Le devoir, 7 janvier 1998, Cahier A
-?FONDÉ K N 1910 ?- LE DEVOIR PERSPECTIVES Mégalomanie coréenne Hier, on apprenait qu’un consortium de banques accorderait un prêt de 40 milliards de dollars américains à la Corée du Sud.Il y a quelques jours, le FMI annonçait une aide, conditionnelle évidemment, de près de 60 milliards de dollars.Entre l’un et l’autre, le nouveau gouvernement coréen implorait les citoyens et citoyennes de donner leurs petits bijoux en or, histoire de renflouer les coffres d’une banque centrale vampirisée par.Economiquement, la Corée du Sud était encore récemment la dixième puissance du monde.Comme on dit dans les sphères d’initiés, le pays du matin calme avait atteint un stade avancé du capitalisme.Contrairement à la crise mexicaine, la crise coréenne n’est pas le reflet de déviances constatées au niveau macroéconomique.Autrement dit, il n’y avait ni hyperinflation, ni déséquilibre commercial éhonté, ni.Cette crise, beaucoup plus grave financièrement que celle observée il y a trois ans au Mexique, est le fait d’un mélange de fraudes et de décisions prises par des méga-lomaniaques.Tenez, prenons l’exemple du conglomérat Hanbo Steel.Après qu'il eut déclaré faillite au début de l’année, on s’est aperçu que, sur les 4,5 milliards de dollars américains qu’il avait empruntés auprès des banques sans que ces dernières n’aient exigé de garanties, seulement la moitié avait été consacrée à la construction d’une aciérie.Où a-t-elle été versée, l’autre moitié?Dans les poches du propriétaire et de quelques politiciens véreux.Autre exemple?Samsung.Lee Kung Shee, l’héritier, aimait tellement les autos qu’il décida de lancer le groupe dans la fabrication des quatre roues.Les autres dirigeants de cet empire industriel étaient opposés à cette aventure.Mais comme il détenait les clés de la propriété de Samsung, Lee Kung Shee a décidé d’aller de l’avant avec son projet.Résultat?Trois milliards partis en fumée.La liste des entreprises qui ont fait faillite parce que leurs patrons étaient davantage des experts en fraudes qu’en stratégie à moyen terme ou parce qu’elles étaient dirigées par des autocrates est si longue, quelle excéderait la présente colonne.Pour l’heure, retenons ce que Richard Samuelson, principal économiste de la très respectée Banque Warburg de Londres, a confié à un hebdomadaire européen: «Les patrons de chaebol [NDLR: le chaebol est l’équivalent coréen de nos conglomérats! ont toujours privilégié l’emprunt bancaire, avec les risques que cela comporte comme mode de financement.Ils ne voulaient surtout pas diluer leur pouvoir en passant par la Bourse».On résume: plutôt que de se financer en allant en Bourse et diluer ainsi la propriété des conglomérats, les patrons de ces derniers frappaient aux portes des banques qui n’exigeaient pas tellement, tellement de garanties.Bref, la crise prend son origine là: au cours de l’automne, on a réalisé qu’il fallait trouver d’ici la fin de décembre la bagatelle de 21 milliards pour rembourser des emprunts à court terme.Mais on a surtout constaté que les coffres de la banque centrale étaient vides.Il n’y avait plus rien, plus un fifrelin.Voilà pour l’acte 1 de la crise coréenne.Passons à l’acte 2 et à l’entrée en scène du FMI.Directeur du Harvard Institute for International Développement, Jeffrey Sachs vient de pondre une très longue analyse parue dans le Financial Times de Londres.Il y est abondamment question du FMI.M.Sachs nous apprend notamment ceci: «Il n’est que de se rappeler ce que le FMI écrivait de la Corée du Sud il y a seulement trois mois, dans son rapport annuel de 1997».«En substance, on y saluait les résultats macroéconomiques impressionnants et continus de la Corée du Sud et on félicitait les autorités pour leur politique budgétaire d’une efficacité enviable.Il y a trois mois, on ne décelait aucun soupçon d’inquiétude, seulement un appel en faveur d'une accélération de la réforme du secteur financier — incidemment, sans qu 'il soit fait mention des chaebols, des participations étrangères dans les banques ou de la surveillance bancaire, qui figure maintenant au cœur du programme du FMI pour la Corée du Sud.» Le programme du FMI.Grosso modo, c’est toujours le même.Ainsi que l'a confié Gilles Gagné de l’Université Laval, il y a fort à parier que les bonzes du FMI, qui jugeaient la situation économique coréenne plus qu’acceptable il y a trois mois à peine, vont exiger la levée de mesures empêchant le marché du travail d’être plus liquide, vont demander une réduction du nonjbre de fonctionnaires, une diminution des aides de l’État aux entreprises œuvrant sur le front alimentaire, etc.Autrement dit, on «'va faire en sorte, entre autres choses, d’accroître le niveau d'insécurité et de rendre plus souple le marché du travail».On va donc châtier des centaines et des milliers de personnes qui ne sont en rien responsables de cette déconfiture.La faillite de la Corée, c’est la faillite d’un système où l’on croyait dur comme fer que l’enrichissement d’une poignée d’individus, qui jouaient entre eux à «je te tiens, tu me tiens par la barbichette», bénéficiait à la nation tout entière.S e rg e Truffant ?M K T É 0 Montréal Verglas suivi possiblement de bruine.Max: 1 Min: -5 Québec Neige et grésil.Max: -5 Min: -7 Détails, page B 4 INDE X Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publies.B 4 Culture.B 8 Économie Editorial.Le monde.A 5 Les sports.B 4 Montréal.A 3 Mots croisés.B 6 Politique.A 5 B 1 A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com CULTURE Le CALQ modifie son programme d'aide aux artistes, page B 8 LE MONDE Alger rejette toute demande d'enquête internationale, page B 5 69,820 us ÉCONOMIE Le dollar trébuche encore sous les 70 è, page B 1 La ville figée dans le cristal H 755 000 abonnés sont privés d’électricité B Environnement Canada prévoit encore du verglas pour aujourd’hui JUDITH LACHAPELLE BRIAN MYLES LE DEVOIR Hydfo-Québec n’y va pas par quatre chemins: la société d’Etat connaît depuis lundi la pire tempête de verglas de son histoire.Pas moins de 755 (XX) abonnés étaient privés d’électricité, hier soir, et Hydro ne pouvait dire à quel moment ils seront rebranchés.Après une nuit à la chandelle, la grande majorité d’entre eux n’ont toujours pas le courant ce matin et ils devront s’armer de patience.Rien de bon n’est prévu pour aujourd'hui, à en juger par les prévisions (l'Environnement Canada.Selon le météorologue Daniel Chrétien, à Montréal, à Laval et sur la rive sud, «on prévoit du grésil et de la pluie verglaçante».Les régions situées juste au nord, soit Lachute, Linaudière et les Laurentides, seront épargnées.«C'est une situation assez exceptionnelle, a reconnu la vice-présidente exécutive d’Hydro-Québec, Lucie Bertrand.En 25 ans, je n 'ai jamais vu ça.» Les régions les plus touchées sont la Rive-Sud et la Montérégie (353 000 pannes), suivies de Vile de Montréal (247 000 pannes) et des Liurentides et de l’Outaouais (155 (XK) pannes).Au total, le quart des abonnés d’Hydro sont privés de service.Des équipes d’urgence d'Abitibi, de Trois-Rivières et de Québec ont été dépêchées pour prêter main-forte aux régions les plus touchées.I^es municipalités plongées dans la grande noirceur n'ont pas tardé à réagir.La Ville de Lon- VOIR PAGE A 8: CRISTAL ¦ Autres informations en page A 3 Tnr'S m m JACQUES GRENIER I.E DEVOIR C’est un paysage surréaliste auquel a eu droit tout le sud de la province hier.La «pire tempête de verglas», selon les mots d’Hydro-Québec, a privé de courant le quart des abonnés de la société.Et bon nombre d’entre eux devront s’armer de patience avant d’être rebranchés au réseau, car les prévisions météorologiques sont loin d’être encourageantes pour le reste de la semaine.Subventions de 4,8 millions à Option Canada Ottawa n’a pas respecté les règles «Le processus [.] apparaît avoir été exempt de la rigueur [.] qu’on aurait pu s’attendre lors de l’attribution de sommes d’argent importantes» MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Quoi qu’en dise la ministre du Patrimoine Sheila Copps, son ministère n’a pas, au dire même de ses fonctionnaires, suivi les règles d’attribution de subventions lorsqu’il a accordé à Option Canada, durant et après le référendum de 1995, trois subsides totalisant 4,8 millions de dollars.Dans un rapport de vérification interne, rendu disponible à la suite de demandes d’accès à l’information de plusieurs médias dont Radio-Canada, la Direction du projet sur l'identité a accordé ces trois subventions de façon anormalement accélérée, sans étaler les paiements et sans obtenir toutes les données requises.«Le processus qui a mené à l’autorisation de la subvention initiale et des subventions supplémentaires apparaît avoir été exempt de la rigueur et de l’examen minutieux qu’on aurait pu s'attendre lors de l’attribution de sommes d’argent importantes», note la directrice générale des examens ministériels de Patrimoine Canada, Anne Scotton, dans son rapport daté du 22 août.Ce dernier fait écho, presque mot pour mot, à un premier rapport commandé en mars dernier au consultant Bill Coleman, après que l’affaire eut été ébruitée par les journaux.Les auteurs notent que le formulaire normal de demande d’aide financière n'a jamais été rempli.Plus d'une demi- Sheila Copps VOIR PAGE A 8: OTTAWA ¦-.I ' k ) i 7 ! ! * Là vallée du verglas Pétro-Canada absorbe Ultramar La nouvelle entité dominera le marché du Québec Le verglas est un phénomène assez peu étudié malgré ses impacts sociaux, économiques et environnementaux plutôt dévastateurs.On ne sait pas trop s’il y en a plus souvent maintenant qu’auparavant.Ou si ce phénomène est lié au réchauffement global provoqué par l’effet de serre.Ou s’il est lié au phénomène El Nino.Mais les climatologues savent une chose: la métropole est située au pire endroit de la vallée du verglas! LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La vallée du Saint-Laurent est un des endroits de la planète où l’on recense le plus «d'épisodes de verglas et de beaux», d’un point de vue climatologique, s’entend.Mais, ajoute aussitôt Alain Bourque, climatologue d’Environnement Canada, on n’observe pas de tendance particulière à propos de ce phénomène, qui semble plutôt s’accoler aux tendances climatiques générales.Le chercheur hésite cependant et ajoute qu’«i7 se pourrait, si on étudiait la chose à fond, qu'on voie apparaître des tendances».Mais la difficulté pour réaliser une telle étude est énorme, dit-il: il faudrait examiner comment chaque région évolue sous ce rapport en raison du phénomène des microclimats.Un exemple parmi d’autres: l’an dernier, c’était Linaudière qui était frappée, presque jour pour jour.C’est cette fois la métropole, la région de Drummond-ville-Saint-Hyacinthe et une partie des Lauren-lides.Comment compiler ces événements et les apparenter?Rien ne serait moins évident, selon Alain Bourque.Mais une chose est sûre, le verglas qui sévit depuis hier est un «cas type», un modèle du gen- FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR C> est maintenant confirmé: les pétrolières Pétro-Canada et Ultramar Diamond Shamrock (UDS) — née elle-même de la fusion entre la britannique Ultramar et l’américaine Diamond Shamrock — fusionnent leurs activités de raffinage, de transport et de commercialisation au Canada et dans le nord des États-Unis.Depuis des semaines, plusieurs rumeurs circulaient dans les médias concernant la possible fusion entre les deux entreprises, mais sans plus de précision.Le Devoir allait plus loin dans son édition d’hier en donnant les grands paramètres de ce rapprochement.Pour couper court à ces rumeurs, qui étaient susceptibles d’influencer leur valeur en Bourse, les deux pétrolières ont finalement annoncé hier, lors d’une conférence de presse à Montréal, qu’elles avaient signé un protocole d’entente pour établir une coentreprise.Comme à l’accoutumée, cette entente devra obligatoirement obtenir le feu vert des autorités légales — le Bureau .¦ r I PETROCANADA VOIR RAGE A 8: VERGLAS VOIR PAGE A 8: PÉTRO-CANADA 778313000665 Selon vos habitudes d'appels.S'applique aux clients inscrits à un programme Avantage.15$ d'interurbain minimum par mois.ne faites rien ne demandez rien S \ i i ».mm .'i ^V^Vv; é c o n o m i s e z % AUTOMATIQUEMENT Dès janvier, les clients d'affaires de Bell profitent du nouveau programme d'économie Avantage OptimumMC.Que votre entreprise soit grande ou petite, vous obtiendrez automatiquement une réduction supplémentaire de 25 % en moyenne sur vos interurbains et sur votre service d'appels sans frais.De plus, ce programme simplifié s'ajustera automatiquement selon votre volume d'appels mensuel.Il vous assure donc les meilleures économies de Bell.Votre vie sera plus simple et vos économies plus importantes grâce à la solution d'affaires Avantage Optimum En affaires, il n'y a que des solutions.Pour en savoir plus, contactez-nous au 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terrains privés et du mont Royal.Partout, les troncs et les branches étaient cristallisés.Le maire Bourque se trouvait en voyage en Asie jusqu'au 12 janvier.Il contactait régulièrement l'hôtel de ville hier pour s’informer de l’état des choses.M.Bourque a rarement pris des vacances depuis son élection.Le sort a voulu que le verglas — et les arbres — tombent en son absence.11 est attendu à Montréal jeudi.«La situation est assez exceptionnelle, reconnaît Jean-Jacques Lincourt, porte-parole du Service des parcs, jardins et espaces verts de la Ville de Montréal.Sur 140 000 arbres dans les rues, environ 10 % sont affectés sérieusement.De ce nombre, on a environ 1000 cas d'urgence, c’est-à-dire des arbres qui menacent les voitures ou obstruent la circulation.» Pour ceux qui ne l’avaient pas encore remarqué, le verglas a figé la région métropolitaine, hier.Les piétons au .pied incertain, les automobilistes imprudents et les arbres impuissants furent les premières victimes de cette pluie de glace.Le troisième groupe, celui des végétaux, était bien sûr impuissant devant les sautes d’humeur de dame nature.«L’arbre est né pour se rompre et non pour se plier», a écrit au début du siècle le poète français Pierre Dntÿs, r ntemplant sans doute une nature glacée.Le panorama était néanmoins saisissant au pays du bonhomme hiver.Des chênes encore jeunots ayant conservé leurs feuilles de couleur rouille se dressaient péniblement derrière l'hôtel de ville, rue Saint-Antoine.1 )rapés diuis la glace, ils prenaient des allures d’artefacts.Une cinquantaine d’émondeurs de la Ville taillaient d’urgence les arbres qui menaçaient de s’abattre sur des voitures, des fils électriques ou des voies publiques.Les quartiers de Côle-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâ-ce et Maisonneuve/Rosemont furent les plus touchés au point de.vue strictement environnemental.Ce n’est qu’aujourd’hui qu’il sera possible d’évaluer les dégâts dans les espaces publics.«C’est assez désastreux» sur le mont Royal, a dit M.Un-court.Ce dernier a par ailleurs prié les propriétaires d’arbres «privés» à ne pas appeler la Ville ixntr demander de l'aide.Le Centre d’urgence 911 de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) a également demandé à la population de ne plus utiliser ce numéro pour les alertes aux branches et aux pannes.«Cet appel aux citoyens est rendu nécessaire parce que plusieurs utilisent ce système pour signaler des ennuis liés à des pannes de courant ou autres, ce qui engorge inutilement les lignes téléphoniques du 911 et relègue au second plan des appels plus urgents», a fait valoir la CUM par voie de communiqué.Les arbres ne sont cependant pas sortis du bois: une pluie verglaçante (cinq à dix mm) doit s’abattre sur la région métropolitaine encore aujourd’hui.En général, les assurances vont payer LE DEVOIR Si des dommages sont causés aux biens par la tempête de verglas, ils sont généralement couverts par les contrats d’assurance, habitation et automobile.Au Bureau d'assurance du Canada (BAC), on rappelle que l’assurance automobile couvre généralement ce genre de dommages, telle une voiture endommagée par la chute d’une branche d’arbre.Quant à l’assurance habitation, «la plupart des contrats comportent une clause prévoyant le choc d’objet tombant sur un bâtiment», a souligné Andrée Cadieux, responsable du centre d’information du BAC.On parle, ici, de dommages causés par des branches tombant sur la maison, sur un bâtiment autre ou sur une clôture, par exemple.Mais pour des avaries plus importantes, causées à l’habitation par un effondrement sous le poids de la glace, un contrat d’assurance de base n’est généralement pas suffisant, ce type de couverture nécessitant un contrat d’assurance avec formule étendue.Il s’agit ici de généralités.Compte tenu des nombreuses variantes dans les types de contrats en vigueur, le BAC ne peut que recommander aux assurés dont les biens ont été endommagés de communiquer avec leur assureur ou leur courtier afin de vérifier la couverture de leurs contrats d’assurance habitation et automobile.«En raison de la diversité des contrats sur le marché, particulièrement en assurance habitation, il importe de vérifier si les protections achetées couvrent les dommages subis, jiotamment les dommages dus à l'effondrement par le poids de la glace.» Le BAC rappelle également que «certains dommages dus au verglas ne sont pas couverts dans les contrats d'assurance habitation, entre autres les dommages causés aux arbres, aux arbustes, de même qu ’aux antennes extérieures».En revanche, si les pannes d’électricité accompagnant cette tempête se prolongent au point de provoquer des pertes d’aliments ou des bris de tuyauterie, ces dommages sont également couverts par la plupart des contrats d’assurance habitation.Quant aux assurés dont le contrat d’assurance automobile inclut les garanties «accident sans collision ni versement» ou «tous risques», ils seront indemnisés pour les dommages occasionnés à leur véhicule.U' Centre d’information sur les assurances est disponible pour les assurés qui veulent obtenir des renseignements supplémentaires.Ces derniers peuvent rejoindre un des agents d'information du Centre du lundi au vendredi, de 8h30 à 17h au (514) 288-6015 ou au 1-800-361-5131.; .?/'¦*' *4- 'SÉt v \ y M (SSfer- «sector u 3 9 13 BLEU NUIT SOLDE DU 8 AU 31 JANVIER INCLUSIVEMENT 20 jours à 20% sur tous les produits que vous aimez.et des fins de séries à 30% 6t à 50% Arthur Quentin JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les dommages causés aux véhicules par les branches sont couverts par les contrats d’assurance.Arthur Quentin 3960 RUE ST-DENIS MONTRÉAL TEL.843.7513 BLEU NUIT 3913 RUE ST-DENIS MONTRÉAL TÉL.843.5702 Commission Poitras Des témoins policiers se seraient dédits PRESSE CANADIENNE Une collusion syndicale et entre les avocats chargés de défendre les quatre policiers de la Sûreté du Québec accusés d’entrave à la justice à la suite de l’avortement du procès des Matticks a fait en sorte que des témoins policiers ont changé leur version des faits pour ne pas nuire à leurs collègues.C’est en tout cas la conviction du témoin Bernard Arsenault, qui poursuivait son témoignage entrepris avant les Fêtes devant la commission Poitras, qui en était hier à sa 99 journée d’audiences.M.Arsenault dirigeait l’enquête interne décrétée à la suite de l’arrêt des procédures contre les Matticks parce que la juge qui présidait le procès avait acquis la conviction que des policiers avaient fabriqué de la preuve pour mieux incriminer les Matticks relativement à l’importation de 26,5 tonnes de haschisch.M.Arsenault a soutenu que les témoins Laurent Laflamme, Yves Préfontaine et Claude Charron ont changé leur version des faits quand ils ont témoigné au procès de leurs collègues accusés de fabrication de preuves, de paijures et d’entraves à la justice.M.Arsenault a relié ce changement de comportement au fait que les Guérin / Maternelle 80 pages, 6 $ POINT À POINT Fernande Montpctit Conçu pour les enfants de maternelle dans le but de les aider à connaître les lettres de l’alphabet et les nombres de 1 à 30.Ce cahier offre 23 thèmes différents à travers 64 pages d'images à reconstituer à l'aide de points à relier.Les images attrayantes sont bien délimitées à l’aide de gros points accompagnés de lettres et de nombres bien définis.Siège social : GUÉRIN, éditeur liée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 .Adresse Internet : | http://www.guerin-editeur.qc.ca trois témoins en question avaient rencontré, durant la fin de semaine précédant le début du procès, les avocats des quatre policiers accusés à l’insu des procureurs de la Couronne.«Ils ont menti, c’est évident», a lancé M.Arsenault.«Ils avaient donné de l’information aux enquêteurs internes qui nuisaient à leurs collègues accusés», a-t-il poursuivi.Le président du syndicat.Tony Cannavino, a rencontré le témoin Ut-flamme, et les avocats des policiers ont rencontré Charron et Préfontaine, a indiqué M.Arsenault.«Des témoins de la Couronne qui s'assoient dans le bureau des avocats de la défense est une situation hois de l’ordinaire», a souligné M.Arsenault, qui a été aussitôt interrompu par les protestations de deux avocats.«Ce n’est pas vrai.Je regrette, ce n 'est pas vrai», a lancé M' Gérald Soulière, qui a défendu les intérêts de Michel Patry au moment de son procès et qui le fait toujours dans le cadre de la commission Poitras.«Ce n'est pas vrai», a aussitôt renchéri M' Jean-Claude Hébert, qui défendait le policier Pierre Duclos lors de son procès au criminel et qui le représente toujours devant la commission Poitras, de même que Dany Fa-fard (un autre accusé au criminel).Poursuivant sur sa lancée, M.Arsenault a dit qu’un autre policier, celui qui avait pour tâche de protéger l’informateur de police dans le procès Matticks, avait été aperçu sortant du bureau d’un autre avocat de la défense, M' Jean Dupuis, qui représentait alors les intérêts de Lucien Landry, un autre policier accusé, et qui le fait encore devant la commission Poitras.Un peu plus tard, M.Arsenault a indiqué que l’information qui paraissait si choquante aux avocats se trouvait en fait dans les documents de la commission et que nul autre que M' Jean-Claude Hébert avait admis avoir rencontré les témoins Laflamme, Préfontaine et Charron.^Pourquoi acheter en France ce qu’on fait si bien au Québec! ue» Editions logiques a ndié Dugct.Hubei»**™'5'*" 1500 verbes de plus que les autres guides 130 modèles faciles à utiliser usage des prépositions grammaire des verbes fréquence d’emploi des verbes aucune exception Les verbes logiques André Dugas et Hubert Manseau 248 pages Les Éditions LOGIQUES Distribution exclusive ; LOGIDISQUE 1225, rue de Condé Montréal (Québec) H3K 2E4 Tél.: 933-2225 Fax : 933-2182 logique@cam.org http://www.logique.com !• !'• I> K V 0 I It , I.K M K It (' It K Dl 7 .1 A \ V I K It I !» !» 8 A I F S L U Le cormoran, un oiseau qui manque d’huile LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Le cormoran, sans le «t», est un oiseau migrateur qui pourrait bien déclencher un nouveau conflit constitutionnel si l’on en juge par l’intérêt intense que lui portent les militaires de la capitale fédérale depuis quelques jours, même s’il a la fâcheuse habitude de nager à demi immergé, faute d’huile, ce qui n’augure rien de bon pour les opérations de secours! En effet, cet oiseau migrateur défie les lois constitutionnelles car il relève de Québec malgré les compétences évidentes du gouvernement fédéral pour tout ce qui traverse les frontières et.les questions militaires.«Au début du siècle, expliquait hier Gilles Chapdelaine, biologiste du Service canadien de la faune (SCF), ou a divisé les oiseaux en fonction de critères bizarres.C'est ainsi que tous les oiseaux perçus comme nuisibles ont été placés sous la responsabilité des provinces.Presque tous les oiseaux noirs ont été placés d’emblée dans cette catégorie, les corneilles, les quisquales, les carouges à épaulettes et les cormorans! Ainsi que certaines espèces jugées embarrassantes, comme les martins-pêcheurs, de réputés mangeurs de truitelles.Ces espèces pourtant migratrices n'apparaissent pas, en effet, dans la liste d’oiseaux placés sous l’autorité de la Convention sur les oiseaux migrateurs.Mais elles apparaissent dans la liste des espèces relevant de la Loi québécoise sur la conservation de la faune, qui gère les espèces dites indésirables! Ces vieilles nomenclatures, totalement dépassées, n’ont pas été révisées.» Les cormorans, précise le biologiste, n’ont pas bonne réputation sur la côte, même s’ils sont magnifiques au printemps avec leur gorge orange.Répartis partout en Amérique — le Québec constitue la limite nordique de son aire — le cormoran à aigrette a été accusé tour à tour d’être LE mangeur de saumons et, plus récemment, le dévastateur des îles de l’estuaire par ses fientes acides.Pourtant, toutes les études de ses contenus stomacaux indiquent que cet oiseau ne mange à peu près jamais de saumon, gros ou petit, précise le biologiste Chapdelaine, tout comme l’acidification des îles par ses fientes fait partie de cycles naturels: il les quitte lorsque ses fientes acides les ont dévastées, ce qui permet à la jeune végétation de se reconstituer et d’attirer d’autres espèces.Mais si les ingénieurs du Cormo- rant se sont inspirés du cormoran, 1 appareil va souffrir de sérieux problèmes de lubrification! Cet oiseau est en effet l’un des seuls membres de la famille de la sauvagine à ne pas bénéficier d’une glande uropygienne.Cette glande, située à la base du dos des canards, leur fournit l’huile dont ils enduisent leurs plumes, ce qui les empêche de se détremper dans l’eau.L’absence de cette glande ou son faible fonctionnement — il n’a pas été possible d’élucider le mystère hier — fait en sorte que ce canard plongeur sort de l’eau tout mouillé, ce qui l’oblige à des efforts majeurs pour s’envoler en se secouant les ailes sur une longue distance.11 nage le corps plus profondément dans l’eau que les autres canards.C’est d’ailleurs le seul qui nage la queue totalement immergée! On le voit d’ailleurs souvent sur les rochers ou dans les arbres, les ailes à demi déployées, en train de profiter du séchoir solaire.Le Québec compte 27 000 couples de cormorans, principalement installés dans l’estuaire fluvial.Mais c’est un oiseau qui s’accommode bien de la vie en eaux douces.Le lac Winnipeg en abrite une colonie de 127 000 couples.Le lancement de Lunar Prospector reporté il A( )\ Ça va chanter sous la tour , PHILIPPE WOJAZER REUTERS LES TROIS TENORS, José Carreras, Luciano Pavarotti et Placido Domingo ont annoncé hier à Paris qu ’ils allaient donner un concert sous la tour Effel le 10 juillet prochain.Le ballon sur lequel ils posent la main est là pour rappeler que cet événement aura lieu durant le Mundial de football de Paris qui aura lieu du 10 Cap Canaveral, Floride (AP) — Le lancement de la sonde orbitale Lunar Prospector a été reporté à hier soir à cause d'un problème de dernière minute sur le radar permettant de suivre la trajectoire de la fusée.La nouvelle heure de lancement depuis Cap Canaveral de Lunar Prospector a été fixée à hier soir, 21h28 locales.Cette sonde orbitale non habitée doit étudier la surface de la Lune et rechercher la présence de glace.Si le lancement devait être repoussé de plus d’un jour, il serait purement et simplement reporté au début de février, lorsque les conditions optimales de tir seront à nouveau réunies.juin au 12 juillet prochain.CARRIERES ET PROFESSIONS Un homosexuel veut épouser civilement son ami Le mariage religieux a déjà eu lieu mais VÊtat civil ne le reconnaît pas p Conseiller(ère) en relations de travail L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), qui regroupe les producteurs québécois indépendants de disques, de spectacles et de vidéo, est à la recherche d’un(c) conseiller(ère) pour se joindre à son équipe de relations de travail.Sommaire de la fonction Sous la supervision de la responsable des relations de travail, le ou la conseiller(ère) aura à préparer, négocier et gérer les ententes collectives de travail conclues ou à être conclues, au nom des producteurs de disques, de spectacles et de vidéo, avec les différentes associations d’artistes reconnues.Il ou elle aura également à faire, au nom de l’ADISQ, les représentations nécessaires devant la Commission de reconnaissance des associations d’artistes et de producteurs (tribunal administratif).Exigences Détentrice d’une licence en droit et membre du Barreau du Québec, la personne doit avoir une expérience d’au moins deux ans en relations de travail et de préférence dans le milieu culturel.La personne devra posséder une parfaite maîtrise du français écrit et oral et une bonne maîtrise de l’anglais écrit et oral.L’entrée en fonction est prévue pour le 16 février 1998 et les personnes intéressées doivent faire parvenir, au plus tard le 19 janvier 1998, leur curriculum vitae à: ADISQ Relations de travail 4200, boul.St-Laurent, bureau 901, Montréal (Québec), H2W 2R2 PR0FESSEURE OU PROFESSEUR DE LITTÉRATURE FRANÇAISE Le Département des littératures désire pourvoir un poste en littérature française du XV1IF siècle.Description de fonctions La personne titulaire de ce poste devra : • Assumer un enseignement en littérature française, notamment du XVIIF siècle, aux trois cycles ; • Assumer la direction de mémoires de maîtrise et de thèses de doctorat ; • Avoir des activités de recherche reconnues dans le domaine; • Participer aux activités départementales et universitaires.Critères de sélection • Doctorat en littérature française, de préférence du XVIIF siècle; • Expérience de l’enseignement de la littérature française, de préférence au niveau universitaire; • Expérience de recherche en littérature française du XVIIL siècle, publications ou subventions à l’appui ; • Aptitude à travailler en équipe dans le domaine de la recherche.Traitement et conditions de travail : selon la convention collective en vigueur.Date d’entrée en fonction : 1" août 1998 Faire parvenir sa candidature accompagnée d’un curriculum vitae et de trois lettres de recommandation d'ici le 9 mars 1998 à: Monsieur Paul-André Bourque, directeur Département des littératures Faculté des lettres Pavillon Charlcs-De Koninck Cité universitaire, Québec G1K 7P4 I UNIVERSITE 'LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI Eacuité des lettres Département des littératures En vertu de son Programme d'accès a l'égalité, l/l niversité Laval entend consacrer la moitié de ses postes vacants a rengagement de femmes.En accord avec les exigences du ministère de T Immigration du Canada, celle olfre est destinée en priorité aux citoyennes et citoyens canadiens cl aux résidentes ci résidents permanents du Canada UNIVERS!! h D’OTTAWA: Département de sociologie Deux postes de professeur(e)s régulier(ère)s menant à la permanence à partir du 1er juillet 1998 (sujet à approbation budgétaire).Tâches d’enseignement et de recherche.Le département en plus d’oflrir un enseignement varié à près de 800 étudiant(e)s de 1er cycle oriente ses programmes de recherches de 2e cycle principalement autour des questions du développement, de la sociologie politique, des groupes minoritaires et des rapports sociaux de sexe.Exigences: Doctorat, expérience d'enseignement, publications, bilinguisme actif.\euillez laire parvenir avant le 2/ février 1998 votre curriculum vitae accompagné d une lettre de présentation et d’une publication.Trois lettres de recommandation doivent être envoyées directement à: Ann Denis, Directrice, Département de sociologie, Université d’Ottawa, 550 rue Cumberland, C.P.450, Suce.A, Ottawa, Ontario, Kl N 6N5.Conformément aux exigences prescrites en matière d’immigration au Canada, la priorité sera accordée aux citoyen(ne)s canadien(ne)s et aux résident(e)s permanent(e)s.L’Université d’Ottawa applique le principe d équité en matière d emploi.Le département encourage les lemmes et les membres des communautés minoritaires à présenter leur candidature.L’Université de Moncton, fondée en 1963, est une université de langue française.Elle regroupe trois constituantes situées dans les principales régions françaises du Nouveau-Brunswick, soit à Edmundston, à Moncton et à Shippagan.L’Université sollicite des candidatures pour le poste suivant ; Vice-rectrice ou vice-recteur Xdiiiinist t ill ion cl ressources humaines Fonctions : Vous relèverez directement de la rectrice ou du recteur, et votre autorité s'étendra aux trois constituantes de l’Université.Vous serez responsable des services financiers et administratifs essentiels au soutien des programmes d’études et entre autres, du système de comptabilité et de vérification, ainsi que de la préparation et du contrôle du budget.De plus, vous recommanderez et mettrez en œuvre les politiques approuvées touchant les finances ainsi que les services administratifs et auxiliaires.Vous superviserez toute nouvelle construction ou tout projet de rénovation et d'entretien des bâtiments et terrains de l'Université Par ailleurs, vous prendrez aussi en charge l'administration, la coordination, la planification et le perfectionnement des ressources humaines, tout comme la négociation et l’application des conventions collectives ainsi que des avantages sociaux.Vous favoriserez les relations harmonieuses au sein de l’Université par une gestion équitable des ressources humaines, encouragerez la qualité et la formation continue du personnel et assumerez le recrutement.Enfin, vous siégerez au Conseil des gouverneurs et au Sénat académique avec droit de parole, et serez membre d’office de tout conseil et comité de votre secteur.Vous conseillerez la rectrice ou le recteur concernant l’administration de l'Université et recommanderez aux autorités de l'établissement l’approbation des règlements et directives relevant des domaines sous votre responsabilité.Exigences ; Titulaire d’un diplôme universitaire de deuxième cycle ou de l'équivalent dans une discipline liée aux fonctions du poste, vous possédez de sept à dix années d’expérience à un poste de cadre supérieur, de préférence dans le milieu universitaire.Vous maîtrisez la langue française, tant à l'oral qu’à l’écrit.Enfin, il est nécessaire d’avoir une bonne connaissance de la langue anglaise.Entrée en fonction : Il s’agit d’un mandat régulier de cinq ans, renouvelable, débutant le 1er mai 1998.Veuillez faire parvenir, au plus tard le 30 janvier 1998.un curriculum vitae détaillé, un dossier professionnel complet ainsi que le nom et l’adresse de trois personnes pour références à M.Jean-Bernard Robichaud, recteur, Université de Moncton, Moncton (Nouveau-Brunswick) El A 3E9.Télécopieur ; (506) 858-4538; courriel ; recteur@umoncton.ca UNIVERSITÉ DE MONCTON Un accent, sur le savoir Ce poste est offert également aux femmes et aux hommes.Conformément aux exigences relatives é l'immigration au Canada, ce concours s'adresse aux citoyennes et citoyens canadiens ainsi qu'aux résidentes et résidents permanents seulement MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Un homosexuel de Montréal veut obtenir le droit d’épouser civilement son ami mexicain afin de lui per-mettre de venir vivre avec lui au Canada.C’est une question d’amour et d’immigration, a déclaré son avocat, M' Stéphane Gendron, lors d’une conférence de presse organisée hier à Montréal.C’est avant tout une question de principe, a précisé Martin Dubé.«On est comme tout le monde, on a le droit de s'aimer et de vivre ensemble, a-t-il déclaré.C’est sûr que ça va nous ouvrir des portes à l'immigration.» L’ami de M.Dubé, Manuel Alberto Gambora Ravell, un citoyen du Mexique, a vécu à Montréal pendant environ trois ans.C’est pendant cette période qu’il a rencontré M.Dubé.Le 4 novembre dernier, les deux hommes se sont mariés dans le cadre d’une cérémonie religieuse à l’église communautaire du village de Montréal, sous la direction du pasteur Réal Murray.Ils n’ont cependant pas pu obtenir la reconnaissance civile du mariage.Fn effet, l’article 365 du Code civil du Québec statue que le mariage ne peut être célébré «qu’entre un homme et une femme qui expriment publiquement leur consentement libre et éclairé à cet égard».M.Gambora a dû quitter le Canada le 25 novembre dernier en raison de l’expiration de son droit de séjour.M' Gendron a expliqué que son client mettrait en branle trois démarches pour favoriser l’immigration de M.Gambora au Canada.D’ici deux semaines, il fera une demande en vertu du programme d’immigrant-investisseur.Il cherchera aussi à le parrainer en vertu d’une nouvelle politique québécoise permettant le parrainage entre conjoints de même sexe.M' Gendron a cependant affirmé que ces deux démarches risquaient de prendre beaucoup de temps, ce qui a amené M.Dubé à s’engager dans une troisième voie, une requête en jugement déclaratoire pour rendre inopérant et incompatible l’article 365 du Code civil et pour lui permettre de se marier civilement.M" Gendron a fait valoir qu’un homme pouvait épouser une femme d'ailleurs et l’amener au pays.M.Dubé devrait avoir le même droit.L’avocat invoquera la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, une des plus progressistes en Amérique du Nord parce qu’elle interdit spécifiquement la discrimination basée sur l’orientation sexuelle.Il s’agira de la première fois que quelqu’un réclame le droit à un mariage entre deux personnes du même sexe en vertu de la charte québécoise.Il y a quelques années, un Canadien et un citoyen américain ont cherché à faire légaliser le mariage entre homosexuels, mais un tribunal ontarien a rejeté leur requête.Par une majorité de deux juges contre un, la cour a jugé que le Palais de justice d’Ottawa n’avait pas fait de discrimination à l’égard de Pierre Beaulne et Todd Layland en leur refusant un permis de mariage.M' Gendron a affirmé que la Cour supérieure du Québec devrait en tendre la cause de M.Dubé au début de février.La décision devrait être rendue au printemps.Il a soutenu qu’il était prêt à aller en Cour suprême si M.Dubé n’obtenait pas satisfaction.M' Gendron a dit espérer que le gouvernement péquiste, et plus particulièrement le ministre de la Justice et procureur général Serge Ménard, appuie la requête de M.Dubé.Il a rappelé que, en campagne électorale et en campagne référendaire, le Parti québécois avait constamment courtisé les homosexuels et leur avait promis d’en faire des citoyens à part entière.Si le gouvernement péquiste n'appuie pas cette requête, il prouvera ainsi son hypocrisie, a-t-il soutenu.Pourboires: les restaurateurs veulent un délai PRESSE CANADIENNE Québec (PC) — Pendant que l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) réclame, au nom de ses 2800 membres et de l’ensemble de l’industrie, plus de temps pour leur permettre de se conformer à la réglementation de la Loi sur les pourboires, le ministère du Revenu demeure inflexible.Hier, le porte-parole de l’ARQ, Hans Brouillette, parlait d’un minimum de deux mois pour permettre de mieux informer l’ensemble des travailleurs de cette industrie et d’au moins six mois pour que les employeurs puissent s’équiper adéquatement pour répondre efficacement aux exigences de la loi.«Puisque les nouvelles règles définitives ont été connues au début de décembre, a-t-il expliqué, c'est certain qu’il faudrait au moins deux mois additionnels pour mieux infirmer les gens.Pour permettre à d’autres de s'acheter des systèmes informatiques appropriés et dé former leurs employés, il faut au moins six mois.» Le porte-parole du ministère du Re- venu, Réal Roussy, a pour sa part rap-pelé que les principaux intéressés, les employeurs comme les travailleurs à IMuirboircs, ont été informés depuis les mois de mai et juin des conséquences de la nouvelle réglementation.Ensuite, les 28 et 29 décembre, tous les documents d'information ont été envoyés par la poste à 25 (XX) restaurateurs.Ce document, qui pose une vingtaine de questions susceptibles d’êtres soulevées par un employé et qui y répond le plus simplement possible, précise que cette mesure budgétaire a été annoncée le 25 mars 1997.Il indique aussi que les modifications législatives adoptées en décembre rendent obligatoire la déclaration des pourboires dès le 1" janvier, alors qu’auparavant elle était volontaire.«lx>s nouvelles mesures, explique le document, obligent tous les employés travaillant dans un établissement visé à déclarer tous leurs revenus de pourboires à leur employeur, qu'ils soient serveurs, préposés au bar, hôtes, bagagistes, livreurs, préposés au vestiaire, maître d’hôtel, portiers ou desserveurs.» I.K I) K V 0 I U .I K M K l( C li E I) I .1 A X V IKK I !* !» « ?LE DEVOIR ?POLITIQUE Un rapport fédéral propose une refonte complète de la politique d’immigration i , HU GUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE i A ttawa — Le système d’immigra-lion devrait faire l’objet d’une refonte complète, a proposé hier un : groupe consultatif fédéral qui réclame : un nouveau cadre législatif et l’assou-: plissement des critères de sélection : des immigrants et des réfugiés.: Dans son rapport rendu public î hier, un groupe consultatif présidé par j Robert Trempe propose de modifier ; l’orientation du système actuel en 1 Taxant davantage sur l’intégration des immigrants.Le rapport, intitulé Au-delà des chiffres: l’immigration de demain, : propose de fondre la Loi sur la ci-! toyenneté et la Loi sur l’immigration • en une seule: la Loi sur l’immigration et la citoyenneté.Cette loi préciserait dans les moindres détails les nouvelles catégories d’immigrants, leurs responsabilités et le processus de sélection.Une autre loi, la Ixfi sur la protection, réglementerait toutes les demandes d’asile des réfugiés.Le processus serait simplifié et plus rapide.la priorité serait donnée aux «plus vulnérables».Le sort des réfugiés serait décidé dans un délai de six semaines suivant une audience.Ceux qui ne pourraient fournir de pièces d’identité mais dont la demande serait jugée recevable jouiraient «d’une protection temporaire».Impressionnée par le rapport du groupe consultatif, la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Lucienne Robillard, a ouvert la porte hier à une réforme en profondeur du système d’immigration au Canada.«Toutes les recommandations sont sur la table», a-t-elle déclaré au cours d’une conférence de presse.Cinq journées de consultations publiques sont prévues à compter du 27 février.D’entrée de jeu, le rapport souligne que le gouvernement fédéral a toujours un rôle à jouer au niveau de l’établissement des arrivants au Canada et qu’il devrait assumer «sa part de financement des services d’établissement [.] Il ne peut s’en décharger entièrement sur les provinces.» Le groupe de travail propose une définition plus souple du mol «conjoint».Seraient reconnus les «couples de droit coutumier» et les «couples homosexuels».Relations familiales Les relations familiales seraient regroupées en trois catégories: la «famille nucléaire», les «financés et parents» et, nouveauté, des personnes sans lien familial.Ces dernières pourraient être parrainées en autant qu’un garant assure leurs «conditions matérielles» au Canada.Les garants qui ne respecteraient pas cette obligation ne pourraient parrainer d’autres immigrants.Tous les immigrants devraient pouvoir s’exprimer en français ou en anglais.A ce chapitre, un nouveau Conseil fédéral-provincial de l’immigration et de la protection veillerait à établir des normes de connaissance linguistique.Pour attirer une nouvelle main-d’œuvre, le groupe de travail propose de réduire les embûches administratives.Il n’y aurait plus désormais qu’une seule catégorie d’investisseur: les immigrants indépendants.Ceux-ci devraient pouvoir s’exprimer en français ou en anglais, posséder l’équivalent de deux années d’études postsecondaires au Canada, subvenir à leurs besoins dès leur arrivée au Canada et garantir une somme de 500 000 $.Par contre, on ne tiendrait plus compte de leur occupation et ils n’auraient pas à soumettre un plan d’affaires «rigide».Les travailleurs étrangers ayant décroché un emploi permanent n’auraient plus à quitter le Canada pour demander le statut de résidant canadien.Les gens d’affaires, quant à eux, pourraient bénéficier «d’un visa à entrées multiples».Autre recommandation: les visas d’entrée seraient plafonnés chaque année, sauf pour certaines catégories d’immigrants.Assemblée nationale Les députés ont battu des records en heures de travail NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Les députés de l’Assemblée nationale ont eu une augmentation en 1997.Pas une augmentation de salaire: au contraire, leurs émoluments ont été réduits de six pour cent Tan dernier, afin de donner l’exemple aux employés du secteur public.Mais ils ont connu une augmentation considérable de leurs heures de travail.Leurs assignations ont crû au point que trois nouveaux records ont été établis.Les commissions parlementaires ont tenu au cours de Tannée 472 séances, battant le record de 1987 où il y avait eu 463 séances de commission.Ces séances ont duré au total 1713 heures.C’est un autre record puisqu’en 1987 la durée totale des séances de commission avait atteint 11518 heures.Au cours de Tannée, 898 témoins ont été entendus devant les commissions parlementaires.Encore là, c’est 240 de plus qu’en 1987, année qui détenait jusque-là le record.Les 898 témoins entendus Tan passé comprennent 828 organismes et 70 personnes qui se sont présentées à titre personnel.Surveillance du gouvernement Si le travail des députés en commission parlementaire a augmenté de façon si intense, c’est parce que les élus ont pris au sérieux depuis quelques années leur travail de surveillance du gouvernement.La réforme parlementaire de 1984 permet en effet aux députés de convoquer devant une commission parlementaire les sous-ministres ou îes dirigeants d’organismes publics pour les interroger sur la façon dont ils s’acquittent de leur tâche.Cette année, par exemple, les dirigeants de la Caisse de dépôt et placement et ceux de la Régie des rentes ont dû venir s’expliquer publiquement.Les commissions parlementaires ont analysé des problèmes comme la justice chez les autochtones, le développement de l’inforoute québécoise ou i’intégration des immigrants.D’autres députés ont été saisis en commission parlementaire du dossier des «orphelins de Duplessis», soit les jeunes placés injustement dans des institutions psychiatriques entre 1940 et 1965.La commission de la Culture s’est penchée pendant toute Tannée sur le dossier de la protection de la vie privée et des cartes d’identité.C’est devant cette commission que fut révélé de façon spectaculaire en mars dernier l’existence d’un réseau de vente des renseignements confidentiels contenus dans les rapports d’impôt et dans les dossiers médicaux.Au total, depuis trois ans, les députés ont exercé leur pouvoir de surveillance d’organismes à 56 reprises en commission parlementaire.Dans beaucoup de cas, les députés ont reçu l’aide du Vérificateur général, Guy Breton, dont le mandat est d’analyser la gestion des fonds publics.Cette tâche des députés en commission parlementaire a été mise en valeur récemment par le leader parlementaire du gouvernement, le ministre Jean-Pierre Jolivet.«Les députés y font un travail souvent dans l’ombre, mais combien important.Il est regrettable que la population ne voit pas nos députés travailler en commission parlementaire.Personne ne rend compte du travail qui s’y accomplit», a dépioré le ministre Jolivet.Selon le Vérificateur général Les fonds spéciaux masquent le déficit réel du Québec MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — La constitution de fonds spéciaux et l’exclusion du calcul des dépenses de certaines obligations du gouvernement à l’égard ties régimes de retraite de ses employés ont soustrait plusieurs centaines de millions de dollars de la det-!e et du déficit du Québec en 1997.Tel est l’avis du Vérificateur général, Guy Breton, qui conclut que les états financiers du gouvernement ne reflètent pas fidèlement la situation financière du Québec décrite dans les Comptes publics 1996-1997, déposés a l’Assemblée nationale fin décembre.A son avis, la méthode utilisée par le gouvernement n’est pas conforme aux règles reconnues par le Conseil sur la comptabilité et ia vérification dans le secteur public (CCVSP) de l’Institut canadien des comptables agréés (ICCA).Ix> Québec est la seule province canadienne à exclure les fonds spéciaux de ses états financiers.«Compte tenu, entre autres, de l'importance des sommes en cause au regard des fonds et des autres entités qui ne sont pas inclus dans les états financiers du gouvernement, nous sommes d'avis que ces états ne présentent pas fi- dèlement, selon les conventions comptables applicables au gouvernement et recommandées parl'ICCA, la situation financière du gouvernement au 31 mars 1997, ni les résultats de ses opérations, ni l'évolution de sa situation financière pour l’année terminée à cette même date», écrivait M.Breton le 26 novembre dernier.Le gouvernement a créé au cours de la dernière année financière quinze fonds spéciaux dotés de leur propre entité comptable, notamment le Fonds de conservation et d'amélioration du réseau routier et le Fonds de gestion des départs assistés.la vérification comptable de ces fonds n’a pas été faite, signale Guy Breton.«La constitution de ces quinze fonds spéciaux a eu pour effet de diminuer le déficit des opérations budgétaires de l'année financière terminée le 31 mars 1997 et la dette nette à cette date d'environ 529 millions», signale Guy Breton.Le Vérificateur souligne aussi que le gouvernement ne comptabilise pas toutes ses obligations à l’égard des régimes de retraite et qu’une somme de 267 millions n’a pas été incluse dans les dépenses ni dans le déficit des opérations de l’année financière 1996-1997.Cette somme correspond aux intérêts supplémentaires qui devraient être portés au compte «Régimes de retraite» si l’ensemble des obligations’du gouvernement avaient été comptabilisées.Un montant de 9,1 milliards devrait être ajouté aux obligations du gouvernement envers les régimes de retraite.Cela n’est pas fait parce que l’amortissement du passif non inscrit de tous les régimes de retraite est amorti sur une période de cinquante ans se terminant en 2029.Dans ses observations, le Vérificateur note que, si toutes les obligations financières du gouvernement étaient comptabilisées, «le compte Régime de retraite et la dette nette du gouvernement auraient été augmentés de 3,2 milliards».Iœs dépenses d’exploitation et le déficit seraient augmentés de 1,8 milliard.Les Comptes publics indiquent que la dette est passée de 61,6 à 64,8 milliards, tandis que le déficit glissait de 3,95 à 3,2 milliards de 1996 à 1997.Le ministre des Finances, Bernard Landry, a indiqué maintes fois Tan dernier que le Vérificateur faisait ces remarques depuis dix ans et que les méthodes comptables du gouvernement seraient revues en 1998.Nous ireiller de duvet blanc Jurassic Park The Lost World Literie pour enfants Service à domicile GRATUIT 331-5260! 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___________________d’achat de 50 hélicoptères EH- 101, conclu pour une somme de 5,8 milliards de dollars par le gouvernement conservateur, serait dûment déchiré par un gouvernement libéral.L’achat lui-même ne serait pas remis à plus tard, mais annulé.Malgré ce qu’en disait un rapport de 1990 sur les missions réelles des hélicoptères et les obligations courantes du Canada — rapport sur lequel le gouvernement fonde aujourd’hui sa décision —, M.Chrétien niait froidement tout besoin d’appareils, pas même d’un seul, disait-il.L’industrie canadienne intéressée par ce contrat n’avait qu’à se «reconvertir» dans la production civile.Si les militaires n’étaient pas contents, et avec eux les bureaucrates du ministère de la Défense, ils devraient ravaler leur bile et comprendre que les temps avaient changé.Au lieu de dépenser selon leurs vœux, le Canada économiserait ses sous et engrangerait ainsi «les dividendes de la paix».Voilà ce qu’allait répétant M.Chrétien: de nouveaux hélicoptères, sous son règne, le Canada n’en verrait pas la couleur.Et voilà pourquoi, quelques jours après l’arrivée au pouvoir des libéraux, il a bel et bien mis fin au contrat avec le consortium producteur des EH-101, plutôt que de renégocier le contrat à la baisse, comme l’aurait fait un acheteur avisé qui aurait préféré désormais une Chevrolet à la Cadillac inscrite au carnet de commande.Voilà pourquoi il a payé 500 millions de dollars de frais de dédit, et a justifié ce gaspillage en période de déficit extrême en assurant le bon peuple que le dossier était désormais clos.L’encre n’était pas encore sèche sur les chèques de bris de contrat, émis en 1996, que M.Chrétien se préparait à manquer à sa promesse.Le Canada n’avait pas changé de géographie en changeant de gouvernants et les besoins de recherche, de sauvetage, de patrouille maritime restaient les mêmes, et devenaient impossibles à assumer avec les vieux appareils Labrador et Sea King sur le point de rendre l’âme après plusieurs restaurations de plus en plus coûteuses.Pour se sortir du pétrin, le gouvernement a eu recours à diverses manœuvres.L’une a été de dissocier le dossier des hélicoptères de recherche et sauvetage (SAR) des hélicoptères de patrouille maritime, pour faire avaler le scandale par étapes.L’autre a été de modifier légèrement, à la baisse, les performances requises des futurs appareils, de façon à réduire la note et à passer pour vertueux.D’où l’analogie de la Chevrolet versus la Cadillac, si chère à l’éthique mobile de M.Chrétien.Ce qu’il avait mal prévu, et ce qu’il a extraordinairement mal géré, c’est la persistance de l’establishment militaire canadien, gonflé d’audace depuis que le gouvernement a étouffé le scandale somalien.Têtue et sûre de son bon droit, l’armée réussira à faire avaliser, par un comité indépendant chargé d’évaluer les diverses offres, son goût persistant pour le EH-101, même en version moins luxueuse que celle de 1993.Et cette version modeste, quoi qu’on en dise dans les communiqués chantournés émis à Ottawa, risque de coûter autant que la première.Car rien n’est moins sûr que le prix qu’on prétend payer pour les 15 hélicoptères de recherche et sauvetage dont l’achat a enfin été annoncé lundi.Qu’on en juge: ¦ L’entente avec le consortium italo-britannique E.H.Industries n’est qu’un accord de «négociations».Il y a un an, le ministre de la Défense affirmait que La tromperie politique, dans le dossier des hélicoptères, peut compter sur la complaisance générale.le prix d’achat ne dépasserait pas les 600 millions de dollars pour ces 15 appareils.C’est le cas dans l’entente mais des «frais de gestion» et autres contingences sont apparus pour une somme supplémentaire de 190 millions de dollars, qui pourrait grimper.¦ Des 500 millions de dollars de frais d’annulation du contrat de 1993, le gouvernement n’impute que 143 millions aux hélicoptères SAR, ce qui lui permet de dire que leur prix de revient individuel est de 30 % moins élevé que celui de l’hélicoptère «conservateur».Comptabilité créatrice.Jusqu’à maintenant, les Canadiens ont bel et bien déboursé 500 millions pour l’annulation et rien ne dit à quel prix on remplacera les 35 hélicoptères de patrouille maritime dont l’achat est désormais prévu.Pour l’instant donc, le coût de chaque nouvel hélicoptère SAR est l’équivalent de celui de 1993, c’est-à-dire que nous payons la Chevrolet le prix de la Cadillac.¦ Et c’est sans compter le coût d’entretien des vieux Labrador, qui frôle les 30 millions de dollars par année, et qui s’étire sur quatre années supplémentaires à cause des tergiversations du gouvernement Chrétien.¦ Et c’est sans compter les poursuites judiciaires possibles, par des concurrents de E.H.Industries, qui estiment avoir été floués durant le processus d’appel d’offres.¦ Et c’est sans compter les coûts de rodage de l’appareil choisi, qu’on dit dûment certifié et non en développement comme sa version de 1993, mais qui n’est tout de même qu’un prototype dont le Canada sera le premier utilisateur à large échelle.La note finale des acrobaties aériennes de M.Chrétien, on ne la connaîtra que dans plusieurs années, quand la flotte sera entièrement renouvelée.Et on ne saurait, pour masquer le calcul salé, faire miroiter des retombées économiques merveilleuses, en emplois ou transferts technologiques.D’une part, les évaluations du gouvernement ne concordent pas avec celles, beaucoup plus élevées, qu’évoquait le consortium vendeur il y a à peine quelques mois.D’autre part, elles seront bien moindres que les retombées escomptées du contrat de 1993 qui prévoyait la construction et le développement d’un nouvel appareil au Canada même, plutôt que de simples sous-contrats pour la mise en service d’un appareil existant.Comment, dans une démocratie qui se croit avancée, a-t-on pu accumuler autant de bourdes, mauvais calculs, manipulations ou tromperies délibérées?Grâce, surtout, à l’incompétence et à la complaisance dans les rangs d’en face.En 1993, durant la fameuse campagne électorale où M.Chrétien a promis cette monumentale ineptie, le Parti conservateur se laissait intimider par la démagogie libérale et s’excusait quasiment d’avoir conclu le contrat.Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique participaient à la même démagogie et approuvaient l’annulation pour se donner un vernis anti-militariste de bon aloi, sans prendre le temps de lire leurs dossiers.Le Parti libéral de Daniel Johnson, alors au pouvoir, préférait se taire — et voir s’envoler les importantes retombées prévues au Québec — pour faciliter l’élection de M.Chrétien.Il était imité en cela par les milieux d’affaires qui croyaient naïvement amener «leur» futur premier ministre à changer d’idée au lendemain des élections.Faut-il rappeler qu’au Québec, seul Le Devoir, avant l’élection de 1993, mettait vivement en cause la sagesse de la promesse du chef libéral fédéral?Le cynisme naturel de M.Chrétien a pu, à l’époque, se nourrir des calculs à courte vue de ses adversaires comme de ses alliés et il n’y a rien de surprenant à le voir se déployer encore aujourd’hui.Quand la fourberie peut s’exercer à visage découvert, et ne trouve devant elle que veulerie, elle s’institutionnalise.Fédéralisme et unitarisme Le fédéralisme et l’unitarisme identifient deux régimes politiques opposés.Le premier partage les compétences entre deux ordres de gouvernement souverains dans leur domaine respectif.Le second regroupe i’ensemble des compétences au sein d’un unique titulaire.À titre d’exemple, l’article 91 de la Loi constitutionnelle canadienne attribue notamment au fédéral la compétence exclusive sur la poste, la défense, la monnaie, les banques et la navigation.Par ailleurs, l’article 92 établit les compétences exclusives des provinces.Il s’agit de matières en lien étroit avec la vie des citoyens, notamment l’éducation, la santé et les services sociaux.Ce partage est d’ailleurs conforme au principe de subsidiarité qui sert LETTRES -?- généralement de fondement au, partage des pouvoirs au sein d’un Etat fédéral.En vertu de ce principe, le pouvoir doit être attribué à l’autorité qui est en mesure de l’exercer de la manière la plus efficace pour les citoyens.Or, l’histoire du fédéralisme canadien, en particulier depuis les années 60, démontre, de Victoria au rapatriement unilatéral de 1982 jusqu’à la conférence des premiers ministres qui s’est tenue récemment à Ottawa, que le Québec est et a constamment été le seul gouvernement véritablement fédéraliste au Canada, qu’il soit dirigé par un parti fédéraliste ou souverainiste.Pin effet, seul le Québec respecte la lettre et l’esprit de la Constitution canadienne, spécialement à l’égard du partage des compétences.Les provinces anglaises acceptent l’ingérence du fédéral dans les domaines de leur compétence exclusive, si ce dernier accompagne son invasion d’un chèque suffisant.C’est le cas une nouvelle fois avec la conférence sur l’union sociale canadienne.Un tel comportement parasitaire non seulement nie le fondement même du fédéralisme mais encore conduit tout droit à un régime unita-riste.Marc-André Labrecque L’Ancienne-Lorette, 12 décembre 1997 Sauver les hommes Le Christ, par son enseignement, a voulu civiliser les hommes et les sauver de la destruction.Mais sa parole est restée lettre morte.Iœs hommes ne seront pas sauvés.Noël n’est plus qu’une tradition.Après 2000 ans de christianisme, l’homme est demeuré cupide et barbare.Si l’espèce vient à disparaître, après un long silence, lorsque la vie renaîtra sous d’autres formes, qui donc saura que nous aurons existé?«Dire qu'il ne restera pas pierre sur pierre de tout cela.» (Im Bible) Raymond Lévesque Longueuil, 27 décembre 1997 A MoW PA'IL J?Ci N'Kr PaS un PAYS, C'£ST.il- Ni No/ *y/ 'JL I/o I }/f W—./ Y 0 / '0 / ' f jJJl / ità trA RAlôTt£ La «cohérence» de monsieur Dumont n croyait pourtant avoir tout entendu.Que non! Voilà que Mario Dumont, chef de l’ADQ, semble avoir enfin trouvé un moyen infaillible d’attirer l’attention.Dans Ix Devoir de lundi, il nous apprenait son intention de rester neutre lors d’un troisième référendum sur la souveraineté.En d’autres termes, l’ADQ pratiquerait l’abstention.C’est supposément par «souci de cohérence» qu’il adopte une telle position.Puisqu’il a déjà proposé un «moratoire» de dix ans sur la tenue d’un référendum, M.Dumont semble considérer sa nouvelle virginité politique comme étant d’une impeccable logique.Le fait est que, comme déduction, on aura vu mieux.S’ils avaient emprunté cette même «logique», tous les partis poli- J° s é e tiques de Québec et d’Otta- D ega u lt wa — lesquels, hormis le ?PQ et le BQ, ne proposent aucunement la tenue d’un référendum sur cette question — s’abstiendraient à leur tour.Qui plus est, ils se seraient déjà abstenus et en 1980, et en 1995.pourcentage requis pour une victoire du OUI).S’aperçoit-il que la «logique» de la position abstentionniste s’inscrit à merveille dans celle du plan B fédéral et ne servirait, au bout du compte, qu’à déstabiliser considérablement le déroulement de la prochaine campagne?Sait-il aussi qu'avec son récent jugement sur la Loi référendaire, la Cour suprême a justement ouvert la ixirte à la jjossibilité de considérer comme des «tiers» ceux qui prôneraient l’abstention?Ce que cette loi ne permettait pas avant que les juges ne s’amusent à la dynamiter.Comprend-il également que ce même jugement ouvre la porte à un financement public et privé des abstentionnistes?On voit donc que, dans les faits, toute position abstentionniste n’est aucunement «neutre».Dans le contexte bien particulier du plan B, on ne s’en sort pas, toute abstention, parce qu’elle encourage cette délégitimation du processus même, ne peut que favoriser le camp du NON.« ?Ce ne sont pas les interrogations qui manquent sur la déclaration troublante du jeune chef de l’ADQ.C’est à se demander s’il comprend que son refus de participer au prochain référendum pourrait avoir comme effet de renforcer la position de ceux qui nient le droit des Québécois à leur propre autodétermination.Parce que M.Dumont n’est pas un simple citoyen mais le chef d’un parti dûment représenté à l’Assemblée nationale, son refus de prendre position se joindra, qu’il le veuille ou non, aux voix de ceux qui œuvrent à nier la légitimité d’un tel référendum.C’est aussi à se demander s’il voit que sa position risque d’encourager la multiplication des abstentionnistes qui ne viseraient, encore une fois, qu’à délégitimer le processus référendaire (soit en contestant la question ou le ?Dans de telles circonstances, la déclaration de M.Dumont voulant qu’il ne soit pas moins souverainiste qu’en 1995 n’a plus aucun sens.Il faut dire qu’il ajoute du même souffle qu’il veut une confédération à l’européenne tout en croyant toujours à l’évangile du rapport Allaire.Bref, le chef de l’ADQ serait à la fois souverainiste, confédé-rationniste et allairiste.A ce rythme, ce n’est plus d’ambiguïté chronique qu’on dira qu’il souffre, mais bien plutôt d’une incompréhension totale des options et des enjeux qui sont propres à la question nationale.Dans une ère où les élus qui défendent des positions et des principes clairs se font de plus en plus rares, M.Dumont ne brille certainement pas par la précision de sa pensée.11 agit comme s’il n’avait pas vu que depuis le 30 octobre 1995, les options se sont considérablement clarifiées de part et d’autre ou, si on préfère, qu’elles sont de plus en plus polarisées.Entre le statu quo offert par le camp du NON et la souveraineté prônée par le camp du OUI, il ne reste plus — à moins de vivre avec Alice au pays des merveilles — de présumée troisième voie ou de confédération possible.Sa position d’apparence confuse mais dont le résultat ultime sera de renforcer le camp fédéraliste, c’est ce qui pousse M.Dumont à se décrire lui-même comme un «nationaliste pratique».Catégorie nébuleuse s’il en est une, et qui ne va pas sans rappeler la formule d’un conseiller du premier ministre et ancien journaliste qui, tout au moins jusqu’à ce que Jacques Parizeau l’embauche en 1994, aimait se présenter comme un «souverainiste sceptique».Voilà des formules vaporeuses qui laissent toutes les portes ouvertes à ceux qui les prononcent.?Cela dit — et cette leçon est intemporelle autant qu’universelle —, un mouvement politique qui propose un changement au$si majeur que la souveraineté d’un Etat, doit s’attendre à ce que certains de ses alliés de circonstances quittent le navire lorsque la mer gronde ou lorsqu’ils jugent que leur propre intérêt est ailleurs.Et c’est pourquoi un tel mouvement doit soigner ses vrais alliés aux petits oignons plutôt que de prendre le risque de les aliéner ou de leur faire sentir qu’ils sont jetables après usage dès qu’une campagne référendaire est terminée.L’année 1998 nous dira si cette leçon politique aura enfin porté dans cette grande coalition souverainiste de 1995, mais dont les solidarités, de toute évidence, sont de plus en plus éprouvées.Quant à la «cohérence» de M.Dumont, il ne reste plus qu’à lui souhaiter de comprendre le plus rapidement possible que quelque chose d’aussi important que le destin d’un peuple appelle des positions nettement plus claires et plus courageuses qu’une simple et inquiétante abstention.P R 0 P 0 S -?- .de la mobilité sociale (2) Est-ce que la scolarité des individus qui se trouvent d;uis le sous-ensemble des personnes que caractérise le principe de la proximité diffère de manière significative de celle des individus que favorise le principe de l’ascension sociale?Dans les cas où prévaut la logique de la proximité, c’est-à-dire chez les hommes dont le père appartient à l’une ou l’autre des catégories incluant les «cols bleus qualifiés» jusqu’aux «exploitants/travailleurs agricoles» et qui occupent eux-mêmes une profession allant de «col bleu qualifié» à «col bleu non qualifié», la proportion des individus avec une scolarité qui ne dépasse pas le diplôme de niveau secondaire est de 66,2 %.La proportion des personnes avec un diplôme collégial ou une scolarité universitaire est de 18,1 %.Chez les individus où s’affirme la logique de l’ascension sociale, c’est-à-dire chez les hommes dont le père appartient aux mêmes catégories, mais qui se trouvent eux-mêmes chez les «cadres supérieurs/professions libérales» ou les «cadres inter-médiaires/techniciens», la proportion des individus avec une scolarité qui ne dépasse pas le diplôme de niveau secondaire est de 23,1 %.la proportion des personnes avec un diplôme collégial ou une scolarité universitaire est de 63,3 %.Enfin, chez les hommes dont le père appartient à la catégorie «cadres supérieurs/professions libérales» ou «cadres intermédiaires/techniciens» et qui se trouvent eux-mêmes dans I une de ces deux catégories, la proportion des individus avec une scolarité qui ne dépasse pas le diplôme de niveau secondaire est de 5,9 %.la proportion des personnes avec un diplôme collégial ou une scolarité universitaire est de 85,4 %; la proportion des individus avec un bac universitaire ou un diplôme d’études postgraduées est de 60,4 %.Statistiques sociales, D’une génération à l'autre, Bureau de la statistique du Québec, 1997.LE DEVOIR I II 0 P 0 K D K PAR II K N R I B 0 II R A S S A LU 10 ,1 A N V I K R Directrice LISE BISSON NETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCOTEAUX Vice-president, finances et administration FRANÇOIS T II OU IN Directeur de I ’ i n f o r m a I i o n C I.A I! D E lt EAU It.E (i A U I) Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAY0UETTE, NORMAND THERIAULT Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT S A N S F A Ç 0 N, ROLAND YVES CARKINAN Directrice, ventes et marketing MA RT I N E DURÉ ï 0 5 0, rue de Rie u ry, 9 e étage, M o n I réal (Québec) Il 3 A 3 M II.Té I.: ( f» IJ) DK 5.3 3 3 3 FAIS C E Q U E I) 0 I S u I, K |) K V (I I li .I.K M K 1! (' li K I) I .1 A X V I !•: li I !l !l S IDEES "v*.•%> msm Le projet de parc de baseball dans le centre-ville de Montréal Si on en faisait un projet urbain.Il faudrait que le projet dépasse les seuls intérêts du promoteur et permette à la collectivité d’en retirer un bénéfice sous la forme d’une régénération d’un quartier délabré du lieu ainsi que son caractère intime en assurent l’achalandage, donc le succès.La récente expérience concluante des Alouettes au vétuste stade Molson de l’Université McGill ainsi que la popularité du stade de tennis du Maurier devraient inspirer le promoteur à cet égard.Ira plupart des projets similaires développés ailleurs expriment une vision urbaine.A San Francisco, on pourra accéder directement au nouveau Pacific Bell Park en utilisant une navette fluviale donnant sur une promenade publique le long d’un plan d’eau.À Baltimore et à Cleveland, le parc Camden Yard et le Jacobs Field sont des lieux hautement animés par l’intégration d’équipements du genre ciire de pique-nique familial et autres.A Montréal, il est actuellement difficile de cerner la magie du projet présenté par les Expos.La revitalisation urbaine De toutes les approches utilisées pour vendre un projet de parc de base-ball, celle de la revitalisation urbaine est la plus usuelle.Construire cet équipement dans une partie délabrée du centre-ville de Denver, Cleveland, Baltimore ou encore Milwaukee, permet de créer un projet urbain qui dépasse les seuls intérêts du promoteur et per-met à la collectivité d’en retirer un bénéfice sous la forme d’une régénération du tissu urbain.Ira seule manière légitime pour le promoteur de bénéficier d’une aide de l’État est donc d’agir à titre de catalyseur d’un projet urbain plus large que le seul site sur lequel jl désire construire le parc de baseball.A New York, le maire Giuliani, récemment réélu, se fait lui-même porteur du projet d’un nouveau stade pour les Yankees |X)ur ces raisons.Le site convoité par les Expos dans le quadrilatère des rues Saint-Jacques, Peel, Notre-Dame et de la Montagne, possède justement tous les atouts pour créer ce qui pourrait devenir le plus urbain des parcs de baseball dans les ligues majeures.Implanté dans l’axe de la rue Peel, le projet pourrait s’inscrire dans un secteur d’expansion du centre-ville qui offre de multiples possibilités.Par exemple, pourquoi ne pas intégrer le parc de baseball dans un pôle sportif comprenant le Centre Molson là où le stationnement pourrait être mis en commun?Comment tirer profit de la de l’important bassin de clientèle potentielle que représentent les 350 000 personnes qui se rendent quotidiennement au centre-ville pour le travail, le magasinage ou les études et qui pourraient «descendre» au parc de baseball en fin de journée.11 est à proximité de la véritable autoroute urbaine que représente la piste cyclable du canal de Lachine où il serait facile de créer un lien permettant l’accès aux amateurs de patins à roues alignées et aux cyclistes, tout comme au Coors Field de Denver.Comment faire en sorte que l’équipement fonctionne à longueur d’année en y intégrant une fonction commerciale ou autre au pourtour de Pilot?La place du baseball au Québec Afin de susciter un intérêt dans la population, il serait également opportun de rappeler qu’il y a chez nous une histoire ainsi qu’une riche tradition en matière de baseball manifestement occultée par l’omniprésence médiatique accordée au hockey.Le baseball a été introduit au Québec à la fin du siècle dernier par les enfants des Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre que l’on envoyait dans les collèges classiques de la province afin de préserver leur langue française.Cet héritage est suffisamment important et intéressant pour justifier l’intégration d’un espace muséolo-gique au projet de parc de baseball.De plus, idéalement, le parc de baseball de Montréal devrait porter le nom de Jackie Robinson afin de commémorer non seulement l’homme, mais également les valeurs d’ouverture et de tolérance associées à cette magnifique histoire qui s’est passée en nos murs en 1946 et qui a eu une incidence indéniable sur l’évolution des libertés civiles à travers le continent.En conclusion, il est difficile de porter un jugement juste sur les bénéfices du maintien de la franchise à Montréal.Sa perte n’est peut-être pas un désastre compte tenu de l’ampleur des problèmes plus criants que nous devons régler.Cependant, la réalisation d’un projet de parc de baseball s’inscrivant dans le cadre une opération plus large de revitalisation urbaine serait de nature à insuffler une dose de confiance et d’optimisme à Montréal qui, elle, nous permettrait ARCHIVES LE DEVOIR Ira site convoité par les Expos possède tous les atouts pour créer ce qui pourrait devenir le plus urbain des parcs de baseball dans les ligues majeures.cour Windsor et du potentiel de l’îlot vacant de l’ancien hôtel Queen?Et que dire du pôle pédagogique et technologique en puissance que représente le nouveau campus de l’École de technologie supérieure, le Planétarium modernisé ainsi que la friche des anciennes usines O’Keefe qui, elle, pourrait tenir lieu d’incubateur pour les entreprises liées aux technologies de l’information et des multimédias qui tendent à se localiser dans la portion sud-est du centre des affaires?Il existe un lien entre ce nou- veau secteur de l’économie et la propriété d’équipes sportives; Nintendo, Microsoft et Disney possèdent des participations dans des équipes professionnelles de la côte Ouest.En matière d’accès, le site a l’avantage d’être situé à distance de marche PIERRE ST- C Y R urbaniste I"i| 1 y a un peu plus d'un an, le président des Expos annonçait le lancement d’études préliminaires en regard de la faisabilité du projet de parc de baseball au centre-ville.1- Où en est-on aujourd’hui?Tout d’abord, les études ont permis de conclure qu’il y aurait une forme d’intérêt tant de la part des amateurs que du monde des affaires.Il est également compris que l’équipe ne jouera plus au Stade olympique à court terme et que la véritable question était maintenant de savoir si les Expos seront ailleurs à Montréal ou ailleurs en Amérique du nord.A cet égard, des acheteurs américains potentiels ont démontré leur intérêt et il est évident que les propriétaires actuels feraient une excellente affaire en vendant la franchise.La RIO, de son côté, a fait preuve de clairvoyance en indiquant que les scénarios de réutilisation du stade pourraient être plus avantageux pour l’Etat.Finalement, une maquette accompagnée d’un ordre de grandeur des coûts du projet ont été présentés.Toutefois, il est évident que l’annonce du projet n’a pas encore soulevé le niveau d’intérêt nécessaire à Montréal pour mener à sa réalisation.Et pour cause, la stratégie du promoteur local apparaît passablement différente du pattern observé dans les autres villes où l’on a développé des projets similaires.lin équipement approprié D’abord, il faut plutôt présenter le projet comme ét;uit l’occasion de créer à Montréal un équipement approprié à la présentation de l’événement qu’est un match de baseball.Finalement! Mis à part le stade DeDirimier construit en 1928, Montréal n’a jamais eu de véritable parc de baseball; le stade du parc Jarry et le Stade olympique étant des structures existantes adaptées avec plus ou moins de succès.Il faut également définir plus précisément le produit que l’on veut vendre.Parler de gazon naturel et de vue imprenable sur le centre-ville n’est pas suffisant; il faut plutôt présenter le projet comme étant un endroit agréable où on ira passer du bon temps.Une particularité du baseball, c’est justement que la convivialité La sécession du Québec et la Cour suprême du Canada La Cour, prisonnière de la «légalité» ?J AC (} U ES-Y VAN MORIN Professeur émérite de droit public à l'Université de Montréal Troisième texte d’une série de cinq C" omment en sommes-nous arrivés à cette situation où neuf juges sont appelés, dans le cadre —.d’un État fédéral majori- tairement anglophone, de trancher le sort d’un peuple majoritairement francophone?D’un point de vue strictement légal, le système qui permet cela parait parfaitement en ordre: du Traité de Paris (1763) au rapatriement constitutionnel de 1982, en passant par l'Acte d’Union des deux Canadas de 1840, le British North America Act de 1867 et le Statut de Westminster (1931), tout a été fait, malgré quelques accrocs, pour qu’aucune rupture ne vienne interrompre la continuité des normes juridiques.Selon ce point de vue, le Québec n’a d’autre choix, à défaut de trouver une faille dans l’édifice du constitutionnalisme britannique et canadien, que d’accepter la juridiction de la Cour et de s’incliner devant ses oracles, qui bientôt prendront la forme de réponses aux trois questions fatidiques du gouvernement fédéral.Mais voilà: quelque chose a changé.Ce n’est plus la légalité dont on se soucie chez un nombre croissant de Québécois; c’est la légitimité même du système qui est en cause.Les lettres de créance des juges de la Cour suprême sont sans doute légalement impeccables et ses membres, très honorables et compétents dans le cadre du système traditionnel et des affaires ordinaires, mais là n'est pas la question.Le Québec refuse de comparaître et de plaider devant la Cour parce qu’il redoute la partialité d’une institution qui a déjà beaucoup fait par ses arrêts et opinions consultatives pour assurer la domination du Canada anglophone sur le Québec francophone.I.c haut tribunal n'a pas su surmonter l’héritage colonial à l’endroit du Québec pour devenir une véritable cour constitutionnelle, propre à répondre aux exigences de la démocratie occidentale et à accommoder les aspirations des Québécois.Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter le cours du temps et du droit.Du Conseil privé à la Cour suprême À l’origine, la Cour canadienne n’a pas été pensée comme arbitre constitutionnel.Ce rôle revenait au Comité judiciaire du Conseil privé, à Londres, et l’article 101 du British North America Act de 1867 autorisait simplement le Parlement fédéral à créer «une cour générale d'appel [.] pour la meilleure administration des lois du Canada».Établie en 1875 par une loi fédérale toujours en vigueur, la Cour pouvait, comme les autres tribunaux, connaître des litiges constitutionnels, mais la décision ultime revenait au Conseil impérial.Or ce système était graduellement devenu illégitime aux yeux des juristes anglo-canadiens parce que le Comité judiciaire, à diverses reprises, avait tranché des conflits de compétences en faveur des provinces — et notamment du Québec.Conscient de régner sur un empire fragile, en raison du grand nombre des peuples dominés, le Conseil britannique savait faire preuve de sagesse: il avait compris que la légalité est d’autant mieux admise qu’elle se fonde sur la légitimité.A l’occasion, il alla jusqu’à protéger certains peuples contre les colonials britanniques eux-mêmes.Pareilles contraintes heurtaient de front les dirigeants anglo-coloniaux, affairés à défendre leur pouvoir économique — et partant, politique —, bientôt soucieux de «nation-building».Dans les années trente, les juristes anglo-canadiens en vinrent à dénoncer le Conseil privé, parfois avec véhémence.Le professeur Bora Laskin, plus tard juge en chef de la Cour suprême, fut de ceux-là: il fallait coûte que coûte abolir les appels à Londres et la Cour ne devait pas hésiter à réformer la jurisprudence impériale, en vue d’assurer désormais la prépondérance fédérale.Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, lasse de son Empire, obtempéra et le British North America Act (n° 2) de 1949 mit fin aux appels.Malgré l’opposition du Québec.Déjà, le pouvoir fédéral posait l’un de ses premiers actes unilatéraux et la Cour en était l’objet.Ira Cour victorienne devint ainsi, par la volonté du Canada anglais, le tribunal constitutionnel de dernier ressort, dans le dessein affiché de corriger les errements du Conseil privé.Il s'est trouvé des juristes britanniques, dont le professeur K.C.Wheare, dans son ouvrage classique intitulé Federal Gouvernaient (1947), pour souligner les dangers que présentait pareille solution pour le fédéralisme.Il écrit qu’il est «essentiel» en régime fédéral qu’un «organe impartial, indépendant des gouvernements général et régionaux décide quelle interprétation doit être donnée à la Constitution».Un autre juriste célèbre dans le monde anglophone, A.V.Dicey, avait écrit à la fin du XIX' siècle qu’il existait une «danger» que des juges nommés par le gouvernement fédéral tendraient à «tordre le sens» de la Constitution en faveur du pouvoir central.Ces mises en garde demeurèrent sans écho chez ceux qui pourtant ne pouvaient pas ne pas en avoir eu connaissance.La «tour de Pise» Ira stricte légalité, doublée du nationalisme Canadian, assujettit donc le Québec à la juridiction d’une cour créée par le pouvoir fédéral.On ne s’étonnera pas que celle-ci ait su trouver les arguments qu’il fallait pour annuler plusieurs dispositions importantes de la Charte de la langue française, allant jusqu’à réimposer le français dans les lois mani-tobaines — après 90 ans d’illégalité —, pour être en mesure de maintenir officiellement l’anglais dans les lois du Québec.Dans l’avis consultatif (renvoi) sur le droit de veto du Québec à l’encontre des changements constitutionnels, la Cour n’a pas hésité, en dépit des faits, à nier l’existence de toute règle ou convention qui eût pu gêner le rapatriement de 1982, entérinant ainsi le coup de force du gouvernement fédéral.On devine l’importance pour les institutions fédérales de maintenir le cap au moment où les Québécois, excédés par ces manœuvres unilatérales, parlent de plus en plus de souveraineté.Il y a longtemps que la sagacité populaire avait perçu cette évolution — on songe à l’image de la «tour de Bise» —, et nous disposons maintenant d’ouvrages analysant de façon méthodique l’activisme centralisateur de la Cour, notamment ceux des professeurs Jacques Brossard et Andrée Lajoie, de sorte que les desseins de la Cour suprême sont de moins en moins inintelligibles pour un nombre croissant de Québécois: à leurs yeux, elle n’est pas l’arbitre impartial dans lequel ils puissent avoir confiance.Ce n’est pas que l’on conteste le rôle politique de la Cour suprême.Tous les tribunaux constitutionnels du monde sont appelés, tôt ou tard, à jouer un tel rôle puisque les lois fondamentales ne peuvent tout prévoir et demandent à être interprétées intelligemment en vue de concilier les droits de toçis les groupes coexistant dans l’État.Tel ne saurait être le cas lorsque l’arbitre suprême remplit son rôle politique systématiquement en fonction des intérêts ou des aspirations d’un peuple aux dépens d’un autre.Dans ce système-là, l’interprétation discrétionnaire joue en faveur du peuple majoritaire.Les juges devant les Québécois Ira défiance à l’endroit de la Cour suprême du Canada ne lui est pas entièrement imputable.Sans doute aurait-elle souhaité que ses membres fussent choisis selon un processus prêtant moins au soupçon.Cependant, on estime généralement au Canada anglais que le gouvernement fédéral doit garder la haute main sur la composition de la Cour.On aurait voulu reconnaître, à une certaine époque, le caractère dualiste du Canada dans la composition de la Cour suprême, mais toujours de manière étriquée et sans que le gouvernement fédéral renonce à son pouvoir discrétionnaire de nomination, comme on l’a vu encore récemment.Les Accords du lac Meech et de Charlottetown auraient associé les provinces à la procédure de nomination et constitutionnalisé la présence de trois juges issus du Barreau du Québec, mais ces garanties connurent l’échec que l’on sait.Elles étaient trop tardives, de toute manière, et laissaient le Québec en minorité au sein de la Cour au moment où les Québécois acceptaient de moins en moins la domination politique anglo-canadienne et, par voie de conséquence, la légitimité de la Cour.Une constatation émerge du débat actuel sur l’attitude des juges devant les questions posées par le gouvernement fédéral: à tort ou à raison, les Québécois se montrent plus exigeants pour les juges que pour les politiciens.Ils savent, depuis 1982, qu’ils n’ont rien à attendre du constituant canadien et ne sont pas sans comprendre les facteurs politiques qui agitent les ministres fédéraux et leur dictent leurs menaces et autres «plans B».Cependant, beaucoup de modérés se font une tout autre idée de la magistrature: pour ceux-là, l’absence d’impartialité de la Cour constitue la pire faute que l’on puisse reprocher aux institutions fédérales.Aussi peut-on penser que, si elle demeure prisonnière de sa légalité intrinsèque, un simulacre de justice constitutionnelle achèvera de sceller le sort du fédéralisme dans l’esprit d’une majorité de Québécois.Devant l’étendue prévisible des dégâts, la Cour pourrait-elle estimer qu’il lui faut se hisser au-dessus de la légalité qui la fonde?Demain: Des techniques pour sortir de l’impasse L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes it l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (régions), Paille des Rivières (éducation), Jeun Dion, Louis-Gilles Fran-cœur (environnement), Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (Justice), Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Gar-neau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), I-ouise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (cinéma) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Du-trisac.Benoit Munger, François Normand, Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information), Guy Taille-fer (éditorialiste), Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O’Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) : à l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Judith Lachapelle, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Deronte, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole Dallai-re (avis publics et appels d’offres), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté.Christiane Legault.Jacques A.Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Claire Paquet, Pierrette Rousseau.Micheline Tur-geon ; Francine Ouellet (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Canta-ra, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte.Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Le-clerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).À l’origine, la Cour canadienne n’a pas été pensée comme arbitre constitutionnel Les lois fondamentales ne peuvent tout prévoir et demandent à être interprétées intelligemment à I K I) IS VOIR.I K M IS II < Il K |)| 7 .1 A X V I K II I II !» S ACTUALITÉS SUITE DE LA PAGE 1 gueuil annonçait vers 18h l’ouverture d’un centre de services aux sinistrés au centre sportif du collège Édouard-Montpetit.«Les personnes qui se rendent au centre doivent apporter avec elles des couvertures, des sacs de couchage, des oreillers et des vêtements chauds», a indiqué Michel Saint-Laurent, porte-parole de la Ville.Ce dernier a encouragé les Longueuillois à tenter d’abord de trouver refuge chez des amis ou des membres de la famille.Mais dès l’ouverture du centre, des citoyens ont envahi peüt à petit le 260, rue de Gentilly Est.La Ville de Montréal a aussi accueilli ses citoyens sans courant au centre communautaire Côte-des-Neiges et au centre sportif de la Petite-Bourgogne.Même chose pour Boucherville, Lachine, Mont-Royal, La-Salle et Châteauguay, pour ne nommer que ces villes-là.L’administration Bourque, qui s’était “illustrée» l’année dernière pour la lenteur du déneigement des rues, a pris la bête par les cornes.En l’absence du maire Pierre Bourque, en vacances en Asie, la présidente du comité exécutif Noushig Eloyan a tenu à rassurer la population en présence de porte-parole de différents services, en fin d’après-midi.Quelques heures plus tard, les centres d’hébergement ouvraient leurs portes.La Ville a entrepris hier soir le chargement de la neige dans les secteurs du centre-ville et du Plateau Mont-Royal.Dès ce matin, l’opération sera répétée à la grandeur du territoire.Plus encore, le maire Bourque a inopinément mis fin à ses vacances.Il a en effet décidé en début de soirée de revenir «immédiatement» dans son fief.Faut-il le rappeler, l’ancien maire Jean Doré avait été fortement blâmé pour son absence lors des inondations mortelles de 1987.Il semble que M.Bourque, qui sera en ville demain, n’a voulu prendre aucun risque.Aucune évacuation massive n’est prévue pour l’instant, Québec va en appel Québec (PC) — Le ministère public a obtenu la permission, hier, d’interjeter appel de la sentence imposée à Serge Dupuis, l’enseignant qui a récemment plaidé coupable à des accusations d’avoir vécu des fruits de la prostitution et d’avoir tenu une maison de débauche .Après avoir accueilli la requête de la poursuite, la cour d’appel a fixé au 31 mars la date à laquelle elle entendra le pourvoi à l’encontre de la sentence d’une semaine de prison et de 135 heures de travaux communautaires.Elle a été imposée il y a trois semaines par le juge Gilles Garneau.Le procureur de la Couronne, Me Georges Ijetendre, a jusqu’au 3 février pour déposer son mémoire d'appel.A compter de cette date, l’avocat de l’enseignant, Me Michel Barrette, disposera ensuite de trois semaines pour déposer le sien.Le juge Garneau avait imposé la peine d’emprisonnement pour le bris d’engagement dont l’enseignant proxénète de 38 ans s’était rendu coupable.Ordonnance d’injonction Ragueneau (PC) — Scierie Manie a obtenu hier une ordonnance d’injonction de la Cour supérieure afin d’interdire les manifestations sur les terrains de l’usine et d’être en mesure de reprendre ses activités normalement.Cette injonction a été obtenue à la suite de diverses manifestations qui ont eu lieu au cours des derniers jours afin de bloquer l’accès à la scierie, située à Ragueneau, sur la Côte-Nord.Cette injonction enjoint notamment les manifestants de cesser de s’attrouper sur les lieux de l’entreprise et sur tout chemin y donnant accès, cela afin de permettre à Scierie Manie de poursuivre normalement ses activités de sciage.Rectificatif Une erreur s’est produite dans le choix de la photographie accompagnant l’article consacré à Claude Gosselin dans notre édition de samedi dernier (page D 6).Le monde de l’art aura remarqué que le personnage représenté était Michel Dallaire, prix Paul-Emile Borduas 1991.Nos excuses aux personnes concernées.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.le Devoir Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9- étage, Montréal (Québec), H3A3M9 0 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et les appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupements Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, îr étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I^aval.Knvoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec CRISTAL mais la possibilité n’est pas écartée.Tout dépend de dame Nature.le directeur général de la Sécurité civile, Pierre Martel, a d’ailleurs indiqué que les écoles pourraient demeurer fermées pendant quelques jours, surtout si elles doivent servir à héberger des citoyens.A Laval, par contre, aucun élève n'a eu congé hier.M.Martel a aussi imploré les citoyens à ne pas utiliser du matériel de camping à l’intérieur des maisons, évoquant les graves accidents qui ont eu lieu par le passé.Dans l’Outaouais, un homme âgé de 82 ans est mort en soirée d’une intoxication au monoxyde de cqrbone.Il utilisait une génératrice d’urgence à la maison.A Hydro-Québec, un directeur au réseau de distribution, Marcel Jobin, a indiqué que les équipes d’urgence «veillent 24 heures sur 24 et nous les avons renforcées depuis lundi».Environ 2000 travailleurs patrouillent le terrain et réparent les bris.Les régions boisées sont les plus fortement touchées.Hydro-Québec ne pouvait dire à quel moment le courant serait rétabli sur le réseau.«Dites-moi quand arrêtera le verglas et je vous dirai quand on prévoit rebrancher», a lancé Mme Bertrand.les porte-parole ont également souligné que la tempête se différencie de celle de l’an dernier par sa plus grande étendue et parce quelle touche des régions plus fortement peuplées.«Im priorité sera donnée aux secteurs qui abritent des hôpitaux ou des résidences de personnes âgées», a expliqué Mme Bertrand.Hydro demande d ailleurs à la population de ne pas téléphoner à ses bureaux afin de garder ses lignes libres pour les cas d’urgence.Le réseau a été endommagé à plusieurs endroits par la chute de branches d’arbres et par le bris de fils à cause du poids de la glace.Les accumulations de verglas ont été telles qu’une section de huit pylônes de haute tension s’est effondrée dans la région de Drummondville.Hydro-Québec a toutefois indiqué que ce bris important n’affectait pas les pannes actuelles, le courant ayant été détourné par d’autres lignes.Il est encore trop tôt pour savoir combien la tempête de verglas coûtera à Hydro-Québec.Mme Bertrand a toute fois révélé que la tempête de l’an dernier, qui avait touché deux fois moins de clients, avait coûté près de 15 millions.Hydro a besoin d’au moins 24 heures après la fin de la tempête pour rétablir l’électricité dans tous les foyers.Mais cette tempête, elle est loin d’être terminée.Après une accalmie au cours de la nuit, on s’attend à ce que de 5 à 10 mm de verglas recouvrent encore aujourd’hui les régions de Mon(réal, de Trois-Rivières, de Drummondville et de l’Estrie.A Ottawa, on s’attend à ce que les précipitations soient plus modérées.Incidemment, Québec et ses environs ont échappé, si l’on peut dire, à cette malédiction.Selon les données fournies par Daniel Chrétien, météorologue à Environnement Canada, il est tombé plus de 23 mm de pluie verglaçante au cours des dernières heures.Si on est encore loin du record établi en janvier 1961, lorsque 31 mm de verglas étaient tombés en 24 heures, «il se pourrait bien qu’on enregistre un record de durée si les conditions persistent».«Pour l'instant, a précisé hier après-midi M.Chrétien, ou a eu 36 heures consécutives de pluie verglaçante.» Evidemment, la chaussée très glissante a provoqué un certain nombre de maux.A l’hôpital Charles-Lemoyne, sur la rive sud, on a soigné une soixantaine de fractures, et plus d’une vingtaine à Montréal.Au Service de police de la CUM, un porte-pqrole a signalé une cinquantaine d’accrochages mineurs.A Laval, le verglas a obligé la direction de la Cité de la Santé à émettre un communiqué demandant à la population d’éviter si possible de se rendre à l'urgence.«Malgré une gestion optimale des soins d'urgence, souligne-t-on, l’engorgement actuel de la salle d'urgence fait en sorte que la Cité de Laval n’est plus en mesure d’assurer la qualité des soitis à laquelle la population est en droit de s’attendre.» A la Croix-Rouge, la mauvaise température a perturbé la réserve collective de sang.PÉTRO-CANADA SUITE DE LA PAGE 1 fédéral canadien de la cpncurrence et la Federal Trade Commission (FDC) aux Etats-Unis — avant d’être officiellement conclue, selon l’échéancier prévu, au printemps 1998.D’ici là, les activités des deux entreprises continueront d’être menées séparément.Au sein de cette nouvelle coentreprise, Pétro-Canada détiendra 51 % des actions à droit de vote, et UDS en détiendra 49 %.Le président et chef d’exploitation d’UDS, Jean Gaulin, sera le président du futur conseil d’administration tandis que l'actuel vice-président directeur des activités d’aval de Pétro-Canada, Jim Pantelidis, occupera le poste de président et chef de la direction.Les intérêts économiques, de leur côté, seront détenus à 64 % par Pétro-Canada et à 36 % par UDS, selon la valeur des activités que les deux pétrolières prévoient apporter dans cette nouvelle coentreprise.Voici donc les grandes lignes de l’entente annoncée hier qui donnera naissance à un nouveau géant dans l’industrie pétrolière en Amérique du Nord.PétroCanada y apportera tous ses éléments d’actifs du secteur d’aval (distribution et commerce au détail), y compris ses raffineries d’Edmonton, de Montréal et d’Oakville, un réseau de commercialisation national ses installations de fabrication de lubrifiants de Mississauga (en Ontario), sa participation dans les pipelines de produits, puis sa participation dans le pipeline Portland-Montréal dans l’est du Canada De son côté, UDS y apportera ses activités d’aval au Canada, du Michigan et de plusieurs États de la Nouvelle-Angleterre, dont ses raffineries de Saint-Romuald et d’Alma (Michigan), de même que quelque 1700 stations-service.La coentreprise exploitera cinq raffineries d’une capacité nominale quotidienne de 500 000 barils de pétrole brut et près de 3500 établissements de vente au détail, puis fournira du mazout domestique à plus de 300 000 clients.Au Canada, le nouvelle société utilisera d’ailleurs la marque Pétro-Canada comme marque principale.Pour les deux partenaires, cette fusion devrait permettre des gains de synergie et des économies — valeur actualisée nette après impôts — de 625 millions de dollar, soit 400 millions pour Pétro-Canada et 225 millions pour UDS.Pour obtenir ces résultats, la coentreprise compte intégrer sur une base régionale ses activités de raffinage, de transport et de commercialisation puis se départir d’un certain nombre de stations-service au Québec et dans les Maritimes au cours des prochaines années.Dans un contexte où Pétro-Canada et Ultramar Canada éprouvaient de la difficulté à augmenter leur marge bénéficiaire sur leurs opérations de raffinerie-marketing, la fusion des deux grandes pétrolières permettra donc d’augmenter leur rentabilité en mettant leurs ressources en commun, la satisfaction des actionnaires oblige.Des chiffres?Le rendement moyen de Pétro-Canada ces dernières années avoisine les 10 %.La direction de l’entreprise voudrait donc les faire passer au delà des 12 %.De son côté, Ultramar Canada n’a réalisé qu’un rendement de 7,5 % en 1996.L’entreprise voudrait par conséquent le faire passer au-dessus de la barre des 12 % en 2000.Il va sans dire qu’une telle fusion, si elle est approuvée par les autorités légales, bouleversera l’industrie pétrolière dans l’est du Canada.Au Québec seulement, la nouvelle co-entreprise détiendrait plus de 40 % du marché de la vente au détail.Mais surtout, elle contrôlerait deux des trois raffineries toujours en service dans l’est du Canada.Au Québec, la nouvelle société contrôlerait en fait le robinet du pétrole raffiné, puisque les deux seules raffineries en service, celles de Montréal et de Saint-Romuald, appartiennent respectivement à Pétro-Canada et à Ultramar Canada.Cette nouvelle concentration de la concurrence inquiète au plus haut point les indépendants, qui détiennent 20 % du marché de la vente au détail au Québec.«Les consommateurs et les indépendants risquent gros dans cette tendance à la surconcentration qui caractérise le marché pétrolier québécois, a livré hier le président de l’Association des distributeurs indépendants de produits pétroliers (ADIPP), René Blouin, hier, par voie de communiqué.L’annonce de la fusion des opérations de Pétro-Canada et d'Ultramar illustre comme jamais l’importance de la présence d’un secteur indépendant vigoureux, seul capable de maintenir une véritable concurrence dans le marché pétrolier au Québec.» Selon René Blouin, cette fusion rend d’autant plus important «le rôle central» de la Régie de l’énergie qui doit bientôt tenir des audiences publiques dans le but «d’interdire les pratiques déloyales d’éliminqtion de la concurrence caractérisées par les ventes à perte».A ses yeux, c’est l’application de cette partie de la loi sur la Régie de l’énergie «qui assurera le maintien d’un marché pétrolier concurrentiel à l'avantage des consommateurs».Cette fusion ne va pas sans rappeler celle survenue en 1989 lorsque Impériale a mis la main sur Texaco à la faveur d'une transaction de 4,15 milliards.L’achat portait sur un intérêt de 78 % dans Texaco Canada que détenait la société-mère américaine.Un an plus tard, en février 1990, le tribunal canadien sur la concurrence donnait son aval à la fusion après que Impériale eut accepté de céder toutes les activités de détail et de grossiste que poursuivait Texaco dans les Maritimes.Impériale avait également consenti à assurer l’approvisionnement en produits pétroliers aux détaillants indépendants du Québec et de l’Ontario.Dans une première version, l’acquéreur avait accepté de céder d’autres actifs de Texaco Canada, notamment des stations-service dans le reste du pays, une raffinerie et des installations d’entreposage et de distribution.VERGLAS SUITE DE LA PAGE 1 re pour le cours de climatologie 101 qui réserverait un chapitre au Saint-Laurent, vallée du verglas.«Ce n’est pas pour rien que la vallée du Saint-Laurent est connue pour un des endroits où les verglas sont les plus fréquents.Cela se produit généralement lorsque l'air froid venant du nord-est, du golfe en particulier, est littéralement canalisé vers Montréal où il doit rencontrer au même moment une masse d'air chaud venant généralement du sud, chargée d'eau.Im masse froide venant de la Gaspésie se plaque sur le sol alors que celle plus chaude glisse par-dessus.Im pluie qui se met alors à tomber des nuages frappe au sol des objets froids sur lesquels elle s'agglutine.» Si la masse d’air froid s’épaissit et gagne en hauteur, poursuit le climatologue, la pluie a le temps de geler avant de frapper le sol.Elle tombe alors sous forme de granules, le grésil, qui s’accroche peu aux arbres, aux fils et aux bâtiments, mais qui forme sur le sol ce «gros sel» qui agit comme un véritable roulement a bille sous les pneus des voitures.Si, au contraire, l’air froid rivé au sol cède progressivement la place à l’air chaud, avec lequel il s’homogénéise, comme cela devrait se produire ce matin dans la région de Montréal, la pluie fait fondre la glace et imprègne alors la neige, quelle gorge progressivement d’eau.Elle suit alors la surface gelée du sol vers les cours d’eau où, selon l’état du couvert de glaces, elle peut se frayer un chemin ou provoquer des embâcles, comme l’an dernier sur la Châteauguay.En général, précise Alain Bourque, c’est l’air froid qui gagne la partie puisqu’on est en hiver.C’est ce qui devrait se produire tard demain, lorsque cessera de nous arriver ce vent froid en provenance du golfe et qui a permis aux skieurs du mont Saint-Anne de se pâmer d’aise hier sur une neige fraîche.Le froid qui s’installera nous viendra éventuellement de l’Ouest, lorsque les vents dominants reprendront leur cours normal et chasseront cette masse d’air chaud exceptionnellement stationnée au-dessus de la métropole en plein hiver.Jusqu’ici — 1996 et 1977 font exception à la règle générale —, les verglas se concentrent en décembre et en fé- vrier, précise le chercheur d’Environnement Canada en consultant son ordinateur.Et cela parce que ces deux mois sont, «en moyenne», plus chauds que janvier, où le maximum «moyen» se situe à -5,6 oC et le minimum «moyen», à -14,9 oC.En comparaison, les maximums moyens pour décembre et février se situent, à Dorval, respectivement à -2,9 oC et 4,2 oC, alors que les minimums moyens atteignent -11 oC et -13,5 oC.Plus au nord, précise Alain Bourque, comme à Roberval par exemple, les verglas vont, en général, se concentrer surtout en novembre et en mars, puisque la période vraiment froide, au milieu de l’hiver, est plus longue que dans la vallée du Saint-Laurent.C’est aussi ce qui explique que, théoriquement, le réchauffement climatique tout comme le phénomène El Nino peuvent favoriser la formation de verglas au milieu de l’hiver, comme maintenant, puisqu’ils peuvent, théoriquement toujours, adoucir la température «moyenne».Au Québec, le réchauffement climatique se traduit surtout — et fort paradoxalement — par un refroidissement chronique de l’automne et un adoucissement des autres saisons, dont l’hiver, précise le chercheur.Mais dans la réalité, on ne voit pas un lien avec le phénomène du verglas, du moins dans l’état actuel de la recherche.Par exemple, les deux plus importants épisodes de verglas connus dans un passé récent, du moins par la quantité d’eau, remontent à 1961 et à 1983.En 1961, entre le 23 et le 25 février, il est tombé 37,3 mm de «pluie verglaçante», c’est-à-dire une pluie qui gelait au contact du sol et des objets.On était assez près d’une telle quantité hier après-midi avec près de 25 mm de pluie verglaçante, ce qui s’annonçait comme un simple début puisque la météo prévoit de la bruine et de la pluie verglaçante jusqu’à jeudi.Ce qui donnerait trois jours consécutifs de verglas! C’est d’ailleurs un épisode de trois jours qui s’était produit en 1983, une année d’El Nino record, comme.maintenant! Cette fois-là, le verglas avait sévi en plein décembre, selon la moyenne, comme celui de 1961, qui avait frappé en février.Il était alors tombé, les 12, 13 et 14 dé- OTTAWA SUITE DE LA PAGE 1 douzaine d’éléments d’information normalement exigés ne l’ont pas été.De plus, contrairement aux pratiques exigées par le Conseil du trésor, les versements n’ont pas été étalés dans le temps, ce qui a eu pour effet d’avancer trop rapidement l’aide autorisée.«On en vient à supposer que les gens derrière le groupe demandeur étaient bien connus du bureau du ministre et que l’objectif premier était de rendre les fonds disponibles sans délai indu», avance Bill Coleman dans les notes ayant servi à rédiger son rapport.La séquence même des événements soulève des questions.La première recommandation de subvention indique que la demande a été faite le 11 septembre, le jour même de l’enregistrement de l’organisme, et qu’elle a été approuvée deux jours plus tard, huit jours avant l’envoi de la lettre d’Option Canada au ministre de l’époque, Michel Dupuy.Deux demandes d’émission de chèques affichent une date antérieure à Celle figurant sur les recommandations d’attribution.Dans un cas, la date apparaissant sur la lettre annonçant le versement de la subvention est la même que celle inscrite sur la recommandation.Les documents distribués hier permettent toutefois de démêler certains faits, en particulier les montants et la date des versements.Le premier versement de deux millions a été fait le 2 octobre 1995.Le second, qui atteignait un million, a eu lieu le 23 octobre et le dernier, de 1,81 million, le 19 décembre.Mais le plus étonnant, souligne M.Coleman, est la rapidité avec laquelle un organisme nouveau a pu obtenir des sommes aussi importantes, à intervalles si rapprochés et sans fournir, chaque fois, les données financières nécessaires.Le ministre Dupuy a bien répété dans chacune de ses lettres que son ministère voulait recevoir un rapixirt d’activités deux mois après la fin du projet prévue pour le 31 mars 1996.En faisant la vérification, en mars dernier, le consultant a constaté que cette exigence n’avait jamais été remplie.Le Vérificateur général du Canada, qui a reçu le rapport interne en octobre dernier, a invité le ministère à demander des comptes à Option Canada, ce qu’il a fait dans les jours qui ont suivi.Il n’a eu droit qu’à un maigre bilan d’une page.Le sous-ministre adjoint à Citoyenneté et identité canadienne, Norman Moyer, a expliqué au Devoir que le ministère ne peut exiger davantage d’Option Canada car les subventions ne sont pas soumises aux mêmes exigences de reddition de comptes que les contributions, un type d’aide plus ciblée.Il convient que le processus suivi pour aider Option Canada était anormal.Bien qu’il dise comprendre l'état d’esprit des fonctionnaires à la veille du référendum, il croit que cela ne peut justifier d’ignorer les règles de gestion.«C’est la leçon qu’on veut apprendre et qu’on veut s'assurer que tout le monde ici a apprise», a-t-il dit.Il a d’ailleurs émis, en octobre, une directive pour rappeler à son personnel de s’en.tenir en tout temps au processus convenu.M.Moyer ne remet toutefois pas en question le fait d’avoir appuyé une organisation nouvelle car le ministère connaissait les responsables et le programme suggéré.«C’était l’héritier direct d’un programme avec lequel nous avions travaillé déjà depuis longtemps et avec les mêmes personnes.Ce qui a changé, c’est l’entité légale qui a fait la demande», a-t-il dit.La controverse autour de ces subventions est surtout due au fait que la création et le financement d’Option Canada ont largement coïncidé avec la campagne référendaire.Le ministère était lui-même conscient des questions que pourrait soulever le financement du projet et suggérait, le jour même de l’émission du premier chèque, des réponses au ministre.En mars dernier, le Bloc et certains médias se sont d’ailleurs demandé s’il s’agissait d’un moyen d’accroître les ressources du camp du NON sans qu’elles soient comptabilisées.Le Directeur général des élections du Québec a entrepris une enquête pour tirer cela au clair, mais sans succès.Ses enquêteurs ont toutefois appris que cet organisme n’aurait été qu’une coquille vide et un paravent pour les activités politiques du Conseil pour l’unité canadienne.Son siège social n’aurait servi que de boîte aux lettres.Il n’y aurait eu aucun bilan financier ni procès verbal.les administrateurs se seraient contentés de maintenir des contacts téléphoniques ou ne remplissaient ce rôle que sur papier.Les enquêteurs du DGEQ se demandent même si Option Canada n’a pas été qu’une «compagnie bidon» devant servir à recevoir et dépenser des fonds pour des activités de nature politique que le Conseil pour l’unité canadienne n’aurait pu poursuivre sans inquiéter Revenu Québec et Revenu Canada.Le chef bloquiste Gilles Duceppe promet de revenir à la charge aux Communes et en comité, en février, car il estime que beaucoup de questions demeurent sans réponse.Il trouve aussi que ces nouvelles révélations laissent planer un doute sur le choix du président d’Option Canada, Claude Dauphin, comme conseiller politique de Paul Martin.cembre 1983, 49,3 mm de pluie verglaçante et de pluie ordinaire (les deux sont difficiles à distinguer dans les pluviomètres de Dorval).Alain Bourque estime qu’on pourrait effectivement assister à un déplacement du phénomène du verglas vers janvier, soit vers le milieu traditionnel de l’hiver, si la «tendance lourde» vers le réchauffement de cette saison se poursuit.Mais il faudra regarder de près la concomittence de ce phénomène avec d’autres phénomènes climatologiques qui nous font voir actuellement les hivers récents sous un nouveau jour.Par exemple, dit-il, si la moyenne des précipitations hivernales se maintient dans la vallée du Saint-Laurent, malgré un adoucissement certain, des recherches récentes de chercheurs torontois ont découvert une diminution au Québec et en Ontario du couvert neigeux sur le sol.Ut différence est très nette, explique-t-il, avec ce qu’on constatait il y a quelques décennies.Les années charnières de ce changement se situent autour de 1970.C’est d’ailleurs ce phénomène qui explique probablement l’explosion démographique du cerf de Virginie au Québec, un cheptel dont la récolte a quadruplé ici en moins d’une décennie, atteignant plus de 40 000 «chevreuils».Or c’est précisément l’épaisseur de la neige au sol qui éliminait dans le passé la majeure partie de la population de cerfs en hiver, provoquant une perte d’énergie plus importante que les gains lors de la recherche de nourriture.Mais dans toutes ces études, note avec ironie le chercheur, il ne suffit pas de compiler les données.Le plus difficile consiste souvent à trouver celles qu’il faut mettre de côté pour ne pas fausser le portrait d’ensemble.Ainsi, raconte-t-il, les météorologues ont fermé la station d’échantillonnage de l’Université McGill, pourtant en opération depuis 1870.On s’est rendu compte qu’elle faussait les analyses sur la température moyenne de la métropole et sur les accumulations de neige.Ui raison: l’intense relâche de chaleur par les édifices du centre-ville avait enlevé toute crédibilité à ses données récentes! Cela donnera sûrement un nouvel argument à ceux qui veulent retourner les vols internationaux vers Mirabel.i D1C
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