Le devoir, 20 avril 1917, vendredi 20 avril 1917
VOLUME VIII—No 92 MONTREAL; VENDREDI 20 AVRIL 1917, DEUX SOUS LE NUMERO * i Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.§5 00 UNION POSTALE.8 00 Édition hebdomadaire CANADA.$2 00 ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE 3 00 LE DEVOIR Rédaction et administration : 43, RUE SAINT -VINCENT MONTRÉAL* TELEPHONES: ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION: • Main7460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! %> $ 4' a v « EN MARGE DU CONGRES DE LA VICTOIRE SIMPLES OBSERVATIONS On nous permettra de préférer cette traduction: Congrès de la Victoire, au Congrès de l’unité nationale que l’on essaie de populariser chez nous.Elle a l’avantage de correspondre au texte et à l’esprit de l’original anglais, Win the War Convention, et pour une traduction, c’est déjà quelque chose.L’autre ne correspond à rien du tout.Au Congrès de la Victoire donc, on espère, paraît-il, réunir côte à côte M.Roosevelt, M.*Viviani, M.Balfour, le maréchal Joffre et quelques autres.On amènera sûrement à Montréal plusieurs centaines de délégués des autres provinces.Ces délégués, dont la plupart ne sauront rien de notre race, prendront-ils, pendant leur séjour dans notre ville, une idée nette du rôle que nous jouons ou pouvons jouer dans le pays ?Nous ne songeons point au Congrès lui-même: nous ignorons encore la place qu’y prendront les Canadiens-français; nous entendons parler du spectacle que leur offrira Montréal et sur lequel, nécessairement, se fonderont leurs plus vivaces impressions.Or, il est trop sûr que ce spectacle les trompera, qu’il leur donnera une idée très fausse de l’importance respective des divers groupes ethniques.Et par la faute de qui ?Par la nôtre, tout simplement, dans la plupart des cas.Nous avons dédaigné les détails, nous avons jugé que des lettres françaises sur une affiche n’avaient guère d'importance, que des inscriptions françaises dans un index téléphonique en avaient encore moins, et nous avons laissé la vie politique et commerciale se recouvrir de cette croûte anglaise dont parlait jadis un journaliste français.L’Anglais est habitué à affirmer partout son droit, à prendre partout ses aises (et personne ne songe d’ailleurs à le gêner).Comment voulez-vous que, devant le spectacle qui s’offrira trop souvent à ses yeux, il ne se dise point: Ou ces gens né comptent pas numériquement, ou ils n’ont pas le souci de se faire respecter ?Aurait-il jamais, pour sa part, admis, ne fût-ce qu’un moment, que, dans une ville aux trois-quarts anglaise, on n’inscrivît qu’en français dans l’index téléphonique l’adresse des divers services municipaux ?—S’il regarde sous la croûte, il verra bien la substance et la force françaises, dira peut-être quelqu’un.Mais il n’y regardera pas et si, par hasard, il y regardait, le scandale lui resterait de cette contradiction entre la vie profonde d’un peuple et ses manifestations extérieures.Qu’on n’aille pas dire que cela n’a aucune importance.Nous vivons dans un temps, et ce fut probablement le cas de tous les temps, où le respect qu’on témoigne aux groupes ethniques est en proportion de la force morale ou numérique qu’on leur suppose.On nous respectera d’autant plus qu’on nous croira plus nombreux et plus résolus.L’impression de force ou de faiblesse que nous laissons dans un endroit quelconque — et, à plus forte raison, dans un centre comme Montréal —sert ou dessert, dans une égale mesure, tous nos intérêts nationaux.Elle réagit sur les intérêts personnels de celui qui y pense le moins souvent, de celui qui se croit le plus en dehors de ces choses.Tel commis, telle sténographe française, obtiendra ou non un emploi, une promotion, suivant que l’on attachera plus ou moins d’importance à la clientèle de langue française.Il y aurait une passionnante, et lamentable histoire à écrire de» mécomptes que nous ont valus, jusque dans les plus hautes sphères, des négligences auxquelles nous n’attachons qu’une si médiocre attention.' * T ' ._ — Et pour conclure ?C’est qu’il faut nous affirmer partout, qu’il ne faut négliger aucune occasion de nous montrer ce que nous sommes.Nous n’avons ni le goût ni l’habitude des provocations: noue ne songeons pas à embarrasser les Anglais,à les gêner en quoi que ce soit; mais nous‘devons les imiter avec leur tranquille ténacité et, partout où nous sommes chez nous, nous y installer à l’aise, sans masque ni déguisement.Ce pourrait être l’une des résolutions que nous inspirera le Congrès de la Victoire; elle ne nuirait assurément pas à la réalisation de Vunité nationale.Le Canada n’a pas besoin de citoyens qui abdiquent leur dignité d’hommes libres.Orner HEROUX.LE SAUVETAGE DES BERCEAUX CONJOINTEMENT AVEC LA “SEMAINE DU GRAND NETTOYAGE" AURA LIEU, CETTE ANNEE, CREA ALMY, UNE EXPOSITION DU BIEN-ETRE DE LA PREMIERE ENFANCE.La semaine du 20 mai sera consacrée au grand ménage, à la toilette printanière de la ville.On trouvera peut-être celle-ci quelque peu retardée, mais c’est aussi que cette année l’hiver a duré plus que de raison.Pendant ces sept jours, nos lecteurs s’en souviennent, on conseille à tous les citoyens de faire un nettoyage à fond des cours, des ruelles, des caves et des greniers.Pour se débarrasser de l’incroyable amas de déchets de toute sorte accumulé au cours de douze mois, il suffit quelques fois de l’occasion.Uette occasion, la ville la fournit annuellement à la demande du comité du grand nettoyage de la ligue du progrès municipal.On met des voitures spéciales en circulation qui débarrassent chaque jour ce que les fonds de cour, les greniers et les caves ont rendu de loques et de débris de toute description.Les cours se trouvent soudain embellies et agrandies pour inviter les jeux des enfants, l’été: les saletés ont disparu qui attiraient la vermine et multipliaient les dangers d’incendie.Cette année, on ne se contentera pas seulement du grand nettoyage.Mettant à profit l’excellent courant d'opinions créé par le Comité du progrès municipal, le Comité du bien-ctre de l’enfance a décidé de lancer conjointement à la campa-gne de nettoyage, une campagne pour le sauvetage des tout-petits.Hier avait lieu uim réunion préparatoire chez Almy, magasin qui mettra d’ailieucs.dans la semaine du 20 mai, sa situation centrale et son espace précieux à la disposition du comité pour l’installation des exhibits.Après avoir pris quelques dispositions préliminaires, on a décidé la formation d’un sous-comité composé de quelques membres seulement qui s’occupera de la mise au point des détails: publicité, souscriptions, organisation des pavillons.Ce comité fera rapport a une assemblée générale qui se réunira dans quinze jours.En font partie : Mme Gérin-La-joie, Mlle Gabriellc Roy, le docteur W.A.L.Styles, Mme A.MacKay, Mlle Carr et Mlle Phinney.Cette exposition rappellera celle qui attirait des foules si considérables à l’Arcna, il y a quelques années, mais elle ne s’occupera cependant que de la première enfance.Chaque pavillon — et il y en aura» seize en tout — constituera la démonstration pratique de remploi d'une des armes défensives des nourrissons, et ie tout sera comme collection enmpjètc comme à l’arsenal.La facilité d’accès de l’exposition devra y attirer des foules.On espère que les mères canadiennes-françaises ne seront pas les moins nombreuses.Leurs oeuvres ne se- ront pas les plus largement représentées, quoiqu’elles aient pu prendre place dans tous les pavillons, mais elles pourront tout de même avoir là des explications en français, et chaque jour une conférence française.L’organisation des pavillons a été ainsi répartie : 1 — Renseignements, enregistrement des naissances et consultation médicale, à la Goutte de lait, de l’University Settlement.2 —^ Pouponnière (nursery) modèle, à la Montreal Foundling and Baby Hospital.3 — Bureau central des gouttes, de lait françaises.(' 4 — Cuisine modèle, garde-manger, accessoires pour l’élevage des bébés, à l’American Women Club, .5 — Premiers secours aux nourrissons, à l’Hôpital Sainte-Justine.6 — Planches pour les soins à donner à l’enfance et distribution d’affiches, à la Goutte de lait de l’ü-niversity Settlement.,7 — Ce dont le bébé a besoin : air pur, lait pur, soins, etc., au Montreal Women Club., ,— Les dangers que court le oebe, ce qu’il ne lui faut pas ; les drogues, les aliments malsains, etc.: St.Ann’s Baby Clinic.9 —L’air pur aux enfants : le kiosque des berceaux du Parc Lafontaine, la Goutte de lait en plein air de l’University Settlement, Parc Mance.10 —- Lime des petites mères ; département d’hygiène municipal.11 — Soin des bébés, fédération nationale Saint-Jean-Bapliste.12 — Soins à donner à la mère avant et après les couches.Order of Nurses.13 — Soin des veux de l’enfant : Montreal Association for the Blind.14 —Le Bébé et l’hygiène : Montreal Maternity Hospital.15 —• La guerre aux mouches : Childrens Memorial Hospital.16 — District du nord ; W.C.T.U.* » » On voit à cette simple énumération que l’exposition présentera à la fois de quoi attirer les mères et de quoi les instruire.Pour atteindre plus sûrement les masses, on a décidé de s’adresser MM.les curés qui seront invités à rappeler au prône la date de cette reunion et le but qu’elle rse propose et à insister .auprès de leurs fidèles! pour qu’ils mettent à profit l’excellente occasion de se renseigner sur la lutte contre la mortalité infantile.Nous sommes sûr que cette demande ne sera nulle part mieux accueillie que par nos directeurs de paroisses qui ont prouvé leur intelligence de la gravité du problème de la moralité infantile par la sollicitude qu’ils ont témoignée a toutes les organisations qui ont pour but de protéger ta petite enfance contre la cruelle ravisseuse.* * * La section française aura pour conférencier le docteur Boucher, directeur du service municipal d’hygiène, le docteur Gagnon, inspecteur des Gouttes de lait, le docteur Rouleau, de la Goutte de lait dit Sacré-Coeur, les docteurs (Massoni et Falardeau, de l’Hôpital Sainte-Justine, et Mlle Idola Saint-Jean.* * * ’ Inutile de souligner l’excellent medium de propagande que constituent des expositions de la sorte.Leur fruit, elles le portent 'nécessairement pourvu qu’elles soient achalandées.Pour le moment, tous ceux qui s’intéressent au problème national du sauvetage des berceaux doivent s’employer à faire connaître cette exposition et persuader ceux sur qui ils peuvent exercer une influence de la nécessité de suivre assidûment les conférences et de visiter minutieusement tous les pavillons.Dans les classes pauvres, une foule de gens ignorent encore les institutions merveilleusement organisées pour conduire la lutte contre la mortalité infantile.De pauvres mères qui pourraient sauver leur enfant grace à ja Goutte de lait, grâce a Sainte-Justine, grâce à l’un quelconque des anneaux serrés de celte chaîne sanitaire dont nous avons déjà parlé, le perdent par pure ignorance.Le salut est près d’elles et elles ne s’en doutent pas.Des expositions comme celle à laquelle nous assisterons prochainement ont précisément pour but de faire connaître au plus grand nombre de mères possible l'importance de la lutte contre la mortalité infantile, la multiplicité des dangers et des portes auxquelles elles doivent frapper, quand leur enfant a besoin de secours.Louis DUPIRE.LA GRANDE REVUE IM.Arthur Saint-Lierre vient de pübiiee' In première livraison de sa Grande Revue illustrée.Elle est très variée et fort intéressante, Lis rut alterner les récits, ]a critique d’art, les vers, les notes pour petits enfants, les causeries féminine:», etc.La Grande Revue, comme il fallait s’y attendre, s’Æffirmc nettement _ catholique et canadienne, dévouée
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