qui poussa lui-même beaucoup à la roue quand il faisait ses premières armes au ministère du Budget, où il s’installa dès le printemps de 1981) et M.Pierre Bérégovoy (qui arrive sur ce terrain avec une meilleure réputation qu’il lui reste à confirmer ou à perdre).Ce bref rappel vise seulement à montrer que le premier responsable d’une situation budgétaire maîtrisée, ou au contraire débridée, n’est autre que le gouvernement en place.11 n’empêche que la France, comme les autres pays, est aux prises avec un certain nombre de phénomènes que la crise ouverte au début des années 70, avec la fin des taux de changes fixes et l’instabilité monétaire généralisée à laquelle on s’est résigné, a beaucoup contribué à déclencher, tout en rendant la solution des problèmes posés à la limite impossible.Un certain nombre d’études publiées depuis.quelques années par l’OCDE, notamment sous la plume d’un économiste français, M.Jean-Claude Chouraqui, aide à dégager les grandes lignes de force a la fois grâce aux matériaux statistiques et aux essais d’interprétation (dont nous nous éloignerons sur plusieurs points) fournis (2).Deux phénomènes dominent tous les autres, par leur généralité et par leur ampleur.Ils sont illustrés par nos deux tableaux.Le premier est la croissance des dépenses publiques, dont la proportion moyenne, pour les sept plus CTands pays industrialisés de monde à économie de marché, est passée, disons, d’un peu moins du tiers du PIB au début des années 70 à près des deux cinquièmes aujourd’hui.A quoi est due, pour l’essentiel, cette progression ?Si l’on s’attache à révolution de l’ensemble des dépenses des administrations publiques, terminologie consacrée pour désigner à la fois les dépenses de l’État proprement dit (appelé « gouvernement central » dans les documents rédigés en anglais), celles des collectivités locales et celles de la Sécurité sociale, on s’aperçoit que les deux sources les plus importantes auront été : les budgets de protection sociale, et notamment l'indemnisation des chômeurs, et le service de la dette, laquelle, en France, représente désormais près de 10 % du total des dépenses de l’État, et environ 2 % du PIB.On en arrive ainsi au deuxième phénomène, qui est l’augmentation des déficits passés globalement, pour les sept pays en question, de 0.5 % du PNB au début des années 70 à plus de 4 % aujourd’hui, après avoir déjà excédé ce pourcentage lors de la récession de 1975.Les experts, notamment ceux de l’OCDE, croient pouvoir distinguer deux sortes de déficits.L’un, qu’ils qualifient de « conjoncturel », est en quelque sorte le déficit subi, dû à la fois à l’augmentation des dépenses liées à la crise (indemnités de chômage en premier lieu) et à la diminution des recettes fiscales, dont une partie tient au ralentissement de l’activité mais une autre à la baisse de l’inflation.Cette dernière remarque, soulignons-le en passant, illustre l’extrême difficulté de démêler le sain du pathologique en période d’instabilité monétaire.Quant à l’autre sorte de déficit, ils l’appellent « structurel », en ce sens qu’il tient aux décisions délibérément prises par les pouvoirs publics.Distinction subtile et finalement assez floue, car la fixation du niveau d’indemnisation du chômage est bien une décision, et pas seulement un phénomène subi.Selon les économistes de l’OCDE, les États-Unis seraient désormais à peu près seuls à avoir encore un important déficit « structurel ».Les politiques de redressement menées ailleurs depuis quelques années seraient parvenues à l’éliminer ou à le réduire.C’est ainsi que la Grande-Bretagne de Mme Thatcher et l’Allemagne de M.Kohl seraient en excédent si on faisait abstraction du déficit dit conjoncturel.La France, elle, serait, d’après le même calcul, en léger déficit (pas plus de 1 % du PNB).On reconnaît l’origine « keynésienne » d’une telle analyse, qui conduit à se poser la question suivante ; n’y aurait-il pas de bons et de mauvais déficits, le « conjoncturel » pouvant être considéré comme bénéfique, dans la mesure où il pourrait soutenir l’activité au moment où le marché est défaillant ?C’est là une conclu.sion à laquelle M.Chouraqui, et avec lui un nombre croissant d’économistes, souvent « keynésiens » à l’origine, refusent désormais de souscrire.Et cela à cause de l’irruption sur la scène d’un fait massif que les théoriciens de cette obédience ont longtemps voulu ne pas voir (voir aussi l’article de Remy Prud’homme sur le colloque d’Innsbruck).Le poids de la dette Quand le Trésor se présente sur le marché, en offrant aux épargnants bons et obligations, il n’est pas en mesure de distinguer ce qui est le financement d’un déficit conjoncturel et ce qui est le financement d’un déficit structurel.11 doit tout simplement combler une insuffisance de recettes par rapport aux dépenses.Le montant des emprunts de l’année s’ajoutera au total d’une dette publique qui n’a cessé de croître à un rythme accéléré dans la plupart des pays.Voilà comment l’histoire, par son déroulement logique, amène péniblement les hommes à réviser leurs doctrines et leurs grilles d’interprétation.Il y a encore sept ou huit ans, on n’aurait pas trouvé plus d’une poignée d’économistes de renom pour se préoccuper sérieusement de l’accroissement de la dette publique.Quant à la vertigineuse montée du coût du service de cette dette, elle n’a cessé, et c’est encore le cas aujourd’hui, d’être sous-estimée.Un coup d’oeil sur le graphique que nous publions sur les dépassements de dépenses dont s’est rendue coupable l’administration Reagan par rapport aux objectifs triomphalement annoncés en 1981 — recul de l’État dépensier — met au jour deux erreurs grossières, l’une qui tient à l’incapacité des experts du Parti républicain (ils sont en l’occurence en bonne et nombreuse compare! de prévoir la hausse des taux d’intérêt et l’autre dont l’origine est à rechercher du côté de leur capacité (également partagée par tous les gouvernements de droite et de gauche) de s’illusionner ; combien d’économies annoncées qui furent ou bien rejetées par le Congrès (on aurait du pouvoir mieux prévoir le seuil de refus politique) ou bien jamais proposées.Cependant, d’autres pays ont, sur ce chapitre, mieux réussi que M.Reagan, parvenant à stabiliser sinon à réduire la part des dépenses publiques dans le produit national.Tel est ABONNEMENT AU DEVOIR Pour recevoir LE DEVOIR à votre porte tous les jours du lundi au samedi, vous n'avez qu'à remplir et nous retourner le coupon-réponse Cochez le tarif choisi; O 32$ (Usamalnea) D 62$ (26semaines) G 120$ (52semaines) (Ces tarlls ne sont valables que pour la livraison par camelot ou poste surlace au Canada) Nom Prénom .Adresse - Vüle le cas de l'Allemagne et du Royaume-Uni.Ces deux pays ont adopté une méthode en gros inverse de celle appliquée à Washington, où Ton a essayé de pratiquer une politique de redressement dans le bonheur par rabaissement préalable des impôts, dans l’espoir que la reprise économique qui s’ensuivra produira Code postal .Tel R«touin«i avec votre chèque ou mondat-pofte à: des recettes supplémentaires.La reprise a eu lieu, mais il est bien difficile de déterminer dans quelle mesure cet événement heureux a été favorisé par la diminution de la pression fiscale (qui a bien dû jouer un rôle), et le deficit s’est accru.Mme Thatcher et M.Kohl ont commencé par peser sur les dépenses et aug- menter quelques recettes.C’est seulement maintenant, en tout cas en Allemagne, que des réductions d’impôts doivent intervenir.À quoi donner la préférence ?À une politique visant à la reprise coûte que coûte ?À une politique d’assainissement d’une des sources les plus évidentes de distorsions, le Dans tas grands pays industriels, les dépenses publiques représentent en moyenne environ 40 % du PIB contre environ 30 % en 1970.Pourcentage des recettes et des dépenses publiques par rapport au PIB déficit budgétaire ?Au-delà des théories, les faits disposent : les États-Unis ont été en mesure d’attirer d’immenses capitaux; la France ne peut guère compter sur cet élément, sauf précisément à présenter des comptes en ordre.À cause du poids des emprunts publics, le déficit budgétaire est couramment cité comme une des causes les plus déterminantes de l’élévation des taux d’intérêt.Telle est la thèse.1970 1975 1980 1981 1982 1983 ETATS-UNIS RMcttct pèbliqM DépcMcs pabUgMè 303 31,6 30,2 34,4 313 33 32.4 333 31,6 35.4 313 35.4 nUNCE RecettM paMiques DipMMS pnblklMa 393 34,7 413 393 46,8 43.2 47,7 46.1 48.7 47.7 483 48.6 ALLEMAGNE RtccttM pobUqitM DépMMS pubttqMS 38,4 32,6 42.6 433 443 42.8 44,8 443 45,4 443 45,1 443 BOYAUME-Ura Rccettcu pidiUqiM DipcMM pabUquM 40,2 32.1 40,1 39,6 40,6 413 42 42,6 433 43.1 42,1 433 ITALIE Recettes pubUqoM Dtpeases pabliiiMs 30,3 31,7 313 383 38,2 41,8 39,6 46.4 423 49.4 453 51.4 ENSEMBLE DES SEPT GRANDS (Iw Btacs-f lix pay» ctleCaMiéi) ItMCttM RrMIQMS » 31,4 29.1 323 343 35 34,9 353 36,1 36 373 363 38.1 notamment, des plus prestigieux des économistes de WaU Street, auxquels les hommes politiques européens Source : OCDE.Plusieurs de ces chiffres appelleraient un long commentaire.Certaines années, par exemple, le chiffre des dépenses est nettement inférieur à celui des recettes publiques (prélèvements obligatoiies plus revenus du domaine public) pour certains pays sans que cela se traduise par un excédent correspondant au solde des opérations des administrations (voir l'autre tableau).Ce qu'il faut retenir de ces séries statistiquea, comme de beaucoup d'autres, c’est d’abord une tendance.Elle est claire.Ou début des années 70 à 1983, les besoins d'emprunts des grands pays industriels pour financer leurs déficits publics respectifs sont, en moyenne, passés de 0.5 % à plus de 4 % du PIB.Besoins de financement des administrations publiques (Etat, collectivités locales et Sécurité sociale} en pourcentage du PIB 1970 1975 1980 1981 1982 1983 ETATS-UNIS 1,1 4,2 13 0.9 33 33 FRANCE 0.9 23 + 0,2(1) 13 2.6 33 AIJEMAGNE 03 5,7 3,1 3,8 33 2,7 ROYAUME-UNI 3 43 33 2,8 2.1 3,7 ITALIE 5 11,7 8 11.9 12.7 113 Fwwihlf 4cs sept pays laJastriels (ks arfaits piasleJapoaetleCaasda) 03 4.3 2,4 2,5 4 4,1 (I) Cette année-là (1974).l’ensemble des adminisuacions publiques frar.çavies avaiei.t été eo excédent et avaient donc fourni des ressources au marché »« lieu d’e^ wirei emboîtent le pas.Mais ne pourrait-on soutenir, à l’inverse, que seule une baisse des taux permettrait une réduction des déficits ?Le maillon manquant Quand une question posée aboutit à un cercle vicieux, c’est qu’on a oublié un maillon dans la chaîne du raisonnement.La hausse des taux est due au dérèglement financier général que l’instabilité monétaire, provoquant d’énormes déplacements de capitaux, contribue puissamment à aggraver.Sans retour à un ordre monétaire digne de ce nom, il est sans doute vain d’attendre des solutions, autres que temporaires, des problèmes budgétaires : une fois le franc stabilisé par Poincaré en 1927, le pays avait presque instantanément retrouvé, à la surprise générale, l’équilibre de ses finances publiques.Il reste que la vie est une succession de périodes transitoires, et que c’est au gouvernement de rendre le provisoire supportable en ce qui concerne les affaires du budget, qui relèvent directement de sa com^tence.(1) M.Giscard d’Estaing était ministre de l’Économie et des Finances avant d’accéder à l’Élysée en mai 1974.(2) M.Jean-Claude Chouraqui vient de publier dans la revue Banque un article (numéro de juillet-août no 441), résumant excellemment les travaux qu’il a fait paraître au cours des dernières années dans les revues spécialisées de l’OCDE, dont il dirige la section de politique monétaire et budgétaire.Financement solide.ILI DEVOIR — Abonn«m*nts ifk 211 ru* du St-Saci»ment I Montréal.âu6b*c jR *' 1 _______________ Sur mesure.Les directeurs de comptes commerciaux de la Banque Nationale: vos conseillers dans le bon choix d'ouiils de financement.La plus importante banque au Québec met à votre disposition, à travers son réseau, une équipe de directeurs de comptes commerciaux dont le seul but est de répondre à vos 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