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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mercredi 8 mai 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1912-05-08, Collections de BAnQ.

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TROISIEME ANNEE—No.108 MONTREAL, MERCREDI 8 MAI.1912 CJN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .« .UNION POSTALE ., .$3.00 $6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .ETATS-UNIS .UNION POSTALE $1.00 $1.50 $3.00 DEVOIR Rédatfion et Administration! 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES: -fj ADM1N1STRAT10/ REDACTION: Nki» 7461 Diretfteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! O LE PLUS SUR MOYEN L’électorat de la province se prononcera dans huit jours.M.Gouin doit avoir donné tous ses moyens de défense et fait valoir tous les arguments qu’il croit les meilleurs pour engager le peuple à lui continuer sa confiance.Que reste-t-i! de ses différents plaidoyers?Il a prétendu que l’amélioration des finances provinciales était son oeuvre.Nous avons démontré qu’elle est surtout l’oeuvre de ses devanciers.Il s’est vanté d’avoir diminué le passif de la province.Nous avons prouvé que cette diminution résultait du remboursement par le Canadien Pacifique et le gouvernement fédéral de sommes qui nous étaient dues et dont la loi avait prescrit d’avance l’emploi en cas de remboursement.Il a affirmé qu’il se fait plus de colonisation parce qu’il donne plus d’argent aux chemins de colonisation.Nous avons cité les chiffres officiels qui démontrent le contraire, quant aux résultats.Il a dit que le domaine forestier rapporte plus à la province, parce qu'il est mieux administré.Nous lui avons fourni les chiffres qui établissent que le revenu de cette source n’a pas sensiblement augmenté depuis vingt ans.11 s’est défendu d’avoir taxé.Nous lui avons prouvé par des textes de loi, que ni lui ni d’autres ne peuvent réfuter, qu’il a augmenté les anciennes taxes sur les successions et qu’il a imposé deux taxes nouvelles sur les transports d’obligations et les automobiles.Nous avons démontré en outre qu’il a voulu taxer jusqu’aux donations, les carrières de pierre et la glace des rivières.Ile l’amélioration dans les habitations scolaires il s’est fait un titre de gloire, oubliant que ces améliorations ont été payées par les contribuables et non par son gouvernement.fc tl se vante de la petite pension accordée aux institutrices en retraite, cachant le fait humiliant que six cents institutrices sont obligées de vivre avec moins de cent piastres par année, après avoir épuisé leurs forces pour l’instruction des enfants, tandis que des coquins qui ont déshonoré leur vie par le crime vivront dans un palais luxueux au coût de plus de $400 chacun par année.Il s’attribue tout le mérite de ta loi réduisant les heures de travail des femmes et des enfants dans les filatures.La vérité est que cette loi lui a été imposée par l’opposition, et qu’il a refusé de l’étendre à toutes les manufactures où travaillent des femmes et des enfants.Il nous cite sa loi sur les accidents du travail.Nous lui répondons que le principe est bon, mais qu’il l’a affaibli d’une façon regrettable, en fixant le minimum de la compensation à un chiffre insuffisant pour ce pays.11 assure qu’il a bien protégé les intérêts des contribuables.Et nous lui démontrons par la loi, par les avis officiels, que son gouvernement est cause que des milliers d’assurés ont perdu des sommes considérables dans le désastre des mutuelles.Qui peut citer le moindre scandale contre nous, s’écrie-t-il?Et l’écho des dernières sessions répond qu’il a refusé ou bloqué toutes les enquêtes demandées ou instituées pour faire la lumière sur l’administration du domaine forestier, les contrats du Journal d’Agriculture, la perception du revenu, etc., etc.0 Nous sommes des hommes pratiques,ajoute-t-il.El toutes les grosses entreprises avec lesquelles il a eu quelque chose à faire constituent autant de démentis à cette vantardise.Nous n’avons rien à cacher, répète-t-il souvent.Et les emprunts faits par intermédiaires sont là pour témoigner de ses méthodes dont il use pour tromper le public sur la véritable situation financière de la province.Nous administrons avec économie 1 Et les documents publics répondent qu’en matière d’impressions seulement, la province perd 40 pour cent par année.Ainsi croule le plaidoyer du premier ministre.Que reste-t-il pour le recommander la confiance populaire?Pour différentes raisons toutes aussi importantes les unes que les autres, la province a besoin d’un gouvernement énergique et initiateur.Depuis des années elle n’a qu’un cabinet à peu près inerte, que l’opinion publique est obligée de pousser au lieu de suivre, un cabinet qui doit même à ses adversaires la plus grande partie du peu de bien qu’il a fait.Le plus sûr moyen de profiter des circonstances nouvelles est donc de commencer par changer de régime.Pendant quelque temps du moins les hommes nouveaux sont plus portés,—ne serait-ce que dans l’intérêt de leur réputation,—à l’effort qui produit et à la vigilance qui assure l’activité dans le travail et l’honnêteté dans l’administration.Jean DUMONT.Ennuyeuse comparaison Un enthousiaste orat&ur s’écriait, paraît-il, l’autre jour, dans un comité ministériel: Hemercions M.Gouin d’avoir fait de hautes écoles et une prison digne de nous! Les nouvelles qui nous arrivent d’un peu partout indiquent très clairement que les simples électeurs ne voient pas d’un oeil aussi favorable la prison-palais.C’est même l’une des extravagances que l’on aura le plus de difficulté à faire accepter de l’opinion.Le fait est que tout est extraordinaire et inquiétant dans cette histoire de prison: la façon dont les contrats ont été donnés, le prix de revient de la construction et le coût d’entretien des prisonniers.Le projet date de 1907.Le 14 mars de cette année,la Chambre autorisait la construction de la prison nbuvelle et l’emprunt d’une somme n’excédant pas .$750,000 pour en défrayer le coût.Le cabinet s’empressait aussitôt de donner un contrat pour .$790,000, dépassant ainsi de $40,000 les prévisions soumises aux Chambres, puis, quinze jours avant l’ouverture de la session de 1909 — Sans l’assentiment de la législature — il signait un nouveau contrat de $810,000, portant ainsi à $1,600,000 le coût probable de la prison.C’était déjà beau, mais ce n’était pas assez: le 4 septembre 1911, sans consulter davantage les Chambres, le gouvernement donnait à M.Beauregard un troisième contrat pour le prix de $884,722.30.Bref, M.Taschereau devait annoncer, au cours de la session dernière, que la prison, complétée, coûterait environ $2,850,000, et “que ceci ne couvrirait pas tout l’ameublement.$2,850,000 donne, à 4 p.c., un intérêt annuel de $114,000.Cela veut dire que, pour cinq cents prisonniers — et l’an dernier la prison actuelle ne reçut jamais, à la fois, plus de 460 prisonniers — cela veut dire que pour cinq cents prisonniers, le coût du logement serait d’au moins $228.00 par tète.Et ce chiffre n’implique ni les dépenses de chauffage, ni les frais de surveillance, d’habillement, de nourriture ou de soins médicaux; il ne représente, en définitive, que l’intérét sur l’édifice lui-même.Or, la province paye aux institutions catholiques, pour le logement, la nourriture, l’habillement, le chauffage, la surveillance et les soins médicaux nécessaires à chaque pensionnaire des asiles d’aliénés, une somme de $112.00 par année.$112.00 pour le soin complet d’un malheureux frappé par la maladie; $228.00 pour le simple logement d’un voleur, d’un batteur de femme, etc.On a beau être fervent ministériel, c’est une comparaison qui ne saurait manquer de faire réfléchir.Elle est même plus qu’ennuyeuse pour le gouvernement.Orner HER0UX.Du français ! Certains fonctionnaires du gouvernement de Québec traitent avec une singulière désinvolture le français, langue officielle du pays Nous avons sous les yeux un permis d’inhumation signé par un médecin canadien-français, adressé à un curé çanadien-français, dans un comté où il n’y a peut-être pas cinquante personnes de langue anglaise.Ce certificat a été rédigé après la mort d’une Canadicnne-française.Or, le texte imprimé ne contient pas un mot de français: il est adressé To the.minister and church wardens of., H débute par la phrase fatidique: Whereas an inquisition hath this dan been held, etc.Interpellé par l’un des intéressés, le coroner a répondu : “Il faut vous adresser au département, qui no m’a envoyé que des blancs en anglais." Nous nous adressons donc au département et nous lui demandons d’assurer à la majorité française les égards qu’il ne manquerait pas d’avoir pour la minorité.Ceci ne devra pas sembler exces-sifl ' „ , 0.H.BILLET DU SOIR.Pour apprendre à parler Le courrier français nous apporte deux excellentes recettes, et d’une utilité immédiate: moyens de s’habituer à parler en public, c’est-à-dire de vaincre cette forme paralysante de la timidité que le populaire et les gens de théâtre appellent le trac.On introduit l’orateur ému dans une salle comble, mais plongée dans l’obscurité.Et il commence sa harangue dans les ténèbres.A mesure que les mots passent plus volontiers, quelques ampoules électriques, à gauche, à droite, brillent: quand les mots disciplines se rangent en ordre de phrases, et que celles-ci s’alignent en périodes, insensiblement, une A une, les lumières se sont allumées: l’éclairage s’est fait dans la salle en meme temps que dans l’esprit troublé de l’orateur, et maintenant que tout est clair partout, le public enthousiasmé pousse trois hurrahs! Qu’on ne craigne pas la hardiesse de cette innovation; lorsque la réunion publique sera agicmentcc d’une partie de cache-cache, on refusera du monde même dans les plus vastes enceintes.Le second moyen ne manque pas non plus d'ingéniosité.L’orateur froussard est accompagné de quatre ou cinq acolytes qui récitent en même temps que lui, à haute voix, le même speech.L’une après l’autre, à mesure que le.patient prend de l’assurance, les voix des acolytes se taisent; et il arrive un moment où, sans savoir exactement quand il a commencé, l’orateur parle seul.On me fera observer que ce système n’est pas neuf et que dans tes réunions politiques, par exemple, les orateurs ne se gênent pas pour parler quatre ou cinq à la fois.Il est vrai.Mais l’inconvénient, c’est qu’ils disent des choses contradictoires.Il suffirait de modifier légèrement cette pratique et d’amener ces messieurs à chanter en choeur.Ca n’est pas impossible, puisqu’on l’a fait dans la Colombie-Britannique.Léon LORRAIN.Notes pédagogiques Le second volume de M.Jean Guiraud, Histoire partiale, histoire vraie,” vient de paraître.Il continue, comme son aîné, à venger “contre l’erreur et le mensonge, les droits de la foi religieuse et de la vérité historique.’’ C’est une réfutation victorieuse des falsifications historiques accumulées dans les livres d’histoire publiés depuis un certain nombre d’années en France.Quiconque est un peu au courant des classiques à l’usage des primaires sait tout ce qu’il y a de déformation systématique dans les manuels des Calvet, Gauthier et Deschamps, Guiot et Mane, Bogie et Despiques, Devinât, Brossolette, Auiard et Debidour.Mais il faut avouer qu’au point de vue pédagogique, ces volumes sont parfois com posés avec méthode et clarté, et sim plifient la tâche du maître et le travail de l’élève.S'emparer des mêmes méthodes et les mettre au service du vrai, c’est ce qu’a fait M.Leblond de Brumath en écrivant dans un style qui ne manque pas d’élégance son Histoire de France à l’usage des Ecoles de.la Province de Québec.” M.le Principal de l’Académie Commerciale catholique a fait une bonne oeuvre en nous donnant un manuel bien composé; la narration en est rapide et n’est pas embarrassée de détails inutiles; elle n’est pas non plus interrompue par le résumé-questionnaire renvoyé au bas de chaque leçon.(1) L’activité pédagogique bat son plein en Canada, aussi bien que dans les autres pays.Les Frères des Ecoles chrétiennes continuent leur beau travail de formation de In jeunesse, en publiant pour elle les ouvrages nécessaires à cette fin.Tantôt, ils s’occupent des livres de lecture, en mettant au point leurs manuels.Aujourd’hui, ils songent à étendre chez nos jeunes les connaissances de notre histoire nationale.Nous n’avions pas encore nn “Cours moyen de l’Histoire du Canada” suffisamment développé.Il nous arrive bien ordonné, bien rédigé.L’enseignement de notre histoire dans les écoles primaires intermédiaires ressemble beaucoup trop en général à renseignement élémentaire.Je ne veux pas en rechercher ici toutes les causes.Mais, ce qui me semble incontestable, c’est que l’on n’avait pas entre les mains le livre qui doit compléter les notions données au cours élémentaire.Une “lacune” est comblée; qu’on me pardonne l’expression banale; elle exprime une bonne vérité.Abbé PH.PERRIER.( 1 ) Cfl Jivro ppfc Adité par la maison Oranger-Frères-I,imité*.LA RUCHE Omission criminelle “La saison des abeilles laborieuses vient de commencer,” écrivait hier un journal canadien, en légende à un dessin où le Canada apparaît comme une ruche prospère, et les deux cent cinquante mille immigrants qui y viendront cette année, comme une nuée d’abeilles dirigées vers ce but accueillant.Le Canada, il est vrai, semble une gigantesque ruche, où toutes les abeilles travaillent, les unes, humblement, à l’intérieur, d’autres, avec plus d’allées et venues, à l’extérieur; dans les rayons, le fruit de ce labeur multiple s’entasse et la ruche devient de plus en plus riche, à tel point que tout le.monde se dit: “C’est l’ère du Canada.” Mais, chez les ruchées bien ordonnées, et où toutes sortes de tâches occupent les abeilles, la reine, gouvernante suprême, ne tolère pas les parasites.Hospitalière aux essaims venus de loin et désireux d’accroître la population laborieuse, elle repousse les frelons.Et s’il s’en glisse pur hasard dans la ruche, où ils vivent à même le miel fabriqué par les ouvrières matinales et butineuses, la reine a tôt fait de les en exclure.Ce n’es! que si la ruche est trop exigüe pour toute la communauté que des essaims s’en vont fonder ailleurs une nouvelle colonie.En quoi les abeilles se montrent plus intelligentes que bien des gouvernants.Depuis de nombreuses années, par exemple, et encore à l’heure présente, nous admettons les frelons chez nous, et nous tolérons qu’ils y vivent à nos dépens, sans travailler à la prospérité générale.Frelons, les criminels et récidivis les étrangers qui entrent au pays sous de faux noms, où ils dissimulent leur véritable caractère; frelons, les gens tarés, les immigrants faibles d’esprit, syphilitiques, tuberculeux, délulcs, chétifs, amasses sur les quais et qui s’en viennent au pays, non pas pour y accroître la main-d’oeuvre, ou pour y devenir de véritables citoyens, mais pour y vivre du labeur des autres; frelons, ces immigrants de rebut, inaptes ici, comme ils le sont en Europe ou en Asie, à gagner ce qu’ils mangent; frelons aussi, ceux qui viennent répandre dans notre pays des doctrines anti-sociales, subversives et dangereuses, cl de nature à mettre les germes de désordre dans la ruche bourdonnante d’activité.Sans doute, il faut, dans l’iiitc-rèt meme du pays, accueillir ici la bonne et saine immigration, tout comme la ruche trop vaste pour sa population originaire se fait hospitalière aux dernières venues, vite accoutumées dans ce nouveau milieu.Mais, de même que la ruche ne tolère pas le frelon ou l’abeille contaminée, de même aussi le Canada devrait-il veiller davantage à ne laisser entrer chez lui que des gens honnêtes, laborieux, intelligents et sains.Et comment y parvenir, si ce n’est en rendant de plus en plus sévères nos lois sur l’immigration, en exigeant par exemple le casier judiciaire et la déclaration d’antécédents de chaque nouvel arrivé?Il est fort bien, au reste, de recevoir chez nous tous ces gens susceptibles de faire de bons citoyens canadiens; mais pourquoi aussi ne tente-t-on pas davantage de rapatrier chez nous les essaims partis vers d’autres rives?Et pourquoi aussi ne tient-on pas compte, chaque année, des milliers et des milliers de Canadiens empressés, quoi qu’en disent certains journaux, à émigrer aux Etats-Unis?Lors du dernier recensement, tout le pays s’est ému, en constatant qu’il n’avait pas la population sur laquelle il comptait.Des milliers d’immigrants étaient venus, et cependant, l’accroissement de notre nombre total était à peine égal au chiffre de ces gens.Nous n’avons pas de statistiques relatives au mouvement, vers l’extérieur, des Canadiens et des immigrants qui débarquent au Canada, mais prennent la route de l’étranger.Nous laissons partir de la ruche des milliers d’abeilles faites au labeur quotidien et que nous y devrions retenir plutôt que de permettre uux frelons de s’y insinuer.Il y a des réformes considérables à faire dans le ministère de l’Intérieur, comme au bureau des statistiques canadiennes, mal dirigé depuis quelques années.La nouvelle administration a promis de se montrer, sur ces points, meilleure reine que ne le fut l’ndmlnistrataion Lurier.Il importe qu’elle ne bourdonne pas tout le jour, mais qu’elle se mette vite à la tâche, surveille davantage les nouvelles arrivées nu pays, empêche scs ouvrières d’émigrer vers des ruches étrangères, dirige sagement les abeilles canadiennes et accroisse la prospérité générale de la colonie.Georges PELLETIER.LE GOUVERNEMENT ET LES AS SURANCES MUTUELLES Il y a des fautes d’omission qui sont beaucoup plus graves que des fautes de commission, et le défaut du cabinet Gouin de surveiller les compagnies d’assurances mutuelles est certainement de celles-là.Une loi était consignéedans les statuts depuis vingt-cinq ans.Cette loi autorisait le gouvernement à faire examiner les livres de ces compagnies autant de fois qu’il le jugerait à propos.Le cabinet Gouin n’en a rien fait.Cette loi autorisait le gouvernement à suspendre les opérations de ces compagnies.Le cabinet Gouin n’en a rien fait.Des 1907, M.Taschereau, le ministre actuel des travaux publics, simple député dans le temps, a attiré l’attention du gouvernement sur l’à propos de surveiller étroitement ces compagnies.Le gouvernement n’en a rien fait.En 1909, trois députés de l’opposition, MM.Sauvé, Bernard et Sylvestre ont prévenu le gouvernement des malheurs qui s’annonçaient.Le gouvernement promit alors par la bouche de M.Weir, trésorier, de s’occuper enfin de la chose.Cette promesse ne fut pas remplie.Quelque temps après, la catastrophe se produisait.La Canada-Feu, la Providence, la Jacques-Cartier, la Dominion, la Foncière tombaient en liquidation.Tous les signataires de billets de dépôts se voyaient poursuivis en même temps que privés de toute protection dans ces compagnies.Obligation de payer d’un côté, de l’autre pas un sou d’assurance en cas d’incendie.Affreuse perspeclive pour dos gens de petits moyens.La liquidation se continue.Et les déposants restent toujours vis-à-vis de rien.Des $24,000 retirées par le liquidateur de la Canada-Feu, dix-huit mille piastres ont été absorbées par les frais judiciaires.Le résultat de la liquidation de la Providence est encore pire.La dernière fois que le gouvernement a été interrogé sur ce sujet, il ne restait au liquidateur que la somme de dix-neuf piastres sur huit mille piastres perçues, le resle avait passé en frais judiciaires.Les pertes totales pour tes assurés dans ces compagnies se chiffrent dans les centaines de mille piastres.M.Gouin aborde rarement ce sujet et pour cause: sa négligence l’ac dise.Par contre, ses orateurs essaient de l’excuser avec le raisonnement suivant: C’est l’exigence légale du dépôt de $25,000 qui a fait tomber ces compagnies, et d’ailleurs les cultivateurs sont trop confiants.Si le gouvernement avait fait son devoir, s’il avait fait examiner soigneusement les affaires de ces compagnies, n'aurait-il pas pu arriver au triage nécessaire pour protéger le public?Quant à la confiance des cultivateurs, sont-ce les ministres payés $7,500 pour les protéger «pii peuvent la leur reprocher?Tout ce qui vient du gouvernement en ce pays est censé parfait.Or ces compagnies faisaient affaires en vertu d’un permis, du gouvernement, et, en fait, toutes leurs polices portaient l’étiquette officielle: autorisée par le gouvernement provincial.Avec cette garantie, nos gens pouvaient sc croire en sûreté, et ils n’avaient rien à craindre du moment que le gouvernement faisait son devoir.Mais le gouvernement n’a pas fait son devoir.L’on a dit qu’il voulait protéger des amis politiques, membres des bureaux do direction de certaines de ces compagnies.Il est difficile d’attribuer son inaction à un motif aussi criminel.Nous préférons croire qu’il a tout simplement négligé d’intervenir.Mais sa négligence n’est pas moins coupable.La loi lui donnait tout le mécanisme nécessaire pour prévenir ce désastre, et il ne l’a pas fait.Par sa faute des milliers de piastres ont été perdues.Et qu’aurait-il droit de conclure s’il n’était pas puni?Que le peuple n’a pas grand souci de ses intérêts.PIERRE LAUZON.MISERE ET OPULENCE Une véritable honte On trouve à la page 4(i4 du dernier rapport du surintendant de l'Instruction publique le tableau suivant:— Tableau indiquant le nombre et l’âge des pension:1.aires fonds de pension et le montant des pensions payées en 1910-11.Nombre du nouveau Instituteurs âgés de ô(i ans et plus .Institutrices âgées de 56 ans et plus Instituteurs âgés de moins de 56 ans.Institutrices âgées de moins de 56 ans 104 Moyenne da pensions $262.18 87.28 155.26 56.41 Divisez le chiffre de ces pensions par les 365 jours de l’année et voua aurez ee qui revient à chacun par jour.Les instituteurs de 56 ans et plus ont 72e par jour; les institutrices d» même âge, 25c par jour; les instituteurs de moins de 56 ans, 43c par jour eft les institutrices du même âge, 16e par jour.( ette pitance pour la nourriture, le vêtement et le logement.Car aucunq de ces personnes n a mérite d’etre logée dans un palais comme la prison dit Bordeaux : elles sont honnêtes! Peut-on vivre avec 72c par jour?Peut-être.Les privations n'ont rien de nouveau pour ces braves gens qui toute leur vie se sont sacrifiés pour les autres.Mais avec 43e, 25e, 10c ! Et pourtant 410 institutrices en retraite ne touchent pas plus que 25o de pension et 194 autres n ont que 16c, 96c par semaine, à peu près $4 par mois.Tout commentaire serait inutile.Ce tableau est une boute pour la province de Québec, une honte pour la gouvernement qui récompense le dévouement par lu misère et le crime par l’opulence.P.L.Celles des Petits Le Conseil municipal vient, sans le moindre débat, de décréter que la ville souscrira au monument Cartier une somme de dix mille piastres.Pas une protestation ne se fera entendre: Cartier fut l’un des grands artisans de la prospérité, de Montréal.Mais si les autorités municipales croient juste de consacrer dix mille piastres à la glorification d’un grand mort, dont le pays tout entier célèbre la mémoire, ne penseront-elles pas qu’il serait juste aussi de consacrer cinq ou six mille piastres à la protection des enfants qui grandissent, et parmi lesquels se trouvent peut-être les artisans de noire gloire future?Combien de temps encore hési-lera-t-on à prendre les mesures nécessaires pour assurer à quelques milliers d’enfants qui n’ont que la rue pour terrain de jeu, la jouissance des deux millions de pieds de terrain qu’un peu de bonne volonté suffirait à mettre à leur disposition?C’esl aujourd’hui le 8 mai.Dans un mois et demi toutes les classes seront fermées.Pourquoi ne prend-on pas tout «le suite le moyen de donner aux perils enfants qui n’auront pas l’avantage de courir aux montagnes ou dans le bas du fleuve, un peu plus d’air et d’espace?Cela ne peut se faire du jour au lendemain.Il faut du temps pour régler les détails, choisir les surveillants, etc.Que ceux qui déjà préparent leurs vacances songent un peu à celles des petits.0.H.H parle français ! Un bon point à l'échevin Morin! Dans sa motion concernant la visite de la mission française à l’Hôtel de Ville, il n voulu parler une autre langue que celle île Concordia.Il a soigneusement évité les expressions baroques de greffier et de conseil de ville .pour dire, on bon français secrétaire municipal et conseil municipal.La Charte n’a pas tremblé sur ses hases.Le conseil n adopté In motion sans qu’une, voix s'élevât pour rappeler l'audacieux à l’ordre.,, parce que peut-être il n'avait pas compris.Jfy P» UNE JÆÇ0N Les feuilles ministérielles trop préoccupées d’imaginer îles scissions parmi les oppositionnistes n’ont guère parlé de la zizanie qui règne ouvertement dans le comté de Saint-Jean.Pour y mettre fin, il n’a fallu rien moins que ta candidature du premier ministre sur qui l’on a été en outre obligé d’exercer une pression considérable.Le parti libéral ne voulait plus de M.Marcellin Robert comme candidat.M.Robert n'est pourtant ni meilleur ni pire qu’en 1910, alors que tout le parti ministériel le couvrait d’éloges.Puisqu’on n’en veut plus aujourd’hui, c’est donc qu’on l’acceptait à contre-coeur il y a deux ans.Pourquoi?Parce que le parti le voulait?Bel exemple de l’esclavage de parti 1 Il paraît que M.Gouin n’a cédé aux instances des libéraux de St-Jean que sur leur déclaration formelle qu’ils voteraient en masse contre M.Robert, si on ne le faisait pas disparaître.Preuve que les partisans peuvent obtenir quelque chose quand ils ont le courage de démontrer qu’ils sont sérieux.Exemple aussi pour les autres divisions affligées de candidatures non désirables.M.Robert est écarté parce qu’on ne le considère pas do taille à remplir un mandat convenablement.Montréal et Québec qui se donnent depuis quelques années des représentants d’une infériorité notoire ne profiteront-ils pas de la leçon?J.D.Sur le Pont d’Avignon.D’après les journaux conserva* leurs, il n’y aura pas un seul libe-j rai d’élu, mercredi prochain, pas' même M.Gouin.D’après les feuil-M les libérales, tous les candidats con-1 servateurs, à commencer par M, ; Tellier, marchent à une défaite^ certaine.Et après?Eaudra-t-i! recommen» ( cer les élections?I n roman canadien, Au large da l’Ecueil, vient de paraître, à Québec.Il y a quelques jours, Gaèta-ue de Montreuil en publiait un, du , temps de Champlain.Nos pntaeélB&tMfr1 ont donné cette année au publia plusieurs volumes.11 semble que' nous en soyons à une époque île' floraison littéraire.Il ne s’est pas: encore révélé de grand maître, mais: le Canada français est encore jeu-' ne.L’amas de volumes canadiens-! français empilés sur la table doj lecture indique néanmoins un loua-! ble effort chez nos littérateurs.Fa-c bricando fil faber, dit le vieil ad a-,1 ge latin.Nos jeunes travaillentj dans la forge.Et peut-être, l’un do1 ces jours, en sortira-t-il mi poète j ou un romancier digne de la Fran-i ce.N’est-ce pas tout récemment j que l’un des nôtres, parlant (levant! un auditoire où il y avail d’éloquents Français, a donné un bel exemple de culture et a fait tous ses concitoyens orgueilleux de lui?Nos jeunes écrivains feront bien-tô de même.Le vent souffle aux mergers.Des savonneries des Provinces Mariti-pics viennent d’organiser un grand trust; les revues et les journaux do finances parlent d’un cartcll des compagnies de navigation intérieure canadiennes; les propriétaires de briqueteries néo-écossniseS viennent de procéder à l’amalgamation de leurs capitaux sous une même direction; et il est rumeur que les pulperies et les fabriques, de papier de l'Ontario veulent cons* tituer un trust.Les producteurs s’entendent ii merveille pour protéger leurs intérêts et faire de l'argent.Mais il ne faudrait pas que nos gouvernants négligeassent les intérêts des consommateurs.Le coût de la vie devient de plus en plus élevé; et toutes ces combinaisons financières n’auront pas pour résultat, si l’on en juge par ceux qu’ont donnés les trusts et les carlells déjà existants, d’abaisser le coût de lai vie, dans les villes surtout.Aux Etats-Unis, les gouvernants sc préoccupent des trusts qui rendent la vie dure aux consommateurs.Il ne serait pas trop tôt pour s’occuper d'eux, ici aussi, maintenant qu’ils poussent à foison dans notra jardin.* * • L'Aducrtisrr, de London, — la principal organe libéral de l'Ontario, après le Globe.— voit dans la lutte de l’opposition contre le gouvernement Gouin la preuve que le gouvernement fédéral et M.Bo-blin vont rétablir les écoles catholiques séparées, au Manitoba.Evidemment, Y Advertiser ne lit pas les journaux libéraux de Québec ou il n’aftnchc aucune importance à leur opinion! Le Veilleur.Une victime de L’aviation Berlin, 8.L’avinteur allemand Baclimadit a’eat tué hier matin à l'aérodrome de Johanninthal.Le moteur de ron aérmpla ne a’est arrêté pendant qu'il tournait; l’appareil s’est tourné sur le eftté et le malheureux est tom-jbé d'une hauteur de 150 pieds.Le brise-lames à Québec Le Devoir a publié, dans son édition du 1er mal, une dépêche do Québec annonçant qu’à la suite d’une inspection officielle on avait' décidé de rebâtir le brise-lames à Québec, dont la construction avail été défectueuse, disait-on.En justice pour les construe* leurs, nous devons dire que cette nouvelle a été formellement contredite.On ajoute même que la nouvelle était plutôt l’oeuvre d’un esprit trop imaginatif que le résultat
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