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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 19 mai 1939
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1939-05-19, Collections de BAnQ.

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Montréol, vendredi 19 moi 1939 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE: BEUir 3361* SOIRS, DIMANCHES ST PETES Administration : BEIair 3366 Rédaction : BEIair 2984 Gérant : BEIair 2239 DEVOIR Directenr-gcraiir : Georges PELLETIER FAIS CE.QUE DOIS Rédacteur an chef : Orner HIRÔUX VOLUME XXX - No US TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTt EDITION QUOTIDIENNE CANADA $ 6.00 (Sauf Montréal et la bmUeue) C -'Jnis et Empire britannique 8.00 UNION POSTALE ,10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA 2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE 3.00 La foule montréalaise acclame et admire les souverains du Canada Grâce et sagesse Sur les pas de nos souverains-Des paroles que les Canadiens français n'oublieront pas.Sous un ciel magnifique, les Montréalais comblent les rues Un journal anglais d'hier faisait observer que, sans préambule aucun, Sa Majesté, au banquet de Québec, passait de l’anglais au français pour répondre à M.le sénateur Dandurand.Sam préambule aucun, et c'était une preuve de tact parfait.Le français est ici langue officielle au même titre que l’anglais.Le Roi du Canada s’en est servi comme il s’était quelques minutes plus tôt servi de l’anglais.La Ceux-ci.hélas! n'ont pas tous la hauteur de vue et la noblesse coeur du Souverain.Ÿ * * En relisant ccs textes dorés, notre pensée se reporte invinciblement vers ces magnifiques représentants des minorités françaises qui, au delà des frontières de notre province, dans des conditions beaucoup plus difficiles que les nôtres, luttent avec une telle énergie pour la sauvegarde chose, pour un esprit de son envergure et dans son rôle de j de ces traditions, de ces coutumes, de cette langue, devant lesquelles vient de s’incliner notre Roi.Ces minorités ont écrit dans l’histoire de notre pays des pages d’une admirable beauté et que l’on ne connaît pas suffisamment, meme chez nous.• Franco-Ontariens et Acadiens, Français des provinces du Centre et jusque de la lointaine Colombie, pareillement soucieux de conserver leur glorieux héritage, tous devront trouver dans la parole du Souverain le plus vif des encouragements et, pourquoi ne pas le dite?une belle récompense.Car Sa Majesté vient de souligner, d’un trait inoubliable, la noblesse de la Cause pour laquelle ils ont tant lutté.* Ÿ * Le sourire de la Reine a conquis tous les coeurs.Hier, à Montréal et aux Trois-Rivières, comme la veille à Québec, on n'entendait sur tontes les lèvres que la même exclamation: Elle est plus gentille encore, plus gracieuse même qu’on ne l’imaginait.La Souveraine a laissé dans toutes les mémoires une incomparable image de grâce et de charme.On ne l’oubliera jamais.On n’oubliera pas davantage la tranquille affirmation par le Souverain du caractère bilingue de notre pays, son hommage à la splendeur de nette passé français et l’indirect, mais très clair encouragement donné aux Canadiens d’origine française qui ont la fierté de vouloir conserver leurs traditions, leurs coutumes et leur langue.Ainsi, sur les lèvres de nos Souverains, se sont associés la grâce et la sagesse, le charme et le respect des hautes valeurs humaines.Les Canadiens français en garderont un indéfectible souvenir.Orner HEROUX souverain, allait de soi.Il n’avait pas à y insister.Mais ce discours français a traversé tout le Canada; il a franchi les mers, et jamais le caractère bilingue de notre pays n’aura été affirmé avec un plus retentissant éclat.Jamais non plus on n avait, d'une façon plus grave, rappelé à un plus vaste auditoire la grandeur de notre passé.D’un bout à l autrc du Canada, et partout où parvint la parole du Souverain, on voudra se souvenir de cet hommage et de cette solennelle attestation du fait bilingue.* * * Une autre phrase du Roi doit être respectueusement soulignée ici: celle qui rend hommage à î’esprit qui règne dans notre province et porte cette magnifique déclaration: Les Canadiens d'origine française sont fiers, et avec raison, de leurs traditions, de leurs coutumes et de leur langue (Réponse à l’adresse du premier ministre de la province de Québec).Nous espérons qu'il n’est pas, d'un bout à l’autre de notre pays, une école fréquentée par des enfants français où cette parole ne sera reprise et commentée.Elle pourra utilement aussi porter bien au delà des écoles, et bien au dtlà de nos frontières.Ce témoignage comporte une vigoureuse leçon, un solide encouragement.Un peuple qui a le droit d'être fier de scs traditions, de ses coutumes, de sa langue, a le devoir de ne rien épargner de ce qui peut aider à leur conservation.Et peut-être a-t-on le droit d’ajouter que, dans cet effort, il pourrait espérer n'avoir point à combattre ceux qui proclament le plus ardemment leur loyalisme.L’actualité Rien de nouveau “Qu’est-ce qui a été?Ce qui sera.Qu’est-ce qui sera?Ce qui a été.Rien de nouveau sous le soleil”; le grand et fen roi Salomon avait bien raison d’inscrire cette pensée profonde dans le texte de son Ecclé-siaste.Le monde n’est après tout qu’un sempiternel recommencement, une sorte de cercle vicieux, vicié par l’homme, où celui-ci danse, cela va de soi, en rond.Et te genre, ta cadence, le rythme de cette danse ne varie guère avec les siècles et les millénaires.Nous l’allons montrer.Robert Mond, qui fut le roi du nickel, a monté um’ vaste expédition d’archéologues pour entreprendre de savantes fouilles à Amant, en Egypte.Aptes avoir passé sa vie à faire fouiller les entrailles de la terre pour en extraire un métql dont les hommes onl appris d se servir principalement encyclopédies, suffirait à solidement éfablir la gloire posthume de ce pharaon, fils concubin, époux incestueux.Il y a plus.Thotmès III aurait clé, sinon le père et l’inventeur, du moins l’un des plus fervents du jazz, celle danse que de nos jours ion a longtemps et faussement tenue pour une création nègre.Sur les dalles du temple de T holmes III, qui viennent d’etre découvertes, à Aman, ion voit, gravés, des personnages qui dansent une danse caractéristique dont le rythme, au dire de savants qui en ont fait une élude minutieuse, ne peut correspondre qu’au rythme de la musique de jazz.Scion le chroniqueur qui rapporte le fait, dans un journal de fraîche date, "il s’ensuit donc que celle musique était déjà connue, il y a trois mille ans, et que c’est à dégoûter des engouements les plus originaux de noire vie moderne.” Pourquoi le jazz serail-ll plus à dégoûter maintenant qu’on lui entre-voit des origines pharaoniques?Des /jour se mieux entre-luer, feu Ro- \ contemporains de Thotmès III trou bcrl Mond avait eu Vidée, avant son décès naturellement, de commanditer des fouilles qui feraient sortir de la terre des civilisations disparues, les ressusciteraient.Les chercheurs de l’expédition Mond viennent de découvrir de grandes dalles de pierre qui jadis formèrent, au dire des savants, l’entrée du temple de Thotmès fil.Les gens d’aujourd’hui, s'entend les gens ordinaires, sc soucient i>cu de Thotmès III.(Je fut pourtant l’un des plus illustres rois de la XVllIe dynastie pharaonique, dans les quinze cents ans avant notre ère.Thotmès ou, selon la forme grecque, Thotmousis, ce qui veut dire le dieu ou encore '1 hot l’a enfanté, était le demi-frère, d’ailleurs concubin — ce qui était assez bien porté dans ce temps-là — de la princesse Hatshopsout.Leur père, Thotmès I, pour empêcher que son trône ne tombât en quenouille, maria la demi-soeur légitime au demi-frère concubin.Des inconvénients résultèrent de ce mariage légèrement incestueux.Un autre fils concubin du même Thotmès 1, fils concubin aîné, voulut s'emparer du trône, y réussit en partie, puisqu’a-près la mort du père il régna sous le nom de Thotmès //.conjointement avec l’époux d’Hatshopsoul, qui prit le titre de Thotmès ill.Mais le deuxième du nom étant venu à décéder, le troisième resta seul avec son épouse-soeur.C’est alors qu'il sc rendit particulièrement illustre.Il n'entreprit pas màins de dix-sept expéditions.qu’V conduisit lui-même en Syrie.Ces campagnes, dont la relation est gravée sur le temple d’Ammon, à Karnak, aboutirent à la création, entre l’islhme et l'Euphrate, d’un véritable empire égyptien dont l’influence s'étendit au loin, dans Tile de Chypre, en Crète, sur Us côlcs méridionales de l'Asie Mineure, dans les (les de la mer Egée.Il construisit d’innombrables monuments en Egypte et en Nubie, dans la presqu’île du Si-nai.Tout cela, que nous racontent les valent peul-èlTc, tout autant que des citoyens d’aujourd’hui, le jazz dégoûtant.Mais la découverte des chercheurs d’Aman démontre que le grand et (eu roi Salomon exprimait une vérité de tous les temps quand il disait: Rien de nouveau sous te soleil.L’archéologie lui donne chaque jour raison davantage.Elus on découvre et plus on voit qu’il n’y a rien de neuf.D’autres chercheurs de l'archéologie, en pratiquant, sous la direction du Dr Wilhelm Koenig, du Museum de Bagdad, en Irak, des fouilles à Khujut Rabua, non loin de Bagdad, ont trouvé une vieille poterie oui ne serait pas autre chose qu'une batterie électrique.A ^première vue, cette cruche du terre cuite, six pouces de hauteur et trois pouces de diamètre, n'offrait rien de particulier; mais on trouva à l'intérieur un cylindre fait de cuivre, dont la cavité intérieure est obturée par un banian de bitume qui se rattache lui-même à une tige de fer.N'y a-t-il pas là les principaux cléments, disposés comme il faut, pour fabriquer une batterie électrique?J.es anciens auraient donc connu Vélectricité?Peut-être ont-ils connu la radio?Auquel cas, il les faudrait plaindre.Albert ALAIN se prêter au défilé, aux cérémonies de l’après-midi et du soir, le charme, l’élégance, la grâce, les gestes de la reine à la foule, l’intérêt visible qu’elle porte aux enfants, tous ccs traits ont gagné àu couple royal le coeur des Montréalais, même des plus frondeurs.Les photographies cl les illustrations des journaux avaient familiarisé le pufdic avec leur image; d’un commun accord, néanmoins, nos gens ont reconnu que ni à l’un ni à l’autre de nos souverains ces photographies ne rendent justice.On ne fixe pas sur le papier même le plus sensible un sourire vivant, une gracieuse altitude, l’éclat lumineux d’une carnation, un regard cordial, la dignité d’me attitude à la fois sereine et c r.'iante, la profondeur d’une otion qui veut se dissimuler et perce malgré tout.Or c’est tout cela, chez nos souverains royaux, qui a gagné la foule montréalaise, d’ordinaire assez peu émotive, ou du moins, qui ne laisse guère voir ce qu’elle ressent.Montréal, les Trois-Rivières, Québec, ont reçu comme il convenait le roi et la reine et garderont de ces jours-ci un souvenir des plus émus.La vie reprend son cours.Souhaitons que le reste du pays ménage aux visiteurs venus voir leurs sujets canadiens un accueil aussi cordial.aussi spontané, aussi admi-ratif que celui de tout le Québec.M.L.-M.Gouin au “Times” Le Times de Londres a publié le 15 niai dernier, à l’occasion de la visite royale au Canada, un numéro spécial: The Times Canada Number, où l’on trouve des articles de Canadiens sur des sujets canadiens, ! articles pour la plupart d’un vivant intérêt, même en Angleterre.Il y tels de ces articles écrits en français que le Times a publics sans les traduire, assuré que son public les comprendra.On peut se demander quel sort auraient des articles français au Globe & Mail, au Star de Toronto, à des feuilles de Calgary ou de Vancouver, et combien les comprendraient là-bas.Mgr Couturier.évêque d’Alexandria, a donné au Times un bel article écrit en français sur l’Eglise catholique au Canada, MM.Lapointe et Rinfret ont écrit de leur meilleure plume anglaise, sur le Slatul de Westminster et sur la justice au Canada; il y a là un concluant article de M.S.-A.Saunders sur l’illusion de l’immigration, etc.L’un des plus laconiques et dés plus remarquables articles de toute cette livraison du Times, c’est celui que Me Léon-Mercier Gouin a écrit dans notre langue sous cc titre: Le Canada français: droits et obligations égaux.Après avpir rappelé aux Anglais qu’“il y a un Canada français, bien qu’il fasse partie de l’Amérique britannique du Nord”, et signalé que ‘‘nous existons.comme groupement propre” et que “nous sommes bien déterminés à le demeurer et à croître ainsi”, M.Gouin ajoute: "Ce que nous voulons?Un Canada libre et autonome, unique patrie de deux nationalités distinctes.Un Canada vraiment bilingue où partout les descendants des premiers colons français pourront apprendre et parler la langue française.Un Canada uni dont tous les citoyens vivant en paix entre eux et avec te monde extérieur, coopéreront fraternellement au maintien et au développement de la Confédération.Un Canada où il n’y aura plus ni vainqueurs, ni vaincus, mais des associés ayant ¦des droits égaux et des obligations correspondantes.Un Etat fédéral où tout Canadien de langue française ou de langue anglaise, sachant qu’il est partout chez lui, sera prêt sans hésiter à donner son sang pour défendre chaque pouce de sa terre canadienne, d’un océan à l’autre, a mari usque ad mare.Un pays, le noire, à qui nous devons d’abord notre loyauté, suivant un mot historique de notre distingué gouverneur général, lord Tweedsmuir; oui, un Dominion reconnaissant pleinement et indifecliblement son allégeance envers Sa Majesté, Georges Vf, comme Souverain du Canada, une démocratie nord-américaine formant l’un des plus beaux fleurons de la couronne de notre gracieux et bien-aimé Monarque.Fidèles à notre passé, comme jadis nos ancêtres, nous, Canadiens français, nous sommes heureux de crier de tout coeur et en notre langue maternelle: Vive le Roy!” On a là en quelques lignes les véritables aspirations du Canada français: le respect de ses droits, le maintien de ses libertés, Ta survivance de ses traditions et de sa langue, le vais de son association aux autres groupes du Canada dans l’égalité des droits et des obligations, l’attachement à son unique patrie: un Canada libre et autonome, fidèle à la Couronne, autant que jaloux de sa liberté.Le bref article de M.Gouin au Times est l’expression claire de notre volonté et de nos jnstes aspirations.Lorsque M.Gouin étudiait à Oxford, dit-il, et que ses camarades lui demandaient de quelle nationalité il était, il leur déclarait toujours: “Je suis Canadien français”.Il continue de l’être comme il le faut, avec une fierté, un patriotisme éclairés.Son article résume la vraie doctrine, et c’est cela qui en fait la force, G.T.Heures trop brèves * * _____________________ Vision de rêve fugitive — Douces images — “On n'a pas eu le temps d'assez les voir" Coup d'oeil sur la mémorable journée d'hier à Montréal Bloonotes Visite royale Le roi et la reine ont passé et ils ont conquis Montréalais et Montréalaises, tant de langue française que de langue anglaise.Quels que soient les sentiments politiques des gens à l’endroit de Londres, tous ont très bien compris que ceux de Montréal recevait hier, ce sont nos souverains.Aussi les avons-nous accueillis de grand coeur.La délicatesse du roi, la simplicité de son attitude, une sorte de timidité réprimée dont on devine n certains moments l’existence chez lui, la bonne grâce avec laquelle il a paru Le carnet du grincheux Les gens avaient si peu de temps pour voir qu’ils en ont oublié de crier l'enthousiasme de la Gazette.¥ ¥ * Au Stade, champ de baseball, nos souverains ont fait comme qui dirait un hit.* * ?Un bonimenteur de ia radio, posté quelque part le long du parcours d’hier, a eu cette trouvaille: ”i'ai l’optimisme de croire que la reine m’a souri.” Le même ajoutait quelques instants plus tard: "La suite entoure Leurs Majestés.Déjà la foule se disperse dans toutes les directions possibles ” A l’impossible, nul n’est tenu.¥ ¥ ¥ Que faire maintenant de la boite-por-tique de l’hôtel de ville?Une camillienne de luxe?La Canadian Pres: dit de la Presse que c’est le ’’most wife,y circulated French paper in the province”.Le mot wifely déplaira à bien des femmes.Elles n'ont pas tort de ne pas vouloir passer pour être de commères de la Presse.Le Grincheux -—-—q En page 2 : A Ottawa.- Comment M.Gardiner s'est tiré de sa tâche, par Léopold Richer.MSur une série de coïncidences.” “LE BUDGET DE M.IAN MACKENZIE ARRIVE A UNE HEURE CHOISIE” UN ARTICLE DE M.GEORGES PELLETIER SUR UNE QUESTION D’ACTUALITE — CHRONIQUES ET ARTICLES DIVERS Dans le “Devoir” de demain.M.Georges Pelletier examinera, i propos du budget de M.lan Mackenzie, toute une série de curieuses coïcidenccs.en même temps qu'il analysera les projets mêmes da M.Mackenzie.Dans le même numéro, une “actualité" de M.Lucien Desbiena, un article de M.Emile Benoist, la chronique de Prisce.des nouvelles des mitsiont d’Afrique et d’Atie, la “Via muaicale” de M.Frédéric Pelletier, une étude économique de M.Alvarez Veiliancourt, une lettre de Paria aur le musique, une copiauie revue de le preste européenne, la chronique de* (eunet naturalistes, avec dai ccntci!: au boteniata amateur.Ica “Livret et leur» auteurs”, avec étude de M.Maurice d’Auteuil, la chronique du scoutisme, la graphologie, les dernicres nouvelles du paya et de l’étranger, etc., etc.PRIX: I SOUS — RETENEZ D’AVANCE VOTRE NUMERO.Les Montréalais se demandent ce matin s’ils ne sortent pas d'un rêve de féerie.Que demotions hier, jour de l'Ascensior-, pendant tes heures que Leurs Majestés le roi Georges et la reine Elisabeth ont passées à Montréal! Heures tumultueuses et brèves! Ils gardent de leurs Souverains de douces images.^ Pour la masse des gens, qui ont bordé les trottoirs pendant la promenade de leurs augustes visiteurs à travers la ville, ils se rappelleront longtemps cc jeune roi, au teint coloré, ou maintien noble dans son uniforme d’amiral, au salut digne et élégant; et cette jeune reine, assise à son côté dans l'automobile ouverte, petite fleur bleue, délicieuse apparition de charme, de grâce, de sourire, de beauté.* * ¥ Cette visite si longuement annoncée, ce passage j de nos Souverains si impatiemment attendu, tout cela n'a duré qu'un instant.Vision de rêve fugitive.Vingt milles à l'heure! — On n'a pas eu le temps de bien les voir, d'assez les voir! Telle est la reflexion générale.Mais, en raison des caprices du parcours, nombre de gens ont cherché à voir le roi et la reine plus d'une fois.Ils y onf réussi, mais chaque fois, ce fut un éclair; h puissante voiture les a emportés en quelques secondes hors de ia vue, à travers d'autres rues, sous d'autres yeux agrandis par le désir de "voir" Leurs Majestés.A quelques endroits de la ville, cependant, des milliers de personnes ont eu la bonne fortune de revoir les Souverains, soit à leur entrée ou à leur sortie de l'hôtel de ville, soit à leur arrivée ou à leur départ de l'hôtel Windsor, soit enfin à leur apparition au balcon.¥ ¥ ¥ Ces derniers garderont, non pas l'image du roi et de la reine passant rapidement en auto, mais celle de Souverains debout, vivants, en mouvement.La scène du balcon de l'hôtel Windsor hier soir restera à jamais mémorable.Pour répondre aux souhaits de l'immense foule, presque à son commandement: "Nous voulons le roi, nous voulons la reine!" — We want the King, we want the Queen", les Souverains ont paru sur le balcon à leur arrivée à l'hôtel, avant le banquet offert par la ville.L'acclamation fut à son comble.Leurs Majestés ont salué gracieusement, puis sont disparues.¥ ¥ ¥ La foule esf resfée dans le square Dominion, elle n'o fait que grossir de minute en minute.Vers neuf heures et demie, quand Leurs Majestés ont quitté le salon bleu pour passer au salon rose de l'hôtel, où elles ont pris la fin du repas, entendant les cris ou commandements de la foule: "Nous voulons le roi, nous voulons la reine", elles ont obéi avec amabilité, elles ont reparu sur le balcon.Le déchaînement des acclamations les a même forcées, une fois rentrées dans l'hôtel, à reparaître immédiatement sur ce balcon illuminé où elles prenaient figure de vision de légende.Selon un témoin, à leur rentrée définitive dans l'hôtel, les Souverains avaient les yeux humides d'émotion.De même quand le roi a quitté les salles du banquet sous les vivats, il s'est retourné comme figé d'émotion pour jeter un dernier regard sur les convives.De nouveau, il avait les yeux humides.¥ ¥ ¥ Deux moments émouvants de la journée furent aussi la visite des Souverains au stade Delorimier et au stade Maison, respectivement garnis d'enfants des écoles catholiques et d'enfants des écoles protestantes.Les parents des princesses Elizabeth et Margaret-Rose n'ont pu rester insensibles aux cris amicaux de ces petites poitrines.* ¥ ¥ A en juger par la radio, la halte royale aux Trois-f Rivières hier midi a été émouvante à l'extrême.Les Trifiuviens n'avaient en partage que quinze minutes du temps que les Souverains passent au Canada, mais ils en ont employé toutes les secondes.Les acclamations n'ont pas cessé.Elles parurent plus ardentes, plus nourries, plus cordiales même que partout ailleurs.Un homme et une femme ne peuvent entendre monter vers eux de telles acclamations sans que leurs yeux s'humectent un instant.¥ ¥ ¥ La visite à Montréal a terminé le passage de Leurs Majestés dans la province de Québec.Dès ce matin, elles reçoivent les applaudissements de la foule outaouaise.A Ottawa, à Hull et en plusieurs autres endroits du Canada, aux cris des foules anglaises se mêleront les vivats des foules canadiennes-françaises, non moins ardentes à acclamer Leurs Souverains que les foules anglaises.Leurs Majestés auront pu en juger.Voici maintenant quelques notes sur les manifestations d'hier: Des heures et des heures avant l'heure du passage du roi et de la reine a tel ou tel endroit, la foule s'est massée sur le bord de ta chaussée.Elle a attendu avec impatience, mais tranquille, paisible.Le vent était frais; les hommes portaient leurs paletots, les femmes leurs ntanteaux et leurs fourrures.Le soleil, toutefois, était radieux.Journée idéale, lumineuse et claire, juste assez fraîche pour que personne ne souffrît de la chaleur.¥ ¥ ¥ A la gare Jean-Talon, où les Souverains sont descendus du train et sont montés dans leur voiture pour entreprendre une tournée de quelque 25 milles à travers les villes de Montréal, d'Outremont et de West-mount, la foule était considérable, mais la scène de i l'arrivée et du départ s'est déroulée si rapidement qua la foule en est restée presque figée.* £ * Un autre endroit où la taule était immense: le parc Jeanne-Mance, ongle de la rue Mont-Royal et de l'avenue du Parc.Lite s'étendait jusqu'à l'avenue des Pins.Les Souverain* y ont reçu de longues acclamations.¥ ¥ ¥ Rue Sherbrooke, entre la '¦ue Amherst et l'avenue | Papineau, !a foule était accourue pour se placer sur les deux côtés de la rue Sherbrooke, mais principalement du côté nord, aux obôrqs du porc Lafontaine.Devant l'hôpital Notre-Danu, les gardes-malades formaient m arrière des vétére'is à casquette bleue, et au premier rang de la feule, une imposante ligne blanche.La reine leur a particulièrement souri au passage.¥ ¥ ¥ Au srede Delorimier, les autos du cortège royal onf envahi l’arène et ont défilé sous les yeux curieux de milliers d'enfants des écoles catholiques de Montréal.Les enfants ont chanté en français et crié: "Vive le roi! Vive b reine!" avec un enthousiasme débordant.¥ ¥ ¥ De la.Leurs Majestés ont fait un crochet par l'ile Sainte-Hélène et ont franchi la première moitié du pont Jacques-Cartier par deux fois.A leur passage sur le pont, tous les navires du port, de toutes nations, ont salué le monarque et sa gracieuse compagne par de longs coups de sifflets.¥ ¥ ¥ Aux abords du pont Jacques-Cartier, il y avait une fouie de plusieurs dizaines de milliers de personnes, soit dans âei.estrades, soit dans les rues mêmes.Au gré de cette Fiule, la voiture des Souverains est passée trop rapidement.1! était curieux d'entendre les dames exprimer leurs regrets.Elles n'avaient pas eu suffisamment de temps pour analyser les traits, la toilette de la reine.¥ ¥ ¥ Autssrr de l'hôtel de ville, ta foule était particulièrement houleuse à la veille de l'arrivée du roi et de la reine r* pendant leur halte dans le palais municipal.La po c
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