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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mercredi 28 mai 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-05-28, Collections de BAnQ.

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VÜLCTME IV—No.122 MONTREAL, MERCREDI 28 MAI, 1913 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .UNION POSTALE ._ 93.00 $6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .ETATS-UNIS .UNION POSTALE $1.00 $1.50 $2.00 Rédaction Administration i 7U RUE S, v/ ’ACQUES MONT K '/• A.TELEPHONES: v ADMINISTRATION t Ms» 7461 REDACTION: Msin 7460 Directeur : HENRI BOURASSA M/S CE QUE DOIS l LE NATIONALISME ET LES PARTIS VII LA RECIPROCITE Les $200,000 de la Ligue Anti-Réciprociste Je crois avoir démontré que l’élection de Drunvmond-Arthabaska fit faire à M.Borden et au parti conservateur une évolution notable dans leur attitude publique sur la question navale et l’appel au peuple.Dans les relations intimes, le changement était encore plus marqué.Suivant l’expression énergique de M.Monk, les chefs torys étaient devenus pour nous d’une “politesse indécente”.Quand nous allions à Ottawa, les «conservateurs, qui nous maudissaient deux mois auparavant, nous sauraient au cou.Le péril que j’avais redouté — l’accaparement du mouvement au profit d’un parti — nous menaçait sérieusement.Le ministère libéral vint à notre secours.Sir Wilfrid Laurier, on le sait, avait renoncé depuis longtemps à toute idée d’une entente commerciale avec les Etats-Unis.L’année précédente, il avait repoussé les avances de M.Taft et les obsessions de M.Fielding, qui le pressait de lier partie avec le président de la Républi que.Affolé par sa déroute de Drummond-Arthabaska, il tourna bout pour bout et bâcla la convention douanière afin de créer une diversion dans le Québec, et aussi dans les provinces de l’Ouest, où sa politique navale n’était guère plus populaire qu’ici.Le calcul n’était pas mauvais.Nul doute que sans la réciprocité, le ministère libéral eût perdu quinze ou vingt sièges de plus dans la seule province de Québec.Mais le vieux chef avait compté sans la formidable levée de boucliers des financiers et des industriels.Il n’avait pas encore mesuré non plu^toute la profondeur du mal causé aux idées libérales et nationalistes, dans la province d’Ontario, par le torysme de sir George Ross et la faiblesse de son propre état-major ontarien, toujours empressé à désarmer les torys en leur empruntant leurs idées.* *• * On sait quel accueil le Devoir fit au projet de réciprocité.En dehors du mérite intrinsèque de la convention, nous n’étions pas ; fâchés d’avoir l’occasion de démontrer combien nous étions libres de toute attache avec le parti tory.Et surtout, nous étions enchantés de voir les ministres libéraux, qui avaient jusque là fait tant de bassesses pour s’attirer la faveur des impérialistes, jeter cette lourde pierre dans la mare aux grenouilles.Du reste, nous n’étions pas opposés en principe à toute mesure de ) réciprocité.Sans avoir jamais discuté à fond la question du tarif douanier •— ;qui ne s’était guère posée depuis l’origine du mouvement, en 1899 — la ‘Ligue nationaliste avait énoncé un principe général: Détermination de notre politique douanière au point de vue exclusif des intérêts canadiens.BILLET DU SOIE ILLETTRÉS Sans être protectionnistes à outrance, nous pensions, — et nous (croyons encore — que la thèse librc-cehangiste, toute juste qu’elle puis-ise être en principe, ne peut s’appliquer dans un pays de sept millions | d’habitants, voisin d’une nation de quatre-vingt-dix millions d’individus, ,dont la production industrielle, stimulée par un tarif fort élevé, est con-!centrée entre les mains de quelques trusts, les plus formidables du mon-jdc.D’autre part, nous avons toujours soutenu que le Canada, au lieu de jee lier par un seul tarif de faveur accordé à la Grande-Bretagne, devrait iêtre prêt, sans faire tort à ses industries, à nouer des relations commer (ciales avec n’importe quel pays, et parficulièrement avec les Etats-Unis.En ceci, comme presque en toute chose, les nationalistes sont restés, >on le voit, dans la tradition canadienne et dans la voie ouverte par sir (John Macdonald.* •* * 1 II n’est donc pas étonnant que nous ayons fait tout d’abord un ac-icueil plutôt favorable à la convention négociée par MM.Fielding et Pa-j terson — d’autant plus que le ministère affirmait alors n’ètre lié en au-'cune façon aux termes et à la durée d’un traité.Nous fîmes cependant d’importantes réserves, dont la principale était qu’il eût mieux valu attendre le résultat du mouvement créé aux Etats-Unis pour imposer un abaissement général du tarif.Dès le 3 février 1911, j’écrivais ceci: “N’eût-il pas été plus sage de laisser la réaction atteindre son point culminant, à l’élection présidentielle et sénatoriale de 1912, et de négocier avec un président, un sénat et une chambre des représentants également favorables à la réduction du tarif et à la réciprocité ?M.Taft ne s’est-il pas empressé de bâcler la convention avant qu’un pouvoir exécutif et un congrès plus dégagés des influences protectionnistes n’offrissent au Canada des conditions plus avantageuses ?En ceci comme en maintes autres circonstances, les “démolisseurs” et les “ratés” du nationalisme n’ont-ils pas vu plus clair que les “politiciens pratiques” et les grands hommes d’Etat du rougisme?Le 21 février, le Devoir conseillait la suspension des délibérations à Ottawa.Et le 6 mars, après le refus du sénat américain d’approuver la convention, j’écrivais en toutes lettres: ‘‘La convention ne doit pas itre ratifiée [à Ottawa] ; il faut négocier à nouveau.” c- *• * Du reste, nous nous gardâmes soigneusement d’entrer dans les rangs des anti-réciprocistes à tous crins.Nous fûmes les premiers à dénoncer l’odieuse et grotesque campagne du Star, qui avait entrepris de prouver aux Canadiens-français que la réciprocité commerciale avec les Etats-Unis entraînerait la perte de leur langue et de leur religion.Quand la junte de'Toronto, présidée par sir Edmund Walker, choisit Sifton comme son porte-étendard, nous lui fîmes promptement son affaire, ce qui nous valut les injures de quelques bleus, embusqués dans cette boîte à tout mettre: la Patrie.Et lorsque l’agent de la Ligue anti-réciprociste vint nous offrir ses articles patriotiques et ses subsides, le Devoir ferma sa porte au monsieur, â sa littérature et à son argent.Ce qui n’empêcha pas les chefs libéraux, leurs sous-ordres et leurs valets de plume de répéter, six mois durant, que le Devoir s’était vendu aux bleus et à la Ligue anti-réciprociste pour deux cent mille dollars.Le plus plaisant de l’affaire, c’est que plusieurs journaux libéraux, le Globe en tête, publièrent, à titre d’annonces grassement payées, les articles que nous avions refusés.II n’y a pas que les journaux vendus au trust des armements qui pratiquent l’industrie de la propagande des Idées à tant le pouce carré.Les honnêtes gens et les badauds, qui ne connaissent pas les dessous de la polilique et le fond de l’âme des politiciens, ne peuvent imaginer à quel degré de cynisme peuvent descendre les hommes d’Etat les plus huppés, à cruelle abjecte besogne peuvent se plier les journalistes, les députés et les “orateurs” qui les servent.Cette heureuse ignorance les empêche de bien comprendre l’intérêt que tous ces gens-là ont à faire passer pour des “fous”, des “ratés”, des “calomniateurs”, des “démolisseurs”, les rares hommes libres qui, ayant repoussé leurs arrhes, ne craignent pas de dénoncer leurs turpitudes.C’est l’éternelle histoire du filou qui, avant de dévaliser la maison, fait tuer le chien de garde en criant partout qu’il est enragé.Et c’est généralement le futur volé _______ comme dirait l’incomparable D.-A.Lafortune — c’est-à-dire le bon public gogo, qui se charge d’étrangler le malin, # « # Notre altitude sur la réciprocité n’interrompit nullement nos bons rapports avec M.Monk et son groupe.Tout en tenant compte des exigences de sa circonscription électorale, fortement opposée à la réciprocité.Je député de Jacques-Cartier prit, au début, une attitude analogue ii la nôtre.Son discours au banquet d’anniversaire du Devoir, le 28 Janvier 1911, en témoigne.L’un de scs plus fidèles lieutenants, tout favorable qu’il fût à un rapprochement avec le parti conservateur, ne se gênait pas de dire que si les chefs torys voulaient causer des ennuis au groupe indépendant et même aux nationalistes, M.Monk serait justifiable d’appuyer le gouvernement sur la question du tarif afin de casser les reins à la junte tory-impérialiste.C’est vers ce temps-là que M.Borden se décida à entamer des négociations avec les nationalistes.Henri BOURASSA.Il g a 250,000 illettrés dans la province de Québec.C’est le journal au ‘‘Letter from near Victoria Square”, le pseudo libéral, quasi torn et franchement impérialiste Herald pour le bien désigner, qui a fait cette découverte.Mais comme il s’est trompé d’une unité, et quelle unité! il est important, quoiqu’en puisse souffrir sa modestie, de rétablir les chiffres.Après avoir lu son article musical de samedi, Ton peut dire qu’au nombre fantaisiste d’illettrés que comp le le Québec, il y a, en plus, un âne et que cet âne brait au Herald.Dans un articule! sur Britanni eus, voici ce qu’écrit le journal qui se voile la face après avoir cuisiné à sa façon les statistiques scolaires pour démontrer que nous sommes ici, dans Québec, des arriérés.Voici le poulet:— ‘‘La représentation de l’opéra tragique de Bacine, “Britannicus”, par les élèves du conservatoire Lasal-le.clôturera la saison musicale.“Britannicus est une oeuvre puissante dans laquelle des chanteurs les plus habiles seraient obligés de donner toute leur mesure.elle, nécessite une grande habileté vocale.” Suit un synopsis de l’opéra de Bacine et la distribution avec le nom des chanteurs.Britannicus! Opéra! Bacine! Ma fêle! Lecteurs, si jamais quelqu’un vous parle de nos illettrés, si Ton veut en voir un authentique, qui parle, mangre et écrit, hélas! allez lui montrer TAUboron du Herald.4 lui seul il vaut 1rs 250,000 autres que son journal a découverts (?).Max SOREL.M.Louis Gillet DEMAIN.— Les conservateurs sollicitent le concours des nationalistes, par M.Henri Bourassa M.Louis Gillet n’est pas perdu pour les lettres françaises; il s’en faut.Une sûre affinité l’a conduit tout doucement vers les choses d’art qu’il excelle à comprendre et à expliquer.11 s’est fait là, en quelques années, une place d’élite dans un domaine qui exige des dons plus rares, et rend ainsi la rivalité plus difficile.De temps en temps il publie un article de revue sur un maître préféré, ou sur une exposition qui l’a intéressé.Dans l’espace de quelques mois voici qu’il nous donne deux ouvrages considérables, d’abord L’Histoire artistique des ordres mendiants, et aujourd’hui même La peinture aux XVile et XVIIIc siècles.Ce dernier volume, abondamment illustré, est merveilleux de clarté: il se lit avec un intérêt qui pas un instant ne fléchit.Il ira dans toutes les bibliothèques qui désirent avoir un petit département pour les études artistiques.Je suis sûr que M.Gillet possède, pour parler peinture, un ensemble de qualités dont l’accord n’est pas commun; et ceux qui liront ces jours-ci son dernier volume ne m’en donneront pas le démenti.Jusqu’à quel point il connaît la technique de la peinture et es dessous du métier, je ne saurais dire.Mais d’abord il a une âme qui vibre eu face de la beauté.On sent que certaines toiles, surtout celles qui ont saisi quelque rare aspect de la grâce féminine, lui donnent une impression presque aiguë.Et puis il a la’’mélancolie propre aux grandes âmes devant la caducité des choses.Très souvent, â propos d’une oeuvre de maître, on trouve sous sa plume une réflexion de ce genre-ci: Ce fut un moment fortuné: il y a eu là entre le modèle, 1 artiste et l’époque une rencontre d où est sortie une chose exquise, et qu’un rien eût dérangée.Une érudition déjà considérable permet a M.Gillet de saisir toutes les influences qui viennent agir sur un talent et le fixer, hérédité, éducation première, milieu social, contagion des maîtres rivaux.Par-dessus tout cela il y a le mérite du style.M.Gillet arrive souvent à trouver des mots qui suscitent les plus fines nuances d’un tableau avec autant de vérité que le pinceau.Si le dernier volume de l’éminent critique se lit facilement cela tient beaucoup au talent, mais pas uniquement.M.Gillet s’est engagé dans les deux siècles artistiques que la gravure, en somme, a le plus popularisés; et d’autre part, forcé d’aller vite, il s’arrête sur chaque auteur juste au point où commencerait la fatigue pour le lecteur.Il y a quelques années, nous avons eu à Montréal une exposition d’oeuvres françaises.Elle était deslinée à nous faire connaître la dernière formule de l’art.Mais notre public, faiblement initié sans doute, s’est obstiné à trouver violents les tons de l’inmressionisme.M.Gillet s'est alors dévoué pour expliquer le mérite de ces toiles, et il l’a fait avec une virtuosité qui a renvoyé tout le monde content, exposants et public.Dans quelque temps, M.Gillet va nous revenir, accompagnant une autre exposition française, cette fois plus éclectique.M.Hanotaux, président du comité France-Amérique, et M.Louis Jaray, .secretaire général, préparent une assez vaste exposition pour le Brésil.Ils ont été abordés, et se montrent disposés à diriger sur Montréal un certain nombre des toiles dont s’honore le plus la peinture française.Maintenant, poux amorcer les amateurs, je vais donner un court extrait du dernier ouvrage de M.Gillet, mais en le prenant au hasard, je vous jure, comme les petites filles qui tirent une image en insérant une épingle dans les feuilles d’un livre.VAN DYCK EN ANGLETERRE “La cour la plus aimable d’Europe; un roi de trente ans, une reine de vingt; autour d’eux, rien que de la jeunesse, un monde d’adolescents frénétiques de vivre, après l’ennui forcé du règne d’Elisabeth; tous les carillons de gaîté de la merry England éclatant à la fois, un réveillon de fêtes, de rires, de voluptés, et quelque part dans la coulisse, l’ombre du Protecteur et l’échafaud de Whitehall: quelle société fut jamais mieux faite pour son peintre, aussi brillante et aussi brève?La nuance de mélancolie oro-pre à i’âme de Van Dyck, pâleur d’épuisement des êtres de plaisir, l’oraerri aliqnid des excès de délices, 1 angoisse indéfinie d’un rapide destin, autant de vérités de plus dans sa peinture de cet essaim de condamnés charmants.Grâce à cette conformité unique de l’artiste et de l’heure, à ce mélange de fêtes et de pressentiments funestes, l’oeuvre anglaise de Van Dyck est sans pareille entre les oeuvres de tous les portraitistes.Le Charles 1er du Louvre, par l’intelligence profonde d’un visage et d’une âme, par l’allure à la fois intime et cavalière, le choix merveilleux de l’instant, le style inouï de noblesse et de simplicité, le charme de toutes choses autour de la personne, l’expression rayonnante et triste qui s’en dégage, ce tableau, pour ne prendre qu’un exemple célèbre, est un de ces chefs-d’oeuvre qui résument un art, une histoire, et obligent l’avenir à voir éternellement une minute du passé sous une couleur inénarrable de légende et de poésie.” Plus d’un lecteur reconnaîtra ici cette grande manière, ce souffle superbe, ce lyrisme qu’on applaudissait à l’Université Laval.Eh bien, le livre tout entier est de ce mérite.Hector FILIATRAULT, P.S.S.Dans les Balkans LE LITIGE SERBO-BULGARE L’alliance des Etats balkaniques n a jamais été bien robuste^ Fort ébranlée déjà à la fin des hostilités, il est à craindre qu’elle ne survive pas aux querelles et aux jalousies engendrees a l’occasion du partage des territoires conquis.Le conflit entre la Serbie et la Bulgarie en est à la période aiguë.La Russie peut seule aujourd’hui rétablir l’accord entre les intérêts en litige, à la condition, toutefois, de dominer les influences qui pourraient l’écarter d’une rigoureuse impartialité.Il Paraît, en effet, fort difficile d’empêcher la Bulgarie et la Serbie soutenue par la Grèce — d’en \enii aux mains et de régler leurs comptes sur le champ de bataille, quand le gouvernement de Belgrade exige, sur le ton de l’ultimatum, la revision ou du moins une interprétation généreuse des accords territoriaux signés il y a un an.Aux termes de ces accords, s’il faut en croire une correspondance de Londres, datée de la mi-avril, deux lots étaient faits des territoires à conquérir sur les Turcs, les uns étant dits: territoires incontes-lés, et les autres: territoires contestés.Tout le pays situé à l’est de Kumanovo, le sandjak de Scutari, était, sans conteste possible, attribué à la Serbie; tout le pays situé à 1 est du Rhodope et de la Struma, était aussi nettement donné à la Bulgarie.La région intermédiaire — la région contestée — sauf quelques points attribués d’avance à l’un ou l’autre des contractants, devait être partagée plus tard à l’amiable, l’empcrejlr de Russie intervenant comme arbitre en cas de besoin.11 était entendu que la Bulga' rie ne s’enfoncerait pas en Thrace outre mesure, que, par exemple, la région d’Andrinople serait respectée par elle comme dépendant trop étroitement de Constantinople.Telles étaient les lignes générales du partage intervenu avant la guerre.Les parts territoriales de la Serbie et de la Bulgarie étaient respectivement proportionnelles au nombre d’hommes qu’elles s’engageaient à mettre en campagne, la Serbie 150,000 hommes et la Bulgarie 200,-000 hommes.Des stipulations d’ordre purement militaire complétaient cette entente territoriale.La Bulgarie était tenue d’envoyer 100,000 hommes dans le pays du Vardar; en cas d'attaque de la Serbie par l’Autriche, elle s’engageait à la secourir avec 200,-00() hommes.Ainsi jinc répartition de l’effort à accomplir complétait la répartition des profits escomptés.La guerre est finie.Les événe-, monts n'ont pas suivi exactement le sillon que les diplomates leur avaient tracé.Pour commencer, la Serbie n’a pas mis en campagne 150,000 hommes, mais 310,000.D’autre part, à l’exception d’une division vite rappelée d'ailleurs et dirigée sur la Thrace, la Bulgarie n'a pas envoyé de soldats dans la Macédoine du sud, comme elle l’avait promis.Elle s’est, par contre, engagée profondément en Thrace; elle a poussé ses conquêtes beaucoup plus au sud qu’elle ne l’avait dit, arrêtant à elle seule le principal effort des Turcs et rendant d’autant plus facile la tâche de ses alliés.Lorsque l’Autriche a menacé d’arrêter le cours des conquêtes serbes, elle n’a donc pu mettre à la disposition de la Serbie les 200,000 hommes prévus.Cet abstention forcée du gouvernement de Sofia s’est marquée par un affaiblissement de la position diplomatique et militaire de la Serbie vis-à-vis de l’Autriche —- affaiblissement qui a certainement influencé le verdict de l’Europe en ce qui concerne l’Albanie du Nord.Ne recevant pas des Bulgares le secours promis, les Serbes ont par contre envoyé 50,000 hommes faire la guerre dans la Thrace du Sud.En résumé, la Serbie prétend que la Bulgarie a modifié dans l’exécution le plan arrêté l’an dernier entre les deux gouvernements.Elle a diminué en Macédoine son effort militaire pour l’accroître dans la Thrace.Par suite de ce changement, la Serbie estime avoir perdu de deux façons: elle a dû accomplir en Macédoine un effort beaucoup plus considérable.Engagée plus avant dans le pays du Vardar, privée de l’aide bulgare, elle a dû céder beaucoup de terrain dans l’Albanie du Nord.Dans ces conditions, si les conventions territoriales de l’an dernier étaient rigoureusement appliquées, la déviation subie par l’action militaire de la ligue balkanique se traduirait territorialement par un gros profit pour les Bulgares — en Thrace — et par une perte sèche pour la Serbie — l’Albanie du Nord.Le moyen de rétablir l’équilibre entre les deux alliés, serait d’augmenter dans la Macédoine du sud la portion serbe ,si réellement la Serbie est en perte.L’utilité du traité intervenu l’an dernier est de donner une échelle de valeurs fixe, d’établir un rapport certain entre telle force militaire et telle étendue territoriale.Grâce à la mise en oeuvre de cet étalon, Serbie et Bulgarie, fidèles à l’esprit de leur alliance, devraient être en mesure aujourd’hui de partager à l’amiable leurs conquêtes.Malheureusement, il n’en est pas ainsi, et la paix balkanique sera peut-être troublée même avant la signature du traité préliminaire avec la Turquie.Uldéric TREMBLAY.LETTRE D’OTTAWA L’amendement qui tuera le bill naval.—Le discours de Sir Geo.Ross périalistes qui a duré près de deux heures et qui a été écouté attentivement par un auditoire considérable qui comptait sir Cecil Spring-Rice, ambassadeur d’Angleterre à Washington, sir Wilfrid Laurier, sir F.Borden, M.Fielding et un grand nombre de députés.Sir Cecil Spring-Rice et sir Frederick Borden occupaient des fauteuils à gauche du trône, tandis que sir Wilfrid Laurier, invité par le président du Sénat à prendre un siège à côté •-« J-" oxvfjc «g V.A/IC .* , .- ' d’eux, a préféré rester sur les ban- son discours et se rend comp- __.ai - ï • • 11* f 1 n 1 a fc» c v\r\ n e 11 : < A : : _ i Sur le Pont d’Avignon.‘M.Borden est un séparatiste”, disait hier après-midi, au Sénat, sir George Ross qui, lui, se dit impérialiste.C’est égal: M.Borden séparatiste?Sir George ne pouvait trouver de pire injure à adresser au premier ministre, qui fait un crime à M.Laurier de ses déclarations séparatistes d’il y a vingt ans.* * » Le sénateur Lafollette, du Wisconsin, se propose de faire un discours d’une semaine sur certaines clauses du bill du tarif, à Washington, disent les dépêches.Une semaine?Enfonce, D,-A.l ?* * Un type du nom de J.-H.Rainville, et qui se dit député de Cham-bly-Vcrchères, serait allé, d’après la Gazette, faire un discours politique, à Alexandria, dans Ontario, et y aurait déclaré que “les électeurs de langue française de Québec ratifieront certainement le bill Borden.” On est prié de ne pas confondre avec M .T.-H.RainvRV l’authentique, celui-là, et dépu fl.Ve Chambly-Verchères par accident.* * * “C’est évidemment avec de tels appels aux préjugés que les torys se proposent de combattre les libéraux aux prochaines élections, qu'ds admettent maintenant être inévitables”, écrit le Canada, ee matin, à pronos d’un article du Herald, de Halifax.Ainsi, “les torys admettent que les prochaines élections sont inévitables”?Mais tout le monde l’admet, que les élections à venir viendront.M.LaPalisse doit collaborer au Canada.« ?V Une feuille lauriériste, à propos du renvoi de M.J.B.T.Caron, membre de la commission de l’In-tercolonial, écrit que “le Devoir ne proteste même pas contre cette injustice flagrante faite à notre race, mais que même son correspondant parlementaire trouve le tour de blâ mer l’opposition libérale de l’avoir signalée.” Or, voici ce que noire correspondant écrivait hier même: “Quoi qu’il en soit, s’il (M.Caron) est compétent, ce n’est pas une raison, (sa nomination après celle des autres commissaires) pour l'éliminer aujourd’hui.L’opposition a plaidé .sa cause avec vigueur et M.Lemieux a même rappelé que le gouvernement libéral avait fait preuve de plus de générosité A l’égard de deux ou trois anciens députés conservateurs que leur défaite avait placés dans des conditions difficiles.Peul-être.Mais je connais au moins cent employés de ITntereolonial destitués sans raison, en 1898, et sur le sort desquels ni M.Lemieux ni M.Gauvreau ne se sont jamais apitoyés.” Dû est là-dedans le reproche à l'opposition libérale d'avoir signalé la dcslitution de M.Caron?* * m Le l’ruth dit que le Sénat cana- Ottawa, 27.— ‘‘Celte Chambre dirige la critique.Le budget de la n’est pas justifiable de donner son milice en est rendu dans les dix consentement à ta dite loi avant millions.C’est un chiffre qui épou-que celle-ci n’ait été soumise au ju- vante la gauche, excepté le colonel gement du pays.” Telle est la con- McLean qui croit que l’on ne dé-clusion à lauuelle en est arrivée sir pense pas encore assez pour la mi George Ross, leader libéral au Sé- lice, nat, après un discours des plus im- quettes ordinaires.La réputation oratoire de sir George Ross, plutôt que l’amendement qu’il devait prpooser, avait attiré cette foule.On savait en effet depuis le matin que le parti libéral du Sénat avait décidé de rendre à M.Lougheed sa propre monnaie en proposant la même motion, mot pour mot, que celle proposée par le leader conservateur au bill naval Laurier il y a deux ans; mais on ignorait quelle forme sir George Ross donnerait à son argumentation et l’on devait se demander aussi si ce vieillard perclus, incapable de se lever seul de son siège roulant gardait toujours cette lucidité intellectuelle et ce brillant oratoire qui en ont fait si longtemps l’un des plus beaux orateurs anglais du Canada.Sir George n’a plus la fougue des jeunes années et il y avait quelque chose de pénible à voir ce vieillard paralysé dans ses meilleure mouvements par la maladie qui le tient cloué à son siège.Il a suppléé au geste par le jeu de la voix et l’effet du sarcasme.Evitant les longues citations, analysant plutôt les arguments qu’il voulait réfuter, sir George Ross a fait un discours qui se lient et qui est peut-être, en somme, le meilleur de tout le débat.Il n’y a pourtant rien de très neuf dans son argumentation mais la forme est si élégante et si littéraire qu’on lira ce discours avec plaisir.Sir Mackenzie Rowell, qui devait lui donner la répliqué, en a été empêche par une indisposition passagère.Le sénateur Bolduc l’a remplacé et bien qu’averti une demi-heure à peine avant la séance, «s’est tiré d’affaire avec, aisance du point de vue ministériel.M.Bolduc s’est prononcé en faveur de la contribution pour éviter la construction de la marine que le pays n’a pas le moyen de se donner.Quant à l’amendement, il est d’opinion qu’il devra mettre fin à la dénonciation de l’alliance tory-nationaliste, puisqu’il demande à peu près ce que les nationalistes réclament.Ceux-ci du moins restent conséquents avec leur passé tandis que les libéraux en votant aujourd’hui pour le même amendement qu’ils ont rejeté il y a deux ans, montrent que le changement ne les embarrasse point.* * * Avant la reprise du débat, on procédé à la présentation des qua très nouveaux sénateurs qui vien nent augmenter le contingent con servateur.Au Sénat, c’est une for - V, V.3I, une 4VJI- * * * malitc assez longue.Le président » 4- .4 .- I «s annonce d’abord qu'il est informé de la nomination des nouveaux sénateurs, puis il ajoute que ceux-ci attendent d’être présentés.Deux sénateurs vont les chercher, le greffier lit leur commission, puis les assermenté et ceux-ci signent le registre de la Chambre haute.Les nouveaux sénateurs sont tous gens dans la force de l’âge et l’on dit que pour deux d’entre eux leur nomination a été une surprise.Aux Communes, l’on continue l’étude et la discussion des crédits.Ce soir c’est le ministre de la mi’iiee qui subit l’épreuve et M.Carvell qui * * * J’oubliais que le sénateur Legris a relevé vivement l’entrevue de sir Charles Tapper publiée dans les journaux du matin au sujet de l’attitude probable du Sénat.Le sénateur Legris est d’opinion que le Sénat peut se passer des leçons du vieux baronnet.Et sir George Ross commence sa réplique à M .Lougheed.Ses partisans l’applaudissent chaleureusement.Il félicite M.Lougheed de la clar- té de la responsabilité qui incombe au Sénat en ce moment où les yeux de la mère-patrie et des colonies soeurs sont tournés du côté du Canada.“Malheureusement, dit-il, les voix qui parlent sur ce sujet, sont, à cause de circonstances dont il n’est pas responsable, interprétées comme la voix des partis au lieu de la voix du pays.Je n’ai pas à mettre en doute la loyauté de ceux qui diffèrent d’opinion avec moi et j’espère que ceux qui liront nos discours croiront que nous sommes également anxieux, bien que par des moyens différents, de maintenir la solidarité de l’Empire britannique.Sir George refait rapidement l’histoire de la question navale qui a été posée d’une façon concrète par la motion Foster en 1909, transformée par les amendements Laurier et Borden en une résolution déclarant que “le Canada devait assu< mer sa part de responsabilité dan/ la défense nationale”.Tous les mem bres du Sénat approuvenUcette déclaration.“Je crois parler au nom du Sénat, dit sir George, quand j/ dis que nous approuvons unanimement la proposition que la Chambra des Communes votait unanimement en 1909.Cette résolution porte la marque d'hommes d’Etat patriotes( elle affirmait que le Canada étaif prêt à coopérer en union intime avec la marine britannique à maintenir la sécurité essentielle à l’Empire et à la paix du inonde.Cette résolution a été lue d’un océan à l’autre et je crois que les sentiments qu’elle exprimait avertit le Canada qu’il entrait dans une ère nouvelle.” Sir George extrait ensuite des discours de MM.Laurier, Borden et Foster, qu’il appelle les trois parrains de cette résolution tout ce qui peut appuyer sa thèse.M.Borden disait que la première chose à faire serait pour le Canada d’avoir “sa force navale à lui”; que la politique de contribution conduirait "aux frictions et aux difficultés”.M.Foster ajoutait qu’une “politique de contribution ne conviendrait pas à l’orgueil national”.Ces déclarations et cette politique me conviennent parfaitement, dit sir Georges.Elles convinrent au parlement et an peuple canadien et se traduisirent par l’acte naval de 1910.Et le gouvernement actuel est aussi responsable que l’ancien de cette loi puisqu’il ne l’a pas rappelée.Et cette loi permet au gouvernement de faire tout ce qu’il propose dien, par son attitude sur le bill Borden, soulagera la Grande-Bretagne de l’entretien des navires de guerre que Je premier ministre veut lui donner.Le Truth est un journal anglais qui dit la vérité.m * m M.Robb, député libéral de Huntingdon, protestait hier contre le budget exorbitant de la milice canadienne.“Notre agriculture dépenserait avec profit plus d’argent, quand bien même la milice en dépenserait moins”, disait-il.M.Robb parle d’or.Mais il peut être certain que, soit crainte de passer pour n’ètre pas assez loyale, soit mémoire de sa culpabilité, au sujet du budget de la milice, dans le passé, la gauche laissera M.Hughes dépenser tout ce qu’il voudra pour nos soldats d’opera-comi-quc.* * • Un confrère du dimanche annonçait récemment que MM.l'olleticr, Nantel et Coderre viendraient tenir une assemblée publique, à Montréal, sur le Champ de Mars, pour expliquer leur atlitude sur la question navale.La nouvelle était si invraisemblable que personne ne l’a cru; imaginez done M.Nantel parlant de contribution en public, quand il n’osa même pas en souffler mut aux Communefl! Le Veilleur.tage.Le parlement peut voter 3t millions et même trois fois ce mon tant et s’il y avait urgence tout cc que le gouvernement aurait à fair< serait de demander 10 ou 15 mil lions pour commencer immédiate ment la construction de cuirassés b où il pourrait les faire construire C’est le principe qui a toujours gui dé le parlement dans la dépense des deniers publies.Quand on a construit le Pacifique, l’on n’a pa: voté cent millions d’un coup, mai: on a voté l’argent d'année en année Si le gouvernement veut construire trois ou quatre cuirassés il n’a qu’i demander l’argent au fur et à mesure qu'il en a besoin et procéder en vertu de la loi navale Laurier.Donc qu’il ait urgence ou non, le bill actuel n’est aucunement nécessaire.D’ailleurs, le mémoire de l’Amirauté ne dit pas qu’il y a urgence mais simplement que si l’on veut aider la marine impériale ce doit être au moyen de vaisseaux les plus puissants.Sir George combat le bill actuel d’abord parce qu’il enlève au Canada la surveillance de la dépense des deniers affectés à la construction des vaisseaux.L’Acte de l’Amérique Britannique du Nord impose au Canada l’obligation de ia défense et en transférant cette obligation à l’Angleterre le gouvernement cède une partie de ses pouvoirs, chose qu’il n’a pas le droit do faire autrement qu’en amendant la constitution.L’urgence suffirait peut-êlrc pour faire disparaître cette objection parce qu’en cas de danger la nécessité fait loi, mais il n’y a pas d’urgence.Il le combat, parce que M.Borden lui-même a montré tout le danger résultant du contrôle de la dépense des deniers publics par un gouvernement non rc*pon- (Suite à la 2c page) Z vou rv LE DEVOIR.MONTREAL, MERCREDI.28 MAI 1913 Xo.123 LETTRE D’OTTAWA\UNE ENQUETE DU "NEW-YORK SUN” mpnl à U' loi de 1910.Enfin, sir George termine par un.1 péroraison toute chaude (i'im-où revient l’idée que ne doit pas se con- (Suite de la 1ère page) sable au peuple canadien.Il le coin _____ r bat, parce qu’il n’offre que des vais- j périalisme seaux vides; parce "'< ,JI parier de l’alliance notre défense.Ce «sentiment s’est af firnié en 1900 lorsque les v res canadiens sont allés .se ballre en Afrique pour la cause de la liberté.Contribuons à la défense navale de l’Empire de façon à promouvoir le sentiment national an Canada.Pour réussir il faut commencer; commençons notre organisation navale et poursuivons-la avec persévérance.Répondant à M.Borden qui disait, à Toronto, que sir Georges approuverait probablement son bill parce qu’il était bon impérialiste, il dit qu’il ne l’approuve pas précisément parce qu’il est impérialiste.“M.Borden est un séparatiste.Il dit lui-même que son bill causera de l’irritation entre le Canada et l'Empire.le ne veux pas «l'irritaiinn.Il dit qu’il conduira peul-élre à la sé-paration du Canada et de l’Empire, .le ne veux pas de séparation.Je veux le Canada uni à l’Empire maintenant et toujours.Je ne suis lias un «séparatiste; je suis un impérialiste.Et je trouve la .source de mon impérialisme dans l'Acte de l’Amérique britanniipie du Nord.Comprenons-nous bien ce qu’il contient?On peut l'élmlier u la lumière, de l'iiisloire d'Angleterre cl chaque page fournit malière à réflexion.Que «lit le préambule ?“Allendu que les provinces du Canada, de la Xoti-v.dlc-Ecosse et du Nouveau-Brunswick ont exprimé le désir de s’uuir mi fédération sous la Couronne du Royaume-Uni de la Gramle-Bret i-gne”.Or, j'appartiens à la province d’Ontario unie avec les autres provinces sous la Couronne.Si je .suis loyal, que puis-je être nuire chose qu’impérialiste?Si je «délais pas impérialiste, je serais en faveur de Findépendauce, mais jamais pour l’annexion.Si M.Borden dit qu’une contribution peut conduire à l’irritation je ne veux lias de contribution.Et si l’irritation est possible elle peut conduire à la séparation.Or, je veux l’union.Je veux mettre en pratique les principes de l'Acte de l'Amérique britannique du Nord.Je veux voir le Canada organiser sa défense et prendre part à b« défense de l'Empire.” Sir George réitère ses objections au bill naval actuel, puis il fail sa profession de foi impérialiste au nom du Sénat.“Que veut le Sénat du Canada?Le Sénat est pour la défense de l'Empire, de l'Australie jusqu’au péde, non pas dans la mer du Nord seulement, mais partout ù le drapeau anglais flotte.Le Sénat veut autant de vaisseaux de guerre du type le plus moderne qu’il en sera besoin, du moins en proportion de ses ressources.Le bjll ne pourvoit pas à cela.Le Sénat est en faveur d'une marine canadienne permanente pour garder ses côtes et défendre les routes maritimes de l’Angleterre et «le toutes les nations en paix avec l’Empire.Le Sénat veut la construction d’une marine et de chantiers avec le produit de l’industrie canadienne el la muin-d’oeuvre du peuple canadien.Le Sénat veut que le Canada ait .se.s marins instruits et préparés «fans une contribution d’urgence si nécessaire, el c’est ce qu’il a fait.L’amendement proposé est inexplicable, venant d’un parti qui a voté contre ce même principe il y a deux ans à peine .Est-ce un essai de rap-prochement des nationalistes?En a plus guère parler ue 1 alliance tory-nationalis-I te.Non pa«s que les nationalistes , ! scandalisent M.Bolduc.11 les trouve au contraire conséquents et très dignes «le respect, 11 n’en peut dire autant des libéraux «pii changent d’altitude aussi souvent que les besoins «hi parti l’exigent.Le fait esl qu’ils ont tout dénoncé ce qu’ils approuvent aujourd’hui.A les entendre à la tribune et même en Chambre on dirait que ce sont eux qui ont fait le Canadien Pacifiaue, acquis les Territoires du Nord-Ouest, toutes choses qui ont cependant été faites par les conservateurs.Le sénateur Roche continue le débat.Le vote sera pris jeudi très probablement et l’amendement Ross sera adopté.Ceux PAO Flou I CANADIEN AUTOUR DU MONDE $639.10 EMPRESS OF ASIA i de Liverpooi, le 14 Juin PORT D’ESCALE Madeira.Cape Town, Durban, Colombo, Singapore.Hong Kong, Shanghai, Nagasaki, Kobe et Yokohama.CHANGEMENT D’HORAIRE En vigueur le 1er de juin L’Impérial Limited qui partira à part actuellement: pour Vancouver à 10.30 p.m.9.45 pm pour Winnipeg.10.10 a.m 9.45 x.m.pour St-Paul, 9.50 p.m.10.30 p.m, pour Toronto Nord, It.15 p.m.11.00 p.m.WAGON-LIT POUR SAINT-ANDRE A partir du 15 de juin Part de la gare Windsor à 7.25 p.m , tous les jours.TAUX REDUITS En rigueur, le 3t mai.Tour les endroits de la rôle Nord du Pacifique, San Francisco et Los Angeles.TORONTO *9.05 a.m., et *10.00 p.m.A la gare Union Wagons-salon sur le train de jour *11.15 p.m., à la gare de la rue Yonge ’’J 1,00 p.m.après le 1er de iuin WAGONS A COMPARTIMENTS ' ET Wf GONS-LITS ECLAIRES A L’ELEC.TRICITE EXCURSIONS DE COLONS Billets d’aller et retour en vente pour Win- nippR, Edmonton et gares intermédiaires.Tous les mardi jusqu'au 28 octobre.Limite de retour 2 mois.BUREAUX DES BILLETS: 141-148 rue Saint Jacques Tél.Main 8125 ou à l’Hôtel Windsor, et aux gare» Placs Vigor et Windsor.PROVINCE DE QUEBEC, District da Joliette.Cour de Circuit No 7396.Mtres Tellicr et Ladouceur, avocats de Joliette, demandeurs vs Apollinaire Ouellette, défendeur.Le sixième jour de juin 1913 à dix heures de l’a-vant-midi, au domicile du dit défendeur, dans la paroisse de Saint-Laurent, district de.Montréal, seront vendus par autorité de Justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en chevaux voitures, etc.Conditions: argent comptant.J.E.COUTU, H.C.S.Montréal, 27' mai 1913.PROVINCE DE QUEBEC, District de Montréal.Cour de Circuit No 5599.J.-Bte Gascon vs Michel Lescarbeau.Le sixième jour de juin 1913 à dix heures de l’avant-midi, au domicile du dit défendeur, au No 2443 ru-e St-Urbain, en la Cité de Montréal, seront vendus par autorité de Justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en meubles de ménage, etc, Conditions: argent comptant.Antoine LAiPIERRE, H.p.S.Montréal, 2G mai 1913.routes comme dans la comédie.“Non, non, ce n’est point ainsi que l’on me parle.“Votre servante.E.D.P.” Bertrand, consterné, s’arracha les cheveux, et Alain pleura de dépit.“Je l’ai offensée, Alain! —Oui, monsieur.comment avez vous osé ?.—Je suis un imbécile.Dieu, que faire ?—Essayer de réparer, monsieur! Elle ne doit pas avoir un coeur dur.amollissez-la, monsieur! —Tu as raison.elle a une sensibilité exquise, Alain! Et vite il se mit sous les pieds de la maligne Hébé, qui n’était pas plus fâchée que le Grand Turc.“Je vous ai offensée, vous que j’adore et respecte, ange de raison! que je suis malheureux! Je vous aime plus que ma vie, plus qu’aucun homme n’a jamais aimé une femme, et je vous offense! “Je respecte votre père, je serais prêt à me jeter à la tête d’un tigre, s’il le fallait, pour le sauver, mais ne me défendez pas de désapprouver les singulières idées qui me séparent de vous.“Dites, je vous en prie, que vous ne m’en voulez pas, et recevez les plus respectueux hommages de celui qui vous est à tout jamais dévoué.B.da C.” Emmée à Bertrand.“Peut-être pardonné-je trop vite, mais je pardonne.Ce matin, en regardant tomber la pluie, je ne m’ennuyais pas, parce que j’avais dans la pensée, un peu dans le coeur, les phrases de votre lettre.“Vous feriez mieux d’aimer mon père, monsieur, que de songer à le défendre des griffes d’un tigre.Rencontre-t-on des tigres sur notre roc?Je ne l’ai jamais entendu dire.Vous avez, je crois, une grande imagination.La prochaine fois, vous me parlerez de panthère.“Je vous salue bien.E.D.P.’ Bertrand à Emmée.“Je ne sais, mademoiselle, sous quel aspect on aime mieux à vous voir.Quand vous êtes sérieuse, il semble que l’on vous voudrait toujours ainsi; quand vous riez, on rêve de.vous voir toujours rire; quand vous vous moquez, comme dans votre dernier billet, on voudrait toujours être l’objet de vos moqueries."Pardonnez-moi d’être un peu ridicule dans l’expression de mes sentiments; un soldat manie mieux l’épée que la plume; et pourtant son coeur est plein d’amour, et il ambitionnerait, à la place de lauriers guerriers, la plume d’un Chateaubriand pour exprimer sa pensée à celle qu’il aime.“Soyez indulgente: je vous ai donné ma vie, et chaque battement de mon coeur vous appartient.CLOSEMENEUC.Emmée à Bertrand.“Mon Dieu, monsieur, je connais des soldats qui s’entendent très bien à dire leur pensée.et je crois, entre nous, que vous pourriez bien être du nombre.“Oui, vraiment, je vous dis en secret que la manière dont vous vous exprimez ne me déplaît pas.mais pas du tout.Je ne connais pas M.de Chateaubriand, dont j’ai cependant entendu beaucoup parler, puisqu’il est de Saint-Malo, mais je suis persuadée que son style me plairait moins que le vôtre.“Peut-être ai-je tort de vous envoyer un compliment, car j’ai entendu certifier par votre tante que les hommes ont une tendance à s’admirei eux-mêmes et à devenir suffisants.Js ne sais pourquoi vous me paraissez fait autrement.“J’aurais tant de choses à vous dire et moi, qui ne suis pas soldat, la plume m’est assez étrangère pour que je ne sache pas m’y prendre."Je suis bien heureuse d’avoir pensé à cette plette.13 A suivre) prennent leurs responsabilités cl leur devoir et que ses attaques — qui partent sans doute d’un bon sentiment et (pie personne ne supposera inspirées par l’esprit de parti! — sont absolument déplacées et ne sont qu’autant de coups d’épée dans l'eau?D'ailleurs, sir Charles n’a pas toujours eu en horreur l’intervention sénatoriale.Il fut un temps où il organisait le rejet, par la majorité sénatoriale du temps, d’un autre projet ministériel: le chemin de fer du Yukon, et se réjouissait bruyamment du succès de son entreprise.C’est un fait qu’il ne devrait pas oublier.Votre bien dévoué, J.-II.LEGRIS, M.Paul-Emile Lamarche M.Paul-Emile Lamarche, le député de Nicolet aux Communes, est arrivé hier soir, à Montréal, d’uu voyage de quelques semaines en Eu rope.Parti pour cause de maladie, M.Lamarche a voyagé en France, en Suisse, en Allemagne, en Belgique et dans les Pays-Bas, et il revient,—• ses amis seront heureux de l’apprendre, — en bonne santé.Il ne s’est pas converti à l’idée de la contribution, pendant son séjour à l’étranger, non plus qu’il s’est rallié à la thèse du péril allemand.11 est toujours autonomiste.Lancement d’un bateau Les directeurs do la.compagnie Ri-chelinu ot Ontario partent vendredi eoir pour Sarnia, où i.s s’embarque-ront à destination 'lo Port Arthur.Us s'en vont assister au lancement d’un bateau qui sera appelé “Naronie” Les commissaires du port et, phC Rieurs membres du Board of Trade les accompagneront.Les détectives Gorman et Lepage ont arrêté hier soir vers 6 heures, deux pickpockets, Frank Sullivan de Saint Louis, Misç., et un nègre, Fischer First de cette ville, en flagrant délit de vol à la tire dans un tramway de la rue Saint-Laurent entre Sainte-Catherine et Ontario.La victime des deux tirelaine est un M.David Adams, de Richmond.P.Q.Il se.tenait sur la plateforme d’un tramway archi-comble ayant devant lui un nègre qui le tenait occupé en réclamant de ne pas le bousculer, cependant que son collègue enlevait a-droitement un rouleau d’argent contenant environ $290.00.Tous deux ont été écroués et Us ont comparu ce matin en cour d’enquête.-4- Mort de Lord Avebury (Service partlcullerl Londres, 28 — Lord Avebury est décédé ce matin ù l’âge de 79 ans après une courte malaie.Lord Avebury, autrefois Sir John Lubback, était un banquier en vue, un nationaliste en politique, et un savant de réputation.Il était président de la Corporation of Foreign Bonholders, docteur de l’Université St-Andrews, président de la société des Antiquaires, président de l’Association Centrale des Banquiers.Avant son élévation à la pairie, sir Lubback était peut-être l’un des hommes les plus populaires parmi les ouvriers.C’est lui qui en 1871, comme membre du parlement réussit â faire accepter l’acte des Bank Holidays qui ajoutait quatre fêtes légales par année au livre des statuts.Ces jours fériés furent longtemps connus sous le nom des “jours de Lubback”.-4- Succès des troupes fédérales mexicaines (Service purticullpr) Mexico, 28.— Leu troupes du gouvernement ont obtenu plusieurs succès dans Je nord, d’après les derniers rapports reçus au ministère de la guerre.î,os fédéraux ont repris .lumioz.sur la ligne de chemin de fer dans Obihua-hua-sud.Le colonel Rodriguez annonce une défaite des ivbelles à Osornia, au nord de la ville de Sinalao.dans l'état du même nom.Soixante rebelles ont été tués et quarante faite prisonniers.Les insurgés ont.abandonné Hermo-sillo avant l'arrivée du général Ojeda, venant de Guaymas.LE PROGRAMME DES FETES (Service particulier) Ottawa, 2®.L’Union Saint-Joseph du Canada célébrera à Ottawa les 31 mai, 1er et 2 juin prochain, les fêtes de son cinquantenaire.PROGRAMME Samedi, 31 mai 1913.— 8 heures 30 p.m., séance d’puverture du Jubilé sous la présidence de M.J.N.Rat-tey, président du Comité de réception.Adresse de bienvenue par M.Olivier Durocher, président général de la Société.Dimanche.1 juin 1913.— 8 heures 30 a.m.— Ralliement, aux quartiers généraux de la Société, de tus les corps devant faire partie de la procession.9 heures a.m.— Organisation de la procession, sur la rue York.9 heures 30 a.m.— Défilé de la procession par les rues Dalhousie, Church, Sussex, Water, King, Clarence, Carré Sainte-Anne.10 heures 30 a.m.— Messe pontificale en plein air, chantée par Sa Grandeur Monseigneur Charles-Hughes Gauthier, Archevêque d’Ottawa et Président d’Honneur de l’Union Saint-Joseph du Canada ; Assistant : Mgr J.O.Routhier, chapelain général.Diacres d’honneur, MM.les abbés J.Châtelain et J.B.Bazinet ; diacres d’office: MM.les abbés Alex.Godbout et L.Séguin.Sermon par M.l’abbé Sylvio Cor-beil, principal de l’Ecole Normale de Notre-Dame de Hull.Chant de la messe à cinq parties de Gounod, sous la direction de M.Nap.Matté.Choeur puissant de 300 voix avec accompagnement d’orgue et d'orchestre.12 heures a.m.— Retour de la procession, avec arrêt à l’archevêché pour présentation d’hommages à Sa Grandeur Monseigneur l’archevêque.1 heure p.m.— Grand banquet au Parc Royal de Hull, sous la présidence de M.J.U.Archambault.Discours par des orateurs distingués, entre autres: Sir Wilfrid Laurier, l’honorable N.A.Belcourt.Chant artistique par la Chorale de Hull.8 heures 30 p.m.— Soirée dramatique à la Salle Sainte-Anne d’Ottawa.Le Cercle Saint-Jean de Hull interprétera le grand drame “Jean sans nom”.Orchestre et fanfare.Lundi, 2 juin 1913.— 9 heures a.m., promenade en tramway sur les divers circuits du réseau électrique.2 heures p.m.— Courses aux Terrains de l’Exposition.4 heures p.m.— Joute de balle-au-champ entre Ottawa et Hamilton.^ A l’occasion du Jubilé de l’Union Saint-Joseph du Canada, nous croyons devoir répondre au désir de nos lecteurs en leur faisant un bref historique de cette société.Io—ORIGINE ET FONDATION Natifs de Joliette et fixés à Ottawa, alors Bytown, où ils exerçaient le métier de cordonnier, messieurs Desmarais et Jean-Baptiste Cham-poux avaient été émerveillés des services que la société dite d’industrie de Joliette, organisation enfantée par la classe ouvrière, rendait à ses membres.Iis caressèrent l’espoir de la possibilité pour les Canadiens-français de Bytown de marcher sur les traces de ceux de Joliette.Au commencement de février 1863 Monsieur Desmarais fit part du projet à Monsieur Ulric Pelletier qui consentit volontier à prêter son magasin, s’il était jugé offrir le confort nécessaire pour les réunions.Mis au fait du projet Monsieur Cuthbert Borde-leau, cordonnier, y donna aussi son enthousiaste approbation.De concert, Messieurs Desmarais et Champoux, sur suggestion du premier, allèrent voir M.Demers, appelé généralement le frère Demers, et lui demandèrent la salle de l’école, rue Murray, pour y tenir les assemblées.L’obligeant instituteur se rendit à la requête qu’on lui adressait.Heureux du ¦résultat de leur démarche Messieurs Desmarais et Champoux allèrent tout de suite en faire part à Monsieur C.Bordeleau, et le prièrent d’inviter tous les amis à venir ,1e dimanche suivant, à la salle de l’école, “pour former une association Saint-Joseph”.L’assemblée du dimanche 22 mars eut lieu telle qu’annoncée.Vingt-trois Canadiens-français répondirent à l’ap- pel de Messieurs Desmarais, Champoux et Bordeleau.A titre de trésorier, M.Léon David fut le premier membre qui paya sa contribution mensuelle de 50 sous à la Société.Il était entendu qu’on suivrait les règlements de la société de Joliette, car ce n’est que quelques années plus tard que l’Union Saint-Joseph d’Ottawa se paya le luxe de faire imprimer une Constitution.La première procession eut lieu le 19 mars 1864.En .1885, on fit fabriquer, grâce à une souscription volontaire des membres, une petite bannière en drap bleu.La procession du 19 mars, cette année là, fut tout un événement: on alla saluer Mgr Bruno Guigues, il y eut discours à la salle de réunions, puis banquet chez M.Olivier Pinard, qui tenait un restaurant dans le soubassement du collège des Frères.C’est en juin 1864, un an après sa fondation, que l’Union Saint-Joseph d’Ottawa obtint sa loi constituante du régime parlementaire dit de l'Union.Par sa charte, la nouvelle société était constituée en corps politique, avait le droit d’assurer certains avantages à ses membres dans le cas de maladie et de venir en aide aux enfants et aux veuves des membres décédés, recevait le pouvoir d’acquérir des immeubles d’une valeur annuelle de pas plus de deux mille piastres, était tenue de faire rapport de ses affaires aux deux Chambres du Parlement.Cette charte fut amendée en 1879 par la législature ontarienne pour rendre insaisissables les bénéfices et avantages que l’Union Saint-Joseph garantissait à ses membres ou à leurs héritiers.Enfin, par une loi fédérale, en 1905, le nom de l’Union Saint-Joseph d’Ottawa fut changé en celui de l’Union Saint-Joseph du Canada.2.— HISTORIQUE Le développement de l’Union Saint-Joseph du Canada s’est effectué en trois phases distinctes.La première, de 1863 à 1868, est celle de l’enfance de la société; la deuxième, de 1888 à 1895, correspond à l’adolescence de l’oeuvre; la troisième, de 1895 à 1913 démontre, dans une florissante maturité, une belle association mutuelle.ENFANCE : 1863-1888 De la première phase, on doit dire qu’elle a été une sorte d’expérience des moyens les plus pratiques de coopération.Venir en aide à la veuve et aux orphelins d’un associé décédé, tel était le but des fondateurs de la Saint-Joseph.ADOLESCENCE 1888-1895 La seconde phase du développement de l’Union Saint-Joseph du Canada commence avec la célébration des noces d’argent de la société, en mai 1888.Elle fonde plusieurs succursales à Ottawa.MATURITE 1895-1913 Avec l’année 1895, l’Union Saint-Joseph du Canada entre dans une période d’intense développement et de progrès continue.Entourée d’officiers et de collaborateurs dévoués, M.Olivier Durocher, président général, entreprend la réorganisation sur un pied pratique de la Société.C’et alors qu’on décide de perfectionner l’organisation et de recourir au système des contributions graduées, fixées d’après l’âge d’admission du membre dans la Société.La première Session fédérale, tenue à Ottawa le 30 avril, adopte une constitution préparée par M.Charles Desjardins, constitution aux termes de laquelle les membres admis à l’âge de 16 ans paient 66 cents par mois pour une police de $1,000.00, à part un versement mensuel de 40 cents à la caisse des malades.Pour les fins d’administration, on crée en 1898 des conseils judiciaires, financiers, supérieurs, conseils qui en 1911, sont tous abolis pour laisser à l’Exécutif l’entière responsabilité de la gestion des affaires.La Société établit ses quartiers généraux en 1907, dans un magnifique édifice qui lui appartient et qui lui est un légitime sujet d’orgueil.Au moment où elle atteint le cinquantième anniversaire de sa naissance, elle compte 28,000 membres, et a un actif de $1,000,000.L’impôt sur les cinémas LE RECORDER DEVRA DECIDER SI LA PROVINCE A DROIT DE TAXER LES PROPRIETAIRES.Le Recorder devra décider ces jours-ci si les propriétaires de cinémas devront payer une taxe au gouvernement provincial et une autre à la ville.Quand le gouvernement créa le bureau do censure des vues animées, il imposa une taxe de 20 sous par siège dans chaque théâtre do vues, pour l’entretien de ce bureau do censure.D’un autre côté, la ville de Montréal a aussi imposé une taxe sur ces établissements.Or, M.L.E.Ouimet et quelques autres propriétaires do salles de vues ont décidé de porter la chose devant les tribunaux, afin de savoir si on peut les obliger de payer deux taxes pour un même immeuble.M.Ouimet croit que la loi de Québec l’emporte et que celle de la ville est nulle.-4- La tête broyée (T)« notre correnoondant) Sherbrooke.2$.— Un garçonnet do quinze ans, fils de M.H.(landrail, s'est fait tuer, lundi, aux usines de la Dominion Textile, à Magog, où il travaillait.11 se fit prendre la tête entre deux rouleaux ot mourut instantanément.Le jury du coroner a rendu un verdict de mort accidentelle.-«- Un aviateur se tue Hanovre, Allemagne, 28.A.Horn, aviateur allemand, s’est tué inrtfinta-némeut, ce matin, en faisant, une chute de 590 pieds.Horn était un aviateur expert.Collision entre deux trains DEUX MORTS ET UN BLESSE EN PENNSYLVANIE.(Service particulier) Youngstown, 28 — A la suite d’une collision entre un train de voyageurs et un train de marchandises sur le chemin de fer de Pennsylvanie, deux hommes ont été tués et un autre sérieusement blessé.L’accident se produisit entre Niles et Alliance un peu après minuit la nuit dernière.Les morts sont: George W.Wasson, mécanicien du train de voyageurs et J.P.Lakner, chauffeur du train de marchandises.Tous deux habitaient Cleveland, Ohio.On prétend que l'accident a été causé par le déplacement d’une ai-* guille.Tous les voyageurs sont sains et saufs.v- -4- Le désastre de Long Beach, Col (Service particulier) Long Beach, Oal., 28 — Toutes les dépenses encourues par les funérailles des 37 personnes tuées récemment dans l’effondrement d’un qual'et par les soins accordés aux blessés, seront probablement, couvertes par la ville de Long Beach au moyen d’un fonds prélevé, grâce A.une taxe spéciale.On croit que l’impftt permettra de recueillir une somme d’environ $30,000.Lestüproche ^ Acheter Demain (EnrefUtré conformément à la loi du Parlement du Canada, par L.-P.Deslongchampa, au Ministère de l'Agriculture) LES BULGARES S'EMPARENT DES HAUTEURS DANS LES ENVIRONS DE SALOMQUE.— IL Y A EU ECHANGE DE COUPS DE FEU HIER.RUPTURE EN PERSPECTIVE (Sercice particulier) Salonique, 28.—aL tension est toujours grande entre les armées grecque et bulgare, qui sont en présence, | au Nord de la ville.Il y a eu hier échange de coups de fusil et les Grecs accusent les Bulgares d’avoir pris l’offensive.Malgré la déclaration de la capitale bulgare que l’armée a reçu l’ordre d’observer une attitude modérée et d’éviter les conflits avec l’armée grecque, les officiers bulgares se préparent apparemment à attaquer E-leutheria pour occuper la position dominante du mont Paughaion.Ils ont déjà placé des canons sur la crête des collines situées au Sud-Est de Pra-va.Les Bulgares occupent aussi les hauteurs qui commandent le village de Bujukta, au Sud du lac Doiran et de la ville du même nom qu’occupent les Grecs.Les généraux grecs croient que les Bulgares créent des incidents de parti-pris et qu’ils veulent pousser les Grecs vers la mer pour s’emparer des positions évacuées par eux.RUPTURE EN PERSPECTIVE Sofia, Bulgarie, 28.— Dans les cercles militaires de la ‘capitale, on s’attend à une rupture imminente et à des hostilités entre la Bulgarie et la Serbie.• Vienne, 28.— La Bulgarie a envoyé aux puissances une note dans laquelle elle offre de soumettre à leur décision l’allocation de Salonique, dit le “Reichspost.” La Compagnie BRODEUR LIMITEE 533 Ste-C’atherine Est 1827 Ste-Cafherine Est 327 St-Laurent 86 St-Pierre Lampes pour la Campagne L’autre jour, nous unnonçions un abat-jour pour lampes.Ces abat-jour sont en jonc et en soie.Les lampes sont â l’électricité ou a l'huile.Nous offrons aussi des lampes a l’huile, suspendues, avec monture en 1er forgé, convenables pour passage, salle a manger, living room.Aussi des lampes sur pied en cristal, en porcelaine, en cuivre.Depuis 25ê complètes et plus.A TOUS NOS MAGASINS Un incident à la Chambre Ottawa, 27i — Le.question bilingue a donné lieu à une algarade, hier, à la Chambre des Communes.Elle a fourni à M.Bruno Nantel une occasion de parler qu’il a saisie par tous les cheveux.Il n’a dit qu’un mot, mais c’était pour l’Histoire.M.Boulay, de Rimouski,posait certaines questions au sujet de crédits des chemins de fer.Il parlait français.—‘IRarlez anglais, dit M.Cochrane, vous le pouvez”.—“Ce n’est pas juste pour l’honorable député”, fait remarquer sir Wilfrid Laurier.“Il peut parler français et le ministre peut lui répondre en anglais.” —Parlez anglais, susurre M.Nan-tel.—Non, je ne le ferai pas, réplique M.Boulay.—Le seul moyen de sortir de la difficulté,suggère le docteur Clark, c'est qu’il se fasse interpréter par le député de Eouville (M.Lemieux) .—Le député a le droit de parler français, s'il le veut ajoute M.Graham.Alors M.Boulay qui parle très bon anglais demande des détails au sujet de la construction d’un tunnel de son comté.Puis il ajoute: Je vais discuter l’administration du I.C.R.en français.Et il l’a fait.GRA P fl OP HONES COLOMBIA Les Disques (records) nouveaux pour JUIN sont maintenant en vente aux adresses suivan" tes : CANADIAN GRAFHOPHONE Co., 24 rue Victoria FOISY PREEES, 210 Sainte-Catherine Est J.-A.HUETEAU, 316 Sainte-Catherine Est HUETEAU, WILLIAMS & Oo„ 689 Sainte-Catherine Ouest LAYTON BEOS., Coin Sainte-Catherine et Stanley Catalogue envoyés gratuitement sur demande TEL.EST 4510 —.Le Magasin du Peuple 447 SAINTE-CATHERINE EST Valeurs Spéciales dans les Articles Verre Taillé Vases de 8 pouces, plateaux pour les olives, bonbonnières, porte _ cuillers.Valeurs de 82.50, prix • • ^ D.GAGNON & CIE Magasin à Rayons Angle Saint-Laurant et Dorchester en Bols de 8 pouces, services comprenant sucrier et crémier porte - céleri, etc., etc.Valeurs de $5.00, prix .$3.98 N.-G.Valiquette LIMITEE Grand Magasin de Meubles 471-477 Ste-Catherine Est ' EUGENE VIAU Nouveaux Magasins Ste - Catherine Est Coin Maisonneuve La Toile et Lingerie de Maison est une spécialité que nous développons, rassortiment en main, est très considérable.Venez directement chez D.Gagnon & (lie., pour toutes vos garnitures de lit, ou 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