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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 7 décembre 1914
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1914-12-07, Collections de BAnQ.

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VOLUME V—No 287 MONTREAL, LUNDI 7 DECEMBRE 1914 DEUX SOUS LE NUMERO \ Abonnements par la poète : Édition quotidienne : CANADA E™ ETATS-UNIS UNION POSTALE $3.00 Édition hebdomadaire : CANADA ETATS-UNIS $1.00 UNION POSTALE OJL.oO $2.00 WÊSâ DEVOIR Rédaction et Administration! 43 RUE SAINT-VINCENT MO>‘TRKA.U TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461, REDACTION t - - Main 7460.Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! BIENVENUE BILLET DU SOIR.PREMIERE RENCONTRE Au nom de nos lecteurs et de nos amis nous voulons joindre notre foix à celles qui s’élèveront ce soir et tous ces jours-ci pour dire à Son Eminence le Cardinal Bégin la respectueuse admiration et la profonde sympathie dont l’entoure la population montréalaise tout entière.Catholiques et Canadiens-français, nous avons double raison d’accentuer cet hommage, car notre vénérable visiteur, appelé par l’Eglise à siéger dans son conseil suprême, est l’une des plus pures gloires de notre race.Au cours d’une carrière qui compte plus de cinquante années d’apostolat, il a prodigué sans jamais compter la générosité et le dévouement.Et la population de Montréal ne saurait mettre dans l’accueil qu’elle fera à l’éminent Cardinal trop d’enthousiaste sympathie et de respectueuse admiration.A BATONS ROMPUS LE CONFLIT GESTE SIGNIFIE A TIF [.es révélations faites au cours de l'enquête Flemming ont naturellement suscité au Nouveau-Brunswick de très vifs commentaires et d’utiles réflexions.Au dernier congrès libéral on a rédigé un projet de programme dont voici le début: “Prenant en considération le fait que, dans Vadministration des Terres de la Couronne, il doit nécessairement surgir de temps à autre des questions qui mettent en conflit les intérêts du colon et ceux du concessionnaire de terrains forestiers, et que dans le règlement de ces questions par le gouvernement il convient de donner franche et con-venable expression a ces deux intérêts, afin de rendre complète justice à tous et de promouvoir ainsi le bien de la province, noire chef devra examiner s'il ne serai! pas désirable de placer, sons la direction de ministères d stincts, les intérêts de la colonisation et ceux du commerce de bois.” C’est la reconnaissance du conflit que nous avons maintes fois signalé et qfti est à la source de toutes nos difficultés dans la province de Québec.Mais notre expérience même devra démontrer à nos voisins du Nouveau-Brunswick qu’il ne suffit pas de placer sous des directions différentes la colonisation et le commerce de bois pour résoudre le conflit.Il faut créer un système qui assure le développement normal des deux industries et la libre expansion des régions colonisées.Et c’est le colon surtout qui a besoin de protection; car—et l’enquête Flemming l'a montré avec éclat — le commerce de bois dispose souvent de ressources dont le coion ne possède sûrement pas l’équivalent.L'Association Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa vient de se donner comme président, à [’unanimité, M.Samuel Genest, président de la Commission des écoles séparées et membre du conseil de direction de l’As-sociation d'Education.Le geste est significatif, et l’on en publie hautement la signification.On a voulu, en attribuant à M.Genest ce nouvel honneur, donner un témoignage particulier d’admiration et de sympathie à ceux qui ont dirigé la résistance contre la persécution scolaire.La province de Québec aura bien tôt l’occasion, elle aussi, rie manifester sa sympathie agissante envers la minorité, car d’ici quinze jours 1’ Association catholique de la Jeunesse commencera sa campagne de souscription et de propagande.L’UNION Et la réunion initiale témoignera avec une singulière éloquence de l’esprit d’union qui doit animer cette campagne.On verra sur la même estrade des représentants de l’Ontario et du Québec, les jeunes gens de l’Assocm-lion et des hommes qui comptent trente ou quarante ans de vie publique, un sénateur libéral comme M.Belcourt et le président du Sénat, M.Landry, conservateur de tradition.C’est tout l’élément français qui se portera au secours de la minorité attaquée.Et ce devra être, avec lui, tous les Anglo-Canadiens qui ont le sentiment de la justice et le respect de la parole donnée.Orner HEROUX.CHEZ LES PAUVRES L’émouvant appel de Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Montréal devra trouver dans tous les coeurs une éloquente réponse.Chaque jour fait mieux voir la gravité de la situation et le nombre des misères locales qu’il faudra soulager.Le communiqué de l'Assistance par le Travail donnait sur ce point, samedi, des précisions douloureuses.Un article de la Vérité de Québec appelait le même jour l’attention du public de la ville voisine sur les misères qui accompagnent la guerre et qui.pour n’avoir point de publicité, n’en tenaillent pas moins les coeurs et les chairs.L’élan qui a porté vers les souffrances lointaines les âmes charitables est admirable; il serait absurde et douloureux qu’il ne soulageât point avec une égale générosité les pauvres de chez nous.L’ETERNEL TRESORIER Les journaux américains annoncent que M.Pierre Bonvouloir vient d’être élu, pour la vingt-troisième fois, trésorier de la ville de Holyoke.Une seule chose est aussi stable que le trésorier Bonvouloir, fait remarquer un journal anglais d’Ho-lyoke, c’est la tour de J’hôtel de ville.De fait, depuis vingt-trois ans, M.Bonvouloir a été constamment réélu sans prendre la peine même de faire de campagnes électorales.Deux ou trois fois on a cru devoir lui faire quelque opposition, mais les adversaires ont été écrasés.Pour bien juger du caractère et de la portée de cette réélection, il faut se rappeler (pie M.Bonvouloir, Canadien-français d’origine, n’a jamais mis son drapeau dans sa poche, qu’il est l’un des chefs du mouvement franco-américain et que la ville qui le réélit avec une telle régularité est aux deux-tiers non française.Est-il tfermis, sans risquer une accusation de déloyalisme ou de haute trahison, de demander s’il est une ville anglo-canadienne qui ait à son actif un pareil témoignage de largeur d’esprit et uc saine tolérance?SYMPTOM A TIQUE LE FRANÇAIS A.LONDRES M.Pelletier rapportait, l’autre samedi, deux faits qui ont dû d’abord surprendre et réjouir plus d’un lecteur: une grande compagnie anglaise annonçait dans la Gazette en français, une autre adressait à ses clients un long mémoire rédige correctement dans la :nèine Jangue.Que s’était-il donc passé soudainement dans notre cher pays?L’ex-lication ne tarda pas qui' fit tom-er un peu notre joie.Ces maisons ne sont pas du Canada mais de l’Angleterre! Ceci m’a rappelé deux autres faits qui méritent, eux aussi, je crois, d’être rapportés.J'étais à Londres au début de la guerre.Un de mes amis Hongrois de Budapest, désirait retourner dans son pays.Un passe-port, délivré par les autorités britanniques, lui était nécessaire.Comme il ne parlait pas un mot d’anglais, il me pria de l’accompagner au Home Office.Le fonctionnaire qui nous reçut, m’expliqua, dans sa langue, les formalités auxquelles devait se soumettre mon compagnon.Comme je traduisais à celui-ci ses paroles, il intervint, souriant, et, en un français sinon très élégant, du moins compréhensible, et compléta ses explications.On comprend facilement quelle surprise agréable j’éprouvai.Ce ne devait pas être la seule de la journée.Du Home Office, nous nous rendîmes chez l’ambassadeur américain aux soins duquel avaient été confiés les intérêts des Allemands et des Hongrois.Le croirait-on?Mon brave fonctionnaire allait trouver ici un émule.J’eus en effet la joie d’entendre l’ambassadeur à qui j’avais présenté ma requête, comme au Home Office en anglais, et donl je traduisais !a réponse à mon ami, intervenir dans notre conversation en un français très pur.Une question se posa lors naturellement dans mon esprit: Si tas Anglais de Londres, fonctionnaires et ambassadeurs, parlent ainsi le français, pourquoi n’en c,st-il pas de même de ceux de Montréal, d’Ottawa et de Toronto?Il convient de rapprocher cette réélection de celle de M.Pothier i comme gouverneur du Rhode-Is-land.On sait que notre éminent compatriote - a été cinq fois réélu gouverneur de cet Etat où la population électorale d’origine française est encore relativement faible.Les deux faits montrent que, dans le Massachusetts comme dans le Rhode-Island, pays de vieille formation américaine, le préjugé contre l’étranger disparait rapidement et (pie l’on tend de plus en plus à y reconnaître les mérites de tous les hommes de valeur.Ils prouvent également qu’il n’est oas besoin pour réussir de dissimu-j er ses origines ou ses croyances.I Il me vint plusieurs réponses: notre pays est moins cultivé.t.une certaine rivalité règne entre les deux races.mais celle qui me parut la plus juste fut ce«!e-ci: Nous montrons nous-mêmes.Canadiens-français, si peu d'estime pour le parler de nos pères, si peu de cons-lanre â l’employer, si peu d'énergie à défendre ses droits que nos, concitoyens anglais ont fini bar se dire: Une tangue ainsi négligée par ceux-là mêmes dont elle est le parler naturel ne mérite pas que nous nous occupions d'cüle.Commençons donc-par nous réformer nous-mêmes, et tas autres sc réformeront h, poire suite.Pierre HOMIER.C’est en juillet 1890, je crois, que j’ai eu l’honneur de rencontrer pour la première fois Sa Grandeur Mgr Bégin, alors évêque de Chicoutimi.La rencontre de deux personnages aussi importants ne pouvait manquer d’être entourée d'un cérémonial approprié, et c’est avec une légitime satisfaction que je me souviens en effet que les autorités du temps avaient bien compris celte nécessité.L’église était richement décorée, et un nombreux clergé entourait au choeur Sa Grandeur, qui avait revêtu tous les insignes de sa haute dignité.Toute la paroisse assistait ét la cérémonie, qui était celle de la Confirmation, dans l’église ancienne mais bien éclairée qui regarde en face, au pied de son perron, la calme immensité du Lac Saint-Jean, qui est comme une mer.La marraine était madame Scott, fille de l’honorable JJ.Shehgn, ancien ministre à Québec, et M.Bilodeau, maire du lieu, agissait comme parrain; vouez si j’ai bonne mémoire.Sa Grandeur voulut bien adresser la parole à la centaine de “confirmants” que nous étions; Elle éta t debout dans l’avant-choeur et le soleil éclatait par les deux- grandes fenêtres, le soleil de chez nous.On m’assure que la solennité du moment ne m’enleva rien de mes moyens oratoires, et que je fis comme les autres ma petite réponse aux questions qui me furent posées -sur le catéchisme.Je prie ardemment que Son Eminence veuille bien ne >as me faire les mêmes questions mardi soir, à l’hôtel de ville.H est vrai que nos édiles seront ’à, pour me souffler des réponses, ’il y a lieu.Le premier devoir d’un bon maire, par exemple, n’est-il-pas de pratiquer la charit envers ses administrés Péché grave, en effet, i vous y manquez, M.le maire.Et que sert à l’homme d’entrer au Conseil législatif?.Robert VAL.LA GUERIE Les nouvelles de France et de Belgique sont rares.Celles de Russie, plus fréquentes, ne renferment rien de bien neuf.Il y est toujours question des mouvements allemands dans la région de Lodz et entre la Vistule et la Wartha.Du côté serbe, les nouvelles sont franchement mauvaises.Les Serbes ainsi que leurs alliés immédiats, les Monténégrins, ont perdu une partie considérable de leurs forces militaires.La situation de ceux-ci est tout de même meilleure que celle de la Serbie.Les Alliés font tous leurs efforts pour donner de l’aide à ces deux auxiliaires.Fit il se pourrait qu’Hs déterminassent In Roumanie, la Bulgarie et la Grèce à prendre parti pour la Serbie, sous peu de temps.Au Canada.M.Borden a commencé une tournée de discours à hum elle ceux qui croient à la probabilité d’élections à brève échéance attachent une grande signification.Les déclarations de M.Borden, quant au nombre illimité d'hommes que le Canada enverra à la Grande-Bretagne, si elle en a besoin, et celles de M.Meighen, quant à l’effort du Canada, sont lourdes de sens.M.Borden qui parle aujourd’hui même au déjeuner du Canadian Club, à Montréal, réaffirme son attitude.EN POLOGNE Les dépêches de la nuit annoncent (lue les Allemands se seraient emparés, dans la Pologne russe, entre la Wartha et la Vistule, de la ville de Lodz, dans le cours de la journée de dimanche.Comme Lodz est un point stratégique important, au centre d’un réseau de chemins de fer qui vont de la frontière allemande à Varsovie, il importait aux Allemands de s’en rendre les maîtres au plus tôt.Ils ont l’intention d’y passer l’hiver, afin d’y établir une base de ravitaillements pour leurs armées de Pologne et d’y couper certaines lignes de communications russes.Petrograd ne s’alarme pas de cette prise de possession.On y dit couramment, s'il faut eu croire les dépêchés, que l’état-major russe tient beaucoup â garder les armées allemandes en Pologne.Tel était le plan initial des chefs militaires russes, lors de la première invasion où il fut même question d’abandonner Varsovie aux Allemands.Mais,-pour des fins politiques, et dans le but d’éviter un malaise chez les soldats polonais enrégimentés en Russie, et dont Varsovie est la ville sacrée, ce plan fut écarté.Cette fois-ci, sans livrer Varsovie aux Allemands, Petrograd méditerait de contraindre ceux-ci à s’enfoncer aussi avant que possible dans la Pologne, sans doute dans l’espoir que l’hiver leur y fera subir la même défaite qu’il infligeait à Napoléon, il y a un siècle.Le motif de cette tactique russe serait, disent des stratégistes, de forcer les Al emands à immobiliser en Pologne, durant 1 hiver, des centaines de milliers d’hommes, de les harasser, d'empêcher Berlin de dégarni son front du côté de la Russie, d'hommes qui iraient ¦ battre en Belgique ou du côté du Rhin, et, ainsi.de faciliter les opér.ion: des Alliés sur tas frontières franco-belges et franco-allemandes.L’espoir des À lemands, dès le débile de la campagne de I rance, retail d’écraser en moins d’un mois et demi la France, puis de se retourner vers la Russie et de l’écraser â son tour.Cette lactique mmo on tanne n’a pas réussi, car la Bclg’que a enrayé la marche sur ta France.Maintenant, l’étut-mûjor russe voit, de concert avec l'état-major français, tenir sur les dents les soldats du Kaiser, sur les deux froms â lu fois, pendant tout l’hiver ; de sotae que, au printemps, la situation des Teutons serait des -Jus graves, puisqu’ils auraient, apres huit mois de guerre, faire face à deux fronts, à des adversaires résolus et inaffai-blis, tandis que l’Allemagne aura déjà versé le meilleur de son sang.NEUTRES ET SERBES L_A guerre; LES FRANÇAIS MAITRES DES VOSGES Avec leur capitale aux mains de l’Autriche et tears forces diminuées d’un gros tiers par la malad e et la guerre, les Serbes sont dans une situation dangereuse, en dépit de leur courage et de leurs premiers succès contre les Austro-Hongrois.Il est de l’intérêt primordial des Alliés de ne pas laisser l’Autriche - Hongrie réduire à néant l’armée serbe ; afin de l'empêcher d’en arriver à ce but, Londres, Paris et Petrograd semblent avoir établi un projet de secours dont l’exécution permettrait à la Serbie de tenir l’Autriche-Hongrie occupée dans les Balkans, et, partant, de diminuer scs effectifs du côté russe.Les dépêches de ces derniers jours ont annoncé 1 arrivée, à Anlivari, en Monténégro, de transports français chargés de troupes dest.nées à aider le Monténégro et la Serbie dans leurs opérations.De même, d’autres dépêches ont signalé la descente, par le Danube et ses affluents, de convois fluviaux transportant des soldats russes en Serbie.La Roumanie vient de signifier assez clairement son intention d’intervenir dans Te conflit, en faveur des Alliés, mais à une date encore indéfinie.La Bulgarie veut de nouvelles concessions avant de prendre Ies armes -contre les Autrichiens ; mais tout indique qu’elle fléchira avant longtemps.Et, du côté grec, l’on annonce que des envoyés anglais et rus’.ses’tràvaillent le cabinet, à Athènes, afin d’amener la Grèce à prendre fait et cause pour la Serbie.Si ces menées diplomatiques réussissent, la diversion, dans lès Balkans, sera telle que la Turquie et l’Autriche-Hongrie auront fort à ' faire pour tenir tête à cette coalition, au point que leurs troupes ne pourront guère continuer d’appuyer, ta première, du côté de l’Egypte, et la seconde, du côté de la Russie, les projets allemands.Il n’est pas jusqu’à ITtalie, dont la ^tuation ne soit pas bien sérieuse, à cause du mouvement de fanatisme que la Turquie tente de soulever dans l’Afrique-Nord, et qui affecterait les peupla:taB de la Tri-poîitaine et de la Cyrénaïque.Qu# Berlin s’efforce d’enrayer l’intervention de ITtalie, fatalement poussée du côté des Alliés, par ses intérêts, cela ne fait plus doute.La nomination du prince von Bülow, comme ambassadeur allemand à Rome, faite ces jours derniers, indique bien dans quel sens travaillera Berlin.Si Guillaume ne peut avoir Borne avec lui, i! espère au moins l’empêcher de se ranger contre lui.A noter que le parlement italien vient d'approuver a une énorme majorité l'ait tude du ministère qui, par l’entremise de son chef, M.Salamtra, affirme la parfaite neutralité de son pays, et déclare que les traités aus-t ro-german o-i t ali e n s ne lient en rien l’Italie, à l’heure présente.ET NOUS ?'M.Borden a commencé une série de discours, à Toronto, à Montréal,! et dans d’autres centres canadiens, discours dont la teneur est telle qu’e«le autorise presque à croire à la probabilité d’une dissolution immédiate des Chambres et à des élections générales à brève échéance.Le discours de i M.- Borden à Toronto, samedi! dernier, est d’ailleurs des plus impérialistes.‘ Nos troupes sous les armes au Canada et à l’étranger forment un total de 100,000 homines”, dit-il.“L’on a souvent mentionné ce chiffre dans nos journaux.Dans cette guerre que nous livrons à la plus grande puissance militaire que le monde ait jamais connue, j’aime mieux ne fixer aucun chiffre.Si ie maintien de notre Empire demande l'envoi de deux ou trois fois ce nombre d’hommes, nous les demanderons au Canada et nous savons qu’il répondra à cet appel.Il ne peut y avoir qu’une issue à cette guerre niais je ne crois pas qu’elle se termine bientôt.en autant que nous pouvons le prévoir, le combat à livrer sera long.” 11 faut rapprocher de cette déclaration catégorique cette autre, encore plus grave, de M.Meighen, le solliciteur-général, faite à Winnipeg bier soir: “Le gouvernement canadien est prêt à mener ce pays à la banqueroute, pour supporter la métropole pendant cette guerre-ci, car c’est notre guerre, au meiltaur sens du mot, et il n’y a pas de sacrifice trop grand pour nous à Cette épo-que-ci.” De telles paroles se passent presque de commentaires.Un incident.A Toronto, dès le début de son discours, au Canadian Club, M.Borden a rendu hommage au général Lessard et à son état-major, à cause des mesures militaires prises par eux dans cette région.Le même jour, dans la même ville, M.Borden a rendu un autre hommage au général Lessard.Ces deux déclarations ont fait à l'auditoire l'impression d'un soufflet tancé à la face du ministre de la milice, le général Sam.Hughes, qui blâmait publiquement, dans les termes indiscrets que l’on sait, il y a quelques jours, l’initiative du général Lessard, à propos d’une mobilisation de troupes à Toronto.L’auditoire, dans ces deux circonstances a violemment manifesté son approbation de ces paroles.H est évident que ic général Hughes n’est pas populaire dans la “Queen Citu", et que le premier ministre tient à dégager sa responsabilité des déclarations intempestives de son collègue.Georges PELLETIER.> Le canon tonne avec violence dans la Haute Alsace où Français et Allemands sont aux prises.—L’artillerie française dépasse maintenant la portée des canons ennemis et lutte avec efficacité tout le long de la ligne.— Les teutons sont chassés de Vermelles Les Russes encerclent Cracovie de plus en plus près.—Les Serbes sont sur l’offensive depuis trois jours.—Les Balkans se préparent à aider les Alliés UNE RUMEUR DE NEW-YORK DIT QUE LE KAISER A ÉTÉ TUÉ.(Spécial au Devoir) Londres, 7.— Le correspondant du Times à Berne dit qu’on entend une violente canonnade le long de la frontière suisse-allemande, près de Bâle.Plusieurs engagements entre troupes françaises et allemandes ont eu lieu dans les environs, les cols des Vosges.L’ARTILLERIE FRANÇAISE A LE DESSUS LES BARBARES DETRUISENT UN MONASTERE.Paris, 7.— Une dépêche de Petrograd à l’agence Havas, mande: , “Les Allemands ont détruit au Les Français détiennent tous : nord-est de Lodz le monastère de Lenozyce qui comptait mille ans d existence, sous prétexte que le tintement de l’Angelus était un signal I pour les Russes.Dans l’attaque, un Paris, 7.— L’artillerie française dépasse maintenant la portée des : prêtre et deux moines ont été tués.” canons allemands et se révèle plus effective tout le long de la ligne.! NOIÎVFait nmvvm cr-mm-Voilà ce qui ressort de la lecture du dernier communiqué français.On ‘ ' ” - 1 ai M-niLSi-, voit dans cela la preuve du fait que les Français ont expédié les nou-¦ Paris, 7.— L’Agence Havas vient veaux canons sur lesquels ils comptaient, et qu’ils constituent un fac- de donner la liste suivante (les nou-teur important du mouvement d’offensive.j veaux membres du cabinet serbe, On signale aujourd’hui une forte canonnade en Alsace.Dans la pv^Xjju^ja paehiu-lJ ¦'cmi(M 'nilus' région de TArgonne, l'artillerie bat vigoureu: ment en brèche les re- Premier ministre et ministre des tranchements teutons.Les Alliés conservent toutes leurs nouvelles po- affaires étrangères, M.N.Paehitch: T.ministre des finances, M.Pacsu; .ii- nisüc’de i’iniérîeur, M.Ljouba Jova-noyitch; ministre des cuites, M.Da BULLETIN OFFICIEL DE PARIS sitions le long de l’Yser L’artillerie française a contraint les Allemands à évacuer Vermelles.Paris, 7 (2.45).Communiqué officiel de cet après-midi: vidoviteh; ministre des travaux publics, M.Krachkowitch; ministre de la guerre, le caionel Bokovitch; mi-UT., .11V „ , .nis.( du commerce, M.Woja Marin- Dans la region de 1 Yser, nous continuons â attaquer le petit nom- kovitch; ministre de la justice M.bre de retranchements dont l’ennemi est encore maître sur la rive gau-.Djourvchnieh.che du canal “Dans la région d’Armentières et d’Arras, dans celle de l’Aisne, de l’Oise et de TArgonne, il n’y a rien à signaler, sinon, d’une façon générale, la plus grande efficacité de nos attaques.“Dans la Champagne, notre artillerie lourde s’est montrée supérieure à plusieurs reprises à celle de l’ennemi.“il n’y a rien à signaler le long de l’extrémité est de la ligne, où nos troupes ont conservé les positions qu’ils occupaient les jours précédents.LES SERBES DE NOUVEAU A L’OFFENSIVE ! LE ROI PIERRE SUR LE FRONT Paris, 7.— Le roi Pierre de Serbie a visité le théâtre de la guerre et a communiqué à ses troc , un ordre du jour, dans lequel i: es remercie de leurs efforts.Ce renseignement est contenu dans une dépêche envoyée pur le correspondant de 1 agence Havas, à Nish, Serbie.LE CAPITAINE DE L’“EMDEN” SERA INTERNE A LONDRES Paris, 7.— Une dépêche de Nisch, Serbie, à l’Agence Havas, rapporte que, depuis le 3 décembre, les Serbes ont repris une offensive vi-goureuse.Vendredi, dit la dépche, les troupes serbes ont poursuivi l’aile droite ennemie jusqu’à la rivière Kolubara et c’est là que les Au- récemment dans la mer des Indes, au cours d’un engagement avec le “Sydney’’, de Ja floîte australienne, d oj t arriver à Londres bientôt pour y être interné.Cela met fin à la ru- Rome, 7.— Au dire du correspondant du Corriere Della Sera à Petrograd, les Russes poursuivent leur mouvement tournant autour de Cracovie, et leur armée principale se trouve maintenant à une distance d’environ 4 milles de la ville.trichiens ont abandonné quatre de leurs batteries.LES RUSSES A 4 MILLES DE CRACOVIE LES BALKANS AU SECOURS DES ALLIES Londres, 7.— Le capitaine von Mueller, commandant du croiseur ahemand “Emden”, qui s’est échoué meur allant à dire que l’Australie préparait une réception splendide à von Mueller.Londres, 7.— Il y a eu acheminement vers une entente favorable aux Alliés dans les Balkans.Voilà ce qu’affirme le correspondant du , ___ Telegraph à Athènes.Il croit comprendre qu’on s'est entendu pour opé-1 fluu Le foment semble venu pour 1 eux de 1 rapper le grand coup au- L’HEURE DE LA DEFAITE APPROCHE F^aris, 7 — Le lieutenant-colonel Roussct, parlant du nouvel entrain des Alliés dans les Flandres, dit rer un rapprochement entre la Bulgarie et la Serbie.Les ambassadeurs anglais, russe et français ont rendu visite au premier ministre de la Grèce, Eleutherios Venizelos, dit le correspondant.Les journaux grecs répètent que cette démarche a trait â Taide que la Grèce devrait donner à la Serbie.ECHEC ANGLAIS EN SYRIE Constantinople, viâ Berlin et Londres, 7.— Une défaite du corps de débarquement anglais et une avance des troupes turques jusqu’à vingt milles de Datum sont annoncées dans un communiqué officiel émis aujourd’hui.“Les troupes de débarquement anglaises entre Tigris et quel ils se préparent depuis quatre mois.Une fois Cracovie tombée aux mains des Russes, l’entrée dans la Si ésie est ouverte ; la défaite des Allemands en Belgique n’est plus qu’une question de tejnps.Guerre PERISSE LE CANADA MAIS SAUVONS L’EMPIRE 1 Winnipeg, 7 — Adressant la pa- Suvayau, qui ont tenté de s’emparer d’une position turque, ont été re-; ’’S^WiSSilS m! Ar- poussees avec de lourdes pertes.Nos troupes ont pris une mitrailleuse thur Meighen a fait ce matin la décides munitions”, dit le communiqué.—1-'¦ ¦ LE KAISER AURAIT ETE TUE fort elaration suivante qui a thousiasmé son auditoire : “Le gouvernement canadien est I prêt à mettre le Dominion sur le New-York, 7.— Une rumeur voulant que le Kaiser ait été tué cir- chemin de la banqueroute pour ve-culait, ici, ce matin, avec persistance.Les agences n’ont pu obtenir nil‘ en aitle & ia mère-patrie dans aucune confirmation d’Europe.VON DER GOLTZ A*________SE SUICIDER New-York, 7.— Un cablogram*' me au “Herald”, de la Haye, mande : “On affirme positivement à Bruxelles que le maréchal de camp Von (1er Goltz a tenté récemment de se suicider.Inconsolable de la perte de l’estime du Kaiser, il se rendit sur le front et là s’exposa à un feu continu des Alliés et il fut blessé légèrement par un éclat de shrapnel.11 donnait l’impression d’un homme atteint du plus noir découragement.Tout son état-major lui conseilla de rentrer à Bruxelles où il trouva une dépêche du Kaiser le nommant, four succéder au général Bissing.' ,e maréchal von der Goltz prit alors une chambre sous un nom d’emprunt au Palace Hotel, près de la gare du Nord, dit la rumeur, et essaya de se tirer une balle au coeur.11 n’y réussit pas et le len- demain il fut empêché d’attenter une autre fois à ses jours.Le Kaiser lui donna un commandement comme aviseur militaire du sultan pour sauver les apparences.LES TERRITORIAUX LA PAIX VEULENT Un incident de la plus grande importance s’est produit a Anvers quand on y a reçu les ordres des quartiers généraux appelant tous les officiers du Landsturm au nombre de cent à aller prendre des commandements sur le front.Les officiers refusèrent nettement d’obéir.“Nous sommes des Landsturmers, dirent-ils; nous avons des familles chez nous.Nous ne sommes nas ici pour nous battre, mais seulement pour garder les villes.SI l'armée régulière est épuisée l'Allemagne doit faire la paix.” cette guerre ; car elle est notre guerre dans tout le meilleur sens du mot et aucun sacrifice ne peut être trop grand à l’heure actuelle pour que nous ne puissions pas le faire.Nul autre motif ne nous anime.” VOILIERS TURCS COULES.Petrograd, 7.Des navires de guerre russes ont coulé six voiliers turcs qui portaient des provisions et munitions de guerre.SOUS-MARIN ALLEMAND AVARIE.Copenhague, 7.— Le sous marin allemand “U-16” vient d’arriver à Esbjerg sérieusement avarié d’une cause inconnue.MERCREDI ; Le DEVOIR publiera un article de M.Henri Bourassa.NOS ROMANS Nous venons de recevoir, en nombre assez restreint, deux nouveaux romans de la série populaire que nos lecteurs connaissent: L’U-stirpatcur de G.de Weede et Le Prix du Silence de Jean Belcayre.Ce sont des volumes, grand format, de 128 pages, très interes ants.On les obtiendra aux bureaux du Devoir, 43, rue Saint-Vincent, au prix de cinq sous l'exemplaire.Trois sous pour les frais d'expédition nar la poste.7 H ¦'.{< 1 ; ! /.r ! 2 LE DEVOIH, MONTREAL, LUNDI 7 DECEMBRE liJI I VOL.V.— No 287 LETTRE PASTORALE DE MGR L’ARCHEVEQUE Sa Grandeur recommande au clergé et aux fidèles la charité et la prière.— Les conférences de Saint-Vincent de Paul et la prière publique aux intentions du Souverain Pontife.Sa Grandeur Mgr l'archevêque de Montréal vient d’adresser au clergé et aux fidèles de son diocèse la lettre suivante qui a été lue hier au prône de toutes les églises : Mes chers collaborateurs.L’horrible guerre, cause de tant de deuils et de tant de ruines, se poursuit en Europe, et personne n’en peut prédire la fin.L’appel fait en faveur de ses victimes a été admirablement entendu de notre population.Les organisations de scc .urs, pour venir en aide aux soldats blessés de la France et de la Belgique, ainsi qu'aux innombrables familles en détresse, se sont multipliées.Jamais, peut-être, la charité n’a été pratiquée parmi nous avec plus de désintéressement et d’ardeur.On dirait que Montréal est devenu un immense ouvroir de charité., Ce beau mouvement, je l’espère, va se continuer.Et plus les misères à soulager seront grandes parmi nos frères de là-bas, plus nous saurons nous montrer sympathiques et généreux.Le labeur et les privations mêmes ne nous coûteront pas.C’est par là que nous nous montrerons vraiment chrétiens.Mais, nous avons en même temps à penser à nos pauvres qui, cet hiver, seront ici plus nombreux que jamais.Eux.aussi, beaucoup du moins, sont des victimes de la guerre; eux aussi ont besoin de vêtements, de charbon el de pain.Ceux qui gagnaient honorablement leur vie, et qui, aujourd'hui, manquent de travail, vont passer par des épreuves bien rudes.Je vois avec bonheur que notre Conseil de Ville s’en préoccupe, et cherche les movens les plus efficaces et les plus pratiques de les secourir.Nos communautés religieuses donnent l’exemple.Dans leurs différents asiles, des centaines de repas substantiels sont servis, chaque jour, aux sans travail et aux indigents.Mais il faut nous organiser tous ensemble.Avec l’union des bonnes volontés, l'inquiétant problème qui se pose devant nous, devra, ce me semble, se résoudre assez facilement.Je compte tout particulièrement sur nos Conférences de Saint-Vincent île Paul.Je les ai recommandées et louées bien des fois.C’est maintenant, surtout, que vont se révéler leur utilité sociale et leur merveilleuse puissance.Quelle belle el touchante mission clics vont remplir! Il y en avait relativement peu, jusqu’à ces derniers temps, dans notre ville.On en compte aujourd’hui cinquante-quatre.Ce n’est pas encore assez.Les étudiants de t’Cniversilé Laval ont la leur.Je les en félicite.Outre qu’os donnent un magnifique exemple, ils réalisent un des voeux les plus chers au coeur du pieux Frédéric Ozanarn.Dans les paroisses où il n’existe pas encore do Conférence, je veux qu’on en fonde uno sans retard, el je fais un devoir à Messieurs les curés de s’adresser, à cette fin, au prési-dent-général et à l'aumèmier-genéral de la Saint-Vincent de Paul.La fondation se fera très facilement.Je supplie spécialement les hommes des professions libérales, trop rares jusqu’à présent dans ces Conférences, de se faire une obligation sainte et un point d'honneur de s’y enrôler.11 n’y a pas sur la terre d’armée plus glorieuse que celle de la charité.La Saint-Vincent de Paul esl cette armée dont le Christ est le chef et que l’Eglise bénit.Notre Saint-Père le pape Benoit XV écrivait naguère à son président-général.M.le vicomte d’Hendecourt: “Nous n’avons jamais cessé de prendre le plus vif intérêt celle institution éminemment catholique et sociale, et c’est avec une satisfaction profonde que Nous avons suivi et que Nous suivons le développement de ce grand arbre, qui a étendu ses branches et porté des fruits précieux de charité Sturnaturelle dans toutes les parties du monde.Daigne le divin Maître, en soutenant vos forces, bénir les voeux que nous formons pour le progrès et l'accroissement de votre Société, appelée, à l’heure actuelle surtout, à soulager tant de douleurs, à mettre un baume salutaire sur tant de misères spirituelles et corporelles.” J’arrive maintenant à la pratique.Il appartiendra à chaque conférence de sc rendre compte, par visites ou par enquêtes, des besoins divers des pauvres de sa paroisse, et d’y apporter toute l'assistance possible.Dans les mois qui vont suivre, les réunions devront, probablement, être plus fréquentes qu'en temps ordinaire.Les membres, je n'en doute pas, s’y rendront avec empressement.A quelle oeuvre plus noble el plus méritoire pourraient-ils consacrer leurs loisirs ?Mais d’où viendront les ressources suffisantes pour subvenir à toutes les nécessités '! Des membres d’abord, qui se rappelleront que No tre-Seigneur regarde comme fait à lui-même ce que l’on fait aux malheureux ; des personnes charitables qui voudront coopérer, selon leurs moyens, à une oeuvre si belle '; puis des fonds qui pourraient être versés entre les mains du conseil central île la société, et distribués par lui aux diverses conférences.Si cela ne suffit pas, je permets que, pendant tout l'hiver, les collectes du dimanche aux offices de l’église, à l’exception de celles qui sont prescrites pour des fins spéciales, soient faites en faveur des pauvres de la paroisse, et remises intégralement à la conférence de Saint-Vincent de Paul.| J'irai même plus loin.J’autorise I toute contribution que les fabriques i décideront de souscrire aux confé-I rences paroissiales.I Grâce à ces moyens, la bonne i Providence aidant, nos pauvres se-: ront, je l’espère,, convenablement : secourus.j Au devoir de l’aumône s’ajoute pour nous le devoir plus impérieux que jamais de la prière, et de la : prière publique.Ne l’oublions pas, c’est Dieu qui Lent entre ses mains les destinées des peuples.Que nos supplications s’élèvent donc ardentes vers lui afin d’obtenir de sa miséricorde la cessation des maux qui affligent le monde.Prions avec nos fidèles, i chers collaborateurs, aux intentions du Souverain Pontife.Il sait, lui, ! mieux que personne, ce qu’il faut demander an Tout-Puissant, et coin ment nous devons le demander.Unissons-nous à lui, avec foi et confiance.Je demande que, dans toutes nos écoles, les élèves récitent trois fois, à l'ouverture de chaque classe, la pieuse invocation : “Coeur sacré de Jésus, ayez pitié de nous.” Ces milliers de voix si pures ne pourront pas manquer d’être tendues.Y a-t-il, en effet, une prière plus puissante que la prière des enfants ?Dans vos paroisses, je vous invite à convier vos fidèles auprès du tabernacle, pour des journées de supplications spéciales.A cette occasion, l’exposition solennelle du Saint-Sacrement sera permise, et vous ne manquerez pas de faire amende honorable à la justice divine.Je recommande ,de plus, l’exercice public du chemin de la croix, exercice auquel sont attachées de si nombreuses indulgences.Prêchez aussi la pénitence et la fréquentation des sacrements.Exhortez fortement vos fidèles à s’éloigner des théâtres, des maisons de vues animées et à s’abstenir des amusements mondains.Pour nous, chrétiens, c’est Te temps du renoncement, de la mortification, de la piété, et non celui du plaisir.La sainteté de notre vie, soyons en sûrs, sera le meilleur moyen d'obtenir la fin des épreuves présentes et d’éloigner de nous des malheurs encore plus grands peut-être.t PAUL, archevêque de Montréal.INSPECTION DES TROUPES A deux heures et demie, cet après-midi, le premier ministre du Canada, sir Robert Borden, passera en revue sur la ferme Jeanne-Mance, les troupes locales du second corps expéditionnaire canadien.Les hommes au nombre de 3,500 seront tous vêtus de khaki.Le premier ministre sera accompagné du colonel E.W.Wilson et de l’état-major divisionnaire, du major Leduc, des majours W.B.Anderson, et II.B.Yates, des colonels Costigan et W.J.Stewart.Avant la revue, le premier ministre portera la parole au lunch du Canadian Club à Pliôtel Windsor.SX23 ACHETEZ MAINTENANT Le temps fera aucmenté la valeur de votre maison.Peu de comptant requis.Conditions faciles à longs ternies.Prix coûtant! 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les efforts nour obtenir la paix sont ox-traordinaiment préùidiciables aussitôt qu'ils influencent la politi-(Hie.Les efforts tendant à l’abolition de la guerre sont non seulement faux, mais absolument immoraux et doivent être stigmatisés comme indignes d’une race humai- | ne.Ces efforts pour obtenir la paix, | s’ils atteic ’ent leur but, condui-| raient à la dégénérescence.Les vas- ; tes armements sont désirables, tls sont la condition la plus nécessal- j re de notre vie nationa'e.” “L’influence profonde de cet en- ! seignemect sur le peuple" allemand i peut être mesuré par l’appui unani- ; me donné à l'augmentation de leurs ; forces navales et militaires Sans ! aucun doute, l’Allemagne est la plus j grande puissance militaire du mon- i de.Elle avait commencé la cons- | tmotion d’une marine destinée à ri-valiser avec ce le de la Gramle-Bre- j tagne.Durant les dix dernières an- j nées, la paix do l’Europe a été me- l nacée au moins trois fois par l’Al-lemaone.En 1905.en 1909 et en 1911 la guerre faillit éclater.“L’autocratie militaire de l’Allemagne a enseigné à son neuple pendant plus de 20 ans que l’Empire britannique obstruait le sentier de l'expansion allemande et que la guerre était inévitable.Personne ne pouvait prédire l’occasion exacte ; qui serait saisie, mais nersonne ne pouvait douter de l’intention des' militaristes prussiens.Il y avait la, leçon du Danemark, de l’Autriche | et de l’Allemagne.A la fin.la lom-1 note a relaté et le nnvs a eu devant lui des resnonsabifités «ni’il n’avait jamais connues.La mandait une action i situation de-mmédiate.” LES MESURES MILITAIRES CANADA DU L’orateur explique ,ici, les mesures prises pour le recrutement d’u-j ne force expéditionnaire, Tautori-j sation de lord Kitchener et la mo-j bi!isation à Valcartier.Le premier ministre parle de l’organisation du camp, de l’installation moderne ; au’on y voyait et de la bonne or-! donnance qui régnait partout.Il dit un mot des difficultés sans nombre, (tue les autorités de la Milice ont eu à rencontrer pour équiper et cn-j trainer judicieusement 35,000 hom-j nies.Pour l’équipement des soldats; du premier contingent, le gouvernement a acheté 290,000 paires de chaussures militaires, 100,000 cas-quettes, 90,000 grandes tuniques, 240.000 vestons et tricots de laine, 235.000 paires de pantalons, 70,000, fusils, 80,000 bouteilles à huile, j 70,00(1 fusils, 70,000 bouteilles à| eau, et ainsi de suite, en proportion pour une liste de soixante-six arti-j clés différents.Avec la première j f Jj force expéditionnaire, nous avons ‘11 envoyé en Grande-Bretagne 21 grosses pièces de treize à tir rapide, 96 pièces de quatorze à tir rapide, 10 canons de 10, un grand nombre de WK POMU-AtHE (4 responisbllltt UmiMïj, D i J 4 s Ci (1C tl d II s {) u 1 ts.IvC COlltlil- j, Chcvr.‘ei’, gcrHut-gentTult “La justice de la cause des allié-! est généra,cnient comprise et recoi.• i nue par nos éminents voisins i.nous sommes fiers de leur sympathie.Un représentant du gouvern, ment allemand aux Etats-Unis a récemment jugé bon de discuter la doctrine Monroe dans ses relations avec le Canada.Cette doctrine, coin me vous le savez, ne renferme aucun principe de foi internationale, mai.-elle est une politique proclamée, il \ a 100 ans, par le gouvernement de.-.EtatsUnis.“Pour cette raison qu’elle est une politique des Etats-Unis, cette con-treé seule a le droit de déterminer son étendue et ses limites.Coinnu politique d’une grande nation amu .a doctrine Monroe mérite tout no tre respect, mais le Canada ne cherche pas un abri derrière elle dan celle guerre.Les Canadiens son! déterminés à faire leur part dan: celle guerre d’où dépendent les destinées de l’empire.Us sont prépa rés à faire face aux responsabilité auxquelles une telle action les en g.; ge et id’s ont une, confiance raisonnable dans l’habileté du Canada pour défendre le territoire.“Quatre mois de guerre se son! écoulés et le Canada sort triom pliant de cette grande épreuve d’unité, de patriotisme et d’esprit m: tional.Chaque province chaqu ville, chaque village a contribué aux fonds patriotiques qui soutiennent actuellement tes familles de ceux oui sont partis.Il ne faut pas non plus oublier la générosité cl le patriotisme de nos citoyens de descendance allemande.Les dames du Canada ont fourni un magnifique hôpital et nous leur sommes tous reconnaissants pour leurs inlassables activités.L'aide est venue de partout et chacun a-fait son devoir.“Cette guerre nous a démontré l’unité essentielle de l’empire.Le-troupes de in Grande-Bretagne ont su prouver leur valeur et leur courage.“Dans l’acharnement de cette guerre, n'oubiieons pas que le monde doit beaucoup à la pensée a demande, sou effort et à son labcui’ dans les sciences, la littérature, lev arts et toute autre sphère de l’activité humaine.Je n’ai aucun doute que le peuple allemand, mal renseigné sur les intentions de la Grande-Bretagne, appuie Je gouvernemen! du Kaiser dans cette guerre.Néanmoins.c’est en réalité une guerre faite contre l'oligarchie militaire qui contrôle le gouvernement allemand.La défaite de cette autocratie militaire signifie beaucoup pour le monde, niais elle signifie plus pour «’Allemagne.Libéré de c-ttc domination et inspiré par un idea' p us véritable, le peuple allemand atteindra une grandeur nationale plus forte que jam Us.Notre cause est je De et elle triomphera.Des revers pourront se presenter, mais ils ne serviront q\’à ’inspirer un courage plus et une détermination grande.** pro- p«us Ce iournul Vincf Suint ut, est Imprimé nu No 43 top ft Montréal, pnr l’iMPHlMK- 4 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI 7 DECEMBRE 1914 VOL.V.— No 287 LOUIS WPPOiYTE LAFONTAINE Ses origines, sa vie politique ; sa défense du français et son oeuvre administrative et judiciaire Texte de la conférence prononcée vendredi à TUniversité Laval, sous les auspices de la Fédération Universitaire, par M.Armand Lavergne, député de Montmagny Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, L’historien Victor DuBied écrivait en 18H3, dans la “ Revue des Deux Mondes ”, les paro.es suivantes : “ I,’histoire du Canada, depuis la conquête anglaise, présente cet exemple original et peut-être unique au monde, d’un peuple qui, afin de conserver ses institutions, sa langue et sa religion, s'initie au régime constitutionnel, s’approprie l’instrument que le vainqueur avait forgé contre lui et, à force de ténacité, arrache une à une ces libertés nécessaires dont la possession et la pratique sincères pouvaient seules assurer le maintien de sa nationalité.“ En d’autres pays, le système représentatif s’est établi naturellement par une sorte de cristallisation politique, par imitation de ce qui se passait ailleurs, pour garantir le contrôle des actes et des dépenses, échapper à des abus intolérables : nulle part on n’a vu ce phénomène ü une race à laquelle sa foi catholique, l’amour de la patrie perdue, inspirent le goût et font comprendre le besoin d’um gouvernement libre ; qui s'en sert comme d’un bouclier, se façonne à ses règles délicates et compliquées n mesure qu’elle les connaît, gagne sans cesse du terrain, et triomphe de tous les obstacles.” Cette citation un peu longue resume parfaitement la lutte accomplie par nos pères pour la conquête de nos libertés.Il convient de remarquer qu'à travers les vicissitudes de notre nistoire les Canadiens ont eu les chefs que nécessitaient les besoins du jour et les contingences de la politique.Succédant à l’orateur sans rival, a celui qui avait su imposer aux Anglais le respect de la “race inférieure”, Lafontaine eut à recueillir la direction du mouvement national que l’exil de Papineau laissait à la dérive.Sa strategie fut de reprendre la partie compromise par la défaite et la violence et de poursuivre la bataille constitutionnelle jusqu’au moment de la victoire finale: aussi sa gloire est-elle sans partage.Devant son abnégation, son désintéressement et son patriotisme, tous les partis se sont inclinés pour lui rendre l’hommage unanime de la reconnaissance nationale.C’est pourquoi j’ai cru devoir suppléer ce soir au peu d’intérêt qu'offre le conférencier par la grandeur du sujet, et j’ai pensé aussi, que par ces temps aigus et de discussions ardentes, alors que l’on se demande de quel coté s’orienter et vers quel port diriger la barque, il serait utile et opportun de retourner en arrière, et, s’inspirant de “ce monde de gloire où vivaient nos aïeux”, de tirer de leurs luttes et de leurs exemples de salutaires leçons.AU COLLEGE.Louis Hippolyte Lafontaine naquit en 1807, à Boucherville.11 était le troisième fils d’Antoine M dard Lafontaine et de Marie J.Fontaine Bienvenu.Quoique son père fut un modeste cultivateur, Louis-Hippoly-te portait dans sa veine du sang de parlementaire ; en effet son grand-père, Antoine-Médard Lafontaine, avait siégé à l’Assemblée Législative du Bas-Canada, de 179C à 180-1, et s’y était fa.t remarquer.Envoyé au collège, il parait avoir été un élève travailleur des matières qu’il aimait, et grand liseur ; son talent facile et son peu d’amour pour la discipline l’avaient tait surnommer “la grosse tête”.Il y resta cinq ans, remportant les premiers m-ix que lui disputait seul un condisciple du nom de Plessis.Celui-ci était un élève remarquablement brillant, mais dont une passion malheureuse dessécha le talent pour trop humecter le reste.Lafontaine garda touojurs à son rival une amitié profonde et longtemps après, lorsque arrivé au premier rang des honneurs, il rencontrait le malheureux F essis, il lui donnait encore l’hospitalité d'un frère, tentant vai-n meut de l’arracher à ses funestes habitudes.LA JEUNESSE Sorti tôt du collège, dont la discipline lui posai! fort, Lafontaine entra comme clerc chez Me Roy, avocat.Le patron, disciple passionné de Papineau, devint rapidement le conseiller et l’ami de l’étudiant.Lafontaine se plaça résolument à la suite et commença immédiatement à prendre part aux choses de la politique.L’heure était inspirante pour un jeune homme de dix-huit ans, à 1 âme ardente et au sang généreux.Papineau était alors à l’apogée de sa gloire ; c’étaienl «es temps héroïques décrits par le poète en ces vers la ' ’ ' lapidaires : II fut toute une époque, et longtemps notre race N’eut que sa voix pour glaive et son corps pour cuirasse.Lafontaine, comme tous les Canadiens d’alors, se donna corps et Ame à l’illustre tribun.Lié avec Duvernay, Viger et Morin, il collabore à la “Minerve”, dénonce les bureaucrates et les transfuges.Son amitié avec Norbert Mcrin devait durer toute sa vie, et l’on doit dire que si Lafontaine était fait pour inspirer confiance à Morin, personne plus que ce dernier n’était fait pour inspirer le respect, l’estime et l’admiration.LA REBELLION DE 1837-38 Au Barreau qui l’admit parmi ses membres en 1829, Lafontaine acquit rapidement une grande réputation et une grosse clientèle.Un biographe anglais prétend qu’il y ramassa aussi la fortune et qu’il attendit que ccîle-d fut bien assise pour se lancer dans la politique.Ce qui expliquerait l’indépendance dont il fit preuve.Au sens rassis et pratique d’un Anglo-saxon cette explication dut paraître la seule plausible ; mais reçu avocat à 21 ans, il aurait fallu que la pratique du droit apportât en deux courtes années le Pactole à Lafontaine, puisqu’il fut élu en 1830 député de Terrebonne.En Chambre il continua de seconder Papineau; il le devança même, appartenant à la branche avancée du parti libéral; il fut le chef de ceux qu’on nommait “les Jeune France”.Son radicalisme le rendait quelque peu suspect à certaines consciences d’alors, respectables sans doute, mais étroites, comme il en existe peut-être encore aujourd’hui.Cependant, le temps n’était pas aux distinctions métaphysiques: la tempête grondait plus menaçante.Lafontaine fut un des rédacteurs des “92 Résolutions”; monument qui contenait les revendications nationales et la plainte des Canadiens en face de l’oppression.Elles réclamaient le contrôle exclusif pour I assemblée des subsides, l’indépendance des juges, l’exclusion des fonctionnaires publics des deux chambres, la réforme du conseil législatif; elles revendiquaient les propriétés nationales, la réforme judiciaire et administrative, et la responsabilité à la législature des membres du gouvernement.Le parti anglais, soutenu par Downing Street, refusait toute justice.Il y avait cinquante ans que les Canadiens souffraient, luttaient et désespéraient.Les discours et les esprits devenaient chaque jour pus violents.Quelques centaines de patriotes, poussés A l'extrême par l’arrestation de certains de leurs chefs, coururent aux armes.Les fusils de chasse, les fourches, et les haches, d’abord vainqueurs à Saint-Denis oc la troupe anglaise et d’un vieux so1-dat de Waterloo, furent bientôt écrasés à Saint-Charles et à Saint-Eustache.Comme Papineau, Lafontaine était opposé à la lutte année ; il était allé supplier, mais vainement, Gosford de convoquer les chambres pour éviter l’effusion du sang.Comme son chef, sa tête fut mise à prix et il dut prendre le chemin de l’exil.Le motif et les preuves de sa trahison se résumaient h ceci : parlant de Papineau, qui n’avait pas le sou, il avait écrit à son ami Girouard, Je Saint-Benoît, une lettre, déconseillant la prise d’armes, et dans laquelle se trouvaient ces mots : “ Vous pouvez compter que Papineau et Vigor vont vous envoyer vingt-mil’e louis P n' armer les bleus du nord.” Un gouverneur de colonie, surtout anglo-saxons.saisit rarement l'ironie.Pour un Canadien et un libéral, c’était assez pour mériter la prison et même t’échafaud.Alors, comme aujourd'hui peut-être, c’élait haute trahison pour un tribun national de crier les droits de la vérité et la légal1 té.Lafontaine partit pour l’Angleterre, mais i! n’y était guère en sûreté et son ami, M.Edward Ellice, seigneur de Beauharnois, lui assura rapidement les moyens de passer en France.L’effervescence calmée, fort de son bon droit, Lafontaine revoit au Canada, en mai 1838, et se remit paisiblement à sa pratique d’avocat.Il n’y resta pas longtemps : Robert Nelson, le frère du héros de Saint-Denis, avait traversé la frontière avec quelques bandes de pa-ti'ioles.Colborne feignit de croire à la complicité de Lafontaine, il fut arrêté comme suspect.Les patriotes de nouveau écrasés, les vainqueurs profitèrent de cette occasion pour assouvir leur naine.La vengeance fut terrible ; les biens des Canadiens furent confisqués ou pii és, la lorrhe consuma dos paroisses en Hères et lus prisons regorgèrent de nrévccus politiq,.s .Les atrocités furent telles que Colborne, qui avait , avec ?«• b s jingoes appelle raient aujourd'hui une ” kuiturc toute allemande, mérita d’être surnommé ** le vieux brûlot ”, L’échafaud fut dressé et de nobles existences furent immolées ou transportées dans les colonies pénales, comme des voleurs ou des scélérats.Les haines étaient telles que, non content, le “ Herald ”, de Montréal, réclamait encore 25 exécutions, et une grande dame anglaise.Lady Colborne, offrait $8.00 à Mme Cardinal, qui lui demandait la vie de son mari pour ses enfants.Lafontaine, emprisonné avec son associé, Amable Berthelot, réclama en vain son procès, et protesta dans une lettre au gouverneur contre 1rs exécutions comme devant étouffer la révolte.Enfin, Colborne, honteux et sans autre preuve que J a phrase que j’ai citée plus haut, relâcha Lafontaine.Mais sorti du cachot quelle tristesse dût s’emparer de I âme de Lafontaine; son bureau ruiné, la constitution suspendue.Los Canadiens, découragés, baissaient la tète ; les uns, conseillant de renoncer ù toute tentative de prendre part aux affaires politiques, prêts a céder à la race victorieuse ; les autres, plus courageux, mais abandonnés, leurs chefs dispersés, morts ou en exil.RAPPORT DE DURHAM Lord Durham fut envoyé au Canada pour faire une enquête sur l'état du pays et suggérer les mesures qui lui sembleraient les plus propres à sa prospérité.Il fit son rapport si fameux, le parlement impérial le ratifia et chargea l’hon.Poulett Thompson, nommé gouverneur général, d’accomplir cette difficile mission.L’UNION DES DEUX CANADAS.La nouvelle constitution pourvoy-ail à l’union des deux Canadas.Le Haut-Canada en grande majorité anglais n’y était guère pius favorable qu.le Bas-Canada, en presque totalité L ançais.Elle réunissait les deux provinces sous l’empire d’un seul parlement, composé de deux chambres; les deux provinces, quoique le Bas-Canada fut infiniment plus populeux, avaient le même nombre de représentants, et la langue anglaise y était seule reconnue.Poulett Thompson parvint à faire voler l’union par le parlement du Haut-Canada, en accordant à celui-ci que sa lourde dette serait partagée par le Bas-Canada, qui n’en avait pas.Le côté financier avait décidé la “race supérieure” à unir son sort à celui des “damned Frenchmen.” Seulement, ce que ni le gouverneur, ni les bureaucrates n’avaient prévu, c’est que cette constitution injuste et offensive contenait un germe de liberté, que le regard pénétrant de Lafontaine devait découvrir, cultiver et faire épanouir au grand ciel de la patrie.LAFONTAINE ET BALDWIN Depuis assez longtemps, des relations s’étaient établies entre les “reformers” du Haut-Canada et les libéraux de notre province.Lafontaine se porta candidat dans Terre-bonne et lança un manifeste, protestation contre l’union, mais en même temps programme d’alliance avec les “reformers”, dont Robert Baldwin était le chef.Ce manifeste fut traduit et fort apprécié par leur organe l’“Exanùner”, de Toronto.Poulett Thompson, devenu lord Sydenham, prit peur et tenta l’impossible pour faire battre Lafontaine dans son comté.11 plaça le bureau de votation à New-Glasgow, aux limites extrêmes de la division, y porta des bandes d'assomme-urs.Lafontaine se retira pour empêcher un massacre général, car déjà des meurtres avaient été commis.La session s’ouvrit le 8 juin 1841, à Kingston; Lafontaine l’y téait pas, mais ses amis, D.-B.Vigor, Morin et Nelson y étaient.Baldwin, toujours noble et droit, résigna du ministère et offrit à Lafontaine un des trois comtés dans lesquels il avait été élu.Lafontaine remporta relie division, la 4ème de York, par 140 voix; mais pour l’empêcher de siéger, Sydenham recula le retour du bref.A cette session, Draper, chef de l’administration poussé au pied du mur par l’Opposition, dut reconnaître que s’il n’avait pas la majorité de la Chambre, le ministère résignerait.“Alors répliqua un député, nous avons enfin le gouvernement responsable.” Sur les entrefaites, Sydenham mourut d’une chute de cheval et fut remplacé par un homme animé d’un esprit de justice tout nouveau envers les Canadiens.Sir Charles Ba-got, tout de même, avait d’abord noté Lafontaine comme un “frondeur”, mais il reconnut bientôt ses nobles qualités et la véritable situation.Le 8 septembre 1842, Etienne Parent, correspondant du “Canadien", à Kingston, pouvait écrire à ses lecteurs que le gouvernement avait offert un portefeuille à Lafontaine, et il ajoutait : “Le caractère, la position et les antécédents de M.Lafontaine sont une garantie qu’il n’a pu, ni ne pourra rien dire, ni faire contre l’intérêt de ses compatriotes, non plus que rien de dérogatoire à leur honneur”.Lafontaine refusa par égard pour Baldwin, à qui certains membres du cabinet étaient inacceptables.LE DISCOURS SUR LA LANGUE FRANÇAISE La Chambre exigrrdt de Lafontaine une explication.Il la donna le 13 septembre.83ème anniversaire de la défaite des Plaines d'Abraham.Devant une rifijorité anglaise, lin mènu représentant un comté complètement anglais, alors que la langue française était proscrite, il prit une noble revanche “et parla en français”.Je ne résiste pas au désir de vous rappeler cette grande page.“Il était profondément ému, dit un témoin oculaire, et sa parole avait été écoutée dans un silence profond.M.Dunn, receveur général, un des ministres du Haut-Canada, lui ayant demandé de parler en anglais, M.Lafontaine lui répondit par cette apostrophe pleine d’une noble, fierté: “On me demande de prononcer dans une autre langue que ma langue maternelle le premier discours que j’aie à faire dans cette Chambre.Je me défie de mes forces à parler la langue anglaise.Mais je dois informer les honorables membres que.quand même la connaissance de la langue anglaise me serait aussi familière que celle de la langue française, je n’en ferais pas moms mon premier discours dans 'a langue de mes compatriotes ca-nadions-frnnçais, ne fût-ce que pour protester solennellement contre cette cruelle injustice de l’action d’U-nion, qui tend à proscrire la langue natenieüe d’une moitié de la population du Canada.Je le dois a mes compatriotes, je le dois à moi-même,’’ Et il continua le récit des pourparlers du gouverneur avec lui.Sir Chs Bagot voulait que ses avi-ciment la majorité de Pat-¦.emblée, M.Draper dût résigner, et le Ui septembre, la “Gazette Offi-| rielle” annonçait comme procureur I général du Bas-Canada la nomina- tion de M.Lafontaine et du cabinet suivant : L’hon.R.B.Sullivan, président du conseil; l’hon.S.B.Harrison, secrétaire-provincial, Haut Canada; l’hon.Bob.Baldwin, procureur-général, Haut Canada; l’hon.J.E.Small solliciteur-général, Haut-Canada; l’hon.Dom.Daly, secrétaire-provincial, Bas-Canada: l’hon.T.C.Aylwin, sol7 liciteur-géneral, Bas-Canada; l’hon.J.H.Dunn, receveur-général; l’hon.F’.Hincks, inspecteur-général; l’hon.H.II.Killaly, président du bureau des Travaux publics; Thon.A.N.Morin, commissaire des Terres de la Couronne.A la grande indignation et à la plus grande stupéfaction de Sir Allan MacNab, ex-colonel des volontaires contre les patriotes du Haut-Canada en 1837, Lafontaine fut réélu à une grande majorité dans York 4ème, mais Baldwin fut battu.Lafontaine lui offrit à son tour le siège de M.Borne, dans Bimouski, et le 30 janvier 1843, Baldwin y fut élu par acclamation sans y avoir jamais mis le pied aux cris de “Vive Sir Chs.Bagot! Vive Lafontaine 1 Vive Baldwin !” Signalons, en passant, qu’à la fin de l’année 1842 la diplomatie et la protection britanniques nous firent perdre par le traité d’Ashburton le Maine et le Vermont et deux mille habitants Canadiens d’origine.Le siège du gouvernement venait d’être transporté à Montréal quand Sir Chs Bagot mourut Le Canada perdait un grand homme et le Canada français un ami.Aussi la province a-t-elle justement consacré sa mémoire en donnant son nom à une de nos plus belles divisions électorales.Lord Metcalf lui succéda : son pasage au pouvoir fut désastreux, il regardait la responsabilité ministérielle, pour les colonies comme une hérésie maudite, “ a damnable heresy ”, Aussi après de longs mois de lutte, 'e cabinet dut résigner devant l’hostilité du gouverneur, qui usurpait ses prérogatives.LUTTE CONSTITUTIONNELLE M.D.B.Viger consentit à former un .ministère avec son ancien adversaire M.Draper.Sa conduite fut dénoncée violemment par tous les Canadiens.11 en donna comme raison la crainte qu’il avait de perdre le gouvernement responsable pour la conquête duquel il avait tant lutté.“ Je puis paraître, disait-il, de.vaut ceux qui m’ont fait l’honneur ; de m’accorder leur confiance dans ‘ des temps critiques, sans crainte d’être convaincu de les avoir trahis.L’homme capable d’être resté 19 mois sous les verrous pour ne pas souscrire à des conditions qui n’é-¦ taient pas d’accord avec l’honneur j de son pays, ni reconnaître un principe dangereux pour les droits 1 comme pour les libertés de ses conci-; toyens, n’a pas souillé ses cheveux blancs par des démarches contraires à son honneur.Le temps fen» voir que ma conduite est de natiue à soutenir le .système du gouverne 1 ment responsable au lieu de le res-j treindre.Hélas! c’était la première fissure dans le bloc national et, une première fois, les Canadiens étaient divisés.Viger s’adjoignit D.-B.Papi neau, homme médiocre, d’une surdité absolue, mais frère du grand : tribun et choisi pour le prestige de ; son nom.j La lutte constitutionnelle continua î de la part de Lafontaine et de l’Op-1 position, jusqu’aux élections générales.Le Haut-Canada vota pour les “tories”, mais le Bas-Canada tout entier, dédaigneux des honneurs et du pouvoir, resta fidèle aux libéraux.Presque tous les pai tisans de Viger furent battus.Peu après Lord Metcalfe laissa subitement le Canada, en 1845, à cause de l’état déplorable de sa santé et : fut remplacé temporairement par j ie commandant des forces, le géné-I ral Catheart.Ce fut sous son adtn:-i ni.stiation que ia diplomatie angh.i I se, qui nous protège toujours, céda aux Etats-Unis l’Oregon et les territoires de l'Ouest, découverts, colo- osés e! encore peuplés de Cana diens-français.La lutte en Chambre se poursui-1 vait ardente contre le ministère.On tenta d’affaiblir l'Opposition en offrant à MM.Caron et Morin des portefeuilles; mais alors les Canadiens n’étaient pas à vendre et ne livraient ; pas leurs frères, et ils refusèrent.TRIOMPHE DE LAFONTAINE Quand lord Elgin arriva, le 20 ; janvier 1847, le ministère réformé i sous le nom de Sherwood-Dal.v ne | battait plus que d'une aile et l’hon.M.Draper, nommé juge, était obligé de venir voter à la Chambre pour ; l'empêcher de tomber.Les élections générales eurent lieu en décembre; Lafontaine fut candidat à Terebonne et à Montréal i avec M.Holmes.Elles furent vio-1 lentes, une organisation orangiste, les “Glengarys , eut recours à l'émeute pour battre Lafontaine et Holmes.Ils s’emparèrent du bureau de votation, aux brasseries Mol-sons, rue Sainte-Marie.Deux amis de Lafontaine, Coursol et Euclide Roy, partirent avec tiO Canadiens 1 pour les déloger.Parmi eux, on remarquait la taille gigantesque du légendaire Jos.Monferrand.En passant à l'hôtel du Royal-Oak, une grêle de balles les assaillit.Ils firent le siège de l’hôtel, tuèrent deux des ‘Glengarys”, en blessèrent plusieurs, et mirent le reste en fuite, Les libéraux les poursuivant, les délogèrent du bureau de votation, me des Allemands, où ils s’étaient barricadés.Un Canadien, Godfrey Laviolctte, de Saint-Jérôme, perdit un oeil dans la bagarre.Lafontaine et Holmes furent élus par 800 voix.Une autre figure rentrait aussi à la Chambre, Louis-Joseph Papineau, revenu d’exil en 1845.A son retour, tous les Canadiens l’avaient salué avec joie et avec espoir; mais le grand tribun avait proclamé son désir de rester loin de la vie publique, et vivait retiré à Montebello.Cédant aux instances de plus en plus pressantes, il venait d’être élu dans deux comtés et optait pour Saint-Maurice.U s’était présenté comme partisan de Lafontaine, mais aurait pu être élu dans n importe quel comté, tant sa popularité était encore immense.Lafontaine aurait dû lui offrir «a présidence de l'Assemblée, le peuple le désirait, Papineau paraissait s’y attendre, et il y avait droit.Les députés choisirent Morin, et Papineau en fut vivement blessé.Le ministère battu en Chambre sur le vote de l’Orateur, résigna.Lafontaine et Baldwin furent apne-lés de nouveau à constituer le cabinet.Lafontaine avait alors 42 ans; de haute stature, son masque rappelait celui de Napoléon : cette ressemblance le flattait et il la cultivait en laissant tomber sur son front, la mèche de.cheveux de son impérial sosie.Son élomience était mal servie par une voix gutturale, mais il fascinait par la force de sa logique et de son raisonnement.Il prononçait mal un anglais excellent et dominait l’Assemblée par sa force de caractère et son contrôïe sur ’ui-mê-me.Son esprit de iustieo, de tolé-'•ance et de liberté étaient reconnus même de ses adversaires.Papineau, lui, possédait toujours, à cinquante ans, sa merveilleuse na-ole; mais si Papineau était resté le même, les événements avaient marché; à des situations nouvelles il faut des hommes nouveaux.En rentrant dans l’Assemblée qu'il avait autrefois dominée pendant 20 ans, tenant tête à la tyrannie, le grand orateur put bientôt se dire, comme Olympic: “N’existons-nous donc plus?Avons-nous eu notre heure?“Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus?“L’air joue avec la branche au moment où je pleure “Ma maison me regarde et ne me connaît plus.” Irréconciliable à l’Union, Papineau attaqua bientôt le ministère et les hommes qui l’avaient acceptée.Lafontaine écouta avec respect; mais ie coeur des Canadiens saigna.La fissure presque imperceptible de 1844 allait s’agrandissant et devenait une brisure.La majorité suivit Lafontaine, mais une grande partie de la jeunesse, séduite par son prestige, les Dorion, les Doutre, les Laflamme, les Pepin, les Laberge se rangèrent derrière Papineau.La lutte devint aiguë; un nouveau parti, ie “parti rouge”, était né.Son organe, (’“Avenir”, rédigé avec grand ialent, remit avec usure la monnaie des attaques de la presse libérale.Je n’ai ni le temps, ni la capacité de faire ici la part des torts et des responsabilités; mais hélas! qu’il me soit permis de déplorer la désunion des Canadiens.C’est alors que le chancre de l’esprit de parti commença ses ravages, et notre race en souffre encore, que dis-je, notre race en meurt 1 LE BILL D INDEMNITE Papineau et Lafontaine se retrouvèrent unis en 1849, lorsque le gouverneurs, ouvrant la session, lut le discours du trône, dans la langue française .rétablie enfin dans ses drois imprescriptibles, grâce à la persévérance inlassable de Lafon-laine.Ce discours annonçait d’importantes mesures, entre autres l’octroi aune indemnité à ceux qui avaient souffert des pertes matérielles pendant la rébellion.La rage des “ tories ” fut extrême.Lafontaine et les ministres furent dénoncés écomme “ traîtres et rebelles ”.Les plus timorés parmi les nôtres pressèrent Lafontaine de céder pour éviter “ la guerre civile 11 ne céda pas ; la loi passa et fut sanctionnée le 25 avril 1849.Au moment où le greffier en annonçait la sanction royale, des sifflets, bientôt couverts par les applaudissements, partirent des tribunes Lord Elgin resta impassible, mais à sa sortie sa voiture aevint la cible d’une grêle d’oeufs pourris et de glaçons, compliments des ultra loyaux au représentant de Sa Majesté! [.’effervescence ébouillonna tout l’après-midi.La “ Gazette ” appela j les Anglo-Saxons aux armes contre le gouverneur et le soir l'appel au peuple réunissa't sur la Place d Armes les chefs “ tories ” et les émeu-tiers.La Chambre siégeait, discutant un projet de réforme judiciaire de M.Lafontaine, lorsque tout à coup des cris de mort se font entendre, les vitres sont birsées par les pierres.Les émeutiers envahissent la Chambre et proclament la dissolution du parlement.L’Orateur sor-s fait précédé de la masse et du ser-j geni d’armes, quand le cri; Au feu! se fH entendre, des députés vinrent dire qu d • a .,Cent vu mettre le feu j au parlement.Tout fut consumé, la bibliothèque.les archives et les documents précieux, pertes irréparables.La “Gazette” annonça que “ce ! pays serait nng’ais, même s’il de-I vait cesser d’être britannique”, et sir Allan McNab dit au gouvernement: “Vous avez voulu légaliser la rébellion, vous l’avez." Le “Punch”, journal sntirioue du temps, avec tout le “British fair play” bien connu.caricatura Lafontaine, tenant le ; bill d'indemnité à la main comme ! une torch'', avec légende: “The man I who fired the parliament house.” Les maisons des chefs libéraux ! anglais, MM.WPson, Hincks et Holmes.furent mises à sac par l'émeute.On tenta d’assassiner Lafontaine et d’incendier sa maison ainsi que celle de M.Dmmmond.Seulement, M.Coursol en avait organisé la d'fense.un des meneurs, le forgeron Mason, fut tué et reste s’enfuit à la débandade.Pendant ce temps, Lafontaine im-rnss'blr fit siéffer la Chambre au Marché Bonsecours, sous la protec-; tion des troupes dont il était pourtant peu sùr, et la mort de Mason fit taire les émeutiers.j RETRAITE DE BALDWIN ET DE LAFONTAINE Jusqu'à 1851, Lafontaine continua l'exécution des réformes qu’il avait ' entreprises: son oeuvre est immense 1 rt le cadre de celle étude ne permet d’en donner qu’une brève énumération.Il assura l’indépendance des lunes o • w POUR LES FETES Achetez les meilleurs Ustensiles de Cuisine.Vous obtiendrez ainsi la qualité et la durée.Mon assortiment est au complet, venez le voir.Couteaux de Cuisine, à partir de.25c Ustensiles en aluminum.35c USTENSILES Emaillés, à partir de.Hjc Moules à gâteaux (ie toutes grandeurs, à partir de .25c Boîtes à Pain à partir de.Moulins à Café, à partir de.$1 50c ,00 * L.J.A.SUR VEYE R, Quincaillier 52 Boulevard Saint-Laurent.et abolit la prison pour dettes.H donna un nouvel essort à 1 instruction publique et la colonisation, commença nos lois d enregistrement ; remplissant à chaque jour des sessions nos statuts de réformes utiles, jusqu’au moment où Baldwin, ayant été mis en minorité sur une question d’administration par les députés du Haut-Canada, annonça que, fidèle à son principe de la double majorité, il se retirait du gouvernement.Lafontaine fit l’éloge de son ami et fidèle allié et annonça lui aussi sa prochaine retraite.Les Canadiens furent consternés, mais sa décision était irrévocable.Il n’avait que quarante-quatre ans et il avait pu accomplir la plus grande partie de son programme.Mais pour lui, comme pour tant d’autres, «a couronne de gloire était une cou-i ronne d’épines.i La liberté conquise, il considéra son oeuvre.Il se retira le coeur brisé de la division des Canadiens, qui allait s’accentuant, et l’âme dégoûtée des ambitions et de la soif du pouvoir qui grandissaient chez les nôtres.il retourna à sa profession.Le 30 octobre ,ses amis lui donnaient un banquet pour le supplier de rester, il refusa obstinément.“Je vous prie 4e croire, disait-il, qu’en me retirant de la vie publique, je ne vois pas sans déplaisir les efforts faits pour diviser entre elle la population française dans ce pays.Mais j’ai assez d’expérience pour vous dire en toute sûreté que ces efforts ne peuvent pas réussir.Ü y a un sens trop vif chez mes compatriotes pour qu’ils ne comprennent pas qu’en se divisant, ils seront sans force.” Hélas ! comme nous comprenons aujourd’hui la vérité de ces paroles.Depuis Lafontaine, aveugles ou avides, nous nous sommes divisés pour des places ou des couleurs et les erri ses sont venues et nous avons été sans force.En 1853, Lafontaine devint juge en chef à la place de sir James Stuart, et l’ancien rebelle fut fait baronnet en 1854.Comme il fut un grand politique, il fut un grand juge intègre et éclairé.Comme il avait vécu, la mort le trouva au poste: frappé d'apoplexie au palais, i! fut transporté chez lui.11 demanda son fils, l’embrassa avec transport, fit encore une fois sur sa noble poitrine le signe de la Rédemption, et rendit à Dieu sa grande âme de patriote.Ee deuil fut national et universel, -Jès huit heures la foule envahit la demeure de Lafontaine et défila in-terminable jusqu’à la^ cathédrale et au cimetière de la Côte dos Neiges.Papineau quitta sa solitude des bords de l’Outaouais et suivit en pleurant le corps de son ancien lieutenant et de son rival politique.LAFONTAINE ET LES PARTIS.Lafontaine n’était plus, mais son nom était immortel et il peut aujourd’hui s’inscrire à côté de ceux des grands libérateurs.Nos deux grands partis politiques l’ont tour à tour réclamé comme leur fondateur.Ni l’un, ni l’autre ne mérite cet honneur; ni par la vérité historique, ni par l’exemple qu'il leur a donné et la conduite qu’ils ont suivie.Lafontaine fut un politique national, n’ayant rien de commun avec les politiciens de nos jours.11 ne fut jamais le partisan de compromissions “soit disant honorables”, ou d’une gélatineuse conciliation.11 fut avant tout un patriote et le défenseur de nos droits, mettant le pays au-dessus des partis.C’est surir ùf (L les moments de -risr rn’il fut le plus inébranlable, car il savait que l’on n’établit pas la liberté sur des demi-mesureSj mais sur la pierre de l’éternelle vérité et de l’éternelle justice; sachant respecter lui et les siens, i! gagna le respect et l’estime des Anglais.Un jour, à la Chambre, M.Hincks exprimait avec complaisance ce qu’il considérait les hauts faits de sa vie parlementaire.Il s’attira du Col.Prince, un des plus irréconc liables tories qui aient été, la réplique suivante : “La seule grande chose dans votre vie, Monsieur, fut le temps où vous aviez l'honneur de siéger à côté de M.Lafontaine!” Quelle leçon pour nos professeurs d’avachissement! Après lui, commença pour les Canadiens la décadence, la lutte pour le pouvoir et les honneurs.Certes Lafontaine accepta l'un et l’autre; niais ce qui le différencie des grands hommes qui lui ont suc cédé, c’est qu’il sut toujours refuser et le pouvoir et les honneurs, lorsqu'ils n’étaient pas compatibles avec son honneur à lui ou celui de sa race.Les peuples ordinaires cherchent dans leurs rangs ceux qu'ils veulent élever sur le pavois, mais, quand un peuple mérite d’être sauvé, “Celui qui dirige vers le soleil le regard de ses aigles” dépose à l'heure nécessaire sur le front qu’il a marqué le rayonnement de sa vérité.Et d’avoir eu un Lafontaine nous permet de «lire : “Non fecit taliter omni nationi”.Et cela nous donne le droit d'espérer! i $15,909 DE (De notre correspondant) Ottawa, Ont., 7 Le feu a détruit, dimanche matin, le magasyi jp de merceries tie M.J.B.Senfra , coin des rues Dalhousie et Rideau.L’atelier de M.J.Charron, qui sc trouvait au-dessus du magasins Se-nécal, ainsi qu’une boutique de cirage de chaussures, voisins du magasin, ont été détruits.Les dommages sont évalués à près de $15,009.en partie couverts par les assurances.LE CANADA A LOURDES DISCOURS DE SA GRANDEUR Mgr GAUTHIER ET DE M.HENRI ROURASSA NOUVEAU TIRAGE Le premier tirage de notre brochure le Canada à Lourdes, contenant les discours prononcés au congrès eucharistique de Lourdes par Mgr i’évêque auxiliaire de Montréal et le directeur du Devoir, a été si rapidement enlevé qu’il faut cii commander un second.On peut dès maintenant donner les commandes aux bureaux du Devoir, 43 rue Saint-Vincent: 10 sous l’exemplaire, $1.00 la douzaine, $7.50 le cent, plus les frais d expédition (2 sous l’exemplaire, 18 sous la douzaine, 27 sous pour une douzaine et demie).m MA i.TE AUX i:ü MO'^loX de FEMSE DERNIER STYLE ET GARANTI DE QUALITE K a SUPERIEUR!'.sJ d ri-;, ?Tl.SEULEMENT «a.a Ces manteaux sont faits de peaux complètes < l’ondulation s parfaites et bien lustrées, impossible de trouver rien de plus beau, même pour le double du prix dans les magasins «le «létal 1.F,es doublures sont absolu- ment ce qu’il y a do mieux comme soie brochée, et les garnitures sont très riches et de bon goût.Tous les modèles nouveaux dans toutes les longueurs t\ la mode.Valeur de pour .Toutes les longueurs, toutes 1rs grandeurs.Nous sommes forcés de sacrifier ces fourrures qui, si l’année était meilleure, se vendraient nu moins le double du prix (pie nous demandons.LE NOMBRE DE CES MANTEAUX EST LIMITE.ivsui'n us injiKiiriirs a in Voleur rra 175 à *225$ J, ,^3 ¦ ERNEST ALBERT FOURRURES EN GROS Spécialité : Mouton et Vison 432 RUt SAINT-PAUL Coin Saint-François-Xavier Tél.M.7430 Etiaène GAUTHIER.Gérant.Ouvert samedi après-midi Notre magasin sera ouvert demain toute la journée.Z < VOL.V.— No 28( LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI 7 DECEMBRE 1914 IMPORTANTE REUNION AU MONUMENT NATIONAL Toutes les conférences de Saint-Vincent de Paul se sont réunies hier après-midi, en présence de Nos Seigneurs Bruchési et Gauthier.— Une lettre du Pape.0uand l’ennemi s’approche menaçant, ou quand il s’agit de prévenir ses coups, on voit l’état-major d’une armée se grouper autour du général en chef en grand secret, sous h tente, en écartant soigneusement les soldats.Hier après-midi, dans la salle du Monument National, sous la présidence de Mgr Bruchési et de Mgr Gauthier se réunissait l’état-major de la grande armée de la charité, les délégués des diverses conférences de la Saint-Vincent de Paul.11 s’agissait de délibérer sur les mesures à prendre contre l’ennemi de la misère, particulièrement dangereux cet hiver.Mais toutes portes étaient ouvertes, les soldats coudoyaient les chefs — de fait environ 1,500 personnes remplissaient l’enceinte, — et à l’encontre de ce qui arrive en pareille occurrence, on ne fit nullement mystère du plan d’al-taque et de défense.Le spectacle ne laissait pas d’émouvoir et d’inspirer confiance dans l’avenir des miséreux qui possèdent des protecteurs aussi nombreux et aussi zélés enrôlés sous la bannière de Saint-Vincent de Paul.Cinq orateurs adressèrent la parole: Sur l’estrade on remarquait: Monseigneur Lepailleur, curé de Saint-Louis du Mile-End, M.l’abbé Label-1e, curé de Notre-Dame, M.l’abbé Bélanger, curé de Saint-Louis de France, M.l’abbé Décarie, curé de Saint-Henri, M.l’abbé Corbeil, curé de Saint-Joseph, MM.les sénateurs F.L.Béique, R.Danduraml, J.P.B.Casgrain, M.Kennedy, président de la Conférence Saint-Patrice; M.C.Chaput.Le président du comité central, M.Kieffer, ayant donné su démission, M.Beaupré, le vice-président dit le but et la raison d’être de la réunion.M.l’abbé Maurice, aumônier-général, dans une synthèse d’une clarté remarquable, expose le but, les moyens d’action cl le fonctionnement des conférences de Saint-Vincent de Paul.M.C.J.Magnan, président du Conseil Supérieur de Québec, sur le ton de la causerie, donne des conseils judicieux, fruits de sa vaste expérience et de sa charité.Le Dr Kennedy, président de la conférence de Saint-Patrice, s’adresse aux auditeurs de langue anglaise, et enfin Mgr l’archevêque, suggère des mesures à prendre, et des moyens pratiques à mettre en oeuvre.M.l’abbé Maurice traite du bu:, des moyens et du rqécanisme de la Saint-Vincent de Paul.11 la définit une association de catholiques laïques qui veulent mettre leur for et leurs moeurs sous la protection de la charité, en l’exerçant sous la tutelle de l’Eglise.Elle doit se composer de catholiques pratiquants, convaincus, zélés.Tous les membres sont des laïques.Des laïques remplissent également les cadres des conseils supérieurs et centraux.L’Eglise bénit et approuve une telle oeuvre, comprenant l’importance de l’apostolat laïque qui complète et souvent remplace auprès de certaines personnes l’apostolat du prêtre.La haute direction ou direction médiate de la société appartient à l’Eglise.Le but principal des conférences de Saint-Vincent de Paul, disait Oza-nam, le fondateur, n’est pas de venir en aide aux pauvres, c’est de nous maintenir fermes dans la foi et de la propager chez les autres par la charité.La sanctification des membres, par la pratique de la charité, la sanctification des autres, par l’exemple — objectif primordial de l’oeuvre, s’acquièrent par trois moyens principaux: d’abord par les indulgences dont bénéficient les membres, indulgences plénières cl partielles, en second lieu par l’assistance régulière aux réunions de la société, en troisième lieu et par dessus tout par la distribution des aumônes et par les visites faites à domicile.(les visites constituent un devoir indispensable et essentiel.Selon les prescriptions du manuel, les membres, doivent remplir cette obligation chaque semaine, deux par deux, en ne se chargeant pas, autant que possible, de plus de deux familles chacun.Quels seront les visiteurs?La tâche de les choisir incombe au président.11 sait par excellence quel membre recontrera moins d’obstacles, ou de danger, ou aura plus de chances de succès auprès de certaines familles.Puis M.l’aumônier-géncrnl expli- que comment il faut s’acquitter de cette mission.Il passe à la définition du mot pauvre.On dénomme ainsi toute personne ayant des besoins pressants, surtout des besoins matériels, et quelle qu’en soit la cause, possédât-elle par ailleurs maison et mobilier.On compte 3 catégories de pauvres.Il y a d’abord les pauvre valides, honnêtes et laborieux, mais réduits à la misère par le chômage.11 faut sez-en la simpiieité.Evitez de donner dans des habitudes qu’ü vous faudra extirper plus tard.Pas de parlementarisme, pas de discussion; de l’action.” L’orateur estime qu'au printemps, les membres pourront, sans vanité, songer à la besogne accomplie.Il en fera part au président général.Dans sa péroraison, il fait aopel aux jeunes gens.Il parle de la fondation d’une conférence à Laval.Il rappelle qu’Ozanam en posant les assises de la société, songeait aux: éphèbes.I! üeur demanda de prendre le chemin de la conférence, d’en | établir de nouvelles, d'assumer le j beau rôle de scieur de bois des pauvres, de former des rêves mais des rêves associés à l’idée de Dieu, qui leur permettront plus lard, après les épreuves, après la fuite des années, de rester encore jeunes : de comprendre que le secret du bon-heur c’est d'assurer le bonheur des autres.Mgr BRUCHESI On acclame Mgr l’Archevêque, quand il se lève pour parler.11 fait d’abord la lecture de la lettre suivante, adressée par le Souverain apostoliq 1 agréable de recevoir la lettre, pleine î de sentiments de piété filiale, que | vous avez eu à coeur de Nous adres-; ser au nom de la Société de Saint-i Vincent de Paul, à ^’occasion de Noire élévation au suprême Pontifical.des secours et des visites, et les pauvres vicieux, vagabonds, auxquels il faut s’intéresser, pour les ramener dans la bonne voie, en leur faisant un peu de bien à l’âme et au coeur.Les prêtres des paroisses, les soeurs de charité, les associations féminines, l’Assistance Maternelle, fourniront des indications qui feront connaître des cas de dénûment insoupçonnés.Les secours à distribuer sont d’ordre moral, matériel, intellectuel et religieux.La règle défend d’ordinaire les dons d’argent.Mais dans des circonstances particulières, quand il s'agira du loyer ou de la taxe d’eau, par exemple, on pourra se départir de cette réserve, solder la dette, tant en se gardant d’apprendre au créancier, le geste accompli par la Saint-Vincent de Paul.Hors les cas d’urgence, l’octroi de ces secours ne se fait pas à l’aveuglette.Une visite à domicile faite par deux membres d’une grande expérience et d’une grande bonté, nommés contrôleurs, le précède.Ils font rapport, et Ig secours est alloué ou refusé.Les membres atteindraient l’idéal s’il pouvaient distribuer eux-mêmes ces secours.Mais on se sert d’ordinaire des bons, dits de secours, que l’indigent présente au fournisseur, ou dans les dépôts.Il serait bon d’utiliser partout ces billets.Ils fournissent d’excellentes statistiques à la fin de l’année.L’orateur énumère les avantages du dépôt ou magasin établi dans l’église ou dans l’école, ou dans une salle.Les objets achetés en gros coûtent moins cher, il y a bon poids et bonne mesure, point de jalousie entre les fournisseurs, le miséreux n’a pas la honte de s’adresser au marchand.M.l’abbé Maurice s’étend sur les secours religieux, dont les membres de la société doivent se faire les dis-i un baume salutaire sur tant de mi-tributeurs: bonnes paroles, brochu- i sères spirituel es et corporelles, res, etc., et en terminant recomman-1 Comme gage de Notre spéciale de aux conseils et aux conférences : bienveillance et des bénédictions cède s’aimer et de se respecter, pour, lestes les plus abondantes sur vos tranale de l'université (.aval.Au dîner, auquel prendront part les administrateurs et les professeurs, tous de la classe dirigeante, je leur réserve une surprise.Je leur demanderai d’inscrire leur nom sur la liste des membres de la conférence de Saint-Vincent de Paul de leur paroisse.Mgr pose le principe suivant: chaque pauvre doit trouver secours dans sa paroisse.Pour ce qui est des fonds on dispose des contributions des membres, des familles, des dames pieuses.La collecte faite récemment dans les églises au profit du Fonds patriotique et des pauvres a rapporté $9,100.Le conseil central de la Saint-Vincent de Paul percevra probablement environ la moitié de cette somme.Restent les quêtes, dit Mgr.Je permets aux curés de consacrer aux pauvres, durant l’hiver, le pro- ! duit des collectes non imposées par l’Ordinaire ou le Saint-Siège.Si par suite de calamités imprévues, cela ne suffit pas, déclare Mgr, eh bien ! je permets aux fabriques de s’endetter pour le montant qu’elles voudront, afin de subvenir aux besoins des pauvres de la paroisse.Mgr enfin recommande à tout prix aux conférences de ne pas garder d’argent en caisse, de suivre en cela l’exemple des soeurs des pauvres, pour (qui le mot personne charitable devient un euphémisme, et qui constituent la personnification même de la charité.magic BAKING POWDER L’attachement inviolable, la fidélité absolue de votre chère société | au Siège Apostolique; l’union, le no-j ble dévouement de ses membres Nous sont ,en effet, connus de longue date : vous venez de Nous en donner un témoignage éloquent.Nous n’avons jamais cessé de prendre ie plus vif intérêt à cette institution éminemment catholique et sociale et c’est avec une satisfaction profonde que Nous avons suivi et que* Nous suivons les développements de ce grand arbre, qui a étendu ses branches et porté des fruits précieux de charité surnaturelle dans toutes les parties du monde.Lors de Notre séjour à Bologne, i! Nous a été donné de constater de près les bienfaits innombrables de l'apostolat de cette société, si pénétrée du véritable esprit de Jésus-Christ, les heureux résultats de ces Conférences, ci Nous Nous sommes efforcé de les promouvoir dans la mesure de Nos forces.C’est vous dire, Notre cher Fils, la prédilection que, à l’exemple de Nos prédécesseurs de s.m., Nous concevons en Notre coeur pour la Société de Saint-Vincent de Paul, et pour tous ses membres qui ont, naguère, retrempé leur zèle et (’ardeur de leur dévouement à l'occasion des fêtes inoubliables du centenaire de la naissance de celui qui en fut le principal fondateur et l’apôtre le plus illustre.Daigne le Divin Maître, en soutenant vos forces, bénir les voeux que Nous formons pour le progrès et l’accroissement de votre Société, appelée, à l’heure actuelle surtout, à soulager tant de douleurs, à mettre L’AIDE A U FRANCE Répétons quelques recommanda- : lions : lo N’envoyer que du propre et de l’utile.Faire le triage avant l’ex-1 pédition.Envoyer autant de laina-i ges que possible, surtout couvertures, chaussettes, sous-vêtements.2o Mettre sur chaque objet un mot de sympathie de la Canadienne à la Française.Les comités ou | groupes locaux nous épargneront | un travail énorme en voyant eux-mêmes au libellé et à l’épinglage j des cartes.Bien soigner l’adresse.| Nous envoyons des cartes gratis sur I demande.3o Autant que possible grouper ! les envois et expédier dans des j caisses, pour éviter des frais.4o Expédier en port dû (collect) I par grande ou par petite vitesse j (express ou freight) a “Genin, Trudeau et Cie.pour le Comité France-Amérique, Montréal, rue Saint-Jacques, 71A”.Indiquer bien visiblement sur la caisse le lieu de provenance.En même temps, signifier l’expédition à FRANCE-AMERIQUE (section féminine).Montréal, Immeuble Duluth, Tel.M.35(111.P.S.— Dans nos communiqués quotidiens, il est accusé réception de tous dons collectifs en nature et de certains dons particuliers sortant de Tordinairè.Comme ces communiqués sont adressés en même temps à tous les journaux quo-! tidiens canadiens-français, on peut i chaque jour les trouver dans quel-! que journal; il suffit de savoir où i les chercher.i F.-A.NO Ne Contient Pas D’Alun La seule poudre à pâte bien connue, de pri* moyen, fabriquée au Canada qui ne contient pas d'alun (ou sulphate de soude alumineus, ou sulphate d'afumina) et dont tous les ingrédients sont marqués sur l'étiquette.E.W.GKLETT COXTD ! TORONTO.ONT.L’ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL obtenir l’unité d’esprit.M.Magnan, dit d’abord combien il trouve réconfortant le spectacle dont il est témoin.Les circonstances, les calamités actuelles citent à l’honneur les membres de la Saint-Vincent de Paul, leur assignent un poste entouré d’un éclat et d’une publicité qui contrastent, avec leurs oeuvres d’ordinaire silencieuses et cachées.Un compare, dit-il, les conférences de Saint-Vincent de Paul à une année.11 espère que chaque membre féru de discipline comme un soldat accomplira sur le champ la tâche assignée.Voilà le prix du succès.Il redit l’oeuvre admirable de la société, oeuvre de silence, d’humilité, d’abnégation.Fille ouvrira peut-être les yeux de nos concitoyens de croyances étrangères à la nôtre.Elle ramènera peut-être à la pratique de la religion des âmes égarées.Il rappelle que la Saint-Vincent de Paul, cependant, sème ses dons dans peser sur la liberté de croire, en faisant abstrateion de la religion et de la nationalité.11 narre le retour à la foi d’une famille, conversion déterminée par F exemple de la charité.Il confie à ses auditeurs que la visite de 3 conférences faite depuis le matin, le convainc d’une chose: la société de Saint-Vincent de Paul répondra à l’appel de Monseigneur; on ne verra pas de foyer sans feu; on ne verra pas une personne sans pain.D'un ton familier et vif, M.Magnan décrit une séance, la lecture, le compte rendu des visiteurs.Une allusion â la formation des nouvelles conférences l’amène à donner quelques conseils.“Pénétrez-vous tout do suite de l'esprit de la société, dit-il.Suivez les prescriptions du manuel.Saisis- personnes et sur vos oeuvres, Nous vdus accordons avec effusion de coeur à vous, Notre cher Fils, aux membres du Conseil Général et à tous les membres de la Société, la bénédiction aoostoiiique.Rome, du Vatican, le 20 octobre, 191 L BENOIT XV, Pape.Des sociétés de bienfaisance fonctionnent à Montréal depuis plusieurs années, ajoute Sa Grandeur.Au point de vue de l’organisation, tout va à merveille, mais ces associations manquent de surnaturel.Tout en respectant les autres croyances, on imut avancer que seule l’Eglise catholique marque d’un caractère divin la pratique de (a charité.Il v a 20 ans on comptait 28 conférences de Saint-Vincent rie Paul à Montréal.Depuis samedi leur nombre s’est éleye de 54 à 55.Sa Grandeur songeait à les multiplier, quand la crise se mit à sévir.Le moment a sonné de mettre ce projet à exécution.Chaque paroisse doit avoir sa conférence, et la chose se fera certainement, en toute douceur.Le président, au nom de l’archevêque, demandera aux curés des paroisses privées de conférence, quand ils songent à en établir.S'ils temporisent, Mgr ou l'évêque auxiliaire, ou un prêtre de l’archevêché ira en fonder une.L’objection tirée des paroisses pauvres porte à faux.La charité se fera alors de pauvre à plus pauvre.Mgr, mettant en relief le but visé par Ozanam, exprime un regret.Les membres des conférences de Saint-Vincent de Pau) se recrutent surtout parmi les ouvriers et les marchands.Trop peu d’hommes des professions libérales en font partie.Mardi, dit Mgr, c’est la fête pa- NOUVELLES DE FRASERVILLE FUNERAILLES DE FEU L.H.LEVASSEUR.M.| Fraserviile, 7.— Les funérailles | de feu M.L.H.Levasseur, marchand du quartier de la station, ancien conseiller et ancien maire de i Fraserviile, onl eu lieu jeudi matin à l’église Saint-FYançois-Xavier de | Fraserviile au milieu d’un grand concours de parents et d’amis.Le deuil était conduit par les ! trois fils du défunt, son frère, de | Matane, et ses beaux-frères : MM.! Desjardins, de Lévis; S.Lepage et ! C.F.Déry, de Rimouski, et Edgar : Lepage, de Montréal.Le maire Fortin et les conseillers, des représentants de toutes les1 ; classes de la société, de la Rivière-: du-Loup, de Québec et de tout le 1 district assistaient aux funérailles.On remarquait au choeur, M.le, | curé Vézina et autres prêtres.Des messes basses furent célébrées aux autels latéraux durant le! I service.M.le curé Thibodeau officiait i avec MM.les curés de Cacouna et de Saint-Jean-Baptiste de ITsle-! Verte, comme diacre et sous-diacre.Le sanctuaire était éclairé à l’é-'' lectricité et en plus des tentures de deuil ordinaires, des draperies noires et violettes tombaient en éven- j ! tail des voûtes de la nef.La bière était couverte de couronnes de fleurs.Le corps fut déposé dans le terrain de la famille, au cimetière de Saint-Patrice, où reposaient déjrt les restes de Mme L.H.Levasseur.Nous renouvelons à la famille l’expression de ons condoléances.Celte oeuvre éminemment patriotique a pour objet de venir au secours des ouvrières que la crise économique a réduites au chômage, en leur cherchant de l’emploi et en les occupant en attendant à des travaux de coutures ou de dactylographie.Cette oeuvre essentiellement humanitaire a grandement besoin de ressources.On peut y aider : lo.En versant une cotisation mensuelle nu une souscription; 2o.En signalant les emplois vacants; 3o.En donnant des commandes à l'ouvroir ou au département de dactylographie; 4o.En faisant don de pièces d'etoffes afin de fournir du travail aux ouvrières que le comité rémunère.Les objets pouvant être soit distribués aux pauvres ou vendus au bénéfice de l’oeuvre.Des oeuvres de bienfaisance se greffent sur celle de l'assistance par le travail.Un dortoir de 50 lits offerts par la ville est placé sous la direction du comité, afin d’offrir un asile le soir aux femmes sans abri.Le comité possède un vestiaire où sont déposés les objets de couture confectionnés à l’ouvroir.ainsi que les dons de vêtements et de provisions diverses offerts pour les pauvres.On recevra les dons de ce genre — vêtements et provisions non périssables—que les personnes charitables voudront b:en envoyer à la Maison de TEnfant-Jésus, 5 avenue Laurier ou.L tous les lundis après midi, de 2 à 5 heures.Me-dames Jolin, Oli-var Asse'in et Hector Chauvin ont été constituées gardiennes de ce dépôt.Toute communication doit être adressée h “L’Assistance par le Travail”, chambre 11, édifice Dandurand, angle des rues Sainte-Cathciane et Saint-Denis.Toute souscription doit erre adressée à Lady Forget, 71 avenue Ontario, ou à Mme Z.Hébert, 143 Crescent.Toute commande pour l'on-vroir doit être donnée à Mme Is.Tarte, 2125 avenue du Parc.il AU MONUMENT NATIONAL L’ECONOMIE DESTRUCTIVE PAR M.EMILE MILLER.A mesure que se succèdent les causeries de M.Emile Miller, au Monument National, sur ce qu'il appelle “ les faits essentiels de la géographie humaine ”, son auditoire y trouve des intérêts insoupçonnés, des applications pratiques.M.Miller a traité, dans sa dernière étude, de l'économie destructive, en i limitant son enquête aux effets de : l'exploitation de la houille en | Grande-Bretagne, et de la forêt de no- ! tre province.L'application de la houii e â l’industrie a eu des répercussions sociales économiques et politiques.Si le travail du mineur des char-bonnages n'est pas le plus pénible (lui soit, il a cependant donné une j déchéance physiologique, un rachitisme longtemps “ appelé anémie des mineurs.” C’est chez l’élément celte (Gallois, Irlandais, Ecossais) que se recrutent la majorité des mineurs et c’est parmi eux surtout que, par l’intermédiaire des Trade Unions, s’est développé le socialisme.Lors d’une grève générale des charbonnages qui immobilisa toutes les industries anglaises en 1912, les chefs unionistes pouvaient dire, devant l’embarras des politiques : " We are (he government now.’ Au cours du siècle passé, on a vu les vi les historiques du Sud-Est de I Angleterre perdre de leur population au proiit des régions bouillie- j res.Des bourgs du nord et de l’ouest.! encore à la tin du dix-huitième siè- j cle, dépourvus de toute activité in-; dustrielle, ont plus que centuplé leur | population en moins d un siècle.De S toutes '.es villes historiques qui ont i grandi économiquement depuis l'avènement de la houille, celles-là ' seules onl prospéré, dont la situation géographique permettait le transport de la houille à bon mur-; ché.Parmi les autres conséquences économiques de i'uliKsation de la houille, il faut compter la modification des conditions de transport, et ! la tendance à spécialisation ; ainsi : Birmingham est-elle devenue une! sorte de capitale de la laine, Leeds j celle du coton et Sheffield celle do j la coutellerie.Au nombre des conséquences po-!, litiqucs, M.MU er a signalé le problème de la représentation aux (lo u-inuiies dont certains sièges furent détenus par des villes qui n'avaien, plus d’électeurs, au détriment des régions industrielles surpeuplées.U existe encore de ces “ rotten be roughs ” en Angleterre.C'est à Birmingham, ville de la ! houil e, que -s’est concrétisé la doc-; trine impérialiste.Et cette ville o.-.t restée fidèle à Chamberlain, puis- ; que la réalisation de l’impérialisme économique devra se traduire pour; cette cité par des avantages palpa bîes, immédiats.Passant à l'examen de la dévasta- 1 t:on forestière, M.Miller n’a pas été moins intéressant.S’il faut en., server la forêt, ce n’est pas tant pour avoir de la belle nature ai parce que la demande des bois d’oeuvre se fait de plus en plus grande sur tous les marchés, et restera une nécessité absolue, mais à cause du rôle de régulateur que joue cette lo- j rêt dans l’écoulement des eaux, ! neiges et pluies.L agriculture, la navigation et sur-J tout les énergies hydrauliques dé-1 pendent directement du régime des eaux superficielles, or la forêt est régulateur naturel de CANADIAN PACIFIC EXPRESS TORONTO-CHICAGO Ls.Gare Windsor 8.45 a.m., 10.00 pin.Ar.Toronto Union 5.40 pjn., 7.35 a.m.Ar.Chicago 7.45 a.m., 9.05 p.m.TORONTO (rue) YONGE Ls.Gare Windsor .10.50 p.m.Ar.Toronto.8.00 a.m.Trains de jour—Wagons café-ob-servatoire-palais et buffet.Trains de nuit — Wagons-obacr-vatoire à compartiment et wagons-lits.BUREAUX DES BILLETS ; 141-143.St-Jacquea.Tel.Bell Main 8125, Hôtel Windsor, Gares Place Viger et de la rue Windsor.VOIE DOUBLE SUR TOUT LE PARCOURS MONTREAL—TORONTO—CHICAGO L"TKTERNAT20NAL LIMITED” Le train d'un service aupérieur du Canada Quitte Montréal à 9.00 a.m., arrive à Toronto à 4.30 p.m.Détroit 9.55 p.m., Chicaga 8.U0 a.m., tous les Jours.ttgUVICE Dit.xsüAT AMELIORE Un train quitte Montréal a 11.00 p.m., arrivant â Toronto à 7.30 a.m.Détroit 1.41 p.m., Chicago, 8.40 p.m.Service quotidien de wagons-lits, rnm^Mrflmrnt entre Montréal et Toronto.122, rue St-Jacques, angle St-Fran* to is-Xavier—Tél.Main 6001 Hotel Windsor “ Uptown 1187 Gare Bonaventur* “ Main 8231 |: |»n Ville LIGNE ALLAN DEPART DES MALLES ROYALES SAINT-JEAN.N.B.A LIVERPOOL “HESPERIAN” .“SCANDINAVIAN” Samedi, 12 déc.Mardi.15 déc.SAINT-JEAN, N.B.A HAVRE-LONDRES ‘SICILIAN” ‘‘CORINTHIAN” Jeudi, 31 .14 jenv.déc.1915 PCRTLAND-BOSTO J A GLASGOW “POMERANIAN” “SARDINIAN” Portland) 10 Boston ) 24 Pour plus amples renseignements, s'adresser aux agents locau?; de la Ligne Allan.Bureau des passagers du haut de a ville, ()75 rue Sainte-Catherine Ouest H.& A.ALLAN Agents généraux, MONTREAL C 'è'r 3 SD .t r.v,y-vis:* •r“ LIGNE DE LIVERPOOL DE ST-JEAN, N.MESSANABIE., G R A N M PIA N (affrété) .MISS AN ABIE.GRAMPIAN (affrété) .MISS AN ABIE.Pour prix, renseignements, ci WM.WEBBER, Agent Bàtittse Dominion Express, < locaux 15 B.éc, .25 Déc.15 J&nv., 19!5 20 Janv.“ .19 Fév.“ s’adresser à Général u aux agents i boisement l'écoulement i plantation, UNE INTERPELLATION DE M.J.A.LAPOINTE M.Geo.Janin portant son uniforme khaki et ses galons de major était à l’hôtel de ville, samedi.Le personnel de son service lui a fait ses compliments.M.Janin prend tant d’intérêt dans ses nouvelles fonctions qu’il est reparti, dés dimanche, pour Ottawa où il restera désormais avec son corps.I! viendra cependant de temps à autre à Montréal.La question de son traitement in-j quiète le conseil.M.l’échevin Ea-pointe fera cet après-midi au con-j seil une interpellation à ce sujet.| D’après le règlement actuel, M.Ta-1 B.t'î‘n's.nin n’a pas droit à plus de trois mille dollars par année, qui est le maximum des pensions payées par; la ville.Il avait entrepris de faire j passer une loi à la législature mettant le chiffre de sa pension à la; moitié de son traitement, mais ce projet de loi a été abandonné.Ee ! traitement actuel de M.Janin est de neuf mille dollars.des eaux.Déjà le déboisemenl contraint à la construction de barrages ; sur le Saint-Maurice, à cent milles au-delà du nouveau trans' i-nariien et au déversoir du lac des Quinze, l'une des sources de l'O-.i-taouais.Il ne suffit pas ('e dire que les forcis de mélèze (épinette) se refo it en une trentaine d’années, et il est eroné de croire que notre forêt est uniformément de belle venue jusqu’à ses frontières du nord et de l’est.Au taux de la consommation uc-1 tuelle de la boirlle, les géologues en; prévoient l’épuisement avant la fin j de i oire siècle Et puisque la houil-j le blanche, qui ne peut exiser sans; forêts, est appelée à remplacer le ; charbon minéral, il faut à tout prix; épargner la forêt et dès maintenant! protéger le reboisement.C’est la politique des pays latins; — Espagne et Italie, qui espèrent implanter chez eux l’industrie, restée la chose des pays du nord euro-ce fut aussi celle de l’ex-président Rosevelt, doué d’un sens géographique remarquable, et qui créa la Commission fédérale de conservation des ressources naturelles dont le nôtre est une excellente copie.On ne saurait trop féliciter notre ministère provincial d’avoir décrété la création de réserves cantonnaies et fondé une école forestière.Mais avant qu’il faille pratiquer le rc- par semence nous devons ou par déclarer tabou ” certains territoires d’éte i-riue restreinte, mais disséminés en deçà et au delà surtout du transcon-linenta', et cela va sans dire sur des zones qu'un examen peut seul indiquer.Ce Québec ne contient encore qu'une seule réserve de ce genre, 'e parc des Eaurenlides C'est de lui (pie dépendent communément les industries de Mon.tnagny et de Chicoutimi.En somme, le brillant avenir économique de notre province, que nous avons droit d’escompter, n'est réali-i sable qu’en évitant le phénomène i de la lorrentialité des eaux de surface, ce qui n’es; poss blc qu'avec ic i concours des forêts.EN ROUTE POUR QUEBEC Mercredi prochain, le 23ème bataillon de Westniount se rendra à Québec où il complétera son entraînement avant de partir pour l’Angleterre.Ee lieutenant-colonel W.Fisher a, samedi dernier, reçu des ordres à cet effet.Le bataillon se compose ici de 650 hommes et d’un nombre égal à Québec.Les baraques du régiment, dans la vieille capitale sont situées au bassin Louise.FEUILLETON DU DEVOIR LES EXILÉS par PAUL ACKER.32 (Suite) —Oui, toi! En luttant pour la culture française, contre la germanisation, tu multiplies les malentendus entre indigènes et immigrés, tu provoques la colère du pouvoir, tu contrains enfin l’Allemagne à ne pas nous considérer comme de bons Allemands, par conséquent à nous dénier les droits que possèdent tous les autres Allemands.Si nous étions d’excellents Allemands.—Quelle erreur est la tienne! Pour l’Allemagne, quand bien même nous prodiguerions les preuves d’une complète germanisation, l’Alsace continuerait d’être, ce oue Bis- marck avouait sans honte, un glacis contre la France.Odieux mensonge que l’affectueux désir de réintègre! dans la grande famille allemande des frères depuis longtemps séparés! 11 fallait uniquement briser et coin de Wissembourg qui meurtrissait la chair allemande et meurtrir à son tour avec le coin de Metz et de Strasbourg, par une menace incessante, la chair française.Plus ce glacis sera germanisé, et plus il sera riangercr^ pour la France: le tendre souci aeQa germanisation ne cache donc que le brutal intérêt de la défense ou de l’attaque.Si la France se moque de nous, l’Allemagne s’en moque encore plus.Aujourd'hui comme hier t’Alsace n’est qu’une zone militaire, et elle le sera demain comme elle l’est aujourd’hui.Nous avons été la rançon de la France, c’est vrai, mais nous ne sommes plus que le garant de la sécurité allemande et le lien de son unité.Mais Ferrières répliquait: —Cette autonomie, que nous réclamons.nous l’aurions depuis longtemps.Nous serions les maîtres chez nous.A cause de vous.—L’autonomie ! l’autonomie! c’est un beau mot, mais ce n’est qu’un mot.Comment peux-tu croire sérieusement qu’on nous la dispense jamais ! Si parfois quelque journaliste sp permet une allusion, la presse allemande, s'indignant, s’écrie que nous n’avons rien mérité encore, qu’en tout cas, même si nous la méritions, il ne faudrait ni réserver les fonctions cl les places aux Alsaciens, ni tolérer à un gouverne-ment autochtone le droit d introduire l’enseignement de la langue française dans les écoles, encore moins nous concéder une autonomie républicaine, avec suffrage universel.Ce que nous voulons, ils n’en veulent pas.Admirable autonomie où nous ne serons pus libres de défendre à notre guise nos intérêts et nos sentiments.Les lois seront votées à Strasbourg, mais toujours timbrées à Berlin.Ft rmnnd bien même un onancelier audacieux nous consentirait une large autonomie administrative, nous n'aurions qu’à regarder dans la rue pour en saisir le caractère et les limites : la garnison sera toujours là, régiments prussiens, ba-j varois, wurterfibergcbis, saxons, tenant le pays conquis sous la garde ; des baïonnettes, des sabres et desj canons.Les deux hommes se dressaient I face à face : plus rien n’existait | pour eux qu’eux-mèmes ; une soeur,; des amis étaient là : ils 1 avaient oublié.C’était le heurt de deux intelligences ennemies, bien plus, de deux civilisations, l’allemande que représentait Ferrières, la française que représentait Reuseh.Claude le comprenait bien, tout frémissant d’attention, le coeur palpitant.Ces deux hommes personnifiaient l’Alsace ; mais alors, l’Alsace était donc divisée.elle ne poursuivait donc pus tout entière la réalisation du même rêve.Il n’avait jamais ima-t giné que Ferrières pût soutenir f Allemagne avec une telle éner- j gie.Et si Ferrières parlait ainsi.; d’autres peut-être devaient parler ] de même : était-il une exception ?Claude regarda Mme Dolnay : elle lui sourit tristement.Mlle Rcusch n’avait pas bougé ; assise, le buste droit, les mains jointes, elle écou- tait, grave, presque calme, mais parfois elle fermait les yeux, et l’on devinait que dans sa poitrine op ;>”essée son coeur battait éperdument.Et tout à coup elle se dressa : —Georges, et vous, monsieur Ferrières, dit-elle — et les mots se serraient dans sa gorge, — cessez, je vous en supplie, cette discussion.Elle est inutile ; vous m a vi.-z promis, il n’y a pas longtemps, qui vous VvU: interdiriez de parler riï up il'iuo \ous savez bien que v( u> ' vous convaincrez ni l’un m I ,u‘ r R O, 4 ° ^ il O.BENARD vs HÂCKENSCHMIDT CE SOIR, AU CERCLE PAROISSIAL Bénard sc renc.onlrera ce soir au kenichmiff esl’ pr?UK,t bici1 des sens*-rions sin Ions les ran no ris mr sont deux bons hommes «pii'tiendront a avoir la victoire.son m-tHm11,1]1''11 8 U2 ,.),m m'orharles Dormatiquei, couturier, run Champlain, 393.FAFARD, Adrien, 3 mois, enfant d’Abel Fafard, menuisier, 156, 3me Ave.Viauvillc, GUEXETTE, Alfred, marchand, C0 ans, rue Saint-Edouard, 52.HAMEL, 87 ans, rentier, rue Marquette, 51 G.HEANY, Elizabeth, 70 ans, rue Dorion, 87.JUTRAS, Joseph Hard 8 mois, enfant da Jos.Jutras, agent d’immeubles, rue Rachel, 157.KEATING, Annie Fennic.55 ans, fcim me de Michael Keating, meublier, rue De-montigny., 1005.LAVOIE, Henriette, 1 ans, enfant de Joseph I.avoir, machiniste, rue Saint-Jacques, 1060.LABELLE, .Bach, maçon, 7f> ans, Hospice Gamclin.LAVIGNE, Charles, 82 ans, rentier, ru< Saint-Germain, 15.LAROSE, Dieudonné, 3 mois, enfant d’E-' ctouard Larose, layetier, rue Saint-Dominique, 2951.MARIER, M.-Louise Hurtubise, 27 ans, femme de Crrias Marier, journalier, rue i Workman.358.MARIKUM, John, plombier, 72 ans, ru« | Sainte-Famille, 134.i MARTINEAU, Lucienne, 1 an, enfant d« Henri Martineau, charretier, rue Boucher, 5, RIENDEAU, Henriette, Martineau, 73 uns veuve de Joseph Ricndnau, entrepreneur de pompes funèbres.Boulevard Saint-Joseph 42 Ouest.SAINT-AMOUR, Yvette, 2 ans, enfant tU Louis Saint-Amour, comptable, rue Orléans, 63.t SHANNON, Patrick Charles, fil ans, comptable, rue Jrnnqe Mance, 172.TARDIF, Adéline Couture, 74 ans, vruvt de Daniel Tardif, Journalier, rue Fv ' m 632.THIBAULT, Alberta, 1 an, enfant i Thibault, menuisier, rue .Toilette.7 | TURNER, Florida Dupré, 34 ans, .ut d’Alexandre Turner, journalier, rue La loin ! de, 4.| WEIR, Joseph, ingénieur, 56 ans, rui I Saint-JacauejL 215flu
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