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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-06-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES S A M E D 1 3 ET D I M A X C H E 4 J U I N 2 0 0 0 LE DEVOIR Société & cinéma Complexe Ex-Centris Daniel Langlois Ses yeux s'allument, ses mains s'agitent et, s'il semble toujours peser le moindre de ses mots, le flot de ses paroles surgit en dessinant à grands traits vifs les contours de ses propos de visionnaire.Passionné, discret par la force des choses, il est celui par qui Ex-Centris à Montréal arriva.Page 3 La fondation L'objectif de la fondation Daniel Langlois est de conserver, de faire produire et de donner des outils pour alimenter la réflexion sur le nouvel environnement technologique.Elle inaugure sa quatrième année d'existence.Page 5 Dans les locaux de la Côte-de-Liesse, son arrivée au service de l’animation de l’Office national du film fut discrète.D était venu en stage, comme les autres jeunes de cet été-là.Une différence toutefois: il n’élabora pas de scénario complexe, ne se mit point le premier jour à découper en plans une histoire qui ferait un film.D s’occupa seul, faisant des «choses».Jacques Giraldeau, le cinéaste, s’en souvient II raconte comment le jeune homme demanda s’il pouvait «jouer» avec ce bizarre machin rangé le long d’un mur, dont personne ne voulait une pièce d’équipement un système d’ammation géré par ordinateur qui n’avait point comblé les attentes de ses acquéreurs.Tout l’été, il tritura le bidule, explorant ses possibilités, le transformant en système pour images en trois dimensions.Plus tard, un film sortit de l’aventure.(Etait-ce le même que celui construit sur ce dinosaure informatique?Ou unautre sur une machine différente?Il faudrait explorer px>ur le savoir.) Une compagnie fut par la suite créée et vendue, son premier propriétaire en gardant la présidence: Daniel Langlois et son entreprise, Softimage, avaient rejoint le monde des grands, à côté des BUI Gates et des Microsoft de ce monde.Le montant de la transaction fait encore rêver 165 mUlions de doUars.L’aventure ne faisait toutefois que débuter.Un complexe architectural allait s'ériger, une fondation être créée et un festival du nouveau cinéma se transformer pour y inclure les nouveaux médias.Cela suffira-t-il?«Nous pouvons de nouveau tout inventer comme Mélies s’est vu forcé de le faire par la force des choses parce qu’il était en train de donner naissance au cinéma.» Tout serait donc à venir.Un an plus tard Dans les locaux d’Ex-Centris, dont un an après l’ouverture, on est toujours à compléter les aménagements, les lieux s’habillent d’équipements sophistiqués au même moment où des individus et des groupes s’installent Le cinéaste Girard est là, l’homme de théâtre Lepage y a sa base montréalaise, tout comme Inspeck ou les gens qui nous donnèrent ISEA, il y a cinq ans, sur la Côte-des-Neiges.C’est un début D’autres, qui habitent Hollywood et sont producteurs, surveillent avec crainte l’établissement d’un système qui a pour nom Pixnet «Dès le début de 2001, nous serons en mesure de diffuser numériquement partout à travers le monde avec la qualité d’image irréprochable que permet maintenant la technologie.» Car celui qui était venu dans les studios de cinéma sans avoir en tête un film à raconter a un projet concret redonner au cinéma d’auteur une présence sur les écrans, mettre fin au contrôle que les machines à distribution de films imposent à l’aventure cinématographique.Penser, donc, le cinéma en fonction du contenu, non comme un prétexte à l’accumulation des profits.Daniel Langlois a compris ce qui accompagne la venue de l’informatique, puis du numérique, dans le monde des images.Ce qui s’y fabrique ne se concrétisera pas seulement en des outils pour assister celui ou celle qui y a recours: il y a transformation dans la façon de concevoir le produit final, l’imagination pouvant se nourrir de ce qui hier n’était que de l’imaginaire.Certains visiteront demain, à moins qu’ils ne l’aient fait hier, ce Complexe Ex-Centris et pourraient alors arrêter leur regard à la surface de la chose, décriant ce qui relève de IVentertainment», comme si cela correspondait à toute la réalité.Ils ne verraient alors qu’un bidule déposé sobrement dans l’espace urbain, plus efficace que jouissif, dont la fonction n’est pas d’être un temple pour les credo d’hier.Il est en fait un laboratoire pour les images de demain, toujours virtuel aussi longtemps que la recherche s’y poursuit On peut raconter des films que l’on aimerait tourner.On peut se donner des outils pour inventer et faire connaître un cinéma dont on ne sait ni le projet ni la nature.Tout est affaire de point de vue.Normand Thériault 4 d % m PERSPECTIVES 1 MARTIN BILODEAU Page 5 FCMM LES DOUZE DISTRIBUTION ET PROGRAMMATION Page 7 Page 4 Page 7 Page 8 RÉSEAUX ET Page 7 Page 8 www.fondation-langlois.org La fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie.Complexe Ex-Centris, 3530 boul.Saint-Laurent, bureau 402, Montréal, Québec, Canada, H2X 2V1.Tél.:514-987-7177 I E 2 LES SAMEDI i ET DIMANC HE I JI IN 2000 on a de Uer/a/ns démarrent leur entreprise sans entrevoir son potentiel."j’onade.coft, 000 000$ 2): autres dénichent des avocats qui partagent leur vision.AVENIR SANS FRONTIÈRE Dans la nouvelle économie vous recherchez chez vos avocats autant de vision que vous en avez vous-mêmes.Parce que la pensée juridique traditionnelle a ses limites.Vous exigez plus d'enthousiasme et moins d'obstacles.Plus d'intuition, moins d'opinions.Plus de décisions, moins de discussions.De la rapidité, pas des excuses.Votre objectif: clôturer.Le Groupe des secteurs de pointe GPV le sait.Créatif, iconoclaste et fonceur.Pour aller où vous voulez.D'un sous-sol banlieusard à Silicon Valley.D'ici à NASDAQ.Avec GPV.Allez-y, vous êtes prêts.€ GoodiIan Phillips & Vineberg J Vous êtes prêts.u w w p \ c o ni • Hcijin»; • H o n t; Kong • Montn.il • \ r w York • P ,» r i ^ • s i n j, i p f u i • loronto • \ «i n Inspeck inc., chef de file en numérisation optique 3D, est spécialisé en numérisation.d’êtres humains.ajoute Li Song.D'abord celui du divertissement, qui inclut le ciné-, ma (effets spéciaux) et les jeux vi- _ déo, et ensuite celui des applica- > fions médicales.» Côté jeux vidéo, ’ l’automne 2000 verra entre autres apparaître sur le marché ; quantité de nouveautés dans les- \ quelles s’agitent des célébrités du monde des sports; célébrités ' dont le clone virtuel aura été créé par les appareils d’Inspeck.Côté .applications médicales, l’hôpital Sainte-Justine développe actuelle ment des modèles de corset pour corriger les déformations de la colonne vertébrale grâce aux équipements d’Inspeck.Inspeck vise également un troisième marché: le commerce électronique, marché actuellement en expansion.«On peut imaginer qu’un jour, un acheteur pourra «entrer» dans le commerce virtuel pour essayer un chapeau, explique avec grande prudence Li Song; mais je ne veux pas trop parler pour ne pas nuire à nos clients qui, actuellement, développent des projets en ce sens.»» L’Institut de design de Montréal remettait récemment le prix Design et nouvelles technologies et le prix Métropole à la firme québécoise pour son logiciel ‘ Inspeck EM.SOLOTECH MUL Tl MÉDIA S /r  i?/ -—______ ! “7 ¦’ / msm 'w : ^ il f .’! tll i i t n - l u \ li ml 11 \ il.I Ir*'! rM )/ I ‘ iM ‘ i,‘h-l II 1/ I ' ill 5^6.770 1 «ni ili ih m h i n i,i fc LE DEVOIR.LES SAMEDI E I D I M A X < H E I .III X 2 O O O K EX-CENTRIS Une entrevue avec Daniel Langlois Objectif Terre Dès novembre, un centre mondial de diffusion du cinéma indépendant Ex-Centris a donc un an.Lieu branché, centre de diffusion et de production du cinéma indépendant, le bébé semble bien se porter si l’on se fie à l’activité qui bourdonne en ces murs fort beaux et fort fréquentés.Mais la barre était haute.Et qui de mieux que «le grand chef» lui-même, Daniel Langlois, pour évaluer les résultats et tracer le bilan de cette première année.En ouvrant évidemment quelques fenêtres sur l’avenir, énormes, les fenêtres.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Non, Daniel Langlois n’est pas en teflon.Il suffit de le voir parler d’Ex-Centris pour s’en convaincre: ses yeux s’allument, ses mains s’agitent et même s’il semble toujours peser le moindre de ses mots, le flot de ses paroles surgit tout autant de son âme que de sa bouche en dessinant à grands traits vifs les contours de ses propos de visionnaire.C’est un homme profondément vivant, une sorte de passionné, discret par la force des choses.Et qui n’hésite pas à se laisser emporter par l’ampleur du rêve qui l’habite.Evacuée donc l’image du millionnaire tranquille, de l’habile homme d’affaire calculateur vêtu de noir, impassible, froid.Bien sûr, pour mieux saisir la dimension du personnage, il faut l’imaginer dans son bureau au seul long mur tout blanc ouvert sur la ville, derrière une sinueuse table de travail en marbre noir sur laquelle est placé un écran plat d’ordinateur, immense, hyper design.Rajoutez un portable, aussi noir que discret Un téléphone.De la lumière surtout, même en ce jour gris souris qui aplatit presque le sommet du mont Royal.Et lui vêtu de noir, évidemment Qui vous regarde en vous auscultant les méninges comme tous les esprits in-ventife savent le faire avant de plonger.Et qui plonge.Qui refait le pari de communiquer la passion, la vision qui le transporte.Le prix du succès «Trois ans avant de construire Ex-Centris, je voulais créer un «lieu», dit-il d’abord.Un lieu d’accès dédié à la rencontre du cinéma et des nouvelles technologies.Un lieu à la fois de diffusion, de production et d’échange.Le mandat était clair, mais il restait à vérifier, à tester la réponse du public à ce genre de proposition.Quatre an-plus tard, un an après l’ouverture officielle d’Ex-Centris en juin l’an dernier, je peux dire que c’est un succès.Même un succès inespéré.» Le succès est en fait si grand qu’il est venu changer littéralement les plans de Daniel Langlois.On se souviendra en effet que l’an dernier Langlois parlait d’un Ex-Centris à New York et d’un autre en Europe.Des rumeurs circulaient même à l’effet qu’Hollywood faisait aussi des pressions pour obtenir une «succursale».La première année d’opération d’Ex-Centris, qui est rapidement devenu LE centre multimédia voué au cinéma indépendant et aux nouvelles technologies, aura fait la preuve de la pertinence et de la nécessité du «lieu».Et il n’est plus nécessaire maintenant de tester la viabilité du concept tant sur le plan local qu’à la dimension de la planète tout entière.L’approche Ex-Centris tient fort bien la route: le pari est déjà gagné.Le grand chef poursuit un brin de fierté dans la voix.«Au départ, on le sait, l’objectif était de présenter une programmation 70/30: 70 % de films indépendants «traditionnels» et 30 % de films faisant appel aux nouvelles technologies.Nous n’y sommes pas tout à fait arrivés pour toutes sortes de raison, la principale étant la structure même du marché de la distribution.Mais maintenant, après un an de fonctionnement et d’évaluation, les distributeurs ont bien saisi qu'Ex-Centris est un lieu unique et qu’un film présenté ici sur une courte période attirera plus de gens et aura plus d’impact que s’il était présenté plus longtemps ailleurs à Montréal.Cela nous permettra d’intégrer plus d’œuvres numériques de qualité à notre programmation.Ces œuvres, elles sont là, de plus en plus.Et notre mandat reste le même: les faire connaître.» Comme pour marquer le succès de cette première année d’un lieu fort fréquenté par tous les milieux sans être «mainstream», une série de «petits changements» viendront souligner discrètement la fin d’une première phase et l’amorce d’une deuxième, plus audacieuse encore, on le verra.Ainsi, dès les premières semaines de juin, on projettera des films en écrans multiples sur la grande façade de l’immeuble; caméra «live» d’un événement à l’intérieur d’Ex-Centris, bandes annonces de la programmation à venir, vox pop, etc., tout est possible avec une qualité d’image de très haut niveau.Du côté des studios de postproduction également, les installations sont enfin complétées: tout est maintenant branché en direct, en numérique et en temps réel sur les salles de cinéma de l’immeuble et sur le studio de mixage donnant ainsi accès à une série de possibilités que ne permet pas l’habituel format 35mm.En prime, une foule de petites compagnies sont venues se FRANCESCO BELLOMO «Dès novembre, explique Daniel Langlois, et encore plus au tout début de 2001, Ex-Centris deviendra un centre mondial de diffusion par satellite du cinéma indépendant.» fixer à Ex-Centris; elles regroupent des gens qui travaillent eux aussi au développement de nouveaux moyens de production comme le souhaitait Langlois.Quant aux projets d’expansion à New York et à Londres, ils ont pris une tout autre tournure puisque le patron d’Ex-Centris parle aujourd’hui d’un complexe de quatre ou cinq salles alors qu’il ne visait au départ qu’une petite salle de 100 places à New York.Il cherche maintenant un terrain plus grand, bien situé, dans ifn quartier comme Chelsea, par exemple.Beau fixe donc et horizons prometteurs.s Impact Mais tout cela, c’est en quelque sorte du passé: le grand chef est déjà ailleurs depuis un bon bout de temps.Dans la diffusion plus précisément.Et dans ses vieilles marottes de vouloir favoriser l’éclosion d’un cinéma indépendant partout à travers le monde et hors des grands circuits.Il carbure à la dimension de la planète, Daniel Langlois.Il voit un monde où il sera possible à un petit diffuseur de France, du Bengladesh ou de l’Abitibi de programmer un film indépendant trois soirs d’affilée, heure locale, et même un quatrième si les salles sont pleines, et pourquoi pas deux, cinq ou sept films s’il le veut, tout cela en appuyant sur un bouton.Simplement.Sans transfert de bobines de 35mm.Sans équipement coûteux.Sans même de téléphone ou de ligne d’accès rapide à Internet.«Dès novembre, explique Daniel Langlois avec du feu dans le regard, et encore plus au tout début de 2001, Ex-Centris deviendra un centre mondial de diffusion par satellite du cinéma indépendant.» Notre homme a de la suite dans les idées, il faut le souligner.Depuis la fondation de Softimage en 1986 et le succès colossal que l’on sait, langlois cherche à fournir aux artisans du cinéma indépendant des outils pour se faire une place dans un marché contrôlé à 95 % par les «majors».On sait que c’est Hollywood qui a saisi l’occasion de «rationaliser ses moyens de production» en achetant ses idées.Mais Langlois a profité de la vente de Softimage pour raffiner les technologies numériques et surtout, surtout pour abaisser les coûts de production et rendre ces outils beaucoup plus disponibles.Pixnet Il lui restait à trouver une façon de pqusser son rêve encore plus loin.A faire en sorte d’intégrer tout cela et d'offrir une alternative clé en main qui permette aux indépendants de tout type de gruger une partie du marché mondial en leur donnant aussi plus de contrôle sur la diffusion des œuvres et, partant de là, un nouveau marché qui puisse faire vivre plus d’œuvres nouvelles.Il a trouvé.Cet outil, c’est un reseau.Un réseau de diffusion par satellite qui a nom Pixnet et dont la phase d'opérationnalisation débutera en novembre.«Nous travaillons sur ce concept depuis trois ans.Dès le début de 2001 nous serons en mesure de diffuser numériquement partout à travers le monde avec la qualité d'image irréprochable que permet maintenant la technologie.Le scénario est simple.Nous avons déjà négocié de larges périodes de diffusion préférentielle avec des opérateurs de satellite.On pourra capter notre signal n’importe où à travers le monde avec une antenne parabolique et le diffuser avec un simple projecteur numérique.Nous avons réussi à abaisser considérablement le coût de ces appareils et nous pourrons très bientôt fournir l’équipement nécessaire, en location, aux diffuseurs indépendants intéressés.C’est une percée majeure.» L'impact de cette percée est tellement important qu’Hollywood réagit en catastrophe depuis six mois en cherchant à investir dans le secteur.Hollywood restera toujours Hollywood.et les «majors» arriveront bien à contrôler aussi cette approche, mais Langlois espère ouvrir ainsi environ 20 % du marché actuel de la diffusion.Ce qui changerait considérablement la donne.Et générer ait des retombées particulièrement énormes sur la création.«Nous sommes revenus à l’époque de Mélià, reprend Daniel Langlois, et c’est très stimulant.Nous pouvons à nouveau tout inventer comme lui s’est vu forcé de le faire par la force des choses parce qu’il était en train de donner naissance au cinéma.Cela se sent partout.Cette liberté retrouvée, cette effervescence créatrice qui s’appuie sur les nouvelles technologies numériques, s’étale aussi sur Internet pour lequel David Lynch, par exemple, a l’intention de réaliser 60 courts métrages dans l’année qui vient.On peut facilement avoir un aperçu de tout ce renouveau en consultant des sites comme Atom éatom.com^, Sputnik fsputniky.com^ et Ifilm Crfilm.comJ.Toutefois, lorsqu’on parle de projection de cinéma indé-, pendant dans une petite salle, il fou- -dra des années avant que le réseau mondial atteigne la qualité des images que nous diffuserons par satellite dès cet automne.» Ne restera plus alors, comme Méliès tiens!, qu’à diffuser en direction de la Lune.ou de la station spatiale internationale en orbite autour de la Terre! pour une annee 0j00001 t r a______ I «% ¦ rt "M' De l’idée à la réalité.*’ / < if ',*¦ » ¦ - ; - , Show Canada prends en charge vos projets qui sortent de l’ordinaire.J II • \ \f } ¦ .' ' ‘ - ] De la table à dessin au chantier.J fl.y Notre expertise : -Conception -Recherche des matériaux -Gestion de projets -Installation et suivi 514850-0372 showcanada@sympatico.ca V.FILM mu m TONIC NOUS SOMMES FIERS DE PARTICIPER AU SUCCÈS D’ e •f|Ce n t r i s CLIMATISATION CONTRÔLES SERVICES AUX BÂTIMENTS 4 L E DEVOIR.I.E S S A M EDI A ET D ! M A N ( Il E I .Ml \ 2 0 0 0 E 4 Mutek Cinq jours en juin Un événement pour explorer à fond la création musicale EX-CENT R IS C’est une question de génération, de démocratisation et de décloisonnement.C’est aussi une question de musique, d’informatique et de nouvelle esthétique.C’est peut-être même aussi une question d’art, mais c’est surtout une réponse ouverte: Mutek.SOURCE MUTEK Mutek reçoit entre autres Taylor Deupree (États-Unis), qui s’est d’abord fait connaître pour son travail de musique ambiante, mais qui s’intéresse depuis peu aux sons microscopiques.JULIE BOUCHARD F Evénement de cinq jours dédié aux formes émergentes de rfiusique électronique et de créations sonores en rapport avec les nouvelles technologies, Mutek est présenté par Ex-Centris et la Fondation Image Lumière Mouvement et Son (EI.LM.S).Conçu et mis de l’avant par l’équipe responsable de la section «nouveaux médias» du Festival du nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias (FCMM), Mutek prend les devants dans la programmation annuelle d’Ex-Centris.Présenté du 7 au 11 juin pour sa première édition, Mutek précède en effet le FCMM (qui se tient à l’automne) au propre comme au figuré; l’événement donnera à entendre et à voir ce qui se laisse seulement pressentir dans le monde de l'image.Cinq jours; quatre lieux physiques de diffusion: Ex-Centris, le Café Campus, le café Laika et le maintenant célèbre Silo no.5, mais tout ce qui sera produit en ces lieux sera aussi diffusé en temps réel sur Internet Mutek?Drôle de mot, à mi-chemin entre deux autres: musique et technologie.Comme s’il voulait surtout témoigner d’une seule chose, une chose qu’il porte d’ailleurs en lui: une mutation.«L’idée de mutation est perspicace; l'événement veut refléter les mutations que connaît la musique lorsqu’elle se frotte aux nouvelles technologies», commente Alain Mongeau, responsable de la programmation.Ce n’est quand même pas d’hier que la musique se frotte aux nouvelles technologies; depuis le début des années 60, nombre de chercheurs et de musiciens consacrent temps et efforts à explorer les possibilités musicales du son numérique.L’organisme Réseaux, l’Acreq (association pour la création et la recherche électroacoustique du Québec), le Festival de musique actuelle de Victoriaville, pour ne nommer que ces derniers, ont tous présenté au cours des récentes années les œuvres de ceux qui laissent la musique «se frotte[r] aux nouvelles technologies.» Pourtant, ce que présentera Mutek n’a jamais encore été présenté à Montréal.Ni même en Amérique du Nord.«Ce type d’événement est courant en Europe, mais ici, on est complètement déconnectés», soutient Alain Mongeau.Le savant et le digital «Le phénomène que Mutek veut présenter s’est négocié à Ars Electronica, il y a deux ou trois ans .[Le centre Ars Electronica, situé à Linz, en Autriche, tient chaque année un festival dont la notoriété dans le monde des arts électroniques serait comparable à celle du festival de Cannes dans le monde du cinéma].La catégorie Computer Music y faisait l’objet de tiraillements importants; les jurys craignaient la mainmise de la musique savante, sérieuse, sur cette catégorie qui, après deux ans de discussion, a été renommée Digital Music; c’est le reflet d'une volonté de témoigner de ce qui se déploie hors des institutions, de ce qui échappe aux normes académiques.» Et qui n’a pu se développer qu’avec l’entrée en masse des micro-ordinateurs dans les domiciles privés.Depuis que les ordinateurs se font si petits, si peu dispendieux, mais en même temps si performants, depuis qu’ils ont envahi les maisons, les sous-sols et les garages, ils ont provoqué une véritable révolution dans le monde de la musique, révolution qui s’est amorcée il y a 10 ou 15 ans.Tout et chacun peut depuis disposer d’un studio de son chez lui; dès lors qu’il sait manier l’informatique, il peut créer la musique — ou les structures sonores — qui lui plaît et même la diffuser sur Internet, contournant ainsi les structures établies.Le libre accès aux outils de création, de production et de diffusion a permis la démocratisation et le décloisonnement d’un monde autrefois réservé à une élite instruite et suffisamment riche pour débourser les droits d’accès aux équipements, institutions et lieux de production.Numérisation du son et libre accès aux équipements ont changé la donne et déjà donné naissance à des musiques nouvelles, comme la techno ou à la house.Mais longtemps, ces musiques ont été contenues à l’intérieur des clubs ou des raves.Ce que présente Mutek aujourd’hui, c’est l’héritage de tout cela.«Plusieurs des artistes présentés par Mutek ne sont pas des musiciens; ils proviennent d’horizons divers, certains viennent des arts visuels.ils ne sont surtout pas issus d’un domaine académique! Mais ils arrivent avec d’autres pratiques et amènent d’autres esthétiques», souligne Alain Mongeau.Après avoir fait danser les autres pendant des années, ces musiciens «sont en train de passer à autre chose.Ils délaissent les raves et les clubs pour faire de la musique de façon plus sérieuse.(.) Dans cette volonté de faire de leur musique autre chose qu’une musique de danse, de faire vivre aux auditeurs des expériences [parfois même physiques], on voit des ponts se refaire avec le passé.» Deupree, Panacea et Ysatis Pour sa première édition, Mutek reçoit pntre autres Taylor Deupree (Etats-Unis), qui s’est d’abord fait connaître pour son travail de musique ambiante, mais qui s’intéresse depuis peu aux sons microscopiques, Panacea (Allemagne), qui a marqué le style hardcore-drum'n bass, mais plonge aujourd’hui dans la musique conceptuelle, Sawas Ysatis (Grèce), musicien présenté comme versatile.Tous trois ouvriront Mutek le 7 juin en présentant Ar-chitectura, événement mix-média voulant explorer les correspondances entre environnement phy- sique (architecture) et sonore, tous deux ayant en commun d’avoir été façonnés par l’imaginaire humain.Ouverture suivie d’une soirée qui promet de faire vibrer les badauds; le 8 juin est en effet laissée à ces artistes qui, un peu comme le font les membres du groupe autrichien Granular Synthesis (présents à l’Usine C l’automne dernier), sculptent le son comme si c’était une matière tangible capable de toucher physiquement l’auditeur.Parmi eux: Carsten Nicolai, artiste visuel et musicien allemand et qui a remporté le prix Golden Nica dans la catégorie Digital Music à Ars Electronica cette année.Ces deux soirées, présentées à Ex-Centris, sont qualifiées par Alain Mongeau d’expérimentales.Les trois soirées suivantes, présentées au Café Campus, tout comme les 5 à 7 du Laika, feront place à un esprit plus ludique.Mutek est peut-être un nouvel, événement (qui n’aurait pu voir le jour cette année sans le soutien d’Ex-Centris), mais il prend racine dans la section «nouveaux médias» du Festival du nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias qui, depuis trois ans, présentait de nouvelles expériences sonores.«On était limité parce que l’ancrage du FCMM, c’est l’image.Alors je cherchais toujours à établir des ponts avec l’image.Mutek va nous permettre d’explorer plus.à fond la création sonore», raconte Alain Mongeau.Conçu par les gens du FCMM, si Mutek prend son autonomie cette année, il se présente un peu comme la figure de proue du festival d’automne.«En cherchant ce que les nouvelles technologies amenaient de nouveau dans le domaine de l’image, j’ai réalisé qu’on en était encore à une étape très embryonnaire et que pour mieux comprendre où on s’en allait, il fallait regarder où on en était aujourd’hui dans le domaine de la création sonore.» Mutek — Musique.Son et Nouvelles Technologies, du 7 au 11 juin 2000, dans quatre lieux: Ex-Centris, Café Campus, Laïka et le Silophone (silo no.5).Billetterie: (514) 847-2206.Information: www.mutek.ca The Baroness and the Pig Le nouveau cinéma de Bob Krupinski Un premier film entièrement produit à l’aide de la technologie numérique Il a la touche pour amadouer les bêtes acoustiques.Peut-être est-ce nécessaire quand on produit pour Media Principia ce premier long métrage entièrement tourné en haute définition.Propos sur le cinéma d’un homme qui gère à Montréal des scènes de Paris tournées en Hongrie.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ix*s salles de projection d’Ex-Centris sont à la fine pointe de la technologie numérique.MADELEINE LEBLANC T T n, deux, un, deux».Rien.^ U Avant de prodécer à l’enregistrement d’une interview, un petit test de son permet d’éviter les mauvaises surprises.Mais cette fois, exceptionnellement, l’appareil se tait Mon interlocuteur propose ses services pour tenter de résoudre l’impasse.Il sort la cassette de l’enregistreuse, fait faire quelques boucles au ruban et remet le tout en place.Concluant Sa vont chaleureuse et enthousiaste est maintenant captée cinq sur cinq.Bob Krupinski assure ne pas savoir ce qu’il a bien pu faire pour corriger la situation mais reconnaît avec amusement avoir une espèce de touche magique pour amadouer les bêtes acoustiques et autres monstres électroniques.Tant mieux.Quand on est producteur pour Media Principia de ce qui sera vraisemblablement le premier long métrage entièrement tourné en haute définition, autant faire appel à son doigté cabalistique.The Baroness and the Pig, titre accrocheur et gentiment baroque, racontera à sa façon l’histoire d’une riche Américaine (Patricia Clark-son — High Art, The Green Mile), mariée à un baron anglais (Bernard Hepton), et qui donnera à voir, en 1888, sa propre version du salon parisien.Et sans avoir l’air d’y toucher, ce long-métrage (qui sera prêt à la fin de l'automne) comptera peut-être bien un nombre record d’effets spéciaux, tous mieux dissimulés les uns que les autres.Tourné principalement dans un château en Hongrie, simulant un Paris informatiquement reconstitué, ce film d’époque fait un pied de nez à tous les Back to the Future de notre temps, comme pour mieux échapper à la vacuité du sien et justifie le recours au numérique par les exigences d’une reconstitution historique.Char- mant anachronisme.Chaque étape, de la prise de vues, à la postpro-duction (montage, effets spéciaux), à la distribution s’effectue strictement à l’aide de la technologie numérique.Un précédent Media Principia Spécialisée dans la production cinématographique faisant appel aux nouvelles technologies, Media Principia est une société fondée en 1998 par Daniel Langlois, et réunit pour l’expérience des artisans de renom.Si le réalisateur Michael McKenzie (un Montréalais d’origine britannique) en est à ses premières armes côté long-métrage, le directeur artistique néerlandais Ben van Os a collaboré auprès des Peter Greenaway et Sally Potter.La distribution réunit aussi Benoît Brière, Louise Marleau, Pascale Montpetit, Caroline Dhavernas et Colom Fur (32 Short Films about Glenn Gould, Le Violon rouge) en plus d’un certain Philip Glass à la trame sonore.«Je pense qu’il s’agira du premier film au monde dont chaque étape aura été franchie à l’aide de cet équipement de haute définition et je l’affirme avec une certaine certitude puisque quelques liens du système viennent juste d’être mis au point (are just now happening).Nous sommes les premiers à les utiliser.Il y a eu d’autres films tournés ou projetés en haute définition.Mais je pense que la véritable révolution du cinéma numérique vient de ce nouveau paradigme qui nous force à concevoir d’une tout autre manière notre mode de production qui n'est plus strictement linéaire».Phase de mutation importante, ces nouveaux outils numériques (caméras vidéo à haute définition, montage par informatique, projecteurs idoines) ouvrent de nouvelles voies.Plusieurs, au nombre desquels se compte le spécialiste Hervé Fisher, croient aussi que l’absence de logique causale dans le processus permettra de modifier profondément le rapport à la création.«Bien sûr, chaque nouvel élément du film affecte les autres.Mais nous avons maintenant l’avantage de pouvoir modifier chaque élément jusqu’à la toute fin.Par exemple l’image pourra être revue en fonction du développement de la trame sonore pour répondre à celle-ci.Nous allons d’ailleurs tourner quelques scènes en juin à Québec.En fait, le tout devient comme une espèce de pâte à modeler avec laquelle on peut jouer jusqu à ce que le résultat nous plaise», précise le producteur.Esthétique nouvelle Plusieurs défricheurs et non les moindres défendent actuellement ce recours à une bande image vidéo qui, pour l'instant, offre un rendu bien différent de celui d'une pel- licule 35mm.Le réalisateur [.ars von Trier (Breaking the Waves et récipiendaire de la toute fraîche palme d'or décernée à Cannes pour Dancer in the Dark) fait abondamment usage de cet équipement et de façon plutôt «dogmatique».Un dénommé Georges Iai-cas promet aussi de recourir de plus en plus au cinéma numérique — ce qu’il fait déjà abondamment «Bien sûr qu 'il y a une différence esthétique, convient Bob Krupinsky.Est LUN-SAM 10-19 > DIM 12-17 ai.,
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