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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 21 janvier 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-01-21, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.16 MONTREAL, MARDI 21 JANVIER, 1913 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS UNIS.$3.00 ONION POSTALE .$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .$1.00 ETATS-UNIS .* , $1.50 Union postale .$2.00 £ DEVOIR Rédaction et Viniftrationi 71b RUE SAIN>f 'QUE3 MONTREA TELEPHONES : v ADMINISTRATION: Man 7461 REDACTION: Main 7460 Direcfleur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LES FRANCHISES DU TRAMWAY Ce qu’on fait dans le Massachusetts ; ce qu’on aurait pu faire à Québec Le Herald étalait hier, en tète de *sa première page, un titre de sept colonnes: MONTREALERS SHOULD NOT HAVE TO PAY DIVIDENDS ON THEIR OWN FRANCHISES.—Les Montréalais ne devraient pas avoir à payer de dividendes sur leurs propres franchises.Sous ce titre, il publiait une lettre d’un homme d’affaires du Massachusetts qui rappelait à l’un de ses amis de Montréal que, dans cet Etat américain, il existe des lois qui empêchent les compagnies de traction de capitaliser leurs franchises et de faire payer au peuple des dividendes sur ce qu’il leur a lui-même donné.“Les lois du Massachusetts sont très sévères, dit cet homme d’affaires, et donnent une complète protection au peuple, car elles restreignent à la valeur réelle du matériel (physical property), visible au moment de la dernière émission d’actions et d’obligations, le chiffre des actions et des obligations qui peuvent être émises par une compagnie de tramway.Ceci oblige la compagnie, quand elle désire émettre de nouvelles actions et obligations, d’en faire la demande régulière aux commissaires des chemins de fer, qui envoient leurs propres experts faire l’examen de la valeur du matériel de la compagnie (usines de force motrice, gares et hangars, matériel roulant et voies ferrées).De celle façon, la capiialisation est maintenue au minimum.” Le correspondant explique ensuite que le chiffre des dividendes ne doit pas dépasser huit- pour cent, à moins qu’au-delà de ce chiffre la compagnie ne consente à partager par moitié avec l’Etat.Le Herald ajoute: “Ce monsieur du Massachusetts connaît évidemment ce dont il parle.Il serait facile, pour la législature de Québec, de suivre l’exemple du Massachusetts et de limiter l’émission des valeurs des compagnies d’utilité publique.” a * • Cette question de la capitalisation des franchises va au coeur même de l’affaire du Tramway.Et c’esf ainsi que le comprirent les autorités ¦municipales quand la Compagnie des Tramways de Montréal demanda à la Commission des services d’utilité publique de sanctionner la fusion des diverses compagnies dont elle possédait déjà presque toutes les actions.Au nom du bureau des commissaires et du Conseil municipal, M.Atwater déclara que la compagnie se proposait de capitaliser les franchises qu’elle détenait de la ville, et que le résultat de l’opération serait de rendre extrêmement difficiles dans l’avenir les redations entre la ville et la compagnie.Les détenteurs des valeurs artificiellement créées voudront, disait le représentant des autorités municipales, qu’avant de faire des dépenses nouvelles ou de diminuer le prix des billets, on leur paye un dividende convenable sur l’ensemble de ces valeurs, et la réduction des taux sera ainsi indéfiniment retardée.“Le résultat sera simplement ceci, ajoutait-il, que lorsque nous leur demanderons de réduire les taux, ils répondront qu’ils ont à payer des dividendes sur leur capital et qu’ils n’ont pas d’argent, soit pour améliorer la situation, soil pour réduire les taux.’’ Ceci se passait le 25 octobre 1911, six mois après l’adoption du premier projet de loi des tramways; mais ces observations avaient été pensées et formulées bien avant cela, et, en pleine Chambre d’assemblée; les députés avaient été mis au courant, ils avaient eu l’avantage de prévenir i'abus contre lequel protestait M.Atwater.• * * î.e 22 mars 1911, comme on demandait que le bill du tramway fùl )u une troisième fois, M.Bourassa, appuyé par M.Tellicr, proposait en Amendement: (Voir les journaux de l’Assemblée Législative de Québec, Vol.XLV 1911.page 426) : “Que ce bill ne soit pas lu maintenant la Sème fois, mais renvoyé an comité général de la Chambre en insérant l'arlicle suivant après l’article 13; 13«.Les franchises, droits, pouvoirs et privilèges octroyés par la-'tité de Montreal ou toute autre municipalité à rune quelconque des compagnies ci-dessus désignées, NE PEUVENT FAIRE L’OBJET D’UN PAIEMENT EN ARGENT.EN ACTIONS, OBLIGATIONS OU AUTRES VALEURS.OU D’UNE CONSIDERATION QUELCONQUE POUVANT AFFECTER LE CAPITAL OU LE PASSIF DE LA COMPAGNIE.Cette proposition fut rejetée par un vole de 37 contre 8.La minorité se composait de MM.Bernard, Bourassa, Cousineau, Dorris, Giard, ïhitenaude, Sauvé et Tellier.Dans la majorité se trouvaient MM.Gouin, Mlard, Devlin et les députés montréalais Finnic, Godfrey Langions, Ro-billard et Séguin.C’est une majorité à peu prés identique, du reste, qui avait décrété, contre l’avis de MM.Tellier, Bourassa et leurs amis, que la loi du referendum serait virtuellement annulée au bénéfice de la nouvelle compagnie.La loi du Massachusetts dont le Herald fait grand éloge était connue à Québec.Si elle ne s'applique pas dans son essence à la Compagnie des tramways, c’est que la majorité de l’Assemblée législative ne l’a pas voulu.Le peuple de Montréal ferait bien de ne pas l’oublier.Orner HEROUX.LA PRESSE ANGLAISE ET U QUESTION NAVALE L’on trouve souvent dans les .organes ministériels l’assertion que le projet de contribution directe à la défense navale de l’Empire est généralement approuvé par les contribuables, mais l’on cherche en Vain la preuve de cette assertion.Tout au plus peut-on nous montrer des résolutions d’associations conservatrices et des opinions de journaux pour lesquels la politique du parti est toujours ce qu’il y a de mieux.Mais l’on se garde bien de signales les critiques et les dénonciations de la presse indépendante et même de certains journaux de partis qui prennent la liberté de penser par eux-mêmes.Nous parlons pour le moment des journaux anglais.Nous ne saurions trop insister sur leur attitude qui contredit si formellement l’impression qu’on cherche à entretenir parmi nos compatriotes, savoir qu’ils ne devraient pas combattre le projet Borden ou le projet Laurier parce que la majorité anglaise approuve unanimement l’un ou l’autre.La majorité anglaise discute au contraire l’un et l’autre et certains Journaux anglais combattent avec une égale vigueur les deux projets.“L’on devrait faire comprendre au premier ministre Borden et à Sir Wilfrid Laurier, dit le “Grain Growers’ Guide”, que les cultivateurs de l’Ouest sont des citoyens et des contribuables du Canada et qu’ils ne suivront pas aveuglément plus longtemps une poignée de politiciens qui veulent les conduire n’importe où.Les cultivateurs de TOuest connaissent autant les besoins du Canada quant à In marine qu’aucun membre de lu Chambre des Communes, et le fait de vouloir 'imposer nu peuplé un scheme naval par la volonté de 221 membres de la Chambre des Communes, qui u’onl reçu du peuple aucun mandat à cette lin, ressemble trop aux procédés en vogue en Russie.Si le peuple du Canada veut dépenser de l’argent pour une marine, qu’il le fasse, mais qu’on donne au moins à ceux qui pensent autrement Toc-casion de dire: “non”.A quoi le Weekly Sun applaudit avec enthousiasme : “Nous croyons que la voix du Manitoba rural sur ce point est la voix d’Ontario.Le Canada rural est opposé au militarisme, quelque forme qu’on lui donne.Sir Wilfrid Laurier eût été sage de combattre le jingoïsme au lieu de le surenchérir.” Et dans un autre article, sur le même sujet: “A mesure que l’opinion reprend son assiette, les Canadiens sont de plus en plus opposés aux projets des deux partis.Les exigences du bill naval de 1910 s’élèvent déjà à 35 millions en 1912.Où s’arrêtera la dépense navale?La marge des profits en agriculture est déjà si faible au Canada que la culture semble eu décadence.N’y a-t-il pas danger, sc demande-t-on, que l’augmentation du tribut paralyse l’industrie productive?Une contribution de 85 par lête quand elle atteindra le cultivateur comme elle l’atteindra inévitablement, ne peut qu’alfecter son bien-être et restreindre sa puissance de production.L’expérience de l’Argentine en est une preuve conclusive.L’opinion réfléchie s’effraie aussi des dangers politiques, absorption dans la politique anglaise, distraction de l’attention des affaires canadiennes, corruption des chefs de l’opinion canadienne par les honneurs et même par l'argent”.Et le Chronicle de Halifax “Nous avons déjà établi au-delà de tout doute qu’il n’y a pas “d'urgence” justifiant une contribution.Nous avons montré que le peuple anglais est énormément plus riche que le peuple canadien.Nous avons montré aussi que notre dette publique est beaucoup plus forte par tête de population que celle de l'Angleterre.Nous avons montré encore que la Grande-Bretagne réduit sa dette tandis que nous augmentons la nôtre.Nous avons donc prouvé que nous avons besoin de tout notre argent au Canada et que nous sommes plus que justifiables de le garder.Cependant M.Borden et ses collègues persistent à vouloir donner 35 millions d’une seule fois.” Nous pourrions citer encore.Plusieurs journaux anglais qui approuvaient le projet de marine Laurier parce que c’était le parti qui le voulait, combattent aujourd’hui la contribution Borden par des arguments qui militent aussi bien contre l’une que l’autre; de même que les journaux conservateurs, qui défendent la contribution aujourd’hui parce que le parti le veut, ont combattu la marine Laurier avec des arguments qui valent également oontre la contribution Borden.Ce qui précède suffit pour rappeler aux contribuables de Québec que l’argument de la presse ministérielle est faux.La presse anglaise est loin d’être unanime sur la question navale.Jean DUMONT.BILLET DU SOIR PRÉDICTION Une main solide m’empoigne an passage : — Tu tombes à pic: je viens de faire une découverte épatante.C'était Laplume; je voulus fuir, mais l’éternel raseur tenait ferme.— As-tu connu Mlle Lenormand?— Elle se marie, allons tant mieux.je ne connais pas son fiancé.je ne souscris pas, merci.,, au revoir.— Mais non, mais non.il ne s'agit pas d’enterrement de vie de garçon, je veux te parler de Mlle Lenormand qui vivait au temps de Napoléon.:— Ah! la tireuse de cartes!.—Tu Tas! Ecoute maintenant.En 1829 Louis Frédéric, alors prince prussien, alla consulter la sibylle sur sa destinée.“Nous sommes en 1829 Altesse, dit MHe Lenormand, additionnez les chiffres de ce millésime à l’année même et vous aurez: 1829 1 8 2 9 1849 “1849 commence votre gloire militaire.” — Tu n’ignores pas sans doute, quoique journaliste, que Frédéric réprima l'insurrection bavaroise en 1849.—Oui, je sais, j’ai lu ça dans l'Almanach Vermot de 1830.— Ecoute.Le prince interrogea encore: “Et après?” “Vous avez la clé de votre sort; continuez l’opération.1849 1 8 4 9 1871 “1871! C’est le couronnement de votre oeuvre.— C’est vrai, fis-je, ennuyé, c’est en 1871 que Frédéric devint empereur allemand.Mais c’est pas une bien grande découverte, ça.— Veux-tu bien être patienf.“Le couronnement dit le prince, et ensuite?“Ensuite, c’est la fin de voire règne.Les chiffres vans le diront: 1871 1 8 7 1 1888 — Regarde dans Larousse, continua Laplume, et tu verras qu’en effet Guillaume I mourut en 1)888.— C’est vieux, cette histoire.— Voilà le point intéressant: “Et après moi?” demanda le fitlur Kaiser?—Après, dit la devineresse, c’est la fin de votre empire.Laissez parler les chiffres: 1888 1 8 8 8 1913 — Pauvre Laplume c’est pas toi qui as découvert ça: c’est Mlle Lenormand.— Eh bien, moi, je suis encore plus fort, je connais le nom de celai qui doit faire disparaître l’empire allemand de la carie de l'Europe.— Ah bah!.Stun Hughes?— Non.— Hugh Graham?— Non, non.— Les petits Tarteleis?— Mieux que ça.los.Rainville.Max SOREL M.BOURASSA A BOSTON LETTRE D’OTTAWA Le dire&eur du “Devoir” déclare devant le “Canadian Club” que l’intérêt propre des deux pays et l’intérêt supérieur de l’Amérique exigent que le Canada et les Etats-Unis restent des pays diitindts UESPRIT PUBLIC DES DEUX COTES DE LA FRONTIERE (Service particulier) Boston, 20.— M.Henri Bourassa, directeur du journal le Devoir, est arrivé à Boston ce matin.Il a prononcé ce soir, devant les membres du Canadian Club de Boston, un discours sur les conditions économiques et sociales au Canada et aux Etats-Unis.Le*; membres du club étaient au nombre d’à peu près deux cents.Les dames étaient aussi en grand nombre, car c’était l’“Annual ladies night dinner” du club.L’orateur a reçu un accueil extrêmement sympathique.Hommes et femmes, debout, l’ont acclamé, chose rare aux diner du Canadian Club.Le dîner a eu lieu dans la grande salle de bal du Copley Plaza.M.John B.Patterson, président du club, occupait le fauteuil et présentait les orateurs.Il n’y a eu que deux santés: le président et le roi.M.Patterson a présenté le directeur du Devoir en termes très élo-gieux.Celui-ci a fait une conférence plutôt qu’un discours.Il a d’abord exprimé son plaisir de retrouver, sous un drapeau étranger, des compatriotes fidèles au souve-nirdu pays natal.11 a montré que les Canadiens qui habitent les Etats-Unis peuvent faire beaucoup pour faciliter l’entente et les bonnes relations entre les deux pays voisins, qui, pour leur propre avantage et pour celui de l’humanité, doivent rester distincts, mais qui ont un intérêt essentiel à être en bons termes.J’appartiens, a dit l’orateur, au groupe de ceux qui, non point par antipathie à l’endroit de la république américaine, mais par sentiment de leur propre devoir et de l’intérêt supérieur de l’Amérique, estiment que le Canada doit se développer comme puissance autonome, en attendant qu’il puisse prendre sa place au milieu des états souverains.Il aurait tout à perdre, et les Etats-Unis n’auraient rien à gagner si, au lieu de maintenir ses qualités propres, de se développer suivant ses meilleures tradition*;, il se laissait assimiler par les moeurs américaines.Dans l’intérêt supérieur de l’humanité, il vaut mieux qu’au lieu d’un immense empire, couvrant d’une sèche et brutale uniformité tout le continent nord-américain, il y ait ici deux peuples développant leurs qualités personnelle*;, celles qu’ils ont héritées de leurs ancêtres européens, et travaillant dans un esprit d’amicale rivalité et de louable émulation.A grands traits, l’orateur a fait ensuite l’histoire des deux pays voisins, montrant comment, aux Etats-Unis, les apports les pins divers: puritains de la Nouvelle Angleterre, royalistes de la Virginie, catholiques du Maryland, quakers de la Pennsylvanie, sont venus se fondre dans le creuset originel où devaient les rejoindre plus tard des représentants de toutes les grandes nations européennes; comment, au Canada, s’est constitué la confédération anglo-française d’aujourd’hui, qui ne pourra subsister que par le respect du principe d’égalité et de justice qui en fut la base.Puis il a fait une rapide comparaison de l’état des choses dans les deux pays, insistant sur le fait que chacun d’eux a énormément à faire pour développer ses ressources, assurer la paix sociale et sa grandeur future.Certaines questions sont d’ordre purement local, d’autres, tels l’immigration et les multiples problèmes créés par l’arrivée dans nos pays de tant de nouveaux venus, étrangers à nos traditions, tel encore le conflit entre l’égoïsme individuel et l'intérêt national, s’imposent avec une force presque égale à l’attention des hommes publics des deux pays.Après avoir caractérisé la conception que Canadiens et Américains se font du patriotisme, de la religion, de l’éducation, l’orateur a particulièrement insisté sur le manque de curiosité intellectuelle, sur la faiblesse de l’esprit public qui sc manifestent dans les deux pays.Il nous faut cependant avouer, dit-il, que la réaction se manifeste plus vite et d’une façon plus énergique aux Etats-Unis.La république américaine nous a donné, pendant longtemps, un mauvais exemple.C’est nous maintenant qui noms enfonçons dans les routes mauvaises, pendant qu’ici s’affirme un mouvement de réaction.Nous avons pendant longtemps levé les bras au ciel, en dénonçant avec horreur la dégradation des hommes publics américains; nous avons tenu nos bras si longtemps levés, que nos propres hommes pu- blics ont eu tout le temps de fourrer leurs mains dans nos poches.Il est aujourd’hui plus difficile de faire punir les crimes publics au Canada — spécialement si le coupable porte un titre — qu’il ne l’est aux Etats-Unis.Nous nous scandalisions jadis du penchant à la vantardise que nous prétendions être l’une des caractéristiques du tempérament américain.Nous disions: Aux Etals-Unis, le superlatif est roi.On y parle toujours de la plus grande institution, de la plus grande ville, du plus grand pays du monde.Nous avons importé chez nous et nous avons malheureusement gardé cette mauvaise habitude.A l’heure actuelle, elle nous affecte plus profondément que ceux qu nous plaignions jadis.Nous sommes plus malades sur ce point que nos voisin*.;.Autrefois, on était porté à se moquer des hommes publics américains.On Irouvait que les hommes de première valeur n’avaient pas assez de place, n’avaient guère de place dans les assemblées représentatives.Ici même, on disait, par manière de plaisanterie commune: C’est un gentilhomme, bien qu'il fasse partie du Sénat américain.On ne compte plus les “gentilshommes” dans le Sénat des Etats-Unis aujourd’hui.Je ne crois malheureusement pas que le niveau de la vie publique se relève chez nous.Notre patriotisme a une grande tendance à se manifester avec éclat en des phrases tapageuses, à certains jours de l’année.Il ne produira de résultats sérieux pour la grandeur nationale que s’il s’affirme tous les jours de l’année, dans les manifestations moins brillantes, mais infiniment plus nécessaires de la vie quotidienne.En terminant, l’orateur demande à ses auditeurs de bien se rappeler que la prospérité matérielle n'est que l’un des éléments de la grandeur nationale, qu'elle doit être jugée à sa réelle valeur; que la force, que la puissance d’un peuple viennent surtout de son dévouement aux sentiments élevés, du culte du sacrifice, et du respect des grandes lois morales.M.De Witt Foster, député de la Nouvelle-Ecosse, a pris la parole à la même réunion que M.Bourassa, et a consacré presque tout son discours à la question des territoires septentrionaux du Canada, décrivant leurs grandes ressources et leurs chances d’avenir.Le nouveau ministère français Le trait dominant du nouveau ministère français, c’est l’appel au ministère des Affaires étrangères de M.Jonnart, l’ancien gouverneur-général de l’Algérie, et le remplacement, aux ministères de la Guerre et de la Marine, de MM.Millerand et Dclcassé, par MM.Eugène Etienne et Pierre Baudin.MM.Steeg et Klotz sont maintenus aux ministères de l’Instruction publique et des Finances.M.Steeg est protestant, comme plusieurs de ses prédécesseurs au ministère de l'Instruction publique.Ce ministère donnera sa démission lors du changement officiel de président, le 17 février, mais il est probable que M.Poincaré priera alors M.Briand de garder ses fonctions.-—» > —1- Sur le Pont d’Avignon.Le Quotidien de Lévis affirms gravement que M.Borden est un élève de M.Bourassa.Et l’on dit que la température n’influe pas sur certains cerveaux.* * ¦!< Les Turcs ont découvert un autre moyen de prolonger les négociations avec les alliés.Ils suggèrent maintenant que la demande d’abandonner Andrinople vienne des Puissances.Leur but est d’amener des complications qui créent la zizanie parmi les alliés.# # # Le débat sur la marine est ajourné à quelques jours.M.Coderre n’en est pas fâché.* * Le discours du major Sharpe sur la question navale a rnis le Washington officiel en colère.M.Sharpe n prétendu que la marine américaine recrute ses hommes parmi les dégénérés et les déserteurs.On avouera qu'il y a de quoi s’indigner si l’assertion est fausse.Le Veilleur.L’INTERCOLONIAL ET M.EMMERSON Ottawa, 20.—Il a plu tout l’après-midi et toute la soirée, à Ottawa, à l’intérieur des Communes comme à l’extérieur.Car, dans la salle des séances, les mots et les discours se sont succédé comme des averses, les unes, interminables,—M.Emmerson a parlé deux heures,—les autres, brèves.Les députés des Provinces Maritimes ont fait une partie des discours de la journée.On ne peut dire précisément qu’ils aient été fort désennuyants.Mais, à leur point de vue, ils ont bien fait de discourir, s’ils obiiennent plus tard ce qu’ils veulent, pour la plupart: l’adjonction, à l’Intercolonial, par voie d’achat ou de prise à bail, de voies ferres auxiliaires qui y aboutissent.• • • Les journaux d’Europe racontaient l’autre jour la plaisante aventure de ce député belge récitant à la Chambre des Députés de son pays un discours qu’il faisait depuis treize ans, en termes identicpies chaque fois, ce dont personne, jusque là, ne s’était aperçu.M.Emmerson est aussi tenace que ce député européen; car voici pour le moins la sixième fois, à notre connaissance personnelle, qu’il répète son discours sur le réseau de ITntercoloaial.Personne ne lui en fait un reproche, pour l’excellente raison que, aux premières paroles de! son discours, et sitôt qu’ils en devinent la nature, la plupart des députés' aux Communes s’en vont griller une cigarette, allumer un cigare, lire les journaux ou écrire des lettres, s’ils ne vont pas faire la partie de cartes.Plus délicats que certain interrupteur du député belge, nos députés ne disent mot, et laissent M.Emmerson sous l’impression qu’ils ne reconnaissent pas, à un an d’intervalle, ses arguments, ni même ses phrases.Au reste M.Emmerson serait bien homme à répondre à de telles remarques comme le fit le député belge: “Je le sais, mon discours n’est pas neuf, il y a six ans que je le fais une fois par session; mate je me propose bien de continuer cette méthode, tant que je n’aurai pas obtenu ce que je désire.” Donc, une fois l’an, depuis six ans, à peu près, M.Emmerson saisit la Chambre des Communes de la proposition suivante: “En vue de favoriser les intérêts du transport et du trafic en Canada, de Lavis de cette Chambre, il est désirable que lu sphère d’influence de V Inter colonial, à titre de chemin de fer de l’Etat, soit développée et étendue en acquércmt par location ou autrement le droit d’exploiter ces lignes auxiliaires de chemin de fer qui se raccordent maintenant avec l’Intercolonial et qui serviraient à alimenter directement et d’une manière profitable le trafic du dit chemin de fer; et, de plus, en acquérant comme il est dit plus haut le droit d'exploiter celles des dites lignes auxiliaires qui peuvent être réputées être à l'avantage général du pays an point de nue des intérêts du transport, sans s'attarder à la question des résultats financiers immédiats.” Il n’oublie jamais, non plus, de développer longuement ce thème, en un discours d’une durée moyenne de deux heures.Aujourd’hui, toutefois, M.Cochrane, le ministre des Chemins de fer, dont les harangues ne dépassent guère la demi-minute,—elles repo-seni, par leur brièveté, de celles de soixante-quinze à cent minutes dont plusieurs députés nous gratifient chaque semaine,—a cru pouvoir gâte» l’effet de M.Emmerson, ou plutôt, lui couper son discours.Il n’a pas réussi.M.Emmerson venait à peine de se lancer dans une période qui, imprimée au Hansard, devrait bien occuper vingt-trois lignes, quand M.Cochrane réfléchit qu’il y avait peut-être moyen d’éviter à la Chambre l’averse dont M.Emmerson la menaçait.Aussi, prestement, le ministre des chemins de fer interrompit-il son prédécesseur, lui disant: “Pouf sauver du temps, je suis prêt à déclarer tout de suite à M.Emmerson • l’attitude que le ministère prend à ce sujrt.D’abord, nous sommes à étudier l’opportunité d’étendre la sphère d'influence de l’Intercolonial.En second lieu, nous pouvons difficilement rendre publique aujourd'hui l’évaluation que le gouvernement a faite de certaines lignes auxiliaires da l’Intercolonial.” Un point, c’est tout: M.Emmerson, avant que de commencer son discours et de poser sa question, avait donc sa réponse.Ceci toutefois ne le dérange "pas.Imperturbable, il remercie le ministre avec une légère pointe d’ironie polie, puis.il parle deux heures.D’autres députés, tels MM.Jameson, Turgeon, Marcil, Lemieux, Gauthier (Gaspé), Kyte, McKenzie, McCurdie, lui ont succédé, et le débat, commencé à trois heures et demie, durait encore, vers le*; onze heures.La tactique de M.Cochrane, pour habile qu’elle fut, n’a donc pu réussir à épargner deux minutes du temps de la Chambre.M.Emmerson voulait parler, il a parlé.* * • La question de l’Intercolonial tient toujours à coeur aux habitants des Provinces Maritimes.On l’y discute sans cesse, chez eux, et il n’y a pas de semaine que leur*.; journaux n’en parlent longuement.Des gens de cette partie du pays veulent que le gouvernement cède ce chemin à une compagnie particulière,—soit le Pacifique, soit le Canadien-Nord,— qui l’exploiterait comme partie de son réseau.Ce groupe est en infime minorité, au point de vue numérique; mais il a le capital, il tient les journaux, et ses relations suivies avec les grandes compagnies de chemins de fer laissent voir un peu avec quelle faveur celles-ci accueilleraient la décision du gouvernement d’en passer par le désir des partisans de l’exploitation privée.Chaque mois, de mystérieux communiqués font allusion à l’avenir incertain de l’Intercolonial, en tant (pie chemin de fer de l’Etat.Et il est facile de retracer la provenance de ces dépêches tendancieuses, commentées par la presse d’Halifax, de Saint-Jean, de Fredericton, de Moncton et des autres villes de cette région.D’autres personnes, par contre,—et c’est la masse,—considèrent le chemin de fer Intercolonial comme leur quasi-propriété, où leurs parents, leurs amis, les amis de leurs amis, leurs connaissances, les connaissances de leurs connaissances trouvent des emplois assez bien rémunérés; il y a bientôt cinquante ans que la masse des Provinces Maritimes envisage l’Intercolonial sous l’aspect d’un fromage énorme où bien des gens se sont faits ermites en toute sécurité;— et c’est, à leur avis, un sacrilège que de mentionner même l’opportunité de faire des réformes dans ce domaine.Reste le groupe, restreint, mais encore assez considérable, de gens qui veulent, eux, l’agrandissement de la sphère d’influence de l’Interco-lonial, à titre de chemin de fer de l’Etat, et l’acquisition, par cette voie ferrée, de Voies auxiliaires grâce auxquelles elle pourrait s’alimenter, dans toutes les parties des Provinces Maritimes.M.Emmerson est le predicant de cette doctrine; et, d’un gosier infatigable, il en proclame sans repos les avantages.Des journaux ennemis lui ont prêté des motifs Intéressés, il a nié, et il continue de clamer un peu dans le désert.Mais ses arguments, pour être développés à satiété, ne manquent pas que d’attirer l’attention des économistes et des gens de chemins de fer.Ces arguments y gagneraient cependant à être ramassés plutôt que dilués à l’infini.Résumons-les en dix lignes; “11 convient d’adjoindre à l’Intercolo-nial des voies ferrées auxiliaires.Elles permettraient le développement des Provinces Maritimes, négligées par les chemins de 1er dûs à l’initiative privée; elles alimenteraient l’Intercolonial, lui fourniraient chaque année plusieurs milliers de tonnes de produits à transporter, permettraient l’expédition plus rapide et moins coûteuse du charbon, des pommes de terre, du poisson et des minerais de cette région vers l’Ouest; elles agrandiraient le réseau des voies ferrées canadiennes reliées aux grandes artères nationales.Et puis, si nous sommes pour dépenser trente-cinq millions pour la Grande-Bretagne,—la Chambre doit les voter bientôt, dit-on,—c’est un signe de prospérité, cela signifie que nous pourrions bien, dans ce cas, commencer par dépenser notre argent chez nous, s’il y en a de trop dans notre trésor.“Charity begins at home", dit l’adage anglais.” Cette discussion, pour l’heure, n’influencera pas la politique du ministère, quelques avantages que les partisans de cette thèse invoquent, pour les Provinces Maritimes et l’extrème-Québec, soutien de leur théorie.M.Cochrane a fait, en une demi-minute, connaître les intentions du cabinet à ce propos.Elles sont vagues, mais quoi que dise et fasse M.Emmerson, il ne réussit pus à en savoir davantage, pour l’heure.Chemin faisant, pendant son discours, M.Lemieux déclare qu’il ne faut pas tenir le chemin de fer de Gaspé responsable de la faillite Carpenter, à Londres.M.Carpenter, dit-il, avait des capitaux placés en Asie, en Afrique, en Amérique, un peu partout.Le chemin de fer de la Gas-pésie, où il avait dépensé plusieurs milliers de piastres, est en excellent état; mais l'insuccès de certaines entreprises de Carpenter en Asie, en Afrique et dans l’Amérique du Sud causa seul l’effondrement de la Charing Cross Bank.O • « La Chambre a travaillé quelque pou, pendant une demi-heure, à l’étude de législation privée.Demain, elle discutera le principe de la nouvelle loi des banques.Tl faut s’attendre à des discours, de la part de /SUITE A LA .Sème PAGE) LE DEVUlli, MONTREAL.M ARDI.21 JANVIER 1«>13 VOL.IV.— No.16.LETTRE D’OTTAWA La “Carmen” de Marie Gay (.SUITE DE LA iére PAGE) MM.White et W.F.Maclean.Nos députés référeront ensuite cette mesure importante à une commission spéciale, celle des banques et du commerce, dont, par les matins, les membres disséqueront les différentes clauses «le cet acte.La marine, elle, reste attachée à son quai jusqu'à vendredi prochain, où elle poussera une pointe en mer, pour revenir vite s’abriter au port.Mercredi, probablement, les deux partis auront leurs grandes délibérations secrètes, afin de décider «le leur attitude à ce sujet, pendant le reste de la session.La gauche essaiera-t-elle de torpiller et de couler les trois dreadnoughts de M.Borden?On ne le croit pas.Les deux partis échangeront des bordées de paroles vides et ronflantes.Mais les actionnaires du trust des armements peuvent compter sur les profits à faire à même notre argent mis à la disposition de l’Amirauté: c’est tout comme s’ils les avaient déjà dans leurs poches! La cause contre Les travaux publics Henri Lagacé à Rimouski j L’ARTISTE ESPAGNOLE 1NTER-PR ETE-T- ELLE REELLE M EN T LE PERSONNAGE REVE PAR MERIMEE ET BIZET?Georges PELLETiER.Élections Municipales A LA VILLE MONTCALM 92 555 J.B.Pelletier.167 177 »T*2 516 V.Lamoureux.206 20S 1 HO 594 Foucher .160 180 191 634 Totaux Majorité pour .«85 le Canac! 936 ien, 29 278.5750 QUEBEC VS.CHAMPETRE.Québec.LIGUE DE LA CITE Le club Hochelaga a triomphé du Champêtre dans une joute des plus contestées.— Les Stars furent défaits par Saint - Jacques et Shamrock cause la grande surprise de la soirée en battant les Garnets.Les équipes de la ligue de la Cité nous ont donné hier soir une exhibition de hockey qui leur fait hon- tieur.Il y avait foule dans les es-rades applaudissant nos vaillants uniors.La glace assez ferme au commencement de la soirée, n’était plus qu’un lac durant la joute Ho-Dhelaga-Champêtre.Le jeu fut d’une rapidité incroyable, autant pour la première partie que pour les deux autres.La joute qui a fait plus sensation est sans contredit la dernière.Trois minutes avant la fin de la deuxième période, le résultat étant de 1 à 1.Le grand défaut (pii a dominé et qui domine encore chez les joueurs, c’csl le jeu trop individuel.La partie Shamrock-Garnets fut remarquable par sa rudesse.Les joueurs font de superbes lancés mais manquent de précision.Le clou de ia soirée fut la joute Ho-chelaga-Champêtre.Les chances restèrent partagées jusqu’au milieu de la seconde période alors qu’Ho-chelaga comptail deux points après avoir été égalé deux fois.Les bains forcés que prirent quelques joueurs furent fort mai goûtes.Voici les résultats détaillés des joutes : PREMIERE PARTIE.Shamrocks ( 3 ) .Garnets ( 2 ) F.Mulcair.Buts.Brown HUI.Points.Kerlin HcMullin.Couverts ., .Johnston Sauvé.Avants.Kano Johnson.Avants.Turner John Mulcair.Avants .!.O’Grarly McKeown.Avants.G.Q’Grady Juges des buts : Valbères et Thompson.Chronométreurs : A.Hill et G.Berd nett.Pénitencier : 1,.Provost.Arbitres : Newsy Lalande et Riley Hem.SOMMAIRE.1er mi-temps.1—Shamrocks, Sauvé.1.20 ï—Shamrocks, Sauvé.3.30 3—Shamrocks, Johnson.5.00 4—Garnets, Kane.6.00 2èmn mi-temps.5—Garnets, Kano.15.00 PUNITIONS.1er mi-temps.Hill, 3 min.2ème mi-temps, G.O’Grady, 3 et 3 min.DEUXIEME PARTIE St-Jacques ( 2 ) Stars Baker.Buts.Pravost.Points.N orton (1) Peters P Lockwood .E.Kelly .Colligan .AV.Bell .Degray Pinard et AV.Lajoie.Couverts •Uni Arnold.Avants.Hughes.Avants.Furlong.Avants.Cuèvremont.Avants, • luges des buts, Wray.Chronométreurs, C.____ Pénitencier, L.Prévost.Arbitres, Riley Hern et Newsv londe.SOMMAIRE 1er mi-temps 1— St-Jacques, Furlong.2— Stars, E.Kelly.2ème mi-temps.Talbot, jr.126 170 It8 444 Pelletier.150 109 208 167 Richard 142 178 » •>;>, 443 1 Blondeau.223 153 190 566 Gagnon 176 167 192 535 Totaux.817 777 Champêtre.861 2455 Nelson 172 2)9 207 598 Dumont 155 139 198 492 Eilion 158 162 180 500 Blondeau.156 172 160 488 Labelle 215 191 •SI 587 Totaux.856 883 926 2065 Majorité pour le Champêtre, 210.QUEBEC VS.NATIONAL Québec; Ford et I.Pierce.La- 1.00 12.00 Talbot, jr.176 124 154 451 Richard ICI 170 168 499 Blondeau 146 220 157 423 Gagnon .164 145 157 466 Talbot, Sr.126 153 167 446 Totaux 773 National.812 S03 2398 E.Pelletier.144 164 116 424 Deschamps.158 165 177 500 I Gau dot 187 203 171 561 Baohant 190 177 207 574 ; Bédard 167 182 160 509 Totaux «46 891 831 2508 3 St Jacques, Grevremont.10.00 1 unit ions 1er mi-temps, Bill.3 mi- mîtes ; Hughes, 3 minutes.2ème mi- temps, Degray, 3 minutes.TROISIEME PARTIE Hochelaga (3) Champêtre (2) 1 .eblanc .Buts.Lambert Comeau • Points.„ .Jetté R.Leduc .Couverts.G.Kellv 1 .abrocquo.f .Guy Pontbriand.•Avants .Lacombe bail ber té .Avants., .E.Leduc x La tour (x) Seguin a remplacé Latour.' hronomét murs : Dr Marin et H.La- coste.Pénitencier Emile Larose.Arbitres, Newsv l.alondi et Rilev Hern.SOMMAIRE 1er mi-temps.Champêtre, Jetté.j .30 2ètno mi-temps, Hochelaga, Pontbriand., .2.00 •Hochelaga, Laliborté.13.10 Champêtre, Guy.|.lo -Hochelaga, Comeau.0120 Punitions —2e mi-temps.Guy, 3 nu Majorité pour le National, Chez nos jeunes Le Canadien Indépendant a battu le jeune Laurier dans une partie de hockey dimanche à 2 hrs 30.Le résultat final a été de 11 à 0.Le Canadien Indépendant lance un défi à tous Us jeunes clubs de 12 A 15 ans.Les joueurs sont—J.Donolo, buts;* U.Hoour, point ; E.Pilon, couvert ; R.Dépatle, défense ; P.Montcastle, centre ; W.Wallis, aile gauche ; J.Gonstantlneau, aile droite.Substituts — L.Desautels et G.Fillon.Pour informations, s’adresser A E.Pilon, 18 avenue Brûler.8 Les clubs Meilleur et Tricolore se sont amusés VOS GAIS LURONS ONT PASSE UNE AGREABLE JOURNEE A CHARLEMAGNE, DIMANCHE BERNIER, — LES RAQUETTEURS ONT PRIS LE DINER A L’HOTEL MEUNIER.[,es clubs Meilleur et Tricolore ont lait, une sortie à Charlemagne dimanche dernier.Ues raquetterurs ont pris le dîner à l’hAtel Meunier.11 y eut dis-eours.chants, etc.Irf>s joyeux convives Sont revenus à la ville avant le souper.Au cours do l'après-midi il y 4>ut concours de souque à In corde entre les raquettours du Meilleur et du Tricolore, et entre les dames qui accompagnaient les ruquet-tours.Ues "Meilleur” triomphèrent des “ Trois Couleurs ” et les "Tricolores ’’ remportèrent la victoire sur les ‘'Meil- leures”, Nous avons noté les personnes sui-oantes parmi l'assistance ; < lub Tricolore ; M.O.Dufour, président ; M.G.Reed, ,1er vice-prés.: M.Duroeher, 2e vice-.prés.; M.M.f.colère, M.Alphonse Rich er ; Mmes A.A ream |, R, H.I.aurin, Caron, Rod, Dussault ; Al.R.Dufour, Mlle H.MoKorcher, VI.Alt.Richard, Mlles H.Soulier, Arcand : M.A.Desautels ; Mlles C.('.Ragé, V.Dufour, • I.Drolet ; M.l/on Press,mu, MUd J.îfrolct, M.Bidou \ illrnouvo ; Mîtes A.liiendeau, Alice Riendoau, A.Du rocher, d.Duroeher ; MM.N.J.Marron, R.| Provost, V.Villeneuve, DuroMn'r.O.1 Lalondo.(»eorgc, Mélanger, Mrosseau, Roméo Dussault, i f lub Meilleur : M.et Mino J.t M.Henri Lavallée Landry, M.et Mm Mme Lemieux, M.Kvfi ( ormeau, M.L Lftval1int adventures, reciprocal concession or otherwise, with any person or company carrying on or engaged in or about to carry on or engage in any business or transaction which the company is authorized to engage in or carry on or capable of being conducted so as directly or indirectly to benefit this com pany, and to lend money to, guarantee the contracts of, or otherwise assist, any such person, company, or corporation, and to take or otherwise acquire shares and securities of any such company or corporation, and to sell hold, issue or re-issue the same, with or without guarantee of principal and interest or otherwise to deni with or dispose of the same; (n) To purchase, lease or otherwise acquire and to hold, exercice and enjoy in its own name or in the name or the persons, firms, company or companies, hereinafter referred, to, if hereunto duly authorized, all or any of the property, franchises, goodwill, rights, powers nnd privileges held or enjoyed by any person or firm or by any company or companies carrying on or formed for carrying on nny business similar in whole or in part to that which this company is authorized to carry on.and to pay for such property, franchises.good-will, rights, powers and privileges, wholly or partly in cash or wholly or partly in paid-up shares of the company, or otherwise.and to undertake the liabilities of nny I such person, firm or company nnd to exercise the rights, powers and franchises of ary company whose capital stock is owned by this company iu the name of such company or in its own name: (o) To remunerate any person or company for services rendered or to be rendered m placing or assisting to place or guaranteeing the placing of any of the shares in the company's capital or any debentures or other securities or the company, or in or about the formation or promotion of the company or the conduct of its business; (p) To obtain any Act of Parliament or Legislature for any purposes of the company; (q) To take part in the management, supervision or control of the business or operations of any company or undertaking, having objects altogether or in port similar to those of this com pany, and for that purpose to appoint and remunerate any directors, accountants, or other evpvrts or agents; and tu acquire and carry on any other business, whether manufacturing or otherwise, which may seem to the company capable of being conveniently carried on in connection with the business or objects of the company, or tab ulated directly or indirectly to enhance the value of or render profitable any of the company's property or rights; (r) To establishh and support, or aid in the establishment and support of associations, institutions, funds, trusts and con-venienceti calculated to benefit employees or ex employees of the company or the dependents or connections or such persons, and to grant pensions and allowances and to make payments towards insurance, and to subscribe or guarantee money for charitable or benevolent objects, or for any exhibition or for any public, general or useful object; (s) To sell, lease, exchange, dispose of turn to account, or otherwise deal with, the property, rights, franchises and undertaking of the company or any part thereof, for such consideration as tho company may think fit, and in particular for shares, bonds, debentures or securities of any other company having objects altogether or in part similar to those of this company; (t.) To invest nnd deal with the moneys of the company not immediately required upon such securities and in such manner ns may from time to time be determined: (u) To procure the company to be licensed, registered or otherwise recognized in any foreign country, and to designate persons therein ns attorneys, or representatives of the company with power to represent th# company in all matters according to the law! of such foreign country, and to accept service for and on behalf of the company of any process or suit; (v) To draw, make, accept, endorse, discount, execute and issue promissory notes, bills or exchange, bills of lading warrants, and other negotiable or transferable instruments; (w) To make cash advances to customers and others having dealings with the company, and to guarantee the performance of contrasts by any such peraons; (x) To distribute in specie or otherwise as may bo resolved any assets of the company among its members and partioulavly the «hares, bonds, debentures, cr other securities of any other company that may take over the whole or any part of the assets or liabilities of thii company; (y) To do all such other things as are incidental or conducive to the attainment of the above objecta, and to do all or any of the above things as principals, agents or attorneys; (z) The bu&inces or purpose of the company in from time to time to do any one or more of tho acts and things herein forth; and any power granted In any para graph hereof shall not be limited or restricted by reference to or inference from ths terms of any other paragraph, but may b« carried out in full and ample a manner and shall be construed in as wide a sense as if each of the said paragraphs defined the objects of a separate, distinct and independent company.The operations of the company to he carried on throughout the Dominion of Canada and elsewhere by the name of “Western Canada Public Utilities, Limited’’, with a capital stock of three million dollars, divided into 30,000 shares, of one hundred dollars each, and the chief place of business of the said company to be at the City of Montreal, in the Province of Quebec.Dated at the office or the Secretary of State of Canada, this 10th day of January, 1913.THOMAS MULVEY, Under-Secrctary of State.Cie.GènéraleTransatlantique LIGNE POSTALE FRANÇAISE NEW-YORK, HAVRE, PARIS Départs Mus les jeudis à 10 heures ».ra« r.a Lorraine 23 Janv.La Lorraine 13 Fév, La Suvoie 30 Janv.La Provence 20 Fév.La Touraine fi Fév.France 27 Fév DEPARTS SUPPLEMENTAIRES Tous les samedis à 3 heures P.M.Paquebots ne transportant qu’une seul» liasse de passagers de cabine.Niagara 25 Jan.Rochamheaul 8 Fév, D’HALIFAX A NEW-YORK Floride .29 Janvier, à midi l’our passages, s'adresser à GENIN, TKU-pKAU ET CIE Ltée., agents généraux pour le Canada, 23 Notre-Dame-Ouest, ou aux j agents suivants : Hone et Rivet, 9 Boulevard jBt Laurent; W.II.Henry, Imperial Bank Bldg., ; Thés.Cook & Son, 530 rue Sie-Ca-| therme Ouest.Agent pour le fret: .Israel Thom.118 rue Notre-Dame-Ouest, Montréal, PROVINCE DE QUEBEC, oiatrict de Montréal.Cour do Circuit.No 18G30.J.Chananie, demandeur; vs.A.Sa-muely, défendeur.Le 3()e jour de janvier 1913, a 10 heures de l’avant-midi, il la place d’affaires du dit défendeur, au No 1707 rue Notre-Dame-Ouest, en la rite de Montréal, seront vendus pur autorité do justice les biens et effets du dit défendeur, saisis en cette cause, consistant en marchandises sèches, habillements, etc.Conditions : Argent comptant.C.H.J.MABSON, H.C.S.Montréal, 20 janvier 1913.PROVINCE DE QUEBEC, District de Montréal.Cour Supérieure No 1262.A.H.Casavant, demandeur vs.I.Forget, défendeur et Emile Beau-champ, avocat distrayant.Ue 30iè-me jour de janvier 1913, A dix heures de l’avant-midi, au lieu d’emmagasinage du dit demandeur, au No 3017 rue St-Urbain, en la Cité de Montréal, seront vendus par autorité de Justice les biens et effets du dit demandeur, saisis en cette cause, consistant en vaisselle, etc.Conditions: argent comptant.G.E.PIGEON, H.C.S.Montréal, ce 21 janvier 1913.PROVINCE DE QUEBEC, District de Montréal.Cour de Circuit No 16769.D.Lalonde, demandeur vs De veuve A.Bergeron et al, défenderesses.Le 30ième jour de janvier 1913, A dix heures de l’avant-midi, au domicile des dites défenderesses, au No 24 rue Resther, en la Cité de Montréal, seront vendus par autorité de Justice les biens et effets des dites défenderesses saisis en cette cause, consistant en biens et meubles de ménages, etc.Conditions : argent comptant.OLIVIER C.COUTLEE, H.C S Montréal, 20 janvier 1913.42 (Suite) — Tenez- contimia-t-il, exalté, fauf-il d’abord que je vous dise mon histoire, à moi?Vous avez certainement entendu parler de mon mariage?.mais savez-vous qui cNr était?.Il s’arrêta, puis avec effort: .C’était une Juive, une Juive de Berditscheff don! j’ai fait ma femme dans un accès de démence, rnr je ne pute vraiment donner d’autre nom à cette passion stupide et furieuse que sa seule beauté m’inspirait, cl qui m’a enlevé passagèrement la notion de mes actes, l.’i/is, après.quand ta raison m’est revemu .quand j’y ai vu rlair.nue je me suis rendu compte.Ce qu’a fait cette femme, non, je ne puis vous le dire, à vous, ma- dame, vouu dire ce qu’onl été mes hontes, mes désespoirs.J’ai divorcé.Cette malheureuse ne pouvait plus m’inspirer qu’horreur et dégoût.Le temps a passé là-'dessus.Je croyais qu’elle ne m’était plus rien, pas même un souvenir! Et, cependant, l’année dernière, quand on est venu me dire qu’elle se mourait, je ne sais ce qui s’est réveillé en moi.Il m’a fqllu la revoir.C’est dans mes bras quelle est morte.El je crois que je l’ai plcurée! L’irrésistible pitié mouillait encore ses yeux, troublait sa voix.Pour se calmer, il revenait à Char-lolte : Vous le voyez, madame, vous pouvez vous confier à moi.J’ai cru que vous aviez besoin d’aide, et c’e.si pourquoi je me suis permis de vous attendre, ici.Dites-moi de quelle façon je puis vous servir?Un silence se refit; un de ces silences élevés souvent déjà entre eux comme une muraille.Mais, cette fois, Charlotte réfléchissait seulement, et elle se déterminait à accepter l’assistance loyalement offerte.— Eh bien! aidez-moi à cacher ce qui s’est pansé ce soir, à sauver encore M.de Soyssel.De ses lèvres scellées si longtemps les mots sortaient avec peine, hachés, confus.— J’ai été sa femme, j’ai porté son nom, j’ai encore de la fierté pour lui.Vous devez comprendre cela aussi, monsieur.J’aime mieux affronter, moi, n’importe quel soupçon que d’achever de le déshonorer.Et que n’ai-je pas subi déjà! Soudain, l’angoisse accumulée de ces luttes silencieuses l’étouffait, el d’un jet toutes les confidences vinrent: — Vous ne pouvez savoir ce qu’a été ma vie.Personne ne le sail, puisque je ne l’ai jamais dit à personne.Et j’avais à peine vingt ans quand cela a commencé! Non, pas un 'our de bonheur ni de repas un jour de bonheur ni de re-riage.Le matin, on esl venu.,.Avant d'aller à l'église, je savais quel était l'homme que j’épousais;; j'y suis allée pourtant.J’ai reculé devant la difficulté d’une rupture, la crainte du scandale.Oh! cette crainte du scandale qui m’a toujours poursuivie, à laquelle j’ai tout sacrifié inutilement pour n’aboutir jamais qu’à un scandale plus grand!.Une fois mariée, il n’y a rien que je n'aie supporté; cependant force a été d'en venir à la séparation, de plaider cet horrible procès.Puis M.de Soyssel a demandé le divorce.Je n’ai plus été seulement une femme malheureuse, mais presque une femme suspecte.C’esl ainsi dans le monde: une divorcée.voilà tout ce qu’on se dit.Et comment irait-on au fond des choses?Oh! j’ai tout senti, soyez-en sûr; j’ai souffert de tout et, peu à peu, je me suis habituée à souffrir tandis que les autres se lassaient de me soupçonner.Il n’était plus là pour troubler ma vio.Quelques demandes seulement parfois, oui, des demandes de secours; vous voyez que je ne vous cache rien.Mais je pouvais les satisfaire., J’ai été relativement tranquille jusqu’à ce jour où, après dix ans, je l’ai retrouvé en face de moi.Vous vous rappelez.le jour de la bataille des fleurs.quand i! a lancé ce bouquet.Je l’ai reconnu tout de suite.J’ai compris tpie le malheur revenait.En effet, depuis, la persécution n recommencé.Valérien eut un mouvement qu’elle interpréta, car, cédant à celte fierté avouée tout à l’heure: — Ce n’est pas lui qu’il faut ac- cuser, monsieur.Jamais, de lui-même, il n’eùt entrepris cette abominable campagne.Il n’est que dévoyé, livré à toutes les mauvaises influences, un instrument dans les mains de ce misérable Spun-den.A ce nom de Spanden, l’épeure-ment qui avait diminué depuis qu’elle se trouvait sous la protection de Valérien la reprenait, et, agitée, fiévreuse : — Celui-là, oh! c'est le plus vil des scélérats, un de ces voleurs de secrets, de ces exploiteurs cyniques vivant de la honte et du malheur des autres.Comment a-t-il connu M.de Soyssel?Je l’ignore.Mais c’est lui qui a monté toute cette affaire, où il s’est arrogé le rôle de confident, de conseiller, d’intermédiaire.C’était lui qui venait porter les menaces, chercher l’argent, car tout ceci, je vous le répèle, n’esl qu’une question d’argent.11 me dépouillait pour dépouiller mon mari ensuite; et il m’a fallu le supporter, le recevoir, me laisser presque compromettre par lui; dissimuler, tromper, depuis quatre mois vivre dans les Iranses comme une coupable qui craint à chaque instant d’être découverte.Elle eut un sourire amer et, achevant: — Ce n'est pas tout encore.Il a fallu que je revoie mon mari chez Spanden, où il se cachait sous un faux nom.J’y suis allée hier, en secret, comme à un rendez vous.Là, dans la cour de cette horrible maison de la rue des Palmes, nous nous sommes parlé pour la première fois depuis dix ans.L’assistance qu’il voulait obtenir de moi, il l’a obtenue encore.A cette condition, il me jurait de repartir le soir même, mais Spanden l’a retenu.Je me doutais bien que je le retrouverais à Monaco.Seulement, je ne me doutais pas de ce qui arriverait.Toutes les humiliations, toutes les terreurs de cette journée écoulée reparaissaient au fond de ses yeux.— Et, reprit-elle, j’ai encore eu le courage de le voir tomber, là, devant moi, sans pousser un cri, de venir à ce souper pour qu’on ne se doutât de rien, qu’on ne sût pas que c’était lui.Cependant, je ne pouvais m’en aller avant d’être rassurée sur son compte.Sa blessure n’a aucune gravité.Demain il partira.Personne ne sait son nom.Que je parvienne encore à donner le change sur l’emploi de mon temps ce soir, et tout est sauvé.Jusqu’alors, Valérien l’avait écoutée, tâchant d’abord de bien saisir la situation.El puis qu’aurait-il pu exprimer sans blesser Charlotte?Ni son indignation, ni même toute sa compassion.Mais, qui vous garantit que Spanden le laissera partir?demanda-t-il brièvement.La jeune femme hésita, puis, résolue à lout dire: — Quel intérêt les retiendrait ici maintenant?Ils ntont plus rien à me prendre! UUe restait accablée, comme si la honte de cet aveu eût été sienne.Dans les prunelles bleues de Valérien une lueur passa.— Je puis au moins vous débarrasser de Spanden, madame, dit-il, la voix sèche.De nouveau, elle s’affola: — Non, ne vous attaquez pas à Spanden.Il parlerait, et vous ne pourriez le démentir, car il dirait la vérité.A cette vérité, je préfère encore toutes les calomnies.Elle se reculait dans son coin, dé-(ouniant la tète, appuyant son front à la vilre, le regard plongé dans la nuit, el elle n’entrevoyait partout que des abinus ténébreux, des pièges, des gouffres où allait sombrer son renom d’honnête femme, le seul bien qui lui restât.— Mais, reprit Valérien, cherchant un espoir, personne ne sait que vous n'èles pas rentrée chez vous avec les vôtres! Ceux-ri seulement pourraient demander une explication! Pourquoi ne pats la leur donner?(A ruivT*) 13 LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 21 JANVIER 1913 VOL.IV.— No.16.O TEMPERATURE Bulletin d’après le thermomètre de Hear & Harrison.10-12 rue Notre-Dame-Est.R.de Mesle, gérant.Aujourd’hui maximum .24 Même date l'an dernier .16 Aujourd'hui minimum .* 18 Même date l’an dernier .10 BAROMETRE 8 h.matin, 30.10; 11 h.matin, 30.17; midi, 30.19.DEMAIN BEAU ET FROID (Service particulier) Toronto, 21.—La basse pression (jui ilpprochait d’Ontario hier matin se fait sentir aujourd’hui dans la région du Bas Saint-Laurent.Elle a provoqué de forts vents, de la pluie et de la neige.Dans les provinces de l’Ouest, excepté dans le sud d’Alberta, le temps se maintient extrêmement froid.Ottawa et Haut Saint-Laurent.— Beau et froid aujourd’hui et demain.Bas Saint-Laurent.— Vents de l’Ouest.Beau et froid aujourd’hui et demain.Golfe et Provinces Maritimes .—Bourrasques de l’ouest au nord-ouest.Demain, plus froid.Beau.UNE ERUPTION VOLOANIQUEiLJI PAIX SERA GONGLUELA REPRISE DU OEBAT Elle s’est produite aujourdhui au Mexique.— Des villages entiers sont menacés par le torrent de laves.— Nombreuses pertes de vie {Service particulier) Guadalajara, Mexico, 21.—- Le volcan de Colimo a eu une éruption violente aujourd’hui.Des milliers de personnes se sont sauvées des villages environnants.Il est très possible qu’il y a des centaines de pertes de vie.Des centaines de sinistres sont arrivés dans cette ville ce matin.Les fuyards ont pris un train composé de plusieurs wagons à bestiaux et ont été obligés de travailler, pendant plusieurs heures, avant de dégager la voie des laves qui s’y étaient entassées.Un vent violent soufflait du sable avec force aveuglant tout le '#onde.Aux dernières nouvelles, les communications de chemin de fer étaient interrompues et une couche de sable de plusieurs .pieds d’épaisseur couvrait les rails.ÉPHÉMÉRIDES 21 JANVIER 1911 —Un coup de grisou dans une mine de la Pologne russe ensevelit quatre cents mineurs.Quarante cadavres sont immédiatement retirés des décombres.Des incendies désastreux A WOONSOCKET, UN THEATRE DE CINEMA BRULE, ET LE FEU ENDOMMAGE LES BATISSES AVOISINANTES.UNE PETITE VILLE DE L’OHIO ESSUIE EGALEMENT DES PERTES PAR LE FEU.— UN HOMME BRULE VIF A BUFFALO.—On annonce d’Ottawa qu'un scandale est à la veille d’éclater à l’Imprimerie Nationale.Pour FHôpital Sainte-Justine C’est ce soir que le Théâtre National donnera, au profit des pe-lits malades de l’Hôpital Sainte-Justine, le Monde où l’on s’ennuie, de Pailleron.Le maire et madame Lavallée assisteront à la séance.Les billets sont en vente au théâtre.Mort d’une musicienne (Service particulier) New-York, 21.— Mme W.H.Tooey, gui fut Gertrude Sansouci, organiste îistinguée qui joua aux expositions de Buffalo, de Saint-Louis et de Chicago ,est morte hier à sa demeure le Weehawken.(Service particulier) Woonsocket, R.I., 21.— Un incendie dont on ne connaît pas l’origine a causé des pertes pour au moins $100,ÜÜ0 dans un cinéma et s’est répandu dans les édifices avoisinants.Les dommages ont été particulièrement considérables au théâtre et chez les frères l’alke, marchands de confection.BRULE VIF (Service particulier) Buffalo, N.-Y., 21.— Floras Fuller, (50 ans, riche citoyen de Holland, N.-Y., a été brûlé à mort dans un incendie qui a détruit sa maison aujourd’hui.L’inaendie s’est produit â la suite d’une terrifiante explosion de gaz naturel, à l’intérieur de la maison.Fuller a dit à des amis que sa femme était partie pour Buffalo, hier soir, mais il a été impossible de la trouver ici.ERIE Erie, N.-Y., 21.— Un incendie qui a éclaté aujourd’hui dans le soubassement de l’édifice Lawrie, au coeur de la section des affaires, a causé des dommages pour $2(50,-000.A NEW LONDON, OHIO (Service particulier) New-London, Ohio, 21.— Un incendie qui a menacé de détruire cette ville absolument, a éclaté dans le quartier des affaires à 2 heures aujourd’hui.Aidées par le vent violent, les flammes avaient consommé presque tout un pâté de maisons vers 8 heures ce matin et avait causé des pertes pour environ $100-000.Quelques heures plus tard, cependant, l’incendie était sous contrôle.Mort d’un amiral allemand Les Doctrines Evolutionnistes Belle reunion à Boston L’ASSOCIATION DE LA JEUNESSE CATHOLIQUE FRANCO-AMERICAINE DECIDE DE SE REORGANISER POUR LA LUTTE.UN COMITE PROVISOIRE EST FORME DANS LE BUT DE COMPOSER UN CONSEIL FEDERAL POUR DRESSER LES PLANS.LES DELEGUES CANADIENS (Service particulier) Boston, Mass., 21.— Les différents cercles de l’Association Catholique de la Jeunesse Franco-Américaine se sont réunis dimanche au Boston City Club pour réorganiser leur association.Plus de cinquante délégués des principaux centres franco-canadiens de la Nouvelle-Angleterre, Woonsocket, Manchester, Central Falls, Lowell, Salem, Fall-River, Manville et Warren, y assistaient.MM.Gustave Mouette, avocat, et A.W.Patenaude, gérant de banque; représentaient l’association Catholique de la Jeunesse Canadienne.Tous les délégués se sont prononcés en faveur de la nécessité d’une réorganisation.Ils y étaient encouragés par de nombreuses lettres de présidents de sociétés franco-américaines et de prêtres.Un comité provisoire de cinq membres a été nommé.Il verra à la composition du futur conseil fédéral et au choix d’un aumônier.M.Jalbert, avocat de Woonsocket, a présidé cette réunion.M.Adolphe Robert, journaliste, de Manchester, en fut le secrétaire.A la Chambre de Commerce L’ELECTION DES OFFICIERS ET DES CONSEILLERS AURA LIEU PROCHAINEMENT.(Service particulier) Berlin,, 21.— L’amiral von Hoffmann, qui fut ministre de la Marine de 1890 à 1897, est mort aujourd’hui à l’âge de 73 ans.Chez les pompiers Pour augmenter l’effectif du corps Ses pompiers selon lu budget, les coin-jnissaires ont engagé, ce matin, onze nouveaux hommes.M.Henri Martin CONSUL GENERAL DE LA CONFEDERATION SUISSE ARRIVE A MONTREAL.Depuis la mort de M.le consul R jj en Juin dernier et la démission de : .le vice-consul N.Huguenin, la Suis s n’était plus représentée officieileme! t à Montréal.Le gouvernement helvétique a déc-dé, le 9 novembre dernier, de donc t une plus grande importance à sa r '* présentation consulaire au Canada, a nommer un diplomate de carrière la position de Consul général, av o résidence à Montréal, et de confier sa poste ainsi transformé à M.Hen j Martin de Genève, un jeune juriscon suite qu'l s’est fait apprécier par sua activité et son intelligence des affai j res aux légations de Berlin, de Pa-‘ ris et de Washington, ainsi qu’au dé- ! partement politique à Berne.M.Martin doit arriver cette semaine dars notre ville, où il sera accueilli avec Joie par la colonie suisse, et où, par j sa présence et ses efforts, il contri- j huera certainement à établir des re- i lations commerciales plus étendues entre la Suisse et le Canada.CONFERENCE DU Dr J.-I.DESROCHES A L’UNION CATHOLIQUE.La nécessité d’instruire le public sur Je caractère des diverses théories évolutionnistes et de procurer de solides arguments pour les ré-futur a amené le Docteur Desroches à écrire une étude documentée dont il donnait de copieux extraits à l’Union Catholique, dimanche dernier.Les trois principales théories évolutionnistes sont, a-t-il fait voir, le Transformisme prôné par La-mark, le Darwinisme, cette forme la plus séduisante de l’cvolutionnis-me, et l’évolution universelle, finalement professée par Haeckel.Les deux premières de ces théories s’appliquent aux manifesta-;ons de la vie végétale et anima-e; tandis que Haeckel soutient que a matière est éternelle et qu’elle contient en elle-même le principe de la vie.Et la vie végétative serait le simple résultat de forces physico-chimiques.Aussi espère-t-on depuis longtemps surprendre la matière en train de se sensibiliser.Le conférencier réfuta ces différentes formes du matérialisme en citant leurs propres protagonistes: üaudry, Virchow, et en s’appuyant sur les avancés de savants sincères comme l'académicien Blanchard et de I .apparent.L’étude du Docteur J.I.Desroches sera bientôt publiée.Troubles à New-York Pour FEurope Les docteurs G.E.Iz;sago et P.II.Lesage, ainsi quo Mesdames Lesage, se sont embarqués, samedi, à bord du “ Franconia ”, pour un voyage de trois mois en Europe ert en Asie.UN JUGE A MONTREAL EN 1690 ipts«iug.•-tf-r “ pM.ài 92 Nor.Ohio.Can -Cot.L.35 34 N .S S.AC1.83 J 84 “ pid.78 fff Ogil.M.Co.Ca.Couver 4ÿi 431 OU.L.ft P.193 )S0 Can.Pacif.• , .Ptn.Mfc.C 75 60 57 60 1 “ pfd.93 " pfd.380 354 Dét.Rl Rv.79* 79 Québec Ry is ijj Dom C.C o.75 77 K.& O.N.d 118 Pfi.Rio Jan.L.- Dom.I.pfd R.C.Co.Ctn .Dom.S.Cor.ZÜ 55* ¦¦ pfd.Dom.T C.8li 82 Saw.M.Cm pfd.“ pfd.Dul.Sup.Shawinig., 148 1454 H.C.F.&P.C Sm.Rag.Co G.M.C.Co 44 441 pfd.- 44 - - - i t - - “ pfd Sherwin W Goodw.Co “ ofd.“ Pfd- .Spa.Riv.Co BD «Si Ill.Trac.pd Wj.m “ pfd.974 Laur.Com.230 231 St.Co.of C.274 27* L.oCWd.C.«74 147 “ pfd.90 j 834 Mack Cm.Toledo Ry.“ pfd.Tor.Ry .143} 1421 ex.L.&K 84 82 Tooke Bro 64 pfd “ pfd.M.Sc S.-F.’.301 Ü8 Twin City.108 “ .t)fd Winn.Ry.236) ¦23611 Wind Ht’l.“ pfd.Mt.Cot.Co.Mt.Cot.Ud 62 105 J Siège contesté (De notre correspondant) Québec, 21.— M.Noël Belleau, avocat, a reçu instruction ce matin, de prendre des procédures pour contester l’élection de l’échevin Ringuet élu hier pour représenter le siège No 1 du quartier Saint-Laurent, au conseil municipal de Lévis.Rappel sous les armes (Service particulier) Belgrade, 21.— Les officiers et soldats de l’armée serbe qui étaient en congé ont reçu l'ordre de rejoindre immédiatement leurs régiments.- La variole VENTES DE L’AVANT-MIDI Tuckott tobacco, 10 à 58 3-4.1).Textile, 10 à 81 3-4.Lake of the Woods, 50 à 144 1-2, Dom.Canners, 300 à 78, 25 à 77 3-4, 15 à 77 1-2.Bell Tél., 25 à 153, 51 à 153 1-2, 1 à 154, 4 à 153 7-8.Montréal Power, 102à 238, 25 à 238.C.P.R., 25 à 242 1-4.Canada Car, 10 à 82 1-2.Penmans Limited Quotation, 57 1-3 a 57.Crown Reserve, 300 à 3.50f Can.Cornent Pref., 5 à 92 1-2.Québec Hy, 3 à 08.Dominion Steel, 25 à 55 1-4, 10 S 55 1-4.I Détroit United, 25 à 79, 105 à 70 1-4, 10 à 79 1-4, 50 à 79.Richelieu et Ontario, 100 à 117 3-4, : 100 à 117 3-4.Banque d’Hochelaga, 50 à 160.Illinois Préféré, 25 à 91 1-2.Shenvin William, 1 à 60.On a rapporté quatre nouveaux cas do variole : trois hommes, hier, et une femme, ce matin.Compliments.—Sincèrement, combien d’années me donnez-vous ?—Oh ! Madame, vous on avez assez vraiment, sans que je vous en donne.A la caserne.—Mon capitaine m’avait pourtant dit que j'allais Mro nommé sergent et je no vois rien venir., —11 ne savait pas qu’il y a une criae do la sardine.DECES McMITCHELL.— A Montréal, It 19 janvier 1913, à l’âge de 88 ans 1 mois et 5 jours, est décédé, M.Israël McMitchell, bourgeois.Les funérailles auront lieu mercredi le.22 courant.Le convoi funèbre partira de la demeure de son gendre, M.Wilfrid Blanchard, No 136 rue Sainte-Emélie, à 7 heures 15 a.m., pour se rendre à l’église Saint-Henri où le service sera célébré, et de là au cimetière de la Côte-des-Neiges, lieu de 1s sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.SERVICE ANNIVERSAIRE LAUZON.— Mercredi, le 22 courant, à 8 heures, à l’église Saint-Jeprf.' Baptiste, sera chanté un service anniversaire pour le repos de l’âme de feu Joseph Lauzon, père d’Avila L’auzon, hôtelier.Parents et amis sont criés d’y assister.t i*' t V I S
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