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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-08-06, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR ,lc suis celle femme du petit jour, fragilité vibrante au jardin où.les ongles fouillant la terre, commence la gloire du monde ’ ’, «Voix off» ( I !)8e siège de l’UNSCOM, actuellement à New York, devrait être transféré à Genève ou à Vienne, plaide l’Irak qui, «pour prouver ses bonnes intentions», accepte que les opérations de surveillance de son désarmement se poursuivent, tout en se réservant le droit d’expulser tout membre des équipes de surveillance qui violerait sa souveraineté.La Russie, de son côté, a laissé entendre que M.Butler était en partie responsable du dernier blocage avec l’Irak.«Nous sommes fermement convaincus que l'Irak n’est pas seul à blâmer pour cette situation, alors qu ’une décision a été prise pour casser les discussions», a déclaré le représentant permanent adjoint russe auprès de l’ONU, Youri Fedotov.Le communiqué irakien, diffusé à l’issue d’une réunion des plus hautes instances du pays présidée par Saddam Hussein, reflète le contenu d’une recommandation votée hier à l’unanimité par l’Assemblée nationale irakienne, une fois constaté l’échec de la mission de Richard Butler.Bagdad exige notamment que la Commission spéciale de l’ONU soit dirigée par un exécutif dans lequel tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU seraient représentés.À New York, Richard Butler, qui devait s’entretenir en soirée hier avec le secrétaire général Kofi Annan, n’a pour l’instant pas réagi aux exigences irakiennes.Le chef de l’UNSCOM avait toutefois mis en garde le gouvernement •Hrakien dès son arrivée à New York.«Si les Irakiens décident de mettre fin à leur coopération avec nous, d’essayer et de prendre la tangente, cela devient très sérieux, et le Conseil de sécurité devra faire face à cela», avait-il dit.RJ.Crowley, porte-parole de la Maison-Blanche, a souligné hier: «Nous allons continuer à faire pression sur Saddam», ajoutant que la décision de Bagdad constituait une «violation évidente» des termes de la résolution de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre du Golfe en 1991.Pour le président de l’Assemblée nationale irakienne, Saadoun Hammadi, Bagdad a bien rempli les conditions fixées par l’ONU, ce que les puissances occidentales refusent de reconnaître, dit-il, pour maintenir à n’importe quel prix les sanctions économiques contre son pays.«Ces recommandations auraient dû être mises en oeuvre depuis longtemps et représentent la réponse minimale» (de la part de l’Irak), a affirmé hier Saadoun Hammadi.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR .Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, O1' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts fis sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphoné (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique redaction@ledevoir.com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par b* Devoir Inc dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Uval.Envoi de publication — Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.BISSONNETTE La fin d’un cycle SUITE DE LA PAGE 1 d’un journaliste qui lui demandait si son amitié bien connue pour la directrice du Devoir avait influencé son choix, la ministre Beaudoin a répondu par la négative.«On a demandé à une boite de chasseurs de têtes de collaborer avec le ministère à la mise au point d’une liste de noms possibles.C’est de cette boite, Stuart Spencer, qu’est venu le nom de Mme Bissonnette.[.] La première raison pour laquelle elle est nommée, c'est parce qu'elle aime les livres.» Annonce-surprise La nomination de Lise Bissonnette avait été entérinée, quelques instants auparavant, par le conseil des ministres.Mme Bissonnette avait été pressentie pour le poste une première fois à la mi-juin, par une firme de recrutement de cadres.Le poste lui a été formellement offert il y a trois semaines par la ministre Beaudoin.«Dès que ma décision a été prise, j’ai accéléré les choses et demandé à M.Bouchard de faire la même chose, dit Lise Bissonnette.Il était nécessaire de ne pas traîner pour éviter les conflits d’intérêts et aussi pour éviter l’incertitude et les rumeurs qui auraient pu nuire au Devoir.» Pour le personnel du Devoir, l’annonce faite hier matin par Mme Bissonnette a causé la plus grande des surprises.Le successeur de Mme Bissonnette devra être désigné par le conseil d’administration.Hier soir, le président du conseil, Me Gilles Carli, indiquait qu’un comité de direction assurera l’intérim.Composé de cadres de l’entreprise, il sera présidé par le rédacteur en chef, Bernard Descôteaux.«Mon départ se produit à la fin d’un cycle de reconstruction, et je laisse la maison en ordre, a souligné hier Lise Bissonnette.Les gens n'auront pas de mauvaise surprise en ouvrant les livres.» Âgée de 52 ans, Lise Bissonnette a débuté comme journaliste au Devoir, en 1974, comme chroniqueur à l’éducation.Elle a ensuite été correspondante parlementaire, à Québec puis à Ottawa, éditorialiste, puis rédactrice en chef.Forcée de quitter le journal en 1986, à la suite d’une mésentente avec la direction, elle a tenu pendant quatre ans des chroniques dans divers journaux ou magazines, dont les quotidiens The Globe and Mail, Le Soleil et le magazine L'actualité.Elle a également écrit un recueil de chroniques culturelles et politiques, deux romans et un recueil de nouvelles.Le redressement du Devoir Mme Bissonnette a pris la direction du Devoir en juin 1990, devenant la septième personne et la première femme à occuper ce poste.Elle s’est alors employée à redresser la situation du journal, qui connaissait des difficultés financières persistantes depuis le début des années 80.Une de ses premières initiatives a d’ailleurs été une soirée-bénéfice pour le 80e anniversaire du journal, en novembre 1990; 800 invités avaient payé 800 $ le cou- vert pour aider à éponger une partie de la dette.Plusieurs soirées-bénéfices en région ont suivi.À partir de 1992, le journal s’est engagé dans des modifications importantes.En novembre 1992, Le Devoir a quitté la rue Saint-Sacrement, dans le Vieux-Montréal, pour aménager au centre-ville.En janvier 1993, tant la maquette que le contenu du journal ont été revus de fond en comble.D’autre part, en janvier 1993 aussi, une nouvelle filiale éditrice, Le Devoir inc., a vu le jour, et une société de placement dans l’entreprise québécoise (SPEQ) a permis une injection de plus de un million de dollars.L’année 1993, cependant, a aussi été celle d’une crise financière mémorable, marquée, au mois d’août, par la fermeture du journal pendant deux jours.La direction a par la suite obtenu des syndicats des concessions permettant les compressions budgétaires prévues et des investisseurs, l’implication anticipée.«Cela n’a pas été facile, mais je n’en parlerais pas comme le moment le plus difficile, dit aujourd’hui Lise Bissonnette.J’avais la conviction que je faisais ce qui devait être fait.» Hier les journalistes du Devoir ont rendu hommage à Mme Bissonnette dans un communiqué émis par le syndicat de la rédaction.L’exécutif du syndicat souligne «son leadership intellectuel, la qualité de ses éditoriaux et de ses chroniques, sa foi inébranlable envers l’institution qu’est Le Devoir».«On accueille la nouvelle avec une certaine tristesse, a ajouté Benoît Munger, vice-président de l’exécutif.C’est une double perte pour le journal.Mme Bissonnette est une gestionnaire de premier plan, qui a su ramener la stabilité dans l'entreprise, de même qu'une éditorialiste de grand calibre.Nous souhaitons à Mme Bissonnette tout le succès possible dans ses nouvelles tâches et nous n’avons aucune inquiétude pour l’instant quant à l'avenir du journal.Son départ ne se produit pas en période de crise, bien au contraire.Nous allons suivre avec attention le processus de nomination du prochain directeur ou de la prochaine directrice, et nous avons fait part de notre soutien le plus complet au directeur intérimaire, Bernard Descôteaux, qui connaît d'ailleurs l’entreprise à fond.» Bernard Descôteaux a lui aussi tenu à souligner la contribution de Lise Bissonnette.«On peut prétendre que, d’une certaine façon, elle aura “refondé” Le Devoir tellement le journal qu’elle laisse aujourd’hui est différent de celui dont elle prenait la direction en 1990, dit-il.Il y a huit ans, Le Devoir était une entreprise exsangue et minée dont elle a poursuivi le redressement avec une ardeur et une conviction peu communes.Aujourd'hui, elle laisse une entreprise vigoureuse et en bonne santé, un journal qui a un avenir.Pour cela, elle mérite notre admiration et notre gratitude.» Lors de la publication, en mai dernier, des états financiers pour 1997, Le Devoir a déclaré des profits de 300 000 $.Avec la collaboration de Mario Cloutier à Québec Une décision difficile à prendre La décision de quitter Le Devoir, soulignait hier Lise Bissonnette, est loin d’avoir été facile.«Je quitte le métier que j’ai commencç à exercer à l’âge de 15 ans en écrivant mes premiers articles pour le journal étudiant de l'École normale Saint-Joseph, à Hull, dit-elle.Et je quitte le journal qui a été ma maison pendant plus de 20 ans.Le plus beau jour de ma vie a été ma première journée de travail au Devoir, au printemps de 1974, après avoir été engagée par Claude Ryan.Je n’ai jamais sollicité les offres, et je ne serais jamais allée travaillé dans un autre média que Le Devoir.Le manque de moyens était parfois frustrant.La pression est toujours très forte.Le Devoir, malgré ses effectifs très réduits, est un journal très visible, et ses lecteurs sont très exigeants.Mais, en travaillant pour un journal indépendant, j'occupais le poste de direction de journal le plus libre au Canada.» Elle regrettera aussi, par ailleurs, ses fonctions d’éditorialiste et de commentatrice de l’actualité, qu’elle chérissait particulièrement.«Je m’étais promis que je ne vieillirais pas en cherchant à donner mon opinion sur tout, dit-elle.On court toujours le risque, dans de tels cas, de se répéter et de s'enliser dans la routine.Or je suis une femme trop dynamique pour cela.» Mme Bissonnette s’est, par ailleurs, défendue de devoir sa nomination à ses opinions politiques.«Notre position éditoriale est indépendantiste, mais elle n'a jamais été pèquiste, dit-elle.Et le gouvernement Bouchard est un gouvernement que je n’ai jamais ménagé en page éditoriale.Je ne crois pas, de toute façon, que ce genre d’affirmation fera long feu.On ne peut pas disputer ma capacité d’assumer ces fonctions, ni mon intérêt sur la question.» QUEBEC Une certaine tiédeur Ce que Monica serait prête à dire \XTashington (AFP) — Avant même qu’elle ne com-V V mence à témoigner, des fuites anonymes ont fait état de ce que Monica Lewinsky allait dire aux 23 jurés populaires qui devraient entendre aujourd’hui sa déposition sous serment.Voici les principaux éléments de ce témoignage attendu: ¦ Monica Lewinsky serait prête à reconnaître une relation physique avec Bill Clinton, contredisant ainsi le président, qui a nié sous serment une liaison avec l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche; ¦ elle serait prête à dire qu’ils ont parlé de comment garder cette relation secrète, mais pas que le président lui a demandé de mentir à la justice; ¦ elle serait prête à reconnaître que le président lui a dit que, si elle ne gardait pas les cadeaux qu'il lui avait offerts, elle n’aurait pas à les remettre à la justice.Qu’elle pouvait également prétendre être venue voir sa secrétaire Betty Currie à la Maison-Blanche lors de ses 37 visites comptabilisées après qu’elle eut été mutée au Pentagone; ¦ Monica Lewinsky serait aussi prête à dire que c’est elle qui a rédigé, en collaboration avec Linda Tripp, un document imprimé résumant pour celle-ci ce quelle devait dire à la justice dans l’affaire Paula Jones.Linda Tripp a démenti tQUte implication.À l’appui de son témoignage, Mlle Lewinsky a remis au procureur indépendant Kenneth Starr une robe, selon elle tachée de sperme présidentiel, ainsi qu’une photo, dédicacée selon elle en des termes compromettants par Bill Clinton.SUITE DE LA PAGE 1 n’était pas une preuve de mollesse.Il a d’ailleurs laissé entendre que le Québec était mal placé pour dicter la marche à suivre aux autres provinces.«S'il vient ici avec l'idée que le document reflétant le consensus provincial ne peut être changé, je peux comprendre sa position, mais il faut noter que le Québec n'a pas participé au développement de ce document.Québec a été, au mieux, un observateur actif.Ce sont les autres provinces qui ont développé ce consensus», a-t-il souligné.Le gouvernement Bouchard, qui n’assiste aux négociations sur l’union sociale qu’à titre d’observateur, a fait savoir hier et mardi qu’il pourrait envisager se joindre aux pourparlers si les provinces s’en tenaient à leur position présentée en juin et ne faisaient aucun compromis face à Ottawa, en particulier en matière de droit de retrait avec pleine compensation financière.La proposition provinciale dont il est question vise à encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence provinciale exclusive.Elle exige qu’Ottawa obtienne l’accord de la majorité des provinces avant de pouvoir créer ou modifier un programme dans leur champ de compétence, qu’il soit seul ou non à le financer.De plus, les provinces dissidentes devraient avoir le droit de se retirer avec pleine compensation financière à la condition d’offrir un ou des programmes répondant aux mêmes priorités.Aucun premier ministre n’a remis en question hier le consensus obtenu en juin, mais même M.Romanow n'osait prédire qu’il en serait encore ainsi demain.De plus, on a vite constaté la tiédeur de certains.«J’ai des préoccupations, en particulier sur le pouvoir de dépenser, et je veux des réponses avant d’endosser un consensus de façon définitive», a avoué le premier ministre terre-neuvien, Brian Tobin.Le dernier arrivé, le Néo-Brunswickois Camille Thé-riault, a reconnu l’absence de fermeté de son gouvernement sur ce sujet On ignore aussi l’effet qu’aurait l’injection éventuelle de fonds fédéraux dans les transferts en espèces destinés à la santé.Le premier ministre albertain, Ralph Klein, ne cachait pas hier que cela pourrait pousser certaines provinces à assouplir leur position.Aucun premier ministre n’entend toutefois renoncer à la demande d’un mécanisme d’interprétation et d’application conjointes des principes de la loi nationale sur la santé.Par ailleurs, tous les premiers ministres ont applaudi — avec un brin de prudence — à l’intérêt manifesté récemment par Lucien Bouchard pour la dernière proposition provinciale relative au projet d’accord-cadre sur l’union sociale.Leur scepticisme face aux intentions de Québec était toutefois évident.«Je crois que le gouvernement du Québec a peut-être le désir de prendre une position plus ferme pour rendre la négociation plus difficile.[.] Et comme il est désireux de poursuivre sa route seule, M.Bouchard ne peut probablement pas adopter notre position en faveur d’une solution coopérative et consensuelle.Je ne veux pas lui rendre la vie difficile ou le blâmer, mais il se peut qu'il ait, pour ses propres fins politiques, une position plus dure que nous», a noté le Manito-bain Gary Filmon.«Nous n’obtiendrons pas l'appui de l’actuel gouvernement du Québec sur la façon de faire fonctionner la fédération.Pour eux, la meilleure façon est que le Québec soit indépendant.[.] On n’aura pas l'accord complet du gouvernement actuel sur la question des relations fédérales-provinciales, mais je crois qu’on peut satisfaire la majorité des Québécois en leur montrant que la coopération est dans leur intérêt», de soutenir l’Ontarien Mike Harris.Autre point en suspens: l'adoption ou non d’une date butoir pour la fin des négociations.Certains premiers ministres, en particulier Gary Filmon et Ralph Klein, souhaiteraient l’adoption d’une date limite pour la conclusion d’une entente.Les deux hommes aimeraient que cela se fasse avant le dépôt du prochain budget fédéral, question de forcer un peu la main à Ottawa.Le Néo-Écossais Russell MacLellan est plus hésitant Parmi les autres enjeux de la conférence, on note le dossier de l’indemnisation des personnes infectées par l’hépatite C à partir de sang contaminé et non couvertes par le programme actuel destiné aux personnes touchées entre 1986 et 1990.Le président de la Société canadienne de l’hépatite C, Jeremy Beatty, a rencontré M.Romanow hier.Joey Hache, une jeune victime qui traverse le Canada pour promouvoir l’indemnisation de toutes les victimes, s’arrêtera à Saskatoon aujourd’hui.Le premier ministre Harris, qui s’est déjà dit prêt à indemniser toutes les victimes de sa province, veut soulever la question avec ses collègues, quoiqu’il n’attende pas une décision immédiate.Seul le Québec a pris son parti pour l’instant.FEUILLETON Des frissons dans le dos SUITE DE LA PAGE 1 je cherche une prison pour mes yeux d’écume une mer de bitume et de galets cassés quand tu ris, je plonge dans ta gorge de marécage tu es l’eau qui stagne sous mes paupières et je t’aime, patiente, presque noyée Parce qu’il n’était pas sûr d’avoir tout saisi, Lorca resta coi.Il n'aurait pas su dire s’il était ému, fasciné ou plus simplement désarmé.En effet, ce n’est pas tous les jours qu’un concierge vous arrête pour vous réciter sa dernière production lyrique.Lorca n’aurait jamais cru la chose possible, et là, en face de ce jeune rêveur qui s’était adressé à une dame visible pour lui seul, il ne savait trop quoi dire.Il agita la main devant le visage du concierge qui, manifestement, s’était égaré dans une autre dimension.Ses doigts, agrippés au manche de sa vadrouille, ressemblaient à de la paraffine, et son corps, tout entier tendu vers un cosmos privé, semblait frappé de catalepsie.Soudain, il se pencha vers le sol et recommença à le laver d’un lent mouvement de va-et-vient, comme si rien de rien n’était.— C’est ce que je peux faire de mieux.Que voulez-vous?Certains prétendent qu’on peut devenir poète.Moi, je me demande si j’y arriverai un jour.Non pas qu’Eugenio Lorca se soit ennuyé auprès de cet hurluberlu, mais il avait toujours un colis à rendre à Angel Stone, à ce moronique, à ce macaronique, à ce.Oh, et puis, zut! Lorca piétina les marches mouillées et croisa le concierge en prenant soin d’éviter ce regard d’halluciné qui l’inquiétait tout de même un peu.— Attendez! J’ai déjà rencontré ce type! Je crois qu’il travaille au lfr ; il y a une agence de voyages et je l’ai vu là souvent.Lorca faillit s’étrangler avec sa salive.Quelqu’un dans ce bâtiment maudit avait déjà VU Angel Stone! — Je me souviens de lui parce qu’il m’avait demandé de lui mettre un poème par écrit Je crois qu’il voulait le lire à sa copine.Enfin, je suppose que c’est sa copine, la dame rousse qui.Ne se contenant plus de joie, Eugenio Lorca dévala l’escalier quatre à quatre.En haut, le concierge cria pour le prier de ra- lentir, mais il était déjà trop tard.Lorca avait glissé et s’était étendu de tout son long sur le palier du 14e.Il jurait entre ses dents, blessé dans son amour-propre.En outre, il avait mal partout et le satané colis avait poursuivi sa descente sans lui.«Cette fois, c’est fichu», se dit-il, tandis que le concierge poète le rejoignait en courant — Je suis désolé! J’aurais dû vous dire que les marches étaient savonneuses! Rien de passé, j’espère?Évidemment Lorca songea d’abord à la propriété d’Angel Stone.Ce n’est qu’ensui-te qu’il fit attention à ses propres os.Il tenta de se relever tout seul, mais il y renonça, car sa cheville s’était tordue et le faisait souffrir.— Vous êtes blessé! Vous ne pouvez pas continuer comme ça! Donnez-moi votre colis, j’irai le porter pour vous! Las et contusionné, Lorca admit qu’il était tenté d’accepter l’offre du concierge.Mais, somme toute, il tenait à rencontrer Angel Stone.— Bon, si vous voulez.Mais je vais quand même vous aider à vous mettre debout.Là.Attendez-moi ici; je vais récupérer votre paquet.Et après, prenez donc l’ascenseur, c’est plus prudent.Un autre que Lorca aurait vu en cela un conseil judicieux; lui le perçut plutôt comme une plaisanterie de mauvais goût.L’ascenseur, plus sûr.L’éventualité réelle de mettre le grappin sur Stone l’ayant tout de même ragaillardi, il s’appuya sur sa cheville intacte et, tout en serrant fermement la rampe, progressa doucement vers l’issue que le concierge lui indiquait.— Tenez, votre boîte.Et saluez monsieur Stone de ma part! Vaguement agacé, Eugenio Lorca passa son chemin.Derrière lui, avant que le mécanisme de la porte de métal ne s’enclenche, il eut le temps d’entendre: Tu fermes la marche de nos défilés absents de nos batailles distraites Lorca en eut des frissons dans le dos.Dès qu’il aurait rempli son çontrat, il quitterait cet endroit jnfernal.À présent, il en était convaincu.Toutes sortes de substances dangereuses émanaient de ces murs, et Angel Stone ne pouvait être que le démon en personne.(À SUIVRE)
de

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