Le devoir, 5 octobre 1915, mardi 5 octobre 1915
VT7LTTME VI—No 233 MONTREAL, MARDI 5 OCTOBRE 1915 DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.«5.00 UNION POSTALE.$8.00 Edition Hebdomadaire CANADA .$1.00 ETATS-UNIS.*.$1.50 UNION POSTALE .«2.00 Rédadion et Administra ; 43 RUE SAINT-VIN ï £ * MONTREAL.- S ^ TELEPHONES: ^ O © ADMINISTRATION: 1 ' REDACTION : .Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LE COUP DE FORCE D’OTTAWA LA BULGARIE ET LES PUISSANCES A.travers le “scrap of paper ” ¦ nu esircux ne P°>nt gêner les négociations qui se poursuivaient a Jttawa autour de la question bilingue, nous nous sommes abstenus ces t.ermères semaines de revenir sur le débat, comme nous l’avions fait l'automne dernier pendant Tes négociations poursuivies par AI.L.-P.Pelletier, aujourd’hui juge à ia Cour d’Appel.Mais, devant les incidents qui se sont produits samedi et hier, cette réserve ne serait plus de mise.Ces incidents, notre correspondant d’Ottawa les résume dans une depeche que l’on trouvera en dernière page.Mais il peut être utile de completer son récit par les notes des journaux anglais d’Ottawa et de Montreal et de rappeler les origines et la portée du conflit qui vient d’entrer dans une phase nouvelle.Ce sera l’affaire de quelques paragraphes que nous ferons aussi brefs que possible.* * * La lettre de M.le sénateur Landry, dont le Devoir donnait hier un substantiel résumé, suffirait à prouver que les chefs de la minorité étaient disposés à aller aussi loin que possible, dans la voie des concessions honorables, pour amener un règlement, ou tout au moins un modus vi-ven^\ temporaire.Ils ne demandaient qu’à ne pas compromettre les intérêts sacrés dont ils sont les gardiens.•Les négociations n’étaient pas rompues le 30 septembre, a écrit M.Landry, elles ne l’étaient probablement pas davantage le 2 octobre, lorsque les membres de la Commission scolaire gouvernementale sont allés demander à M.le juge Riddell, de Toronto, urKordre interdisant aux commissaires élus par le peuple, à leur secrétaire et à deux jeunes institutrices, Mesdemoiselles Diane et Béatrice Desloges, d’avoir quoi que ce soit à faire avec les écoles catholiques d’Ottawa.Cet ordre a été émis, sous réserve du droit d’appel des intéressés; il vaut pour jusqu’au jour où la question sera traitée au mérite.L’injonction intérimaire atteignait plus spécifiquement Mlles Desloges, puis-qu elle leur interdisait, non seulement d’enseigner dans les écoles catholiques de la ville, mais d’y pénétrer.D après le récit du Free Press, l’injonction a été signifiée aux deux jeunes institutrices à l’école ’Guignes hier matin.Elles ont continué de faire leur classe.M.Doyle, secrétaire de la commission gouvernementale, s’est présenté avec les institutrices qu’il prétendait installer à leur place, mais voyant que Mlles Deslogcs continuaient leur classe, tous se sont retirés.On se demandait ce qui se passerait l’après-midi: ce fut très simple.Sur 1 avis, suppose-t-on, de leur avocat, M.le sénateur Belcourt, Mlles Dcsloges s’abstinrent de retourner à l’école Guigues.Les employées de la Commission gouvernementale prirent leur place, mais les (lèves, constatant le changement, retournèrent chez eux en chantant.Us obéissaient, dit le correspondant de la Gazette, aux ordres de leurs parents, et les institutrices de la Commission gouvernementale restèrent en face des pupitres et des banquettes vides.Ce matin, les choses sont entrées dans une autre phase.Mlles Des-foges ont ouvert leurs classes dans la chapelle de la rue Murray, près de l'école Guigues et leurs élèves les y ont suivies.Pendant ce temps, les institutrices de la Commission gouvernementale ont voulu occuper les ancien es classes de Mlles Desloges à l’école Guigues, mais un groupe de contribuables leur en a péremptoirement interdit l’accès, déclarant que i école n’appartient point au gouvernement, mais aux contribuables.Quelques heures plus tard, les institutrices gouvernemerftales venaient, sous ia protection de la police, occuper les classes vides.Et voilà, à l’heure où nous écrivons, où paraissent en être les choses.Du côté de Ja minorité, il y aura probablement de nouvelles procédures judiciaTres, Essaiera-t-on, du côté gouvernemental, de mettre en cause d’autres institutrices?C’est le secret de demain.La Gazette a publié hier et ce matin des dépêches d'Ottawa qui trahissent, à ce propos, un assez curieux état d'esprit.Hier matin, on parlait de mettre à la porte des écoles tous les instituteurs qui ne s’engageraient pas à observer tous les règlements du ministère de l’Instruction publique et on annonçait que la manoeuvre de samedi servirait d'avertissement à ceux dont les sympathies pourraient les entraîner à servir les plans de la commission élue.On ajoutait que la Commission gouvernementale n’aurait probablement pas de difficultés à faire obser-Aer les reglements.Ce matin, le ton est différent.Le correspondant dit que vingt-cinq instituteurs sont, paraît-il, prêts à suivre l’exemple de Mlles Desloges, avec l’appui des parents et que, si l’on en vient là, des classes libres seront ouvertes à travers toute la ville.Il paraît beaucoup moins sûr de l’effet de “l’avertissement”.T r '" " # *• * Mais l’étendue du conflit n’en change pas la nature.Et c’est celle-ci qui lui donne son véritable caractère.Le correspondant de la Gazette établit une sorte d’opposition entre les qualified et les bilingual teachers, qui pourrait faire croire au lecteur non-averti que nos compatriotes veulent maintenir, dans leurs écoles des instituteurs incompétents.Notre correspondant nous télégraphie que Mlles Desloges, qui ont déjà enseigné quatre ans dans les écoles ontariennes, sont d’excellentes institutrices et il ne faut pas oublier que, dans l’Ontario, les choses ne se passent pas comme chez nous.On y a refusé des permis d’enseigner à des professeurs d’expérience, qui avaient passé d’excellents examens, pour l’unique raison qu’ils ne voulaient pas s’engager à faire observer l’odieux règlement XVII.Le noeud de la difficulté n’est pas dans la compétence des institutrices.L’incident d’hier se rattache essentiellement au conflit de juridiction entre les deux commissions, né lui-même de la tentative faite par le gouvernement d’appliquer par la force le règlement X\T1.La majorité des commissaires élus, fidèle au mandat des pères de famille, n’a pas voulu servir d’instrument au gouvernement pour dénationaliser les petits Canadiens-français.Pour briser cette résistance, le gouvernement ontarien, déchirant la Constitution comme un vulgaire scrap of paper, a prétendu substituer à la commission élue par les contribuables une commission nommée par Jui.Il a prétendu, par l’entremise de cette commission, disposer à son gré de l’argent des contribuables et,s’en servir pour dénationaliser leurs enfants.Les commissaires élus n’ont pas voulu s’incliner devant ce coup de force; ils ont maintenu leur droit et celui de leurs mandants.* * L’aventure de samedi n’est qu’un incident du conflit; mais c’est un incident qui peut être gros de conséquences.Le Droit terminait hier par les paroles suivantes son premier-Ottawa: "Malgré le nombre et la puissance de nos ennemis, il ne nous reste qu’une chose à faire, continuer la résistance envers et contre tout; rester maîtres de nos enfants et de nos écoles, et compter sur la protection de Celui qui a dit: Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la Ulstice.” Nous n’ajouterons qu'un mot: Demain comme hier, et comme aujourd’hui, nos compatriotes de là-bas nous trouveront à leurs côtés, prêts, à les aider dans la pleine mesure de nos forces.Leur cause est liée «ux plus hauts intérêts de notre pays.Orner HEROUX.Quand nous annoncera-t-on que le gouvernement de Québec a contribué à l’oeuvre du Livre français de l’Ontario?Chacun fait sa part avec plaisir.Pourquoi le gouvernement qui a des livres canadiens en quantité ne fait-il pas la sienne?Ce sont les livres canadiens qui peuvent faire le plus de bien au point de vue du sentiment national et ceux-là, c’est le gouvernement qui peut en fournir le plus.I Décidément, les affaires balkaniques ont pris une mauvaise tournure.L'ultimatum de la Russie à la Bulgarie met fin au chassé-croisé des communications diplomatiques, aux faux-fuyants des dédaralions officielles et des assurances pacifiques.Le double jeu de la Bulgarie est percé à jour et le gouvernement de Sofia a été mis en demeure de rectifier la position, de choisir entre la guerre et le retour sans artifice à la 'neutralité, effectivement rompue par l’incorporation d’officiers teutons dans les cadres de l’armée bulgare.Les puissances de l’Entente ne veulent pas être dupes une seconde fois : comme les Allemands recommencent en Bulgarie la partie jouée à Constantinople, la Russie coupe les ponts et prend les devants pour assurer à son groupe l’avantage de l’offensive et des premières positions occupées.Toute autre conduite de la part des puissances de l’Entente serait inconcevable, et peut-être même est-il bien tard pour s’apercevoir que la Bulgarie, aidée de l’Allemagne, les a trop longtemps bernées par ses négociations en partie double pendant qu’en sous-main elle préparait sa campagne tout en ravitaillant la Turquie.A Petrograd, même, on regrette que l’ultimatum à la Bulgarie n’ait pas été envoyé plus tôt.Depuis longtemps, le siège du cabinet de Sofia était fait, et à Paris, à Londres et à Petrograd, on s’illusionnait en considérant que la matière des négociations favorables à l’Entente n’était pas épuisée.11 suffit en effet de jeter un coup d’oeil sur la carte des Balkans pour se rendre compte de la gravité de la situation : le chemin de fer dn Vardar, qui est la seule voie de ravitaillement de la Serbie par Salonique, passe à deux pas de la frontière serbo-bulgare et est à la merci d’un coup de main.C’eût été un jeu pour les Bulgares de couper cette ligne et d’isolcr à l’intérieur la Serbie occupée snr le Danube par les Austro-Allemands.Les offres à la Bulgarie Pour la preipière fois, le télégraphe nous apporte, d’après un journal hollandais, le Nieume Botler-damscht- Courant, un aperçu des offres faites à la Bulgarie par les puissances rivales.De part et d’autre, ces concessions paraissent couvrir à peu près tout le territoire auquel la Bulgarie peut légitimement prétendre aujourd’hui, et même davantage sous certains rapports.Les offres de l'Allemagne comportent, du côté de la mer Noire, une rectification de frontière qui laisserait Andrinople à la Turquie, tandis que sur la mer Egée elle assurerait Ca-valla à ia Bulgarie en portant à la Strouma ia frontière gréco-bulgare.L’alliance germano-turque s’engage en outre à aider de toutes ses forces la Bulgarie à s’emparer de toute la Macédoine.Elle demande en retour à l’Etat bulgare de s’engager à ne pas attaquer la Turquie et d’observer à l’égard des empires du centre une neutralité bienveillante qui impliquerait le libre passage de tous les secours destinés à l’empire ottoman.Les puissances de l’Entente, de leur côté, ont offert à la Bulgarie les territoires qui lui reviennent en vertu du traité d’alliance serbo-bulgare de 1912, indépendamment des compensations qui pourraient résulter Boston.! 1000020 \ 4 7 I) Perritt el Meyers ; Tyler et Whaling.Deuxième partie : New-York .0200000110000 I !) I Boston .001002100001—0 12 1 Benton et Schang ; Rudolph et Gowdy.POSITION DES CLUBS Philadelphie Boston.Brooklyn.Pittsburg.Chicago.S.-Louis.Cincinnati.New-York .G.88 81 80 72 71 72 71 (il) P.fi 2 — BERLIN FAIT LA LEÇON AUX GRECS LES JOURNAUX TEUTONS TENTENT DE PERSUADER LA GRECE D’IMITER LA BULGARIE.— OU L’ANGLETERRE S'INSTALLE, ELLE Y RESTE.Ue matin était chanté en l’église Notre-Dame, à la recommandation de TUnion Nationale Française, le service solennel pour le repos des âmes des soldats alliés, morts au service cfe la Patrie.Monsieur l’abbé Bouhier, P.S.S., officiait, assisté de MM.(lirot, P.S.S., comme diacre, et Pustienne, P.S.S., comme sous-diacre.Mgr l’archevêque, empêché par les journées franciscaines, avait bien voulu s’excuser.Dans le choeur, avaient pris place: M.l’abbé Lecoq, supérieur de Saint-Sulpice; M.le curé Labelle, M.l’abbé Gouin, P.S.S.M.Le Landais, M.Many et le clergé de la paroisse.Au milieu de la nef.un grand catafalque recouver d’un drapeau tricolore, était gardé par les drapeaux des trois sociétés françaises: L’“Union Nationale Française”, les “Vétérans des Armées de terre et de mer” et la “Mutuelle”.Monsieur Bonin, consul général de France, et M.le consul Raymond, représentaient le gouvernement français.A côté d’eux, M.Médéric Martin, maire de Montréal.MM.Brisset des Nos, président de l’Union Nationale Franaçise ; Walter, président des “Vétérans”; Bourgeois, président de la “Mutuelle”; 'M.le sénateur David, M.Cyril Delage, orateur du Parlement de Québec ; M.l’échevin Emard, M.Lavallée, ancien maire de Montréal; M.Ludger Gravel, président de la Chambre de Commerce; M.Tarut, M.J.L.Archambault, 3e colonel Ostell, M.Genin, président de la Chambre de Commerce Londres, 5.—Les journaux allemands qui parviennent à Londres accordent autant d’espace à la situa-ttion des Balkans qu’au front occidental.Ils accordent une attention spéciale à l’attitude de la Grèce et essaient de la persuader d’imiter la Bulgarie.Le “ Frankfurter Zeitung ” tout en déclarant qu’il doute que les alliés puissent disposer de 150,000 hommes pour les débarquer à Salo-nique, prévient la Grèce de ne pas se prêter à une pareille manoeuvre, parce que l’histoire enseigne qu’une fois que l'Angleterre pose le pied quelque part, elle y reste généralement.Le “ Zeitung ”, qui prêche à la Grèce la' neutralité, lui montre quel sort tragique serait le sien si les Italiens contrôlaient Alvona, si les Russes commandaient Constantinople et les Anglais étaient maîtres de Salo-nique.Le “ Kreuz Zeitung ” se montre sceptique au sujet de l’aide que les puissances de l’Entente peuvent apporter à la Serbie avec des troupes débarquées à Salonique.FERDINAND AURA CONSTANTINOPLE LES TURCS LUI AURAIENT VENDU LA CELEBRE VILLE, OU IL VEUT SE FAIRE COURONNER SI LES TEUTONS SONT VAINQUEURS.Paris, 5.—Le général Mehmed Che-rif Pacha, l’un des chefs du parti radical turc, écrit dans “ Le Matin ” que- les Jeunes Turcs ont vendu Constantinople à la Bulgarie, avec ( .r a promesse de recevoir en échange [ s’enfonce dans re inévitable avec la Russie et ses alliées.On nous dit que les neuf j H c.s.dixièmes du peuple bulgare déplo- ! Montréal, S octobr* 1915.________________ rent la basse ingratitude dont fait province de QUEBEC, district de Mont-preuve le roi Ferdinand, mais, nous! réal.Cour Supérieure, No 4524.Waldron ne pouvons tenir compte des senti-1 ^ouin ment S supposes (10S sujets de ce ; inand«urs, vs Charles Hansher et H.Orens-souverain.S’ils sont dociles et fai- tein, marchands, tous deux de Montréal, blés à ee Tinint ml'ils en snbis*cpnt 1 tlunshcr et Orenstein .et Isaac Kelt, mar— w * -I I)0ini’ V, 1S en ^UDISSenl| chaud, de Montréal, défendeurs.Le Même ICS conséquences.1 jour d’octobre 1915, à dix heures de l’avant- Le “Daily Mail” déclare : “ La midi, au domicile du dit défendeur Isaac LA ROUTE A VOIE DOUBLE jmln (i(> 5 45 a m., 8J0 a m CHICAGO les possessions asiatiques de la Rus sie, l’Egypte, et tout le nord de l’Afrique, à condition bien entendu I que l’Allemagne et ses alliées vainquent la Quadruple-Entente.Cherif Pacha fait remarquer que l’exécution de ce programme étendrait la domination ottomane sur la plus grande partie du monde musulman.Il affirme aussi que c’est l’ambition de se voir couronner dans la mosquée de San-Sofia qui a porté le roi Ferdinand à prendre les armes contre la Russie, la France et la Grande-Bretagne.Quadruple Entente a une autre grande guerae sur les bras.La Bulgarie à l’instigation de l’Allemagne a pris un mauvais parti, séduite par l’astucieuse campagne de presse menée par les Teutons.” Le “Standard” pense que la politique de la Bulgarie est basée sur une haine aveugle de la Serbie et sur la détermination d’empêcher la création d’une plus grande Serbie, et que “sa politique néfaste s’inspire de la conviction que les empires du Centre sont déjà les vainqueurs.” Le “Morning Post” ; “L’Europe de nouvelles hor- LES MASSACRES DES ARMENIENS LES ATROCITES COMMISES PAR LES KURDES ET LES TURCS SONT EPOUVANT A B L E S.— B APPORT AUX ETATS-UNIS.New-York, 5.— Au dire de lü membres de la commission américaine des missions étrangères, arrivés aujourd’hui de Van, Turquie, à bord du vapeur suédois "Helligo-lav”, les Turcs et les Kurdes font une guerre sainte et d’extermination aux Arméniens.M.E.Yarrow, l’un des pasteurs, a raconté comment les Arméniens de Van, au nombre d’environ 1,500, ont tenu bon contre 5,000 Kurdes e! une compagnie turque, commandée par un officier allemand, du 20 avril au 17 mai, jusqu’à l’arrivée „ , , „— au 17 mai, jusqu a .franaçise : M.Gabard, M.1 .Cne-j |jes Busses, qui ont secouru la ville, vassu, M.Michaud, M.Leblond de: Les combattants n’ont pas respec-iRrumath, M.Jean Girard, repre-j^ l’édifice de la mission américai-sentant la Société S.-Jean-Baptiste; nef y eut dessus 6 dra- M.de Passillé, M.Ledieu, MM.P.Beullac et Barlatier en uniforme, Me Bisaillon, M.Tancrède Bienvenu, M.Le Bajot.M.de Vrégille, M.Singher, etc., etc.Les chants liturgiques furent exécutés par la maîtrise de l’église No-re-Dame ; la quête fut faite par Mlles L.Brisset des Nos, M.lîenin, Michaud et Cochen-Berger.-m- LA TEMPETE A SAINT - ANDRE Saint-André, 5 — La tempête qui sévit par toute la province s’est JTait beamcoup sentir en cette ville.Nombre de fil^ électriques ont été rompus.F.’“Alcyon”, magnifique yacht appartenant à M.Chs.-Alfred hesjardins, a cassé ses chaînes et est venue au rivage.Il est fort avarié., peaux américains et 2 de la Croix-Rouge.Les Russes survinrent juste à temps pour empêcher l’annihilation des habitants de la ville.Plusieurs Arméniens sont malades du typhus; la situation était terrible dans presque tout le pays.Plusieurs des atrocités commises par les Qurdes sont indescriptibles.LE Dr VESNITCH NOMME MINISTRE Nish, Serbie, 4 via Paris, 5.— Le Dr Vesnitch.ministre serbe en France, a été nommé ministre des Finances en remplacement de M.Paschou qui démissionne à cause de sa mauvaise santé.M.Stefanovitch, secré-taîre-pénéral «lu ministère des affaires étrangères occupe le poste de mi-Lu is tre serbe en France.JOURNALISTE DE CHICAGO, ESPION ?Chicago, 5.— M.Irving G.Reese, journaliste-photographe de Chicago, se rendant en Europe pour prendre des photographies a été arrêté à Londres sous l’accusation d’être un espion allemand.Les autorités américaines, à Washington et à Chicago, se livrent à une enquête sur ce cas.Il parait qu’un homme en possession de duplicatas des passe ports de Reese est apparu en Angleterre en juin dernier et qu'on ne Ta pas revu.C’est ce qui a amené l’arrestation de Reese, lorsqu’il s’est présenté avec ses propres passe-ports.PAQUEBOT COULE Marseille, France, 5.— Le paquebot français Provincia, 24,500 tonnes, a été coulé par un sous-marin autrichien dimanche matin, ari sud de Co-rigo, sur la côte sud-ouest de la Grèce.Le sous-marin a ordonné aux hommes d'équipage de se réfugier dans les chaloupes et pendant qu’ils se dirigeaient vers le rivage le sous-marin a coulé leur navire.Cyprien Fabre & Cie, les propriétaires du Provincia, ont été informés hier par les autorités maritimes de la perte qu'ils onl subie.VICTOIRE DE LA TEMPERANCE Chicago, 5 — Pour la première fois depuis 44 ans, la ville de Chicago observera la tempérance dimanche prochain.On a annoncé aujourd’hui, en effet, la mise en vigueur pour samedi prochain, à minuit, de la loi de fermeture du dimanche.qui affectera 7,152 buvettes, cafés et jardins.Jusqu’à minuit, dimanche soir, il ne sera pas permis de vendre ou même de donner de Taleool dans les limites de la ville.Cette décision, prise hier soir par le conseil municipal, a pris par surprise les débitants de liqueurs, dont l’avocat a déclaré qu’ils vont tenir immédiatement une réunion pour discuter cette législation.De plus, les restaurateurs se projiosent de lutter pour la ditninution du permis de $1,000 par année.reurs et de nouvelles tribulations dont on ne peul prévoir l’étendue et les effets.” Le “Daily Chronicle” espère que le gouvernement anglais ne répétera pas la bévue qu’il a commise aux Dardanelles en envoyant des fragments d’armée.La présence de troupes suffisantes constituera non seulement un élément de sûreté si la Bulgarie nous attaque, niais sera en sur de nature, si cela est encore possible, à la dissuader d'en agir ainsi.Ce journal fait ressortir la nécessité primordiale de prévenir la rupture du chemin de fer allant en Serbie par une attaque à Timpro-viste des Bulgares.Si les Bulgares se mettaient en travers de la voie et se creusaient des tranchées, il pourrait y avoir une perte de temps fatale avant qu’on ies en déloge.D’où nécessité pour les Alliés de ne pas faire les choses à moitié.Hurt, au No 1008 avenue de, Lorimier, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du «lit défendeur Isaac Kert saisis en cette cause, consistant en un piano, mumbles de ménage, etc.Conditions : argent comptant.J.Edmond Durocher.H.C.S.Montréal, 5 ^ PR O VINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour de Circuit, No 20746.— The Continental Bag and Paper Company Ltd., corps politique, de Montréal, demanderesse, vs T.K.Peters, de Montréal, défendeur.Le 14ème jour d’octobre 1915, à dix heures Pavant-midi, à la place d'affaires du dit défendeur, au No 1110 l-jd rue Rachel, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en une fantaine a soda, tables, etc.Conditions : argent comptant.L Ovila Morin, H.C.S.Montréal, 5 octobre 1915._____ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour de Circuit, No 162-12.Dominion Paper Box Company Limited, demanderesse, vs Paul Thibault, défendeur.Le 14ème jour d’octobre 1915, à dix heures de l'avant-midi, à la place d’affaires du dit défendeur, au No 328 Est rue S.-Catherine, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en caisses de montres, registre à argent, etc.Conditions : argent comptant.J.S.La very.H.C.S.Montrénl, 5 octobre 1915.___________ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour de Circuit, No 6525.— Salomon Baker man et al., demandeurs, vs S.GHck-man, défendeur.I^e Llème jour d’octobre 1915, a dix heures de l'avant-midi, au domicile du dit défendeur, au No 997 rue S.-Doininique, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause consistant en meubles de ménage.Conditions : argent comptant.Réal Robillard, H.C.S.Montréal^Ji octobre 1915.__^ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour de «Circuit, No 6384.J.Rte Wiselberg, demandeur, vs Benjamin Moses, défendeur.Le 13èmc jour d’octobre 1915, à 10 heures de l'avant-midi, au domicile du dit defendeur, au No 996 rue S.-Dominique, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en meubles de ménage.Conditions : argent comptant.Réal Robillard, H.C.S.Montréal, 2 octobre 1913.^______ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour Supérieure, No 489.Maple Leaf Realties Co.Ltd., demanderesse, vs H.S.-Pierre, défendeur.Le quatorzième jour d'octobre 1915, à dix heures de l’avant- TOKONTO—DETROIT INTERNATIONAL LIMITED Le train par excellence au Canada.Quitte Montreal à 10.15 a.m.tous les jours.Wagons-lits Pullman et observatoires ainsi que wagons-palais, bibliothèque et buffet.EXCURSIONS DE COLONS Billets aller et retour pour l’Ouest Canadien via North Bay et la voie du Transcontinental, ou via Chicago, en vente tous les mordis jusqu’au 2fi octobre, à de très bas prix.Les billets sont bons pour 2 mois.122, rua St-Jacquaa.angle bt-Fra» çoia-Xavier—T41.Main 6001 Hotel Windsor Gare Bmueantut— ' Uptown 111?THE TRANSCONTINENTAL Nouvelle route ver» POueat Canadien TORONTO-WINNIPEG par North Bay, Cobalt et Cochrane.Installation des plus modernes.Splendide voie ferrée.Quitte Toronto à 10.45 p.m.les mardi, jeudi et samedi.Arrive à Winnipeg à 3.50 p.m., les jeudi, samedi et lundi.Correspondant à Winnipeg avec le train quotidien du fi T.P.de 6.00 p.m.pour Régi-na.Saskatoon, Edmonton et les stations 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9.00 u.m.30 min.de 9.00 a.m.k 3.30 p.m.15 min.de 3.30 p.m.k 7.00 p.m.30 min.de 7.00 p.m.à 8.31) p.m.POINTE-AUX-TREMBLES.—Service dt | 15 min.de 5.00 a.m.k 9.00 a.m.30 mln.de 9.00 a.m.k 3.30 p.m.15 min.de 3.30 p.m.à 7.00 p.m.80 min.de 7.00 p.m.k 11.00 p.m.90 min.de 11.00 n.m.k 1.00 a.m.UNE IDEE DE LA MODE DU JOUR A LA COMMISSION DESWCENDIES Le commissaire des Incendies a tenu trois enquêtes, hier après midi, dont la plus importante fut celle de l’incendie qui éclata un peu après minuit lo 28 sentemhrp dune lu mn ‘midi, a la place d’affaires du dit délen-™ f l*P.KÎrr?.’^nSUla.,“!' avait lien d anormal.Il cîu,s pour boucher, etc.Conditions : argent était défendu de fumer a l’intérieur ; comptant.H.Lavoie, H.c.s.de Montréal, seront vendus par*autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cettet cause, consistant en coffre-fort, tweed, etc.Conditions : argent comptant.Réal Robillard, H.C.S.Montréal, _____________ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montréal, Cour de Circuit, No 14017.— J.E.Wilder vs J.B.Lamarche et A.Rinfret, mis en cause.Le llème jour d’octobre 1915, à 10 heures de l’avant-midi, à lu place d’affaires du dit mis en cause gardien, au No 1280 Est rue Ontario, en la cité de Montréal.seront vendus par autorité de justice ! les biens et effets du dit défendeur saisis CANADIAN NORTHERN Jour d’Actions de Grâces SERVICE DE TRAINS SITI'PLEMENTAIRES EMBRANCHEMENT DE MONTFORT Les trains supplémentaires suivants circuleront entre Montfort .let et Huberdeau, raccordant avec le Pacifique Canadien comme ci-dessous : Samedi, 9 octobre.Vert* le nord.Ls.Montréal, gare Place Viger à 1.40 p.m.Ar.Huberdeau 5.45 p.m.Lundi, Il octobre.Vers le sud.Ls.Huberdeau 6 7.20 p.m.Ar.Montréal (Place Viger) 11.15 p.m.Pour billets et autres renseignements s’a- dresser nu Bureau de billets de la ville, 230 rue S.-Jacques, Montréal.Tél.Main 6570.et toute infraction à cette règle était punie- pur un renvoi immédiat.Aucun poêle ou fournajse n’avait fonctionné durant le jour, et le témoin déclare avoir fermé lui-même le courant électrique avant de quitter les lieux.Dans le cas de l’incendie chez M.Joseph Papineau, 558, avenue Papineau, qui coûta la vie à deux chevaux, on croit que des chemineaux se seraient couchés dans l’écurie et qu’une étincelle tombant d’une pipe ou d'une cigarette aurait allumé le feu.! Montréal, 4 octobre 1915.real.Cour de Circuit, No 187o>.it.jo- pepocas, ae Montreal, (in sephson, demandeur, vs Max Goldberg, dé- 1 jour d’octobre 1915, à 10 fendeur.Le llème jour d’octobre 1915, à midi, au domicile du dit dix heures fie Pavant-midi, au domicile du | 716 rue Garnier, en la cil On n’n nu déterminer lo ««ni«a» d» demandeurs, vs Klphège Bélair.de V un n a pu ueieiniinei la e .e, réal, défendeur.Le quinzième jour d i Imcendie qui a éclate chez M.Phl-lbre 191.-., à dix heures de i’avaut midi.gui lippe Grenier, 4t’>0a, rue Aylwin, çar toute la famille était absente, ce jour-là.Voulez-vous savoir ce que vous êtes?Jean Dcshayes, le graphologue, vous le dira, si vous lui écrivez aux termes que reproduit le coupon du NATIONALISTE, chaque semaine.Est rue Rachel, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeurs saisis en cette cause, consistant en effets d’épiceries, balances, etc.Conditions : argent comptant.A.La verdure, H.C.S.Montréal, 4 octobre 1915.__ PROVINCE DE QUEBEC, district de Montreal, Cour Supérieure, No 2425.Dame (J.Ethicr, de Montréal, demanderesse, vs E.PROVINCE DE QUEBEC, district de Mont- ! Fortin, du même lieu, défendeur, et G.E.réal.Cour de Circuit, No 18775.B.Jo- i Dépocas, de Montréal, distrayant.Le llème .‘ 10 heures de Pavant- dit défendeur, au No ___ ité de Montréal, sc- dit défendeur, au No 37 ouest rue Duluth, ' rent vendus par autorité de justice les en ,1a cité de Montréal, seront vendus par I biens et effets du dit défendeur saisis en autorité de justice les biens et effets du dit cette cause, consistant en un piano, cheval, défendeur -saisis en cette cause, consistant : etc.Conditions : argent comptant.R.Robien meubles et articles de ménage.Condi- taille, H.C.S.tiens : argent comptant.Thomas N.Proulx, | ^ Mont ré al, 4 oct ob re 1915.Montréal, 5 octobre 1915.j PROVINCE DE QUEBEC, district de Mont* *'“ — -—'——! réal, Cour de Circuit, No 6270.— J.Hoola- PROVINCE DE QUEBEC, District de Ri- ! han, demandeur, vs J.Jackson, défendeur, mouski, Cour de Circuit, No 987.— Isidore .Le l ième jour d’octobre 1915, à onze heu-Gagnon et Elzéar Sassevilîe, tous deux nvo- i res de Pavant-mldi, au domicile du dit décatis de la ville de S.-Germain de IHmouskl, fendeur, au No 1126 rue Galt, en la cité Mont- de Montréal, seront vendus par autorité de octo- justice les biens et effets du dit défendeur _ à la saisis en cette cause, consistant en meubles place d’affaires du défendeur, au No 67 , de ménage et volailles, etc.Conditions : rue Windsor et au No 130 rue S.-Antoine, argent comptant.L.A.Dionne, H.C.S.en la cité de Montréal, seront vendus par i Montréal, 4 octobre 1915.autorité de justice les biens et effets du ! * ' ~ ‘ ** dit défendeur saisis en cette cause, cousis- i PROVINCE DE QUEBEC, district de Mont-tant en un registre, liqueurs, etc.Condi-1 réal, Cour de Circuit.No 13341.Frs.tions : argent comptant.M.J.A.DeCelles, Longtin, épicier, de Montréal, demandeur, H C.S.i vs A.Carpentier, du mémo lieu, défen- Montréal, 5 octobre 1915.(leur.Le t5ème Jour d’octobre 1915, à 10 ^ .heures tic l’avant-midi, au domicile du dit PROVINCE DE QUEBEC, district de Mont- défendeur, au No 885 rue de S.-Valier, en la réal, Cour de Circuit, No 11992.- R.Hd- cité de Montréal, seront vendus par auto-nest Lunham et al., de Montréal, deman- rite de justice les biens et effets du dit défi eu r, vs J.A.Bertrand, de Montréal, dé- , fendeur saisis en cette cause, consistant en fendeur.Le quatorzième jour d’octobre ' meubles de ménage, etc.Conditions : ar-1915, à dix heures de l’avant-midi, à la pïa- , gent comptant.J.U.Norrnandin, H.C.S.ce d’affaires du dit défendeur, «u No 504 ! Montréal, 4 octobre 1915.4737 Manteau - pour fiîîeft*.% deurs, 6-8-10-12 ans.Matériaux : 2 verges 5-8 en 44 pour 8 ans.Envoyez ce coupon après que vous Laurel F,î™.PJk HAYON DES PATRONS DU DEVOIR , avec 10 sou*, soit en timbres, soit en argent, et le patron ci-dessus vous •ara envoyé quelques fours aurès.COUPON Département des Patrons su “De-Toi»’.’.- Ecrirez lisiblement.PATRON No 4737 No.Vill • a» ••• a * • ••• taille Quand tous désires nn patron soit pour fillette, soit pour enfant, ne mentionnes jamais la mesura : mentionnez l’âge seulement.Ce _ _________ Saint-Vincent, k Montréal, par l’iMPHJVF-RIE POPULAIRE (k responsabilité limitée) J.N.Chevrier, «érant-kénéral.journal est imprimé nu No 43 rue _ Y' j^ » X.X* A ! — S - .FEUILLETON DU “DEVOIR" Les Secrets de la Guerre par Jean D AUREL (Suite).Des fumées s’estompaient çà et là, à l’orifice des cheminées, des scintillements de cuivre ou d’acier frappés par le soleil, changeant très vite au balancement des vagues, aveuglaient en éclairs irréguliers.Quelle puissance formidable dans ces monstres de fer, puissance de destruction construite par les peuples pour se déchirer entre eux.On approchait de La Seyne.Henri regarda les côtes verdoyantes lâchées du rouge des villas, la banlieue de Toulon, très blanche, derrière lui, puis le bateau ralentit près de la rive.Vingt minutes après son départ, le lieutenant de vaisseau prenait pied au débarcadère de La Seyne et, longeant le quai à droite, gagnait rapidement l’extrémité de la viile.C’est à la limite de la cité que s’élevaient ies usines de la Compagnie métallurgique.Sous la fumée j sans cesse renouvelée au sommet! des cheminées de brique, les halls d’affinage de construction et de montage montraient leurs dos immenses.dont le vitrage peint en bleu contre la radiation solaire semblait vouloir lutlter avec les sommets des montagnes aperçues là-bas, très loin, en un brouillard azuré.La Compagnie métallurgique du Var, une entreprise colossale, toujours à la hauteur de la tâche, possédait une grande réputation dans le monde du fer et de‘l’acier, fournissant à l’industrie et à la marine les pièces travaillées et les appareils de précision; le directeur et propriétaire des usines Gabriel Delmont, habitait avec sa femme et sa fille une élégante maison en vue de la mer.Garville était depuis 'longtemps en relations avec la famiüe Dalmont, sa mère viendrait bientôt pour faire la demande officielle, en l’absence du contre-amiral Darville, commandant une escadre en Extrême-Orient.Précisément, comme Henri franchissait Ja grille, un coupé automobile s'éloignait vers sa remise ; dans le hall d’enlrée, Mme Delmont et sa fille attendaient le jeune homme.Il pénélra apec elles dans le petit salon.—Vous n’ètes donc pas resté à Lyon auprès de voire mère ?demanda tout de suite la femme de l’usinier.—Je n'ai pas quitté Toulon, Madame.Au dernier moment une affaire importante a retarde mon départ.—Vous n’avez pas quitté Toulon, et depuis deux jours vous nous avez laissés sans nouvelles?Je vous croyais perdu dans Paris ou émietté dans quelque accident de chemin de fer.Et Mlle Anne-Marie Delmont, dont le sourire démentait les inquiétudes énoncées, eut une moue de désapprobation.Grande et mince dans son costume de promenade, 'la jeune fifie possédait une physionomie très fine, la chevelure châtain foncé où le jour se posait en reflets d’or accentuant le teint d’un blanc mat; ses yeux bruns très vifs lui donnaient.avec la bouche souriante, un caractère d’un aimable enjoue-menl, enjouement tout superficiel, voilant un tempérament plutôt sérieux, presque mélancolique.Mme Delmont offrait un remarquable exemple rie distinction s’alliant à une grande simplicité; son coeur compatissait à toutes les infortunes, et sa fille, élevée à l’école de sa pitié, l’aidait dans ses bonnes oeuvres, Darville, très à l’aise dans cette intimité bienveillante, excusa en quatre mois son absence obligatoire: les besoins du service.La conversation s’orienta bientôt vers la musique; Mlle Delmont était t une remarquable musicienne, Dar-ville un amateur peu commun.Le temps coula vite jusqu’à ce qu’une visite vint vers 5 heures appeler les deux dames au salon.—Mon père vous tiendra compagnie en notre absence, dit Anne-Marie.Vous causerez chiffres, machines et autres choses sans intérêt pour nous.Par le jardin, le lieutenant de vaisseau se rendit au cabinet de M.Delmont.Cette jiièce formait l’angle de la maison d’habitation ; une porte intérieure la reliait aux appartements, sur la gauche, le jardin, très touffu s’étendait en un véritable parc d’une grande profondeur.Darville, après un tour dans le jardin, arrivait près des bureaux ; un homme sortait du cabinet directorial et, par 'l’habitude prise depuis le vol des plans, l’officier l’examina.Tl le suivit des yeux jusqu’à la grille réservée aux clients de l’usines et au personnel des bureaux et, l’étranger disparu, demeura un long moment à sa place, visiblement préoccupé.—Ah! si Jean Filet avait pu être,| ici, murmura-t-ll.'Le visiteur Inconnu était de taille moyenne, blond avec la moustache seulement dans un visage peu coloré.Correctement vêtu, il portait la main droite entourée de bandages.—Tous ies traits du signalement, prononça à mi-voix l’officier, et cette main bandée.Il haussa les épaules.—Quelle folie, cet homme serait le voleur et il se promènerait au grand jour.Mais, au fait, pourquoi se cacherait-il?Ni! ne l’a vu entrer chez moi, à part Filet; comment supposerait-il mes relations avec un cambrioleur.L’audace ne lui manque pas : ses deux expéditions chez moi le prouvent, pourtant les difficultés étaient grandes, l'entreprise périlleuse.Si c’est un espion, si c’est l’espion que je cherche, rien d’é-tonnant à le voir rôder par ici, l’usine construit souvent des appareils nouveaux pour notre marine.Debout contre la grille, Darville inspectait la route; le visiteur avait disparu, le retrouver était difficile, le suivre impossible, car son uniforme attirerait facilement l’attention de celui qui devait, sous peine d’échec définitif, ignorer les soupçons.Cependant, sa conviction était presque absolue.¦—Je vais savoir pour quelle cau- se et sous quel nom M.Delmont i’a reçu et.s’H le fsat.je le reverrai, j’en aurai le coaar net, rien n’est a négliger dans une semblable affaire .Le cabinet du directeur de la Compagnie métallurgique était éclairé, sur ses deux faces, par quatre grandes fenêtres.Un mobilier simple, pratique, le meublait, des photographies de l'usine, halls de montages, fourneaux, croquis d'appareils garnissaient les murs.Sur sa table, commode pour le développement de l'étude des plans d’ensemble à grande échelle, Gabriel Delmont travaillait.Une barbe grisonnante, taillée en poinle.allongeait sa physionomie calme, aux traits profonds; le front était large et les yeux clairs animaient un regard très droit derrière un lorgnon d’or.L’accueil fut cordial, puis vint l’inévitable question: —Votre voyage est donc terminé?Henri expliqua à nouveau son départ retardé au dernier moment; il cherchait le moyen d’aiguiller la conversation vers le but désiré en s'informant: IA suivre) ¦) e LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI 5 OCTOBRE 1915 VOL.VL jSo 2.Le temps qu’il fera Forts ?ents du nord-oueat, temps su beau, et plus frais.Demain, vents modérés, beau et frais.Bolletin diaprés le thermomètre de Hearn et Harrison, 35 Est rue Notre-Dame.H- de Mosle, gérant.Aujourd'hui maximum.• « • • 60 Même date Tan dernier.« .• .72 Aujourd'hui minimum.52 Même date l’an dernier.44 Baromètre : — 8 h.matin, 29.60 11 h.matin, 29.65 ; midi, 29.68.MERCREDI, 6 OCTOBRE 6.Bruno, confesseur.Lever du soleil, 6 heures 03.Coucher du soleil, 5 heures 35.Lever de la lune, 3 heures 15.Coucher de la lune, 4 heures 34.Nouvelle lune, le 8, à 4 h.48 i du soir.L’ECOLE SE FAIT • A L’EGLISE Mlles DESLOGES, CHASSEES DE L’ECOLE GUIGUES PAR UNE INJONCTION, VONT FAIRE LA CLASSE DANS UNE CHAPELLE OU LES SUIVENT LEURS ELEVES.LES FETES DES FRANCISCAINS Mgr L’ARCHEVEQUE DE MONTREAL PRESIDE, CE MATIN, A L’OUVERTURE DE LA “ JOURNEE FRANCISCAINE — ALLOCUTION DE SA GRANDEUR.Les fêtes franciscaines, commémoratives du troisième centenaire (1615) de J'arrivée des Récollets franciscains au Canada, du cinquantième anniversaire (1805) du rétablissement du Tiers-Ordre à Montréal, et du vingt-cinquième an-niversai'e (1890) du retour des Franciscains au Canada, se conti-nucm aujourd’hui, en la chapelle de la rue Dorchester Ouest.L’ouverture de la “journée franciscaine” a eu lieu, ce matin, à 9 heures, sous la présidence de Mgr l’archevêque.Le R.P.Célestin-Ma-rie, gardien du monastère franciscain, adresse quelques mots de bienvenue à Mgr et le remercie d’avoir accepté de présider cette journée.I) remercie aussi les personnes qui sont venues en si grand nombre célébrer Jes fêtes franciscaines.Monseigneur prononça ensuite une brève allocution : (les trois jours, dit-il, sont un véritable congrès avec ses réunions de prières et d’études.Mgr rappelle ensuite les différents congrès qui ont eu lieu à Montréal depuis quelques années, le congrès eucharistique de 1910, le congrès eucharistique de Sainte-Thérèse, 1 ¦ congrès de Sainte-Anne des Plaines, le congrès des prêtres adorateurs.Et ce congrès f anciscain qui semble être la continuation, le développement, la conclusion des autres.Tous les autres congrès, dit Monseigneur,-avait pour but de développer) Uamour de Jésus-Christ.En quoi consiste l’amour de Jésus, l’union avec Jésus, si ce n’est de suivie fidèlement scs commandements (t ses lois.Saint François a précisément donné la règle pour que 1 homme reste en union avec Jésus-Christ.En terminant, Monseigneur recommande aux tertiaires ainsi qu’à tous les autres fidèles de rester plus attachés à la règle du Tiers Ordre afin de devenir de par-fails chrétiens.Deux rapports ont ensuite été donnés : "Le Tiers-Ordre et l’esprit chrétien”, par le R.P.Carrière, provincial, S.J.; “Fruits individuels du Tiers-Ordre”, par le R.P.Ce main-Marie, O.F.M.\ 11 heures une séance sacerdotale eut lieu exclusivement pour les prêtres.M.l’abbé Duchein, P.S.S., présenta un rapport : “Le Tiers-Ordre et le Prêtre”.Cet après-midi à 2 heures la séance sacerdotale se continue et à 3 heures une assemblée générale aura lieu.Deux rapports par le Dr G.A.Henri Dufresne, et par M.l’abbé Pirrier seront présentés.La clôture solennelle aura lieu, ce son-, à 8 heures, en l’église No-te-Danie.Sa Grandeur Mgr Eihard, évêque de Valleyfield, prononcera un sermon en français, et M.l’abbé Donnoly, un sermon en anglais.Il y aura bénédiction solennelle du T.S.Sacrement et allocution finale par Mgr l’archevêque.LES ‘‘LETTRES DE FADETTE ” Le succès des Lettres de Fadette a été tel que notre distinguée collaboratrice a dû en ordonner lu' réimpression.Près de cinq mille exemplaires des Lettres ont déjà été vendus.On réimprimera les deux séries, et l'édition nouvelle sera prèle à la mi-novembre.FUNERAILLES DE FEU M.LABELLE Les funérailles de M.J.Alfred Labelle, C.R., ont eu lieu ce matin, i en l’église Saint-Jean-Baptiste, au! milieu d’un concours imposant de parents et d’amis.L'église était littéralement remplie.Le deuil était conduit par le fils du défunt, M.Gaston Labelle.et son beau-frère, M.Tèlesphore Oui-.met.Une délégation de la Société des Artisans Canadiens-français, dont le défunt était le conseil légal.suivait aussi le cortège.On remarquait parmi cette délégation: M.L.J.Gauthier, député, président général; M.Ludger Gravel, ancien président générale M .Henri Roy, secrétaire, etc.line voiture remplie de fleurs, envoyées par les nombreux parents et amis de la famille, précédait le cortège.La levée du corps a été faite par le R.P.Faucher, provincial des Clercs de Saint-Vialeur, et le service a été chanté par Mgr Lcpnil-leur, curé de la Longue-Pointe, assisté des RR.PP.Morin, supérieur du collège de Jolictte, et Roberge, C.S.V., comme diacre et sous-dia-ere.L’inhumation a eu lieu au cimetière de la Côte des Neiges .sirTomergôüin Sir Lomcr est encore au bureau du gouvernement, aujourd’hui, où i| reçoit quelques amis et des députés.TOURANGEAU vc LA VILLE La cause de Tourangeau contre la ville a été appelée, ce matin, en Cour de Pratique, et remise au 13 octo- l brc._ (Service particulier) Ottawa, 5.— Tous les efforts de la commission gouvernementale pour s’emparer de.deux classes des demoiselles Desloges, institutrices à l’école Gu'igues, ont été vains jusqu’à présent.Hier midi, les deux institutrices ont laissé leurs classes, comme le leur ordonnait l’injonction prise contre elles.A une heure et demie les enfants allèrent à l’école, et, voyant que leurs institutrices n’étaient pas là refusèrent de se rendre en classe, déclarant pour la plupart qu'ils avaient reçu des ordres de leurs parents de ne pas entrer dans les classes des institutrices de la commission gouvernementale.Les enfants ont eu un congé hier après-midi et sont partis de l’éoole en chantant.Ce matin les deux demoiselles La-fond, retenues par la commission gouvernementale, se sont rendues à l’école pour prendre leurs classes, mais elles rencontrèrent à la porte, une dizaine de contribuables qui leur déclarèrent énergiquement quelles n’avaient aucun droit d’entrer dans L'école, parce que l’école leur appartenait.Devant cette attitude, les deux institutrices de la commission retraitèrent, reprenant le chemin de leur chambre.Les enfants sont cependant tous revenus à la classe ce matin, ils sont ailés occuper les deux classes privées ouvertes par les deux demoiselles Desloges à la chapelle de la rue Murray, voisine de l’école Guignes.Les enfants ont tout d’abord assisté très respectueusement à une messe dite par un prêtre ruthène, pour ses fidèles.Immédiatement après la messe, la classe s’ouvr’it comme à l’ordinaire par la prière et les cours commencèrent.Les autres Classes de l’école Gui gncs fonctionnent comme d’habitude sous leurs professeurs.f.es deux demoiselles Desloges sont les seules de tous les instituteurs et institutrices n’ayant pas été retenues par la commission scolaire des pères de famille cl par la commission gouvernementale.Les deux institrutrices sont parfaitement qualifiées; elles ont enseigné dans la province depuis quatre ans avec le plus grand succès.CLASSES VIDES.Ottawa, 5, Vers les onze heures, cet avant-midi, le secrétaire de la commission gouvernementale, M.Doyle, est revenu, accompagnant les demoiselles Lafond.Deux policiers les accompagnaient.On avait cru que les contribuables seraient là pour s’opposer à l’entrée des deux institutrices, mais personne n'était là.Les deux institutrices ont tait de la sorte une entrée triomphal" dans, leurs classes qu’elles ont trouvées vides.Pas un seul élève n’avait fait son apnarition dans le cours de l’avant-midi.LA GUERRE LE DELAI DONNE A LA BULGARIE EST EXPIRE M.JOS AINEY BECHE M.LE MAIRE 11
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