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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-07-28, Collections de BAnQ.

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SPÉCIAL Agenda Page B 6 Culture Page B 8 Économie Page B 2 Les sports Page B 5 ?DOSSIER L K I) E V II I II .I.E M A II I) I 2 S .1 I I I.I.K T I il il s ^ ff P à ' Jjfjjjj j ^p| jjJ ARCHIVES LE DEVOIR Les Amish sont des descendants des Mennonites, des traditionalistes suisses qui refusent tout progrès technologique depuis la création de leur secte, au XVII1 siècle.Ils n’utilisent ni l’électricité, ni l’eau courante et se déplacent en charrettes à cheval.Sur les 150 000 Amish qui résident en Amérique du Nord, environ 20 000 vivent en Pennsylvanie, et d’importantes communautés existent également en Ohio et en Illinois.Mais les Amish ont aussi su s’adapter au monde moderne.Si l’Ordnung, leur code de conduite qui définit les pratiques prescrites et prohibées, interdit l’électricité, les Amish n’en possèdent pas moins réfrigérateurs et machines à laver, qu’ils font marcher au kérosène ou au gaz.Les carrioles modernes sont, en outre, en fibre de verre, avec des phares alimentés par dynamo.Selon l’appartenance à l’un des quatre ordres amish, l’Ordnung peut faire l’objet de révisions et d’adaptations par les ministres du culte.Des brebis dealeuses chez les Amish L’austère secte est sous le choc: deux des siens vendaient de la coke « Dans une communauté nord-américaine perçue comme l’incarnation des valeurs traditionnelles, l’«Amish Connection» est une affaire qui a fait beaucoup de bruit.Et pour cause.Dans le comté de Lancaster, en Pennsylvanie, où ils ont élu domicile depuis le XVIII*' siècle, les Amish vivent coupés du monde dénoncé comme «corrompu et aveugle».Mais un serpent s’est infiltré dans le paradis.PATRICK SABATIER LIBÉRATION Dans chaque troupeau, il y a des brebis perdues.Dans chaque panier, quelques pommes pourries.» Isaac, qui demande de ne pas utiliser son vrai nom, comme il refuse de se faire prendre en photo afin de ne pas commettre le péché d’orgueil, aime bien les proverbes.Ils font partie de son univers pastoral.Comme les vastes champs verdoyants de mais ou de tabac, les prairies où paissent les vaches, les grandes fermes blanchies à la chaux et les charrettes noires ou grises qui défilent devant son porche au rythme trottinant et apaisant des sabots des chevaux qui les tirent.Paradis terrestre.A chaque occupant, Isaac adresse un signe imperceptible de reconnaissance.Il les connaît tous.Et ils lui ressemblent tous.Mêmes vêtements rustiques de toile noire, bretelles sur une chemise sans col et chapeau de paille à larges bords qui protège un vidage encadré par la même barbe en collier.A l’arrière-plan, une femme, robe longue, tablier et fichu, étend le linge.On peut croire avoir pénétré dans un tableau de Georges de la Tour ou Vermeer.Soudain, ce calme idyllique est rompu par le rugissement d’une moto de grosse cylindrée qui déboule sur la route étroite et dépasse une charrette à cheval.Harley Davidson contre Amish: l’allégorie n’échappe pas plus à Isaac qu’aux 20 000 autres membres de cette secte anabaptiste.Les Amish ont fait du comté de Lancaster, en Pennsylvanie, où ils vivent depuis le XVHI' siècle, une sorte de paradis terrestre où l’on parle une forme de vieil alle- mand.Ils y vivent coupés du monde que leur fondateur, un Alsacien du nom de Jacob Amman, avait dénoncé en 1693 comme «corrompu et aveugle» parce qu’ils y étaient persécutés en raison de leur pacifisme et de leur anarchisme radical.Ils refusent tout ce qui peut les en rendre dépendants: automobile, télévision, électricité, téléphone, eau courante, etc.Mais le serpent qui s’est infiltré dans ce paradis a pris la forme des Pagans fies Païens), un gang de motocyclistes qui se vante d’être «la lie de la lie».Et la pomme était une poudre blanche.Le 2 juillet, deux résidants de Ronks, Abner Stolzfüs, 24 ans, et Abner King Stoltzfüs, 23 ans (ils ne sont pas parents, Stolzfüs étant l’équivalent Amish de Dupont), ont été inculpés devant un tribunal de Philadelphie de trafic de cocaine.Le FBI a établi qu’ils avaient approvisionné en drogue leurs camarades Amish de 1993 à 1997.Ils ont expliqué qu’ils l’obtenaient des Pagans, dont deux des membres étaient employés par Abner Stoltzfüs dans son entreprise de couverture de toitures.Leurs «clients» étaient d’autres jeunes Amish, qui consommaient la drogue durant les soirées organisées le dimanche dans les granges du comté par des bandes d’adolescents qui se donnent des noms comme les Crickets, les Antiques, les Pilgrims, les Rockies ou les Cardinals.Il existe deux douzaines de ces bandes, qui comptent chacune 100 à 150 membres.Trois ou quatre ont une réputation plus sulfureuse que les autres.I^es Stoltzfüs risquent la prison à vie.«Leur arrestation ne m’a pas étonné, dit Isaac, dont lai’ ferme est voisine de celles des parents d’Abner Stolzfüs.C’est plutôt qu’il n’y en ait eu que deux.» «Il n’y a que les Anglais [nom que les Amish donnent aux non-Amish] pour croire que nous sommes des saints, s’excla- me Sally (autre nom d’emprunt), vendeuse de ces kilts brodés qui font la réputation du pays Amish.Nous avons nos problèmes, comme tout le monde.La drogue n’en est qu’un parmi d’autres!» En octobre, explique Christian Herr, directeur du gratuit local, L’Intercourse News, des «parents concernés» avaient rédigé une «lettre ouverte» qui a été lue dans la centaine d’églises Amish du comté.Elle invitait à la vigilance face au «problème de l’usage de drogues parmi nos jeunes».Sept enfants en moyenne Si l’affaire de l’«Amish Connection» fait tant de bruit, c’est bien entendu parce que les 150 000 Amish qui vivent en Amérique du Nord y sont perçus comme l'incarnation (ou le vestige) des «valeurs traditionnelles».Ils n’acceptent pas le divorce, ont sept enfants en moyenne, pratiquent une foi intense qui détermine toute leur vie quotidienne.Leur ardeur au travail, ajoutée à l’austérité de leur mode de vie, fait d’eux les agriculteurs les plus productifs du pays, mais aussi des entrepreneurs qui réussissent souvent.Bref, remarque Herr, «ils vivent comme le faisaient nos ancêtres, les pionniers qui ont bâti l’Amérique il y a deux siècles».Depuis que Peter Weir a révélé la beauté et l’exotisme du pays Amish dans son film Witness (1985), plus de quatre millions d’Américains fascinés l’envahissent chaque année, comme ils vont à Disneyland ou sur une réserve indienne.«Il y en a même qui me demandent si je suis un acteur costumé», dit en rigolant Isaac.Mutations sociales Cette pression du monde moderne est à la racine du «mal Amish».la croissance démographique se conjugue à l’urbanisation rampante pour faire grimper le prix de la terre.Il est de plus en plus difficile pour les jeunes de s’établir sur leur propre ferme, explique Donald Kraybill, auteur de plusieurs ouvrages sur les Amish.«Jusque dans les années 60, 95 % d'entre eux étaient agriculteurs.A présent, ils sont plus de 40 % à exercer d'autres professions», comme les deux Stolzfüs.Ils sont ex- posés au «monde extérieur» et à ses tentations, y compris celle des paradis artificiels.Et ce, d’autant plus que «les jeunes, entre 16 et 24 ans, jouissent d'une plus grande liberté.C’est un rite de passage traditionnel, le “rumschprin-ge”», explique le professeur Kraybill.Le principe fondamental de la religion anabaptiste est la liberté donnée à chacun de se faire ou non baptiser (après l’âge de 18 ans).Avant leur baptême, les jeunes Amish peuvent donc sortir le dimanche soir, porter jeans et t-shirts, posséder et conduire une voiture, jouer au bowling ou au baseball, fumer, boire de l’alcool, toutes choses interdites aux fidèles.«Ces jeunes n’étaient pas à proprement parler des Amish, fait d’ailleurs remarquer Isaac.Ils n’allaient pas à l’église depuis des années, et ils n’avaient pas encore décidé de se faire baptiser.» Mais la vraie question, bien sûr, n’est pas là.L’enjeu réel est la survie des Amish.«Ce scandale les a secoués, estime le professeur Kraybill.Il va les inciter à être encore plus stricts avec leurs enfants.Je crois qu’ils peuvent préserver leur identité, tant qu’ils n’iront pas à l’école [la Cour suprême leur a reconnu le droit de scolariser eux-mêmes leurs enfants, qui ne vont pas plus loin que la troisième] et qu’ils ne seront pas exposés à la télévision.Environ 85 % des jeunes choisissent encore de se faire baptiser.» Isaac, lui, n’est pas si sûr que les Amish puissent continuer à fonctionner encore longtemps comme le village gaulois d’Astérix.«Nous avons déjà fait trop de compromis avec le monde moderne, dit-il.Peut-être aurions-nous dû quitter cet endroit il y a 20 ou 30 ans déjà.» Perdre son âme Il pousse son fils, ébéniste, à partir, comme d’autres familles ont commencé à le faire, vers des régions plus isolées à l’ouest, dans le Kentucky, l’Ohio ou l’Indiana, là où la terre est bon marché et l’«Anglais» rare.«Être Amish, c’est d’abord vivre de la terre, explique-t-il.Notre âme, c’est la terre que Dieu nous prête.Si les Amish quittent la ferme, ils ne pourront plus suivre l’Ordnung [la Règle des Amish], et ils perdront leur âme.» ut-01*0' ARCHIVES LE DEVOIR Une cabine téléphonique chez les Amish.La pression du monde moderne est à la racine du «mal Amish».La croissance démographique se conjugue à l’urbanisation rampante pour faire grimper le prix de la terre.e e oouu^e Tombée publicitaire le vendredi 7 août 1998 Publié le samedi 15 août 1998 A1C L E l> E V OIK, I.K M AUDI 2 « .1 l! I I.I.E T I SI II 8 li 2 —-—-* LE DEVOIR ?- ÉCONOMIE Conflit de travail dans les usines d’Abitibi-Consolidated Les travailleurs de la Wayagamack ouvrent une brèche Les employés de Trois-Rivières votent en faveur d'un retour au travail Trois-Rivières (PC) — Les employés de métier et les opérateurs de la division Wayagamack de Trois-Rivières, membres du Syndicat canadien de l’énergie et des communications, section locale 216, ont décidé par vote secret, hier matin, de reprendre le travail à l’usine Wayagamack de Trois-Rivières.Les employés avaient déclenché la grève le 15 juin, en même temps que dans les dix autres papeteries d’Abitibi-Consolidated au Québec et en Ontario.Les quelque 400 travailleurs qui se sont présentés à l’assemblée d’information convoquée par leur bureau de direction, dans le but de faire le point sur la médiation spéciale qui avait achoppé, jeudi dernier, dans la métro-pole, et sur les dernières propositions faites par la direction de l’usine locale, le 17 juillet, avaient énormément de pression sur les épaules.Bien conscients que l’avenir de leur usine dépendait de leur décision, ils se sont prononcés à 235 contre 157 en faveur d’un retour au travail, causant du même coup une brèche dans le front commun syndical de négociation.Après le dépouillement du vote, ce fut au tour du local 222, qui regroupe les papetiers de la division Wayagamack, de rendre public le résultat du vote tenu la semaine dernière et qui n’avait pas été dévoilé à la suite de la décision des ouvriers de la section locale 216 de ne pas retourner au travail.C’est après ce vote que les pape tiers ont eu la surprise de se voir privés d’une partie de leur allocation de grève.Le président d’élection de la section 222, Fernand Genest, a procédé au dépouillement du scrutin, hier après-midi sur les piquets de grève: 133 papetiers en faveur d’un retour au travail et 11 contre.La publication des résultats du vote des deux unités d’accréditation a été accueillie avec des cris de joie et des applaudissements.Le directeur de la division Wayagamack, Jean-laïc Pellerin, a accueilli lui aussi la décision des travailleurs avec soulagement et satisfaction.Selon lui, il s’agit là d’une décision très importante pour la viabilité de la papeterie et l’économie de toute la Mauricie.«Ce qui importe pour l’instant, c'est de remettre l’usine en marche afin de ne pas perdre de clients», a dit M.Pellerin, qui s’est engagé à continuer de travailler pour chercher une solution qui assurerait la viabilité à long terme de la papeterie.M.Pellerin a d’ailleurs indiqué que les travailleurs de métier et les opérateurs allaient tous être prévenus qu’ils doivent se présenter au travail dès ce matin.Depuis minuit, des équipes d’hommes ont déjà commencé à mettre en marche le système de traitement secondaire de l’usine.La production de papier devrait démarrer dès demain tandis que la machine de pâte Kraft devrait être en opération en fin de semaine.De bonne grâce Le conseiller syndicat du Syndicat canadien de l’énergie et des communications, Claude Gagnon, s’est montré satisfait du résultat du scrutin, félicitant au passage le bureau de direction de la section locale 216.«Depuis le début, nous avons toujours clamé que les choses se feraient de façon démocratique, même si les résultats ne sont pas ceux qu’on attendait.A partir de maintenant, la seule chose qu’on veut, c'est que les opérations reprennent et que les travailleurs ne se déchirent pas entre eux, a-t-il dit à l’issue du scrutin.Nos membres avaient une décision difficile à prendre entre leur emploi, qui est très risqué et la solidarité syndicale.Avec la décision qui a été prise, nous les avons assurés que nous la respections et nous allons les accompagner dans leur cheminement en vue du retour au travail.» Pour sa part, le président de la section locale 222 des papetiers, Jean-Pierre Lebel, même s’il avait été quelque peu écorché ces derniers jours, s’est montré plus que satisfait de la tournure des événements.«Je suis bien content de mes membres; le résultat du vote prouve qu’ils voulaient garder l'usine en marche», a-t-il dit, en ajoutant être prêt à travailler à rétablir lliarmonie à l’intérieur de l’usine.Incursion dans la téléphonie locale Sprint Canada s’allie à Lucent Technologies Toronto (PC) — Sprint Canada étendra ses activités dans la téléphonie locale.La compagnie de téléphone a confié à la société américaine Lucent Technologies la tâche de fournir la technique, le matériel et les logiciels de réseau nécessaires à l’installation de ce nouveau service, a-t-elle fait savoir à Toronto, hier.Sprint Canada, filiale en propriété exclusive de Call-Net Enterprises, a précisé par voie de communiqué qu’elle achèterait jusqu’à 400 millions de système de commutation et d’accès de Lucent ainsi que la plate-forme de réseau intelligent perfectionnée par cette dernière, au cours des cinq prochaines années.En vertu de l’entente, sujette à l’approbation des organismes de réglementation, Lucent fournira à Sprint un financement de fournisseur jusqu’à concurrence de 400 millions./ Etape importante «Ce contrat marque une étape importante dans la progression de nos plans visant à fournir un vrai choix concurrentiel sur le marché des services locaux», a déclaré le président et chef de l’exploitation de Sprint Canada, Philip Bates.Sprint Canada entend donc ajouter le service local à son éventail de services interurbains, de transmission de données et Internet.Avec plus de 1,35 million de clients, la firme est la plus importante société de rechange de services interurbains au pays, dont elle contrôle 16 % de l’ensemble des marchés interurbain et commercial.Sprint Canada prévoit lancer son nouveau service sur les 25 plus importants marchés canadiens d’ici à trois ans.Elle estime être en mesure de le faire sur un premier marché au début de 1999.Grève dans des usines de pièces de la General Motors Un règlement est imminent, laissent entendre les parties Flint (AP, PC) — Les négociateurs tentaient hier de résoudre les derniers litiges empêchant le règlement des grèves qui paralysent les installations de General Motors en Amérique du Nord, alors que la pression monte sur les deux parties pour quelles parviennent à une entente.Les yeux étaient tournés vers les pourparlers à un haut niveau qui se déroulent dans un hôtel de Flint, au Michigan, entre les négociateurs de GM et ceux du syndicat des Travailleurs unis de l’automobile (TUA).Des sources proches de GM et du syndicat, qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat, ont laissé entendre qu’un accord pourrait être imminent.Les grèves de Flint paralysent les activités nord-américaines du plus important constructeur automobile au monde depuis le début du mois de juin.Elles ont mis au chômage technique 189 700 travailleurs, dont au mpins 15 000 au Canada, en plus des 9200 grévistes de Flint.A l’usine de Boisbriand, au nord de Montréal, 1290 travailleurs ont été mis à pied le 23 juin, jusqu’à présent.Le conflit de travail aurait coûté environ 2,2 milliards US à GM.Un déblocage s’est produit dans le conflit au cours du week-end, quand des dirigeants de GM, sous les pressions du président des TUA, Buzz Hargrove, ont accepté de retourner des machines enlevées à l’usine d’emboutissage de Hint.Les emboutisseuses, des machines de 26 tonnes servant à produire portes, pare-chocs, entre autres pièces, se sont retrouvées au cœur du conflit quand GM les a retirées de l’usine de Flint pour les transférer dans une autre de ses usines à la fin du mois de mai.Les TUA ont déclenché la grève à Hint le 5 juin.Six jours plus tard, les syndiqués débrayaient dans une autre usine de Flint, où l’on produisait bougies d’allumage, filtres et autres pièces.GM insistait toujours hier pour que tout règlement des grèves de Hint englobe aussi les travailleurs d’usines d’In- dianapolis et de Dayton, en Ohio, aux prises avec de vieux conflits, tandis que le syndicat souhaite également régler du même coup des griefs en souffrance au complexe Buick City à Hint.«Notre intention est de ne pas laisser les usines qui restent dans une position vulnérable, lorsque le conflit à Flint aura été résolu», a indiqué la porte-parole de GM, Charlotte Grim.Pour le syndicat, cependant, il serait ridicule de retarder un règlement aux usines de Flint dans le but de conclure des accords ailleurs.La pression monte Mais à mesure que le conflit se prolonge, les deux parties sentent la pression monter.Les concessionnaires commencent à manquer de véhicules et dans certains cas, ont épuisé leurs stocks des plus populaires modèles de camionnettes, véhicules sportifs et mini-fourgonnettes.De leur côté, certains travailleurs, privés de chèques de paye depuis plus de sept semaines, éprouvent des difficultés financières et sont impatients de reprendre le travail.Si la grève perdure la semaine prochaine, la société GM estime qu’elle perdra des ventes de 21 000 véhicules par jour et une bonne portion de sa part du marché, qui montrait depuis peu des signes de vouloir repasser au-dessus de 30 %.Entre-temps, GM a rouvert deux usines qui avaient été condamnées à l’immobilité, le mois dernier, à cause d’une pénurie de pièces due aux grèves de Flint: l’usine Chevrolet Corvette de Bowling Green, au Kentucky, et une usine non syndiquée qui produit des véhicules sportifs à Silao, au Mexique.Les TUA avaient menacé de débrayer à l’usine de Corvette, la seule usine américaine de GM à n’avoir pas conclu de convention locale 21 mois après la signature d’un accord de trois ans entre le fabricant automobile et le syndicat.Plan de redressement Inco envisage de nouvelles mises à pied PRESSE CANADIENNE Toronto (PC) — Sous le coup d’un plan de redressement visant à réduire ses coûts de production, la compagnie minière Inco envisage de nouvelles mises à pied, a-t-elle fait savoir, hier.L’important producteur de nickel a précisé qu’il lui fallait retrancher 50 millions US de plus de ses coûts opérationnels annuels, et que pour y parvenir, il lui faudrait se résoudre à de nouvelles réductions de postes, au cours des deux ou trois années à venir.Cette somme s’ajoute à celle de 165 millions précédemment annoncée par Inco.Les quelque 1200 mises à pied projetées au sein des opérations d’In-co en Ontario et au Manitoba «ont déjà été dépassées», a indiqué la société minière par voie de communiqué.«Nous poursuivons avec acharnement nos efforts afin de réduire nos coûts de façon significative», a déclaré dans ce même communiqué le président du conseil de la compagnie, Michael Sopko.Faible bénéfice Inco a fait état hier d’un faible bénéfice net de deux millions US à l’issue du second trimestre de l’exercice en cours, un résultat largement inférieur au bénéfice net de 16 millions enregistré lors de la même période de l’an dernier.Le producteur minier a été durement touché par les coûts de production élevés et les faibles prix du nickel en vigueur sur les marchés mondiaux, l’an dernier, une situation provoquée par la chute de la deman- de ayant découlé de la crise économique asiatique.Dirs du premier semestre de 1998, Inco a encaissé des pertes nettes de 39 millions, soit 32 cents par action, contre un bénéfice net de 74 millions (34 cents par action) lors de la même période un an auparavant.«En dépit de la détérioration prolongée des marchés mondiaux du nickel et des faibles prix du nickel, nous avons été en mesure de générer des profits [.] en réduisant de façon significative nos dépenses et nos coûts de production du nickel comparativement à l’année précédente [.]», a déclaré M.Sopko.Les résultats du premier semestre tiennent compte de charges après impôts — remontant au premier trimestre de 1998 — de 32 millions (19 cents par action) liées au redressement de la compagnie.Acquisition de Cantrex Transamerica prolonge son offre PRESSE CANADIENNE La filiale canadienne de Transamerica Corporation, de San Francisco, a prolongé hier son offre publique d’achat de Groupe Cantrex, un regroupement de détaillants dans les secteurs du meuble et de l’électroménager établi à Montréal.Transamerica Commercial Finance Corporation, Canada, a fait hier savoir qu’elle reportait au 7 août la date d'expiration de son offre de 5 $ pour chaque action de Cantrex.Auparavant, le conseil d’administration de Cantrex avait émis un communiqué pour faire savoir qu’il continuait de s’opposer à l’offre de Transamerica.Il jugeait cette offre insuffisante à la lumière des résultats du deuxième trimestre présentés vendredi (hausse du chiffre d’affaires de 15,6 % par rapport au trimestre correspondant de l’année dernière, à 121,5 millions, mais légère baisse de 4,7 % du bénéfice net, à 487 (XX) $, imputable notamment aux frais occasionnés par l’OPA de Transamerica).L’offre de 5 $ l’action de Transamerica représentait une prime de 15 % sur la valeur en bourse au moment du dépôt de l’OPA, le 2 juin.L’actionnaire principal de Cantrex, Capital de participation québécois (CPQ), a déjà accepté de déposer toutes ses actions, qui représentent 55,5 % des actions sur une base entièrement diluée.Au total, William D.Hart, administrateur de Cantrex et membre du cabinet d’avocats Langlois Gaudreau qui représente l’entreprise, estimait hier à 63,7 % le pourcentage des actions déposées.Deux investisseurs institutionnels ainsi que les administrateurs de Cantrex, qui s’opposent à l’OPA de Transamerica, détiennent 14,9 % des actions de l’entreprise.Commercialisation des vins de cépage en épicerie Gaétan Frigon part convaincre les Français GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR La bataille fait rage autour de ce vide juridique permettant la commercialisation des vins de cépage en épicerie en contravention des accords internationaux et de la loi constitutive de la SAC).Le président de la Société des alcools rencontrera d’ailleurs jeudi, à Paris, des représentants de la Fédération des exportateurs de vins et de spiritueux de France afin de les convaincre de la justesse de son scénario de compromis.Il devra se faire convaincant, la Fédération exigeant la réciprocité à défaut d’un rétablissement d’une réglementation stricte.C’est à sa demande, et sous la pression d'un ministère des Relations internationales ne voulant pas d’intrigue dans le vin dit-on, que Gaétan Frigon rencontrera jeudi un comité de membres de la fédération française formés de fournisseurs transigeant avec la SAQ.Son objectif est de rallier les exportateurs français, dont la position est pourtant claire, à son scénario de compromis dans ce contentieux entourant la commercialisation de vins de cépage en épicerie.«Ce dossier est présentement galvaudé par tous les intervenants», a souligné Claude Marier, vice-président, Affaires publiques à la SAQ.Ne voulant pas s’embourber dans un dédale juridique avec tous les délais que cela impose, «M.Frigon a accouché d’un scénario qui reprend le compromis esquissé par son prédécesseur.Nous voulons trouver une solution rapide, à la situation actuelle et nous voulons nous assurer que tout le monde est d’accord.» «Il y a urgence autour du règlement de la situation.Et le compromis est plus efficace qu’une contestation devant les tribunaux, avec tous les délais qu’une telle démarche implique», a renchéri M.Marier.Ce vide juridique permet à des embouteilleurs en sol québécois de commercialiser du vin de cépage chez les détaillants en alimentation, jusque-là confinés à la vente de vins de table, ce que dénoncent les agences promotionnelles et les exjxirtateurs étrangers.«M.Frigon a déjà rencontré tout le monde.Il a également parlé avec la California Wine Institute.Quand les gens savent le but poursuivi par M.Frigon, ils sont d'accord et voient le bien fondé», a ajouté le porte-parole de la SAQ.Ainsi, selon M.Marier, le compromis serait en voie d’être accepté par les agences promotionnelles du Québec.La SAC) serait également près d’une entente avec les épiciers.Quant à la California Wine Institute, «elle est heureuse de voir qu’on veut mettre de l’ordre dans ce dossier».Cette apparente unanimité ne se vérifie toutefois pas.Dans une lettre datée du H) juillet dernier, l’Association des détaillants en alimentation du Québec, a fait état de sa surprise «d’avoir reçu une lettre d'entente adressée à l'Association séparément qui, de plus, fait référence à des règles qui furent convenues lors de discussions avec M.Frigon auxquelles nous n'avons pas participé».On souligne également qu’il «demeure plusieurs interrogations concernant la proposition d’entente».Chez les agences promotionnelles, qui font front commun dans une démarche devant les tribunaux afin de renverser une décision de la Régie des alcools, des courses et des jeux ayant contribué à creuser ce vide juridique, on s’en tient toujours à la position de départ.Cette position est on ne peut plus ferme: pas question de permettre la publicité.On se tient, ainsi, solidaire de la Fédération des exportateurs de France qui, à moins deux reprises, a fait valoir des exigences qui ne peuvent accepter de compromis.La fédération insiste: ¦ «soit d’étendre ata vins importés en bouteilles l’accès au réseau des épiceries»; É «soit de revenir à une application stricte des règles de commercialisation applicables à ce réseau».L’approche de M.Frigon consiste essentiellement à proposer qu’aucune mention spécifique de cépage ne puisse apparaître sur quelque pièce publicitaire que ce soit à l’intérieur d’une épicerie ou d’un dépanneur.Cette mention serait toutefois acceptée dans toute publicité extérieure au point de vente.De plus, la mention «vin de cépage» pourrait apparaître sur l’étiquette, mais pas le nom du cépage lui-même.Le dollar poursuit sa chute Toronto (PC) — Le dollar a perdu davantage de son pouvoir d’achat, chutant de 0,20 cent pour s’établir à 66,51 cents US, établissant du même coup un nouveau taux plan cher record.Comme cela semble être devenu la coutume depuis quelque temps, la devise canadienne a même établi une nouvelle marque, en cours de séance, dégringolant à un certain moment jusqu’à 66,43 cents US.La tentation Entre-temps, les analystes affirment que les cambistes continuent de tenter d’inciter la Banque du Canada à se porter au secours de sa devise au moyen d’une hausse des taux d’intérêt.Jusqu’à présent, la banque centrale a résisté à cette tentation.Et dans l’éventualité d’un ralentissement de l’économie, elle pourrait bientôt ne plus pouvoir grand-chose pour le dollar.D’ailleurs, en demeurant ferme et en se refusant à toute hausse des taux, la Banque du Canada choisit la seule solution qui lui est laissée, a souligné un spécialiste.Le fait d’accroître Jes taux d’intérêt de moins d’un point de pourcentage serait perçu par les marchés comme une mesure désespérée, et ne ferait qu’empirer la situation.Parallèlement, des taux plus élevés représenteraient une menace pour une croissance économique somme toute assez fragile.EN BREF L’industrie du papier journal roule à 88 % (PC) — L’industrie canadienne du papier journal a travaillé à 88 % de sa capacité de production en juin 1998, comparativement à 96 % lors de la même période de l'année précédente, a fait savoir, hier, l’Association canadienne des pâtes et papiers.L’association impute ce taux, jugé «relativement faible», principalement à l’arrêt de travail commencé le 15 juin à plusieurs usines de la compagnie Abitibi-Consolidated.En juin dernier, les ventes des producteurs canadiens ont chuté de 4,9 % par rapport au même mois de 1997, surtout en raison d’une baisse de 18,1 % des expéditions outre-mer.Toutefois, les envois aux clients canadiens et américains, qui ont progressé de 5,6 et 1,1 % respectivement, ont partiellement compensé cette baisse.Le Cirque du Soleil choisit LGS (Le Devoir) — Le Cirque du Soleil a fait appel au Groupe lilS pour l’aider à assurer la continuité des présentations de ses spectacles lors du passage à l’an 2000.Ix mandat, dont la valeur n’a pas été divulguée, vise à élaborer rapidement une approche structurée pour minimiser tout problème lié au passage à l’an 2000 et couvre même les éclairages, les systèmes audio et les appareils de scène.«LGS intervient à titre de maître d’œuvre datis ce projet qui couvre l’ensemble des activités corporatives du Cirque et des quatre direction générales de l’organisme, soit Amérique du Nord, Ims Vegas, Asie-Pacifique et Europe», peut-on lire dans le communiqué.Les devises Voici la valeur des devises étrangères exprimée en dollars canadiens Afrique du Sud (rand) 0,2501 Allemagne (mark) 0,8411 Arabie Saoudite (riyal) 0,4159 Australie (dollar) 0,9476 Belgique (franc) 0,04188 Bermudes (dollar) 1,5194 Brésil (real) 1,3257 Caraïbes (dollar) 0,5827 Chili (peso) 0,00332 Espagne (peseta) 0,01031 États-Unis (dollar) 1,5035 Europe (écu) 1,7137 France (franc) 0,2508 Grèce (drachme) 0,005354 Hong-Kong (dollar) 0,1998 Inde (roupie) 0,0373 Italie (lire) 0,000885 Jamaïque (dollar) 0,0455 Japon (yen) 0,01055 Mexique (peso) 0,1805 Pays-Bas (florin) 0,7708 Portugal (escudo) 0,008585 Rép.dominicaine (peso) 0,1010 Royaume-Uni (livre) 2,4921 Russie (rouble) 0,2464 Suède (couronne) 0,1969 Suisse (franc) 1,0322 Taïwan (dollar) 0,0449 Tanzanie (shilling) 0,00243 Thaïlande (baht) 0,0376 Trinité-Tobago (dollar) 0,2513 Ukraine (hryvna) 0,7257 Venezuela (bolivar) 0,00276 * ? L K I) K V II I H .I.K NI A II DI - N -I •' I • I.K T I !l II S B 3 ! (’, 0 N 0 MIE L’alliance entre BT et AT&T plaît aux marchés La nouvelle alliance promet d'investir un milliard de dollars dans les entreprises de haute technologie aux Etats-Unis AGENCE FRANCE-PRESSE Londres — L’alliance entre British Telecommunications (BT) et l’Américain AT&T a été accueillie avec satisfaction hier à Londres par les analystes du secteur, qui jugent que les deux groupes formeront un ensemble puissant, éventuellement capable d’absorber d’autres opérateurs.L’envolée du titre BT à la Bourse de Londres, en hausse de 11 % en fin de matinée, traduisait l’enthousiasme des investisseurs après l’annonce, dimanche, de la création d’une entreprise commune regroupant les activités internationales des deux compagnies.«Nous avons une réaction très positive, nous avons fait une recommandation d’achat de l’action BT», a indiqué William Laurent, expert du secteur des télécommunications pour la banque d’affaires Flemings.D’emblée, la nouvelle entité se pose comme un concurrent majeur des alliances transcontinentales déjà en place, notent les analystes.Pour France Télécom, Deutsche Te lekom et Sprint, qui ont formé Global One, «c’est un concurrent qui devient plus sérieux», surtout grâce à sa capacité de recherche et de développement, souligne ainsi William Laurent.En mariant leurs actifs internationaux, les deux géants vont ainsi accoucher d’un ensemble puissant disposant d’une capacité d’investissement «énorme» et à l’appétit potentiellement féroce, estiment les analystes.Les deux groupes «vont bénéficier d’une position double permettant de conclure des alliances aux Etats-Unis et en Europe», a estimé Andrew Moffat, analyste du secteur des télécommunications pour la banque ABN Amro à Dmdres.BT et AT&T pourraient, au-delà de la conclusion de simples alliances, prendre le contrôle d’autres opérateurs de télécommunications, en Europe et aux Etats- Unis, par l’intermédiaire de leur entreprise commune.«AT&T et BT pourraient se mettre ensemble pour racheter des opérateurs à l’étranger», souligne William Laurent.Le marché londonien bruissait déjà de rumeurs, hier, sur une prise de participation éventuelle des deux opérateurs dans l’Allemand Mannesmann, ont indiqué des experts.Toujours selon ces rumeurs, BT et AT&T convoiteraient également une place sur le marché de la téléphonie mobile en Italie.Peter Bonfield, directeur général de BT, précisait ainsi dimanche, que BT envisageait de réaliser des investissements aux Etats-Unis «aux côtés d’AT&T».Néanmoins, l’alliance entre les deux opérateurs, en raison de sa taille, pourrait se .heurter à la réticence des autorités de concurrence, aux États-Unis et en Europe.Ces régulateurs viennent de démontrer leur pouvoir, en obligeant l’américain MCI à vendre la totalité de ses activités Internet, |X)ur permettre son rachat par WorldCom.«Le réaction du marché jusqu’à présent est proche de l'euphorie, mais l'enthousiasme va s’émousser dans quelque temps.Je ne pense pas que qui que ce soit puisse sous-estimer l’obstacle des autorités de régulation», a indiqué Nigel Hawkins, analyste pour la maison de courtage William de Broe.Les deux compagnies avaient estimé dimanche qu’il leur serait possible de disposer de tous les feux verts nécessaires pour lancer leur entreprise, d’ici environ 12 mois.La nouvelle société commune, dont le nom n’a pas encore été choisi, réalisera un chiffre d’affaires prévisionnel de 10 milliards de dollars en l’an 2000, qui pourra croître de 15 % par an dans les années suivantes.Le bénéfice d’exploitation atteindra un milliard de dollars, et pourrait augmenter dans les mêmes proportions par la suite.Tous dans la danse Ce mariage est le dernier épisode d’une série impressionnante d’alliances et de retournements sur le marché planétaire des télécommunications.Avant de rapprocher ses activités internationales de AT&T, BT avait tenté il y a deux ans une fusion avec MCI, grand concurrent d’AT&T, et s’est fait enlever sa fiancée l’hiver dernier par Worldcom, un opérateur d’un «¦nouveau type», issu du monde d’Internet.De son côté, AT&T, géant américain des télécommunications, tente depuis plusieurs années de mettre en place une stratégie internationale crédible.AT&T s’est allié au consortium Unisource en Europe.Un projet d’alliance stratégique avec prise de participation dans Telecom Italia a capoté avant l’été et l’opérateur italien est aujourd’hui allié à Cable and Wireless (Grande-Bretagne).Le rapprochement AT&T-BT sera, s’il aboutit, l’alliance «la plus complexe et la plus grosse» jamais annoncée, remarque, avec un brin d’ironie, le Wall Street Journal hier.Cette complexité, liée à l’incertitude sur l’évolution du marché mouvant des télécommunications, constitue la première cause de mortalité des alliances, estime Didier Pouillot, chercheur à l’Idate (Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe).«Les alliances naissent de la volonté d’être présent sur l'ensemble des marchés en cours de libéralisation.En bref, on ne sait pas où on va, mais il faut y être, sinon on sera écarté de la course», résume-t-il.Mais le marché, les technologies (Internet), et les zones géographiques évoluent très vite, ce qui explique les retournements de partenariats, explique M.Pouillot.Si tout le monde misait sur l’Asie il y a deux ans, l’Amérique latine semble aujourd’hui offrir le plus gros potentiel.Au-delà des retournements, la viabilité même des alliances est en cause, estime le chercheur. I 2 8 .1 l! I I, I.K T I !) !» 8 LE DEVOIR CULTURE CONCERTS CLASSIQUES Une cuvée dont on peut s’enorgueillir L’édition 1998 de l’ONJC part en tournée avec un répertoire audacieux FESTIVAL CANADA Hector Berlioz Ouverture Le Corsaire; Godfrey Rideout: Fall Fair; Richard Strauss: Macbeth, op.23; Omar Daniel; Strategies Against Architecture, Book III; Dmitri Chosta-kovitch: Symphonie n° 5 en ré mineur, op.47.Orchestre national des jeunes du Canada, édition 1998, dir.Kazuyoshi Akiyama.Opéra du Centre national des arts à Ottawa, le 26 juillet 1998 FRANÇOIS TOUS1GNANT Dans la tourmente qui raréfie les orchestres de jeunes, l'Orchestre national des jeunes du Canada (ONJC) tient bon.C’est qu’il participe d’une noble idée, à savoir réunir pour un stage intensif — à l’université Queen’s de Kingston — des musiciens venant de tous les coins du pays.Ceux-ci reçoivent une formation par des professionnels chevronnés et s’initient à la vie d’orchestre, donnent quelques concerts ici et partent en tournée.Cette année, Toronto et Ottawa ont été visitées par l’ONJC.Au moment où vous lirez ces lignes, l’imposante troupe de près de 100 musiciens sera déjà en route pour une tournée européenne de 12 concerts.Il faut dire que son principal commanditaire, la Banque TD, n’a guère de problèmes financiers et peut permettre à ces jeunes, avec l’aide des gouvernements, de vivre à 20 ans ce genre d’expérience inoubliable et formatrice.Le concert (gratuit) de dimanche après-midi a eu lieu dans un Opéra du CNA rempli.Vous l’avez remarqué, le programme est ambitieux.L'Ouverture Le Corsaire reçoit une bonne lecture, et la Fall Fair de Rideout (on joue encore cette musique!) fit son effet folklorique (bon pour l’image à l’étranger en quête d’exotisme).Le poème symphonique de Strauss, Macbeth, a commencé à donner des frissons.Les qualités de cette page trop négligée sont exaltées par le dynamisme des jeunes interprètes.Fortement stimulés par l’écriture et le chef Kazuyoshi Akiyama, ils s’y sont investis à fond, en une interprétation plus qu’honnête.Cela grondait, chantait, éclatait en mille résonances.Les cuivres sont excellents (malgré quelque nervosité aux cors).On pourrait simplement leur reprocher un trop-plein d'enthousiasme, qui les fait parfois sortir avec trop d’ampleur de la masse.Les cordes graves et la section de percussion sont tout aussi excellentes.Pour continuer l’évaluation de l’orchestre, la Ve de Chostakovitch, avec ses nombreux solos et passages pour sections seules, fut une occasion rê- vée.Les violons se portent bien au Canada, notamment au Québec et en Saskatchewan.Les flûtes et clarinettes aussi.Reste l’éternel problèmes des hautbois et bassons, plus fragiles et plus exigeants qui, verdeur aidant sans doute, n’ont pas été à la hauteur de leurs collègues.La direction d’Akiyama n’est pas trop inspirée, mais d’une redoutable efficacité, provoquant un presque délire chez un public déjà affectivement conquis.Il fait quand même plus que de la simple mise en place et arrive à la fois à tenir ces jeunes (qui ne comptent pas toujours à l’unisson) sous son bâton et à leur laisser assez de place pour qu’ils puissent respirer en musique.Reste le cas de la pièce «contemporaine», les Strategies Against Architecture, Book III d’Omar Daniel.De ce compositeur de 38 ans, on a entendu là la pièce pour orchestre que l’on attendait depuis longtemps.Inspirée d’une forme d’art industriel, la musique se refait une virginité d’émotions.Peu importe qu’on puisse suspecter quelque influence d’un certain Sacre ou de certaines Atmosphères.La pièce est, originale et excellente.Plaques de métal qui sont martelées, assénement de coups de tambours comme des marteaux-pilons, couleurs des instruments inouïes, pendant un trop bref petit quart d’heure on est inéluctablement entraîné, comme sur une chaîne de montage, dans un déploiement d’éclairages allant du plus sombre au plus léger, dans une organisation de densité allant de la plus fine à la plus pesante.Pas une seconde d’ennui.Si certains chromatismes semblent simples, ils magnifient l’écoute à un ' second niveau, celui plus subtil de la perception du poids des événements dont la succession articule le discours toujours intelligiblement, et d’une manière neuve.D’une main autoritaire — de cette autorité qui est le propre des grands — Daniel Omar enterre la modernité et la post-modernité osant courageusement créer, sur les ruines d’un passé encore perceptible, un univers personnel et qui, déjà après cette première audition, s’impose comme radical car nouveau.Un artiste, non: un créateur que l’on s’attardera à suivre et dont on espère entendre bientôt autre chose.Avec cette pièce, magistralement jouée par l’ONJC qui y a mis toutes ses tripes, la tournée portera très haut le flambeau de la création musicale en ce pays.Son rôle d’ambassadeur trouve ici plus qu’un devoir, une mission, au sens quasi sacré du mot, de répandre cette musique extraordinaire dont la grandeur n’a d’égale que la violence et la beauté, l’immortelle nécessité.Lelouch en clôture au FFM C’est le film de Claude Lelouch Hasard et coïncidences qui clôturera la 22e édition du Festival des films du monde le 7 septembre prochain.Le film qui donne la vedette à la compagne du cinéaste, Alessandra Mar-tines, est la production la plus imposante du réalisateur d'Un homme et une femme.Tourné dans six pays (dont le Québec), il raconte l’histoire d’une danseuse, partie sur les traces des rêves de son enfant mort, qui parcourt le monde dans une quête du passé.Coproduit par la maison québécoise SDA le film se promène de New York à Venise, en passant par Mexico, Montréal et Churchill Falls.Au Québec le film donne notamment la vedette à France Castel, David la Haye, Véronique Moreau, Patrick Labbé.Hasard et coïncidences devrait prendre l’affiche en salles immédiatement après le FFM.L’Argentine, côté écrans C’est le 4 août prochain que démarre Un passage en Argentine, rétrospective de 29 films en provenance de ce pays d’Amérique du Sud présentée au cinéma de l’ONF, rue Saint-Denis.El Sueno de los Heroes [Le Songe des Itéras) de Sergio Renan (adapté du roman d’Adolfo Bioy Casares), œuvre à saveur onirique mêlant le fantastique au mélodrame, ouvrira le bal de cette seconde édition des deux semaines argentines à Montréal, avec des films couvrant la période 1938 à 1998.Alejandro A Bertolo, le consul général adjoint d’Argentine a rappelé hier en conférence de presse à quel point le cinéma argentin s’est transformé au BREF cours du siècle.Il est passé des grands mélodrames musicaux des années 30 à un essor au cours des années 50 quand le septième art national s’est mis à voler de ses propres ailes en gagnant en profondeur.Lors des années de dictature militaire, il est devenu plus léger, tombant sous le couperet de censure, avant de rejaillir à nouveau.En 1994, l’Argentine a produit 29 films et le public manifesta une nette préférence pour son cinéma national dans les salles.En 1997, les entrées de cinéma à Buenos Aires furent de 25 603 000 pour une population de 35 millions d’habitants.La quatorzième édition du festival de Mar del Plata se prépare dans un pays désormais amoureux de son cinéma.Festival Juste pour rire Rire encore Le festival Juste pour rire, qui prenait officiellement fin dimanche soir, annonçait hier une série de prolongations.Ainsi, jusqu’à dimanche, il continuera a pleuvoir des cordes au Monument National avec Le Quatuor, délirant quartet de musiciens fous.Aussi, jusqu’au 22 août, le Saint-Denis II continuera d’héberger Le Libertin, pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt avec Louise Marleau et Robert Lalonde.Pour sa part, 15 secondes, de François Archambeault, continuera sa carrière à l’Espace Go jusqu’au 15.Du côté du Cabaret, Jean-Guy Moreau nous parlera encore du Chum à Céline (du 4 au 16 août), parallèlement à Maxim Martin, la découverte du festival, qui affiche Tolérance Zéro demain et jeudi, puis du 5 au 7 août.Enfin, la pièce The Underdogs, satire de William Weintraub qui nous plonge dans un Québec imaginaire usé par 20 ans d’indépendance, reprendra sa place au Gésù du 4 au 9 août.Succès de foule, mais pas de profits Les organisateurs dressent un bilan très positif de Vévénement qui a attiré plus de un million de spectateurs MARTIN BILODEAU LE DEVOIR Gorges chaudes, hier matin à la dernière conférence de presse du festival Juste pour rire-Just For Laughs, où Pierre-Marc Johnson, président du groupe Rozon, ainsi qu’An-dy Nulman, directeur de l’événement, dressaient de cette 16' édition, qui prenait fin officiellement dimanche, un bilan très positif.L’événement aura connu la meilleure performance de toute son histoire, 1,02 million de spectateurs, répartis dans les salles et sur la rue, s’étant pourvus du droit au rire, soit le double de l’an dernier.De ce triomphe que les principaux responsables attribuent principalement à la qualité de la programmation ainsi qu’au retour de Juste pour rire dans le Quartier latin, plus accessible et fréquenté que le Vieux Port de Montréal, ressort toutefois une constatation troublante, émise dans un murmure confus: l’événement n’aurait fait, d’un strict point de vue comptable, aucun profit.«L’argent n’était pas notre priorité cette année», précisait Andy Nulman, qui aurait misé plus gros que d’habitude sur la programmation, tant en salles que dans les rues du Quartier latin, où les spectacles ont connu un énorme succès auprès des festivaliers encouragés par le beau temps.«On est dans une situation idéale pour les gouvernements», dit pour sa part Pierre-Marc Johnson: «On est en équilibre».L’ancien premier ministre péquiste renchérissait plus tard en disant qu’il faudrait maintenant «trouver un moyen pour faire de l’argent avec tout ça».«Tout ça», c’est 2000 spectacles extérieurs et 364 en salles, par 722 artistes venus de 15 pays, pour un budget total de 10 millions de dollars, auquel s’ajoutent six millions de dollars dépensés pour le packaging télévisuel.Les salles ont pour leur part connu un taux de fréquentation moyen de 92 %, le très couru Club Soda, qui proposait une série importante dans le cadre de Just For Laughs, ayant présenté 31 spectacles à guichets fermés, sur un total de 32.Les organisateurs de Juste pour rire profitaient également de l’occasion pour annoncer les prolongations de plusieurs spectacles, dont ceux du Quatuor (au Monument National) et de Maxime Martin (au Cabaret), deux happenings qui ont apporté à cette édition 1998 un indéniable sceau de qualité.«Juste pour rire ne sert pas seulement à donner à Montréal son visage», s’exclame Pierre-Marc Johnson, qui estime les retombées fiscales de cette édition triomphale à un peu plus de 23 millions de dollars, soit «dix fois plus que ce qu’investissent les gouvernements».M.Johnson, qui souhaite un retour de balancier qu’il juge équitable dans un contexte où la commandite et la billetterie ne génèrent pas de revenus qu’il estime suffisants, annonçait la semaine dernière la création d’un guichet subventionnaire unique dédié aux festivals culturels, création qui s’est ensuite transformée en chapelet de vœux pieux après que certains homologues eurent annoncé publiquement leur ignorance du projet.Côté fonds privés, Andy Nulman, qui bénéficie d’un délai de deux ans pour trouver à son festival un nouveau commanditaire majeur en raison de l’interdiction qui frappe les compagnies de tabac, espère que le succès de cette 16' édition se traduira par des ententes avec des nouveaux partenaires.Enfin, côté palmarès et honneurs, l’humoriste Claude Meunier et le stand-up américain Don Rickies ont tous deux été intronisés au Temple de la renommée Juste pour rire, de même que le comédien Robert Gravel, décédé en août 1996, et le producteur Guy Latraverse.Le Prix nouveau visage a pour sa part été remis à la metteure en scène Denise Guilbeault, celui de l’improvisation à la LNI québécoise, celui du court métrage francophone à Artus de Pernguern pour Le Homard, et celui du court métrage anglophone à Lynn-Mary Danzey pour Fetch.Iœ Prix Robert Gravel, remis à une per- t SOURCE JUSTE POUR RIRE 11 y en avait pour tous les goûts dans le Quartier latin et les spectateurs ont pu découvrir, entre autres, les talents des Gargouilles.sonnalité du monde de l’improvisation, a pour sa part atterri entre les mains de Gérard Surugue, capitaine de l’équipe française.Beauté édulcorée BEAUTE FEROCE De Victor-Lévy Beaulieu.Mise en scène: Jean Salvy assisté de Katherine Adams.Décprs et costumes: Michel Robidas.Eclairages: Martin Saintonge.Vidéaste: Josette Bélanger.Chorégraphe: Manon Oligny.Musique originale: Pierre Benoît assisté de André Barnard.Avec: Raymond Cloutier (Langis Lebel), Nathalie-Ève Roy (Beauté féroce), Chantal Baril (Carmen Canuel), Estelle Esse (Chiquita Filiatrault) et Katherine Adams (Sœur Kaufman).Une production des Productions théâtrales desTrois-Pistoles présentée au Caveau-Théâtre des Trois-Pistoles jusqu’au 15 août 1998.SOLANGE LÉVESQUE La pièce se passe à Montréal dans les années soixante.Enfermé chez lui, ignorant ou refusant qui il est, un homme consacre son énergie la plus vive à vouloir être quelqu’un d’autre (Hamlet, un étranger parlant une autre langue).Or comment être, comment se nourrir de sa propre histoire et s’inscrire activement dans sa communauté quand toutes les forces s’égaillent dans un idéal piégé?Lorsque l’occasion lui est enfin offerte d’endosser l’identité rêvée, il s’écroule, malade.Peut-on trouver schéma plus profondément politique?Concrètement, l’œuvre raconte un moment-clé de la vie de Langis Lebel, un acteur qui frise la quarantaine et auquel on n’a toujours confié que des rôles sans éclat.Du passé de Langis, on ne sait rien, sinon qu’il porte en lui deux désirs: celui d’incarner le personnage de Hamlet, et une passion pour Beauté féroce, une jeune effeuilleuse danseuse de bar qui l’a suivi à Montréal.Au même bar travaille Chiquita Filiatrault (Estelle Esse), chanteuse, ainsi que la patronne Carmen Canuel (Chantal Baril), étrange personnage qui fait de la mise en scène pour un théâtre de la métropole.Carmen aussi nourrit son rêve: elle aussi désire Beauté féroce; en prédatrice, elle brûle de l’ajouter à ses trophées de chasse.Elle lui propose donc un marché diabolique: elle accordera le rôle de Hamlet à Langis à condition que Beauté féroce passe une nuit avec elle — et trahisse du même coup son amour Raymond Cloutier et Estelle Esse pour Langis.Pour que Langis réalise son rêve en devenant, l’espace d’un soir, prince de Danemark, Beauté féroce cède donc aux avances de Carmen.Mais au lieu de se transformer en prince, langis devient un infirme: à peine commence-t-il à répéter qu’il est terrassé par une attaque de poliomyélite qui le conduira à l’hôpital où, grâce aux soins de sœur Kaufman (et à Beauté féroce), il réapprendra à marcher et à vivre.En regard du contenu puissant de ce texte, la mise en scène de Jean Salvy m’a semblé bien frileuse, autant dans la direction du jeu que dans la manière dont il a composé avec la charge érotique de la pièce.la scène de séduction (en réalité: un viol) entre Carmen et Beauté féroce paraît trop édulcorée.Le compromis entre montrer et ne pas montrer trahit la poésie musclée de la langue de Beau-lieu (une langue parlée transcrite de manière si juste qu’on l’entend quand on la lit).Ce flou s’étend à d’autres champs; on ne sait jamais vraiment, par exemple, si Langis (Raymond Cloutier) est en réalité un acteur brillant ou falot.Ije personnage incar- GIL GAUDREAU né par Cloutier souffre de cette imprécision, surtout en seconde partie.Sur le plan de l’interprétation, le principal écueil vient du jeu de Beauté féroce.Plus encore que d’être jeune et belle, cette fille doit avoir du chien; Nathalie-Eve Roy la fait trop larmoyante, trop victime.Comment pourrait-elle, dès lors, apparaître désirable aux yeux de Langis?Comment, aussi faible, pourrait-elle participer à sa rédemption avant de s’immoler?Estelle Esse incarne une Chiquita crédible et Katherine Adams, en sœur Kaufman, déploie une panoplie de signes d’autorité caricaturaux qui compromettent son autorité.Chantal Baril rend le personnage désespéré de Carmen de manière très authentique; c’est souvent elle qui porte la pièce sur ses épaules.On se prend à l’injaginer en Beauté féroce.A voir ce public qui vient des environs et de partout pour fréquenter la librairie, le théâtre et tout ce qu’offre la Maison de VLB, on constate avec plaisir (cela ne devrait pas surprendre) jusqu’à quel point la culture peut exercer une force d’attraction et contribuer à la vitalité d’une région.Le président de CNN parle de «fiasco» Le reportage sur le gaz sarin continue de hanter la chaîne AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Le patron de CNN a qualifié de «fiasco» la diffusion d’un reportage sur l’utilisation de gaz sarin pour tuer des déserteurs américains de la guerre au Vietnam que la chaîne d'information en continu a ensuite rétracté, dans une interview au New Yorker parue hier.«Il est presque incompréhensible qu’une équipe de journalistes expérimentés puisse travailler huit mois et demi [.] et réaliser un produit aussi faible», a déclaré M.Johnson, président et p.-d.g.de CNN Newsgroup.«Tout ceci continue à me sidérer», a-t-il assuré, s’étonnant que «autant de signala d'alarmes n’aient pas atteints ceux qui étaient en position d’arrêter» la diffusion du reportage.M.Johnson lui-même avait émis des réserves sur le reportage avant de donner son feu vert «J’essaie en ce moment de remettre CNN sur les rails.Ix moral est au plus bas.[In rédaction] est très en colère.In confiance a été ébranlée», a-t-il déclaré au New Yorker.Début juillet, CNN avait admis que contrairement à ce qu’elle avait affirmé le 7 juin, rien ne prouvait que du gaz sarin avait été utilisé contre des déserteurs américains dans un village du Laos en 1970.La productrice de l’émission CNN and Time Pamela Hill a démissionné, la productrice du reportage April Oliver et un autre producteur Jack Smith ont été licenciés et le journaliste Peter Arnett, vedette de la guerre du Golfe, a été réprimandé.Mme Oliver et M.Smith maintiennent l’authenticité de leur reportage, en dépit de rapports ordonnés par CNN et le département de la Défense assurant du contraire.Tom Johnson a démenti au New Yorker la version que Peter Arnett avait donné de son rôle, infime selon lui.«Je n’ai jamais rencontré de reporter [.] qui se contente de lire un script sans changer une virgule», a assuré M.Johnson.«Ce n’est pas ainsi que nous travaillons», a-t-il ajouté, précisant que M.Arnett «a été épargné en raison de ce qu'il a accompli au fil des années avec CNN et parce qu’il s’était porté volontaire pour rester à Bagdad» durant la guerre du Golfe.
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