Le devoir, 10 août 1998, Cahier A
LE DEVOIR Décaper riiitiniité / soulever une ombre, puis une autre, il y a tant de resistances jusqu a l'histoire vraie,/ l'ossature ^rêh' ipii protège lame Denise Désautcls «Faction laclice, n.20» V o i.I, X X X | x N " I 7 8 C h r i s t i a n R i o it x PERSPECTIVES Le carnaval des festivals Les festivals culturels pullulent par les temps qui courent.Sont-ils un puits sans fond ou une véritable mine d’or?La question est ouverte.Dis-moi quel est ton festival, je te dirai qui tu es.Qui n’a pas son festival en cette saison estivale où pullulent les manifestations culturelles de toutes sortes?Des concerts de Pavarotti aux improvisations de rap déglinguées, en passant par les arts de la rue ou les simples sessions de rigolade collective, pas une municipalité de France ou de Navarre qui n’ait sa manifestation culturelle, souvent d’ailleurs un peu pompeusement baptisée festival.En France, le phénomène remonte à la fin des années 40.Il coïncide avec la fin de la guerre et la recrudescence des congés payés.En 1947 naît le Mai musical à Bordeaux et le célèbre Festival de Cannes, deux précurseurs dans le domaine.L’année suivante, c’est au tour de Musique et danse à Aix-en-Provence.La mode est lancée et elle ne va pas s’arrêter là.Dans les années 70, on assiste à une véritable explosion.Le phénomène participe à une véritable culture de masse et non plus seulement à celle de l’élite.Aujourd’hui, il serait difficile de trouver un hameau hexagonal qui n’a pas au moins sa petite manifestation culturelle durant l’été.On évalue à environ 2(XX) le nombre des festivals culturels en France.Il y en aurait 6000 en Europe.Or, au Québec comme en France, la question est régulièrement posée de la «rentabilité» de ce genre de manifestations généralement financées à partir de fonds publics.Payants ou pas, les festivals?On se déchire sur le sujet des deux côtés de l’Atlantique.Mais comment calculer la rentabilité d’un festival?Toutes les études butent sur cette question insoluble.Car, si l’on arrive à peu près à mesu-* * * rer l’augmentation des ventes de billets ou de pots de beurre de cacahuètes, il en va tout autrement de l’accroissement de la notoriété d’une ville ou des effets à long terme.Une étude française récente, réalisée par le Conseil économique et social, tente néanmoins d’évaluer les retombées de ces manifestations dont la suppression du jour au lendemain serait ressentie comme un véritable cataclysme.L’étude commence par souligner que les festivals contribuent à la notoriété des lieux où ils sont organisés.Les exemples parfaits sont ceux d’Avignon et de Cannes.Selon une étude datant de 1986, la couverture de presse du festival d’Avignon, qui attire chaque année 4(X) journalistes, équivaut à des dépenses de communications de 2,5 millions de dollars.Pas mal pour ce qui ne serait autrement qu’une banale petite ville de province.Les festivals ont aussi des répercussions économiques.Robert Savy, président du conseil régional du Limousin, explique: «La qualité de la vie culturelle, c’est probablement le moyen de faire savoir que, s’il y a dans la culture du dynamisme, de l'intelligence ou de l’imagination, il serait étonnant que ces qualités se rencontrent seulement dans le domaine de la culture.» Les festivals, qui restent majoritairement fréquentés par la population locale, sont parfois l’amorce d’un véritable développement culturel régional.Le meilleur exemple est probablement celui des Francophonies en Limousin.L’événement théâtral, bien connu des Québécois, est à l’origine de la création d’une maison des auteurs, d’une médiathèque et d’un centre de diffusion du film francophone.Sans compter la décentralisation vers Limoges d’une partie des collections de la bibliothèque natjonale concernant la francophonie.A Lyon, le festival de danse a invité les écoles de Rio à défiler dans la rue.Les jeunes des quartiers populaires leur ont emboîté le pas et plusieurs troupes de danseurs ont été créées.Bien sûr, l’augmentation du tourisme culturel est l’objectif de la plupart des manifestations.Et ce n’est pas sans fondement puisque 20 % des Français voient dans les pratiques culturelles une des motivations principales de leurs séjours touristiques.Les festivals sont aussi créateurs d’emplois, même §i ces retombées sont souvent difficiles à évaluer.A Bourges, où s’organise chaque année le Printemps du même nom, un festival rock lui aussi fréquenté par les Québécois, on chiffre à 800 les emplois directs créés par le festival.Sans compter les emplois indirects, aussi nombreux.Mais, précise l’étude, ces chiffres doivent être évalués avec précaution.Cette création d’emplois est limitée dans le temps et ne représente souvent qu’un déplacement d’un secteur à un autre.Il ne faut pas se leurrer.Beaucoup de «festivals» ne sont en réalité que de simples raboudinages.Deux ou trois concerts médiocres, une vedette de passage, quelques inconnus sans originalité, tout cela sans intégration dans les activités de la ville, et le tour est joué.Tous n’ont pas l’intelligence du Festival international de théâtre de rue d’Aurillac, en plein Massif central, qui, après 12 années d’existence, attire près de 100 (XX) spectateurs.L’événement est devenu un point de rencontre européen avec la participation de 89 compagnies étrangères en 1997.Bref, qu’on l’aime ou pas, le festival est devenü un élément incontournable des |X)litiques et des pratiques culturelles d’aujourd’hui.Reste à faire en sorte qu’il demeure un événement culturel plutôt qu’un simple divertissement C’est alors simplement qu’on pourra répondre à tous ses détracteurs que l’événement n’a tout simplement pas de prix.MÉTÉO Montréal Ciel variable.60 % de probabilité d’averses.Max: 30 Min: 21 Québec Ciel variable.Max: 26 Min: 20 Détails, page B 6 -J IV I) E X Agenda.B 7 Annonces.B 6 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Economie.B 2 Éditorial.Entrevue.B 1 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Mots croisés.B 5 Planète.B 4 .A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com M O N T 11 É A 1.1.K 1.II N 1) 1 1 0 A O û T 1 !) !) 8 8 7e + T A x E S = 1 $ / T (1 K (1 N T O 1 $ LES SPORTS Rafter remporte les Internationaux de tennis du Canada, page B 5 J5& LE MONDE Le Congo accuse l’Ouganda d’invasion militaire, page A 5 A 1 L’ENTREVUE Jean-Marie Le Clézio: au contact du temps page B 1 \ ¦Ai - - - Québec s’entend avec les Micmacs Exclus des négociations, les «dissidents traditionalistes» bloquent toujours la route 132 PRESSE CANADIENNE Le gouvernement du Québec et le conseil de bande des Micmacs de Listuguj, en Gaspésie, ont conclu hier une entente de principe sur les droits de coupe de bois, un dossier qui avait conduit des dissidents à bloquer la route nationale.Mais cette entente, conclue en l’absence des «dissidents traditionalistes», pourrait bien ne rien régler sur les barricades dressées sur la route 132, principal axe routier de la péninsule gaspésienne, interdisant notamment tout accès à la scierie GDS de Pointe-à-la-Croix.Ixj leader traditionaliste Gary Metallic, un entrepreneur forestier qui a été défait lors des dernières élections au conseil de bande, a toujours indiqué qu’il ne serait pas lié par une entente conclue en l’absence des «dissidents».Les traditionalistes exigent le respect intégral de ce qu’ils considèrent comme leurs droits ancestraux de coupe sur les terres publiques.Le ministre responsable des Affaires autochtones, Guy Chevrette, a dit espérer que les dissidents «comprendront» la portée de l’entente.«Ils se sont battus pour la création d’emplois, on a signé la création d’emplois», a-t-il dit M.Chevrette a confirmé hier soir en conférence de presse à Matapédia qu’une entente de principe avait bel et bien été conclue avec le chef du conseil de bande de Listu- VOIR PAGE A 8: MICMACS x ,m m «Jamboree» urbain MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR MALGRE la chaleur accablante ils étaient des milliers de jeunes à dormir hier soir sous la tente au parc Maisonneuve à Montréal à l’occasion d’un événement unique: un jamboree, grand festival qui permettra à 5000 scouts de 7 à 20 ans de passer la semaine à Montréal.Nos informations en page A 2.Charest fait ses • \ premieres promesses Le chef du PLQ entend axer sa campagne sur les jeunes MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Sherbrooke — Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, promet qu’un gouvernement issu de sa formation politique adoptera une loi-cadre sur les frais de scolarité et l’aide financière aux étudiants telle que demandée par sa Commission jeunesse.En pleine «période électorale», lors de la clôture du Congrès jeunes de Sherbrooke, le chef du PLQ s’est engagé à mener une campagne électorale axée sur les jeunes face au vieux régime péquiste.«Vous avez raison d'exiger une loi-cadre régissant les frais de scolarité et le régime d'aide financière.Un gouvernement libéral s’engage à faire exactement ce que vous demandez: une loi-cadre qui inclura des dispositions permettant le remboursement proportionnel au revenu tel qu’exigé parla commission jeunesse.» Cette loi-cadre, telle que définie par les jeunes libéraux, demande notamment au gouvernement libéral de s’engager à ne pas exiger des étudiants un effort plus considérable qu’une indexation annuelle des frais de scolarité au taux de l’inflation, si nécessaire.La législation s’opposera également à toute forme de déréglementation des frais de scolarité.Enfin, le modèle de remboursement applicable aux bénéficiaires de l’aide financière sera le remboursement proportionnel au revenu.Questionné par la suite sur les coûts de telles mesures, le chef libéral a tempéré ses propos en s’en tenant aux principes généraux de la qualité de l’enseignement supérieur et de l’accessibilité à l’éducation.Il y a deux semaines, la Commission jeunesse annonçait que les mesures proposées en éducation se basaient sur des entrées de revenus supplémentaires en raison d’une croissance économique facilitée par des réductions d’impôts.Le chef libéral n’en a toutefois soufflé mot hier.Son gouvernement, a-t-il tout de même affirmé lors de son discours devant les 600 jeunes libéraux, va rapprocher les milieux de l’éducation et du travail en facilitant l’enseignement coopératif, le parrainage et la for- VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ Vers un front commun contre les clauses orphelin, page A 3 La chasse à Fennemi invisible Des équipes de secouristes, venues de plusieurs pays, ont fouillé pendant tout le week-end les décombres de l’édifice soufflé dans l’attentat vendredi contre l’ambassade des États-Unis à Nairobi, dans l’espoir de trouver des survivants.Trois personnes ont été sorties des débris hier et on croit que d’autres pourraient encore être secourues.Le bilan des deux attentats s’élevait hier à 289 morts et près de 5000 blessées, selon le cabinet du président kényan.LUC LAMP RI ÈRE LIBÉRATION New York — «Ma principale question est: Quel est le sens?Quel est le sens de tout cela?», interrogeait samedi l’ambassadeur des États-Unis à Nairobi, Prudence Bushnell, légèrement blessée dans l’attentat de la veille.Bill Clinton dans son message radio hebdomadaire a réaffirmé sa détermination à répondre à cette question.Mais, 48 heures après le double attentat au Kenya et en Tanzanie, les autorités américaines faisaient preuve hier, d’une pru- dence extrême, désireuses clairement d’éviter à la fois de laisser filtrer la moindre information susceptiblç de ralentir l’enquête et d’orienter le débat public aux États-Unis dans une direction précise: hier, il n’était question à Washington d’aucune piste officielle en direction des auteurs du carnage.«Si les Américains sont la cible de terroristes, c’est en partie parce que nous avons des responsabilités uniques de leadership da ns le monde, parce que nous agissons pour faire avancer la paix et parce que nous sommes unis face au terrorisme», a affirmé Bill Clinton en prenant le champ le plus large possible.«Si nous devions remettre en cause cela, retirer nos diplomates et nos troupes des régions troublées du monde, et tourner le dos à ceux qui prennent des risques pour défendre la paix, ce serait donner au terrorisme une victoire qu’il ne doit pas avoir et qu 'il n’aura pas.» Le département d’État a renouvelé ses appels à la prudence adressés régulièrement aux citoyens américains vivant à l’étranger, renforcé la sécurité des installations américaines et envoyé sur place des dizaines d’experts supplémentaires.Énfin hier matin, Sandy Berger, responsable des affaires de sécurité nationale à la Maison-Blanche, a souligné, à toutes fins utiles, que le scandale Monica Le- Feuilleton Une journée dans la vie d’Eugenio Lorca CHRISTIANE LA H A I E Huitième épisode Si je vous disais que mon héros, Eugenio Lorca, a dû mettre son taxi en gage et que, pour rembourser ses dettes, il a pris un travail de commis-livreur, me croiriez-vous ?Si j’ajoutais qu’il a bien du mal à retrouver le destinataire du colis qu’on lui a confié, seriez-vous étonnés ?Et si je choisissais un nom aussi improbable qu’Angel Stone pour ce destinataire, que j’en faisais un être insaisissable, honni des uns, idolâtrés des autres, auriez-vous envie de jouer le jeu?Vraiment?Peut-être serait-il indispensable que j’inclue quelques éléments accrocheurs, du type «sexe, drogue et rock’n’roll» ?Bon.Je vais voir ce que je peux faire.Ainsi, après avoir tenté en vain, et à maintes reprises, de retrouver la trace d’Angel Stone, Lorca, qui venait de passer une heure, enfermé dans la cabine d’un ascenseur en panne, n’avait que deux choses en tête : se soulager et VOIR PAGE A 8: LORCA VOIR PAGE A 8: CHASSE ¦ Lire aussi: «Le saint guerrier», page A 8 778313000641 L E 1) E V OIK.I.K L 11 N D ! 1 (I A O Û T 1998 *r,t siMxmk .-tri Votre concessionnaire ® TOYOTA www.toyota.ca Le service \ , de qualité y Toyota fÀ aæ VSniVflQj rwm BOUCHERVILLE CHÀTEAUGUAY JOLIETTE UVAL MONTRÉAL MONTRÉAL ST-HYACINTHE STE-AGATHE S0REL TROIS-RIVIÈRES Toyota Doval Châteauguay Toyota Jollette Toyota Vimont Lexus Toyota Chassé Toyota Toyota Pie IX Angers Toyota Toyota A Automobile Trois-Rivières Toyota 655-2350 692-1200 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PAUL CAUCHON LE DEVOIR Les habitués du parc Maisonneuve à Montréal ont grommelé un peu cette fin de semaine puisqu’une partie du parc était fermée.Mais les scouts de Montréal, eux, vivront un moment historique: un «jamboree» en plein cœur d’une grande ville.Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec la terminologie scoute, un jamboree c’est un grand rassemblement qui a lieu tous les quatre ans et qui permet aux scouts de différentes troupes, et même de différents pays, de se rencontrer.Une sorte de grand festival, quoi.Or les Scouts du Montréal métropolitain, affiliés à l’Association des scouts du Canada, ont décidé cette année de tenir le jamboree en plein centre urbain, et depuis samedi le parc Maisonneuve est pris d’assaut par des milliers de jeunes qui y resteront jusqu’à vendredi.Les différentes troupes scoutes ont établi leurs campements dans les sous-bois du parc et le long des allées, avec tentes pour dormir, cuisines collectives, salles de douches temporaires, lieux de rassemblement, ateliers d’animation, et ainsi de suite.On trouve même sur le site un dépanneur, une garderie, un restaurant, un magasin de souvenirs, un café, une tente meublée de fauteuils pour recevoir les médias.et quelque 100 toilettes! Et tous les matins les responsables de l’événement produisent un journal signé de collaborateurs qui portent les noms de Carcajou bienveillant, Loutre fraternelle ou Goéland méticuleux.Fidèle à ses origines Le mouvement scout demeure toujours fidèle à ses origines et il semble, depuis ces dernières années, reprendre de la vigueur.Il s’agit toujours d’un mouvement d’éducation basé sur le bénévolat, qui veut permettre aux jeunes de développer toutes les facettes de leur personnalité par le jeu, le respect de la nature, l’engagement et le sens des responsabilités, la débrouillardise, la collaboration en équipe et la fête.«Montréal joue un rôle de leader dans le mouvement», explique Claude Jean Lapointe, le commissaire scout de la région (l’équivalent du directeur général).«Et les gens n’ont plus peur de MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR Ils tiendront des Jeux olympiques mercredi, organiseront une foule d’activités sportives et culturelles tout au long de la semaine, mais les milliers de scouts qui campent au parc Maisonneuve cherchaient surtout hier un peu d’eau pour se rafraîchir.dire qu’ils sont scouts.» Tout au long de la semaine différentes personna- lités viendront d’ailleurs rencontrer ces jeunes de 7 à 20 ans.Non seule- ment le maire Pierre Bourque, le candidat à la mairie Jacques Du-chesneau et le cardinal Turcotte participent à l’événement mais des gens comme Jean-Marc Léger, la juge Andrée Ruffo ou l’humoriste Anthony Kavanagh rencontreront ces jeunes.Un peu d’ombre Hier ils étaient 4000 à chercher un peu d’ombre en cette journée de chaleur écrasante, et les pompiers montréalais avaient installé des jets d’eau pour rafraîchir les troupes.Demain, avec l’arrivée d’un millier de Castors (les plus jeunes du mouvement, les 7-8 ans) les effectifs seront complets.On y trouve non seulement des troupes de Montréal mais aussi des troupes de différentes provinces canadiennes,ainsi que de sept pays, dont les Etats-Unis, la France et Haïti.Un important programme d’activités se déroulera tout au long de la semaine alors que chaque jour une partie des jeunes seront absents du site, que ce soit pour aller faire du rafting aux rapides de Lachine ou pour pratiquer l’équitation, le canot, l’escalade ou la randonnée à vélo, et ce, aussi loin qu’à Saint-Sauveur dans certains cas.Différents services de la Ville de Montréal et la CUM contribuent au succès de l’événement, dont les Service de la police de la CUM qui patrouille la nuit le long du parc Maisonneuve pour garantir la sécurité de tous ces jeunes.rHH ^5i3P®i WmM TERCEL CE *198$ loa 0$ COMPTANT TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS par mod/ location 43 mod1 • Direction assistée • 5 vitesses à surmultipliée • Coussin gonflable côté conducteur CAMRY CE P*™ h/ location 44 mois7 1 950$ comptant* TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS • Climatiseur • Transmission automatique • Glaces, verrous de portières et rétroviseurs assistés Les courtiers en devises sont fous de leur métier PRESSE CANADIENNE Toronto — Les courtiers en devises, pour qui le stress n’a plus de secret, ont connu une journée des plus folles, vendredi dernier, lorsque la Banque du Canada s’est mise à acheter massivement pour redonner un peu de vie au dolkir canadien, qui a finalement clôturé à 65,71 cents US, en hausse de 0,32 cent.Peu après 9h, Nick Howell, courtier en chef de la Banque de Montréal à Toronto, a les yeux rivés sur ses écrans, inondés de chiffres sûrement incompréhensibles pour un non-initié.Le huard, qui plonge toujours vers les 65 cents US, retient encore toute son attention.C’est que la fenêtre de cinq minutes que se réserve la banque centrale pour annoncer une hausse de son taux directeur tire à sa fin.«Ils ne feront probablement rien aujourd’hui», lance-t-il à voix haute poulie bénéfice de la douzaine d’autres courtiers qui l’entourent.Mais la Banque du Canada prend les cambistes de court, fouillant dans ses réserves de dollars américains pour en transformer en huards, question de mettre un ternie à cette chute qui n’en finit plus.Bien que cette pratique serve habituellement à freiner une baisse, l’objectif maintenant est de redonner un peu de poids au faible dollar.La manœuvre porte fruit: le dollar saute de plus d’un cent, à 66,20 cents US, avant de retomber à 65,71 $, tout de même 0,32 cent US de plus que la veille.Les spéculateurs qui misaient sur une baisse sans fin du dollar canadien sont pris de court, soudain obligés de payer plus cher le huard pour encaisser le coup.«Ils ont souffert», dit Linda Park, directrice du commerce des devises étrangères à la Banque de Montréal.! Le rythme effréné se poursuit, lej> courtiers sont submergés de demandes de transactions.M.Howell est le centre de l’opération, ses courtiers lui crient pour connaître le prix qu’ils peuvent consentir au client au bout du fil.Les délais sont courts, une seule fraction de seconde sépare un profit d’une perte.Mais une fois le déluge passé, M.Howell est content.«On a eu une très bonne journée.La volatilité est notre amie.» Au cours des six premiers mois de l’année, la Banque de Montréal a vu ses revenus—et ceux de ses clients — provenant du marché des devises étrangères augmenter de 24 % pour s’établir à 122 millions.La Banque Royale affiche mieux encore, avec 30 % et 245 millions.Le seul moyen pour la Banque du Canada de soutenir le dollar, exception faite d’une hausse du taux d’escompte, c’est de continuer d’acheter du huard, estime-t-on.«Elle doit continuer de le faire afin de réinjecter un peu de peur dans le marché», dit M.Howell qui, à 41 ans, compte déjà 22 ans d’expérience.Le salaire de base des courtiers en devises étrangères détenant un baccalauréat ou une maîtrise en administration des affaires se situe autour de 40 000 $, ce chiffre pouvant facilement grimper au-delà de 100 000 $ pour les courtiers d’expérience.CLUB 14021 HOMME i k Livre gratuit ! Mon nom (lettres moulées, s.v.p.) tttuNiuraii Brock Pierce Michael Biehn L’important n’est pas de tomber mais bien de se relever mm un film de World Wide Pictures, la division cinéma de Billy Graham Evangelistic Association.Photographic par Tim Steinberg OBGEA in»« \ # / lj rsi o iniasftJttf MKNII M-CWIW tWfWf 100 % r.osniH ear Congrès de la Commission jeunesse du PLQ Vers un front commun contre les clauses orphelin Les jeunes libéraux ne veulent pas «deux échelles salariales avec pour seul critère la date d’embauche» Le chef du Parti libéral, Jean Charest, veut que les jeunes soient au cœur de la prochaine campagne électorale.C’est à leur endroit qu’il a pris hier ses premiers engagements électoraux, hn clôturant le congrès annuel de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Charest s’est engagé notamment à ce qu’un éventuel gouvernement du Québec adopte une loi-cadre sur le financement des étudiants.Il s’est aussi engagé à ne pas utiliser de clauses orphelin dans les conventions collectives du secteur public.Il a promis également l’adoption d’une politique pour la jeunesse.MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Sherbrooke — Le gouvernement Bouchard fera probablement face à un front commun des organisations jeunesse québécoises lors de la tenue de la commission parlementaire sur les clauses orphelin.Les jeunes veulent abolir ces clauses de conventions collectives qui sont discriminatoires à leur égard.Et les libéraux ont joint leur voix au concert en fin de semaine à Sherbrooke lors de la tenue du 16' Congrès de la Commission jeunesse du PLQ avec une proposition appuyée par le chef, Jean Charest.«Un gouvernement du Parti libéral refusera de sanctionner les clauses dites orphelin qui se font sur le dos de la génération montante», a déclaré M.Charest.Et le président de la Commission jeunesse, Jonathan Sauvé, de renchérir en disant qu’avec Jean Charest, «il n’y aura plus deux échelles salariales avec pour seul critère la date d’embauche».La position libérale a réjoui la présidente du Conseil permanent de la jeunesse, Clairandrée Cauchy, et le vice-président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Pascal Bérubé, qui assistaient au Congrès jeunes en tant qu’observateurs.Mme Cauchy travaille à la mise sur pied d'une position commune des organisations jeunesse québécoises.Mais il est trop tôt pour dire si les regroupements jeunesse des partis politiques québécois joindront aussi la même tribune.La proposition des jeunes libéraux s’attaque principalement aux conventions collectives du secteur public.Ils veulent que le gouvernement modifie les lois du travail afin d’éliminer les clauses orphelins et qu’il ne se limite pas à établir un pacte social entre employeurs et syndiqués.Autres propositions Les jeunes libéraux ont adopté en fin de semaine sept de leurs dix propositions sur la thématique du congrès: loi-cadre sur les frais de scolarité et l’aide financière, le financement des universités, l’accréditation de cours et l’enseignement collégial, les conditions de travail des jeunes, l’après-déficit et la politique jeunesse.Sur les 51 propositions régionales et politiques présen- Jean Charest tées, seulement six ont pu être adoptées hier dont une résolution d’urgence en faveur de l’abolition des frais de scolarité discriminatoires envers les étudiants canadiens qui viennent faire leurs études au Québec.U>s jeunes libéraux appuient également le secteur de l'économie sociale, la candidature de Québec pour l’obtention des Jeux olympiques de 2010, la révision du Code du travail afin de permettre la sous-traitance et l’aide financière aux étudiants à temps partiel.La proposition la plus controversée au Congrès jeunes concernait un appui à la construction d’un stade de baseball au centre-ville de Montréal.Les jeunes libéraux sont d’accord, mais ils ont refusé de joindre à cet appui la promesse d’un prêt de 40 millions sans intérêt.D’autres propositions sur l'abolition du ministère de la Métropole et l’affichage bilingue dans les établissements hospitaliers n'ont pas fait l’objet des discussions et seront étudiées par de futures instances.Lors d’une réunion tenue le 17 mars 1977 Trudeau a songé à la décentralisation L'ancien premier ministre avait reconnu que sa stratégie sur l'unité était une erreur PRESSE CANADIENNE Ottawa — Lors d’une réunion de son cabinet tenue le 17 mars 1977, le premier ministre de l'époque, Pierre Elliott Trudeau, a admis qu’il avait commis une erreur en croyant qu’une plus grande participation francophone dans les hautes sphères du pouvoir fé déral réglerait le problème de l’unité canadienne.Selon des documents rendus publics récemment, M.Trudeau, dans l’un des moments les plus déterminants de ses 15 années au pouvoir, annonça alors qu’il avait décidé de modifier sa stratégie sur l’unité nationale.Cette révélation est contenue dans certains documents portant sur la réunion du cabinet et une discussion sur des stratégies pour favoriser l’unité nationale, que le quotidien Ottawa Citizen a obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information.La déclaration de M.Trudeau donna lieu à un long débat.Certaines profitions furent faites, dont celle de tenir une rencontre sur l’unité canadienne au lac Meech — 10 ans avant que Brian Mulroney n’élabore une entente au même endroit Les documents, qui n’avaient jamais été rendus publics et dont de grands pans ont été censurés en vertu d’une (lisix)sition de la Loi d'accès à l’information, révèlent qu’après avoir écouté le point de vue de ses ministres, M.Trudeau leur annonça qu’il était temps de «vivre l'agonie d’une renaissance».Il leur confia qu’entre 1966 et 1976, il avait cru que le Québec pourrait être maintenu au sein de la fédération en assurant une importante participation francophone aux prises de décisions de niveau fédéral.L’année précédente, avant l’élection du Parti québécois, M.Trudeau avait annoncé avec assurance que le mouvement indépendantiste était mort.Mais à la réunion du cabinet du 17 mars 1977, il admet avoir «tendance à croire que le problème est beaucoup plus grave» qu’avant l’élection du PQ, en novembre 1976.La seule solution, précisa-t-il, est de rouvrir la Constitution et d’avoir recours à la décentralisation, même si cela peut mener à une Constitution pas tellement différente de celle que le Canada possédait déjà.M.Trudeau ajouta qu’il avait cru que le partage des pouvoirs avec les provinces inciterait d’autres institutions à suivre le mouvement, mais qu’elles ne l’avaient pas fait.Il reconnut qu’il avait commis une erreur.Selon les ministres John Roberts et Hugh Faulkner, qui étaient présents à la rencontre, le premier ministre encoura-geait les gens à discuter ouvertement aux réunions du cabinet mais il lui arrivait rarement de reconnaître avoir commis une erreur.La nouvelle initiative constitutionnelle de M.Trudeau échoua en 1979, lorsqu’il ne réussit pas à obtenir un consensus avec les provinces.En 1981, pendant son dernier mandat, il conclut une entente pour rapatrier la Constitution mais sans l’accord du Québec, qui ne l’a jamais signée.Après avoir quitté son poste, il s’en prit publiquement à l’accord du lac Meech et à l’accord de Charlottetown, expliquant qu’ils allaient trop loin en affaiblissant le gouvernement fédéral et en confiant plus de pouvoirs aux provinces.File vous indique que la fin de semaine est terminée en 26 langues différentes.Une, deux, une, deux.r 7i vous avez choisi le modèle Day-Date, le plus prestigieux de la collection Oyster, n’oubliez pas de choisir la langue dans laquelle vous aimeriez lire les jours de la semaine.Vous pouvez choisir parmi 26 langues, toutes disponibles.Nous sommes fiers d’être votre bijoutier agréé Rolex.fOnot/Zeefe Gàmbard Vente et service technique 630-A Cathcart Montréal Centre-Ville 866-3876 MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR LES REPRÉSENTANTS CANINS — qu’il s'agisse de chiens eskimos ou de chiens chauds — étaient à l’honneur, hier, au Stade olympique, alors que 754 partisans des Expos se sont présentés accompagnés de leur «meilleur ami».ROLEX Autre décès en motomarine Rock Forest (PC) — lit motomarine est une fois de plus à l’origine d'un accident mortel.Geneviève Vigneault a perdu la vie, samedi après-midi, sur le lac Magog à la hauteur de Rock Forest, en Estrie.La jeune femme de 19 ans originaire de Saint-Basile-leGrand est décédée des suites de blessures subies à la tête, vers 22h20 samedi soir, au Centre universitaire de Sherbrooke.Moins d’une semaine après la publication du rapport du coroner André-H.Dandavino sur les accidents de motomarines, cette nouvelle tragédie relance le débat sur la sécurité nautique.Selon les premières constatations, la jeune fille s’amusait à sauter les vagues et aurait bifurqué vers la motomarine de son compagnon.Les deux embarcations sont entrées en collision, projetant les deux pilotes à l’eau.La jeune femme a perdu conscience après l’impact et n’a pu être réanimée par la suite.Il semble que la victime se serait cogné la tête sur les poignées du véhicule.Son compagnon, Stéphane Gaudreau, un résidant de Longueuil également âgé de 19 ans, n’a pas été blessé.UN TRIO INSEPARABLE Martial Boucher 16 pages, 1,95 $ (chacun) Fascicule 1 Un trio inséparable Fascicule 2 Homme et femme il les créa.Fascicule 3 Un coeur pour aimer.Fascicule 4 Des projets.Guide des fascicules 1 à 4 118 pages, 29,95 $ Lidec, l’éditeur qui répond à vos besoins pédagogiques, propose aux enseignants et aux enseignantes qui œuvrent en cheminements particuliers de formation de type continu (13-15 ans), ou en vue de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes (16-18 ans), une première série de fascicules portant sur les quatre premiers thèmes du programme d’études du MÉQ publié en 1997.Cette première série pourrait recevoir une suite dans les mois à venir selon la réponse des utilisateurs.Un guide d’enseignement, d’une très grande simplicité permet une meilleure utilisation de ces fascicules.On retrouve les éléments clés, (une description des savoirs, 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d’abord, qui a eu droit à au moins un commentaire dans le ROC, (rest of Canada), hnsuite, les premiers ministres des provinces ont terminé leur conférence dans la «civilité» et le consensus.Enfin, le huard a poursuivi son anti-festival estival, faisant s’entre-déchirer les chroniqueurs du ROC qui tentent désespérément d’expliquer cette dégringolade et de dénicher LA solution pour freiner sa chute.ANTOINE ROBITAILLE Attardons-nous d’abord à un sujet qui touchent particulièrement les lecteurs de ces pages : le départ de Lise Bis-sonnette du Devoir, qui a été très peu commenté jusqu’ici dans le ROC.William Johnson, lui, n'a pas perdu de temps.Dès vendredi, il publiait, dans le Ottawa Sun et le Financial Post, un hommage, à sa façon toute personnelle (nuance et finesse.), à la directrice sortante.«Lise Bisson-nette n’a pas dit son dernier mot», écrit Johnson, en forme d’avertissement, au début et à la fin de son texte.Johnson saluant la réussite de Bissonnette à la tète du Devoir, affirme quelle quitte ce journal pour aller diriger la Grande Bibliothèque, qualifiée par lui de «monument permanent au PQ» érigé «en plein cœur de Montréal» aux frais des contribuables.11 rappelle ensuite à son lec-torat du ROC les origines de l’ex-directrice du Devoir: abitibiennes, donc régionales.et déterminantes.Née à Rouyn, Bissonnette n’aurait selon lui jamais surmonté «l'humiliation ethnique» du fait que tous les patrons de Noranda parlaient anglais.Elle aurait ainsi toujours considéré les Québécois anglophones comme des «dominateurs coloniaux».Conclusion: «Le nationalisme de Bissonnette est enraciné dans l’angloplwbie.Elle a applaudi à toute mesure qui visait à restreindre l'usage de l'anglais au Québec et dénoncé tout laxisme dans l’application des lois linguistiques.Les libertés civiques, l'égalité des citoyens devant la loi, les droits La presse .aA* •,'W Ifc, historiques des [anglophones] au Québec, tout cela ne la préoccupait guère.» Nuance et finesse, non?Le consensus des provinces sur l’union sociale a été très bien accueilli dans les journaux du Canada anglais.L’éditorial du Financial Post, samedi, paraphrasait l’astronaute Armstrong en parlant d’un «petit pas pour le fédéralisme».Le Toronto Star saluait le même jour «le haut niveau de civilité» de la Conférence des premiers ministres provinciaux, prétendument plus élevé cette année que dans le passé.D’ailleurs, Le Globe and Mail, sur son ton particulier, avait bien averti les premiers ministres, dans son éditorial de jeudi, qu’il ne souhaitait pas voir «les premiers ministres jouer aux histrions», «se battant la poitrine et déchirant leur chemise sur la place publique en dénonçant les ingérences du fédérales».Le Globe avait rappelé au passage que «contrairement à ce que les PM provinciaux affirment, Ottawa a tout à fait le droit de chercher à établir des contacts directs avec ses citoyens» S’ils ont respecté les souhaits du Globe quant à l’apparence de civilité, Canada les premiers ministres, Lucien Bouchard en tête, n’ont toutefois pas réussi à éliminer toute la méfiance des éditorialistes du ROC.Le Financial Post, quoique plus positif que les autres, affirme que l’adhésion de Lucien Bouchard au consensus est peut-être de la «finesse politique» de la part d’un homme «qui n’en est pas à une volte-face près dans sa carrière politique».Le Toronto Star reste toutefois sur ses gardes.11 qualifie d’exagérés les qualificatifs d’«historique» et de «progrès sans précédent» utilisés par les PM dans leur communiqué final.11 y a anguille sous roche, insiste le Star : «voilà le scénario machiavélique.Supposons qu'Ottawa refuse de donner aux provinces tout ce qu'elles demandent.Bouchard aura alors une excuse parfaite pour dénoncer l’impossibilité du fédéralisme et alors déclencher des élections.» Parlant de la chute du dollar, Diane Francis, dans le Financial Post de jeudi, a dû faire sourire les premiers ministres provinciaux.Pressant Ottawa de faire quelque chose dans la crise du dollar, l’impétueuse chroniqueuse a exigé une décentralisation radicale du Canada.D’abord, elle enjoint à Ottawa de «réduire les impôts» tout en commençant à rembourser l’énorme dette accumulée.Mais comment rembourser lorsqu’on réduit les entrées de revenus?Simple, selon Francis: on sabre dans les dépenses.«Ottawa devrait se débarrasser de toutes ces dépenses ridicules comme les sous-marins nucléaires et qu'il mette la clé sous la porte de tous les ministères et organismes qui dédoublent ce que font les provinces, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, du travail, de l’environnement, des pêches, des ressources naturelles, etc.» Et elle conclut : «qu’Ottawa renonce enfin à «l’empire qu'il s’est créé dans les 30 dernières années aux dépens des contribuables».Voilà qui serait selon elle la meilleure des retombées de l’actuelle crise du dollar.Autre ton dans le Toronto Star de mercredi qui expliquait en éditorial que l’attitude attentiste et non interventionniste du gouvernement libéral est sans doute la meilleure :«le message de Chrétien est le bon: ne rien faire, c’est encore mieux que de faire du tort.» Le Globe and Mail affirmait aussi, mercredi, que l’attitude de la banque, «d’observer et d’attendre a été la bonne».Signe des temps, selon le Star, la crise du dollar survient en plein redressement économique, pour le Canada.Certes, «le remède habituel, lors d’une telle crise, c'est de réparer ce qui va mal dans l’économie.Mais il n’y a pas grand-chose de brisé dans l’économie canadienne.Ottawa ne fait plus de déficit.Notre taux de chômage, en huit ans, n’a jamais été si bas.L’inflation est quasi inexistante.Les consommateurs dépensent de façon normale, malgré l’été.Et notre économie montre des signes de solidité.» Le portrait était moins rose dans l’éditorial du Calgary Sun de lundi dernier, coiffé d’un impatient tout autant qu’intraduisible «Get with it, Jean!».Selon le Sun, il n’y a qu’en Alberta que l’économie a vraiment connu une reprise.11 faut s’inquiéter selon lui du ralentissement économique annoncé récemment par Statistique Canada: une chute de 2 % au moins de mai et un chômage de 9 %, soit «exactement le même taux que lors de l’arrivée de Chrétien au pouvoir».Selon le S un, Ottawa pourrait régler une série de problèmes économiques en réduisant les impôts.Bref, face à cette «impression que l’on a de sombrer», qui fait la une de la revue Macleans, le gouvernement fédéral, comme le titrait le Globe and Mail de samedi, «a des choix déchirants à faire».Certes, il ne manque pas de pistes de solutions.Mais il suffit de trouver la bonne.Certains subissent les fluctuations boursières.Recherchez tin placement à l’abri des fluctuations et qui offre des rendements garantis.Les Obligations à taux progressif du Québec (OTP) sont tout indiquées.Elles offrent sécurité, capital garanti et rendements garantis.PLUS DE SÉCURITÉ Vos placements sont garantis à 100% par le gouvernement du Québec, sans limite de capital.Aucune perte possible: 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tous les détails de la liaison présumée de l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche avec Bill Clinton, écrit Time Magazine dans son édition à paraître aujourd'hui.linda Tripp a reporté dims un carnet d’une centaine de pages toutes les confidences de Monica Lewinsky sur les heures, les dates, les lieux et les circonstances de sa liaison présumée avec le président américain, a-t-on appris de source proche du bureau du procureur Starr, citées par l'hebdomadaire américain.Assassinat d’un haut fonctionnaire mexicain Mexico (Reuters) — Un haut responsable du ministère des Affaires étrangères mexicain a été assassiné à Mexico, a annoncé le ministère dans un communiqué diffusé hier.German Fonseca Muniz, directeur du bureau de coopération et de développement économique du ministère, chargé des relations avec l’OCDE, a été retrouvé poignardé dans une rue de Mexico samedi soir, précise le document.11 s’agit du deuxième meurtre d’un haut responsable gouvernemental en trois jours dans la capitale mexicaine.Jeudi, Libertad Hernandez, chef du département de la condition féjninine au sein du gouvernement de l’État de Veracruz, a été tuée à l'arme blanche jeudi.Le quotidien Reforma précise que dans les deux cas la police soupçonne des gangs qui utilisent des taxis volés pour détrousser les clients.Violents bombardements au Liban sud Saïda (Liban) (AFP) —- L’armée israélienne a bombardé violemment hier des fiefs du Hezbollah chiite libanais, jouxtant la zone d’occupation israélienne au Liban sud, répondant à une série d’attaques de ce mouvement, selon la police libanaise.L’artillerie israélienne postée dans la zone occupée a tiré plus de cent obus de gros calibre sur le massif de l’Iqlim at-Touffah, un bastion du Hezbollah au sud-est de -Saïda, chef-lieu du Liban sud, a-t-on ajouté.4m.plupart des obus sont tombés sur les routes et deux maisons ont été endommagées par les explosions», a précisé un officier de la police.L’eau coûte son poste à un ministre Amman (AFP) — La contamination de l’eau à Amman, venant s’ajouter à sa rareté en été, a provoqué la colère des Jordaniens et mené hier à la destitution du ministre qui en était chargé, M.Mounzer Haddadine.Les habitants d'Amman avaient donné en premier l’alerte, se plaignant d’une couleur suspecte de l’eau et de son odeur nauséabonde tandis qu’un nombre important de cas de diarrhées et de nausées était enregistré.L’inquiétude est encore montée d’un cran quand la presse avait publié les résultats d’une étude faisant état d’une augmentation de la concentration d’algues et d’excréments humains dans l’eau acheminée du lac de Tibériade en Israël vers le centre de Zai, qui alimente la capitale jordanienne en eau potable.Des déclarations contradictoires du ministre de l’eau, niant toute contamination ou évoquant une «erreur humaine et opérationnelle», ont contribué à semer le trouble.Des membres du parlement ont réclamé et obtenu la démission du ministre de l’Eau et l’ouverture d’une enquête.10 000 personnes aux d’obsèques de Jivkov Solia (Reuters) — Dix mille personnes se sont rassemblées hier matin dans le centre de Solia pour rendre un dernier hommage à Todor Jivkov, décédé mercredi à l’âge de 86 ans, ciui dirigea d’une main de fer la Bulgarie communiste de 1954 à 1989.Les cérémonies ont débuté par l'hymne national, joué sur la place Batten-berg entre deux symboles de la Bulgarie: l’ancien palais royal et l’ancien mausolée du leader historique de la Bulgarie communiste, Georgy Dimitrov.«Tous les Bulgares vivaient bien mieux sous Jivkov», a déclaré l’écré-vain Natacha Petrova.«L'éducation était gratuite, les gens avaient des vacances, de quoi manger, ils vivaient en sécurité, et aujourd'hui tout ça est anéanti» Aucun membre du gouvernement n’était présent; seuls des débutés du Parti socialiste bulgare, héritier du Parti communiste, assistaient à la cérémonie.AP ET AFP Kinshasa — Déjà à couteaux tirés avec son voisin rwandais, le régime de Kinshasa a accusé hierl'Ou-ganda d’avoir envoyé des chars et des soldats au secours de la rébellion tut-sie dans l’est du Congo, soutenue par les forces de Kigali.Le ministre congolais de l’Information Didier Mumengi a déclaré à des journalistes à Kinshasa que «deux colonnes des forces ougandaises ont violé l’intégrité du territoire congolais».Il a affirmé que l’armée congolaise avait aperçu lors d’une contre-offensive à Bukavu au moins dix chars et sept camions ougandais se rendant vers Bu-nia, une ville congolaise située tout près de la frontière.«La République démocratique du Congo condamne ces attaques du Rwanda et de l’Ouganda et appelle l'Organisation de l’unité africaine (OUA) à ordonner le retrait de ces forces du territoire congolais».ASSOCIATED PRESS ' 3ékin — Les autorités chinoises .ont fait sauter hier plusieurs ( igues situées sur le Yang-Tsé-Kiang, ( ans l’espoir de détourner la crue des zones urbaines et des régions rurales de la province du Hubei.Quelque 50 (XX) Chinois ont ainsi été évacués, souvent contre leur gré, en amont des zones fortement peuplées, selon l’agence de presse Chine nouvelle.Le gouvernement a assuré qu'il leur verserait une compension |xmr la perte des terres et des récoltes.REUTERS Ajaccio — L’indépendance de la Corse est devenue l’objectif premier des militants de la Cuncolta, le mouvement nationaliste proche du FLNÇ «canal historique» qui tient ses assises annuelles ce week-end à Coite (Haute Corse).Des délégations étrangères participent â ces deux journées internationales de débats, qui se déroulent sur fond de reprise des attentats et de tentative de restauration de l’ordre public par le préfet Bernard Bonnet.Parmi les invités, figurent Jean-Philippe I)jibaou, 24 ;uis, lils du leader kanak du FLNKS, représentant le mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calidonie, Jean-Philippe Casabone, Herribatashuna, du Pays basque sud, et Peio d’Uholt, EMA, du Pays basque nord.D’autres militants sont venus de Comme le président Laurent-Dési-ré Kabila l’avait déjà fait ces derniers jours, M.Mumengi a de nouveau accusé les militaires rwandais d’avoir capturé et exécuté des officiers congolais dans la région orientale du Kivu.Ix* tombeur de Mobutu accuse ses anciens alliés rwandais de vouloir établir «un empire tutsi» dans la région des Grands Lacs.Face à cette rébellion de Tutsis congolais dans l’est, le régime de Kabila a décidé de renforcer hier la sécurité autour de la capitale, Kinshasa, fermant tous les ports fluviaux et interrompant le trafic fluvial à la frontière avec le Congo-Brazzaville voisin.Depuis le début de la rébellion, le président rwandais Pasteur Bizimun-gu n’a cessé de nier toute participation de son armée dans le soulèvement des Tutsis congolais.Il a même accusé Kabila d’essayer de trouver un prétexte pour attaquer le Rwanda et l’a menacé de mener une action Plusieurs digues secondaires du Yang-Tsé-Kiang ont été dynamitées à la mi-journée à Jianli, à environ 150 km en amont du grand centre industriel de Wuhan, où le niveau de l’eau monte lentement depuis samedi.Ix>s ingénieurs espèrent ixiuvoir détourner 800 millions de mètres cubes d’eau vers l'intérieur des terres et faire baisser de 10 à 20 centimètres le niveau du fleuve.Cela pourrait permettre d’éviter l’inondation — un temps envisagée— de la plaine de Jingjiang, plus en amont, où environ 330 000 personnes ont déjà été évacuées.Ix: rassemblement se déroule sous un chapiteau abritant quelques centaines cle militants, sous la surveillance discrète mais très présente des forces de l’ordre.Ces hommes ont pour point commun la volonté d'accéder à la souve-raineti nationale mais ne partagent pas toujours les moyens à mettre en œuvre pour satisfaire leur revendication.lx's analyses divergent sur le recours à «la lutte armée» et les délais pour y parvenir.En ce qui concerne les indépendantistes corses, une nouvelle étape vient d’être franchie avec la revendication clairement affirmie de l’indépendance.Ixj durcissement des positions paraissait inéluctable compte tenu de la radicalisation du gouvernement, bien décidé, depuis l'assassinat le 6 février militaire préventive.«Nous n attendrons pas que le Congo attaque le premier», a-t-il déclaré à l’Associated Press, accusant par ailleurs Kabila d’entraîner 10 000 extrémistes hutus rwandais à Kamina (sud) afin de les retourner contre les forces de Kigali.Un sommet régional samedi à Victoria Falls (Zimbabwe) s’était soldé par un échec.Le président zimbabwéen Robert Mugabe avait seulement annoncé que lui-même et ses homologues tanzanien Benjamin Mkapa, zambien Frederick Chiluba, et nami-bien Sam Nujoma avaient formé un comité visant à obtenir un cessez-le-feu.Tout au long du week-end, les médias congolais ont violemment critiqué le Rwanda et exhorté la jeunesse à créer des «comités de défense».Des milliers de jeunes hommes et jeunes femmes se seraient ainsi enrôlés dans ces milices ou dans les rangs de l’armée.Plus de 2000 personnes sont mortes depuis le début de l’été dans les inondations, dues à des pluies en avance sur les autres années.Des millions de Chinois n’ont plus de toit.Le premier ministre chinois, Zhu Rongji, a inspecté samedi et dimanche les digues dans le Hubei, remerciant les soldats et la population pour leurs efforts contre les eaux.Les autorités estiment que quelque 30 (XX) km de digues pourraient céder sous la pression des eaux.L’armée et les volontaires surveillent nuit et jour dernier du préfet Claude Erignac, ,à aller jusqu’au bout pour restaurer l’État de droit.Les nationalistes, affaiblis par l’arrestation d’une soixantaine de militants, semblent avoir choisi la contre offensive pour éviter une marginalisation.Dès le 13 juin dernier, lors d’un rassemblement à Ajaccio, la «Cuncolta nationalista» s’était transformée en «Cuncolta indipendentista».Cette option a été confirmée lors des journées de Corte.«L’indépendance, nous n’allons pas la demander, nous allons la prendre.Si un consensus se dégage au sein du peuple corse, la France ne pourra que s’incliner», a déclaré Frangois Pieri, secrétaire général de la Cuncolta.Ix temps des négociations avec les gouvernements précédents pour obtenir quelques avancées institutionnelles semble donc révolu.Contrôle du fleuve Ix*s villes côtières de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), Moanda et Banana (500 km au sud-ouest de Kinshasa), sont «depuis jeudi dernier sous le contrôle total des rebelles banyamulenge», ont affirmé hier à l’AFP des sources pétrolières basées à l’embouchure du fleuve Congo.«Les tirs ont éclaté mercredi soir, essentiellement des rafales d’armes légères et de mitrailleuses lourdes, et ils ont duré toute la nuit», ont indiqué des s;üariés d’entreprises pétrolières résidant à Soyo en territoire angolais, à quelques kilomètres en face du port congolais de Banana.Les autorités portuaires de la ville de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville voisin, ont de leur côté indiqué que «le trafic en provenance et vers la RDC est pour le moment inexistant», soulignant cependant que les cargos pétroliers continuent normalement leurs AGENCE FRANCE-PRESSE Nicosie — Le chef des inspecteurs de l’ONU, chargé de désarmer l’Irak, Richard Butler, a affirmé hier que l’Irak n’a pas encore désarmé et accusé ce pays de dissimuler son programme d’armement biologique.«Je ne peux rapporter au Conseil de sécurité que des faits et ces faits montrent que l'Irak n’a pas encore réglé le dossier des missiles, ni le dossier chimique et les informations sur le dossier biologique restent invérifiables et non crédibles», a déclaré M.Butler à CNN.M.Butler avait refusé une demande irakienne d’informer le Conseil de sécurité que l’Irak ne possédait plus d’armes nucléaires, biologiques, chimiques et ni missiles de plus de 150 km de portée.11 avait écourté mardi sa mission à Bagdad.«Ces armes doivent être détruites.C’est une décision du Conseil de sécurité.La crise oppose maintenant l’Irak au Conseil de sécurité», a insisté M.Butler, affirmant «n’avoir entendu aucun (pays) au Conseil de sécurité dire que l’Irak devrait être soulagé de ses obligations en matière de désarmement».Le chef de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement irakien (UNSCOM) a estimé que la dernière crise était due au fait que les Irakiens craignaient que les inspecteurs aient trouvé des éléments prouvant qu’ils voulaient cacher leur programme d’armement biologique.«Je crois qu’ils savent qu'on détient des preuves de quelque chose», a ajouté M.Butler affirmant que lors de ses entretiens lundi dernier à Bagdad, il avait «perçu à travers le comportement des Irakiens qu’ils ne voulaient pas qu’on en sache plus sur leur programme biologique».Selon lui, les Irakiens sont «profon- activités le long de la côte atlantique et dans le port angolais de Soyo, en face de Banana.Déception Les Banyamulenge soutenus par des éléments rwandais avaient aidé Kabila à renverser Mobutu il y a près d’un an et demi, avant de déchanter au cours des mois suivants.Depuis le début de leur offensive, les rebelles contrôlent les villes-clefs de la région orientale du Kivu, dont Goma, Bukavu et Kindu.Mais ils semblent également avoir marqué des points sur la côte occidentale du pays, s’attaquant à Borna, prenant Muanda et la ville proche de Kitona.La rébellion regroupe un grand nombre de Congolais d’ethnie tutsie, dont les clans Banyamulenge et Masi-si.Leur dirirgeant, Arthur Ngoma, est un bantou originaire de Masisi.dément préoccupés par la question du gaz VX».L’UNSCOM avait révélé en juin que l’Irak avait réussi à armer des têtes de missiles de VX sur la base d’analyses affectuées dans un laboratoire militaire américain.Bagdad a contesté ces résultats et une contre-expertise est en cours dans des laboratoires suisse et français.Le chef des inspecteurs de l’ONU a indiqué avoir refusé une demande de Bagdad de déclarer que l’Irak a désarmé, ajoutant qu’il ne disposait pas «de faits qui le prouvent».Selon lui, il n’y a pas de crise «personnelle» entre lui et le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz.M.Butler a répété que la crise opposait l’Irak au Conseil de sécurité.Interrogé sur le moment choisi par Bagdad pour engager une épreuvç de force avec l’ONU et défier les Etats-Unis pris par l’affaire Lewinsky, M.Butler a répondu qu’il «n’avait pas eu écho de cela à Bagdad».Il a affirmé que la crise actuelle reflète «le syndrome irakien» qui se produit «tous les six mois».«Il y a un syndrome irakien.Il semble qu’il se produise tous les six mois et se traduise par des signes répétitifs et obsessionnels d'insatisfaction», a indiqué M.Butler.Le président irakien a suspendu mercredi toute coopération avec les équipes d’inspecteurs chargés de le désarmer, exigeant la levée de l’embargo pétrolier qui le frappe depuis huit ans.Le Conseil de sécurité a qualifié de «totalement inacceptable» la décision irakienne, mais s’est gardé de condamner l’Irak et exprimé le souhait d’une «reprise rapide» des discussions avec Bagdad.Il a dit «avoir l’intention de répondre favorablement aux futurs progrès (irakiens) en matière de désarmement».L’Unesco a proclamé l’an 2000 Année internationale pour une culture de paix CONGRÈS NORD-AMÉRICAIN DES ÉDUCATEURS POUR LA PAIX du 21 au 23 août 1998 à l’Université Concordia, Montréal Thème : «POUV UM Culture de paix» • Comprendre et changer la culture de violence • L’environnement en péril • Les exigences fondamentales d’une culture de paix • Les moyens d’une culture de paix Participants du Québec, du Canada anglais, des Etats-Unis, du Mexique, de Cuba et autres.Éducateurs pour la paix 2695, rue Haig, Montréal H1N 3E6 Tél.: (514) 254-5127 Téléc.: (514) 252-1646 Nouveau cabinet autour d’Arafat AHMED JADAI.LAH LE NOUVEAU GOUVERNEMENT PALESTINIEN a prêté serment hier à Gaza devant le président Arafat.Sur notre photo, Nabil Chaath.ministre de la Coopération internationale, au moment de son serment.M.Chaath a dit que le nouveau gouvernement «aura véritablement l’occasion d’assumer la responsabilité de poursuivre l’édification des institutions, de superviser les négociations avec Israël, et de préparer (le terrain) pour le 4 mai 1999, date à laquelle notre Etat indépendant sera proclamé sur notre terre».Au cotas des deux derniers jours, plus de cinquante députés avaient protesté contre le maintien en fonctions de ministres accusés de corruption et de mauvaise gestion.Des digues du Yang-Tsé-Kiang sont dynamitées à cause des crues L’Irak n’a pas encore désarmé, selon Richard Butler Le chef des inspecteurs de l’ONU croit que Bagdad cache toujours son programme d’armement biologique l’état des ouvrages.Un mouvement nationaliste corse devient indépendantiste Bretagne, du Jura ou de Sardaigne. A (> I.K I) K \' 0 I I E I.V N I) I It) A 0 II T I !M> 8 ÉDITORIAL Front commun fragile Bernard Descôteaux Le Québec s’est joint au front commun des provinces sur l’union sociale.D’une seule voix, ces dernières exigent maintenant du gouvernement fédéral la reconnaissance d’un droit de retrait avec pleine compensation financière lorsque Ottawa met en place un programme dans un champ de compétence provinciale exclusive.Voilà une situation tout à fait nouvelle pour le premier ministre Jean Chrétien.a rencontre des premiers ministres des provinces à Saskatoon la semaine dernière est à marquer d’une pierre blanche.Eux qui nous avaient habitués à des conférences plutôt routinières nous ont fait la surprise d’une position unanime sur la question du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral.Toutes les provinces, y compris le Québec qui est partie à ce consensus, semblent déterminées à tenter de civiliser les interventions fédérales dans leurs champs de compétence exclusive.Il y a là un revirement d’attitude qui, s’il suscite l’étonnement, ne manque pas non plus d’intérêt.Le pouvoir de dépenser est le cheval de Troie dont Ottawa se sert depuis 50 ans pour envahir les champs de compétence des provinces.Au Canada anglais, les interventions fédérales n’ont jamais suscité de grave crise de conscience; on s’en est toujours plutôt bien accommodé.Au Québec.au contraire, on n’a eu de cesse de réclamer sa disparition.Le premier ministre Maurice Duplessis fut le premier à le faire lorsque dans l’après-guerre Ottawa entreprit de créer des programmes sociaux à frais partagés.Tous ses successeurs, sans exception, ont repris son discours.Jean Lesage décrivait ce pouvoir comme le moyen pour Ottawa «de créer, à toutes fins utiles, un État unitaire» tandis que Daniel Johnson père le voyait comme «un obstacle à la libre-croissance de la collectivité québécoise».Le discours du Québec fut rarement entendu, sauf à cet âge d’or que furent pour le Québec les premières années du gouvernement de Lester B.Pearson de qui Jean Lesage obtint un droit de retrait avec une pleine compensation financière pour les programmes à frais partagés.Par la suite, ce ne furent que promesses vaines.En 1987, l’idée de l’opting out fut reprise et inscrite à l’Accord du lac Meech, puis dans l’Accord de Charlottetown.On sait ce qu’il en est advenu.Au lendemain de sa quasi-défaite au référendum de 1995, Jean Chrétien s’engageait pour sa part à ne plus créer de programmes à frais partagés sans le consentement d’une majorité des provinces, assurant qu'il indemniserait les provinces se dissociant de nouveaux programmes si elles mettaient en place un «programme équivalent ou comparable».Le revirement survenu à Saskatoon n’est pas subit.Il est le fruit d’un lent cheminement dont le point de départ est la lutte contre le déficit du gouvernement Chrétien.On réalisa alors que le pouvoir de dépenser avait un revers et qu’Ottawa détenait aussi le pouvoir de ne plus dépenser.De 19,3 milliards qu’ils étaient en 1994-95, les transferts fédéraux aux provinces destinés à la santé, à l’aide sociale et à l’éducation postsecondaire sont passés à 12,5 milliards aujourd’hui.L’effet perturbateur de cette décroissance a été le même dans toutes les provinces qui ont alors réalisé la nécessité de discipliner les interventions d’Ottawa.Le réflexe initial des premiers ministres du Canada anglais fut de proposer à Ottawa une «union sociale».On suggéra d’abord la mise sur pied d’un mécanisme intergouvememental servant à élaborer conjointement des normes nationales pour les pro- Le consensus de Saskatoon ne doit être vu que pour ce qu’il est: un tout petit pas grammes sociaux.La naïveté de cette proposition leur est vite apparue lorsque Jean Chrétien, sitôt refaite la santé financière du gouvernement fédéral, retrouva ses vieux réflexes.L’institution des Bourses du millénaire et la promesse de créer de nouveaux programmes de soins à domicile et d’assurance-médicaments furent reçus par plusieurs premiers ministres comme une provocation.Le Québec, qui jusqu’ici n’avait assisté qu’en observateur aux travaux sur l’union sociale, a eu raison de se rendre à Saskatoon.Il y avait là une fenêtre que le premier ministre Bouchard se devait d’ouvrir et qu’il a, à l’étonnement de plusieurs, ouverte bien grande en acceptant un compromis.Le droit de retrait qu’il voulait inconditionnel est devenu conditionnel.Le Québec pourrait se retirer de tout programme social, nouveau ou qu’Ottawa voudrait revoir, mais il devrait alors offrir «un programme ou une initiative dans les mêmes champs d'activité prioritaire que les programmes canadiens».Le premier ministre Bouchard avait plusieurs motifs valables pour adhérer à ce compromis.Comme ailleurs au pays, la réduction des dépenses en santé fait porter à son gouvernement une pression énorme dont il ne pourra être soulagé que si Ottawa accepte d’accroître ses transferts aux provinces.Il se devait aussi de se demander si Saskatoon pouvait être une occasion de réactiver quelque peu le dossier constitutionnel et faire avancer les choses.Visiblement, il a répondu oui à cette question mais il devra au cours des prochaines semaines prendre garde à ne pas confondre ses intérêts électoraux avec ceux du Québec et, surtout, ne pas prendre la proie pour l’ombre.Le consensus de Saskatoon ne doit être vu que pour ce qu’il est: un tout petit pas.üi protection qui pourrait en résulter pour les Québécois, une protection «comme ils n'en ont jamais eu» prétend M.Bouchard n’est pour l’instant rien d’autre qu’une phrase dans un communiqué.11 faudra qu’il y ait négociation avec le gouvernement fédéral et, on imagine bien, de nouveaux compromis de la part des provinces.La chose est d’ailleurs inscrite en toutes lettres dans le communiqué final de la conférence où le consensus intervenu est décrit comme «la position en vue des négociations».La plus grande prudence s’impose donc car tout peut se produire.Rien n’est plus fragile qu’un front commun des provinces.Faut-il rappeler 1981 et les négociations sur le rapatriement de la Constitution?Celui qui agira comme porte-parole des provinces dans cette négociation, Roy Romanow, est celui-là même qui avec Jean Chrétien avait alors contribué à isoler le Québec.Est-il besoin de rappeler que ces deux hommes ont du Canada une vision bien différente de celle de Lucien Bouchard.Avant Saskatoon, le gouvernement Chrétien était disposé à négocier avec les provinces qui souhaitent parvenir à une entente avant le prochain budget fédéral.L’arrivée de Lucien Bouchard dans le décor donnera à la négociation une dimension politique que viendra accentuer encore la proximité des élections.S’il le veut, M.Chrétien peut prouver qu’il était de bonne foi en 1995 en promettant de renouveler le fédéralisme canadien et introduire maintenant l’élément de souplesse que lui réclament les provinces.Mais peut-on sérieusement penser qu’il le voudrait?LETTRES -?- Une mauvaise affaire pour tout le monde Bien que peu de Canadiens achètent du propane, si le géant du gaz propane au Canada, Superior, achète son principal concurrent, CGI, tous les Canadiens risquent d’en payer le prix d’une façon ou d’une autre.Le gaz propane est utilisé par des entreprises de tous les secteurs, comme McDonald’s, Purolator, Bell Canada, les producteurs de céréales, etc.Plusieurs grandes entreprises ont des contrats avec une de ces deux compagnies car elles sont les seules à être présentes partout au pays.En ayant deux gros fournisseurs de propane, les grandes entreprises ont un pouvoir de négociation.Avec la fusion, elles risquent de payer le propane plus cher, et, comme d’habitude, nous refileront la facture.De plus, les quelque 100 (XX) foyers canadiens qui utilisent le gaz propane comme source d’énergie risquent ,aussi de voir la note augmenter.Au bout du compte, c’est une mauvaise affaire pour tout le monde.Robert Gauthier Montréal, 6 août 1998 Le cœur à la bonne place?Les Québécois ont-ils toujours le cœur à la bonne place?Depuis un an, les Québécois ne cessent de se désoler du sort de Marie-Soleil Tougas: sa mort, ses funérailles, son souvenir, l’enquête sur sa mort, les conclusions de l'enquête sur sa mort.En verrons-nous jamais la fin?Ce battage médiatique suscite une question.Continuons-nous ainsi pour nous donner une bonne conscience à rabais et un beau prétexte pour ne pas nous pencher sur des problèmes mondiaux autrement plus importants qu’un malheureux accident ayant causé la mort de deux célébrités?Car, pendant ce temps-là, sans bruit et sans enquête du coroner, les petits (et grands) Soudanais du Sud, Noirs animistes et chrétiens, se meurent par milliers (bientôt par millions) en étant soumis à une famine provoquée par les Soudanais du Nord, arabes et islamistes, financés par le néocolonialisme des pétrodollars.Depuis des années, les maîtres de Kar-thoum ne laissent que deux choix aux populations sudistes du pays: l’islamisation et l’arabisation forcée, ou la mort lente dans les camps de réfugiés où «on» s’arrange pour que les secours ne puissent pas parvenir.Comment se fait-il qqe l’ONU, le Conseil de l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, etc., trouvent les moyens (même limités) de juger certains auteurs de la «purification ethnique» contre les musulmans de l’ex-Yougoslavie mais qu’ils laissent les musulmans du Soudan accomplir leur «purification ethnique et religieuse» contre les chrétiens et animistes du Soudan du Sud sans lever le petit doigt?Pourquoi nos dirigeants et nous-mêmes ne protestons-nous pas avec force?Parce que les victimes du Soudan sont pauvres, noires et lointaines?Pour ne pas choquer les musulmans qui veulent régler par le vide (en fait par le silence du cimetière) la question du sud du pays?Si nos pays interviennent (même modestement) en ex-Yougoslavie, au nom des droits de l’homme, de la dignité de la personne, etc., pourquoi ne pas intervenir au Soudan pour les mêmes raisons humanitaires, afin que cessent enfin les massacres et la famine programmée et utilisée com- me arme de guerre?Il me semble que les «puissants» et les «puissances» ont, dans les circonstances, des indignations à géométrie variable selon que cela peut servir ou non leurs petits intérêts politico-mercantiles.Notre lâcheté et nos silences nous accusent devant Dieu et les hommes.François Mc Cauley Sherbrooke, 6 août 1998 Les deux souverainetés Vous souvenez-vous de la «piasse à Lévesque»?C’était l’argument-massue des fédéraux lors de la campagne référendaire de 1980 pour faire craindre une victoire du OUI à la souveraineté québécoise.On avait alors brandi au Parlement un dollar (en papier, à l’époque) sur lequel on avait collé la photo de René Lévesque et inscrit le montant de 50 cents dans les coins.C’était de la fiction.Mardi dernier, le 4 août 1998, le dollar canadien clôturait à 65,95 cents et la manchette du Devoir du lendemain, signée Gérard Bérubé, nous informait qu’il était à prévoir qu’il touche la barre des 64 cents sous peu, conséquence de l'inertie de la Banque du Canada, seuil qui devrait l'inciter à réagir, au dire de l'économiste François Dupuis du Mouvement Desjardins.C’est la réalité de l’économie canadienne.Entre les deux souverainetés, canadienne et québécoise, l’une actuelle et l’autre revendiquée (Mme Bissonnet-te nous apprenait, dans la page éditoriale, qu’on reproche à M.Chrétien, premier ministre du Canada, de se moquer de la souveraineté), mon cœur ne balance plus! Lucie Dubois Verdun, 6 août 1998 JouK !>£ LAVAGE AuY Oa*Mu/VfcY.O O I 1^1 I tu / \ ftWoTtt REPRISE À la rencontre d’Albert Camus, jeune écrivain E n 1947, la Maison des Lettres était, à Paris, un lieu ouvert aux étudiants de la Sorbonne qui, au delà de leurs études, y organisaient des débats, ?écoutaient la musique nouvelle, invi taient des écrivains et des artistes.Ce soir-là, nous avons convié Albert Camus qui n’était encore ni le lauréat du prix Nobel, ni le célèbre dramaturge joué par Maria Casarès.Pour nous, il n’était ni une figure à la mode, ni un point de ralliement idéologique ou politique.Ecrivain, il était éminemment libre, avec l’aura de la Résistance, aux idées inclassables, dérangeantes, qui collaient à nos propres interrogations, à celles de l’époque.Je le vois encore entrer dans la petite salle du deuxième étage de l’immeuble de la rue Férou.Nous étions une dizaine.Habillé comme nous, il avait les cheveux courts, sans barbe.Il n’était point à la mode, zazou ou intellectuel de parade.Il nous a parlé de L’Etranger, du Mythe de Sisyphe, des livres que nous avons tous lus et relus.Il n'avait pas encore subi la polémique provoquée par Sartre et il écrivait des éditoriaux dans le quotidien Combat.J'avoue — et je me demande encore pourquoi — qu’il m’a paru d’abord hautain.Peut-être était-ce inscrit dans la nature de la rencontre et encore davantage dans celle de notre attente.Espérions-nous, inconsciemment, recevoir un maître empli de son savoir, un oracle, ou plus simplement un guide, un aîné?D’allure jeune, il faisait con\me naturellement partie du groupe.À peine s’il jouait les meneurs du débat.Les questions fusaient.Ses réponses, courtes, parfois abruptes, allaient de la négation à l’expression crue de l’in- l Ata ï m K a 11 a n différence.Nous lui demandions son avis sur les écrivains de l’heure, non les best-sellers ou les auteurs à la mode, mais les découvertes.Par exemple Henry Miller.Interdit alors dans son pays, les Etats-Unis, il était accueilli à Paris.Camus n’avait rien contre mais l’érotisme cru n’avait pas de place dans son univers.Ni moralisateur ni pudibond, il admettait qu’un écrivain puisse dire les sensations telles qu’il les éprouvait, mais Méditerranéen, ii n’avait pas la propension à remplacer l’acte par la parole.Certes, l'amour se vit aussi dans le sexe, mais pour lui, seule l’émotion avait droit de cité dans l’écrit.A l’époque, Kafka nous apparaissait non comme un auteur de fables mais comme celui qui décrivait une actualité brutale, aussi difficile à cerner fût-elle.Camus nous confiait qu’il préférait, quant à lui, cheminer dans une voie plus directe.Il tentait de dire l’ennui, l’oppression, comme le désarroi, tels qu’il les vivait, tels qu’il les ressentait.Sans ambiguïté, sans subterfuge et sans écran.Et pourtant, çomment ne pas nous demander si L’Étranger était plus réaliste que le Procès?Il admirait Kafka, certainement, mais ne le suivait pas sur son chemin.Et Melville?lit encore, le plaisir de la lecture, voire l’admiration, ne le conduisaient pas à l’adhésion, car le monde que nous vivions n'était point celui des fables et des légendes mais il était affreusement féroce et brutal, et il ne voulait point s’en évader.La partie la plus ardue de la soirée concernait son rapport avec son pays natal, l’Algérie.Venu moi-même d’un pays arabe dont la langue était commune à tous, juifs, chrétiens et musulmans, je ne comprenais pas qu'il ne connût pas cette langue.Il est vrai que j’ignorais alors moi-même tout de la réalité de l’Afrique du Nord.Au delà de la langue, Camus ne semblait pas vouloir se placer à distance de sa société.Parmi nous, un étudiant algérien chercha à évoquer timidement le nationalisme renaissant dans son pays.Camus récusa tout appei au ralliement au nom d’une religion ou d’une langue.La France se dégageait péniblement des années sombres de l’occupation nazie et de la collaboration, les blessures étaient encore vives, douloureuses, et je peux comprendre aujourd’hui que rien ne pouvait détourner alors Camus d’une totale exigence de liberté et de droits individuels, sinon la solidarité et un rêve de fraternité.Je me souviens que l’étudiant voulait soumettre un texte à Camus et que celui-ci lui donna promptement rendez-vous à son bureau chez Gallimard.J’étais non pas tant déçu que troublé par cette rencontre.J’admirais Camus et j’étais venu prêt à boire ses paroles.N’était-il pas, comme moi, un Oriental?Je comprends aujourd’hui qu'il l’était, oui, mais à ses propres conditions.Des années plus tard, longtemps après la mort de Camus, en visite en Algérie, j’ai tenu à aller à Tipaza, devenu pour moi lieu fabuleux car il était merveilleusement chanté par Camus.Face à la mer, à proximité des ruines d’une civilisation romaine disparue, j’ai senti, dans la chaleur et l’émotion, la présence de l’écrivain.Chacune des pierres semblait vibrer de sa parole.Mais ce n’est qu’à la lecture du Premier homme, livre posthume où Camus raconte son enfance, que j’ai finalement compris le jeune homme qui était venu à notre rencontre à la Maison des Lettres.Il avait conquis son pays dans la douleur et, le quittant, sans le renier, il l’avait emporté intérieurement et n’avait cessé de le renouveler.Dans son désarroi, sa détresse et ses malheurs, l’Algérie ne cesse de vibrer encore, pour moi, dans les pages de tension et de beauté de Camus.A P R 0 I» 0 S .de Limportance de la nouvelle organisation du travail Ix's changements en cours font que les employés sont davantage responsabilisés et participent plus activement aux prises de décisions concernant l’organisation et l’exécution du travail.Ces employés disposent d’une foule d’informations absolument nécessaires à la bonne performance de l’entreprise; la meilleure façon de mettre à contribution cette information est de mobiliser les employés en leur confiant davantage de responsabilités.Il en découle souvent une diminution du nombre de paliers hiérarchiques, la formation d’équipes autonomes de travail et une coopération accrue entre k s dirigeants et les travailleurs et i litre les travailleurs eux-mêmes.\â\ qualité devient un objectif important et commun de l’entreprise, sous la responsabilité de l’ensemble des tra- vailleurs qui cherchent constamment à améliorer cette qualité et, pour ce faire, à innover.Dans ce nouveau contexte, les employés doivent savoir travailler ensemble, à la fois à l’intérieur d’équipes de travail ainsi qu’avec d’autres équipes.Le recours aux nouvelles technologies, en particulier aux technologies de l’information, facilite grandement ces nouvelles façons d’organiser la production.Dans ces conditions, alors que les responsabilités sont davantage partagées et que les attentes croissent à l’égard de crises d’initiatives, la formation de tous les membres du personnel s'avère de plus en plus évidemment essentielle.L'entreprise innovante au Québec: les clés (lu succès, «Avis» du Conseil de la science et de la technologie, juin 1998.E S R I M) N Ü E Directeur de 1 ’ i n f o r m a t i n n C L A IID K lî E A U R E (i A RI) Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directrice, ventes et marketing MARTINE DUKE DOIS 0 II E ¦HHi L K I) K V 0 I H .L E 1.U N DI Ml A 0 l! T I il !* H IDEES La droite française doit créer sa coalition «plurielle» La collaboration avec le Front National permettrait de réintégrer dans le giron républicain quelque 15% de l’électorat de l’Hexagone REUTERS Jacques Chirac, président de la République française.®'¦4tÊÊ80>*tf .-gy mm kÆk;: WtL’Æli REUTERS Jean-Marie Le Pen, président du Front National.¦"‘Nm MATHIEU BOCK-CÔTÉ Étudiant en sciences humaines, Collège Ahuntsic a République française, aussi bien dans son corps social que dans ses principes fondamentaux, traverse une période difficile.La cinquième République, l’héritage si précieux du général de Gaulle, semble dans une impasse singulière, du fait de l’apparition d’une nouvelle donnée socio-politique et électorale: la présence désormais incontournable sur la scène politique du Front national.Effectivement, la cinquième République, qui était fondée essentiellement sur la dichotomie gauche-droite, laquelle assurait pour la première fois depuis des décennies la stabilité gouvernementale, ne pouvait jouer son rôle que si arrivait à se maintenir un équilibre relatif entre les deux camps en présence.Ainsi, aussi longtemps que la droite classique, composée depuis plus de vingt ans par le couple RPR-UDF, arrivait à regrouper l’essentiel des forces de droite, mis à part les nostalgiques de Vichy et les zélotes de l’OAS, et tant que la gauche gérait d’une façon plutôt efficace sa partie du champ (X)litique, sous la direction du PS et du PCF, la République gaullienne reposait sur des piliers solides.Cependant, aujourd’hui, la donne s’est considérablement complexifiée.Alors que du côté progressiste, l’hégémonie du PS st évidente, appuyée dans sa conduite par ses alliés du Parti Communiste, des Verts, et du Mouvement des citoyens, à droite, une fracture s’est produite.Alors qu’auparavant, l’extrêmedroite était essentiellement intégrée dans l’appareil des partis, et qu’elle ne disposait que de quelques structures autonomes groupusculaires, elle s’est depuis institutionnalisée, sous l’égide du Front National, au point d’atteindre une masse critique, qui en fait désormais une force pleine et entière et une entité incontournable sur l’échiquier politique.Cette nouvelle situation crée un déséquilibre qui risque de remettre en cause la stabilité républicaine.De fait si la gauche a toujours la capacité de gouverner, du fait qu’elle a encadré dans ses rangs dits «républicains» ses forces extrémistes, la droite se trouve paralysée, puisqu’une partie considérable de son électorat est désormais prisonnière d’une formation qui, du moins jusqu’à présent, est taxée d’ignominie et ne peut par ce fait participer à une coalition gouvernementale de droite.C’est à ce grave problème que doit s’attaquer la droite, si elle aspire à assumer le pouvoir dans un avenir rapproché.Et pour résoudre ce problème, il n’existe, à nos yeux, qu’une solution envisageable, du moins dans un laps de temps raisonnable: la coopération et peut-être même l’union entre le FN et la droite classique.Pourtant, du point de vue d’une majorité d’observateurs étrangers, et de Français d’ailleurs, cette solution est présentée comme étant inaceptable, opportuniste et exécrable.Selon les opposants à l’idée de la collaboration FN-droite classique, cette possibilité, si elle se réalisait, serait un Munich politique, où les politiciens de droite d’allégeance républicaine opteraient pour une abdication intellectuelle et idéologique sans pareil, risquant par la même occasion de compromettre l’idée même de République.Ace point, il est intéressant d’analyser les critiques qu’utilisent les ténors de gauche pour s’opposer à l’éventuelle formation d’une droite incluant le FN.Chaque fois qu’une alliance, même tactique, est évoquée, on en appelle aux principes démocratiques devant supposément mener les politiciens français dans leur cheminement.On en appelle à l’ouverture, à la tolérance, à la démocratie et à la République.Cette critique serait parfaitement fondée, si elle n’était pas cependant réversible contre les socialio communistes de la majorité gouvernementale.En effet, il suffit de remonter quelques années dans le temps, en 1981 précisément, pour se rappeler à quel point les socialistes n’ont pas hésité une seule seconde à s’allier aux communistes de Georges Marchais, sacrifiant ces mêmes princes, aujourd’hui invoqués pour cause d’électoralisme.11 est devenu quasi coutumier de se rappeler avec nostalgie cette époque.Mais qu’on se rappelle aussi de ce qu’elle signifiait réellement.Le Parti Socialiste n’hésitait pas alors à s’allier au plus stalinien des partis communistes européens, un parti qui, quelques mois auparavant, avait applaudi à l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan et qui était dirigé par une série de cadres formés dans les écoles du Komintern mosco- vite.Un parti qui luttait contre les fondements mêmes de la société française, au nom d’une hypothétique révolution prolétarienne.Et aujourd’hui, les socialistes s’insurgent comme des vierges offensées d’une simple union tactique.Ils oublient qu’ils présentèrent eux-mêmes un programme commun socialo-com-muniste.Et que, comble du comble, ils dirigent le gouvernement actuel, et s’en disent même fiers (dixit Lionel Jospin) avec l’apport non négligeable de ministres et de députés communistes.Décidémment, c’est l’histoire qui se retourne.Alliance FN-droite classique D’un point de vue moins historique, on peut encore regarder objectivement la possibilité d’une alliance FN-droite classique.Comme nous l’affirmions plus haut, la gauche actuelle, elle aussi, gouverne avec sa part d’extrémistes et de radicaux.Cependant, mis à part les quelques communistes révolutionnaires des groupuscules trotskystes, cette «extrême gauche» est intégrée dans les formations principalement représentées à l’assemblée nationale.Tandis qu’à droite, la fragmentation politique est telle, que chaque nuance idéologique entraîne la création d’un nouveau parti.Si, dans les faits, une droite plurielle en venait à se former, elle ne ferait que rétablir l’équilibre et entraîner le retour d’une situation normale dans le champ politique français.En dernier lieu, il est aussi important de mettre un terme à l’idée plutôt saugrenue selon laquelle le Front National ne serait qu’un parti d’extrême-droite fascisant, avec à sa tête un leader nostalgique de l’Algérie française.Bien sûr, on ne peut nier que plusieurs cadres du FN soient d’authentiques activistes droitistes, notamment les «historiques» du début de l’ère FN, s’agglutinant principalement autour de Le Fen.Mais on ne doit pas oublier qu’il est aujourd'hui, pour plusieurs Français, leur dernière forteresse contre un monde qu’ils ne comprennent plus et qui leur fait peur.En marginalisant le FN, on renforce ces gens dans leur crainte de la société actuelle, et, d’une façon involontaire, on les transforme en d’authentiques militants du Front, alors qu’ils n’étaient que des citoyens déboussolés.De fait, peut-on comprendre qu’en diabolisant le FN et en le rejetant en bloc, on en fait la seule solution valable pour de plus en plus de citoyens.Ainsi, se pose actuellement la donne politique française.Face à une gauche hégémonique, la droite a quelques possibilités, plus ou moins réalisables, afin de renouer avec le pouvoir.La collaboration avec le FN est une de ces avenues.Loin d’être inacceptable au plan des principes, elle permettrait de réintégrer dans le giron républicain quelque 15 % de l’électorat français, et, par le fait même, redonnerait aux forces conservatrices la chance de diriger le pays dans un avenir rapproché.En France, comme le rappelait récemment Alain Peyrefitte, la majorité est à droite.En la fragmentant artificiellement et en diabolisant un de ces fragments, la gauche s’assure un long passage au gouvernement Reste à la droite à passer par-dessus les tabous et à créer elle aussi une coalition «plurielle».C’est la voie à suivre si elle tient à son avenir et ne veut pas se saborder définitivement + «En la fragmentant artificiellement et en diabolisant un de ces fragments, la gauche s’assure un long passage au gouvernement» Art Eggleton et l’intégration des femmes au sein des Forces armées canadiennes La culture militaire change à petits pas ART EGGLETON Ministre de la Défense nationale f^=^=j| es Forces canadiennes sont une institution en L pleine évolution.L’intégration des femmes dans tous les aspects des opérations militaires est une réalité relativement nouvelle, surtout dans les armes de combat C’est une chose, pour une organisation à domination masculine, que d’ac-.-Jl cepter les femmes dans des postes subalternes, mais c’en est une autre que de les accepter et de les respecter en tant que collègues et chefs.La culture militaire est en train de subir une profonde transformation, mais il serait naïf et irresponsable de présumer qu’un tel changement peut s’effectuer sans engendrer une certaine résistance ou agitation.Vous pouvez diriger des gens à coup de règles et règlements, mais vous ne pouvez changer une culture è coup de décrets, même dans une organisation militaire dotée d’une solide structure de commandement et de contrôle.Les cultures institutionnelles ne se bâtissent pas du jour au lendemain, et elles ne changent pas non plus du jour au lendemain.Ije rôle de guerrier était traditionnellement confié aux hommes, d’où cet héritage de culture militaire à domination masculine.Mais l’époque où la force physique et l’endurance étaient les seuls critères de rendement au champ de bataille est bien révolue.Il en va de même de la notion selon laquelle les femmes ne sont pas de taille sur le plan physique.En outre, la technologie moderne exige que nos soldats, marins et pilotes possèdent un large éventail de compétences intellectuelles et d’aptitudes à résoudre des problèmes, compétences qui font abstraction du sexe et qui abondent chez les femmes.La disponibilité opérationnelle — la véritable épreuve de l’efficacité militaire — n’est plus juste une question de muscles, mais aussi de cervelle.Cependant, les hommes dans les Forces canadiennes, tout particulièrement ceux qui servent le Canada depuis de nombreuses années, ont, pour la première fois dans bien des cas, un défi considérable à relever puisqu’on leur demande de repenser leurs convictions et leurs attitudes à l’égard des femmes.Quant aux femmes militaires, convaincues peut-être par le passé qu’elles n’avaient d’autre choix que de tolérer les comportements péjoratifs et abusifs, elles constatent maintenant que ce genre de traitement constitue non seulement une menace à leur sécurité et à leur bien-être personnel, mais aussi une menace pour l’institution qu’elles se sont engagées à servir.Voilà pourquoi je continue d’exhorter toutes les femmes ayant fait l’objet d’agression ou de harcèlement sexuel au sein des Forces à se manifester.Ce n’est pas uniquement une question de recours et de justice.Une organisation militaire ne peut se fransformer en une institution moderne et progressiste, qui bénéficie de la confiance et du respect des Canadiens, si elle dissimule ou excuse les comportements malséants, ou si elle n’incite pas ceux et celles qui ont fait l’objet d’abus à obtenir réparation.Le rôle des chefs militaires est de mettre en place des mécanismes qui facilitent le changement culturel.Jusqu’à présent, nous avons pris des mesures dans trois domaines: initiatives de formation obligatoire pour les militaires de tous grades, nouveaux mécanismes d’examen des plaintes, de redressement des griefs et d’administration de la justice, et intensification du recrutement d’un plus grand nombre de femmes dans des postes de combat clés.En effet, une formation visant à promouvoir, chez les militaires de tous les grades, la sensibilisation au traitement réservé aux femmes, surtout en ce qui concerne les comportements discriminatoires et violents inacceptables, est maintenant obligatoire.A ce jour, plus de 60 000 membres des Forces canadiennes ont suivi cette formation, qui explique non seulement ce qui constitue harcèlement et abus, mais aussi les façons dont les victimes peuvent signaler ces incidents.Enquêtes impartiales L’automne dernier, une nouvelle unité de la police militaire, le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEF), a été créée.Elle fonctionne indépendamment de la chaîne de commandement opérationnelle, sous la direction du Grand prévôt des Forces canadiennes fia chef de police des militaires), et elle est chargée de mener des enquêtes impartiales et complètes au sujet de plaintes, y compris des rapports d’agression sexuelle et autres infractions à caractère sexuel.Pour qu’il soit plus facile de signaler de tels incidents, une ligne téléphonique sans frais a été créée en mai dernier, tout spécialement pour fraiter les cas de harcèlement sexuel et d’agression (elle s’ajoute au travail effectué par les conseillers en harcèlement sexuel, qui se trouvent maintenant dans toutes les unités depuis 1995).Nous devons absolument réagir aux plaintes avec promptitude et efficacité si nous voulons créer un climat de confiance chez les militaires.Pour qu’ils se sentent à l’aise de déposer une plainte, les membres des Forces canadiennes doivent savoir que leurs plaintes sont prises au sérieux.La nomination en juin dernier de M.André Marin au poste de premier ombudsman des Forces canadiennes assure aux militaires une autre voie de recours qui est indépendante de la chaîne de commandement opérationnel, afin qu’ils aient la possibilité de porter plainte sans crainte de représailles.De plus, le Projet de loi C-25, qui propose un certain nombre de modifications à la I>oi sur la défense nationale et qui a été déposé au Parlement, préconise la création de (leux nouveaux organismes de surveillance externes et in- -V V ': T' - ARCHIVES LE DEVOIR «Le rôle de guerrier était traditionnellement confié aux homines, d’où cet héritage de culture militaire à domination masculine» dépendants qui renforceront encore le système de justice militaire, soit le Comité d’examen des griefs des Forces canadiennes et la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire.Une fois approuvé par le Parlement, le Comité d’examen des griefs des Forces canadiennes étudiera les griefs et présentera ses recommandations directement au Chef d’état-major de la Défense.Quant à la Commission d’examen des plaintes concernant la police militai- re, elle fera enquête sur les plaintes d’inconduite de la part de membres de la police militaire ainsi que sur les allégations d’ingérence de la chaîne de commandement formulées par la police militaire.Le Comité et la Commission incluront tous deux des membres n’appartenant pas à la communauté militaire.Finalement, un important projet visant à recruter des femmes dans les armes de combat est en cours.Ce recrutement permettra à une masse critique de femmes d’occuper des postes de combat, ce qui atténuera le stress lié au fait d’être seule parmi deux ou trois femmes seulement à s’acquitter de fonctions qui avaient jusqu’ici été exercées surtout par des hommes.Pour vérifier la pertinence et l’efficacité de nos efforts dans ce domaine, je créerai un nouveau conseil consultatif sur l’équité en matière d’emploi et l’intégration des femmes.Ce conseil surveillera les progrès accomplis et, s’il y a lieu, il formulera des recommandations sur la formation et l’instruction, sur le dépôt et le règlement des plaintes et, enfin, sur le recrutement Au cours de cette période de transition, il nous faudra conserver et renforcer certains aspects de la culture militaire, dont la cohésion des unités.Comme nous exigeons que les hommes accueillent les femmes dans leurs rangs et comme nous punissons ceux qui tentent de les exclure, nous devons être certains que les hommes et les femmes qui sont déployés en campagne sont non seulement entraînés à traiter les autres avec dignité et respect, mais aussi qu’ils sont prêts et disposés à risquer leur vie pour leurs camarades.C’est là la caractéristique fondamentale de la mission militaire.Les Canadiens ont des attentes très élevées à l’égard des militaires et ils ont raison.En ce qui concerne le rôle des femmes, les parents s’attendent que leurs filles aient autant de chances que leurs fils de mener une brillante carrière militaire.Les Forces canadiennes subissant de plus en plus de pression pour recruter les éléments les meilleurs et les plus doués, elles ne peuvent pas refuser de considérer les talents et compétences de plus de la moitié de la population canadienne.Dans notre société, ce qui distingue les militaires, c’est qu’ils appartiennent à une institution qui doit être prête à aller au combat lorsqu'elle en reçoit l’ordre.En tant qu'êtres humains, nous n’acceptons jamais aisément les pertes de vie humaine.Je demande aux Canadiens de continuer à s’attendre à des normes de conduite très élevées de la part des hommes et des femmes des Forces canadiennes.Je ne doute aucunement qu’avec l’appui et l’encouragement des Canadiens, notre institution s’améliorera et que ses membres redoubleront d’efforts pour illustrer ce à quoi nous tenons par-dessus tout, c’est-à-dire une nation qui accorde une valeur égale à chaque vie humaine.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions), Faute des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Kathleen Lévesque (actualités po-litiaues municipales) Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale).Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice), Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffant (questions urbaines) ; Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Du-clos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : A l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre I-egiult Odile Tremblay (cinéma) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Benoit Munger.François Normand.Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l information), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesaue A l'information politique : Pierre O'Neill.Manon Cornellicr (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles I-esage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; à l’information sportive : Yves d Avignon ; Marie-Hélène Marie (secrétaire à la rédaction) • Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge I-aplanie (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint) Carole Dallaire (avis publics et appels d'offres), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Cyslaine Côté, Marlène Côté.Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet.Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Mexandre Leduc (publicitaires) ; Geneviève Landry, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire) IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudon, Christian Vieil Olivier Zuida SERVICE À IA CIJENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blancllette-Turcotte, Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables) Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Laileur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA F'ONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). L E I) E V I) I H .I.E I.I! N I) I 10 A O V T I !M) 8 A 8 =-* LE DEVOIR ?-—- .Hi] Ll LITES LES PLANTES QUI NOUS ENTOURENT Splendeurs des grandes verges d’or DANIELLE DAGENAIS Les verges d’or affichent haut et fort dès juillet les ors de la fin de l’été.Les verges d'or, vous dites?Oui, les verges d’or.Car il s’agit non pas d’une seule espèce mais bien d’un genre complet, le genre Solidago.Ce genre comprend plus d’une centaine d’espèces quasi exclusivement nord-américaines.Au Québec seulement, on dénombre une vingtaine d’espèces de verges d’or, estime Luc Brouillet, conservateur de l’Herbier Marie-Victorin à l'Université de Montréal.Bien malin qui peut identifier toutes ces espèces avec certitude.En effet, certaines se ressemblent à s’y méprendre, d’autant plus que leur forme, leur taille varient selon les conditions de croissance.Des conditions plus sèches, par exemple, donnent des individus plus petits, mentionne Luç Brouillet.Un vrai défi pour le botaniste amateur! A la mi-août, dans un pâturage négligé du Sud-Ouest du Québec, vous tentez d’identifier de grandes verges d’or, l’inflorescence en large panache doré.En regardant attentivement, vous constatez que les feuilles présentent chacune trois veines assez marquées.Pas de chance.Trois verges d’or typiques de cet habitat correspondent à la description: la verge d’or du Canada (Solidago canadensis), la verge d’or très élevée (Solidago altissima) et la verge d’or géante (Solidago gigantea).Sortirez-vous une règle pour mesurer la longueur des capitules ainsi que l’exigerait une identification botanique en bonne et due forme.Mais d’abord, qu’est-ce qu’un capitule?Ce qu’on prend pour une «fleur» sur l’inflorescence des verges d’or est en fait un capitule, un groupe de plusieurs très petites fleurs.Tout simplement De toutes façons, noter la taille des capitules, quels qu’ils soient, ferait perdre à votre randonnée beaucoup de son charme spontané.Luc Brouillet nous refile une clé rapide d’identification.Si la plantes est glabre (sans poil) sauf dans l’inflorescence: la belle est une verge d’or géante.Glabre à la base mais autrement pubescente (poilue): voilà une verge d’or du Canada.Pubescente de pied en cap, vous tenez sans doute entre vos mains une verge d’or très élévée.Justement, comme vous observiez ces verges d’or, vous avez remarqué sur leur tige un renflement.Curieux.Ce renflement ou cette galle est l’œuvre d’une larve pouvant appartenir à au moins trois espèces différentes d’insectes.Lesquelles?Une mouche à fruit: Eurosta solidaginis, et deux papillons: Epibletna scudderiana, de la famille des tor-deuses, et Gnorimoschema gallaesolidaginis, un autre papillon de nuit.Mais identifier ces insectes ne vous sera d’aucun secours pour distinguer vos espèces de verges d’or.Ces insectes ne semblent pas montrer de préférence absolue pour l’une ou l’autre espèce.Chou! Peu prisée des jardiniers de chez nous, la verge d’or du Canada est très estimée des jardiniers d’outre-AÜantique.Et au Royaume-Uni comme en Europe continentale, de -[-nombreux hybrides issus de cette espèce sont cultivés dans les jardins.Où voir des verges d’or Ces jours-ci, pas besoin de courir très loin pour tomber sur un groupe de verges d’or en fleurs, même sur notre bon vieux Mont-Royal.Mais si vous passez du côté d’Abercorn ou de Sutton dans les Cantons de l'Est, traversez donc la frontière vers la ville de Richford au Vermont, histoire de voir si nos verges d’or y sont.Suivez la route 105 vers l’Est.Tout juste à la sortie du village, prend naissance une piste cyclable (recreational path) d’une cinquantaine de kilomètres aménagée sur l’ancienne voie ferrée jusqu’à Saint-Albans.Pâturages et champs couverts de verges d’or, montagnes, rivières sont au programme.Si de nombreuses verges d’or venues des champs voisins ont déjà colonisé les abords de la piste cyclable, les cyclistes, eux, s’y font délicieusement rares.Sources: Christian Hébert, du Centre de Foresterie des Lau-rentides de Ressources naturelles Canada, et Louise Dumouchel, du Programme des ressources biologiques à Agriculture «t agroalimentaire Canada pour les galles des verges d’or.Voir aussi sur Internet: http: //www.naturenorth.com/winter/gall-fly/gallflyC.html et http: //www-ed.fnal.gov/entry exhibits/in-sect/goldenrod.html.Et bien sûr l'inévitable: Flore laurentien-ne, 3e édition, Frère Marie-Victorin, c.Les Presses de l'Université de Montréal, 1995.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9*' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) te Devoir est publié du lundi au samedi par Ir Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal.(Québec), U3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor I.aSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir te Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.I^aval Knvoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec MICMACS 65 emplois seraient créés chez les autochtones SUITE DE LA PAGE 1 guj, Ronald Jacques.Il n’a pas voulu dévoiler le contenu précis de cette entente: ce sera fait aujourd’hui par les deux signataires, chacun de leur côté.Le ministre a quand même indiqué que 65 emplois seraient créés chez les Micmacs dans le secteur de la coupe du bois, du reboisement et de la sylviculture.«Un certain nombre de mètres cubes de bois» leur seront réservés, a dit M.Chevrette, et des ententes avec d’autres compagnies forestières seront conclues pour accorder aux Micmacs d’autres mètres cubes de coupe.L’entente prévoit aussi un fonds pour la formation et l’assistance en emploi, a indiqué M.Chevrette.Une autre séance de négociations aura aussi lieu début septembre pour tenter de régler d’autres dossiers, notamment la chasse et la pêche, a promis le ministre.Le chef du conseil de bande, Ronald Jacques, devra maintenant «vendre» cette entente aux autochtones de la réserve, qui pourraient se diviser dans les mêmes proportions que lors de la dernière élection.Les dissidents, eux, devaient déjà organiser hier soir une «marche de solidarité» dans la réserve, ce qui devrait permettre de mesurer l’ampleur de leurs appuis.Pour la centaine de travailleurs de la scierie GDS de Pointe-à-la-Croix que les dissidents micmacs empêchent d’entrer à l’usine depuis le 27 juillet, le ministre Chevrette a annoncé la création d’un comité ministériel chargé de déterminer les compensations financières qui leur seront versées.Les travailleurs de l’entreprise sont sans travail et sans salaire depuis le blocus de la route 132.Le comité sera formé du ministre Chevrette et de ses collègues Jacques Léonard (Conseil du trésor), Pierre Bélanger (Sécurité publique), Mathias Rioux (Travail et responsable de la région), et Marcel Landry (député de Bonaven-ture).«Le comité travaillera avec les autorités municipales et les gens impliqués» et présentera ses recommandations au cabinet, qui adoptera des décrets, a indiqué M.Chevrette.Le ministre a par ailleurs indiqué qu’il n’avait jamais été question de négocier avec le leader des dissidents, Gary Metallic, qui n’occupe aucune fonction au sein d’un corps «constitué démocratiquement élu».«Si chaque personne défaite à une élection s’organisait pour mener ses luttes en dehors des corps démocratiquement constitués, où est-ce que l'on s’en irait?», a-t-il dit.«Je ne vois pas comment un individu peut bouleverser tout le fonctionnement de sa communauté et de la communauté avoisinante.» Quant à savoir si les travailleurs de la scierie GDS pour- ront rentrer au travail ce matin, comme l’avait solennellement demandé samedi à M.Metallic le maire de Pointe-à-la-Croix, Jacques Young, le ministre Chevrette, prudent, a visiblement voulu éviter une confrontation.«Il vaut la peine pour un gouvernement de prendre quelques heures, quelques jours pour obtenir un dénouement pacifique», a-t-il dit.Charest satisfait «Je suis satisfait que M.Bouchard ait entendu l’appel que je lui ai fait hier d'intervenir dans ce dossier.Son bureau a communiqué avec le mien aujourd’hui pour offrir de partager de l'information sur le dossier, de collaborer.» Le chef libéral demande maintenant aux dissidents micmacs de démanteler les barricades qu’ils ont érigées cette semaine avant de s’asseoir à une table de négociations.L’attachée de presse du premier ministre Bouchard, Christiane Miville-Deschênes, a tenu à remettre en contexte les propos de M.Charest en précisant que le bureau du premier ministre informait le chef libéral sans lui demander pour autant de collaborer au dossier.M.Bouchard a de plus réitéré hier sa confiance en son ministre aux Affaires autochtones, Guy Chevrette, et à son rôle dans cette affaire.CHASSE CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 winsky était absolument hors sujet.«Toute personne estimant que [cette] controverse aux États-Unis nous dissuadera, ou nous empêchera [.] de répondre à des menaces à l’encontre des États-Unis d’une façon rapide et appropriée commet une grave erreur.» \jà presse américaine en revanche est clairement mobilisée sur la piste de Oussama Ben Laden (voir ci contre) considéré, comme le notait hier le New York Times comme en «tête de la liste des suspects».Outre son implication éventuelle dans l’attentat de 1996 contre la base aérienne de Khobar, en Arabie Saoudite, qui coûta la vie à 19 Américains, son nom a été évoqué à plusieurs reprises dan?plusieurs affaires de terrorisme visant les Etats-Unis.Mais les autorités américaines ne disposent, semble-t-il, pour l’instant d’aucune preuve contre lui dans ces affaires.Les seuls à l’avoir blanchi de tout crime étaient hier les taliban d’Afghanistan, pays dont le «banquier» saoudien a fait sa base.«À ce stade il serait totalement irrespon- sable d'en parler», résuipait hier Madeleine Albright, le secrétaire d’Etat américain, rentrée précipitamment à Washington de Rome.«La tentation est forte de suivre un certain nombre de pistes.Mais il est important de souligner à quel point les choses ont changé par rapport au passé: pendant une cinquantaine d’années, nous savions qui était l'ennemi — l’Union soviétique et le communisme — et nous avions des moyens d'y faire face.Aujourd’hui nous sommes face à une menace totalement différente.» Aucune réaction donc à la série de revendications et de messages divers qui se sont multipliés au cours des deux derniers jours mais dont la valeur reste à déterminer, en particulier celui d’une organisation inconnue, «l’Armée islamique pour la libération des lieux saints musulmans» regroupant «de jeunes moudjahidines originaires de tous les pays musulmans» et qui affirme avoir commis les deux attentats.Mais ce communiqué n’est pas le seul que doivent aujourd’hui décrypter les experts.Une autre organisation fondée en Arabie Saoudite en 1983, dirigée par un cheik d'origine syrienne, Omar Bakri Mohammad, réfugié à Londres «les Mouhaji-roun», «regrette la mort de civils innocents qui n’ont rien à voir avec les ambassades américaines», mais «soutient et applaudit» les attentats de Nairobi et Dar es Salaam.D’après un porte-parole de cette organisation, des formations islamistes réunies autour de Oussama ben Laden au sein d’un Front International auraient décidé dès juin au Pakistan de frapper les Américains partout dans le monde.Selon lui, les mouvements égyptiens armés du Jihad et de la Ja-maa islamiya, le mouvement jordanien «Armée de Mahomet», le mouvement des Ansars au Cachemire, et plusieurs autres factions dont les Mouhajiroun, participaient à cette réunion mais des divergences seraient apparues sur la question des attentats faisant des victimes civiles.Les enquêteurs devront donc faire la part des choses entre ces organisations plus ou moins réelles de la mouvance islamiste, qui ont au moins une chose en commun: l’antiaméricanisme.«Le saint guerrier» JEAN-PIERRE PERRIN LIBÉRATION On l’appelle le banquier de la guerre sainte.Banquier parce que Oussama ben Laden disposerait de fonds personnels estimés à quelque 300 millions de dollars.Des fonds qu’il aurait mis à la disposition des groupes islamistes les plus radicaux, les faisant transiter par les canaux de certaines banques islamiques, sans doute pakistanaises.Un objectif prioritaire: frapper les Etats-Unis partout dans le monde.Grand, mince, évidement barbu, avec de petits yeux étroits, ben Laden est originaire de l’Hadramaout, une province du Yémen, que l’Arabie Saoudite convoite parce qu’elle longe l’océan Indien.Dans cette région, extrêmement rigoriste en matière de mœurs et de religion, les grandes familles commerçantes sont fabuleusement riches.La famille ben Laden est l’une d’elle.A ce titre, elle sera invitée à s’installer dans le Royaume saoudien où elle développera ses intérêts, notamment dans la construction.Oussama naîtra à Riyad, en 1957 mais fera ses études à Djeddah, quartier général de la famille.Outre l’étude religieuse, il suivra des études de management et de sciences écpnomiques à l’Université King Abdul Aziz.A cause notamment de ses richesses, il aura ses entrées dans la famille royale saoudienne.Vers 1980, il rejoint la résistance afghane contre l’armée soviétique.A cette époque, Riyad encourage les volontaires à aller se battre en Afghanistan.L’Arabie Saoudite, sous la direction du prince Turki, chef des services secrets, joue un petit rôle occulte dans le conflit.Le jeune islamiste, lui, s’occupe de financer et d’armer les recrue,s des pays arabes venues effectuer la djihad.A la différence de ces derniers, plus souvent à l’arrière qu’en première ligne, il semble avoir participé aux combats, notamment à la sanglante bataille de Jellalabad, en 1989.Vrai ou faux, on le signale aussi aux côtés des petits groupes islamistes qui luttent alors contre le régime communiste au sud-Yémen.C’est vers 1990 que les relations avec Riyad commencent à se gâter.Jusqu’alors, il y avait un accord entre le pouvoir saoudien et les réseaux radicaux islamistes.Le premier finançait les seconds à la condition que ceux-ci se gardent de troubler le Royaume.La guerre du Golfe met fin à cet arrangement.I.a famille royale découvre qu’elle a nourri des serpents en son sein.LTipstilité viscérale de ben Laden à l’égard des Etats-Unis, son soutien aux groupes radicaux égyptiens et algériens lui valent d’être sommé de rentrer dans la Péninsule arabique.Pour peu de temps.Bientôt, on le retrouve au Soudan, à la tête d’une importante entreprise de construction.Pour les services secrets américains, ce n’est qu'une façade.En fait ils le soupçonnent de financer des camps d’entraînement de terroristes.En 1994, Riyad le déchoit de sa nationalité saoudienne.En 1996, sous la pression des Nations unies qui menacent le Soudan de sanctions, Khartoum lui demande de partir.Il disparaît avant de refaire surface en Afghanistan.L’homme est davantage un islamis-te à la recherche d’une certaine modernité et ses hôtes, les taliban, des fondamentalistes, cherchant à retrouver l’islam mythique des origines.Pourtant, la solidarité va jouer.On lui offre hospitalité et protection.Une fois encore, on retrouve toute (ambiguïté saoudienne qui, tout en dénonçant sans cesse ben Laden, soutient ouvertement les taliban .Ixs Etats-Unis n’ont fait guère mieux puisqu’ils ont eux aussi, au nom de leurs intérêts pétroliers et de leur hostilité à Téhéran, soutenu les «étudiants en théologie».Bien sûr, les mis-sions saoudiennes vont se succéder en Afghanistan pour convaincre ceux-ci de limiter les activités subversives de leur «invité».Pas ses déclarations puisqu'on avril 1986, en février 1987 et février 1988, il appelle les musulmans à tuer des ressortissants américains partout où ils le peuvent.D’après Emergency Response and Recherch Institute, un institut de recherche basé à Chicago, ben laden pourrait avoir financé ou «encouragé» toute une série d’attentats.L’ERRI cite (explosion du World Trade Center de New York, le 26 février 1996, (attentat contre la Garde nationale saoudienne à Ryad qui a fait sept morts le 13 novembre 1995 et celui contre la base de Dha-ran, le 25 juin 1996, qui a tué 19 militaires américains.Celui que ses fidèles appellent «le saint guerrier» a toujours démenti toute implication dans ces attentats, tout en reconnaissant qu’ils s’inscrivaient dans la guerre sainte qu’il préconise.SUITE DE LA PAGE 1 mation professionnelle.En outre, dans cette campagne électorale qui est déjà commencée, selon Jean Charest, le PLQ va présenter des candidats jeunes.Son parti a la ferme intention, dit-il, de faire de la campagne électorale la campagne des jeunes.Le président de la Commission jeunesse, Jonathan Sauvé, a ' d’ailleurs profité de la fin du congrès pour annoncer qu’il se présenterait dans la circonscription de Rosemont actuellement détenue par la ministre du Revenu, Rita Dionne-Marsolais.Parmi ses autres promesses hier, le chef du PLQ s’est engagé à ce que la responsabilité du secrétariat à la jeunesse revienne à nouveau au premier ministre avec la venue au pouvoir d’un gouvernement libéral qui adoptera un véritable plan d’action jeunesse.Il est temps, selon lui, de faire un changement de garde au Québec.«Le régime péquiste entame la cinquième année de son mandat, il exécute des politiques pour lesquelles il n'a pas été démocratiquement élu.En s'accrochant au pouvoir, le Parti québécois de Lucien Bouchard en est réduit à gouverner par diktat, par décret, outrepassant les lois de l’Assemblée nationale.» Dans un discours à saveur électorale, M.Charest s’en est pris une fois de plus, aux politiques du gouvernement Bouchard et aux ratés qu’il considère évidents dans les domaines de la santé et de (économie.«Ça va bien [dans le secteur de la santé) à condition de ne pas être malade.En si on voulait parler de santé politique, ils diraient probablement: ça va bien à condition de ne pas avoir d’élections.» Le problème du gouvernement Bouchard, selon Jean Charest, demeure son option souverainiste.Le chef libéral prétend que toutes les politiques et les mesures du gouvernement sont établies en fonction de la stratégie péquiste de tenir un référendum gagnant lors du prochain mandat.Le gouvernement Bouchard, af-firme-t-il, a sacrifié les pauvres, les jeunes et les malades sur (autel du déficit zéro, tout en s’excluant d’une des plus belles périodes de croissance économique en Amérique du Nord.LORCA SUITE DE LA PAGE 1 donner un coup de fil à Arsène Ixduc, son répartiteur, pour lui exposer la situation.A son premier projet, il pensait si fort qu’il en avait oublié son colis sur le plancher poussiéreux de (ascenseur.Sans la vigilance d’un des employés de (immeuble, il (aurait sans doute égaré.Quoi qu’il en soit, à la sortie des toilettes, Eugenio Lorca sursauta quand un vieil homme d’une extraordinaire élégance, mais plutôt maniéré, le lui tendit d’une main gantée de chevreau clair.-Monsieur, ceci vous appartient, je crois.Lorca marmonna un vague remerciement et se mit à chercher la trace d’un téléphone public.-Permettez-moi de me présenter, mon nom est Delagra-ve.Je suis géographe au Service de la toponymie, division des urgences.Vous m’avez (air quelque peu désorienté.Aussi, puis-je vous être utile d’une quelconque façon ?Si cet ange gardien n’avait pas été d'une politesse exquise et suave, Eugenio Lorca se serait fait un point d’honneur de (envoyer cueillir des pâquerettes en Provence.Or il n’osa pas, car il n’avait jamais rencontré quelqu’un d’ausr si guindé non plus.L’étranger portait une veste croisée dont les pans tombaient tout droit, un pantalon sans faux plis, aux revers bien pressés, le tout coupé dans un tissu subtilement lustré, probablement un mélange de lin et de fibres infroissables.Il avait une Ascot de soie noire autour du cou, et sa chevelure argentée, lissée vers (arrière et enduite de gel bleuté, luisait comme de (argent fraîchement poli.Bref, il avait (air d’un dandy qui s’était trompé de ville, de continent ou de siècle.-Vous cherchez un téléphone?Eh bien, rien de plus simple.J’ai toujours mon cellulaire avec moi.Pour les urgences, vous comprenez ?On ne sait jamais quand on peut avoir besoin d’un nom de rue ou de parc.II faut éviter les recoupements le plus possible, et parfois, on me demande de faire un lien entre (appellation d’un lieu et son histoire.Tout cela exige beaucoup de travail, de précision et de sérieux.Tenez, (autre jour, j’ai dû en trouver un pour la piste cyclable de (extrémité Ouest de (île.Figurez-vous que la moitié de la population réclamait un nom anglais, (autre moitié, un nom français.Vous savez ce que j’ai fait?J’ai coupé la poire en deux et j’ai choisi un nom de joueur de hockey.Li piste Jason Lafrenière, le «Jason» étant prononcé à (anglaise, évidemment.Il fallait y penser, non ?Vous vous en doutez bien, je fais un travail passionnant! Et crucial sur le plan politique.Lorca n’en était pas à sa première rencontre impromptue de la journée, ni à sa première conversation avec un original.Alors, quand le géographe lui offrit un cellulaire plaqué or avec la désinvolture d’un bourreau vis-à-vis d’un éventuel guillotiné, il ne s’émut pas outre mesure.L’immeuble pouvait bien s’écrouler qu’il ne songerait pas à s’en formaliser, et tâta les poches de son jean |>our trouver le numéro des messageries Aller simple.Simultanément, il s’interrogeait sur le prix qu’il pourrait tirer d’un tel appareil s’il s’enfuyait avec et qu’il le revendait sur le marché noir.-Vous n’avez qu’à appuyer sur le bouton rouge, là, et.Oh! Le cellulaire avait émis un son discret, mais suffisamment audible pour que le géographe distingué (arrache des mains de Lorca, un geste qu’il exécuta d’ailleurs avec-une telle violence qu’il en perdit toute crédibilité.Puis, se ressaisissant, (étranger prit une pose dégagée et répondit -Allô! Jean-Charles Delagrave de la Division des urgences du Service de la toponymie.Plutôt mécontent, voire offusqué, Lorca s’éloigna.Son paquet sous le bras, il s’employa à déplier le formulaire qu’il aurait bien voulu faire signer à un certain Angel Stone et sur lequel figurait le numéro d’Arsène Ix-duc.lorsqu'il eut enfin déniché un téléphone public, il lui vint à (esprit qu’un cellulaire pourrait devenir indispensable s’il devait persister dans ce fichu métier de commis-livreur.Enfermé dans (ascenseur, il aurait pu joindre des amis et discuter paris sportifs avec eux.Il en aurait profité pour contacter Désiré Litoussaint, ce vieil Haïtien qui (avait initié à la vie nocturne de Montréal.Mais comme Ixduc tardait à répondre, Lorca dut admettre qu’un cellulaire n’était d’aucun secours si personne ne décrochait à (autre bout.De fait, il aurait mieux valu que son patron ne répondît jamais, car ce dernier, choqué par «le manque d’initiative» de Lorca, lui ordonna de se débrouiller.Il ne voulait pas revoir le colis, un point, c’est tout.Pas de veine, vraiment.Et il était à peu près certain qu’Eugenio Lorca serait congédié, quoi qu’il fasse.Il lissa un instant le combiné noir et graisseux, perdu dans ses pensées qu’il jugeait de plus en plus confuses.Puis il le déposa sur son support.Il fit danser le colis dans ses mains, en se disant qu’il pourrait peut-être le laisser tomber accidentellement dans une bouche d’égout.Mais s’il contenait un document rare?Un bijou précieux?Un billet de loterie gagnant?Li liste des bars clandestins de la Rive-Sud?-Monsieur, je suis vraiment impardonnable ! Excusez mon injustifiable manque de tact! Lorca reconnut la voix du géographe efféminé, mais le ton avait changé.11 semblait triste et désabusé.Il se retourna et vit que (homme avait enlevé ses gants.Sur son auriculaire droit luisait un solitaire taillé en prisme.Eugenio Lorca crut deviner que la lumière ne s’aventurait pas là souvent.-Il ne faut pas m’en vouloir.C’était le deuxième appel que je recevais en un an.C’est terminé.Vous pouvez vous en servir à présent.Lorca eut le réflexe de refuser.Finalement, il prit le cellulaire et composa son propre numéro.Comme il (avait anticipé, personne ne répondit.Il remercia le géographe et lui demanda si, par hasard, il n’aurait pas déjà rencontré Angel Stone dans les parages.-Angel Stone ?Bien sûr ! Un homme d’un raffinement.Vous le trouverez au 7e ! Un bureau d'architectes ! Comme Lorca lui souriait, le géographe parut soulagé.-Heureux d’avoir pu vous être utile.soupira-t-il, puis il s’en alla et disparut au bout d’un corridor désert.(À suivre)
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