Le devoir, 2 mars 1914, lundi 2 mars 1914
VOLUME V—No.50 MONTREAL.LUNDI 2 MARS, 1914 UN SOU LE NUMERO # ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS $8.00 UNION POSTALE.« .$0.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.*1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE.$M.OO £ DEVOIR Rédadion et Administration 71.RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION : - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! b ê « « ?* f f t CHARLES R.DEVLIN De toutes les figures très diverses qui ont passé sur lu scène politique, au cours des dernières vlngt-idnq années, voici assurément Tune des plus estimables et ides plus sympathiques.La carrière du politicien ne donne qu’une idée fort incomplète de ce qu’était l’homme, l’homme au coeur chaud et généreux, l'homme aux convictions fortes, (pie la tyrannie abrutissante des partis n’a jamais réussi à llgottor et à bâillonner complètement.De lui comme de tant d’autres, l’on peut et l’on doit dire qu’il a été, à maints égards, l’une des victimes de la politique et du régime des partis; mais, du moins, il n’en fut jamais l’un des complices et des protagonistes.Un jour, à Québec, un adversaire, vrai type de politicien rogue et étroit, voulut le taquiner en lui rappelant son vote et son attitude ù la Chambre des Communes, sur ta question des écoles du Manitoba.“C’est l’épisode de ma vie dont je suis le plus fieri” se contenta de riposter le ministre de la Colonisation, à la barbe de ses collègues.Or, ce vote et cette attitude l’avaient fait mettre au rancart, par tout son parti, pendant près de dix ans.Jamais il n’en a rougi, ni demandé pardon ou excuse.Et ceux qui l’ont connu dans l’intimité savent que cette attitude lui fut inspirée par les convictions les plus profondes et les plus vivantes, par la foi religieuse qui a dominé toute sa vie intérieure et l’a suivi jusque dans la tombe: il n’était pas de ceux chez qui la croyance en Dieu et au magistère divin de l’Eglise n’est qu’une manifestation accidentelle et fugitive de l’esprit ou l’expression banale d’une tradition non sentie, non vécue.C’était le vrai type de l’Irlandais catholique traditionnel, avec ses qualités si riches et ses lacunes correspondantes, — ce type que tant de nos compatriotes connaissent si fnal ou si peu.Il avait non seulement la haine du renégat, mais une répulsion invincible pour l’Irlandais à demi conquis par le snobisme, la fortune ou les honneurs.Aussi fut-il l’un des défenseurs les plus ardents, les plus sincères, les plus constants, des Canadiens-français, de leur langue, de leur histoire, de Jeur rôle et de leur influence dans la vie nationale.Il appartenait à cette catégorie d’Irlandais intelligents qui regrettent que les circonstances n’aient pas permis à la masse de leurs compatriotes de se lier étroitement avec les Canadiens-français et de se faire une mentalité française plutôt qu’anglaise-.Et toute sa vie intime a prouvé, plus encore que ses actes publics, que cette conviction était sincère et vécue.• * •» * Il a été, disais-je, l’une des victimes de la politique.Voici comme je l’entends.Attiré dès l’adolescence, comme la plupart de ses compatriotes et des nôtres, vers les luttes politiques, il y apporta une dose peu commune des dons qui assurent la popularité: sa parole chaude, vibrante, sympathique, sa double formation anglaise et française lui assurèrent, dès le début, des succès brillants et une emprise sur les foules, qui ne s’est jamais démentie.Entraîné dans cette voie, où son parti avait tout intérêt à exploiter son éloquence et sa popularité, il n’eut pas le temps de mûrir son talent, de fortifier et d’éclairer ses convictions politiques par un travail personnel et extériorisateur.Comme la plupart des jeunes Canadiens, il se fit un credo politique en en prêchant les articles.Un instant, il fut sur le point d’échapper au joug du parti.Ses adversaires exploitèrent bassement contre lui les manifestations de son indépendance native; ils mirent en doute la sincérité de ses intentions et la noblesse de ses motifs.Cette stupidité odieuse, qui constitue la marque et la tare distinctive des partis, le rejeta pour toujours dans les rangs d’une faction.Il resta l’un des orateurs populaires de son parti.Il méritait mieux.Mais si, à cause de ce rôle, sa pensée politique subit l’inévitable effet de ce régime atrophiant, son coeur resta ce qu’il était: noble et généreux.Ceux-là seuls qui l’ont connu de près, qui t’ont vu compatissant pour la vieillesse, pour l’enfance, pour la misère, peuvent apprécier les côtés les plus sympathiques de cette riche nature de Celte, que le fonctionnarisme et les luttes de hustings n’avaient pas réussi à entamer par ce côté-là.Ses adversaires disaient tout haut, et ses alliés politiques répétaient parfois tout bas — un peu jaloux de sa popularité — qu’il n’avait pas su vieillir, qu’il faisait toujours les mêmes discours jeunes.Us ne savaient pas que leur critique, justifiée à certains égards, était en même temps le témoignage le plus vrai au meilleur côté de sa nature: sa pensée n’avait peut-être pas mûri comme elle le promettait; mais, du moins, son coeur ne s’était ni gâté ni raccorni.C’est précisément cette jeunesse de coeur qui faisait la valeur et la force de son éloquence.Les foules l’aimaient parce qu’elles sentaient qu’il les aimait véritablement.Oui, c’était vraiment “un bon coeur”.Et au bord de cette tombe prématurément ouverte, je n’ai aucun efïort à faire pour oublier les dissentiments d’opinion et laisser revivre les souvenirs et les émotions d’une amitié de vingt-cinq ans, qu’il n’a jamais reniée, ni moi.Henri BOURASSA.“LA VIE QUI PASSE.” 1= CARNET D'UN FUNEUR - sssssal MARDI, 24 FEVRIER.— COMME ON ECRIT .L’HISTOIRE.Les paroles s’envolent, dit le proverbe.Pas toujours, malheureusement, et je suir sûr que la respectable dame, qui, ce matin de mardi-gras, roulait confortablement sur la ligne de Saint-Jean-de-Québec, ne se doute nullement que sa conversation ait pu êtte entendue et causer de l’émoi.11 en est ainsi pourtant.Pour intéresser l’oisiveté de la route, naturellement, on jacassait et l’on en vint à parler de la fameuse kermesse française.Et la dame disait à peu près ceci : “C’est malheureux que ces gens-là ne sachent pas mieux s’arranger.Nous les aidons de tout notre pouvoir.Mais ils ont voulu faire trop grand et ils sont “en-dessous” de mille piastres___” Permettez, madame, vous faites erreur.Le bilan de la fête ne se solde pas par un déficit, mais bien par le joli bénéfice de plus de 1500 piastres dont les malheureux sauront profiter.Je suis bien confus d’être obligé de vous démentir, mais sans que vous vous en doutiez, vos'paroles ont eu de Técho : elles ont causé un trouble dont la charité pourrait bien avoir à souffrir.Continuez sans crainte à aider les oeuvres de bienfaisance de votre plume et de votre argent, et que le vénérable ecclésiastique, votre interlocuteur, se garde bien de répandre inconsciemment des information con- trouvées.Laissons la charité agir par les moyens qui lui conviennent tant qu’ils sont licites et respectables, et gardons-nous d’entraver son action, même involontairement, par des appréciations pour le moins prématurées.Ce sont les pauvres qui en souffriraient, et ni vous, ni personne, ne le désire, n’est-ce pas ?# » * MERCREDI, 25 FEVRIER.— LES CENDRES.Par l’entrebâillement des rideaux mal joints, le soleil entre à flots dans la chambre silencieuse, et 'se jouant de ci de là sur les facettes polies des cristaux, sur les ors des encadrements, s’en vient, malicieux indiscret, réveiller le dormeur assoupi sur le grand lit blanc.Du clocher voisin, les cloches, à grand renfort de carillons, appellent les fidèles à la pénitence.L’homme, tout jeune encore, se redresse et passe une main moite sur ses yeux gonflés ; il se souvient.Le matin, quand il est rentré au petit jour, c’était te même appel pressant, la même plainte anxieuse.Qu’ils sont donc assommants, ces prêtres, avec leurs idées lugubres ! La mort ?Bah ! elle est loin encore.Est-ce qu’on pense à mourir à vingt ans 1 La vie est belle ; il faut en profiter, et on en profite.Pourtant, ça n'a pas l’air de trop bien aller ce matin : la tête est lourde, la gorge brûle, les jambes font mal.Le mauvais miroir ! Fi 1 que c’est laid au réveil la figure d’un homme qui a fait la noce.Memento homo.Mais aussi que Ton s’est amusé à ce bal de Mardi-Gras ! Quel succès pour le bel arlequin ! Le voilà, le joli costume multicolore, tout fripé sur la chaise où on Ta jeté, tout vieux, tout sali.Uu malin rayon de soleil s’amuse à en faire ressortir l’usure et les taches La mort aussi viendra qui fera du corps une loque infâme comme celle-là, plus hideuse et plus répugnante encore.Memento homo., Arrière les pensées moroses ! Songeons plutôt aux charmantes inconnues de la nuit, aux sourires engageants qu’elles semaient sur leur route, à ces valses enivrantes qui n’en finissaient plus, à ces mille riens si gentils qu’on se racontait avec conviction.Que reste-t-il de tout cela ?Rien, moins que rien.Memento homo.Encore ’?quelle obsession ! D’un geste rageur, le viveur tend le poing vers le clocher d’où les dernières notes s’échappent plus lentes, plus affaiblies, comme découragées, et pour ne plus entendre, il enfouit dans T oreiller sa tête endolorie de fatigue.Le soleil continue de se jouer narquois sur les facettes polies des cristaux, sur les ors des encadrements.Et là-bas, dans l’église remplie, le prêtre marque de cendre les fronts courbés et laisse tomber sur chacun d’eux la terrible parole de mort, mais d’espérance aussi et de pardon : Memento homo, qui a pul-vis es et in pnlverem reverteris.* * * VENDREDI, 27 FEVRIER.— PREMIER DEGEL.La grande bataille a commencé.Chaque matin, le soleil revient un peu plus tôt saluer notre réveil et sa course quotidienne l’élève plus haut sur notre horizon.Il semble avoir plus de peine à nous quitter et chaque soir il retarde un peu sa disparition derrière lés collines de Westmount.Les rayons de jour en jour plus chauds et plus pénétrants luttent opiniâtrement contre Tâpre bise du septentrion.Voilà qu’il a célébré sa première grande victoire, prélude du triomphe définitif.La rigide carapace de glace noirâtre se fendille, craque de toutes parts, se fondant en des torrents d’eau qui roulent vers les canalisations ; les pierrots familliers recommencent sur les branches encore dénudées leurs trilles d’allégresse ; les pardessus s’entr’ouvent, les collets de fourrure desserrent leurs enlacements soyeux et personne ne veut s’apercevoir qu’il piétine dans la boue.Le soleil est trop radieux, le ciel est trop bleu.Certes, nous aurons encore des assauts ; Thiver ne se rendra pas facilement, et pareil à ces animaux muselés qui ruent quand ils ne peuvent’ plus mordre, il nous réserve encore des surprises.Mais désormais nous nous moquons de lui et de ses rages impuissantes : vive la bonne chaleur du soleil printanier ! # * * SAMEDI, 28 FEVRIER.— SOIREE THEATRALE.Séduit par Fafficlie et ne sachant que faire de mon corps le long de la rue Sainte-Calherine, je suis entré pour voir la Revue.L ue revue, c’est gai, alerte ; on jouit de l’esprit des autres en reposant le sien : une bonne soirée en perspective.Et qui plus est, une revue en français, jouée par des acteurs français, voilà de quoi allécher Timmagination.Hélas ! trois fois hélas ! Le pitoyable spectacle ! et comment ose-t-on se moquer ainsi du public canadien en pleine rue Sainte-Catherine ?Certes, il y a là des artistes de talent, de grand talent même ; mais qu’ils me paraissent dépaysés, hors de leur sphère, dans les âne-ries qu’ils débitaient sans conviction.J’ai eu jadis le plaisir d’entendre Mayol, Dranem et Polin, aussi Esther Lekain et Anna Thibaud ; mais pourquoi avoir été chercher dans leurs créations ce qu’il y a de plus bas et de moins artistique ?Et la revue elle-même?que dire de la revue ?Les auteurs ont de l’esprit, on ne peut le nier ; il transparaît à chaque scène, je dirais presque malgré eux.Mais pourquoi Tavoir laissé s’oblitérer par le continuel sous-entendu plus ou moins grossier, et de la façon la plus persistante et la plus lourde qui soit ?L’esprit français, cela ?Jamais de la vie ! Le sel gaulois ?Pas même.Il est meilleur ton que cela, et quelques grains de ci de là suffisent pour donner de la saveur.Pas trop n’en faut.Allons, messieurs les auteurs, reprenez-vous.Que vont penser de la littérature et de la mentalité française les gens que vous fites rire ces soirs-ci, c’est vrai, mais d’un rire si matériel et si faux ?Pas grand’cho-se de bon, soyez-en sûrs.Ne rabaissez pas votre théâtre aux productions d’un beuglant de bas étage.Vous pouvez mieux et vous devez mieux pour Thonneur de votre talent et de Part français.LULLETTE.A B A TONS ROMPUS AU TEMPS JADIS Si nous demandions aujourd’hui aux banques anglaises de nous donner des billets bilingues, il se trouverait un lot de bonnes gens pour crier au fanatisme et un certain nombre de Canadiens-français pour reprendre en sourdine: Mais ces tètes chaudes n’en feront jamais d’autres.Or, Ton verra par la description que nous publions en dernière page qu’en 1856 — quinze années seulement après l’adoption du texte de loi qui proscrivait du Parlement notre tangue — texte sur lequel La Fontaine sut du reste s’asseoir avec une tranquille énergie — la banque British North America émettait ici des billets bilingues.Il serait intéressant de savoir depuis quand, et à la suite de quelles circonstances, la banque a abandonné cette pratique.> Mais le fait reste qu’on nous traitait mieux autrefois qu’aujourd’hui; et si notre situation s’est amoindrie, c’est évidemment, et dans une très large mesure, notre faute puisque nous n’avions qu’à exiger te maintien du statu quo.OU VA SIR HUGH?Le Standard, que sir Hugh Graham ne possède point, mais dont les actions pourraient être à sa disposition du jour au lendemain, a publié samedi, à l’adresse de M.G.W.Stephens un article extrême-nimt curieux.Avec une cauteleuse habileté, Fauteur insinue que M.Stephens n’est pas éligible, qu’il n’a pas fait à la Commission du port le travail qu’on lui attribue, que son mérite principal est de savoir prodiguer les poignées de main et que sa candidature à la mairie n’est que le prologue d’une lutte politique contre M.Ames.Le portrait de M.Ames et celui de M.Stephens sont du reste accoilés avec des inscriptions purement politiques.Et le poulet se termine par une sommation aux amis de M.Stephens d’avoir à préparer toute une liste de candidatures au bureau des commissaires et au conseil municipal.Or, il y a queries semaines, le Herald — qui n’appartient peut-être pas à M.Graham, mais où il exerce — témoin l’affaire Beck — le rôle de censeur occulte — publiait un article à grand tapage, reproduit par le Standard, où Ton affirmait qu’il faut en matière municipale compter avec les Canadiens-français, etc.Où va sir Hugh et que présage cette double manoeuvre?On répète que M.Stephons et M.McGibbon sont fort bons amis.Est-ce le secret de l’article du Standard?VAINS APPELS L’appel de M.Evanturel aux sentiments de race n’a évidemment aucune chance de réussir.Les Canadiens-français de TOn-tario n’en sont pas rendus à croire que te patriotisme ait quoi que ce soit à faire avec les combinaisons que M.Evanturel proposait à l’Association des hôteliers.0.H.LE TRAITE DE 1763 ET LES DROITS DE LA LANGUE FRANÇAISE Une traduction hâtive me faisait dire, dans le Devoir de samedi, (discours à Welland) : Le traité ne mentionnait pas le droit des Français à leur langue.d’abord parce que c’est un droit naturel, respecté par toutes les nations conquérantes, même par les Romains dans leurs nombreuses conquêtes ; et ensuite parce que c’est le plus élémentaire des droits civils et qu’il ne se trouvait en conséquence pas inclus dans la réserve générale de ces droits.C’est précisément le contraire qui est vrai et que j'ai dit.Voici le texte même de ce passage, tel que je Tai écrit et prononcé : The right of the French to their language was nut mentioned in the Treaty, first, because it is a natural right, respected by every conquering nation, even by the Homans in their numerous conquests ; ser cond, because it is the most ! elementary of civil rights, AND IV’.LS' THEREFORE INCLUDED IN THE GENERAL RESERVATION OF THOSE RIGHTS.H.B.Inttryiew-Expres* Voir en page 5 : “L'école des Hautes Études", par Léon Trépanier.M.BOURASSA A U UNIVERSITÉ McMaster IMPERIALISME OU NATIONALISME Il n’y a pas d’autre solution logique au problème impérial EN ATTENDANT TRAVAILLONS A L’UNION CANADIENNE La^ société littéraire de l’Université McMaster se pique d’avoir chaque année à sa table les hommes que distingue la faveur populaire ou leur mérite personnel.M.J.D.Morrison, son président actuel, énumérait tantôt avec un visible orgueil la liste de ceux qui, depuis quelques années, ont répondu à son invitation : Sir James Whitney, sir G.W.Ross, M.Mackenzie King, M.Rowell, sir W.Laurier, Thon.M.Borden.Cette année, ajoutait-il, nous avons voulu avoir celui dont le nom fait partie de notre vocabulaire quotidien et dont le courage est admiré de tous, l’un des leading french orators dans les veines duquel coule le sang versé à Château-guay et qui inspira les missionnaires jésuites, ces pionniers de la civilisation canadienne.Mais n’anticipons pas.Car Tordre des toasts est quelque peu interverti.Au lieu du Canada et de l’Empire, c’est de l’Alma Mater dont on parle, après avoir fait honneur à la santé du roi et goûté un solo de violon fort réussi d’une élève de l’institution.Toutes les agapes d’une tournure le moindrement intellectuelle sont assaisonnées, sur le menu, d’extraits appropriés à la circonstance, et, à plus forte raison, les banquets d’étudiants.Cela se fait en collaboration et c’est plaisir pour un chacun de montrer son érudition.Quelquefois aussi on en profite pour rappeler à l’esprit des convives des idées qu’on sent devenir petit à petit sienne».Et c’est peut-être pour cela qu’on lit au-dessous du toast au Canada et à l’Empire, cette réflexion sans nom d’auteur pour le faire deviner sans doute : “Le bien-être de notre pays est notre première préoccupation, et celui qui y travaille le mieux est celui qui fait le mieux son devoir.” C’est sur ce thème que brode d’abord pour s’en écarter ensuite, M.Fowkes, gradué de l’université, ancien député libéral.M.Morrison nous dit que ce fut Tun des principaux lieutenants de sir Wilfrid Laurier.Résumons son improvisation.On comprendra mieux ensuite la portée de la réponse.M.FOWKES 11 en coûte à M.Fowkes d'admettre que le Canada n’est pas une nation puisqu’il a un passé, moins ancien que d’autres, mais tout aussi glorieux, avec ses explorateurs, comme Champlain, ses évangélisateurs, comme les Jésuites, ses défenseurs, comme ceux qui ont combattu et sont morts pour le conserver au drapeau de leur coeur ou de leur allégeance, ses hommes d’Etat qui, à travers maintes vicissitudes, Tout conduit au port du progrès et qui, actuellement, jouit de presque toutes les libertés.En tout cas c’est un peuple, un peuple qui a conquis ses droits, car il ne faut pas oublier que si les libertés dont il jouit aujourd’hui lui ont été généreusement accordées, ec fut pour répondre à la ferme détermination des Canadiens de toutes origines qui réclamaient le véritable gouvernement responsable.Rappelant la parole de Beaconsfield : “Toute ma politique se résume dans un mot : Angleterre”, M.Fowkes dit qu’il Ta fait sienne pour le Canada, qui lui a donné la vie.Canadien je suis né et Canadien je mourrai, s’écrie-t-il.Puis, passant à TEmpire, celui-ci ne peut exister, dit-il, qu’à la condition, lo que tous ses sujets soient considérés égaux et qu’un Canadien vaille autant, aux yeux de la mère-patrie, oti’un homme du nord ou du sud de l’Angleterre ; 2o qu’il y ait communauté d'intérêts, et enfin.3o que si le coeur est menacé, tes colonies, comme en 1006, se portent à son secours.QU’EST-CE QUE L’EMPIRE?C’est alors que le président présente M.Bourassa en rappelant brièvement ses luttes qui ont marqué son courage et qui préparent le triomphe de sa cause.M.B ourassa est chaleureusement accueilli et toute l’attention se porte de son côté.Les professeurs disséminés parmi les élèves s’accoudent.bien décidés à le suivre mot à mot.Remerciant l’auditoire de cet accueil sympathique et le président de ses paroles trop flatteuses, l’orateur se demande si celui-ci n’a pas caché Tun des motifs qui Font décidé à l’inviter.L’on sait, dit-il, — puisque tout le monde s’en plaint, — la curiosité de la jeunesse et mê-! me de Tâge mûr pour le scandale.et Ton a peut-être voulu vous en offrir un sous la forme de celui à qui le préjugé a fait une si mauvaise réputation (rires).Et il entre immédiatement dans le vif du sujet.Je suis heureux, dit-il, qu’on ait réuni en un seul toast le Canada et l’Empire.11 est arrivé trop souvent qu’on les a séparés, suggérant ainsi à l’esprit et aux lèvres des orateurs de singulières conceptions des relations de Tun et de l’autre qui font oublier la juste part que chacun doit prendre de notre dévouement et de nos devoirs.Je remercie M.Fowkes d’avoir parlé surtout du Canada.Je partage plusieurs des opinions qu’il a émises sur ce point et mes remarques s’abrègeront d’autant, mais pour ne pas le compromettre complètement, je m’empresse d’ajouter que je diffère un peu de ce qu’il a dit quant à TEmpire (rires).On parle beaucoup de TEmpire au Canada.Ou en parle même plus qu’en Angleterre.A certains jours on n’entend que ce mot: TEmpire 1 Quelques Canadiens semblent le considérer comme le seul ou le principal objet de leur patriotisme.Avez-vous remarqué, cependant, que ceux qui parlent le plus de l’Empire sont précisément ceux-là qui le connaissent le moins?Exemple: On dit fréquemment que l’Empire est une association de nations-soeurs, égales entre elles et obéissant à un même souverain.Rien de plus erroné.Qu’est-ce donc que TEmpire britannique?Tout à l’heure, M.F’owkes s’est arrêté dans sa définition d’une nation: il s’est aperçu que le Canada n’est pas une nation, au sens que le prétendent les impérialistes exaltés.En fait, messieurs, dans ce composé hétérogène qu’on appelle TEmpire britannique, il n’y a qu’une seule nation au sens complet du mot: c’est le Royaume-Uni d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, Lui ««il a pouvoir««(fc* traiter d’égal à égal avec les autres peuples; tout le reste de TEmpire est en tutelle, en sujétion absolue dans l’ordre des relations internationales.Les cinq grandes colonies autonomes, en tète desquelles figure la Canada, jouissent, sans doute, d’une entière liberté et même d’une autorité à peu près complète en tout ce qui touche à leur gouvernement intérieur: le commerce, les droits civils, la législation municipale, Tins-truetion publique, etc.Mais quelle influence exercent ces colonies dans les négociations diplomatiques dont dépendent souvent leurs intérêts les plus graves, l’avenir même de leur peuple?Aucune.L’IMPUISSANCE COLONIALE L’Angleterre a fait avec le Japon un traité .qui a assuré à celle puissance la prépondérance dans To-céan Pacifique.Le Japon peut être demain, grâce'a l’Angleterre, notre ennemi le plus redoutable.Les autorités impériales ont-elles consulté le gouvernement canadien à cet égard?Jamais.Dans quelques mois, le dernier balayeur des rues de Londres aura le droit, par son vote, d’approuver ou de désapprouver la politique étrangère de lord Grey ou la politioue navale de M.W.Churchill.Mais les sept millions de Canadiens n’auront qu’à regarder faire, à applaudir si le verdict leur plaît ou a maugréer s’il leur déplaît.Ils sont “citoyens de TEmpire” au même titre que les nègres d’Afrique et les lascars de l’Inde.Tant (pie cette situation durera, il est contraire à toute équité, à toute tradition britannique, que nous assumions des responsabilités impériales, qui ne seront pas équilibrées par un partage de l’autorité impériale.Et TInde, avec ses 315 millions d’habitants, qu’en font les impérialistes canadiens?S’ils ne s’en occupent pas, la mère-patrie, elle, s’en préoccupe, parce qu’elle sent s’éveiller dans celte civilisation tout un monde d’idées suggérées par le développement de l’instruction, le contact de ta civilisation européenne.l’expansion du mercantilisme.L’Hindou, qui a versé son sang pour TEmpire, se voit fermer la porte de toutes les dépendances blanches de TEmpire.Et cependant il n’a nulle raison de se croire inférieur â TAnglo-Saxon.Sait-on que Ig pins haute récompense décernée à la floraison intellectuelle dans le monde entier, le prix Nobel, a été tout récemment donnée à un poète hindou?L’administration anglaise dans TInde est incontestablement un mécanisme merveilleux; mais qu’on ne se fasse pas illusion: tout intègre, tout intelligente, toute vigilante, tout extraordinaire que soit cette administration, ce ne sont point les 10,000 fonctionnaires et 100,000 soldats britanniques qui maintiendront trois cents millions de sujets dans la légalité, la paix et la soumission, le jour où le cri national dominera toutes les divergences de castes et les rivalités locales.M.Bourassa montre ensuite toutes les dépendances britanniques, colonies de la Couronne, protectorats.etc., dont la voix compte encore moins dans les décisions du gouvernement anglais et il rappelle ce cri d’angoisse poussé par lord Rosebery il y a une vingtaine d’an- nées.En voici la substance: Deux dangers menacent la puissance anglaise, l’un dans son commerce, l’autre dans sa puisance.Napoléon disait que nous étions une nation de boutiquiers.Longtemps nous avons connu la sottise de nous formaliser de cette parole.Ce qui est à craindre pour nous, aujourd’hui, c’est que nous soyons de moins en moins les boutiquiers du monde.L’autre danger qui nous menace, c’est que nous ayons conquis, acquis ou absorbé beaucoup plus de terres nouvelles et de peuples étrangers que nous n’en pouvons assimiler et unifier.Rien d’étonnant donc, ajoute M.Bourassa, si les puissances mises en appétit par l’exemple de l’Angleterre ne lui laissent pas la tranquillité nécessaire à la digestion, quand on a mangé avec excès (rires).IMPERIALISME OU NATIONALISME ?Cela nous amène à la question de la responsabilité de la défense de l’Empire, continue l’orateur.On a dit qu’il faut se porter au coeur de celui-ci lorsqu’il est menacé.Avant de déterminer la part que les colonies doivent prendre dans les charges de TEmpire, il faut d’abord établir celle de leurs droits dans son gouvernement.Inutile de se faire illusion ; les relations actuelles entre les différentes parties de TEmpire ne peuvent pas durer longtemps.Le temps arrive et vile où les premiers a demander qu’elles soient modifiées seront précisément tes “britishers” qui nous trouvent importuns aujourd’hui.Le temps vient où le Canadien, cons cient de sa valeur et de sa force, voudra jouer dans le monde le rôle qui convient à un peuple vigoureux et entreprenant, et alors il lui faudra choisir entre le nationalisme ei l'impérialisme.Un Américain, le gé itérai Homer Lea, grand admirateur du peuple anglais et mort au service de la Chine, a écrit, dans son ouvrage “The day of the Anglo-Saxon”, que le jour arrive où le peuple anglais devra choisir entre l'impérialisme militaire ou le démembrement de TEmpire.La solution est un peu trop radicale, mais il est certain qu’il faudra opter entre l’impérialisme et le nationalisme parce que les deux ne peuvent aller ensemble.Et déjà l’on commence à se rendre compte de l’impossibilité de l'impérialisme, Richard Jebb avoue que la fédération impériale est une utopie dans la pratique parce que immédiatement surgit la question de la défense commune qui comporte le pouvoir de l’impôt pour alimenter le trésor public sans quoi il ne peut y avoir de défense.Car il faut de l’argent pour construire des cuirassés et les armer de canons, et si vous voulez que l’Angleterre reste à jamais maîtresse des mers, “rules the waves for evei-”, il faudra en payer le prix à même lequel les Krup se tailleront un profit de $600,000 pour chaque vaisseau construit en Angleterre, à seule fin d’assurer par la coopération dans les profits, les succès des sauveurs de l’Empire.(Rires et applaudissements.) LE PROGRES DU NATIONALISME Dans ce conflit entre l’impérialisme et le nationalisme, M.Bourassa prévoit le triomphe de ce dernier.Les indices ne manquent pas.En Angleterre surtout, le sentiment qui prévaut est celui qui rapporte tout à l’Angleterre.On ne dit plus comme autrefois que la rupture du lien colonial serait un bon débarras, niais Ton refuse toujours, de considérer le sujet anglais des colonies, et surtout te sujet anglais d’origine britannique comme l’égal de celui qui est resté au pays.M.Bourassa raconte à ce sujet l’opinion exprimée par deux officiers anglais à Tégard des coloniaux, en présence d’un Canadien-français qui avait servi dans l’armée anglaise, précisément à l’époque où nombre de coloniaux se portaient au secours de l’Angleterre en Afrique du Sud.Comme ils traitaient les coloniaux un peu moins bien que des Kafirs, te Canadien-français finit par leur faire remarquer qu’il en était.Mais non.répondirent-ils, vous n’êtes pas un "colonial”, vous êtes un Canadien-français.En Ecosse, le sentiment nationaliste n’est pas moins prononcé ni moins contagieux.Les veilles traditions écossaises reviennent d’actualité.Les aspirations gaéliques s’affirment de plus en plus.On fait enseigner la langue gaélique dans maintes écoles.On réclame le home rule pour l’Ecosse aussitôt que le home rule aura été accordé à Tir-lande.» Dans le pays de Galles, on va plus loin encore : on abolit l’anglais comme langue officielle.Le conflit des opinions en Irlande n’est plus entre l’impérialisme et le nationalisme, mais entre deux groupes de nationalistes, celui du (Suite à la 3c page) 9 MERCREDI SOIR, à huit heures, dans la salle académique du Gesù, M.le Dr Nadeau donnera, sous les auspices du DEVOIR, une conférence, illustrée de projections lumineuses, sur les habitations salubres.L’entrée eét gratuite.Les dames sont spécialement invitées.i VOL.V.— No.50 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI, 2 MARS 1914 CHRONIQUE RELIGIEUSE ROME ET LE MONDE TOURNEE DE RECRUTEMENT (Dp notre correspondant} Québec, 2.— Lie R.Père Lecomte, de lu congrégation des Pi titres de Balnte-Marie de Tinctiebray, auxquels te Saint-Siège a confié la direction de l'Association do Notre-Dame de la lionne Mort, est en visite chest les RR.Pères Oblats de Saint-Sauveur, Le zélé missionnaire travaille à recruter des jeunes gens 'pour l'Ecole Apostolique de Sainte-Marie que sa congrégation a établie à Red Deer.MORT D’UNE RELIGIEUSE (Do notre porrespontfant) Québec, 2.— La R.Sœur Marie du Bon Secours, de la communauté _ des Sœurs du Bon Pasteur, est décédée, inmcdi.au couvent de Salnte-Poye ofl elle était supérieure depuis 29 ans.La défunte, née Flore Dtiquet, dç St-Charles do Belleohassc, était Agée de RI ans, et comptait 56 ans de vie re- LES INGENIEURS DE MINES LEUR CONGRES ANNUEL AURA LIEU AU RITZ-CARLTON DANS LES PREMIERS JOURS DE MARS.— PROGRAMME DES DELI RERATIONS ET LISTE DES TRAVAUX A PRESENTER.Le Canadian Mining Institute,c'est-à-dire l’association de» Ingénieurs des Mines, «t d'une fa ton générale de tous ceux qui s’intéressent aux Mines dans le Canada, tient tous les ans dans une dus grande» villes du Dominion de grandes assemblées qui durent plusieurs jours et qui réunissent un grand nombre d’ingénieurs et de savants.Cette année, les assemblées se tiendront à Montréal, au Ritz-Oarlton, les mercredi, jeudi et vendredi, 4, 5 et fi mars.Le programme comprend des communications savantes faites par divers ingénieurs et géologues ; un concert pour le jeudi 5 mars, et un grand banquet pour le vendredi 6 mars, auquel assisteront M.Coderre, ministre des Mines et le ministre uc l’Agriculture.Les hétes d’honneur du Canadian Mining Institute saront pour cettie occasion le Dr F/dward D.Peters, pro tigleuse.Elle fut pendant onze ans su péri en re du couvent de Saint-Sylves- | fesaeur de Métallupne à l’Université ire avant d'occuper la même charge 'u.rvard, dont les travaux sont célé- nu couvent do flamte-Foyo.-^- SOCIETE SAINT- JEAN-BAPTISTE ELECTION DES DIGNITAIRES Hier après-midi avait lieu une assemblée de la Société Saint-Jean-Baptiste de la paroisse Saint-Jean-Baptis, te, coruvoquqie par le président de cette section, M.Edouard Girard, pour pro-îéder aux élections des nouveaux officiers pour 1914, A l’ouverture de l’assemblée, M.Edouard Girard, annonça le but de btes, et M.Gardner F.Williams, le grand ingénieur des Mines de l’Afrique du sud.Le Dr Peters fera une communication sur "La Production de la chaleur dans les Fours Métal-irgiques", et M, Williams entretiendra les Ingénieurs des Mines sur les "Mines de Diamant de Kimberley”.Une des attractions de l’assemblée sera une communication de M.S.P.Brown, l’Ingénieur en Chef du "Canadian Northern Montreal Tunnel & Terminal Co, sur "Les Méthodes em- LE COMTE DE MINTO L’ANCIEN GOUVERNEUR - GENERAL DU CANADA EST MORT HIER MATIN A SON CHATEAU DE HAWICK, EN ANGLETERRE, A L’AGE DE 6fi ANS.SA CARRIERE.—Né, 9 juillet 1817.—Servit avec l’armée turque, 1877; dans la guerre de* afghanistaiis, 1879; secrétaire particulier de Lord Roberts au Cap, en 1881, étant alors Lord Melqund.—Vint au Canada en qualité de secrétaire particulier du marquis de Lansdowne, alors gouverpeur-général, 1882, et demeura ici jusqu'en 188(i.—Eut chef d’état-major du général Middleton lors de la révolte des Métis, 1885.—Gouverneur - géniéraf' du Canada, sous le nom de comte de Minto, ayant hérité de ce titre en 1891, de 1898 à 1904.— Vice-roi des Indes, 1905 à 1909.Londres, 2, — Le comte de Minto est mort hier matin à son château de Hawick, Hoxburgshirc.Il était âgé de titi ans.Il était malade depuis plu sieurs mois.11 fut l’un des pairs sur qui l’attention se porta le plus, pendant nombre d'années.Lord Minto, en dehors de ses fonctions diplomatiques, s’occupa beaucoup de sports et prit part â des courses célèbres, notamment le ‘‘Grand National”.En 187ti, à Aintree, son cheval tomba entraînant son cavalier dans sa chiite.Lord Minto se cassa le cou.Quelques années plus tard, sir James Paget, le célèbre médecin, disait ; "Vous êtes une de ces personnes extraordinaires qui se sont cassé le coup et ont survécu”.Gilbert John Murray Elliott, plus tard, lord Minto, est né en 1845, et après ses études à Eton et à Cam- ployées A l’excavation du tunnel sous bridge, il passa trente années de sa i w/i.oniviM rl’lliir» vir» /lotie- 1 ’ o i»tn Aa /xt‘.Il ,11 le Mont Royal", ,qui sera suivie d’une excursion dans le-tunnel sous la conduite de M.S.P.Brown et du Dr J.A.Bancroft, de l’’Universtt6 McGill.Les autres travaux qui seront pré- Exploitation minière et métallurgique à la Nipissing Mining Company, Cobalt, par James des miner,-iis de Ont.Echantillonnage Cobalt, par G.St hait, Ont.Les veines du distriet de Cobalt, par Arthur A.Cole, Cobalt, Ont cette convocation des citoyens et après | sen tés durant, l’assemblée avoir fait adopter les minutes des différentes assemblées spéciales qui ont été tenues durant l'année, il pria les personnes présentes de vouloir bien nommer un présidant pro tempore pour procéder à la nomination des nouveaux officiers.M.S.Parizeau un des plus anciens citoyens du quartier, fut choisi pour remplacer le président sortant de charge et procéder à l’élection qui doit avoir lieu ce jour, suivant les rè-glements de la Société Saint-Jean> Baptiste.M.Parizeau se rendit volontiers au désir de l’assemblée et prit le siège du président.Après quelque discussion de part et d’autre, il fut proposé par M.Noé Leclerc, appuyé par M.Onésime Martineau et résolu: ‘‘Que tous les officiers de la section Saint-Jean-Baptiste actuellement en exercice «oient continués dans leurs charges respectives pour un nouveau terme.” Cette motion étant mise au vote est adoptée à l’ünanirmité.Voici par conséquent la liste des officiers réélus: M.Edouard Girard, président; Alphonse Pelletier, 1er vice-président ; Z.O.Tourangeau, 2e vice-président ; Henri Cardinal, secrétaire des archi ves; Adélard Sincennes, trésorier; H.Branchaud, commandant.M.l’abbé L.A.Dubuc, est nommé chapelain de la section en remplacement de Mgr Forbes démissionnaire.sont vie dans l'armée, où il se distingua.Il fut pendant six ans gouverneur général du Canada, et pendant cinq ans, gouverneur de l’Inde.A l’âge de vingt-deux ans, il entrait au service de l'armée en qualité d’enseigne des Scots Gnards.Il était à Paris lors de la Commune en 1871.En Espagne, il suivit l’armée des Carlistes, en qualité de correspondant de guerre.Il fut témoin des exploits de l’armée tur-G.Campbell, Co-jque, sur les bords du Danube, suivit le général Roberts, dans sa campagne de l'Afghanistan et plus tard occupa le poste de secrétaire privé du général en Afrique-Sud.Lors de M.DEVLIN EST MORT Johnston, Cobalt, Amélioration réc nt-s duns L Pro-|,a Ruerrt.d’Egypte'en 1882.il fut cédé de cyanuration, par Herbert A.j capitaine d’une compagnie d’infan-Megraw.New-York, N.Y.jtei'ie montée, et reçut plusieurs Notes sur l’exploitation minière à blessures à Magfar.la mine Alaska Treadwell, par H.G.I Plus tard, il fut secrétaire mili-Meek.South porcupine, Ont.I taire de lord Lansdowne, gouyer- Amélioiau0n., apportées à l’échan ncur-general du Canada, et pendant tillormage des minerais, par Robert:'" duree de cette charge, il contri- bua à la pacification de la rebellion du Nord-Ouest.Il servit alors comme chef d’Etat-major, sous le géné-, ral Middleton.De retour en son qui.peuvent influencer le p;lvs> }| fHt brigadier général de "infanterie volontaire en Ecosse.A l’âge de quarante-trois ans, lord Minto fut nommé gouverneur-géné- H.Richards, Boston, Mass.Développements métallurgie lies ré cents, par A.Stansfield.Montréal.Facteur __ coût de l’énergie dans les exploita tions minières, par J.M.Forbes, Montréal.Acier à haute teneur en carbone rai (|u Canada, et se fit alors la ré-pour revêtement de Sluices, par Ho- putation d’homme d’Etat et de di-ward W.Dubois, Philadelphie, Pa.plornate.Dans tous ses discours il Exploitation minière dans la Co- déclara sa grande affection pour lombie Anglaise, par Howard W.Du- l’Amérique.bois, Philadelphie, Pa.Ressources mondiales de Charbon, pur D.B.Dowling, Ottawa.Ressources d’amiante, du district de Thetford, par W.J.Woolsey, Thet-ford Mines.Qué.Ces travaux seront lus, soit le matin à.partir de 10 hrs, soit l’après-midi à partir de 3 heures, dnn- la Le président, après avoir repris eon grande salle de bal du Ritz Carlton, siège, remercia l’assemblée die la confiance qu’on a de nouveau témoigné en faveur des officiers élus; M.l’abbé Auguete Paré, qui représentait M.le curé Dubuc à cette assemblée, fit l’éloge des officiers en charge et insista auprès des membres présents pour faire le recTutemient de nouveaux membres dans la paroisse et redoubler de patriotisme pour le succès des fêtes qui auront lieu durant la saison de l’été prochain: telles que la Fête nationale, le Monument Cartier, etc., 1 a des branches puis on.vota aussi des remerciements à M.Parizeau pour avoir présidé à cette élection et l’assemblée s’ajourna sans autre cérémonie.t tous ceux qui s’intéressent à l’In dustrie des Mines y sont admis.Nous ne doutons pas qu’un grand nombre de personnes qui se sont in- téressées pécuniairement, peut-être dats, qui.au Je prévois, disait-il, un grand avenir pour le continent de l’Ouest; c’est une terre d'incalculables richesses.Le Nord-Ouest du Canada est, aujourd’hui, l’un des endroits les plus beaux du monde entier.” Pendant le séjour de lord Minto en Canada, éclata la guerre des Boers.Le Canada fut appelé à fournir des troupes de volontaires.L’expérience que lord Minto avait ac-ouise pendant ses longues années de service lui fut d’un grand secours.Il vit lui-même à l'organisation et à l’équipement de nos sol Sud-Africain, se dis- ON VEUT L'ANNEXION.Lévis, 2.— La Chambre de Commerce de Lévis a été saisie à sa dernière séance d’un projet important, celui de l’annexion des municipalités de Bienville et de Lauzon à celle de Notre-Dame de Lévis.M.Ernest Roy a proposé de référer la question à un comité composé de cinq ou six citoyens des trois municipalités intéressées.La proposition a été ajournée à la prochaine séance.d’une fiiçon malheur,-UBr-m-nt aux Mi-nos, seront heureuses d’entendre parler de nos ressources minières et de leur exploitation, Par des hommes sérieux ot compétents.La Canadian Mining Institute compte au-delà de 1,200 membres et dans tous les centres depuis 'a Nouvelle-Ecosse jusque dans I'tle Vancouver.Son président est le Dr Barlow, de rUniVersité McGill, et parmi ses conseillers nous relevons les noms de M.Denis, surintendant des Mines de la province de Québec, it M.Dulieux, professeur à l’Ecole Polytechnique.IL RETIRE SA PLAINTE L’éehevin Judge a retiré les accusations qu’il avait portées contre ur contremuttre des travaux dans le Quartier Saint-Paul et les eommiBsai-res oni laissé tomber l’affaire.tinguèrent.Il succéda à lord Curzon, comme vice-roi des Indes.Fn 1909, il se retira de la vie publique, et donna sa démission comme vice-roi.LE MINISTRE DE LA COLONISA.TI ON ET DES MINES DANS LE CABINE T GOUIN S’EST ETEINT PAISIBLEMENT CHEZ SON PERK, A AYLMER, HIER MATIN.SA CARRIERE.—Né.à Aylmer, Qué., le 29 octobre 1858.—1891-1896—Député libéral au parlement fédéral, pour le comté d’Ottawa.—1896-97—Député libéral de Wright il Ottawa.—1897-1903—Commissaire canadien à Dublin, Irlande.—1903-1906—Député nationaliste de la ville de Galway.—1906-1907—Député libéral de Nico-let à Ottawa.—1907-1913—Député libéral de Nico-let à la législature.—1913-1911—Député de Témiscamin-gue à La législature.—1907-1914—Ministre de la Coloni-saticti, des Mines et des Pêcheries.Ottawa, 2.- M.Charles H.Devlin, député du Ténriscamingue et ministre de la colonisation, des mines et des pêcheries dans le gouvernement de Québec, est mort à sa résidence, à Aylmer, à 7 heures 30, hier matin.H y a trois semaines, lorsqu’on le prévint qu’il souffrait de la maladie de Bright, il s’en alla à la maison paternelle où il naquit.Il espérait ainsi recouvrer la santé.Hier, on rassembla ses parents les plus proches car la maladie avait fait son oeuvre.M.Devlin rendit tranquillement Je dernier soupir.Sa femme était auprès de lui de même que son fils, Bernard, son père, ses trois frères et deux soeurs.Les funérailles auront lieu mercredi matin, à 10 heures, à l’église catholique d’Ayhner.Charles Ramsay Devlin naquit le 29 octobre 1858 à Aylmer, Qué.Il fit ses études au collège de Montréal et prit ses degrés à l’Université Laval.Le 27 septembre 1893, il épousait Mlle Blanche de Montigny, fille du major de Montigny de Sainte-Scholastique.Tout en exerçant la pratique du droit, M.Devlin s’i»cupa de jour-nalisme et l’on a de lui des articles où coule une verve abondante et pétille un esprit incisif.En 1891, le comté d'Ottawa l’élisait pour son député à la Chambre des Communes.Il représenta ce comté jusqu’en 1890; en 1896 et 1897 il représenta le comté de Wright puis fut nommé Commissaire du Canada en Irlande.En 1903, il entrait activement dans la politique anglaise comme représentant de Galway à la Chambre des Communes d’Angleterre.Il fut élu par acclamation.En 1906 il fut réélu par acclamation; il défendit toujours avec ardeur la politique nationaliste irlandaise au parlement Impérial.Cette même année il revenait au Canada et toute de suite se faisait élire député de Nicolet au parlement fédéral.Le 17 octobre 1907, sir Eomer Gouin l’appelait à faire partie de son cabinet et lui confiait le portefeuille de la Colonisation îles Mines et des Pêcheries.Il était élu député provincial de Nicolet le 4 novembre 1907, apièés une lutte acharnée.Il fut l’un des plus puissants antagonistes des lois du Manitoba; il était en faveur du changement dans la législation et lorsque le gouvernement Laurier laissa entendre qu’il ne chanaerait rien à la situation, M.Devlin donna sa démission en guise de protestation.11 fut réélu avec une forte majorité.LA NOUVELLE A QUEBEC (De notre correspondant) Québec, 2.— La nouvelle de la COMPLEÏEMENT EPUISEE UNE AUTRE DAME QUI CROIT QUE “FRUIT- A -TI V E" EST LE PLUS GRAND TONIQUE DU MONDE.lÿllill llllllllMli»' !II III!IIII0|IIIIIIIIUL"IIIII|RI|WM''IthllIlWBlïïî iiiimtniI.iliniiiiHaiiiMit'ieiiH oi.iuiiiiiiiliuu>uinmliwniMmnlintil>n IIAGEHSVILLK, ONT., 2tt iioùt 1013.Je puis hautement recommander “Fruit u-tivet» parc qu'il m’a fait t'ndruuhuent de bien.Il v a environ quatre ans, je ctmimen-cal à faire usa«e de “Fruit-a-tlves", pour épuisement K^nernl et il me fit beaucoup de bien.Nous en achetâmes pour une valeur de plusieurs dollars, mais il fit tout le bien que vous lui attribue/, et comme Je Fai dit II y a un instant, je ne puis en faire assez d'éloges.Son action plaît tellement comparé aux autres remèdes, que je suis heureuse tie le proclamer et Je crois fermement que quelque autre femme commencera à faire , usage de “Fruit-a-tives'*, car je suis persuadée que les résultats seront ceux que vous en annoncez”.Mme W.N.KELLY.f>0c la boite, 6 pour $2.50, botte d'essai 25c.Fiiez tous les marchands ou de Fruit-a-tives Limited, Ottawa.BOURHONNIERE.F.J.C.R., avocat, 70 rue Saint-Gabriel.Tél.Bell, Main 2679.___ Tél.Bell Main 197.M -Adresse télégraphique Codes : Western Un.Unix.Ed.“Yrrab” Montréal LEOPOLD DARKY LL.B.Avocat et Procureur Edifice Humilie Ottawa, 221 rue St-Jacques Chambre 14.—Montréal AVOCATS MEDECINS Dr.M.LEMOYNE 257 SHERBROOKE EST (Prés Saint-Denis) Maladies des yeux, oreilles, nez, larynx.—“ Diplômé *n hygiène Pub.«orge, Tél.Fst *1550 Boite Postale 350.— Adresse télégraphique “Nahac, Montréal'1.Tél.Main 1250-1251.Codes i Liebcrs.West.Un C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation.— Rue Saint-Jacques GN PROTESTE.Québec.2 — De nouvelles recriminations s'élèvent maintenant qu’on veut ériger sur les Glacis la nouvelle station Marconi.Les résidents de la rue Saint-Denis et des autres rues du quartier fashionable du Gap s’agitent à la pensée qu’on érigerait sur ce site, unique comme point de vue, la station qu’il a fallu faire disparaître de sur les Plaines d’Abraham pour le parc des Batailles, et on demande au consetl-de-ville de ne pas permettre cet “acte de vandalisme” suivant l’expression de l’un des protestataires.Les mûmes objections se sont élevées lorsqu'on a voulu placer cette station sur le Cove Fields.Décidément le choix de son site n’est pas des plus faciles.NOTRE ROMAN MENSUEL) Le DEVOIR a le plaisir d’offrir à ses ledtrices et abonnés le second de ses romans mensuels Le Docteur Quentin -par M.ANTOINE ROUM == Le Dr.Quentin a été déshonoré par les accusations calomnieuses de ses adversaires politiques.Sur son lit de mort, il fait promettre à sa femme que leur fils réhabilitera sa mémoire: c’est à quoi s’emploie avec dignité, perspicacité, persévérance, le noble fils du Dr.Quentin, lui-même devenu médecin comme son père, et très apprécié.Sur ce thème assez simple, Fauteur a su façonner un roman très original, animé d’un grand esprit chrétien, écrit avec beaucoup de simplicité, bien mené et fort atta-• chant; l’intrigue y tient peu de place.LE DOCTEUR QUENTIN est de la vie réelle, ce qui est une excellente qualité.Tout le monde voudra lire ce roman.LE DOCTEUR QUENTIN peut être mis entre toutes les mains.Les coupons donnant droit à un exemplaire de ce roman paraîtront dans le “Devoir” chaque jour de la semaine prochaine.Et les six coupons présentés à nos bureaux plus .3 sous, ou bien les coupons adresés au journal avec 6 sous, donneront droit à un exemplaire du DOCTEUR QUENTIN.Le roman sera à la disposition de nos lecteurs et abonnés dès le lundi, 9 mars.mort de l’hon.C.R.Devlin s’est répandue rapidement, hier, dans la ville où elle a causé d’universels regrets.Sir Lomer Gouin, l’hon.M.Tas chereau, ministre des Travaux Publics, et l’hon.John C.Kaine, repré sentant l’élément irlandais dans le cabinet, ont exprimé de la manière suivante leur regret de la mort de leur estimé collègue: Sir Lomer Gouin : — Je suis très affecté de la mort de mon excellent collègue qui sera beaucoup, et justement, regretté dans tout le pays.M.Devlin était un vrai politicien dont la carrière n’a pas été limitée à une province.Nous connaissons le rôle brillant qu’il a joué à Ottawa, et nous savons aussi que son attitude distinguée au parlement impérial a fait honneur au Canada.Quant à son oeuvre à Québec, ceux qui l’ont vu au poste de devoir reconnaissent qu’il a été un des membres les plus brillants et les plus distingués qui sont passés à Québec depuis la Confédération.Il s’est profondément dévoué pour la colonisation dont il a fait la préoccupation de sa vie et il n’y a aucun doute qu’il sera sincèrement regretté par ceux qui s’intéressent à cette grande cause.Je suis convaincu que la Législature sera unanime a regretter cet homme de grande valeur qui comptait un nombre incalculable d’amis dans toutes les classes de la société.L’hon.L.-A.Taschereau: — La mort de M.Devlin est une grande perte pour la province, pour sa race, pour son parti et pour ses amis.J’étais de ceux-là et je me rappellerai toujours sa bonne amitié.sa largeur de vue et toutes ses belles qualités qui en ont fait une figure aimée dans la vie politique et sociale.Ce bon père, re bon mari, ce bon ami est allé chercher sa récompense.Puissent les êtres chers qu’il laisse supporter avec courage cette irréparable perte.” Ltion.John C.Kaine: — Quoique la mort de l’hon.M.Devlin fût attendue depuis quelque temps, la douloureuse nouvelle a causé une cruelle surprise ce matin et a plongé dans le deuil la ville entière./l’ê-tait un Irlandais sincère, brillant et versatile qui avait peu d’égaux comme orateur et comme législateur.Je le connaissais intimement depuis son enfance, quand il était étudiant à Québec et toujours j’ai eu en lui un ami sincère et dévoué.Je regrette beaucoup sa mort et il en sera ainsi de tous ses compatriotes et amis de PEmnire et des Etats-Unis.Son nom était connu et aimé partout et restera dans l’histoire comme celui de l’un des plus grands parlementaires de l'époque.” ARRETS DE TRAMWAYS (Suite de la dernière page) LE REGLEMENT 210 Dans le règlement 210 de la ville de Montréal, passé le 21 décembre 1892, cnocertiant la construction et la mise en opération d’un chemin de fer électrique dans les rues de cette ville, l’on ne trouve rien ayant trait aux arrêts des tramways.La section 43 du dit règlement se lit comme suit: “Le tracé des routes dans les diverses rues de la ville ainsi que l’établissement des circuits et des points de correspondance se feront et resteront sous le contrôle du conseil.Jusqu'à nouvel ordre, les chars circulant dans les rues indiquées à la cédule des routes ci-après mentionnées et désignées au plan air nexé, et ùes différents circuits resteront tels qu’ils sont pour le présent.Mais chaque fois que te service public l’exigera, la cité aura droit par simple résolution du conseil, de changer et de modifier ces circuits et d’ordon ner de nouvelles routes, pourvu toutefois que la eomlpagnie ne puisse pas être forcée d’abandonner une route déjà établie pour faire place à une au tre compagnie.” Comme on le voit, il n’y a rien dans cette section de règlement qui indi que explicitement que la ville ait le droit de fixer les arrêts de tramways, les points de correspondance exceptés.L’origine du nouveau règlement en vigueur depuis hier matin, remonte à l’an dernier.L’ingénieur McLood, chargé de présenter un rapport ayant trait à à i.a décongestion des tramways, suggéra la limitation des arrêts.Le rapport présenté au conseil le 23 junn 1913 fut accepté sur une proposition de l’échevin L.A.La-pointe secondé par l’échevin O’Con nell.Il n’y eut que quatre dissidents.La compagnie des tramways accepta à son tour ledit rapport et dès lors comimença l’installation des enseignes indiquant les arrêts.Auparavant, bien que la compagnie ne fût tenue à cela par aucun règlement municipal, les tramways arrêtaient à chaque rue.Aujourd’hui, les arrêts ont été déterminés et là devront se rendre les personnes désireuses de prendre le tramway.Sur les principaux circuits, très peu d’arrêts ont été supprimés.Par contre, sur d’autres, les tramways parcoureront une distance de 1,726 pieds sans arrêter.Il faut ajouter que le choix des points d’arrêts a été fait selon la population du quartier desser vi par les tramways et selon aussi son importance commreciale.Cette considération n’expùique pas l’omission, involontaire, croyons-nous, d’un point d’arrêt sur la rue Mont-Royal entre les rues Papineau et Deiorimier.Cette partie de la ville est en .effet un des quartiers les plus populeux et presqui exclusivement ouvrier.Certains contribuables de l’endroit vus à ce sujet nous ont déclaré qu’ils feraient les démarches nécessaires auprès de la compagnie pou s l’installation d’un point d’arrêt le plus tôt pos sible.Les enseignes de ferblane émaillé posées sur les poteaux étant très peu LAMOTHE & TESSIER, avocats.Edifice Banque de Québec, 11 Place d’Armes, Montréal.Tél.Main 3555.J.C.Lamothe, L.L.D., C.R., Camille I Tessier, L.L-B, ! 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entre 8 et 9 heures, de midi à 1 h.30, et de 5 à 6.30.au No 1445 Papineau.Tel.St-Louis 4108.BROYE A MORT.Saint-Honoré de Beauce, 2.— M.Hilaire Paradis, a trouvé une mort horrible dans son moulin à scie, ici.En huilant les machines du moulin, il a été saisi dans la courroie de transmission et broyé à mort.Tl a eu les deux jambes f racturées.et la chair de son corps se détachait par lambeaux.On a retrouvé un bras du malheureux à quelques pieds plus loin.La victime laisse une veuve et dix enfants.visibles le soir, la compagnie a déei dé de peindre ces derniers en blanc, sur une hauteur de quatre pieds.Comme nous le faisait remarquer l’ingénieur en chef de la compagnie des tramways, M.Graves, la ville, en adootant cette nouvelle méthode, ne fait que suivre l’exemple de Cleveland, de Chicago, de Philadelphie et de Toronto.Il est incontestable que nombre d’arrêts étant supprimas, le service des tramways sur les rues principales sera de beaucoup plus effectif.Cependant, ainsi que nous l’a déclaré M.Gaboury, surintendant, rien n’a été changé dans le temps a'lkmé aux wat-men pour faire leurs voyages.Cela n'aura lieu que lorsque le nouveau système aura fait preuve de l’efficacité désirée.La distance moyenne entre les différents arrêts est de 400 à 500 pieds, «nais beaucoup excèdent 600 pieds et même 700.Bien plus, sur certaines routes, l’on rencontre plus de 30 arrêts ayant entre 1,000 pieds de distance.Point n’est besoin d’ajouter que ces rues ne sont pas principales.Le règlement qui vient dfentrer en vigueur n'affecte que dans Montréal.Les autres municipalités, telles que Westmount, Outremont, Maisonneuve et Verdun en sont exemptes.A titre d’exemple, nous donnons ci-dessous les arrêts qui ont été supprimés sur nos voies principales.ARRETS SUPPRIMES Rue Sainte Catherine: Chomedy, Power, Buckinham, Victoria, Place Philippe, Benoit, Saint-Dominique, Saint-Justin, Cadieux, Sainte-Elisa beth, Labelle.Saint-Christophe, Saint-Timothée, Woife, Beaudry, Panet, Iberville, Raymond, Richelieu, Chicago, Préfontaine, Cuvillier, Aylwin et Chambly.Rue Saint-Laurent; Place du Mar ché Saint-I^urent, Milton, Roy, Napoléon, Place du Marché Saint-Jean-Baptiste.Rue B'leury: Dowd, Jurors, Mayer et Concord.Rue Ontario: Church, Clark, Saint-Dominique, Cadieux, Saint-Elisabeth, Berri.Saint Christophe, Saint-Timothée, Wolfe, Beaudry, Panet, Maisonneuve, Gain.Chaussée, Iberville, du Havre, E'm, Lévis, Richelieu, Marlborough, Darling, Cuvilier.Jolictte et Nicolet.Rue Saint-Denis: Vitré, Sainte-Julie, Emery, Albina, Demichemin et Pinault.Rue Mont-Royal: Clarke.Saint Dominique, Coloniale.Hôtel-de-Ville, Rivard, Berri, Saint-André.Christophe Colomb, Brébeuf,, de I^naudière, Sydenham, Durham, Chabot, Bordeaux et Chaussée.ARGENT A PRETER SUR PROPRIETES 1ère ou 2ème hypothèque.Aussi balances de prix de vente à acheter.S’adresser à Biron, Savignac, Coderre de Montréal, dans les buts suivants: Faire le commerce d’immeubles ou de biens immobiliers, et généralement toutes les opérations d’une compagnie immobilière; Acquérir, par achat ou autrement, tout ou partie de l’actif de toute personne, société ou compagnie exerçant un commerce semblable à celui de cette compagnie, et s’asso-icr avec telles personnes, sociétés ou compagnies pour des entreprises et en vue de profits commun; Vendre ou autrement disposer de tout ou partie des affaires et biens de la compagnie, aux conditions que la compagnie jugera convenables ; Prendre, accepter en paiement ou autrement acquérir, vendre ou autrement concéder des actions ou autres valeurs ou biens de toutes compagnies ayant des objets en tout ou en partie semblables à ceux de cette compagnie ; Payer en obligations ou autres voleurs ou biens de la compagnie, ou par l’émission et In distribution d’actions acquittées de son capital-social, toutes dettes ou réclamations contre la compagnie, pour tous biens ou droits acquis ou possédés par elle, et pour tous services à elle rendus ou à être rendus de quelque manière que ce soit; Distribuer entre les actionnaires de la compagnie, en nature ou autrement, tous biens ou propriétés de la compagnie, et en particulier des actions ou autres valeurs de toute autre compagnie et appartenant à la présente compagnie; Faire toutes et chacune des opérations et choses ci-dessus comme principaux ou comme agents entrepreneurs, sous le nom de “La Compagnie Immobilière Sagard”, avec un capital de vingt mille piastres ($20,-000.00), divisé en deux cents (200) actions de cent piastres ($100.00) chacune.La principale place d’affaires «le la corporation, sera dans la cité de Montréal.Daté du bureau du secrétaire de la province, ce deuxième Jour de février 1911.C.J.SIMARD, Sous-secrétaire de la province.ANGERS, de LORIMIER, GODIN et de LORIMIER, procureurs de La Compagnie Immobilière Sagard’’.30 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI, 2 MARS 1914 PREDICATION CAREME VOL.V.-J No.50 MONTREAL Des foules nomjireuses et recueillies se sont iwessée» hier autour des chaires pour entendre de la bouche des prédicateurs l’exposé des grandes et austères vérités de la religion.^ La renommée de ces derniers, l’importance et l’intérêt des sujets qu’ils traitent et l’esprit de foi de notre population font espérer de ce carême les résultats les plus consolants.Voici un résumé des sermntas qui ont été prononcés, hier, dans les principales églises de Montréal.A LA CATHEDRALE “LA SANCTIFICATION MANCHE”.DU DI - Sermon de M.l’abbé N.Fauteux, vicaire à l’Enfant-Jésus.liance sans fin, c’est le peuple qui sait prier.Pour les peuples chrétiens l'avenir ne se borne pas à ce momie étroit, il est au-delà des temps, sur :1e versant de l’infini, oh tout aura passé, mais où subsistera le délicieux repos d’un dimanche éternel.A NOTRE-DAME LE RAYONNEMENT DE LA VERITE ET DE LA BEAUTE DANS LE CATHOLICISME, PAR M.LE CHANOINE DES GRANGES.A la Cathédrale, l’abbé N.Fauteux parle de la sanctification du dimanche.Voici un résumé do son sermon : Pour maintenir les liens qui rat-tacheJit le ciel à la terre, il a plu au Seigneur de prélever un jour sur chacune des semaines qui mesurent notre vie: jour de repos dont il a réclamé avec um soin jaloux la sanctification.“Souviens-toi, disait-ii à son peuple par la bouche de Moïse, de sanctifier le jour du Sabbat.Six jours, tu travailleras et feras tes ouvrages, mais le septième est le repos de l’étemel.Ce jour-là tu ne feras aucune oeuvre, ni toi, ni ton fils, ni ton serviteur, ni ton bétail, ni l’étranger qui habite entre tes portes, car en six jours l’Etemel a fait le ciel, la terne, la mer et tout ce qu’ils contiennent et il .s’est reposé le septième jour.Voilà pourquoi l’Eternel a béni et sanctifié le jour du repos.1’ Ainsi pariait le Seigneur à Moïse enfermé avec lui dans les splendeurs enflammées et foudroyantes du Mont Sinaï.Moïse allait descendre de ces nuées mystérieuses, mais Dieu le retint encore pour lui dire: “Ayez donc bien soin de garder mon sabbat car c’est le signe de l’alliance elntre vous et moi et toutes les générations qui viendront ” Telle est la loi divine, loi de repos, loi de sanctification.Dieu a daigné justifier aux yeux mêmes de notre raison le repos hebdomadaire qui, aux points de vue religieux, social, économique, apparaît comme une des grandes lois de l’harmonie humaine.Rien de plus sage que de suspendre par une loi de repos les labeurs qui compromettent la dignité et le ministère de l’homme.L'homme investi d’un pouvoir royal sur toute la création a vu, par le péché, s’accomplir une révolution qui n’a pas brisé son sceptre, mais qui a amoindri son pouvoir.Il faut pour le ressaisir qu’il se mêle à la matière.C’est un châtiment et un péril.A force de se courber vers la terre, il risque d’oublier qu’il est le pontife des êtres inférieurs et leur interprète auprès de Dieu, Le repos dominical le saisit à temps pour qu’il puisse offrir à Dieu l’hommage raisonnable des créatures.Pendant la semaine.1 homme est roi puissant dans les salutaires humiliations du travail, mais le dimanche, il doit être prêtre.Mais l’homme ne pourrait-il pas choisir lui-même le temps propice à son ministère?Peut-être s’il était isolé, mais en obéissant aux lois de sa nature, il est devemi société et comme tel il doit à Dieu un culte social, une prière collective et publique.Un homme n’oubüe pas ses misères parce qu’il prend la main d’un autre.Les sociétés comme les individus ont aussi leurs faiblesses, il faut, qu’à genoux devant Dieu, elles prient avec la prière humble et fervente comme l’homme en particulier qui attend tout de Dieu.D’ailleurs tous les peuples ont compris qu’on ne peut changer impunément les lois fondamentales de la nature.La puissance de travail chez l’homme n’est pas illimitée.Chaque jour entame sa provision de vitalité nerveuse; si le repos normal manque, il s’affaisse.Après six jours passés dans .l’excitation de la vie moderne, il lui faut selon la belle expression de la Bible, un jour pour se “refroidir”.L’homme reposé par le dimanche est plus joyeux, plus fort, il fournit un meilleur travail.Les gralndes nations industrielles comme 1 Angleterre et les Etats-Unis ne méconnaissent pas cette puissance économique.11 était de la sagesse des nations de ne pas oublier ce précepte et de la consacrer par l’autorité des lois civiles.Cependant, chez les peuples qui ont la foi, le repos hebdomadaire doit être moralisateur et religieux.“Souvenez-vous de sanctifier cfe jour” dit le Seigneur à Moïse.Le délassement physique n’est possible et complet qu’à la condition d’être accompagné du délassement moral.Pour sanctifier le d manche la première et principale chose rigoureusement exigée c’est l’audition de la messe chrétien, le sacrifice de la 'nouvelle alliance.Cependant l’audition de la messe ne suffit pas à l’accomplissement intégral du précepte.Sanctifier une chose c est la retirer de l’usage profane pour l’appliquer à des oeuvres saintes.Or employer une demi-heure ou une heure au service de Dieu, est-ce 3à sanstifier la journée?Que faut-il donc ajouter à l’audition de la messe?La fréquentation des sacrements, l’assistance aux offices de l’église, les bonnes lectures, les oeuvres de miséricorde, en un mot tout ce qui peut nous rendre meilleurs.En présence d’un précepte si rigoureux, mais si consolant dans son application pour l’âme humaine, comment comprendre le langage des indifférents: “Je n’ai pas le temps d’assister à la messe”.Ou bien, est-ce assez faire pour son salut que de venir s’ennuyer une demi-heure chaque dimanche à l’église?Pourquoi semble-t-on redouter la longueur des offices, la pompe des cérémonies, les avertissements de la parole sainte?Ce devoir rempli à moitié, le reste du jour se passe dans l’oisiveté religieuse ou les dissipations plus ou moins coupables.Les fêtes, les bals, les spectacles terminent la journée et en prolongent la jouissance dans la nuit.Cependant l’Eglise ne nous défend pas les amusements, elle nous invite même aux joies honnêtes et saintement reposantes pour le corps et pour l’âme.La fidèle observation du dimanche c’est le signe de l'alliance avec Dieu, comme le mépris est le présage sinistre de la réprobation.Ne sont prospères que les nations que Dieu bénit.Serait-il téméraire d’affirmer que la prospérité des nations protestantes s’explique en grande partie par leur fidélité à la loi dominicale?Cependant le peuple que Dieu bénit non seulement sur cette terre, «nais avec .lequel il contracte une al- L’églis© Notre-Dame réunissait hier son auditoire des plus grands jours.Ce qu’on nous a raconté de la carrière de M.Desgranges au pays français lui a mis au front comme une auréole de légendp.On était avide d’entendre l’homme qui mène là-bas une si étourdissante croisade contre les adversaire de notre foi, sort© de Bayard des controverses religieuses.M.Desgranges est paru en chair© drapé dans i’ét cia tan te cnppa des chanoines de Limoges.Dès les premières paroles, tombant au milieu d’un silence solennel, on a pu reconnaître l’orateur habitué à manier les foules: pensée simple et prise au plus vif des préoccupations de chaque auditeur, style imagé et qui laisse unie trac© lumineuse, ampleur de üa diction, beauté sculpturale du geste, tout ce qu’il faut pour saisir l’attention et ne plus la laisser fléchir.Le genre de son apostolat, exercé dans des milieux hostiles, a donné à M.Desgranges une discipline unique parmi les prédicateurs: il l’a habitué à filtrer sa pensée jusqu’à lui donner une éblouissante clarté, puis à dramatiser le discours, y semant ça et là des tableaux rapidement brossés, de manière à méduser tout le temps l’auditoire.Hier le prédicateur a voulu traiter le poignant sujet dont nulle âme au inonde ne se peut désintéresser: la vie.Tous nous en souffrons, et cependant nous aspirons au bonheur^ qui tranchera pour nous la cruelle énigme: Le Jésus de l'Evangile.Comme préambule de tout son carê-l’abbé DesGranges raconte DANS NOSÉGLISES Les fidèles vont en grand nombre entendre les prédicateurs de la station quadragésimale à Notre-Dame, à la Cathédrale, au Gesù, à Saint-Patrice et à Saint-Jacques.Henri Poincaré, d’établir quelques hy-potheees relatives et provisoires, quelques étiquettes commodes, et d’en tirer modestement quelques .utiles applications.Quant aux vérités absolues, profondes, complexes, elles jjous échappant." Plus la science réalise do progrès, plus elle constate ou devine cette immensité des espaces qui effrayait le génie de Pascal.‘'En dehors do ces vieillRS églises que vous ne laisserez, pas écrouler, s’écriait un jour Barrés à la Chambre française, les âmes humaines, humides ou grandes, restent encerclées, battues par les vagues de cet océan de mystères, dont a parlé le vieux Littré, pour lequel nous n’avons ni Laïque ni voile.” incapables de savoir, nous ne pouvons davantage prévoir.Oh ! quelle méditation nous avons pu faire sur la faillite des prévisions scientifiques, durant les inondations de Paris, et auprès de l’épave du “Liberté”.Le progrès jonche sa route des victimes qu’il écrase, il nous apporte sans doute quelques avantages matériels, mais ien creusant ©n nous des besoins nouveaux.Sommes-nous plus heureux que nos pères, qui ne jouis-sannt pas de notre confort ?Je n’en sais rien, mais ce que je sais, c’est qu’en nos cités, qu’agite le plus ardemment la fièvre de l’industrie moderne, jamais les suicides ne s’étalent multipliés avec une aussi effroyable progression, jamais n’avait éclaté me, M.l’abbé DesGranges raconte pjug menaçante la rumeur des gronde-conwnent, invité à parier à Vienne, en ment;iS révolutionnaires.Autriche, sous les auspices de î Aca- g.Enfin, l’orateur développe avec déimie Littéraire, il reçut du.prési- j émotion ce qu'il advient do l’amour dent, M.Richad de Gralik, hier eneo- humain, qui ne peut plus compter sur r.e chef du parti socialiste, aujour- golides vertus et sur de longs es- «n 4 î nn « mili+tin'f l’O TlPf'Vh fl fl polFS Ce tableau est-il excessif ?Bien au d’hui catholique militant, le récit de sa conversion: “Vous voyez, M.l’abbé, cette fresque représentant te Parthenon.Clest ce chef-d’oeuvre de l’architecture grecque qui m’a mis sur le chemin de la croyance.Lorsque je le contemple, mon.regard éprouve une satisfaction parfaite.Je me demandais s’il n’existait pas un monument intellectuel, un édifice de principes et de dogmes, susceptible d’apporter à ma conscience la paix et l’harmonie.Car le socialisme qui m'avait séduit par son ingénieuse générosité sociale, n’avait jamais satisfait les besoins les plus profonds de ma conscience et de mion coeur.Je me mis donc, à travers les religions et les philosophies, à la recherche de la Vérité.Tout dans mon éducation et dans mon milieu, me détournait die l’Eglise romaine.J’ai étudié pourtant sa doctrine, d’abord par un effort d’impartialité, bientôt avec un poignant intérêt, qui alla en grandissant jusqu’à ce que je salue enfin dans la doctrine catholique, non seulement l’explication la plus cohérente des problèmes de l’au-delà, mais encore les fondements inébranlables sur lesquels reposent l’éducation des enfants, la stabilité des foyers, la paix et Tordre des cités ter restres.L’Eglise ml'apparaissait < è lors comme le Parthenon de Tinte’ gence, où, suivant la forte expressior.de M.Etienne Lamy, “comme la nîn puissante synthèse de raison”, et '¦ décidai de consacrer à sa défense ' ce qui me reste tte force e tde vie.” Ces paroles, ajoutait l'abbé Des-granges, me firent tressaillis d’allégresse, et j’éprouvai aussi à les entendre quelque confusion.Est ce que la foi rayonnante de ce nouveau converti n’hun;' pas quelque pou la nôtre?Non , fi a et petits-fils de catholiques, nou„> admirons certes TE-glise, à cause de la pureté d© .ses Vierges et de l’héroïsme de ses martyrs, pour l’élévation de sa morale et la poésie de ses symboles, mais estimons-nous toujours, avec une fierté assez enthousiaste, la splendeur de sa vérité?’'’ * Pendant ce carême, l’orateur de Notre-Dame Aefforcera donc de montrer le rayonnement de vérité et de beauté dont le catholicisme entoure la vie, la souffrance et la mort, amour, la famille, la partie, tous les grands sentiments, toutes les grandes institutions do il "humanité.Pour aujourd’hui, il examinera le problème de la destinée humaine.La vie mut-elle la peine d’être vécue?Oui, mille fois oui, si Ton est chrétien.Non, doivent logiquement répondre les consciences laïcisées, pour les- messe.La raison en est.que la i quelles sont éteintes les étoiles du ciel, sse est l’action la plu» sainte du j Essayons de nous représenter Texis-.f i n h 1 o .n -ri fi,-a r\ n lu mniiwolio fence humaine trour l’incroyant.L’un tence humaine pour l’incroyant.L’un d’entre eux, le plus délicieusement pervers, M.Anatole France, assure qu’il faut n’avoir jamais réfléchi pour n’avoir pas senti “la tragique absurdb té do vivre”.En effet, la vie nous échappe, la vérité nous fuit, Tamour nous trahit.1.La vie n’est-elle pas insuffisante jusqu’à T ironie ?Que fait le troupeau humain ?il lutte non pour IHdéal, mais contre la faim; à Tatelier, au bureau, sur les sillons, Thomme s’épuise à gagner ce qu’il lui faut pour ne pas mourir.Pendant ce temps, la nature l’attaque par le chaud et le froid, par le feu et par les inondations, par les microbes que répand à profusion cette em-Doisonneuise.Il est en butte à la concurrence jalouse et à la méchanceté des hommes.En lui, s’agite la passion perverse, faune parfois endormie, dons les réveils terribles le jettent dans les ini-triqges les plus périlleuses, dans les phis honteuses débauches.Ainsi trinqué, Thomme tombe fatalement, à Theure qu’il ne connaît pas, n’étant jamais jamais certain de voir s’achever le jour qui commence, et il meurt sur un lit douloureux, au milieu de ses enfants qui recommencent cette lutte inégale, pour être écrasés sous la même inévitable défaite.2.Mais, direz-vous, et la seicnoo ?Il y a vingt ans, dans l’enivrement des grandes découvertes, certains s’é talent flattés que la sci.nce parviendrait à scruter l’énigme du monde, et à discipliner si efficacement les forces physiques qu’elle procurerait à Tbom-me, la sécurité et le bonheur.Hélas ! nous n’avons pas eu à rabattre les prétentions de cette science orgueilleuse.Elle-même s’en est chargée.Depuis quelques années, la science la plus émancipée et la plus laïque a fait surtout des progrès m modestie.Comme nous sommes loin du fol espoir d’un Berthelet ou d’un Renan ! “Il faut nous contenter, écrit M, contraire, nous ne poouvons le voir encore tel qu’il est.Ceux-là mêmes qui croient avoir éteint les étoiles marchent encore à leur clarté.“Nous viv0ns de l’ombre d’une ombre, a écrit Renan, nous respirons le parfum d’un vase vide, mais quand cette ombre vient du ciel et que ce parfum est divin, leur sainte vertu nous pénètre encore lorsque l’ombre est devenue la nuit, et que le parfum s’est évaporé.” Le chanoine Desgranges s'efforce de dépeindre l'état de l'humanité, fl y a 2000 ans.Tl retrace, d’après les incomparables peintures de l’Apocalypse, la venue de Celui qui ouvre enfin, sous les yeux noyés do larmes des hommes désespérés, le livre de la vérité et de l’espérance.Désormais, grâce à la révélation de Jésus-Christ, le mystère s’éclaircit, et l’espoir rayonne.La vie n’est pas un fruit définitif, fruit gâté qui mériterait d’être foulé aux pieds ; elle est le aertne qui doit passer par l’obscure fomv htation du sillon terrestre, pour connaître !a gloire des automnes étem ls.I i s luttes Contre les passions humaines sont la nécessaire condition de notre victoire, Les maladies, les épreuves, les décadences de la vieillesse ne nous 1 n-foncent pas, elles nous élèvent: etlos : no: détachent, et comme un lest promt nliel, elles permettent aux nacelles libérées de nos âmes, de poursuivre nue progressive ascension.La mort n’est pas le gouffre noir où tout s’écroule, elle est le radieux portique de l’immortalité.Nous aimoi la science pour les lumières modestes qu’elle peut nous donner.Nul plus que noua ne l'estime, puisque en dehors des services qu’elle peut rendre à nos frères, elle nous fait mieux connaître l’œuvre de Dieu.Mais ne lui demandons pas ce dont elle est incapable, elle ne saurait éclairer les horizons lointains du monde surnaturel.Noua savons unir dans nos consciences de chrétiens au gaz des sciences humaines, l’électricité des révélations divines.Enfin nos pauvres cœurs demandent à Tamour divin, quelque chose de son Immortelle jeunesse.Le christianisme est ici-bas le gardien de nos fidélités.La mort ne bris© pas nos affections.La famille se réforme là-haut auprès du Père qui est dans les deux.Et comme nos ftmt-s inassouvies n© sau-rahnr.rtre satisfaites, même par les plus pures et plu légitimes affections voici que le Christ lui-même, infini et inépuisable, s’offre aux insondables besoins de notre tendresse.C otn 11 r.n ez - v o us maintenant, s’écrie l’Orateur, quelle métamorphose le catholicisme opère dans les réalités d’i-ci-l>as ?Comprenez-vous que le^ saints soient si joyeux et qu’un saint François d’Assise, ne pouvant contenir son allégresse, ait demandé à ses frères, les oiseaux, et à ses soeurs, le© étoiles, de chanter avec lui lo grand hymne de la reconnaissance ?Cette joie de vivre est si profonde qu’elle éclate jusque sur le front des martyrs, saint André tend les bras à sa croix et lui parle en un langage sublime, Comme à la plus douce des fiancées.O peuple canadien, 6 familles fécondes.ft nation confiante et jeune, je répète’avec vous plein d’allégresse ce cri des martyrs : “Je suis chrétien”! Devant la mort, devant les persécutions, devant les souffles impies qui viennent du large, que l’hymne à la rte demeure toujours sur vos lèvres, parce que la foi demeurera dans votre cœur; l’avenir est à Vous.sant.Croire que Dieu nous entend et qu’il peut nous répondre,^ c’est être religieux; le nier, «est être areli-gieux, irréligieux, pratiquement athée, La religion n’est pas un monologue; elle est un dialogue d© Dieu et de Tâme humaine.Aussi, malgré toutes les erreurs et superstitions des fausses religions, on trouve chez elles un fond immuavle de rites, de pratiques et de formules.En fondant sa religion, la seule vraie, Notre-Seigneur n’a point méconnu cette loi des pratiques extérieures.Sans doute, il proclame que sa religion est tout intérieure et que tes vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.Mais tout en décrétant, par exemple, que désormais toute chambre peut devenir un sanctuaire, il n’en promulgue pas moins le culte solennel et public.Bien plus, comme il est l'auteur et le distributeur de la grâce, il décide que ce sera au moyen et par la vertu des rites extérieurs que la grâce descendra dans Tâme pour la sauver.Seul, il pouvait créer ainsi des prières de résurrection et des formules de vie.Cependant, ayant établi dans son Evangile les grandes pratiques religieuses de la prière, des sacrements et de la pénitence, il a laissé à TE-glise le soin et le pouvoir de déterminer dans quelles conditions, à quels moments, sous quel mode, en quelle mesure nous aurions à observer ces pratiques.De là viennent les obligations- de la messe dominicale, de la confession annuelle, de la communion pascale, du jeûne et de l’abstinence.En réunissant ces données, nous en composons la définition de la Pratique religieuse catholique: l'ensemble des prières, des rites et des actes par lesquels nous professons extérieurement la religion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et dont le mode d’exécution est déterminé par les lois positives de la sainte Eglise.Il est facile maintenant de démontrer la nécessité de la Pratique religieuse.Tranchons d’abord la question de la “loi positive”.Celle-ci oblige sous peine de péché.C’est une conséquence du pouvoir législatif de l’Eglise.Et donc toute transgression délibérée et sans raison d’une des pratiques religieuses commandées par 1 Eglise, en matière grave, est une faute grave, disons le mot.un péché mortel.Ainsi l’intérêt capital de notre vie se trouve engagé dans Tobservatiou de la pratique religieuse.Mais sachons nous élever plus haut, et soyons fidèles à l'Eglise par estime et par amour pour cette divine société qui est tout à la fois notre plus haute inspiratrice, notre meilleure consolatrice, norte plus lumineuse directrice.Allons plus loin que ses ordres, obéissons à ses désirs.Aussi bien, cette loi positive s’appuie tout ensemble à une loi de nature et à une loi de grâce.LOI DE NATURE.— En effet, 'hopime est ainsi constitué qu’il lui faut communiquer extérieurement avec Dieu.Toute conviction sincère, tout, sentiment intime cherche à se traduire au dehors, parce qu’il y a une liaison étroite entre les affections de Tâme et leur manifestation sensible.Ne serait-ce donc que lorsqu’il s’ag-it du sentiment le plus profond de l’âme, le sentiment religieux, qu’il faudrait s’abstenir de T'exprimer extérieurement?Pour tout dire d’un mot, quand on aime, on manifeste son amour, on le dit, on le chante.La charité divine, quand elle presse une âme, peut bien moins encore que l’affection humaine se contenir au-dedans; il lui faut se répandre et s’extérioriser, et c’est la prière.LOI DE GRACE.—- Il a un lien si étroit entre la grâce et la pratique religieuse que selon les lois ordinaires de la Providence, il faut que toutes deux existent ensemble, ou ensemble disparaissent.Là où il n’y a pas de grâce, il ne saurait y avoir de pratique méritoire, et là où il n’y a pas de pratique suffisante, il ne saurait y avoir de grâce.Voyez à quelle hauteur nous nous élevons ici: t’est l'économie même de la vie spirituelle qui est en jeu, c’est la question du salut étemel qui est débattue, puisque n’on ne saurait être sauvé sans posséder la grâce, et que Ton ne peut recevoir la grâce que par la prière, la pénitence et les rites sacramentels.Le prédicateur termine en nous montrant que pour nous racheter et nous ouvrir le ciel, le Christ a voulu choisir un rite, un rite pien extérieur qui se recoimaît u la couleur du sang, un rite qui est la source de tous nos rites, symbolics, signes, sacrements, formules, prières; c’est le rite qui s est accompli avec une douleur majestueuse au sommet du Calvaire tout eu haut de la Croix A SAINT-JACQUES LA PRATIQUE RELIGIEUSE PAR LE R.P.HAGE, O.P.AU GESU - i “LE MONDE D’AUJOURD’HUI DE-VANT L’EVANGILE”, PAR LE P.LOUIS LALANDE.S.J.ses rudesses, et dont la sympathie m’était déjà une récompense.J’y retrouve aussi, plus nombreux encore qu’autrefois, nos élèves; cette jeunesse qui change de nom, sans changer do physiometnie, de gaieté rayonnante et die promesses, qui continue de rendre doux nos soucis d’aujourd’hui par l’espérance de demain, et dont le désir d’entendre et de savoir fait songer, chaque fois qu’on lui parle, au geste du semeur sur les siiloms du printemps.Une leçon de confiance tirée des victoires du passé, garantissant celle de l'avenir: Il y a dans l’Eglise des âmes craintives, pessimistes, découragées, décourageantes aussi, de foi mince, qui croient toujours que la religion s’en va et que tout est fini: il y a tant de mauvais monde! Il faut les rassurer et nous-mêmes avec elles.Il suffire pour cela de refaire une page brève, en raccourci, une page dhis-toire, avec quelques traits de la biographie de notre mère immortelle, l’Eglise militante.Toujours combattu, Jésus promet toujours la victoire et toujours il la donne.“Ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront”.Certes, il ne nous a pas trompés! A peine la vie divine avait-elle commencé à circuler dans les veines de l’humanité qu’elle inspira des haines d’enfer.Les première persécutions eurent trois phases, — toutes mortelles, si elles s’en étaient prises à une institution humaine.L’une fut sanglante; les Césars, trois siècles durant, tirèrent leurs glaives et savourèrent avec les bêtes des arènes, le sang des chrétiens.Tu vas périr, s’éi-crie l’orateur, puisque tu es faiblesse, et que c’est Rome domptant toutes les barbaries et toute» les civilisations qui .se lève contre toi.Tu vas périr! Hommes' de peu die foi! Ne voyez-vous pas que le sang des martyrs ensemence la terre et que partout naissent et mûrissent des moissons de chrétiens ?Vous croyez qu’on tue TE-glise dans son berceau?Oh! regardez donc comme elle grandît! Je vois bien ses pieds baignés dans le sang, mille plaies ouvertes dans ses flaijc.s et d’où jaillit cette mer toute ronge où Ton croit la noyer; mais je vois aussi sa tête dans Tazur du ciel, ses deux bras étendus, larges comme l/empire, et j’entends sa voix crier fièrement aux bourreaux: “Vous pouvez prendre le sang humain de mes veines, mais je vis d’une vie divine, et celle-là vos mains sacrilèges n’y toucheront jamais!” 'La seconde phase fut la persécution de là calomnie, l’assassinat moral.La troisième, la persécution de Tignoran-ce.Arracher des mains de YEgiisie Té-ducation lies enfants, puis fermer la bouche de ses prêtres, si on ne les expulse pas, est une tactique scélérate qui, pour être encore en pleine vigueur, n’en est pas moins vieille d’une douzaine et demie de siècles.Cette seconde phase fit éclater la charité des chrétiens, Théroisme des vierges, la chasteté des soldats catholiques, le miracle d’une doctrine qui relève l'humanité et que rien ne peut éteindre.La troisième se termina dans le triomphe de l’érudition et de l'éloquence sans égale des Pères de l’Eglise.Apr-ès cette triple tempête, l’Evangile passa par la nuit noire et orageuse de Thérésie; — Thérési© défendue avec toutes les ruse» grecques de Byzance, tortueuse comme Arius et Eu-tychès, insinuée avec tout ce que l’argent, l’esprit des femmes, la subtilité des théologiens fourvoyés ont de séduisant, abritée dans sa contagion sous le manteau des rois.Le Christ en sortit pour monter s’asseoir sur le trône même des Césars.Il sortit de même de Timvasion des barbares; de Tâge de fer des Xe et Xle siècles, rapportant avec lui Tad-tnlrable végétation, des oeuvres du moyen-âge.Il sortit de même de la lutte contre ses amis, les princes qui protégèrent son Eglise à condition de l’asservir.Puis, il lui fallut vaincre ie plus grand ennemi qui l’ait jamais menacée: sa/propre richesse.L’ora'-teur ému, fait ici le tableau du péril de l’Eglise devenue riche.Les prospérités humaines ont pu, dans sa longue course à travers le monde, s’attacher à l’Eglise, comme la poussière du chemin à un manteau royal.Mais un jour son Epoux lui dit: “Fille du ciel, secoue ton manteau!” Et la voilà qui reparaît aux regards de ses enfants, toujours jeune dans sa beauté virginale.Si la parole de Dieu passait, elle eût été étouffée au cri de la Réforme.Elle l'eût été par la science des encyclopédistes du XVIIIe siècle.Elle Teût ¦été par la Révolution dont ils furent les auteurs1; ou tout au moins, par Bonaparte qui voulut écraser la tête de TEglise aprs l’avoir servie un moment.Le XIXe siècle l’a revue triomphan te, et le vingtième chante ses victoires.Confiance! Nous sommes les fils d’un Père dont la parole ne passe pas.Patrice — nation privilégiée qui reçut avec un esprit éclairé d’une lumière pure, un coeur enflammé d’un saint amour, et pour le garder jusqu’à la fin des temps ce don de la foi apporté et prêché par le grand thaumaturge Saint-Patrice?Il me faudrait la foi d’un saint Patrice, le zèle d’un saint Colomban pour remplir ma tâche plus dignement.?Prêcher au peuple irlandais n’est pas ma seule difficulté, car vous n’ê-tes pas seulement des disciples vivant dans une terre (je dirai comme me disait autrefois un vieillard éloigné d’Irlande) une terre où le petit shamrock couvre de l’image de la sainte Trinité les pieds de ses habitants; une terre, précieuse relique de l’amour et de la foi irlandaise, terre foulée par ses saints martyrs.Vous êtes plus encore, vous êtes les apôtres de la foi, vous vous rangez parmi ceux qui Pont portée à travers le monde.Comment donc faire briller à vos yeux le flambeau de la lumière?Peut-être que la préparation et l’expérience acquise en faisant le tour du monde me donneront aide et inspiration Oui, j’ai vu la foi irlan-daise à l’étranger aussi bien qu au pays, j’ai été avec des soldats et dans tous les rangs de la société; j’ai offert le saint sacrifice de ia messe au milieu des plus terribles tempêtes, sur un océan en furie, .1 ai prêché aux soldats dans le camp a la veille d’une bataille, je suis resté debout auprès des corps mutiles de soldats irlandais, à la suite d un sanglant combat; j’ai prié près deux, nos mains se sont pressées fortement, tandis que nos âmes s unissaient dans une ardente prière.Toujours leur foi était si grande que la mienne me semblait faible, je ne pouvais alors que m’écrier avec_ le _pu-clicain: “Seigneur, faites-moi miséricorde à moi qui ne suis quïin pécheur.” Oui, nous prêtres et peuple irlandais avec norte foi avons le ciel sur terre.Vos ancêtres sont venus ici, eux et vous, avez gardé cette foi.Dieu vous en recompense LE CHAUFFEUR DEROME IL EST CONDAMNE A 10 JOURS DE PRISON POUR VOL AU DETRIMENT DU GAZ.DEUX PAINS : DIX JOURS ! UN MALHEUREUX POUSSE AU VOL PAR LA FAIM EST ENVOYE EN PRISON.Le chauffeur Derome, dont le —J avais faim; je n avais pas nom fut mêlé à la triste et tragique mange depuis vingt-quatre heures, affaire de la petite Cécile Michaud, j C est 1 excuse que donnait au ma-est revenu de nouveau devant les ; M1 strut un nomme Laurent D., un tribunaux samedi, où il fut con-Jcune homme, arrête s amedi damné à dix jours de prison pour matin au moment ou il volait dune vol de gaz au détriment de la Montreal Light, Heat and Power.Il serait, au dire de son défenseur, victime des circonstances : il avait, paraît-il, acheté un restaurant, 1555 rue Saint-Laurent, l’avait revendu, puis après quelque temps en était devenu de nouveau propriétaire, et c’est lorsqu’il avait cessé de l’être que le vol aurait été commis.Le truc consistait à se fournir de gaz en adaptant au gazomètre un tube en càoutchouc qui était relié ensuite aux tuyaux de distribution.DU CIVIL AU CRIMINEL UN DEFENDEUR ET QUATRE TEMOINS INCULPES DE PARJURE.voiture de boulanger deux petits pains.Natif d’une ville du Maine qu’il ne voulut pas nommer, enfant d’une-famille canadien ne-française émi-grée qu’il ne voulut pas désigner pour leur cacher sa honte, il était échoué à Montréal sans le sou et incapable de se trouver un emploi.M.le magistrat Leet lui demanda s’il voulait retourner chez lui mais le jeune, oubliant la réception réservée à l’enfant prodigue, répondit qu’après sa déchéance il n’osait affronter le courroux paternel.Il fut donc condamné à dix jours de prison.UNE LOQUE A 19 ANS LAMENTABLE HISTOIRE D’UNE JEUNE FEMME ITALIENNE, MERE D’UN BEBE DE NEUF MOIS' ET FOLLE.Il y a quelque temps, un Italien du nom d’Antonio Russo intentait contre un de ses compatriotes, Àl-lessandro Pavia, une poursuite en réclamation de dommages-intérêts alléguant cpTil avait tenu à son1 , adresse des propos diffamatoires.; Une scene des plus pénibles a* L’affaire s’instruisit ces jours der- marqué la séance de comparution; niers et, après l’audition de quatre à la cour de Police samedi, una autres Italiens amenés par Pavia, la | malheureuse femme, une loque plu^ cour Supérieure renvoya l’action.I°L agee a peine de 19 ans, amenee, Russo prétend maintenant que devant le magistrat sous 1 inculpa-ceux-ci.Raphaële.Demain, Guiseppe|tion de vagabondage et de prostitu-Floro, Domenico Costellingi et Mi-1 tion, fut prise d’une crise de larmes c.hel Lachiese et Pavia, se sont par-'vraiment pitoyable.Elle avait été jurés.Plainte à cet effet a été dé-1trouvée la veille, dans un taudis posée devant le magistrat de police iavec son enfant, une mignonne filet samedi matin les cinq prévenus |lette de neuf mois et, maintenant comparaissaient devant le magistrat séparée du bébé, elle le réclamait Leet.Ils protestèrent tous de leur là grands cris.Le petit déshérité innocence, furent remis en liberté i était là sous ses yeux dans les bras sur caution et leur procès fut fixé de la matrone de la police.à huitaine.UN AEROPLANE GEANT UN VOYAGE DE 18 MINUTES AVEC 17 PERSONNES A BORD.Saint-Pétersbourg, 2 — L’aviateur russe Sckorski a emmené, pendant 18 minutes, l(i personnes à bord de son “aérobus”, ce qui constitue un record sans précédent.Le poids total transporté était de 1,200 kilos ; Taèroplane était propulsé par deux moteurs de 100 chevaux.L’envergure est de 10 mètres et la longueur de 21 mètres.Une spacieuse cabine, entièrement fermée, est aménagée à bord.Il y a huit fenêtres ; pour les vois de nuit, il existe une installation de lampes électriques.VOL LUCRATIF ON PREND .?200,000 DANS UN CAMION STATIONNE A UNE GARE DE PARIS.Après la procédure brève de la comparution, le tribunal décida de faire examiner la jeune femme dont la raison a évidemment sombré pour ne laisser vivace que l’instinct maternel.Les lamentations de la pauvre folle continuèrent lorsqu’on la traîna dans une cellule et ce n’est qu’après lui avoir rendu enfin sa ©etite qu’elle s© tut.Elle fut plus tard conduite à Sainte-Darie thns une voiture de place, avec son bébé qu’il faudra bien lui enlever pour toujours.Le R.P.Hage, O P., prédicateur de la station quadragésimale à Saint-Jacques, a choisi pour sujet de ses instructions: la Pratique Religieuse.Dan» son sermon d’ouverture, il donne la définition Se la pratique religieuse, pour en démontrer par là même la nécessité.On définit la Pratique Religieuse: l’ensemble, des prières, des actes et des rites par lesquels on professe extérieurement sa religion.Que toute religion doive ainsi se manifester par des pratiques extérieures, c’est une loi qui découle de la notion même de religion.La religion est ainsi appelée, dit saint Thomas d'Aquin, parce qu’elle nous relie au Dieu Tout-Puia- C’est le Père Louis Lalande, .S.J., qui tient la chaire au Gesù.Le sujet de sa station pourrait s’intituler: “le monde d’aujourd’hui devant TEvangi-le”.Il y avait dix ans que le très éloquent prédicateur n’était pas monté dans la chaire du Gesù.Aussi, les “anciens” et tous les habitués de Té-glise de la rue Bleury.un peu dispersés depuis quelques années, aux ex> trémités do la ville, étaient revenus d’Outremont, de Westmount, dé TEst, de l’Ouest comme aux beaux jours d’autrefois.De l’opposition du monde à l’Evangile, le conférencier jésuite se propose de tirer ce qu’il appelle des “Levons d’Evangile”.Hier, il débutait par “une leçon de confiance”.Il Tap-puie sur la parole du Maître: “Le ciel et la terre passeront, mais ma parole ne passera pas.” Aussi bien, dit-il, ce sont des mots do confiance qui me viennent à moi-même sur les lèvres, en remontant dans cette chaire.J’y retrouve, après dix ans, l’auditoire fidèle et aimé dont l’esprit de foi et la docilité indulgente pavaient si bien accepter la vérité, A SAINT-PATRICE EXTRAIT DU SERMON DU P.MURPHY, SJ.Le saint temps du carême est arrivé.Maintenait notre mère la sainte Eglise nous appelle à la pénitence et à la prière afin de faire réparation, de nous fortifier contre le vice, mais plus encore pour nous préparer à la grande solennité du vendredi saint et au beau jour de Pâques.C’est pour vous un temps très important, car maintenant Dieu vous offre de grandes grâces pour vous purifier, vous aider à passer saintement Tonnée présente et vous attirer tout près de Lui.Je n’ai pas besoin de vous dire que c’est pour moi un temps de grandes inquiétudes.J’ai été appelé à faire près de 8.000 milles pour vous prêcher le Dieu de vérité, à vous tout spécialement, mes frères et mes soeurs.Je me sens profondément reconnaissant pour Tamour qui m’est fait, mais je sens encore plus la terrible responsabilité.Comment vous apporter ce mes sa ge afin que vous soyez de plus en même quand la forme notait rien à | plus dignes d’être le peuple de Saint- Paris, 2 — Plus de deux cent mille dollars en espèces ont été volés ce matin, dans un camion de Thôtel des postes, à Tune des gares de chemin de fer.Comme aujourd’hui est le dernier du mois, on transportait de fortes sommes en divers endroits pour le paiment du traitement des fonctionnaires.La police ne veut pas fournir de détails sur le vol, sauf que le camion se trouvait au nombre d’une foule d’autres semblables et que le plus grand désordre régnait quand le coup d’audace s’est perpétré.VICTIME DE LA __ SCIENCE Calcutta, 2 — Le docteur Frederic Fox, savant autrichien, qui a passé sa vie à étudier le traitement à apporter aux morsures de reptiles venemeux, est mort aujourd’hui empoisonné par une morsure de vipère.Il venait de soigner une chèvre qui avait été mordue par le même reptile et avait réussi à la sauver.Le docteur a été mordu cinq fois et il a trop tardé à s’administrer un antidote.TROP DE DESERTIONS Telle est la plaie de Tarmée des Etats-Unis.— Près de 4,500 soldas ont brûlé la poliesse à leurs officiers en un an et n’ont pas été retrouvés, Washington, 2 — Bien que 3,352 soldats aient été ajoutés à Tannée des EtatsUnis depuis quelques temps, la rapport pour Tannée fiscale qui vient dé se terminer démontre que, en raison des désertions, le nombre total des soldats de TOncle Sam a diminué au lieu d’augmenter duraot la dernière année.Avec la garnison des îles Philippines, Tarmée américaine compte aujourd’hui 85,569 hommes contre 87,965 il y a un an.Le général George Andrews, dans son rapport annuel, a commenté le fait que 80 p.c.de ceux qui se sont présentés aux différents bureaux de recrutement pour faire partie do l'armée ont été rejetas tandis que 14 p.c.de ceux qui ont été acceptés aux endroits précités ont été rejetés ensuite par les médecins des corps’de troupes auxquels ils étaient affectés.Du nombre total des 25,086 recrues qui se sont présentées aux bureaux da recrutement durant la dernière année fiscale, 18,802 étaient de race blanche, 3,365 d© races étrangères, 2,-049 de race noire, 27 Indiens, 216 Porto-Ricaing et 627 Filipinos.Les désertions durant Tannée ont atteint le chiffre de 4.451 ou 5,48 p.c.du nombre total enregistré dujint 1 année, contre 4,43 p.c.comparé avec lannee dernière.Le 9me et le 10me regiments de cavalerie, qui sont composas de nègres, die même que le 5me regiment d’infanterie, comptent un nombre très faible de déserteurs.BATEAU A LA POLICE UN PROPRIETAIRE DE CINEMA EXCURSION POUR L’OUEST ™T m«cheb les -w - DE LONDRES.Les excursions de colons, qui au- La police a cui- ront lieu chaque mardi, depuis le 3 pêché^iîtnnrrf't,^ mars au 27 octobre inclusivement ain- une manoeuvre^, Hce .(!” on,:l cm si que l’équipement de wagons-lite- jmée des Tuff aaen'^^ dc 1 ar: touristes que possède le C.P.R.sur de prendre de for^e ThAfoi ^Sa?î"t chaque convoi permettront aux voya- 'lier du premier ministr.» rJ,tar,IC“' geurs de faire le trajet à Winnipeg, son est située rue Downing ri" est Calgary Edmonton ou n’importe quel ; toujours surveillée étroitement ni r autre endroit des provinces du Mani- un cordon de police pour empêcher toba, de la Saskatchewan et de TAl- tout coup de main de la ir rl des berta avec' tout le confort désiré.adeptes de Mme Pankhurst Les voyageurs ayant des billets du ! A u,n certain moment, ori vit pas-C.P.R.peuvent aussi avoir une ac- ser plusieurs automobiles remplies commodation semblable à leur retour V/rJ-f'tnriles 'lui surgirent soudain dc de .FOuest, le C.P.R.étant la seule Hall et les voyageuses al- ligne possédant cette espèce de wa- *ouvrir ,es hostilités qauml gona sur ses trains directs.eues furent entourées par la police.Les billets sont valables pour deuxii-A", n SUU mais P'us tard seu-mis, et permettent dParrêter à Win- ent’ CI11P .cnl’t> ôtait monté par «+ x «.u—.—, —, une compagnie de vues animées américaines en quête d’un rouleau intéressant.mois mpeg et à n’importe quel autre endroit à l'Ouest. YOL.y.—No.50 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI, 2 MARS 1914 COMMERCE ET FINANCE LE RICHELIEU BAISSE D'UN 0 IT ET DEMI C’esf le résultat de la réunion annuelle de samedi.—L'état de nos banques canadiennes.— Assemblée annuelle de la R.& O.N.Company.— Interview-Express.— Notre Ecole des Hautes Etudes Commerciales.— Çà et I j L'assemblée orageuse de la Richelieu & Ontario Navigation Company samedi a eu sa répercussion à la Bourse ce matin, quand cette valeur a décliné de 107 à lOfi'/z points.Par contre la Dominion Cannera a fait un saut de 65 à 67%, ce qui a donné un peu de stimulant à certaines autres valeurs qui se sont maintenues.La tempête qui a sévi entre New-York et Montréal a été un ennui pour plusieurs courtiers qui n’ont pu communiquer avec Wall Street aussi promptement qu’ils l’auraient voulu.-«- INTERVIEW- EXPRESS NOTRE ECOLE DES HAUTES ETUDES.—L’Ecole des Hautes Etudes Commerciales étant une excellente pépinière où vous, industriels pouvez faire le choix de ceux qui continueront dans quelques années à faire prospérer votre négoce, comment se fait-il que vous hésitiez à le reconnaître?demandions-nous ce matin à un membre de la Chhmbre de Commerce de Montréal, industriel très en vue de cette ville.—Pépinière, elle devrait en effet en être une, nous répond l’industriel, mais vous savez le fiasco qui a couronné le premier cours de l’institu-tion?—Mais non.Eh bien sur les huit élèves qui sont sortis de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales l’an dernier, après avoir subi des examens sur environ vingt-cinq matières, trois d’entre eux sont devenus petits fonctionnaires à l’Hôtel des Postes où on les emploie à classifier des lettres, un autre est commis dans une épicerie de troisième ordre, un autre est instituteur dans une école de frères et les trois autres, j’igiuore ce qu’ils sont devenus.—Mais le programme tout européen que Ton fait suivre à ces élèves, ne devrait-il pas pousser les diplômés vers “d’autres carrière^” plus compatibles avec leur :/ivoir?—Sans doute, mais il arrive que ce programme qui est surchargé ne s’adapte pas à la mentalité des élèves, qui, plus tard, comme chefs de maisons industrielles, auront à lutter contre la concurrence américaine et non contre les maisons de France, de Belgique et d’Allemagne, et voilà pourquoi, en substituant à renseignement pratique un enseignement tout à fait théorique, on a fait de l’oeuvre un fiasco.—N’aurait-on pas pu éviter cette erreur si dès le début, vous autres Industriels, aviez insisté sur le mode d’enseignement qu’il faut donner aux élèves d’ins;tituti « ?> « $ *> « n # >#) ¦** 4i UN ROMAN PAR MOIS mars 1914 » « -> » J* f#»
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