Le devoir, 21 janvier 1931, mercredi 21 janvier 1931
Volume XXII— No 15 ADonnements par la pcs e: Edition quotidienne CANADA 9 6.00 E.-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE .10.00 Edition hebdomadaire CANADA ZOO E.-UNIS ET UNION POSTALE .3.00 LE DEVOIR Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS Montréal, mere.21 janvier 1931 TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE: .HArbour 124P SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 Un succès et ses leçons Collaborations possibles - Pour ceux qui s’occupent de propagande L’événement est en train de 1.démontrer, et rapidement, notre Service de Librairie, lorsqu’il a décidé la publication, en une édition populaire, de l’encyclique sur le Mariage, a parfaitement deviné les besoins et les désirs de la foule catholique.Les commandes s’accumulent, avant même que le texte français de l’encyclique soit arrivé en Amérique.Et cela s’entend.Depuis bien longtemps le Souverain Pontife n’avait traité d’une question qui fût au Canada et aux Etats-Unis d’un intérêt aussi poignant et aussi immédiat.Nous •sommes au pays (politiquement, il faudrait employer le pluriel, mais en fait de propagande et de diffusion des idées, la Iron-tière ne compte guère) du divorce et des théories les plus saugrenues sur Je mariage, l’union libre plus ou moins légalisée, etc.Presque quotidiennement, sous forme de nouvelles, d’entrevues, de discours, etc., on peut rencontrer ces absurdités dans les feuilles de langue anglaise, que tant des nôtres lisent habituellement.Dans les centres américains particulièrement, dans •les centres anglophones de chez nous, les catholiques de toute race sont exposés à les retrouver dans la conversatiofi quotidienne.Elles flottent, pour ainsi dire, dans l’atmosphère.On comprend que les catholiques tiennent à avoir sous la main le texte précieux où le Souverain Pontife vient, avec son autorité uîiique,de résumer la tradition et l’enseignement catholiques et de l’opposer spécifiquement aux erreurs contemporaines.La plupart des journaux, sans doute, publieront ce texte; mais un numéro de journal est chose essentiellement fragile et qui ne se conserve qu’avec difficulté.C’est pourquoi nous avons tout de suite décidé la publication en brochure, sous un format qui permet de glisser cette brochure dans sa poche, avec une couverture qui lui donne de l’allure.Celte brochure déjà, nous ne disons pas s’enlève — puisqu’elle n’est pas encore sous presse, — mais se commande par milliers.Des particuliers en retiennent une douzaine pour distribution autour d’eux, des sociétés en réclament une centaine pour leurs membres, des curés enfin en demandent un millier pour leurs paroissiens: ils estiment que c’est la meilleure façon de leur faire conserver et relire l’encyclique.Selon toute apparence, le mouvement se continuera et le succès de cette entrepri.se de propagande dépassera nos propres espérances.L’expérience appelle quelques réflexions qui peuvent ne pas manquer d’utilité.Combien de fois avons-nous entendu exprimer l’opinion qu’il faudrait, sur telle ou telle question, mener une intensive campagne de propagande, afin d’éclairer les esprits, de les inciter à l’action féconde?On aperçoit les nécessités de cette propagande; en y regardant d’un peu plus près, on devine les concours sur lesquels on pourrait compter.Mais un point embarrasse souvent: il ne suffit pas de faire ou d’acheter une brochure, un tract, etc.Il faut les distribuer et, pour les distribuer, les faire connaître.Pourquoi alors ne pas se mettre en relations avec notre Service de Librairie?Nous posons la question avec d’autant moins de gêne que le Service de Librairie ne sert qu’à prolonger •l’action du journal et, dans lu mesure où il réalise des profits, à / l’aider financièrement, puis, que le journal lui-même ne peut rapporter un sou de bénéfice à ses actionnaires.D’après un arrangement que nous avons plus d’une fois résumé ici même, tous les profits du journal doivent être employés à son amélioration: les actionnaires, hommes d’affaires d’une assez singulière espèce, ont renoncé par contrat à jamais rien retirer de leur entreprise — pas même leur mise de fonds.Le Service de Librairie, comme le journal lui-même, a d’abord été fondé pour la propagande, pour aider à la diffusion des idées saines.Il offre à tous ceux qui veulent mener des campagnes de propagande la chose quj leur manque le plus souvent: un instrument de distribution et, grâce au journal, de vastes moyens de publicité.Gela vaudrait peut-être qu’on y réfléchisse et qu’on utilise davantage ce puissant moyen d’action.Pour notre part, qu’il s’agisse du journal ou de tout autre des instruments dont nous disposons, nous ne demandons qu’à collaborer, le plus souvent et de la façon la plus cordiale possible, avec tousles hommes de bonne volonté.Et nous croyons l’avoir amplement démontré déjà.Orner HEROUX Bille» du soir La bougeotte Il parait que le» animateur» de Rotary Clubs, de Chambre» de commerce et des autres organisations américaines typiques, composées 'd’hommes d’affaires, possèdent, d’ordinaire, la caractéristique mentale que l’on nomme, en anglais, hyperkinesia.Comme le mot vient évidemment du grec, il doit se traduire en français par hypercinesic, qui peut vouloir dire: goût excessif du mouvement, La biographie, qui vient d’étre publiée, aux Etats-Unis, par la Eugenics Research Association de l’un des chefs de la nation américains, Everett Wentworth HUI, d'Oklahoma, contient une étude de ce phénomène de i’hypercinésie dont M.HUI, l’un des plus forts propagandistes du mouvement ro-larien, serait un des prototypes.L’hypercinésie, voilà un mot savant pour exprimer ce que l’on nomme familièrement ta bougeotte.On sait que la bougeotte est l’une des caractéristiques des Américains, U suffit d’assister à l’une de leurs ronventions pour s'en rendre compte.Ils sont comme des moteurs affolés et font une terrible consommation d’essence, qui est, en l’espèce, l'alcool?Le monde s’est d’ailleurs toujours divisé et se divisera toujours en deux catégories: les conservateurs ou les sédentaires, qui aiment rester en place et que tout autour d’eux reste également en place, et les progressistes ou les remuants, qui ne peuvent pas subir l’immobilité et pour qui mouvement signifie progrès.Ces deux groupes opposés sont symbolisés par l’homme qui court le monde à la recherche du succès et celui qui attend la fortune dans son lit.Lequel des deux contraires a raison?Celui qui reste au lit pour attendre la fortune est le plus en état d'en jouir, si tant est qu'elle lui vient, tandis que l’autre s’est souvent essouflé à la course et est près de rendre l’àme quand il saisit le beau papillon d’or.La bougeotte morale a bien des méfaits à son compte.La plupart des esprits ne sauraient aller très loin.en droite ligne.\on seulement, au bout d’un court temps, ils zigzaguent, comme l’autruche, mais ils sentent la corde de leur impuissance qui les retient au poteau.Alors ils se mettent à tourner dans un cercle plus ou moins vicieux.La corde s’enroule autour du poteau et restreint de pïi* en plus leur piste.Ils bougent toujours, mais comme la girouette.St bien qu’à la fin II ne leur reste plus pour simuler le mouvement qu’à se pencher sur leur passé ou, quand Ils ont une tendance marquée à la scatologie, A s'accroupir dessus.Ils sonl satisfaits de cette Illusion, car ils continuent tout de même de bouger, même si ce n’est que d’un mouvement inler-nc> Paul ANGER Bloc'notes Ce merger Il y a de ce temps-ci au Canada le président d’une compagnie anglaise de télégraphes et de câbles transatlantiques, sir Basil Blackett.Le but de son voyage, c’est d’induire les deux, grandes sociétés de télégraphe canadiennes, l’une relevant du Pacifique Canadien et l'au tre des Chemins de fer Nationaux, à faire partie de sa combinaison.Mlles s’amalgameraient et se fondraient dans un merger dirigé de Londres et qui deviendrait un or* ganisme officieux du gouvernement anglais.On rattacherait à ce merger deux anciens câbles transatlantiques et aussi une compagnie de sans-fil.Sir Basil Blackett a rencontré à ce sujet MM.Beatty et Thornton, il a paru devant un groupe de membres du cabinet fédéral, dont M.Bennett faisait partie, et il a fait valoir les avantages commerciaux d’une pareille combinaison.Le moins qu’on en puisse dire, c’est que le Canada fera bien d’examiner les termes et les conditions offerts par sir Basil Blackett avant de laisser ses compagnies de télégraphe entrer dans cette sorte de monopole qui vise à s’étendre à tout l’Empire britannique.On voit mal nos réseaux de communications télégraphiques dirigés de Londres.Et l’on n’a qu’à se rappeler la mésaventure du Grand-Tronc, dirigé lui aussi de Londres, et les inconvénients de toute sorte de ce régime pour être tout de suite en garde contre le projet Blackett.Titres Tandis que les Canadiens ne peuvent plus, en vertu d’une résolution des Communes canadiennes votée en 1919, recevoir et porter des titres conférés par le roi de Grande-Bretagne, ils continuent de se voir décerner et de porter des ordres et des décorations venant de gouvernements étrangers.Il y a là une singulière anomalie.D’aucuns proposent* le rétablissement des titres anglais au Canada, ce qui voudrait dire que nous recommencerions à avoir des sirs en plus ou moins grand nombre; tandis que d’autres cherchent l’abolition pure i et simple de tous les titres étrangers, puisqu’il ne peut y en avoir ici de britanniques, alors que le Canada fait partie de l’Empire.; L’un de ces jours, la question se ' posera pour tout de bon aux Communes et il y aura à ce sujet quelque débat assez piquant.Etudiants Jadis, les étudiants canadiens pouvaient se procurer à taux réduit des billets de chemins de fer pour se rendre dans les maisons d’enseignement ou en revenir, à la période des vacances.La guerre mit fin à cet état de choses.Depuis, à maintes reprises, des groupes de chefs de famille ont pensé à faire rétablir ces taux réduits, mais il ne s’en est rien fait jusqu’ici.La commission fédérale des chemins de.fer est l'organisme tout indiqué auquel s’adresser pour obtenir cette concession, d’importance première pour les pères de famille qui ont plusieurs enfants aux études dans nos collèges et nos universités, ou à l’extérieur de la province.Le sujet intéresse en effet des milliers de gens, chez nous même, pour ne pas parler des familles du dehors.L’Association Catholique des Voyageurs de commerce a voté une résolution à ce propos, à son dernier congrès annuel, à Montréal.Des journaux commencent d’y faire écho.Le pétitionnement par les maisons d’éducation et par des groupes de parents d’écoliers et d’étudiants devrait maintenant commencer; il convient en effet de saisir au plus tôt les chemins de fer et la commission elle-mèinc du sujet, si l’on veut obtenir d’ici quelques mois une solution raisonnable et qui dégirèvei 'partiellement les parents d une dépense coûteuse, surtout dans le cas de ceux qui ont plusieurs fils et filles hors du voisinage immédiat de la famille, pour fins d’études.G.P.Pour la Louisiane Des demandes de renseignements continuent à nous arriver de tous côtés.Il est évident que ce Voyage en Louisiane offre Un exceptionnel intérêt.Il permettra, en effet, de.voir un pays que bien peu de gens connaissent.Rappelons que, si la roule officielle, soigneusement étudiée, est par Montréal, Chicago, Sainf-Louls, la Nouvelle-Orléans, avec relonr par T Atlantique et Xew-ork, après visite de l’Acadie louislanatse, les voyageurs peuvent partir d’où ils veulent et revenir comme Us veulent.lis n’ont pour ces détails qu’à se mettre en relations avec noire Service des Voyages.La conférence indienne Bombay.Tnde, (S.P.C.et Reuter) — La section Bombay de l'association des Européens de l’Inde a résolu de demander, “dans le meilleur intérêt de tout le groupe européen de l’Inde”, une information précise sur l'issue de la conférence indienne.A Québec M.Duplessis veut faire cesser les arrestations sans mandat Son projet de loi n’a pas de chance de passer - Le palais de justice de Ville-Marie, les travaux à forfait et la politique du ministère - Comment les erreurs de jugement des architectes de l’Etat se produisent-elles?- Pour la fabrication des surplus, explique M.Duplessis LE DISCOURS DU BUDGET CET APRES-MIDI (par Alexis GAGNON) Québec, 21 — - Les députés continuent à travailler, ce qui est chose.merveilleuse.Ils étudient les bills, les discutent, les amendent, les adoptent.Le Conseil législatif n’en revient pas et il a déjà tenu trois ou quatre séances, ce qui est, parait-ii, un record dans l’histoire des législatures antiques, modernes et contemporaines.“Heureusement que le débat sur le budget arrive”, se serait écrié un conseiller législatif, en poussant un profond soupir.Le débat de cet après-midi a été intéressant par l’adoption, en seconde lecture, d’un bill présenté par M.Maurice Duplessis, pour abolir le droit d’arrestation sans mandat, conféré par la Loi des liqueurs, aux agents de la Commission.Il est clair que le bill n'ira pas plus loin qu’à la seconde lecture mais il fera l'objet d’un grand débat sur l'abolition des brefs de prérogative dans la loi des Liqueurs.Les députés ont débattu un bill pour la construction d’un palais de justice et d’une prison à Ville-Marie.L’opposition s’est de nouveau lancée à l’attaque pour dénoncer les méthodes gouvernementales.MM.Duplessis, Blain, Tremblay et Guertin ont demandé au gouvernement pourquoi le ministre des travaux publics, avec son personnel d’ingénieurs et d’architectes, en était rendu à se tromper de $200.-000 à $300,000 dans la préparation de plans pour des constructions qui doivent coûter $400,000 on un peu plus.M.Duplessis prétend que de cette manière le gouvernement se b-V til des surplus.Il présente des crédits de $100,000 pour des travaux qui en coûtent $400,00(1 par exemple, en sorte que les $300,000 vont à la colonne des soi-disant surplus.Après présentation de quelques bills privés, le premier ministre annonce qu’il prononcera le discours du budget cet après-midi.Ce discours sera bref et très simple, à ce qu’on dit.Le principal article sera la diminution des droits sur les grosses successions.On ne touchera pas cependant aux droits sur les petites successions soit pour les augmenter, soit pour les diminuer.Comme on se le rappelle, lorsque M.Gordon Scott s’est présenté dans Huntingdon, c’était avec l’entente que cette réduction serait accordée.Le gouvernement donne pour raison, que des droits aussi élevés que ceux imposés par M.MacMaster, ancien trésorier, sont de nature à décourager la grande industrie à venir s’établir dans la province de Québec, et partant susceptibles de causer des torts considérables.On présente ensuite plusieurs bills en première lecture.Ces hills ne sont pas encore imprimes.M.Francoeur présente un projet pour modifier la loi des paratonnerres, c’est-à-dire pour enlever la taxe d’un dollar par tige de paratonnerre, imposée l'an dernier, par M.(>a-lipeault, alors ministre des Travaux Publics.M.L.-A.Taschereau présente un hill pour réglementer la vente des bombes lacrymogènes.Le palais de iustice de Ville-Marie On étudie ensuite la loi qui porte à $300,000, mi crédit de $200,000 voté en 1928, pour la construction d’un palais de justice et d’une prison à Ville-Marie, district judiciaire de Pontiac.M.J.-N.Francoeur explique que cette loi remonte à 1927, alors que la législature votait 175,000 pour les mêmes fins.Le crédit a été porté à $200.000 en 1928, et cette année on veut le porter à $300,000.M.Francoeur déclare que les plans initiaux ont été considérablement modifiés et que le palais de justice, qui devait abriter simplement une cour de magistrat, servira de Cour supérieure, poste de police, bureau d’enregistrement, chambre des a-vocals, cour des jeunes délinquants.La somme de $300.000 prévoit tout, l’ameublement compris.M.Aliène Blain, depute de Dorion, qui a-vait interrogé sur ccs derniers détails demande alors si des contrats ont déjà été accordés.M.Francoeur.— Des soumissions ont clé demandées, mais aucun contrat n’a été accordé jusqu'ici, et au-cqn travail n'a été exécuté.Nous avons demandé des soumissions pour les fondations seulement et nous avons acheté les terrains.M.Blain.— S’agit-il d’un contrat à forfait ou à pourcentage sur les travaux exérulés M.K rancoeur.—H -s’agit d’un contrat à forfait.M.Blain.—Le fiiinistre peut-il donner une raison pour cette préférence?M.Francoeur.C.’est que je préfère lc
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