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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2000-09-20, Collections de BAnQ.

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-?vv w w .1 e d e v o i r .f o in ?- E DEVOI CULTURE L’ONF coupe dans le service français Page B 10 LE MONDE Milosevic tire de l’arrière par 21 points ^ Page B 8 HORS-JEU Ça commence par un rêve Loi antigangs : Québec renonce à utiliser la clause nonobstant Jean Dion Il n’y a pas si longtemps, on se prenait à rêver, oui oui à rêver, de ce que seraient les Jeux olympiques si on autorisait vraiment les meilleurs athlètes de l’univers à y participer.C’était la dure époque de la duperie institutionnalisée avec les com-munisses qui faisaient semblant d’être des amateurs tout en étant gelés à temps plein pendant que nos vaillants professionnels étaient empêchés de déployer leur immense talent à la face ébahie du monde.Puis, comme l’avait prédit Marx dans la Neue Rhei-nische Zeitung, tout a changé.le CIO s’est dit: tiens donc, pourquoi pas, nos précieux fens méritent ce qu'il y a de mieux et, sait-on jamais, p’têt ben qu’on pourra faire de l’argent avec les grosses compagnies américaines qui voudront commanditer un événement où les professionnels américains vont tout gagner tout le temps.Ç’a donné ce que ç’a donné.Les ligues majeures de baseball ont dit qu’elles étaient tout à fait d’accord à condition que le tournoi olyrqpique n’ait pas lieu entre les camps d’entraînement et la Série mondiale, soit entre la fin C/sq.‘ février et la fin octobre, ce qui - équivalait à compliquer un peu la vie de Jeux dits d’été.Au hockey, tout le monde s’est fait tirer l’oreille, puis l’équipe des USA est allée désintégrer des chaises au village olympique de Nagano.Et au basketball, joie d’entre les joies, on a constitué le «Dream Team», une petite collection de Noirs américains de sept pieds persuadée jusqu’au tréfonds de son intimité que l’important est peut-être de participer, ainsi que le professa l’évêque de Pennsylvanie dès 1908, mais qu’il n’y a rien comme une bonne grosse victoire assurée avant même le début du match.La télé américaine, entre autres, a apprécié: du suspense, c’est bon; du bonheur et du flattement de bedaine, c’est mieux.Cette fois-ci, selon des commentateurs autorisés, le Dream Team n’en serait pas vraiment un, plusieurs grosses pointures, comme Shaquille O’Neal, ayant décliné l’invitation.Mais allez y voir: Vince Carter, Alonzo Mourning, Gary Payton, Jason Kidd, ce n’est quand même pas de la tarte, fût-elle aux pommes comme l'apprécient nos voisins de par en bas.On raconte même qu’il ne s’agirait plus de la brochette de millionnaires arrogants qui avaient fait étalage de leur ample tour de tête à Barcelone et à Atlanta; bon, bien sûr, il faut les comprendre, ils résident toujours dans un hôtel cinq étoiles et se bala- VOIR PAGE A 8: JEUX ¦ Autres informations en pages B 6 et B 7 Protection de la jeunesse Le réseau québécois est en déroute «Québec doit agir», dit la Commission des droits de la personne ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Fort d’un nouveau rapport d’enquête faisant état de dérapages graves survenus dans un centre pour jeunes de Saint-Hyacinthe, le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.Claude Filion, affirme que le réseau québécois de protection de la jeunesse est en déroute et incapable de s’assurer de la qualité des services offerts aux enfants et aux jeunes.«Si on additionne les rapports des dernières années, on ne peut pas conclure autrement que le réseau de la protection de la jeunesse est en forte turbulence.Le gou vernement doit agir!», a martelé hier Ml Filion au terme d’une énième enquête de sa commission, révélant que les droits et l'intégrité d’une vingtaine d’enfants hébergés dans un centre de Saint-Hyacinthe ont été soumis à des traitements dignes de «milieux carcéraux».En effet, dans ce dernier d’une longue série de rapports incriminants pour les services de la Protection de la jeunesse, la commission jette cette fois le blâme sur les unités d'hébergement Le Phare et Le Havre du Centre de réadaptation Bois-Joly de Saint- VOIR PAGE A 8: JEUNESSE Idées.A 7 le monde.B 8 les sports.B fi Mots croisés.A 4 Nature.B 5 Télévision.B 9 Météo.A 4 N D K X Annonces.A4 Bourse.B 2 Carrières.B 4 Avis publics.B 7 Culture.B 10 Économie.B 1 Éditorial.A fi H f ?Pierre Bourque précisait son projet hier à Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une ville, neuf arrondissements de 200 000 habitants Le projet «une île, une ville» permettrait de réaliser des économies de 115 millions sur un budget de 3,2 milliards, estime Pierre Bourque ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le dévoilement hier par le maire de Montréal, Pierre Bourque, des détails de son fameux projet «une île, une ville» est venu compléter le portrait d’ensemble des opinions des uns et des autres sur la question de la restructuration municipale dans la région de Montréal.Il incombera désormais au mandataire du gouvernement dans ce dossier, Louis Bernard, de procéder au difficile arbitrage d’ici une dizaine de jours.Comme tout le monde s’y attendait, le maire a proposé hier, à l’occasion d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la création d’une seule et grande ville sur Hie de Montréal.Cette ville devrait être dirigée par un maire et 63 conseillers élus au suffrage universel.Ses pouvoirs s’étendraient à l’ensemble des services centraux: les finances, la prévention des incendies, l'urbanisme, la gestion des grands équipements, parcs et événements culturels ainsi que les programmes d’aide aux entreprises.Elle serait subdivisée en neuf arrondissements comptant environ 200 000 habitants chacun et dirigés par des conseils d’arrondissement composés des sept conseillers municipaux élus sur leur territoire et parmi lesquels serait désigné un président de conseil d’arrondissement Ces arrondissements se feraient confier la gestion des VOIR PAGE A 8: VILLE Le projet permettrait une baisse de taxes pour 75 % des résidants de l’île, un gel pour 15 % d’entre eux et une hausse pour les 10 % restants Tracées théoriquement de façon à respecter l’économie, la sociologie et l’histoire de Montréal, les frontières des neuf arrondissements de la future ville regrouperaient quartiers de Montréal et municipalités de banlieue HÉLÈNE BUZZETTI FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Québec a finalement mis de l’eau dans son vin hier et estime ne plus avoir besoin de la clause dite nonobstant pour combattre le fléau des bandes criminelles.Cette annonce arrive à point nommé puisqu’au même moment, à Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien a fermé à double tour la porte menant à lutilisation de la clause dérogatoire.Le Québec a plaidé pour un renforcement de la loi antigangs actuelle dans le respect de la Charte des droits et libertés, hier, lors de la rencontre des sous-ministre de la Justice des gouvernements canadien et québécois.Le gouverne ment, qui ne considère plus primordiale l’inscription dans la loi du nom des groupes criminels, a suggéré aux fonctionnaires fédéraux d'intégrer en un premier temps dans le Code criminel la possibilité pour un juge de trancher que tel ou tel groupe est bel et bien un groupe criminel.Dans un deuxième temps, Québec propose qu’Ottawa interdise carrément l'appartenance à un tel groupe.Le gouvernement fédéral «montre une certaine ouverture» à ces suggestions, a indiqué la mimstre de la Justice, Linda Goupil, mais craint tout de même que ces modifications législatives aillent à l'encontre du Code criminel.Pour dissiper le doute d’Ottawa et tuer dans l’œuf une éventuelle contestation juridique de ces modifications, Québec a proposé que le gouvernement canadien renvoie en Cour suprême les dispositions sur la table pour voir si elles sont conformes, «et nous sommes convaincus qu’elles le sont», a-t-elle précisé.Un tel geste doit être fait dans les meilleurs délais, a indiqué Mme Goupil, puisque, depuis l'application de la loi antigangs actuelle, en 1995, les forces de l’ordre déplorent 151 meurtres — dont 16 victimes innocentes — et VOIR PAGE A 8: LOI Québec propose d’intégrer dans le Code criminel la possibilité pour un juge de trancher que tel ou tel groupe est bel et bien un groupe criminel.Dans un deuxième temps, Québec propose qu’Ottawa interdise carrément l’appartenance à un tel groupe.PERSPECTIVES Essence et camionnage Les nouveaux vétérans Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, la Chambre des communes sera un véritable four d’ici le déclenchement des prochaines élections.L’entrée en scène du chef de l'Allünce canadienne, Stockwell Day, et le retour au Parlement du chef du Parti conservateur.Joe Clark, ont suscité hier les bons mots d’usage, mais pour mieux, par la suite, mettre en évidence leurs griffes et celles de leur adversaire Jean Chrétien.«|M.Day) va découvrir bientôt que les choses se passent un peu différemment ici sur la terre ferme», a soutenu Jean Chrétien dans son mot de bienvenue, se moquant ainsi de l’escapade du chef allianciste en motomarine et sa volonté de vouloir tout changer.Plus sérieusement, M.Chrétien a ajouté que tous, malgré leurs divergences, travailleraient au mieux-être du pays.«Je ne remettrai jamais en question votre dévouement pour ce pays et ce poste élevé que vous occupez», lui a répondu M.Day.«J'espère, jouer un certain rôle en en appelant aux meilleurs instincts de cette nation, en i>oyantà ce que le Parlement reflète moins nos divisions et davantage ce à quoi nous aspirons ensemble», a ajouté M.Clark, après avoir été comiiaré, par M.Chrétien, aux v i plus éminents parlementaires de l'histoire récente.Cette gentillesse n’a pas duré.Ajoute a changé de ton dans les minutes qui ont suivi, dés que le président de la Chambre a prononcé les mots «questions orales».En moins de trente minutes, le vieux renard libéral avait réussi à piquer le populiste allianciste qui, en retour, est parvenu à faire mal paraître son adversaire.lœ ton était cinglant Lorsque M.Day a interrogé le ministre des Finances sur la baisse des taxes sur l’essence, le premier ministre a montré que son personnel avait fait ses devoirs puisqu’il a répondu en citant les propos de M.Day alors qu’il était trésorier de l’Alberta.Se prétendant surpris de voir M.Chrétien ré-pondre, le nouveau chef de l’opposition officielle lui a demandé pourquoi il ne laissait pas un de ses supporters «les plus loyaux» le faire, déclenchant du coup l’indignation des libéraux.L’échange s'est poursuivi jusqu’à ce que M.Day demande à M.Chrétien le prix du litre d’essence à Shawinigan, une question embarrassante que le premier ministre a quand même habilement esquivée.Iœ sage conservateur, qui devait attendre son tour pour se VOIR PAGE A 8: VÉTÉRANS ?Manon Cornellier ?• Nul besoin de baisser les taxes Alors que les camionneurs se disent étranglés par les taxes, des experts affirment qu’en modifiant leurs habitudes d'achat et de conduite, ils pourraient réduire leur consommation d’essence et leur facture de carburant.C’est ce qu’indique une étude publiée hier par Québec, qui montre clairement que l'industrie du camionnage pourrait diminuer ses coûts d'essence en modifiant les transmissions et les moteurs de leurs poids lourds.Dans ce domaine, le Québec est en retard par rapport à l’Ontario, à la Cplombie-Britan-nique et à 19 États américains.¦ À lire en page A 3 J LE DEVOIR, LE MERCREDI 20 SEPTEMBRE 2000 A 5 LES ACTUALITES Chronique des adieux à un journaliste aimé et respecté LOUISE LEDUC LE DEVOIR Enterrer Jean-V.Dufresne?Pas question.À la sortie de ses funérailles, en l’église Saint-Germain d’Outremont, hier, ses confrères journalistes et amis n’avaient qu’un souhait: que toutes ses chroniques, qu’en bon butineur il a fait essaimer un peu partout, du Devoir au Journal de Montréal en passant par L’Actualité, soient réunies et publiées.«Sans plaisir, les mots n’ont aucun sens, ils ne disent rien et ne voudront jamais rien dire.Il n’y a pas de plaisir à lire sans plaisir à écrire», écrivait Jean-V.Dufresne dans sa dernière chronique au Journal de Montréal, le 31 mai 1996.Et comme la joie de le lire se mesure à la sienne d’écrire, nous avons été gâtés.«Pour vous dire combien j’ai été chanceux dans ce métier!, écrivait-il dans sa dernière chronique au Journal de Montréal, en 1996, après 46 ans de métier.«Bien sûr, je me suis fait engueuler par mes patrons (ce qui est flatteur, entre vous et moi, car on sait alors que le patron nous a lu); mais le seul cas de censure dont j’ai été victime, c’est lorsque Claude Ryan, au Devoir, me suggéra péremptoirement, le crayon à mine entre les dents, de remplacer un indicatif par un conditionnel.» Et bien sûr, Jean-V.Dufresne, sans cesse habité par le doute, a obtempéré, comme il le taisait toujours, nous dit-on.«On ne dira jamais assez à quel point cet homme de grande culture était modeste», se souvient Michel Roy, son ancien confrère au Devoir et aujourd’hui président du Conseil de presse du Québec.«Quand il soumettait ses textes remarquables à ses collègues et qu’ils lui suggéraient souvent à tort un changement, il les écoutait sur-le-champ.La critique, quand elle était dirigée vers lui, lui paraissait toujours fondée.» Dans son homélie, le père Pierre Murray s’est d’ailleurs lui aussi attardé à décrire ce souci du mot jus-' te, de la limpidité, en tout respect des faits et des personnes.Jamais cette préoccupation ne l’aura quitté: ces derniers jours, ses amis confiaient de fait qu’à sa retraite, Jean-V.Dufresne, qui était âgé de 70 ans, s’était engagé à relire tous ses classiques et à s’attaquer au Dictionnaire encyclopédique de la langue française! Très affable aussi, Jean-V.Dufresne.La présidents directrice générale de la Grande Bibliothèque, Lise Bis-sonnette, raconte de son côté comment il l’avait tôt fait se sentir comme un membre de la famille alors qu’elle n’était encore qu’une jeune journaliste, intimidée de se retrouver au Devoir.«Venant s’asseoir sur le coin de mon bureau, il me racontait, intarissable, toutes les légendes du journalisme, ce qui ne manquait évidemment pas d’impressionner la petite nouvelle que j’étais!» D’autres se rappelaient aussi comment, après une heure de discussion, il n’avait de cesse de retenir son interlocuteur «Une dernière avant de retourner travailler!» Inutile de dire que lorsque Louise Forestier, la mère de leur fils Alexis, est venue chanter La Complainte Ru-tebeuf c’est tout le parterre de l’église Saint-Germain qui a pesté contre ce vent devant la porte qui, samedi dernier, leur a ôté Jean-V.Dufresne.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alexis, le fils que Jean-V.Dufresne a eu avec Louise Forestier, portait l’urne contenant les cendres de son père à la fin des funérailles qui réunissaient amis, ex-collègues et personnages publics.Alcool au volant Québec attend toujours de réintroduire l’antidémarreur Ottawa tarde à modifier la loi, en dépit de ses promesses Les provinces canadiennes épaulent le Québec pour qu’il puisse de nouveau recourir aux antidémarreurs auprès des automobilistes accusés plus d’une fois de conduite avec facultés affaiblies.Le gouvernement fédéral promettait de bouger avant la mi-septembre à la condition que les provinces accordent leur appui au Québec.Les appuis sont venus, la promesse n’a pas été tenue.FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Une entente de principe est survenue entre les gouvernements provincial et fédéral au sujet de l’utilisation par Québec d’antidémarreurs pour contrer les cas de récidives de conduite avec facultés affaiblies.Or Ottawa tarde à y donner suite.Reniant sa parole, il n’a pas présenté de motions quant à d’éventuelles modifications législatives permettant au Québec de recourir de nouveau à ce dispositif lors de la réunion des ministres de la Justice, qui s’est tenu à Iqaluit du 10 au 12 septembre dernier.Dans une lettre que la ministre de la Justice fédérale, Anne McLellan, a fait parvenir en juillet au ministre responsable de la sécurité routière, Guy Chevrette, et dont Le Devoir a obtenu copie, elle affirmait croire «fermement en l’efficacité de cette mesure».Ainsi, elle suggérai au Québec d’ajouter ce point à l’ordre du jour de la Conférence sur l’harmonisation du droit pénal, qui s’est tenue cet été en Colombie-Britannique.«Nous pourrions par la suite faire un suivi lors de ta réunion des ministres responsables de la Justice en septembre prochain.» C’est par une écrasante majorité que la proposition du Québec de réintroduire l’antidémarreur a été reçue par les juristes représentant les provinces canadiennes (32 voix pour, aucune contre et une abstention) réunis à Victoria cet été.Mais il appert que la ministre McLellan n’a pas cru bon de «faire un suivi» à Iqaluit la semaine dernière, comme elle l’avait promis.Jamais ce sujet n’a été abordé, malgré l’urgence d’agir, déplore-t-on au cabinet de M.Chevrette.Cette fin de semaine seulement, deux récidivistes ont causé la mort à bord de leurs véhicules.Ils ont été accusés de conduite avec facultés affaiblie^ lundi.L’attachée de presse du ministre, Edith Rochette, a indiqué que Québec tentera donc d’intégrer cette question à l'ordre du jour de la rencontre des sous-ministres de la Justice en novembre prochain.Le ministre Chevrette exhortait Ottawa en juin dernier de redonner aux provinces le droit d’utiUser de nouveau Tantidémarreur pour des raisons de sécurité.C’est que près d’un an plus tôt, Ottawa modifiait le Code criminel de façon à allonger la peine des récidivistes, rendant du coup impossible l’utilisation du dispositif en question.Actuellement, un récidiviste, dès sa deuxième infraction, perd son permis pendant 24 mois.Précédemment, toutefois, la peine était de six mois, à la suite de quoi l'automobiliste devait utiliser un antidémarreur pendant 18 mois.Un dispositif électronique installé dans la voiture du récidiviste l’empêche de conduire lorsqu'il dépasse la limite d’alcool permise.Implanté au Québec de décembre 1997 à juillet 1999, le programme a permis «une amélioration significative» du bilan routier dès sa première année d'application, soulignait M.Chevrette dans une lettre envoyée à la ministre cet été.Burnt Church : Rae arrache un compromis aux autochtones Burnt Church — Le médiateur Bob Rae a réussi à obtenir un accord susceptible de mener à une conclusion pacifique du conflit sur la pêche au homard opposant les autochtones de Burnt Church au ministère fédéral des Pêches et Océans.L’ex-premier ministre ontarion a présenté cet accord comme «un développement significatif', hier soir.M.Rae a expliqué que les lea- ders autochtones ont proposé que les Micmacs et les représentants du gouvernement fédéral procèdent ensemble au décompte des casiers au homard au large de Burnt Church et «qu ’ils étaient prêts à les retirer de Veau».«Il est important que nous réalisions que cette ouverture représente un développement positif et contribuera à un règlement final», a ajouté M.Rae après une journée d'intenses discussions avec toutes les parties au litige.Cet accord survient alors que les chances d’un règlement négocié dans le conflit de la pêche au homard semblaient s’amenuiser.Ce sont les autochtones qui ont offert de retirer de l’eau un nombre substantiel de casiers, a précisé M.Rae, une décision, a-t-il ajouté, «qui aura un effet positif sur l’humeur du public».Loi sur les jeunes contrevenants Ottawa prétend avoir l’appui des Québécois BRIAN MYLES LE DEVOIR Ottawa prétend avoir l’appui de la population québécoise pour faire adopter son projet de loi C-3 sur les jeunes délinquants.Un sondage CROP réalisé pour le compte du ministère fédéral de Injustice révèle entre autres que: ¦ trois Québécois francophones sur quatre estiment que la lutte contre la criminalité chez les jeunes doit constituer «une priorité élevée» du fédéral; ¦ 66 % des personnes sondées sont d’avis que la criminalité chez les jeunes a progressé au Québec au cours des cinq dernières années; ¦ un Québécois sur deux appuie «fortement ou jusqu’à un certain point» le remplacement de l’actuelle législation par la nouvelle Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents; ¦ trois Québécois francophones sur cinq croient que les peines imposées aux jeunes ne sont pas assez sévères.La diffusion de ce sondage tombe à point nommé.Le gouvernement Chrétien a en effet adopté hier une motion pour limiter la durée des débats sur le projet de loi C-3 devant le comité permanent de la Justice.Ottawa veut ramener au plus vite ce projet de loi devant les Communes dans l’espoir de le faire adopter d’ici la fin de la session parlementaire.Pendant que les libéraux accéléraient la cadence sur la colline parlementaire, Justice Canada a dépêché hier des représentants dans tout le pays afin de sensibiliser la presse aux 162 amendements apportés à la version initiale du projet.Au Québec, ces rencontres d’information proches de la campagne de relations publiques ont par ailleurs servi à dif- E N BREF Michel Auger a été abattu à cause de ses articles (Le Devoir) — Le crime organisé est derrière l’attentat commis sur Michel Auger.Après une semaine d’enquête, les policiers sont catégoriques.Le journaliste a été pris pour cible en raison de ses activités professionnelles.L’agression n’a rien à voir avec sa vie privée.La vingtaine d’enquêteurs qui planchent sur l'affaire relisent avec attention tous les articles écrits par le reporter du Journal de Montréal au cours des neuf derniers mois.Pour l’heure, D est impossible d’imputer l’attentat à main armée à un groupe criminel en particulier.L’agression a bel et bien été filmée par les caméras de sécurité situées dans le stationnement du Journal de Montréal.Les enquêteurs du SPCUM essaient de rehausser la qualité de ces images dans l’espoir d’identifier le suspect Les policiers ont par ailleurs fait l’examen d’une voiture volée qui a été retrouvée dans le quartier Ho-chelaga, à deux pas du Journal de Montréal, dans les minutes suivant l’incident Impossible d’en savoir davantage.Environ 25 appels ont été reçus sur la ligne d’information de la SQ, toujours active au 393-1133.La SSSJB-M s’inquiète Ije Devoir) — Di Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) craint qu’une éventuelle chaîne de télévision à caractère ethnique ne serve à angliciser les immigrants.Le président de la SSJBM, Guy Bouthillier, s’oppose au projet de Canwest Global, qui tente d’obtenir une nouvelle licence pour le poste de télévision CJNT.M.Bouthillier comparaîtra aujourd’hui devant le CRTC relativement à cette demande.«Pour respecter l’esprit de la Charte de la langue française et la volonté du Québec manifestée notamment parla création des états généraux, le CRTC a, selon nous, trois options: attendre les résultats de la Commission des états généraux [.], émettre me licence en imposant les conditions que nous proposons (dont 40 % de la programmation en français] ou rejeter tout simplement la demande de Canwest Gk/bal», soutient M.Bouthillier.Boralex: Bégin demande une révision de la décision (Le Devoir) — Le ministre de l’Environnement Paul Bégin, a introduit hier une requête en révision devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour qu’il révise sa décision récente, par laquelle il a maintenu la validité du certificat d’autorisation accordé l’an dernier [>ar le ministère au iirojet de Forces motrices Bâti scan, une filiale de Bo-rakx, en vue de harnacher la riviere du même nom, le ministre estime que le TAQ a commis une erreur de droit fondamentale en ne lui reconnaissant pas le droit d’annuler une autorisation accordée à la suite d’une évaluation erronée du projet lequel, en fin de compte, contrevient à la réglementation environnementale.L’évaluation erronée d'un dossier, plaide Paul Bégin, ne peut conférer au ministre le droit d’autoriser un projet lorsque la loi réserve explicitement au gouvernement cette prérogative tout en protégeant du même coup le droit du public d’être consulté.Un avion détourné s’abîme en mer (AF) — Un hydravion détourné hier matin peu après avoir quitté Cuba s’est abîmé dans une mer agitée au large de la Floride, ont annoncé des responsables aériens à Miami.Une personne a été tuée et neuf personnes ont été secourues, ont annoncé des gardecôtes américains partis à leur recherche.On ignorait dans l’immédiat si l’hydravion s’était abîmé en mer en raison d’un manque de carburant.Les neuf survivants —trois enfants et six adultes— ont été transportés en Floride par hélicoptère.Selon un responsable des gardecôtes, les survivants ont dit qu’ils étaient dix à bord de l’hydravion.fuser les résultats de l’enquête réalisée entre le 26 mai et le 4 juin auprès de 1015 personnes (marge d’erreur: plus ou moins 3 %; taux de réponse: 60%).Les fonctionnaires fédéraux ont par ailleurs réfuté les prétentions des politiciens et spécialistes du droit de la jeunesse québécois, qui s’inquiètent des répercussions néfastes du projet de loi C-3.La nouvelle loi éviterait d’imposer des peines plus sévères ou encore des peines uniformisées sans égard à la situation particulière de chaque délinquant, ont-ils assuré.La BNC intervient auprès de contentville.com (Le Devoir) — Pressée par la foudre de plusieurs étudiants et professeurs, la Bibliothèque nationale du Canada (BNC) a demandé hier le retrait des thèses et mémoires du site américain www.contentville.com.C’est à la suite de consultations auprès des principales associations du pays dont les membres étaient touchés que l’organisme public a pris cette décision.Au mois de juillet, de nombreuses personnes ont eu la désagréable surprise de voir que le fruit de leur travail universitaire était à vendre sur le Net entre 24,95 $ et 69,50 $US.«C’est une mesure provisoire», a indiqué le directeur des services bibliographiques de la BNC, David Balatti.L’organisme précise que son rôle est de préserver et de diffuser les recherches universitaires canadiennes.m £Gft)ecnm§ Prêts pour la réforme ! Courez la chance de gagner un des 5 exemplaires du livre t «¦*1 Martial BOUCHER Yves BUTEAU au fil des leurs 1™ secondaire Enseignement moral.Cahier 268 pages 14,90 $ Guide 562 pages - 56.95 $ LIDEC Inc.(*14)64:) Wlt En vente dans toutes les imrsiues Comment construire des compétences en classe de Mario Richard et Steve Bissonnette.Cet ouvrage vise à soutenir les enseignants dans l’application du nouveau programme et le développement de l'approche par compétences en classe.s« min tiw i 5 livres à gagner] Un outil indispensable à avoir dans le cadre de la réforme ! Une valeur totale de 150$ Depuis 10 ans, Chenelière/Didactique produit des ouvrages pratiques sur la pédagogie pour les enseignants de tous niveaux d'enseignement.Chenelière McGraw-Hill [ partenaire en éducation En collaboration avec LE DEVOIR www.ledevoir.cotn Pour participer, retournez ce coupon avec la mention Concours « Prêts pour la réforme!» chez Chenelière/McGraw-Htll : • par la poste au 7001, boul.St-Laurent, Montréal (Québec) H2S 3E3 .èrr.Nom : par télécopieur au (514) 276-0324 ou sans frais au 1 800 814-0324.Adresse : Code postal: Téléphone :.?Étudiant ?Autre Courriel : ?Enseignant Niveau d'enseignement Commission scolaire École :___________ Adresse Code postal : le concours so termine lo 19 octobre 2000 et le litage aura lieu le 20 octobre 2000 l es rOglnmenls du concours sont disponibles au service à la clientele de Chenelière/McGraw-Hill g J au (514| 273-8056 OHUt 000 565-5531 I V L E I) E V OIK.L E M E R ( R EDI 2 O S E I’ T E M B R E 2 0 0 0 A « —-* LE DEVOIR ?— ACTUALITES JEUNESSE LOI SUITE DE LA PAGE 1 Hyacinthe, où l’on a constaté un recours abusif à l’isolement de jeunes âgés de 12 à 18 ans.La commission conclut même que les droits de ces enfants ont été violés et que la Loi de la protection de la jeunesse a été bafouée.L’enquête révèle qu’à l’unité Le Havre, un jeune de 12 ans a été maintenu en isolement à 13 reprises, pour un total de près de 40 heures, parce qu’il avait déféqué dans ses pantalons.Or l’enquête a démontré que le jeune garçon souffrait de graves problèmes psychologiques et d’encoprésie, une maladie l’empêchant de contrôler ses sphincters.Un jeune de 17 ans, hébergé de façon temporaire à l’unité Le Phare, a quant à lui été relégué pendant un total de 75 heures dans une pièce exiguë, parfois sans matelas ni couverture pour y passer la nuit et avec un caleçon pour seul vêtement Le jeune, qui s’est automutilé plus d’une fois pour pouvoir sortir, a dû être mené à l’hôpital à deux reprises.La situation est d’autant plus scandaleuse que les jeunes hébergés au pavillon Bois-Joly y avaient été placés afin de les protéger d’un milieu familial jugé dangereux pour eux et non parce qu’ils avaient commis des délits ou des infractions.«On parie d’enfants que l’Etat a sortis de leur milieu parce que leur sécurité et leur développement étaient compromis dans leur famille.On ne pake pas de criminels.Dans ces cas, il y a eu des abus de pouvoir et des privations de liberté inadmissibles pour un paquet de jeunes.Non seulement on ne les a pas aidés, on leur a même mi», déplore le président de la CDPDJ.En plus d’un recours démesuré à l’isolement le rapport d’enquête fait état d’une atteinte, à deux reprises, à l’intégrité physique de deux enfants, d’un «manque alarmant de supervision» et d’une méconnaissance criante de la Loi de la protection de la jeunesse par plusieurs éducateurs.Bref la commission conclut que les enfants hébergés alors au pavillon Bois-Joly ont vécu des conditions similaires au
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