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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 23 juin 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
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Références

Le devoir, 1913-06-23, Collections de BAnQ.

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XJN SOU LE NUMEKU ! VOLUME IV—No.i** MONTREAL, LUNDI 25 JUIN, mj ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.83.00 UNION POSTALE.86.00 Édition Hebdomadaite : CANADA.81.00 ¦ETATS-UNIS.81.50 UNION POSTALE.* *2.00 LE DEVOIR Rédadion et Administration : 7la RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.^ TÉLÉPa \ "S : ADM.RATION : Main 7461 RÉDAc\ : - Main 7460 A Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! \ “ C’e^l parce que ce règlement (le règlement no 17) e^t: contraire à la loi naturelle^ la justice, aux règles de la pédagogie, aux droits acquis, au “British fair play”, à la pratique universelle dans TEmpire britannique; contraire au bon sens, que nous refusons de Taccepter ; que la résistance à son adoption prise et maintenue par tous les groupes canadiens-français de la province, ya se continuer jusqu’à ce que l’ordonnance injuste et insensée soit retirée ou abandonnée.” “ Notre détermination e^t irrévocable et irréductible.Nous avons résisté et nous continuerons de résister à l’odieuse tentative de proscrire notre langue maternelle, malgré toutes les menaces, au prix de tous les sacrifices.’ (Paroles prononcées hier soir à Ottawa par M.le sénateur Relconrl, aux acclamations frénétiques de 7,000 Canadiens-français).UN NOUVEL ETAT D’ESPRIT Pour nos compatriotes de TÔntario Il V a quelque chose de changé dans notre pays.Il suffirait pour le \ prouver d’évoquer les scènes qui se sont passées hier à Edmonton, celles (fui se préparent pour demain à Winnipeg et à Régina.Il suffirait même d’évoquer celles dont Ottawa fut le théâtre hier.Plus de douze mille personnes, disait-on, ont pris place dans le'dé-I filé où les Canadiens-français entendaient affirmer qu’ils possèdent à la 1 fois le nombre et la volonté «le vivre.Sept mille — nous prenons le chiffre de la Gazette — étaient à YArerfi pour acclamer les orateurs qui prêchaient la résistance au tyrannique règlement Xo 17.Et leurs acclamations étaient autre chose qu’un vain bruit, puis-j qu’elles venaient d’hommes «pii, depuis des mois, tiennent en échec tou-I tes les forces gouvernementales et que ni les menaces ni les promesses n’ont fait plier.Sur l’estrade se trouvaient côte à côte les commissaires français | d’Ottawa et les Irlandais qui se sont joints à eux pour défendre les droits de la langue.Dans la foule, les pères de famille qui ont ordonné par ; écrit la résistance au règlement No 17 et un certain nombre d’enfants, ’ qui sont sortis de l’école dès l’entrée de l’inspecteur protestant.Les actes d’hier garantissent ceux de demain et donnent aux paroles ; leur pleine signification.Il suffisait du reste que l’on parlât de résistance pour que les acclamations jaillissent en fusées, et l’un des détails les plus significatifs à cette scène est peut-être que les déclarations les plus catégoriques venues du côté ontarien aient été faites par M.le sénateur Belcourt.M.Belcourt n’a jamais passé pour un emballé.C'est un esprit froid, «lue d’anciens trouveraient volontiers trop modéré.Qu’on relise son discours, en se rappelant qu’il ne s’agit point d’une improvisation née de l’enthousiasme, mais d’un texte soigneusement écrit dans le silence du cabinet, et l’on se rendra compte de l’état d’esprit des chefs de la minorité.* * L’autre trait caractéristique de la réunion, — manifestation, lui aussi, de l’esprit nouveau, — c’est la présence, ce sont les discours des délégués de la province de Québec et l’accueil qu’on leur a fait.MM.Asselin, Rivard et Lavergne ont tour â tour affirmé que le groupe : français de Québec prend enfin conscience de ses responsabilités envers les minorités de sa race, et que nous sommes avec elles, côte à côte et , coeur à coeur.On les a frénétiquement acclamés.TI nous reste à prouver demain, de façon tangible, que nous ratifions leur promesse et que nous savons faire honneur à la parole qu’ils ont donnée en notre nom./ Orner HEROUX.ELGIN, POPE, STUART ET HALDIMAND Dans le Devoir de mercredi, 18 juin, M.Iléroux signalait l’étonnement qu’éprouvent certains angli-cisatcurs quand on leur dit «pie “la présence des Canadiens-français dans ce pays est la plus sûre garantie du maintien du lien britannique et de l’unité canadienne.” Il en appelait contre eux à l’histoire et démontrait, par le témoignage du ministre Pope et de lord Elgin, que la justesse de l’assertion a été reconnue par des Anglais très distingués.M.Héroux aurait pu facilement remonter encore à travers nos annales et y cueillir des confirmations non moins précises que celles- là.Tous ceux qui s’occupent de les étudier connaissent l’intéressante physionomie de cet artiste qui eut nom Andrew Stuart.Son influence sous lord Dalhousie fut considérable et c’est lui qui qualifiait nos pères, contre lesquels il allait bientôt se tourner, de peuple gentilhomme.Or, en 1822, on demandait à la Chambre de concéder des terres à des spéculateurs au sud du Saint-Laurent, sous le prétexte d’assurer plus tard ce territoire à la population anglaise.La réponse de Stuart à cette réclamation respire presque de l’indignation: “Folle politique! On craint le contact de deux peuples qui ne s’entendent pas (les Anglo-américains et les Canadiens-français), et Von met là pour barrière des hommes de meme sang, de même langue, des hommes (les Canadiens-anglais) qui ont les mêmes moeurs et la même religion que iennemi!” On le voit: Andrew Stuart exprimait déjà l’avis même que lord Elgin devait reprendre vingt-six ans plus'tard.L’étonnant, c’est que Stuart, en parlant ainsi, n’étuit lui-même qu’un écho, l’écho d’un homme beaucoup moins sympathique â notre élément, le féroce Haldimand.Déjà, en 1781, celui-ci s’étail prononcé dans le même sens.Et l’on ne dira pas qu’il usait de partialité envers les nôtres puisque, Suisse d’origine et huguenot de croyance, il n’avait rien de commun avec eux.Rappelons brièvement les fails.Soutenus nur la France, les Etats révoltés de la Nouvelle-Angleterre avaient proclamé leur indépendance (1776) cl le traité de Versailles (3 septembre 1783) venait de reconnaître leur république.Au Canada, les deux éléments de la population, tnlre lesquels se perpétuait un profond malaise, réclamaient un changement de constitution.L’Angleterre, instruite par Insuccès récent des révoltés et redoutant une crise pareille au Canada, crut devoir s’occuper de sa colonie.En attendant qu'elle établît, entre Anglo-Canadiens et Franco-Canadiens, la sé-paratmn politique de 1791, elle son- gea à leur assigner de« territoires différents.Les 25,000 royalistes de la Nouvelle-Angleterre, ceux qui avaient refusé de prendre part à la révolte et restèrent fidèles à Georges III, se virent conlraints de franchir la frontière et cherchaient en ce moment un refuge au Canada.Le.gouvernement anglais considéra cette immigration comme une circonstance favorable pour opérer la scission territoriale.Tandis que les Franco-Canadiens garderaient les bords du Saint-Laurent, cm concéderait des terres aux émigrés sur la frontière, au sud du fleuve, dans les Gantons de l'Est actuels (Brome, Compton, Drummond, Missisquoi, Shefford, Sherbrooke, Stanstead et Wolfe).Le secrétaire des colonies communiqua cette intention au gouverneur du Canada, le général Haldimand.Celui-ci, se faisant à son insu l’agent de la Providence, prit dés 1784 sur cette question exactement la même position que devait prendre Andrew Stuart en 1822.Dans une dépêche motivée il répondit au ministre qu’“j7 n’etait point prudent de placer sur la frontière une classe d’hommes dont les ressentiments pourraient fournir un prétexte, à des voisins mal disposés (bad neighbors), de nous chercher querelle et de faire naître un casus belli.” Au contraire, ajoutait-il, “il me parait d’une bonne politique d’établir sur la frontière une population oui niait pas la même langue, la même religion, et qui ne soit pas habituée aux mêmes lois et au même système de gouvernement que nos voisins, si remuants et si entreprenants.” Cette manoeuvre habile, qu’on exécuta en partie, permit à Pitt de créer deux Canadas, l’un français et l’autre anglais, de récompenser ks Canadiens de leur fidélité et d’ouvrir aux émigrés de la Grande-Bretagne un pays où ils pourraient jouir du gouvernement représentatif sans être soumis à une majorité française et catholique.Ces détails, que nous empruntons à Carneau ainsi qu’à son biographe Chauveau, confirment la thèse soutenue l’autre jour par M.Héroux.Deux ministres, Pope et Stuart, deux gouverneurs généraux du pays, lord Elgin et le général Hal-dimand, étaient si loin de redouter que le contact des Canadiens-français avec-les Etats-Unis occasionnât une annexion qu’au contraire ils considéraient l’établissement des Franco-Canadiens sur la frontière américaine elle-même comme “la plus sûre garantie du maintien du lien britannique et de l’unité canadienne.” Rappelons-nous maintenant un fait actuel.Non seulement les Etats-Unis n’ont pas absorbé cette race-frontière, mais celle-ci a débordé par sa population et par son influence les Etats voisins de la Nouvelle-Angleterre.Non seulement les entreprises postérieures pour angliciser et protestantiser les Cantons de l’Est n’ont pas réussi comme on s’y attendait, mais le bilan de tous ces efforts est à la veille de se solder par une banqueroute radicale.Le procédé discret de l’élimination ethnique, mis en oeuvre par l’élément français, Ta emporté depuis longtemps sur le procédé brutal de l’engorgement territorial, exploité par certains fanatiques.Devant ces faits.Ton se dit que les plus prévoyants ne sont pas ceux qui rient de notre prétention, mais ceux qui, comme Haldimand, Stuart, Elgin et Pope, s’attachaient à la justifier d’avance.Abbé EMILE CHARTIER La gymnastique à l’école Le Dcnoir signalait en quelques mots samedi la démonstration de gymnastique qui a précédé, à Té-cole Querbes d’Outrcmont, la distribution des prix.Cette démonstration, qui n’est évidemment pas la seule du genre, a permis aux spectateurs de deviner le bien fait aux écoliers par les exercices de gymnastique introduits à Técole.A la campagne, l’enfant respire à pleins poumons l’air pur et trouve dans ses courses à travers champs, dans toutes les fantaisies auxquelles il peut librement se livrer, dans le travail même de la maison, un repos d’esprit et une préparation physique.A la ville, il importe de remplacer par une série d’exercices méthodiques Tentraîne-ment que la campagne donne naturellement et qu’il n’est besoin que de développer et compléter.Il faut avoir vu les écoliers — depuis les garçonnets de 13 et 14 ans jusqu’aux gamins de 5 et 6 — donner une démonstration comme celle de vendredi pour mesurer le surcroît de force, la souplesse d’allure que leur apportent ces exercices méthodiques.Comme le faisait remarquer Tan dernier le Dr Dubé, l’avantage des méthodes suivies à Outremont — et ailleurs, supposons-nous — c’est que Ton ne vise point-à faire des athlètes, ni des phénomènes; mais à élever le niveau général de la force et de la santé physique.Les exercices sont gradués de façon à assurer le développement normal des enfants et à leur donner Je maximum de résistance.Us tendent à établir dans l’individu l’équilibre parfait du développement intellectuel et physique.C’est Tidéal que formulait le vieil axiome latin: Mens sana in corpore sano.0.H.Rien n’a été fait Parlant de la marine australienne, le Canada dit que dans quehp.ies mois, l’Australie aura “accompli la tâche qu’elle^ avait acceptée à la conférence de 1909”, tandis que “le Canada, grâce à M.Borden et à son ex-allié, M.Bourassa, n’aura encore rien fait.” Cela est vrai: à part l’achat du Rainbow et du Niobé et leurs croisières ridicules dont le tout a coûté près de deux millions, le Canada n’a encore rien fait.Et le regret de l’organe libéral est tel qu’il ne laisse aucun doute sur ce qu’il ferait s’il en avait le pouvoir.Il imposerait au Canada une marine du même type que celle de l’Australie, mais en partie double, c’est-à-dire une escadre sur le Pacifique et une autre sur TAtlanti-que.Or, cela comprendrait deux dreadnoughts, deux croiseurs légers et un certain nombre de contre-torpilleurs.Cela coûterait bien au moins les trente-cinq millions de M.Borden de construction.Ensuite, il y aurait les frais d’entretien.La marine australienne coûtera, de ce chef, trois millions sept cent cinquante mille piastres par année.La marine canadienne, deux fois plus considérable, coûterait donc d’entretien plus de sept millions annuellement.Mais ce n’est là qu’un commencement, et c’est ce que le Canada se garde bien de dire.La dépêche sur laquelle le Canada base «es commentaires, ajoute en effet cette phrase inslnictivc : "D'ici «pielques années la finite australienne représentera probablement une dépense annuelle de deux 1 à trois millions de louis.” Noil dix à quinze millions de M.Bourassa au Manitoba UN BANQUET.— UNE VISITE A SAINT NORBERT.Winnipeg, Man., 22.—(Service partieulier).-—Samedi soir, un groupe de Canadiens-français de Winnipeg et de Saint-Boniface a donné un dîner à M.Bourassa au Deer Lodge, sous la présidence du juge Prender-gast.Il n’y a été nullement question de politique, mais on y a parlé des questions de langue et de la question d’organiser Télénient français au Manitoba.Il y a eu des discours par MM.Prendergast, Bouras-sa, et Lachance.M.Bourassa a surtout insisté sur le besoin immédiat d’une organisation canadienne .française efficace dans toutes les provinces, afin d’augmenter et de diriger sagement les forces canadiennes - françaises.Il a aussi parlé du besoin d’une opinion publique canadienne éclairée, et in-dépendante des partis, et a dit que son ambition, c’est de réussir à faire se développer cette opinion.M.Prendergast et le docteur La-chance ont rendu hommage à l’oeuvre accomplie par M.Bourassa dans l’Ouest, en ce sens, et dit que son voyage donnerait certes d’excellents résultats au point de vue des intérêts français dans les provinces de l’Ouest.M.Bourassa a été fort applaudi et félicité de sa tournée par les assistants.Dimanche, M.Bourassa, accompagné de sir Joseph Dubuc, de M.Bourgoin, gérant du Crédit Foncier Franco-Canadien à Winnipeg et du consul français nritoha,., Vsl allé à Saint-Norbert, paroisse canadienne - française, sise à dix milles au sud de Winnipeg, assister à la grand’messe.Ils y ont été les hôtes de M.le curé Cloulier.Dans Taprès-midi, M.Bourassa a fait sur invitation du curé, une courte causerie aux Canadiens-français et aux Métis français, de Saint-Norbert.Il leur a parié de la fierté qu’ils doivent entretenir chez eux pour le français, leur a demandé de rester fidèles à la tradition camadienne-française et conseillé de ne pas négliger non plus d’apprendre la langue anglaise.Lundi soir, M.Bourassa répondra à la santé de Québec, au banquet que les Canadiens-français et le groupe de langue française de Winnipeg donneront au Royal Alexandra en l’honneur de la fête nationale.Ce diner sera un succès, tout comme la célébration de la Saint-Jean-Baptiste et le Congrès de colo-nisatidh, mardi et mercredi.M.Bourassa partira d’ici mercredi soir, après avoir fait un discours français, mardi soir, à une assemblée publique, et assisté aux séances du congrès, mercredi.- WP- I — - Les humbles héros Quatre pompiers sc sont fait tuer hier matin; trois autres ont été blessés grièvement.La liste, de ces humbles héros qui, pour un salaire dérisoire ont sacrifié leur vie pour empêcher de brûler des bâtiments dont la valeur totale ne sera jamais égale à celle d’une seule vie, s’allonge tous ks jours.Les uns ont.péri au feu, d’autres dans des accidents de voiture en répondant à l’alerte.Quand un pompier part de la caserne, il ne sait jamais s’il y reviendra.Chaque sortie est pour lui le sacrifice constant, répété de su vie.Et il se trouve des gens, non seulement dans le public qui ne soupçonne guère ce qu’est sa vie, mais dans le gouvernement municipal pour leur disputer un salaire élevé! Le pompier est presque sevré des joies de la famille.Il a six heures «le congé par semaine.Il suffirait d’ajouter une centaine d’hommes à l’effectif, pour «pie chacun pût avoir vingt-quatre heures de congé, mais les instances répétées à ce sujet ne paraissent pas avoir fait beaucoup d’effet.Quand un pompier meurt, que ce soit dans son lit, après avoir pris sa retraite, que ce soit, comme ceux d’hier, sous l’écroulement d’un mur et rôti, sa faiiiillc eût-il dix enfants, touche une assurance de $1,000 et piastres pour une seule année.A ce compte, les deux escadres canadiennes coûteraient de vingt à trente millions annuellement! Tout cela pour encourager les fabricants de paniques de guerre.C’est un peu cher.Non, il n’y a rien de fait.Et c’est heureux pour notre budget.Jean DUMONT.une pension annuelle de $300.On s’étonne que le recrutement ne se fasse pas facilement; on accuse le chef d’être trop sévère, de décourager les bonnes volontés.Au lieu de battre le mea culpa, sur la poitrine des autres, on ferait bien mieux de reconnaître sa propre faute.Qu’on rende le service attrayant, par un salaire assez élevé, par un congé hebdomadaire raisonnable, par l’assurance qu’on ne laissera pas sa famille dans la misère, et Tamour des aventures, la fièvre du mouvement, le courage inné du Canadien feront le reste.Fred.PELLETIER.BILLET DV SOIR.Devant le progrès.On - racohiait naguère, dans ma famille, l’anecdote électorale que voici, en soutenant qu’elle était authentique.Un candidat A la députation, dans une circonscription rurale, avail pour premier article de son programme le passage d’an chemin de fer dans les campagnes où il briguait les suffrages.Son adversaire, contraint d’adopter la contre-partie, s’efforçait de trouver des arguments contre le chemin de fer.Tâche ingrate.Aussi, au cours d'iiqe réunion contradictoire, il fut bientôt à court.Et il se tourmentail l'esprit : —“Les chemins de fer, messieurs.Jes chemins de fer, oui, les chemins de fer.” Mais rien ne venait.Rien ne.venait quand un facétieux ami du candidat progressiste souffla ceci à l’orateur adverse, lequel répéta gravement: —Oui, messieurs, tes chemins de fer, ça fait tarir les vaches! '' Et cebi se passait en, des temps très anciens.Mais, encore de nos jours, il se trouve beaucoup de gens pour se méfier de tout ce qui sort de la routine.Ainsi, l’an dernier, le conseil municipal d’une pctitr villr, siluêc à une dizaine de milles de Montreal, entrait C;t négociations avec une compagnie en vue d’y faire venir le tramway.La compagnie soumit celte proposition: Donnez-nous gratis une lisière d’une largeur de quarante, pieds, le long de la voie ferrée qui existe déjà, et trois mois après vous aurez le tramway.Les conseillers se mirent à la besogne.La plupart des propriétaires accueillirent le projet avec enthousiasme: la plus-value que prendraient leurs terres compenserait cent fois le don d’une lisière qu’ils en feraient.Cependant, quatre cultivateurs répondirent catégoriquement: Si la compagnie veut du terrain, qii’cllc paie! La compagnie ne paya point, et la petite ville n’ent pas le tramway.Metis celte année, au retour de la belle saison, deux ou trois de ces quatre propriétaires récalcitrants commencent à penser et disent même à leurs voisins: “Ca serait peut-être bien une bonne chose pour nous autres d’avoir les p’tits chars!.” Et, vraiment, on ne peut exiger d'eux qu’ils avouent plus clairement qu’ils regrettent leur altitude intraitable de l’an dernier.L’offre de la compagnie ne vaut peut-être plus.Mais que la leçon, serve au moins à ceux à qui semblable proposition pourra, à l’avenir, être faite.Léon LORRAIN.-i — -— Sur le Pont d'Avignon.Tout le monde a hâte à demain pour donner son sou en faveur de la cause «les écoles bilingues d’Ontario.* * * Les enfants d’écoles ont fait noblement leur devoir.C’était vraiment touchanl de les entendre demander un sou à maman, pas pour acheter des bonbons, mais pour “que les petits Canadiens-français d’Ontario apprennent Je français comme nous autres”.# ¦* * Dans une paroisse des environs hier, lu collecte «le la grand’messe paroissiale a été faite en faveur des écoles bilingues et bien «pie le curé eut oublié «le l’annoncer d’avance, elle a importé près de cent dollars.C’était un vrai plaisir de voir avec quelle joie les paroissiens portaient la main au gousset, et donnaient sans regarder la pièce touchée la première, cinq, dix, vingt-cinq, l'.in-quantc sous.# * * On raconte le trait suivant arrivé dans une famille obligée d«' compter sa dépense sou par son.Une petite fille d’une dizaine d’années attendait la paye du vendredi pour avoir un petit article de toilette de vingt-rinq sous.Qdand elle entendit parler du Sou de la Pensée française A TRAVERS L’OUEST Le nationalisme à Régina Régina, 16.— Edmonton, son groupe de Canadiens-français accueillants, sa vue splendide sur 'a Saskatchewan boueuse et ses berges escarpées, laissent une excellente impression au Canadien-français, hôte de celte ville pendant quelques jours: il a l’illusion de se croire dans un petit Québec où les gens, soudain, se seraient tous faits hommes d’affaires ambitieux, mais sans rien perdre de leurs qualités françaises.Calgary, construite dans un cir-que, au confluent de la Row et de TElbow, entourée de collines verdoyantes que gravissent peu à peu des rues bordées de jolies maisons, virement dessinées dans Tair sub-lil, vif et léger descendu des Rocheuses qui découpent au loin, à soixante-cinq milles .leurs pics et leurs massifs sombres frangés de glaciers et de neiges d’une blancheur «'datante, Calgary, avec sa population presque toute anglaise, d’origine, de coutumes, de langue et d’aspecl, a son charme aus
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