Le devoir, 29 avril 2000, Page(s) complémentaire(s)
L K 1) E V 0 I K , I.ES SAMEDI 29 ET DI M A N C H E 3 0 A V K 1 I.2 0 0 ü A LE DEVOIR ACTUALITES Le commissaire à la déontologie clôt le dossier Barnabé BRIAN MYLES LE DEVOIR Le Mouvement action justice (MAJ) a essuyé un nouveau revers dans sa tentative de faire congédier les policiers du SPCUM reconnus coupables de voies de fait avec lésions dans l’affaire Barnabé.Le fondateur du MAJ, Yves Manseau, avait demandé un avis juridique au commissaire à la déontologie policière afin de déterminer s’il était possible d’en appeler ou non d’un controversé jugement de la Cour du Québec, qui a permis aux policiers Louis Samson et André Lapointe de réintégrer les rangs du SPCUM.Le 7 mars dernier, le juge Jean Longtin a cassé les sanctions en destitution prononcées contre les policiers pour les remplacer par des suspensions.Une décision sans possibilité d’appel.Mais M.Manseau a voulu en avoir le cœur net en demandant l’opinion du commissaire à la déontologie policière, Paul Monty.Dans une lettre datée du 25 avril, Me Monty laisse entendre que l’affaire est close.«[.] la loi sur l’organisation policière [.] édicte que la décision en question “est finale et sans appel”, de sorte qu’elle est “exécutoire malgré tou- te loi ou convention contraire”», écrit le commissaire à la déontologie.«Dans ce contexte et, à la lumière d'un examen, je dois vous informer que ce dossier est, pour le commissaire, définitivement clos», ajoute-t-il.Insuffisante Une réponse insuffisante aux yeux dYves Manseau.D avait demandé un avis juridique, et il ne reçoit qu’une missive d’une page.«Cette lettre est insultante pour la famille de Richard Barnabé», a-t-il commenté hier.M.Barnabé est mort en 1996.Trois ans auparavant, il avait fait un arrêt cardio-respiratoire après que des policiers eurent tenté de le maîtriser.Il a passé les trois dernières années de sa vie dans le coma.Quatre agents ont été reconnus coupables au criminel dans cette affaire.M.Manseau doit rencontrer le commissaire Monty le 10 mai prochain pour obtenir des explications supplémentaires.Il est convaincu que le jugement Longtin «est une injustice flagrante qui cause des torts à la famille Barnabe et à la société québécoise dans son ensemble», pour reprendre les termes de la lettre qu’il avait envoyée à M.Monty en mars dernier.EN BREF STCUM: moyens j de pression i (Le Devoir) — Les employés d’entretien de la STCUM, seul syndicat à ne pas être arrivé à une entente avec l’employeur quant à une nouvelle convention collective, ont repris depuis deux semaines leurs moyens de pression.Autocollants apposés sur les vitres et les plaques d'immatriculation des véhicules, füs électriques des émettrices de correspondance coupés, roues des voitures de service tailladées, voilà quelques actes de vandalisme observés par l’employeur, notamment au centre de service de La-Salle.La semaine dernière, la STCUM envoyait une mise en demeure au syndicat, suivie d’un grief patronal cette semaine, les actes se poursuivant de plus belle.Si rien ne change, l’employeur prendra d’autres mesures légales contre le syndicat la semaine prochaine, pour permettre le retour à la normale du service.Ces jours-ci, quelque 80 à 100 autobus sur 1300 circulaient en moins les matins, notamment dans le sud-ouest de la ville.Autre cas d’agressivité routière Québec (PC) — Un homme a été tabassé par trois autres personnes à la sortie de son véhicule, à Sainte-Foy, en banlieue de Québec, hier matin.Il a été roué de coups au visage et a dû être transporté d’urgence dans un hô-j pital de Québec.L’hojnme souffre de j multiples blessures.À première vue, il 1 semble qu’il s’agisse d’un nouveau cas 1 de rage au volant Tout a débuté vers | six heures, sur l’autoroute 20, à la hau-î leur de Saint-Romuald, sur la rive sud | de Québec, alors que, selon certains ! témoignages, les deux conducteurs se I dépassaient de manière agressive à | plusieurs reprises.Les poTiciers pos-I sèdent déjà une description et le nu-; méro de plaque d'immatriculation du véhicule des suspects.Carnage en Pennsylvanie (AP) — Un homme de race blanche a 1 ouvert le feu hier dans des établissements de la banlieue de Pittsburgh en Pennsylvanie, tuant cinq personnes et blessant grièvement une sixième.L’homme, placé en garde à vue, a ap- paremment tiré pour des motifs raciaux.Deux personnes, toutes les deux asiatiques, ont d’abord été abattues dans le centre commercial Robinson Town Center de McKees Rocks, une ville de la banlieue de Pittsburgh.D’autres coups de feu ont ensuite été tirés dans une école d’arts martiaux à Monaca où c’est une personne noire qui a été tuée.Enfin deux personnes indiennes ont été la cible de tirs dans une épicerie à Carnegie, et l’une d’entre elle a succombé à l’hôpital, a précisé la police.Le tireur a également tiré sur deux synangogues, mais personne n’a été touchée.Centre de détention de Rivière-des-Prairies La mort d’un détenu met des gardiens dans le pétrin Un détenu de 33 ans a été plongé dans un coma fatal vendredi dernier Des gardiens de la prison de Rivière-des-Prairies font l’objet d’une enquête criminelle de la Sûreté du Québec (SQ) après qu’un détenu de 33 ans eut été plongé dans un coma fatal vendredi dernier.L’autopsie pratiquée sur le corps de Brian Bédard s’est avérée insuffisante pour établir les causes du mystérieux décès.Mécontent du secret entourant l’incident, le ministre de la Sécurité publique exige des explications de la direction de la prison.BRIAN MYLES LE DEVOIR La prison de Riviere-des-Prairies fait l’objet d’une double enquête de la SQ et du ministère de la Sécurité publique après qu’un détenu fut décédé dans des circonstances nébuleuses.Le prisonnier Brian Bédard est mort mercredi soir à l’hôpital Santa Cabrini, où il avait été transféré d’urgence la semaine dernière.Vendredi saint, soit le 21 avril, il aurait fait un arrêt cardio-respiratoire après que des gardiens l'eurent maîtrisé par la force.Agressif, le prisonnier de 33 ans refusait de regagner sa cellule.Il y aurait été forcé par plusieurs agents correctionnels.lœs agents correctionnels auraient tenté de ranimer M.Bédard après l’avoir trouvé en arrêt cardio-respiratoire.Ils ont partiellement réussi.Le détenu a pu être transporté à l’hôpital le Vendredi saint, vers 15h, mais il n’a jamais repris conscience.Plongé dans le coma, il s’est éteint mercredi soir après avoir été débranché du respirateur artificiel.Les résultats préliminaires’de l’autopsie, rendus publics hier par le coroner Claude Faquin, sont insuffisants pour établir la cause précise du décès.Selon le coroner, la victime ne présente «aucune trace de violence compatible avec une asphyxie mécanique».La drogue n’est par ailleurs pour rien dans cet accident.M.Bédard prenait un seul médicament, l’anti-psychotique Zyprexa.Le coroner Faquin a indiqué par voie de communiqué «qu’il peut arriver qu’une personne meurt [sic) subitement lors d’une crise d’agressivité».Des analyses supplémentaires seront réalisées la semaine prochaine.Méthodes reconnues Le président du Syndicat des agents de la pane en services correctionnels, Réjean Laguerre, a affirmé hier que les gardiens avaient employé des méthodes reconnues pour maîtriser Brian Bédard.La section des crimes contre la personne de la SQ mène l’enquête mais refuse d’en dévoiler davantage.La SQ soutient qu’elle a été appelée sur les lieux le jour même de l’incident.Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, n’a pas eu ce privilège.Ce n’est que mercredi après-midi, soit cinq jours après les faits, que M.Ménard a été prévenu par la direction de la prison de Rivière-des-Prairies.Ce laxisme l’indispose particulièrement, ce pourquoi il a ordonné la tenue d’une enquête administrative.Il se pourrait que la direction de la prison de Rivière-des-Prairies ait omis d’informer rapidement le ministre parce que l’événement est survenu un jour férié, mais aussi parce qu’elle en a eu plein les bras avec l’émeute de dimanche dernier.Des sympathisants des Hell’s Angels ont saccagé le centre de détention dans une tentative ratée de gagner une aile où séjournaient leurs ennemis des Rock Machine.La littérature québécoise vous intéresse ?Robert Prévost Trois siècles de tourisme au Québec Robert Prévoit, qui a grandement contribué à l'essor du tourisme québécois à l'étranger, entraîne le lecteur dans les dédales gouvernementaux où, tous partis confondus, on a compris que le tourisme louait un idle primordial dans le cheminement économique et social du Québec.SEPTENTRION ____________www.—pUntrlon.qc.ca • '¦ jri p.’ v- 7 " fïg.— À la Faculté des arts et des sciences, le Département d’études françaises offre des cours de 1er cycle à l’été 2000.FRA 1091 - Création littéraire 1 (3 crédits) Sarah-Dominique Rocheville 28 juillet au 25 août, lundi-mercredi-vendredi, 16h à 19h.FRA 1603 - Classiques du roman québécois (3 crédits) Brigitte Faivre-Duboz 4 mai au 20 juin, mardi-jeudi, 16h à 19h.FRA 1071 - Histoire du théâtre (3 crédits) Gloria Escomel 3 mai au 19 juin, lundi-mercredi, 13h à 16h.FRA 2611 - Roman québécois 1 Réjean Ducharme (3 crédits) Élisabeth Nardout-Lafarge 4 mai au 20 juin, mardi-jeudi, 13hà16h.FRA 2614 - Théâtre québécois (3 crédits) Rachel Ferland 28 juillet au 25 août, lundi-mercredi-vendredi, 13h à 16h.FRA 2615 - Questions de littérature québécoise Saint-Denys Garneau (3 crédits) Karim Larose 4 mai au 20 juin, mardi-jeudi, 8h30 à 11 h30.FRA 3025 - La littérature et les autres arts (3 crédits) Sébastien Ruffo 3 mai au 19 juin, lundi-mercredi, 16h à 19h.La description détaillée de ces cours se trouve à l’adresse : www.fas.umontreal.ca/etfra/ rlE Université de Montréal collectif 19,95 $ Les multiples visages du poète et politique vus par dix-sept auteurs.’HEXAGONE www.cdhexagoi1c.com £a pa\HOtt de ta CittéuUwte METTEZ FIN AUX ALLERGIES MAINTENANT! 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E T D 1 M ANC II E ii O A V R I L 2 0 0 0 A 6 —-* LE DEVOIR ?- POLITIQUE PERSPECTIVES Commission sur l’avenir du système de santé La vraie patente ouvrage de Jean-François Usée, Sortie de secours, avait été accueilli par une rafale de critiques.On lui a reproché de s’être converti en néo-fédéraliste agenouillé.Il a tout juste eu droit à l’appui timide de quelques députés du PQ et du Bloc québécois.Son ancien patron, le premier ministre du Québec, avait alors eu recours à une formule colorée pour décrire l’œuvre: «une patente», avait-il lancé en boutade aux journalistes.Sans omettre toutefois de mentionner que son ex-conseiller a ainsi apporté une contribution très positive au débat en ce qu’il a mis en lumière de nouvelles dimensions de la situation politicoéconomique du Québec.Principalement, Usée proposait de tenir un référendum sur les pouvoirs essentiels du Québec plutôt que sur la souveraineté.Il partait de la prémisse selon laquelle la majorité souverainiste ne sera pas au rendez-vous dans un avenir prévisible.C’est vrai que la proposition de Usée montre de grandes faiblesses qui la rendent stérile.D’abord parce que son scénario ne comporte pas d’obligation de réponse de la part du Canada anglais, qui n’a pas assoupli ses positions d’un iota, même après avoir failli perdre le référendum de 1995.Et parce qu’il ne se laisserait pas davantage impressionner par le référendum symbolique que préconise Usée.D n’y a rien dans cette approche qui puisse redonner un minimum d’espoir aux souverainistes démoralisés par la baisse de leur option dans les intentions de vote.Mais la tentative de Usée n’avait pas que des torts et valait mieux que du mépris.Il a tout au moins le mérite de semer le germe de la réflexion dans les cercles souverainistes montréalais.A preuve, ces discussions sur le sort de l’option qui ont cours depuis quelque tempç dans les bars et les cuisines du Plateau Mont-Royal.Échanges entre amis sur la recherche d’une combinaison gagnante.Ces séances de remue-méninges, hors les instances officielles du parti, ont porté fruits puisqu’elles ont débouché sur l'hypothèse d’une nouvelle stratégie référendaire.Les théoriciens de ces cellules souverainistes estiment avoir trouvé la formule magique, une approche implacable qui permette de placer les fédéraux sur la défensive et qui conduise infailliblement à la souveraineté.En référence à la «patente» de Jean-François Usée, ils ont baptisé leur trouvaille «la vraie patente».Essentiellement, leur proposition s’apparente au rapport Allaire à l’envers, un prototype de la cage à homards de Jacques Parizeau, dont voici les lignes de force: ¦ à un certain moment d’ici la fin de l’année, le gouverna ment Bouchard annoncerait la tenue d’un référendum sur la souveraineté; ¦ le premier volet de la question porterait sur une offre de partenariat au Canada anglais, partenariat qui permettrait au Québec de rapatrier les mêmes 22 champs de compétence définis dans le rapport Allaire; ¦ le Québec accorderait un délai de trois ans au Canada anglais pour accepter ce projet de partenariat, le délai que prévoit la Constitution du Canada pour permettre aux assemblées législatives des dix provinces d’entériner les réformes constitutionnelles; ¦ la démarche explicitée dans le libellé de la question préciserait dans un deuxième temps que si, au bout de ce délai de trois ans, le Canada anglais n’a pas accepté cette offre de partenariat, l’Assemblée nationale du Québec proclamerait alors unilatéralement la souveraineté du Québec.Pour convaincre la galerie politique du génie de sa thèse, Jean-François Lisée avait commandé un sondage qui accordait à sa «sortie de secours» l’appui de 56 % des Québécois.Les penseurs de la «vraie patente» n’ont pas commandé de sondage mais sont convaincus que l’approche qu’ils ont concoctée sera plus populaire que toutes les stratégies référendaires connues.Mais il y a l’envers de la médaille.Ottawa ne reconnaîtra jamais une souveraineté obtenue sur de telles bases.Et s’il devait un jour se faire au sein des instances officielles, le débat sur la «vieille patente» ne manquerait pas de diviser le PQ.Pierre O'Neill ?Marois prend du retard La ministre attendra encore 10 jours avant de nommer les commissaires et lancer les travaux La ministre Pauline Marois souhaitait lancer sa commission sur l’avenir du système de santé ces jours-ci.Un léger délai sera toutefois nécessaire pour compléter les travaux préparatoires et nommer les commissaires.MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Pauline Marois prendra une dizaine de jours de plus pour lancer sa commission sur le financement et l’organisation du système de santé québécois.La ministre de la Santé et des Services sociaux indiquait il y a trois semaines au Devoir qu’elle visait la fin avril pour créer son groupe de travail et nommer les commissaires.Le léger retard est dû notamment à la rédaction des documents d’appui qui alimenteront la réflexion.«Ce délai qui n’est pas volontaire, assure l’attachée de presse de Mme Marois, Nicole Bastien, ne nuira en rien à l’échéancier des travaux de la commission.» En collaboration avec les régies régionales, la commission tiendra des audiences simultanées partout au Québec au début de juin, pendant un jour ou deux.L’arrimage entre les besoins des différentes régions et, surtout, la rédaction des documents d’appui prennent plus de temps que prévu.«Ce genre d’écriture prend toujours m peu plus de temps, explique Mme Bastien.On veut des documents faciles à consulter, accessibles et rédigés en langage courant, n’utilisant pas un vocabulaire d’experts.» Dans une dizaine de jours, la ministre Marois devrait donc être en mesure de tout révéler en même temps: le document d’accompagnement, le nom des commissaires et les dates des audiences publiques.Les indivi- dus et les groupes auront donc environ un mois pour se préparer, mais, déjà, plusieurs auraient fait connaître leur intérêt au ministère.Pendant ce temps, les régies régionales sont à l’œuvre pour établir la logistique des travaux de la commission en région.Quelques noms ont circulé pour présider le groupe de cinq à neuf commissaires qui y siégeront, mais le gouvernement aurait déjà changé son fusil d'épaule à leur sujet.Il s’agit des anciens recteurs de l’UQAM Paule Leduc et Claude Cor-bo, ainsi que du conseiller au Bloc québécois Pierre Paquet.Québec serait à la recherche de personnalités relativement connues qui disposent, évidemment, d’un minimum de temps.Durant ces travaux, la ministre Marois veut savoir si les Québécois sont prêts à entrevoir un financement privé plus important des services de santé.En prenant le pouls de la population, elle s’attend à pouvoir juger de la pertinence de hausser le niveau actuel de financement privé, qui se situe à 30 %.«Est-ce que les Québécoises et les Québécois sont toujours d’accord pour que les soins et les services leur soient offerts en fonction de leur état de santé et de leurs besoins plutôt que de leur revenu?Est-ce qu 'ils acceptent que certaines personnes aient accès plus rapidement à des services parce qu’elles sont capables de se les offrir?», demandait-elle récemment devant les directeurs d’établissements de santé, de CLSC et d’hôpitaux réunis à Québec.Le mandat de la commission est déjà clair la ministre veut établir quels services les Québécois accepteraient de confier au secteur privé et comment ils pourraient être financés.«Comme société, se demande-t-elle également, quelle est notre capacité de financer le système de santé et quel niveau de taxation sommes-nous prêts à supporter pour le faire?Faut-il un financement public spécifique pour le système de santé?» Après les audiences, les commissaires rencontreront ensuite en août et en septembre des experts et des organismes nationaux ainsi que des spécialistes internationaux avant de remettre leurs recommandations, attendues tôt à l’automne par Mme Marois, sur des pistes d’action concernant le caractère public, le financement et l’organisation du réseau.Les documents de référence qui accompagnent le débat seront à la fois descriptifs et prospectifs.Os porteront sur les indicateurs de santé chez les différents groupes d’âge de la population québécoise, sur l’organisation des soins et des services actuellement offerts ainsi que sur le financement du réseau.L’un des objectifs avoués de la ministre Marois dans le cadre de l’administration du réseau de la santé est de susciter une meilleure collaboration entre les divers établissements du réseau, à défaut de quoi les crédits des uns et des autres seraient affectés.«Ne soyez pas surpris si, dans l’avenir, a-t-elle déclaré aux directeurs d’établissement il y a trois semaines, l’un des critères d’allocation des ressources est votre capacité à travailler en réseau.» Mme Marois veut donc voir émerger des solutions pour «traduire dans les faits cette volonté d’intégration des services».Elle veut également savoir comment il est possible de voir les différentes composantes du secteur public mieux collaborer et comment tirer un meilleur profit des partenariats avec le secteur privé, notamment avec les cliniques privées.Paule Leduc Claude Corbo Maintien à domicile La CSN affronte les coopératives ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L) incohérence du gouvernement à l’égard du maintien : à domicile des personnes âgées a mis le feu aux poudres entre la CSN et les coopératives qui s’affrontent maintenant devant le commissaire du travail.Encouragées par la direction de certains CLSC, les coopératives de service à domicile ont commencé à fournir des soins d’hygiène aux personnes âgées à domicile — leur donner le bain, par exemple —, débordant ainsi de leur activité première, qui est d’offrir un service d’entretien ménager.Or les quelque 3300 auxiliaires familiales et sociales, employées du CLSC et syndiquées pour [a plupart à la CSN, font exactement le même travail.A plus cher s’entend: à plus de 20 $ l’heure contre 14 $ l’heure pour les coopératives.Compte tenu de leurs budgets restreints, les CLSC y voient une façon de répondre à la demande croissante pour ce type de soins.«Les CLSC ont beaucoup de nouvelles responsabilités sans que leurs ressources financières aient été augmentées.Ils ont dû laisser tomber certains services», a expliqué Lisa Massicotte, de l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec.L’incohérence gouvernementale va encore plus loin: dans le budget Landry 1999-2000, le gouvernement a introduit, à compter de janvier dernier, un crédit d’impôt pour les personnes âgées de 70 ans et plus en perte d’autonomie.Ce crédit d’impôt leur permet de se payer des services, autres que les services infirmiers visés par le Code des professions, notamment des services d’hygiène en dehors des CLSC.La CSN a déposé ou déposera plusieurs plaintes au commissaire du travail pour empêcher les coopératives de service à domicile d’empiéter dans ce champ dévolu aux employés de CLSC, a indiqué François Lamarche, de la CSN.C’est le cas au CLSC Les Forges, à Trois-Rivières, où le syndicat a déposé une plainte, s’appuyant sur l’article 39 (sur l’accréditation unique par corps d’emploi) et l’article 45 (sur la sous-traitance), contre la coopérative l’Interville.Au terme du Sommet sur l’économie et l’emploi de 1996, le gouvernement, les groupes communautaires, les coopératives et les syndicats s’étaient ralliés autour d’un consensus: les services domestiques (entretien ménager, préparation des repas, courses, etc.) iront aux entreprises de l'économie sociale et les soins de la personne (soins infirmiers et soins d’hygiène) à l’État par l’entremise des CLSC.C’est la position que défendent le Chantier de l’économie sociale et le Regroupement des entreprises d’économie sociale en aide domestique au Québec, qui comprend 63 entreprises communautaires et 13 coopératives.Pour la Fédération des coopératives de service à domicile, un regroupement de 33 coopératives et de deux entreprises communautaires, ce consensus, tel que formu- lé, ne correspond plus aux visées du gouvernement.«Le gouvernement veut que les entreprises d’économie sociale deviennent autonomes.Il faut avoir une mentalité entrepreneuriale», a fait valoir Marie Gagnon, directrice générale de la Fédération.Les coopératives répondent à des besoins que les CLSC ne sont pas en mesure de combler.«Nous comblons les déficiences des CLSC.Nous ne voulons pas nous substituer au secteur public», a souligné Mme Gagnon, qui a précisé que ce sont les CLSC qui font appel aux services des coopératives.Ce réseau de coopératives de services domestiques est en pleine croissance.L’an dernier, il a doublé son chiffre d’affaires, qui doublera encore cette année pour atteindre 20 millions.Mme Gagnon prévoit que ces coopératives emploieront 2500 personnes à la fin de 2000.Selon Jacques Fournier, un organisateur communautaire du CLSC de Longueuil-Ouest et un expert en la matière, il règne actuellement une telle incohérence dans les politiques gouvernementales relativement aux entreprises d’économie sociale d’aide à domicile que le ministère de la Santé et des Services sociaux nage en pleine illégalité, enfreignant ses propres directives.A cela s’ajoute le fait que les CLSC dépensent des sommes très variables en matière de soins à domicile, ces écarts allant du simple au double.«Le financement n’est pas basé sur les besoins de la population mais sur l’historique des CLSC.Les plus vieux ont les meilleurs budgets», a indiqué Lisa Massicotte.Pour homftii Habits italiens à partir de UNI Pour Elle 277.av.Laurier O.270-6154 Pour femmes Nouveautés printemps-été Pour Lui Centre de Commerce Mondial 281-7999 i 107, av.du Parc (anjik* Luirier) 277-7558 Centre de Commerce Mondial 844-9125 boutique 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Cnfanfs Deslongchampt Tel.: 274-2442 Vêtements pour enfants O-18 ans Vêtements de maternité TRAVEL'' ET 1134, SU*-^;^llu,rilU, Ouusl.Itiirc;iii 504 Mclro IVd 5l4-Kf>f»-0007 ou I X77-Kf»f>-7 v o> trm uliu*l.
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