Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2001-03-28, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
w w w .1 e d e v o i r .f o m DEVOIRa ECONOMIE ACTUALITÉS Hydro-Québec: bénéfice record Quebec pourrait être pire de plus de un milliard * que Seattle, croit Ménard £Page B 1 Page A 5 V o L .X (' I I X ' wa* K V 0 I R .L E M K K ( K E l> I ‘l K M A R S 2 II II | LES ACTUALITES Les producteurs de porcs veulent rassurer les consommateurs Maladies cardiaques PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Les producteurs de porcs québécois reconnaissent la légitimité des craintes des consommateurs en ce qui a trait aux crises de la vache folle et de la fièvre aphteuse, aux dioxines et aux organismes génétiquement modifiés.Ils ont donc décidé de se donner les moyens de tenter de les rassurer.Regroupés autour de la Table filière porcine du Québec, une quarantaine d’intervenants des milieux de la production et de la transformation animales ont effectivement adopté hier un plan stratégique 2001-04 dans lequel on accorde une place prépondérante aux préoccupations sanitaires et à la protection de l’environnement.Reconnaissant que le Québec n’est pas à l’abri des grandes épidémies qui frap[K-nt l’Europe, les producteurs ont identifié une série de mesures précises pour répondre aux exigences des consommateurs et de la société.«Ces exigences, souligne-t-on, sont liées, entre autres, à la qualité du produit, à la sécurité alimentaire et à l’environnement.» Vu l’importance de cette industrie pour le Québec — elle génère des retombées économiques d’environ quatre milliards par an et produit plus de sept millions de porcs dont la moitié sont exportés —, la Table filière a aussi pris l'engagement de mettre en œuvre un plan d’information pour faire connaître ses interventions auprès d’une clientèle plus diversifiée «en vue de développer, selon le plan stratégique, un climat de confiance et un capital de sympathie envers le secteur agroalimentaire porcin québécois ainsi qu’une collaboration accrue avec les partenaires potentiels».«Au chapitre de la salubrité alimentaire.a expliqué le président de la Fédération de producteurs de porcs du Québec, Clément Pouliot, on veut pousser au maximum des mesures touchant la question de rutilisation des médicaments, l’alimentation des animaux, la mise en place des normes d’assurance-qualité et l’aseptisation des fermes.» Pour éviter les épidémies, les producteurs de porcs ont choisi «la traçabilité des animaux», un système retenu par le Québec et qui permet de retracer rapidement la source de contamination.Les producteurs ont aussi tenu à réaffirmer leur détermination à améliorer leur performance environnementale et aimeraient bien qu’on reconnaisse les efforts qu’ils consentent.«C’est sûr qu'on produit plus de porcs qu'il y a 15 ans, a souligné M.Pouliot, mais nos pratiques ont tellement changé que la charge environnementale n’est pas plus élevée qu’à ce moment-là.» Ije président de la Table filière, Réal Gauthier, a précisé les engagements de l'industrie: une production soumise au principe de «l’écoconditionnalité» qui se traduira par le développement à court terme d’un programme de validation à la ferme, tenant compte de la réduction de la pollution agricole et des odeurs, et l’élaboration d’un programme de certification agroenvironnementale reconnu internationalement Médecins, à vos galons à mesurer ! Le tour de taille d'un homme en dit long sur sa santé, selon des chercheurs québécois ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les hommes devraient surveiller davantage leur tour de taille que l’aiguille de leur pèse-personne, selon une étude québécoise sur les risques de l’obésité, publiée dans la dernière édition du prestigieux British Medical Journal.Selon cette recherche réalisée par des chercheurs de l’Université Laval, à Québec, les hommes de plus de 40 ans qui présentent un abdomen rondouillet et un taux de triglycérides élevé dans le sang courent 20 fois plus de risques que les autres de faire un infarctus ou de développer une maladie chronique comme le diabète ou l'hypertension.Un tour Ces données remettent en cause la croyance populaire voulant que l’obésité de taille constitue à elle seule le risque de santé le , plus important de certaines maladies.Se- supérieur Ion le D’Jean Després, directeur de la re- , „„ cherche à l’Institut de cardiologie du Qué- ® cm bec et coauteur de cette étude, des don- , .nées révèlent que le tour de taille des pa- est un tients serait un indice bien plus révélateur innuiétant des risques qui les guettent que leur poids.4 «Il faut aller au delà du poids corporel.Il y dont il faut a des gens qui peuvent présenter un poids santé mais qui sont les plus à risque de ma- tenir Compte ladies graves parce que leur gras se concentre dans la cavité abdominale», soutient le D’ Després.En effet, le Dr Després et ses collègues, Isabelle Lemieux et Denis Prud’homme, démontrent dans cette dernière étude que 80 % des hommes de plus de 40 ans qui ont un tour de taille supérieur à 90 centimètres et des concentrations de triglycérides de plus de 2 mmol/litre dans le sang ont 20 fois plus de chance que les autres hommes de leur âge de développer une maladie cardiovasculaire ou un diabète de type 2.Les patients qui affichent une tension artérielle et des taux de cholestérol normaux ne devraient donc pas se réjouir trop vite.Leur morphologie pourrait malgré tout faire d’eux des candidats de choix à plusieurs maladies chronique^ pourtant jusqu'ici associées à un excès de poids.A l’heure où l'obésité devient un problème de santé de plus en plus généralisé en Amérique, il est urgent que les médecins rectifient le tir et traitent aussi ces patients qui, à première vue, pourraient être jugés hors de danger.«Ce que nous disons, c'est que peser les patients ne suffit plus.Il faut que les médecins sortent un ruban à mesurer car le tour de taille devient l'équivalent d’un signe vital.Ça ne coûte rien et c’est un dépistage très rapide.Cette information est à ce point critique qu’elle devrait figurer dans le dossier médical de tous les patients», insiste le Dr Després.A la lumière de cette étude, certaines personnes obèses pourraient donc être moins menacées que celles, plus minces, présentant cette forme d'obésité abdominale.Les chercheurs insistent d’ailleurs sur l’importance de poursuivre les recherches afin de savoir si les femmes et les hommes d’autres groupes ethniques que ceux de type caucasien présentent ces mêmes facteurs de risque.Deux compagnies profitaient hier de l’intérêt croissant accordé à la montée en flèche de l’obésité en Amérique du Nord pour faire valoir leurs médicaments anti-obésité.Mais selon le Dr Després, on ne doit pas trop espérer de ces médicaments qui constituent, à son avis, un traitement d’exception pour les personnes dont l’obésité met leur santé en danger.«Si les gens mangeaient bien et faisaient de l’exercice, on n’aurait pas tant de problèmes d'obésité.Il faut arrêter de dire que l’obésité est une maladie qui se traite avec des médicaments, conclut le Dr Després.C’est un état que l’on doit traiter par une approche globale qui ne se limite pas à la seule diminution du poids par des pilules.» .Ailleurs au Canada Un francophone sur deux étudie en anglais PRESSE CANADIENNE Ottawa — Malgré les progrès accomplis dans la gestion scolaire au cours des dix dernières années, seulement un peu plus de la moitié des jeunes francophones hors Québec étudient en français, révèle une étude du Commissariat aux langues officielles publiée hier.De 1986 à 1996, la proportion de jeunes francophones fréquentant les écoles dans leur langue est passée de 45 à 54 %.Un progrès que la commissaire Dyane Adam juge insuffisant.«Force est de constater qu’il reste bien du travail à faire pour attirer davantage cette clientèle potentielle dans les écoles de langue française.La vitalité des communautés francophones minoritaires dépend de leur capacité à renouveler leur jeunesse formée adéquatement en français», a-t-elle souligné en commentant l’étude.Ce travail visait à analyser les effets de l’entrée en vigueur de la Charte canadienne des droits et libertés, en 1982, dont l’article 23 garantit les droits à l’instruction dans la langue de la minorité.Rappelons que, depuis ce temps, les francophones ont remporté plusieurs victoires importantes devant les tribunaux en matière de gestion scolaire.«L’œuvre est loin d’être achevée, a ajouté Mme Adam, et l’article 23 n’a pas encore porté tous ses fruits.» Les NOUVELLES MISES EN GARDE de Santé Canada sur les paquets de cigarettes.feMENT «ndrÊÏ^utvous Santé Canada Il est temps de voir si la cigarette est vraiment sexy.¦v' ' www.infotabac.com 1 800 O-Canada (1 800 622-6232) Canada chef de file ford focus 2001 SE berline 16995 /mois Location 36 mois Avec mise de fonds de 1 995 $ TRANSPORT INCLUS Transmission manuelle 5 vitesses Moteur 2 L SRI 4 cyl.Antidémarrage Securil_ockMC Climatiseur Verrouillage électrique des portes Radio AM/FM stéréo avec lecteur laser Banquette arrière divisée 60/40 Choisissez le paiement sur 36 mois qui vous convient le mieux Mise de fonds ou échange équivalent Mensualité 1995* 229 */mois 995* 259 */mois O* 289 */mois exigez VOS CONCESSIONNAIRES FORD DU QUÉBEC www.forcl.ca 'Transport (730$) et taxes applicables en sus et réels mobiliers en sus.Des frais de "Transport inclus.Aucun dépôt de sécurité requis.Mise de tonds et première mensualité exigées.Immatriculation, assurances, taxes et frais d’inscnption au Registre des droits personnels 0,08$ du kilomètre après 60000 kilomètres et d'autres conditions s'appliquent.Sous réserve de l'approbation du crédit.Voyez votre concessionnaire pour obtenir tous les details t ? L K DEVOIR.L E M E R t R E I) I 28 MARS 2 O O I LES A C T l'A LIT É S Sommet des .Amériques à Québec Ménard craint des manifestations plus violentes qu’à Seattle MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Les violentes manifestations survenues lors des sommets de Prague et de Seattle risquent detre pires au Sommet des Amériques.«Il faut se préparer à une situation encore plus grave que celles qui ont été vécues auparavant», a déclare le ministre de la Sécurité publique, Serge Menard, hier.Parmi les milliers de manifestants attendus à Québec en avril prochain, plusieurs font partie de groupes organisés, habitués aux affrontements avec les policiers.C’est d’ailleurs pour faire face à «ce qu'il y aura de pire» que plus de 6000 policiers, spécialement entraînés et équipés, seront chargés de la sécurité au centre-ville de Québec.Les policiers sont actuellement soumis à un entraînement intensif.Des psychologues, experts en réaction de foule, leur enseignent à réagir aux provocations.La GRC aura 3300 policiers en fonction, la SQ en aura 2000 et 750 policiers municipaux leur prêteront main-forte.C’est sans compter les policiers étrangers et les policiers des escouades tactiques, dont le nombre est toujours gardé secret ARCHIVES LE DEVOIR Les affrontements entre policiers et manifestants antimondialisation avaient été violents à Seattle, en novembre 1999.• Ce n est pas parce que nous nous préparons à ce qu ’il y aura de pire que nous le souhaitons.Je souhaite du fond du cirur qu’il y aura le moins d'arrestations possibles; mais il faut être réaliste, il risque d'y en avoir plus que moins», a ajoute M.Ménard.la prison d’Orsainville sera donc videe pour y loger 450 manifestants.A Seattle, il y avait eu 1500 arrestations.un imprévu qui avait cause bien des souris aux autorités.Par ailleurs, toutes les precautions sont prises pour éviter les bavures policières lors des manifestations.la1 matricule des policiers sera peint sur leur uniforme et ne pourra être dissimulé.Des caméras filmeront leur travail et ceux qui ne respecteront pas le code d’éthique seront assurément repérés, Québec ne veut pas d’images télévisées qui auraient un impact négatif sur sa réputation.«Nous accordons autant d'importance à la sécurité et aux droits des manifestants qu'à la sécurité des personnalités que nous devons protéger», a déclaré M.Ménard, précisant que la mission des policiers sera de neutraliser ceux qui commettront des gestes violents dans le but d’attirer l’attention internationale.300 leaders se réunissent à Ottawa Les autochones des Amériques dénoncent leur exclusion du Sommet de Québec L’écart se creuse entre enfants pauvres et riches PRESSE CANADIENNE Ottawa — La hausse marquée des frais d’utilisation liés aux activités récréatives a contribué, au cours de la dernière décennie, à accroître le fossé entre les enfants pauvres et ceux vivant dans des foyers mieux nantis, indique un rapport du Conseil canadien de développement social (CCDS).«Notre recherche confirme que l’écart s'accroît entre la majorité des enfants qui profitent des avantages de la pleine participation à la vie de leur communauté et ceux qui risquent d’être exclus et de tomber à la traîne», peut-on lire dans ce document dévoilé hier.Dans ce cinquième rapport annuel, le conseil dévoile quelques progrès mais souligne des tendances à son avis inquiétantes.L’examen de 167 centres de loisirs municipaux du pays a permis de conclure que 90 % d’entre eux imposent des frais d’utilisation pour les activités aquatiques, athlétiques et artistiques.Près de 90 % posent aussi d’autres obstacles à la participation de certains enfants.Au cours de la période de l’enquête, soit de 1993 à 1998, 80 % des centres n’avaient ni imposé ni relevé le montant des frais d’utilisation existants.«C’est très décourageant d’apprendre que les trois quarts des enfants de foyers très pauvres participent rarement à des activités sportives supervisées, comparativement à un quart des enfants de milieux aisés», a commenté Marcel Lau-zière, directeur général du CCDS, La recherche suggère que les enfants participant à des activités organisées développent une plus grande estime de soi et sont en meilleure santé.Le rapport note aussi la hausse des coûts de l’éducation, par exemple pour lés manuels et les fournitures scolaires, les tarifs de cours et autres frais de scolarité.Les familles à faible revenu ont essuyé à ce chapitre une hausse de 107 % des dépenses annuelles, passées d’une moyenne de 238 $ en 1992 à 493 $en 1998.Voici d’autres données observées par le CCDS et ayant un effet direct sur l’épanouissement des enfants: ¦ l’écart de revenu s’accroît au Canada: les ménages les mieux nantis ont vu leur revenu augmenter de 20 (XX) $ de 1993 à 1998, tandis que ceux en bas de l’échelle des revenus ont subi une baisse de près de 1000 $ dans la même période; ¦ les enfants continuent d’être exposés à des contaminants environnementaux, alors que les normes ne s’adaptent pas aux nouvelles données sur les produits dangereux; ¦ les enfants ayant des besoins spéciaux, pour cause de handicaps ou de troubles affectifs, sont victimes du sous-financement des ressources spécialisées, voire d’absence de tels services en milieu rural; ¦ il y a un écart informatique dans les foyers canadiens, l’accès aux ordinateurs étant lié de près au revenu; ¦ les familles trouvent de plus en plus difficile d’avoir accès à des logements sécuritaires à prix abordable, conditions essentielles au développement des enfants.PRESSE VAN AP 11 \ N 1 Ottawa — Plus de 3(X) leaders autochtones du Canada, des Ku>ts-l nis et de l’Amérique latine se réunissent à Ottawa aujour d’hui alin de discuter de plusieui-s enjeux communs et protester contre leur exclusion du Sommet des .Amériques, à Quebec.hi militante guatémaltèque des droits de la personne et Prix No bel de la paix (1992) Rigoberta Menchu compte parmi les participants les plus en vue de cette rencontre.Ce Sommet des peuples indigènes des Anuriques abordera les mêmes thèmes dont entendent discuter les repn-sentants des 34 nations réunis du 20 au 22 avril au sommet de Québec.Il y sera question de développement economique, de responsabilit treprises, d’Internet, de droits de la personne et de l’expansion du commerce panaméricain.les opposants au projet d’Ac cord de libre-échange des Amériques en redoutent particulièrement les conséquences sur les droits humains, l’environnement et les pauvres.Les peuples indigènes, dont les terres et les droits sont affectés par le commerce, sont trop souvent mis de côté, estime Ghislain Picard, vice-chef de l’As Une manifestation pacifique aura lieu sur le pont de Cornwall des en- semblee des IVemieres Nations.Et c'est même le cas dans des iwys tel le Guatemala, où la population est majoritairement autochtone, dit-il.«C'est vraiment un contexte de colonisation, meme aujourd’hui, ("est pourquoi il est si important de nous reunir.Je pense que nous avons le devoir deveiller la conscience des Flats.» Les délégués au sommet d’Ottawa se pencheront sur un projet de declaration des droits des peuples autochtones, mis en avant en 1997 par l'Organisation dos Etats américains, fai encore, a dit M.Picard, les leaders des Pre mieres Nations altir ment ne pas en savoir assez à propos de ce document.Cette rencontre qui coûtera 500 000 $, presque entièrement financée par le gouvernement federal, se conclura samedi par le dévoilement de recommandations à sou mettre au sommet de Quebec Par ailleurs, une manifestation pacilique aura lieu le 19 avril près de Cornwall, sur le pont interna tional enjambant la voie maritime du Saint laurenl.L'événement auquel contribuent quelques Mohawks de la réserve d’Akwesasne pourrait ralentir le Ilot des quelque (i(XH) voitures qui traversent ce |>ont chaque jour.Luc BERTRAND CEI.ÉBRITÉS/Collection biographique Antoine Labelle, le Roi du Nord Un géant dims tous les sens du mot.22e Salon du livre de l’Outaouais 28 mars au 1er avril 2001 au Palais des congrès de Hull Adultes : 6 $ - Adolescents : 3 $ Enfants : Gratuit (12 ans et moins) Jeudi 29 mars de 15h à 20h : Gratuit sur présentation de la carte étudiante Vendredi 30 mars de 13h à 17h : Gratuit pour les 50 ans et + Remise de coupons-rabais d’une valeur équivalente à votre prix d’admission valides au Salon ou chez les librairies participantes de l’Outaouais jusqu’au 30 avril 2001 (détails à l’entrée).chef de famille ford focus 2001 SE familiale Transmission manuelle 5 vitesses Moteur 2 L SRI 4 cyl.Antidémarrage SecuriLockMC Climatiseur Verrouillage électrique des portes Radio AM/FM stéréo avec lecteur laser Banquette arrière divisée 60/40 Essuie/lave-glace arrière Porte-bagages Cache-bagages Choisissez le paiement sur 36 mois qui vous convient le mieux OU $** /moi: Location 36 mois Avec mise de fonds de 1 995$ TRANSPORT INCLUS Mise de fonds ou échange équivalent Mensualité 1 995 * | 239 •/mois 995* 269 */mois O* 299 */mola exigez VOS CONCESSIONNAIRES FORD DU QUÉBEC www.ford.ca •Transport (730$) et taxes applicables en sus."Transport inclus.Aucun dépôt de sécurité requis Mise de fonds et première mensualité exigées.Immatriculation, assurances, taxes et frais d'inscription au Registre des droits personne ', et réels mobifers en sus.Des frais de 0,08$ du kilomètre après 60000 kilomètres et d'autres conditions s'appliquent.Sous réserve de l'approbation du crédit.Voyez votre concessionnaire pour obtenir tous les détails \ t A H I.K DEVOIR.L E MERCREDI 2 X M A R S 2 O O EDITORIAL La volonté de punir La Cour suprême des Etats-Unis étudie actuellement la constitutionnalité de la peine de mort infligée aux handicapés mentaux.En jugeant recevable le recours déposé en ce sens, le plus haut tribunal du pays a du coup favorisé l’amorce d’un vaste débat.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS E b: Serge Truffaut ?O n 1987, Ernest McCarver a été condamné a la peine capitale pour avoir poignardé une serveuse de restaurant.Depuis lors, il compte ses heures dans le couloir de la mort d’une prison située en Caroline du Nord.Il y a quelques semaines de cela, McCarver a obtenu un sursis peu avant que l'on ordonne l’injection léthale, l’injection fatale, après que les neuf juges de la Cour suprême eurent signifié que l’article 8 de la Constitution commandait une étude du dossier.L'article en question stipule que "des cautions excessives ne seront pas exigées, ni des amendes excessives imposées, ni des châtiments cruels et exceptionnels infligés».S’appuyant sur une batterie de tests qui concluent tous la même chose, à savoir que McCarver a le quotient intellectuel d’un gamin de six ans, ses avocats assurent que l’article 8 devrait s’appliquer.D’autant, assurent-ils, que les mentalités ont évolué de telle sorte que l’inventaire des tabous à l’endroit des maladies mentales a diminué comme peau de chagrin depuis 1988.Cette année-là, la cour avait décidé de mettre la portée de l’article 8 entre parenthèses et donc d’autoriser la mise à mort d’un handicapé mental.Depuis lors, de l’eau a coulé dans les veines du vin, de telle manière que treize des cinquante États de l’Union ont décidé d’interdire le châtiment suprême dès qu’il s'agissait d’un handicapé.A ce propos, il faut rendre grâce à la juge Sandra Day O'Connor qui, dans une conclusion dissidente lors du cas analyst! en 1988, avait usé d’accents si convaincants que onze États avaient dans la foulée décidé d’interdire ce que l’on sait L’an dernier, un handicapé* est passé à la trappe, ainsi d’ailleurs que quatre individus qui étaient mineurs au moment des faits.Tout naturellement, on va se demander: mais pourquoi diable le plus haut tribunal du pays se penche-t-il sur cet aspect du dossier alors que des Etats ont le pouvoir de prendre unilatéralement certaines libertés?la réponse tient tout d'abord à l’incroyable complexité du système judiciaire des États-Unis.Dans le cas qui nous occupe, il faut savoir que les gouverneurs de tous les États du Sud, ainsi que de l’État de Washington, ont un pouvoir sans toutefois avoir tousles pouvoirs afférents en la matière.Plus précisément, le protocole conçu pour tout ce qui a trait à la grâce est le suivant: les gouverneurs des États identifiés peuvent gracier une personne condamnée à mort lorsque preuve a été clairement établie que celle-ci était innocente mais ils ne peuvent pas lui ouvrir les portes de la prison, ils ne peuvent pas lui indiquer les chemins de la liberté, tant et aussi longtemps que le président n’aura pas, dans un deuxième temps, accordé sa grâce.Et comme la peine de mort est un sujet sur lequel tous les présidents des États-Unis ont capitalisé, un innocent, un handicapé, un gracié au niveau de l’État du Texas est mort derrière les barreaux.A ce propos, et cela n’est en rien cocasse, le juriste qui avait fait la preuve que cet individu n’était pas responsable du drame est celui qui avait demandé et obtenu la peine capitale des années auparavant.C’est bien évidemment par elle, l’innocence, que le débat est à la veille d’exploser.Depuis que le gouverneur de l’Illinois, George Ryan, a imposé un moratoire à cet égard, les discussions se sont articulées sur un mode d’autant plus vif que treize personnes en douze ans ont été innocentées alors que douze ont été exécutées au cours de la même période dans cet État.Selon une étude approfondie d’Amnesty International, on a la certitude qu’au moins 23 êtres humains ont été liquidés alors qu’ils n’étaient pas coupables.Depuis une dizaine d'années, les cafouillages du système ont favorisé un accroissement des erreurs judiciaires.Faute de disposer des moyens financiers suffisants, les handicapés, les Noirs et les Hispaniques remplissent les couloirs de la mort en proportions beaucoup plus imposantes que les Blancs.Ainsi, les Noirs, qui représentent 12 % de la population américaine, forment la moitié des abonnés aux couloirs du trépas.Ceci s'explique par cela : dans la très grande majorité des cas, les jurys se composent uniquement de Blancs.Qui plus est, la Cour suprême a estimé qu’exclure les opposants à la peine de mort des jurys n'était pas inconstitutionnel.A l'évidence, l’état actuel du dossier révèle que la volonté de punir séduit davantage les Américains que la volonté de justice.Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE un Bon AVoCAT ?M \ '4r [V lu II" CTi- frdR'WTrr LETTRES La lecture à tout âge «Oui aux livres» : la réplique des enseignants au primaire de Sherbrooke, Yves Nadon et Manon Aubert (Le Devoir, 21 mars 2001), de toute évidence, est irréfutable.Quand les auteurs disent qu’«i7 y a actuellement plus de livres publiés pour la jeunesse qu’à aucune période de l’histoire; et cette quantité n’est pas visible dans les écoles [.]», ils touchent là un point majeur, à savoir l’inaccessibilité aux livres pour bien des jeunes.En accord avec leurs propos, j’ajoute mon grain de sel: une idée pertinente, formulée selon la grille haiku 5-7-5, que voici : «Du goût du livre Naît l'appétit du savoir Et l’art de vivre» 0- L, 1995) Jacques I.amarre (77 ans) Montréal, mars 2001 Le Sommet des riches Américains Notre gouvernement nous fait croire que nous, le peuple, vivons en parfaite démocratie, alors qu’il s'agit en fait de plutocratie où le pouvoir est donné aux riches.En effet, le commun des citoyens canadiens n’aura même pas droit de parole lors du Sommet des Amériques qui aura lieu sous peu à Québec.En fait, le peuple n’a même pas accès aux textes qui traitent des nombreuses questions et des décisions qui seront prises prétendument en sa faveur, derrières des portes closes.On pousse l’ironie jusqu’à interdire à nos propres élus l'accès à ces écrits importants pour notre avenir à tous dans un pays de moins en moins démocratique.En effet, pour avoir une chance de vous faire entendre lors de ce ressemblement, vous devez débourser au gouvernement entre 75 000 $ et un million de dollars.C'est scandaleux! De plus, le gouvernement fait ériger pour l'occasion un gigantesque périmètre de sécurité afin de repousser les manifestants pacifiques qui ne réclament, en fait, que le respect de leurs droits, c’est-à-dire l’accès à l’information qui les concerne.Au Somment des Amériques, on prendra des décisions qui changeront la vie des citoyens de notre pays prétendument démocratique, mais nous n’avons pas un mot à dire! Les dirigeants des 34 pays des Amériques qui participeront au sommet ont certainement quelque chose à cacher, l'heure est grave! Ces dirigeants prendront en fait les décisions en leur faveur et en celle des compagnies qu'ils protègent et enrichissent, sans se soucier du peuple de plus en plus pauvre, en argent comme en pouvoir.Cuba a été exclu par le Canada sous prétexte qu’il est un pays antidémocratique.Le Canada agit, lui, de façon parfaitement démocratique, peut-être, en nous interdisant l’accès à l’information et en nous tenant à l'écrart des décisions qui nous concernent?Alexandre Gagnon, Julie Girard, Marylène Barrette, Marilyn Jean, Ludovic Coté, Geneviève Bédard 22 mars 2001 Le problème des universités au Québec La perte d’un contrat d’enseignement sur mesure par l'UQAM parce que le syndicat a refusé une dérogation à la convention collective pour permettre une partie de l'enseignement en anglais met en évidence un problème qui hante les universités québécoises depuis les LIBRE OPINION Le modèle québécois simplifié et vilipendé de nouveau par les ultralibéraux PIERRE-ANDRÉ JULIEN Chaire Bombardier en gestion du changement technologique dans les PME Dans ces pages, le 15 mars dernier, Brian Lee Crowley, de l’Atlantic Institue for Markets Studies, et Michel Kelly-Gagnon, de l’Institut économique de Montréal, petits frères de la Fraser Institute et fils de l’école économique de Chicago, utilisaient la récente sortie de Bernard landry contre de nouveaux paiements de péréquation du federal pour critiquer de nouveau les interventions de l’État de Québec ou d'Ottawa.Pour eux, «l’État tentaculaire», comme ils disent, est le mal absolu; alors, seul le marché complètement libre doit gérer l'économie.Ces gens oublient toutefois d’expliquer, par exemple, pourquoi la Californie est au bord de l’asphyxie à cause de sa privatisation sauvage de la production et de la distribution de l'électricité, ou encore pourquoi la maladie de la vache folle et la fièvre aph-teuse st* sont répandues si rapidement en Angleterre à la suite des politiques de Margaret Thatcher, qui ont détruit tout ce qui freinait l'optimisation de la production et la circulation des animaux.Et ils défendent évidemment les grands patrons des 39 géants pharmaceutiques que l’on qualifie de criminels alors qu'ils poursuivent le gouvernement sud-africain pour favoriser l'accès aux médicaments génériques moins coûteux pouvant freiner le fléau du sida, ou encore John Roth, le patron de Nortel, dont les actions ont perdu plus du tiers de leur valeur, qui va pourtant mettre à pied plus de 10 (XX) employés après avoir empoché 100 millions SUS en 2000 et reçu six millions SUS en prime cette année.Non lias que le marché soit nécessairement mauvais.même s'il génère aussi beaucoup de bureaucratie dans les grandes entreprises.Comme ce dernier, le gouvernement fait de bons coups et des erreurs qu’il faut compenser par une présence importante des uns et des autres, si possible en recourant à différentes formes de concertation entre les uns et les autres, auxquels se joindront les syndicats, comme l’ont montré avec succès les modèles suédois ou allemand et comme essaie de le faire de façon originale le modèle québécois.D'ailleurs, ces ultralibéraux se servent le plus souvent du succès du modèle américain pour essayer de démontrer que seul le néolibéralisme peut conduire à la prospérité, mais ils oublient toutefois de rappeler que le gouvernement américain subventionne aussi à tour de bras ses entreprises, plus de 65 milliards de dollars américains en 1998, comme vient de le montrer l’OCDE.Des richesses naturelles à l’économie du savoir Si le modèle social-démocrate québécois était si mauvais, on aurait assisté à une détérioration constante de l’économie québécoise depuis la victoire du Parti québécois en 1976.Or les récentes données montrent au contraire que le Québec est en train de réussir la transformation de sa vieille économie basée sur l’exploitation des richesses naturelles vers la nouvelle économie du savoir, grâce à cette concertation tripartite et malgré des politiques fédérales favorisant avant tout le développement de l'Ontario.Pour le taux de chômage, mon collègue Pierre Fortin vient de montrer que l'écart des taux d'emploi entre le Québec et l’Ontario, qui avait augmenté systématiquement entre 1950 et 1982, diminue depuis lors.C’est ce qui explique que la croissance du revenu intérieur par habitant au Québec a été beaucoup plus rapide qu'en Ontario, faisant en sorte que l’écart de 30 % en 1950 n’est plus que de 12 % en 2000.Les der- nières données de l'Institut de la statistique du Quebec montrent que la diminution de l'écart a été particulièrement rapide dans la dernière décennie: ainsi, de 1992 à 1999.la croissance du revenu personnel au Québec a augmenté plus rapidement qu’en Ontario, soit de 16,2 % contre 13,8 %.Mais l'effort le plus grand s’est fait du côté de la productivité au Québec.Celle-ci est passée de 86 %, comparativement à l'Ontario, à égalité l’an passé.Cette croissance s’explique d’abord par des efforts constants de l'État québécois pour une formation accrue.Ainsi, le Québec se situe au premier rang des 24 pays de l’OCDE avec un taux de scolarisation de sa population âgée de 5 à 29 ans de 78 %, devançant ainsi l’Australie (76,7 %), la Belgique (70,8 %) et l'Islande (70,5 %); les données touchant l’enseignement postsecondaire (cégep et université) sont également favorables au Québec avec un taux de scolarisation de 20,3 % chez les 17-34 ans contre 16,9 % pour le Canada, 16,2 % pour les États-Unis, 15 % en Australie et 11,2 % pour l’ensemble des pays de l’OCDE.Une deuxième variable est l'aide importante du Québec en faveur de la recherche-développement Par exemple, du côté de la recherche universitaire, si la Suède dépensait, en 1997, 147 $ en.moyenne par habitant, les Pays-Bas, 126 S, et les États-Unis.111 8 (dans ce cas, notamment, pour les besoins militaires), le Québec, pour sa part, en était à 94 S, soit plus que l’Allemagne (92 $).la France (83 S) et bien plus que la moyenne canadienne (80 $) et l’Ontario (78$).Et les deux derniers budgets Landry devraient permettre d'augmenter ces sommes de près de 50 %.Pourtant, l’Ontario profite terriblement de la manne fédérale puisque plus de 55 % des laboratoires de recherche fédéraux sont dans cette province alors que le Québec, de son côté, reçoit depuis années 70, lorsque la syndicalisation des professeurs d’université s’est faite.Il faut rappeler qu’en droit le statut des universités est déterminé par leur constitution en elisimonary corporations, selon la nomenclature employée par le juriste Blackstone.Cette constitution permet les titularisations universitaires et le principe de la liberté universitaire qui a été appliqué au Canada, entre autres dans l’arrêt Feketee c.McGill.Or ce statut est tout à fait incompatible avec la syndicalisation des professeurs pour les raisons suivantes: dans un premier temps, il fait dépendre la titularisation universitaire de normes collectives plutôt que du mérite individuel; en second lieu, le statut syndical, qui suppose un contrat d'emploi selon le Code du travail et un contrat d'emploi impliquant un lien de subordination selon le Code civil, est incompatible avec le principe de la liberté universitaire.La conséquence de ce système est que les professeurs d’université, faisant partie d’un syndicat, se retrouvent en tant que membres d’une association de travailleurs en conflit d’intérêts avec la corporation qu’ils sont censés former en raison de leur statut d'universitaires.Une telle situation ne peut que jouer au détriment de la société qui soutient financièrement un tel réseau universitaire comme le Québec le fait, en raison de la Loi sur les universités.Une réforme qui remettrait en valeur les principes de bénéfice social et de liberté d'enseignement qui soutiennent l’université depuis que cette institution existe — on peut même remonter à l’Empire romain d’Orient pour l’établir (vide Corpus Juris Civilis, Codex, Ub XII tit XXX) — s’impose pour redonner à l’uni-versité québécoise sa dignité.François Dorion 15 mars 2001 les 20 dernières années moins de 16 % des dépenses fédérales.C’est ce qui explique pourquoi M.londry affirme que ie Québec préférerait bien plus recevoir des fonds en recherche et développement que des paiements de péréquation.La croissance du PIB québécois Enfin, les organisations publiques comme la Caisse de dépôt et placement et la Société générale de financement, en plus d'autres organisations comme le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et maintenant Fondaction de la CSN, les centres Innovatech et autres organismes semblables soutenus par l’État québécois, jouent un rôle majeur dans la restructuration de l’économie québécoise.Dans le premier cas, ce n’est pas pour rien que le gouvernement fédéral a créé l'an dernier une caisse semblable, soit l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada, pour imiter le Québec 35 ans plus tard.Ajoutons que cette caisse fédérale a perdu 453 millions de dollars au trimestre dernier alors que la caisse québécoise continuait de faire des profits.Si les prévisions pour cette année se confirment, la croissance du produit intérieur brut du Québec dépassera celle de l’Ontario.Le Québec, depuis plus de dix ans.a fait des pas de géant avec son modèle de coopération et de concertation.Si c’est cela, la mauvaise main visible du gouvernement et le résultat du modèle québécois, il faut vraiment faire œuvre de mauvaise foi et de parti pris pour chanter les mérites du seul marché et oublier les multiples erreurs qu’il peut aussi générer sans surveillance et sans intervention complémentaires de l’État.Mais il est vrai que lorsque seule l'idéologie soutient l’analyse de ces gens, il est bien difficile d'en discuter et de démontrer le caractère trop souvent simpliste de leurs propos.I K I) K V O I R .i.K M K R < R K I) I 2 MARS 2 II O I IDÉES Réaction à la réplique de Micheline Labelle Si le racisme n’est pas naturel, qu’est-il, au juste?GILLES BIBEAU Professeur de sciences de l’éducation à VUniversité de Montréal ai lu avec intérêt et attention la réplique de Micheline Labelle à l’article que Le Devoir a publié et dans lequel je soutenais que le racisme est naturel, c’est-à-dire qu’il fait partie des applications normales des lois de la nature chez les humains, comme chez les animaux, en particulier les mammifères.J'ai même été très satisfait au total, de constater que votre long discours sur l’utilisation du racisme à des fins politiques, militaires, économiques, sociales, etc., et ce, à travers le monde, ne faisait que confirmer qu’il s'agissait là d’un phénomène universel, répétitif, utilisé par les plus forts pour justifier leur domination, leur exploitation, leur violence, ou utilisé par les plus faibles pour s’opposer à la force lorsque cela leur devenait possible (ce que vous appelez le racisme à rebours).Lorsque vous soutenez, après Albert Memmi, que le racisme est un phénomène historique et l’expression d’un raté de la relation avec autrui, vous ne mettez pas véritablement en question son origine ou sa source.Autrement dit, ce n’est pas parce que des pays, des groupes, des individus ont utilisé le racisme pour dominer, exploiter, écraser d’autres pays, d’autres groupes ou d’autres individus qu’il n’est pas naturel.C’est peut-être justement parce qu’il est naturel, comme la violence et la plupart des comportements du même genre, qu’on le retrouve partout.Lorsque vous dites que l’idéologie raciste s’est structurée lentement à partir du XVI" siècle, vous laissez de côté 90 % de l’histoire de l’humanité, où le racisme a été présent partout et a servi à rayer de la carte des milliers de groupes et des milliards d’individus.Le racisme est présent dans la Bible (V siècle avant Jésus-Christ) et dans presque toutes les religions.Que des chefs politiques ou militaires aient utilisé le racisme plus explicitement pour atteindre leurs objectifs de domination lors des activités de colonisation des derniers siècles à travers l’Europe, l’Afrique et les Amériques (sans oublier l’Inde, l’URSS, le Japon, etc.), cela ne signifie pas qu’il n’ait pas toujours existé.J’ai commencé à comprendre votre argumentation dans la dernière partie de votre texte.Vous opposez - les cultures universalistes, «qui valorisent l’esprit d'en-?treprise et l’individualisme», aux cultures particula- - ristes ou communautaristes, «qui inhibent cet individualisme», et vous affirmez qu’elles sont incompa- ¦’ tibles.Vous semblez adhérer à la supériorité de la cul-_ ture universaliste.Dans la culture universaliste, il n’est ' pas normal de penser, comme Jean-Marie Le Pen, que «nous avons non seulement le droit de défendre notre personnalité nationale, nous avons nous aussi notre droit à la différence».Il s’agit là, pour vous, d’un néoracisme de droite, à la source des nombreux problèmes de contact entre des communautés ou des individus.Ce néoracisme «s'alimente de l’insécurité politique, culturelle, identitaire propre à nos sociétés modernes».Ainsi, pour vous, si je comprends bien, vivre et exprimer de l’insécurité politique, culturelle, identitaire est une manifestation de racisme.Un peu comme si les cultures dites universalistes n’étaient pas en même temps particularistes, c’est-à-dire visant les intérêts d’une ou de quelques communautés particulières, surtout parce quelles sont plus grandes et plus fortes.J’avoue, à la fin, que je ne comprends plus, même si je reconnais que votre perspective correspond à une idéologie politique et économique très répandue, surtout chez les anciens colonisateurs qui ne trouvent pas normal (ou qui trouvent raciste) que des communautés particulières puissent revendiquer le droit de défendre leur personnalité nationale, leur nationalisme ou leur droit à la différence et à l’existence politique.C’est le cas par exemple de la grande majorité des pays africains qui ont été divisés en petits morceaux par les colonisateurs (cer- lL à ü REUTERS Des prisonniers hutus, tenus coupables d’avoir participé au génocide de plus de 800 000 Tutsis, attendent leur exécution dans une prison de Kigali.Comme le Rwanda, la grande majorité des pays africains ont été divisés en petits morceaux par les colonisateurs pour éviter qu’ils expriment leur particularisme.Plusieurs de ces communautés s’entretuent aujourd'hui en partie à cause de ces divisions artificielles.tains de ces pays comportent jusqu’à 125 communautés différentes, par ailleurs distribuées sur trois, quatre, dix pays voisins) pour éviter qu’ils expriment leur particularisme (ou menacent à rebours le colonisateur); plusieurs de ces communautés s’entretuent aujourd’hui en partie à cause de ces divisions artificielles.On peut également regarder ce qui se passe entre les six communautés yougoslaves et plusieurs autres communautés homogènes (à 80 ou 90 %), comme bon nombre de départements français (la Martinique, la Corse, l’ile Maurice, la région basque, etc.), Israël, la Palestine et les pays voisins, plusieurs pays du Moyen-Orient, d’anciennes colonies françaises, espagnoles, portugaises, anglaises, qui vivent des conflits interminables parce qu’on ne veut pas accepter de reconnaître l’autonomie totale ou relative des communautés différentes qui les composent pour des raisons présumé-ment universalistes.Si le fait de considérer le modèle privilégié par les dominants économiques et politiques (y compris, parfois, l’ONU) comme supérieur à celui du respect des particularismes, des nationalismes, n’est pas du racisme renversé, je ne sais pas ce que c’est.Et que penser du Québec?Dans la perspective universaliste, les Québécois autonomistes ou nationalistes sont forcément des racistes d’extrême droite ou des néoracistes, mais pas ceux qui luttent contre leur perspective particulariste! Je ne comprends pas non plus que vous sembliez rejeter l’idée que le racisme puisse être naturel parce que cela serait un argument pour ne pas le combattre ou pour ne pas arriver à le vaincre sur le terrain.Au contraire, je suis convaincu qu'en l’admettant, on pourrait beaucoup plus sereinement le trai- Réplique à Gilles Bibeau Je suis convaincu qu’en admettant que le racisme est naturel, on pourrait beaucoup plus sereinement le traiter ter.Mais il faudrait changer de perspective et de méthode, c’est-à-dire arrêter de traiter les «racistes» d’anormaux ou de vicieux et les inciter non pas à considérer que leur communauté ne devrait pas exister mais à accepter progressivement que l'autre communauté est aussi valable, aussi intéressante, aussi «bonne» que la leur, et à reconnaître qu’ils ont tout intérêt à s’en rapprocher, du moins lorsque cela est profitable.Mais — car il y a un «mais» très complexe et difficile à appliquer — il faut en même temps faire une opération éducative ou socialisatri-ce auprès des membres de l'autre communauté.Comme je le disais, la socialisation implique toujours la réciprocité: sans elle, il n’est pas possible de convaincre des individus qu'ils doivent modifier leurs attitudes et leurs comportements, de la même manière qu’on ne peut pas convaincre quelqu’un d’abandonner la violence si on nç convainc pas les autres d'en faire autant.A mon avis, il ne sert pas à grand-chose, sinon à créer de la culpabilité, d’essayer de convaincre un ou plusieurs individus d’adopter des comportements «rapprochants» sans que les rapprochés fassent de même.On doit insister sur les avantages qu’il y a à le faire si on peut montrer de tels avantages, ce qui n’est pas toujours facile, je le reconnais.Il s’agit là d’un défi éducatif et culturel majeur dans notre monde «mondialisant».En vous parodiant, professeure Labelle (cf la dernière phrase de votre texte), je dirai pour terminer qu’il m'apparaît dangereux de postuler que le racisme n’est pas naturel, qu’il est plutôt politique (comme si les deux s’excluaient), qu'il est nécessairement de droite et qu’il n’existe pas dans le modèle dit universaliste.Prétexte futile pour un débat douteux JEAN-DOMINIQUE LECCIA Montréal .ans la page Idées du Devoir du mardi 20 Dmars 2001, Gilles Bibeau critique amicalement le titre choisi par les organisateurs de la semaine d’actions contre le racisme et la discrimination.En épousant une ap-===J] proche du racisme fondée sur des déterminismes naturalistes qui finissent par bousculer les valeurs culturelles les mieux établies, l'auteur conteste la formule «On ne vient pas au monde raciste.Pourquoi le devient-on?».Le racisme serait ainsi l’expression d’une volonté naturelle de sauvegarde ou de puissance confortée par des religions monothéistes consacrant la notion de peuple élu.Cette part de malveillance latente, voire d’inhumanité, serait, comme le bon sens, la chose la mieux partagée du monde.Pour légitimer cette opinion, l’auteur insiste sur le caractère universel d’un racisme qui serait la chose «la plus normale, [.] la plus naturelle qui soit».Il associe cette conviction à la légitime affirmation de sentiments d'appartenance communautaire en convoquant au passage les lois régissant le règne animal.Comme nous le verrons, l'argumentation n est pas nouvelle et permet à l’auteur de renvoyer dos à dos culture dominante et populations minoritaires discriminées.Reprocher le racisme à la nature, c’est un peu comme la rendre responsable du trou de la couche d’ozone Sous prétexte de juste équilibre ontologique, l’approche du racisme sans référence historique ou sociale particulière privilégiée par M.Bibeau masque la réalité présente de rapports de force qui ont conduit nos sociétés aux pires violences raciales, de l’ethnocide à l’esclavage en passant par la surexploitation de populations autochtones ou déportées.On ne s’étonnera pas de trouver dans son argumentaire la référence habituelle aux lois du règne animal, plus précisément celles des «mammifères que nous sommes » (sic), pour établir notre modeste microcosme comme une véritable jungle et cautionner la défense d’identités culturelles supposées menacées aux dépens de minorités se sentant elles-mêmes assiégées.La nature, décidément très en vogue par les temps qui courent, représente une fois encore dans cette approche le mal absolu et la source de tous nos maux, tandis que le règne animal, comme à l’ordinaire, est convoqué pour absoudre nos pires ignominies qui, soit dit en passant, vont bien au delà de la simple bestialité.C'est même très précisément dans cet au-delà que va prendre forme humaine ladite défense naturelle du territoire et de la hiérarchie.Les traditionnelles dynamiques d’asservissement, de déportation et de destruction de peuples qui ont eu cours dans l'histoire ont été, depuis plus de 300 ans, rationalisées puis industrialisées par notre meilleur des mondes occidental, lui qui mène le bal: traite né- Réforme de l’éducation Une école sans mémoire ?R K (.1 \ 1 I* I K R R 1 Professeure titulaire en didactique de la lecture à l’I’niversite tl< Montreal grière, ethnocide amérindien, colonialisme, Shoah, etc.On est loin de la survie animale et des lois d’une nature autrement généreuse et de surcroît pillée essentiellement par ces mêmes Occidentaux que nous sommes.Reprocher le racisme a la nature, c’est un peu comme la rendre responsable du trou de la couche d’ozone ou de la maladie de la vache folle.Il est inutile de l’accabler de nos crispations identitaires régionales alors même que les cultures desquelles nous participons lui tournent ostensiblement le dos.Il y a lieu de se distancier aujourd’hui d’une conception ethnocentrique, à saveur freudienne, où le rôle de la culture serait de sublimer le naturel sans jamais réellement y parvenir.nature n’a pas vocation à être le bouc émissaire d’opérations discursives visant a nous déresponsabiliser et a nous déculpabiliser.Il est temps pour les intellectuels de sortir de ces ornières de pensées nostalgiques légitimant un ordre fondé sur la totalité et la raison; il est temps de travailler à l’élaboration d’un champ culturel moderne autour du hasard et de la diversité, capable de formaliser de nouveaux magnétismes et de nouvelles synthèses.De mon point de vue, on l’aura compris, j’adhère totalement à la formulation choisie par les organisateurs de cette semaine: «On ne vient pas au monde raciste.Pourquoi le devient-on?».Elle inscrit le racisme dans le registre où il s'exprime, celui de rapports de force géographiques qui n’ont rien de vraiment naturels, et elle nous renvoie à notre sort commun, celui de participer à une chaine humaine dont la survie est aujourd'hui menacée sur la planète.a dernière reforme de l'école québécoise remonte aux années tit> « C "est (Xir cette citation.extraite des documents du ministère, que Jean-François 1 .opine introduisait l’émission Zone libre du vendredi l mars, le ministère de l'Education essaie de duper tout le monde lorsqu'il présente cotte reforme comme la première grande réforme depuis 10 ans.la transformation de l’école quobi voiso a commence il y a 20 tuts, avec la reforme de 1979.l’ense/y bien, vous dont les enfants allaient à l’eeole dans les années 80.Ont-ils appris à lire et à écrire de la même façon que vous, avec les mêmes méthodes que vous utilisiez dans votre temps?Si c’était le cas, je n’aurais pas, chaque année, dans mes cours de formation des maîtres, plus du tiers des etudiants qui me disent n’avoir jamais suivi de cours de grammaire.Contrairement à ce que laissent entendre les |torte-p«role du mi nistère, cela fait 20 ans qu’on n’enseigne plus systématiquement à nos enfants et qu’on leur fait croire qu’on IX'ut apprendre sans effort et sans emmagasiner des connaissances dans si mémoire.Une pédagogie de maternelle Si M.Lépine était venu me voir lorsqu'il préparait son émission, j’aurais pu lui donner des vidéos de pn>-jets que des enseignantes innovatrices expérimentaient dans mes cours du Programme de perfectionnement des maîtres en (tançais (PPMF), programme que le ministère de l'Education avait mis en place à grands frais pour implanter la reforme de 1979.Ces projets étaient tout à fini similaires au projet sur la flottaison des pommes qu’il nous a présenté à son émission.la seule différence, c'est qu’un projet comme celui-là, nous le faisions en maternelle, et nous allions déjà bien plus loin que ce que nous avons vu dans l’émission.Savoir écrire «la lettre g pour gramme» et «compter les pépins d’une pomme jusqu’à neuf», c’est d'un niveau du début de la maternelle, sinon de la pré-maternelle, pour les enfants d'aujourd'hui.Apprendre si les pommes flottent ou coulent, c’est bien beau.Ça fait en tout cas de plus belles images qu’une leçon de lecture où le public risque de ne pas comprendre ce qui se passe et où, surtout, l’enseignante risque d’être moins à l’aise parce que les enseignantes québécoises sont mal formées pour l’enseignement de la lecture, comme l’a illustré ce reportage.Pourtant, 80 % du temps d’enseignement en première année doit être consacré à l’enseignement de la lecture et de l’écriture.Or, faire flotter des pommes, ça relève des sciences, et on ne peut apprendre à lire et à écrire dans un tel brouhaha.Une pédagogie flottante Va-t-on faire flotter des pommes chaque automne, de la maternelle à la sixième année?C'est ce qui est arrivé dans les années 80.1 es enseignantes ont vite épuisé leur imagination pour monter des projets.Surtout, elles se sont rendu compte de toutes les difficultés que soulevait ce type de ixklagogie, la plus grosse de ces difficultés étant l’intégration des apprentissages.Intégrer les apprentissages, cela suppose de savoir quelle connaissance enseigner, comment l’enseigner, quand l’enseigner, selon quelle progression, tout cela en tenant compte du niveau de chaque enfant, ce que les Américains appellent le scaffolding (l’échafaudage) des apprentissages.Ce n’est pas avec 45 heures de formation en didactique de la lecture, sans les préalables nécessaires, que les enseignantes peuvent avoir acquis les competences pour prendre ces décisions didactiques dont dépend l’efficacité de l’enseignement.Il était là, l’écueil de la réforme de 1979, et la réforme 2(X)0 n'a fait qu’ajouter à la confusion, mais là aussi, le reportage de Zone libre est tombé dans le panneau de l’idéologie, un phénomène bien connu en recherche: l’effet Hawthorne, ou effet de nouveauté, qui fait perdre toute objectivité aux personnes qui ne sont pas prémunies.Comment a-t-on pu caricaturer de telle façon la difference entre la séquence sur la flottaison des pommes et la séquence sur l’enseignement de la lecture?Comment une enseignante ixut-elle suggérer de telle façon à ses enfants qu'ils doivent maintenant si' mettre en |x>-sition de travail et qu’ils vont s’ennuyer parce qu’on va faire de la lecture?Pas plus en éducation qu’en médecine, on n’a pas le droit de prendre nos enfants comme des cobayes |xnir tester des idées qui ne reposent que sur une vision éthérée de l’école entretenue par des non-spécialistes.On avait d’autant moins le droit de le faire qu’on s’est inspiré, nous apprend-on, d’un modèle qui aurait déjà été expérimenté ailleurs et dont les résultats, après cinq ans d’expérimentation, seraient plus que mitigés.In journaliste de Zone libre se réjouissait, avec le responsable de l’évaluation de la réforme suisse dont on se serait inspiré, que si la réforme n’avait !>as fait de véritables progrès (entre autres, elle n’avait pas réduit le redoublement), au moins, on n’avait i>as reculé! Est-ce qu’on investit dans une réforme des millions de dollars dont les écoles et les universités ont tant besoin et toutes les énergies humaines que cela suppose pour rester au même point?Est-ce qu’on a le droit de compromettre l’avenir de nos enfants pour tester un modèle d’éducation qui ne repose que sur des discours tenus par des idéologues qui seraient bien incapables de concevoir eux-mêmes le moindre projet pédagogique et encore moins de l’appliquer?En éducation, ne [>as avancer, c’est reculer, parce que les connaissances, elles, progressent, et les exigences de formation ne cessent d’augmenter.Ne pas préparer nos enfants pour demain, c’est hypothéquer leur avenir.Ijes parents ont raison de s’inquiéter.On n’a pas le droit de jouer de la sorte avec la vie de nos enfants.¦ Veuillez noter qu’Alain-Robert Nadeau est actuellement en vacances.Sa chronique sera de retour la semaine prochaine.L I P E I) U DEVOIR É Q U LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Marie Andrée Chouinard (éduration) Yves d’Avignon (sports), Faule des Rivières (editorialise), Jean Dion.Louis Gilles I rancœur (environnement) Judith Lachapelle {science), Benoit Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé/.Michel Garneau (caricaturiste) , Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques), Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteun): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) .à l’information culturelle Michel Bêlair (responsable), Stéphane Bailkrgeon (tkkàtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres?Odile T remblay (cinéma); à l’information économique Gérard Berubé (adjoint au directeur de l'information).Hélene Baril.Claude Levesque.Claude Turcotte; à l’information internationale Jean Pierre Legault.Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste) à l’information politique Helene Buzzetti.Manon f ornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).François Cardinal.Mario Cloutier et Robert Du tri sac (correspomiants parlementaires a Québec/, Kathleen I^vesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la redaction) : l/Miise Maude Rioux Soucy, Marie-Claude Petit (commis), la documentation Gilles Pan- (directeur) .Brigitte < Martel, r _ __________________________ ATION slmkC^^Ure^^bledes'servicercomptaMes).Céline Furoy.Olivier Lachambre (contrôleur), Ghislaine I^fleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle laperriere.Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DI DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) f I.K I) K V OIK.I.K M K K ( I! K l> I 2 K M A K S 2 O O I A 8 LE DEVOIR ACTUALITES P MONTREAL SUITE DE LA PAGE 1 Président du comité exécutif de la Ville de Montréal au temps du maire Jean I trap*-au, il a hérité des épineuses questions budgétaires au sein du comité de transition.Il est a la tête d’une petite armée de 229 fonctionnaires issus de toutes les municipalités de l’ile, sauf trois récalcitrantes: Westmount, Baie-dTJrfé et Sennevilie.Au nombre de ses multiples responsabilités, on retrouve l’évaluation de l’ensemble des actifs et passifs des futurs arrondissements, la mise au point d’un système de répartition de la richesse, l’harmonisation des fiscalités, l’élaboration d’un projet de budget pour l'année 2002 à l’intention du conseil municipal de la nouvelle ville ainsi que l’autorisation, d’ici là, des engagements de crédits ayant un impact au delà du 1" janvier 2002.Son objectif: présenter un budget équilibré qui res-ix-ctera le plafond de 5 % imposé par le gouvernement aux hausses de taxes.«On est en train dé faire des scénarios pour vinr comment m va arriver à répartir la charge fiscale tout en ne perturbant pas les arrondissements», a-t-il expliqué lors d’une entrevue au Devoir.«Il y en a qui gagnent et il y en a qui perdent un peu.La majorité des ménages devrait gagner un petit peu, mais je n’ose même pas donner un pourcentage.» 30 millions en aide Pour ce faire, il faudra toutefois que le gouvernement apporte sa «petite» contribution financière.C’est que les hausses salariales moyennes accordées dans le secteur public ixir les temps qui courent viendront s’ajouter à la récente révision à la baisse de 6 à 2 % des prévisions du taux d’attrition des effectifs municipaux.Dans un tel contexte, les revenus tirés de la hausse de un milliard de la valeur foncière ne seront pas suffisants pour permettre d’équilibrer le budget de 3,4 milliards de la future ville, à moins que Québec n’y ajoute un peu plus de 30 millions.Yvon I amarre se montre moins optimiste en ce qui a trait aux autres volets de son mandat.A propos des chances de réaliser les fameuses économies d’échelle, par exemple, il dit douter grandement que l'on puisse y arriver av;int deux ans.L’adoption d'un budget consolidé est une chose, dit-il; l’intégration des différents systèmes de perception des taxes, de versement des salaires, d’opérations bancaires et de comptabilité en est une autre.«Il n'y a pas de système infiirmatique qui peut prendre ça actuellement.On a parlé du bogue de l’an 2000; nous, on parle du bogue de janvier 2002.En fait, toutes les villes le moindrement importantes vont probablement devoir garder leur propre système pendant encore quelque temps.» Le comité de transition recommandera tout au plus le choix d’un système informatique de gestion et demandera aux plus petits arrondissements d’amorcer une certaine mise en commun.Amendement fatal L’harmonisation de la fiscidité commandera elle aussi un certain délai, poursuit Yvon Lamarre.«Ça va être très compliqué à fiiire parce que chacun a sa façon de calculer.» Avec les taxes d’affaires de certains, les taxes d’eau au compteur ou au logement des autres, les taxes spéciales ixmr l’enlèvement des ordures et les taxes à l’amélioration locale, la standardisation promet de furieux maux de tête.l a promesse d’une hausse de taxes maximale de 5 % ne vient rien arranger à l’affaire.«En changeant à la dernière minute le projet de loi de manière à ce que le plafond de 5 % ne s'applique plus à l'ensemble de l'arrondissement mais à chaque compte de taxes, on a rendu l’harmonisation presque impossible.» Plus moyen, explique-t-il, d'abolir une taxe particulière sans être assuré que cela se répercute par une hausse de plus de 5 % des autres taxes.I e partage de la richesse entre les arrondissements promet également d’être un joyeux casse-tête, fl faudra tout d abord évaluer l’actif et le passif de chaque arrondissement En principe, l’un et l’autre devraient rester lit-s aux arrondissements.Dans les faits, le souci d’équité commandera que l’on tienne compte des efforts consentis par certains au profit des autres.Yvon Iamarre donne cet exemple: «Pointe-Claire a une très belle bibliothèque.Beaconsfield n'en a pas, mais ses citoyens allaient à celle de Pointe-Claire.Dans la nouvelle ville, les services seront accessibles à tous.Pas question d’imposer des frais d'usager seulement aux citoyens des autres arrondissements.Iss citoyens de Pointe-Claire ne devraient-ils pas obtenir une compensation de la ville centrale pour leur investissement?» L'histoire se répète ailleurs avec d’autres bibliothèques, des arenas, des usines de filtration, des marinas, etc.Conscient de la crainte suscitée par le précédent, Yvon I amarre assure que l’on ne répétera pas les erreurs de Toronto parce quid, il n'y aura pas de délestage de responsabilités de la part du gouvernement, et aussi parce que la loi impose l’obligation que l'harmonisation des conventions collectives se fasse à coût nul.«Après, ce sera aux négociateurs, au maire et au gouvernement de se tenir debout face aux syndicats.» S’il prend un évident plaisir à relever le défi qu’on lui a confié, il avoue ne pas s’attendre à y gagner beaucoup d’amis.«Malgré tout ce qu'on va faire, j'ai l'impression qu'on va se faire chahuter,» dit-il dans un éclat de rire.OPPOSITION LE DEVOIR tes bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 83 Plaee-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com U Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050, rue De Bleury.^ étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.H est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest, Montreal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir U Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .900.boulevard Saint-Martin Ouest.Uval.Knvoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépôt legal Bibliothèque nationale du Quebec.SUITE DE LA PAGE 1 D- second document est l’entente intervenue six ans plus fard, le 29 septembre 1999, entre la société Akimbo, le terrain de golf et le nouvel acheteur, Louis Mi-; chaud.Ce document atteste que M.Michaud achètera d’Akimbo les parts de Jean Chrétien pour la somme de 300 000 $, en deux versements égaux.Ce document indique aussi, fait important, que, «dans l’optique d’Akimbo, elle ne détenait plus d’intérêt dans les actions [du golf! et qu’elle avait dûment remis à l'avocat ou au notaire de la société [le golf Grand-Mère] les documents qu elle avait reçus».Puis le document ajoute (\\)'«Akimbo a maintenant reçu avis juridique l’informant quelle est restée légalement titulaire des actions depuis le 1" novembre 1993, même si elle n 'a participé à aucune des affaires visant la société ou ses actif ».Ces deux petites phrases montrent les limites de l’information dévoilée hier.Aucun document, lettre ou autre papier qu’auraient échangés Akimbo et l'entreprise de Jean Chrétien entre 1996 et 1999, période pendant laquelle les deux partis niaient être le propriétaire des actions dans le golf, n’a été remis hier.C’est la le nœud du problème.L’opposition allègue que M.Chrétien s’est placé en conflit d’intérêts en appelant personnellement, en 1996 et 1997, le président de la Banque de développement du Canada pour que soit accordé un prêt de 615 000 S à l’Auberge Grand-Mère, un hôtel déficitaire jouxtant le terrain de golf Grand-Mère.En 1999, Akimbo a finalement reconnu être le proprietaire des actions du golf, et donc que M.Chrétien n’avait pas eu d’intérêt dans le golf depuis 1993.Mais au moment de l’intervention, en 1996 et 1997, qui se percevait comme étant le propriétaire du golf?«Quand M.Chrétien a fait des représentations auprès du président de la BDC, il ne savait pas qu'Akimbo allait dire [en 1999] que les actions sont entre ses mains», a commenté le chef conservateur, Joe Clark.De surcroît, ce document confirme aussi que M.Chrétien a touché une somme de 40 000 $ en 1997, somme que lui a versée Akimbo «dans le dessein de régler la note».On ignore si, en acceptant cette somme, M.Chrétien a accepté la version d’Akimbo et a repris les actions dans le golf.Aucun document conservant ces 40 (XX) $ n’a été dévoilé non plus.Howard Wilson a rejeté ces hypothèses, ajoutant qu’il ne serait «absolument pas pertinent» de rendre publics les documents entre 1996 et 1999.«La question était de savoir si le premier ministre a vendu ses parts, et il les a vendues.À qui?À M.Prince.M.Prince les a-t-il possédées sans interruption?U meilleur juge de cela est M.Prince lui-même et M.Prince a reconnu ce fait.Alors toutes les questions sur qui pensait quoi en 1996 ne permettront pas de mieux comprrendre le dossier.» •Mon expérience en tant que négociateur commercial.a-t-il ajouté, c’est que le seul document important en bout de ligne n est pas la myriade de choses que les gens peuvent s’être dites ou échangées.Les seuls documents imfxjrtants sont ceux sur lesquels tout le monde s’entend au terme de la négociation.» D'ailleurs, M.Wilson a insisté sur le fait qu’il n’avait consulté personne au bureau du premier ministre lundi soir avant de décider quels documents au juste seraient divulgués et lesquels resteraient dans ses dossiers.D a été le seul, dit-il, à déterminer ce qui était un «document pertinent».Un troisième document soulève aussi bien des questions.D s’agit d’une entente, signée elle aussi le 29 septembre 1999, cette fois entre le nouvel acheteur, Louis Michaud, le terrain de golf et la société de Jean Chrétien.Ce document confirme que J & A C.Consultants n’aura plus «dès le transfert des actions» d'Akimbo a M.Michaud, «aucun droit de propriété ni intérêt à l'égard des actions».Ce qui a fàit dire a l’opposition qu’avant la signature de cette entente, la société de Jean Chrétien avait encore un intérêt dans le golf.«l»es partis n ’ont pas écrit pour rien dire, comme on dit en droit, a déclaré le chef bloquiste, Gilles Ducep-pe.L’article confirme les intérêts du premier ministre dans le club de golf.Je maintiens qu’il y a apparence de conflit d’intérêts.» Enfin, ce document engage la société de Jean Chrétien à indemniser Louis Michaud ou tout représentant du terrain de golf pour les pertes, dommages ou frais d’avocat engagés si ceux-ci «étaient appelés à témoigner ou participer à des procédures ou à des enquêtes de quelque nature que ce soit en ce qui concerne les actions de la société détenues par J.& A.C.Consultants ou l'acquisition des actions».Le conseiller en éthique s’est dit incapable d’expliquer pourquoi les partis avaient jugé nécessaire d Inclure une telle clause extraordinaire dans l’entente.D’autres documents confirment que M.Chrétien a finalement touché au total 255 (XX) .$ pour ses actions dans le golf, dont les 40 000 $ versés en 1997.Par ailleurs, Industrie Canada a fait rapport à M.Wilson indiquant que1 les registres du club de golf avaient été consultés.Industrie Canada «a demandé à la société de mettre à jour ses documents internes et de modifier ses rapports annuels et ses autres documents publics».D a été rapporté que la société de Jean Chrétien figurait encore en 2001 au registre des actionnaires.le registre ne sera pas rendu public tant que les modifications ne seront pas apportées, a déclaré M.Wilson.DEFAUTS SUITE DE LA PAGE 1 dévoilés hier, Akimbo a choisi de ne pas exploiter le club de golf ni de prendre part à ses affaires.En fait, «dans l’optique d'Akimbo, elle ne détenait plus d’intérêt dans les actions» et avait même retourné à une date inconnue, à l'avocat ou au notaire du golf, les documents qu’on lui avait fournis.En septembre 1999, cependant, Akimbo reconnaissait, sur la base d’un avis juridique, être restée légalement titulaire des actions et acceptait de les vendre, au prix de 250 000 $, à M.Michaud, un actionnaire de longue date de 161341 Canada inc.Si tout était si clair, pourquoi M.Michaud, qui connaît Jean Chrétien depuis toujours, a-t-il jugé nécessaire de signer une convention non seulement avec M.Prince mais aussi avec l’entreprise J.& A C.Consultants?Le texte de la convention qui touche M.Chrétien est d’ailleurs étonnant.Ainsi, son entreprise familiale «confirme et garantit par la présente à Mi-chaud que, dès le transfert des actions provenant d'Akimbo à Michaud, elle ni aucun autre tiers n ’aura plus aucun droit de propriété ni intérêt à l'égard de ces actions».On croyait que c’était déjà le cas puisque M.Prince en était censément le titulaire.Selon le contrat, J.& A C.Consultants s'engage de plus à indemniser le nouvel actionnaire, la compagnie à numéro ou ses administrateurs s’ils devaient être «appelés à témoigner ou à participer à des procédures ou à des enquêtes de quelque nature que ce soit en ce qui concerne les actions» que l’entreprise de la famille Chrétien aurait détenues.On n’en serait pas là si la propriété de ces actions n’avait pas suscité de litige, litige dont a pris connaissance le conseiller en éthique en janvier 1996 lorsque le premier ministre l’a avisé de ses difficultés à se faire payer.Et c’est parce que ce litige subsistait que toute cette affaire a éclaté.Les documents dévoilés hier n’offrent aucun éclairage nouveau sur ce qui s’est passé entre 1996 et 1999, et ce, malgré le fait que M.Prince fat remboursé 40 (XX) $ en 1997 sans qu’on explique pourquoi.C'est aussi pen- dant cette période que le premier ministre est intervenu auprès de la Banque de développement du Canada afin d’appuyer l’attribution d’un prêt à l’auberge voisine du golf.Voulait-il ainsi protéger la valeur du terrain de golf et, par ricochet, celle des parts dont sa dette dépendait?Si tel est le cas, il serait en flagrant conflit d’intérêts.S’il n’avait aucune intention du genre, son intervention a quand même mauvaise apparence.M.Chrétien n’a que lui à blâmer pour ce résultat 11 récolte les fruits de sa négligence, de son imprudence, de son arrogance et de son entêtement.Negligent, il Ta été en 1993.Etant donné son expérience politique et sa formation d’avocat, il est ahurissant qu’il fat disposé de ses affaires à la sauvette et sur un vulgaire bout de papier alors qu’il se savait premier ministre élu.Un contrat en bonne et due forme lui aurait évité bien des maux de tête.On en exige davantage pour beaucoup moins de la part de bien des citoyens.Il a ensuite fait preuve d’imprudence en ne se tenant ptts à distance du dossier de l’Auberge Grand-Mère.11 savait qu’il attendait toujours d’être remboursé pour des actions détenues dans l’établissement voisin et que ces mêmes actions faisaient l’objet d’un litige.la santé financière d’un établissement pouvant avoir une influence sur l’autre, il aurait dû se rendre compte qu’on pouvait l’accuser de vouloir préserver ses actifs.M.Chrétien a aussi cette déplorable manie de ne pas vouloir reconnaître qu’à titre de premier ministre, il n’est pas un député comme les autres lorsqu'il intervient en, faveur d’un de ses électeurs auprès d’une société d’Etat.Il agit comme s’il n’avait rien à se reprocher ni comptes à rendre.D ne se sent aucune obligation de transparence.A moins d’y être forcé.Il s'entête donc depuis deux ans à écarter tout reproche, multipliant les contradictions plutôt que de reconnaître une erreur, qu'elle soit de jugement ou de toute autre nature.L’ampleur qu'a prise cette affaire est largement attribuable à ce trait de caractère que les Canadiens connaissent bien pour en avoir subi les effets dans des dossiers comme la ITS, l’affaire Arbus, l'annulation du contrat d’achat d'hélicoptères militaires et l'aide aux victimes de l’hépatite C.TALIBANS SUITE DE LA PAGE 1 Bien avant son arrivée, les destructions avaient déjà commencé au musée de Kaboul, qui possédait l’une des plus belles collections d'art préhistorique, classique, bouddhiste, hindou et islamique.«Nous avons été pris de vitesse», dit-il.Les propositions de dernière minute n’ont eu aucun effet.Certains pays avaient proposé de construire un mur devant les bouddhas fain de les dissimuler aux yeux des fidèles.D’autres avaient offert de les racheter.Une délégation japonaise avait même suggéré que la destruction se fasse' de façon à permettre la reconstitution des statues par ordinateur.Mais le dynamitage de cette pierre sablonneuse a anéanti tout espoir.Contrairement à de nombreuses interprétations, Pierre Lafrance ne voit dans ces destructions aucune vengeance pour les sanctions de l’ONU.Le 19 janvier dernier, de nouvelles sanctions ont en effet imposé un embargo sur les armes et interdit aux chefs talibans de se déplacer à l’étranger.Selon M.Lafrance, les destructions n'auraient d'autre motif qu'une lecture fanatique de la charia.«lx drame de Èamiyan.c'est le drame d'un janotisme religieux qui a proliféré sur l'ignorance.Cette sensibilité détend une interprétation purement affective de la charia et a gagné les mollahs les plus influents.» M.Ifaran-ce décrit l'hystérie religieuse qui s’est emparée du pays comme un «scrupule morbide, une crainte de ne jamais en taire assez pour aller dans la l'oie de Dieu».Il serait faux, croit-il, de décrire les talibans comme une organisation pragmatique et rationnelle.«Je m aperçois aujourd'hui qu il s'agit d'un ensemble de mouvements disparates opaques les uns par rapport aux autres et qui ne se comprennent même pas entre eux.» L’émissaire de l'UNESCO croit pourtant que les gouverneurs des provinces et les préfets, en contact direct avec la population, sont plus réalistes.«Le pragmatisme finira par s’imposer.Mais quand?Il est possible d'ici là que le pays se replie dans un état proche de (autisme.» A Kaboul, M.Lafrance a tout fait pour ne pas apparaître comme le porte-parole de valeurs «universelles» ou «occidentales».S'appuyant sur une connaissance approfondie de l’islam et aidé par une délégation pakistanaise, il a tenté de démontrer que rien ne justifie une application aussi «tatillonne» de la charia.«L’islam ne s’oppose pas à la science et au savoir.Il ne faut pas confondre les statues et les idoles.» D’ailleurs, les temples sikhs et hindouistes sont nombreux en Afghanistan puisque les talibans souhaitent garder de bonnes relations avec ces populations.L’absence de bouddhistes dans la région depuis des siècles permettait de faire ce qu’on voulait des bouddhas.Il est quant même surprenant que la communauté internationale ait été impuissante à Bamiyan alors quelle est parvenue à sauver Abou Simbel et à stop-per la destruction de la vieille ville de Dubrovnik.M.Lafrance compare cette tragédie à la destruction de la culture aztèque ou, plus prés de noys.aux démolitions massives d’œuvres du Moyen Age pendant la Révolution française.«Au Pakistan, on voit déjà des enfants qui lancent des pierres sur des bouddhas parce que les talibans leur ont dit de le faire.Ne répondons pas à la bêtise par la bêtise, au tabou par le tabou.Il faut continuer à combattre ce fanatisme.Mais il faut surtout voir sur quelle misère intellectuelle et matérielle il a pu proliférer.» RÉÉCRITURE SUITE DE LA PAGE 1 Ces recommandations, non colligées dans un rapport, seraient principalement issues de l’ensemble des 16 écoles-pilotes qui ont expérimenté les principes de la réforme de l’éducation un an avant les autres, un peu à la manière d’éclaireurs.«Mais bien sûr, nous avons écouté ce qui s’est dit et écrit partout au sujet du programme», a ajouté Renée-Claude Boivin.Au nombre des porte-voix critiques les plus influents — relevés par le ministère —, notons Paul In-chauspé, qui affirmait en ces pages, il y a un mois, que «l’illisibilité» du programme de formation commandait sa réécriture, une critique qu’il entendait à l’époque partager avec le sous-ministre responsable de la réforme, Robert Bisaillon.Au ministère, on affirmait hier qu’aucun entretien officiel n'avait eu lieu entre les deux hommes.«La manière d’écrire le programme [.] crée des batailles secondaires qui détournent de l’essentiel», affirmait au Devoir Paul Inchauspé, identifié comme le père de la réforme.«On a choisi de développer la forme en parlant des compétences et ensuite du fond.En insistant comme ça sur la méthode, on donne l’impression qu'il s'agit de la nouveauté absolue.Ces maladresses font mal et risquent d’hypothéquer la réforme.» Au ministère hier, on ne pouvait pas préciser la nature des changements en cours, se limitant à répéter que l’entreprise vise à simplifier le contenu.Ce programme révisé devrait être rendu public au mois d’août prochain, voire «avant si on le peut», a ajouté Mme Boivin, qui a précisé que le MEQ en est actuellement à réfléchir sur le plan de communication qui entourera ce revirement majeur.En mai dernier, la Commission des programmes d’études (CPE), chargée par le gouvernement de formuler des avis sur les nouveaux programmes ébauchés par le MEQ, avait déjà sonné l’alarme, «L’explicitation et la clarification de l’approche par compétences seraient plus susceptibles de donner du sens à la structure des programmes d'études», écrivait-on dans l'avis intitulé Approbation du programme de formation de l'école québécoise (l'r cycle).Comme les enseignants l’avaient réclamé à plusieurs reprises, et comme Paul Inchauspé le soulignait lui aussi, la Commission des programmes d’études soulevait déjà, en mai dernier, l’importance de clarifier la place des connaissances au sein d’un programme basé sur les compétences, ce qui pourrait représenter un axe important des modifications en cours au MEQ.Cette crainte d’éluder les «savoirs» au profit d'une nouvelle forme de pédagogie a d'ailleurs été au centre des inquiétudes formulées depuis septembre.«Il y aurait lieu de clarifier le concept de connaissance et son application dans l’ensemble du programme de formation», écrivait la CPE dans son avis.«Cela aurait l’avantage de situer la place des connaissances dans une approche par compétences et de lever l’ambiguïté.Certains intervenants croient en effet qu’en développant des compétences, on évince les connaissances.» A la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), on applaudissait à la démarche entreprise par le ministère, qui répond aux demandes incessantes des enseignants de «clarifier un jargon lourd et inutile», expliquait hier la présidente de la FSE, Johanne Fortier.«Si on clarifie les interprétations, les objectifs du programme et le fail que les compétences n’occultent pas les connaissances, on pourrait peut-être arriver plus facilement à discuter des enjeux véritables de la réforme.» Les demandes de clarification autour de la réforme sont au cœur des demandes des syndicats d’enseignants depuis quelques mois déjà.«Ça fait un bout de temps qu’on demande des clarifications autour du programme», a ajouté Johanne Fortier, précisant que le milieu accueillera favorablement toute tentative de clarifier le contenu.«Si ça pouvait réduire ne serait-ce que le temps passé à s'expliquer et à comprendre les différents concepts, ça enlèvera à la lourdeur de la tâche, mais ça ne réglera pas tous les problèmes.» Le ministère répond aux demandes incessantes des enseignants de «clarifier un jargon lourd et inutile» NORTEL SUITE DE LA PAGE 1 Les revenus de la compagnie devraient être de 6,1 à 6,2 milliards SUS pour la période, en légère baisse par rapport à la prévision précédente de 6,3 milliards SUS.A la fermeture des marchés, le titre de Nortel avait çerdu 16 C pour clôturer à 16,76 $US, et à 20,30 SCAN, en baisse de 12 C.Il a poursuivi sa baisse après la fermeture des Bourses et l'annonce de la compagnie, passant de 16,76 SUS à 14,80 $US.On s’attend à ce que le titre ouvre encore en baisse ce matin.Après la dernière révision à la baisse des prévisions de profit, le 15 février, l’action de Nortel avait perdu le tiers de sa valeur.La direction de Nortel a été très critiquée pour avoir attendu aussi longtemps avant de faire connaître les mauvaises nouvelles et les demandes de recours collectifs de la part d’actionnaires frustrés se sont mises à s’empiler d'un côté comme de l’autre de la frontière.Dans son message d'hier, le président de Nortel a indiqué que les réductions d'effectif déjà annoncées commenceront à avoir un impact positif sur les résultats de la compagnie au second trimestre.Compte tenu de la conjoncture, la compagnie a décidé qu’il lui fallait réduire encore son effectif de 5000.Au total, depuis le début de l’année.Nortel, qui emploie 95 000 personnes, aura donc réduit le nombre de ses employés de prés de 15 %.«Nous continuons de ressentir l’impact du ralentissement économique aux États-Unis et nous constatons que nos clients subissent les effets de ce ralentissement, a dit John Roth.Les dépenses d’investissement réduites ou retardées ainsi que la pression à la baisse sur les prix se traduisent par des revenus moins élevés que prévu, surtout aux États-Unis».A la suite de cette deuxième confession en un mois, il faut s’attendre à ce que tous les analystes réduisent leurs attentes vis-à-vis de Nortel.Déjà, hier, certains ont fait savoir leur mécontentement parce que la compagnie renonce à faire des prévisions pour le reste de l’année.\ !
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.