Le devoir, 15 septembre 2001, Cahier C
LE DEVOIR.LES SAMEDI I 5 ET DI M A \ < H E 10 SEPT E M R R E 2 0 0 I ?LE DEVOIR * M e r c e iberté i n g h a m CHRONIQUE L'écran de VApocalypse Page C 2 THÉÂTRE Tortueux territoire Page C 3 MÉDIAS Un portrait plus large Page C 6 Cinéma Page C 4 Disques Page C 7 Formes Page C 8 STÉPHANIE BERGER Un des plus grands créateurs du XX' siècle, le chorégraphe américain continue à 82 ans d’explorer de nouveaux territoires.Il revient à Montréal pour présenter sa plus récente création, BIPED, dans le cadre de la dixième édition du Festival international de nouvelle danse (FIND).Une approche ludique ISABELLE POULIN codes établis: désormais, le mouvement sera libre de toute intention, l’espace scénique sera décentralisé, la musique et la scénographie ne seront plus assujetties à la danse, une vision qui lui garantira la collaboration fidèle d’autres grands artistes du siècle comme John Cage, son complice jusqu’à sa mort en 1992, Robert Rauschenberg et Jasper Johns, entre autres.Mais plus encore, c'est le hasard qui guidera la composition de ses pièces, dans les séquences gestuelles et le nombre de danseurs, une approche ludique qui permet à la danse de s’échapper joyeusement du piège de la signification.qui permet à la danse de s'échapper joyeusement du piège de la signification.Il aurait pu depuis des années couler des jours tranquilles, et on aurait compris.Mais le génie ne connaît pas le repos et continue de créer des oeuvres qui émerveillent le monde entier depuis un demi-siècle.Merce Cunningham a si radicalement transformé la danse et a fait souffler un tel vent de liberté sur la création chorégraphique qu’encore aujourd’hui, son influence continue de s’étendre chez ceux qui, sans le savoir, sont ses lointains héritiers.Cette rupture, il l’opérera après son passage dans la compagnie de Martha Graham, pour qui le mouvement porte nécessairement une signification et une charge émotive.Dès ses premières créations, en 1944, et surtout avec sa compagnie qu’il fondera en 1953, le chorégraphe et danseur bouscule les Inlassable explorateur Créateur d’imprévisible et inlassable explorateur, il était donc écrit que Merce Cunningham serait un jour irrésistiblement attiré par l’informatique.C’est au début des années 90 que Merce Cunningham s’initie à la création de mouvements sur ordinateur avec le programme I jfeforms, qui permet de reproduire virtuellement des séquences gestuelles dans des formes et à des vitesses inconcevables autrement.Quel effet cette technologie a-t-elle eu sur son travail?«L'informatique a un impact très important car elle me fait voir VOIR PAGE C 3: CUNNINGHAM Retour aux souches MARC FAVREAU (SOL) Les Œufs limpides Septembre 2001 La Plainte aquatique Décembre 2001 Le Fier Monde Février 2002 Au cœur de la rose PIERRE PERRAULT Janvier - février 2002 La Veuve rusee G0L00NI Avril - mai 2002 Le Chant du cygne et autres histoires D’ ANTON TCHEKHOV Roger Planchon Un spectacle du TNP-Villeurbanne Novembre - décembre 2001 La Trappe (La Souricière) AGATHA CHRISTIE Juin - juillet 2002 Une si belle chose JONATHAN HARVEY Octobre 2001 www.ndeauvert.qc.ca théâtre du rideau vert Le Grand retour de Boris S.SERGE KRIBUS Mars - avril 2002 coeur I.K I) K V H I K .L K S S A M E l> I I 5 ET DI M A \ ( Il E II! S E I' T E M H R E 2 I» Il I C 2 Sur l’écran de l’Apocalypse Les images apocalyptiques qui ont tétanisé le monde cette semaine devant le petit écran de l’enfer nous laissaient en état de choc a répéter bêtement, comme un mantra: *Ç’a l'air d’un film catastrophe!» On entendait les témoins sur les lieux de damnation proférer ces mots devant les micros tendus, comme les commentateurs sur leurs tribunes.A croire que la fiction est le seul rempart qu’il nous reste.L'esprit humain semble ainsi fait qu’il a besoin de repères, de lier ce qu’il voit a d’autres images préenregistrées dans ses synapses.Défilaient en contrepoint mental de l’horreur en direct des scenes d’Independence Day ou de Ixi Tour infernale.De mon côté, j’ai même cru voir la grosse patte de Godzilla écraser Manhattan en faisant un bruit d’enfer.On a les références qu’on peut, fussent-elles pitoyablement tissées d’effets spéciaux recréés sur ordinateur.Des références en forme de films pas fameux, sensationnalistes, racoleurs, exagérés.You bet! Il fallait «e pincer pour comprendre que de vraies personnes étaient mortes au moment de l’impact ou agonisaient sous les décombres.Non, nul figurant n’avait été payé pour crier et courir dans la fumée et la poussière.Sauf que les terroristes avaient reproduit, volontairement ou pas, jusqu’à l’hallucination, une œuvre de série B.Tellement que CNN coiffait d’un titre de film la journée du lendemain: The Day After.Pourtant, mardi, le cinéma a été pulvérisé en même temps que les tours du World Trade Center, réduit à sa fiction, vaincu par la réalité fracassante.Aucune image de synthèse n’avait auparavant su rendre le terrible spectacle de l’avion fendant la tour du World Trade Center, ni celui de l’édifice venant s’affaisser comme un château de cartes, ni celui des gens qui se jetaient en bas de leur gratte-ciel avant de s’écraser au sol.On était là avec nos références cinématographiques sous le bras à comparer les incomparables, cramponnés à d’absurdes parallèles.Od ile T rem b lay Nous sommes tellement nourris d’images fictives que mardi, j’ai même cru pendant quelques secondes qu’un film se déroulait devant mes yeux.Sortant du cinéma un peu avant midi, je suis tombée au milieu d’un attroupement de badauds massés au coin des rues Bleury et Sainte-Catherine devant Music Plus.Devant eux, sur l’écran, le World Trade Center s’y faisait scier par un avion comme un couteau pénétré un fromage.En bas de l’image, un bandeau annonçait: «America Under Attack.» Quelle grosse merde hollywoodienne regardent-ils?, me suis-je demandé en un instant de flottement avant de saisir ce qu’il y avait à saisir.Ce n'était pas un film.Pas un film! Ces images d’Independence Day, de Godzilla et compagnie qui encombraient mon esprit, j’ai alors voulu les chasser comme incongrues, voire franchement choquantes.Rien à faire: elles refusaient de s’effacer.Le cinéma américain avait réussi son coup: m’imposer d’indésirables, de révoltantes références, intruses superposées au cauchemar du réel.Il faut dire qu’a part ceux qui avaient le nez collé à New York sur le World Trade Center, la plupart des témoins de la catastrophe ont suivi ses péripéties par écran interposé.De minute en minute, d’heure en heure, ils ont été bombardés d’images-chocs, vues, revues et jamais digérées.Allez vous étonner si toutes les représentations audiovisuelles se confondent dans notre œil d’éternel spectateur, si images télé et images cinéma valsent de concert L’écran altè- DU 28 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE «Mb • JASMINE " UNI PUISSANTE Itl I K HIRE D'UN Cl RAN D TREMBLAY (.) UNI VI RS ION PENE I RAN 1 1 CT ORIGINAII SOUS TOUS LI S ASPEC TS DU 1 ANIIAC.I SCENIQUE ” li'.u St-Hilüire, Le Soleil » C EST UN GRAND C RU.C’EST EE 1 RAVAIE Ll PLUS ACHEVÉ DE Ci IL L CHAMPAGNE." Mai il?Vallerand, CBV « UN TREMBLAY MONTI AVEC UN SENS INOUÏ DE L IMAGE David Cantin, Le Devoir ¦ A TOI, POURTOUJOURS, TA MARIE-LO U DE MICHEL TREMBLAY Mise en scène : GILL CHAMPAGNE Avec : JEAN-JACQUI BOUTET LISE CASTONCUAY JASMINE DUBÉ LINDA LAPLANTE Concepteurs : Hélène Rheault, jean Hazel, Catherine Higgins, Éric Champoux, Marc Vallée Une production du Théâtre du Trident LE GRAND CHANT DES SOLITUDES SIGNÉ MICHEL TREMBLAY Jeudis et vendredis, 20 h ; samedis, 16 h (Matinées et soirées scolaires en semaine, 10 h 30,13 h 30 et 19 h) mm '¦ c A# BILLETTERIE : réalisé .un premier film attachant.» * * ?.une oeuvre pleine de promesses gourmandes.M.irrm SrtorJe.n/ Ip D* r ¦ www cinematibre corn ctemetji.icee # 1) I M A N < Il K KM B K I rV : ^ CINÉMA L’ailleurs nécessaire Thriller à décor Le Festival international du film de Toronto rendait hommage cette année au cinéma contemporain issu de la Scandinave et du Norden, à travers une douzaine de longs métrages.MARTIN B I LO DEAL’ Les cinémas du Nord se portent bien.Du moins, ceux au nord de l'Europe, dans ces pays qui forment la Scandinavie et le Norden.L’Islande est en train de se réinventer une cinématographie, en marge de l’héritage de Dreyer, dont personne ne se réclame.Le Danemark applique à son échelle le Dogme qui a fait chalou-per le monde du cinéma depuis Fête de famille.La Suède, dont le profil démographique ressemble à celui du Québec, produit bon an, mal an autour de 25 longs métrages, parmi lesquels un nombre de plus en plus important voyage.Des noms émergent, des signatures se reconnaissent et quelque chose, dans l’humour, dans le décor, dans la mélancolie absurde, sans doute, cimente les unes aux autres toutes ces cinématographies distinctes, justifiant le rassemblement sous le parapluie Nordic Visions, du nom donné au programme-hommage présenté au Festival international du film de Toronto.«Pour être honnête, on n’a pas accordé beaucoup d’importance au cinéma Scandinave depuis les vingt dernières années», expliquait la semaine dernière le directeur du festival, Piers Handling.«Nous n’avions jamais fait de véritables travaux de recherche pour essayer de mieux cerner les cinémas de ce coin du monde.J’ai toujours senti qu’on était en retard sur le Festival des films du monde, à cet égard.» Coup de théâtre, cette année: le FFM ne présentait que sept ou huit films d’Europe du Nord, tandis que Nordic Visions en compte 14.Parmi les rares titres qui se chevauchent, d’un événement à l’autre, notons Cool and Crazy, un brillant documentaire du Norvégien Knut Erik Jensen sur une chorale de pêcheurs dans le nord de la Norvège.Un film qui, comme plusieurs de ceux présentés dans le cadre de Nordic Visions, parle de fraternité, de solidarité et de famille, de valeurs humaines dans un monde de dépossédés.D’une beauté et d’une universalité exemplaires, Cool and Crazy témoigne par ailleurs d’un savoir-faire très particulier à ce coin de la planète, que le monde n’a pas fini de radiographier à travers le spectre intimidant de ses grands maîtres.«Il est vrai que plusieurs artistes en sont venus à créer des œuvres aussi intéressantes que celle d'Ing-mar Bergman.On n’a qu’à penser à Jan Troell ou à Bo Widerberg, à qui Bergman a néanmoins porté ombrage.Aussi, plusieurs ne voient dans le cinéma finlandais que la contribution des frères Kaurismaki, au mépris des vétérans qui les ont précédés, et de leurs successeurs, qui sont nombreux», argue Steve Gravestock, programmateur de Nordic Visions.Un audacieux renouveau Trois des films sélectionnés sont des premiers longs métrages, deux, seulement, sont l’œuvre de cinéastes vétérans, soit A Song for Martin, le dernier-né de Bille August {Pelle le conquérant, Les Meilleures Intentions), et As White as Snow, du réalisateur des Émigrants, Jan Troell (présenté en compétition au FFM).Parmi la sélection, on compte JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste Jan Troell, photographié lors de son passage au dernier Festival du film de Montréal.la comédie You Really Got Me, second long métrage du Norvégien Pal Sletaune, dont le très agréable Junk Mail avait fait le tour du monde.S’il est fort sympathique, le film ne présente ni la rigueur ni la finesse de The River, du Finlandais Jarmo lampela, une comédie amère qui se déplie en plusieurs actions parallèles et simultanées pour raconter l'avant-midi du samedi d’une petite ville paisible, où grondent les tonnerres de la mort et de l’amour.Pour sa part, Kira’s Reason — A Love Story, du Danois Ole Christian Madsen, un des Dogme les plus forts que j’aie vus jusqu’à ce jour, raconte la réinsertion familiale et sociale d’une femme qui vient de vivre une dépression nerveuse.Madsen s’affranchit totalement des «figures imposées» (caméra à l’épaule, absence de décors artificiels, lumière naturelle, récit linéaire, etc.), pour révéler des personnages forts, déchirés, amers, à travers le prisme d’une mise en scène extrêmement moderne.«J’aimerais bien voir s’opérer chez nous un renouveau semblable, voir se développer un cinéma audacieux, actuel, qui a quelque chose à dire», dit Pierre Latour, de la compagnie de distribution québécoise Film Tonie, qui a importé sur nos écrans la plupart des films de Lars Von Trier, sans compter Together, qui a tenu l’affiche d’Ex-Centris tout l’été.Outre Dogville, le prochain film du réalisateur de Breaking the Waves, ainsi que AU About Love, le nouveau-né de Thomas Vinter-berg {Fête de famille), qu’on verra tous deux l’an prochain, il lui reste plusieurs cartes dans sa manche, dont Italian for Beginners, réalisé dans les règles du Dogme, et puis aussi la charmante comédie Jalla!]alla!, qui nous fait découvrir une Suède multiethnique, sous le couvert d’une histoire d’amitiés et d’amours compromises par les diktats culturels.La présence de ces films sur nos écrans, si elle atteste de la vitalité de nos frères de froid, n’est pas seulement une affaire de conjoncture.En fait, Latour a dé- veloppé, depuis une dizaine d’années, des liens d’amitié avec ces pays, et plus particulièrement avec Trust Films, la compagnie de ventes internationales sortie du giron de Zentropa, fondée par Von Trier.«Nous avons avec eux une relation d’affinités complètes au niveau des styles de cinémas, affirme le distributeur, reconnaissant pouvoir entretenir avec eux un partenariat d’affaires basé sur l’amitié et le respect, entre autres, du territoire francophone que représente le Québec, territoire que d’autres vendent à rabais aux Américains.Latour, par ailleurs, attribue le climat de grande mouvance créatrice qu’il a rencontré lors de ses multiples visites là-bas par l’esprit de connivence et d'interpénétration qui règne entre les agences gouvernementales de soutien au cinéma et les artisans de l’industrie.On aurait vu, à plusieurs reprises, des fonctionnaires passer dans le camp des créateurs, et vice-versa.Mais la réalité, sur leur terrain à eux, serait aussi triste que chez nous.Selon Eivor Zimmerman, directrice des acquisitions pour la compagnie Sandrew Metronome, de Stockholm, l’apparition des multiplexes célébrant le cinéma façon Hollywood, la disparition des salles d’art et d’essai et les caprices de plus en plus grands de la télévision devant des films en rupture avec le climat de prêt-à-penser font que le cinéma suédois doit se battre pour garder le peu de terrain qu’il a su gagner.Ainsi, comme toutes les petites cinématographies, sa survivance passe par l’exportation.Nordic Visions, qu’on n’aurait pas imaginé il y a dix ans, témoigne avec éloquence de cette nécessité d’ailleurs.THE GLASS HOUSE Realisation: Daniel Sackheim.Scenario: Wesley Strick.Avec Leelee Sobieski, Diane Lane, Stellan Skarsgard, Bruce Dem, Kathy Baker, Trevor Morgan.Image: Alar Kivilo.Musique: Christopher Young.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Certains films possèdent surtout un décor pour eux.Ça paraît bien peu.Voire! Un décor réussi peut drainer à sa suite un climat, permettant au spectateur d’avaler des péripéties pas toujours crédibles.Le thriller psychologique The Glass House est de cette mouvance du film-décor {Psycho l’était aussi, mais avec autrement de génie).Tout repose sur une maison de verre à Malibu et sur une caméra créant l'angoisse à travers des angles inquiétants où les silhouettes sont reflétées, devinées, jamais tout à fait dessinées.Cette maison sera donc le coeur glacial et efficace du film.C’est là qu’une adolescente et son jeune frère trouveront refuge chez des amis de leurs parents, après le décès accidentel de ces derniers.leurs nouveaux tuteurs s’appellent les Glass, comme il se doit, et leur maison de verre n’est pas, c’est le moins qu'on puisse dire, conçue pour des enfants.D'ailleurs, ils couchent dans la même chambre.Ruby, l’héroïne de seize ans (Leelee Sobieski), et Reth, son frère de douze ans (Trevor Morgan), sont dans un traquenard.Place au suspense à mesure que le profil inquiétant des tuteurs se révèle.Terry (Stellan Skarsgard) a des ennuis financiers et des comportements délirants.Sa LINDA K Cil EN Sobieski dans Glass House.femme Erin (Diane Lane) semble être toxicomane.L’escalade de la peur commence.On ne reconnaîtra pas à la jeune l eelee Sobieski un grand registre dramatique.Son visage inexpressif ne se prête guère à l'expression de toutes les nuances de la terreur.Stellan Skarsgard, le brillant acteur de Breaking the Waves, joue de son côté sur plusieurs octaves et offre la seule interprétation solide du lot.Cela dit, le thriller sait très bien tirer partie de l'inanimé: les parois de verre, les routes en lacet, la falaise au-dessus de laquelle la maison se dresse, d’autant plus menaçante quelle est isolée.Quant à la musique, elle épouse habilement le thème du verre avec ses résonances de cristal qui contribuent à brosser le climat d'épouvante instauré malgré la contre-performance de l’héroïne.Le rythme du film est bon et la réalisation meilleure que le jeu d'acteurs, même si trop d’invraisemblances de scénario gâtent la sauce.The Glass House, sans être un grand film, possède des qualités techniques qui le sauvent du néant et, dans le genre thriller psychologique, il se consomme sans indigestion.Une violence insoutenable GANGSTER NO.1 Réalisation: Paul McGuigan.Scénario: Johnny Ferguson, d’après la pièce de Djuis Mellis et David Scinto.Avec Malcolm McDowell, David Thewlis, Paul Bettany, Saffron Burrows, Kenneth Cran-ham, Jamie Foreman.Image: Peter Sova.Musique: John Dank-wortli.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On ne peut pas parler de mauvais film au spectacle sanglant du Gangster No.1 de Paul McGuigan, mais on parlera tout de même de film insupportable.La crème des acteurs britanniques (Malcolm McDowell, David Thewlis, Paul Bettany, Saffron Burrows) joue dans ce portrait saisissant et horrible de l’univers du gangstérisme à Londres.Violence inouïe, amour, jalousie, plaisir sadique de torturer autrui, haine féroce, mais aussi peur: toute la gamme des émotions humaines est au poste, poussée dans ses derniers retranchements.Filmé avec souplesse mais sur une armature dramatique diffuse et mal ficelée, joué avec maîtrise mais déparé par des longueurs, des redites et une complaisance révoltante dans le sang, ce film, premier long métrage de McGuigan, est un voyage au bout de l’enfer pour lequel on n’a pas nécessairement envie d’obtenir un laissez-passer.Au delà des assassinats à la hache ou autres méthodes musclées avec cris et hémoglobine, le menu du film trouve son axe dans une rivalité, celle qui, à la fin des années 60, oppose un jeune gangster plein d'ambition portant le numéro 55 (Paul Bettany) à Freddy Mays, le parrain londonien (David Thewlis), rivalité qui si' poursuivra jusqu’à nos jours (le jeune gangster du début prendra de l’âge sous les traits de Malcolm McDowell).Devenir calife à la place du calife, mais aussi détruire l’objet de son obsession, anéantir cet homme dont il envie le pouvoir, les autos, la petite amie: c’est cette hantise de Gangster n° 55 qui se retrouve ici traquée avec un scalpel psychologique efficace et malsain.Film sans concession mais brouillon dans son montage et fasciné par son propos au (joint de s’y enliser, Gangster No.I est porté avant tout, on l’aura compris, par son interprétation.David Thewlis, énigmatique comme toujours, joue d’ambiguïté sur le plan féroce et campe un fascinant parrain de mystère, plus attirant que repoussant.Paul Bettany incarne le jeune gangster sur une note aiguë, faite d’envie pure et de haine froide, alors que Malcolm McDowell apporte, à travers le personnage vieilli, une résonance plus profonde et inquiétante.L’acteur de Clockwork Orange est emblématique d’un cinéma de qualité et de violence.lœ retrouver ici en pervers sanguinaire âgé partici(X‘ de la fascination et du malaise que suscite ce film insoutenable.ff PRIX DU PUBLIC AIR CANADA \\ i'f « FILM LE PLUS POPULAIRE » ); Mjj \'l OU FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 2001 // ri Un grand réalisateur : Roland Suso Richter Un grand scénario : l’Histoire ' *v LE Un grand acteur : Heino Ferch TUNNEL ; (DER TUNNEL) f* y.o.allemande $.t.français Session automne 2001 - Ou 24 septembre au I" deeemb é> Cours de tan^o argentin éhi-' • fi "rM nu ns iriMïiAin^ (iit.vn its A y”».H‘* W uu;n ^ 17,19,20,22 septembre de 19030 à 21h KrservaliMftrléléptKinr IAbX 5390 Saint-Laurent, Montréal, tel.: (514) 495-8645 tangueri^generation.net Partenaire {ffl Radio Centre-Ville IM rmSo œrrmurmAmrn RR trURtuygua * Mortré» I .« f.incur ru cm gcrcc jur t.i S [«Ml sas ai sa Théâtre Hector-Charland (4901 412-4777 Théâtre du Vleux-Terrebonne I ¦ JOllOtta > (4M) 759-8202 Salle Roland-Brunelle Boloell > (458) 484-4772 Centre culturel Sts-ThérOse > (4M) 434 Salle du Collège Lionel-Groulx Leimoxvllta > rsiai 8Z7 BflB?T h.-ïAîrt; '., (814) 828 1Bf Srliic h'io J : -r-t Baie-Comaau > (418) 285 Théâtre de Baie-Comeau larrebonne > (450) 402-4777 Théâtre du Vieux Terrebonne JollettB > (480) 751 8282 Salle RoMnc) Brjnetle Joltatta > (488) 758-8282 Salle Roland-Brunelle TbSSramSe la Boloell >> (4881 484-4772 Centre culturel I4M) 878-1818 Lennoxvillo > (818) 822-8882 Théâtre Centennial Théâtre Hector-Charland > (814) 828 1818 Salle Pauline-Julien Salle du Collège Lionel-Groulx IVo-Thérose > (4M) 434 48M Salle du Collège Lionel-Groulx (4M) 484 4772 Centre culturel > (4M1 482 4777 Thêât-e do Vieux Te'rebome » (4M) «70 1818 TKiéâtre Ac .1 /ille Sts-Bonsvtèva > (§14) 828-ibio ® CM (418) 205-2000 Théâtre de Baie-Comeau lerrobonno > (4M) 482-4777 Théâtre du Vieux-Terrebonne Québec S S VIVE EMOTION ! LE FILM PLUS CHALEUREUSEMENT APPLAUDI ! UN SUSPENSE NE LAISSANT AUCUN RÉPIT AU SPECTATEUR.» Marc-André Lussier, LA PRESSE HiSToRiA f—I à l’affiche! ^a^er'latTnTI m v uiuvanna Marini et son quatuor vocal SI BÉMOL CANTATE DE GIOVANNA MARINI Aux sources de la musique populaire et de la polyphonie REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES , Mardi 9 et mercredi 10 octobre 2001 cle.Ljryv,y-Qul.l 20 HEURES Cinquième salle Place des Ans fM'.'l- ¦ .'I .IM M : 84?2112 «è .< j www pda.qc ca ’ 1 • .Refleverw » » i frai* tic nervi'r ¦fe I) I M A N C E M B R E MEDIAS Madame Marceau et son fantôme Un portrait plus large BELPHEGOR, LE FANTÔME DU LOUVRE Réalisation: Jean-Paul Salomé.Scénario: Jérôme Tonnerre, Danielle Thompson, Jean-Paul Salomé, d’après le roman d’Arthur Bernède.Avec Sophie Marceau, Michel Serrault, Julie Christie, Frédéric Diefenthal.Image: Jean-François Robin.Montage: Sylvie Landra.Musique: Bruno Coulais.France, 2000,97 minutes.ANDRÉ LAVOIE Ceux qui auront le courage de supporter les piètres péripéties de Sophie Marceau dans Bel-phégor, le fantôme du Lout>re de Jean-Paul Salomé seront peut-être surpris d’apercevoir, en un trop bref instant, le visage lumineux de Juliette Gréco.Ils se demanderont, avec raison, ce que l’interprète de Im Javanaise peut bien faire là, la pauvre.Avant de faire l’objet de cette transposition cinématographique bas de gamme, le roman d’Arthur Bernède fut adapté à la télévision française dans les années 60 par Claude Barma, un feuilleton très populaire avec Gréco en vedette.Voilà un premier mystère résolu.le second à élucider demeure celui concernant la pertinence d’un tel projet, où une fois de plus le cinéma français essaie de se prendre pour ce qu’il n’est pas: le champion tous azimuts des effets spéciaux, le maître ès trépidations, le roi de la cascade exécutée avec classe, ici entre les toiles de maîtres, les statues de la Grèce antique et les trésors des pharaons.Peu de temps s’écoule entre nos dernières interrogations et nos premiers bâillements, entre le désir, légitime, de ne pas trop s’embêter et l’embarras vite ressenti devant autant de talent, d’argent et d’énergie gaspillés.Belphégor, le fantôme du Louvre ARCHIVES LE DEVOIR Sophie Marceau dans Belphégor, le fantôme du Louvre.n’est finalement que la version parisienne bon chic bon genre du Pacte des loups de Christophe Gans: un film-grenouille voulant être aussi gros que le bœuf de l'Ouest., américain, une œuvre qui puise dans l’imaginaire français pour l’édulcorer suffisamment afin de lui donner un vernis pseudouniversel, avec en prime de l’exotisme égyptien.On a aussi droit au plus prestigieux musée du monde filmé sous tous ses angles, sous toutes ses dorures, pour en célébrer la grandeur, comme au bon vieux temps du général de Gaulle où bien des films français servaient de vitrines promotionnelles aux exploits architecturaux de la France.Dans un registre nettement plus humain, les exploits de Sophie Marceau, habitée par le fantôme d’une momie cherchant à retrouver le royaume des morts, et surtout à nous ficher la paix une bonne fois pour toutes, n’ont rien pour nous convaincre des limites extensibles de son talent Mais reconnaissons que la star semble perdue, voire abandonnée, dans les dédales de cette histoire filmée sans imagination, parsemée de quelques coquetteries littéraires et humoristiques que l’on doit à la scénariste Danielle Thompson, passée maître dans l’art de la comédie légère.Marceau a même des allures de sociétaire de la Comédie-Française chaque fois qu’apparait à ses côtés Frédéric Diefenthal, devenu incontournable depuis le succès de Taxi, ce qui ne fait pas de lui un meilleur comédien pour autant Et que de tristesse devant un Michel Serrault reprenant un à un ses tics d’acteur pour jouer à l’inspecteur bougonneux, ou une Julie Christie en égyptologue anglaise dont seul l’accent inimitable fait sourire dans ce bazar de l’épouvante à bon marché.Belphégor, le fantôme du Louvre correspond à cette fameuse tendance lourde du cinéma français qui préfère brader ses traditions et son savoir-faire pour développer, de manière anarchique et approximative, de nouvelles méthodes pour capter l’attention fugace de ses compatriotes et du reste du monde.Ceux n’ayant pas les moyens de se payer une visite au Louvre (et encore moins de loger dans le magnifique appartement de Marceau faisant face au musée pour les commodités de cette histoire insensée) trouveront quelques minces consolations artistiques à voir tout ce beau monde s’agiter autour de ce spectre ayant perdu ses esprits.Les autres regretteront vivement de ne pas pouvoir se procurer d’audio-guide à l’entrée pour protéger leurs oreilles de tant d’inepties.Semaine de bouleversement, d’angoisse et d’interrogations.Notre sentiment de sécurité habituel a volé en éclat Plusieurs études ont déjà été écrites sur l’impact de l’information continue à la télévision, par exemple sur l’impact psychologique de l’incessante répétition des mêmes images dramatiques.D y a des gens qui.rivés des heures devant leur écran mardi et mercredi, en ont fait des cauchemars la nuit Mais cette réaction est liée au degré d’horreur totalement inédit de ces attentats plutôt qu'à la façon de travailler de la télévision.Une telle horreur laisse peu de place aux analyses subtiles.lœs réactions de rage et les appels à la vengeance sont normaux.Mais dans la couverture télévisuelle américaine de mardi et de mercredi, que nous avons suivie avec beaucoup d’attention, nous aurions aimé entendre un peu plus souvent quelques analyses historiques nous permettant de mieux comprendre les racines de ces actes de terrorisme.Pour entendre ces voix différentes, il fallait plutôt se tourner vers certains sites Internet cette semaine.Des sites alternatifs, comme l’organisation AlterNet ou encore le site de Michael Moore, ce documentaliste américain célèbre qui publie maintenant son propre -cy be magazine» (ce ne sont là que deux exemples, il en existe beaucoup d’autres).Michael Moore, lui, remarquait dans son édition de cette semaine que dans la couverture des attentats par les médias américains il n’a pas entendu l’information voulant que des terroristes musulmans aient été entraînés par d’anciens militaires américains qui détestent le gouvernement fédéral.Il rappelait que des enquêtes journalistiques ont déjà démontré qu’à l’époque où l’Union soviétique occupait l’Afghanistan, Oussama ben Laden et ses comparses auraient reçu de la part de la CIA une excellente formation, justement pour commettre des actes terroristes contre les forces soviétiques.11 se disait également d’avis qu’en moins de huit mois le président Bush, par ses choix politiques, avait réussi à «ce que le monde entier se remette à nous haïr».D’autres sites Internet américains alternatifs, par comparaison avec la grande presse officielle, ne cessaient de rappeler comment les Etats-Unis ont depuis 30 ans, soutenu, conseillé et armé un nombre impressionnant de groupes partout dans le monde qui ont voulu imposer de façon brutale leur façon de voir à des populations qui n’en demandaient pas tant Il ne s’agit surtout pas ici de trouver quelques excuses aux actes insensés de cette semaine, pour lesquels les responsables devront être punis sans pitié.Mais on ne peut s’empêcher de remarquer que, dans les derniers jours, les grands médias américains n’ont pas souvent analysé la responsabilité de certains dirigeants américains auprès de régimes répressifs, ni l’implication d’anciens ou d’actuels militaires et agents secrets auprès de groupes tentés par le terrorisme, quelle que soit leur idéologie.P a u l Cau chon ?La morale fout le camp ?Il n’y a pas de lien direct entre les propos précédents et ceux qui suivront Mais il est difficile de passer sous silence cette grande etude nationale qui a été menée dans les salles de rédaction des Etats-Unis par la Columbia Journalism Review et qui vient toute juste d’être publiée par ce magazine sérieux, enquête que nous avions l’intention de commenter dans cette chronique si l’actualité n'en avait pas décidé autrement Cette enquête porte sur la morale des journalistes.Ou le sens des valeurs, pourrions-nous traduire.Elle révèle que 84 % des journalistes américains croient que la perte de morale est un problème grandissant parmi la profession.Et 54 % des répondants estiment que l’environnement général dans les salles de rédaction s’est détérioré depuis un an.Les répondants ont été invités à commenter la situation actuelle de leur travail par une série de questions ouvertes et le magazine a regroupé les réponses sous un certain nombre de thèmes.Ainsi, les journalistes interrogés déplorent particulièrement l’absence de leaders forts ou de gestion éclairée dans leurs entreprises pour expliquer cette perte du sens des valeurs.La recherche continuelle de profit est ensuite montrée du doigt, tout comme les compressions budgétaires dans les salles de rédaction.Ces données, trop vite résumées ici, sont particulièrement intéressantes à méditer au Québec dans le contexte de l’affaire du commandant Robert Fiché d’Air Transat, une affaire qui a créé un certain choc dans le milieu des journalistes québécois.On se souvient que les révélations sur le passé de M.Fiché (ou plutôt la façon dont ces révélations ont été présentées) avaient soulevé un tollé général dans la population.Le grand public s’est exprimé contre les médias, mais les journalistes eux-mêmes ont aussi été plongés dans une sorte de mini-crise existentielle après cette affaire.Ils se sont massivement exprimés sur une liste de discussion gérée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), s’interrogeant doutant et demandant même à leur fédération de tenir un débat ou un congrès spécial sur ce que le journalisme devrait être et sur les valeurs que la profession devrait privilégier.Une autre affaire à suivre.pcauchoiValedevoir.com VITRINE DU DISQUE CHANSONS DE FILMS MUSIQUES DE GEORGES GARVARENTZ Charles Aznavour Play-Time Un verni, cet Aznavourian.Que sœurette Aida se trouve un mari à la fin des années 50, soit.Mais qu’il s'agisse de Georges Garvarentz, génial compositeur de son état, et que les beaux-frères trouvent l’un dans l’autre le collaborateur idéal, c'était plus que de la veine: tout le système sanguin, oui.Georges créa pas moins de 106 mélodies sur les textes de son Charles par alliance, dont un volumineux catalogue de musiques de films, ici rassemblées pour la première fois hors l’intégrale Aznavour dans un «digipack» de remarquable facture.L’hommage d’Aznavour vaut la lecture, les documents reproduits (photos, affiches), le coup d'œil, et les musiques de Garvarentz, autant d’écoutes que de jours à vivre.Il avait un sacré style, le beau-frère, que l’on entend mieux dans les chansons des années 60 MARTIN ASSURANCE A CI SI ION DE RISQUE S INC présente festival: Montréal ^ ^ 28 septembre II IJ I ¦ 1 au 7 octobre ll^fc ^ ll^k et couleurs 28 septembre à 20h Orchestre Métropolitain • Malher: symphonie no 2 •Yannick Nézet-Séguin.chef •chœur et solistes Eglise Samt-Nom-de-Jésiis Halloween en septembre! Organistes: Thomas Annand-Jeftrey Brillhart Patrick WedtDPierre Grandmaison Église Samt-Nom-de-Jésus 30 septembre h 20h Montreal Jubilation Gospel Choir Trevor W.Payne, chef Réjean Poirier, organiste '¦ , Église Sainl-Nom-cle-Jésus l / | aVctobre à 20h ¦¦¦¦¦¦¦¦H Orgue, voix, percussions #'* j organistes :-Jean-Pierre Lecaudey Y -Jean-Eudes Vaillancourt • Marie-Josée Simard, percussionniste «Pauline Vaillancourt.soprano .yTr .«ft Église Samt-Nom-de-Jesus Karen Young \ Musique médiévale-Cantiques ' Les Boréades de Montréal Musique ancienne: version Beatles Eglise Très-S,imt-Redenipteur Église Saint-Nom-de-Jésus *4215.rue Adam, métro Pie IX Église Très-Saint-Rédempteur ‘3530.rue Adam, métro Joliette Billetterie •(514)790*1245 • Intormation : 899 0644 15$lebillet {Et pourtant, Caroline, Alors je dérive) que dans celles des années 70 et 80 {Etre, Une vie d’amour).Pour bien faire, il eût fallu inclure les chansons interprétées par d’autres: La plus belle pour aller danser, chantée par Sylvie Vartan dans Cherchez l’idole, ou l’exquise Retiens la nuit, popularisée par Johnny Hallyday dans une craquante scène en compagnie de Catherine Deneuve dans Les Parisiennes.Ces ritournelles montraient tout l’art des compères, capables de créer des airs pas hébètes pour la jeunesse du temps.Manque aussi, ô hérésie, l’immortelle des immortelles du tandem: Paris au mois d’août, thème du film du même nom en 1965.La compilation est recommandable * ¦ en collaboration avec Québecï: Qmdinej AIMA en collaboration avec la Chaîne culturelle de Radio-Canada présentent LA FLÛTE ENCHANTÉE Barthold Kuijken, flûte baroque (Belgique) Susie Napper et Margaret Little, violes de gambe Eric Milnes, clavecin fantaisies et sonates de G.P.TELEMANN dimanche 23 septembre à 20h00 Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul est.Montréal Billets: adultes 20$.étudiants et aînés: 12$ Billetterie Place des Arts (514)842-2112 Le Conseil des Arts du Canada The Canada Council for the Ans quand même, c’est dire le niveau de qualité.Sylvain Cormier MUSIC FROM MY HEART Billy Preston Navarre Il n’y a pas feuille de route plus impressionnante que la sienne: en plus d’être l’un des seuls musiciens à avoir accompagné les Beatles et les Rolling Stones (honneur qu’il partage avec Nicky Hopkins), Billy Preston joua aux côtés de Mahalia Jackson, Sam Cooke, Ray Charles et Little Richard.Il connut aussi de belles heures fùnky-soul à sa propre enseigne dans les années 70 avec Will It Go Round in Circles et Nothing From Nothing.De tristes affaires de mœurs entachèrent sa réputation dans les années 80, d’où sa relative disparition de l’af- fiche.Le retrouver ces jours-ci chantant le gospel, même si l’indigence des moyens engagés pour Music From My Heart s’entend (le bon Billy dut troquer pas mal de musiciens pour des machines), fait chaud à mon cœur de vieux fan.Ce n’est certes pas aussi remuant que That’s the Way God Planned It en 1969, faute de George Harrison et compagnie aux alentours, mais le gaillard re- trouve voix et âme auprès de son Lord Jesus.Il retrouve par la même occasion son cher orgue Hammond B-3, dont il joue aussi intensément qu’au temps de Let It Be.Ça me suffit S.C.K O t K WITH OCEAN BETWEEN Glider (Where Are My Records) Glider est né d’un enthousiasme réciproque entre le percussionniste de Québec Pascal Asse-lin {Below The Sea) et le guitariste anglais Gavin Baker (Billy Maho-nie).Un échange, par la poste, allait suivre.Depuis septembre 1999, ces deux musiciens entretiennent une correspondance musicale qui prend réellement forme VOIR PAGE C 7: GLIDER 18e saison ¦ 2001/2002 l.\i prim m\i io\ ni i.,\ Commission de i a ( apitai.i nation au: di Qulbic Les Violons du Ro£j Bernard Labadie artistique et m ELE Chef : Bernard Labadie Soliste : Marie-Andrée Benny, C.FAUNA G.P.Am AN N H.I.F.voUmBER A.VIVA1 Capriccio stravagan^ Suite «La Bourst Battalia Concerto pour flute en sol mineur, «La notte», JO n° 2 (RV 439) as (sic) idi, 15 septem Salle Pollack, Univers! Billetterie : (514) Vendredi, 14 septembre Palais Montcalm _ Billetterie : (418) 670-9011 EÜ Presented in partnership wi 1, à 20 h Desjardins Fiducie Desjardi iainHUi www.violonsduroy.com ’’Ÿxiébêc ^ lAfAIMIAll Od 1- NAT ION Al f L K l> E Y O I R .LES S A M EDI I 5 ET DI M Y N ( Il F.I »i S F P T F M R R F 2 « 0 I ( 7 L’ambitieux programme d’une «petite» maison de disques Mario Labbé, le président dAnalekta, semble avoir plus d'un lapin dans son chapeau JACQUES GRENIER LE DEVOIR j Mario Labbé (à gauche) entouré de quelques vedettes de la maison Analeka: l’humoriste Marc Favreau (Sol) et les pianistes Richard Raymond et Alain Lefèvre.FRANÇOIS TOUSIGNANT Tout de go, Mario Labbé rappelle la mission de sa compagnie: «Analekta se doit d’être à la mesure de son nom, un recueil de choses de qualité, et pour cela nous devons choisir les meilleurs artistes, produire les meilleurs enregistrements et travailler très fort à l’efficacité et à la visibilité de nos produits.» On le sait, Analekta a vécu un peu dans la tourmente; toutes sortes de rumeurs circulaient.Mario Labbé les fait taire toutes, aussi fermement que calmement «Maintenant, j’ai la maison bien en main et les projets ne manquent pas.» Par exemple, ce contrat de cinq ans avec le pianiste Alain Lefèvre, avec lequel déjà trois enregistrements sont planifiés — dont un avec orchestre.La maison a aussi la chance de pouvoir compter dans son écurie des musiciens comme le jeune violoniste James Ehnes — déjà une star de la scène internationale —, le pianiste Richard Raymond, des nouveaux interprètes comme le duo guitare-flûte Simila, et j’en passe.«Il nous faut viser environ trois mille exemplaires vendus d’un disque en environ un an et demi pour parler d’un bon seuil de rentabilité.» Pour cela, le marché québécois est forcément insuffisant.Il faut chercher ailleurs.Ainsi, la mise sous contrat de l’ensemble torontois de musique ancienne sur instruments d’époque Tafel-musik (dirigé par Jeane Lamon) s’avère plus qu’intéressante: «En Angleterre comme en Allemagne, on a de formidables ventes avec ces disques ou ceux de l'intégrale d’orgue de Bernard Lagacé, tout comme avec le Concert français [avec en soliste James Ehnes], qui fait un malheur dans les revues discographiques françaises.» Continuer à faire des disques, donc?Oui, toujours, mais probablement plus pour longtemps.«Bientôt, il n’y aura plus de disques», de dire Mario Labbé.«Aux États-Unis, 77 % des étudiants de niveau universitaire n’ont pas de système de son conventionnel et consomment de la musique par ordinateur; c’est ce marché-là qu’il faut cibler.» L’horizon ne semble pas si loin au p.-d.g.: il le situe vers 2005, demain quoi.Et si la production classique ne veut pas mourir asphyxiée, elle devra s'adapter aux nouveaux médias.Pour l’instant, Analekta, si elle remporte des succès certains tant au Canada qu’en Europe, éprouve donc de grosses difficultés à percer le marché américain.Ne reculant devant rien, Mario Labbé retrousse ses manches.«La Chine continentale est un formidable débouché potentiel pour nous.Nous avons donc signé une entente avec la compagnie Silk Road, qui va diffuser nos produits là-bas.» Quand on se souvient des succès remportés par le violoniste Isaac Stern en ces terres, de même que de ceux connus par nos compatriotes Maureen Forrester ou Louis I .ortie, Mario Labbé a les yeux qui brillent.En cela, Analekta s’inscrit dans l’actuelle mouvance des échanges commerciaux, culturels et plus spécifiquement musicaux qui relient nos continents et nos cultures.Analekta commence aussi à changer l’image de ses livrets.Les pochettes se feront moins sévères, les commentaires plus éloquents.Et il y a aussi l’inévitable arrivée du commerce électronique.Désormais, en tapant www.analekta.com, vous pourrez avoir accès à tout le catalogue d'Analekta.Une fois votre choix fait, vous cliquez sur le titre retenu et vous vous retrouvez chez le partenaire de commerce électronique de la maison, soit Archambault Musique, pour le commander.On garantit la livraison à domicile dans les quarante-huit heures.Pas mal, n’est-ce pas?Pour terminer, Mario Labbé confie un grand projet un immense projet.Après un récital du pianiste Anton Kuerti, cet été à La-naudière, les deux hommes eurent une petite «conférence privée».Kuerti a déjà enregistré l’in-tegrale des sonates pour piano de Beethoven dans les années 80, reprises en compact au milieu des années 90.On avait nettoyé les bandes du mieux qu’on pouvait, mais la qualité sonore n’est pas celle du niveau auquel on s’est désormais habitué.Alors?.Oui, il semble bien que le tandem Kuer-ti-Labbé va se relancer dans 1 aventure et qu’on va refaire une seconde intégrale de cet immense corpus (Brendel en a bien fait au moins trois officielles et Kuerti, au sommet de sa forme, a encore bien des choses à nous faire (re)découvrir).Un projet aussi stimulant que fou, emballant! Une seule condition de la part de l’artiste cependant: «S'il vous plait, n en parlez pas encore à ma fem- me.» Je compte donc sur votre discrétion et souhaite ardemment CHOPIN - RAYMOND Frédéric Chopin: Intégrale des 19 valses pour piano.Richard Raymond, piano.Analekta, collection «Fleur de lys», FL 2 31458.On a tout dit, ou presque, sur les Valses de Chopin, tout écrit, et on croit avoir tout entendu.Rubinstein, Cortot, Lipatti, Samson François, Ashkenazy.voilà des noms qui illuminent à des degrés divers, selon les opinions esthétiques et parfois les humeurs de la mode ou des réputations, les points de «référence» auxquels bien des discophiles s’accrochent Voici une nouvelle intégrale de ces 19 valses qui va faire jaser à l’envi.Richard Raymond en avait interprété quelques-unes cet été, lors de son récital au Domaine Forget L’impression laissée avait été très forte.Le disque, enregistré précédemment au printemps 2001, fait plus que la confirmer il l’impose! La valse, chez Chopin, se fait souvent brillante-, cela, la technique de Richard Raymond le rend sans difficulté.Les fanfares qui annoncent le début de la danse alors que se forment les couples entrecoupent le discours comme si on reprenait son souffle et, sans qu’on s’en rende compte, perdent leur aspect extérieur descriptif pour subtilement se retrouver dans la thématique même de la musique.Cet éternel va-et-vient entre l’art et l’artifice, Raymond l’interprète avec une intelligence si grande qu’on croirait à de l’improvisation de génie.La subtilité du phrasé, que ce soit dans les fusées, les gammes qui descendent en tourbillons étourdissants ou les motifs qui tournent en rond comme des valseurs enivrés de leur emballement délicieux, cela se vit dans -'- .LtJUW ions que Mme Kuerti ne lise pas Le Devoir cette semaine.cette version.Malgré soi, assis dans son fauteuil, on ne peut s'empêcher de danser parfois jusqu'au vertige de la pâmoison tant on sourit de bonheur.Cela ne se répète pas: il y a reprise, certes, mais la musique a changé, même si les notes sont les mêmes, et, tout à coup, une autre fanfare nous remet à l’attention car on repart dans un autre pan de la chorégraphie imaginaire.Intellectuelle, cette vision?Assurément.Tellement étudiée qu’on l’oublie car Raymond atteint au pur plaisir — voire mieux: au désir de plaisir — que se doit de susciter la danse.En cela, cette intégrale rend pleinement justice à l’idéal de Schumann, qui voulait, par Tutilisation de ces formes et de ces rythmes «populaires», revitaliser la musique et lui conférer de nouvelles lettres de noblesse.Il y a aussi les instants plus méditatifs.Là, la musique se regarde dans les yeux, contemple sa propre beauté, et Raymond, sensible à l’harmonie de Chopin, se fait plus pudique, à l’image de la partition.Tout comme dans les quelques rares valses tristes.Pas d’atermoiements larmoyants.Devant la réussite des morceaux d’éclat, on se surprend à penser à un peu de froideur ou d’indifférence.Une seconde écoute infirme cette impression.Le romantique Chopin souffre un peu à la manière du Charlus de Proust lorsque ce dernier sombre dans la nostalgie.C’est le moment où le pianiste exige l’effort de concentration qui se verra récompensé de pouvoir découvrir — ou à tout le moins deviner — certains recoins personnels qui, comme seule sait le faire la musique, passent de l’âme du compositeur à celle de l’auditeur par le truchement de celle, sensible, de l’interprète.Un seul petit bémol.La prise de son est remarquable, mais le piano (l’instrument lui-même) n’est pas toujours parfait Qu’à cela ne tienne; le puriste s’en désole un peu; le musicien ne sait qu’être admiratif devant la manière dont le pianiste tire un parti positif de cette minime contingence.Si vous aimez soit Chopin, soit la valse, soit les deux, cette intégrale vous deviendra vite nécessaire.François Tousignant /'"N Hydro Québec Concert Saphir Événement bénéfice - Sous le thème « Virtuosité et mélodie dans la musique instrumentale italienne » I Solisti Vèneti présente des oeuvres d'Albinoni.de Vivaldi, deTartmi.de Draf 1 " ’ .En collaboration avec l’Instituto Ilaliano d\ cultura VÈNETI magonetti, de Pergolesi et de Rossini Concert en hommage à Guglielmo Marconi, i l'occasion du centenaire du premier message transatlantique lancé par télégraphie sans fil.le 26 septembre 1901 mu&SL 40.J5 !.Î4.S° 1 raALm.OSAPUTO TAXf S INCLUSES *EDCV*NCES EN SUS LO /U-E-OA V JArU PLACE DCS A«TS (514)842-2112 "5/ ** * IH IF SAQ DISQUES CLASSIQUES 1) I S Q 11 E S La bonne nouvelle de Bob Dylan LOVE & TH K FT Bob Dylan Columbia (Sony) SYLVAIN CORMIER Au verso du compact, on dirait le diable, avec sa fine moustache à la Vincent Price.Au recto, curieusement, le premier coup d'œil sur la photo noir et blanc renvoie au jeune homme de la pochette du long-jeu The Freewheelin ' Bob Dylan, tel qu'en mai 19(13: même broussaille de frisettes sur le front.Etonnant contraste, drôle de raccourci.Comme si Dylan était à la fois très vieux et très jeune.A la fin et au début.On écoute le premier disque et, après deux, trois titres, Tweedle Dee
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